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jeudi, 07 février 2013

Elections en Italie...

Gabriele Adinolfi.jpgGabriele Adinolfi

Rivarol n°3078 (28 01 2013)

 

L’Italie s’apprête à se rendre aux urnes les 24 et 25 février pour se confier pendant au moins cinq ans aux banquiers et aux usuriers. L’histoire a l’air d’avoir été écrite à l’avance, toutefois nous avons connu un coup de théâtre, un rebondissement dont est responsable Silvio Berlusconi, toujours lui, le seul politicien italien qui ait encore envie d’un minimum d’autonomie.

 

Justement, quand certains de ses lieutenants, Alfano, Frattini et Alemanno, le maire de Rome ancien dirigeant de la jeunesse du MSI et gendre de Pino Rauti, avaient déjà fait un meeting pour rassembler les hommes de droite en soutien à Mario Monti, Berlusconi a retiré son appui à l’ancien Président européen de la Trilatérale et à son gouvernement de la Goldman Sachs. Il a habilement lancé une campagne flamboyante contre les technocrates et a dit clairement aux Italiens: « Choisissez entre moi et la gauche mais surtout pas la bande de Monti ».

 

Celui-ci qui est certainement très puissant mais également vaniteux, vénal et sans grande envergure, est tombé dans le piège en acceptant de devenir le candidat des représentants du centre (Casini, Montezemolo, Fini, oui Fini, l’ancien secrétaire du MSI !) Ceci ne peut que l’affaiblir car la masse de voix qu’il peut rassembler est limitée, malgré l’intervention, à côté des autres pouvoir forts, de la CEI (l’organisation principale des évêques conciliaires) qui, par la bouche de Monseigneur Bagnasco, a apporté son soutien à Monti en tirant dans les pattes de Berlusconi.

 

La gauche, qui devait gagner sans difficulté et qui est donnée toujours en tête par les sondages, est également embarrassée. Car le scénario écrit la veille prévoyait que la coalition gérée par Bersani et Vendola, une fois la victoire acquise, demanderait à Mario Monti de continuer son œuvre avec la participation de leurs ministres, ce qui devient moins facile maintenant que l’homme de la finance cosmopolite ne peut plus se situer comme auparavant au-dessus des partis et vu qu’il sera probablement battu lors des élections législatives.

 

Les compères, mis en difficulté par l’offensive berlusconienne et par la vénalité montienne, cherchent une issue. Comme les sondages prévoient que la gauche sera majoritaire à l’Assemblée nationale mais que le Sénat devrait se retrouver sans une réelle majorité, ils parlent déjà de la nécessité inéluctable d’une coalition future. Face à cette bouffonnerie le résultat est que tous les partis baissent dans les intentions de vote, alors que Berlusconi est le seul à remonter. Il reste très, très difficile pour lui de rattraper entièrement son retard, mais il a quand même croisé le fer et déboussolé ses adversaires.

 

Dans le cirque italien la droite ou ce qui en tient lieu fait fort dans l’à-peu-près. Le MSI est divisé en quatre tendances. D’un côté nous avons Fini et son Futuro e Libertà, qui militent pour Monti. Puis nous avons avec Berlusconi, restés dans son parti, des gens qui lui sont demeurés fidèles, comme Gasparri et Mattioli, mais aussi ceux qui, il y a moins d’un mois, voulaient rejoindre Monti, comme Alemanno et Augello. Commes alliés indépendants de Berlusconi on retrouve la Destra de Storace (que les sondages donnent à 2 %) et une scission d’anciens du Msi, avec La Russa et Giorgia Meloni, appelée Fratelli d’Italia et créditée de1,6 %. Ils n’ont même pas été capables de se réunir dans une même coalition. Contre tout le monde, mais isolés et en concurrence entre eux, on retrouve trois listes nationalistes créditées de quelques décimales. Les habituelles Fiamma et Forza Nuova doivent tenir compte de la concurrence de Casapound qui a décidé d’essayer la carte électorale et de voir si son activité élitiste et avant-gardiste peut aussi apporter des voix, ce qui n’est pas évident. Voici ce qui se passe en Italie avant que, sauf un miracle berlusconien, le pays se confie pieds et poings liés à la Trilatérale et à la Goldman Sachs.

10:06 Publié dans Rubrique d'Italie Gabriele Adinolfi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

mardi, 02 octobre 2012

Rubrique d'Italie, par Gabriele Adinolfi

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Gabriele Adinolfi

RIVAROL

N° 3062 du 28/09/2012

 

LE PREMIER ministre italien, Mario Monti, vient d’avouer publiquement qu’il a entraîné la Péninsule dans la récession. Il était impossible de nier l’évidence. Le taux d’imposition transalpin est devenu aujourd’hui le plus élevé du monde ; il n’y a eu aucune mesure favorable à la production menacée par la concurrence étrangère ; le chômage a grandi à des niveaux que l’Italie n’avait jamais connus, même pas en 1929 ; la consommation a chuté brutalement (les hôtels et les restaurants dans les principales localités touristiques ont vu un effondrement de 60 % de leur chiffre d’affaire cet été) alors que l’épargne familiale est attaquée. Le “spread”, le nouvel épouvantail invoqué lors du putsch qui avait fait tomber M. Berlusconi, ce “spread” (c’est-à-dire la différence entre les titres italiens et les titres allemands) que M. Monti s’était déclaré certain de réduire très vite et de façon considérable, reste au même niveau qu’il était lors de son arrivée “providentielle”. Et puisque les technocrates avaient expliqué aux Italiens que ne pas réduire le différentiel en quelques mois aurait signifié faire faillite, il est difficile pour Mario Monti de ne pas admettre maintenant qu’il a traîné le pays dans un gouffre.

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 ATOMISER MÊME LE COMMERCE

 

Si les Italiens surpris par ces aveux commencent seulement à se poser des questions c’est qu’ils n’avaient pas compris tout de suite l’objectif réel du gouvernement putschiste qui n’est pas de redresser le pays mais de le mettre à genoux suivant les intérêts financiers de ses patrons.

 

Mario Monti n’a pas été si longuement président européen de la Commission Trilatérale par hasard.

 

Et le but qu’il poursuit avec son équipe est totalement et sciemment contraire aux intérêts de ses concitoyens.

 

La restructuration globale que la Trilatérale essaye de gérer prévoit la mise à genoux de certains pays qui ne sont pas trop habitués à respecter les règles fixées par les patrons de la finance mondiale. L’Italie, riche d’initiatives corsaires, fait partie de ces pays rebelles et le gouvernement Monti est en train de la massacrer. Au point qu’il a présenté à la rentrée un projet de loi par lequel tout paiement au-dessus de cinquante euros devrait s’effectuer obligatoirement par carte bancaire, y compris dans les magasins.

 

Ce que ceci signifierait en intérêts usuriers et en paralysie du petit commerce est évident.

 

Certes, il est probable que ce seuil soit rejeté par le Parlement et qu’on finisse par se mettre d’accord sur un autre chiffre. Vraisemblablement les deux cents euros que visait la proposition originaire de l’équipe Monti ce printemps.

 

Le gouvernement fut alors obligé de se contenter de déclarer illégal tout règlement en espèce qui dépasserait les 499 euros. Une loi anti-économique et de saveur communiste qui a eu un premier impact violent sur le commerce mais qui ne sera rien par rapport à l’atomisation qui suivra l’ajustement prévu.

 

ELIMINER L’ETAT SOCIAL

 

Cela ne touche pas les Français car si le plan de restructuration global prévoit de mettre à genoux totalement l’Italie, pour ce qui concerne la France il se limite à la contrer, l’amadouer et l’affaiblir.

 

Il est donc improbable que l’Hexagone importe ces mesures anéantissantes.

 

En revanche, sur un autre sujet, l’Italie “montienne” risque de devenir un modèle pour la France “hollandienne”. Il s’agit de l’attaque sans répit de l’ Etat social et des acquis du travail, de la retraite et de la santé.

 

En moins d’un an, dans cette offensive, le gouvernement Monti a fait plus de dégâts qu’un saccage de barbares. Le travail n’est plus considéré comme un “droit”, si l’on se fonde sur les déclarations publiques du gouvernement italien.

 

Dans tous les conflits avec occupations d’usines qui ont fait rage depuis le début de l’année en Italie, l’exécutif a régulièrement donné tort aux travailleurs, révisant le droit du travail qui pourrait tranquillement s’appeler désormais droit d’exploitation du travail.

 

En dix mois de licenciements sauvages, une seule et unique fois le gouvernement s’est prononcé pour les travailleurs et s’était opposé au Tribunal qui avait décrété la fermeture de leur entreprise : il s’agit de l’Ilva de Tarante, qui a été reconnue responsable de milliers de cas de cancer dans la ville et ses alentours.

 

Mise à part cette parenthèse, le gouvernement a toujours pris position pour des choix libéraux style XIXe siècle, en s’engageant à effacer les conquêtes sociales obtenues par Mussolini et dont on a continué en bonne partie à bénéficier même après la défaite de 1945.

 

Le gouvernement technique a travaillé dur en ce sens-là. Dans quelques mois il aura sa relève et ce qui est prévu c’est justement une majorité de “gauche” qui puisse se permettre de piétiner les travailleurs.

 

DES MINEURS ENTONNANT LE CHANT DE L’ARMÉE

 

En prévision de ceci tous les leaders populistes de droite ont été attaqués et mis à l’écart (Berlusconi, Bossi, Formigoni), le vote populiste désorienté a été poussé vers une gauche virtuelle (le MoVimento 5 Stelle de l’acteur comique Beppe Grillo).

 

La bataille finale contre l’Etat social sera livrée par une majorité de gauche avec la complicité de dirigeants syndicaux qui trahiront encore et toujours leurs troupes.

 

La seule solution, c’est que les travailleurs puissent se passer des syndicalistes et prendre un élan tout seuls.

 

Début septembre les mineurs sardes de l’Alcoa ont rejeté les conseils des syndicalistes, ils ont durci leur lutte et, au moment de se battre contre la Celere (CRS) ont choisi d’entonner non pas une chanson rouge mais le chant de la Brigata Sassari, la brigade d’infanterie mécanisée qui a son siège dans la même province des mineurs.

 

Suite à cet affrontement la gauche a cherché à les récupérer mais le maire de Turin, Piero Fassino, dirigent du Parti Démocratique, ancien dirigeant du Parti Communiste (dont le PD est une filiation) et fils d’un chef partisan, a dû se sauver précipitamment du cortège des mineurs auquel il prétendait participer.

 

Un exemple isolé mais peut-être aussi prémonitoire d’une orientation syndicaliste nationale révolutionnaire. C’est justement ce que les technocrates mondialistes et les usuriers craignent le plus et qu’ils veulent désamorcer en tentant d’empêcher toute représentation politique ou syndicale de cette mouvance.

 

Et c’est pourquoi la gauche imprégnée de progressisme se prépare à liquider l’Etat social alors que la droite privée de tous ses leaders populistes se prépare à tenir un discours réactionnaire et antisocial elle aussi.

 

LES RÉACS DE BIG BROTHER

 

Et voici où l’on retrouve des parallèles entre la France et l’Italie.

 

Pendant que la gauche hollandienne s’apprête à lancer l’offensive contre les acquis sociaux, à droite on entend déjà chanter une chanson complémentaire à celle de l’Elysée.

 

Le rejet, compréhensible en soi, de la culture soixante-huitarde et de la banqueroute dont celle-ci est coresponsable, se manifeste de plus en plus. Ceux qui éprouvent ce rejet ne font souvent nullement la part des choses, manifestant dans le même temps leur soutien moral et idéologique à l’œuvre de destruction effectuée par l’élite mondialiste.

 

Le repli du politique vers le culturel s’accompagne quant à lui souvent d’un regard aigu et perçant, mais celui qui, en jouant au philosophe blasé et au misanthrope cultivé, se laisse aller à cette tentation qui lui paraît intelligente peut se retrouver aujourd’hui à jouer et à danser comme un idiot précisément comme le lui demande Big Brother.

 

C’est déjà en bonne partie le cas de la droite nationale, puisque l’anti-islamisme fait pencher certains vers le soleil couchant et vers l’Etat hébreu par peur du fantôme de la « guerre des civilisations ».

 

Un schéma tellement faux que les partisans de l’Occident sont obligés de se mentir tous les jours.

 

Comment s’expliquer, autrement, que ce qui est réalisé par ceux qui nous demandent de nous mobiliser en défense de notre civilisation, c’est d’armer les Frères Musulmans et Al-Qaïda, comme en Libye et en Syrie, et de cultiver entretemps dans les banlieues un potentiel explosif qui répond aux desideratas du Qatar, de l’Arabie Séoudite et des Etats-Unis.

 

Si à cette tromperie nous allons ajouter aussi un mépris réactionnaire de l’Etat social, il nous ne reste plus qu’à demander à Soros et Rockefeller s’ils veulent bien de nous comme valets ou comme cire-pompes, les places plus rentables dans leur cortège étant déjà prises.

10:45 Publié dans Rubrique d'Italie Gabriele Adinolfi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook