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lundi, 15 décembre 2014

Allemagne : multiplication des manifestations du lundi contre islamisation/immigration

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Medias Presse Info (cliquez ici) avait déjà diffusé quelques vidéos de ces manifestations organisées en Allemagne contre l’islamisation. Initialement, elles rassemblaient les milieux nationalistes radicaux. Désormais, elles se propagent dans toute l’Allemagne et des foules de plus en plus importantes s’y pressent, témoignant de sa réelle dimension populaire.

A Dresde, à Düsseldorf, à Berlin… Tous les lundis, des milliers d’Allemands descendent dans la rue. Les manifestations sont organisées par PEGIDA, abréviation de Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident. Loin d’être un mouvement éphémère, ces manifestations s’étendent chaque semaine.

Le parti anti-euro AfD y participe. Mais la grande majorité des manifestants ne sont pas des militants politiques, simplement des citoyens excédés par l’islamisation de leur pays et par l’immigration incontrôlée. " Nous sommes le peuple ", crient-ils avec raison.

Les autorités politiques devraient d’urgence écouter cette clameur qui s’élève. Avant qu’il ne soit trop tard.

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vendredi, 26 septembre 2014

Otages français des terroristes islamiques…

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Un communiqué de Roger Holeindre,

Président du Cercle national des combattants :

Monsieur Hervé Gourdel, citoyen français, a été enlevé en Algérie, alors qu’il participait à une randonnée touristique dans le massif de la Djurdjura (Kabylie), région que certains de nos amis, anciens d’AFN ont jadis bien connue pour y avoir traqué jadis des unités de la rébellion FLN actuellement au pouvoir en Algérie. L’organisation terroriste liée à ceux qui se font appeler l’« État islamique » (EI) au Levant et responsable de ce forfait a retenu Hervé Gourdel comme otage pour exercer un chantage sous la forme d’un ultimatum adressé à la France au sujet de son intervention actuelle en Irak.

Le délai imposé par les terroristes s’étant achevé, l’otage a été assassiné (c’est le terme qui s’applique !) par égorgement, selon la tradition. Égorgement suivi, tout naturellement, du décollement de la tête. De la défunte AFN en passant par la Tchétchénie, la tradition perdure…

Cet assassinat a fait l’objet d’un vidéogramme intitulé Message de sang pour le gouvernement français, où l’on voit, tout à tour, M. François Hollande annoncer la participation de la France aux frappes aériennes contre l’EI en Irak, puis Hervé Gourdel agenouillé, les mains liées derrière le dos, entouré de quatre hommes armés et cagoulés dont l’un lit un texte où il dénonce l’intervention des Croisés criminels français (sic) contre les Musulmans en Algérie, au Mali, en Irak, etc.

Ce genre de mise en scène a été pratiqué lors des assassinats récents de journalistes ou membres d’ONG otages au Levant par des membres d’EI.

Tout en condamnant fermement ces pratiques barbares, les membres du Cercle National des Combattants déplorent que cet état de fait soit le fruit de la politique inconsidérée des gouvernements successifs de la France depuis le début du siècle. En effet, notre pays, visiblement à la remorque de puissances à tendances hégémoniques s’engage dans des interventions dont le but ne semble pas correspondre aux intérêts français bien compris. Il est dommage que des citoyens français en payent les conséquences et que des individus qui n’ont cessé de démolir l’armée française et de la réduire de façon drastique jouent aujourd’hui les va-t-en-guerre surtout qu’il est faux de prétendre que les frappes aériennes seules règleront le problème et l’éradication des ces fous criminels antichrétiens. Le Cercle National des Combattants demande le renforcement de notre armée, le respect pour nos soldats et le rétablissement immédiat du service militaire.

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jeudi, 29 mai 2014

En marge des Européennes : un élu patriote, et non le moindre, aux élections consulaires...

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Dimanche dernier se déroulaient à travers le monde les élections des délégués consulaires. Ceux-ci sont chargés de représenter les Français de l'étranger pour 6 ans.

Là aussi, nous avons eu droit à une bonne surprise. A savoir l'élection de notre ami Eric Miné cliquez là dans la circonscription Thaïlande-Birmanie. Ecrivain talentueux, patriote sincère et passionné par la condition d'autrui, Eric Miné, qui jouit d'une grande popularité dans sa circonscription, puisque dans son fief de Pattaya il fait plus de 55% des voix, avait mené une campagne harassante depuis plusieurs mois (lire son site de campagne cliquez ici).

Il saura, nous en sommes persuadés, défendre les intérêts de nos compatriotes expatriés.

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lundi, 14 avril 2014

Élections consulaires du 25 mai : l’enjeu thaïlandais

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Eric Miné

Boulevard Voltaire cliquez ici

Les européennes auront lieu le 25 mai prochain et sont porteuses des espoirs que l’on connaît. On le sait moins, cette échéance sera couplée à l’étranger à des « élections consulaires ». À défaut d’être connu, ce nouveau scrutin pourrait bien se révéler exemplaire à bien des égards et contrarier quelques vilaines habitudes. Qu’en est-il au juste ?

Dans le cadre d’une réforme générale de leur représentation, les Français de l’étranger avaient déjà pu élire directement, il y a deux ans, onze députés qui vinrent s’ajouter aux douze sénateurs déjà élus par un collège électoral restreint au sein d’une assemblée spécifique – l’AFE, Assemblée des Français de l’étranger –, chambre jusque-là sous tutelle du ministère des Affaires étrangères et dont la plupart des membres étaient nommés. Fondées sur le nombre d’inscrits dans nos consulats, ces circonscriptions législatives jusque-là inédites ont vu leur bornage souvent très large subdivisé en 130 zones désignant des « conseillers consulaires ». Dotés de pouvoirs délibératifs et grands électeurs au Sénat, ceux-ci seront 443. 83 d’entre eux, élus par leurs pairs, siégeront dans une AFE dès lors issue du suffrage universel.

Du temps où les amiraux portaient haut les couleurs de la France dans le monde, on disait des marins que « leur métier particulier s’exerçant sur tout le globe, il leur ouvrait l’esprit aux idées générales ». Il en va ainsi, aujourd’hui, de nos compatriotes expatriés : l’observation de leur terre natale s’enrichit des enseignements qu’ils acquièrent des sociétés où ils vivent. Et s’il est un pays où les Français en ce domaine s’enrichissent, c’est bien la Thaïlande. En cela, rien d’étonnant.

Pour ceux d’entre nous qui avons fait le choix d’y vivre, n’avons-nous pas été largement poussés dans notre décision par l’attrait d’un pays qui a su préserver ses traditions tout en entrant dans la modernité ? Un pays où l’abord affable de ses habitants et leur art consommé d’un bonheur simple nous changeait heureusement de la grisaille d’une France engluée dans l’abandon de ses valeurs ? Un pays où l’assistanat n’a pas lieu d’être mais où l’État n’empêche personne de travailler ?

Au premier tour de la dernière présidentielle, Marine Le Pen a pu s’y enorgueillir de scores allant sur certains bureaux jusqu’à 35 %. Face au délitement d’une classe politique française déconnectée de toute réalité, quoi de surprenant à ce qu’elle y incarnât aujourd’hui la France et pût y rassembler nos compatriotes dans l’image restaurée de notre nation ?

Aux élections consulaires du 25 mai prochain, la Thaïlande fournira plus de 6.200 des quelque 6.500 électeurs de la nouvelle circonscription « Thaïlande – Birmanie ».

Rompus aux contraintes d’une terre qui n’est pas la leur mais les accueille néanmoins de façon bienveillante, les Français de Thaïlande sont bien éloignés d’une « novlangue » qu’ils méprisent et savent encore ce que le mot « solidarité » signifie. Et ils pourraient bien profiter de l’occasion pour faire fi d’étiquettes partisanes désormais obsolètes, donnant ainsi une leçon de bon sens à la mère patrie. Le choix simple qui leur sera proposé sera celui d’une certaine idée de la France.

NDLR : Eric Miné est candidat aux élections consulaires cliquez là

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mercredi, 12 février 2014

Saluons le vote suisse contre l’immigration de masse

IMG_0117 -Copier-.JPGEric Miné

Ecrivain et essayiste cliquez ici

Libre attitude, comme tous ceux de par le monde qui se soucient du respect des sociétés et des individus qui s’y rattachent, ne peut que se réjouir de l’issue favorable du référendum suisse contre l’immigration de masse.

Destructrice des identités, celle-ci procède en effet du calcul délibéré d’un système politico-économique mondial fondé sur la croissance illimitée des biens et des populations, qui voit dans l’immigration de masse le moyen commode d’anéantissement des cultures et des civilisations par la dilution des peuples qui les portent, et ce dans l’unique objectif de briser les dernières digues s’opposant encore au consumérisme effréné qui lui sert de moteur.
 
En mettant ainsi un coup d’arrêt au libre-échange absolu au profit du rétablissement d’un contrôle des flux dans leur pays, les Suisses ont démontré que, quand ils pouvaient s’exprimer, les peuples européens n’étaient pas dupes de la manœuvre pernicieuse de ce système fossoyeur de leurs valeurs naturelles et vitales.
 
À rebours de l’apparente générosité d’une « citoyenneté mondiale sur une planète ouverte » qui nous est ressassée jusqu’à plus mais par les zélateurs d’un ordre qui ne sert en fait que les intérêts d’une oligarchie mondialiste illégitime, Libre attitude considère que la diversité des races et des cultures est le ressort de la vie et la vraie richesse des peuples, et que le mélange de celles-ci ne peut s’effectuer qu’au titre exceptionnel de volontés individuelles affirmées qui ne sauraient relever de quelque décision bureaucratique ou politique totalitaire visant à sa généralisation.
 
Par ce vote salvateur du 9 février 2014, la Suisse envoie un message d’espoir à tous les peuples menacés de par le monde. Que ce geste d’humanité réelle soit ici salué.
 
NDLR :

Effondrement du syste-me.jpgPour comprendre pourquoi nous assistons à L'effondrement du Système : un livre collectif publié aux Bouquins de Synthèse nationale.

Avec une contribution d'Eric Miné.

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Le commander en ligne cliquez ici

 

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dimanche, 29 décembre 2013

Cette Thaïlande qui défie l’ordre mondial

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Eric Miné

Boulevard Voltaire cliquez là

Il est un sujet d’étonnement embarrassé pour nos médias formatés qui pourrait bien faire demain les unes indignées de nos habituels bobardiers, tout chagrins de ne plus se rendre qu’en catimini sur leurs plages préférées.

S’il était de bon ton jusqu’ici de se gausser des « propositions fantaisistes » de Suthep Thaugsuban, ce tribun thaïlandais qui entend substituer un « Conseil du peuple » non élu au gouvernement de Yingluck Shinawatra dûment issu des urnes, l’inquiétude de nos directeurs de conscience est dorénavant palpable au vu d’une rébellion croissante que la proposition d’un scrutin anticipé n’apaise en rien. La puissante armée thaïe vient ainsi d’annoncer que « la porte [n’était] ni ouverte ni fermée » à l’option d’un coup d’État militaire. Les jours du pouvoir « légal » thaïlandais apparaissent donc comptés et, avec eux, ceux des élections si chères à nos « démocrates », qui voient ainsi s’accumuler de fâcheux nuages bruns sur leurs vacances ensoleillées.

Nonobstant, le clientélisme assumé et les intérêts personnels des Shinawatra – Yingluck est la sœur de Thaksin Shinawatra, l’ancien Premier ministre en exil –, le but de cette famille sino-thaïe régulièrement élue était pourtant d’enrichir les populations paysannes, fort nombreuses, pour favoriser leur accès à la consommation. Politique louable s’il en est, qui a l’insigne avantage de procurer des votes faciles à ses inspirateurs et le sinistre inconvénient de casser le fonctionnement ancestral de la société, devenu dès lors un obstacle.

Ce qui désoriente aujourd’hui les commentateurs des événements thaïlandais, c’est l’ampleur de la réaction d’une partie grandissante d’un peuple attaché à son mode de vie, allant jusqu’à défier, pour parvenir à ses fins, le dogme du principe majoritaire « un homme, une voix », réputé jusque-là intangible, mais désormais tenu pour propice à toutes les manipulations.

D’autant qu’au-delà de la Thaïlande, le ressort de cette crise procède d’une ligne de fracture qui est aujourd’hui mondiale. La fuite en avant d’un système global libre-échangiste, qui exige toujours plus de croissance des populations et des marchandises, entraîne en effet chez ceux qui voudraient davantage en bénéficier des revendications toujours plus étendues, et, chez d’autres qui s’effraient au contraire des conséquences dévastatrices de cette course effrénée, une opposition de plus en plus virulente. De l’Ukraine à la Chine en passant par les méthodes expéditives de la Corée du Nord, c’est là le ressort de bien des conflits qui se déploient dorénavant sur la planète.

« De plus en plus de gens dans le monde soutiennent notre position, qui est la défense des valeurs traditionnelles qui constituent depuis des millénaires la base morale et spirituelle de la civilisation de chaque peuple. » En rappelant récemment la responsabilité de la Russie face à la « déchéance de l’Occident », Vladimir Poutine s’est posé en représentant emblématique de cette opposition à un ordre mondial fondé sur le consumérisme à outrance.

Le pape François lui-même n’est pas en reste : « L’adoration de l’antique veau d’or a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l’argent et dans la dictature de l’économie sans visage… Une nouvelle tyrannie invisible s’instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable. »

La critique thaïlandaise du système prétendument démocratique relève précisément de la dénonciation de cette « tyrannie invisible » qui manipule des foules crédules en les enfonçant dans un matérialisme niveleur. En cela, elle n’est que l’expression cohérente de la remise en cause générale d’un ordre mondial toujours plus contesté. C’est bien là ce qui suscite l’effroi de ses affidés, par-delà d’enjeux locaux dont ils se soucieraient sinon comme d’une guigne.

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mercredi, 11 décembre 2013

En Thaïlande, le principe majoritaire ne fonde plus la démocratie

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Eric Miné

Boulevard Voltaire

« Nous en avons assez de cette politique, nous ne voulons plus d’élections. Nous seuls sommes légitimes pour choisir le prochain gouvernement et le soumettre à l’approbation de notre roi. »

Ainsi s’exprimait un manifestant devant un journaliste de l’AFP, ce lundi 9 décembre proclamé« Jour du Jugement » par Suthep Thaugsuban, le tribun qui mobilise depuis plusieurs semaines à Bangkok des foules impressionnantes contre le pouvoir thaïlandais issu des urnes.

Dans le Sud, acquis d’emblée à ce qu’il faut bien appeler une insurrection civile, on ne s’embarrassait pas de ces subtilités et l’imposant cortège qui saturait les rues de Phuket fêtait déjà le « jour de la victoire ».

Victoire ou jugement, l’avenir le dira dans un pays rompu aux coups d’éclat et aux retournements légendaires. Toujours est-il que le Premier ministre, Yingluck Shinawatra, chancelle et, avec elle, un système qui, s’il devait s’effondrer, provoquerait un tsunami politique ressenti bien au-delà des frontières du royaume.

Comptant parmi les nations capitalistes les plus dynamiques, la Thaïlande est en effet un cas à part. Engagée comme quasiment toute la planète dans la mondialisation, elle n’en a pas moins conservé ses institutions et ses traditions à peu près inchangées depuis le coup d’État de 1932 qui vit l’instauration d’une monarchie constitutionnelle sous l’égide d’un régime nationaliste. Hymne diffusé à heures fixes sur les ondes, port de l’uniforme généralisé des collégiens aux fonctionnaires, organisation très encadrée du respect dû à un monarque par ailleurs très vénéré, clergé bouddhiste et armée omniprésents dans la société, jusqu’au nom même du pays adopté en 1939 pour faire valoir les droits d’une hégémonie « thaïe » sur la région, tout symbolise ici aujourd’hui encore la singularité d’une démocratie établie par l’ancien parti unique qui avait su s’accommoder sans encombre du suffrage universel imposé après-guerre par les vainqueurs à l’allié de la dernière heure.

Ce subtil équilibre mariant tradition et modernité est pourtant mis à mal depuis les années 90 par le clientélisme dispendieux d’un milliardaire autodidacte, Thaksin Shinawatra. Frère de l’actuel Premier ministre, il s’assura alors des voix des grandes régions rurales du Nord-Est qui l’imposeront à la tête du pays en 2001. Depuis, manifestations, putsch militaire, condamnation et exil de l’affairiste n’y feront rien, la corruption à vaste échelle permet à sa famille richissime de rester aux commandes d’un État dont elle sape consciencieusement les bases.

Loin de l’interprétation sociale qu’en font aujourd’hui les médias occidentaux, c’est donc à la réaction massive d’un peuple soucieux de la préservation de son cadre de vie à laquelle on assiste aujourd’hui. En abusant de populations naïves qu’ils désorientent par le mirage d’un consumérisme effréné, les Shinawatra sont perçus ici comme l’avatar local d’une finance internationale sans scrupules, étrangère aux valeurs du royaume. Les élections leur étant ainsi systématiquement favorables, Suthep Thaugsuban propose donc de troquer le vieux principe démocratique occidental « un homme, une voix » contre une« démocratie absolue sous la monarchie constitutionnelle », dirigée par un« Conseil du peuple » non élu, d’esprit corporatiste et fondé, lui, sur l’histoire de la nation.

On comprend mieux la frilosité de nos médias à rendre compte de la réalité des événements thaïlandais. Une rébellion tout à la fois populaire et réactionnaire qui rejette le principe majoritaire de la démocratie, voilà qui ne figure pas dans leur grille de lecture.

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mercredi, 04 décembre 2013

La Thaïlande tournera-t-elle la page de la démocratie « à l’occidentale » ?

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Eric Miné

La Thaïlande tournera-t-elle la page de la démocratie « à l’occidentale » ? C’est la question qui se pose au regard des récents développements de l’épreuve de force engagée depuis plusieurs semaines déjà dans le royaume par l’ancien vice-premier ministre Suthep Thaugsuban et ses alliés – les « jaunes » – contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra, sœur du milliardaire en exil Thaksin, déposé lui-même par un coup d’État militaire en 2006. La radicalisation des dernières heures, qui ont vu les opposants prendre le contrôle à Bangkok de plusieurs ministères et de la télévision publique, ainsi que les premiers morts et les heurts violents qui ont eu lieu entre les affidés de la famille Shinawatra – les « rouges » – et les étudiants de l’université Ramkhamhaeng qui n’ont dû leur salut qu’à l’intervention de l’armée, pourraient bien faire basculer celle-ci en faveur d’un mouvement qui tourne à l’insurrection générale. La porte serait dès lors ouverte à une modification substantielle du régime. Là est le véritable enjeu.

Du complexe gouvernemental de Changwathana qu’occupent les chefs de la rébellion réunis sous la bannière du « Comité du Peuple pour la démocratie absolue thaïlandaise sous la monarchie constitutionnelle », Suthep Thaugsuban, avec le soutien du principal parti d’opposition parlementaire, a en effet clairement indiqué son objectif. Constatant que les élections étaient de plus en plus biaisées par les pratiques corruptives d’un capitalisme international sans scrupules abusant de populations naïves – les Shinawatra en étant l’avatar local –, il entend suspendre la démocratie électorale au profit d’institutions plus représentatives de la nation, reprenant en cela pour partie les revendications insatisfaites des ultra-royalistes du Pad qui avaient bloqué en 2010 les aéroports de la capitale et provoqué la chute d’un précédent gouvernement pro-Thaksin. Si ceux-ci voulaient alors tempérer le pouvoir des députés issus du vote par l’instauration à la chambre de corps désignés pérennes – aristocratique, militaire et religieux –, il semble que Suthep inclinerait davantage vers une expression plus corporatiste des volontés du peuple, mais dégagée tout autant d’une contrainte des urnes jugée aujourd’hui sous ces cieux fauteuse de troubles.

Si l’on en juge par l’élan général et l’enthousiasme suscité, nonobstant les médias occidentaux qui ne voudraient voir dans ces événements que la répétition d’une crise sociale récurrente qui verrait s’opposer des « élites citadines gravitant autour du palais » à des « masses rurales défavorisées du nord-est », il s’agit bien là d’une révolte populaire visant à sauver les intérêts vitaux et les valeurs fondatrices d’un pays qui a su jusque là s’accommoder de la mondialisation tout en préservant ses traditions et ses règles. Ce qui est condamné là-bas, c’est précisément notre modèle démocratique prétendument universel, mais de fait idéologique, daté et occidental.

Si l’entreprise de Suthep Thaugsuban devait être couronnée de succès, elle pourrait ainsi donner des idées à d’autres qui souffrent tout autant ailleurs d’un système n’engendrant plus qu’une représentation collective erronée des peuples pour mieux les soumettre à ses dérives financières, consuméristes et totalitaires.

La portée de ce qui se joue aujourd’hui à Bangkok va donc bien au-delà des frontières d’un royaume tropical prisé des touristes pour ses cocotiers et son sourire.

Article publié sur Breizh info cliquez ici

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