Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 03 mars 2019

A gauche les grandes manœuvres s’enlisent

9314-une-768x518.jpg

Francis Bergeron Présent cliquez ici

Si vous voulez savoir ce qui se passe chez les socialistes, allez directement à la source, suivez, dans Le Monde, le feuilleton de ces grandes manœuvres qui agitent une poignée d’individus, engagés au sein d’une myriade d’associations, de partis et de laboratoires d’idées.

Quel est le problème posé ? Les listes doivent être bouclées pour le 3 mai. Il reste 60 jours. Mais dans cette gauche dite raisonnable, dans cette gauche de gouvernement, trois listes se disputent 15 et 20 % de l’électorat. Les deux listes vraiment socialistes, celle de Faure et celle d’Hamon, ne décollent pas

Dans un mouvement de panique de plus en plus perceptible, Le Monde se fait le grand metteur en scène de projets de convergence des listes, pour sauver les meubles, c’est-à-dire le socialisme même. Car si, le 26 mai, ni le PS de Faure, ni le PS-bis de Hamon n’atteignait les 5 %, le socialisme, dans sa forme archaïque, celui de Jaurès, de Blum, de Mendès France, de Guy Mollet, de Mitterrand, de Jospin, de Hollande, disparaîtrait, et disparaîtrait sans doute à jamais.

Glucksmann, sa femme, son club, son carnet d’adresses

Horrible perspective ! Aussi Le Monde, ses amis du Nouvel Observateur, des Inrockuptibles, de Libération, de France Inter et France Culture, de France Info, des chaînes publiques, ont-ils lancé d’abord le « produit » Raphaël Glucksmann. Avec son club de gauche personnel (Place publique), sa femme Léa Salamé, leur carnet d’adresses monstrueux, Glucksmann a reçu pour mission de créer une dynamique, de recoller les morceaux, de faire fusionner les listes, de sécuriser un volume d’électeurs tel que la survie du socialisme soit garantie. Le PS, Génération.s, les écolos proches de 5 %, c’était le risque qu’un vote utile profite par exemple à Mélenchon d’un côté, à Macron de l’autre, et que les trois structures passent à la trappe. Une fusion sauvait les meubles, garantissant, à défaut de dynamique, des élus. Mais Glucksmann a échoué. Glucksmann était invité partout. Mais la « glucksmania » a cessé aussi vite qu’elle avait pris.

Le Monde et ses têtes chercheuses ont alors sorti une autre solution de leur chapeau : Bernard Cazeneuve. Cazeneuve, vous en souvenez-vous ? C’était ce petit monsieur socialiste, ministre de l’Intérieur pendant la vague des attentats islamistes. Il a acquis de ce fait une relative notoriété, laissant le souvenir d’un homme courtois, et ouvert à l’idée que tous les tueurs islamistes ne sont pas des militants d’extrême droite ou de braves malades mentaux. Cazeneuve en tête de liste, c’était la possibilité d’attirer la gauche macronienne, et d’obtenir une certaine neutralité de la droite (même si certains se souviennent que c’est sur son intervention personnelle que 4 millions d’euros ont été alloués arbitrairement à L’Humanité, en décembre 2013). Voilà l’homme susceptible de rallier à lui les multiples courants du socialisme, son affabilité lui ouvrant toutes les portes ou presque. Depuis le 13 février, à l’occasion d’un excellent dîner de sénateurs socialistes, cette candidature fédératrice a été testée. Las, le 1er mars, Le Monde a révélé que cette piste était un cul-de-sac, que Cazeneuve renonçait.

Et un malheur n’arrivant jamais seul, le dernier sondage en titre, publié le 27 février, annonce une percée des écolos qui, de ce fait, n’ont plus de raisons d’accepter une liste commune, tandis que PS et hamonistes pourraient finir sous les 5 %.

Alors, un nouvel homme providentiel ? Mais qui ? Une nouvelle martingale électorale ? Mais comment ? L’horloge tourne.

10:34 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.