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vendredi, 28 août 2026

Tout le monde en parle : sortie le 2 septembre du livre de Sarah Knafo, "Le casse du siècle"

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Source Le Figaro Magazine du 28 août 2026
 
L’ÉLECTROCHOC DE SARAH KNAFO
 
Si elle n’est pas elle-même candidate à l’élection présidentielle, Sarah Knafo va quand même faire parler d’elle. Et surtout de son dernier livre qui dénonce avec vigueur la façon dont les politiques, de droite comme de gauche, gèrent l’argent des Français depuis cinquante ans.
 
Elle est sans doute la seule énarque capable de rendre compréhensible par le commun des mortels un rapport de la Cour des comptes. Là où ses camarades se complaisent à rendre compliqué un tableau de chiffres, Sarah Knafo le simplifie et trouve la comparaison qui illustre parfaitement la situation. C’est l’objet de son dernier livre dont la construction elle-même est originale. Elle part de ce qu’elle considère comme un vol par l’État de l’argent des Français pour instruire le procès, avec l’enquête, l’instruction et l’audience. « J’ai suivi l’argent », explique celle qui est partie de la feuille de paie pour démontrer les dérives d’un système qui ne cesse de ponctionner davantage les Français. Chaque chapitre est également l’occasion pour elle de lancer des propositions qui feront débat dans la campagne présidentielle qui démarre.
 
En revanche, contrairement aux candidats, son livre n’est pas l’occasion d’évoquer son enfance ou ses envies. « Je ne parle pas de moi, mon objectif était d’enquêter pour les Français », ajoute Sarah Knafo, en faisant le tri dans les notes qu’elle a prises depuis dix ans, quand elle n’imaginait pas entrer en politique. Elle ne cite pas non plus Éric Zemmour (en dehors des remerciements). « S’il est absent du livre, c’est qu’il n’est pas coupable du casse, contrairement à tous les autres. »
 
Carl Meeus
 
EXTRAITS
 
Je les vois venir. Nous les voyons tous venir. Ils vont nous dire que la France est un grand pays. Ils vont nous dire qu’elle s’est toujours relevée de toutes les épreuves. Ils vont nous dire que nous avons tous les atouts pour réussir. Ils vont nous dire qu’il suffit de croire en nous-mêmes, en nos valeurs, en notre génie. Ils vont nous dire qu’il faut faire confiance à notre jeunesse. Ils vont nous dire que nos fonctionnaires sont dévoués, que nos soignants sont héroïques, que nos agriculteurs doivent être respectés. Ils vont nous dire que c’est le moment ou jamais. Ils vont nous dire que c’est la dernière chance. Ils vont nous dire que notre destin se décide maintenant. Ils vont nous dire que, cette fois, nous avons le choix entre la catastrophe et la renaissance, et que ce choix dépend de chacun d’entre nous.
 
Ils vont nous parler de notre modèle social. Ils vont nous dire que nous y sommes profondément attachés. Ils vont nous dire que l’éducation est la clé de tout et qu’il faut sauver l’école. Ils vont nous dire qu’il faut taper du poing sur la table, ou monter dessus, ou la renverser. Ils vont nous dire qu’il faut davantage de démocratie. Qu’il faut nous écouter. Qu’il faut des référendums. Qu’ils ont le programme qui va tout changer. Un programme massif. Ils vont nous parler de la dette et du déficit. Ils vont nous parler du désespoir et de l’espérance. Ils vont invoquer Jeanne d’Arc, Jaurès, de Gaulle et même Mitterrand. Ils vont nous parler de sincérité, de droiture et de courage. Ils vont surtout beaucoup parler d’eux-mêmes, de leur compétence, de leur volonté politique et de leur magnifique détermination.
 
Chacun d’entre eux va nous assurer qu’il est l’homme de la situation. L’homme qu’il nous faut. Celui qui incarne ce que nous avons de meilleur. Celui qui a l’énergie. Celui qui a la fermeté. Et chacun de ces hommes providentiels va tenter de décrédibiliser tous les autres.

Nous les voyons venir parce que c’est toujours le même scénario. Ils ne savent pas faire autrement. Ils ne veulent pas faire autrement. Ils sont comme ça. C’est leur métier. Leur job. Leur business : ils sont les politiciens français et l’élection présidentielle se profile à leur horizon. Ils ne pensent qu’à elle. Ils ne vivent que pour elle. Ils n’existent que par elle.
 
Alors, comme ce sont toujours les mêmes scènes, toujours les mêmes tirades, toujours la même chanson, si tout se répète, nous savons d’avance comment cette comédie française, qui tient plutôt de la tragédie, va se terminer. Comme la fois précédente. Comme la fois d’avant. Comme à chaque fois. Vous et moi, nous allons faire autre chose.
 
Nous n’allons pas dénoncer. On a trop dénoncé. Nous n’allons pas nous indigner. Notre indignation n’a jamais rien changé. Nous allons enquêter. Ensemble, nous allons nommer ce qu’on nous a pris, comment on nous l’a pris, qui nous l’a pris, qui a regardé ailleurs, et qui empêche, aujourd’hui, que nous le récupérions.
 
Ce qui s’est passé en France et que vous vivez dans votre chair n’est pas un complot. Je ne vais pas vous raconter qu’un grand horloger malveillant aurait organisé notre ruine dans l’ombre. Personne ne s’est réuni en cercle restreint pour décider de vous voler puis de tout saccager. Aucun projet secret ne circule. Aucun plan d’ensemble n’a été écrit. La vérité est à la fois plus banale et plus accablante : c’est un enchaînement infernal de mauvaises décisions, de renoncements, de lâchetés, de calculs, qui a produit une catastrophe qu’aucun n’avait préméditée mais que tous ont laissée s’installer. En en profitant. (…)
 
Ce que vous sentez, vous le ressentez parce que c’est vrai. Les chiffres existent. Je vais vous les donner. Les mécanismes existent. Je vais vous les décrire. Les preuves existent. Elles sont nombreuses, parfois dissimulées, souvent maquillées, jamais réunies. Personne ne s’est donné la peine d’examiner le dossier en entier. Voilà pourquoi vous avez le sentiment d’un malaise sans nom, d’un préjudice sans plainte, d’un coupable insaisissable.
 
Ce que nous traversons n’est pas la répétition d’un phénomène déjà vécu dans le passé. La France a connu des crises, des guerres, des révolutions, des effondrements. Mais elle n’a jamais connu ça. Elle n’a jamais subi un mécanisme aussi long, aussi diffus, aussi général, qui prélève à chacun pour ne rendre à personne, qui dégrade les services publics tout en augmentant les impôts censés les financer, qui démolit les piliers de notre pays sans qu’on puisse identifier un seul auteur.
 
Cette catastrophe porte un nom. Ça s’appelle un casse. Ce n’est pas une provocation ni une caricature. C’est le mot juste. C’est même le casse du siècle. C’est un casse légal, validé par le Parlement, publié au Journal officiel, mais il est mille fois plus gros que tous les casses criminels que nous avons connus. Il se chiffre en milliers de milliards d’euros. C’est le plus grand et le plus long casse de notre histoire.
 
Ce casse, je ne l’ai pas découvert dans les livres. Je l’ai vu de mes yeux, à tous les étages. Je l’ai vu là où j’ai grandi, en Seine-Saint-Denis, un département arrosé d’argent public où davantage de moyens n’ont jamais signifié moins de problèmes. Je l’ai vu sur les bancs de la Sorbonne, où j’étudiais l’économie, et où l’on m’enseignait surtout celle qui tient la dépense publique pour une vertu et la baisse d’impôts pour une menace.
 
J’ai cherché ailleurs de quoi me faire ma propre idée, chez les auteurs libéraux comme chez leurs adversaires, et j’ai compris qu’on formait des générations entières à ne jamais questionner le désordre établi.
 
Je l’ai vu à Sciences Po, où j’ai été étudiante avant d’y devenir enseignante et membre du jury d’admission. Je l’ai vu à l’ENA, où l’on prépare ceux qui serviront le système à ne jamais le remettre en cause. Je l’ai vu en préfecture, à Bobigny, dans le Béarn ou au Pays basque, où notre argent est censé devenir un service et où il se dissout en procédures. Je l’ai vu en ambassade, où j’ai mesuré le déclassement de la France au-dehors, plombée par ses fragilités du dedans.
 
Je le vois depuis l’intérieur du monde politique, où la paresse le dispute à la démagogie et où les candidats promettent de nous rendre ce qu’ils continueront sans cesse de nous prendre. Je le vois comme députée française au Parlement européen, aux prises avec ceux qui légifèrent sans relâche pour compliquer notre vie et alourdir nos charges. Je l’ai vu comme candidate à la mairie de Paris, en plongeant dans les comptes d’une ville qui détruit l’argent des contribuables en gabegies et en clientélisme.
 
Longtemps, j’ai pensé qu’il s’agissait d’anomalies éparses. Récemment, j’ai compris qu’elles n’en formaient qu’une. Et si j’y suis parvenue, c’est que parmi toutes ces expériences, il en reste une, décisive, dont je ne vous ai pas encore parlé.
 
À 26 ans, je suis devenue magistrate à la Cour des comptes. La mission de cette institution : veiller au bon emploi de l’argent public, donc de notre argent. Dire précisément, scientifiquement, où il va et comment il est dépensé, pointer les inefficacités et irrégularités dans la gestion par l’État de la richesse que nous créons. Mon métier était celui d’une enquêtrice.
 
Avec les autres magistrats, nous formions des équipes de deux ou trois, pour inspecter à la loupe chaque administration, éplucher leurs comptes, interroger leurs cadres, parfois même prendre nos quartiers sur place pendant des semaines pour tout analyser afin d’informer les Français.
 
Imaginez que vous deviez fouiller l’immense machine étatique afin de repérer, un à un, tous les trous par lesquels les deniers publics disparaissent. Vous passeriez au peigne fin des dizaines de ministères, des centaines d’agences, des milliers de subventions, des millions de postes. Vous plongeriez dans les comptes opaques d’administrations géantes comme l’Éducation nationale ou la Santé. Vous devriez déjouer les pièges de tous ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change pour garder leurs pouvoirs et leurs privilèges insoupçonnés. Vous interrogeriez des responsables qui peinent parfois à vous expliquer comment travaillent leurs propres services, tant ils sont devenus complexes.
 
Et du haut en bas de chaque pyramide, vous seriez confronté à des secrets, des silences, des résistances tenaces, des énigmes à dénouer comme autant de casse-tête.
 
(…) Ce que je m’apprête à réaliser avec vous, j’ai voulu le faire toute ma vie. Face à un casse, on n’écrit pas un livre-programme. On ne propose pas un essai. On ne se lance pas dans un plaidoyer ni dans un pamphlet. Face à un casse, on enquête. On ouvre le dossier. On rassemble les pièces. On reconstitue les faits. On identifie les responsables. On écoute les témoins. On confronte les versions. On chiffre le préjudice. On nomme les complices. On désigne ceux qui protègent les coupables. Et on dit ce qu’il convient de faire pour qu’enfin justice soit rendue.
 
Vous vous demandez peut-être comment nous allons procéder pour démontrer un casse de cette ampleur. Il y a une règle dans ce genre d’enquête. Il faut suivre l’argent. Regarder d’où il vient. Par où il transite. Où il atterrit.
 
« Follow the money. » C’est la phrase qu’un informateur a soufflée à un journaliste américain en 1973, dans un parking sombre de Washington. Ce journaliste s’appelait Bob Woodward. Son informateur portait le nom de code Gorge profonde et l’affaire qu’ils étaient en train de résoudre allait faire tomber le président des États-Unis : le Watergate. Suivre l’argent. Trois mots qui résument la marche à suivre pour mener l’enquête.
 
LE SCANDALE DE LA FICHE DE PAIE
 
« Tous les mois, un vol a lieu chez vous. À heure fixe, en plein jour, à votre domicile. Le butin est considérable, le coupable n’est jamais inquiété et la seule trace qu’il laisse derrière lui est une feuille de papier qui semble banale. Des millions de Français la rangent machinalement, sans même savoir qu’ils tiennent là une pièce à conviction absolument centrale. Vous aussi, vous vérifiez probablement le chiffre du bas, celui qui tombera sur votre compte, et vous classez le document avant de l’oublier. Ce document, c’est votre fiche de paie.
 
Voici Nicolas Durand. Un salarié, ni riche ni pauvre : il gagne 2.079 euros net par mois, le salaire médian. La moitié des Français gagne moins, l’autre moitié gagne plus. « Total versé par l’employeur : 3.922 euros. » Voilà ce que vaut vraiment le travail de Nicolas Durand sur le marché de l’emploi. Ce montant a été négocié et accepté par les deux parties. C’est donc le prix que le patron de Nicolas Durand accepte de payer pour bénéficier de ses services. « Net à payer au salarié : 2.079 euros. » C’est ce qui arrive sur le compte en banque de Nicolas Durand.
 
Attention. C’est là, dans l’intervalle, entre le moment où l’argent quitte l’entreprise et celui où il atteint votre compte, que le casse se met en place. En chemin, dans un couloir sombre à l’abri des regards, la moitié a été prélevée. Il manque plus de 1.800 euros par mois. Cette moitié qui disparaît, vous ne la voyez pas, vous ne la touchez pas, vous n’en décidez pas. On vous l’a prise avant même que vous n’ayez pu y penser. Sur une année, il manquera plus de 22.000 euros. Sur une carrière, il manquera plus de 1 million d’euros.
 
DROITS DE SUCCESSION
 
Quand l’impôt sur les droits de succession est né, en 1791, son taux était fixé à seulement 1% de l’héritage. Aujourd’hui, il monte jusqu’à 45%. Dès son retour au pouvoir, le général de Gaulle le jugea si abusif qu’il en ramena le plafond à 15% par une loi de 1959. Nous sommes à trois fois ce plafond.
 
Et derrière les pourcentages, il y a des vies. Il y a ce fils unique qui doit vendre en catastrophe la maison dans laquelle il a grandi, parce que le fisc réclame sa part dans les six mois, avant que l’héritier n’ait touché un seul euro. Il y a la fille qui doit s’endetter pour payer les droits de succession, parce qu’elle refuse de rejeter son héritage. Il y a cette femme sans enfants qui lègue ses économies à sa nièce, laquelle en abandonnera 55% à l’État. Il y a ce garçon élevé par l’homme qu’il appelait père et que le code général des impôts traite en étranger, taxé à 60%.
 
Le rendement de cet impôt a plus que doublé en douze ans, passant de 7 à 16,6 milliards d’euros. Et cet impôt augmente tout seul, sans même que le Parlement l’ait décidé. L’abattement de 100.000 euros par enfant n’a pas été relevé depuis 2012, pendant que la valeur de l’immobilier, elle, montait sans interruption. Chaque année, des familles qui n’avaient pas à les payer deviennent soudain redevables sans que rien n’ait changé dans leur niveau de vie.
 
LE COÛT DU LAXISME
 
Il y a un autre coût dont on ne parle jamais : celui du laxisme. Si un individu est bel et bien interpellé, il est possible qu’il soit déjà bien connu du commissariat. Imaginons que ce soit la cinquième fois cette année que les policiers ont affaire à lui. Alors cinq fois, ils auront rédigé un procès-verbal, procédé aux constatations, mené les auditions, joint le substitut du procureur, recueilli la plainte d’une victime. Et cinq fois, probablement, au bout de la chaîne, une réponse sans conséquence, un classement, une convocation lointaine.
 
Si cet individu avait été incarcéré six mois dès le premier délit, les quatre suivants n’auraient pas eu lieu. Quatre délits évités, quatre victimes de moins et quatre fois toute cette paperasse épargnée aux policiers comme aux magistrats.
 
À force de ne pas sanctionner une fois, on paie cinq fois. Et ce n’est malheureusement pas une exception. 40% des personnes condamnées pour un délit sont des récidivistes ou des réitérants. Autrement dit, près de la moitié du travail de la police, de la gendarmerie et des tribunaux sert à traiter, encore et encore, des délinquants que l’on connaît déjà.
 
Faisons le calcul. La sécurité et la justice coûtent ensemble 38,5 milliards d’euros par an. Si nous occupons toute la chaîne à traiter les 40% de délinquants déjà condamnés, cela signifie que l’État dépense environ 15 milliards d’euros par an à courir derrière les mêmes individus, faute de les avoir arrêtés à temps. C’est le prix du laxisme.
 
Mais à quoi bon remettre des policiers sur le terrain, si la justice relâche le lendemain ceux qu’ils ont interpellés la veille ? Entre la peine que la loi prévoit, celle que le tribunal prononce et celle que le condamné exécute réellement, il y a trois univers différents. L’écart entre les trois porte un nom : le « laxisme ».
 
Un délinquant sait qu’il risque cinq ans, sur le papier, qu’il en prendra deux, et qu’il n’en fera peut-être aucun. Voilà pourquoi la peine ne dissuade plus personne. La peine encourue doit se rapprocher de la peine prononcée. Les peines planchers doivent être rétablies, afin que la loi cesse d’annoncer un châtiment que les tribunaux ne prononcent jamais.
 
Et la peine prononcée doit enfin devenir la peine exécutée. Cela suppose de supprimer le juge de l’application des peines. Il n’est pas admissible qu’une condamnation rendue en audience publique, au nom du peuple français, après un procès où l’on a entendu les faits, les témoins et les victimes, soit ensuite ramenée, aménagée, transformée dans le secret d’un cabinet par un magistrat qui n’assistait pas à ce procès et que la victime ne rencontrera jamais.
 
LE BUSINESS DE L’IMMIGRATION
 
L’immigration vers la France, vue du terrain, n’est pas un mouvement spontané de désespérés. C’est un business. Les passeurs ont des groupes WhatsApp où ils comparent en temps réel les politiques publiques européennes. Ils savent ce que verse la France, ce que verse l’Allemagne, ce qu’expulse l’Italie, ce que régularise l’Espagne. Ils choisissent rationnellement la destination optimale pour mener à bien cette nouvelle traite d’êtres humains.
 
Et le résultat de ce calcul est implacable : par son « modèle », la France attire ceux qui sont attirés par l’assistanat. L’Italie et l’Angleterre attirent ceux qui sont attirés par le travail. Tant qu’on ne nomme pas cette réalité, on ne peut rien régler.
 
Depuis des décennies, on nous répond que nous avons besoin de plus d’immigration pour financer notre modèle social, menacé par le vieillissement de la population, ou pour pallier le manque de main-d’œuvre dans les métiers en tension. Que sans immigrés supplémentaires, nos chantiers se videraient, nos restaurants fermeraient. Ce consensus est en train de voler en éclats sous nos yeux.
 
En juillet 2026, le Financial Times, historiquement favorable à l’immigration de travail, publiait une tribune de l’économiste américain Oren Cass, qui attaque le mythe des bienfaits de l’immigration. Il s’appuie sur les travaux du Prix Nobel d’économie 2024 Daron Acemoglu et des économistes du MIT David Autor et Keelan Beirne. En étudiant la baisse de la natalité, ils ont prouvé que, contrairement à une idée reçue, la raréfaction des jeunes travailleurs produisait une croissance plus forte du PIB par travailleur et des salaires plus élevés.
 
Pourquoi ? Parce que la rareté du travail force à investir dans la technologie et l’innovation. Les brevets d’automatisation se multiplient, les industries de haute technologie prennent la place des industries à bas coût, la productivité s’envole. L’étude s’appuie notamment sur Clemens, Lewis et Postel (2018), qui montrent que lorsque les États-Unis ont fermé leur frontière aux travailleurs agricoles mexicains, avec la fin du programme Bracero, 500.000 travailleurs ont quitté les champs américains. Que s’est-il passé ? Une famine ? Non. L’agriculture américaine s’est mécanisée.
 
À l’inverse, quand un employeur sait qu’il disposera toujours d’une main-d’œuvre abondante et bon marché, il n’est pas incité à moderniser. Un chef d’entreprise suisse cité dans la tribune du Financial Times résume la politique migratoire de nos dirigeants d’un mot : « C’est la solution la plus paresseuse. » Et si l’immigration de masse nous coûtait aussi la valeur de tout ce que nous aurions créé sans elle ?
 
Il faut casser l’attractivité sociale de la France pour les migrants. Supprimer l’AME (aide médicale d’État, NDLR), réserver les aides sociales non contributives aux citoyens français, qui doivent être prioritaires dans l’attribution des logements sociaux.
 
Il faut envoyer aux migrants et aux passeurs un message simple : « Si vous êtes clandestin, nous considérerons que vous avez enfreint nos lois et violé nos frontières. Alors vous n’aurez droit à rien, ni aide sociale, ni logement, ni protection juridique. N’essayez donc pas. Ne risquez pas votre vie au Sahara puis en Méditerranée : cela ne sert à rien. Vous serez placé en centre de rétention jusqu’à votre expulsion. »
 
Le dernier obstacle, nous l’avons dressé nous-mêmes et nous le finançons. Des associations attaquent l’État en justice pour empêcher les reconduites qu’il a lui-même prononcées et elles le font avec des subventions publiques. Vous payez deux fois : une fois pour la décision, une fois pour le recours qui l’annule. Ce financement public doit cesser.
 
Au bout de la résolution de cette affaire, les milliards d’euros que coûte aujourd’hui l’immigration reviendront dans votre poche. Tout cela est possible. Tout cela a été démontré chez nos voisins, en Italie, au Danemark, en Suède. À nous de le faire.
 
BAISSER LES IMPÔTS ET LES DÉPENSES
 
Je considère que pour redresser un pays, il faut baisser les impôts en même temps que les dépenses. Pas après. En même temps. Parce que si on baisse les dépenses sans baisser les impôts, on continue d’étrangler l’économie. Si on baisse les impôts sans baisser les dépenses, on creuse le déficit. Mais si on fait les deux à la fois, on libère l’économie, on augmente votre pouvoir d’achat, on permet l’investissement, et la croissance revient. Avec elle, les recettes fiscales remontent alors même qu’on a baissé leur taux, et le déficit se résorbe naturellement.
 
Certains vous promettent de baisser les impôts une fois que les économies auront été faites, c’est-à-dire jamais, puisque avec eux, les économies ne se font jamais. La baisse d’impôts n’est pas la récompense de l’effort, elle doit en être le déclencheur.
 
Ne jamais sacrifier les actifs, privilégier la croissance. C’est la différence entre un programme d’austérité et un plan d’enrichissement. C’est ce qu’ont fait Jacques Rueff et de Gaulle en 1958. C’est ce que fait Milei aujourd’hui. C’est ce qu’il faut pour la France.
 
Dépenser moins pour taxer moins. Pas dépenser moins uniquement pour rembourser la dette en vous sacrifiant. Dépenser moins pour arrêter de vous prendre votre argent. Pour vous laisser le pouvoir d’achat dont on vous a privé.
 
Dépenser moins pour augmenter de 10% le salaire de tous les actifs de France. Comment ? En supprimant la contribution sociale généralisée (CSG) d’activité. Une telle réforme représente 87,5 milliards d’euros de recettes sociales en moins chaque année. Voilà pourquoi ceux qui refusent de toucher à la dépense ne la proposeront jamais, et voilà pourquoi le casse continue.
 
Le Casse du siècle, de Sarah Knafo, Fayard, 286 p., 19,90 €

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11:05 Publié dans Revue de presse, Sarah Knafo | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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