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mardi, 21 juillet 2026

Haro sur les Nostradamus

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La chronique de Philippe Randa

On dit souvent que l’actualité, nationale ou mondiale, est angoissante : du fait-divers crapuleux « arrivé près de chez vous » à la pénurie de papier toilettes durant les crises de délire sanitaire ou de rupture de stock de ventilateurs en période d’apocalypse climatique, sans oublier, aussi et tout de même ! les guerres d’ici, de là-bas et d’ailleurs dont « l’arrivée près de chez nous » est imminente, c’est pas la joie !

Quoique… Quoiqu’au risque d’en offusquer plus d’un, il y a aussi des décisions de fermeté de notre actuel gouvernement qui sont à saluer… comme il se doit ! Soit d’un hénaurme, mais vraiment hénaurme éclat de rire, ce qui est toujours bon à prendre, n’est-ce pas ! en notre période pré-fin-de-monde annoncée chaque jour que Macron préside, sinon à chaque heure.

En effet, un danger auquel le commun des mortels, décidément bien distrait, ne songeait pas vient d’être écarté comme il se doit.

Scrogneugneu de scrogneugneu !

Les Autorités françaises viennent de fermer la page d’accueil de Polymarket, plateforme américaine de « marché de prédiction », qui était jusqu’alors accessible chez nous. Franceinfo nous apprend que « l’on (pouvait y) parier sur des évènements quels qu’ils soient, des matchs de football, mais aussi des élections présidentielles, des conflits internationaux et même le retour de Jésus. »

Incroyable, non ? Et qui le savait ? Peut-être ceux qui, depuis novembre 2024, y avaient déjà vu leurs transactions financières depuis la France interdites, les informations accessibles étant assimilées à de la publicité pour activité illégale.

Sachant que cet « ennemi extérieur » ne nous menace plus, on respire tout de suite mieux… Mais quid des « ennemis de l’intérieur » ?

Tous les autres professionnels de la prédiction sont-ils menacés itou, celles et ceux qui, boules de cristal, jeux de tarots ou entrailles de volailles à l’appui, des roulottes de Madame Irma à la Fête du Trône aux cabinets des Grand marabout-voyant-guérisseur-sexologue, spécialistes des retours d’affections rapides, jusqu’aux voyantes « authentiques » de sites en ligne assurant réponses en temps réels et réglements sécurisés, sont tout autant affirmatifs concernant les matchs de football, le ou la prochain ou prochaine locataire de l’Élysée en 2027 et aussi qui, de Poutine ou de Zelenski, l’emportera ?

Mais avant tout, il serait grand temps d’interdire aussi à la vente et même à la possession le scandaleux album des aventures de Tintin L’Étoile mystérieuse mettant en scène l’infâme vieillard barbichu Philippulus « qui, selon le site tintinomania.com, annonce le châtiment en brandissant un index menaçant. Esprit particulièrement dérangé, il parcourt la ville, muni de sa canne serpentiforme, vêtu d’une toge blanche, pointant son doigt vers le ciel et rythmant à coup de gongs ses invectives apocalyptiques. »

D’ici que Matignon, dans sa grande chasse de salut publique, embastille Élizabeth Teissier, la célèbre astrologue que consultait l’ancien président François Mitterrand et qui, à en croire l’humoriste Laurent Gerra se faisait forte de « lire dans les boules présidentielles »…

Quant aux esprits chagrins, ils ne manqueront pas, eux, de rappeler aux sectateurs de si louables intentions épuratrices l’existence des Instituts de sondage, finalement guère plus fiables que les professionnel(le)s précité€s…

Mais c’est vrai que leurs prédictions n’inspirent en général guère les parieurs, même les plus addictifs aux jeux de la politique assez hasardeux…

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dimanche, 12 juillet 2026

Le coup d’œil de Philippe Randa : Marine Le Pen désormais en « pole position » grâce à une justice partisane

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La chronique de Philippe Randa

On dit la justice aveugle. En l’occurrence, les tribulations judiciaires de l’ex-Front national désormais Rassemblement national – puisque les fautes reprochées datent d’avant le changement de nom du mouvement – et principalement celles de sa présidente Marine Le Pen pourrait démontrer une autre vérité tout aussi… aveuglante !

Que la haine et/ou la peur des juges concernés à l’encontre de celle qui apparaît désormais aux yeux d’une large partie de l’opinion publique comme leur « victime » est décidément bien mauvaise conseillère.

Au-delà des faits reprochés à la « justiciable comme une autre » et qui relèvent de l’appréciation de la Justice française et du Code civil, l’acharnement de ces derniers à la rendre inéligible risque bien d’avoir l’effet contraire à celui qu’ils escomptaient.

Une « simple » condamnation pour « détournement de fonds », avec une peine de prison qui l’aurait l’obligée à porter un infamant bracelet électronique, et même si elle avait pu obtenir des dérogations pour ne pas le supporter durant la campagne électorale, aurait sans doute marqué assez fâcheusement l’opinion publique, dégradant de fait l’image « tête haute, mains propres » dont elle et ses partisans se sont tant prévalus par le passé.

En voulant se substituer aux électeurs, ces juges irresponsables apparaissent finalement (au figuré) comme ces « tueurs fous » qui tentent (au propre) d’assassiner un ennemi politique… et ratent leur coup ! On l’avait vu avec Jair Bolsonaro, dont le coup de couteau reçu lors d’un rassemblement électoral pour la présidence du Brésil en 2018 avait au contraire promu sa campagne… et plus récemment encore aux USA avec Donald Trump, victime de deux tentatives d’assassinats : dès la première tentative ratée, la défaite de sa rivale Kamala Harris avait été scellée.

Aux yeux d’une grande partie de l’opinion française, le verdict politique des juges concernés a fait de Marine Le Pen, « supposée délinquante », une « évidente persécutée » de leur acharnement partisan… qui plus est pour des reproches assez abscons aux yeux du plus grand nombre : ni enrichissement personnel, ni trafics mafieux ou magouilles quelconques, ni même emplois fictifs, mais simples contestations sur les affectations précises, sinon réelles, de collaborateurs parlementaires.

Et alors que dans le même temps, les Français ont appris, pour ceux qui l’ignoraient, que le Premier ministre Sébastien Lecornu avait mis fin – « seulement » le 1er janvier de cette année – aux derniers privilèges encore accordés « à vie » à certains anciens membres du gouvernement, non seulement de tous les anciens Premiers ministres – et il en a défilé ! –, mais également de tous les anciens ministres de l’Intérieur – encore plus nombreux !

Le mot « suppression » frôle d’ailleurs le foutage de gueule puisque les « moyens mis à disposition des anciens Premiers ministres à vie le seront dorénavant pour une durée limitée », c’est-à-dire, rapportait le quotidien Ouest France en septembre dernier que « les voitures de fonction avec chauffeur privé seront désormais limitées à “une durée maximale de dix ans à compter de la fin de leurs fonctions”. »

Quoiqu’ait pu coûter aux contribuables français l’utilisation réelles et contestées des assistants parlementaires mis au service des députés européens du RN/ex-FN, ceux-ci leur auront à l’évidence, de fait, et sans contestation possible, coûté nettement moins ! (euphémisme).

Surtout, ajouteront quelques esprits grincheux, qu’ils auront sûrement été plus utiles à la France.

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dimanche, 05 juillet 2026

Soldes chez les Républicains !

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La chronique de Philippe Randa

Dire que le ralliement de Laurent Wauquiez à Edouard Philippe dans la course à l’Élysée n’est guère une surprise est un doux euphémisme. Et ce, malgré ses critiques passées pour le moins acerbes à son propos ou encore sa promesse de ne jamais être « la béquille d’un projet du macronisme sans Macron ». Mais il s’agissait alors de (re)prendre la tête des Républicains et tout était bon pour y parvenir. Défait à plate couture par Bruno Retailleau (25 % des suffrages des adhérents contre 75), il n’a guère attendu que sa vengeance se soit trop longtemps refroidie pour tailler une croupière dans la candidature élyséenne de ce dernier.

Qu’a-t-il a y gagner ? Un futur Poste de ministre ? Comme bâton de maréchal de fin de carrière, il y a mieux ! Car il semble évident qu’un retour à la tête de la « droite de gouvernement » comme on disait dans le passé – soit la « droite de tous les reniements » au vu des cinquante dernières décennies – est exclu.

Parce qu’on ne lui pardonnera pas la « trahison » faite à Bruno Retailleau auquel il avait déjà précédemment intimé de « savoir se retirer si c’est nécessaire » dans le cadre de la prochaine élection présidentielle ? La trahison à son camp ? À ses convictions ? Si de telles considérations avaient la moindre importance, peut-être… Mais ce serait alors une première en politique française où les coups de Jarnac – de celui de Jacques Chirac fait à Jacques Chaban Delmas, candidat naturel des Gaullistes, en ralliant Valéry Giscard d’Estaing en 1974… à celui d’Emmanuel Macron fait à son mentor François Hollande qui l’empêcha de briguer un second mandat – sont aussi multiples qu’incessants et perfides.

En attendant, et malgré ses déclarations tonitruantes sur le nombre d’adhérents (invérifiables) des Républicains et le « formidable soutien populaire » qu’il rencontre lors de ses déplacements (sic !), le nombre de mois, semaines ou jours de campagne présidentielle de Bruno Retailleau semble se réduire comme peau de chagrin.

Nombre d’observateurs envisagent d’ailleurs que l’intéressé n’ait jamais eu l’idée d’aller jusqu’au bout de sa candidature, attendant le moment le plus opportun de se vendre soit à Édouard Philippe soit à Gabriel Attal, lorsque l’un aurait pris définitivement le pas sur l’autre.

Quant au parti Les Républicains ou ce qu’il en reste à ce jour après la déculottée électorale de Valérie Pécresse en 2022 (4,78 %) et les succès de son ancien Président Éric Ciotti ayant réussi après en avoir claqué la porte à créer un groupe à l’Assemblée nationale et à s’emparer de la Mairie de Nice en mars dernier, sans parler du siphonnage des plus convaincus par Éric Zemmour et Sarah Knaffo avec leur mouvement Reconquête, le dépôt de bilan menace.

Dépôt de bilan ou « vente aux enchères », qui sait… Décidément, il n’y a pas qu’aux Français que la Macronnie aura nuit à la santé.

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mercredi, 01 juillet 2026

Complotisme des uns, conspirationnisme des autres et… délires pour tout le monde ? Une grande enquête dirigée par Philippe Randa à lire avant de se faire une opinion...

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Démonter le complotisme des uns, le conspirationnisme des autres et les délires d’un grand nombre n’est pas refuser d’admettre, et plus souvent qu’on ne l’imaginait, des coïncidences troublantes, des complicités, des convergences d’intérêts et parfois même de réelles manipulations : complotisme des uns, conspirationnisme des autres et… délires pour tout le monde ? Voire…

Des points de vue non conformistes :

Lionel Baland, Nicolas Bonnal, Francis Bergeron, Gilbert Cottinet, Serge Horvath, Jean de Saint-Houardon, Scipion de Salm, Richard Dessens, Xavier Eman, Michel Festivi, Nicolas Gauthier, Philippe Joutier, Limousin Espalier, juin 1997, Michel Lhomme, Klaas Malan, Philippe Mansart, Bernard Plouvier, Alain Sanders, Claude Timmerman, Rémi Tremblay, Jean-Michel Vernochet... que des gens que l'on aime bien. 

La désinformation autour du complotisme, présenté par Philippe Randa, Dualpha, 240 pages, 29,00 € 

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mercredi, 24 juin 2026

Ce record de féminicides oublié

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La chronique de Philippe Randa

Et une « tribune » de plus, une !

Publiée, celle-ci, dans l’hebdomadaire au titre éponyme du dimanche et dont le site 20 Minutes, entre autres, se fait l’écho. Elle concerne les « violences sexuelles », exclusivement faites aux femmes, puisque celles faites aux hommes ne semblent guère retenir l’intérêt des signataires, obsédées par la seule culpabilisation de ces derniers.

En effet, de Laura Smet à Anne Roumanoff en passant par Caroline Roux et la désormais incontournable icône de la cause féministe Gisèle Pélicot, on « s’indigne » et on « s’interroge » que, « partout, les hommes attaquent les femmes. »

Et de citer, dans un effarant mélange disparate et incohérent, « “Petites filles [afghanes] de 8 ans [qui] ont le droit de se taire et d’être mariées à des adultes”, cheveux coupés “de têtes de femmes massacrées en Iran au cours des manifestations de ces derniers mois”, une proposition de loi déposée aux États-Unis pour accorder un “permis de tuer” les femmes qui avortent, affaire Lyhanna… »

Selon l’adage populaire que « qui ne dit mot, consent », c’est donc la moitié (grosso-modo) de l’humanité(1) qui sont un danger pour l’autre moitié, acceptant, quand ils ne les commettent pas, les horreurs, énumérées au paragraphe précédent, faites à un sexe décidément considérée une bonne fois pour toute comme « si faible ».

Et encore « énumérée » pour partie seulement, la liste étant non-exhaustive des heurs et malheurs qui lui est continuellement infligés.

Fort de ce constat, je ne peux donc pour ma part que m’indigner, comme sans doute quelques milliards d’autres hommes sur la planète, d’un tel amalgame… et de la bêtise frôlant l’indignité d’une telle pétition.

Non seulement, je crois qu’elle ne sert en rien la cause des femmes, mais plutôt bien davantage la notoriété des signataires d’une telle tribune. Ignorant les carrières ou les situations personnelles de ces dernières, je n’en vise aucune en particulier, mais soupçonne fortement que certaines d’entre elles sont motivées par des intentions fort peu désintéressées : un « coup de pub » à peu de frais étant toujours bienvenu pour relancer une carrière, améliorer les ventes d’un livre ou obtenir plus rapidement ou plus certainement une promotion professionnelle…

Toutefois, découvrant qu’il y aurait eu « une proposition de loi déposée aux États-Unis pour accorder un “permis de tuer” les femmes qui avortent », j’ai vérifié ce qu’il en était, tellement cela m’est apparu surréaliste.

Pour cause ! Cette information fait référence à un projet de loi en Caroline du Nord, le « House Bill 1232 », déposé le 13 mai 2026 par le républicain Keith Kidwell. RTS (Radio Télévision Suisse) a remis les pendules à l’heure en indiquant que si « le texte propose de définir la vie humaine “dès le moment de la fécondation” et de qualifier toute interruption de grossesse de “meurtre au premier degré”. Le point le plus explosif, c’est un article stipulant que “toute personne a le droit de défendre sa propre vie ou la vie d’autrui, même en ayant recours à la force létale si nécessaire”. Une phrase interprétée comme un “permis de tuer” celles qui avortent (mais) malgré la teneur radicale du projet, l’affirmation selon laquelle cette loi va “permettre de tuer” est fausse. Le projet existe, mais sa chance d’être adopté est quasi nulle. »

Enfin, des esprits chagrins pourraient s’étonner, sinon s’indigner à leur tour, que dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, il ne soit jamais fait mention du nombre de fœtus de sexe féminin de fait « éliminés » lors des avortements provoqués dans le monde entier.

Depuis 2010, ceux-ci sont estimés, selon planning-familial.org, à 56 millions par an.(2) Si un sur deux concerne un fœtus féminin, cela fait arithmétiquement 28 millions d’éliminations !

Un record de féminicide absolu, toutes catégories de « violences sexistes et sexuelles confondues » !

Notes

(1) Globalement, dans le monde, le nombre de femmes et d’hommes est quasiment équivalent : 3 976 648 milliards d’hommes en 2021 pour 3 932 647 femmes.

(2) En hausse par rapport aux années 90 (50 millions par an), en raison principalement de la croissance démographique.

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samedi, 20 juin 2026

No pasaran Big Brother !

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La chronique de Philippe Randa

Il y a des livres qu’il est recommandé… qu’on DOIT recommander… de ne pas lire d’une traite. C’est le cas de ce troisième volume d’Une fin de monde sans importance de Xavier Eman.

Pour risque d’éclats de rire trop dangereux.

Car forcément, votre rire devient très rapidement jaune d’une chronique de vie quotidienne à l’autre qui ne sont pas celles de personnages fictifs, qu’on « ne trouve que dans les livres » ou qu’on « ne voit qu’au cinéma ». Non ! L’auteur met en scène ce dont vous, moi, tout le monte, désormais, subit et s’offusque chaque jour dans une société où, pour paraphraser ce qu’on disait de la Suisse dans l’entre-deux guerre du siècle dernier, « tout ce qui n’est pas (encore) interdit est (ou en passe de l’être) obligatoire » !

Dans le monde que nous décrit Xavier Eman, la Bien-Pensance ne se contente plus de vous rabrouer à chaque instant ; elle vous traque, vous harcèle, vous châtie, parfois même avant que vous n’ayez songé à faire… ce qui vous est désormais interdit.

Alors, surtout injectez-vous chacune de ses chroniques sans précipitation pour en goûter la substantifique moelle sans risque.

De résistant, vous deviendrez combattant, c’est vous qui ferez reculer Big Brother et ce sera bien une fin du monde, mais de son monde à lui dont vous mesurerez alors toute l’importance.

Une fin du monde sans importance, volume III, Xavier Eman, Éd. La Nouvelle Librairie, 2026, préface d’Alain de Benoist, postface de Michel Marmin, 222 pages.

Pour commander ce livre, cliquez ici.

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jeudi, 11 juin 2026

Les madame Irma de l’élection présidentielle

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La chronique de Philippe Randa

Vouloir prédire ce qui va arriver dans une élection présidentielle n’est pas dangereux, c’est juste une certitude : celle de quasiment toujours se tromper ! Affirmer que les jeux sont faits ou que tout se déroulera comme-ci ou comme ça est le meilleur moyen d’être ridicule. Mais le ridicule ne tuant pas, comme on le sait, cela n’arrête guère les observateurs auto-proclamés de remettre cent fois sur une élections leurs pronostics et toujours avec la même assurance.

Alors, contrairement à ces Pythies autoproclamées, contentons-nous seulement de nous interroger sur les certitudes à ce jour avancées par beaucoup et d’émettre simplement quelques possibles hypothèses.

À un an de l’élection présidentielle, une fois de plus, dixit les sondages, les jeux seraient donc faits : ce sera un « duel à trois » : Marine-Le-Pen-ou-Jordan-Bardella en tête, suivi par Jean-Luc Mélenchon ou Gabriel-Attal-ou-Edouard-Philippe… et Marine-Le-Pen-ou-Jordan-Bardella élu(e) ensuite contre les uns ou les autres. Les électeurs du Rassemblement national s’en frottent les mains, jubilent et font provision de champagne pour le grand soir électoral tant attendu.

Fort bien. Et seuls les empêcheurs de rêver en Bleu-Blanc-Rouge pourraient leur rappeler que les résultats de quasiment toutes les élections présidentielles passées en France ont rarement été ceux annoncés un an à l’avance : rappelons-nous ainsi Édouard Balladur des mois durant annoncé élu au Premier tour et qui n’a pas même accédé au second ou encore celle d’un Lionel Jospin que bien peu imaginaient défait au soir du 21 avril 2002… et, à l’inverse, combien encore auraient mis leur tête à couper en juin 2016 sur l’élection certaine d’un Emmanuel Macron 11 mois plus tard ?

Car les sondages actuels sont peut-être dans le vrai si l’élection présidentielle avait lieu le week-end prochain, mais d’ici 2027 et le premier tour, il peut assez vraisemblablement s’en passer beaucoup, beaucoup, beaucoup de « vertes et de pas mûres » en notre chère patrie.

Imaginons donc…

Imaginons déjà que les candidats de gauche non-LFI finissent par se mettre d’accord sur un candidat unique, qui ferait une campagne honorable : à défaut de se qualifier pour le second tour, n’empêcherait-il pas Jean-Luc Mélenchon d’accéder une fois de plus à celui-ci ?

Ce scénario est alors tout aussi valable pour les candidats centristes et de la droite macron-compatible, tels les LR, comme on l’a vu ces dernières années : leur candidat unique obtiendrait-il forcément une qualification pour le second tour ? Ou, décrochant dans une campagne aussi terne que son probable programme et éliminé, quel poids ou quel effet repoussoir pèserait son éventuelle consigne de vote ?

Quant à l’absolue certitude que Marine-Le-Pen-ou-Jordan-Bardella sera en tête des votes au 1er Tour, là encore, attention : quel serait l’impact d’une campagne ratée (ça peut arriver à tous les candidats) ou entâchée de terribles violences, quasi insurrectionnelles, de la part des milices antifas qui se déchaîneraient, allant – le précédent du meurtre de Quentin Deranque par la Jeune Garde lfiste est révélateur – jusqu’à des scènes d’émeutes quasi-insurrectionnelles (n’y avaient-ils que des racailles de cités parmi les casseurs et les flambeurs lors de la victoire du PSG ?) ? Les électeurs hésitants, tièdes qui « auraient été » prêts à sauter le pas d’un vote RN, ces électeurs-là qui font pencher la balance le jour du vote, ne se réfugieront-ils pas dans l’abstention… ou dans le vote « couille-molles » ? Voire même dans le « vote Melenchon », le RN n'étant pas en mesure, lui, de mettre le feu à la rue : comme des autruches, ne préfèreront-ils pas s’enfouir la tête sous les coussins de leur salon pour fuir le danger ?

Et enfin, autre hypothèse qui ne semble guère avoir été émise : et si, quel que soit la ou le futur(e) locataire de l’Élysée, les élections législatives qui s’ensuivront lui assureront-ils avec certitude une majorité ?

Et si ce n’était pas le cas ?

Comme il sera triste alors d’entendre les rires des Macron, là-bas, au fond du Touquet…

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mardi, 02 juin 2026

L’identité animale ou l’avenir de la bête qui sommeille en nous

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La chronique de Philippe Randa

On connaissait dans le temps les adorateurs de l’oignon. Si ! si ! Ce fut belle et bien une religion, fondée en 1929 par frère François Thomas et Le Crapouillot qui avait consacré un numéro (Hors-série n°9 – juillet-août-septembre 1992) à un « Voyage à travers la France insolite » nous rapportait à propos de ce saint homme s’il en était qu’il « fut tour à tour charretier, photographe et comptable. Un jour, au Havre, il vit à l’étalage d’un marchand de légumes un oignon qui germait. Ce fut pour lui une véritable révélation. Un signe du ciel. Il comprit que l’homme avait le pouvoir, tout comme l’oignon, d’échapper à la mort. Il comprit aussi qu’il était absurde d’engendrer sans cesser des êtres nouveaux appelés à disparaître. Ce simple oignon lui indiquait le moyen de stabiliser l’humanité en rendant impossible la naissance et la mort. »

Et pour preuve de ce qu’il avançait, l’auto-proclamé nouveau sauveur de l’Humanité affirmait que « nous serons pareils à l’oignon, notre modèle, consacrant notre cœur et ses forces à notre entourage et, de sept ans en sept ans, se renouvelant dans un corps meilleur, nous irons vers la perfection. Perpétuant la vie au lieu de nous continuer dans nos enfants et nos petits-enfants. En d’autres mots, le principal ennemi de l’homme est la volupté. »

Malheureuseent, le Petit livre du Seigneur, écrit par Frère François Thomas ne connut pas l’incontestable succès de la Bible et ce mouvement initié avec une réelle ferveur potagère disparut en même temps que son auteur cultivateur spirituel.

Un siècle plus tard, point d’adorateurs de l’oignon à l’horizon médiadique, mais, tout aussi important, on en jugera, une « tendance woke » bat son plein d’adeptes : celui des thérians (ou thérianthropes) que l’encyclopédie Wikipedia classifie en « sous-culture ». Pour faire simple, ce sont des personnes de tous sexes (homme, femme et pas-bien-savoir) pour qui se « comporter comme un animal (est) une façon d’exprimer ce qu’ils ressentent », car ils ne considérent pas « leur identité comme une tendance, un jeu ou un choix, mais comme un ressenti qui leur est imposé. »

Psychologiquement ou spirituellement, les thérians se prennent donc pour des animaux. Et alors ? Alors, le site LesObservateurs.ch nous rapporte qu’« affublés de costumes d’animaux, de nombreux “thérians” envahissent TikTok. Et le phénomène est loin d’être anecdotique. Sur le réseau social chinois prisé des jeunes, le hashtag #therians cumule désormais plus de 2 millions de publications ! (et) l’on retrouve des “thérians” dans toute l’Europe (…) On peut par exemple citer la “Therian Community DACH”, qui rassemble des adeptes d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse. »

La découverte d’une telle communauté pourra peut-être faire sourire, voir ricaner ou même éclater de rire certains, mais pas l’ordre des médecins vétérinaires du Portugal (OMV) qui, devant l’affluence d’une clientèle inhabituelle dans ses cliniques, a été obligé de se fendre du communiqué suivant : « Suite à l’apparition, bien que sporadique, au Portugal de personnes se réclamant de certains animaux (…) le droit portugais reconnaît et protège expressément certaines dimensions de l’identité personnelle (…) mais ne prévoit ni ne protège aucun statut juridique d’“identité animale” d’une personne (…) le vétérinaire, face à un thérianthrope (doit) refuser d’effectuer des actes de diagnotic, de prescription et de traitement des maladies. »

Quelle va être la position de la Société Protectrice des animaux devant une telle discrimination, un tel refus de soins et d’assistance à thérianthropes en détresse ?

Et, connaissant désormais l’existence des thérians, peut-on encore tolérer l’usage de slogans aussi thérianophobes qu’#balancetonporc ?

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mardi, 26 mai 2026

Sandrine Rousseau a un incroyable talent

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La chronique de Philippe Randa

Je découvre, trop tard hélas, que j’ai raté – totalement ? – l’éducation de mes enfants… Enfin, de l’un, en tout cas. Et je l’apprends grâce à Sandrine Rousseau ! Qui l’eut cru !

L’un d’eux, en effet ! m’a récemment téléphoné. Furieux ! À peine s’il m’a dit bonjour (si, quand même, un reste d’éducation ou d’affection), mais sans perdre plus de temps que cela à me demander comment j’allais, il s’est étranglé de rage :

— Tu sais ce qu’a encore sorti Sandrine Rousseau ? Cette (censuré) a dit qu’il fallait désormais ne plus parler de « steaks », mais de « cadavres d’animaux », mais quelle (re-censuré) !…

Et d’un juron à l’autre, sans même m’en laisser placer une, il continua avec tous les noms d’animaux de son répertoire ! Ils y passèrent tous… et toutes les malédictions à l’encontre de la députée écologiste furent lancées ! Et il récidiva in fine par un sonore « Mais quelle (censuré) ! Vraiment quelle (censuré)… ! »

Fatalement, arrive un jour (toujours trop tôt) où l’on n’a plus guère la main sur ses enfants… Tenter de sauver l’honneur de la dame ainsi et aussi verbalement maltraitée en lui expliquant que la langue française, au pays de Racine, de Corneille, et tout ça, et tous ça, mais bon ! Cela aurait été inutile ; je préférais lui asséner une réplique qu’il le crucifia :

— Quel talent, cette Sandrine ! Chapeau l’artiste ! Mais, mon chéri (il reste mon chéri d’enfant, bien sûr, même avec son langage fleuri)… Tu ne vois pas qu’elle a réussi son coup ? Superbement réussi !

— Hein ????

Et avant qu’il ne songe à alerter des hommes en blanc pour venir me prodiguer les premiers soins, avec possiblement une camisole de force,  j’enchaînais rapidement :

— Mais oui ! Comme à chaque fois ! Si elle avait simplement dit qu’elle ne mangeait pas de viande, qu’elle était vegan ou qu’elle faisait gaffe à sa ligne, qui cela aurait-il intéressé ? Personne ! Alors que là, les médias en parlent, tu en parles, nous en parlons, tout le monde en parle… On rigole comme moi ou on se scandalise comme toi… et même ceux qui pourrait s’en foutre (tiens, je me mets à parler comme lui !), ils ont entendu ce qu’elle avait dit et peut-être même qu’ils en parlent, eux aussi, même pour dire qu’ils s’en…

— Et que c’est une (censuré) !

— Oui, mais ils ont tort de penser ça. Comme toi tu as tort. Elle est maligne, elle a réussi son coup, je te le répète… Ah ! Évidemment, à part deux ou trois bobos tout moches tout gauchos, demain tout le monde aura oublié… Il lui faudra trouver une autre (censuré) (ça y est, moi aussi, je me mets à parler comme lui, le Sandrinisme est plus contagieux que le covid et l’hantavirus réunis)… euh, donc, oui, une autre énormité à dire… et si tout le monde y va de son indignation, elle aura encore gagné ! Tu sais, mon chéri, si cela se trouve, Sandrine Rousseau cherche peut-être tout simplement à se faire remarquer par le cirque Pinder ou Achille Zavatta ou peut-être Medrano… C’est peut-être tout simplement une artiste qui veut se voir elle aussi un jour en haut de l’affiche… Enfin, si le public comprend et elle y met toute son énergie, il faut le lui reconnaître.

Ai-je convaincu mon enfant ? Je doute… Mais peut-être, Sandrine Rousseau m’a-t-elle aidé depuis avec sa toute dernière (en date) « sortie », enfin sa… « déclaration ». Après la vache et le bœuf, le taureau, donc ! Soit à propos de Patrick Bruel dont elle demande l’interdiction des tournées pour cause de « mise en danger » des femmes qui travaillent avec lui.

Ah bon ! Elle nous apprend ainsi que des femmes, malgré toutes les accusations, mises en examen et graveleuses révélations à l’encontre de l’artiste, continuent d’accepter de travailler avec lui ? Ah ! les (censuré) ! Ce n’est plus de la Bruelmania ou de la Bruelpassion ! C’est de la Bruelinconscience !

Décidément, si les femmes resteront éternellement un sujet de perplexité pour la gent masculine, les hommes aussi, incontestablement, sont parfois quelque peu surprenant. À la place de Patrick Bruel, on comprendrait que ce soit plutôt lui qui veuille – qui doive ! – en ce moment tenir l’autre sexe à distance… et pas par mysoginie, par prudence !

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dimanche, 17 mai 2026

De la Bruelmania au Bruelmaniaque

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La chronique de Philippe Randa

Comme on le sait, il est toujours très facile, très confortable et surtout très prudent de bêler avec les moutons, puis, si nécessaire, de faire demi-tour avec le troupeau et d’adapter le bêlement… quitte à l’inverser. Sans honte. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, n’est-ce pas !

Ainsi de ces « idoles » des décennies passées qu’on se devait d’admirer et pour peu qu’elles aient « certaines » origines et surtout qu’elles affichent de grandes et belles opinions de gauche, elles n’étaient, ne pouvaient, ne devaient pas être critiquées, même et surtout quand elles entendaient faire la pluie et le beau temps dans l’espace public.

Ainsi Patrick Bruel, chanteur et comédien connu et reconnu, « devenu l’un des chanteurs français les plus populaires, notamment à travers le phénomène de la “Bruelmania” », lit-on sur Wikipedia… On pouvait l’apprécier ou pas sur scène ou sur les écrans de cinéma, mais il était inconcevable d’en oser dire le moindre mal : il était né Benguigui, se déclarait de gauche, même et surtout quand on ne lui demandait rien et faisait à l’occasion rempart de ses convictions, de ses origines et de son intouchabilité pour combattre la montée, la progression, la victoire du Front national.

Ce qui confortait bien évidemment certains anti-judaïques, appelés aussi communément qu’improprement « antisémites » ou désormais antisionistes, du pouvoir extraordinaire de « ces gens-là ».

Mais cela, c’était avant… avant un XXIe siècle de grand remplacement pour certains, mais aussi de grands changements pour d’autres : la preuve par la curée lancée contre les idoles des années passées par les actuels Torquemadas des bonnes mœurs : ceux qui prônent le changement de sexe des enfants si ceux-ci en font la demande express de retour de l’école à l’heure du goûter, sur fond, pour certains, de lucratifs – ô combien ! – traitements médicaux hormonaux et opérations de charcutages, voire de coupe-zizis… tout autant que la dénonciation d’abus sexuels tous azimuts, mettant une simple – autant que grossière et indélicate, on l’admet volontiers – blague graveleuse ou tapette sur un fessier sur le même plan qu’un viol après des coups et blessures ou sous la menace d’une arme.

D’où la descente aux enfers médiatiques et/ou judiciaires hier d’un Abbé Pierre – bien que mort dix ans avant qu’on en « apprenne » tant et plus sur ses façons de se conduire modérément compatibles avec ses fonctions d’ecclésiastique –, d’un Dominique Strauss-Kahn qui alla directement à la case prison outre-atlantique, l’empêchant ensuite de faire don de sa personne à l’Élysée,  de l’acteur Gérard Darmon accusé par neuf dames de violences sexistes et sexuelles en 2024 ou encore de Benoît Jacquot,  cinéaste icône de la gauche culturelle « rattrapé par son comportement envers de très jeunes actrices, dignes de cet admirateur de Sade » selon Valeurs actuelles… On en passe et beaucoup d’autres, certes pas forcément tous de gauche ou d’origines d’une rive précise du Jourdain. Mais beaucoup tout de même !

Qu’adviendra-t-il de Patrick Bruel qui nie l’ensemble des nombreuses accusations à son encontre, réfutant toute « violence, contrainte ou menace » ?

Si les nombreuses plaintes contre lui ont été classées sans suite jusqu’à présent, deux masseuses dont les plaintes déposées en 2019 avaient été retoquées l’année dernière, les ont redéposées avec constitution de partie civile le 12 mai dernier… et elles sont rejointes désormais par l’animatrice de télévision Flavie Flamant qui y va également de sa propre plainte contre le désormais « maudit de la quéquette » qui l’aurait violée en… voyons, c’était en… ah oui : 1991 ! Plainte quelque peu tardive et les faits notamment prescrits, mais, mais… bon !

Les « antijudaïques » à qui on ne la fait pas, faute de pouvoir continuer à croire que ces « gens-là » sont intouchables, se consoleront en admettant que la Bruelmania, en revanche, est belle et bien terminée. Pour cause de Bruelmaniaque ? La justice le dira… ou pas !

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mercredi, 13 mai 2026

« Rassembler, unir, regrouper » : les slogans usés de la politique française

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La chronique de Philippe Randa

En politique française, il y a un indéniable constat : tout le monde veut rassembler, unir, regrouper et pour se faire, on ne compte plus ceux qui claquent la porte de leur parti, agonisant de reproches, d’accusations souvent lourdes de sous-entendus violents (autocrate, populiste, on en passe et des pires)… pour créer leur propre mouvement afin de rassembler, d’unir, de regrouper… ou de « bâtir ensemble », comme désormais baptisé le « microparti » (c’est le quotidien Le Monde qui le dit) fondé par l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne.

Celle-ci vient d’abandonner la présidence du conseil national du Parti Renaissance après avoir dit « ses » quatre vérités au président de celui-ci Gabriel Attal, la semaine précédent son adoubement pour qu’il prenne part à la prochaine élection présidentielle… ou elle-même va, bien évidemment, comme elle l’a immédiatement annoncée, faire le don de sa personne.

Ce qui ne fera donc qu’un(e) énième candidat(e) du « Centre », déclaré(e) ou « n’excluant pas d’y aller » après Édouard Philippe, Philippe de Villepin, Aurore Bergé, Yaël Braun-Pivet, Gérald Darmanin… et ceux qu’on oublient et qui y songent, s’y préparent et s’impatientent, mais attendent le meilleur moment de se déclarer, sachant, c’est qu’ils/elles sont malins(ignes), que « rien ne sert de courir, il faut partir à point », comme ils-elles se rappellent vaguement l’avoir appris sur les bancs de l’école… ou peut-être dans un sitcom à la télé ou encore est-ce le refrain d’un « tube de l’été » dont ils-elles ne se rappellent plus très bien le nom de l’interprête. Johnny Hallyday ou Bourvil, peut-être…

À « droite » de l’échiquier politique, le spectacle n’est pas en reste avec les candidatures déclarées, en passe de l’être ou incessamment sous peu, de Michel Barnier, Xavier Bertrand, David Lisnard, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez… et ceux qu’on oublie et ceux qui y songent, s’y préparent et s’impatientent, mais attendent que, etc., etc.

À gauche ? C’est tout pareil : Boris Vallaud et « l’ensemble de son courant » (ça fait du monde, ça ?) viennent de quitter la direction du Parti socialiste, dénonçant une « brutalisation du fonctionnement » de ses instances ; celles-ci ont alors immédiatement répliqué qu’« on ne construit rien de durable en brutalisant ses partenaires » : ça, c’est de l’union en devenir ou on ne s’y connait pas ! D’ailleurs, Bernard Cazeneuve, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, François Hollande… et tous ceux qu’on oublie, qui y songent, s’y préparent et s’impatientent, mais que, etc., etc.  n’attendaient que lui, t’a qu’à croire !, pour entamer « dialogue et recherche de compromis », notamment sur une stratégie « socialisante » pour la présidentielle.

À la droite de la droite, pas vraiment de différence, de Sarah Knafo ou d’Éric Zemmour à François Asselineau, en passant par Nicolas Dupont-Aignan ou Florian Philippot, ça candidate ou « s’aprête à » tout aussi fermement, sans compter ceux qu’on oublie et ceux qui y songent, s’y préparent et s’impatientent, mais que, etc., etc. et aussi décidés que ceux à la gauche de la gauche avec Nathalie Arthaud,  Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain, Fabien Roussel…

Et tous avec une obsession, une idée fixe, un seul mot d’ordre commun – rassembler, unir, regrouper –, pour tous ceux qui y songent, s’y préparent et s’impatientent…

Exceptions notables dans ce spectacle politique français : Marine Le Pen et/ou Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon qui, eux, n’envisagent que leur affrontement au second tour de l’élection présidentielle. Soit le seul moment, finalement, où il y aura lieu de vraiment « rassembler, unir, regrouper ». Ce sera ce moment-là ou jamais.

Espérons, toutefois, que les électeurs ne se soient pas lassés de ces trois termes de l’imaginaire électoral.

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mardi, 05 mai 2026

Demain, on ne rase plus vraiment gratis

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La chronique de Philippe Randa

Vive les éternels optimistes qui parviennent à trouver d’excellentes raisons de rester confiant dans l’avenir en constatant que les maux qui peuvent nous accabler dans le présent sont porteurs d’espoir d’un avenir meilleur.

Ainsi de la crise économique, et donc sociale… Selon le site francetvpro.fr « depuis la dissolution de l’Assemblée en juin 2024, elle est au cœur de toutes les tensions, elle a fait chuter trois gouvernements et même fait vaciller le président de la République. Avec 3 400 milliards d’€, la dette française est désormais la plus élevée de la zone euro en valeur absolue, devant l’Italie… »

C’est bien connnu, quand « il n’y a plus d’avoine dans l’écurieles chevaux se battent » ; sous les ors de la République, quand les aides publiques viennent à manquer, les profits scandaleux des uns tout autant que la corruption des autres remontent facilement sur la place publique : le tohu-bohu médiatique autour du « rapport Alloncle » sur l’audiovisuel public rendu d’extrême justesse justement « public » (12 voix de parlementaires courageux ou simplement prudents contre 10 voix de parlementaires couards ou possiblement complices de ce qui est désormais connu de tous comme un pillage d’État) en est l’exemple frappant.

Car au-delà d’éventuelles suites judiciaires ou de nouvelles révélations accablantes pour certains, il en va de même des premières mesures prises par certains lors de changement de municipalités.

Alors que le nouvau maire LFI de Roubaix David Guiraud n’a pas hésité, sitôt en poste, à augmenter de 18 % les rémunérations des élus, dans cette ville la plus pauvre de France d’après les chiffres de l’Observatoire des inégalités (les électeurs roubaisiens apprécieront !), Éric Ciotti, nouveau maire de Nice, affirme, lui, avec quelque bon sens face à « une dette consolidée dépassant 3 milliards d’, dont 1,7 milliard pour le budget principal de la Métropole Nice Côte d’Azur et près de 800 millions d’€ pour certaines régies » : « Nous demanderons des efforts à tous, mais nous devrons d’abord en consentir nous-mêmes »…

D’où l’annonce de son plan d’économies annuelles de 60 millions d’€, auxquel il a bien évidemment donné tout le retentissement médiatique possible : suppression de la « sécurité personnelle du maire » (240 000 €) et de ses frais de représentation (33.700 €), réduction de moitié de ses frais de mission et de déplacement, indemnités réduites d’un tiers des élus municipaux (700.000 €) par an, soit 5 millions d’€ sur la mandature avec suppression de leurs places de parking gratuites, frais de réception (petits fours ou restaurants) divisés par deux, suppression du magazine municipal, qualifié de « propagande officielle » (600.000 €), vente d’une vingtaine de véhicules de fonction,  du « siège fastueux » parisien de la métropole de Nice (1.500.000 €)… ce qui permettra déjà, immédiatement et entre autres, d’abaisser la taxe sur les ordures ménagères et la taxe foncière (de 35,3% à 30,6%) et la taxe d’habitation…

Mesures considérées, sans crainte du ridicule, par le communiste Julien Picot, nommé à la présidence de la commission des Finances de la ville, comme « des orientations budgétaires ultra-libérales qui conduisent la ville et la métropole dans une impasse financière » ! À l’évidence, cet élu, à l’évidence nostalgique de l’URSS, aurait bien besoin de prendre quelque repos… psychiatrique !

Rappelons tout de même qu’en Argentine, le parti du président Javier Miller, chantre de la gestion à la tronçonneuse, a largement remporté les élections législatives de mi-mandat en octobre dernier…

Alors, l’exemple de Nice fera-t-il boule de neige ? Obligera-t-il d’autres maires, sous la pression populaire, à l’imiter ? La Cité des anges n’est pas toute la France, certes… Mais la mise en œuvre de la réduction de sa dette publique – que d’aucun nomme plus prosaïquement « corruption publique » – pourrait-elle augurer de lendemains qui chantent… voir simplement moins déprimants ?

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lundi, 20 avril 2026

L’envol des rapaces de la République des Lettres

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« Sans la diffusion, un livre – serait-ce un chef-d’œuvre ! – n’est pas grand-chose, voire rien. Seule compte la puissance de vente »

 Entretien avec Philippe Randa

(Propos recueillis par Guirec Sèvres pour le site Synthèse nationale)

Les éditions Grasset sont-elles vraiment dans la tourmente après le licenciement de leur directeur et le départ annoncé de 130 de ses auteurs ?

Le grand public, comme on dit, n’a généralement pas conscience de ce qu’est le monde de l’édition. Il ne connait que les auteurs, parfois le nom de l’éditeur et n’a qu’une très vague idée de ce qu’est un diffuseur. Auteur, éditeur et diffuseur sont certes indissociables de l’existence d’un livre, mais j’ai l’habitude d’expliquer de façon un peu provocante qu’un auteur, ce n’est rien – Quoi ? Mais qu’est-ce que j’ose dire ?! – qu’un éditeur, ce n’est pas grand-chose – Quoi ? Et en plus j’insiste ?! – et que seule compte en fait la diffusion ­– Euh ?!…

J’ajoute que je peux me permettre de dire cela, étant moi-même fils d’un romancier qui « vivait de sa plume » (et pas trop mal), que j’ai écris moi-même près de 150 livres qui m’ont assez bien fait vivre… et que les éditions que j’ai créées ont publié près de 1.500 titres différents en 30 ans : je ne dis pas cela par prétention, loin de là – beaucoup ont écris et/ou édité beaucoup mieux que moi, oh que oui ! – mais au moins, cela me permet d’affirmer que sans la diffusion, un livre – serait-ce un chef-d’œuvre ! – n’est pas grand-chose, voire rien. Seule compte la puissance de vente.

Mais alors, ces 130 auteurs des éditions Grasset qui prennent le large, ça n’a pas ou peu d’importance ?

Parmi eux, beaucoup d’inconnus, sauf peut-être de la « République des Lettres », soit un micro-milieu qu’on appelait autrefois « germanopratins » (le quartier Saint-Germain-des-Près à Paris) et qu’on a coutume de surnommer désormais les « entre-sois », soit comme l’a nommé Vincent Bolloré, « une petite caste qui se croit au-dessus de tout ». Tous politiquement de gauche, de centre-gauche ou pour les plus téméraires de centre-droit : des noms que le grand public découvrira avec le désintérêt qu’on imagine.

Quant aux quelques noms connus, est-on certain que les ventes de leurs livres, si certaines ont pu être conséquentes par le passé – je l’ignore et ce n’est même pas certain – le sont encore aujourd’hui ? Parmi ces noms, tiens, prenons celui d’Anne Sinclair. Connue, certes, très connues même, enfin de tous les plus quarante ans. Elle a publié ses deux derniers livres chez Grasset, mais c’était il y a 5 et 6 ans. Qu’elle aille se faire éditer « ailleurs » que chez Grasset – si tant est qu’elle écrive encore à près de 80 ans, mais pourquoi pas et on ne peut que le lui souhaiter – est-ce vraiment un tremblement de terre littéraire ?

Et comme la nature a par principe horreur du vide, Vincent Bolloré a justement émis une évidence : cela permettra à d’autres d’être publiés et de prouver leur talent, si talent ils ont, et le verdict sera alors du ressort des lecteurs et non du copinage politique.

Au-delà de l’avenir littéraire de Grasset, les révélations sur les rémunérations d’Olivier Nora, « passées de 830.000 € à 1,017 millions d’€ » dans un contexte de « performances économiques de la Maison Grasset très décevantes » vous ont-elles choquées ?

Outre le montant vertigineux, c’est surtout les 170.000 € d’augmentation en un an, alors que le chiffre d'affaires de Grasset a baissé sur la même période de 28 % (16,1 millions en 2024 et 12 millions d’€ en 2025) : performances économiques effectivement « décevantes », mais comment nommer alors l’arrogante rapacité frôlant l’inconscience de ce monsieur ? On se dit que même un capo de la DZ Mafia n’aurait sans doute pas osé.

Philippe Randa vient de publier La Macronie à l’agonie, éditions Dualpha, préface de Michel Festivi, illustrations de Miège, 158 pages, 21,00 €. Cliquez ici

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vendredi, 17 avril 2026

La macronie à l'agonie, le nouveau recueil de Philippe Randa

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Toute l’actualité est passée au crible par Philippe Randa avec son acuité redoutable, sans concession aucune, dans cette longue tradition française qui a notamment fait la gloire de la presse politique depuis l’origine.
 
Détaché de toute idéologie sectaire, comme de toute politique politicienne, pourfendeur du wokisme et du communisme, et surtout de la bêtise humaine, celle au front de taureau, comme l’écrivait Baudelaire, il bataille pour la culture française et européenne, partisan d’un État fort, et d’une Europe des patries charnelles si chères à Saint Loup qu’il a connu et admiré…
 
La plume de Philippe Randa est impitoyable, mais toujours teintée d’un humour particulier, un peu à l’anglo-saxonne, humour dévastateur d’un pince-sans-rire, qui trouve toujours le bon mot, le bon adjectif, la bonne réplique. À la manière d’un bandérilléro, il sautille, virevolte et plante ses banderilles, mais toujours avec le sourire.
 
De plus, Philippe Randa par son talent, est l’un de ceux qui réhabilite l’écrit, et nous en avons tant besoin.
 
Pour le commander : cliquez ici

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vendredi, 10 avril 2026

La Pax americana dans ses œuvres

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La chronique de Philippe Randa

Rappelons-nous, les bombardements des États-Unis et d’Israël contre l’Iran : alors qu’on nous expliquait chaque jour les avancées des discutions entre ces gouvernements respectifs, ils ont brutalement débutés le 28 février dernier. L’affaire devait être résolue en quelques jours. Enfin, une à deux semaines, pas davantage ! Et encore ! Pas plus d’une dizaine de jours, week-end et jours fériés compris.

Et à peine les premières explosions entendues, à peine les premières destructions constatées, à peine les premiers morts annoncés, nombreux furent les bouchons de champagne à sauter pour fêter la « fin des Mollahs », la « fin d’un régime abominable, tellement abominable » et jusqu’au fils de l’ex-Shah d’Iran qui déclarait être prêt à faire don de sa personne à son pays, à son peuple, à la démocratie, à tout le monde et aux autres si nécessaire… enfin, si on voulait bien de lui, bien sûr.

Et la chute du régime des barbus tant honni s’est fait attendre, plus encore que la réouverture du détroit d’Ormutz avec les conséquences d’approvisionnement et de coût du pétrole qui commençiaient à se faire durement sentir jusque et surtout dans nos campagnes profondes.

Le dernier ultimatum en date du président Trump n’en finissait pas de finir qui « leur » donnait jusqu’au 6 avril, « après ils n’auront plus de ponts et plus de centrales électriques. »

Fort bien ! Sans doute et pourquoi pas ! Après tout, c’est fort possible… ou pas ! L’avenir à qui on a déjà tellement fait dire l’aurait prouvé (ou pas) effectivement, mais après ?

Et donc, le cessez-le-feu a eut lieu. Tant mieux ! Et d’ailleurs, personne (ou presque) ne le regrette. L’actuel régime de Téhéran a cédé (quoi ?) pour les uns ; il a tenu bon et resta en place pour d’autres ! Il va donc pouvoir panser ses plaies, tirer les leçons de ce qui a failli lui coûter la peau et dans six mois, dans un an ou deux, sera toujours la même menace pour son haï voisin à kippa…

Et donc, devons-nous, telle sœur Anne qui ne voit jamais rien venir, souhaiter toujours et encore sa chute et voir… quoi ? Une jeune, belle et vigoureuse démocratie à l’occidentale prendre les destinées de l’Iran (à défaut de le reprendre car le précédent régime impérial n’était guère un tel modèle).

Mais bon, beaucoup en rêvent, assurément… ou en rêveraient pour les plus prudents.

Seulement, les plus chagrins, eux, ne manqueront pas de rappeler les fâcheux précédents de l’Irak et de l’Afghanistan dont les États-Unis d’Amérique avaient écrabouillés les régimes respectifs, celui du Raïs Saddam Hussein et celui du mollah Omar.

Le premier a vu naître dans la foulée de sa « libération » l’État islamique (Daech) qui, cinq années durant, a apporté comme on le sait joie, liberté et prospérité avant d’être mis hors d’état de (trop) nuire.

Fabrice Balanche, spécialiste de la géopolitique du Moyen-Orient expliquait en 2023 sur eismena.com que l’économie irakienne était désormais soumise à la dépendance pétrolière, la corruption structurelle et l’influence étrangère. De son côté, on lit sur l’encyclopédie Wikipedia que la même année, « le poids des milices paramilitaires (y) reste prépondérant. Il y a environ 80 milices importantes dans le pays, réunies dans une coalition nommée le Hachd al-Chaabi, les “unités de mobilisation populaire”. Elles émargent au budget du ministère de la défense et sont payées par l’État irakien. Chaque milice contrôle un territoire y compris l’activité économique afférente. »

Aux dernières nouvelles, la situation n’a guère changé en 2026.

En Afghanistan, le retour triomphal des Talibans en 2021 après le retrait précipité – ou la « retraite cahotique », c’est selon – a propulsé les opiacés afghans, notamment l’héroïne, à plus de 80 % de la production mondiale. Quant à la vie quotidienne sous ce régime, les femmes y apprécient comme il se doit l’interdiction qui leur est faite de travailler, d’aller à l’école, de chanter et, pour l’immense majorité d’entre elle, de connaître la tranquilité du foyer où seuls des esprits mal-intentionnés pourraient considérer qu’elles y sont, de fait, cloîtrées. C’est sûr qu’elles ne doivent pas trop perdre leur temps et ruiner leur ménage en shopping inutile, elles !

Mais au moins, désormais, l’Irak et l’Afghanistan ne menacent-ils plus l’existence d’Israël, ni l’American way of life…  Enfin, jusqu’à quand ?

Et toujours dans son dernier (en date) ultimatum, Donald Trump menaçait l’Iran s’il refusait un accord de cessez-le-feu de « faire mourir une civilisation entière. »

Preuve en est que les régimes qui naissent de la pax americana n’ont jusqu’à présent, effectivement, guère de rapport avec la définition de la civilisation comme nous aimons la concevoir.

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lundi, 30 mars 2026

Gabriel Attal et Bruno Retailleau, la modestie va bien aux grands hommes

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de Philippe Randa

Ce second tour des élections municipales françaises en 2026 n’aura pas failli à la coutume… et même Gabriel Attal, président de Renaissance, le dernier carré des mohicans « macronistes », et bien qu’en froid certain avec l’actuel inexistant de l’Élysée, a affirmé « doubler » (rien que ça) son nombre d’élus locaux « partout en France ». Dans le monde d’avant, on faisait voter les morts ; dans celui d’aujourd’hui, les centristes enrôlent tous les élus « ni de gauche, ni de droite et bien au contraire. »

Bruno Retailleau, Président des Républicains, n’est pas en reste en affirmant de son côté être « toujours et plus que jamais la première force politique locale en France» avec « le plus grand nombre de voix et le plus grand nombre d’élus », justifiant son propos en s’appropriant – là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir – moultes villes de petites et moyennes importances où des listes estampillées « DVD » (Divers droite) l’ont emportées. Et pour bien faire comprendre la réalité de ses désirs à ceux qui pourraient relativiser, voir contester ou juger quelque peu péremptoires ses affirmations, il précise qu’il parle de la droite et ses alliés qu’il a la prudence de ne pas nommer explicitement, mais qui se reconnaîtront sûrement… ou pas !

Quoiqu’il en soit, après Edouard Philippe et probablement avant Gabriel Attal, Bruno Retailleau n’a pas manqué de rappeler qu’il était plus que jamais candidat « dans tous les cas » dans la course à l’élection présidentielle à venir… et seul un esprit chagrin pourrait lui rappeler que Valérie Pécresse, alors candidate en 2022 de ce qui était donc, déjà, forcément, à l’en croire, « la première force politique locale en France» avait atteint le vertigineux score de… 4,78 %. Mais on n’est pas comme ça !

Jules Renard, dans son journal, écrivait que « la modestie va bien aux grands hommes. C’est de n’être rien et d’être quand même modeste qui est difficile. »

Ô combien !

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dimanche, 29 mars 2026

Élections, piège à ceux qu’on sait… Primaire et Union, itou !

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La chronique de Philippe Randa

Jamais la France n’a été aussi morcelée politiquement – au moins un avis que toute la classe politique partage –, et tous les partis n’ont que « l’union » en bouche électorale…

Dixit les sondages, l’électeur, de gauche comme de droite, le souhaite lui aussi et on veut bien le croire (on le croit d’ailleurs plus aisément que les politicien[ne]s !).

Mais l’union, si elle peut rapporter sur le moment, peut aussi, souvent, s’avérer fatale ; et c’est d’ailleurs bien souvent le « non-dit » de la plupart des alliances électorales : l’un tirera le plus grand profit à terme d’un mariage de raison ou plus simplement, prendra l’ascendant sur l’autre, voire l’enterrera.

Il est donc étrange de constater cette obsession de « l’union » chez les Républicains, les ex-Macroniens de Renaissance et d’Horizons ou encore au Parti socialiste, alors qu’ils ne cessent de déballer leurs fractures internes à longueur de déclarations publiques.

À peine terminé les élections municipales, la désignation du candidat à la prochaine présidentielle fait rage chez les Républicains qui ne sont même pas d’acord sur la manière de le désigner.

Alors que « de Xavier Bertrand à Michel Barnier en passant par Gérald Darmanin, Aurore Bergé voire Laurent Wauquiez, nombreux sont ceux à vouloir se mettre sur les rangs », énumère Laurent Poussielgue dans un article des Échos, Bruno Retailleau, loin de faire l’unanimité de « candidat naturel », se heurte à la proposition de Laurent Wauquiez, son ancien rival malchanceux à la présidence du parti : organiser une « primaire de la droite » d’Edouard Philippe, l’« ex-premier Premier » ministre macroniste à… Sarah Knafo, députée européenne de Reconquête, mouvement non groupusculaire le plus « à droite de la droite » de l’actuel échiquier politique : un large éventail refusé d’emblée par la plupart des candidats pressentis, hors Sarah Knafo dont « l’union à droite » est justement un des chevaux de bataille, mais avec le sourire, elle  !

Premier dégât collatéral : la direction des Républicains refusant d’organiser une telle primaire ouverte pour la prochaine élection présidentielle, le maire de Cannes David Lisnard a claqué la porte du parti, dénonçant « un vote biaisé, un vote truqué » qui sera proposé aux adhérents. Ambiance…

Au Parti socialiste, une primaire pour désigner un candidat unique de la gauche est d’ores et déjà et depuis belle lurette programmée très officiellement pour le 11 octobre prochain, mais… patatras ! Lundi matin 23 mars, lendemain des élections municipales, une réunion de préparation prévue de longue date n’a vu se réunir que les ex-« insoumis » Raquel Garrido, Alexis Corbière, François Ruffin et Clémentine Autain, ainsi que le sénateur (Rhône, Écologiste) Thomas Dossus sans… les socialistes ! Ballot !

C’est qu’Olivier Faure, Premier secrétaire du PS fait face, lui aussi, à une bronca de ses opposants après les résultats électoraux de la veille jugés des plus médiocres. Et l’idée d’une primaire n’enthousiasme plus guère, comme l’a déclaré le président du conseil départemental de Haute-Garonne, Sébastien Vincini, proche d’Olivier Faure pour qui une primaire serait « une compétition à ciel ouvert (…) une course à la différenciation (des plus) mortifère ! »

Et de proposer à la place (prière de ne pas rigoler) « un pacte de gouvernance (autour d’une) incarnation socialiste. »

Une proposition qui sent la gagne, c’est certain.

On s’imagine d’ici le fou rire d’un Jean-Luc Mélenchon qui, lui, depuis toujours, a refusé l’idée de se prêter à une quelconque primaire de la gauche, expliquant avec franchise et bon sens (on ne ne pourra pas le nier), qu’il n’accepterait jamais, s’il n’était pas le vainqueur, de soutenir ensuite avec sincérité un candidat qu’il n’aurait cessé de critiquer, voir de condamner, sinon de mépriser, ayant déclaré depuis, c’était début mars dernier lors d’un meeting à Bondy, que « les socialistes ne sont pas chers a acheter pour le second tour. »

Ambiance, là aussi !

Chez les ex-Macronistes (Renaissance, Horizons, Modem), tout aussi obsédés par l’union, la question de la primaire pour désigner le meilleur – sinon, le moins mauvais – divise tout autant : Edouard Philippe a annoncé depuis longtemps qu’il était candidat et Gabriel Attal s’apprête à faire de même incessamment sous peu, mais ils ne seront sans doute pas les seuls à vouloir faire don de leur personne moins à la France qu’aux ors d’une Ve République, chaque jour de plus en plus bananière.

On rappellera néanmoins à ces futurs candidats à l’évidence « pas très naturels » des Républicains, des socialistes et des ex-Macronistes qu’il leur reste à peine 12 mois pour se faire – enfin ! – connaître ou au moins reconnaître… et qu’à la dernière élection présidentielle il y a quatre ans, Valérie Pécresse n’avait obtenu que 4,78 % des suffrages pour les Républicains, Anne Hidalgo 1,75 % pour les socialistes … et Emmanuel Macron certes 27,84 %, mais sans avoir affronter alors de « primaire » pour concourir et avec un bilan qui pouvait encore faire quelques illusions, contrairement à celui de son deuxième quiquennat. Apparaître aujourd’hui peu ou prou comme ses « héritiers » (qui plus est l’un et l’autre reniés par leur mentor), n’augure guère un futur enthousiasme populaire.

D’autant que face à tous ses minis (très minis) candidats obsédés de l’union et prêts à s’entre-dévorer dans des primaires à ce jour assez hypothétiques, le Rassemblement national et la France insoumise alignent leurs bataillons en ordre de marche… derrière des candidats, eux, parfaitement naturels pour leurs camps, n’en déplaise.

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jeudi, 26 mars 2026

La France insoumise droite dans ses babouches !

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La chronique de Philippe Randa

Finalement, les soirées électorales se suivent et se ressemblent souvent, sinon tout le temps : à l’exception évidente des candidats s’étant pris, personnellement, une tôle, toutes les formations politiques revendiquent sinon une plus ou moins « immense victoire », du moins plus ou moins une « évidente » déception : c’est qu’il ne faut jamais désespérer les électeurs, prochains scrutins obligent…

Attachons-nous au cas de La France insoumise qui, contredisant les sondages, est loin de s’effondrer suite aux outrances de son leader maximo. Elle est plus que jamais une force politique bien présente, bien vivante et même en capacité de gagner des villes.

Certres, seulement cinq ou six, mais tout de même !

Certes, parmi elles, La Courneuve, Saint-Denis, Creil, Roubaix et Vénissieux, mais quand même !

Certes, toutes des « zones humaines » abandonnées depuis des décennies, mondialisation oblige, aux « New Frenchs » extra-européens et aux narco-trafiquants – les mêmes, affirment certains esprits fâcheux – qui ont fait basculer les résultats, sans doute convaincus par les promesses des candidats d’extrême gauche de « désarmer les policiers qui tuent » : cette proposition est tombée comme il se doit dans les oreilles de ces électeurs-là, cette « nouvelle France » à laquelle Jean-Luc Mélenchon et ses complices font tant les yeux d’Aïcha, cette alter-ego maghrébine de l’espagnole Chimène.

Remarquons toutefois que le gain de cette poignée de municipalités – quand le Rassemblement national en a acquis dans le même scrutin plusieurs dizaines – n’est pas sans rappeler celui des quatre municipalités conquises par le Front national de Jean-Marie Le Pen en 1995 (Toulon, Orange, Marignane et Vitrolles) : une seule, Orange, fut finalement conservée par Jacques Bompard (certes 26 ans durant). Les autres « victoires » frontistes ne furent alors qu’un feu de paille et cela relativise quelque peu l’incendie insoumis.

La performance de LFI lors de ces élections municipales reste donc très relative en gain de municipalité, plus importante certes en sièges de simples conseillers au niveau national, ce qui ne va pas chercher très loin, finalement. Un conseiller d’opposition ou minoritaire au sein d’une majorité municipale fait plus généralement figure de potiche que d’acteur incontournable.

Mais cette performance dément surtout une autre antienne politique : la « diabolisation » n’est nullement l’alpha et l’omega de la démocratie parlementaire.

Malgré ses « dérapages », ses « imprécations », ses « menaces » et la « barbarie » de ses troupes de choc –n’ayant pas hésiter récemment à lyncher et assassiner un opposant (le jeune Quentin) –, l’extrême gauche a non seulement réussi des scores importants sous ses couleurs, mais surtout prouvé qu’elle restait incontournable dans les urnes pour que la gauche puisse espérer l’emporter.

Ces élections municipales apportent ainsi la preuve que la diabolisation n’a aucunement l’importance qu’on lui accorde… et que les convictions, quelles qu’elles soient, sont la seule force qui compte.

Les « convic’ quoi ? » s’étonneront alors certains, auto-proclamés « républicains ».

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mardi, 17 mars 2026

Méchants, peut-être, mais bêtes, pas si sûrs !

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La chronique de Philippe Randa

Les déclarations de Sandrine Rousseau « menacée par l’OAS » (dissoute en 1962, dix ans avant sa naissance) à Sébastien Delogu qui affirme s’être battu à l’Assemblée nationale contre cette même OAS qui n’avait guère ressuscitée, à ce que l’on sache, 39 ans après qu’il ait lui-même vu le jour en 1987, ont suscité commentaires gênés des uns (à gauche) et sarcasmes des autres (à droite).

Comment, mais comment cette extrême gauche peut-elle être aussi inculte, bête et méchante ? Et comment peut-on élire des ânes pareils ? C’est pas Dieu et même Diable possible !

Incultes ? Oui, peut-être… et le rire n’est guère le propre de la gauche, c’est certain. Mais bêtes ? Peut-être, à moins que…

À moins qu’il ne s’agisse au contraire d’une stratégie – et pourquoi pas ! – qui pourrait porter de juteux fruits électoraux.

D’abord, les moins de 50 ans de nos compatriotes savent-ils tous ce qu’a été l’OAS ? Les moins de 30, sans doute pas hors des cercles de cette droite dite « extrême » ou des familles de pieds-noirs ; les autres, c’est très incertain…

Alors pourquoi effrayer le bon peuple avec ces initiales sous-tendant quelques partis ou organisations sans nul doute maléfiques, ô combien ! bien sûr, bien sûr, mais… franchement oubliées ?

Parce que les pleurs et malheurs des auto-proclamés martyrs d’une fantasmée OAS au XXIe siècle, ne s’adressent pas forcément à tous les Français, notamment les exécrés « souchiens », mais plus probablement aux Français de fraîches naturalisations, ceux aux origines d’outre-méditerrannée dont une partie est sensibles aux imprécations, insultes et menaces du gouvernement d’Alger qui entretient le spectre de l’armée secrète du général Salan afin que celle-ci hante comme il se doit les conversations de famille, le soir autour du couscous et du coran réunis.

Car est-ce faire grand pêché de mépris pour « l’autre » que de suggérer que le nouvel électeur de certaines de nos banlieues devenues si exotiques puisse avoir autant de connaissances historiques, de réflexions politiques et de bon sens qu’une huître… ou que les électeurs bobos des quartiers préservés des grandes villes, ceux-là tout aussi prêt à gober que des hordes de « chemises brunes » ne cessent de courir au pas de l’oie à la poursuite de Sandrine et de Sébastien ?

Oui, c’est un pêché ? dont acte… Mais évitons néanmoins de prendre trop à la rigolade et au mépris ces candidats à la pêche aux suffrages ethnico-religieux.

Qu’ils soient méchants, c’est une probabilité ; qu’ils soient totalement idiots n’est en rien une certitude.

Sur l'OAS et l'Algérie française cliquez ici

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dimanche, 15 mars 2026

Sur TV Synthèse nationale, Philippe Randa nous présente le livre "La désinformation autour de la criminalité"

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lundi, 09 mars 2026

Poubelle ma ville : merci qui ?

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La chronique de Philippe Randa

C’en est donc fini du douteux monopole de Paris, considérée jusqu’à peu comme la première cité poubelle de France et même si nombre de villes du Tiers-monde, de l’Afrique à l’Asie en passant par le continent sud-américain, gardent pour le moment du moins, une avance assez grande sur la question.

C’est qu’à l’occasion des élections municipales, la « propreté » des villes a fait irruption dans la campagne électorale, à l’exemple de cet article de Franceinfo au titre explicite : « Je n’ai jamais vu ma ville aussi crade ! »

Et ce n’était donc pas de Paname qu’il était question, mais de… Périgueux où « la gestion des déchets pollue la campagne des élections municipales. »

La raison en est fort simple et concerne désormais l’immense majorité des Français, à l’exception encore et pour peu de temps sans doute, de quelques endroits « privilégiés », depuis non seulement l’arrêt (pour Périgueux en 2023 ; ailleurs, cette mesure a commencé plus tôt) de la collecte « au porte-à-porte » d’abord, puis de l’obligation d’utiliser une carte magnétique pour ouvrir les containers à ordures, nouveau système mis en place par les syndicats mixtes départementaux des déchets.

À Périgueux « en 2026, une personne seule doit débourser 216 € par an pour avoir accès au service public des déchets et obtenir 16 ouvertures de bornes, soit moins d’une toutes les trois semaines… »

Bien évidemment, des associations d’usagers ont tentés de contester juridiquement cette mesure, mais n’ont obtenu qu’un vague souhait émit par les tribunaux pour que soit revue la grille tarifaire… afin de faire payer davantage à ceux qui gagnent (et donc travaillent) plus…

Car en aucun cas, une éventuelle « marche arrière » n’est envisagée ; Pascal Protano, le président du syndicat de gestion des déchets, l’a assuré : « Depuis la mise en place de la redevance incitative, la quantité d’ordures ménagères a diminué de 40 %. »

Dans les containers payant, sûrement, mais dans les rues « on a quasiment des décharges à ciel ouvert dans certains quartiers », s’exaspère Emeric Lavitola, maire socialiste de Périgueux qui « ne peut que constater la quantité de sacs jetés un peu partout dans la ville afin d’éviter de payer des ouvertures supplémentaires ou lorsque les bornes sont pleines ou défectueuses. »

Ce qui ne l’empêche pas d’ajouter, n’oubliant surtout pas de rester politiquement bien correct, que « la conscience écolo du tri des déchets est là, je pense que ce système sera vertueux à terme. »

Mais de la « vertue de l’écologie » à « l’écologie du profit », il n’y malheureusement qu’un pas, une douloureuse, certes, mais indéniable réalité, puisque « rares sont ceux qui se disent prêts à payer les 5,96 € demandés pour chaque ouverture au-delà du quota annuel. »

D’où cette exclamation indignée de cette Pétrocorienne (habitante de Périgueux) : « C’est la mafia de la poubelle ! »

On imagine que les « cas sociaux » dont le nombre ne cesse d’augmenter partout ne seront guère concernés par ces mesures, même s’ils doivent affronter la « brigade de fouille des poubelles », soit des pandores dûement assermentés (scrongneugneu) qui l’année passée ont fouillé 4 200 sacs et identifiés 300 déchetto-terroristes, infligeant à 150 d’entre eux (et les autres ?) des amendes. Coût de la « plaisanterie » : de 400 à 500 000 € par an !

Des esprits contrariants pourraient alors faire remarquer que cela coûterait finalement moins chers aux contribuables, toutes bourses confondues, d’en revenir au système d’antan, sinon de collecte au « porte-à-porte », en tout cas aux containers gratuits pour toutes les ordures ménagères, quels que soient leurs revenus.

Oui, mais ce ne serait pas écolo-punitif, bien sûr…

En attendant, « Comment fait-on l’été ? » interroge Patricia qui habite seule dans un appartement à Périgueux : « J’ai des vers dans mes poubelles quand il fait chaud », assure-t-elle.

Aller à la pêche, tiens !

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lundi, 02 mars 2026

Quand les « petits pères d’Allah » sont jetés aux oubliettes

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La chronique de Philippe Randa

Est-il permis à un observateur « non spécialisé » dans les affaires étrangères de se permettre quelques désagréables rappels historiques ? Des esprits facétieux répondraient qu’un tel observateur risquerait effectivement de déranger les auto-proclamés observateurs spécialisés, bien qu’aux avis souvent diamétralement contraires les uns les autres, mais surtout, pour la plupart, assez oublieux de certains aspects gênants. Ô combien !

Je prends donc cette liberté après ce préambule imposé autant par la prudence que par un minimum d’humilité. Ou d’énervement, au choix, mais dicté par les évènements terriblement sanglants qui se déroulent depuis ce week-end au Moyen-Orient.

Les armées américaines et israéliennes ont attaqué la République islamique d’Iran et éliminé plusieurs responsables du pays dont le président Ali Khamenei, Guide suprême de la révolution depuis 1989. Il ne s’agit donc pas de simples représailles ou de frappes préventives comme par le passé, mais une volonté affichée d’en finir définitivement avec le régime des mollahs.

Tout le monde n’en était pas persuadé jusqu’alors… Notamment le Vice-président des États-Unis J. D. Vance qui déclarait en 2024 : « Notre intérêt, je pense, est très clairement de ne pas faire la guerre à l’Iran. Ce serait une énorme distraction de ressources. Ça coûterait massivement cher à notre pays. »

Monsieur Vance prouve ainsi qu’il n’y a pas que les dames qui « souvent varient… », les dirigeants aussi et tout autant est « fol est qui s’y fie. »

Chose étonnante – ou pas ! – les différents médias qui se réjouissent de la chute annoncée du régime des « enturbannés » ne rappellent guère la responsabilité de la France dans l’avènement de celui-ci : si elle n’avait pas accordé au siècle dernier l’asile – et la protection – à l’ayatollah Kohmeini pour qu’il puisse préparer en toute tranquillité sa révolution, les choses auraient peut-être été différentes car dès son arrivée sur notre territoire le 6 octobre 1978, il prépara à son domicile de Neauples-le-Château sa révolution, notamment par des conférences qui, sous forme de cassettes audio, furent ensuite largement diffusées et préparèrent sa prise de pouvoir…

De même, qui rappelle que l’État impérial d’Iran était alors un des alliés les plus proches des États-Unis d’Amérique dans la région ? Ceux-ci n’apportèrent toutefois aucune aide au Shah Mohammed Reza Pahlavi, ni pour empêcher la chute de son régime, ni ensuite pour lui accorder l’asile. Wikipedia rappelle que « le 22 octobre 1979, le président Jimmy Carter autorisa à contrecœur le Shah à se rendre aux États-Unis pour y subir une intervention chirurgicale (…) Sur place, Mohammad Reza utilisa, à l’insu de ce dernier, le nom de code temporaire de “David D. Newsom”, alors sous-secrétaire d’État aux Affaires politiques » : il s’agissait alors de ne pas trop froisser le régime iranien et l’encyclopédie ajoute que « dès la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran et la prise d’otages du personnel, la présence de Mohammad Reza aux États-Unis a été perçue par l’administration Carter comme un obstacle à la libération des otages, et comme le note Zonis : “… il a, de fait, été expulsé du pays”. »

Cacher cet ancien allié devenu tellement gênant ! De même, nombre d’autres pays ne manifestèrent pas à Mohammed Reza Pahlavi le soutien qu’il aurait pu espérer, notamment le Maroc.

Et, en France, en 1979, la plupart des médias étaient même assez « excités » par l’avènement de l’ayatollah Kohmeini et la perspective que le « petit père d’Allah » – comme en un autre temps, un certain Joseph Staline avait été le « petit père des peuples » que l’on sait – allait instaurer une belle et grande démocratie et ron et ron petit mollah…

Mais bien sûr, tout cela, c’est « parce qu’on ne savait pas… », dira-t-on… Ah ! si les « observateurs spécialisés » de l’époque avaient su, bien sûr, bien sûr… Rengaine connue… et toujours tellement actuelle !

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mardi, 17 février 2026

Quand héros et héroïnes ne sont plus ce qu’ils ont été

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La chronique de Philippe Randa

« On peut dire que le respect que l’on a pour les héros augmente à mesure qu’ils s’éloignent de nous », a écrit le dramaturge Racine, mais parfois le respect de l’héroïsme ne s’éloigne-t-il pas quand l’usage de ce terme est galvaudé ?

C’était il y a… un tiers de siècle ! En 1995, plus précisément, en pleine guerre du Kossovo. Le 30 août, un avion de l’Armée de l’air française parti bombarder l’armée Serbe en Bosnie, quelques heures seulement après le déclenchement de la campagne d’agression de l’OTAN, était abattu… Les deux pilotes à bord parvinrent à s’éjecter, mais se cassèrent chacun une jambe en se réceptionnant au sol. Faits prisonniers, ils furent soignés, emprisonnés… et libérés trois mois plus tard. Tant mieux pour eux, évidemment. On ne pû que s’en réjouir.

À leur retour en France, ils furent salués et fêtés comme des « héros ». Je me rappelle en avoir été à l’époque assez étonné. J’étais bien évidemment heureux qu’ils aient non seulement survécus, été soignés comme il fallait et soient revenus sains et saufs en la mère patrie. Mais en quoi avaient-ils été « héroïques » ? Qu’un avion soit abattu en plein ciel en pleine guerre peut arriver aux meilleurs et l’on ne saurait les en blâmer, mais « subir » n’est en rien « vaillant » et la mésaventure des deux pilotes ne cochait aucun des quatre piliers de l’héroïsme, selon la définition du Larousse, soit le courage, la compassion, l’altruisme et la loyauté…

Des années plus tard, un fait-divers (de plus en plus répétitif en France) : un policier se fait agresser, si mes souvenirs sont bons, par des racailles dans un compartiment de RER. Passé à tabac, il expliquera ensuite qu’il n’avait pas volontairement sorti son arme de service pour se défendre. Les commentaires de nombre de médias me stupéfièrent avec, à nouveau, ce qualificatif dont ils le gratifièrent : quel héros il était !

Sa décision lui avait appartenu, certes, et s’il avait décidé de se laisser humilier, pour des raisons qui le regardait, dont acte ! Bien qu’on puisse tout de même juger que c’était là encourager l’incivilité, la haine, la violence. Il survécut et ce fut tant mieux pour lui. Évidemment (bis repetita) et à nouveau on ne pû que s’en réjouir.

Mais en quoi ce policier avait-il été « héroïque » ?

D’autres années plus tard, en 2020, le martyr de Gisèle Pelicot défraya la chronique judiciaire ; rappelons qu’après l’arrestation de son époux taré (euphémisme) qui tentait de photographier sous les jupes des femmes dans les escalators d’une grande surface et la découverte de centaines de photos et de vidéos pornographiques dans son téléphone mobile, la police l’informa qu’elle avait été livrée sexuellement par son mari à plusieurs individus aussi tarés que lui et ce, durant plusieures années. Ce dont elle ne s’était jamais doutée puisqu’elle avait été chaque fois droguée.

En 2024, une pétition la proposa comme candidate au prix Nobel de la paix au motif que… « personne ne mérite plus que Pelicot le prix Nobel de la paix ». Quel rapport entre son sort, certes dramatique, et la paix dans le monde pour lequel ce prix est attribué depuis sa création ? On ne peut que rester dubitatif.

En 2025, Gisèle Pelicot fut décorée de la Légion d’honneur… Sachant que celle-ci est remise « à titre exceptionnel (…) pour récompenser des personnes qui ont réalisé un acte de bravoure ponctuel ou qui ont exposé leur vie dans l’exercice de leur fonction », on ne peut à nouveau que s’interroger : dans le sort tragique de cette dame, où se trouve l’« acte de bravoure » d’avoir été, à son insu, un objet sexuel ? Où a-t-elle « exposée sa vie »… qui n’a jamais été mise en danger, contrairement à son honneur ?

Désormais officiellement grattifiée du titre de « symbole du combat des femmes contre les violences sexuelles », elle publie en ce début d’année 2026 un livre. C’est parfaitement son droit et pourquoi pas !

Mais là encore, le qualificatif d’« héroïne » est utilisé à son intention : « Une héroïne à travers le monde » : Gisèle Pelicot parmi les femmes de l’année 2025 pour le magazine américain Time, titrait l’année dernière Le Nouvel Observateur.

À nouveau, cette question, répétitive : en quoi cette malheureuse a-t-elle bien pu être « héroïque », alors qu’elle n’était consciente de rien durant son calvaire (et heureusement, d’ailleurs) ?

En refusant, paraît-il, le « huis-clos » lors du procès qui vit la condamnation de son ex-mari à vingt ans de réclusion criminelle et à 50 autres déchets de l’humanité âgés de 27 à 74 ans, d’écoper de peines s’échelonnant entre trois et quinze ans de prison ?

Qu’est-ce qu’un huis-clos aurait apporté de moins ? On ne peut à nouveau que s’interroger car les journalistes présents ou les avocats restent rarement muets face aux micros dont ils sont généralement assez friands et se font rarement prier pour apporter autant de commentaires que désirés…

Ces trois exemples, s’échellonnant sur près d’un quart de siècle, sont édifiants, me semble-t-il, d’un usage assez douteux du mot « héroïsme » qui, à force d’être ainsi utilisé à tort et à travers, perd forcément de sa justification, celle d’une mise en valeur d’un « courage exceptionnel », d’une « grandeur d’âme hors du commun » selon la définition, cette fois, du Robert.

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mardi, 10 février 2026

Jack Lang au pilori ! Qui l’eût cru ?

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La chronique de Philippe Randa

Sa simple convocation au ministère des Affaires étrangères pour s’expliquer sur ses relations avec le milliardaire pédocriminel Jeffrey Epstein semble suffisante à bien des commentateurs pour couvrir Jack Lang d’oprobre et d’or et déjà annoncer sa chute.

Pour simple exemple, ces lignes d’un article-réquisitoire de Médiapart, le désormais site officiel de délation politique française : « Une série de courriels consultés par Mediapart indique que l’ancien ministre était bien personnellement lié à une société offshore de Jeffrey Epstein et de sa fille. Le président de l’Institut du monde arabe aurait également profité de libéralités diverses du criminel sexuel et minoré l’intensité de leur amitié. »

Que veut dire exactement « être lié » ? Est-ce forcément de nature sexuelle ? Qu’importe, l’opinion publique l’entendra comme telle et gageons qu’il sera bien difficile à l’ancien locataire de la rue de Valois  (adresse du Ministère de la culture) de conserver encore longtemps sa synécure à la tête de L’Institut du monde arabe.

Au-delà des possibles turpitudes de cet ancien dirigeant socialiste qui lui vaudront ou non des poursuites judiciaires, il est évident qu’il est déjà jugé et condamné par l’opinion publique, comme bien d’autres avant lui et ses ennemis apprécieront que sa disgrâce intervienne de son vivant, contrairement à l’abbé Pierre dont on aura dû déterrer le cadavre dix ans après sa mort pour révéler au bon peuple quel grand pervers devant l’Éternel il avait été !

Au-delà des considérations des uns ou des autres, se réjouissant ou non de la chute de Jack Lang, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec une autre époque, celle que l’intéressé lui-même a définie en 1981, lors de l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, comme « obscure », soit l’Ancien Régime tant honni de ceux qui se croyaient les artisans d’un pourtant assez improbable passage à la « lumière ».

À la fin du XVIIIe siècle, la Révolution de 1789 massacra l’ancienne classe dirigeante française, celle des nobles qui n’avaient pas réussir à fuir à temps et jusqu’à la famille royale.

En ce premier quart de XXIe siècle, n’assistons-nous pas à une identique chasse (judiciaire) et exécution (morale) de ceux qui dirigèrent la France ces dernières décennies ? De Dominique Strauss-Kahn ou François Fillon hier à Jack Lang aujourd’hui et dont le point d’orgue a été l’incacération, même si elle fut courte, de l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy il y a eu peu, n’est-ce pas une autre Révolution qui est à l’évidence en cours ?

Certes, elle n’a pas – encore – fait couler de sang, mais n’en est pas moins tout autant spectaculaire !

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mardi, 03 février 2026

De « présumés innocents » à « présumés coupables »

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La chronique de Philippe Randa

L’incendie d’un bar à Crans-Montana, en Suisse, le 1er janvier et son terrible bilan – 40 morts et 116 blessés – ont légitimement bouleversé l’opinion publique des pays limitrophes de la Suisse et sans doute bien au-delà… et les médias ont largement rapportés les faits connus ou découverts jour après jour, tout autant que l’émotion, voire la colère, des familles de victimes ou de certains témoins du drame. C’est leur rôle.

Ce qui l’est moins, en revanche, c’est que bien peu d’entre eux n’ont tempéré les excès de certaines accusations, en premier lieu contre le couple Moretti, propriétaires français de l’établissement, en second lieu contre la justice suisse qui aurait « tardé » à incarcérer Jacques Moretti (seulement le 9 janvier), tout en laissant « libre » sa femme Jessica, puis « libéré » le premier après « seulement » 15 jours de détention, décision qui offusque la dirigeante italienne Giorgia Meloni : celle-ci a ainsi exprimé « la vive indignation du gouvernement et de l’Italie » (dont six ressortissants ont trouvé la mort dans le drame) et a jugé que « cette décision représente une grave offense et une nouvelle blessure infligée aux familles des victimes de la tragédie de Crans-Montana et à ceux qui sont encore hospitalisés. »

Ce « faits-divers », certes ô combien abominable, ne se cantonne donc plus à une simple tragédie humaine, mais se déplace sur un terrain politique, de façon assez étonnante puisque de motivations politiques ou religieuses, il n’y aurait trace, sauf rebondissements éventuels et à jusqu’à ce jour, peu probables.

Le rôle de la Justice est avant tout une recherche de la vérité, puis de jugement sans affect ; comme elle l’a expliqué, la mise en détention de Jacques Moretti n’était que « préventive » et ne se justifiait que par les « craintes d’une possible fuite », ce que le versement d’une caution de 200 000 francs suisses (215 000 euros), assorti de « mesures de substitution » (confiscation du passeport, interdiction de voyager, sans port d’un bracelet électronique, mais avec obligation de se présenter une fois par jour au commissariat de police) semble écarter.

Ajoutons qu’une « cavale » n’est guère à la portée de tout le monde : Jacques Moretti et son épouse, même pour ceux qui les détestent le plus, ne sont pas d’importants maffieux, disposant de complices et de moyens financiers suffisants pour espérer échapper à Interpol ; et encore, rares sont les grands maffieux à échapper à une arrestation ad vitam æternam

Au-delà de cette objection, la détention de Jacques Moretti (sinon de son épouse) se justifiait-elle réellement alors que le couple n’est ni jugé, ni condamné et que son « entière » responsabilité n’est pas encore établie ?

La « présomption d’innocence » désormais obligatoire avant toute condamnation pour n’importe quelle personne dont, souvent, les délits sont pourtant avérés, ne peut-elle leur bénéficier, eux qui n’ont tout de même pas orchestré sciemment cette tragédie et dont on peut légitimement penser qu’elle les affecte humainement, sinon autant que les familles des victimes, du moins certainement, eux aussi ? Ce qui, bien sûr, n’exclut en rien leurs éventuelles et peut-être lourdes responsabilités. Et leurs condamnations futures si telles est le cas.

Sans se faire en aucune façon leur avocat, mais simplement pour tenter de raison garder, n’est-il pas indispensable de laisser la police et la justice œuvrer sans passions, sans pressions, afin d’établir si d’autres personnes, voire des institutions, n’auraient pas une part – et quelle part – de responsabilité dans ce drame et dans son ampleur ?

Beaucoup s’insurge souvent, à juste titre et moi le premier, contre le laxisme judiciaire de « présumés innocents »… mais le lynchage populaire de « présumés coupables » n’est-il pas tout aussi indigne ?

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mardi, 20 janvier 2026

Le prix sanglant de la moralité des auto-proclamés justiciers

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La chronique de Philippe Randa

Chutera, chutera pas… aujourd’hui, demain, après-demain, enfin un jour peut-être. Qui ça ? Mais l’abominable régime des Mollahs. Enfin, abominable pour les uns, vénéré pour d’autres, c’est selon…

En attendant, les morts en cet hiver 2026 sont comme les feuilles mortes en automne, ils dégringolent par dizaine, centaine ou milliers, c’est selon, là encore, les sources d’informations des pro ou anti-régime actuel de Téhéran, sans doute aussi peu fiables les unes que les autres.

Mais que les morts se ramassent (déjà) à la pelle ou pas, l’éventuelle chute de l’Ayatollah Ali Khamenei se fera très certainement dans un bain de sang.

Et ce bain de sang, quels que soient les sentiments que l’on porte à ce régime au pouvoir depuis la révolution qui porta le 11 février 1979 l’Ayatollah Khomeini à la tête du pays, pourrait-il être évité ? Sans doute pas.

D’abord, on n’envisage guère un scénario à la Vénézuelienne où Ali Khamenei serait enlevé par un commando de Marines (voire de Tsahal) avec seulement quelques dizaines de ses gardes du corps au tapis, suivi de « négociations » avec les autres dirigeants actuels de l’Iran pour une transition dite démocratique.

Ensuite, ces autres dirigeants, justement, n’ont sans doute guère d’illusions sur leur propre sort en cas de basculement du régime : au mieux seraient-ils jugés et enfermés ad vitam æternam jusqu’à ce qu’ils rendent leur âme à Allah au fin fond d’une geole étrangère ; au pire, seraient-ils livrés aux nouveaux dirigeants de l’Iran qui ne s’embarasseront probablement guère de considérations pseudo-droits-de-l’hommesques ; leurs jours seraient alors plus rapidement comptés que les souffrances qui précèderaient leur trépas.

Mettons-nous un instant à leur place : ont-ils le choix de ne pas se battre jusqu’au bout, quoiqu’il en coûte au peuple iranien ? Perdus pour perdus, ils résisteront aussi longtemps qu’ils pourront, sans considération aucune de l’hécatombe inévitable que leur résistance engendrera.

Allah y reconnaîtra de toute façon les siens le jour où les 72 vierges promises leurs seront présentées et même qu’il n’y en aura peut-être pas pour tout le monde.

D’ailleurs, les pays qui contribuent à la chute des dictatures ont-ils eux-mêmes toujours les mains propres, sinon la conscience tranquille ?

Qui jugea en son temps les dirigeants du IIIe Reich à Nuremberg ? L’URSS et son régime aux cent millions de morts, les USA qui venaient de clore une guerre avec le Japon par deux lâcher de bombes atomiques qui tuèrent « de 90.000 à 140.000 personnes pour Hiroshima et de 60 000 à 80 000 habitants pour Nagasaki, ces chiffres ne tenant pas compte des morts liés aux effets à long terme de l’irradiation » et aussi l’Angleterre dont le bombardement de Dresde du 13 au 15 février 1945 fit, suivant les historiens, entre 25.000 à 250.000 morts, ce que le clergé anglican dénonça avec virulence à l’époque.

Mais c’était la guerre ? Oui peut-être… mais surtout l’application du célèbre adage « malheur aux vaincus. »

Lorsque l’URSS s’effondra et que l’on vit des scènes de liesse populaire à travers cet immense pays où nombre de statues de Lénine et de Staline furent renversées et détruites, les ex-dirigeants du pays sûrent se faire oublier car personne ne leur réclama de comptes et on ne comptabilisa pas de massacre. Ni sous Mikhaïl Gorbatchev, ni sous Boris Eltsine et pas davantage sous Vladimir Poutine. La mémoire des victimes des bourreaux soviétiques n’y trouva pas son compte. Leurs compatriotes, si !

Alors, pourquoi ne pas imaginer pour l’Iran – ce qui ne semble pas être envisagé actuellement par les pays qui soutiennent les manifestants – un autre scénario qui laisserait aux dirigeants d’un pays, aussi fanatiques et sanguinaires soient-ils, un échappatoire, une « issue de survie » pour qu’ils laissent la place sans répandre le sang en étant assurés d’une autre fin de vie que l’emprisonnement ou l’exécution, via souvent la torture ?

Assurer l’impunité à des oppresseurs, du moins jugés comme tels, et à leurs complices seraient assurément immoral, on le conçoit… Mais si c’était le prix à payer pour sauver des centaines, des milliers de vies innocentes ? Le monde s’en porterait-il finalement plus mal ? La question ne mérite-t-elle pas d’être posée, même au risque d’offusquer les auto-proclamés justiciers ?

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mardi, 13 janvier 2026

Tout le monde aime les paysans… vraiment ?

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La chronique de Philippe Randa

La mobilisation actuelle du monde paysan – appelons-le comme cela –, après tant et tant d’autres, est l’occasion d’une antienne largement répandue dans nombre de médias et dans bien davantage de discutions de moins en moins devant les comptoirs et de plus dans les réseaux sociaux : nos paysans ont bien du malheur alors que tout le monde les aime tant !

Vraiment tout le monde ? Est-ce bien certain ?

Premier constat, ce « monde » représentant moins de 8 % du corps électoral, son intérêt politique va, de fait, en déclinant : « Selon le dernier recensement mené par le ministère de l’agriculture avec des données collectées en 2020, le nombre d’exploitations est passé sous la barre des 400 000, à 390 000. En dix ans, le précédent pointage datant de 2010, 100 000 fermes ont été rayées de la carte. En plaçant le curseur un demi-siècle plus tôt, on constate encore plus l’ampleur de l’hémorragie. En 1970, la France comptait alors 1,5 million d’exploitants agricoles », rapportait Laurence Girard dans Le Monde en juin 2024.

Capter son électorat n’est alors sans doute guère la préoccupation première des sacro-saints incontournables think tanks des partis, d’autant que lors des élections législatives de 2024, « traditionnellement ancré à droite, le monde agricole n’a pas échappé à la vague de vote Rassemblement national », nous apprenait Laurence Girard dans le même article du Monde.

Mais les petites rivières faisant les grands fleuves, selon un adage populaire, un candidat à une élection tordrait-il le nez, sinon à garder, du moins à tenter de conquérir ou de reconquérir 8 % du corps électoral quand défaite ou victoire se joue souvent à moins d’1 ou 2 % des suffrages ? En principe, aucun… Dans la réalité, c’est moins certain, car comment parler à des gens qui ne cessent de clamer haut et fort qu’ils travaillent jusqu’à 10 ou 12 heures par jour et cela 7 jours sur 7, sans prendre de vacances pour parfois ne même pas gagner un smic mensuel… quand pour certains – de gauche, du centre et de droite –, l’instauration de la semaine de travail de 35 heures – en attendant de la réduire encore – fut et reste le nec plus ultra de l’avancée sociale, tandis qu’à l’extrême-gauche, la députée Sandrine Rousseau en rajoute en prônant de son coté le « droit à la paresse » ?

Difficile pour ces gens-là de parler au monde paysan et on comprend mieux l’évolution de son vote en faveur du RN, puisque son président Jordan Bardella, propose, lui, de « pouvoir revenir sur les 35 heures dans les entreprises » dans un entretien à Cnews. Un discours que le monde paysan non seulement comprend, mais qu’il interprète sans doute comme un légitime sentiment de reconnaissance envers sa propre condition.

Quant aux auto-proclamés écologistes qui ne cessent de clamer que les agriculteurs empoisonnent l’humanité avec l’emploi de pesticide pour une basse question de « rentabilité » – dont la même Sandrine Rousseau n’a « rien à péter », comme elle l’a si élégamment déclaré en juillet dernier sur le plateau de la Contre Matinale, du média d’extrême gauche Le Média –, le fossé ne cesse chaque jour de devenir un précipice d’exécration réciproque avec le monde paysan.

Non, tout le monde n’aime pas les paysans ! À l’évidence !

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mercredi, 07 janvier 2026

La « doctrine Donroe », cet étrange « sentiment de danger »

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La chronique de Philippe Randa

L’année 2026 commence fort par l’attaque surprise – bien que prévisible, paraît-il ­– des États-Unis d’Amérique contre le Vénézuela et la capture et l’exfiltration de son président contesté Nicolas Maduro.

Officiellement, cela a été décidé pour lutter contre le narco-trafico-business de ce dernier et accessoirement pour délivrer les Vénézuéliens d’un abominable dictateur qui aurait confisqué le Pouvoir pour mieux s’enrichir et les auraient ainsi ruinés. Pourquoi pas !

Grand seigneur, le président Trump a même annoncé que les USA « allaient diriger le pays jusqu’à ce que nous (c’est-à-dire “eux”, les Américains) puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse. »

Pour embêter un peu plus ceux qui jugeraient – on se demande bien pourquoi – cette déclaration quelque peu « colonialiste », sinon « dictatoriale » – l’une n’excluant pas l’autre –, Donald Trump en a rajouté une louche dans la foulée en rappelant la doctrine Monroe, texte vieux de deux siècles selon lui « trop longtemps oubliée » qui considère l’Amérique latine – et plus largement les Amériques – comme la chasse gardée de Washington ; d’ailleurs, emporté par l’enthousiasme, il n’a pas non plus hésité à la rebaptiser de son propre nom, officialisant ainsi la « doctrine  Donroe », puisque « nous (c’est-à-dire “lui”, The Donald) nous l’avons dépassée de très loin ». Au moins, les choses sont dites et on n’est jamais si bien servi que par soi-même, c’est bien connu !

D’où les réactions très contrastées entre, d’une part, les « ravis » de la chute spectaculaire d’un narco-dictateur et, d’autre part, les « outrés » d’un viol aussi flagrant du droit international.

Au-delà des réactions partisanes, on peut aussi faire quelques simples remarques qui ne manqueront sans doute pas de déplaire aux uns comme aux autres.

D’abord, en rappelant que l’initiative yankee de ce début d’année n’est en rien une première : les USA avaient déjà, pour les mêmes raisons invoquées, capturé en 1989, puis jugé et emprisonné le chef de l’État panaméen Manuel Noriega, pourtant ancien stipendié de la CIA.

De même, la guerre du golfe de 2003 avec la chute de Saddam Hussein, puis celle du Kosovo (1998-1999) avec celle du président Milosevik avaient été menées certes pour d’autres raisons, mais sans davantage tenir compte du droit international, puisque bafoué par le mensonge du Secrétaire d’État américain Colin Powell sur les armes de destruction massive qu’aurait détenu l’Iraq pour la première… et par une intervention étrangère dans un conflit intérieur de ce qui était alors la République fédérale de Yougoslavie pour la deuxième.

Ensuite, comme n’a toutefois pas manqué de le faire remarquer notamment la RTBF : « Un autre enjeu, bien plus structurant, s’impose en toile de fond : le pétrole. Ressource centrale de l’économie vénézuélienne, l’or noir cristallise depuis près d’un demi-siècle un bras de fer acharné entre Caracas et Washington, que l’offensive américaine vient brutalement raviver. »

De quoi tempérer l’enthousiasme des laudateurs de Donald Trump pour avoir débarrassé la planète d’un « méchant » par une action aussi efficace que pas nécessairement si désintéressée que cela… Mais tout travail mérite salaire, concédront-ils.

Enfin, si la « doctrine Monroe » ne s’est pas cantonnée par le passé aux seules Amériques, la « doctrine Donroe » ne s’appliquera-t-elle pas un jour à un pays de l’Union européenne qui serait, par exemple, dirigé par un gouvernement islamiste ? Et plus certainement encore si ce pays détenait par exemple… l’arme atomique… hors partage nucléaire de l’Otan ?

Mais ce n’est là peut-être qu’un « sentiment de danger ». Un de plus !

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mardi, 30 décembre 2025

« Plus nombreux », pas encore… mais « plus intelligent » ? Carlos Martens Bilongo nous en fait douter

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La chronique de Philippe Randa

C’est désormais la coutume : à peine des propos déclenchent-il une polémique, minime ou pas, que les excuses de celui qui les a tenus se déclenchent quasi-automatiquement : « J’ai insulté, accusé, diffamé… mais suis désolé si j’ai heurté des personnes par mes propos ! »

Et ensuite ? Ensuite, on oublie et on passe à autre chose, parfois sur fond d’une vague plainte judiciaire qui se concluera des mois plus tard quand tout le monde aura oublié, par un « classement sans suite » ou quelques euros de dommages et intérêts.

Ainsi des propos récents du député de la France insoumise Carlos Martens Bilongo qui n’a même pas suggéré, mais carrément affirmé que l’actuelle ministre Rachida Dati devait moins ses succès professionelles, politiques et médiatiques aux charmes de sa voix… qu’à la voie de ses charmes !

À bien y réfléchir, de tels propos sont-ils seulement sexistes ou plus grave encore d’une rare bêtise ?

Outre qu’il est bien évidemment impossible de savoir si la dame a parfois ou non accordé ses faveurs pour ses intérêts autres que sensuels pour la bonne raison que personne n’y était pour vérifier, qui peut douter que l’ancienne Garde des Sceaux, actuelle ministre d’Emmanuel Macron et candidate à la fonction de Premier édile de notre Capitale, n’ait pas une personnalité, une répartie et un culot amplement suffisant pour parvenir à ses fins sans avoir besoin de recourir à son sourire, aussi agréable soit-il ? Voire à faire don de son corps tout entier pour réaliser ses rêves, aussi ambitieux fussent-ils, en remerciant Dame nature de l’avoir assez bien gâtée…

Plus graves sont les autres propos de l’élu insoumis tenus sur la plateforme « La Librairie Africaine » le 23 décembre dernier, concernant le « Grand Remplacement » de population dans notre pays et le jugement, ouvertement raciste, qu’il tient sur les Français de souche auquel il est heureux, en tant qu’originaire d’Afrique, de « leur montrer qu’on est plus nombreux et qu’on est plus intelligents. »

Notons au passage que le député Lfiste ne fait que confirmer les déclarations de son leader maximo Jean-Luc Mélenchon qui affirme que « la France traditionnelle est une France diminuée » et qui se réjouit lui aussi de la « créolisation » de la population française qu’il considère comme un fait acquis. L’un et l’autre reconnaissent ouvertement le Grand Remplacement, pourtant encore considéré officiellement par la grande majorité des partis politiques (Rassemblement national inclus) comme pur « fantasme d’extrémistes ».

En affirmant qu’« on a fait plus de gosses qu’eux et bien tant pis pour eux », et bien que né en 1990 à Villiers-le-Bel (Val d’Oise), Carlos Martens Bilongo se présente de facto comme un « agent de l’Étranger », en l’occurence le continent africain. En d’autres temps, plus précisément en 1939, être tenu pour tel a valu à certains une opprobre certaine, puis une condamnation à mort.

En notre époque où jusqu’au plus haut sommet de l’État, on ne cesse de se déclarer en guerre à la moindre occasion contre tout ou tout le monde, on ne peut que conseiller au député Bilongo quelques prudences dans la tenue de ses propos… et lui rappeler, au moins pour la forme, qu’en République française, un élu se doit d’œuvrer pour tous les citoyens de celle-ci, quel que soit leur sexe… mais aussi leur origine raciale ou leur conviction religieuse ou philosophique.

C’est même un certain article premier d’un certaine Constitution du 4 octobre 1958 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

Et cette constitution, c’est la nôtre ! Ne lui en déplaise.

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mercredi, 24 décembre 2025

Présenté par Philippe Randa : La désinformation autour de la criminalité

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Chaque jour, nos compatriotes sont de plus en plus nombreux à découvrir, parfois à leur dépend ou à celui de leurs proches, l’effrayante réalité… qui, hélas ! est tout, sauf un « sentiment » d’insécurité comme l’a dédaigneusement affirmé l’ex-Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. Et ils s’insurgent contre les mensonges répandus sur une criminalité qu’ils constatent galopante, une répression qu’ils jugent insuffisante, sinon déficiente, des discours de matamores et des promesses de Gascon qu’ils ne veulent plus entendre… Rappelons-nous des remous que Nicole Belloubet, ancienne ministre de François Hollande, avait provoqués en 2020 en libérant des milliers de détenus avant la fin de leur peine au prétexte fallacieux de l’épidémie de covid.

La caste qui gouverne notre pays n’a appris qu’à « communiquer », pas à résoudre les problèmes. Tant que ces derniers n’étaient pas trop importants, trop visibles, c’est qu’ils n’existaient pas. Ce n’étaient que des « sentiments » de problèmes, comme aurait également pu ricaner un Éric Dupond-Moretti. Depuis plus de cinquante ans, on tait les problèmes liés à la délinquance. On les a cachés sous couvert d’antiracisme, de culpabilisation liée à notre passé colonial et surtout des dangers d’une répression aussi diabolique que fantasmée…

Combien d’« interpellés » ont été libérés le soir même, le lendemain ou au bout de 48 heures de garde à vue ? Combien ont finalement été inculpés ? incarcérés ? condamnés ? Et combien, parmi eux, étaient des « gros bonnets » et non des « charbonneurs », comme on nomme les petits revendeurs de drogue, aussi vite remplacés qu’arrêtés ? Les effets d’annonce ministériels ou présidentiels non suivis d’exécutions sont désormais tellement courants qu’ils n’attirent plus que haussement d’épaules et soupirs exaspérés.

Les différents contributeurs de cet ouvrage remettent nombre de pendules à l’heure ; ils nous livrent leurs réflexions, leurs informations et leurs remises en cause de certains dogmes actuel, en appuyant comme il se doit leurs écrits sur des sources parfaitement vérifiables… et non sur des ukases, ce qui changent agréablement des discours habituels sur le sujet.

La désinformation autour de la criminalité, présenté par Philippe Randa, illustré par Miège, Dualpha, 210 pages, 27,00 €

Avec les contributions de Paul-Louis Beaujour, Francis Bergeron, Christian Bigaut, Franck Buleux, Richard Dessens, Michel Festivi, Philippe Joutier, Didier Lecerf, Patrick Parment, Robert Paturel, Henri Pétry, Bernard Plouvier, Arnaud Raffard de Brienne, Scipion de Salm, Alain Sanders, Guirec Sèvres.

Pour le commander cliquez ici

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