samedi, 04 juillet 2009

Revue de presse : Droit de regard : Effets pervers

SOURCE : VALEURS ACTUELLES

 

19112509.jpgJeté dans les caniveaux ou les égouts, un mégot va disséminer les métaux lourds dans les eaux et donc le sol.

 

En 2002, Jacques Chirac déclarait la guerre au tabac. C’était, avec la lutte contre le cancer, l’un de ses grands chantiers prioritaires. Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, a mené la bataille. Une loi a été votée en 2006. Les sceptiques pariaient sur l’incivisme chronique des Français. Ils ont eu tout faux. Globalement, la loi est respectée.

 

Récemment, un chef d’entreprise me faisait remarquer – et pour s’en plaindre – que les salariés qui, chez lui, sortent fumer deux, voire trois fois dix minutes le matin, et même chose l’après-midi, travaillaient presque une heure de moins par jour que les non-fumeurs. Soit cinq heures de moins sur une semaine de 35 heures !

 

Curieusement, aucune étude n’a été diligentée par les fédérations patronales car personne ne se plaint vraiment. Le rituel est d’autant plus toléré que les non-fumeurs ne souffrent plus de tabagisme passif ; enfin, ils respirent. Il y a moins d’arrêts maladie en hiver. Dans l’industrie, comme il y a cinq pauses réglementaires par jour, le problème est résolu pour les fumeurs qui travaillent sur les chaînes de production.

 

Dans les services et les bureaux, certaines sociétés ont installé des salles avec des extracteurs de fumée. Mais, en général, les fumeurs préfèrent se rendre à l’air libre, sur le trottoir qui, de ce fait, est devenu un lieu nouveau de communication. Le cadre y côtoie l’employé, on bavarde, on s’offre du feu, des liens se nouent, les hiérarchies s’effacent. On se retrouve aux mêmes heures, on voit même des non-fumeurs accompagner des fumeurs, la pause permet de décompresser. Dans un immeuble où cohabitent plusieurs sociétés,  des salariés qui n’en auraient jamais eu l’occasion parlent boulot, des réseaux se créent et des opportunités pour changer de travail. Ne pas oublier non plus la drague. Le trottoir, c’est le club du parvis.

 

Autres avantages pour les journalistes : en cas de problèmes dans une entreprise, il est plus aisé d’interviewer des salariés sur un trottoir qu’au téléphone. En tout cas, c’est un fait qui devrait intéresser les sociologues, ces nouveaux comportements de fumeurs ont engendré – pour eux – de nouveaux droits acquis que, jusqu’ici, aucun patron ne souhaite remettre en question. Bien sûr, il y a toujours ceux qui exagèrent et qui s’exposent aux réflexions peu amènes des collègues. Mais, en pratique, les gros fumeurs hésitent à sortir vingt fois par jour. Ils réduisent leur consommation. Deux ans avant la loi, chez Total, on avait incité les fumeurs – sur la base du volontariat – à arrêter en leur proposant des consultations médicales, l’entreprise prenant à sa charge 75% des frais. Beaucoup y ont souscrit. Les réfractaires n’ont pas été stigmatisés.

 

Comme toujours, les bonnes mesures conduisent à des effets pervers. En voici deux : l’usure des ascenseurs qui sont beaucoup plus sollicités avec ces allers et retours quotidiens, notamment dans les tours. Avec les nouvelles règles de maintenance obligatoires pour les propriétaires, le marché a doublé pour les ascensoristes.

 

Autre dégât et celui-là bien plus grave pour la planète : la pollution liée aux mégots. Non seulement les trottoirs des villes sont devenus bien sales, mais il faut douze ans à un mégot pour se décomposer. Jeté dans le caniveau ou les égouts, il va disséminer les métaux lourds dans les eaux et donc le sol. Ce qui fragilise le développement des arbres. Et cela, on ne le dit pas assez aux fumeurs.

 

Catherine Nay 

     

vendredi, 03 juillet 2009

Revue de presse : Vers un recul important du jour de libération fiscale

SOURCE : LES QUATRE VERITES

contribuables.jpegCette année, la date du jour de libération fiscale des Français a été fixée au 15 juillet. Avant, contraints et forcés, nous travaillons pour la collectivité. À partir de ce jour-là, nous commençons à travailler pour nous-mêmes. En moyenne…

Les données qui servent à déterminer le jour exact de la libération fiscale des Français ont été établies par " Contribuables Associés " en 1999. Depuis, chaque année, ce sont les mêmes bases qui servent à fixer cette date, tant attendue par nos concitoyens et tous les médias. Ces données sont incontestables, et d’ailleurs incontestées. Elles sont extraites d’un tableau publié chaque année, au mois de décembre, par le très officiel OCDE, qui permet de suivre, pour tous les pays du monde, la proportion des dépenses publiques par rapport au PIB, produit intérieur brut.

Les dépenses publiques, en numérateur, regroupent toutes les dépenses publiques du pays, celles des collectivités locales et des organismes de sécurité sociale comprises. Le PIB, agrégat qui mesure la production cumulée de tous les agents économiques de ce pays, en dénominateur, inclut les services rendus par les administrations.

Évidemment, dans un pays où l’État, dès le mois d’octobre, paye ses fonctionnaires avec de l’argent emprunté, les dépenses sont largement supérieures aux impôts. La différence s’appelle " déficit public ". Ce sont des impôts reportés sur la tête de nos enfants et de nos petits-enfants. Ce ratio, dépenses publiques/PIB, soit 53,2 % cette année, est ensuite facilement converti en journées de calendrier, en le multipliant par le nombre de jours de l’année, 365, ou 366 les années bissextiles (comme 2008).

Cette année, la date de la libération fiscale a reculé de trois jours. Nous sommes passés du 13 juillet au 15 juillet, ce qui fait bien 3 jours, en tenant compte du fait que 2008 était bissextile… Beaucoup, sans doute, s’attendaient à pire, compte tenu des plans de relance lancés par le gouvernement pour faire face à la crise (dit-il) !

 

Le pire reste à venir !


Pour " Contribuables Associés ", la célébration de cette journée est une façon de communiquer à la fois sur ce " mal français " et sur ce " grand mensonge ". L’excès de la dépense publique est un " mal français ", dans la mesure où il nous touche plus fortement que tout autre pays.


Et c’est un " grand mensonge " pour la raison que le gouvernement essaye de nous faire croire que la dépense publique serait un " plus ", qui viendrait s’ajouter à la dépense privée. Or, loin de s’y ajouter, la dépense publique vient l’amputer. L’argent qui va aux impôts et aux taxes n’est plus disponible pour ceux qui l’ont gagné, souvent à la sueur de leurs fronts. Et celui qui sert à financer la dette publique, qui explose, manquera aux ménages et aux entreprises, pour financer leurs projets immobiliers ou leurs investissements.

Quand tout va bien, il faut être économe des deniers publics. Et quand c’est la crise, il faut l’être encore plus !

Alain Dumait

mercredi, 01 juillet 2009

Revue de presse : Henri Guaino caillassé à Montfermeil

SOURCE : PRESENT

Caillassage.jpegIl voulait voir la réalité du terrain dans les banlieues ethniques ? Il a vu…. Deux véhicules de police en patrouille, dont l’un accueillait le conseiller spécial de l’Elysée, Henri Guaino, ont été caillassés dans la nuit de lundi à mardi, à Montfermeil (Seine-Saint-Denis). Celui-ci était venu, a-t-il dit, " en observation " du travail des policiers sur le terrain. Il a été servi…

 

Une quarantaine de " jeunes " s’en sont pris aux deux véhicules au cœur de la nuit (vers une heure du matin), ignorant vraisemblablement la présence de M. Guaino à l’intérieur de l’un d’eux. Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux voitures banalisées auraient été retenues " par des jeunes gens " (sic) à l’aide d’une barrière placée en travers de la route des policiers. Devant " l’encerclement " et le " piège " flagrant, les policiers ont dû se dégager, non sans se faire caillasser avec bris de glaces et voitures endommagées.

 

Henri Guaino a lui-même raconté l’" incident " : " Ce n’est pas un guet-apens prémédité, ils étaient là dans les rues. Quand ils se sont rendus compte que c’étaient deux voitures banalisées de la police, ils s’en sont pris à ces voitures très violemment… Tout ça s’est passé très vite. On sort un peu secoué... On n’a pas eu le temps d’avoir très peur, on a plutôt peur pour l’avenir de nos sociétés, ça aurait pu très mal tourner. "

 

Le haut fonctionnaire a rendu hommage au " sang-froid " des policiers avec lesquels il se trouvait et qui n’ont pas riposté : " Cela aurait été suicidaire. " Ce qui l’a marqué, c’est que ces policiers n’ont nullement provoqué les jeunes : il a suffi que ceux-ci se rendent compte qu’il s’agissait de la police pour qu’ils déclenchent les hostilités. Or " ce n’est pas un événement extraordinaire, ce qui est inquiétant, c’est que c’est un événement ordinaire ".

 

Plusieurs incidents du genre se sont produits ces derniers jours dans des quartiers sensibles en France, principalement en région parisienne. Cinq véhicules ont été incendiés dans la nuit de samedi à dimanche dans le quartier de La Bastide, à Limoges, où des affrontements ont opposé des " jeunes " et des forces de l’ordre, pour la troisième nuit consécutive. Des policiers ont essuyé des tirs de mortiers de feux d’artifice la même nuit à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), un mois et demi après des tirs de fusil d’assaut Kalachnikov contre leurs collègues à La Courneuve, dans le même département. Deux individus de 21 et 24 ans ont été interpellés après que des policiers aient été visés par des jets de projectiles lundi soir dans le quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, au lendemain d’une intervention de la police.

 

Deux gardiens de la paix hors service ont été agressés et roués de coups dans la nuit de lundi à mardi en sortant du commissariat de police de Gagny (Seine-Saint-Denis). Ils étaient " attendus " par leurs agresseurs, qui " n’ignoraient rien de leur fonction de policier ". Cette agression n’avait rien à voir avec le hasard, commente le syndicat Alliance : " Nos collègues ont été suivis et agressés car ils n’avaient commis qu’une faute, celle d’être policiers (...). Après les attaques à l’arme lourde, c’est tant sur le fond que sur la forme qu’un nouveau palier vient d’être franchi. "

 

En vérité, le palier a été franchi depuis longtemps, comme le sous-entend lui-même Henri Guaino qui voulait donc " aller voir sur le terrain ", se rendre compte de visu, après avoir discuté avec le préfet de Seine-Saint-Denis : " Je n’y passe pas mes nuits, mais c’est intéressant de voir de près le quotidien des policiers, j’avais déjà expérimenté cela il y a douze ans à Marseille quand j’étais Commissaire au Plan. "

 

Le palier qu’il faudrait franchir du côté des syndicats de police et des autorités politiques (comme de leurs éminences grises), c’est celui des lapalissades, qui pèchent en outre par omission, comme le sous-entend à nouveau Guaino : " Il leur faut [aux policiers] des moyens, il faut qu’on les respecte et qu’on les soutienne. Ils font un métier très, très dur qui est absolument indispensable et qui ne suffira pas évidemment à résoudre le problème qui nous est posé. "

 

Le conseiller du Président est venu en banlieue et il a vu en effet " le problème " : la guerre qui est faite à notre police et à la France. Mais on n’est pas prêt de la vaincre, cette guerre civile, tant qu’on s’indignera seulement de ses effets récurrents et croissants en feignant d’ignorer, par tabou idéologique (" leurs " soi-disant laïcisme et antiracisme !), ce qui l’alimente toujours plus : l’immigration-invasion et l’islamisme.

Rémi Fontaine

mardi, 30 juin 2009

Angoulême : un aumônier condamné pour avoir introduit des portables en prison

SOURCE : LA CROIX

 

3TY Médaille d'aumônier.jpgL'ex-aumônier de la maison d'arrêt d'Angoulême (Charente) a été reconnu coupable d'y avoir introduit deux téléphones portables, mardi par le tribunal correctionnel, qui a prononcé à son encontre "une interdiction définitive d'exercer dans la fonction pénitentiaire".

 

La peine prononcée est inférieure aux réquisitions du procureur, Cyril Vidalie, qui avait demandé lors de l'audience du 26 mai, outre l'interdiction prononcée, une peine de 3 mois de prison avec sursis.

 

Le 6 février 2007, le père Marc Prunier avait introduit dans l'enceinte carcérale un sac de vêtements destiné à un détenu. L'inspection aux rayons X avait révélé que le sac contenait deux téléphones portables sans puce. Lors des débats, l'ecclésiastique a affirmé que ces téléphones avaient été déposés à son "insu". Une explication qui n'a pas satisfait le ministère public, Cyril Vidalie estimant que "l'introduction de ce sac constitue à elle seule un acte délictuel".

 

A la sortie de l'audience de délibéré, l'aumônier a affirmé sa volonté de faire appel de cette décision, estimant avoir été victime "de l'acharnement incompréhensible de l'administration pénitentiaire et de l'administration judiciaire".

samedi, 27 juin 2009

Revue de presse : Le fétichisme de la montre

SOURCE : AGORAVOX

 

PATEK Montre.jpgLa société française évolue. Jadis, lorsque la France glorifiait son passé militaire et le pouvoir royal, la symbolique de la puissance politique résidait dans le sceptre, la canne, l’épée et autres instruments ou objets à connotation phallique. L’embourgeoisement a progressivement remplacé les attributs guerriers par la cravate, excroissance métaphorique du pénis arboré au cou des hommes influents et des capitaines d’industrie. Et la Ferrari rouge, judicieusement baptisée Testarossa, renvoie à une autre tête rouge totalement explicite pour ses heureux possesseurs. La société se dévirilisant progressivement, il n’est donc plus question d’afficher des signes trop évidents pour affirmer son pouvoir. Le mercantilisme roi déplace donc la symbolique vers l’objet de luxe ostentatoire et la montre de grande marque est devenue en France le nouveau signe de la puissance et de la domination.

 

S’agit-il d’un fétichisme ? Non, évidemment si l’on se réfère à l’analyse freudienne. Car il ne s’agit pas d’un symbole phallique incontestable, objet rond mis au poignet, la montre n’incite pas à l’érotisation des rapports humains au premier abord. S’agit-il d’une compensation à une frustration sexuelle ? Là encore, le lien ne saute pas au yeux. Si Louis XVI réparait des serrures, c’est qu’il avait une activité sexuelle plus que limitée avec Marie-Antoinette. Le rapport symbolique entre la clé et le trou de la serrure est par contre très clair et le Roi de France utilisait sûrement ce subterfuge pour compenser son manque d’ardeur avec la Reine.

 

Mais les deux hommes politiques qui attirent actuellement l’attention pour leur passion pour les montres de qualité ne semblent pas souffrir d’un déficit d’ordre sexuel, bien au contraire. Que cache donc cette attirance compulsive pour les belles pièces d’horlogerie ? S’il ne s’agit pas de fétichisme, on peut tout de même envisager que l’attachement aux montres de luxe tient de l’idolâtrie de l’objet de l’exhibitionnisme non corporel cependant teinté de volonté de puissance. Bref, on se retrouve encore dans le domaine allusif de la domination, mais pas forcément d’ordre sexuel.

 

Il a été noté plus haut en introduction que la symbolique du pouvoir et de la domination était passée du guerrier à l’embourgeoisement flashy et bling-bling. Initialement réservée aux stars du show-business, cette attitude a progressivement gagné le domaine du politique, sans connotation Droite/Gauche. Il n’est qu’à considérer l’appartenance partisane des deux héros de l’achat de belles montres. Et puis, Berlusconi lui aussi possède quelques-unes de ces belles pièces que l’on met au poignet, Tony Blair aussi. Il ne s’agit donc pas d’une exception française pour une fois. Cela dit, l’Italien excessif n’a rien d’un foudre de guerre et il est normal qu’il ait suivi le mouvement et ne soit resté dans la symbolique martiale.

 

Et puis, même une personnalité politique de haut rang ne peut désormais briller par la qualité de ses discours et de ses décisions. La montre devient l’arbre qui cache la forêt et permet de dévier l’attention sur un sujet futile et rester dans l’actualité futile des stars et des vedettes du sport et de la télévision. D’autre part, exhiber à son poignet un objet de luxe et de valeur que le vulgum pecus ne peut se permettre, c’est affirmer son appartenance à une caste dominante, sans avoir recours à des effets de muscles et sans tirer l’épée.

 

C’est aussi montrer son mépris du bas peuple, celui qui s’achète des montres chinoises sur les marchés, car mêmes les Swatch sont inaccessibles à son maigre budget. Ceux qui ont déjà raté leur vie avant d’avoir atteint les cinquante ans, comprennent tout de suite que ce luxe ostentatoire, ce n’est pas pour eux et qu’ils ont intérêt à faire profil bas. Par contre, le côté cuir du bracelet ne peut que de façon très lointaine faire penser à une composante homosexuelle, il faut donc abandonner rapidement cette piste pourtant intéressante. Car si le matériau composant du bracelet a son importance pour rehausser la montre, c’est l’objet d’horlogerie qui concentre l’attention.

 

Les amateurs compulsifs de Rolex, Breitling, Patek Philippe, Tag Heuer et autres grandes marques ont l’embarras du choix et n’ont pas besoin de Kelton pour se changer et en changer. Il ne leur est même pas nécessaire de se faire coopter membre du célèbre et distingué Club de l’Horloge pour asseoir leur notoriété !

 

La montre est aussi le symbole du temps qui doit passer vite pour les hommes modernes et pressés, toujours impatients d’avancer et de progresser. De nos jours, du fait de l’accélération de l’histoire, un homme sans montre serait peu crédible en politique. Si François Mitterrand voulait donner du temps au temps, il serait actuellement totalement dépassé. D’ailleurs, Mitterrand n’avait jamais d’argent liquide sur lui pour arborer son détachement des contraintes de la vie quotidienne et ne devait pas souvent regarder sa montre, lui préférant la pendule de son bureau feutré.

 

Quant aux femmes, même si certaines montres sont de véritables chef-d’œuvre d’orfèvres, coûtant des fortunes, elles ont toujours préféré les bijoux faits d’or et de pierreries pour exposer leur féminité et la richesse de leurs maris ou amants et, célèbres ou non, elles n’ont jamais atteint le haut niveau de fétichisme et d’exhibitionnisme de nos deux fameux politiciens.

 

Georges Yang

vendredi, 26 juin 2009

PROXENETISME : Le président de la mosquée d'Orange conteste les faits…

SOURCE : LE DAUPHINE LIBERE

 

370857_photo-1231798015340-1-0.jpgL'interpellation, mardi, des membres de la famille Bahiad, que nous révélions dans notre précédente édition, était, hier matin, sur toutes les lèvres. Car, à Orange, les Bahiad bénéficient d'une certaine notoriété. Le père est président de l'association "Lumière de Dieu", gérant la mosquée de la rue des Tanneurs, et certains de ses fils sont à la tête de différents commerces (salons de coiffure, snacks ou bar).

 

Dans cette procédure, ils sont soupçonnés de proxénétisme, de blanchiment d'argent et d'immigration clandestine... ce qui n'étonne pas certains. Car, sur la place orangeoise, la rumeur courait depuis des années. D'autres découvraient, plutôt stupéfaits, l'affaire.

 

Mais, dans la communauté musulmane, on voulait surtout éviter tout amalgame. D'ailleurs, selon le parquet d'Avignon, la gestion du lieu de culte orangeois serait totalement étrangère au dossier qui préoccupe actuellement les policiers.

 

Abdelslam Bahiad nie les accusations

 

Au terme d'une garde à vue de trois jours, Abdelslam Bahiad est déféré ce matin devant le magistrat instructeur d'Avignon. Durant sa garde à vue, il a nié en bloc l'ensemble des charges qui pèsent contre lui, assurait hier un proche du dossier.

 

Dans la journée, seront présentés devant le parquet trois de ses fils ainsi qu'une femme soupçonnée d'être à la tête, avec Abdelslam Bahiad, d'un réseau de prostitution prenant source au Maroc et s'achevant à Orange.

 

La réaction de Jacques Bompard

 

"Compte tenu des bruits qui circulaient à Orange, on n'est pas vraiment étonné de ces interpellations. J'avais été plus étonné de la véhémence de certains de ses coreligionnaires que j'avais reçu, en colère contre lui. Sur l'affaire qui intéresse aujourd'hui la police, je n'ai aucune compétence. Du côté de la Ville, nous avons, en revanche, préempté beaucoup d'appartements vétustes que cette famille voulait acheter".

jeudi, 25 juin 2009

Revue de presse : La France humiliée par Tsahal

Source LIBERATION

 

Par JEAN-PIERRE PERRIN

 

Les soldats israéliens ont agressé plusieurs fois des diplomates français.

 

Si Nicolas Sarkozy fait beaucoup d’efforts pour se rapprocher de l’Etat hébreu, on ne peut pas dire que la réciproque soit vraie. A preuve, la multiplication des «bavures» commises par les forces de sécurité israéliennes à l’encontre de ressortissants français en mission et soigneusement étouffées par le Quai d’Orsay. Lundi, la directrice du centre culturel français de Naplouse (Cisjordanie) a été sortie de son véhicule, jetée à terre et rouée de coups par des militaires israéliens près de Jérusalem. «Je peux te tuer», a lancé en anglais l’un des soldats. Sa voiture portait pourtant des plaques diplomatiques. Depuis, on lui a déconseillé de porter plainte pour ne pas «gêner» la visite de Nétanyahou. Mardi, c’est le directeur du centre culturel de Jérusalem-Ouest, Olivier Debray, qui, à bord d’un véhicule pourvu de plaques consulaires, a été insulté par des policiers.

 

Miette. D’une façon générale, le corps consulaire français se plaint de la violation régulière par les policiers et les soldats israéliens des usages consulaires. Le 11 juin 2008, Catherine Hyver, consule adjointe à Jérusalem, avait été retenue dix-sept heures sans une goutte d’eau ni une miette de pain par la sécurité israélienne à un point de passage de la bande de Gaza.

 

Excréments. Mais l’incident le plus choquant est l’occupation du domicile de l’agent consulaire français, Majdi Chakkoura, à Gaza pendant l’attaque israélienne de janvier. En son absence, les soldats israéliens ont complètement ravagé les lieux - pourtant signalés à l’armée israélienne -, volé une grosse somme d’argent, les bijoux de son épouse, son ordinateur et détruit la thèse sur laquelle il travaillait. Et ils ont souillé d’excréments le drapeau français. Le Quai d’Orsay n’a, là encore, élevé aucune protestation. Une occupation semblable s’est produite au domicile d’une professeure palestinienne du centre culturel français. Avec ce tag écrit en français sur la bibliothèque dévastée : «Sale arabe, ont va revenir te tuer». C’est, dit-on à Gaza, la faute de français - le «t» en trop - qui a choqué l’enseignante.

 

lundi, 22 juin 2009

L’immigration n’est pas un " à-côté " de la logique du capital

SOURCE : EUROPE MAXIMA

 

dn20_516882_3_px_470_.jpgIl suffit de passer un peu de temps dans le métro parisien pour constater une chose : de plus en plus de gens, qu’ils soient officiellement étrangers ou non – cela ne veut plus rien dire avec les naturalisations automatiques du droit du sol -, ne parlent que leur langue d’origine. Leur communauté d’origine est tellement nombreuse, qu’elle soit chinoise, sri-lankaise, indienne, africaine, etc., que nombre de ces gens se lèvent en parlant leur langue d’origine, travaillent avec des compatriotes, vivent avec des compatriotes, se marient avec eux, font rapatrier leur corps au pays par des associations communautaires et ne parlent français que le strict minimum, avec les administrations ou les " associations ", et encore, car la France paie chèrement des traducteurs pour toutes les langues du monde.

 

Comment l’assimilation fonctionnerait-elle, alors que dans bien des quartiers de Paris et de banlieue les Français d’origine, " de souche " si l’on préfère, sont minoritaires ? Quand la langue parlée quotidiennement, même dans le travail (quand il y a travail), n’est pas le français ? (Que ceux qui en doutent aillent sur un chantier de bâtiment en région parisienne et ils comprendront). Il est loin le temps du vieil ouvrier maghrébin, francophone bien sûr, qui finissait par ouvrir un bistrot, Mohammed que l’on appelait affectueusement Momo et qui faisait partie du paysage français. Ou du Russe blanc de Billancourt, qui restait " très russe " mais devenait en même temps si français, au contact de ses compatriotes d’usine encore très majoritairement français de souche.

 

J’entends dire parfois : " S’il n’y avait plus un seul immigré en France, il y aurait toujours les mêmes problèmes, la sous-culture mondialisée, l’hyper-consommation, l’alignement sur les U.S.A., etc. " Tout n’est pas faux dans ce point de vue. Mais il est bien spécieux. S’il n’y avait plus d’immigration, le capitalisme ne serait plus le capitalisme, l’immigration n’est pas un " à-côté " de la logique du capital, elle lui est consubstantielle, c’est pourquoi il y a de plus en plus de vrais hommes de gauche qui sont contre l’immigration, légale ou clandestine, parce qu’ils sont contre la Forme-Capital, parce qu’ils ont vu les dégâts qu’elle produit et, assumons le subjectivisme, parce qu’ils sont trop français pour ne pas en souffrir (comme par hasard, ce sont souvent des ouvriers ou des fils d’ouvriers). N’oublions pas que Le Capital de Marx était sous-titré Critique de l’économie politique. C’est en cessant de subordonner le monde à l’économie que l’on trouvera l’énergie de mettre fin au processus de disparition de nos peuples par les flux migratoires.

Pierre Le Vigan

dimanche, 21 juin 2009

Christine Boutin : démocratie chrétienne, le retour

SOURCE : LIBERTE POLITIQUE

 

christine boutin 615130.jpgChristine Boutin sera du prochain gouvernement, elle en est convaincue : « Nicolas Sarkozy fera le bon choix. » Son choix à elle est de transformer le Forum des républicains sociaux (FRS) en Parti chrétien-démocrate (PCD). L’affirmation est audacieuse, mais la formule rejoint-elle la tradition catholique ?

 

Les raisons – de circonstances – que donne le ministre du Logement au changement de nom de son parti ne sont sans doute pas plus mauvaises que d’autres. Son initiative ne scandalisera que les thuriféraires d’une laïcité agressive, pour qui les religions doivent demeurer dans l’espace privé. Souhaitons-lui de réussir. Cela dit, ce parti démocrate chrétien ou chrétien démocrate, la nuance est difficile à saisir, est-il opportun ? Christine Boutin, qui « veut aller au bout de sa logique », le pense. Tout en saluant son courage, est-il possible d’en douter ?

Faut-il rappeler que la démocratie chrétienne a été condamnée par l’Église ? L’encyclique de Léon XIII Graves de communi re du 18 janvier 1901 avait mis en garde contre le terme de démocratie chrétienne en ces termes : « Il serait condamnable de détourner à un sens politique le terme de démocratie chrétienne. Sans doute, la démocratie, d'après l'étymologie même du mot et l'usage qu'en ont fait les philosophes, indique le régime populaire ; mais, dans les circonstances actuelles, il ne faut l'employer qu'en lui ôtant tout sens politique, et en ne lui attachant aucune autre signification que celle d'une bienfaisante action chrétienne parmi le peuple. En effet, les préceptes de la nature et de l'Évangile étant, par leur autorité propre, au-dessus des vicissitudes humaines, il est nécessaire qu'ils ne dépendent d'aucune forme de gouvernement civil ; ils peuvent pourtant s'accommoder de n'importe laquelle de ces formes, pourvu qu'elle ne répugne ni à l'honnêteté ni à la justice. »

 

« Ils sont donc et ils demeurent pleinement étrangers aux passions des partis et aux divers événements, de sorte que, quelle que soit la constitution d'un État, les citoyens peuvent et doivent observer ces mêmes préceptes qui leur commandent d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et leur prochain comme eux-mêmes. Telle fut la perpétuelle discipline de l'Eglise ; c'est celle qu'appliquèrent toujours les pontifes romains vis-à-vis des États, quelle que fût pour ceux-ci la forme de gouvernement. »


L’Église n’absolutise aucune forme de gouvernement, fut-il véritablement démocratique. Elle est en charge du salut et non de la prospérité et de la sécurité des peuples. Elle laisse celles-ci aux gouvernements civils légitimes.

Ambiguïté

Se revendiquer d’une politique chrétienne et parler de « politiques chrétiennes » est toujours ambigu. Hormis les points dans lesquels le droit naturel ou le Décalogue exigent le respect de principes que Benoît XVI qualifie de « non négociables », l’Église considère que la plupart des problèmes politiques peuvent recevoir, non pas une, mais plusieurs réponses.

Certes, il y a des politiques qui s’inspirent de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église (ou qui s’en écartent), mais seulement en tant qu’ils respectent (ou non) le droit naturel. Une chose est de puiser dans sa foi les motifs profonds de son action politique, autre chose de dire que les choix politiques qui sont ceux de tel ou tel gouvernement ou de tel ou tel parti sont en eux-mêmes chrétiens [1]. Pas plus qu’il n’y a de philosophie chrétienne ou de science chrétienne au sens confessionnel du terme, pas plus il n’existe de politique chrétienne.

Le politique est une activité rationnelle. Elle relève de la vertu de prudence, inspirée par la charité. Comme le savant ou le philosophe, l’homme politique peut être, à la manière de Thomas More ou de saint Louis, conduit dans son action par l’Esprit Saint, voire conseillé par l’Église, mais ce sera toujours sur un fondement qui n’est pas de lui-même théologique.

C’est en ce sens que l’Église elle-même a pu encourager pour des raisons diplomatiques des partis « démocrates chrétiens », comme par exemple en Italie ou en Allemagne après la guerre, mais dans un contexte différent (des sociétés alors encore très largement chrétiennes et menacées par le péril communiste).

Mais parce que la politique est une activité en elle-même profane, il existe un risque réel d’instrumentaliser la religion et de commettre un grave contre-témoignage en désignant « chrétien » un parti (ou un choix) politique, quel qu’il soit. Comme à la philosophie et à la science, laissons à la politique sa légitime autonomie vis-à-vis de la foi. C’est encore la meilleure manière d’être dans le monde sans être du monde.

 

[1] Cf. Note doctrinale sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique. Le magistère défend la nécessité de la présence politique des catholiques dans la société (« le catholique ne peut déléguer à d’autres l’engagement chrétien ») (n.4), mais ne recommande pas d’organisation politique commune : il parle en revanche d’« unité culturelle » et de « liberté d’opinion » des catholiques sur les questions contingentes (n.6).

 

Thierry Boutet

samedi, 20 juin 2009

Que se passe-t-il en Iran ?

SOURCE : BERNARD ANTONY

 

Hossein Moussavi_1244098046749-1-0.jpgL’Iran est actuellement secoué par des manifestations quotidiennes des partisans de Mir Hossein Moussavi qui contestent le résultat des élections présidentielles remportées par le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. À la lecture des informations qui nous parviennent, il semblerait qu’effectivement le scrutin ait été ponctué de nombreuses irrégularités mais, à notre avis, Mahmoud Ahmadinejad a bien remporté ce scrutin grâce aux voix de la paysannerie qu’il a subventionnées grâce à des allocations, mais dans des proportions certainement beaucoup moins favorables que les résultats officiels ne le prétendent. Cela ne serait pas une originalité dans l’histoire que de constater une opposition entre une population rurale peu instruite et conservatrice et une population urbaine beaucoup plus diplômée et progressiste.


Mais l’important n’est pas là, l’enjeu de l’élection est en fait de peu d’importance pour la simple et bonne raison que le véritable chef de l’Iran n’est pas le Président de la République iranienne mais le Guide suprême de la Révolution islamique, qui occupe ses fonctions à vie ; ce fut l’ayatollah Khomeini jusqu’à sa mort en 1989 et ce poste est occupé depuis par l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei.


Qui est le candidat Mir Hossein Moussavi ? Il a été le Premier ministre de la République islamique de 1981 à 1989, sous l’autorité directe de Khomeini, puis de celle de Seyyed Ali Khamenei lorsque celui-ci est devenu Président de la République iranienne (1981-1989). Architecte et artiste peintre, il est le président de l'Académie iranienne des arts, membre du Conseil de discernement [ce conseil arbitre les litiges apparus entre le parlement et le Conseil des gardiens], du Haut Conseil pour la révolution culturelle et il siège au Conseil d'Évaluation, dont la fonction est de sélectionner les candidats aux diverses élections. Mir Hossein Moussavi n’occupe plus de poste politique de premier plan depuis des années, mais il a conseillé les présidents Akbar Hachemi Rafsandjani (1989-1997) et Mohammed Khatami (1997-2005). Mir Hossein Moussavi n’a rien d’un démocrate et s’il a gagné la confiance de la jeunesse urbaine, c’est principalement en raison de sa promesse d’abolir la police des mœurs dont les principales victimes sont les jeunes Iraniens et en raison de la présence de sa femme, l’universitaire Zahra Rahnavard, à ses côtés lors des réunions publiques, ce qui est exceptionnel dans le paysage politique de la République islamique. Celle-ci a publiquement critiqué le sort réservé aux femmes dans la société iranienne.

 

Quant au dossier nucléaire, Mir Hossein Moussavi s’est dit prêt à entamer des pourparlers avec le groupe des « Six » (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne), sans pour autant renoncer au programme nucléaire iranien mais en garantissant qu’il ne serait pas utilisé à des fins militaires. Il a fait de la politique économique une priorité, en promettant de faire baisser l’inflation qui est supérieure à 25 % par an et en critiquant l’utilisation faite par Mahmoud Ahmadinejad des revenus pétroliers. Si Mir Hossein Moussavi a présenté un programme électoral comportant certaines avancées pour les Iraniens, il n’a jamais eu pour objectif de renverser le régime des ayatollahs, c’est un pur apparatchik de la société instaurée par les religieux chiites.


Quel sens donner à sa candidature ? D’après certains observateurs, si Mir Hossein Moussavi a été autorisé à se porter candidat aux élections présidentielles contre Mahmoud Ahmadinejad ce fut sous les auspices de Seyyed Ali Khamenei et de ses conseillers, dans le but de contrecarrer l’effet Obama. L’islamophilie du président des États-Unis affichée dans ses discours a provoqué et justifié le développement d’un mouvement préconisant une réconciliation avec les États-Unis et l’Occident. Pour éviter que ce courant pro-occidental ne continue à se développer, une stratégie aurait été élaborée qui aurait consisté à autoriser Mir Hossein Moussavi à incarner une ligne libérale pour mieux le faire battre par Mahmoud Ahmadinejad, ce qui aurait cassé net le développement de ce pro-occidentalisme dans la population iranienne. Mais cette stratégie a échoué car Seyyed Ali Khamenei et ses conseillers auraient sous-estimé la soif de changement des élites urbaines iraniennes, le vote en faveur de Mir Hossein Moussavi a pris trop d’ampleur d’où les manifestations actuelles qui contestent l’élection de Mahmoud Ahmadinejad.

 

Louis Chagnon

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