jeudi, 02 juillet 2009

Parlez-moi d’emprunt !

Le Billet de Patrick Parment  

 

aec2ae36-4462-11de-ba72-9a434db1a8c2.jpegDe vous à moi, j’avoue ne pas comprendre grand chose aux problèmes d’argent et encore moins à ses techniques. Faute d’en avoir, je suis soulagé du souci de le préserver. Un jour, j’ai eu l’occasion d’interroger un homme riche qui m’a avoué que ne faire que du fric n’était pas très enrichissant, que c’était même un exercice assez pauvre intellectuellement. Je veux bien le croire. L’argent pour l’argent, il me semble que Charles Péguy a écrit quelque chose là-dessus. Mais, du couple frénétique qui multiplie les casse-croûte genre Kouchner-Ockrent aux finances de l’Etat, il y a une marge. Je pense. Sinon, y a qu’à coller Attali aux finances et roulez, jeunesse ! Je n’ai plus le souvenir de ce qu’avait fait Fafa (Fabius) dans le bouclar, mais Mitterrand lui doit la reconversion-mutation du socialisme au capitalisme d’affaires. Il y a des mecs qui se sont goinfrés en Bourse. L’un d’eux m’a avoué s‘être offert sa première Ferrari (pas la speakerine).


Saharcausie n’a finalement pas de pot, il a loupé les années-fric vu qu’il est passé direct aux années de plomb. Merci Madoff, un mec de la famille pourtant. Donc, Saharcausie, qui n’arrive pas à s’en sortir, semble-t-il, a décidé de lancer un grand emprunt auprès des Français.


Il se fout de nous ou quoi ? D’abord, c’est qui " les Français " ? Essentiellement la classe moyenne, celle sur laquelle on tape sans cesse. Celle qui a déjà renfloué le Crédit lyonnais, celle qui a prêté de l’argent aux banques suite à toutes leurs conneries en Bourse en achetant des Madoff pourris (je généralise), celle-là même que les banquiers – hein Bouton…de culotte – enquiquinent en permanence au moindre découvert, celle-là même encore des petits patrons à qui ces mêmes banquiers véreux refusent des crédits pour payer leurs ouvriers. Ces banquiers et ce système bancaire le plus pourri de la planète et contre lequel l’Etat français ne fait rien !

 

Un emprunt ? Autrement dit, hypothéquer un peu plus notre avenir alors que les intérêts de notre dette, déjà faramineuse, ne cessent de grimper ? Et grâce à qui, à votre avis ?


Et si l’on faisait des économies, en taillant dans le train de vie de l’Etat ? Quelques pistes. On pourrait commencer par supprimer le Sénat. On pourrait ensuite regrouper, en éliminant les personnels des conseils généraux et régionaux. On pourrait expertiser les dépenses de santé, les comptes sociaux, notamment tout ce qui touche de près ou de loin à l’immigration, éradiquer tous les comités Théodule genre la Halde. On n’a que l’embarras du choix. Surtout, si c’est pas politiquement correct ! Il ne manque que la volonté politique. Comme d’habitude.


Alors, parlons-en de cet emprunt, car là aussi il y a de quoi se marrer franchement. Figurez-vous que Fillon, ce fou du volant, a convié ses ministres à un séminaire pour leur demander d’avoir des idées sur l’emploi de cet emprunt ! On rêve. Autrement dit, ce gouvernement de baltringues ne sait pas quoi faire de cet emprunt. Sarkozy a dû balancer cette idée suite à une partie de " fumage " de moquette un soir d’ennui avec sa chanteuse. Demander à un ministre d’avoir des idées ? C’est comme demander à Yann Arthus-Bertrand d’être écolo.


On va continuer encore longtemps à prendre les Gaulois pour des imbéciles ?

dimanche, 28 juin 2009

Et la retraite, bordel !

 Le Billet de Patrick Parment   

 

tempete1.jpgRepousser l’âge de la retraite, voici qui va faire couler beaucoup d’encre dans le Landerneau. Vous imaginez déjà ce que ces idiots de moins en moins utiles que sont les syndicats vont dire. Dire ? Hurler, oui ! Se barrer à la retraite à 60 ans fait partie des droits acquis, de ces mythes intouchables qui rythment la vie du travailleur français.  Sauf que le monde du travail d’hier et celui d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir. La santé des Français non plus. Un homme de 60 ans, aujourd’hui, c’est généralement quelqu’un en bonne forme et qui n’a pas nécessairement envie de s’arrêter de travailler. En fait, il faut changer notre vision sur le monde du travail et donc de la retraite. Je pense que le temps est venu de laisser la liberté à chacun de la prendre quand bon lui semble.

 

On comprend que celui qui a exercé toute sa vie un métier pénible, l’âge venu, il veuille arrêter de bosser. Il a sa dose. Et il faut lui faciliter la tâche. Mais les autres ? Prenez nos hommes politiques, si on colle la retraite obligatoire à 60 ans, on va décimer les Assemblées et la moitié des maires de nos grandes villes vont pouvoir aller aux champignons. Prenez un Bouvard, un Elkabbach, un Drucker… ils sont toujours au charbon et pas vraiment pour des questions d’argent.

 

Reste que de nombreux sexagénaires vont devoir rester au « chagrin » pour cause de retraite insuffisante. Et je pense particulièrement à la génération de l’ex « baby boom », à savoir tous les gonzes nés après la guerre et qui avaient 20 ans aux alentours de mai 1968. Cette génération-là n’est pas carbonisée que je sache. Mais, quand Fillon aborde le sujet (il en fait partie d’ailleurs), il a en tête le vieillissement de la population et la difficulté de les financer, ces foutues retraites. Alors, autant laisser les mecs au boulot le plus longtemps possible.

 

Sauf qu’il y a un hic ! Passés 50 ans, la plupart des entreprises foutent les mecs à la porte car ils coûtent trop cher. Enfin, c’est ce que racontent ces enfoirés de patrons. Car, si on a les syndicats les plus cons de la terre, on peut également coller le patronat dans le même sac. Et la classe politique avec, mais c’est un autre sujet. Nous sommes dans une situation pour le moins paradoxale où les jeunes n’ont pas de boulot et les seniors non plus. Ne travaillent dans ce pays que les gens ayant entre 30 et 55 ans ! Si vous ajoutez à cela le coût de l’immigration, sur lequel nos politiques font le silence radio, qui revient très cher  à tous les Gaulois qui bossent, vous aurez vite compris que la situation dans ce pays va devenir de plus en plus explosive. 10 millions d’immigrés qui, à des degrés divers, vivent sur la communauté à coups d’alloc et de RMI. Et n’oublions pas ces fameux DOM-TOM qui n’ont plus rien du dépliant touristique.

 

Si Fillon ou un autre, dans les années à venir, ne trouvent pas des solutions, c’est dans la rue que se réglera le problème des retraites. A moins que ce peuple avachi que l’on est en train de devenir, grâce à nos élites gaucho-politico-technocratiques, se résigne à faire une entrée fracassante dans le tiers-monde.

jeudi, 25 juin 2009

Un quoi ? Un remaniement

Le Billet de Patrick Parment   

 

JCA FRANCOIS FILLON.jpgCe remaniement n’est qu’un jeu de chaises musicales sans grand intérêt, vu que le centre de décision demeure bien l’Elysée. C’est Sarko qui a dressé la liste. Pas Fillon. On est donc bien dans un régime présidentiel qui n’ose pas dire son nom. Adieu la Vème République. Mais, passons, c’est franchement secondaire. Un journaliste a eu le mot juste en disant que Fillon est un simple DRH (directeur des ressources humaines), gentil animateur d’une bande de joyeux drilles qui se tirent des bourres.


Non, l’unique information de ce remaniement, c’est la nomination de Pierre Lellouche comme secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Il est depuis longtemps partisan de l’entrée de la Turquie en Europe – il y voit certainement là le ticket d’entrée d’Israël -, il est membre du club mondialiste la Trilatérale depuis 1993, pro-israélien et donc sioniste furieux évidemment. Ses interlocuteurs sont Sarko lui-même et David Levitte au château et certainement pas Bernard Kouchner, qui inaugure les chrysanthèmes. Reste que Sarkozy est contre l’entrée de la Turquie pour une raison simple : les Français en font un casus belli. Il n’a aucune chance d’être réélu s’il campe sur cette position. Et il le sait. Donc, quel est le sens de cette nomination qui n’augure rien de bon, la vision de Lellouche étant par essence anti-européenne ? L’avenir nous le dira.


Un petit sujet secondaire mais qui amuse beaucoup le Landerneau : l’énergie déployée par Villepin pour exister. Il ne sait plus, le bougre, par quel bout prendre le problème pour se faire enfin une place. Il a tout essayé : louer Sarko, le dézinguer, chercher une investiture qu’il n’a évidemment pas trouvée. La dernière en date : il monte un club où il va réunir trois pelés et un tondu. Villepin n’a pas compris qu’il n’avait aucun avenir en politique. Pour plusieurs raisons. Avec Chirac, ils ont œuvré de concert pour nuire à Sarko avec une rare constance. Il y a les coups tordus qu’on connaît et surtout tous ceux qu’on ne connaît pas. Mais on peut faire confiance à Villepin pour avoir pousser le bouchon un peu loin.


Ensuite, il n’a jamais affronté aucun suffrage, n’a donc été élu nulle part. Un homme, dans ce pays, qui n’est pas passé sous les fourches caudines des électeurs n’existe pas. Raymond Barre – qui a fini par s’y résoudre – en a fait les frais. Villepin entame un chemin de croix qui va le mener tout droit au néant. Sarko a un fusil à lunette pointé sur lui. Il peut s’agiter dans tous les sens, Idéal du Galouzeau from Villepin, il fera du sur-place et marrer tout le monde. Ce qui est pathétique chez lui, c’est qu’il ne l’a pas compris. Il s’imagine un destin que Chirac lui a plombé d’entrée de jeu.

mardi, 23 juin 2009

Hic et Nunc

Le Billet de Patrick Parment  

 

claire denamur_chanteuse jazzy.jpgJe n’ai rien contre la musique qui est, comme le disait Victor Hugo, " du bruit qui pense ". Autrefois, dans nos écoles républicaines, on recevait une initiation à la musique classique et au chant, ce qui a permis à beaucoup de comprendre que Bach, Mozart et consorts avaient peuplé le silence des reflets de notre âme. Aujourd’hui, on est loin du compte et on se demande même comment la chanson populaire a pu survivre à tant de bruits bizarres. Le problème, et c’est là où je voulais en venir, est que la musique a supplanté le livre comme référent culturel majeur. Que ce soit à la radio ou à la téloche, comptez les minutes où il est question de livres. Je ne parle pas des émissions à la con, genre Guillaume Durand. Déjà que Pivot, en son temps, c’était le minimum syndical. Alors, aujourd’hui… ah si, vers minuit, vous avez un gonze qui a une tronche de croque-mort et qui vous parle de cette chose bizarre qu’est le livre. Non, on est envahi par le bruit, les stars Ac de concierges, les radio crochets jeunes, les jeux où il n’est question que de chanteurs inconnus, de noirs rappeurs et d’émissions de télé du passé, comme si la téloche pouvait constituer une icône et un référent culturel. La déculturation est en marche.

Au sujet de la burqa, on raconte n’importe quoi. Car le problème, ce n’est pas le vêtement mais bien l’islam et la pression qu’il exerce sur les institutions de la République dans un bras de fer où trop souvent les hommes politiques baissent leur froc. Même les laïcards purs et durs baissent les bras. Mais que font donc les Loges ?

On fait tout un pataquès de la venue de Sarko devant les parlementaires à Versailles. C’est franchement un événement anodin et sans intérêt. Les socialistes, une fois de plus, se sont ridiculisés en n’assistant pas à cet Olympia. D’autant que Sarko ne raconte pas que des bêtises. Comme toujours, il a de bons diagnostics. Mais il n’a pas la vision d’ensemble pour vraiment régler les problèmes. C’est vrai que la société française a besoin d’être bousculée. Globalement, c’est une société de fainéants où les mecs ont du génie, ce qui fait qu’au final ça finit par tourner. Paradoxal dans ce grand bordel ambiant dans lequel nous vivons, où l’on trouve toujours un règlement administratif qui inhibe toute initiative. Globalement, dans ce pays, faut virer les syndicats qui ne représentent plus rien, abolir tous les statuts de la fonction publique qui génèrent la fainéantise et le " j’m’en foutisme ", fermer les organismes para-étatiques qui ne servent à rien, et là y a du monde, et supprimer les doublons administratifs entre région et département. Virer les aides publiques aux familles des délinquants. Côté école, rétablir la sélection à tous les étages et revaloriser l’enseignement professionnel où vont nécessairement atterrir les trois quarts d’une génération. Côté retraite, dans ce pays de vieux que nous sommes en train de devenir, laisser libre chacun de prendre sa retraite quand il en a envie (et s’il a les points nécessaires évidemment). Mais n’empêcher surtout personne de travailler. Et que l’Etat remplisse pleinement son rôle, notamment en matière d'immigration, mais ça, c’est déjà une autre histoire.

 

Je sais, " y a qu’à, il faut… ", la critique est facile et l’art difficile. Sachez que de toute manière, un jour ou l’autre, un mec ira à la hache ! Amis de la poésie, bonsoir !

dimanche, 21 juin 2009

Le crime était presque parfait…

Le Billet de Patrick Parment  

 

25735a-balladur.jpgLes scandales républicains se ramassent à la pelle… La liste est trop longue des enveloppes qui finissent dans les poches des partis quand ce n’est pas dans celles de nos hommes politiques. Le pouvoir et l’argent. Vaste sujet, mon cher Watson. Du PS au RPR, j’ai toujours entendu dire que le plus artiste c‘était incontestablement Chirac. Les affaires qui lui collent aux fesses sont nombreuses, mais le système protège ses ouailles. On enterre. Donc, n’allez pas imaginer que les mecs vont finir au trou. Certes, on en donne parfois quelques-uns en pâture pour faire bonne figure, Carignon, Tapie, Loïk Le Floch Prigent, Botton, Noir… tout cela n’est rien, vu l’ampleur de la corruption.


J’avoue que la dernière affaire en date marque un point dans l’ignominie. Souvenez-vous. Nous sommes en 1994. La France vient de vendre un sous-marin classique au Pakistan. En 2002, des ingénieurs de la DCN (chantiers navals) partent à Karachi pour finaliser la livraison et effectuer, je suppose, les mises au point. Un attentat a lieu, qui tue 11 ingénieurs et 3 Pakistanais. Une commission d’enquête est constituée dont les avocats des familles viennent de prendre connaissance. Rien à voir avec Al Qaïda.  Il s’agirait de la réponse du berger à la bergère pour des rétro-commissions non versées. Une manière un peu brutale de la part des Pakistanais de se rappeler au bon souvenir des autorités françaises. Autrement dit, par l’assassinat pur et simple de ressortissants français.


Petit retour en arrière. En 1995, la campagne électorale fait rage entre Balladur et Chirac. Le camarade Sarkozy est alors ministre du Budget. A Bercy, il s’en donne à coeur joie contre les purs et durs de la chiraquie, à coup de redressements fiscaux. Les mecs s’en souviennent encore et se méfient toujours de Sarko. Or, Balladur n’a pas de parti et il a besoin d’argent pour sa campagne. De beaucoup d’argent. Alors, les balladuriens ratissent tout ce qui passe à portée de main.  Sauf que c’est Chirac qui emporte le morceau et qui ferme illico le robinet du remboursement des dettes balladuriennes. La vengeance chiraquienne contre les balladuriens va durer très longtemps. Telle est la thèse qui a été rapportée aux avocats des victimes de ce crime. C’est gros, très gros même. Une fois de plus, on retrouve Chirac aux manettes et responsable moral, par souci de vengeance, de ces attentats. Il ne faut pas compter sur Sarkozy pour faire toute la lumière sur cette affaire. Il a d’ailleurs botté en touche. Car c’est tout le système du financement occulte des partis qui serait alors posé. Comment, mettre à jour la cupidité républicaine, démocratique et droit-de-l’hommesque ? Pas question. Circulez, y’ a rien à voir.

lundi, 08 juin 2009

Des européennes sans Europe !

Le Billet de Patrick Parment  

 

200903220828_w350.jpegC’est Jean-Luc Mélenchon qui a le mieux commenté les résultats de cette élection européenne : les Français ne veulent pas de cette Europe-là. Cette Europe en question, c’est celle, technocratique, de Bruxelles ou de Strasbourg sur laquelle les Européens n’ont aucune prise. C’est une Europe du fric aux mains des lobbies, une Europe qui se gausse des peuples et de la personnalité de chacun d’entre eux. C’est une Europe sans conscience politique, sans vision géopolitique et sous influence. Les députés européens sont des guignols impuissants et les eurodéputés français largement débordés par les Anglais ou les Allemands, qui ont formé depuis longtemps le personnel ad hoc. La France ne s’impose à Bruxelles – et encore, voir la crise du lait – qu’en situation de rupture et quand le pouvoir politique s’en mêle pour régler en général un problème de politique intérieure. De ce point de vue, nous ne sommes pas les seuls à dénoncer cette Europe-là. Ce reproche est d’ailleurs général sur le continent.


Mais à qui la faute, quand le mandat européen sert en politique intérieure à récompenser ou recaser des élus qui n’ont aucune compétence particulière. Le cas de Rachida Dati n’est pas isolé. Et le vote des électeurs ne fait que confirmer l’absence d’intérêt pour ce " bazar ".


On notera en premier lieu le fort taux d’abstention – près de 60%. C’est le premier démenti. Ensuite, le score de l’UMP est médiocre – autour de 28% -, même si elle arrive en tête, dans un paysage politique dévasté par un Sarkozy qui s’ingénue à brouiller les cartes et casser tous les repères.


Les échecs successifs du Parti socialiste l’ont anéanti et il n’arrive pas à cadrer son discours dans ce contexte de crise économique majeure. Etre anti-libéral ne suffit pas. Le PS a du mal à formuler une vision politique globale et cohérente de la société française dont il est déconnecté. Sarkozy est basique et pragmatique et carbure à l’esbroufe. Il occupe tout le champ médiatique sans exprimer pour autant une vision socio-économique cohérente. Pour des raisons qui nous échappent – pas tant que ça quand même –, il a décidé d’aligner sa politique étrangère sur celle des Etats-Unis. Il va avoir des surprises, Obama opérant des revirements, notamment sur le Moyen-Orient, lourds de conséquences.


Et le score des Verts de terre ! 16%, à parité avec le PS. Mais c’est un score qui nie l’Europe à plein nez. Les écolos n’ont aucune substance politique, c’est un vote par défaut quand on ne veut pas se prononcer pour la droite ou la gauche. Le seul dénominateur commun à tous ces gens-là, c’est le casse-croûte. Cohn-Bendit est depuis belle lurette un suppôt du libéralisme ambiant et un parfait opportuniste. Que vient foutre la mère Eva Joly dans ce bazar ? Expliquez-moi ça. Manquent Hulot et Arthus Bertrand pour compléter le tableau, mais eux ont trouvé d’autres filières pour se faire du pognon, nettement plus lucratives. Inutile de dire qu’à l’Europe, tout ce petit monde ne pèse rien. Donc, ce vote n’a, en soi, rien d’européen.


La déculottée que vient de prendre François Bayrou est intéressante, car elle situe bien le personnage sur la scène politique française. Il va falloir qu’il revoie ses théories et son égo surdimensionné vient d’en prendre un coup.


Non, ces élections, d’ailleurs expédiées en deux temps trois mouvements par les partis, n’intéressent personne. Ce qui, en soi, est fort dommage. Car cette Europe est une réalité avec laquelle on doit compter chaque jour. Si nous avions une classe politique responsable, on formerait un personnel en conséquence qui pourrait alors peser sur les décisions de Bruxelles ou de Strasbourg. Je ne dis pas que l’on s’en porterait mieux, je dis simplement qu’on cesserait d’être absent d’un jeu qui se fait souvent sans nous. Ce ne sont pas les gens qui manquent, c’est la volonté politique. Retour à la case départ.

samedi, 06 juin 2009

6 juin et si lointain…

Le Billet de Patrick Parment 

 

P990983D926452G_apx_470__w_ouestfrance_.jpgCa y est, les Ricains sont de retour en Normandie. Hier, Paris, c’était l’enfer. Figurez-vous que les flics, sur ordre de Zébulon je suppose,  avaient interdit l’accès aux artères empruntées par le nouveau pote de Sarko. Je vous dis pas le bordel dans la capitale, avec des automobilistes désemparés, hagards, déboussolés ne sachant plus à quel chemin se vouer. Tout ça pour célébrer l’invasion américaine de juin 1944. Zébulon devrait présenter l’ardoise des dégâts causés en Normandie par cette armée de truands et de mafieux qui ont dévasté sans vergogne une Normandie qui mettra 20 ans à s’en remettre.


Ces commémorations, dont notre belle jeunesse n’a rien à cirer vu que pour elle c’est le Moyen-Age et pour nous un fort mauvais souvenir (on a quand même pris une branlée, merci à Léon Blum et son Front populaire), ne servent plus à grand chose et constituent une incongruité à l’heure même où, souvenez-vous, De Gaulle a scellé la réconciliation franco-allemande avec Adenauer.


Et l’alliance avec les Allemands, malgré la mère Merkel, est autrement plus importante qu’un roulage de pelle avec le faux ami d’hier et l’ennemi d’aujourd’hui. Nos gouvernants ont oublié que le plan Marshall a signé la mise sous tutelle des Européens et leur sortie de l’histoire.


La donne a désormais changé et nos regards se tournent vers l’Est. Car à l’Ouest … rien de nouveau.

mardi, 02 juin 2009

Allô, la terre ? Ici, Bayrou !

Le Billet de Patrick Parment  

francois-bayrou-motion-de-censure-27-janv-2009.1233136541.jpgLe sieur François Bayrou commence à poser un problème à la classe politique française dont le phénomène n’est pas inintéressant à observer depuis la planète Sirius. Bayrou, qui s’était retrouvé fort marginalisé au lendemain de la présidentielle de 2007, rongeait son frein et adoptait la stratégie de rupture avec la droite, ou plutôt vis-à-vis de Sarko, personnage qu’il déteste entre tous.


On oublie toujours que Bayrou vient du CDS, les chrétiens de gauche (autrement dit " comment devenir socialiste "), une race qui vient après celle du crapaud, et qu’il penche plus naturellement à gauche qu’à droite. Sauf que, comme son MoDem l’indique, Bayrou ne chasse qu’au centre – à l’extrême centre disent certains –, c’est-à-dire dans les marges de la droite et de la gauche. La définition de Jospin selon laquelle le centre c’est le triangle des Bermudes, dès qu’on est au centre on disparaît, est vraie en général mais pas du tout en particulier (rappelez-vous Giscard). Sauf que Sarkozy a changé la donne politique française en allant chasser sur les terres de la gauche et bouffer l’oxygène d’un Hollande qui n’en peut mais, ou d’une Martine Aubry aux prises avec tout le monde et Ségolène en particulier. Sarko a obtenu l’effet qu’il recherchait : étouffer une gauche qui n’a plus aucun projet et qui est vautrée dans les querelles de personnes. Tout le monde veut exister au PS, où les courants s’entrecroisent comme autant de courants d’air.


De l’Europe, personne n’a quasiment parlé, sauf de Rachida Dati pour dire qu’elle allait riper à Strasbourg et que ça la gonflait. Bref, Sarko a déblayé le terrain sur la gauche. Il ne reste plus à Bayrou que de nettoyer le terrain à droite. Pas le plus difficile avec un Sarkozy qui navigue à vue et qui commence à exaspérer tout le monde. Du coup, l’idole du Béarn remonte dans les sondages. C’est mathématique, aurait dit le professeur Tournesol.

 

Bayrou peut commencer à rêver. Reste que, si l’on ne sait pas ce qu’est le sarkozysme, on en sait encore moins sur le bayrouïsme si ce n’est que ce sont deux facettes de l’opportunisme politique au service d’une ambition personnelle. Et la France dans tout ça ?

vendredi, 29 mai 2009

C’est lassant de se répéter

Le Billet de Patrick Parment 

 

darcos_250px.jpgJe ne veux pas rentrer dans le détail des quotas laitiers dont les Français veulent le maintien et les autres pas. Quotas qui, de toute manière, sont appelés à disparaître vers 2015. Le fond du problème n’est pas là. Il est dans ce scandale qui dure depuis des décennies que des agriculteurs et autres éleveurs ne vivent que chichement du produit de leur labeur. Et côté labeur, on sait tous que c’en est un. Quand la grande distribution fait la pluie et le beau temps sur les prix en général au détriment des producteurs en particulier, je dis qu’il y a un malaise parfaitement identifié. Quand la grande distribution achète des fruits et légumes à l’étranger (on en comprend bien la logique libérale pure et dure), je dis qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Or, l’Etat n’intervient en général qu’en cas de crise. Si l’on rajoute à cela les règlements européens qui se barrent dans tous les sens,  on donne dans la cacophonie.

Tout cela n’empêche pas Sarkozy d’aller faire le zouave dans les Emirats arabes pour y installer une base militaire française. Mais qu’est-ce qu’on va foutre dans cette galère moyenne orientale où tous ces marchands de chameaux sont aux ordres de Washington, qui leur garantit la sécurité de leur magot ? Non, Sarkozy a d’abord voulu ouvrir un magasin, histoire de fourguer du matériel militaire (on leur a vendu 400 chars Leclerc qui ne doivent pas servir à grand chose !) et surtout aider Dassault à vendre ses Rafales dont personne ne veut. Non que ce zingue soit mauvais, mais les Américains verrouillent le marché. Et, demain, les Russes.  Je pense qu’on veut aussi leur vendre du nucléaire et le dernier réacteur made in Areva. Mais, n’est-ce pas un peu cher payé pour installer un tel supermarché dans le désert, même si les plages sont belles  et que nos militaires vont pouvoir se baigner toute l’année ? Par ces temps de crise, l’addition risque de faire tiquer le contribuable. C’eût été fait dans un cadre européen, je ne dis pas, mais c’est pas le cas. D’ailleurs, parlons-en de l’Europe. Marrant comme Sarkozy est muet sur le sujet depuis qu’il a joué les Schwarzenegger, version l’effaceur, pendant six mois. Depuis plus rien, une vraie baudruche.

Pendant tout ce temps perdu à rien, dans les banlieues les mecs sortent les Kalachnikovs et ça surine sec dans les écoles.  Les têtards de 10-12 ans montent au turbin. Alors, Darcos et Alliot-Marie nous sortent illico un discours sécuritaire de circonstance et auquel il n’est pas un seul Gaulois pour y croire.  Car le mal est bien plus profond et nos politiques en sont les premiers responsables (on se répète depuis des lustres sur le sujet). Qu’il s’agisse de l’école ou des banlieues, si nous en sommes là (et encore, il ne faut pas se plaindre, c’est tout de même assez calme), c’est bien parce que nos politiques ont toujours refusé d’aborder de front le problème de l’immigration. Ils ont laissé pourrir la situation. Au point qu’on est en train de tuer la démocratie (enfin ce qui en reste). Pour une fois, Villepin Galouzeau du machin a raison : « On trie les décombres d’un monde en train de s’écrouler. »

 

dimanche, 24 mai 2009

Européennes et sueurs canines…

Le Billet de Patrick Parment 

 

2007-11-07T172827Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRTP-FRANCE-USA-SARKOZY-OTAN-UNION-20071107.jpgUn sondage réalisé par l’Europe fait état d’un taux d’abstention élevé, aux alentours de 56 %, aux élections européennes de juin prochain. Et ce n’est qu’une moyenne réalisée à partir des scores de chaque pays.  Une fois encore se vérifie le fait que ces élections n’intéressent personne. Ce n’est pas l’Europe qui est en cause, mais bel et bien les représentants qui briguent nos suffrages. Cela est peut-être moins vrai pour l’Allemagne et l’Angleterre, qui ont formé tout un personnel rompu aux techniques administratives du bazar. Car cette Europe techno reste avant tout un monstre, une usine à gaz qui vit en circuit fermé. C’est bien ce qu’on lui reproche.


Il y a un esprit européen, mais il n’a aucune réalité dans les faits. Je pense que les Européens ont compris qu’il fallait dépasser les égoïsmes nationaux, mais qu’il était hors de question de faire abstraction de la personnalité et de la culture des peuples qui composent l'Europe.  Ce qui revient à dire que l’Europe n’est pas du tout là où on l’attend. Le tout est de savoir ce qui, un jour, pourrait cristalliser cette idée et lui donner vie.


Il faut bien avouer aussi que l’Europe ne passionne pas les partis non plus et Sarkozy encore moins. Lui qui a joué les gros bras pendant six mois en s’estimant le patron du bazar, le donneur de sens, est aujourd’hui étrangement silencieux.  Quant aux candidats, là, c’est la franche rigolade. Pour caricaturer, d’un côté vous avez une Rachida Dati qui fait la gueule vu qu’elle se sent mieux comme ministre pour se la jouer bling-bling, de l’autre – côté PS s’entend – vous avez un Vincent Peillon recalé du suffrage universel en Picardie et qui cherche désespérément un casse-croûte pour rester dans le jeu, non pas européen mais bel et bien national.  Hier avec Royal, il roule des pelles à Aubry aujourd’hui. Allez comprendre. 


Vous avez, on ne sait où, un Cohn-Bendit qui vient faire son marché en France parce qu’en Allemagne, je suppose, ils ne veulent pas de charlots dans son genre. J’allais oublier Bayrou, l’inénarrable Bayrou, Européen convaincu mais plus convaincu encore de sa présence à la présidentielle de 2012 et qui fait tout pour emmerder Sarko. Il a même écrit un bouquin, qui circule d’ailleurs gratos sur le net. Et puis, il y a tous les autres qu’on ne connaît pas, les obscurs qui ont fait l’objet d’âpres négociations dans les partis parce que le casse-croûte est quand même bon à prendre. Mais, à l’Europe, ils ne connaissent rien et, de toute manière, ils feront de la figuration. Les Français ne sont pas dupes de cette mascarade, et c’est la raison pour laquelle, s’il fait beau, ils iront à la pêche.


Je regarde la téloche, oui j’ai ce défaut, et ces derniers temps j’ai jeté un œil  à cette autre mascarade qu’est le festival de Cannes. Notamment la bande de zozos autour de Michel Denisot sur Canal + (ou -, c’est selon). Consternant de vulgarité avec un Denisot hilare et au sourire niais.  J’ai aperçu un certain Tarentino et sa gueule d’accident génétique, le sourire chevalin d’une Laetitia Casta qui n’a rien à dire mais qui est contente d’être là.  J’ai entrevu une Charlotte Gainsbourg dont la laideur s’atténue avec l’âge et qui joue dans le film d’horreur d’un dégénéré danois, un dénommé Lars von Trier. Je me suis dit qu’on était franchement chez les dingues. Mais, cette année encore, les affreux nazis sont là et on a même trouvé un fils naturel à Mussolini. Ce qui veut bien dire qu’au final, tout est normal.  

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