mercredi, 01 juillet 2009

En Allemagne, le traité de Lisbonne est jugé conforme à la Constitution...

SOURCE : LE MONDE

 

Angelica Schwall-Düren.jpegEncore un contretemps ! C'est en Allemagne que se joue, cette fois, un nouvel épisode du traité de Lisbonne. Mardi 30 juin, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a ajouté une étape à l'interminable processus de ratification de ce texte censé rendre l'Europe plus efficace : les huit juges en robe écarlate ont réclamé l'adoption d'une loi d'accompagnement garantissant les prérogatives du Parlement allemand. A cette seule condition, le président de la République, Horst Köhler, pourra enfin apposer sa signature sur les documents de ratification.

 

Pour Berlin, le pire est évité : Karlsruhe a déclaré le traité conforme à la loi fondamentale allemande. Le contraire aurait constitué un grave revers pour la chancelière, Angela Merkel, qui a elle-même porté ce texte sur les fonts baptismaux en juin 2007, en tant que présidente du Conseil européen. Le Bundestag et le Bundesrat, les deux chambres du Parlement, l'ont déjà approuvé à une large majorité au printemps 2008. Entre-temps, des recours ont été déposés par des députés qui accusent le traité d'affaiblir le Parlement national.

 

La procédure tient presque du rituel outre-Rhin. Pour chaque grand texte européen, tel le traité de Maastricht en 1993 ou la Constitution européenne en 2005, la plus haute juridiction allemande est saisie. Cette fois, les juges ont partiellement repris l'argumentaire des plaignants. "La Constitution dit oui à Lisbonne mais exige un renforcement de la responsabilité du Parlement en matière d'intégration au niveau national", a expliqué Andreas Vosskuhle, le vice-président de la Cour, lors de la lecture du jugement.

 

Les droits de codécision du Parlement allemand doivent être inscrits dans une loi, ce que certains observateurs interprètent comme une limite fixée à l'intégration européenne. Dans l'entourage de la chancelière, on s'interroge d'ailleurs sur "l'impact de cette décision lors de futures évolutions de l'UE".

 

Les partis partenaires de la grande coalition gouvernementale - Unions chrétiennes CDU-CSU et Parti social-démocrate (SPD) - ont fixé la marche à suivre : le Bundestag se réunira en session extraordinaire le 26 août pour débattre de ce texte d'accompagnement, qui devrait être adopté dès le 8 septembre. "Le calendrier pour l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne pourra être tenu", estime la députée SPD Angelica Schwall-Düren, spécialiste des questions européennes. En visite à Berlin, mardi, le nouveau secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a qualifié la décision de Karlsruhe de "bonne nouvelle".

 

Outre l'Allemagne, trois autres Etats membres, parmi les Vingt-Sept, n'ont toujours pas ratifié le traité : l'Irlande, qui doit organiser un second référendum à l'automne, ainsi que la Pologne et la République tchèque, dont les présidents euro-sceptiques tardent à signer. "Mais l'Allemagne ne leur fournit aucun argument contre le traité de Lisbonne, car Karlsruhe n'a rien trouvé à redire sur le texte à proprement parler et n'a réclamé aucun amendement", fait valoir une source proche du gouvernement allemand.

Marie de Vergès

La Suède prend le relais des Tchèques à la présidence de l'UE

SOURCE : AFP (STOCKHOLM)

stockholm.jpegLa Suède a pris mercredi le relais de la République tchèque à la présidence de l'Union européenne, avec l'objectif de combattre le réchauffement climatique et la montée du chômage due à la crise économique mondiale.

"La crise financière et le changement du climat, avec la préparation de la conférence de Copenhague, seront nos principales priorités", a déclaré à la presse le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, à la veille de la présidence suédoise.

Stockholm souhaite entraîner l'UE dans la signature d'un nouveau traité des Nations unies sur le réchauffement de la planète qui doit être négocié en décembre à Copenhague et qui doit remplacer le Protocole de Kyoto sur les émissions de carbone, qui expire en 2012. "Il faut une réponse mondiale à ce problème mondial", selon Reinfeldt, 43 ans.

Le Premier ministre et son gouvernement de centre-droit, qui prennent le relais après une présidence tchèque chaotique, affrontent une tâche difficile ces six prochains mois, le bloc des 27 pays de l'Union traversant une période d'incertitude. Le Parlement européen vient juste d'être élu, la Commission de Bruxelles va changer, le nom de son président est toujours incertain, le cadre institutionnel de l'UE sera sans doute modifié par un référendum en Irlande sur le Traité de Lisbonne à l'automne.

Le pays scandinave qui, comme la République tchèque, n'est pas membre de l'euro, veut rétablir la confiance sur les marchés financiers en mettant en place un organisme européen de surveillance de la stabilité. "Nous devons travailler d'une manière plus coordonnée et par-delà les frontières pour plus de surveillance", selon Reinfeldt. La Suède veut aussi "jeter les bases d'une nouvelle stratégie pour l'emploi et la croissance" afin d'aider les millions de chômeurs européens, selon le programme de la présidence.

Dans les six prochains mois, la Suède va devoir présider près de 3 000 réunions de l'UE à différents niveaux. Des sommets avec la Russie, la Chine, les Etats-Unis, le Brésil, l'Ukraine, l'Inde et l'Afrique du Sud sont aussi prévus.

Mercredi soir, une cérémonie avec danses et musique suédoises, en présence du gouvernement suédois, du roi Carl XVI Gustav et de la Commission de Bruxelles, marquera à Stockholm le début de la présidence de la Suède.

lundi, 29 juin 2009

Filip Dewinter désigné président du groupe parlementaire du Vlaams Belang au Parlement flamand...

277268352.jpgLa fraction parlementaire du Vlaams Belang au Parlement flamand a, lors de la première réunion du groupe parlementaire, à nouveau désigné Filip Dewinter en tant que président du groupe parlementaire.

 

Marijke Dillen est nommée vice-présidente du groupe parlementaire. Le Vlaams Belang est le deuxième parti du Parlement flamand.

 

Source : Lionel Baland

Débâcle électorale pour les Kirchner aux élections argentines de mi-mandat

SOURCE : AFP (BUENOS AIRES)

cristina kirchner.jpegLa présidente argentine, Cristina Kirchner, a souffert une véritable débâcle électorale dimanche aux élections législatives de mi-mandat, son parti perdant la majorité dans les deux chambres et essuyant une défaite dans les cinq principales circonscriptions.

L'ancien chef d'Etat, Nestor Kirchner (2003-2007), époux de la présidente et candidat à la députation dans la province de Buenos Aires, où votent 40% des électeurs, a admis avoir été battu par son rival, Francisco De Narvaez, qui incarne le retour au sein du parti péroniste des idées néo-libérales. "Nous avons perdu de justesse", a dit M. Kirchner à la presse et à ses partisans dans son QG. "Nous avons perdu pour un point et demi ou deux points et nous n'avons aucun problème pour reconnaître la victoire de nos adversaires", a-t-il ajouté.

Le parti péroniste de Mme Kirchner et de son mari, Nestor Kirchner, a perdu également dans la capitale, ainsi que dans les autres principales provinces du pays : Santa Fe, Cordoba et Mendoza, selon les résultats officiels. Les Kirchner perdaient aussi, pour la première fois depuis leur arrivée au pouvoir, le contrôle du Congrès, selon les mêmes résultats.

"Ce soir, nous avons tourné la page de l'histoire en Argentine, pour commencer une histoire différente faite d'avenir pour chacun des Argentins", a déclaré M. De Narvaez, qui incarne le retour au sein du parti péroniste des idées néo-libérales de l'ancien président, Carlos Menem (1989-1999).

M. Kirchner devait l'emporter dans la périphérie de Buenos Aires pour pouvoir relativiser sa défaite au Congrès. Bien qu'originaire de Patagonie (extrême sud), il comptait sur les banlieues pauvres de la capitale pour faire la différence. Il savait que dans les principales villes (Buenos Aires, toujours antipéroniste, Rosario et Cordoba, liées au monde rural) et dans les campagnes, son camp serait en difficulté.

"Nous sommes devenus la principale force de l'opposition", a dit pour sa part Ricardo Alfonsin, qui devait être élu député de l'Accord civique entre radicaux et libéraux, fils de l'ancien président, Raul Alfonsin, récemment disparu. "Il y a un message des urnes : le cap doit changer", a déclaré le politologue Rosendo Fraga, de l'institut Nouvelle Majorité.

L'opposition représente 70% de l'électorat contre 30% pour le parti au pouvoir, mais elle est éclatée entre péronistes de droite déçus du kirchnérisme, sociaux-démocrates, socialistes et partis minoritaires de gauche. Le parti au pouvoir va devoir bâtir des nouvelles alliances pour pouvoir gouverner, selon les analystes.

Les Argentins ont voté, souvent munis de masques de protection contre la grippe A (H1N1), pour renouveler la moitié des sièges de la Chambre des députés et un tiers de ceux du Sénat. De leur côté, les agriculteurs semblaient satisfaits d'avoir fait payer à Mme Kirchner son conflit avec le monde rural. La décision du gouvernement d'augmenter brutalement de 25% la taxe à l'exportation du soja, principale richesse du pays, avait paralysé le pays pendant six mois l'an dernier.

Ce conflit a durement entamé le prestige de la présidente, dont le taux de popularité est passé de 55% à moins de 30%. "Nous obtenons dix sièges", a dit Mario Llambias, l'un des dirigeants du monde rural. "Je suis enthousiaste, car nous allons pouvoir chercher un consensus au Congrès", a-t-il dit.

Pour la première fois, les Kirchner étaient arrivés aux élections dans un contexte économique défavorable. L'Argentine est entrée en récession selon les économistes, qui contestent les chiffres du gouvernement.

dimanche, 28 juin 2009

Europe : Le Di-Antalvic va être retiré des pharmacies

SOURCE : LE FIGARO

 

lv05_1252197_5_px_501__w_ouestfrance_.jpgL’Agence européenne d'évaluation des médicaments (EMEA) affirme que les médicaments antidouleur de ce type peuvent être mortels en cas de surdosage.

 

Les Di-Antalvic et consorts n'auront bientôt plus droit de cité dans les tiroirs des pharmacies. Jeudi, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a annoncé que les médicaments antidouleur mêlant paracétamol et DXP (dextropropoxyphène) allaient être progressivement retirés d'ici à un an, en raison du caractère toxique de la combinaison en cas de surdosage, volontaire ou accidentel. Les médecins sont également priés de ne plus prescrire la trentaine de médicaments contenant cette association en France.

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Ce retrait, déjà effectif en Grande-Bretagne et en Suède depuis cinq ans, intervient après une recommandation de l’Agence européenne d’évaluation des médicaments (EMEA). En Suède (pour 9 millions d'habitants), des études ont relevé 200 morts par an et en Grande-Bretagne (pour 60 millions d'habitants), entre 300 et 400 par an, à l'occasion d'intoxications volontaires (tentatives de suicide) ou accidentelles à ce médicament.

 

Délivré sur ordonnance depuis 1964, ce médicament est indiqué dans le traitement des douleurs modérées ou intenses, ou qui ne sont soulagées ni par l'aspirine, ni par le paracétamol, ni par l'ibuprofène utilisé seul, explique l'Afssaps.

 

L'Afssaps suit, mais diverge

 

Même si l'agence française est tenue de suivre la recommandation de son aînée européenne, elle n'estimait pas que ce produit doive être retiré du marché. Les études effectuées dans l'Hexagone, notamment en 2005 et en 2006, ont en effet «mis en évidence un nombre de décès inférieur à celui observé en Suède et au Royaume-Uni», affirme l'Afssaps. Dans ces conditions, elle «avait considéré que ces données ne justifiaient pas de mesures de restriction ou de remise en cause de l'usage du DXP».

 

En attendant le retrait progressif du Di-Antalvic et de ses génériques en France, il est recommandé aux patients concernés de «contacter leur médecin, sans urgence, par exemple dans le cadre du renouvellement de leur ordonnance, afin que leur traitement soit reconsidéré».

 

Les Français sont les premiers concernés par cette nouvelle recommandation, puisqu'à eux seuls ils représentent 95% de la consommation européenne de l'association paracétamol/DXP.

vendredi, 26 juin 2009

La Turquie se réjouit de la nomination de Pierre Lellouche au secrétariat d’Etat aux Affaires européennes.

W5BS6WCAT2P1ZVCA2ZPI5YCAW00MZ0CAFFL2FFCAQYDWDECA2IAV37CAM1500BCAWMIYMACAFWV21YCA3O9U3HCA1DR3PFCAICP7ERCA2BLIAYCAQL068ECABMRI8FCAXXR6PSCABYW42QCA73AERU.jpgLe Pro-Turc Lellouche vient d’être nommé au secrétariat d’Etat aux Affaires européennes dans le cadre du récent remaniement ministériel.

 

La réaction de la Turquie ne s’est pas fait attendre : « Il s’agit d’une information réjouissante, déclare le gouvernement turc » (Le Monde daté du 26 juin 2009).

 

Cela a au moins le mérite d’être clair…

mercredi, 24 juin 2009

Pakistan : Millon admet avoir bloqué le versement de commissions

SOURCE : NOUVEL OBSERVATEUR

 

charles Millon 1200.jpgInterrogé sur l'attentat de Karachi, au Pakistan, en 2002, Charles Millon, ancien ministre de la Défense de Jacques Chirac, a reconnu, mercredi 24 juin, avoir bloqué "le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions".


Or, la semaine dernière, un rebondissement est intervenu dans cette affaire concernant précisément ces commissions : les avocats des familles des onze ingénieurs français de la DCN tués dans l'attentat ont indiqué que l'enquête s'orientait vers une "affaire d'Etat", liée au versement de commissions destinées à des intermédiaires, en marge de la vente de trois sous-marins conventionnels français Agosta au Pakistan.


"Peu après ma nomination au ministère de la Défense, en 1995, Jacques Chirac m'a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d'armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions", a expliqué Charles Millon dans un entretien publié sur le site internet de Paris Match. Et "c'est ce qui a été effectué : chacun d'entre eux a fait l'objet d'une expertise particulière", a-t-il ajouté.


Des "pratiques nuisibles à l'image de la France"


Et de poursuivre : "Dans tous les pays du monde, les grands contrats industriels ou commerciaux à l'exportation font appel à des intermédiaires. Ceux-ci sont rémunérés lorsqu'ils effectuent un travail réel et vérifiable ; en revanche, il est tout à fait anormal qu'il soit demandé à ces intermédiaires par des officines diverses un pourcentage sur les commissions prévues".


"C'était
le sentiment du président Chirac, avec lequel j'étais en parfaite adéquation", a souligné l'ancien ministre de la Défense. "De plus, dès mon arrivée au ministère, les autorités gouvernementales de plusieurs pays m'ont gentiment signalé ne pas comprendre la persistance de telles pratiques nuisibles à l'image de la France", a-t-il ajouté, précisant qu'aucune "menace de représailles n'a été proférée à l'encontre de la France".


Sollicité ensuite par l'AFP pour apporter un complément de commentaires à ses propos, Charles Millon a souhaité en rester là.


La semaine dernière, les juges antiterroristes enquêtant sur l'affaire et les familles des victimes s'étaient entretenus à Cherbourg. C'est à l'issue de cette rencontre que les avocats des familles avaient parlé d'une "affaire d'Etat", écartant la piste d'Al-Qaïda, d'abord évoquée. Du côté du parquet, on affirme que l'enquête antiterroriste sur l'attentat, qui avait fait 14 morts dont les onze ingénieurs français des arsenaux d'Etat DCN, n'a pas apporté à ce jour "d'élément objectif" pour le relier à un contentieux franco-pakistanais sur ce dossier.

mardi, 23 juin 2009

Affaire Cassez : le président mexicain rejette la requête française

SOURCE : LE SALON BEIGE

th-340x255-070209_cassez.jpgLa Française Florence Cassez, condamnée à Mexico à 60 ans de prison pour des faits de complicité d'enlèvement, "devra purger sa peine au Mexique", a annoncé lundi le président mexicain Felipe Calderon en personne, dans une allocution radio-télévisée.

 

La France, qui a exprimé sa profonde déception, ne sort pas grandie devant ce camouflet. La presse soutient contre toute évidence l'innocence de cette femme. Nicolas Sarkozy avait évoqué ce dossier avec M. Calderon lors de sa visite d'Etat au Mexique en mars dernier. L'asymétrie des peines en France et au Mexique est connue par la partie mexicaine : la peine maximale prévue par la législation française est de 30 ans. Si la position mexicaine ne constitue pas une surprise, son annonce par le président mexicain en personne frappe par son côté spectaculaire. 

Michel Janva

vendredi, 19 juin 2009

Synthèse nationale est aussi lu à Klagenfurt

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Notre ami, et collaborateur, Lionel Baland effectue actuellement un beau voyage à travers l'Europe nationaliste. Voyage qui, espérons-le, fera l'objet d'un article dans une prochaine livraison de notre revue Synthèse nationale (A propos, nous avons une bonne nouvelle : la parution du n° 14 est prévue pour la semaine prochaine... enfin).

Il nous a fait parvenir de Klagenfurt, la capitale de la Carinthie (Autriche), la photo ci-dessus. Synthèse nationale en fond d'écran à la mairie (nationaliste - BZO) de la ville. Comme quoi Synthèse nationale est lu dans le monde entier.

 

Allemagne : Ces cochons qui vont gêner les hôtes de Merkel

SOURCE : LE FIGARO

 

messerschmidtemperess.jpgAux portes du château de Meseberg qui accueille les invités de marque de la chancelière allemande, une porcherie va reprendre ses activités avec pas moins de 1 476 bêtes.

 

Dorénavant, la chancelière, Angela Merkel, devra tendre un doigt humecté pour déterminer d'où vient le vent, avant de recevoir ses invités de marque au château de Meseberg. S'ils se risquent à y séjourner, Nicolas Sarkozy, Barack Obama ou Dmitri Medvedev devront composer avec de nouveaux voisins fort malodorants et bruyants : les 1 476 cochons "fraîchement" installés dans une porcherie aux portes du "Schloss Meseberg" et la cohorte de mouches les accompagnant.

 

La polémique liée à l'arrivée des cochons a fait monter la fièvre à Meseberg, un village rural du Brandebourg de 155 habitants. Situé à soixante kilomètres au nord de Berlin, en ex-RDA, au bord d'un lac, dans un environnement idyllique, le château baroque décati par quarante ans de régime communiste a été rénové à grands frais par la fondation Messerschmidt. Après y avoir investi 25 millions d'euros, la fondation a cédé le bail du château à la République fédérale, en 2007, moyennant un loyer d'un euro symbolique par an, pour qu'elle y loge les chefs d'État invités en Allemagne. Chirac, Bush et Barroso y ont déjà séjourné.

 

Président de la très influente fondation Messerschmidt, Hans-Heinrich von Srbik a tout tenté pour empêcher le débarquement des cochons, qui doivent s'installer ces jours-ci dans la porcherie désertée en 2006 après l'effondrement des cours de viande porcine. En vain. Il ne décolère pas.

 

"Une colère pestilentielle"

 

Je suis dans une colère pestilentielle, tient à préciser cet ancien banquier autrichien aux tempes argentées. Parce que l'on va mettre cette cochonnerie sous le nez des invités d'État. Le Brandebourg compte des milliers de porcheries vides. Pourquoi doit-on précisément remettre en activité celle qui est collée à un lieu qui est la carte de visite de l'Allemagne ? Quelle image donnons-nous ? "

 

En comptant la construction de l'hôtel adjacent au château de Meseberg, sa fondation a investi quelque 45 millions d'euros au total. Les porcs éliront domicile à seulement 750 mètres de la résidence d'État. "Autant dire aux portes du château, le moindre coup de vent sera fatal", se lamente von Srbik, qui redoute les odeurs mais aussi les risques bactériologiques infligés aux invités du gouvernement allemand et aux touristes logeant à l'hôtel. Christin Zehmke, maire de la commune, est inquiète elle aussi. Sa grand-mère a travaillé au restaurant du château à l'époque de la RDA, lorsque la porcherie était encore en activité. "J'ai surtout peur à cause des mouches géantes", affirme cette femme dont les parents s'étaient mariés au château… "Chaque part du gâteau des mariés hébergeait au moins une mouche.

 

Les élus locaux affirment qu'il était impossible d'interdire la remise en service de la porcherie. Située en plein cœur d'une région agricole, celle-ci dispose de toutes les autorisations requises. Dépendante de l'agriculture, la grande majorité des habitants de Meseberg affirme d'ailleurs ne pas comprendre de quel droit on pourrait interdire à un éleveur d'exercer son activité dans leur village. Morgan Nielsen, l'ex-propriétaire danois, reste totalement hermétique au désespoir de la fondation Messerschmidt : "Les paysans dérangent toujours quelqu'un." Il dit ne pas comprendre la colère de von Srbik. L'argent investi ? "Et alors ! Est-ce que monsieur von Srbik a acheté la ville entière", s'emporte-t-il. Nielsen se dit persuadé que la puanteur ne sera pas si terrible. Et de rappeler que les cochons font aussi parfois de formidables animaux de compagnie.

Patrick Saint-Paul

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