mardi, 27 octobre 2009

La présidence de l’Union, la plus chère de l’histoire

images.jpgPar Arnaud Raffard de Brienne

 

L’inconvénient avec la littérature de la Cour des comptes c’est que les rapports se suivent et se ressemblent étrangement. Gabegie, incohérence, détournements, gaspillage… quel que soit le domaine audité, c’est toujours la même litanie.

 

Dans un rapport publié  dimanche par Mediapart en même temps que partait un courrier au titre évocateur “la folie des grandeurs” à l’attention de Philippe Seguin,  la Cour s’interroge particulièrement sur le sommet de l’Union pour la Méditerranée en juillet, financé de manière dérogatoire et sans aucune décision formelle sur le budget de la présidence européenne, pour 16,6 millions d’euros. Notez qu’on n’en est plus à ça près. On apprend quand même que la présidence de l’Union, durand le second semestre 2008, a été l’une des plus coûteuses de l’histoire. Bientôt le Guiness ?

 

Il fait observer que les dépenses ont été très supérieures aux présidences françaises précédentes de 1995 (14,1 millions d’euros) et de 2000 (56,9 millions), et aussi à celles des autres présidences les plus récentes, qui se sont situées entre 70 et 80 millions d’euros, souligne la Cour. Dame, c’est qu’il y à l’inflation, semble oublier la vénérable institution. Et puis faut-il ce comparer à ces petits joueurs ?

 

La multiplication et le coût parfois élevé des opérations mises en place par chaque administration et le caractère urgent, parfois dérogatoire, voire irrégulier, des procédures suivies auront, au bout du compte, fait supporter par l’Etat des charges d’utilité publique variable“, écrit Philippe Séguin, le patron de la Cour des comptes. On appréciera la litote “d’utilité publique variable“, nettement plus élégante que “gaspillage inutile”, par exemple.

 

Les 16,6 millions d’euros consacrés au sommet de l’Union pour la Méditerranée ont servi notamment à un réaménagement complet du Grand palais pour trois heures de réunion, avec 91.500 euros de moquette éphémère, 194.900 euros de jardinières et 136.000 euros consacré au fond de scène. Ces radins de contribuables ne vont quand même pas mégoter pour si peu ?

 

Autre exemple parmi tant d’autres, le logo de la présidence française, montrant des drapeaux européen et français, a profité au célèbre designer,

 

Philippe Stack, qui a empoché 57.408 euros par l’intermédiaire d’un sous-traitant, après une mise en concurrence jugée curieuse par la Cour. La Cour oublie les valeurs essentielles, dont l’amitié et devrait avoir à l’esprit que le plaisir de réaliser des affaires entre amis, ça n’a pas de prix. La Cour ne sait-elle pas que la majorité des affaires se réalise autour d’une bonne table ou dans des “coquetèles”, une coupe à la main, entre deux rots au Champagne ?

 

En général, n’y a pas eu d’évaluation de l’intérêt des dépenses et de leur impact, déplore aussi le grincheux Philippe Séguin, qui estime que l’Union devrait à l’avenir mieux encadrer et organiser ces dépenses. Bla…bla…bla… Personne n’y croit plus mais c’est bien de le dire.