Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 25 août 2015

LE FN REPENTI ET SON GRAND REMPLACEMENT Le chêne et le roseau ou le loup et le chien !

afficheFN.jpgRaoul Fougax Métamag cliquez ici

Marine Le Pen ne croit pas au grand remplacement, un fantasme, selon elle, de l’extrême droite raciste. Le grand remplacement, cependant, elle le pratique au sein même du FN en commençant par exclure son père qui en est le fondateur.

C’est politiquement dangereux et éthiquement inexcusable. Dans les états africains décolonisés trop hâtivement, les putschs se sont multipliés à partir des années 60… Mais les militaires qui renversaient le président répugnaient à porter la main sur le père de la nation, celui qui était là à sa fondation lors de l’indépendance.

Marine Le Pen n’a pas cette retenue et le nouveau Fn non plus. Florian Philippot, petit chouchou des médias, a donné libre cours à une haine accumulée au fil des petites phrases assassines du menhir sur ses préférences sexuelles. Nicolas Bay, sans doute un des véritables espoirs du nouveau FN, tient enfin sa vengeance de l’épuration mégrétiste. Quant aux autres, ils sacrifient sans états d’âmes, l’ancien à l’air du temps.

Car le Fn de Marine est un Fn de repentis. Ils sont de leur époque et veulent en être acceptés. Ils acceptent donc la vision du monde de ceux qu’ils prétendent remplacer. Le Fn se rêve d’être une nouvelle Ump plus droitière et sociale. Il ne s agit pas de remplacement mais de substitution, calife à la place du calife, ce n’est pas vouloir supprimer le califat.

Il va y avoir donc une place à la droite du Fn pour ceux qui refusent les dogmes politiques et historiques du système. Un mouvement est en cours de formation. Il sera électoralement très marginal. La grande masse des électeurs du FN préfèrent Marine et se moquent, comme de leur premier cocufiage électoral, de la lecture de l'histoire et du débat idéologique. Le Fn annonçait un raz de marée, le néo-Fn veut surfer sur la vaguelette de la déception. Cela peut mener sur la rive du pouvoir mais pas très loin à l’intérieur des terres. Sauf que certains signaux électoraux ne sont pas très bons pour les tacticiens de la dédiabolisation. Le cauchemar du syndrome Fini hante les nuits de Philippot. 

Piétiner la statut du commandeur pour s’y hisser et monter une marche de plus dans la normalisation peut, certes, être efficace mais pour quoi faire et pour combien  de temps. Ou sont-ils les crétins haineux qui ont déboulonné à Bagdad la statut de Saddam Hussein ? Que pensent-ils si certains ont échappés à l’avenir d'horreur de leur pays, de leur geste médiatique ? Il faut se méfier des grands remplacements sans lendemain. On n’efface pas si facilement six décennies de vie politique…. On ne parle plus de Saddam !

L’exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national, décrétée jeudi 20 août par le bureau exécutif du parti d’extrême droite, devait permettre à sa présidente de tourner définitivement la page de l’ère paternelle. Le départ, enfin formalisé, du fondateur du parti, qui en incarne aussi le courant le plus provocateur, visait un double objectif, que poursuit Marine Le Pen depuis dix ans : la dédiabolisation, ou banalisation, du Front national et sa professionnalisation. Sur ces deux fronts, cependant, l’opération a échoué se félicite le journal Le Monde. Il a raison même si cela le sert. Pour le reste le journal  ne croit pas en la volonté de dédiabolisation de Marine qui, selon lui, reste à l’écoute des extrêmes droites.

A cette fin précise le quotidien vespéral de la gauche bobo, elle prend soin de ponctuer ses discours de références familières aux identitaires, telles que la mise en valeur de certains épisodes de l’histoire de France ou le lien charnel avec la nation. Elle a, sur ce point, été à bonne école : c’est aussi ce que, avant elle, faisait son père. Il lui faudra donc plus que tuer le père, tuer la nation et nier son histoire. Là, Marine n’est certes pas au bout de ses peines.

Elle a choisi la compromission pour faire évoluer le système. Elle se voit roseau et se moque du chêne.

Elle ferait mieux de relire une autre fable, celle du chien et du loup.

08:47 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.