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mercredi, 20 mai 2026

Immigration, la perte de contrôle

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Yves Thréard

On est toujours surpris quand la gauche s’inquiète de l’immigration. Confite dans sa démagogie, elle ne souhaite pas briser le tabou ni regarder la réalité en face. En s’élevant contre « l’immigration pour le travail », François Ruffin s’est donc attiré les foudres de la bien-pensance. Il a pourtant raison : avec le nombre important de chômeurs que compte la France, les filières d’emplois peu qualifiés n’ont nullement besoin de renforts étrangers. C’est déjà ce que disait Georges Marchais en 1981, lorsqu’il avait lancé son tonitruant : « Il faut stopper l’immigration. »

Ce n’est toutefois pas pour cette raison qu’il convient de sonner l’alerte. L’immigration de travail pèse peu face aux immigrations clandestine, familiale et estudiantine. Jamais la France n’a connu comme ces trente dernières années une pareille pression migratoire sur ces trois fronts. Et jamais, non plus, celle-ci n’a été aussi divergente culturellement et religieusement. À 50 % d’origine africaine, elle n’a rien à voir avec les vagues polonaise, italienne ou espagnole enregistrées jadis. Notre pays est en train de vivre un changement démographique radical, dont on n’a pas fini de mesurer l’ampleur ni les conséquences.

« La démographie dicte le destin de l’histoire, affirmait Samuel Huntington, les mouvements de population en sont le moteur. » Ce destin, on en perd le contrôle car l’immigration, régulière autant que clandestine, n’est plus du tout pilotée ni maîtrisée. Nos capacités d’intégration sont dépassées : il suffit d’observer la dérive de notre système éducatif et celle de nombre de quartiers, où vit une population en grande majorité d’origine étrangère. N’en déplaise à la gauche, ce ne sont pas les mots pour décrire cette situation qui devraient choquer, mais les faits qui alimentent, de plus, le racisme et les replis communautaires.

La prochaine présidentielle sera-t-elle enfin l’occasion de mettre le sujet sur la table ? Entre angélisme et outrance, des mesures existent pour ralentir les flux migratoires : fixation d’un plafond annuel d’accueil, quotas, conditions restrictives d’accès aux aides sociales, exécution des obligations de quitter le territoire… Le Danemark a su montrer le chemin. C’est une question de volonté.

Source : Le Figaro 20/5/2026

09:46 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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