jeudi, 02 juillet 2009
Vive le Honduras libre !
Le bloc-notes
de Jean-Claude Rolinat
Vous êtes un joli petit pays indépendant de cinq millions d’âmes situé en Amérique Centrale. Cette indépendance n’est pas toute fraîche, elle date de 1821. Vous avez une capitale moderne partiellement réhabilitée après le passage des différents cyclones qui frappèrent la région. Lovée dans de verdoyantes collines, elle n’a qu’un seul défaut : aucun chemin de fer ne la relie à la côte !
Sur votre frontière occidentale, les fabuleuses ruines mayas de Copan attirent quotidiennement des bataillons de touristes. Au nord, votre côte Atlantique, ourlée de plages rafraîchies par le balancement des cocotiers, est parsemée « d’îles au trésor ». C’est un rêve caraïbe en technicolor où le vert émeraude chasse de temps en temps le bleu turquoise….
Vous êtes un pays pauvre, mais vous vous en sortez grâce en partie aux envois de vos fils, frères et sœurs qui travaillent aux États-Unis. Votre Président, Manuel Zelaya, élu en novembre 2005 avec l’étiquette du Parti Libéral, -droite modérée, centriste-, a depuis viré sa cuti et ne trouve plus son miel politique que chez les néo-caudillos gauchistes tels qu’Ortega au Nicaragua, Chavez du Venezuela et autre Morales en Bolivie. Un comble, approchant du terme de son mandat constitutionnel, votre Président veut modifier la Loi fondamentale et organiser un référendum l’autorisant à se représenter une fois de plus, une fois de trop, devant les électeurs !
D’un seul homme, la Cour Constitutionnelle, le Parlement et l’Armée disent le droit. Décidément, NON, trop c’est trop ! Goutte d’eau qui va faire déborder le vase, le limogeage du chef d’état-major de l’armée, le général Roméo Vasquez. Ce dernier, n’écoutant que la voix de la légalité, a poussé le Chef de l’Etat vers la sortie dans la plus pure tradition des golpes. Le dimanche 28 juin a l’aube, 200 soldats de l’ejercito hondureno, encagoulés et armés jusqu’aux dents, ont gentiment poussé le Président destitué et l’ont mis dans le premier avion en partance pour San José de Costa Rica. Réuni en session extraordinaire, le Parlement hondurien, comme le prévoit la Constitution en cas de vacance du pouvoir, désigna son Président, Roberto Micheletti, comme Président de la République intérimaire jusqu’à une nouvelle consultation électorale en novembre prochain. Que croyez-vous qu’il arriva ? Haro sur le baudet bien que les militaires aient sagement regagné leurs casernes, laissant le pouvoir aux civils. Votre pays est devenu une horrible dictature, fasciste forcément, un Etat infréquentable à côté duquel la Corée du Nord n’est que de la « gnognotte »… Ils s’y mettent tous, les Obama et Sarkozy, l’Union européenne, l’Organisation des États Américains (OEA), même Cristina Kirchner, qui vient pourtant de ramasser une veste aux élections argentines, y va de son couplet sur la démocratie… Toutes et tous ils sont venus, ils sont tous là dès qu’ils ont entendu ce cri, « il est renversé le Zelaya »… Hystérique, aussi pénible que pour la mort de Michael Jackson ! Pauvre Honduras qui ne peut même plus choisir en toute liberté qui peut et doit le diriger. À l’heure où j’écris ces lignes, j’invoquerai bien les Dieux du Panthéon maya pour qu’ils protègent le Honduras et ses fils, descendants en partie des mêmes Mayas, et que ce pays reste « libre et souverain », comme le dit la belle devise qui figure sur ses armoiries depuis 1821. Face à l’agression des forces coalisées du mondialisme, avec toute sa cohorte d’affairistes apatrides et de mercenaires stipendiés, nous nous sentons tous « Honduriens » !
Jean-Claude Rolinat est l’auteur d’un ouvrage spécialisé sur ces questions : « Hommes à poigne et dictateurs oubliés de l’Amérique exotique » aux éditions PARDES
18:18 Publié dans Le bloc-notes de Jean-Claude Rolinat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : honduras, synthèse nationale, amérique centrale, usa, france














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