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jeudi, 11 juin 2026

Belfast brûle. La prochaine ville sera la vôtre

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Jérôme Viguès

Belfast, lundi soir. Un homme est assis à califourchon sur sa victime dans une rue du nord de la ville. Il la taillade au visage, au cou, au dos. Plusieurs coups. Sous les yeux des passants. La vidéo part en viral en quelques heures. La victime s'appelle Stephen Ogilvie. Il a perdu un œil. L'agresseur s'appelle Hadi Alodid. Il a trente ans. Il est soudanais. Il était légalement installé au Royaume-Uni avec un statut de réfugié valide jusqu'en 2028. Il a été arrêté et inculpé pour tentative de meurtre, possession d'arme blanche et menaces de mort.

Mais voilà le détail que les grands médias ont mis du temps à lâcher. Hadi Alodid est entré en Irlande du Nord en 2023 depuis la République d'Irlande. En provenance de Paris. La France comme sas de transit. Ce pays qui accueille, qui héberge, qui nourrit, qui loge, qui donne des papiers — et qui exporte ensuite le problème chez ses voisins. Comme par hasard.

Ce qui s'est passé ensuite, les médias officiels appellent ça des "émeutes anti-immigrés." Traduction honnête : des dizaines de milliers d'habitants ont explosé. Des quartiers entiers de Belfast se sont embrasés. Des foyers incendiés par dizaines. Des commerces détruits. Un bus calciné. Des familles déplacées dans la nuit, dont un bébé de deux mois. Les forces de l'ordre ont priorisé l'évacuation des civils plutôt que les interpellations — ce qui en dit long sur l'ampleur du chaos.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a dénoncé des violences "choquantes et complètement inacceptables." Il a ajouté qu'il était "clair que des personnes avaient été ciblées en raison de leur origine" et qu'il ne le "tolérerait pas." Formule creuse, rituelle, prononcée depuis un bureau par un homme qui n'a pas regardé la vidéo dans les yeux d'un père de famille de Belfast. Les cinq principaux partis politiques d'Irlande du Nord ont publié une déclaration commune appelant au calme. Même rituel. Même vacuité. Les dirigeants parlent. La rue brûle. Ces deux réalités ne se rencontreront pas.

Pendant ce temps, les habitants de ces quartiers défavorisés où l'on entasse les migrants depuis des années regardaient leurs rues brûler. Ils ne brûlaient pas par idéologie. Ils brûlaient parce qu'un homme avait failli se faire égorger dans leur rue par quelqu'un que l'État avait installé parmi eux, et que cet État leur demandait maintenant d'être raisonnables. Il y a un mot pour ce que vivent ces gens. Ce mot, c'est l'abandon.

Stephen Ogilvie a perdu un œil. Sa famille appelle au calme et salue "la contribution essentielle des migrants à la société." Réaction courageuse, ou réaction conditionnée par des années de matraquage idéologique ? Ce qui est certain, c'est que Stephen Ogilvie ne reverra plus jamais le monde qu'avec un seul œil. Et que l'homme qui le lui a arraché avait été accueilli, hébergé et protégé par l'État — d'abord en France, ensuite au Royaume-Uni.

Ce n'est pas la première fois que Belfast s'embrase. Émeutes en 2024, émeutes en 2025, et maintenant ceci. À chaque fois, le même cycle. Un drame. Une vidéo. Une explosion populaire. Des élus qui condamnent. Des experts qui expliquent. Et le lendemain, rien ne change. Les mêmes populations continuent d'être entassées dans les mêmes quartiers. Les mêmes alertes continuent d'être ignorées. La même cocotte-minute continue de chauffer. Et nous approchons du 12 juillet, la période des défilés orangistes, historiquement la plus explosive de l'année en Irlande du Nord. Le timing est parfait pour que tout dérape.

Ce mercredi, Belfast se préparait déjà à une nouvelle nuit. Écoles fermées dès la mi-journée. Bus et trains à l'arrêt. Renforts de police mobilisés en urgence, d'autres attendus depuis le reste du Royaume-Uni pour jeudi. Trois arrestations à ce stade, "d'autres suivront" selon les autorités. La ville retient son souffle. Ou plutôt, elle ne le retient plus.

Un système qui importe massivement une population étrangère sans se demander si la greffe prend. Un système qui installe ces populations dans des quartiers déjà fragiles et appelle ça de l'intégration. Un système qui fait transiter les indésirables de pays en pays, de Paris à Belfast, en tamponnant des papiers au passage. Et quand la cocotte-minute explose, ce même système sort ses experts et ses éditorialistes pour expliquer que la vraie violence, c'est celle des gens qui ont craqué. Pas celle qui les a fait craquer.

Les peuples d'Europe sont en train d'apprendre une leçon que leurs gouvernants refusent de leur enseigner. Quand l'État cesse de vous protéger, vous vous protégez vous-même. Quand l'État ignore vos alertes pendant des décennies, un soir de juin, une vidéo suffit à mettre une ville à feu.

Belfast brûle. Et cette nuit, elle risque de brûler encore.

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10:57 Publié dans En Europe et ailleurs..., Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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