mercredi, 25 février 2026
La gauche agresse, la droite est dissoute...
Occident, dissout en octobre 1968, premier d'une longue série.
Son crime ? S'être opposé au communisme.
Roland Hélie
À chaque fois, c'est toujours le même cirque. Quel que soit le gouvernement, il est de bon ton, à un moment ou à un autre lorsque l'occasion se présente, de procéder à des dissolutions de mouvements qualifiés de "factieux". Il s'agit de rassurer le bourgeois car, comme chacun sait, la république est menacée et celui-ci pète de trouille à l'idée que son épargne spéculative soit fragilisée. En dissolvant tel ou tel mouvement, on se donne bonne conscience surtout si, pour faire bonne mesure, on en profite pour dissoudre un autre mouvement généralement du bord opposé dont le seul tort est d'avoir été agressé par l'organisation incriminée. Nous en avons une fois de plus, actuellement, la preuve sous les yeux avec la volonté du radeau de la méduse macronien de dissoudre deux associations identitaires pour tenter de masquer l'échec de la dissolution ratée de la "Jeune Garde".
On peut reprendre les exemples un par un et les résultats contredisent la doxa officielle. Car le problème, c'est qu'en France, contrairement aux balivernes propagées par les tenants de la bien-pensance institutionnalisée, ce ne sont jamais les mouvements dit "d'extrême droite" qui posent problèmes et qui font preuve de violence, ce sont toujours et partout les mouvements d'extrême gauche ou islamistes.
Revenons donc sur les dissolutions marquantes de ces six dernières décennies :
• En 1968, suite aux événements de mai et de juin, le gouvernement gaulliste procède à la dissolution d'une vingtaine de mouvements gauchistes qui se sont signalés par leur volonté de semer le chaos par la force (maoïstes, trotskistes, communistes...). En octobre, pour faire passer la pilule, le même gouvernement dissout le mouvement nationaliste Occident dont le seul tort était de s'être opposé à la violence gauchiste et au communisme...
• En 1973, le 21 juin, le mouvement Ordre nouveau, créé en 1969, est attaqué avec une violence extrême (ce n'était pas la première fois - cf. 9 mars 1971 au Palais des Sports) alors qu'il organisait le premier meeting à Paris dénonçant (déjà) les risques d'une immigration incontrôlée. Des dizaines de blessés et des dégâts importants sont à déplorés : tous sont dus à la contre-manifestation gauchiste. Une semaine plus tard, la Ligue communiste est dissoute, ce qui est la moindre des choses, mais aussi... Ordre nouveau. Déjà, les agresseurs et les agressés se retrouvaient dans le même sac (1). Macron n'a rien inventé...
• En 1980, voilà du "gros gibier" : la FANE. Alors que se produit à Paris et en banlieue une série d'attentats antisémites dont les responsables n'ont jamais été arrêtés (on risquerait d'avoir des surprises), le gouvernement Giscard en fin de course découvre le bouc-émissaire idéal : la Fédération d'action nationaliste européenne, entendez la FANE (2). Celle-ci, qui ne demandait rien à personne et qui, il faut le rappeler, avait une audience pour le moins restreinte, se retrouve du jour au lendemain propulsée responsable de tous les crimes de la terre. Pour calmer les esprits échauffés, elle est dissoute pour les raisons suivantes : "Les manifestations violentes organisées par ce mouvement, dont l'un des buts exprimés est l'installation d'un nouveau régime nazi, l'organisation paramilitaire de cette association et ses incitations à la discrimination raciale sous les formes les plus diverses : tracts, affiches, propos publics, actions de commando, entrent dans le champ d'application des dispositions de la loi du 1er juillet 1972 qui a complété la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées". Je sais bien qu'on ne prête qu'aux riches mais le pouvoir giscardien devait être en piteux état pour imaginer qu'un mouvement comme la FANE, dont les effectifs ne dépassaient pas quelques dizaines de militants qui n'ont jamais tué personne (alors que plusieurs de ses membres furent lâchement agressés), serait en mesure "d'installer un nouveau régime nazi"... Grotesque !
La dissolution de la FANE fut annulée à deux reprises par le Conseil d'État, en 1985 et 1987.
• En 1981, ce fut le tour du Service d'Action civique, le SAC. Dans le contexte qui était celui des années 1960 et 1970, le parti gaulliste s'était doté d'un service d'ordre, dans un premier temps pour combattre les partisans de l'Algérie française, puis pour faire face aux constantes agressions venant de la gauche contre ses réunions et ses militants, lors des campagnes électorales. Il en allait de même pour le PC"F", mais celui-ci, se drapant dans sa vocation de chantre de l'"antifascisme", était intouchable et toutes ses exactions lui étaient pardonnées. En revanche, le SAC gaulliste était la bête noire de la gauche et Mitterrand avait fait de sa dissolution l'une de ses promesses de campagne en 1981. Une sombre affaire crapuleuse près de Marseille, liée à des rivalités internes très éloignées de la politique, lui donnera, au cours de l'été suivant, l'occasion de dissoudre cette organisation...
• Durant les périodes Mitterrand, Chirac et Sarkozy, les dissolutions se produiront à un rythme plus ou moins régulier. Elles viseront essentiellement des mouvements séparatistes (corses, bretons ou basques...), des organisations écolo-terroristes et quelques sectes d'illuminés.
• 2013, sous Hollande, les choses ont commencé à se gâter. À peine un an après son accession au pouvoir, ce triste sire se retrouve face à une contestation massive de son projet de loi visant à l'instauration du mariage homo. Pour lui, la parade est simple : mettre cette contestation sur le compte de l'extrême droite. Et l'occasion se présentera pour engager ce processus.
Au mois de juin, trois jeunes gens appartenant à la mouvance nationaliste se rendent à une vente privée de vêtements dans le quartier Saint-Lazare à Paris. Chemin faisant, ils croisent un hystérique antifa dénommé Clément Méric qui s'empresse de rameuter les siens pour agresser nos jeunes amis à la sortie de la vente. Ceux-ci, sans armes, se défendent comme ils peuvent et Méric qui attaquait par derrière l'un d'entre eux, fera une chute fatale. Aussitôt, toute la gauche et toute la presse (ou presque) inverseront les rôles et crieront à "l'agression fasciste"... Il en découlera de lourdes peines de prison (11 ans et 7 ans) pour les deux jeunes patriotes agressés et trois dissolutions : celles de Troisième voie et du Local, le bar associatif lié à ce mouvement, auxquels ils étaient plus ou moins liés et celle de l'Œuvre française qui, objectivement, n'avait rien à voir dans cette affaire.
Ces dissolutions arbitraires n'empêcheront pas Hollande de déguerpir comme un malpropre de l'Élysée trois ans plus tard...
• Avec Macron, le rythme s'accélère. À lui seul, en dix ans, le pouvoir macronien a prononcé presque autant de dissolutions (46) que l'ensemble de ses prédécesseurs sous toute la Ve République (61). Un champion ce Macron...
Certaines dissolutions, dans le passé, étaient peut-être justifiées, comme ce fut le cas de La Ligue communiste en 1973 ou d'"Action directe" en 1982... C'est aussi le cas ces temps derniers avec celle du "Soulèvement de la terre" ou celle - on vient d'en avoir la preuve - de la Jeune Garde, mais force est de reconnaître que l'élyséen a plutôt tendance à faire une fixation sur le camp national et identitaire, qualifié de "camp du mal", que sur "le camp du bien", à savoir ceux qui n'ont pour seuls objectifs de détruire notre nation et d'anéantir notre civilisation (au profit de qui ? la question mériterait bien d'être posée un jour). Ni le Bastion social, ni Génération identitaire, n'avaient jamais, à ma connaissance, assassiné personne.
Il y a quelques jours, un jeune homme, Quentin, a été assassiné par la Jeune Garde mélenchoniste et, mardi soir, Macron nous a fait sa fixette sur deux associations, le Bloc montpelliérain et Patria albiges, dont le seul tort est d'avoir fait de la propagande pour défendre leurs idées.
Voilà le palmarès des dissolutions prononcées ces 60 dernières années. Force est d'admettre que toutes celles-ci n'ont pas servie à grand chose si ce n'est, comme nous le disions précédemment, à rassurer les pleutres et les timorés plus préoccupés par leur confort personnel que par l'intérêt national. Toutes ces organisations s'étant, sous une formes ou sous une autre, reconstituées quelques mois plus tard. De plus, ce sont trop souvent les agressés qui subissent ces mesures liberticides et les agresseurs qui échappent à la répression qu'ils méritent. Ainsi va la conception des choses en République française...
Une dernière chose. Pour tenter de "noyer le poisson" les sbires de LFI prétendent que l'extreme droite aurait été à l'origine d'une cinquantaine de meurtres en France ces 40 dernières années. Vaste fumisterie. Lorsque l'on décortique chacun de ces prétendus "crimes fascistes", on se rend compte qu'aucun d'entre eux n'est liés à des raisons politiques engageant un parti nationaliste quel qu'il soit. Affaires de voisinages, drames passionnels, bagarres d'ivrognes qui finissent malle, obsessions paranoïaques... sans doute, mais rien de politique. Et quand bien même les allégations Lfistes s'avéraient fondées, il faut savoir que, depuis 1975, en France, 53.000 homicides ont été recensés. 50 crimes sur 53.000 attribués à une famille d'idées qui représente presque 45% des Français... Cela ferait donc de l'extreme droite française la force politique la moins criminogène de l'univers. Ces statisticiens de pacotille, généralement engraissés par le CNRS, ferait bien de réviser leurs comptes fantaisistes...
Un jour viendra où il faudra bien que tout ces mensonges soient publiquement dénoncés...
Notes :
(1) En écrivant ce texte, une anecdote me revient en tête. C'était il y a une dizaine d'année. Notre Ami Pierre Cassen m'avait invité à prendre la parole à un congrès de Riposte laïque près de Paris. Les précédents intervenants ayant tous brillamment développés, devant les 700 congressistes présents, les thèmes que je comptais aborder, en montant à la tribune, je me demandais bien de quoi j'allais parler et l'idée me vint de leur raconter la soirée du 21 juin 1973 au cours de laquelle se tenait à la Mutualité le premier meeting contre l'immigration sauvage organisé par Ordre nouveau. Je précise que, ayant alors 15 ans et habitant à 400 kms de Paris, je n'ai pas assisté, à mon grand regret, à cette réunion mais on me l'a tant de fois raconté que c'est presque comme si j'y avais été.
J'étais quand même un peu inquiet car je savais que dans l'assistance, et c'est le mérite de Riposte laïque, il y avait beaucoup de gens venus de la gauche, y compris de la gauche radicale, qui risquaient peut-être de ne pas apprécier ce rappel historique. Il n'en fut rien, bien au contraire. Une fois celui-ci terminé, au pied de la tribune un homme vient vers moi. Il me prend à part et me dit : "Vous savez, le 21 juin 1973, j'étais dans les rangs de la Ligue. On me voit même sur les films d'actualité de l'époque charger les CRS, cocktail Molotov à la main. Certes, j'avais 40 ans de moins mais aujourd'hui, je tiens à vous le dire, c'est vous et vos amis qui avaient raison et ce jour là, j'ai participer à l'une des plus grosses conneries de ma vie"... Je n'oublierais jamais cette conversation et si cet homme lit cet article, je le salue amicalement...
Sur le 21 juin 1973 : cliquez là
(2) Sur la FANE, lire : cliquez ici
19:11 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) |
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