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lundi, 25 novembre 2019

Krach boursier de 30 % début 2020 : le Titanic ou le Hindenburg en 2021

ROUSSET M 1.JPGMarc Rousset

Wall Street a terminé en très légère hausse, ce vendredi 22 novembre, porté par un indicateur de confiance des consommateurs jugé satisfaisant, mais oublieux des messages contradictoires en provenance de Chine ainsi que des taux de croissance peu rassurants. Les boursiers américains se raccrochent à la moindre hirondelle, pensant qu’elle fait le printemps…

À Paris, la semaine a été morne, avec des volumes très faibles de 3 milliards d’euros par séance, signe d’un manque d’entrain, après les envols frénétiques des semaines précédentes vers les 6.000 points. La hausse s’est cristallisée sur les seules grandes valeurs du CAC 40, car faciles à revendre, l’indice des petites et moyennes entreprises étant, au contraire, très stable, à 13.000 points, certaines accusant des chutes spectaculaires sur 12 mois : -60 % pour Showroomprivé, -55 % pour Marie-Brizard, -45 % pour Haulotte Group, -34 % pour Bic.

Le système financier, avec ses bulles boursières, obligataires et immobilières, se dirige tout droit vers l’hyperinflation et un effondrement monétaire pour apurer l’hyper-endettement impossible à rembourser, ce qui constituera l’étape ultime d’une crise qui a commencé en 2008. Pourquoi la Serbie vient-elle d’acheter 9 tonnes d’or ? « En cas de crise », répond son président, tandis que Le Revenu titre « Assurance-vie : faut-il sortir des fonds en euros », car l’argent des épargnants placé en obligations d’État ne rapporte plus rien, et que le quotidien économique Les Échos titre « Avis de tempête sur le secteur européen de l’assurance ».

Quelques experts viennent de déterrer deux « indicateurs techniques » de derrière les fagots avec des noms à faire trembler les foules : l’indicateur « Présage Hindenburg », faisant référence au krach du zeppelin Hindenburg, en mai 1937, à New York, et l’indicateur « Syndrome du Titanic », les deux clignotant au rouge. Le premier indicateur se base sur le fait que beaucoup de valeurs atteignent leur plus haut durant l’année, ou bien que ces valeurs atteignent toutes leur plus bas ; le deuxième indicateur clignote lorsque, avec un indice au plus haut depuis un an, le nombre des « nouveaux plus bas » des valeurs boursières dépasse le nombre des « nouveaux plus hauts » pendant sept jours de suite.

Les indicateurs techniques et les méthodes graphiques sont à manier avec précaution, mais ne serait-ce pas un signe de ce qui nous attend ? Lorsque la perte de confiance dans le système aura encore augmenté ? Nous pensons plutôt, tant que les banques centrales peuvent encore réagir en abreuvant le marché de liquidités, à un krach-correction de 20 à 30 %, début 2020, semblable à la correction de 20 à 30 %, fin 2018, avant que la Fed n’intervienne.

Aux États-Unis, le moment de vérité approche. Les nouvelles injections de liquidités ont poussé les marchés américains vers de nouveaux records, tandis que les facteurs sous-jacents de l’économie réelle continuent de se dégrader. Sans les opérations record sur le marché monétaire du « repo » et le nouveau QE de la Fed, Wall Street aurait déjà dérapé. La croissance américaine ne sera que de 0,3 % au quatrième trimestre, selon la Fed, tandis que les Bourses ignorent les déficits publics et commerciaux qui explosent ainsi que la dédollarisation en cours. Un krach des marchés de 30 %, en 2020, et un cours de l’once d’or à 1.900 dollars sont du domaine du possible.

Henry Suttmeier, du magazine Forbes, reproche à Jerome Powell, le président de la Fed, de ne pas voir les bulles qui se forment, et plus particulièrement une nouvelle bulle immobilière, tandis que les dettes des ménages continuent de gonfler dangereusement et que l’OCDE s’inquiète d’un risque de stagnation, à long terme, de l’économie mondiale, avec des taux de croissance qui diminuent partout dans le monde, sauf en Inde.

Le bilan de la BCE est à 4.680 milliards d’euros. Christine Lagarde doit en finir avec la politique monétaire insensée du « QE » et des taux négatifs, quitte à déplaire aux marchés, à Macron et à l’Italie, car ces taux sont contraires au bon sens économique, porteurs de bulles ainsi que d’une catastrophe en 2021, semblable à celles du Titanic et du Hindenburg.

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lundi, 11 novembre 2019

Les Bourses au plus haut, mais l’économie réelle va se venger violemment

ROUSSET M 2.JPGMarc Rousset

Le CAC 40 est au plus haut depuis douze ans, à 5.889, le Dow Jones à 27.681, le NASDAQ à 8.474, le taux à dix ans sur la dette américaine est remonté à 1,936 %, vendredi dernier. Conclusion, selon les boursiers et les médias : continuez d’acheter des actions !

La vérité, c’est que l’on oublie les réalités, que tout est basé sur des « tweets » de Trump, des déclarations de la Fed ou de la BCE, en se moquant du cycle économique actuel record de douze ans, des taux réels de croissance pas très brillants, de la folle création monétaire, des effets des taux d’intérêt négatifs pour les banques et les compagnie d’assurance-vie, du super-endettement des États et des entreprises, des résultats réels des entreprises, des entreprises zombies en surnombre, des risques politiques et géopolitiques systémiques.

La vérité, c’est que les « QE » monétaires ont atteint leurs limites lorsqu’il s’agit de doper l’économie réelle. Leur seule fonction actuelle est d’empêcher l’effondrement des marchés actions et obligataires. Lors de la dernière réunion annuelle du FMI, Mervyn King, ancien président de la Banque d’Angleterre, a pu déclarer : « En adhérant à la nouvelle orthodoxie des politiques monétaires et en prétendant que nous avons rendu le système bancaire plus sûr, nous nous dirigeons tels des somnambules vers la prochaine crise. »

La Réserve fédérale (Fed) a dû, en fait, renoncer à augmenter ses taux et à réduire son bilan (« tapering ») car l’économie américaine ne le supporte pas. La marche arrière du « QE » de la Fed est en fait monstrueuse, car aux 60 milliards de dollars de rachats officiels mensuels programmés de bons du Trésor américain, il convient d’ajouter 165 milliards de dollars d’injections supplémentaires sur le marché monétaire du « Repo », soit, en fait, 225 milliards de dollars, à comparer aux 75 milliards de dollars de « QE » injectés, après la crise de 2008 ! Depuis le 4 septembre, le bilan de la Fed est passé de 3.759 à 4.019 milliards de dollars.

Suite à l’élection de Trump, la dette publique aux USA a augmenté de 3.000 milliards de dollars (baisse des impôts et hausse des dépenses militaires), avec un déficit public prévu, en 2020, de 1.000 milliards de dollars.

La vérité, c’est que la dette aux États-Unis, tout comme en Europe avec la France et l’Italie, n’est plus tenable ! Le monde est tombé dans le piège de la dette, des récessions à éviter car mortelles, et des banques centrales qui font grimper le cours des actifs pour prévenir la banqueroute des États incapables de payer des taux d’intérêt normaux. Le Système ne peut accepter un krach boursier et ne fait que repousser l’ échéance en dévalorisant la monnaie, ce qui aboutira à un effondrement systémique.

Macron ne trouve rien de mieux que de s’attaquer au dogme budgétaire des 3 % et des 60 % de l’endettement par rapport au PIB en nous vantant les mérites de l’innovation et des investissements d’avenir sans s’attaquer aux dépenses publiques pour les financer. Raison pour laquelle les Allemands ne considèrent pas, à juste titre, les Français comme des gens sérieux avec, pour grave conséquence politique, le rejet de plus en plus grand de la France chez les députés CDU.

Il n’est pas certain que la politique de fuite en avant des banques centrales avec inflation des actifs et dévalorisation de la monnaie puisse continuer même aussi longtemps que durent les roses, car des agents économiques avertis pourraient subitement perdre confiance dans le Système et la monnaie avec, pour effet immédiat, un effondrement monétaire digne de l’Allemagne de 1923 en même temps qu’un krach financier et une crise économique pire qu’en 1929 ! Tel sera le juste prix à payer des réalités qui se vengent toujours un jour ! En économie, il n’est pas possible d’avoir le beurre et les canons, comme l’enseignait déjà feu le célèbre professeur américain Paul Samuelson avec, en prime, l’argent du beurre, comme en rêvent encore trop souvent nos contemporains !

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dimanche, 03 novembre 2019

Le prix Nobel d’économie Robert Shiller voit des bulles et des krachs à venir partout !

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Marc Rousset

Christine Lagarde, interrogée tout récemment sur RTL pour savoir si elle avait des craintes au sujet d’un krach financier, a répondu que la question ne se posait pas et qu’au FMI, on se préoccupait seulement de taux de croissance ! Mme Lagarde, comme les boursiers et les médias, ne veut voir que ce qu’elle croit, alors que l’investissement recule aux États-Unis et que la croissance américaine est à son plus bas, en rythme annuel, depuis trois ans. A contrario, selon le milliardaire américain Ray Dalio, fondateur de la société d’investissement Bridgewater Associates, le pape du marché obligataire mondial, tout comme Warren Buffett est le pape du marché mondial des actions, la situation est « effrayante » !

Ce mercredi 23 octobre, à Los Angeles, le prix Nobel Robert Shiller, l’auteur du livre Irrational Exuberance qui a prédit le krach boursier de 2000 et le krach immobilier de 2007, professeur d’économie à Yale, a déclaré, à l’occasion du lancement de son dernier ouvrage Narrative Economics : « Je vois des bulles partout, il n’y a pas de solution sur les marchés actions, sur les marchés obligataires et sur le marché immobilier », sur le site Investor’s Business Daily en date du 25 octobre 2019.

Shiller est un saint Thomas très intelligent qui ne s’embarrasse pas des pourquoi théoriques des bulles actuelles de tous les actifs en même temps, même si la seule explication valable est la fuite en avant de la création monétaire laxiste ainsi que les bas taux d’intérêt, les taux négatifs des banques centrales, mais il nous éclaire avec un ratio financier indiscutable, appelé le CAPE (Cyclically adjusted price-to-earnings ratio) ou Shiller P/E. En bon français, c’est tout simplement le ratio représentatif cours/bénéfice par action sur dix ans. Le bénéfice retenu n’est plus le dernier bénéfice comptable annuel trop volatil, mais le bénéfice moyen correspondant à une moyenne mobile calculée sur dix ans des bénéfices réajustés chaque année, en tenant compte de l’inflation monétaire.

Premier élément fondamental : le coefficient moyen P/E Shiller pour le XXe siècle, de 1881 à nos jours, s’élève à 15,21 alors qu’il est aujourd’hui à 29, soit pratiquement le double ! En 1929, il était de 35 et le Dow Jones chuta de 13%, le 28 octobre. En 1987, il n’était que de 16 et la grande faute des banques centrales fut d’élever les taux d’intérêt, ce qui entraîna le plus grand krach de l’Histoire le 19 octobre 1987, avec une chute du Dow Jones de 23%. En 2000, le coefficient Shiller était de 45, ce qui entraîna une correction de 49% entre 2000 et 2002. En 2007, le coefficient Shiller était à 25, donc légèrement inférieur au 29 actuel, ce qui entraîna une correction de 57% de 2007 à 2009.

De plus, Shiller s’inquiète autant pour les obligations, dont les cours anciens s’envolent suite à l’écroulement des taux d’intérêt, que pour les actions. Il remarque que le fonds obligataire SPDR™ Portfolio Aggregate Bond ETF a généré un rendement de 8,31% cette année, soit deux fois plus que la moyenne annuelle de ces dix dernières années. Quid le jour où les taux finiront par s’inverser ?

Shiller est un peu moins pessimiste pour la bulle immobilière car, si une bulle est de nouveau en train de se reconstituer aux États-Unis, au même niveau qu’en 2005, avec des fonds immobiliers progressant parfois de 29 % en 2019, soit davantage que les 20 % de progression des actions du S&P 500, l’Amérique a toujours en mémoire la sinistre crise des crédits immobiliers subprime de 2008 pour freiner son avidité.

En résumé, si la baisse des taux et le laxisme monétaire continuent avec Lagarde, qui a déclaré « On sera plus content d’avoir un emploi que d’avoir une épargne protégée », la bulle des actifs pourra gonfler encore jusqu’au krach boursier et la perte de confiance dans la monnaie. Et si les taux remontent, le système explosera immédiatement, comme en 1987, avec un krach boursier encore plus violent ! C’est la raison pour laquelle le très humble et réaliste Shiller, face aux conséquences de la folie humaine passée, n’a plus de solution à nous proposer.

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dimanche, 27 octobre 2019

Mario Draghi s’en va et le krach se rapproche : l’assurance-vie sous pression

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Marc Rousset

« Super Mario » quittera la BCE le 1er novembre sans rendre le casque à pointe prussien que lui avait offert le journal Bild, après s’être bien payé la tête de l’Allemagne, puisqu’il a pratiqué une politique monétaire diamétralement opposée à celle de rigueur sur laquelle il avait été élu. « Donner, c’est donner », a-t-il pu même ironiser au sujet du cadeau de Bild, dans la langue de Goethe. Il est vrai que « le comte Draghila » a sauvé momentanément la France et l’Italie de la faillite, mais ce n’est que partie remise en pire. Le président de la Bundesbank Jens Weidmann est le cocu magnifique de l’histoire, d’autant plus qu’il s’est fait voler le poste de président de la BCE par Christine Lagarde, une diplomate juriste sans formation économique.

Mario Draghi a fait acheter par la BCE, durant son mandat, 2.600 milliards d’euros de titres souverains payés par création monétaire, soit le quart des dettes publiques des États de la zone euro. Sa politique monétaire laxiste l’a amené à taxer les liquidités excédentaires des banques avec des taux négatifs qu’il vient d’abaisser à -0,5 %, tout en annonçant la reprise par la BCE, à partir du 1er novembre, « aussi longtemps que nécessaire », d’un programme de rachat d’actifs de 20 milliards d’euros par mois. Le conseil sublime de Mario Draghi à Lagarde dans son testament : « Ne jamais abandonner. »

Les taux négatifs mettent les assureurs-vie sous pression, avec la faillite comme seule perspective à terme. En France, après Suravenir, filiale de Crédit mutuel Arkéa, c’est au tour d’AG2R La Mondiale d’annoncer un emprunt obligataire non subordonné de 500 millions d’euros, pour renforcer ses fonds propres. Le spectre de la fin des fonds en euros traditionnels apparaît et l’on cherche des « épargnants suicidaires » prêts à prendre plus de risques, à la veille d’un krach, pour compenser les taux bas… qui pénalisent le rendement du portefeuille des assureurs.

La célèbre association française des épargnants AFER, avec 750.000 adhérents, demande déjà un pourcentage minimum de 30% d’unités de compte (c’est-à-dire des actions au lieu des obligations des fonds euros) pour les nouveaux contrats de plus de 100.000 euros (entre 35% et 70% pour AG2R la Mondiale selon les montants versés). Les compagnies tentent de dissuader les épargnants de se « ruer » sur les fonds en euros, dont le rendement baisse, mais qui peuvent encore rester positifs quelques années, en raison de l’inertie des portefeuilles, car il faut environ quinze ans pour remplacer en totalité les obligations contenues dans les portefeuilles d’assureur en fonds euros.

Selon le cabinet de conseil international McKinsey, alors qu’on nous explique que tout va bien, plus d’une banque sur trois pourrait disparaître dans le monde, 47 % de ces dernières se trouvant en Asie et 37 % en Europe de l’Ouest. Les taux bas diminuent, aussi les marges des banques, suite à des crédits de plus en plus risqués et de moins en moins rémunérateurs, tandis que le coût des dépôts reste stable. Le spectre de la perte de confiance dans le Système apparaît… tandis qu’on nous annonce une croissance chinoise bientôt sous les 5 %.

Aux États-Unis, les bénéfices des entreprises US stagnent depuis 2012 alors que les cours s’envolent. La dette publique et privée des États-Unis s’élève à 73.000 milliards de dollars, soit plus de trois fois le PIB américain, dont 25.000 milliards de dollars ont été ajoutés ces des dix dernières années, d’où, à terme, une charge de la dette insupportable. Le 24 octobre, la Fed a dû injecter une somme anormale de 134 milliards de dollars pour éteindre un nouvel incendie sur le marché monétaire du « repo », ce qui montre qu’il y a des limites à l’endettement. Une récession à venir est plus que probable tandis que la Fed songe, pour la troisième fois, en 2019, à abaisser son taux d’intérêt, tout en ayant repris le dangereux rachat laxiste de 60 milliards de dollars de dettes par mois.

Le drame, c’est que l’Italie et la France de Macron ne font absolument rien pour améliorer l’état des finances publiques. Nous nous dirigeons vers un krach financier et une énorme crise monétaire comme étape ultime. Dans le pire des cas, tout va exploser ; dans le meilleur des cas, la BCE imprimera tellement de monnaie que cette dernière, à terme, ne vaudra plus rien.

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mardi, 22 octobre 2019

L’or et les Bourses montent car la crise monétaire a déjà commencé

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Marc Rousset

Le Dow Jones a vu son prix multiplié par 7, entre 1980 et 2008, à environ 14.000, pour retomber à environ 6.000, en 2009, et se retrouver, aujourd’hui, au chiffre stratosphérique d’environ 27.000. La Bourse de Paris, à 5.700, est aussi à son plus haut niveau depuis le 12 décembre 2007. Quant à l’indice du prix des logements rapporté au revenu par ménage, en prenant l’année 1965 comme base de référence, il a toujours oscillé autour de 1 de 1965 à 2000, pour s’élever brusquement à la verticale, à 1,7, de 2000 à 2019.

Il y a donc bien, dans le monde, une méga-bulle boursière et immobilière, suite à l’afflux de liquidités illimitées par les banques centrales. À terme, l’effondrement monétaire est inéluctable, mais cela n’exclut pas un krach boursier dans un premier temps qui ne fera qu’aggraver la crise monétaire qui a déjà commencé.

L’horizon économique s’assombrit en Allemagne, avec 1 % de croissance pour 2020 et 0,5 % pour 2019. L’économie chinoise ralentit, avec une croissance à 6 % au troisième trimestre, soit sa plus faible performance depuis 27 ans, malgré plus de 100 mesures de soutien monétaires et fiscales. Les USA vivent le plus long cycle de croissance répertorié depuis 1854, avec de mauvais chiffres de production industrielle, suite à une croissance artificielle générée par des mesures fiscales et l’injection, en moyenne, de 4 dollars de liquidités par les banques centrales pour un dollar de croissance obtenu. La Banque mondiale et le FMI alertent, de leur côté, sur une chute drastique de la croissance « dans près de 90 % du monde » et des échanges commerciaux.

Kristalina Georgieva, nouvelle patronne du FMI, enfonce le clou : « Si un ralentissement majeur se produisait, la dette des entreprises exposées au risque de défaut de paiement augmenterait à 19.000 milliards de dollars, soit près de 40 % de la dette totale dans huit économies majeures »(notamment Chine, Japon, États-Unis et Europe). En Chine, les dettes risquées ont bondi, en dix ans, de 40 à 75 % du PIB. Le risque de défaut de paiement dans le monde serait alors supérieur aux niveaux observés pendant la crise financière de 2008. Les dettes des entreprises pourraient jouer le rôle des prêts immobiliers subprime aux États-Unis en 2008.

Janet Yellen, ancienne présidente de la Fed, nous avait promis que le resserrement monétaire quantitatif serait aussi ennuyeux « que de regarder de la peinture sécher ». Manifestement elle s’est trompée car la Fed, après avoir réduit la taille de son bilan de 600 milliards de dollars, jusqu’à octobre 2018, est en train de faire marche arrière, sous peine de faire exploser le système financier, en augmentant de nouveau la taille de son bilan de façon permanente. L’achat des bons du Trésor T-bills par les banques américaines réduisait, en effet, leurs liquidités d’une façon très dangereuse, selon la Fed de Dallas.

Suite à la crise monétaire actuelle du « Repo » aux États-Unis, la Fed va acheter au moins 60 milliards d’obligations à court terme par mois jusqu’au second trimestre de 2020, soit environ 400 milliards de dollars. Les États-Unis ne peuvent donc plus se passer de « QE », qui est devenu une drogue irremplaçable, mais mortelle à terme. C’est la Fed qui, en émettant de la monnaie de singe, tout comme la BCE, finance en fait les déficits budgétaires américains (1.200 milliards de dollars en 2019, soit 7 % du PIB). La Fed de Powell est donc en train de faire exactement ce que souhaitent faire Draghi et Lagarde à la BCE.

En Europe, le Parlement des Pays-Bas a alerté la BCE sur les risques de diminution des retraites que les taux très bas et négatifs causaient aux fonds de pension de retraite. En France, pour éviter la faillite de l’assureur Suravenir, suite aux taux négatifs, le Crédit mutuel Arkéa a dû recapitaliser sa filiale à hauteur de 500 millions d’euros. Après Lombard Odier en France, UniCredit, la première banque italienne, toujours en raison des taux d’intérêt négatifs, vient de déclarer qu’elle allait taxer les dépôts de plus de 100.000 euros. La bombe à retardement des taux négatifs pourrait bien même se propager un jour aux États-Unis.

Il n’est donc pas étonnant que les banques centrales et le monde entier s’intéressent de nouveau à l’or qui monte, paradoxalement, en même temps que les Bourses. La seule différence, c’est que les actions et les obligations s’effondreront un jour ou l’autre, tandis que l’or, lui, au moment de l’effondrement monétaire final, continuera son envolée à la verticale, tout comme en Allemagne en 1923 !

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lundi, 07 octobre 2019

La reprise du laxisme monétaire évitera le krach immédiat, mais pas la récession

ROUSSET PIERRE.jpgMarc Rousset

Il en est en matière boursière comme en matière d’immigration. Les médias mentent et les boursiers se mentent à eux-mêmes, si ce n’est que les chiffres sont beaucoup moins truqués en matière économique et financière. C’est ainsi qu’après le recul des Bourses à plusieurs reprises pendant la semaine passée, jusqu’à 3,12 % en une seule séance pour le CAC 40, la bourse de New York a terminé en hausse de 1,42 %, le vendredi 4 octobre, sous le seul prétexte que le taux de chômage à 3,5 % était au plus bas depuis cinquante ans. Ce chiffre est contesté par de nombreux experts qui estiment le taux réel de chômage, aux États-Unis, à un minimum de 8 %.

En fait, les nouvelles ne sont pas bonnes puisqu’on nous avait annoncé, le 2 octobre, que l’activité du secteur manufacturier (indice ISM) aux États-Unis avait encore reculé en septembre pour tomber à son plus bas niveau depuis dix ans, tandis que le secteur privé a créé seulement 135.000 emplois en septembre, soit moins que le mois précédent et les attentes des analystes. La vérité, c’est que les créations d’emploi ralentissent, que l’augmentation des salaires stagne, que l’activité manufacturière diminue constamment (+3,5 % en septembre 2018, -0,4 % en août 2019), que le taux à 10 ans de la dette américaine est de 1,534 % (inversion de la courbe des taux). L’unique raison de la hausse de vendredi, à Wall Street, c’est que, suite à ces mauvaises nouvelles, il est à peu près certain que la Fed va baisser à nouveau ses taux d’intérêt fin octobre.

Le commerce mondial connaît une nette décélération constante (+4,6% en 2017, +0,5 % pour 2019) selon les dernières prévisions de l’OMC. L’Allemagne devrait entrer en récession au troisième trimestre 2019. L’indice PMI manufacturier, en raison de l’affaiblissement de la demande de biens d’équipement sur les marchés clés, est tombé en septembre à 49,1, soit en dessous du chiffre critique de 50, et son plus bas niveau depuis 2009. Quant à l’Italie, elle ne va pas sortir du marasme avec l’arrêt des investissements et de la progression des revenus, des gains de productivité trop faibles, une démographie défavorable, des banques dans une situation critique et une lourde dette de 134 % du PIB.

La France, avec une dette de 99,5 % du PIB, rejoint le « club » des pays surendettés dépassant les 100 % du PIB, soit les États-Unis (106 %), la Belgique (102 %), la Grèce (181 %) et le Japon (238 %).

Il suffirait que les rebelles houthis envoient de nouveau quelques drones sur des sites pétroliers en Arabie saoudite pour que les prix mondiaux du pétrole en baisse, suite à la récession économique, remontent à la verticale.

Les emprunts des États et des entreprises affichant des rendements négatifs viennent d’atteindre 17.000 milliards de dollars, soit 20 % du PIB mondial. Les fonds en euros d’assurance-vie, acheteurs obligés de ces titres, selon les réglementations prudentielles, continuent donc leur lente marche vers l’agonie en prélevant, pendant quelque temps encore, sur les réserves de la PPB (provisions pour participation aux bénéfices). Mais ces fonds seront un jour dans l’incapacité de faire face à la liquidité et de garantir le capital des épargnants.

Dès novembre, avec la nomination de Lagarde, se posera le problème de la survie de la zone euro. Ou bien les Allemands, tétanisés par les souvenirs de l’hyperinflation de 1923, tapent du poing sur la table et sortent de la zone euro avec, peut-être, les Hollandais et les Autrichiens, ou ils acceptent de sombrer lentement et inexorablement avec le navire européen, suite à la récession en vue, la perte de débouchés dans le monde et en Europe, et les difficultés supplémentaires pour leur économie que provoquerait une réévaluation du Deutsche Mark par rapport à l’euro.

L’Europe économique vit en fait, comme en matière migratoire, le supplice programmé de la mort de la grenouille dans sa casserole d’eau dont la température augmente régulièrement et inexorablement. La volatilité des Bourses augmente partout dans le monde et les épargnants français ont raison de se méfier des actions au moment où, véritable supplice de Tantale, Macron leur propose le plan d’épargne retraite (PER) avec la grande avancée de la déductibilité des versements du revenu imposable.

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vendredi, 20 septembre 2019

Ces utopistes de la création monétaire qui font tant de mal à la France !

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Marc Rousset

Jacques Myard, dans sa dernière chronique sur Boulevard Voltaire, croit envisageable de relancer l’économie européenne grâce à des investissements qui seraient financés ex-nihilo par la BCE, par le biais des différentes banques centrales des pays membres de la zone euros.

Ce député, grand patriote, a l’honnêteté de rappeler dans son texte que l’article 123 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne – repris du traité de Maastricht – interdit à la BCE et aux banques centrales des États d’accorder des découverts aux institutions de l’Union et aux Etats membres.
Pourquoi cet article ? Parce que ce serait sinon la porte ouverte pour tous les gouvernements de l’UE à la facilité, à ne pas pratiquer une saine gestion, à réserver les impôts pour payer les dépenses de fonctionnement, à financer les investissements en faisant tourner la planche à billets des banques centrales. Le risque serait très grand de déclencher une gigantesque inflation, d’accorder des crédits qui ne seraient jamais remboursés à des États en faillite au bord de la banqueroute.

C’est une idée démagogique qui fait « tilt » et que l’on retrouve très souvent chez certains économistes utopiques de gauche, et chez certains hommes politiques, le plus souvent également à gauche où l’on aime raser demain gratis.
Au lieu de travailler, de créer des richesses, d’épargner et de financer ainsi des investissements par des emprunts remboursables avec des intérêts, il est tentant d’aller se servir directement dans les banques centrales pour financer les investissements dans un premier temps et les dépenses de fonctionnement dans un deuxième temps. C’est exactement ce que pensent les théoriciens de la politique monétaire moderne.

Or que voyons-nous aujourd’hui dans la zone euro ? Les limites d’une politique monétariste laxiste (assouplissement quantitatif) avec des taux d’intérêts ridicules de zéro, voire négatifs de la BCE. Dix gouverneurs se sont rebellés en criant : « halte au feu » ! Si la BCE continue à accorder des prêts gigantesques « LTRO » aux banques italiennes en faillite ou demain à la Deutsche Bank, à émettre de nouveau 20 milliards d’euros tous les mois en reprenant ses achats de titres sur le marché obligataire, à ponctionner les banques avec des taux d’intérêt négatifs de -0,5 %, la zone euro court le risque du déclenchement d’une hyper-inflation avec la perte de confiance totale dans la monnaie.

Et qu’est-ce que « l’assouplissement quantitatif » des banques centrales qui consiste à racheter les obligations souveraines des États sur le marché secondaire des titres émis, si ce n’est justement le détournement scandaleux, dit « non conventionnel », de l’article 123 ci-dessus mentionné du Traité de fonctionnement de l’UE, interdisant les avances aux États ? On s’aperçoit aujourd’hui que détourner cet article ne fonctionne pas, et Jacques Myard semble ne nous proposer rien de mieux que de laisser les banques centrales prêter directement aux États !

C’est alors que suit la belle envolée la main sur le cœur ! Oui, mais c’est pour la bonne cause !… Pour les investissements ! Eh bien si un État veut consacrer des ressources pour l’investissement, comme un particulier, il doit restreindre son train de vie en diminuant les dépenses publiques et les dépenses sociales (la France,1 % de la population mondiale, mais 14 % des dépenses sociales dans le monde), ce que ne fait justement pas Macron qui ne se préoccupe exclusivement que de réchauffement climatique.

Le président de l’UE Jean-Claude Juncker a eu la même idée que Jacques Myard, mais il a demandé à ce que les investissements européens d’avenir soient financés par des emprunts avec un faible apport des Régions ou États, par des prêts ou des garanties accordées par la Banque Européenne d’Investissement.

Contrairement à ce que pensent les économistes utopistes de la création monétaire, pour financer les investissements il faut donc libérer des ressources publiques en diminuant les dépenses publiques et sociales de fonctionnement ou en faisant appel à l’épargne des particuliers sous forme d’émission des obligations. Cette attitude naïve et très dangereuse en matière économique et monétaire est tout à fait comparable au droit de l’hommisme utopique, généreux dans son principe, mais catastrophique dans la réalité en matière d’immigration !

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dimanche, 15 septembre 2019

Révolte de dix gouverneurs de la BCE contre Draghi pour éviter l’effondrement monétaire !

ROUSSET M 2.JPGMarc Rousset

La Bourse de Paris a clôturé, vendredi 13 septembre, à 5655, soit pratiquement le plus haut annuel de 5672 du 25 juillet, avec une hausse de 19,55 % depuis le 1er janvier. Wall Street a terminé aussi au plus haut, rassuré par le grand jeu, pour relancer la croissance, de Mario Draghi qui a menti publiquement en proclamant que le « consensus entre les gouverneurs était tellement important qu’un vote eût été inutile » et dévoilé un vaste programme supplémentaire de laxisme monétaire.

Mario Draghi, prenant acte du ralentissement économique en zone euro, a abaissé le taux négatif de dépôt des banques à la BCE de -0,4 % à -0,5 % pour inciter les banques à prêter aux entreprises et aux ménages. Un système de taux par paliers a été prévu pour alléger les charges d’intérêt actuelles des banques européennes, soit 1,7 milliard d’euros. Draghi a aussi annoncé une reprise des achats d’obligations de dette publique et privée par la BCE, à raison de 20 milliards d’euros par mois, à compter du 1er novembre, « aussi longtemps que nécessaire ». Des prêts géants « LTRO » aux banques en quasi-faillite seront aussi accordés par la BCE.

En fait, la zizanie la plus complète et la révolte règnent à la BCE, où les dissensions ont éclaté au grand jour ! « La BCE a dépassé les bornes », « il n’était pas nécessaire de recourir à des mesures d’une telle portée »« avec la décision d’acheter encore plus d’emprunts d’État, il sera encore plus difficile pour la BCE de sortir de cette politique. Plus elle dure, plus les effets secondaires et les risques pour la stabilité financière augmentent », a déploré le très sage et compétent Jens Weidmann, président de la Bundesbank, dans le grand quotidien allemand Bild, visant sans le nommer « Draghila » !

Déplorant plus particulièrement le « redémarrage » des achats d’obligations qui ont déjà permis de déverser 2.600 milliards d’euros sur les marchés entre mars 2015 et fin 2018 pour faire baisser les taux et relancer l’activité, le gouverneur néerlandais Klaas Knot n’a pas hésité à lancer un pavé dans la mare de l’univers feutré de la BCE, sous forme d’un communiqué : « Cette large panoplie de mesures est disproportionnée par rapport à la situation économique, et il existe de bonnes raisons de douter de son efficacité. »

Plus grave encore, avant la prise de fonction de la très diplomate et juriste – mais non compétente en matière monétaire – Christine Lagarde, le 1er novembre, la BCE se trouve contestée et fragilisée par dix gouverneurs sur vingt-cinq qui représentent au minimum 60 % du PIB de la zone euro. Se sont opposés au laxisme monétaire, entre autres – ce qui les honore -, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, et le Français Benoît Cœuré, membre ultra-compétent du Comité exécutif, qui devrait occuper la place de Lagarde. Les dix gouverneurs contestent l’urgence et les mesures prises unilatéralement par Draghi. Selon l’agence Bloomberg, « il s’agit d’un désaccord jamais vu dans le mandat de 8 ans de Draghi à propos d’une décision majeure de politique monétaire ».

La triste réalité, c’est que les banques (diminution des marges et pénalité de 7,1 milliards d’euros sur les dépôts à la BCE) et les compagnies d’assurance-vie (mort lente avec la chute des rendements des fonds en euros et risque de faillite en cas de remontée des taux et donc de krach obligataire) sont en danger mortel. L’erreur de la Fed et de la BCE est de mener depuis trop longtemps une politique monétaire à seule fin d’éviter un krach boursier et obligataire, ce qui se traduit par des bulles boursières et immobilières encore plus élevées, le maintien en vie des entreprises zombies, la spoliation des épargnants.

Le seul avantage est d’assurer la solvabilité des États qui, tels les paniers percés français et italiens, continuent à s’enfoncer dans la dette publique. Dès la moindre remontée des taux, avec une charge de la dette de déjà 40 milliards d’euros, la France sera en faillite !

Il ne reste plus, en fait, à des pays comme la France, que le choix de sombrer de deux façons : soit par la fuite en avant monétaire actuelle qui se terminera par des krachs boursiers et obligataires, l’hyperinflation et la situation de l’Allemagne en 1923, soit par la hausse des taux et la fin du laxisme monétaire qui conduira à la récession, à la déflation, au chômage et à un krach mondial, style 1929, infiniment plus violent. Dans les deux cas, ne survivront économiquement que ceux ayant acheté de l’or et des actifs réels.

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jeudi, 12 septembre 2019

Une époque de dérèglement des esprits, avant la crise économique qui vient…

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Marc Rousset

La justice rendue d’une façon officieuse en France au nom d’Allah ou de l’humanité en lieu et place du peuple français, comme le remarque Éric Zemmour, des hélicoptères monétaires de la BCE demandés publiquement par les médias, des taux d’intérêts négatifs, du jamais vu dans l’histoire économique qui commence à préoccuper de nombreux responsables éclairés de grandes banques internationales…

Sans être un sachant infaillible politiquement correct, un citoyen normalement constitué, avec le plus élémentaire bon sens, peut se demander si nous ne vivons pas une époque d’esprits déréglés avec des idées saugrenues, ce qui caractérise toujours les périodes en ébullition pré-révolutionnaires ou de changement de régime politique, les krachs économiques les plus marquants dans l’histoire du monde.

Comme l’ont remarqué de nombreux chroniqueurs, les militants de Génération Identitaire qui avaient manifesté pacifiquement avec des pancartes « Défendre l’Europe », ont été condamnés injustement en première instance à 6 mois de prison ferme et 75 000 euros d’amende pour avoir soi-disant « créé une confusion avec la fonction publique » du contrôle de la frontière franco-italienne, au col de l’Échelle, ce qui est inexact.

Par contre la Cour de cassation a cassé la condamnation de Cédric Herrou, passeur d’immigrés clandestins, à 4 mois de prison avec sursis, prononcée par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, suite à un recours devant le Conseil constitutionnel qui a reconnu, en se fondant sur les préambules de 1946 et 1958, « un principe de fraternité » d’où découlerait « la liberté d’aider autrui dans un but humanitaire ».

En matière économique, l’ubuesque règne aussi de nos jours en maître ! Alors que l’économiste Milton Friedman dans son ouvrage « The optimum quantity of money » avait pris comme symbole imagé un hélicoptère qui pourrait lâcher de l’argent au-dessus d’une ville pour relancer l’économie, cette idée est reprise le plus sérieusement du monde sur BFM TV, par l’économiste Daniel Cohen dans Les Échos, par l’économiste Moritz Kraemer dans le Financial Times, par le vice-président Philipp Hildebrand du géant de gestion d’actifs Black Rock… L’idée, pour tirer d’affaire les décadents incapables en faillite, est de reconstituer le miracle de Jésus-Christ avec la multiplication des pains !

La BCE se transformerait en Père Noël qui distribuerait 1 000 euros pour chaque Européen, en créant en plus du « quantitative easing » non conventionnel par achat de titres obligataires pour les banques, davantage de fausse monnaie, sans aucune contrepartie à l’actif du bilan, qui serait distribuée directement aux Européens. Ceci, afin de relancer l’économie et si possible l’inflation, voire même l’hyper-inflation, afin de diminuer le poids de la dette des emprunteurs. Cet argent distribué représenterait la bagatelle de 340 milliards d’euros ! IL y aurait immédiatement une perte totale de confiance dans la monnaie, plus personne ne voulant garder ses euros qui deviendraient progressivement des bouts de papier sans valeur, semblables aux « Deutsche Mark » de 1923 dont les Allemands tapissaient leurs murs !

Tout aussi grave est le cri d’alarme des banquiers qui commencent à mettre en avant la folie des taux d’intérêts négatifs en Europe, les États-Unis s’y refusant jusqu’à ce jour. Ces taux négatifs et bas correspondent à un vol annuel pur et simple de 160 milliards d’euros pour les épargnants. Lors d’un séminaire organisé le 4 septembre par Handelsblatt à Hamburg, Christian Sewing, DG de Deutsche Bank a contesté l’idée émise par Christine Lagarde de continuer à baisser les taux d’intérêt négatifs, car cela devient trop dangereux pour les banques et car cela n’aurait pas de conséquences positives pour l’économie. Le plus grave, c’est que Sergio Ermotti, DG d’UBS, la première banque suisse, partage cette opinion. Sewing a même pu dire : « À long terme, les taux d’intérêt négatifs vont ruiner et mettre à bas le Système » !

Sont également du même avis : le Norvégien Yngve Slyngstad, DG de Norges Bank Investment Management, le Hollandais Kees van Djikhuizen, DG de la célèbre banque ABN Amro Bank NV aux Pays-Bas et Martin Zielke, DG de la très grande banque allemande Commerzbank. Pendant ce temps Macron ne fait rien contre l’invasion migratoire ni pour diminuer les dépenses publiques d’une France en faillite et se préoccupe du réchauffement climatique non provoqué par le C02 humain ainsi que des feux en Amazonie moins nombreux que les années précédentes, afin d’amuser la galerie !

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lundi, 02 septembre 2019

Récession : ceux qui cherchent à vous rassurer et ceux qui disent la vérité…

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Marc Rousset

La revue Capital, dans son dernier numéro de septembre, veille sur nous et tient à nous rassurer. Capital estime à 20 % de probabilité que « l’économie devrait reculer », à 60 % que « l’économie devrait ralentir » et à 20 % que « l’économie mondiale devrait repartir ». Mais ce que la revue oublie de préciser, c’est que, systématiquement, lors des sept dernières récessions, partout dans le monde, les médias ont toujours estimé à environ 20 % de probabilité la venue de ralentissements et de récessions, alors que les crises et les krachs ont toujours eu lieu dans les douze mois qui suivaient la courbe de l’inversion des taux de rendement aux États-Unis.

Capital nous précise que les organisations internationales ne prévoient pas de catastrophe avec un rebond de croissance à 3,6 % en 2020 pour l’OCDE, sans nous avouer que, même si elles en prévoient une, elles nous tiendront toujours des propos rassurants avec des chiffres optimistes tronqués. Un petit paragraphe de lucidité sur trois pages de texte est quand même là pour protéger le magazine au cas où les événements tourneraient au vinaigre : « Nous sommes loin d’être à l’abri d’une crise financière. Excès de liquidités, surendettement de nombreux acteurs, Bourses qui tutoient des sommets sans véritables raisons, banques en difficulté… les bombes sont nombreuses et prêtes à exploser. »

L’Argentine s’enfonce dans la crise avec une inflation de 55 %, un endettement public de 100 % du PIB, un rééchelonnement demandé pour 50 milliards de dollars de la dette, le classement par Standard & Poor’s des obligations argentines en catégorie spéculative, le spectre de la banqueroute et du défaut de paiement.

Au-delà des derniers discours apaisants de Trump et des Chinois, des droits de douane bien réels de 30 % au lieu de 25 % ont frappé, ce dimanche, 250 milliards de dollars de produits chinois et frapperont 175 milliards de dollars de produits supplémentaires à 15 %, le 15 décembre, soit, alors, la totalité des importations chinoises. Quant à la devise chinoise à 7,17 yuans pour 1 dollar, elle n’a jamais été aussi basse depuis onze ans pour contrer les droits de douane américains.

Mme Lagarde se déclare prête à soutenir l’économie avec de nouvelles mesures de la BCE car « l’expansion économique de la zone euro a ralenti récemment et les perspectives de croissance sont en baisse » : Lagarde veut encore baisser davantage les taux (négatifs depuis 2014) de rémunération des dépôts bancaires et le principal taux de refinancement, nul depuis mars 2016. Elle reconnaît, pourtant, que les taux bas ne sont pas la panacée car ils « ont des implications pour le secteur bancaire et la stabilité financière en général ».

Aux États-Unis, les dernières données de l’association ISM (Institute for Supply Management) mesurant l’activité manufacturière dans la région de Chicago laissent entrevoir un ralentissement général de l’activité économique et, toujours selon ISM, les entreprises ralentissent déjà leurs investissements. En Allemagne, les exportations reculent de 1,3 % au deuxième trimestre par rapport au premier, un rythme inédit depuis six ans. Selon le président de l’IFO (Institut für Wirtschaftsforschung/Institut pour la recherche économique), « les signaux indiquant une récession sont de plus en plus nombreux ».

Le taux de rendement des bons du Trésor à 30 ans est tombé à 1,906 %, un record historique. Le rendement à 10 ans (1,46 %) est, une nouvelle fois, inférieur à celui à 2 ans (1,50 %). Le compte à rebours avant la récession a commencé, selon l’économiste américain Tony Dwyer car « lors des sept derniers cycles économiques, chaque récession a été précédée d’une inversion de la courbe des taux ».

Le grand média chinois Global Times évoque le retour du standard or. Après un gain récent de 20 %, « une nouvelle hausse de l’or de 25 % pourrait se déclencher », selon les experts de Citi. La dédollarisation est en marche, l’or étant prêt à reprendre sa place de roi légitime sur le trône des valeurs refuges. Mark Carney, président de la Banque d’Angleterre, a lancé une bombe, lors de la grand-messe des banquiers centraux à Jackson Hole, en affirmant la nécessité d’un nouveau système monétaire, que le dollar allait perdre son statut de monnaie de réserve. Il n’y a qu’un seul véritable candidat pour le remplacer : l’or, vieux de 5.000 ans !

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dimanche, 25 août 2019

La Récession, annonciatrice du déluge, à nos portes

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Marc Rousset

Le lingot d’or a coté 44.049 euros à Londres ce vendredi 23 août tandis que les bourses continuent de chuter. L’énarque politiquement correct Alain Minc avoue que « ses certitudes sur l’économie s’effondrent » et ne trouve rien de mieux dans le Figaro du samedi 24 août que d’implorer un nouveau Keynes ou Friedman pour nous sortir miraculeusement d’affaire alors que nous l’avons déjà trouvé depuis longtemps avec le courageux, humble et génial Maurice Allais qui a été rejeté et même moqué par les médias. Alain Minc n’hésite même pas à manger publiquement son chapeau en recommandant l’immobilier, l’or et l’art comme placement !

Pas besoin d’un nouveau pape médiatique d’une nouvelle théorie monétaire moderne « bidon » pour aggraver la situation, ni d’un ridicule « aggiornamento complet de la pensée économique » comme le demande naïvement Alain Minc, mais tout simplement, comme en matière d’immigration, besoin impérieux de retour au bon sens, à la règle de trois et aux réalités ! Les peuples vont tout simplement payer la note effroyable, suite au manque de courage et à l’irresponsabilité des élites technocratiques qui ont pratiqué la fuite en avant du comblement du déficit public par la « planche à billets » (QE), ce que reconnait enfin Alain Minc, ces mêmes élites qui n’ont pas maîtrisé les dépenses publiques, tandis que les Etats et les entreprises continuent à s’endetter d’une façon irresponsable en raison de la baisse artificielle des taux par les banques centrales et des taux d’intérêt négatifs.

Suite aux pressions de Trump, il est probable que la Fed baissera encore de 0,25  ou 0,5 % son taux d’intérêt le 18 septembre. La guerre commerciale de Trump avec Pékin semble maintenant irréversible avec sa décision de frapper de taxes douanières élevées (30 % et 15 % selon la catégorie de produits), à partir des 1er septembre et 1er octobre, la totalité des 550 milliards de produits chinois importés aux États-Unis. La Chine avait en effet manifesté son intention d’imposer de nouveaux droits de douane, en représailles, aux 75 milliards d’importations américaines. Trump a 100 % raison vis-à-vis de la Chine, mais il risque d’échouer, car il devrait en fait taxer tous les pays émergents pour obliger les industriels américains à relocaliser aux Etats-Unis plutôt qu’au Vietnam.

Pour la troisième fois en huit jours, la courbe des taux d’intérêt sur les bons du trésor américain à 10 ans et 2 ans s’est inversée avec un écart irrationnel de -0,5 %, signe qui a toujours préfiguré une crise économique dans les 12 mois. Les marchés financiers sont déboussolés puisque « l’indice Vix de la peur » qui mesure la volatilité, s’est envolé brusquement de 12 à 25. Même l’Allemagne qui espérait obtenir 2 milliards d’euros sur des obligations à 30 ans et à coupon zéro, n’a finalement récolté qu’un peu plus de 800 millions d’euros.

Aux États-Unis, l’indice Markit d’activité manufacturière est passé en territoire négatif pour la première fois depuis la récession de 2009. Trump envisage déjà des baisses d’impôt face au spectre de la récession.Et l’Allemagne, selon la Bundesbank, pourrait entrer en récession, dès le 1er octobre, si la prévision de recul, pour le troisième trimestre, du PIB se confirme. Au premier semestre, les commandes allemandes de machines-outils ont chuté de 9 %. Les cours mondiaux des métaux industriels (cuivre, cobalt, lithium), signes de récession, sont en train de plonger (15 % pour le cuivre).

De plus, les entreprises gèlent leurs investissements partout dans le monde et seraient assises, selon Standard & Poor’s, sur une trésorerie gelée de 6.000 milliards de dollars, alors que 16.000 milliards de dollars d’obligations à rendement négatif ont déjà été émises. Dans les 8.000 milliards de dollars d’obligations émises par les entreprises américaines, il y a aujourd’hui 3.000 milliards de dollars de la catégorie à haut risque BBB, et 1.000 milliards de dollards d’obligations pourries, soit plus que le double de 2007. Dans les bilans des banques centrales, il y a pour 14.000 milliards de dollars d’obligations, suite au « QE » non conventionnel et ces dernières n’ont plus rien sous le pied pour relancer le crédit et baisser les taux d’intérêt lorsque la récession viendra.

Quant aux dépenses du gouvernement américain, elles ont augmenté de 30 % en un an avec un déficit supplémentaire chaque année de 1.000 milliards de dollars. Malgré des taux d’intérêt ridicules, le coût de la dette américaine va bientôt éclipser le budget militaire US le plus élevé du monde, (soit la moitié des dépenses militaires dans le monde). La récession est à nos portes et il ne manque plus qu’une étincelle italienne, iranienne, bancaire ou boursière pour déclencher le déluge !

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dimanche, 11 août 2019

Économie mondiale : récession et retour de l’or

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Marc Rousset

L’or est tellement inutile par rapport au dollar, comme nous l’ont répété inlassablement pendant des années l’Amérique et le politiquement correct, qu’aujourd’hui, tout le monde en veut. Le 7 août, l’once de métal précieux a passé le seuil des 1500 dollars : un sommet inconnu depuis le plus haut de 2013 et le plus bas de 2014, suivi d’une remontée continue et irrésistible en accélération rapide. Depuis le début du mois de juin, le cours s’est apprécié de plus de 15 %. Dans un monde en quasi-récession où l’argent ne rapporte plus rien, la « relique barbare » de Keynes retrouve son statut de « valeur refuge ».

Mario Draghi, lors de sa dernière conférence de presse à la BCE, avait confirmé « que la situation est inquiétante. On est en zone de vigilance rouge. » La croissance s’affaiblit en zone euro, plus particulièrement en Allemagne et dans le secteur manufacturier. L’Italie pourrait même connaître la récession en 2019, avec un taux de chômage de 28,1 % chez les 15-24 ans et une différence de taux d’emprunt de 2,35 % par rapport au taux allemand à 10 ans en raison de la crise politique. En Chine, on assiste à un premier repli en trois ans de 0,3 % en juillet des prix à la production, tandis que Pékin envisage des mesures de soutien supplémentaires.

Le monde assiste à une première qui n’a jamais existé dans l’histoire économique, à savoir la folie de l’argent gratuit et des taux d’intérêt négatifs. Tout le monde veut de l’inflation pour rembourser ses dettes en monnaie de singe et une dévaluation des taux de change pour vendre davantage aux autres pays.

La Banque du Japon et la BCE détiennent respectivement 50 % et 30 % des obligations émises par leurs gouvernements. Alors que les taux ne cessent de baisser, les obligations à rendement négatif ont dépassé, pour la première fois, la barre des 14.000 milliards de dollars, dont 1.000 milliards en augmentation accélérée pour les entreprises. Tout cela ne peut se terminer, compte tenu de la fragilité du système bancaire européen, que par un krach pire qu’en 1929, avec un effondrement de la monnaie style Zimbabwe ou Venezuela où le salaire mensuel actuel est inférieur à 8 euros.

Une guerre des devises démarre dans le monde, suite à la nouvelle arme chinoise de dévaluation de 7 yuans pour 1 dollar, nonobstant l’arrêt de l’achat de produits agricoles américains. Il est difficile de savoir si l’« usine du monde » Chine va résister ou s’effondrer, ne serait-ce que par le risque d’exode des capitaux. La stratégie de dévaluation est donc pour elle à double tranchant. La Chine pourrait, en revanche, augmenter la pression sur les États-Unis en réduisant sa montagne de 1.000 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Tout le monde veut également baisser les taux d’intérêt par crainte de la récession (Nouvelle-Zélande, Philippines, Inde).

Quant à l’inversion de la courbe des taux qui a toujours précédé une crise financière et économique aux États-Unis en 1990, 2000 et 2008, elle atteint aujourd’hui le chiffre record de -0,5 %, avec un taux américain à 10 ans de 1,75 %, contre 3 % à l’automne et un taux à court terme de la Fed de 2,25 %.

Les banques centrales européennes viennent de mettre fin à leur pacte sur l’or en s’engageant à ne plus en vendre. Depuis la crise financière de 2008, elles ont même été acheteuses nettes d’or, bien qu’en moins grandes quantités que la Russie, la Chine, la Hongrie, la Pologne, l’Égypte, le Kazakhstan, la Turquie et l’Inde. Durant la dernière décennie, les banques centrales ont acheté plus de 4.300 tonnes d’or, l’or ne représentant actuellement que 11 % des réserves mondiales.

Selon l’économiste Ambrose Evans-Pritchard, « petit à petit, le monde se dirige vers un standard or de facto, sans aucune réunion du G20 pour l’annoncer », ce qui conforte l’analyse des experts de JP Morgan Chase comme quoi le dollar est surévalué. Comme la livre sterling après les accords de Bretton Woods en 1945, le dollar perdra progressivement son statut de monnaie de réserve mondiale (61,7 % des réserves des banques centrales aujourd’hui). La chute du dollar pourrait commencer dès fin 2019, selon JP Morgan, au fur et à mesure que le prix de l’or continuera de s’envoler.

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mardi, 30 juillet 2019

Économie : ça sent la crise à venir de partout

ROUSSET PIERRE.jpgMarc Rousset

Tout va très bien… mais à Singapour (plaque tournante des échanges internationaux), signe avant-coureur : les exportations ont plongé de 17,3 % au mois de juin. Après la saignée en cours de 20.000 emplois chez Deutsche Bank, c’est au tour de la banque italienne UniCredit, soit 10.000 emplois, et du constructeur automobile Nissan, soit 12.500 emplois.

Si ces titres sont sanctionnés en Bourse, il n’en demeure pas moins que, dans le monde de l’économie financière, les mauvaises nouvelles de l’économie réelle déclinante telles que le PMI Flash de l’industrie manufacturière en zone euro – qui vient de tomber, le 24 juillet 2019, à 46,4, soit un plus bas de 79 mois – sont de bonnes nouvelles pour les boursiers. Les banques centrales sont, en effet, amenées à baisser les taux de crédit, à créer de la « monnaie de singe », à pratiquer la course à la dévaluation compétitive entre le dollar, l’euro, le yen et le yuan.

En Chine, la croissance est au plus bas depuis 1992, soit 6,2 % au premier trimestre, malgré l’injection, par la banque centrale, de 125 milliards de dollars dans le système financier. De son côté, le gouvernement chinois s’est engagé, en mars, à baisser de 265 milliards d’euros la pression fiscale et sociale sur les entreprises. La banque mongole Baoshang a dû être restructurée et placée, en mai dernier, sous le contrôle de la banque centrale et de la China Construction Bank, une première depuis 1999 qui amène à s’interroger sur le caractère bancal du secteur.

José Ángel Gurría, le secrétaire général de l’OCDE, a déclaré, le vendredi 12 juillet, à la CNBC, que sans les stimulations des banques centrales de ces dix dernières années, la planète serait « dans une posture bien pire aujourd’hui, mais elles sont aujourd’hui à court de munitions ». Mais, en fait, cette déclaration est fausse car lorsque les taux remonteront ou face à une récession qui s’annonce, les banques centrales n’auront d’autre solution que de créer des munitions artificielles en prêtant aux banques italiennes, en augmentant la masse monétaire, en déclenchant alors une inflation des produits quotidiens et non plus seulement des actifs boursiers et immobiliers. Aujourd’hui, le bilan de la Fed représente déjà 20 % du PIB américain, celui de la BCE, 35 % du PIB de la zone euro, et 100 % pour la Banque du Japon par rapport au PIB japonais.

Le FMI, la Banque mondiale et l’OMC, 75 ans après les accords de Bretton Woods du 22 juillet 1944, sont en pleine crise et doivent se réinventer. Les raisons sont les suivantes : déclin de la production des pays avancés amenée à passer de 50 %, aujourd’hui, de la production mondiale à environ un tiers, dans les 25 prochaines années, montée en puissance de la Chine impérialiste, décision catastrophique du président Nixon de mettre fin à la convertibilité du dollar en or, le 15 août 1971, conséquences calamiteuses pour l’emploi du libre-échange mondialiste en Occident. La dénonciation du traité TPP par l’Amérique en 2017 est le symbole du renoncement par le monde anglo-saxon au libre-échange, qui avait commencé en octobre 1947, lors de la signature du fameux accord « GATT ».

L’inflation avec remontée des taux d’intérêt et l’explosion immédiate de l’endettement peut aussi être générée par un embrasement dans le golfe Persique. La dette des entreprises, et non plus seulement des ménages et des gouvernements, n’a jamais été aussi élevée partout dans le monde. En France, elle représente 175 % du PIB, contre 135 % en 2008.

« Savoir pour prévoir et prévoir pour pouvoir », disait Auguste Comte. Il se trouve que nous sommes dirigés par des naïfs, des incapables, des peureux et des technocrates en matière économique, migratoire et climatique. La pantomime de l’adolescente Greta Thunberg ne pèse rien face au manifeste du professeur Uberto Crescenti, signé par 83 des plus brillants scientifiques italiens, nous annonçant que le CO2 n’est pas polluant mais nécessaire à la vie sur Terre, qu’il ne contribue en rien au réchauffement climatique provoqué exclusivement par la Lune, le Soleil et les oscillations océaniques. En matière économique, seule la misère humaine de l’explosion sociale à venir et l’or, sur le point de connaître un nouveau cycle haussier semblable à ceux de 1960-1980 et de 1990-2011, seront à même de démasquer l’irréalisme, la stupidité et la trahison des élites.

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dimanche, 21 juillet 2019

Vers l’apocalypse : stress tests bancaires « bidon » et entreprises « zombies »

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Marc Rousset

Les « stress tests » bancaires de l’Autorité bancaire européenne (ABE), basée maintenant à la Défense depuis qu’elle a quitté Londres, sont du « bidon » intégral et ont été officiellement critiqués par la Cour des comptes de l’Union européenne, selon un rapport publié mercredi dernier. Une véritable bombe ! Les médias en ont, évidemment, peu parlé et continuent de nous endormir avec les sempiternelles litanies d’histoires de taux et de « QE » de la Fed, de la BCE, de l’arrivée de la juriste Lagarde qui va miraculeusement sauver les meubles.

Ce n’est pas l’ABE qui calcule les ratios mais, ce qui est ahurissant, les banques elles-mêmes avec des calculs opaques non vérifiés ! Les banques les plus fragiles, les banques restructurées, les banques grecques et italiennes surexposées aux risques sont exclues des tests. Le nombre des établissements soumis aux tests a été divisé par deux en sept ans, soit aujourd’hui seulement 48 banques, contre 90 en 2011, et dans seulement 15 des 28 pays de l’Union europénne. C’est la raison pour laquelle les banques Bankia BFA, Dexia et Banco Popular ont été déclarées en faillite après le passage des inutiles « stress tests ».

Ces tests « hors-sol », pour ne pas affoler les populations, s’intéressent seulement à d’hypothétiques petites récessions à venir et non aux dures réalités de krachs et de descentes aux enfers. Ne sont pas pris en compte, également, ce qui relève de l’escroquerie pour faux bilan, les créances douteuses, appelées benoîtement « crédits non performants », les risques réels de liquidités plus graves et plus probables que les tests axés uniquement sur la solvabilité, comme l’a fait justement remarquer la Banque centrale d’Angleterre, ni les taux négatifs, qui représentent un danger mortel pour les marges des banques. Ce qui permet de faire oublier les 20.000 emplois supprimés dans le monde à la Deutsche Bank, en quasi-faillite, une autre bombe en puissance en Allemagne.

La seule information intéressante de l’ABE, c’est que les banques devront mobiliser 135,1 milliards d’euros de capital supplémentaire d’ici 2027 (demain, on rase gratis !), soit une augmentation minimale des fonds propres de 24,4 %, pour respecter les nouvelles exigences de la BRI (Bâle III).

Comme seule réponse aux observations de la Cour des comptes, la très politique ABE n’a rien trouvé de mieux que de dire qu’elle va réfléchir à ses critères pour les prochains tests prévus en 2020. Quant à Édouard Philippe, il a éludé ces révélations embarrassantes et a simplement exhorté la Commission à défendre les banques européennes face aux banques américaines, tout en plaidant pour l’union des marchés de capitaux dans la zone euro, un rêve souhaitable mais ne pouvant être réalisé que par des gens sérieux.

Et, cerise sur le gâteau, les entreprises zombies sont parmi nous. La zombification de l’économie est en marche. Une entreprise zombie, c’est tout simplement une entreprise cotée en Bourse dont le bénéfice avant impôt et intérêt (EBIT) est inférieur aux intérêts à payer, c’est-à-dire une entreprise non rentable, même avec les taux ridicules actuels. Selon la BRI, les entreprises zombies représentent 10 % des entreprises cotées en Bourse. Les banques préfèrent continuer à les financer que de constater les pertes de créances douteuses dans leur bilan. On imagine l’explosion à venir de ces entreprises si les taux d’intérêt augmentent. En ce qui concerne les TPE et PME, c’est encore plus catastrophique puisque la BCE estime que 30 % d’entre elles sont des entreprises déficitaires en zone euro, contre 20 % aux États-Unis, avec une dette financière des entreprises supérieure à celle de 2008, et 25 % au Royaume-Uni.

C’est la raison pour laquelle Ray Dalio, le fondateur de Bridgewater, le plus gros fonds américain d’investissement au monde, parti de rien et détenteur, aujourd’hui, d’une fortune de 18,4 milliards de dollars, vient de déclarer : « Nous entrons dans un nouveau paradigme, vendez vos actions et achetez de l’or. » Quant à Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du FMI de 2001 à 2003, il a pu dire : « Les systèmes tiennent souvent plus longtemps qu’on ne le pense, mais finissent par s’effondrer beaucoup plus vite qu’on ne l’imagine. »

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lundi, 15 juillet 2019

À l’aube d’un cataclysme financier, les Bourses dans le monde d’Alice au pays des merveilles

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Marc Rousset

L’anticipation de la baisse des taux d’intérêt par la Fed a pour conséquence une attitude plutôt sereine des Bourses. Portée par la Fed, celle de Paris a terminé en petite hausse de 0,38 %, ce vendredi 12 juillet. Mais si la Fed, poussée par Trump et les médias, diminue trop tôt ses taux d’intérêt déjà peu élevés, elle se retrouvera aussi dépourvue que la BCE lorsque la récession viendra. Les fondamentaux dicteront de nouveau leur loi aux marchés, plus tôt qu’ils ne le pensent.

C’est ainsi que l’économiste Philippe Béchade, dans une excellente interview à Sputnik France, avec de nombreux arguments à l’appui, vient de déclarer que « nous sommes dans un monde financier à la Lewis Carroll », que la situation économique est ubuesque, que les Bourses ont perdu toute connexion avec la réalité, qu’on ne se relèvera même pas d’une crise économique équivalente à 2008, étant entendu que, comme l’estiment l’économiste Jean-Luc Ginder, l’ancien vice-président du New York Stock Exchange Georges Ugeux et Jean-Claude Trichet, ancien président non laxiste de la BCE, la prochaine crise sera infiniment plus violente.

Aux États-Unis, sur le plan économique, Trump ne pourrait bien être qu’une gigantesque illusion. L’inflation, accélérée par des hausses supplémentaires de droits de douane, pourrait réapparaître, obligeant la Fed à augmenter ses taux alors que le choc fiscal de 2018 a dégradé structurellement les comptes publics avec un déficit de 5 %. Trump a soutenu artificiellement la croissance américaine en vidant les caisses de l’État. Le retournement inévitable à venir du cycle économique, de plus de dix ans déjà, laissera les États-Unis impuissants avec une contagion qui s’étendra au reste du monde.

En Chine, les exportations ont connu, en juin, une forte baisse, tandis que les importations ont poursuivi leur dégringolade. Au premier semestre 2019, les ventes d’automobiles – un indicateur économique très important – ont chuté de 12,3 % alors qu’elles avaient déjà diminué de 3 % en 2018. La Chine, malgré une production d’or très importante, a acheté et ajouté dix tonnes d’or à ses réserves, en mai 2019, pour le septième mois d’affilée. La récession n’est pas très loin en Chine, alors que ce pays vise à long terme la dédollarisation des transactions commerciales et un yuan adossé à l’or.

Le bouquet, c’est lorsque la BRI à Bâle, la banque centrale des banques centrales, vilipende le laxisme monétaire de ces dernières : « Ce qui est bon pour aujourd’hui ne le sera peut-être pas pour demain. Plus fondamentalement, les politiques monétaires ne peuvent être le moteur de la croissance. » La BRI s’inquiète du caractère de plus en plus risqué des actifs des caisses de retraite et autres institutions, qui peuvent engendrer des pertes massives et rapides lors de la prochaine récession.

La proportion, en 2010, des obligations les plus bassement notées dans les fonds spécialisés, de 22 % en Europe et de 25 % aux États-Unis, est passée à 45 % dans ces deux régions du monde. Les entreprises zombies – on pense à la holding Rallye, en France, du groupe Casino – sont, en moyenne, endettées de 40 % de plus que leurs pairs rentables. La rentabilité moyenne des banques, encouragées à accorder des crédits trop risqués, toujours selon la BRI, n’est pas brillante et plus basse que dans les années 2000.

Même la Banque de France, dirigée par le très politique Villeroy de Galhau, ancien président de la BNP, est obligée de sortir du bois pour attirer l’attention sur la situation explosive actuelle : les risques liés à l’endettement qui croît plus rapidement que la croissance, les prix trop élevés de tous les actifs, les marges trop faibles des banques, les risques des mutations structurelles du secteur financier (fermetures d’agences, passage au numérique, concurrence accrue, cybersécurité, etc.).

La France, avec sa dette publique de 2.358,9 milliards d’euros, court à la catastrophe. Macron ne fait pas d’économies, demande aux entreprises de faire des efforts (impôts sur les sociétés, crédit d’impôt recherche, etc.) et endette le pays non pas pour investir, mais pour régler des dépenses sociales, la gabegie de l’État, l’invasion migratoire, les contes de fées du C02 (gaz carbonique), oublieux qu’il faudra un jour rembourser le principal, même si les taux actuels sont très faibles ou négatifs.

L’or continue sa montée et vient de passer la barre des 1.400 dollars l’once. Nous connaîtrons, dans un premier temps, un krach financier mondial face à la récession généralisée et, à terme, la perte de confiance dans la monnaie, l’hyperinflation ainsi que l’effondrement du Système.

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dimanche, 07 juillet 2019

Lagarde, le candidat idéal à la BCE pour accompagner l’effondrement du Système

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Marc Rousset

17,8 % de hausse pour le CAC 40 depuis le 1er janvier 2019. L’AMF, gendarme de la Bourse de Paris, redoute une correction sur les marchés financiers : « Le ralentissement économique et les incertitudes politiques » sont toujours présents et l’extrême faiblesse des taux qui laisse peu de marge de manœuvre aux banques centrales incite à l’endettement avec risque accru d’insolvabilité.

Les mauvaises nouvelles en économie, suite aux actions correctrices des banques centrales, deviennent de bonnes nouvelles pour les boursiers, et inversement. Le monde boursier marche sur la tête. C’est ainsi que la bonne nouvelle de 224.000 emplois créés aux États-Unis, alors que l’attente était de 160.000, a fait très légèrement reculer, ce vendredi 5 juin, le CAC 40, le Dow Jones, le NASDAQ et le S&P. Tout comme Trump, les boursiers se réjouissent des taux d’intérêt bas générateurs de profits et d’un dollar faible qui permet d’exporter davantage.

Lagarde arrive à la BCE avec la réputation d’une colombe habile, politicienne qui sait bien naviguer, toujours bien orientée dans le vent. Elle est entrée dans la combine Tapie pour plaire à Nicolas Sarkozy et a réussi le tour de force d’être condamnée (pour négligence) sans être condamnée car la cour avait jugé que sa réputation internationale plaidait en sa faveur. La réalité, c’est que Lagarde a un simple vernis en économie, suite à ses fonctions en France et à la tête du FMI, mais fondamentalement, c’est une juriste qui s’appuie sur l’avis de ses collaborateurs car elle n’a aucune formation en économie, aucune expérience dans les politiques monétaires et n’a jamais dirigé une banque ou le moindre service bancaire opérationnel. Lagarde, c’est l’anti-Benoît Cœuré, Français hyper compétent, membre actuel du directoire de la BCE, qui a la malchance d’être un homme – nouvelle maladie du siècle.

Lagarde ne fait que confirmer la politisation et la perte d’indépendance de la BCE face au tsunami financier qui se prépare à l’horizon. Lagarde sera, en fait, la responsable de la communication de la BCE pour bien-pensants. Les banques centrales sont prises au piège des taux négatifs et des assouplissements quantitatifs à gogo. Sa mission consistera à endormir les foules, accorder des prêts LTRO aux banques italiennes insolvables, poursuivre la politique laxiste monétaire actuelle jusqu’à ce que tout explose. Lagarde a tout à fait sa place au milieu des absurdités de la théorie monétaire moderne.

Lagarde va imprimer de plus en plus de monnaie avec, comme contrepartie à l’actif de la BCE, le rachat d’obligations pourries des États, des banques et des entreprises en Europe. Lagarde va exceller à repousser l’explosion, mais elle sera le dos au mur, complètement désarmée si, malgré tout, la récession s’accroît dans le monde.

On risque, en fait, d’assister à un schisme au sein de la zone euro. D’un côté, les partisans de la baisse des taux d’intérêt négatifs de dépôts par les banques à la BCE de -0,4 % à -0,5 %, la reprise de l’assouplissement quantitatif au premier trimestre 2020. De l’autre côté, l’Europe du Nord et l’Allemagne, dont la dette publique est inférieure à 60 % du PIB, mais aussi tous les épargnants européens laminés et spoliés par la baisse des taux, ainsi que les banques européennes dont les marges sont tout autant laminées avec la politique des taux zéro. Chaque émission de monnaie supplémentaire par Mme Lagarde devra être considérée comme une destruction supplémentaire de la valeur de la monnaie euro, un baril de poudre supplémentaire susceptible d’exploser le jour J ! L’économiste de renom Jean-Luc Ginder, dans Le Huffington Post, n’a pas hésité à parler d’« une crise à venir trente fois plus puissante qu’en 2008 ».

En 2011-2012, la Grèce empruntait à 33 %, contre 2,8 % aujourd’hui, l’Italie à 7 %, contre 1,85 % aujourd’hui, tandis que l’Allemagne et la France en quasi-faillite, avec un endettement du PIB à 100 %, empruntent à des taux négatifs pour la première fois de leur histoire. Tout cela se terminera par l’effondrement de la monnaie et du Système, la ruine des épargnants, Mme Lagarde étant toujours à la tête de la BCE après avoir simplement retardé le plus longtemps possible le moment de l’explosion.

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dimanche, 23 juin 2019

Fuite en avant des banques centrales jusqu’à la catastrophe !

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Marc Rousset 

Les boursiers en redemandaient pour les cours des actions et des obligations, les gouvernements aussi, parce que sinon la banqueroute est inéluctable, alors le bon pasteur Draghi de la BCE a décidé de leur en redonner lors d’un séminaire à Sintra, le lundi 17 juin. La BCE va continuer à baisser les taux d’intérêt déjà anormalement bas et relancer le programme de rachat d’obligations dans les mois qui viennent.

Le message de la Fed, le mercredi 19 juin, a été identique, et confirmé, le jeudi 18 juin, par la Banque du Japon. Les trois grandes banques centrales sont donc désormais à l’unisson. Il en est résulté des taux d’intérêt de T-bond américain à 10 ans jusqu’à 1,99 %, pour la première fois depuis octobre 2016, un Bund allemand à 10 ans à -0,32 %, une obligation assimilable du Trésor (OAT) française à 10 ans tombée en terrain négatif à -0,002 % pour la première fois de son histoire et un rendement à 10 ans au Japon à -0,18 %.

Les banques commerciales qui déposent des liquidités à la BCE sont « démunérées » à -0,40 %, c’est-à-dire qu’elles payent pour placer leurs excédents de trésorerie. En août 2018, la BCE avait publié une note de recherche dans laquelle elle admettait que les taux négatifs sont susceptibles de générer une crise financière car ils sont mauvais pour les banques. Selon l’agence Bloomberg, 11.700 milliards de dollars d’obligations ont été émises dans le monde avec des taux d’intérêt négatifs ; nous sommes à un record historique. Les entreprises françaises (175 % du PIB) et les entreprises américaines (73 % du PIB) ne se sont jamais autant endettées. Sanofi a émis, en mars 2019, des obligations sur 3 ans à -0,05 % et le taux moyen des émissions de titres à court terme en 2018 de l’Oréal a été de -0,45 %

La vie à taux zéro est un paradis très artificiel. Gare au réveil, même si certains poussent des cris d’orfraie en dénonçant le caractère absurde de la situation. Il y a une chance sur deux, selon les économistes de JPMorgan Chase, pour que les États-Unis entrent en récession en 2020. La relance budgétaire entreprise par Trump en 2017 a épuisé ses munitions. L’économie américaine en est à son 120e mois de reprise depuis sa sortie de récession en juin 2009, ce qui en fait le plus long cycle d’expansion de son histoire depuis 1854.

L’économie américaine est très sensible aux retournements, tandis que 70 % des Américains ont moins de 400 dollars de trésorerie devant eux. C’est dire leur vulnérabilité, selon Jean-Pierre Robin, du Figaro. Durant les vingt dernières années, chaque récession fut la conséquence du dégonflage des bulles créées par la Fed. Il n’en ira pas autrement cette fois.

Les titres bancaires européens sont à nouveau dans la tourmente. Depuis mai 2007, l’indice STOXX 600 des banques en Europe a plongé de 75 %, soit son niveau d’octobre 1995. Courant 2015, la crise bancaire italienne a refait surface et, depuis 2018, Deutsche Bank et d’autres banques européennes recommencent leur descente aux enfers. Les banques italiennes en faillite ont été renflouées par l’État ou des confrères, ces dernières années, et seuls des prêts « LTRO » de la BCE, d’ici quelques mois, pourront encore prolonger leur agonie d’un an ou deux.

Le 3 juin, le titre Deutsche Bank a atteint son plus bas historique à 5,80 euros, soit une chute de l’action de 95 % depuis son pic de 2007, 36 % depuis un an. Sa capitalisation boursière n’est plus que de 12,5 milliards d’euros. Sa faillite entraînerait celle de toute l’économie allemande. Elle ne pourra être sauvée que par l’État allemand. La première banque allemande va donc devoir se délester de 50 milliards d’euros d’actifs toxiques (produits dérivés) dans une structure de défaisance – un super Crédit lyonnais, un super Lehman Brothers en perspective. Deutsche Bank se recentrera alors sur les services et la gestion de fortune en abandonnant les activités liées aux marchés financiers, après avoir payé 14,5 milliards d’amendes pour des pratiques condamnables, des accusations étant toujours pendantes pour blanchiment d’argent.

Tout cela n’est pas sans nous rappeler L’Étrange Défaite de Marc Bloch. Le jour de l’écroulement du Système, les Occidentaux, tout comme les Français en juin 1940, trahis par les naïfs, ne l’auront pas volé ! L’or vient de franchir pour la première fois la barre des 1.400 dollars l’once, au plus haut depuis 2013.

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dimanche, 16 juin 2019

Macron : la mouche du coche en économie, mais une invasion migratoire garantie

mouche-du-coche-691x475.pngMarc Rousset

Boulevard Voltaire

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Bruno Le Maire s’est gargarisé, ce vendredi 14 juin, des avancées obtenues par la France en prétextant qu’un accord avait été obtenu à Bruxelles sur le budget de la zone euro. Il s’agit, en fait, d’un hochet pour enfant, d’un gadget de consolation pour Macron, d’un accord a minima sur un fonds embryonnaire ridicule alors que les décisions clés sur son financement et sa gouvernance ont été reportées. La triste réalité, c’est que toutes les demandes de Macron pour un ministre de l’euro, pour un fonds important contre les chocs économiques asymétriques ainsi que pour un fonds européen de garantie des dépôts ont été purement et simplement rejetées.

Le nom même de budget de la zone euro a complètement disparu. L’Eurogroupe l’a intitulé – ce qui est tout un symbole – « Instrument budgétaire de convergence et de compétitivité » avec « BICC » comme acronyme anglais. Adieu, les centaines de milliards d’euros rêvés par Macron. Le montant envisagé, sur sept ans, de cet instrument budgétaire sera de l’ordre de 17 ou 40 milliards d’euros et personne ne sait encore s’il sera financé par les États ou par une taxe européenne « Tobin » sur les transactions financières. L’enveloppe ne sera pas opérationnelle avant 2021 et, d’ici là, un tsunami financier mondial sera passé par là.

Macron ne fait que bénéficier des taux d’intérêt français au plus bas historique à 0,094 % sur 10 ans alors qu’ils s’élevaient à 9,8 % en décembre 1990. La réalité Macron, en économie, c’est la construction de logements en France qui pique du nez : 398.100 mises en chantier ont été enregistrées en 2018, soit une baisse de 7 % par rapport à 2017. Et rebelote, début 2019, avec 90.300 mises en chantier entre janvier et mars 2019, soit une nouvelle baisse de 7,8 %.

Macron, c’est le ralliement à la politique catastrophique de la demande contrairement à Hollande qui, avec son fameux CICE, avait eu, en fin de mandat, l’intelligence de se rallier à la politique de l’offre des entreprises. Suite au mouvement des gilets jaunes, Macron a en effet prévu de distribuer près de 20 milliards d’euros aux Français alors que, comme vient de le faire remarquer Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, « la France est dans une impasse budgétaire ». Ces 20 milliards auraient dû être utilisés plutôt pour un nouveau choc d’offre afin de faire baisser structurellement le chômage, pour le plus grand bénéfice de ces mêmes gilets jaunes dont les revendications consécutives à leur paupérisation sont entièrement fondées.

« La France qui cloche » de Macron, c’est l’évolution des effectifs dans la fonction publique, hors contrats aidés, qui sont passés de 3.900.000, en 1980, à 5.525.700, de nos jours. Macron est même revenu sur son engagement de les diminuer de 120.000 pendant son quinquennat. Bruxelles souligne que les mesures d’économies durables promises dans le cadre d’« Action publique 2022 » lancée en grande pompe, dès 2017, n’ont toujours rien donné. Le ratio de dépenses publiques sur PIB de 56 %, en 2018, est toujours le plus élevé de toute l’Union européenne, sans perspective véritable de diminution, contrairement aux promesses Macron d’une réduction de 3 % d’ici 2022.

Selon l’OCDE, les Français travaillent deux fois moins que les Coréens. La quantité de travail par habitant est de 634,8 en France, contre 728,7 en Allemagne, 830,3 aux États-Unis, 1.048,5 en Corée. Macron reconnaît que les Français travaillent moins dans une vie tout entière, et moins rapporté à l’année. La retraite à points afin de casser les reins aux régimes spéciaux privilégiés est une excellente chose, mais le plus important, c’est de reculer l’âge de départ à la retraite à 65 ans, soit par incitation, soit par voie légale, ce qui serait encore plus simple et efficace car économiquement, démographiquement indispensable, et moralement nécessaire en raison de l’allongement et de l’amélioration des conditions de vie.

Macron, en économie, c’est beaucoup de vent et de « en même temps », peu de résultats mais, a contrario, une invasion migratoire garantie de 460.000 extra-Européens par an, dont 50.000 mineurs sans test osseux, avec en prime la PMA pour tous !

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lundi, 10 juin 2019

Économie : droit dans le mur sans frein et sans marche arrière !

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Marc Rousset

Le fossé se creuse entre les économistes et les boursiers avides de création monétaire, de dépenses publiques incontrôlées, de déficits publics et de bas taux d’intérêt. L’analyste financier Bo Polny prédit pour 2019 « le plus gros krach de toute l’histoire, une réplique de la grande crise financière de 1929 » tandis que, pour l’analyste suisse Egon von Greyerz, « l’inévitable crise financière mondiale approche à grands pas ». Jean-Claude Trichet, ex-président de la BCE, estime « la situation aussi dangereuse qu’en 2007 » tandis que Nouriel Roubini, qui avait prédit le krach de 2008, et Georges Ugeux, ancien numéro 2 de la bourse de New York, voient venir un « tsunami sans précédent » en 2020.

Vendredi, le CAC 40 a flambé de 1,62 %, clôturant à 5.364, car la BCE et la Fed ont annoncé de nouvelles baisses ou une stabilisation des taux d’intérêt et plus de création monétaire à venir. Les États-Unis ont pourtant créé, en mai 2019, 75.000 emplois non agricoles, au lieu de 180.000, et la production industrielle allemande, en avril, était en recul de 1,9 %. L’économie ne rassure pas, tous les chiffres sont mauvais, l’inversion de la courbe des taux d’intérêt annonciateurs de crises se poursuit de plus belle aux États-Unis, avec des taux à 10 ans en chute libre à pratiquement 2 %, mais la Bourse monte ! Selon Didier Saint-Georges, de la société Carmignac, « les marchés se sont habitués depuis 10 ans à ce que les banques centrales transforment d’un coup de politique monétaire magique toute mauvaise nouvelle économique ou politique en bonne nouvelle pour la Bourse ».

Le président de la Fed admet que le retour des taux bas et des « QE » est inévitable : « Cela arrivera à nouveau », a déclaré Powell. Et le plus grave, c’est lorsqu’il affirme qu’« il est peut-être temps de supprimer l’adjectif non conventionnel pour combattre la crise ». Les mesures exceptionnelles deviennent la norme, les taux zéro aussi, face aux risques de krach et de récession. Rebelote avec Draghi, président de la BCE, qui repousse toute hausse des taux à juin 2020, annonce de nouveaux prêts TLTRO (targeted longer-term refinancing operations) pour les banques italiennes, sans les nommer, et la reprise si nécessaire de la planche à billets « QE ». « Pousse-au-crime », selon Jean-Pierre Robin, du Figaro, pour « les États qui s’enfoncent dans la dette publique alors que les épargnants sont lessivés par des taux inférieurs à l’inflation ».

Les bas taux d’intérêt ont un effet provisoire anesthésiant rendant la hausse de la dette indolore tout en contribuant aux bulles boursières et immobilières. Une simple hausse de 1 % des taux d’intérêt renchérirait de 2 milliards d’euros le coût des intérêts d’emprunts la première année, puis de 4,7 milliards la seconde, puis de 19 milliards au bout de 5 ans, selon les calculs du Trésor. 5 % de plus de taux d’intérêt, c’est-à-dire le taux d’intérêt normal à long terme de 6 %, et la France est en faillite !

Il suffirait que la valeur des actifs des banques baisse de 5,5 % pour que la plupart deviennent insolvables. Quid en cas de krach obligataire ou boursier de 40 à 50 % ? L’endettement mondial continue d’exploser, la « finance de l’ombre » ne cesse de grossir, les banques centrales continuent à injecter des milliards dans l’économie qui alimentent les bulles financières artificielles. Un krach obligataire entraînerait une remontée à la verticale des taux d’intérêt qui sera un jour inévitable, et beaucoup d’entreprises ont bénéficié de crédits à taux variables.

Il est impossible de prévoir d’où viendra l’étincelle qui mettra le feu aux poudres (Italie, Chine, Moyen-Orient, krach financier, faillite d’une banque). Une seule chose est certaine : les États sont tous hyper-endettés. La relance budgétaire ne sera donc pas possible tandis que les banques centrales ne pourront plus baisser les taux d’intérêt, déjà à zéro ou négatifs, mais seulement faire fonctionner la planche à billets comme l’Allemagne en 1923 et le Venezuela aujourd’hui. Dès que l’économie se fracassera  contre le mur, ce ne pourra donc être que l’hyperinflation, l’écroulement du Système, la fin du dollar. L’or sera le seul outil possible et crédible de reconstruction d’un nouveau système financier et monétaire. Depuis quelques jours, l’or, bien que manipulé par l’Amérique, est reparti à la hausse, à près de 1.340 dollars l’once.

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mercredi, 05 juin 2019

Accélération de la dégradation de l’économie mondiale

ROUSSET M 1.JPGMarc Rousset

Dans son interview du samedi 1er juin au Figaro, Yves Perrier, directeur général d’Amundi, premier groupe européen de gestion d’actifs, a admirablement bien résumé la situation de l’économie mondiale : « Nous sommes à la fin d’un cycle d’une quarantaine d’années de baisse des taux d’intérêt et de l’inflation. La crise financière qui était née d’un excès de dette a été traitée par encore plus de dette. Cette situation n’est tenable que grâce au niveau très bas des taux d’intérêt. C’est comme si nous étions sur un sentier de montagne bien balisé mais avec mille mètres de vide sur les côtés. Ce sentier, c’est la croissance économique balisée par les banques centrales. Et le vide, c’est la dette qui, de temps à autre, donne le vertige. »

Après la Chine, afin de s’opposer aux immigrés clandestins, Trump s’est attaqué au Mexique en imposant des droits de douane de 5 % avec des menaces d’extension à 25 %. L’effet est dévastateur pour le circuit automobile intégré dans les deux sens sur tout le continent américain. Le peso mexicain a dévissé de 3 %, le jeudi 30 mai, et il est probable que le Mexique entre en récession.

Aux États-Unis, l’inversion de la courbe des taux s’aggrave. Les marchés délaissent les actions, achètent des obligations, ce qui entraîne la baisse des taux d’intérêt, car ils pensent que l’économie mondiale (doux euphémisme) est seulement en train de freiner. Tous les taux d’intérêt des échéances entre 1 an (2,22 %) et 10 ans (2,13 %) sont devenus inférieurs aux taux à court terme, allant d’un mois (2,36 %) à 6 mois (2,36 %). Seul le 30 ans, à 2,57 %, reste très légèrement supérieur aux échéances courtes. Les marchés d’actions ont chuté, affichant des baisses de 7 % à 8 %, sur l’ensemble du mois de mai, aux États-Unis comme en Europe.

C’est la première fois que la courbe des taux américains montre autant de cas d’inversion simultanés depuis 2007, veille de la grande crise économique des crédits « subprimes ». Le spectre de taxes à 25 % sur la totalité des marchandises importées de Chine et le placement, par Trump, du groupe chinois Huawei sur une liste noire relancent de plus belle les craintes de récession.

Le taux de référence de la zone euro a fini, vendredi 31 mai, à son nouveau plus bas historique, négatif, de -0,213 %. Il est probable que l’on assiste à une nouvelle baisse des taux directeurs par la Fed d’ici fin décembre, actuellement à 2,25 %-2,50 %. Les chances d’abaissement du taux négatif de dépôt par les banques à la BCE, d’ici le 1er trimestre 2020, actuellement de -0,4 % pour inciter les banques à faire crédit, sont de plus de 70 %.

De son côté, la Chine, en réponse à l’offensive de Trump, va créer aussi une liste noire d’entreprises étrangères non fiables. Par ailleurs, 5.410 produits américains déjà pénalisés, pour une valeur de 60 milliards de dollars, seront taxés, le samedi 1er juin, à hauteur de 10, 20 ou 25 %. Et alors que la Chine brandit la menace d’un arrêt des exportations de terres rares, matériaux stratégiques, le Pentagone veut réduire sa dépendance, ce qui ne sera pas possible avant 2022 !

Embourbée dans ce bras de fer commercial, la Chine a vu son excédent commercial fondre de plus de moitié entre avril (13,8 milliards de dollars) et mars (32,64 milliards de dollars). Les trois quarts des entreprises américaines en Chine sont déjà pénalisées par les tracasseries chinoises (inspections diverses, arrêt des achats, difficultés des dédouanements, etc.). Plus de 40 % des entreprises américaines envisagent de délocaliser leurs sites en Chine dans les États asiatiques (37 %), au Mexique (11 %), Europe (3,8 %). Moins de 6 % envisagent de transférer leurs usines chinoises aux États-Unis.

Le paradoxe, c’est que l’excédent commercial chinois avec les États-Unis est resté stable, en avril, à 21 milliards de dollars, contre 20,5 milliards en mars. Les importations en Chine en provenance des États-Unis ont, en effet, plongé de 25,7 %, ce dont s’alarment agriculteurs et industriels américains.

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samedi, 18 mai 2019

Les Bourses mondiales prises au piège dans un champ de mines

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Marc Rousset

Les Bourses mondiales jouent au yo-yo depuis deux semaines, au gré des rebonds de la guerre commerciale sino-américaine, des inquiétudes sur la croissance, avec en toile de fond de nombreux fondamentaux économiques qui sont toujours aussi catastrophiques. En fait, les marchés financiers sont périodiquement rattrapés par les réalités et la peur gagne du terrain. Le VIX (Volatility Index), appelé aussi indice de la peur, qui mesure la volatilité à Wall Street a progressé de plus de 25 %, ces derniers jours.

Après l’échec des pourparlers sino-américains et les hausses de droits de douane, la Chine n’a pas hésité, à son tour, à taxer 60 milliards de dollars d’importations américaines. Le ton devient de plus en plus belliqueux et la Chine se dit prête à mener cette guerre. Un accord est toujours possible d’ici quelques mois entre Trump, qui est en position de force, suite au déséquilibre commercial USA/Chine de 383 milliards de dollars en 2018, et Xi Jinping, mais ce ne sera qu’un accord de façade.

La réalité, c’est que la guerre commerciale et technologique, avec comme enjeu la domination du monde, a été déclarée par Trump et que rien ne pourra plus l’arrêter. Trump vient de surenchérir en tentant de neutraliser la société Huawei, acteur incontournable des réseaux mobiles et de la 5G. Trump souhaite priver l’équipementier chinois de la technologie américaine afin de l’asphyxier.

La Chine dispose, cependant, de l’arme atomique pour faire plier Trump, en vendant son énorme portefeuille de bons du Trésor américain qui s’élève à 1.130 milliards de dollars, soit 17,7 % de la dette publique américaine, ce qui entraînerait l’effondrement du dollar, mais en même temps la revalorisation du yuan, ce qu’a toujours voulu éviter Pékin, en maintenant un taux de change bas du yuan afin de favoriser ses exportations. Il faudrait aussi que la Chine ait préalablement réduit sa dépendance au marché américain. De plus, Pékin se tirerait une balle dans le pied, suite à la perte de valeur de ses obligations en dollars toujours détenues. La vente en masse d’obligations américaines par la Chine correspondrait à une guerre économique totale et à la mise à mort de Wall Street.

Au cours des quatre premiers mois de l’année 2019, selon l’agence Bloomberg, les entreprises chinoises ont fait défaut sur leurs obligations nationales pour un montant de 5,2 milliards d’euros, soit un chiffre trois fois supérieur à celui de 2018. Un krach obligataire n’est donc pas exclu en Chine, même si l’État chinois fera tout pour l’éviter.

En Italie, les taux d’emprunt de l’État sont repartis à la hausse après les déclarations suicidaires de Salvini sur le déficit : « Dépasser la limite de 3 % ? Il est de mon devoir de nous affranchir de quelques contraintes européennes qui affament des millions d’Italiens. Non seulement de la limite du déficit à 3 % du PIB, mais aussi des 130-140 % de la dette publique. Ce n’est pas un droit, c’est un devoir. » Salvini a déjà menacé, il y a quelques mois, de prendre le contrôle des réserves d’or du pays. Le résultat a été immédiat : la différence entre les taux d’emprunt à dix ans de l’État italien avec ceux du Bund allemand est monté à 2,92 %, son plus haut niveau depuis décembre 2018, lors du bras de fer avec Bruxelles.

Avec 0,1 % de croissance en 2019, dans un pays où les banques sont très fragiles et où le PIB par habitant stagne depuis dix-huit ans, le déficit italien pourrait atteindre 2,5 % en 2019 et 3,5 % en 2020. Suite aux tensions entre la Ligue et le M5S, l’Italie pourrait se diriger tout droit vers la chute du gouvernement en juin et un retour aux urnes le 29 septembre au plus tard. À noter que la crise italienne n’est que la partie visible de l’iceberg européen. Des menaces pèsent aussi sur le Portugal, la Grèce, l’Espagne et la France. En Grèce, on n’a fait que reporter les dettes de dix ans.

La BCE, elle, ruine les épargnants avec des taux d’intérêt ridicules, paie les banques avec des taux d’intérêt négatifs pour qu’elles prêtent à une économie atone, masque l’insolvabilité des États déficitaires qui, comme la France de Macron ne contrôle plus les dépenses publiques, préserve de la faillite un grand nombre d’entreprises non rentables et prépare l’opinion à une fuite en avant vers la création monétaire, ce qui conduira à l’hyperinflation et à l’écroulement final.

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dimanche, 05 mai 2019

Économie : le Système ne sait plus quoi inventer pour sauver sa tête

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Marc Rousset

Les épiphénomènes médiatiques des variations des taux de croissance sont l’arbre qui cache la forêt, les somnifères pour endormir les foules, en oubliant les éléphants dans le couloir. Qu’au premier trimestre 2019, l’Italie soit à 0,2 % de croissance, que la zone euro soit à 0,4 % de croissance, que les 263.000 créations d’emploi aux États-Unis aient dépassé le consensus en avril ne change rien à la situation catastrophique de l’Italie, à la fragilité de la zone euro et des États-Unis, car ces rebonds ne seront probablement pas durables. Les hirondelles médiatiques ne feront jamais le printemps.

Les médias ont découvert une pseudo-« théorie monétaire moderne » qui consiste tout simplement, comme Macron et la BCE, à raser gratis en faisant fonctionner la planche à billets, en augmentant les dettes et les déficits, en baissant les taux d’intérêt, alors que la monnaie, l’investissement et la vie économique ne peuvent reposer que sur la confiance dans la monnaie, la non-banqueroute à venir d’un État. Une variante de cette « TMM » est la plaisanterie de l’hélicoptère monétaire, l’« assouplissement quantitatif pour le peuple »», qui consisterait, pour une banque centrale, à créer de la monnaie et de la distribuer aux citoyens sans avoir aucun actif en contrepartie. En fait de miracle économique, ce serait le début de la faillite et de l’hyperinflation. Le président actuel de la BCE, l’acrobate italien Mario Draghi, plutôt que de la rejeter purement et simplement, a pu dire que cette éventualité serait examinée. Le nouveau miracle du XXIe siècle avant la catastrophe, ce ne serait plus Jésus multipliant les pains mais la BCE qui verserait 150 euros par mois à tout le monde !

David Andolfatto et Jane Ihrig, deux économistes américains de la Fed de Saint Louis, ont imaginé, de leur côté, une nouvelle opération de « standing repo facility » (un « repo » consiste en une mise en pension de titres contre du numéraire avec un rachat à terme) qui permettrait aux banques d’échanger à la Fed leurs bons du Trésor contre des réserves liquides, ce qui équivaudrait à augmenter automatiquement, selon le seul bon vouloir des banques, la création monétaire par la Fed. Ce serait donc un nouveau type de « QE », un rafistolage financier qui diminuerait, en apparence seulement, le bilan de la Fed, car les banques diminueraient leurs réserves à la Fed, moins bien rémunérées (0,04 %) que les bons du Trésor.

Mais la triste réalité, c’est qu’un État qui crée des dettes et imprime de la monnaie sans valeur ment à son peuple et le conduit vers le précipice. De 1970 à 2008, il fallait, aux États-Unis, 0,77 dollar de dette publique pour produire 1 dollar de PIB. De 2008 à 2019, il a fallu 4 dollars de dette pour produire 1 dollar de PIB. Selon l’économiste Patrick Artus, « une remontée des taux provoquerait une crise de grande ampleur ». La faiblesse de l’inflation sur les biens et les services, pas sur les actions et l’immobilier (bulles), justifie en apparence les taux bas de la Fed et de la BCE, mais quid si l’inflation repart ou si la récession arrive ? L’État japonais, les États européens, les États-Unis et les agents économiques dans le monde seront incapables de résister à une remontée des taux ou à une récession.

L’autre triste réalité, c’est que les banques centrales continuent à acheter de l’or et à dédollariser leurs réserves. Depuis 1971, les banques centrales n’obligent plus les exportateurs à leur céder leurs dollars. 3.603 milliards de dollars sont donc détenus par des entreprises ou des particuliers sous forme de dollars électroniques dans le système bancaire américain (euro-dollars). La Chine, elle, échange ses dollars contre des actifs tangibles dans le monde. Au premier trimestre 2019, la demande d’or des banques centrales (Inde, Russie, Chine, Kazakhstan, Iran, Turquie) a progressé de 68 % par rapport à 2018, pour atteindre 145,5 tonnes. La Bundesbank et les Pays-Bas continuent à rapatrier leurs lingots des États-Unis, tandis que la Turquie a terminé l’évacuation de son or en avril 2018. L’or représente, à ce jour, 70 % des réserves monétaires de l’Allemagne et des États-Unis. Ce n’est donc pas une relique barbare alors que le dollar, malgré les manipulations du cours de l’or par les États-Unis, perd progressivement son statut de monnaie de réserve. L’or, qui valait 35 dollars l’once en 1971, vaut aujourd’hui 1.300 dollars l’once et pourrait connaître un nouveau cycle haussier de longue période.

Source Boulevard Voltaire cliquez là

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mardi, 30 avril 2019

Économie : les fondamentaux dans le monde se rient des illusions boursières

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Le CAC 40 a progressé de seulement 0,21 %, le NASDAQ de 0,34 %, le Dow Jones de 0,31 %, ce vendredi 26 avril, car les Bourses sont aux aguets, conscientes que trop de fondamentaux posent problème dans le monde. En Grèce, après huit années de coupes drastiques dans les salaires et les retraites, quatre ménages sur dix sont dans l’incapacité de rembourser leurs dettes. Les créances douteuses dépassent 93 milliards d’euros, selon la Banque de Grèce.

La Chine ne pourra pas sauver, cette fois-ci, les économies occidentales. Des doutes sont permis sur le dernier chiffre de croissance publié (6,4 %) car les exportations vers la Chine du Japon, de Corée, Singapour, d’Indonésie et de Taïwan ont chuté respectivement de 9,4 %, 8,2 %, 8,7 %, 22 % et 27 %. La banque japonaise Nomura ne croit pas à un rebond mais à un gonflement des statistiques passées par l’État central et les gouvernements locaux. Si le PIB réel chinois n’est que de 75 % du PIB annoncé, cela signifie que le taux d’endettement global du pays est de 400 % et non plus de 300 %.

L’augmentation des crédits de 430 milliards de dollars, en mars dernier, et les baisses d’impôts récentes de 300 milliards de dollars ne semblent plus faire effet. Selon le FMI, la Chine doit émettre maintenant 4,5 yuans de crédit pour un yuan de croissance, contre seulement 3,5 en 2015 et 2,5 en 2009. L’empire du Milieu semble se diriger plutôt vers des taux de croissance de 4,5 %, ce qui ne sera pas sans conséquences boursières.

En France, le prix de l’immobilier va bientôt dépasser les 10.000 euros du mètre carré à Paris, soit une hausse de plus de 50 % en dix ans ; cela n’est jamais que la finalisation d’une bulle immobilière avec une multiplication des prix de 2,38, entre 1995 et 2015, dans l’ensemble des pays de l’OCDE, tandis que le coefficient d’inflation était de seulement 1,8. Selon le FMI, les prix évoluent de concert partout dans le monde, ce qui rend plus forte la possibilité d’un krach. La BCE remarquait même, fin février, lors d’un colloque au Luxembourg, que « plus des deux tiers des 46 crises bancaires systémiques ont été précédés d’épisodes de boom et de chute des prix immobiliers ». En précisant que, dans tous ces cas, les chutes de PIB ont été « trois fois plus importantes » que pour les récessions sans effondrement des prix.

L’immobilier constitue la principale richesse des ménages, tandis que les prêts hypothécaires représentent 85 % de leurs dettes. L’immobilier n’a pas de valeur intrinsèque en soi car sa valorisation dépend des taux d’intérêt à long terme, ridiculement bas à l’heure actuelle, suite à l’action de la BCE. À Berlin, les loyers ont doublé en dix ans, tandis qu’ils progressaient fortement dans les autres grandes villes allemandes.

Tous les programmes de « Quantitative Easing » (QE) monétaire dans le monde (BCE, Fed, Japon) sont dans une impasse, avec impossibilité de passer la marche arrière. Aux États-Unis, la masse monétaire est passée de 1.000 milliards à 4.000 milliards de dollars, entre 2008 et 2014, suite à l’achat massif, par la Fed, de bons du Trésor et de titres hypothécaires, une première dangereuse dans l’histoire économique du monde. Une économie saine doit reposer sur une épargne solide, la production réelle et non pas sur la consommation ainsi que sur une dette monétisée de façon artificielle par les banques centrales.

L’inversion, en mars, de la courbe des taux aux États-Unis est aussi très préoccupante puisque les taux des titres du Trésor à court terme sont passés au-dessus des emprunts souverains à long terme. Cela signifie que les marchés s’inquiètent pour l’avenir immédiat plus que dans dix ans, que survivent des entreprises zombies endettées et non rentables, que l’endettement continue d’augmenter d’une façon accélérée en raison des taux bas. C’est la raison pour laquelle il y a eu ralentissement économique et krach aux USA ainsi qu’en Europe en 1990, 2000 et en 2008, lors de la dernière grande crise financière.

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dimanche, 21 avril 2019

Après le krach, réévaluation de l’or et « Gold Exchange Standard » multidevises

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Marc Rousset

Olivier Blanchard, l’ancien chef économiste du FMI, avec des propos toujours surprenants pour défendre le Système, a découvert l’eau chaude début janvier 2019, devant l’Association des économistes américains : puisque les taux d’intérets sont bas, la dette publique de 250.000 milliards de $ dans le monde, soit 3 fois le PIB mondial de 80.000 milliards de $, et, selon le FMI, 103 % du PIB des pays riches au lieu de 71 %, il y a 10 ans, n’est peut-être qu’un problème accessoire ! Mais quid des « gros problèmes en cas de remontée des taux » ? selon Christine Lagarde, DG du FMI.

Georges Ugeux, ancien VP du NewYork Stock Exchange, qui prédit « une descente aux enfers de la finance » vient de déclarer : « Je crois que nous sommes de nouveau dans une période de déni. » Villeroy de Galhau, ancien Président de BNP-Paribas, aujourd’hui président de la Banque de France, lui aussi défenseur du Système, ne trouve rien de mieux à nous dire que la politique monétaire doit rester laxiste avec un taux directeur de la BCE à 0 % qui ruine les épargnants et va installer durablement les taux publics d’emprunts allemands en territoire négatif tandis que les taux d’obligations des entreprises en zone euro s’élèvent en moyenne à 0,6 %, soit dix fois moins qu’un taux juste et normal.

En fait, on va tout droit vers la récession avec un krach à la clé. L’indice PMI flash manufacturier en zone euro s’est contracté pour le deuxième mois consécutif en avril à 47,8, l’Allemagne se situant encore plus bas à 44,5. Le PIB allemand devrait progresser de seulement 0,5 % en 2019. Le sauvetage bancaire de la Deutsche Bank, avec un bilan de 48.000 milliards de $, soit 24 fois le montant de la dette publique allemande, ferait exploser la dette de 64,1 % à environ 90 % du PIB. Quant à la France, incapable avec Macron de faire des réformes structurelles, d’élever l’âge de départ à la retraite, elle doit s’inquiéter aussi de son endettement privé de 133 % du PIB (59,1 % pour les ménages et 74,1 % pour les entreprises. Selon le ministre russe des finances, Anto Silouanov, « le risque d’une récession mondiale est très élevé ».

C’est peut-être dans une Chine qui soutient la croissance de 6 % en 2019, comme un pendu sur son tabouret, que tout va se jouer. Le marché automobile chinois a reculé pour la première fois en 2018 à 26,3 millions de véhicule, avec un taux d’utilisation des usines inférieur à 57 %. La pression fiscale et sociale sur les entreprises va être abaissée de 265 milliards d’euros tandis les banques chinoises ont prêté au premier trimestre la somme record de 766 milliards d’euros, soit davantage que le PIB de la Suisse, pour les infrastructures. Le surendettement des entreprises atteint déjà 150 % du PIB. La croissance chinoise est, en fait, gonflée artificiellement à coup de crédits garantis par l’État et l’on peut aussi avoir des doutes sur les statistiques officielles camouflant les fragilités structurelles.

Pendant ce temps, les banques centrales (Chine, Russie, Kazakhstan, Turquie) continuent d’accumuler du métal jaune (90 tonnes durant les deux premiers mois de l’année 2019). Après le krach ou l’effondrement monétaire à venir, il est probable qu’un panier de plusieurs monnaies adossées à l’or réévalué remplacera l’étalon $. La révolution silencieuse Bâle III par les « gnomes de Zurich » a déjà commencé le 29 mars 2019 puisqu’il a été décidé de placer l’or de l’actif des banques centrale, non plus en troisième catégorie, à 50 % de sa valeur, mais en première position à 100 % de sa valeur, soit une première réévaluation comptable du métal jaune plaçant l’or avant le dollar. Et dès le 1er janvier 2022, les banques centrales auront le droit de garder jusqu’à 20 % de leurs actifs en or, argent ou platine. Le loup du système de change fixe avec l’or comme monnaie internationale est donc déjà bel et bien entré dans la bergerie dollar. Soyons certains que L’Amérique fera tout pour défendre bec et ongles le privilège de l’étalon $ mis en place à Bretton Woods en 1945.

Un calcul simpliste démontre cependant que la crise de l’hyper-endettement public de 250.000 miliards de $ ne peut être résolue qu’en multipliant le prix de l’ensemble des réserves mondiales d’or, soit environ 6.500 Milliards $, par 40 ! Ce n’est pas pour rien que les Allemands (ménages 5.548 tonnes et Bundesbank 3.370 tonnes) possèdent aujourd’hui une quantité record de 8.918 tonnes d’or physique. N’oublions pas que l’or valait 35 $ l’once en 1971 et qu’il vaut aujourd’hui 1.300 $ l’once ! Si l’or devait être réévalué, la France et l’Italie seraient aussi grandement avantagées.

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dimanche, 14 avril 2019

Folle exubérance boursière : plus dure sera la chute

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Marc Rousset

Les médias et le CAC 40 à plus de 5.500 points rêvent debout tandis que le FMI semble être la seule organisation du Système à nous mettre en garde, face au ralentissement attendu pour 70 % de l’économie mondiale en 2019. Christine Lagarde estime que « de nombreuses économies ne sont pas assez résilientes » et exhorte les pays à se préparer à la prochaine récession en adoptant, dès maintenant, les réformes nécessaires. La Société générale est la seule banque appelant à la prudence sur le marché des actions. La montée des marchés boursiers ne fait que refléter le laxisme monétaire et les déficits budgétaires généralisés partout dans le monde (Europe, USA, Japon, Chine) en oubliant les fondamentaux de l’hyper-endettement, de la fragilité des systèmes bancaires et de la récession à venir.

Si l’on regarde l’évolution des actifs des banques centrales depuis deux siècles, avec à l’origine le fameux currency principle, on peut dire que nous sommes au sommet du laxisme. On est passé progressivement du 100 % or du Gold Standard du début du XIXe siècle à une fraction de plus en plus faible en or puis, en 1945, au remplacement de l’or par le dollar qui, toutefois, devait être convertible en or (Gold Exchange Standard) pour ne plus l’être en 1971 avec Nixon et, donc, pour passer alors au dollar standard qui se terminera par la chute du dollar et sa valeur zéro.

Au passif des banques centrales, c’est aussi le même phénomène de détérioration continue. Ainsi, on est passé de la banque centrale prêteuse en dernier ressort de l’économiste anglais Walter Bagehot (1826-1877) au banking principle (émission de monnaie en fonction des besoins de l’économie et non plus de la quantité d’or détenue à l’actif). Puis à la politique actuelle ahurissante non conventionnelle consistant à émettre de la monnaie contre des titres d’État, des obligations privées et même parfois des actions (Suisse et Japon) pour en arriver au stade ultime actuel du pompier de service prêteur tous azimuts, c’est-à-dire de la création monétaire illimitée avec des taux zéro ou négatifs (une première depuis 2.000 ans !), ce que préconisent les adeptes de la dernière théorie « bidon » en vogue : la théorie monétaire moderne.

Les actions des banques centrales sont, en fait, un aveu implicite que l’hyper-endettement est intenable avec des taux d’intérêt normaux, que le Système exploserait par manque de liquidités. Aux États-Unis, sept millions d’Américains ont au moins 90 jours de retard pour les mensualités de leur crédit auto et un grand nombre d’étudiants sont dans l’incapacité de rembourser les frais de leurs études. On va donc tout droit vers l’explosion, mais les boursiers regardent le doigt lorsqu’on leur montre la lune des réalités.

À la BCE, l’ordre du jour, c’est : ouvrez toutes les vannes ! À partir de septembre 2019, afin de sauver les banques italiennes, un « TLTRO III » (prêts à long terme à taux zéro) sera lancé et échelonné sur sept trimestres. Les taux zéro sont confirmés pour 2019 et l’Institut de Francfort s’engage à réinvestir aussi longtemps que nécessaire son stock d’obligations pléthorique de 2.600 milliards d’euros.

Aux USA, Wall Street croit de nouveau au père Noël, suite à l’annonce de la Fed que les taux pourraient même baisser en 2019, que la politique de réduction du bilan (« QE » à l’envers) serait arrêtée en septembre 2019, avec même une reprise possible, si nécessaire, de la création monétaire non conventionnelle. Dans ces conditions, rien à perdre, mieux vaut continuer à faire gonfler la bulle boursière, même si la dette publique états-unienne représentera, d’ici quatre ans, 110 % du PIB.

Quant à la bombe italienne, la dette publique devrait atteindre 132 % du PIB en 2019, 138,5 % en 2024, avec un déficit public supérieur à 3 % en 2020. Les banques italiennes détiennent 360 milliards de dettes de leur propre pays, soit 10 % de leurs actifs. La prime de risque du taux des obligations italiennes par rapport au Bund allemand est de 2,56 %. Plus grave : BNP Paribas perdrait 47 % de ses capitaux propres si ses débiteurs italiens faisaient défaut, le Crédit agricole 29 % et la banque Dexia 556 % (ratios CET1 de la BRI).

La triste vérité, c’est que nous vivons dans un monde politicien de déni des évidences, aussi fou en matière économique qu’en matière d’invasion migratoire, qui consiste à cacher les réalités derrière un nuage de fumée jusqu’à ce qu’un jour, tout explose !

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dimanche, 07 avril 2019

Comme en 2007, les marchés ne veulent voir que le verre à moitié plein

454px-glass_half_full_bw_1-454x475.jpgMarc Rousset

Boulevard Voltaire

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Le CAC 40 a continué sa belle remontée à 5.476,20, ce vendredi 5 avril, tandis que Wall Street, suite à un rapport sur l’emploi, de bonnes nouvelles sur le dossier commercial sino-américain ainsi que sur le Brexit, terminait au plus haut de l’année. Face au ralentissement de l’activité mondiale et aux risques systémiques, les marchés regardent le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

La dette française frôlera les 100 % du PIB en 2022 et non pas 90 %, comme dans de précédentes estimations. En cas de crise similaire à celle de 2008, elle devrait même dépasser les 120 %. En matière d’effort structurel sur les dépenses publiques, l’exécutif répète inlassablement : « Vous allez voir ce que vous allez voir, mais dans deux ans seulement. » La triste réalité Macron, c’est que le taux de croissance sera au maximum de 1,4 % jusqu’à la fin de son mandat, que seuls 1.500 postes ont été supprimés dans la sphère de l’État en 2018, que seulement 4.500 devraient l’être en 2019, tandis que la ruineuse et suicidaire immigration, de l’ordre de 450.000 personnes par an, continue…

L’indice PMI IHS Markit manufacturier français du mois de mars est ressorti assez déprimé, à 49,7. La France paie les erreurs laxistes, depuis quarante ans, d’une politique de désindustrialisation et de demande keynésienne avec des déficits publics, au lieu d’avoir pratiqué, comme l’Allemagne, une politique de l’offre compétitive des entreprises, la seule politique possible pour créer et sauver des emplois industriels.

En zone euro, l’indice PMI IHS Markit manufacturier se replie de 49,3 à 47,5 en mars, affichant son plus bas niveau depuis avril 2013. L’indice allemand, lui, a plongé à 44, en mars, contre 47,6, en février. L’Europe pourrait bien être le point de départ de la prochaine crise car la France et l’industrie allemande, et non plus seulement l’Europe du Sud, sont en cause.

Le bilan de la BCE représente 41 % du PIB, contre 22 % pour les États-Unis et 101 % pour le Japon – le pire exemple. Il n’est plus possible, en zone euro, d’augmenter les taux d’intérêt car ils seraient supérieurs aux faibles taux de croissance des pays européens, augmentant mécaniquement le poids de la dette dans les PIB. Il y a là un grave problème car les taux d’intérêt doivent être normalement relevés par les banques centrales en période normale afin de pouvoir être abaissés lorsque la récession apparaît. En fait, la zone euro n’a plus le choix qu’entre les taux bas ou la faillite immédiate des États et les krachs bancaires, obligataires, boursiers et immobiliers. Tout explosera lorsque la récession finira, malgré tout, par arriver !

En Italie, une contraction du PIB de -0,2 % est prévue pour 2019, avec un taux de croissance de 0,4 % en 2020. Le gouvernement populiste, conscient des effets négatifs du revenu citoyen et de l’avancée suicidaire de l’âge de la retraite, a pris pour la première fois, suite aux pressions du patronat et de Bruxelles, de bonnes mesures : suramortissement des investissements, simplification de l’impôt sur les bénéfices, soutien à l’innovation. Mais cela ressemble à de la poudre de perlimpinpin trop tardive dans un pays à l’arrêt depuis vingt ans.

Les impôts, en Italie, devraient être augmentés de 32 milliards d’euros pour éviter une augmentation du déficit budgétaire à 3,5 %.

Aux États-Unis, Trump souhaite une baisse immédiate des taux d’intérêt à 0,5 % et le retour au « QE » laxiste de la création monétaire. Les taux courts sont à 2,5 %, au même niveau que les taux à dix ans. Or, il faut habituellement, en cas de récession, une baisse de 3 à 5 % du taux directeur pour relancer l’économie. Les taux américains pourraient basculer un jour, comme en Europe et au Japon, en territoire négatif. Mais un autre signe noir pourrait apparaître : celui de la dédollarisation et de la chute du dollar. Les banques centrales de nombreux pays achètent de plus en plus d’or et, cerise sur le gâteau, l’Arabie saoudite a fait des déclarations fracassantes, ce vendredi 5 avril, en affirmant réfléchir à une alternative au dollar dans le cadre des transactions pétrolières qui fut à l’origine même du règne du dollar.

Les Bourses grimpent suite à l’afflux laxiste de liquidités et aux bas taux d’intérêt, mais les productions réelles ne suivent pas. Les dangers de krach dans le monde sont multiples et multi-pays interconnectés.

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mardi, 02 avril 2019

Fuite en avant des banques centrales pour retarder l’explosion du Système

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Marc Rousset

Lors d’une conférence à Paris, le jeudi 28 mars 2019, le vice-président de la Fed, Richard Clarida, a pu déclarer : « Si nous avons un choc défavorable, la première réponse serait d’employer les outils monétaires habituels. Si cela ne suffit pas, il y a d’autres instruments dans la boîte à outils qui ont déjà été employés et il est certain qu’on les emploierait à nouveau si nécessaire. » Autrement dit, baisse à venir des taux d’intérêt déjà pas très élevés et reprise probable, en 2019 ou en 2020, de la création monétaire non conventionnelle par achat d’obligations, le fameux « QE ». Mais c’est aussi reconnaître l’échec de la politique laxiste pratiquée jusqu’à présent par les banques centrales.

En fait, la Fed a jeté l’éponge le 20 mars dernier avec une volte-face historique puisque, trois mois auparavant, elle affirmait que la taille de son bilan serait réduite, en 2019, de 50 milliards de dollars par mois et que les taux continueraient de grimper. En septembre 2019, la Fed aura toujours, dans son portefeuille, plus de 3.500 milliards d’obligations, soit 17 % du PIB, alors que ce chiffre s’élevait à seulement 6 % en 2006. L’économie est droguée avec des taux bas, une liquidité record, une dette record, trop d’entreprises zombies, une croissance insuffisante et une bulle des actifs. La Fed ne peut plus faire marche arrière, seulement aller de l’avant tout droit dans le mur, tout comme la BCE en Europe !

La Fed a capitulé face aux pressions politiques de Trump et des « banksters » de Wall Street. Le conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a appelé, vendredi dernier, la Fed à baisser ses taux immédiatement d’un demi-point pour les ramener entre 1,75 % et 2 %, au lieu de 2,25 % et 2,50 %. Trump vient de nommer Stephen Moore, un économiste soumis, au Conseil de la Fed en précisant qu’il n’avait pas l’intention de limoger le président de la Fed, Jerome Powell, soi-disant indépendant. L’outil « Fed Watch » du marché de Chicago CME montrait, vendredi dernier, une très forte probabilité que les taux soient rabaissés.

Le comble, c’est que cette politique est présentée sous le nom de « théorie monétaire moderne » ! En fait, la TMM n’est ni moderne ni une théorie, mais de la démagogie pure et simple pour justifier les bas taux d’intérêt et le laxisme de la création monétaire. Le Système veut nous faire croire, par ce subterfuge, que les taux d’intérêt pourraient un jour remonter, alors qu’il en sera incapable. Selon le site Bloombergmondialement connu, « la TMM est une blague qui n’est pas drôle ». Les empereurs romains et les rois de France pratiquaient déjà la création monétaire laxiste avec de moins en moins d’or et d’argent dans chaque pièce de monnaie. On peut illusionner en créant de la monnaie à volonté, mais on ne peut pas créer de la richesse économique à volonté sans capital, sans technologie et sans travail compétitif.

Le taux des obligations américaines à long terme sur dix ans est passé en dessous du taux des bons du Trésor à trois mois pour la première fois depuis 2007. Au cours des sept dernières fois où la courbe de rendement s’est inversée, l’économie américaine est entrée, en moyenne, en récession après onze mois. Selon le modèle de récession de la Fed de New York, la probabilité de 29 % est aujourd’hui plus élevée que celle observée avant cinq des sept dernières récessions. Le fait qu’en Europe, le taux négatif du Bund allemand à 10 ans de -0,008 5 % soit inférieur à celui du taux japonais de -0,008 3 % – une première depuis 2016 – est aussi annonciateur de cataclysme.

Le retour en grâce des métaux physiques précieux en or et en argent est aussi très préoccupant puisque, de 2009 à 2018, les achats d’or de 16.200 tonnes ont été multipliés par 4 par rapport à 1999-2008, tandis que les achats d’argent de 57.800 tonnes étaient multipliés par 3,8.

Les banques centrales, en créant de la monnaie non conventionnelle et en baissant les taux d’intérêt, empêchent les banques, les États hyper-endettés et les Bourses de s’écrouler dans l’immédiat, mais elles ne pourront pas empêcher l’inéluctable récession à venir et c’est alors que le Système explosera d’une façon encore plus violente, avec un effondrement monétaire en lieu et place d’un simple krach économique, financier et boursier, style 1929 !

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dimanche, 24 mars 2019

Économie : ces dernières nouvelles qui prouvent que rien ne va plus dans le monde

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Marc Rousset

Emporté par la politique monétaire laxiste mondiale, le CAC 40 a doublé de valeur entre mars 2009 et mars 2019, mais il vient de décrocher de 2,02 %, ce vendredi 22 mars, en raison des indices d’activité PMI (indice des directeurs d’achat) décevants en France et en Allemagne : une valeur inférieure à 50 % impliquant une contraction de l’activité d’un secteur alors qu’une valeur supérieure à 50 % indique une expansion de celui-ci. L’indice de l’activité globale en France s’est replié de 50,4, en février, à 48,7, en mars, les indices des services et de l’activité manufacturière étant aussi en repli.

La France ne travaille pas assez, depuis que le virus mortel de la paresse et du long fleuve tranquille de l’existence lui a été inoculé par Mitterrand, Aubry et les socialistes. Selon l’OCDE, les Français ne travaillent que 630 heures par an, contre 722 en Allemagne et 826 aux États-Unis. Le retour à la retraite à 65 ans et la suppression des régimes spéciaux s’imposent puisque les retraites pèsent 14 % du PIB français, soit près de 320 milliards d’euros par an – soit 3,4 % de plus que la moyenne européenne. La France a des dépenses publiques structurellement trop élevées, une population active avec des compétences insuffisantes ; elle a créé, selon l’INSEE, 149.600 postes en 2018, soit deux fois moins qu’en 2017.

L’indice PMI manufacturier de la zone euro se replie, en mars 2019, à son plus faible niveau depuis avril 2013, soit 47,6. L’économie européenne est en voie de japonisation avec une politique monétaire laxiste, des taux d’intérêt ridicules, une croissance économique qui se rapproche de 1 %, une inflation faible et une population vieillissante. Personne, en Europe, n’a la capacité de rétablir la situation avec un plan cohérent proposant des mesures structurelles draconiennes, une politique monétaire conventionnelle, des budgets équilibrés et des salaires harmonisés protégés par une politique protectionniste au niveau de l’Union européenne ou de la zone euro. La BCE en est réduite à prévoir des prêts géants à long terme pour sauver les banques italiennes à partir de septembre 2019.

L’indice PMI pour le secteur manufacturier allemand s’est inscrit à seulement 44,7 en mars, mais ce qui est tout aussi inquiétant, c’est de voir le taux du Bund allemand à dix ans tomber, pour la première fois, en territoire négatif ridicule depuis octobre 2016, entre -0,001 % et 0,005 %, alors que la première hausse de taux d’intérêt de la BCE depuis 2011 a été repoussée à la fin 2020, pour ne pas dire jamais. L’Allemagne va aussi essayer de fusionner deux porteurs de béquilles, le géant Deutsche Bank avec 14 milliards euros d’amendes et 1.800 milliards d’euros d’actifs, et la Commerzbank, sans en faire un « sprinter » pour autant. Au moins 10.000 emplois sont menacés.

Aux USA, les inquiétudes liées à l’économie mondiale sont de retour. Ce vendredi 22 mars, le Dow Jones a lâché 1,77 % tandis que le NASDAQ dévissait de 2,50 % et le S&P 500 de 1,90 %, soit la pire séance depuis le 3 janvier. Autre fait marquant, le taux d’intérêt de la dette américaine à dix ans est même passé un petit moment en dessous de celui de la dette à 3 mois de 2,455 %, phénomène anormal communément appelé « inversion de la courbe des taux » qui a toujours précédé de quelques trimestres la quasi-totalité des récessions américaines des dernières décennies.

Et comme la BCE, la Fed révise à la baisse ses prévisions de croissance, de dépenses des ménages et d’investissement des entreprises en indiquant qu’elle n’augmentera plus ses taux d’intérêt en 2019, qu’elle inversera même en septembre 2019 sa politique de « QE » à l’envers, autrement dit qu’elle cessera de réduire son portefeuille accumulé, depuis 2008, de bons du Trésor. Le déficit commercial américain se creuse malgré les droits de douane de Trump, tandis que la dette privée continue d’augmenter et que la dette publique américaine a explosé de 217 % entre 2007 et 2016. La hausse des actions, depuis le début de l’année, semble donc un simple rebond au sein d’un marché baissier, alors que les cours du pétrole retombent.

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dimanche, 17 mars 2019

Les manipulations du Système nourrissent la bulle boursière et immobilière

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Marc Rousset Boulevard Voltaire cliquez ici

Les États-Unis marchent sur la tête avec des actions surévaluées, suite à la politique laxiste de la Fed et aux rachats massifs d’actions. Ces derniers font monter les cours puisqu’ils aboutissent à réduire le nombre d’actions cotées. Au lieu de financer les investissements des entreprises, le marché des actions absorbe leurs ressources puisqu’elles sont amenées à s’endetter d’autant plus que les taux d’intérêt sont bas, ce qui compromet leurs perspectives de croissance. Selon les analystes de la Citibank, les achats d’actions vont dépasse,r en 2019, le montant des investissements des sociétés du fameux indice S&P 500.

En dix ans, les sociétés américaines ont acquis pour plus de 4.700 milliards de dollars de leurs propres titres, soit plus que la capitalisation boursière réunie de Paris et Francfort. Les sommes d’argent ainsi restituées aux actionnaires représentent plus de trois fois les dividendes distribués. General Motors va fermer cinq usines et procéder à 3,4 milliards de dollars de rachat d’actions en s’endettant au lieu d’investir pour rattraper son retard dans les véhicules électriques et autonomes. En 2018, les sociétés du CAC 40, moins avides, ont racheté pour 10,9 milliards de leurs propres actions, mais distribué 47 milliards de dividendes.

Le Système, avec ses taux d’intérêt ridicules, cocufie les épargnants européens, menace le système bancaire et nourrit les bulles boursières et immobilières. Mais le « bouquet », c’est de voir la Banque de France verser 5,6 milliards d’euros de bénéfices à l’État, au titre de l’année 2018. L’institut d’émission affiche, en effet, des bénéfices record en émettant de la monnaie non conventionnelle au coût nul, alors qu’il reçoit les intérêts payés par les emprunteurs des obligations rachetées sur le marché. La Banque de France, avec les scandaleux taux d’intérêt négatifs, perçoit, de plus, des taux d’intérêt des banques qui déposent à la BCE les liquidités qu’elles n’ont pas pu prêter aux entreprises et aux ménages. Le Système triche et tire profit de sa malhonnêteté.

Le 29 mars 2019, soit la date de mise en place des normes financières de Bâle III par la BRI, l’or physique, par opposition à l’or papier détenu sous forme de certificats, sera remonétisé, c’est-à-dire qu’il sera considéré comme un moyen de paiement au même titre que le dollar ou d’autres devises. Pour la première fois depuis cinquante ans, les banques centrales, surtout celles de Chine, Russie, Inde et Turquie, ont acheté 640 tonnes d’or physique sous forme de lingots, en 2018, soit plus du double qu’en 2017. Moscou a même décidé de liquider ses obligations en dollars, qui représentaient 20 % de ses réserves, pour acheter de l’or. L’ensemble des banques centrales disposent, aujourd’hui, de 33.000 tonnes d’or, ce qui représente une valeur de 1.400 milliards de dollars.

Les cours de l’or commencent à augmenter légèrement car, ces dernières années, les banques centrales occidentales se comportaient comme de véritables « banksters » en manipulant les prix à la baisse. Elles vendaient à terme sur les Bourses de Londres et de New York, où 90 % des échanges ont lieu, par l’intermédiaire de banques commerciales privées telles que JP Morgan, de l’or-papier garanti par leurs très importantes réserves physiques. Le but était de décourager les acheteurs afin d’empêcher l’or de détrôner le roi dollar. Les velléités du marché à la hausse étaient annihilées par les ventes massives à terme qui occasionnaient de lourdes pertes aux acheteurs.

Le Système continue donc sa fuite malhonnête en avant et la Bourse monte ! Mario Draghi va refiler la « patate chaude » à son successeur, fin 2019, qui peut être Jens Weidmann, président actuel de la Bundesbank. Il sera amené soit à poursuivre la fuite en avant, effrayé par le risque de krach immédiat, ou à déclarer au contraire que la fête est finie, car plus on persévère dans le mensonge, l’inconscience, le « bankstérisme » et la manipulation, plus on accroît l’importance de l’effondrement monétaire inéluctable à venir du Système.

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lundi, 04 mars 2019

Baisser les dépenses publiques pour diminuer les impôts et garder l’euro !

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Ce sont les dépenses publiques, le trop grand nombre de fonctionnaires, le gaspillage public, les 35 heures, les régimes spéciaux des retraites, l’âge de départ à la retraite, le laxisme socialiste, la perte du sens de l’effort et des valeurs traditionnelles, le libre-échange mondialiste et ses délocalisations, la folle et ruineuse immigration, le non démontré réchauffement climatique par l’homme, l’imbécile ISF, et non pas l’euro, qui tuent économiquement la France depuis quarante ans !

Macron et LREM dissertent à longueur de journée sur les impôts, mais sont muets sur les dépenses de l’État et des collectivités locales.

Selon Nicolas Lecaussin, directeur de l’Institut de recherches économiques et fiscales, « la France est le seul grand pays riche et démocratique qui n’ait pas vraiment réformé son État après la crise de 2008-2009 ». Macron ne fait rien pour baisser le nombre des six millions de fonctionnaires tandis que les dépenses publiques continuent d’augmenter au lieu de diminuer. Une des préoccupations communes des chefs d’entreprise, des salariés, des agriculteurs, des citoyens, c’est le ras-le-bol fiscal, mais encore faut-il s’attaquer aux dépenses premières à l’origine de cette pression fiscale démentielle.

De 2000 à 2016, les effectifs de l’État ont augmenté de 14 % et ceux des collectivités territoriales de 43 %. La dépense publique a progressé de 35 %, en 1960, à 56,4 % du PIB, en 2016. De 1991 à 2016, le total des dépenses des administrations publiques est passé de 550 milliards à 1.220 milliards d’euros; tandis que le nombre de ménages pauvres progressait et que la France était championne de la redistribution sociale. Le coefficient de Gini, qui caractérise les inégalités sociales dans un pays (0 égalité parfaite, 1 inégalité parfaite), est passé, en France, de 0,38 à 0,33 entre 1984 et 2012, la pression fiscale sur les possédants étant proches du point de rupture.

10 % des foyers fiscaux les plus riches paient 70 % de l’impôt sur le revenu, alors que 53 % des Français en sont exemptés. La France est hyper-redistributrice, socialiste, en rien inégalitaire et libérale en matière d’imposition sur le revenu. Les impôts sont si élevés pour tout le monde que toute augmentation est considérée comme une agression, que trop de Français riches ont déjà quitté le pays. Le taux des prélèvements obligatoires dans la loi de finances 2019 est de 44,2 %. Les gilets jaunes sont donc victimes des erreurs économiques et politiques du Système français, de l’appauvrissement de la France en valeur absolue et non pas du manque de redistribution sociale !

Si la France était une entreprise privée à redresser, c’est par centaines de milliers que des fonctionnaires seraient licenciés. Il manque un programme Hartz IV, un peu plus humain, à la France avec baisse des dépenses publiques, réforme de l’assurance chômage sans voler les cadres qui paient des cotisations plus élevées en fonction de leurs salaires plus élevés, contreparties pour les aides sociales reçues.

Selon l’étude récente du club de réflexion allemand CEP, de 1999 à 2017, la France s’est appauvrie de 55.960 euros par Français et l’Italie de 73.605 euros par Italien, tandis que l’Allemagne et les Pays-Bas s’enrichissaient respectivement de 23.116 euros et 21.003 euros par habitant ! Or, l’euro était le même pour tous les pays, avec, au départ, même un léger avantage compétitif pour la France, compte tenu de la parité retenue franc/euro en 1999 ! Mitterrand, qui ne comprenait rien à l’économie, a cru que la France allait s’enrichir automatiquement comme l’Allemagne en adoptant le miroir aux alouettes « euro » car il confondait monnaie commune, sérieux d’un pays et richesse produite !

Les Français, les Grecs et les Italiens, tout comme leurs hommes politiques, protégés des dévaluations, ont cru alors avoir trouvé la formule miracle en travaillant moins (35 heures) d’une façon inefficace, mais ils se sont piégés eux-mêmes en commettant une terrible erreur stratégique. Ils s’appauvrissaient, en fait, et devenaient les dindons de la farce en produisant moins, en exportant moins, en important plus, en fermant des usines, en perdant des emplois car non compétitifs. Seules les réformes structurelles économiques et politiques évoquées ci-dessus, le travailler plus, pourraient maintenant sauver la France et l’Italie de la faillite et leur permettre de rester dans la zone euro, ce qui correspond à l’intérêt commun européen. Mais il est sans doute trop tard pour l’Italie. Et la France suivra, aspirée par le tourbillon.

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