mercredi, 25 février 2026
Le Nouveau Présent nous fait l'honneur de sa "une"
La revue de presse de Madeleine Cruz : une Synthèse (nationale) très réussie
Source : Le Nouveau Présent, cliquez ici
La revue Synthèse nationale fête ses vingt ans. Autrefois, vingt ans, pour une revue, ce n’était pas grand-chose. La revue était la voie royale de la communication, elle pouvait braver les siècles : on se souvient encore de revues du XIXe siècle ou de l’avant-guerre comme La Revue blanche, La Revue bleue, la Revue de Paris, Le Mercure de France, La Nouvelle Revue Française, La Pensée (Gabriel Péri et autres staliniens) etc. Quelques-unes de ces revues d’avant-guerre voire plus anciennes existent encore, telles La Revue Universelle ou La Revue des deux mondes, et bénéficient toujours d’un public fidèle.
Dans l’immédiat après-guerre, il y eut également d’innombrables revues, qui donnaient le « la » de l’actualité littéraire et même politique, des revues qui s’affrontaient, parfois, par intellectuels interposées (Aron contre Sartre, par exemple). Citons La Table ronde (Mauriac, Nimier), Défense de l’Occident (Bardèche), Ecrits de Paris (Malliavin), Commentaires (Nora), Le Cheval de Troie (le père Bruckberger), Les Temps modernes (Sartre), La Parisienne (Jacques Laurent), Accent Grave (Bernard Georges) etc.
Je revois encore toutes ces revues alignées comme à la parade, dans les rayons de la bibliothèque de mon grand-oncle, François Brigneau.
Oiseaux de mauvais augure
Quand Synthèse a surgi dans le paysage médiatique, bien peu de monde s’est intéressé à cette revue-là, sorte de nain au milieu des géants. Qui plus est en 2006, les médias papier étaient promis à une mort imminente. Les oiseaux de mauvais augure n’avaient pas complètement tort, mais Synthèse est toujours là, alors que tant de bons et mauvais médias papier ont disparu.
Une revue qui dépasse les 20 ans d’existence, progressant en qualité et en notoriété, qui plus est, c’est donc déjà un évènement en soi, par les temps qui courent. Mais Synthèse, au fil du temps, a donc su en outre fidéliser une bonne équipe de rédacteurs, je citerais notamment Didier Lecerf, auteur par ailleurs d’ouvrages historiques sur les droites françaises, Michel Festivi qui, en peu d’années, s’est imposé comme l’un des plus fins connaisseurs de l’Espagne d’aujourd’hui et tout autant de celle d’hier, ou encore Arnaud Raffard de Brienne, Georges Feltin Tracol. La revue se situe exactement au carrefour du militantisme et de la réflexion, ce qui ne la met de fait en concurrence avec aucun autre média.
Il n’est donc pas étonnant que Le Canard enchainé, qui fut dirigé pendant vingt ans par un espion aux ordres de Moscou, Jean Clémentin (1), s’en soit pris récemment à Synthèse (très exactement le 12 novembre 2025), revue chargée de tous les péchés du monde. Une raison de plus pour lire cette revue.
Note :
(1) On l’a découvert en février 2022 : il fut agent aux ordres de Moscou, pendant une vingtaine d’années, dans les années 1950 et 1960, et rétribué pour ces actes de traîtrise, ceci par le biais des services secrets tchèques. Le genre de personnage à fusiller, mais dans le dos. Le diable ait son âme (il est mort dans son lit il y a deux ans).
NDLR SN : au nom de toute l'équipe de Synthèse nationale, je remercie notre confrère et ami Le Nouveau Présent pour cet article élogieux qui nous touche beaucoup. RH
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Saint-Brieuc : la Droite de conviction sera présente, rassemblée autour de Pierre-Yves Thomas
23:14 Publié dans Municipales 2026 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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La gauche agresse, la droite est dissoute...
Occident, dissout en octobre 1968, premier d'une longue série.
Son crime ? S'être opposé au communisme.
Roland Hélie
À chaque fois, c'est toujours le même cirque. Quel que soit le gouvernement, il est de bon ton, à un moment ou à un autre lorsque l'occasion se présente, de procéder à des dissolutions de mouvements qualifiés de "factieux". Il s'agit de rassurer le bourgeois car, comme chacun sait, la république est menacée et celui-ci pète de trouille à l'idée que son épargne spéculative soit fragilisée. En dissolvant tel ou tel mouvement, on se donne bonne conscience surtout si, pour faire bonne mesure, on en profite pour dissoudre un autre mouvement généralement du bord opposé dont le seul tort est d'avoir été agressé par l'organisation incriminée. Nous en avons une fois de plus, actuellement, la preuve sous les yeux avec la volonté du radeau de la méduse macronien de dissoudre deux associations identitaires pour tenter de masquer l'échec de la dissolution ratée de la "Jeune Garde".
On peut reprendre les exemples un par un et les résultats contredisent la doxa officielle. Car le problème, c'est qu'en France, contrairement aux balivernes propagées par les tenants de la bien-pensance institutionnalisée, ce ne sont jamais les mouvements dit "d'extrême droite" qui posent problèmes et qui font preuve de violence, ce sont toujours et partout les mouvements d'extrême gauche ou islamistes.
Revenons donc sur les dissolutions marquantes de ces six dernières décennies :
• En 1968, suite aux événements de mai et de juin, le gouvernement gaulliste procède à la dissolution d'une vingtaine de mouvements gauchistes qui se sont signalés par leur volonté de semer le chaos par la force (maoïstes, trotskistes, communistes...). En octobre, pour faire passer la pilule, le même gouvernement dissout le mouvement nationaliste Occident dont le seul tort était de s'être opposé à la violence gauchiste et au communisme...
• En 1973, le 21 juin, le mouvement Ordre nouveau, créé en 1969, est attaqué avec une violence extrême (ce n'était pas la première fois - cf. 9 mars 1971 au Palais des Sports) alors qu'il organisait le premier meeting à Paris dénonçant (déjà) les risques d'une immigration incontrôlée. Des dizaines de blessés et des dégâts importants sont à déplorés : tous sont dus à la contre-manifestation gauchiste. Une semaine plus tard, la Ligue communiste est dissoute, ce qui est la moindre des choses, mais aussi... Ordre nouveau. Déjà, les agresseurs et les agressés se retrouvaient dans le même sac (1). Macron n'a rien inventé...
• En 1980, voilà du "gros gibier" : la FANE. Alors que se produit à Paris et en banlieue une série d'attentats antisémites dont les responsables n'ont jamais été arrêtés (on risquerait d'avoir des surprises), le gouvernement Giscard en fin de course découvre le bouc-émissaire idéal : la Fédération d'action nationaliste européenne, entendez la FANE (2). Celle-ci, qui ne demandait rien à personne et qui, il faut le rappeler, avait une audience pour le moins restreinte, se retrouve du jour au lendemain propulsée responsable de tous les crimes de la terre. Pour calmer les esprits échauffés, elle est dissoute pour les raisons suivantes : "Les manifestations violentes organisées par ce mouvement, dont l'un des buts exprimés est l'installation d'un nouveau régime nazi, l'organisation paramilitaire de cette association et ses incitations à la discrimination raciale sous les formes les plus diverses : tracts, affiches, propos publics, actions de commando, entrent dans le champ d'application des dispositions de la loi du 1er juillet 1972 qui a complété la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées". Je sais bien qu'on ne prête qu'aux riches mais le pouvoir giscardien devait être en piteux état pour imaginer qu'un mouvement comme la FANE, dont les effectifs ne dépassaient pas quelques dizaines de militants qui n'ont jamais tué personne (alors que plusieurs de ses membres furent lâchement agressés), serait en mesure "d'installer un nouveau régime nazi"... Grotesque !
La dissolution de la FANE fut annulée à deux reprises par le Conseil d'État, en 1985 et 1987.
• En 1981, ce fut le tour du Service d'Action civique, le SAC. Dans le contexte qui était celui des années 1960 et 1970, le parti gaulliste s'était doté d'un service d'ordre, dans un premier temps pour combattre les partisans de l'Algérie française, puis pour faire face aux constantes agressions venant de la gauche contre ses réunions et ses militants, lors des campagnes électorales. Il en allait de même pour le PC"F", mais celui-ci, se drapant dans sa vocation de chantre de l'"antifascisme", était intouchable et toutes ses exactions lui étaient pardonnées. En revanche, le SAC gaulliste était la bête noire de la gauche et Mitterrand avait fait de sa dissolution l'une de ses promesses de campagne en 1981. Une sombre affaire crapuleuse près de Marseille, liée à des rivalités internes très éloignées de la politique, lui donnera, au cours de l'été suivant, l'occasion de dissoudre cette organisation...
• Durant les périodes Mitterrand, Chirac et Sarkozy, les dissolutions se produiront à un rythme plus ou moins régulier. Elles viseront essentiellement des mouvements séparatistes (corses, bretons ou basques...), des organisations écolo-terroristes et quelques sectes d'illuminés.
• 2013, sous Hollande, les choses ont commencé à se gâter. À peine un an après son accession au pouvoir, ce triste sire se retrouve face à une contestation massive de son projet de loi visant à l'instauration du mariage homo. Pour lui, la parade est simple : mettre cette contestation sur le compte de l'extrême droite. Et l'occasion se présentera pour engager ce processus.
Au mois de juin, trois jeunes gens appartenant à la mouvance nationaliste se rendent à une vente privée de vêtements dans le quartier Saint-Lazare à Paris. Chemin faisant, ils croisent un hystérique antifa dénommé Clément Méric qui s'empresse de rameuter les siens pour agresser nos jeunes amis à la sortie de la vente. Ceux-ci, sans armes, se défendent comme ils peuvent et Méric qui attaquait par derrière l'un d'entre eux, fera une chute fatale. Aussitôt, toute la gauche et toute la presse (ou presque) inverseront les rôles et crieront à "l'agression fasciste"... Il en découlera de lourdes peines de prison (11 ans et 7 ans) pour les deux jeunes patriotes agressés et trois dissolutions : celles de Troisième voie et du Local, le bar associatif lié à ce mouvement, auxquels ils étaient plus ou moins liés et celle de l'Œuvre française qui, objectivement, n'avait rien à voir dans cette affaire.
Ces dissolutions arbitraires n'empêcheront pas Hollande de déguerpir comme un malpropre de l'Élysée trois ans plus tard...
• Avec Macron, le rythme s'accélère. À lui seul, en dix ans, le pouvoir macronien a prononcé presque autant de dissolutions (46) que l'ensemble de ses prédécesseurs sous toute la Ve République (61). Un champion ce Macron...
Certaines dissolutions, dans le passé, étaient peut-être justifiées, comme ce fut le cas de La Ligue communiste en 1973 ou d'"Action directe" en 1982... C'est aussi le cas ces temps derniers avec celle du "Soulèvement de la terre" ou celle - on vient d'en avoir la preuve - de la Jeune Garde, mais force est de reconnaître que l'élyséen a plutôt tendance à faire une fixation sur le camp national et identitaire, qualifié de "camp du mal", que sur "le camp du bien", à savoir ceux qui n'ont pour seuls objectifs de détruire notre nation et d'anéantir notre civilisation (au profit de qui ? la question mériterait bien d'être posée un jour). Ni le Bastion social, ni Génération identitaire, n'avaient jamais, à ma connaissance, assassiné personne.
Il y a quelques jours, un jeune homme, Quentin, a été assassiné par la Jeune Garde mélenchoniste et, mardi soir, Macron nous a fait sa fixette sur deux associations, le Bloc montpelliérain et Patria albiges, dont le seul tort est d'avoir fait de la propagande pour défendre leurs idées.
Voilà le palmarès des dissolutions prononcées ces 60 dernières années. Force est d'admettre que toutes celles-ci n'ont pas servie à grand chose si ce n'est, comme nous le disions précédemment, à rassurer les pleutres et les timorés plus préoccupés par leur confort personnel que par l'intérêt national. Toutes ces organisations s'étant, sous une formes ou sous une autre, reconstituées quelques mois plus tard. De plus, ce sont trop souvent les agressés qui subissent ces mesures liberticides et les agresseurs qui échappent à la répression qu'ils méritent. Ainsi va la conception des choses en République française...
Une dernière chose. Pour tenter de "noyer le poisson" les sbires de LFI prétendent que l'extreme droite aurait été à l'origine d'une cinquantaine de meurtres en France ces 40 dernières années. Vaste fumisterie. Lorsque l'on décortique chacun de ces prétendus "crimes fascistes", on se rend compte qu'aucun d'entre eux n'est liés à des raisons politiques engageant un parti nationaliste quel qu'il soit. Affaires de voisinages, drames passionnels, bagarres d'ivrognes qui finissent malle, obsessions paranoïaques... sans doute, mais rien de politique. Et quand bien même les allégations Lfistes s'avéraient fondées, il faut savoir que, depuis 1975, en France, 53.000 homicides ont été recensés. 50 crimes sur 53.000 attribués à une famille d'idées qui représente presque 45% des Français... Cela ferait donc de l'extreme droite française la force politique la moins criminogène de l'univers. Ces statisticiens de pacotille, généralement engraissés par le CNRS, ferait bien de réviser leurs comptes fantaisistes...
Un jour viendra où il faudra bien que tout ces mensonges soient publiquement dénoncés...
Notes :
(1) En écrivant ce texte, une anecdote me revient en tête. C'était il y a une dizaine d'année. Notre Ami Pierre Cassen m'avait invité à prendre la parole à un congrès de Riposte laïque près de Paris. Les précédents intervenants ayant tous brillamment développés, devant les 700 congressistes présents, les thèmes que je comptais aborder, en montant à la tribune, je me demandais bien de quoi j'allais parler et l'idée me vint de leur raconter la soirée du 21 juin 1973 au cours de laquelle se tenait à la Mutualité le premier meeting contre l'immigration sauvage organisé par Ordre nouveau. Je précise que, ayant alors 15 ans et habitant à 400 kms de Paris, je n'ai pas assisté, à mon grand regret, à cette réunion mais on me l'a tant de fois raconté que c'est presque comme si j'y avais été.
J'étais quand même un peu inquiet car je savais que dans l'assistance, et c'est le mérite de Riposte laïque, il y avait beaucoup de gens venus de la gauche, y compris de la gauche radicale, qui risquaient peut-être de ne pas apprécier ce rappel historique. Il n'en fut rien, bien au contraire. Une fois celui-ci terminé, au pied de la tribune un homme vient vers moi. Il me prend à part et me dit : "Vous savez, le 21 juin 1973, j'étais dans les rangs de la Ligue. On me voit même sur les films d'actualité de l'époque charger les CRS, cocktail Molotov à la main. Certes, j'avais 40 ans de moins mais aujourd'hui, je tiens à vous le dire, c'est vous et vos amis qui avaient raison et ce jour là, j'ai participer à l'une des plus grosses conneries de ma vie"... Je n'oublierais jamais cette conversation et si cet homme lit cet article, je le salue amicalement...
Sur le 21 juin 1973 : cliquez là
(2) Sur la FANE, lire : cliquez ici
19:11 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Rassemblement national (RN) : Purge préventive, trahison politique et soumission idéologique à la gauche

YannV
Il y a des moments où le masque tombe. Où l’on cesse de parler de stratégie pour appeler les choses par leur nom : une capitulation.
La dernière scène en date d’une longue série ? Une députée du RN, Lisette Pollet, qui se sépare précipitamment de son collaborateur parlementaire après deux articles de la presse mainstream et militante de gauche. Deux papiers. Deux injonctions morales venues d’en face. Et voilà qu’on coupe des têtes pour prouver sa respectabilité.
Qu’on coupe la tête d’un homme qui vient de perdre, la semaine dernière, l’un de ses meilleurs amis assassinés par les antifas. Double peine, infligée par ceux qui prétendent pourtant incarner le camp national. Au nom d’un engagement politique passé (pas d’une condamnation judiciaire et personnelle infamante) et de tweets anonymes. Extrémiste dans les paroles, certes. Mais passé. (Faut il éliminer de la surface de la terre, et tuer socialement et économiquement, tous ceux qui ont eu un engagement y compris extrême dans leur jeunesse ?). Le timing interroge par ailleurs.
Se justifier, c’est déjà s’excuser. Mais cet exemple n’est qu’un parmi une longue liste de "purges" effectuées depuis des années maintenant, par peur des réactions du système.
Pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon et les siens font bloc. Coûte que coûte et toute la journée. Qu’il s’agisse d’un dérapage, d’une provocation ou d’un soutien douteux, la consigne est simple : on tient la ligne. On protège les siens. On avance groupés.
Au RN ? On purge. On s’excuse. On se désolidarise. On supplie presque. On annonce des dissolutions à droite et à gauche en cas d’élection.
Le contraste est saisissant.
Lorsque Jordan Bardella intime à ses élus de ne pas se rendre à la marche d’hommage à Quentin Deranque, il ne s’agit pas seulement d’éviter des affrontements. Il s’agit d’envoyer un message.
À qui ? Aux éditorialistes, aux ministères, aux salons parisiens. Regardez-nous : nous sommes raisonnables. Nous sommes fréquentables. Nous savons nous séparer des nôtres (oui les nôtres, car il ne faut pas oublier qu’il y a des réseaux, des amitiés, des copinages, mais sous la table bien entendu). Nous sommes gentils. Nous n’avons surtout rien à voir avec ceux qui luttent contre l’immigration (et qui paient souvent le prix de leur engagement), c’est à dire pourtant notre fond de commerce électoral.
Car ne nous y trompons pas. Derrière les mots policés sur « la cohérence de la ligne », il y a une réalité plus crue : la peur panique d’être assimilé à l’ultradroite. La volonté obsessionnelle de se distinguer de tout ce qui dépasse. La dédiabolisation poussée jusqu’à l’autocastration.
Dissolution annoncée de groupuscules avant même d’être au pouvoir. Purges internes régulières. Mise à distance de ceux qui, pendant des années, ont tenu le terrain culturel, militant, médiatique, souvent seuls, souvent diffamés, parfois poursuivis.
Tous ceux qui ont diffusé, avant le RN, les thèmes aujourd’hui repris dans ses discours : identité, immigration, insécurité, souveraineté. On les a utilisés. On les a ringardisés. On les jette. On les purge alors même que sans eux, les députés, conseillers régionaux, départementaux, ne mangeraient pas leur gamelle mensuelle. Sans l’agit-prop de ces dernières décennies, sans le combat médiatique alternatif, pour lever le voile sur les compromissions du système, les députés RN ne seraient pas aussi nombreux à l’Assemblée nationale, et Jordan Bardella ne serait pas en mesure d’être président de la République.
Et tout cela pour quoi ? Pour atteindre les fameux 50 % à la présidentielle. Pour rassurer "le centre". Pour apparaître comme le RPR des années 1990, version toilettée, cravate droite et langage aseptisé ? Pour finir comme Chirac en 2002, leader de la lutte antifasciste contre Jean-Marie Le Pen ? La boucle serait bouclée…
On nous promettait une table renversée. On obtient une chaise ajoutée à la table existante. Certains continuent d’y croire. Ils se disent que c’est une stratégie. Qu’une fois au pouvoir, l’ADN initial reviendra. Que la fermeté viendra après la victoire. Qu’il faut quand même voter pour eux, parce qu’il n y a plus le choix". Illusion totale.
Comment imaginer qu’un parti qui se recentre méthodiquement, qui écarte les plus déterminés, qui rompt avec ceux qui incarnent la radicalité de ses thèmes, pourrait soudain se "re-radicaliser" une fois au sommet ? Une fois élu, il devra déjà affronter une moitié du pays hostile, des institutions méfiantes, des médias en embuscade, une haute administration rétive. Croyez-vous qu’il choisira ce moment-là pour durcir le ton ?
Non. Il gouvernera avec prudence. Avec compromis. Avec calcul. Il offrira des postes aux plus modérés, aux ralliés de la dernière heure. A ceux qui sont capables de s’étouffer chaque matin avec des couleuvres jusqu’aux tripes. Et ceux qui rêvent d’un sursaut découvriront qu’il n’y a plus personne pour l’incarner.
Le drame n’est pas seulement stratégique. Il est moral.
Un parti qui prétend incarner l’opposition nationale rejette ceux qui, parfois maladroitement, parfois excessivement, mais sincèrement, ont porté les mêmes thèmes dans la rue, dans les associations, dans les médias alternatifs. Au lieu de les intégrer, de les canaliser, de les former, il les traite comme des embarras.
Cette logique est suicidaire.
Car un mouvement n’est pas qu’une machine électorale. Il est aussi un écosystème. Une avant-garde intellectuelle. Une base militante. Une capacité d’occupation culturelle. En rompant avec cet écosystème, le RN se transforme en parti classique, dépendant des sondages et des plateaux télé.
Il croit gagner en respectabilité. Il perd en profondeur.
La vérité est brutale : ce pays glisse. Et sa principale force d’opposition institutionnelle choisit l’édulcoration plutôt que l’affirmation. Elle renonce à ceux qui ont préparé le terrain pour séduire ceux qui ne voteront jamais pour elle. On peut continuer à mettre des bulletins dans l’urne en espérant un réveil tardif. On peut se raconter que "c’est la seule option".
Mais il faut au moins avoir le courage de regarder les choses en face : on ne reconquiert pas en s’excusant d’exister. On ne change pas un régime en imitant ses codes. Et on ne bâtit pas une alternative en trahissant ceux qui ont tenu la ligne quand elle n’était pas rentable.
La dédiabolisation permanente finit toujours par produire une chose : la dilution... avant la trahison finale.
Article paru sur Breizh-Info (cliquez ici).
18:19 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Quand j'entends le mot "dissolution", je pense à Ordre nouveau...
00:06 Publié dans Un peu d'Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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