jeudi, 05 novembre 2009

Et si l’on commémorait plutôt la réconciliation européenne ?

Philippe Randa 4.jpgLa chronique

de Philippe Randa

 

Après l’armistice de 1914-1918 dont les conditions s’apparentaient davantage pour l’Allemagne à une défaite aux conditions tellement draconniennes qu’elles en furent criminelles, un souhait était largement répandu dans la population française : « Plus jamais ça !»

 

« Ça », rappelons-le, c’était tout de même « près de 10 millions de pertes militaires, 9 millions de pertes civiles et… près de 21 millions de blessés militaires (auxquelles s’ajouteront) vingt-et-un ans plus tard près de 24 millions de victimes parmi les militaires, 41 millions parmi les civils (…) puisqu’il semble au moins entendu pour la quasi-totalité des historiens que la Deuxième (Guerre) ne fut que la suite inévitable de la Première », comme rappelé dans le bi-mensuel Flash du 8 octobre dernier qui osait titrer ce que beaucoup pensent tout bas : « Et si on tournait la page ? »

 

C’est sans doute la question que s’est posée, lui aussi, Nicolas Sarkozy, à propos des commémorations du 11 novembre : « À quoi bon encore tout cela ? »

 

À quoi bon, oui, continuer de fêter ainsi, certes la fin des hostilités entre deux peuples, mais surtout la défaite de l’un sur l’autre, à l’heure où l’entente franco-allemande est une chose entendue pour tous ?

 

Et surtout, en ce début de XXIe siècle où l’Union européenne, malgré toutes les critiques que l’on peut formuler à son égard – et elles sont nombreuses – est une autre incontestable réalité.

 

« Nicolas Sarkozy souhaite, après la mort du dernier poilu, que le 11 novembre devienne une journée de réconciliation franco-allemande, pour bâtir un avenir partagé », indique la présidence française.

 

Fort bien, mais pourquoi s’en tenir « seulement » à cette commémoration-là et continuer d’honorer celle du 8 mai 1945 qui, certes, mit fin aux hostilités militaires, mais scella la fracture entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest pour près d’un demi-siècle et plongea le Monde dans une autre guerre, pudiquement appelée « froide », jusqu’à un certain jour d’automne de 1989 ?

 

Dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre 1989, le « mur de Berlin » chuta après 28 années d’existence, entraînant peu après la fin des régimes communistes d’Europe centrale et mettant un terme à l’indécent partage de notre continent à Yalta.

 

Cette chute du Mur de Berlin, voilà vingt, ans, est actuellement amplement rappelée. Elle se fit dans l’ivresse ou la stupéfaction de millions d’Européens sans mort aucun.

 

Plutôt que « d’amitié », mot trop souvent galvaudé et qu’il est tout de même incongru d’appliquer sur une victoire pour certains mais forcément une défaite pour d’autres, ne serait-il pas plus enthousiasmant de fêter ce qui a été une incontestable réalité : la réconciliation non pas seulement de deux peuples, mais de tout un continent ?

 

Philippe Randa prendra la parole à la 3ème journée nationale et identitaire de Synthèse nationale, mercredi 11 novembre, de 11 h 00 à 18 h 30, à Paris (Espace Grenelle, 5, rue de la Croix Nivert, XVème - métro Cambronne).  Il dédicacera ses livres.

mardi, 27 octobre 2009

France d’en haut et tribunaux de là-bas

DSCF1973.jpgLa chronique

de Philippe Randa

 

Francis Evrard comparaît depuis hier devant la cour d’assises du Nord pour avoir enlevé, kidnappé et violé le petit Enis, 5 ans, à Roubaix, le 15 août 2007. Quelques jours plus tôt, il avait été libéré, après 18 ans de prison pour des faits similaires. Il avait aussi été condamné pour des viols en 1973, des attouchements sexuels en 1984 et un viol en 1987. À chaque fois sur des mineurs.

 

Dans notre France, patrie auto-proclamée des droits de l’homme, on s’attendait à ce qu’un Ministre en exercice à la tête d’une cohorte d’artistes connus, ne s’émeuve et lui trouve toutes les circonstances atténuantes.

 

Francis Evrard n’en manque pas : Tous ses autres actes répréhensibles ne se sont-ils pas déroulés il y a bien longtemps ? Monsieur Evrard n’a-t-il pas déjà passé plus de trente ans en prison ? Ne déclare-t-il pas avoir déjà oublié ce qu’il a fait ? Qu’il n’est plus tout à fait certain de ce qu’il a avoué ? N’a-t-il pas lui-même été victime de viols dans sa jeunesse ? Sa vie n’a-t-elle pas été qu’un long fleuve de déboires ? Enfin, on en passe et on en oublie, de toutes ces sortes de choses qui font conclure à certains que c’est la société qui, par ses dysfonctionnements, produit des monstres comme boucs émissaires, évitant ainsi de se réformer trop profondément.

 

Bref, un Francis Evrard n’est somme toute qu’un malheureux et les véritables responsables ne sont autres que vous et moi, car qui d’autre peut bien être cette « société », toujours et encore cause de tout ?

 

Seulement, Francis Evrard n’est pas Roman Polanski, il ne fait pas parti de la « France d’en haut », seulement des « tribunaux de là-bas ».

 

Alors, seul l’avocat Robert Badinter, revenu d’entre les retraités, s’indigne ! Non des actes de monsieur Evrard, mais de sa demande détestable… de réclamer dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy, une « castration physique » pour en finir avec ses démons.

 

C’en est trop pour Me Badinter qui a aussitôt estimé (sur Europe 1) que « ce n’est pas à monsieur Evrard de dicter à la justice et aux autorités judiciaires françaises ce qu’il doit advenir. »

 

Ancien Ministre dont le haut fait d’armes restera d’avoir fait abolir la peine de mort en 1981, voilà un nouveau cheval de bataille inespéré pour le tirer de l’oubli et relancer son incessant combat en faveur des criminels. Il y mettra sans nul doute tout son talent qui est grand et l’on ne pourra, une fois de plus, que regretter qu’il n’en déploie pas autant envers leurs victimes.

 

Philippe Randa participera à la 3ème journée nationale et identitaire de Synthèse nationale, mercredi 11 novembre, de 11 h 00 à 18 h 30, à Paris (Espace Grenelle, 5, rue de la Croix Nivert, XVème - métro Cambronne). 

vendredi, 23 octobre 2009

Simple manque de tact, finalement...

Philippe Randa 4.jpgLa chronique de Philippe Randa

Décidément, la vie n’est pas forcément une longue élection tranquille quand on est « fille ou fils de ». Jean Sarkozy l’a appris à ses dépens après quinze jours de lynchage tous azimuts qui auront tout de même permis de laisser respirer Frédéric Mitterrand, simple « neveu de », lui.

Certes, dans le cas du jeune Conseiller général de 23 ans des Hauts-de-Seine, il est certain que s’il n’avait pas, justement, été « fils de », rien ne serait arrivé, à commencer par sa peu sérieuse prétention à prendre la tête de l’Epad au futur chiffre d’affaires d’1 milliard d’euros…

Prétention qui aura eu des dommages colatéraux en jetant brusquement la suspicion sur tous les « fille et fils de… » s’aventurant en politique.

Jusque-là, seule Marine Le Pen essuyait les salves nourries des anciens prétendants déçus à la tête de son mouvement. Avec un père habitué aux tempêtes de la politique autant que de la pleine mer, elle a montré qu’il lui en fallait davantage pour chavirer.

En sera-t-il de même pour Marie Bové, fille d’un José passé des champs de maïs OGM au Parlement de Strasbourg via les prisons de la République ?

Candidate pour mener la liste Europe-Écologie aux élections régionales en Aquitaine après le retrait de Noël Mamère, le CPNT (Chasse, Pêche, Nature et Traditions) ne s’est pas privé de hurler au « népotisme vert », jugeant que « la “boboécologie” se partage l’or vert politique en famille ». On n’est guère moins aimable.

Quoiqu’on pense des intéressé(e)s, du nom qu’il(elles)s portent et des avantages qu’ils tirent de leur naissance, ce n’est pas là un fait nouveau en politique et Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, a fait remarquer avec juste raison que « ça n’a jamais fait débat dans le pays, le fils du général de Gaulle a été élu, la fille de Jacques Delors a été élue, le fils de Valéry Giscard d’Estaing a été élu, le fils de François Mitterrand a été élu… Je ne vois pas en quoi ce serait un problème à partir du moment où les électeurs le décident. »

Autrefois, un enfant reprenait souvent le métier de ses parents… Et cela ne choquait personne qu’un père transmette ainsi son savoir-faire à ses héritiers. C’était même un bonus dont on ne manquait pas de faire état pour inspirer confiance en inscrivant au fronton de l’entreprise familiale : « De père en fils (ou en fille) ».

Pourquoi devrait-il en être autrement pour le service de l’État ?

Qu’un enfant veuille suivre dans la vie l’exemple de ses parents n’est en rien exécrable, voire même condamnable. On ne s’en scandalise d’ailleurs aucunement quand il s’agit d’artisans, de saltimbanques et il fut même un temps où de simples employés faisaient embaucher leurs enfants à leur place lors de leur départ à la retraite, considérant que le patron leur devait cette faveur en récompense de leurs bons et loyaux services. C’était d’ailleurs bien souvent le seul héritage qu’ils pouvaient ainsi leur léguer.

Ce qui reste choquant dans les vélléïtés de Jean Sarkozy à sauter les étapes et à briguer un poste aux responsabilités démesurées pour son âge, c’est que son père ne lui ait pas fait raison garder, si tant est qu’il n’ait pas lui-même provoqué cette candidature, ce qui serait alors bien pire encore.

Dans la vie, lorsqu’on hérite d’un nom, certains tiennent à se faire un prénom. C’est tout à l’honneur de Jean Sarkozy d’être de ceux-là. Et s’il doit regretter quelque chose, ce n’est certes pas son ambition, c’est de ne pas avoir pu compter sur les conseils avisés d’un bon père de famille attentif aux intérêts de son fils.

Le tact, dans l’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin, disait Jean Cocteau.

Mais si Nicolas Sarkozy avait un tant soit peu de tact, cela se saurait...

Philippe Randa interviendra lors de la 3ème journée nationale et identitaire de Synthèse nationale, mercredi 11 novembre, de 11 h 00 à 18 h 30, à Paris (Espace Grenelle, 5, rue de la Croix Nivert, XVème - métro Cambronne). Il dédicacera aussi ses livres.

jeudi, 15 octobre 2009

Une âme bien née, ça ose tout !

philipe randa.jpegLa chronique de Philippe Randa 

La candidature du fils cadet de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’Epad, la structure qui gère le quartier d’affaires de la Défense, a d’abord été accueillie par un énorme éclat de rire général. Puis par la consternation, la gêne ou la colère. Le foutage de gueule a effectivement de quoi laisser pantois plus d’un observateur. À 23 ans, sans l’ombre d’un début de compétence pour occuper ce poste, on ne peut guère que citer Corneille – " Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années " – pour justifier une telle prétention… ou Michel Audiard, qui assurait que les cons, ça ose tout et que c’est même à ça qu’on les reconnaît.

À moins bien évidemment que ce poste ne justifie aucune compétence particulière – Patrick Devedjian, actuel titulaire, appréciera – et qu’il n’ait d’autres raisons que de " passer à la caisse " ! Rappelons que l’Epad a actuellement un budget de 115 millions d’euros et que la vente des nouvelles tours lui permettra d’atteindre le chiffre d’affaires d’1 milliard d’euros. Alors, " Jeannot, fils de… " ou un autre, quelle importance ?

Toutefois, c’est à de telles énormités qu’on différencie une république parlementaire d’une république bananière.

Dans la première, certains élus favorisent facilement leurs proches, qu’ils soient de leur famille, de leurs amis ou de leurs obligés. Qui pourrait affirmer que le pistonnage familial est une première sarkozyste ? Mais, dans une république parlementaire traditionnelle, le pistonnage se veut discret, du moins le plus discret possible, et on prend toujours grand soin de l’enrober dans quelque papier de soie afin d’en masquer l’odeur. On en cache tant que faire se peut les apparences. Hypocritement ou parce que trop de politiciens sont eux-mêmes trop mal placés pour s’indigner ouvertement, cela permet souvent de faire passer la pilule sans trop de vagues.

Dans les républiques bananières d’Afrique, de telles précautions sont superflues. Le pouvoir y est généralement d’ordre tribal et de telles manières font partie des traditions. Par la force de l’habitude, elles ne choquent guère plus que cela. Nicolas Sarkozy aurait sans conteste fait un excellent potentat africain.

Mais, c’est souvent le constat le plus amer qu’ont à faire ceux qui réussissent : devoir moins leur succès à leur compétence qu’à l’incompétence de leurs adversaires. Ainsi en est-il de l’actuel quinquennat de Nicolas Sarkozy. Fort de son seul, mais incontestable, talent de bonimenteur – ou " communicateur ", si on préfère –, aidé par les rancœurs et divisions de ses oppositions de droite comme de gauche, on ne voyait guère, jusqu’alors, qui allait pouvoir l’inquiéter, lui et sa majorité.

Qui ? Lui, peut-être bien et tout simplement. Le plus grand piège dans lequel puisse tomber un dirigeant, c’est de croire que " c’est arrivé ", alors que l’histoire a montré qu’elle était particulièrement espiègle avec ceux qui entendent lui dicter trop ouvertement leurs caprices.

Philippe Randa participera à la 3ème journée nationale et identitaire organisée par Synthèse nationale mercredi 11 novembre, de 11 h 00 à 18 h 30, au Forum de Grenelle, à Paris. Il dédicacera ses livres.

jeudi, 08 octobre 2009

LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEUR...

La chronique de Philippe Randa 

Julia-Roberts-EYEDEA.jpegOn connaissait les ravages de l’argent dans le sport. De même, ceux du dopage, surtout les plus célèbres " à l’insu du plein gré " des intéressés. On a maintenant droit aux scandales sportifs liés au sexe et à la religion. Bingo ! Tout arrive et en un seul match… annulé !

La joyeuse équipe de football du Paris Foot Gay (PFG) devait rencontrer chez elle celle du très susceptible Créteil Bébel. Une rencontre de coupe organisée par la Commission Football Loisirs (CFL). Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes de la balle aux pieds quand, patatras, un message lapidaire parvient aux gays footballeurs de Paname : " Désolé, mais par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons jouer contre vous, nos convictions sont de loin plus importantes qu’un simple match de foot, encore une fois excusez-nous de vous avoir prévenu si tard. "

On imagine le tollé déclenché par ce " lapin sportif ", considéré comme un véritable affront sexuel. Les commentaires furieux fusent tous azimuts… " C’est surréaliste " pour le président de l’association Paris Foot Gay, Pascal Brèthes, qui dénonce aussitôt un acte d’" homophobie ordinaire ". Homophobie sans doute, mais ordinaire, c’est moins certain.

" Le football n’a ni couleur, ni religion ", martèle pour sa part le président de la CFL, Jacques Stouvenel, qui juge que la situation n’est " pas acceptable. " Mais la menace d’une éventuelle exclusion à venir de l’équipe cristolienne – déjà écartée l’an dernier d’une autre fédération sportive – par la CFL n’émeut pas plus que cela son président, Zahir Belgharbi, qui indique au Figaro : " On acceptera cette décision. Mais c’est selon moi une manière pour la CFL d’exister (…) On n’est pas homophobes. Chacun vit sa sexualité, sa religion…, comme il l’entend. Mais nous ne soutenons simplement pas la cause du PFG."

Une simple rencontre sportive dégénère donc en conflit de mœurs et de convictions religieuses, mais à qui la faute, finalement ? Voilà presque trente ans, François Mitterrand tenait sa promesse électorale en faisant abolir toutes les lois homophobes de la République française. Dix-huit ans plus tard, le Pacte Civil de Solidarité (PACS), soit une forme d’union civile, était instauré afin de permettre aux Français à sexualité différente d’accéder aux mêmes droits que ceux de la majorité de leurs concitoyens. Fort bien, mais n’y a-t-il pas quelques contradictions évidentes, ensuite, à revendiquer haut et fort une sexualité " différente " et à brandir celle-ci comme un étendard des plus provocateurs ?

Les musulmans ont beau jeu alors de dénoncer deux poids deux mesures, ce dont ne se gêne d’ailleurs pas Zahir Belgharbi : " Nous avons nos convictions (sur l’homosexualité), n’a-t-on pas le droit de les affirmer ? " Citant les débats récurrents sur le voile islamique et la construction de mosquées, il assène : " Je constate souvent que nous ne sommes pas dans la même catégorie de Français, nous n’avons pas les mêmes droits. "

Deux poids, deux mesures, voilà un nouveau casse-tête en perspective pour Xavier Bertrand. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, étant violemment attaqué par Marine Le Pen pour des passages de son livre La Mauvaise vie, dans lequel il " décrit par le menu la manière dont il effectue du tourisme sexuel ", le secrétaire général de l’UMP a pris sa défense en arguant que " se servir de la vie privée des gens pour en faire des attaques politiques ou politiciennes, cela me rappelle les pires heures de l’histoire. " Sans doute, mais on lui rétorquera alors qu’il faudrait pour cela ne pas complaisamment étaler cette vie privée, que ce soit dans un livre ou sur les pelouses des stades.

À moins, bien sûr, qu’on ne projette de confier prochainement à Roman Polanski un remake du Dernier tango à Paris en exigeant tout à la fois le beurre et l’argent du beur…

FLASH INFOS MAGAZINE N° 24 EST PARU. AU SOMMAIRE :
Dossier : "Seconde Guerre mondiale : Et si on tournait la page ?" Six historiens répondent : Jean Bourdier, Nicolas Gauthier, Jean Mabire, Bernard Plouvier, Philippe Randa, Pierre Vial.

lundi, 28 septembre 2009

BONBONS, ESQUIMAUX, " FRUITS VERTS "…

La chronique de Philippe Randa 

le locataire_ Roman Polanski _ 1976.jpgDepuis la nouvelle connue de l’arrestation ce week-end à Zurich du cinéaste Roman Polanski, ce n’est que couinements et consternation jusqu’au plus haut sommet de l’État français.

Ainsi, le ministre de la Culture s’est-il déclaré " stupéfait " par cette arrestation. " S’étant entretenu avec le président de la République, Nicolas Sarkozy ", il n’a pas manqué d’assurer que celui-ci suivait le dossier " avec la plus grande attention et partage(ait) le souhait (...) d’une résolution rapide de la situation. " Rien de moins. Et le célèbre cinéaste d’accéder ainsi dans l’opinion publique au statut " d’otage ", tel une Ingrid Bettancourt, une Florence Cassez ou une Clotilde Reiss. Ni plus, ni moins.

À ceux qui croiraient encore que la pédophilie est un des derniers tabous des sociétés occidentales – avec la version américaine des attentats-suicides du 11 septembre 2001 dont il n’est guère conseillé de douter –, le démenti est donc cinglant. Car Roman Polanski a fui les États-Unis en janvier 1978 au lendemain d’une réunion entre ses avocats et un juge qui comptait le renvoyer sous les verrous après qu’il avait reconnu des " relations sexuelles " avec une adolescente de… 13 ans !

Cela ne se faisait pas davantage à l’époque que de nos jours, que ce soit là-bas ou en France, voire dans le monde entier, même si certains pays ferment plus ou moins les yeux sur le " tourisme sexuel ", devises oblige. Nombre d’adultes savent ainsi ce que leur coûte leur attirance pour les " fruits verts ".

Seulement, le terme même de " pédophilie " n’est étrangement pas prononcé au sujet de Roman Polanski et la lecture des différents articles de ce jour est des plus explicites de ce point de vue : " … Rattrapé par son passé " (Libération), " Une vieille affaire de mœurs (…) L’histoire est vieille de 32 ans et la victime, dit-on, a retiré sa plainte depuis " (Le Figaro), " Les réactions d’indignation ont succédé à la stupeur " (Le Parisien), etc. La palme du cynisme revenant sans doute à l’avocat du cinéaste, Me Georges Kiejman, qui a souligné qu’en France " une affaire de ce type était prescrite au bout de quinze ans. "

Car le plus scandaleux, sans doute, reste que la France ait accordé voilà trente ans l’asile à un délinquant sexuel reconnu, faisant l’objet d’un mandat d’arrêt de l’autre côté de l’Atlantique. Que ce pédophile soit incontestablement talentueux, que son prestige soit immense et qu’il ait vécu nombre de drames personnels – depuis son enfance dans le ghetto de Cracovie en Pologne jusqu’à l’assassinat de son épouse, Sharon Tate, enceinte de huit mois, par Charles Manson et sa secte de tarés – ne lui donne droit qu’à d’évidentes circonstances atténuantes, non à une immunité sexuelle.

Il est clair que si l’actuel traitement médiatique de cette affaire est aussi nauséabond que les faits reprochés à l’intéressé, c’est à la justice et à elle seule de décider quelles suites judiciaires y donner. Rappelons à sa décharge que Roman Polanski a quand même purgé à l’époque une peine de prison de 47 jours et qu’en 2008, un documentaire réalisé par Maria Zenovich, Roman Polanski : wanted and desired, laissait entendre qu’il fut privé à l’époque des faits d'une procédure judiciaire équitable. S’il fut une époque où " que vous soyez riche ou pauvre… ", les jugements de cour vous rendaient blancs ou noirs, il est certain qu’aujourd’hui l’adage serait plutôt " que vous soyez en cour médiatique ou inconnu… ", les jugements vous rendent intouchables ou indignes.

" Si le monde de la culture ne soutenait pas Roman Polanski, cela voudrait dire qu’il n’y a plus de culture dans ce pays ", a encore ajouté Frédéric Mitterrand… Quand certains entendaient le mot " culture ", ils sortaient leurs revolvers… D’autres, aujourd’hui, sortent leurs pétitions. C’est moins dangereux, à défaut d’être beaucoup plus pertinent.

ANNONCE : Le samedi 3 octobre, le Dr Bernard Plouvier dédicacera ses livres à la librairie Primatice (10, rue Primatice 75013 Paris).

mardi, 22 septembre 2009

L’affront fait à Roselyne

La chronique de Philippe Randa 

singing.jpgLe ridicule n’ayant jamais tué personne, Roselyne Bachelot a donc encore quelques belles semaines gouvernementales devant elle pour digérer l’affront que les Français lui infligent. Elle n’avait pourtant pas ménagé sa peine pour les terroriser : depuis des mois, quotidiennement aidée par la quasi-totalité des médias, elle a tout mis en œuvre pour faire monter la peur.

L’annonce fatidique de l’entrée du virus pandémique A/H1N1 dans notre beau pays aurait dû être le point d’orgue de cette magistrale campagne de foutage de gueule. Bernique ! Alors que nos si formidables frontières avaient héroïquement arrêté en 1986 le nuage toxique venu de Tchernobyl, là elles n’ont rien pu faire. Il faut dire qu’à l’époque, les laboratoires pharmaceutiques n’avaient aucun vaccin anti-radiations à vendre. Certains esprits chagrins pourraient penser que ceci explique cela.

Le récent sondage CSA publié dans Le Parisien sonne la défaite en rase campagne médiatique de l’actuelle ministre de la Santé et des Sports. Impitoyable, il nous apprend en effet que près de 80% de Français ne sont pas inquiets (18% le sont, 2% sans opinion)…

La campagne de terreur mise en œuvre par le gouvernement est donc un bide ! Et ce, malgré une douzaine d’écoles fermées, 103 000 nouveaux cas de grippe en une semaine et 30 morts, tous dus au virus de la grippe A/H1N1.

Oui, " 59% des personnes interrogées par le CSA ne se déclarent "pas inquiètes" si elles étaient contaminées, 39% le deviendraient. À 84%, les 30-49 ans représentent la tranche d’âge la moins inquiète par rapport au virus de la grippe A/H1N1. Ils sont suivis des 50 ans et plus (80%) et des moins de 30 ans (74%) ", selon les résultats sondagiers.

Que va-t-on alors bien pouvoir " foutimasser " de ces millions de vaccins inutiles ? Les jeter à la décharge ? Les écologistes hurleraient sûrement à on ne sait quelle nouvelle pollution, mais ce sont probablement les contribuables français qui vont faire grise mine (euphémisme) quand ils devront régler la douloureuse. Car le coût de ces quelques 90 millions de vaccins inutiles commandés aux différents laboratoires est estimé de 600 à 800 millions d’euros par la Cnam à l’EPRUS (Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires) qui est financé à 50% par l’assurance maladie.

Tout de même ! Quand les facéties du gouvernement reviennent aussi cher, les Français pourraient au moins avoir la décence de ne pas s’en moquer aussi ouvertement.

La solution consistera sans doute à s’en débarrasser dans un musée et à les rebaptiser d’un nom pompeux par un artiste subventionné. Ils feront ainsi l’objet d’une exposition d’art contemporain… en espérant que les Français s’extasient enfin comme il se doit devant une œuvre si onéreuse qu’elle ne peut être que sublime. Forcément sublime.

vendredi, 11 septembre 2009

Boula-Matari Hortefeux...

Philippe Randa 4.jpgLa chronique

de Philippe Randa  

 

On reparle encore de faire interdire l’album BD Tintin au Congo. Bienvenu Mbutu Mondondo, Belge d’origine congolaise, dénonce depuis des années son « caractère raciste et xénophobe » et intente une nouvelle procédure, soutenu par le Conseil représentatif des associations noires (Cran) dont le directeur Patrick Lozès – bien qu’opposé à une interdiction – exige de l’État « qu’il s’exprime sur cette question au nom des valeurs d’égalité de la République ». Rien de moins.

 

Et, à défaut d’interdiction, il demande à Moulinsart, société qui gère les droits d’Hergé, qu’on ajoute un préambule « afin d’expliquer aux plus jeunes son contexte historique » et « pour rappeler, notamment à l’intention du jeune public, que cet album est à lire avec la distance nécessaire à toute caricature »… un peu comme pour Mein Kampf d’Adolf Hitler, en vente en France depuis 1934, mais assorti, depuis un arrêt du 11 juillet 1979, d’un texte de huit pages mettant en garde le lecteur sur son contenu.

 

Hergé-Adolf Hitler, sinon même combat, en tout cas même place réservée donc dans l’enfer de toute bibliothèque suspecte.

 

La discrimination raciale est pour certains bien pire que la grippe cochonne H1N1. Logique, tout un chacun ne risque-t-il pas de tomber dans une de ses innombrables chausse-trappes ? Celle de l’humour n’étant pas la moins dangereuse.

 

L’actuel ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, vient d’en faire les frais. Depuis le campus de l’UMP samedi dernier, il essuie les tirs croisés de ses adversaires politiques qui exigent ni plus ni moins que sa démission.

 

Pris tout sourire en photo avec Amine Benalia-Brouch, jeune militant UMP d’origine fort peu gauloise, on l’entend dire : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

 

Paroles aussitôt dénoncées comme d’un « racisme banal, bête et méchant » qui ont ému Benoît Hamon et Martine Aubry, successivement première secrétaire et porte-parole du PS, Jean-Luc Mélenchon du Parti de gauche et Olivier Besancenot du NPA.

 

En revanche, toute cette brochette si mal intentionnée à son encontre ne s'est pas émue de la défense de l’intéressé, qui se justifie en indiquant qu’il faisait référence non aux Arabes, mais… aux Auvergnats.

 

Étant lui-même de cette origine, il ne peut donc y avoir racisme. CQFD. À moins, bien sûr, que la discrimination envers un Auvergnat ne puisse bénéficier pour certains obsédés de la discrimination de la même compassion. On ne voit pourtant pas pourquoi l’humour, fut-il drôle ou non selon affinités, serait odieux dans un cas ethnique et pas dans l’autre.

 

En tout cas, s’il y en a un qui se réjouit des soucis du ministre de l’Intérieur, c’est bien l’ancien préfet Paul Girot de Langlade, accusé d’avoir tenu des propos racistes lors d’un contrôle à un aéroport. Mis à la retraite justement par Brice Hortefeux, il fait ses gorges chaudes de l’affaire et demande, fort logiquement, que ce dernier soit soumis à la même sanction.

 

« Comme ça, on s’ra deux et, comme il habite à côté de chez moi, on pourra faire du bridge. »

 

À moins qu’on n'exige bientôt que Boula-Matari Hortefeux (1) arbore dans ses déplacements publics une pancarte « pour rappeler, notamment à l’intention du jeune et moins jeune public, que son humour est à écouter avec la distance nécessaire à toute caricature »…

Note
(1) Dans Tintin au Congo, Tintin est appelé deux fois « Boula-Matari » (briseur de rocher), surnom donné par les indigènes en signe de déférence et de respect à l’explorateur anglais Sir Henry Morton Stanley.

 

 

Au sommaire du nouveau numéro de FLASH :

 

• L’horreur économique au Printemps : maintenant, les toilettes payantes pour les employés ! Une enquête signée Topoline
• Les hommes politiques deviennent des people comme les autres : un ponte de Voici dénonce…
• Comme Serge Gainsbourg, ils ont dansé le nazi rock ! La trouble fascination du showbiz pour l’esthétique hitlérienne…
• Le soufisme, un remède musulman à l’islamisme ? Les révélations de Christian Bouchet
• Pierre Le Vigan regrette le bon temps des colonies de vacances…
Tintin au Congo : les antiracistes voient tout en noir !
• Rugby, quand les Anglais perdent leur fair-play…
– Et les chroniques habituelles de Jean Bourdier, Antoine Le Nort, Philéas, Pierre Le Vigan, Gabriel Fouquet, Philippe Randa, Marie-Claire Roy, etc.
– Tout cela, c’est dans FLASH !
– Pour s’abonner, c’est simple : seulement 50 euros par an, pour 26 numéros !
– Et rapide… sur le site : cliquez ici

vendredi, 04 septembre 2009

ENTRE LES GOUTTES FISCALES...

La chronique de Philippe Randa 

Cécile Duflot.jpegIl n’y a bien que le ministre Éric Besson pour montrer (en privé, souligne-t-on) son " étonnement " de voir ses ex-camarades socialistes attaquer bille en tête une idée aussi populaire que la taxe carbone. Populaire au sens probablement des ex-démocraties du même nom, puisque les deux tiers des Français la rejettent : 73% d’entre eux la jugent totalement inefficace pour diminuer la consommation d’énergie dans le pays (sondage de TNS Sofres/Logica pour Europe 1).

D’autant qu’" appliquer de façon progressive cette taxe, en partant du prix de la tonne sur le marché, soit 14 euros ", comme le souhaite François Fillon, serait " inefficace aussi bien sur le plan écologique que sur le plan énergétique ", d’après l’eurodéputé Europe-Écologie Jean-Paul Besse, reçu jeudi soir à l’Élysée en compagnie de la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot. L’ancien Premier ministre, Alain Juppé, s’est quant à lui déclaré favorable à cette taxe carbone, tout en rejetant toute idée d’impôt supplémentaire… oubliant au passage d’expliquer ce que pourrait bien être une taxe sinon un impôt.

Mais le gouvernement a pris soin d’annoncer cette " contribution climat-énergie " en plein mois d’août. La chaleur estivale a donc largement atténué l’effet désastreux d’un impôt supplémentaire dans l’opinion. En ce début septembre, c’est forcément du réchauffé, d’autant que Nicolas Sarkozy n’aurait encore " rien décidé " et que François Fillon s’est empressé d’assurer que les ménages devraient bénéficier en compensation " d’une diminution de la fiscalité sur le travail, soit par l’impôt sur le revenu, soit par une baisse des cotisations sociales. "

En France, c’est une vieille habitude : ce qu’on prend d’une main, on en redonne une partie de l’autre ; chaque Français se dit ainsi qu’il pourrait passer entre les gouttes fiscales et tant que c’est le voisin qui trinque, il n’y a jamais péril en la demeure. Et toute cette cacophonie sur le coût réel et l’utilité ou non de la taxe carbone fait que la majorité des gens finit par ne plus rien y comprendre. Il est donc probable que ceux-ci s’en désintéressent rapidement…Ce qui pourrait bien être finalement le but recherché par le gouvernement. 

Le dimanche 6 septembre 2009 à partir de 10 h 00 aux 39èmes Journées Chouannes de Chiré-en-Montreuil (dans les locaux de DPF, à La Caillauderie 86190 Chiré-en-Montreuil ; Tél. 05 49 51 83 04), Philippe Randa dédicacera ses livres dont : Dictionnaire historique et commenté de la police (co-auteur Jean-Claude Giraud) ; Patton, général audace ; Mesrine l’indomptable ; Dictionnaire commenté de livres politiquement incorrects (co-auteur Francis Bergeron, préface de Jean Bourdier).

" Ce public de "Chiré", amateur de livres, gros lecteur cherchant le contact direct avec les auteurs, ce public-là, c’est le plus beau public dont puisse rêver un auteur " (Francis Bergeron, Présent).

jeudi, 27 août 2009

Pas de remise de réputation pour bonne conduite...

flingobis-faf1.jpgLa chronique

de Philippe Randa

 

En cette fin de période estivale, l’actualité n’est guère généreuse en sujet d’articles. Alors, faute de grives, certains fins limiers de la presse se rabattent sur les merles qu’ils peuvent. En l’occurrence, Benoît Fleury, un professeur de droit qui avait déjà horrifié les arrières tous petits petits héritiers du si mal-nommé Saint-Just. Surnommé l’« archange de la Terreur », rappelons que ce brave révolutionnaire est l’auteur impérissable de ce slogan fleurant bon l’amour du prochain : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »

 

Ce professeur de droit, nommé en 2008 à l’université de Poitiers, avait provoqué un tollé local : il avait été responsable du Groupe Union Défense, ce GUD de tous les cauchemars gauchistes qui gêna des décennies durant ces derniers pour régner en maîtres absolus dans les universités.

 

C’est un crime qui ne se pardonne pas, tout démocrate de progrès, tout humaniste qui se respecte, tout républicain élevé à la sacro-sainte devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité » le confirmera.

 

Un terroriste d’extrême gauche qui a versé le sang a droit à l’oubli de ses « errements de jeunesse » pour peu qu’il verse quelques larmes de crocodiles. Tout assassin a de même le droit à l’oubli, dès lors qu’il a purgé sa peine et s’est réinséré dans la société. Et pour tout pédophile aussi, à condition toutefois qu’il cesse cette fâcheuse habitude de tripoter les enfants, voire plus si besoin s’en fait trop ressentir.

 

Pour un ancien du GUD dont le « casier » n’est en général lourd que de quelques beignes échangées avec des militants d’un autre bord politique, pas d’oubli, pas de pardon, pas de remise de réputation pour bonne conduite…

 

En 2008, la nomination de Benoît Fleury à Poitiers avait fait brailler quelques barbus de gauche – cliché –, soutenus par quelques couilles molles de droite – euphémisme –, puis… ? Puis, plus rien ! La campagne médiatique visant à empêcher son affectation comme professeur d’histoire du droit à l’université de Poitiers avait fait flop.

 

Benoit Fleury vit, tout de même, dans un État de droit : pour cet agrégé des facultés de droit et major au concours de droit romain et d’histoire du droit en 2008, c’était tout de même la moindre des choses.

 

En cette fin d’été, le quotidien Libération anciennement d’extrême gauche, aujourd’hui sous perfusion financière d’Edouard de Rothschild, s’émeut qu’il devienne le nouveau directeur des affaires juridiques du conseil général de Vendée… et se fait l’écho de membres de l’opposition qui dénoncent la mise en place d’un « laboratoire extrémiste » dans le département – craignons les prochains virus autrement plus dangereux que celui de la grippe cochonne qui terrorise actuellement la planète – et de « recyclage de personnalités au passé plutôt trouble » : rien de moins ! On prend les mêmes et on recommence, donc…

 

Mais, les chiens, fussent-ils bavant de haine, ont beau aboyer, gageons qu’à nouveau la caravane passe, fût-elle ornée dans son passé d’une facétieuse croix celtique.

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