dimanche, 28 juin 2009
Riom : Le chevrier menacé soupçonné d'être l'auteur des intimidations
SOURCE : LE PARISIEN
Surprenant rebondissement dans l’affaire du chevrier menacé, Jean-Hugues Bourgeois. Cet agriculteur bio, qui a quitté l’Auvergne depuis six mois après avoir subi des menaces de mort, des pressions sur sa famille, l’incendie de sa grange et l’abattage de ses chèvres, vient d’être mis en examen par le juge d’instruction de Riom (Puy-de-Dôme), Bruno Méral.
Selon l’avocat de l’agriculteur, Me Jean-Louis Borie, son client est soupçonné d’être l’auteur de la première lettre de menaces retrouvée l’été dernier sur son tracteur et dans laquelle on pouvait lire : « Si l’exploitation (…) n’est pas confiée en totalité à la Safer avant le 1/12, le traître sera exécuté. On jettera ta fille dans un fossé (…) Pas de menaces, des promesses. Pas un mot aux flics ou ta mère y passe ». En clair, l’éleveur se serait écrit et envoyé lui-même cette lettre de menaces. « Cette mise en examen repose sur l’analyse d’un seul expert, poursuit Me Borie. Il n’y a aucun élément objectif qui peut alimenter cette thèse ».
« Mon client n’en peut plus de toute cette histoire »
Depuis plus d’un an, cette affaire rocambolesque n’en finit plus. Originaire des Hautes-Alpes, Jean-Hugues Bourgeois s’était installé début 2006 dans le Puy-de-Dôme. Son voisin, un agriculteur proche de la retraite, Georges Message, lui avait loué des hectares pour y faire de l’élevage bio et des céréales. Quelques mois plus tard, son troupeau de chèvres avait été retrouvé tué. Puis, de manière incessante, le jeune homme, baptisé « l’étranger » par certains villageois, avait été la cible d’actes de vandalisme. Enfin, à la fin août 2008, l’éleveur avait retrouvé sur son tracteur une lettre en forme de cercueil contenant des menaces de mort. Celle-là même qu’il est aujourd’hui soupçonné d’avoir rédigé lui-même. Jean-Hugues Bourgeois avait alors choisi de médiatiser l’affaire « pour raconter son calvaire ».
Mais la série avait continué avec un nouvel incendie volontaire qui avait détruit une autre grange lui appartenant. Début novembre, l’une de ses agnelles avait été retrouvée morte empoisonnée par de la mort-aux-rats. Parallèlement, l’enquête avait abouti en septembre à l’interpellation et la mise en examen d’un proche du Front national originaire de Paris. Ce dernier avait adressé l’une des lettres de menaces de mort, il avait suivi l’affaire dans la presse et s’en était pris à l’éleveur qui se disait « proche des sans-papiers ».
Finalement las, l’agriculteur avait décidé de quitter Teilhet en décembre dernier alors que sa femme attendait leur deuxième enfant. Depuis, il avait repris une exploitation bio près de Nantes et pensait avoir enfin tiré un trait sur cette affaire. « Mon client n’en peut plus de toute cette histoire », ajoute Me Borie, qui devrait demander une contre-expertise graphologique.
Geneviève Colonna d’Istria
14:45 Publié dans Informations nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : auvergne, agriculture, culture bio, menaces, tracteur, front national, le parisien












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