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samedi, 30 mai 2020

MINNEAPOLIS : L’AMALGAME BAT SON PLEIN

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Franck Buleux Metainfos cliquez là

Après trois jours de manifestation à Minneapolis, dans le Minnesota, et dans plusieurs villes à travers les États-Unis, le policier blanc mis en cause dans la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, a été inculpé d’homicide involontaire, ont annoncé les autorités fédérées vendredi 29 mai. « Le policier impliqué, qui a été identifié comme Derek Chauvin, a été placé en détention » par la police criminelle, a déclaré le commissaire John Harrington, du département de la sécurité civile de l’Etat du Minnesota.

Le procureur du comté de Hennepin, où se trouve la ville de Minneapolis, a annoncé que ses services l’inculpaient d’acte cruel et dangereux ayant causé la mort et d’homicide involontaire. Des poursuites devraient être engagées contre les trois autres policiers.

L’affaire est donc close. La justice fédérée (donc, décentralisée) suit son cours dans un État de droit où l’ancien Président donne des leçons de démocratie et de morale fréquemment. Imaginez en France, si Hollande et Sarkozy commentaient les actes de Macron, comment la presse mainstream les raillerait. Donc, en cas de dérive, le sage Obama intervient, précisant sa pensée selon laquelle « Trump, ce n’est pas bien ! ». Cela permet de simplifier les clivages entre le bien et le mal, véritable source de l’amalgame à l’américaine.

Car l’affaire n’est pas close car il y a le principe de l’amalgame. L’amalgame se veut plus fort que la justice car il s’y substitue.

Oui, je vous explique : lorsqu’un Européen, dans nos contrées, est tué par un extra-européen d’origine ou de papiers, c’est un fait unique, un fait divers, à qui un juge va donner une réponse unique, ce qui est, somme toute, logique. De toute façon, les journalistes veillent pour éviter, ce qu’ils appellent eux-mêmes l’amalgame. Donc, on ne bouge pas, pas une oreille. Dans ce sens, l’amalgame est ridicule, voire interdit, même criminel de l’invoquer.

D’une autre façon, a contrario, si un individu extra-européen d’origine, Afro-Américain comme l’on dit aux États-Unis (même si cette population n’a jamais mis les pieds en Afrique et n’y tiens, pour la plupart, probablement pas) est tué, comme il est indiqué ci-dessus, l’amalgame est de rigueur, il devient même le principe : le policier est blanc, tous les policiers (blancs ?) sont des tueurs de citoyens afro-américains en puissance. C’est un syllogisme absolu, sans retour. Pour s’exonérer de toute responsabilité a priori, il faut (peut-être) être un policier afro-américain (et encore…) ou surtout un policier blanc progressiste (du style, je reconnais que mes collègues de couleur blanche sont désagréables avec la pullulation afro-américaine).

Mais pourquoi en rester là ? Vous avez vu les images, elles sont forcément à la une des journaux télévisés nationaux français (pour dénoncer le « racisme » des États-Unis (pas « aux États-Unis » mais « des États-Unis »), racisme intrinsèque de la population blanche unilatéral, forcément unilatéral). Les images montrent une expression singulière de haine… raciale contre toutes les structures : police, commerces, mobilier urbain, automobiles… et il ne m’apparaît pas que les Blancs soient en sécurité dans ce concert de feux, de violence et de saccages. Tout ce qui provient, en quelque sorte, de l’Amérique des origines, celle née de l’immigration européenne, a mauvaise presse et se doit d’avoir mauvaise conscience. L’ethno-masochisme à l’européenne doit aussi s’appliquer aux États-Unis, n’est-ce pas pour cela qu’ils avaient élu Obama ? Toujours ce principe bi-millénaire de rédemption. Parce qu’un Blanc est inculpé (on dit toujours « inculpé » outre-Atlantique, cela vient du latin « culpa » tout simplement. La France, pays de l’absence de toute pensée, on dit « mis en examen »).

Alors, nous, les Européens, nous regardons cela dubitativement, de Gaulle nous a appris à nous méfier des États-Unis, depuis quatre ans, les médias et les politiques nous conditionnent à détester le président américain, Trump, parce qu’il n’est pas Obama. Il n’y a pas d’autre raison, il n’a pas (encore) bombardé la Normandie, il n’a pas utilisé la bombe atomique, il n’a pas envoyé de napalm sur le Viêt-Nam, il n’a pas été destitué malgré les efforts du Parti démocrate obamesque. Bref, en matière de politique extérieure, il n’est pas un ennemi  bien au contraire.

Ah, oui mais il est gros, grand, blanc, blond, son épouse est d’origine est-européenne… Ah oui, évidemment. En France, pour être président américain, il faut être mince, brun, noir, né à Hawaï… Les Français seraient appelés à voter aux États-Unis, il y aurait moins d’abstention que pour nos propres élections ! C’est logique, puisqu’on ne connaît pas son député mais on connaît Trump ! Et monsieur Obama.

Une dernière remarque qui me paraît essentielle, quand les banlieues françaises s’embrasent (cela arrive régulièrement, à Argenteuil par exemple, il me semble), il s’agit de crises sociales. Oui car il y a moins d’argent à St-Denis, en Seine-Saint-Denis, qu’à Aubusson, dans la Creuse… Si un journaliste le dit, il faut le croire, nonobstant la puissance de l’économie souterraine (non déclarée) qui pullule en Île-de-France. Donc, de temps en temps, il y a des émeutes sociales. Aux États-Unis, ce sont des émeutes raciales, la notion de « race » interdite en France étant toujours en vigueur outre-Atlantique.

On le voit, la dénomination journalistique est essentielle, amalgame des blancs racistes contre l’interdiction d’amalgame pour les autres, émeute sociale contre émeute raciale. C’est ainsi, la puissance des mots n’a jamais été aussi puissante et prégnante sur nos concitoyens qui, d’ailleurs, pour la plupart, s’y complaisent par facilité, plus que par conviction.

Aux États-Unis, les émeutes raciales battent leur plein, dans la logique de l’amalgame prenant naissance dans l’élection de Trump. Voilà ce qu’il faut penser et clamer.

Pour les États-Unis, le but à l’intérieur est la défaite de Trump et à l’extérieur, la décrédibilisation des États-Unis comme première puissance mondiale incontestée et incontestable. Certains peuvent s’y laisser prendre.

La France, passionnée par le confinement et le déconfinement, n’est pas à l’abri d’une « racialisation » des émeutes sociales. La mèche est inflammable à tout moment et si jamais, une brigade (oui, il y a bien des brigades contre le Covid-19) contre la police dénichait un « Chauvin », l’amalgame serait de mise.

D’ailleurs, un policier américain qui s’appelle « Chauvin » ne serait-il pas d’origine française ?

10:41 Publié dans Franck Buleux | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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