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vendredi, 28 juin 2019

L’ECOLOGIE POLITIQUE EN FRANCE

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Franck Buleux, Métainfos cliquez là

Le score de la liste emmenée par Yannick Jadot, près de 14 % des suffrages exprimés, lors des dernières élections européennes, a donné des ailes au « parti Vert » français, Europe-Écologie-Les Verts (EELV). Outre le fait que ce score n’ait rien d’exceptionnel comparé aux précédents, le mouvement écologiste français n’a jamais particulièrement brillé par son autonomie, se plaçant rigoureusement et de manière exhaustive au cœur de l’union de la gauche, de la gauche plurielle comme la surnommait l’ancien Premier ministre de 1997 à 2002, Lionel Jospin.

Ce score n’a rien d’exceptionnel, si Daniel Cohn-Bendit rassemblait 16 % des suffrages en 2009, déjà Antoine Waechter récoltait 11 % en 1989, dépassant largement la liste emmenée par l’icône Simone Veil, candidate des centristes et approchant, à un point près, celle de Jean-Marie Le Pen. L’environnementaliste Antoine Waechter, désormais président du Mouvement écologique indépendant (MEI), ancien allié d’EELV, fut, en effet, le premier Vert à dépasser les 10 %. Mais déjà, en 1977, lors des élections municipales, de nombreuses listes d’obédience écologique ont obtenu de bons scores et ont permis, en se reportant massivement sur les listes emmenées par l’Union de la gauche, la défaite de nombreux maires de la majorité giscardienne de l’époque.

Mais ces scores, pour élevés qu’ils soient, ne sont en rien pérennes. En effet, les électorats socialiste et écologiste sont d’une telle proximité (idéologique, socio-professionnelle…) qu’il apparaît très difficile de les dissocier, c’est la raison pour laquelle il apparaît difficile de mesure le score vert avant les élections. L’électeur moyen vert peut être un électeur socialiste, et inversement. L’électorat urbain, « boboïsée » ne connaît pas de frontières nationales (ça, nous le savons !) mais il ne connaît pas, non plus, de réelles frontières entre social-démocratie et écologie politique.

Cette proximité s’est encore développée avec l’arrivée de La République en marche (LREM), dont les premiers bons résultats (lors de la présidentielle et des législatives de 2017) sont dus à une masse d’électeurs venus du PS et d’EELV, laissant Benoît Hamon à un niveau électoral résiduel, 6 %.

Mais cette proximité, cette masse électorale (à laquelle semblent se joindre de nombreux électeurs classés à droite, depuis les élections européennes de mai dernier) n’a jamais permis de réelle victoire.

Les résultats des partis Verts français n’ont jamais donné lieu à une réelle pérennité. Le vote « bobo », comme la vague sur le rivage, se retire jute après avoir monté. D’ailleurs, les experts de LREM l’ont bien compris, observant avec envie les 18 % des différents mouvements écologistes et animalistes le 26 mai dernier. Cette réserve de voix peut permettre aux mouvements centraux, pour ne pas dire centristes, de voir l’avenir… en vert.

Cette récolte devrait se limiter à deux points, essentiels.

D’abord, le vote vert, nonobstant les options environnementaliste et animaliste, est un vote visant à soutenir des mouvements extrêmement ancrés à la gauche de l’échiquier politique. Le programme des Vers ressemble plus à une société encadrée (moins d’enfants, fin de nombreuses énergies, fin de l’automobile…) qu’à un mouvement centriste mais l’électeur ne voit pas cette évidence, il faudra lui rappeler que le « Khmer vert » semble plus représentatif que le « gentil environnementaliste », pâquerette à la bouche.

Ensuite la question écologique a quitté la droite. Ce respect de la nature, ce retour à l’essentiel devrait, aussi, être porté par des mouvements conservateurs et populistes. L’écosystème est valable pour les végétaux, les animaux mais pourquoi pas, pour les êtres humains ?

Le respect des communautés organiques et le développement du localisme sont des pistes à explorer pour les mouvements de droite, qui pourraient permettre de détacher des partis de gauche, des électeurs abusés dont l’environnement est l’une des principales préoccupations.

Pour nous résumer : dénoncer le vrai visage des partisans de l’écologie politique et développer l’idéal environnementaliste et le respect des animaux sont les exigences de demain.

Il ne faut pas oublier que ces combats seront, demain, essentiels pour intéresser l’électorat jeune.

L’identité n’est jamais éloignée de l’environnement. Il est largement temps de balayer Mai 68 et tous ces concepts de gauche, dont les enfants du « Baby-Boom » se font encore les irréductibles médias.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’essayiste conservateur Denis de Rougemont essaya de lier régionalisme et écologisme, rejetant les Etats-nations. Il influença le mouvement écologiste français à la fin des années 1970. Il serait temps, pour la droite, de relire (ou de lire) de Rougemont.

L’écologie est un conservatisme. Il n’est pas une rupture. Les individus qui représentent cette mouvance ne sont que des gauchistes mutants.

L’écologie est un véritable défi pour notre mouvance. Le relever ne serait que le retour aux sources d’une pensée traditionnelle.

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jeudi, 06 juin 2019

2020 : LA FIN DE LA DROITE MUNICIPALE ?

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Franck BULEUX Metainfos.fr cliquez là

Les élections européennes ont laissé la gueule de bois au « parti de la droite et du centre », c’est-à-dire Les Républicains (LR). Ce mouvement d’union qui a succédé à l’UMP, qui lui-même reposait sur la fusion, en 2002, du RPR (Rassemblement pour la République, fondé en 1976 par Jacques Chirac, mouvement néo-gaulliste) et de Démocratie libérale (DL), mouvement dirigé par le libéral Alain Madelin, émanant de l’UDF (Union pour la démocratie française), alors maintenue par les anciens du Centre des démocrates sociaux (CDS) de François Bayrou. Cette unité proclamée n’avait rien de politique mais était purement électoraliste : le but était d’éviter d’être absent du second tour de la « mère des élections », c’est-à-dire l’élection présidentielle.

En effet, en capitalisant 17 % des suffrages exprimés en avril 2002, Jean-Marie Le Pen avait créé la surprise en se qualifiant pour le second tour face au président sortant, Jacques Chirac. Ce n’était pas le score de Le Pen qui était une surprise (il avait obtenu 15 % 7 ans plus tôt) mais l’élimination du Premier ministre d’alors, candidat socialiste, Lionel Jospin.

La droite de l’époque a su lire les résultats : certes, Lionel Jospin avait plafonné le score des socialistes à hauteur de 16 % mais en ajoutant les résultats de Jean-Pierre Chevènement (leader du Mouvement des citoyens, MDC, qui deviendra le Mouvement républicain et citoyen, MRC) et de Christiane Taubira, représentant les souverainistes progressistes et les radicaux de gauche, un candidat rassembleur à gauche aurait pu rassembler 25 % (rappelons que Lionel Jospin avait déjà obtenu 24 % en 1995 devant respectivement Jacques Chirac, Édouard Balladur et Jean-Marie Le Pen). Les calculs de la droite française étaient clairs : la désunion de la gauche a évité la présence de Lionel Jospin au second tour (plus que le score intrinsèque du Menhir) et la présence de Bruno Mégret (près de 2.5 % des suffrages exprimés) a limité le score du leader du Front national, permettant ainsi au candidat-président Chirac d’être en tête, avec moins de 20 %…

La création de l’UMP n’est donc pas un virage politique européen ou libéral (ces virages avaient déjà largement été pris par l’ensemble des droites UDF et RPR) mais la possibilité, la garantie même pour le candidat estampillé de la droite et du centre d’être présent au second tour de la présidentielle, sachant qu’en 2002 le cumul des scores de Chirac et Madelin s’élevait à 24 % (sans compter le score de Bayrou, resté à l’écart de cette fusion, à 7 %). Cette stratégie s’avéra concluante en 2007, avec les 31 % de Sarkozy ainsi qu’en 2012 avec un président sortant à 27 %, malgré sa défaite au second tour face au maire socialiste de Tulle.

Mais cette stratégie a dévoilé sa limite électorale dès 2017, les 20 % de François Fillon, retombant au score de Chirac en 2002, sauf que, en 2017, contrairement à 2002, le candidat préalablement élu par les primaires de la droite et du centre est distancé par Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Le plafond de verre existe aussi pour les gaullistes depuis 1981, seul Nicolas Sarkozy a rassemblé largement plus du quart des Français, les Chirac-Fillon n’ont jamais, ou de peu, dépassé le cinquième des Français exprimés (20 %), réduisant à la portion congrue la droite historique.

Dimanche dernier, en obtenant à peine 8.5 % des suffrages exprimés, le candidat versaillais (qui avait déjà fait perdre à la droite un siège dit « imperdable » dans les Yvelines lors des élections législatives de 2017), Bellamy a totalement mis fin à la stratégie élaborée par Jacques Chirac en 2002. François Fillon avait, à la suite de l’affaire sortie par les officines du Canard enchaîné, annoncé la fin de cette stratégie, Bellamy, lui, enterre la politique de la présence de la droite au second tour.

En effet, même lorsque Nicolas Sarkozy obtenait 12 % aux élections européennes de 1999, il était distancé par une autre liste de droite, emmenée notamment par Charles Pasqua, qui culminait à 13 % (soit un total de 25 % face à François Hollande en tête de ce scrutin avec 21 %), alors qu’il y a une semaine, Bellamy et les LR n’ont aucune réserve, si ce n’est les 6 % cumulés des listes de Debout la France (DLF) et de l’Union des démocrates et des indépendants (UDI). Et encore…

Pire encore, les élections municipales se profilent, prévues en mars 2020. Or, les élections municipales de 2014, dans la foulée des défilés de La Manif pour tous, ont été extrêmement favorables aux partis de droite, UMP et UDI. De nombreuses municipalistes sont passées de gauche à droite, malgré, parfois, le maintien de listes FN dont les résultats ont été positifs avec le gain d’un certain nombre de mairies, dont Fréjus, Beaucaire, Mantes-la-Ville et une mairie de secteur à Marseille. Le chantre de l’union des droites, Robert Ménard, soutenu par le FN et DLR (devenus respectivement RN et DLF), enlevait la mairie de Béziers, élection emblématique de la poussée nationale des droites. Par exception, Paris et Lyon restaient socialistes avec Anne Hidalgo et Gérard Collomb, passé depuis à La République en marche (LRM) et par le ministère de l’Intérieur.

Justement si Gérard Collomb symbolise le passage de socialistes municipaux vers le mouvement fondé par Emmanuel Macron, il existe aussi, à l’instar d’Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ou Sébastien Lecornu, un vaste mouvement des anciens LR vers LRM. Et discrètement mais ostensiblement, de nombreuses municipalités sont passées de LR vers LRM. L’électeur avait voté pour LR ou le PS, il se retrouve avec une équipe « En marche ! », certes le mandat n’est pas impératif en France mais le respect du choix des électeurs ne semble pas poser question aux élus.

La droite municipale, largement victorieuse lors des municipales de 2014, puis des départementales de 2015, avait déjà commencé à compter ses voix lors de la présidentielle de 2017, puis des législatives qui ont suivi. Le score de François Fillon, pour faible qu’il fut, n’était pas ridicule et les législatives ont permis, mis à part les départs des ministres « traîtres », de conserver la deuxième place face à des candidats, pour la plupart inconnus, élus estampillés Macron.

Mais depuis les résultats des européennes, les calculs vont bon train. Les villes de droite, notamment en Île-de-France, ont largement mis en tête Nathalie Loiseau, reléguant à la deuxième, voire à la troisième place, le candidat LR. Déjà, des maires élus LR pensent fonder, comme le maire de Quimper, Ludovic Jolivet, un mouvement de centre droit permettant de perdre l’étiquette LR, jugée répulsive car de moins en moins mobilisatrice. D’autres initiatives sont en cours, notamment la formation d’un nouveau groupe à l’Assemblée nationale, sachant qu’il existe déjà un groupe d’élus venant de la droite et du centre macron-compatibles, le groupe Les Constructifs proche du parti politique AGIR dont le leader est le ministre de la Culture, (militant LGBT) Franck Riester… Bref, se constituent sous nos yeux une kyrielle de mouvements de centre droit prêts à soutenir Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2022. Le Modem de François Bayrou ne lui a pas suffi…

Le problème des élections municipales est leur cruelle visibilité. Seules les grandes villes ont droit au chapitre durant la campagne électorale et lors des résultats. Les scores du RN peuvent être intéressants, notamment sur la côte méditerranéenne, entre Menton et Perpignan mais au-delà ? La victoire à Beaucaire de 2014 et demain, qui sait, à St-Gilles (première municipalité d’une taille importante FN en 1989) dans le Gard mais la campagne va se focaliser sur Paris, Lyon, Lille, Nantes, Strasbourg, Rennes, Toulouse, Bordeaux, Grenoble… Bon, mis à part les scores du Sud (Marseille, Perpignan, Nice, Toulon), les scores du RN sont faibles, quelles qu’en soient les causes.

Ce que les élections européennes annoncent, c’est, au-delà du maintien du RN au niveau national (23 %) et de la déroute de la droite (8 %), la force de La République en marche dans les métropoles françaises.

Certes, ces résultats vont ancrer le fossé entre populations urbaines, bourgeoises et boboïsées et les populations oubliées, celles plus rurales, celles des ronds-points des Gilets jaunes… Peut-être ces populations auront leur mot à dire lors des élections départementales et surtout régionales de 2021.

Mais d’ici là, les élections municipales vont jouer un rôle déformant en faveur du président Macron. Le jacobinisme français, les polarités urbaines de la France vont faire, a priori, apparaître des scores des listes de LRM très élevés et peu importe, pour le président Macron, s’il s’agit de colistiers venus de la droite ou de la gauche…

Lyon et Le Havre sont deux symboles. LRM s’installe, son « économisme » lui permet de rassembler la droite municipale. Que restera-t-il à la droite, LR et RN, au sortir des municipales de 2020 ?

2014 semble bien loin. Il va falloir se battre, d’un côté pour Cannes et Versailles, de l’autre, pour Fréjus et Beaucaire. Ce ne fera pas la « une » du « 20 heures ».

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lundi, 27 mai 2019

VOTEZ CONTRE LE CLIMAT : LE TOTALITARISME QUI VIENT

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Franck Buleux Métainfos cliquez ici

Lors de ces élections européennes, il est de notoriété publique que la surprise est venue des voix écologiques. Le total des voix EELV (Europe-Écologie-Les Verts), Génération écologie (GE), le Parti animaliste et Francis Lalanne, proche de l’Alliance indépendante écologique (AEI) s’élève à 18 %.

Bien entendu, les médias et l’Éducation nationale ont beaucoup œuvré à ce résultat, intégrant dans l’esprit des plus jeunes électeurs, l’ennemi principal, c’est-à-dire le climat.

Comme nos ancêtres les Gaulois (réfractaires ?) qui avaient peur que le ciel ne leur tombe sur la tête, les néo-électeurs ont peur du climat.

Cette orientation de l’opinion permet de conjurer d’autres phénomènes graves : le phénomène migratoire et les orientations de l’Union européenne. D’ailleurs, on en arrive même à dire que les phénomènes migratoires sont liés au climat, cela pour éviter de limiter les migrations aux guerres (ce qui, de facto, permettrait de rejeter la plupart des migrants), voire même de « surfer » sur cette vague dite populiste en affirmant que la limitation des migrants s’opérera quand le Soleil perdra de son rayonnement… En ce sens, le vote vert est démagogique et d’un populisme exacerbé. Il repose sur un préjugé, celui du réchauffement climatique ou plus exactement, du dérèglement climatique. En effet, si le réchauffement n’est pas avéré, il s’agit probablement de dérèglement. Et si vous n’y croyez pas, les ayatollahs verts vont feront la morale. Le danger c’est le climat vous dis-je, le climat ! Les climato-sceptiques n’ont guère droit à la parole, les médias les traitant même de « révisionnistes », renvoyant le traitement de leurs idées au néant intellectuel. Vous n’avez pas la parole car vous contestez le dérèglement climatique.

Souvenez-vous de la mise à l’écart de l’ancien ministre socialiste de l’Éducation nationale, Claude Allègre, parce qu’il avait osé remettre en cause le dogme, celui du climat déréglé.

Le vote contre le climat représente le choix électoral le plus mondialiste qui soit. Le thème de l’écologie traditionnelle, dite « de droite » est à redécouvrir avec l’expression du localisme. Mais nous en sommes loin et ce n’est pas le propos de ce billet. Aujourd’hui, les défenseurs auto-proclamés de la planète veulent totalement modifier notre système.

Les khmers verts sont près du pouvoir, d’ailleurs ils ont déjà participé au gouvernement de la gauche plurielle de Lionel Jospin, entre 1997 et 2002. En effet, ils n’hésiteront pas à servir de roue de secours de La République en marche (LRM), s’il en était besoin. Comme en Allemagne, ou au choix, ils peuvent soutenir les démocrates-chrétiens d’Angela Merkel comme les sociaux-démocrates.

Le totalitarisme qui vient, ce n’est pas le populisme qui n’a aucune structure idéologique commune si ce n’est la reconstitution des frontières, c’est ce mode de pensée du quotidien, avec des règles alimentaires strictes (les végan), l’énergie du soleil et du vent, la culture sans engrais.

Le modèle écologique est bien plus qu’un mouvement politique, c’est le mouvement qui définira, si l’on n’en prend pas garde, notre quotidien.

Nous nous émouvons, parfois et à juste titre, de modes de vie différents de notre culture européenne mais ces modes de vie ne concernent que des minorités. Ici, le danger ne vient pas de l’étranger mais d’une mouvance occidentale qui n’a qu’un seul but : transformer le quotidien de tous et de chacun.

Bien sûr, cette poussée n’est pas nouvelle, les mouvements écologiques avaient déjà fait l’objet de poussées électorales. En France, la « poussée verte » a fait tomber de nombreuses mairies de droite en 1977. Depuis 1977, les élections européennes ont vu les mouvements verts avec des scores à deux chiffres, d’Antoine Waechter avec 12 % en 1989 jusqu’à Daniel Cohn-Bendit avec 16 % il y a dix ans, mais ce qui est interpelant aujourd’hui, c’est la conjonction entre des institutions, une certaine jeunesse déconnectée des problèmes culturels et sociaux et les urnes.

Ces mouvements n’ont rien de scientifique, ils sont la réponse de l’irrationnel. Ils ne voient pas, ils estiment. Le climat a été remplacé, selon eux. Ils sont les chantres d’un certain remplacement.

Le clivage de demain s’inscrit dans les élections d’hier. Les Gilets jaunes sont loin, j’entends déjà parler d’espérance verte. Une couleur dont il faut se méfier.

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23:38 Publié dans Européennes 2019, Franck Buleux | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

dimanche, 05 mai 2019

TRENTE TROIS LISTES ET LES BANQUES

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Franck Buleux

On peut penser, en constatant les trente-trois listes validées par l’Intérieur qui vont briguer nos suffrages le 26 mai prochain, à l’occasion des neuvièmes élections européennes, à une vitalité démocratique sans précédent dans notre pays.

En tout cas, c’est l’a priori qui me vient immédiatement à l’esprit. L’immédiateté supprime la réflexion. Les médias me disent, m’inoculent « 33 » et je me dis, c’est beaucoup ! Et je vois d’ores-et-déjà cette grosse enveloppe kraft marron adressée par la Préfecture de mon département comprenant 33 professions de foi et 33 bulletins de vote avec, chacun, soixante-dix-neuf candidats. Oui, 79 car la France a récupéré 5 sièges à la suite du Brexit, qui n’a pas encore eu lieu. Il y a donc 74 sortants français et 79 candidats, alors que des élections auront lieu au Royaume-Uni… Donc, il n’y aura que 74 élus si les Britanniques votent, sinon 79. Cela fait partie du rêve européen, l’incapacité à trois semaines du scrutin de connaître la répartition des élus par pays. Il y aura donc 5 battus qui atteindront, impatiemment, le Brexit, même s’ils sont opposés à la sortie de la Perfide Albion.

Bref, tel n’est pas notre propos. Je m’imaginais donc déjà attendre de longues minutes pour voter car Madame Louise (appelons-là comme cela puisque l’Alliance royale a déposé une liste), âgée de 90 ans et qui ne loupe jamais une élection, avait des difficultés compréhensibles à prendre, un à un, les grands bulletins avec tous ces patronymes. Les prendre un à un, les ranger, retrouver le « bon » (alors qu’elle a pris le bon chez elle, qu’elle a glissé dans une poche) pendant que les autres tombent… Le calvaire du vote. Du vécu, j’ai longtemps été assesseur et même présidé un bureau pendant quelques scrutins.

De longues files d’attente, des personnes qui désespèrent, ne trouvant pas sur quelle liste se trouvent Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen (en fin de listes car déjà députés nationaux français tous les deux, pour cause de non cumul des mandats), quelle belle journée que ce dimanche 26 mai. Des assesseurs débordés qui doivent vérifier l’ordre des bulletins déposés sur la table à l’entrée, le niveau des tas (qui doit être homogène) et cette masse d’hommes et de femmes qui représentent toutes les tendances, toute la diversité nationale… Des animalistes aux décroissants, des communistes aux insoumis, et toux ceux qui cherchent, en vain, le terme « parti socialiste » sur les bulletins… Mais il n’y a plus de Parti socialiste ? Ben non, mais bon on ne peut pas dire –tout haut- que le compagnon de Léa Salamé a réalisé une OPA sur ce qui reste du PS. Raphaël Glucksmann a créé le mouvement « Place publique » et a rencontré sa concubine sur le plateau de « On n’est pas couchés ». Tout doit être révélé, donc.

Mais non, mon rêve s’est évanoui, les banques, l’oligarchie financière (d’ailleurs depuis la disparition de son mentor américain, Lyndon LaRouche, le groupe Solidarités & Progrès de Jacques Cheminade, a jeté l’éponge, du moins pour cette année ; ainsi, ce terme est moins employé même s’il nous reste le gaulliste candidat pour Jean Tibéri en 2001 à Paris, Asselineau). Eh oui, car ce sont les banques qui financent via des prêts de centaines de milliers d’euros, les mouvements politiques. Pourtant, me direz-vous, la Constitution du 4 octobre 1958 prévoit que les partis politiques concourent à la vie politique et il existe désormais un financement public lié aux résultats, en voix et en nombre de députés, des élections législatives. Oui, mais pour concourir, il faut de l’argent.

Pour une campagne électorale avec une information complète et totale, chaque liste devrait, ayant glané quelques informations à ce sujet auprès de compétiteurs, apporter 800 000 € et ces deniers seraient remboursés (il y a un plafond) à la condition de représenter 3 % du corps électoral exprimé. Environ un million de voix, enfin selon le nombre de personnes qui se déplaceront dans les isoloirs.

Je trouve 3 % un peu élevé. Même des élus importants de notre République ont parfois des difficultés à atteindre cet objectif : Jean Lassalle, homme apprécié des Français, n’a obtenu que 1,1 % des suffrages exprimés lors de la présidentielle de 2017 et l’Eurodroite avec Jean-Louis Tixier-Vignancour n’avait pesé que 1,3 % des suffrages lors des premières élections européennes en 1979 (rappelons que le Front national de Jean-Marie Le Pen en obtenait 11 % seulement cinq ans plus tard, en 1984). Toujours en 1979, le trio que l’on qualifierait aujourd’hui de populiste Malaud (qui deviendra président du CNIP), Médecin (l’ancien maire de Nice) et Poujade (du mouvement éponyme) n’obtint que 1,7 %….

Donc, une liste non connue (et même connue, parfois car une banque ne souhaite pas être associée au Rassemblement national, car dans « Rassemblement », il y a « Race », non ?) a peu de probabilités d’obtenir 3 % et donc, préalablement, d’obtenir un prêt. Alors, bien sûr, il y a les dons, les appels aux militants, aux proches, mais tout le monde n’est pas sponsorisé par les médias pour faire connaître un projet et des militants il en faut et ils doivent avoir quelques moyens. Tout le monde n’a pas le même répertoire que Macron ou Fillon.

Mon rêve s’est envolé. Il n’y aura ni 33 bulletins dans vos enveloppes, ni même 33 bulletins déposés sur les tables tenues par les employés de mairie le 26 mai.

Plutôt que de se lamenter, essayons de développer une alternative : celle du vote électronique. À l’heure de la digitalisation, il apparaît naturel d’utiliser ce type de procédé électoral pour choisir son candidat et éliminer les autres.

Alors, rêvons à nouveau : nous pourrions voter sans voir le regard courroucé du professeur des écoles, militant Insoumis sur la place publique (ou l’inverse), la dame âgée (Louise, voir plus haut) pourrait voter sans faire tomber son bulletin (LERM ou LR) ou/et sa canne, on pourrait éviter les banalités dominicales avec ses voisins (puisqu’on n’a pas le droit de parler de politique dans le bureau de vote).

Les hommes politiques ont peur des hackers ? Ah, la belle excuse, on connaît, depuis des années, les modes de fraude à petite ou à grande échelle de certains de nos édiles. Souvenez-vous, en 1983, le nombre considérable de municipalités d’union de la gauche qui avaient vu leur victoire annulée (pour fraude) et qui sont toutes, en presque, passées à droite lors de partielles organisées entre juin 1983 et les européennes de juin 1984. Parmi ces municipalités, Dreux qui vit la victoire avec plus de 55 % de l’union des droites, Front national compris.

À quand un projet de loi (ou une proposition mais un projet est plus certain quant à son résultat, puisqu’il émane du gouvernement) sur le vote électronique ?

Ce modèle électoral permettrait de sortir de l’hypocrisie : disposer d’un choix de 33 listes et de 2607 candidat(e)s serait alors une réalité et non une simple annonce médiatique.

Je sais cette proposition ne fait pas partie du Grand débat. Alors, si cela ne concerne pas le Grand débat, c’est comme l’immigration, on classe. Verticalement.

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mardi, 12 février 2019

MACRON VERSUS GILETS JAUNES : DE QUOI LE MACRONISME EST-IL LE NOM ?

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Franck Buleux Métainfos cliquez ici

Emmanuel Macron, issu des grands corps de l’État et proche de l’ancien président de la République François Hollande, favorable à l’Union européenne, est le prototype des élites transnationales. Son score du premier tour à l’élection présidentielle d’avril 2017, 24% des suffrages exprimés, représente le regroupement d’électeurs libéraux et sociaux-démocrates dont le but est la continuité et la pérennisation du système politique actuel, par la multiplication des réformes économiques, politiques, sociales et sociétales. L’espace politique transnational souhaité va, en effet, des libéraux aux socialistes, en passant par certains démocrates-chrétiens et écologistes (l’opération Nicolas Hulot a fait long feu mais a bel et bien existé). Un quart des Français a voté pour le candidat européen, favorable au système. Ce score flatteur pour un novice en politique (Jacques Chirac n’a jamais dépassé 21% des suffrages exprimés, au premier tour d’une élection présidentielle) ne doit pas nous leurrer, elle est largement due à la déstabilisation annoncée par l’hebdomadaire Le Canard enchaîné du candidat libéral-conservateur, François Fillon, qui a plafonné à 20%, piètre score pour une personnalité censée représenter l’ensemble des voix « de la droite et du centre », appellation de la primaire qui permit à l’ancien élu de Sablé-sur-Sarthe de battre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Rappelons tout de même que les candidats gaullistes et libéraux représentaient plus de 40 % il n’y a pas si longtemps dans les urnes, y compris après l’apparition du FN de Jean-Marie Le Pen.

Les 24% d’Emmanuel Macron sont donc issus à la fois de l’effondrement de la droite et du centre mais aussi du Parti socialiste (PS). Ce parti « attrape-tout » qui a culminé à près de 40 % en juin 1981 s’est effondré à un peu plus de 6% en avril 2017. L’échec fut tellement patent que le président sortant François Hollande ne s’est même pas représenté et le candidat Benoît Hamon a, après sa cuisante défaite, perdu son siège de député des Yvelines et quitté, aussitôt, le PS pour fonder un groupe Génération.s. Sans doute pour lier la tradition mitterrandienne (Génération Mitterrand en 1988 lancé, notamment, par le chanteur Renaud) et la modernité digitale avec le point s (.s).

La fusion électorale entre ces deux groupes d’électeurs a créé le macronisme ou les Marcheurs.

Marcheurs, mais eux ils marchent vraiment…

Face au macronime conquérant, le 17 novembre 2018 a vu la naissance et le développement d’un groupe lui-aussi informel, les Gilets jaunes. Comme En marche !, on n’adhère pas à ce mouvement. On est En marche ! comme on est Gilet jaune. Il n’y a pas de cotisation à payer mais une affirmation devant les caméras des journalistes, société médiatique oblige !

Les Gilets jaunes sont une réponse politique, et non seulement sociale, au macronisme. Les Gilets jaunes incarnent, à l’opposé des partisans d’Emmanuel Macron, une France discrète, oubliée, votant plutôt pour le Front national (FN), revenu Rassemblement national (RN) voici un an ou refusant de choisir en votant blanc ou nul (il est souvent plus ludique de voter « nul » que « blanc », s’agissant d’affirmer son mépris du système par un bulletin constitué par l’électeur lui-même ; le vote blanc n’était pas, contrairement au vote « nul » fondamentalement contre le système, nous reviendrons sur cet aspect lors d’un prochain bulletin).

Contre le système, les Gilets jaunes établissent un réel rapport de force face à l’État-En marche ! Contrairement à son appellation, La République en marche (LRM) fait du sur-place tandis que les Marcheurs sont devenus, chaque samedi, des opposants fermes et réguliers au système.

Le combat Macron/Gilets jaunes s’opère. Certains observateurs s’étonnent de la remontée d’Emmanuel Macron dans les enquêtes d’opinion mais cette « poussée » est logique.

Une nouvelle offre politique ?

Les Gilets jaunes s’opposent frontalement à la majorité politique, y compris physiquement, il semble ainsi naturel que le vote légitimiste composé de retraités, jadis majoritairement favorable à la droite classique, rejoigne les soutiens du gouvernement. Ainsi, le vote LR (Les Républicains) fond et Laurent Wauquiez aura des difficultés, via son candidat Bel-Ami (un clin d’œil à Maupassant), à maintenir le pourtant faible 20 % de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

Il est ainsi clair que les Gilets jaunes représentent l’opposition, la seule, au président Macron, à son gouvernement et aux parlementaires majoritaires à l’Assemblée nationale.

Un point important reste à définir, et il n’est pas le moindre : en effet, Emmanuel Macron, par son grand débat national, sait mobiliser ses troupes, et diviser, de surcroît, le mouvement des Gilets jaunes, notamment avec Ingrid Levavasseur, dont les soutiens proviennent, eux-mêmes, d’En marche !, du PS ou de l’ancien ministre et homme d’affaires condamné, Bernard Tapie.

Il ne manque donc qu’un mouvement prompt à s’opposer, dans les rues mais aussi dans les urnes, à Emmanuel Macron.

La France s’en prend à l’Italie. Pourquoi ? Parce que certains leaders du M5S (Mouvement 5 étoiles), parti populiste qui dirige, avec la Lega, la péninsule transalpine, sont venus, à Montargis, soutenir les Gilets jaunes ! Montargis, commune modeste du Loiret, centre de la trahison française au profit de l’Italie ! La Commedia del arte arrive dans l’Hexagone.

Et alors ? Si les Gilets jaunes peuvent s’inspirer du M5S, à l’heure de l’Europe, quel serait le problème ? Au Parlement européen de Strasbourg, les partis politiques s’unissent et défendent des intérêts communs, ils créent même des partis politiques transnationaux. D’ailleurs, à ce sujet, on ne sait toujours pas avec qui vont siéger les futurs élus de LRM. Ils siégeront probablement « en même temps »…

Face à cette France du système, il est temps qu’une force populiste émerge. De la même façon qu’En marche !, un mouvement populiste doit se structurer afin de représenter la France du géographe Christophe Guilly, la France non jacobine du philosophe Onfray, la France indépendante et libre de l’essayiste Houellebecq.

Cette France ne mérite-t-elle pas, aussi, d’être représentée ? Les semaines qui viennent vont nous donner les réponses à ce besoin de nouvelle représentation nationale.

Chaque samedi, le système nous le montre, au propre comme au figuré : tous les coups sont permis.

00:29 Publié dans Franck Buleux | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook