mardi, 16 juin 2026
L’Iran sort de cette guerre renforcée

Pierre Lellouche
Trump avait commencé la guerre en promettant une « capitulation sans condition de l’Iran ». Il la termine avec un mauvais accord, annoncé dimanche, dont l’Occident n’a pas fini de payer les conséquences. En réalité, cette guerre a tourné au cauchemar stratégique pour l’Administration Trump, un cauchemar qui rappelle les pires heures de Jimmy Carter, lorsqu’il échoua lamentablement à libérer les otages de l’ambassade américaine à Téhéran, il y a quarante-cinq ans… Un long supplice persan de 444 jours, où, comme aujourd’hui, les dirigeants de la jeune République islamique semblaient jouer au chat et à la souris avec une Administration américaine brouillonne et dépassée par les événements.
Après trois mois et demi de conflit, force est de constater que non seulement aucun des trois objectifs principaux assignés à cette guerre n’aura été atteint : ni dénucléarisation, ni destruction de l’arsenal de missiles, ni arrêt du soutien au Hezbollah et autres alliés chiites, mais surtout que la République islamique sort de cette guerre renforcée, plus revancharde que jamais, convaincue qu’elle a déjà vaincu la première puissance militaire du monde et son allié israélien.
Le président américain voulait un « regime change ». Il l’a obtenu, mais pas celui qu’il souhaitait. À Téhéran, la « puissance divine » de l’ayatollah Khamenei père a été remplacée par « la puissance brute », incarnée par un commando de dirigeants plus jeunes, tous anciens combattants de la guerre contre l’Irak, et tous membres des gardiens de la révolution, la nouvelle colonne vertébrale du régime en lieu et place du clergé chiite.
Tandis que le vieux Khamenei, prudent, persistait à refuser de franchir le seuil de l’arme nucléaire, en s’efforçant d’écarter le risque d’une attaque massive contre l’Iran, ses successeurs sont aujourd’hui convaincus que le pire est derrière eux, ayant survécu à 13 000 frappes américano-israéliennes. Ceux-là sont également convaincus que Trump ne reprendra pas la guerre, mieux, qu’il bloquera même les velléités israéliennes de « finir le travail ». C’est cette conviction qui a conduit les dirigeants iraniens à prendre le risque calculé de frapper directement Israël au début de la semaine dernière pour défendre leurs alliés du Hezbollah au Liban. Trump n’a pas bougé, sauf pour intimer l’ordre à Netanyahou d’arrêter ses frappes…
Quant à la négociation sous médiation pakistanaise, ses résultats s’annoncent bien pires pour les Américains et les Israéliens que les termes consentis par l’Iran en février à Genève… avant les bombardements du 28 février.
Sur le nucléaire, censé être le but principal de cette guerre, les Iraniens ont maintenu leur position constante, à savoir l’affirmation de leur droit souverain d’enrichir l’uranium, ce qui leur permettra de conserver les équipes nécessaires à une éventuelle reprise d’un programme militaire, même si, dans l’intervalle, le programme d’enrichissement devait être suspendu. Quant à la demi-tonne d’uranium enrichi à 60 %, la moitié serait diluée sur place et l’autre serait déposée dans un pays tiers non encore déterminé : au total, un arrangement très similaire à celui de l’accord JCPOA signé par Obama en 2015, que Trump avait jugé « horrible » à l’époque, avant de le dénoncer trois ans plus tard, lors de son premier mandat. De toute façon, cette négociation nucléaire, censée commencer dans les semaines à venir, s’échelonnera sur de nombreux mois, au vu de sa très haute technicité, mais surtout du talent des négociateurs iraniens à faire durer indéfiniment les tractations…
Mais pire encore, il y a Ormuz. Les dirigeants de Téhéran peuvent remercier Trump. C’est lui et sa décision de lancer une « petite excursion » en Iran qui ont fourni le prétexte qu’attendaient les Iraniens pour s’approprier de fait la totalité du détroit, y compris les eaux territoriales appartenant aux voisins, les monarchies arabes du Golfe. C’est désormais chose faite. Avec plusieurs conséquences considérables.
La première est que les Iraniens vont faire payer très cher la réouverture du détroit, exigeant en échange 24 milliards de dollars de fonds iraniens séquestrés dans les banques arabes ou occidentales, dont le paiement sera, dit-on, échelonné en deux fois. Pour mémoire, l’accord signé par Obama en 2015 n’avait « coûté » que 1,7 milliard. Un vrai « progrès » donc grâce à Trump ! Avec ces 24 milliards, et la possibilité de vendre à nouveau son pétrole, Téhéran disposera du cash indispensable pour soulager l’énorme crise économique qui pèse sur les Iraniens, ce qui lui permettra aussi d’éviter de nouvelles protestations de masse, et bien sûr de réarmer.
Mais l’essentiel est ailleurs : une réouverture d’Ormuz dans le cadre du fameux mémorandum n’est, dans l’esprit des Iraniens, qui n’en ont pas fait mystère, qu’une option temporaire qui ne règle en rien le problème de fond du statut de ce détroit, que les Iraniens considèrent désormais comme partie intégrante de leur territoire maritime. Il serait naïf de croire que Téhéran renoncera à cette carte maîtresse, dont ils ont découvert qu’elle leur permet de prendre en otage, à tout moment, la totalité de l’économie mondiale. Pour une raison simple : le monde ne peut pas durablement survivre en étant privé du quart de l’énergie dont il a besoin chaque jour… Après l’accord, les Iraniens pourront donc refermer le détroit à leur guise, et cette seule menace représentera une force de dissuasion majeure contre les Américains et autres alliés qui pourraient être tentés de frapper à nouveau l’Iran. Le détroit d’Ormuz est donc à la fois la corne d’abondance de la République islamique, l’affirmation de sa domination de fait sur ses voisins arabes, et surtout l’équivalent d’une deuxième bombe atomique dissuadant toute interférence extérieure dans la région.
Au-delà, la conséquence la plus durable de ce désastre stratégique est d’avoir conduit à la destruction pure et simple du système de sécurité qui avait été construit entre l’Amérique et les monarchies pétrolières arabes après 1945 : j’assure votre sécurité, vous me garantissez votre pétrole. Plus encore que la guerre de Bush en Irak il y a vingt-trois ans, qui avait débarrassé Téhéran de son rival de Bagdad, la guerre de Trump laissera l’Iran en position de domination absolue de la région. Une superpuissance islamique en devenir, face à laquelle les monarchies arabes n’auront d’autre choix que de se plier, en espérant que le grand voisin chiite ne s’emparera pas purement et simplement de leurs ressources pétrolières.
Exit, en tout cas, l’image de ces petits paradis sûrs et prospères, leurs shopping malls et leurs plages ouvertes toute l’année. Les influenceurs et autres parrains du narcotrafic qui y avaient fait leur nid découvrent que leurs petits paradis étaient bâtis sur du sable… Quant à Israël, ses bombardements auront permis, comme on dit là-bas, de « passer une nouvelle fois la tondeuse » : deux à trois ans de gagnés avant la prochaine crise, mais le poison du terrorisme est toujours là à Gaza et au Liban. Pour la République islamique, la seule gagnante, le ni-paix-ni-guerre aux conditions des Iraniens, financé par les dollars de l’oncle Trump, est assurément la situation idéale pour assurer la pérennité du régime. Tant pis, malheureusement, pour le peuple iranien qui attendait sa liberté, tant pis pour les dizaines de milliers de braves gens qui ont été massacrés en début d’année et pour tous ces jeunes qui continuent à être pendus tous les matins à Téhéran.
Source : Le Figaro 16/6/2026
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dimanche, 14 juin 2026
La guerre n’est pas une querelle de cour de récréation

Henri Guaino
En février dernier, la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année. Elle a déjà dépassé en durée la Première Guerre mondiale. Elle a en réalité commencé bien plus tôt, avec les affrontements entre l’Ukraine et les séparatistes pro-russes du Donbass soutenus par la Russie et l’annexion, cette même année, par cette dernière, de la Crimée. Et même avant, en 2008, même si l’on ne se tirait pas encore dessus, quand la question de l’en- trée de l’Ukraine fut officiellement posée. Et encore avant, en 2004, avec la révolution orange et l’implication des États-Unis et de l’Europe. Et, bien avant encore, en 1991, avec l’effondrement de l’Union soviétique. En réalité, les racines de cette guerre sont multiséculaires. L’Ukraine, à la charnière du monde catholique et du monde orthodoxe, du monde européen et du monde russe, des peuples slaves et des peuples polono-lituaniens et nordiques, a-t-elle vocation à être dans la zone d’influence de la Russie ou dans celle de l’Occident ? Voilà l’éternelle question qui hante ce conflit meurtrier entre deux peuples jumeaux qui, depuis leur naissance, ne cessent tour à tour de s’unir et de se combattre, et l’Ukraine d’être attirée tour à tour dans l’orbite de l’un et dans celle des autres. Cir- constance aggravante, l’Ukraine, c’est ce qui fait basculer l’Empire russe du côté de l’Europe au lieu de l’Asie. Brzezinski allait jusqu’à dire que, sans l’Ukraine, la Russie cessait d’être un empire. Il plaidait pour que l’Ukraine indépendante restât neutre, tout comme Kissinger qui disait que si l’Ukraine voulait vivre en paix, elle devait rester un pont entre deux mondes, sans basculer d’un côté ou de l’autre.
Que faire ?
On peut regarder la guerre russo-ukrainienne sous l’angle du conflit entre nation et empire, entre nationalisme et impérialisme. On peut le voir du point de vue du droit inter- national : qui est dans son droit ? On peut l’envisager sous l’angle de la morale des grands principes : qui est dans le camp du bien, qui est dans celui du mal ? La nation contre l’empire ? Certes, et après ? Les nations ne feront pas disparaître les empires, ni les empires, les nations. Il faut s’y faire : on ne change pas la nature des États. Le droit international ? A-t-il jamais permis d’arrêter une guerre ? Le bien contre le mal ? Mais l’ennemi aussi pense qu’il est le bien. La bonne conscience n’est pas le plus sûr moyen de prévenir les catas- trophes, au contraire, puisque le bien peut tout se permettre.
La seule question qui vaille est tou- jours la même : que faire pour arrêter la tuerie et l’escalade qui est le propre de la guerre ? En provoquant ce conflit, Poutine a fait un mauvais calcul, même du point de vue de ses intérêts. Comme Trump a fait un mauvais calcul en attaquant l’Iran. Mais l’Europe en fait un aussi en prenant parti et en entretenant une tension croissante avec la Russie, oubliant l’avertissement de Kennedy après la crise des fusées de Cuba : il ne faut jamais mettre en tension des puissances nucléaires. Un accident, un emballement, une erreur d’appréciation sont si vite arrivés. On se rassure : « Ils n’oseront pas ! » Alors, il n’y a pas de ligne rouge. On peut toujours aller plus loin et on va plus loin. Mais les vraies lignes rouges, on ne les connaît qu’après coup, quand le drame survient.
Quand j’avais écrit en 2022 que nous allions vers la guerre comme des somnambules, et mis en garde contre le risque de l’escalade dont on finit par perdre la maîtrise, on m’avait opposé Munich, que seule la force arrêtait la force, que l’économie russe allait très vite s’effondrer et que nous n’avions pas le choix : il fallait montrer au nouvel Hitler qu’il ne nous referait pas le coup du précédent. À force de voir Hitler partout, on finit par oublier de penser et de réfléchir aux conséquences de ce que nous faisons. Nous en sommes au dix-neuvième train de sanctions européennes contre la Russie, qui est passée en économie de guerre et qui souffre peut-être, mais ne s’effondre pas. La moitié du monde est plutôt de son côté que du nôtre, et avec l’Iran, cela ne s’arrange pas.
L’ivresse du chef de guerre
L’escalade va bon train avec les missiles ukrainiens qui tombent sur Saint-Pétersbourg. On dira que ce sont les Russes qui ont commencé. Mais la guerre, a fortiori contre une superpuissance nucléaire, n’est pas une querelle d’enfants dans une cour de récréation. Les économies européennes payent de plus en plus cher la hausse du coût de leur éner- gie et la question sociale y est de plus en plus explosive de sorte que la facture ukrainienne commence à atteindre ses limites peut être plus pour l’Europe que pour la Russie. Le plus inquiétant, c’est que les Ukrai- niens qui constatent que les Russes n’avancent pas s’enhardissent. La question est de savoir quand ils tireront le missile de trop. Elle est aussi de savoir quand les dirigeants européens cesseront leur dangereuse fuite en avant, avec l’ivresse du chef de guerre qui semble avoir saisi beaucoup d’entre eux, comme s’ils cherchaient à retrouver dans cette politique de la peur de la guerre à venir, désormais présentée comme quasiment inéluctable, une légitimité politique que les peuples leur contestent.
L’intérêt vital de l’Europe, pour laquelle les dégâts sont déjà énormes, et la morale de responsabilité commanderaient au contraire que chacun fasse tout désormais pour que la guerre s’arrête au lieu d’aller jusqu’au point de non-retour. Hélas, ce n’est pas la sagesse que l’on voit poindre à l’horizon mais plu- tôt l’inverse. En témoigne le défilé à Kiev des candidats français à l’élec- tion présidentielle qui veulent faire entrer l’Ukraine dans l’Otan et qui se gardent bien de détailler la facture à venir de son entrée promise dans l’Europe. Mais, comme depuis le début, le débat est interdit. Il l’est même de plus en plus.
Source : Journal du dimanche 14/6/2026
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samedi, 13 juin 2026
Société multiculturelle, société multiconflictuelle

Mathieu Bock-Côté
Belfast brûle, encore. Mais cette fois, cela a peu à voir avec le conflit engendré par l’occupation britannique du nord de l’Irlande, qui se maintient, plus d’un siècle après l’indépendance, mais avec les tensions engendrées par la société multiculturelle. J’en rappelle le contexte. Hadi Halodid, un demandeur d’asile soudanais, passé par Paris et arrivé en Irlande du Nord, s’en est pris le 8 juin à un passant dans la rue, Stephen Ogilvie. Armé d’un couteau, il l’a poignardé plusieurs fois à la tête, au point de le rendre aveugle d’un œil. Il a aussi cherché à le décapiter - sans y parvenir.
Le tout a été filmé, ce qui a suscité, d’abord une immense stupéfaction, et ensuite, une colère dans les quartiers populaires de Belfast, qui s’est transformée en rage émeutière, dirigée contre les quartiers associés à l’immigration. Des voitures furent brûlées. Des hôtels logeant des migrants, des commerces aussi, ont été ciblés par les émeutiers, souvent masqués, qui témoignent ainsi d’une logique milicienne, propre à l’histoire de l’Irlande du Nord. Les forces de l’ordre furent aussi confrontées.
L’histoire n’est pas toujours racontée ainsi. Souvent, dans la presse internationale, on occulte l’élément déclencheur, ou on le transforme en détail, comme si le mentionner revenait à justifier la violence anti-immigrés. Ce n’est évidemment pas le cas. Mais ceux qui racontent l’histoire ainsi ont une vision biaisée de nos sociétés, qui seraient fondamentalement racistes, et guetteraient n’importe quel fait divers pour se désinhiber - car n’importe lequel ferait l’affaire. C’est ainsi qu’on avait traité les émeutes anti-immigration faisant suite au massacre de trois fillettes à Liverpool, en 2024, par un homme d’origine rwandaise.
On devrait pourtant voir dans ces scènes une préfiguration des tensions engendrées par les sociétés multiculturelles, dont on disait, il y a quelques années, qu’elles deviendraient inévitablement multiconflictuelles - et l’histoire du Royaume-Uni, de l’affaire des Grooming gangs à l’assassinat de Henry Nowak le confirme. Tôt ou tard, ce qu’on appelle pudiquement l’insécurité engendrée par l’immigration allait susciter une réaction se percevant elle-même comme une réaction d’autodéfense - il ne s’agit pas, encore une fois, de légitimer ce point de vue mais de noter que cet engrenage était en quelque sorte inévitable.
Et ces affrontements sont d’autant plus brutaux qu’ils prennent forme à travers des identités primaires, relevant davantage du pôle ethnique que du pôle culturel - réalité qu’on a cherché à esquiver, ou contourner, depuis trente ans, en mettant l’accent uniquement sur l’islam, ou plus largement, sur la religion, alors qu’on constate aujourd’hui qu’elle va bien au-delà. L’effritement symbolique de la nation, sous la pression de l’immigration de masse, pousse chacun au repli tribal.
On voit bien où conduira la politique de répartition systématique des migrants partout dans les territoires, d’autant qu’elle présuppose souvent un transfert de la redistribution sociale des autochtones aux nouveaux arrivants, notamment, mais pas exclusivement, en matière de logement. L’ingénierie sociale à grande échelle pour créer la société plurielle nous ramène à une évidence : les sociétés exagérément hétérogènes ne sont jamais pacifiques. Chaque groupe y défend ses intérêts, soit à travers les institutions, qui sont alors soumises à une logique communautariste, comme on le voit au Canada, soit de manière plus frontale, les tensions entre gangs en témoignent - on se souvient de l’affrontement entre Maghrébins et Tchétchènes à Dijon en 2020.
Laissons même de côté la violence. Face à la faillite de l’État à défendre ses frontières, l’opposition à l’immigration massive s’est tournée vers la rue depuis une dizaine d’années. On se souvient des manifestations en Allemagne en 2015 : elles furent assimilées au néo-nazisme. En France, les manifestations contre l’installation des CRA furent aussi renvoyées à l’extrême droite. Même étiquette pour les manifestations anglaises, où le commun des mortels se présentait souvent avec le drapeau frappé de la croix de Saint-Georges. Le régime ne sait pas les qualifier autrement.
La racialisation des appartenances, il y a quelques années encore, était une tentation idéologique, surtout portée par la gauche - elle la travaille encore, d’ailleurs. Le racisme anti-Blancs est devenu, depuis, un fait social majeur, qu’on fait tout pour recouvrir ou invisibiliser, sans y parvenir. Une partie des Blancs est alors rattrapée, à son tour, par la tentation racialiste. Finalement, la société prend le visage hobbesien de la lutte de tous contre tous. Tout cela était prévisible. Ils furent nombreux à nous en avertir. Ils furent traités de prophètes de malheur. L’Irlande du Nord, demain, pourrait être notre avenir.
Source : Le Figaro 13/6/2026
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jeudi, 11 juin 2026
Belfast brûle. La prochaine ville sera la vôtre
Jérôme Viguès
Belfast, lundi soir. Un homme est assis à califourchon sur sa victime dans une rue du nord de la ville. Il la taillade au visage, au cou, au dos. Plusieurs coups. Sous les yeux des passants. La vidéo part en viral en quelques heures. La victime s'appelle Stephen Ogilvie. Il a perdu un œil. L'agresseur s'appelle Hadi Alodid. Il a trente ans. Il est soudanais. Il était légalement installé au Royaume-Uni avec un statut de réfugié valide jusqu'en 2028. Il a été arrêté et inculpé pour tentative de meurtre, possession d'arme blanche et menaces de mort.
Mais voilà le détail que les grands médias ont mis du temps à lâcher. Hadi Alodid est entré en Irlande du Nord en 2023 depuis la République d'Irlande. En provenance de Paris. La France comme sas de transit. Ce pays qui accueille, qui héberge, qui nourrit, qui loge, qui donne des papiers — et qui exporte ensuite le problème chez ses voisins. Comme par hasard.
Ce qui s'est passé ensuite, les médias officiels appellent ça des "émeutes anti-immigrés." Traduction honnête : des dizaines de milliers d'habitants ont explosé. Des quartiers entiers de Belfast se sont embrasés. Des foyers incendiés par dizaines. Des commerces détruits. Un bus calciné. Des familles déplacées dans la nuit, dont un bébé de deux mois. Les forces de l'ordre ont priorisé l'évacuation des civils plutôt que les interpellations — ce qui en dit long sur l'ampleur du chaos.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a dénoncé des violences "choquantes et complètement inacceptables." Il a ajouté qu'il était "clair que des personnes avaient été ciblées en raison de leur origine" et qu'il ne le "tolérerait pas." Formule creuse, rituelle, prononcée depuis un bureau par un homme qui n'a pas regardé la vidéo dans les yeux d'un père de famille de Belfast. Les cinq principaux partis politiques d'Irlande du Nord ont publié une déclaration commune appelant au calme. Même rituel. Même vacuité. Les dirigeants parlent. La rue brûle. Ces deux réalités ne se rencontreront pas.
Pendant ce temps, les habitants de ces quartiers défavorisés où l'on entasse les migrants depuis des années regardaient leurs rues brûler. Ils ne brûlaient pas par idéologie. Ils brûlaient parce qu'un homme avait failli se faire égorger dans leur rue par quelqu'un que l'État avait installé parmi eux, et que cet État leur demandait maintenant d'être raisonnables. Il y a un mot pour ce que vivent ces gens. Ce mot, c'est l'abandon.
Stephen Ogilvie a perdu un œil. Sa famille appelle au calme et salue "la contribution essentielle des migrants à la société." Réaction courageuse, ou réaction conditionnée par des années de matraquage idéologique ? Ce qui est certain, c'est que Stephen Ogilvie ne reverra plus jamais le monde qu'avec un seul œil. Et que l'homme qui le lui a arraché avait été accueilli, hébergé et protégé par l'État — d'abord en France, ensuite au Royaume-Uni.
Ce n'est pas la première fois que Belfast s'embrase. Émeutes en 2024, émeutes en 2025, et maintenant ceci. À chaque fois, le même cycle. Un drame. Une vidéo. Une explosion populaire. Des élus qui condamnent. Des experts qui expliquent. Et le lendemain, rien ne change. Les mêmes populations continuent d'être entassées dans les mêmes quartiers. Les mêmes alertes continuent d'être ignorées. La même cocotte-minute continue de chauffer. Et nous approchons du 12 juillet, la période des défilés orangistes, historiquement la plus explosive de l'année en Irlande du Nord. Le timing est parfait pour que tout dérape.
Ce mercredi, Belfast se préparait déjà à une nouvelle nuit. Écoles fermées dès la mi-journée. Bus et trains à l'arrêt. Renforts de police mobilisés en urgence, d'autres attendus depuis le reste du Royaume-Uni pour jeudi. Trois arrestations à ce stade, "d'autres suivront" selon les autorités. La ville retient son souffle. Ou plutôt, elle ne le retient plus.
Un système qui importe massivement une population étrangère sans se demander si la greffe prend. Un système qui installe ces populations dans des quartiers déjà fragiles et appelle ça de l'intégration. Un système qui fait transiter les indésirables de pays en pays, de Paris à Belfast, en tamponnant des papiers au passage. Et quand la cocotte-minute explose, ce même système sort ses experts et ses éditorialistes pour expliquer que la vraie violence, c'est celle des gens qui ont craqué. Pas celle qui les a fait craquer.
Les peuples d'Europe sont en train d'apprendre une leçon que leurs gouvernants refusent de leur enseigner. Quand l'État cesse de vous protéger, vous vous protégez vous-même. Quand l'État ignore vos alertes pendant des décennies, un soir de juin, une vidéo suffit à mettre une ville à feu.
Belfast brûle. Et cette nuit, elle risque de brûler encore.
Source cliquez ici
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mercredi, 10 juin 2026
Belfast en flammes : après la tentative de décapitation par un réfugié soudanais, l’Irlande du Nord s’embrase
YannV, Breizh info cliquez ici
La tentative de meurtre survenue lundi soir dans le nord de Belfast n’a pas seulement laissé un homme dans un état critique à l’hôpital. Elle a mis le feu à toute l’Irlande du Nord — et au-delà. Dans la nuit du mardi au mercredi, des émeutes d’une violence rarement atteinte ont secoué Belfast, Portadown, Newtownabbey et d’autres localités nord-irlandaises, tandis que des manifestations éclataient simultanément dans d’autres villes britanniques, notamment Bangor, Glasgow et Londres, où des manifestants anti-immigration ont affronté les forces de l’ordre.
Ce qui s’est passé
L’attaque s’est produite vers 22h30 lundi 8 juin sur Kinnaird Avenue dans le nord de Belfast. Un homme d’origine soudanaise, âgé de 30 ans, a maintenu une victime au sol et l’a poignardée à plusieurs reprises à la tête, au cou, aux yeux et dans le dos avec un couteau de cuisine. Des riverains sont intervenus physiquement pour maîtriser l’assaillant avant l’arrivée de la police — l’un d’eux armé d’un hurling stick, la crosse traditionnelle du sport gaélique irlandais. La victime, un homme d’une quarantaine d’années, a été hospitalisée avec d’importantes blessures aux yeux et de graves lacérations au dos et au visage.
Le Home Office britannique a confirmé que le suspect était un ressortissant soudanais titulaire d’un statut de réfugié accordé en 2023, arrivé au Royaume-Uni via Paris puis Dublin. Il a été inculpé de tentative de meurtre et a comparu devant la justice mercredi.
Une nuit de chaos
Dès le mardi soir, la colère a envahi les rues. Des centaines de manifestants, pour beaucoup le visage masqué pour ne pas être dénoncé par des journalistes friands de cela, ou arrêtés par la police, se sont rassemblés en plusieurs points de Belfast. Essentiellement dans des bastions unionistes, mais aussi dans quelques zones républicaines (l’agression a eu lieu dans une de ces zones, au nord de Belfast).
Un bus et des voitures ont été incendiés. Des habitants ont dû être évacués d’un immeuble en proie aux flammes. Dans le quartier de Cloughfern à Newtownabbey, des cocktails Molotov ont été lancés sur des véhicules de police. À Portadown, un véhicule de la PSNI a été incendié.
Des hommes masqués se réclamant de l’intention de « virer les étrangers » ont été filmés en train de défoncer portes et fenêtres sur la Lower Newtownards Road. Un pasteur protestant du quartier, Jack McKee, a témoigné que des foyers avaient été ciblés uniquement en raison de l’origine ethnique de leurs occupants. Des familles ont été secourues par la police en urgence dans plusieurs rues de Belfast est
Au total, la Police a recensé 13 signalements de dégradations et 5 incendies criminels, traités pour certains comme des crimes à caractère raciste. Trois agents ont été blessés.
Un enchaînement qui se répète
Ce n’est pas la première fois que l’Irlande du Nord s’enflamme sur fond de tensions migratoires. En juin 2025, des émeutes avaient déjà éclaté à Ballymena après l’agression sexuelle présumée d’une adolescente par deux jeunes Roms, provoquant l’exode des deux tiers de la population rom de la ville. Et en 2024, les émeutes post-Southport avaient touché plusieurs villes britanniques et nord-irlandaises simultanément.
Le schéma est désormais rodé : un acte de violence commis par un individu d’origine étrangère, une vidéo qui circule, une classe politique qui appelle au calme, et une colère populaire qui explose parce qu’elle n’a plus d’autre exutoire. La semaine précédant les événements de Belfast, la diffusion de la vidéo corporelle montrant la mort d’Henry Nowak — cet étudiant blanc menotté par des policiers alors qu’il venait d’être mortellement poignardé à Southampton — avait déjà provoqué un tollé national.
Le rôle des réseaux sociaux
Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, a joué un rôle central dans la diffusion des images et l’organisation des manifestations via la plateforme X. Sa vidéo sur l’attaque avait dépassé les 52 000 vues mardi après-midi. Elon Musk, propriétaire de X, a relayé ses appels à manifester auprès de ses 240 millions d’abonnés.
Le chef de la police nord-irlandaise Jon Boutcher a averti : « Le défi auquel nous faisons face avec la toxicité en ligne d’aujourd’hui, c’est que des gens sont incités par des individus sans visage qui ne savent rien de cet endroit brillant et vibrant. Ne vous laissez pas berner ou manipuler par des gens en ligne. » I
Une mise en garde qui évite soigneusement la question centrale : si des individus anonymes parviennent à mobiliser des milliers de personnes en quelques heures, c’est parce que la colère préexiste. Elle n’est pas fabriquée de toutes pièces — elle est nourrie, depuis des années, par le sentiment d’un abandon institutionnel face à une immigration de peuplement et de remplacement.
Les peuples européens à bout
Le discours médiatique mainstream et celui des autorités réduit la colère populaire à une manipulation de l’extrême droite, ; c’est commode. Il permet d’éviter la vraie question : pourquoi des populations entières en Grande-Bretagne, en Irlande du Nord, en France, en Allemagne, en Suède, au Danemark, réagissent-elles avec une intensité croissante à des événements criminels impliquant des migrants ? Non par idéologie, mais parce qu’elles vivent au quotidien les conséquences d’une politique migratoire que personne ne leur a jamais demandé d’approuver, et dont elles subissent les effets dans leurs quartiers, leurs villes, leurs rues.
L’ancien Premier ministre d’Irlande du Nord Arlene Foster a reconnu ce malaise, tout en appelant à la désescalade : « Ceux qui participent à ces violences doivent comprendre que s’ils veulent vraiment avoir une conversation sur l’immigration non contrôlée, cela est entièrement contre-productif. » Formulation révélatrice : même les voix modérées admettent désormais que le débat sur l’immigration non contrôlée est légitime. C’est une forme de progrès. Mais il arrive trop tard, et il passe par les flammes plutôt que par les urnes — ce qui est le signe d’une démocratie qui a failli à entendre ses citoyens avant qu’ils n’aient plus d’autre langage que celui de la rue.
L’homme qui a plongé son couteau dans la tête d’un inconnu à Belfast lundi soir était arrivé au Royaume-Uni en 2023, via Paris puis Dublin. Il avait obtenu le statut de réfugié. Son permis de séjour était valable jusqu’en 2028. Les autorités britanniques n’ont relevé aucun antécédent alarmant. Des gens lui ont accordé le droit de venir et de rester.
Et pourtant. L’Europe brûle, lentement, d’une colère que ses dirigeants refusent encore d’entendre.
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Rien de commun entre le patriote anti-bolchévique Doriot et le traitre islamo-collabo Mélenchon
Jérôme Viguès, Riposte laïque cliquez ici
Le dimanche 7 juin 2026, Jean-Luc Mélenchon lançait sa quatrième candidature à la présidentielle depuis la place Victor-Hugo de Saint-Denis. Certains commentateurs ont cru malin d’y voir un écho à Jacques Doriot, l’ancien maire de cette ville qui, quatre-vingt-dix ans plus tôt, y fondait le Parti Populaire Français. La comparaison se voulait assassine. Elle est surtout une insulte à Doriot, et il est temps de le dire.
Jacques Doriot n’était pas un traître. C’était un homme politique de première grandeur, né en 1898 à Bresles dans l’Oise, fils d’un forgeron, sorti de rien par la seule force de son intelligence et de sa volonté. Formé à Moscou, numéro deux du Parti communiste français derrière Maurice Thorez, il fut l’un des rares dirigeants de gauche de l’entre-deux-guerres à avoir une assise populaire réelle, charnelle, qui ne devait rien aux cercles intellectuels parisiens. À Saint-Denis, il n’était pas un élu de cabinet : il marchait dans les rues, il connaissait les familles, il administrait avec une efficacité que ses successeurs, décennies plus tard, auraient été incapables d’égaler. La ville ouvrière qu’il dirigeait était une ville française, peuplée de Français, traversée par des luttes de classe réelles dans lesquelles il s’était engagé corps et âme.
Quand il rompit avec Staline en 1934 et fonda le Parti Populaire Français deux ans plus tard, il ne le fit pas pour des sondages, pas pour un calcul de second tour, pas pour acheter les voix d’un électorat communautaire. Il le fit parce qu’il avait compris avant presque tout le monde que le bolchevisme était le cancer mortel de l’Europe, que Moscou manipulait le mouvement ouvrier français comme un instrument de sa politique étrangère, et que cette trahison-là, la vraie, était celle des apparatchiks qui sacrifiaient les travailleurs français sur l’autel des intérêts soviétiques. Le PPF qu’il construisit fut le premier parti de masse en France à avoir compris que le vrai clivage du siècle n’était pas entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui voulaient défendre l’Europe et ceux qui travaillaient à sa destruction.
Combattre le bolchevisme aux côtés des Allemands avait une cohérence que ses détracteurs n’ont jamais réfutée sérieusement : ils se sont contentés de gagner la guerre et d’écrire l’histoire à leur convenance. Doriot s’engagea sur le front de l’Est dans la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme, puis dans la Waffen-SS, non par goût de la servitude mais par conviction que l’ennemi principal était à l’Est, que Staline représentait une menace infiniment plus grave pour la civilisation européenne qu’Hitler, et que l’heure n’était plus aux nuances diplomatiques. Il mourut en janvier 1945, mitraillé par un avion allié sur une route d’Allemagne. Il mourut en combattant, ce qui est déjà plus que ce qu’on peut dire de beaucoup.
Le mot traître n’a de sens que dans la bouche de ceux qui ont décidé que de Gaulle incarnait la France légitime. Pour les autres, ceux qui considèrent que Pétain défendait ce qui pouvait l’être d’un pays vaincu et saigné, que de Gaulle était l’agent de Londres et de Washington bien plus que le représentant de la France profonde, Doriot était un combattant, pas un félon. On peut ne pas partager cette lecture. On ne peut pas l’ignorer, et on ne peut surtout pas la balayer d’un revers de main condescendant sans se ridiculiser.
Mélenchon, lui, n’a pas de combat. Il a un fonds de commerce.
Et c’est précisément ce qui rend la comparaison obscène : elle met sur le même plan un homme qui croyait en quelque chose au point d’y risquer sa vie et d’y laisser sa peau, et un apparatchik de soixante-quinze ans qui ne croit qu’aux sondages, aux reports de voix et à la mécanique des parrainages citoyens. Doriot avait des ennemis qu’il désignait clairement et qu’il affrontait physiquement. Mélenchon a des adversaires qu’il instrumentalise rhétoriquement pour mobiliser un électorat qu’il a méthodiquement construit depuis quinze ans.
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Trump et Poutine deux Gulliver empêtrés

Le Russe et l’Américain doivent méditer l’adage de Balzac : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ». Le reste du monde, lui, se paye d’illusions perdues. Dans les deux cas, Ukraine et Iran, la guerre tourne aux « conflits gelés » et au chaos stratégique et l’Europe, entre autres, en fait les frais. Pierre Lellouche nous décrypte la situation.
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Source : Valeurs actuelles 10/6/2026
10:12 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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dimanche, 07 juin 2026
J’ai assisté au procès de Thomas Joly, qui veut mettre l’islam hors d’Europe
Hector Poupon, Riposte laïque cliquez ici
Poursuivi par la « Justice française » pour avoir écrit sur son blog « Il est de notre devoir de laisser à nos enfants autre chose qu’un dépotoir du tiers-monde où ils se feront violer et égorger » illustré avec l’affiche « Donnons un avenir aux enfants blancs », mais aussi pour avoir écrit « Avec Marion Maréchal, défendons nos traditions, notre identité, notre civilisation et foutons l’islam hors d’Europe », Thomas Joly, président du Parti de la France, passait devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris, jeudi dernier, 4 juin 2026, à 13 h 30. Les propos incriminés remontaient à 2023.
Une dizaine de sympathisants sont présents, mais ils devront se farcir plusieurs affaires avant que ne commence l’audience tant attendue. Parmi celles-ci, le procès de Bruno Attal, membre de « France Police-Policiers en colère ». Il est poursuivi pour injure à caractère raciste par l’ex-députée LFI Rachel Kéké, présente à l’audience, pour quelques tweets la mettant en cause et jugés racistes par cette dernière. Bruno Attal se défend seul et avait bien l’intention de ne pas se laisser intimider par le tribunal. Sans entrer dans les détails, on a eu droit à un psychodrame, lorsque Mme Kéké s’effondre à la barre. Difficile de comprendre ce qu’elle racontait, sinon que tout le monde il était méchant, tout le monde il était raciste. SOS Racisme s’était porté partie civile…
Lorsque s’ouvre le procès de Thomas Joly, ce dernier reconnaît être le président du Parti pour la France et directeur de publication du site en ligne thomasjoly.fr. Il plaide d’abord la nullité de la procédure pour imprécision de la poursuite : flou artistique entre délit de diffamation envers une personne, puis délit de diffamation envers un groupe de personnes… Puis un juge assesseur lui pose différentes questions :
- Qu’est-ce qui vous a amené à créer ce visuel ?
- Pour quelle raison l’avez-vous choisi ?
- Est-ce que vous entendez exclure de la communauté nationale, des étrangers ?
- Pensez-vous que vos propos peuvent attirer la haine ?
Thomas Joly explique que son parti avait besoin d’un slogan fort s’inscrivant dans le cadre d’une campagne électorale, que l’image parle d’elle-même, que défendre des gens qui sont la cible d’une criminalité croissante est légitime…
Le président tente une question plus vicieuse : « mettre l’islam hors d’Europe, comment vous y prenez-vous ? ». Souhaitant esquiver tout débat sur la remigration, qui d’ailleurs n’est pas l’objet du procès, notre accusé préfère ne pas répondre. Il rappelle toutefois qu’on a encore le droit de critiquer une religion, d’autant plus que l’islam est aussi un projet sociétal qui s’accompagne d’un programme politique explicite.
Arrive ensuite la plaidoirie d’Arié Alimi, avocat de la Ligue des Droits de l’Homme, l’association plaignante. On a droit à un historique de cette dernière, née de l’affaire Dreyfus en 1898. Les mauvaises langues diront qu’en sa qualité de vice-président de la LDH, il y a conflit d’intérêt au sein de la LDH mais passons… Ancrée dans le camp du Bien, il nous dit que son association lutte contre toute forme de haine. Puis il nous rassure en nous expliquant qu’elle agit devant les juridictions « avec parcimonie car elle défend aussi la liberté d’expression ». Mon œil ! Une manière de couper court aux rumeurs qui disent que les nombreuses actions menées devant les juridictions constituent son fonds de commerce, comme d’ailleurs la suite nous le confirmera.
10:50 Publié dans Revue de presse, Thomas Joly | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Immigration : la masse venue des cités

Mathieu Bock-Côté
A la masse nue, tout semble une Bastille. Cette réflexion qu’on trouve dans Masse et Puissance, le chef-d’œuvre méconnu d’Elias Canetti, paru en 1966 chez Gallimard, m’est venue à l’esprit samedi, en voyant la masse venue des banlieues se jeter sur Paris pour casser, détruire, piller aussi – pas qu’à Paris, d’ailleurs. Il faut dire qu’elle me tournait en tête depuis longtemps – elle me hante. Car elle décrit la violence inévitable au cœur de la vie sociale.
Une masse qui se forme entre nécessairement en conflit avec une autre masse ; les hommes, en ce monde, sont appelés toujours à se combattre, et c’est justement pour cela qu’on les civilise en traçant des frontières entre les peuples et les civilisations. Et une masse cherche toujours une cible à prendre, une Bastille à faire tomber – car la masse, qui s’enthousiasme, a besoin de sentir qu’elle fait tomber un pouvoir illégitime, une citadelle imprenable. Elle veut tester sa force, et sent la faiblesse de son adversaire. Les hommes sont ainsi, on ne les changera pas. La paix universelle est une aspiration céleste – d’autres diront une lubie.
Je parle d’une masse venue de la banlieue. C’est inexact. Car la banlieue elle-même vient d’ailleurs, elle vient essentiellement du Sud, et ne cesse de croître, car les flux migratoires qui l’alimentent ne cessent pas. Qui parle d’assimilation ou d’intégration aujourd’hui ment, et ment grossièrement. Car les mécanismes sociologiques et le cadre culturel et politique qui rendaient possible la transformation des nouveaux arrivés en Français de culture se sont effondrés, sous la double pression de la démographie et de la mauvaise conscience.
Mais je m’autorise ici une réflexion qui n’est pas autorisée. Car la mystique républicaine veut que la nationalité administrative transcende tout. Les papiers neutralisent magiquement l’anthropologie, la culture, la mémoire, les racines, la filiation, l’esprit clanique, l’appartenance ancestrale – les papiers, autrement dit, aboliraient le réel. Nous avons décrété que le facteur ethnoculturel n’avait ni légitimité, ni pertinence. Mais partout il remonte à la surface, au Royaume-Uni, en Suède, au Canada, au Québec, et bien évidemment en France.
À hauteur de l’histoire, la seule qui compte, on assimilera ces émeutes et ces razzias à une conquête contre-coloniale. Elle relève de l’instinct. La frange la plus agressive de la « nouvelle France » se jette sur la vieille France, qui se croyait éternelle et qui se découvre mortelle, d’autant qu’on la moleste et qu’elle ne se défend pas vraiment. Le dispositif sécuritaire mis en place par les autorités est là pour impressionner, mais le pouvoir préfère voir la France à l’ancienne subir la violence que voir les manifestants même les plus hostiles la subir. Ils ont la chance de ne pas être Gilets jaunes.
Psychologie des foules
La violence surgit les soirs de fête – on dit souvent, avec raison, qu’elle surgira, qu’il y ait victoire ou défaite lors d’un match. Mais elle frappe aussi au Nouvel An. Ces fêtes sont victimes d’une forme d’appropriation symbolique. Un drame comme celui entourant Nahel autorisera aussi l’émeute vengeresse. C’est là que la haine conquérante qui se fait sentir dans les quartiers démographiquement transformés peut exploser, sous l’œil émerveillé des théoriciens de la « nouvelle France », toujours eux, qui y voient toujours une grande répétition révolutionnaire.
Le commentateur tiendra à distinguer les casseurs des fêtards ordinaires. Cette précaution très légitime est pourtant contre-productive car elle méconnaît totalement ce qu’on appelait autrefois la psychologie des foules. Une foule s’anime par ses éléments les plus agités qui conta- minent les autres. Mais surtout, on oublie que s’il y a un affrontement entre les forces de l’ordre et les casseurs, une bonne partie de la masse s’identifiera aux casseurs, se solidarisera instinctivement avec eux. La grande histoire pose des barricades, et ils savent de quel côté ils sont.
Source : Journal du dimanche 7/6/2026
10:06 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Les francophobes

Une fois de plus un match de foot – PSG/Arsenal – a donné lieu à des exactions non seulement à Paris mais dans toute la France. Le bilan est lourd et nous l’avons dénoncé. Mais, comme le rappelle Pascal Praud dans Le Journal du dimanche, nos autorités refusent la réalité des faits : ces émeutes organisées sont le fait d’immigrés, souvent de deuxième voire troisième génération, qui détestent la France faute d’y trouver leur place et surtout de s’intégrer. L’autre aspect du drame est qu’une partie de la Justice refuse de sanctionner et que les prisons sont pleines. La France, dans ce domaine est le vilain petit canard de l’Europe.
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Source : Le Journal du dimanche, 7/6/2026
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jeudi, 04 juin 2026
Edgar Morin ou la nuisible complicité
Alain Sanders EuroLibertés cliquez ici
Hommage national (sic) pour Edgar Morin ? Il n’y a plus que Macron, les islamo-gauchistes et les vieux stals pour le tenir pour un « penseur » et un « intellectuel français »…
Depuis des décennies, Edgar Morin est célébré comme l’un des grands intellectuels français contemporains. Son concept de « pensée complexe » est devenu une référence dans les milieux universitaires, éducatifs et politiques de gauche (pardon pour la redondance). Pourtant, derrière cette réputation de « sage humaniste » se dessine un nuisible dont certaines prises de position interrogent sérieusement la capacité de discernement qu’il revendiquait.
L’un des épisodes les plus controversés de son parcours concerne son soutien dévot à Tariq Ramadan. Pendant des années, Morin a vu en Ramadan un interlocuteur privilégié du dialogue entre l’islam et l’Occident. Là où de nombreux observateurs lucides dénonçaient la takiya du discours de Ramadan, capable d’adapter son langage selon son public, Morin préférait mettre en avant sa contribution au débat intellectuel et à la coexistence des cultures. Cette « bienveillance » n’était pas marginale : elle relevait de la complicité.
Par ailleurs, le prestige dont bénéficiait Morin dans l’espace médiatico-politique français a contribué à placer ses interventions à l’abri d’un examen critique rigoureux. Son statut de « grand penseur » a souvent conduit ses thuriféraires à considérer ses prises de position comme le prolongement naturel d’une sagesse reconnue, plutôt que comme des opinions susceptibles d’être contestées.
Mais le cas Ramadan n’est pas isolé. Tout au long de sa carrière, Morin a manifesté une fascination pour les figures ou les mouvements présentés comme des alternatives aux systèmes dominants. Cette disposition l’a parfois conduit à appuyer les dérives idéologiques ou les réalités politiques moins reluisantes de ceux qu’il soutenait ou comprenait. Son goût pour la « complexité » semble souvent fonctionner dans un seul sens : déconstruire les critiques plutôt qu’examiner avec la même sévérité les objets de sa sympathie.
Une autre contradiction frappe l’observateur. Morin a consacré son œuvre à dénoncer les simplifications du réel, mais ses propres analyses ont parfois reposé sur des oppositions schématiques entre les « forces du progrès », de l’« ouverture » ou de l’ « humanisme », et celles du « repli », de l’ « identité » ou du « conservatisme ». La complexité qu’il revendiquait pour ses alliés intellectuels disparaissait souvent lorsqu’il s’agissait de ses adversaires.
Le véritable problème n’est donc peut-être pas Edgar Morin lui-même. Il réside dans cette tendance à transformer certains « intellectuels » en autorités morales permanentes. Dès lors, leurs erreurs deviennent secondaires, leurs contradictions excusables et leurs engagements plus que discutables relégués au second plan. La pensée critique cesse alors de s’exercer sur eux au moment même où elle devrait être la plus exigeante.
Ainsi Morin ne fut-il pas un simple « sympathisant communiste ». Il adhéra au Parti communiste dans les années où le stalinisme représentait le système le plus sanglant du XXe siècle. Certes, il finit par être exclu du PCF en 1951. Mais cette exclusion ne résultait pas d’un combat héroïque contre le totalitarisme : elle fut précédée par des années de fidélité idéologique et de justifications intellectuelles. Plus troublant encore, Morin a lui-même reconnu que son exclusion n’avait pas détruit sa croyance communiste.
Cette séquence révèle un trait constant de son parcours : une attirance récurrente pour les « grandes causes » censées incarner le camp du « Bien » historique. Hier le communisme, plus tard le tiers-mondisme, ensuite certaines figures de l’islam politique présentées comme des ponts entre les civilisations. À chaque époque, Morin semble avoir privilégié les intentions proclamées plutôt que les réalités observables…
Ses prises de position haineuses contre Israël illustrent particulièrement cette dérive. En 2002, dans une tribune restée célèbre, il cosigne le texte intitulé Israël-Palestine : le cancer. Certains passages déclenchent une tempête politique et judiciaire, plusieurs associations estimant qu’on avait franchi là la frontière entre critique de la politique israélienne et essentialisation d’un peuple. Une condamnation pour diffamation raciale sera d’abord prononcée (avant d’être annulée par la Cour de cassation). Mais, même lorsque la justice a finalement annulé la condamnation, le contenu du texte demeure révélateur. Morin y développe une vision où Israël apparaît comme le symbole par excellence de la domination contemporaine tandis que le terrorisme palestinien est replacé dans un cadre historique explicatif beaucoup plus large. Cette asymétrie morale est caractéristique d’une partie de l’intelligentsia française issue du tiers-mondisme des années 1960-1970 : comprendre les uns jusqu’à l’excuse, condamner les autres jusqu’à l’obsession.
Le paradoxe est que l’inventeur autoproclamé de la « complexité » produit souvent une lecture étonnamment simpliste du monde. D’un côté les puissants, de l’autre les dominés. D’un côté les structures de domination, de l’autre les victimes historiques. Cette grille morale survit aux faits qui la contredisent. Elle explique en partie pourquoi tant d’intellectuels français passèrent du communisme à la complaisance envers certaines formes d’islamisme politique. Sans jamais remettre en cause leur logiciel de départ.
Là où d’autres intellectuels auraient été durablement discrédités par certaines erreurs d’appréciation, Morin a conservé son statut de conscience morale nationale. Le plus frappant n’est pas qu’Edgar Morin se soit trompé. Tous les intellectuels se trompent. Le plus frappant est qu’en dépit d’une succession d’erreurs politiques majeures, il ait continué à être présenté comme l’une des consciences les plus lucides de son temps.
Que Macron lui ait réservé un hommage national – et aux Invalides ! – ne fait qu’ajouter aux nombreuses ignominies d’un président qui les accumule avec arrogance ad nauseam.
19:47 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Remigration Summit de Porto, JUGEXIT, démographie : Jean-Yves Le Gallou répond sans détours
Source Breizh info cliquez ici
Invité d’honneur du Remigration Summit de Porto, Jean-Yves Le Gallou est l’auteur de Remigration pour l’Europe de nos enfants, paru aux éditions de La Nouvelle Librairie. Il revient ici sur les fondements démographiques, juridiques et civilisationnels de la remigration, le concept de JUGEXIT, et la dynamique politique qui pousse ce thème du camp identitaire vers le centre du débat européen.
Breizh-info.com : Vous étiez l’un des orateurs et l’invité d’honneur du Remigration Summit de Porto, après celui de Milan. Quelle a été votre impression sur place, et que retenez-vous de cette dynamique transnationale qui rassemble désormais des forces de toute l’Europe autour d’un même mot d’ordre ?
Que ressent-on ? La philia des Grecs. Un immense bonheur, celui d’être entre Identitaires européens partageant, par-delà les frontières nationales, l’appartenance à la même civilisation et la même volonté de la défendre. Quelle leçon en tirer ? Identitaires européens de tous pays, unissez-vous, c’est ainsi que vous serez plus forts !
Breizh-info.com : Votre livre s’ouvre sur une affirmation forte : la remigration serait avant tout un « mythe mobilisateur ». Que répondez-vous à ceux qui y voient l’aveu d’un projet relevant davantage de l’incantation que d’une politique publique réaliste ?
Disposer d’un mythe mobilisateur est essentiel, tout simplement parce que cela offre une perspective d’espoir. Celle de retrouver le bien-vivre ensemble, entre les siens, entre les nôtres, une vie paisible entre Européens partageant les mêmes mœurs et les mêmes coutumes dans une société de confiance. Cela ouvre aussi la possibilité de transmettre aux générations futures l’héritage que nous avons reçu et que nous devons transmettre : héritage ethnique, culturel, civilisationnel. C’est une cause qui nous dépasse et qui, par là même, nous grandit et nous rend espoir. Traiter du « comment », c’est bien, encore faut-il dire au préalable le « pourquoi ».
Breizh-info.com : La partie démographique de votre ouvrage est sans doute la plus difficile à contester. Pouvez-vous résumer, pour nos lecteurs, ce que disent réellement les chiffres, et pourquoi vous affirmez que même un arrêt total de l’immigration ne suffirait pas à inverser la tendance ?
Tout simplement en raison des taux de fécondité différentiels : celui des femmes de souche européenne se situe autour de 1,2 enfant par femme, celui des femmes d’origine extra-européenne à plus du double. Allez dans les maternités de Paris, Lyon, Marseille et ouvrez les yeux. Et si vous préférez, regardez les chiffres de naissance, comparez ceux de 2024 à ceux de 2003 :
• moins 37 % pour celles de deux parents français, de 654 000 à 476 000 ;
• plus 42 % pour celles d’un ou deux parents étrangers, de 130 000 à 184 000.
Breizh-info.com : Vous fondez la légitimité de la remigration sur le statut de « peuple premier » des Européens, en vous appuyant sur la paléogénétique et sur la Déclaration de l’ONU de 2007 sur les peuples autochtones. N’est-ce pas une lecture audacieuse, voire risquée, que d’appliquer aux Européens un cadre juridique pensé pour de tout autres populations ?
Il faut faire comme au judo et utiliser les armes de l’adversaire. Que des peuples autochtones veuillent garder leur culture et leur identité, je le conçois parfaitement et je trouve cela légitime. Mais les Européens sont aussi les autochtones d’Europe. Leur peuplement n’a pas changé, sauf marginalement, depuis 5 000 ans, et qu’on le veuille ou non, leur civilisation a fait le monde et y a apporté les bienfaits du développement. Nous avons le droit de poursuivre la grande aventure européenne et, pour cela, nous avons le devoir de préserver l’identité des peuples européens.
Breizh-info.com : L’un des apports les plus originaux de votre livre est le concept de « JUGEXIT ». Pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par le « gouvernement des juges » et pourquoi vous estimez que la maîtrise démographique des nations européennes passe nécessairement par une reprise de pouvoir sur les cours constitutionnelles et européennes ?
C’est simple : il faut abattre la dictature des juges et revenir à la souveraineté du peuple — par référendum ou à travers les parlements — pour ne plus se laisser imposer les abus du droit d’asile, un regroupement familial sans discernement, et rendre à nouveau possible les expulsions de clandestins.
Breizh-info.com : Vous documentez de nombreux blocages judiciaires, de l’opération Fox en Autriche au projet albanais de Giorgia Meloni. Mais sur les modalités concrètes du JUGEXIT en France — référendum, sortie de la CEDH, révision constitutionnelle — votre livre reste assez évasif. Où en êtes-vous de votre réflexion sur ce point précis ?
Remigration pour l’Europe de nos enfants a été publié dans le cadre de la collection Iliade de La Nouvelle Librairie ; j’ai donc naturellement inscrit la question dans une perspective métapolitique, historique et culturelle. Ce n’était pas le lieu de rentrer dans le détail de propositions concrètes franco-françaises, d’autant que le livre a été écrit dans une perspective européenne, et que si la question du gouvernement des juges est cruciale dans tous les pays, elle se pose évidemment différemment d’une nation à l’autre, en fonction de leur propre état du droit. Mais je peux tout à fait répondre plus concrètement à votre question : la première étape du JUGEXIT en France, c’est de retirer au Conseil constitutionnel le pouvoir de censurer le contenu des lois, pouvoir qu’il s’est accaparé frauduleusement en 1971, en contradiction totale avec ce qu’avait voulu le général de Gaulle dans la Constitution de 1958. Au fond, il faut simplement revenir par référendum à la Constitution de 1958 en limitant le pouvoir du Conseil constitutionnel, voire en le supprimant purement et simplement. Rappelons qu’aucun conseil constitutionnel n’existait dans les républiques antérieures. La question de la dénonciation des conventions internationales — Convention européenne des droits de l’homme, Convention des droits de l’enfant, Convention de Genève sur les réfugiés — se pose aussi, dans la mesure où le pouvoir judiciaire utilise ces textes généraux en les surinterprétant du point de vue de l’idéologie progressiste. Il faut que la loi et le texte de la loi l’emportent sur les vaticinations pseudo-juridiques.
Breizh-info.com : Vous insistez sur le caractère « raisonné, raisonnable et progressif » de votre démarche, distinguant plusieurs catégories, des clandestins aux assimilés à qui vous reconnaissez pleinement la citoyenneté. Comment répondez-vous à ceux qui, à gauche, réduisent la remigration à un projet de déportation de masse brutal et indistinct ?
C’est un peu comme une course de haies : la remigration progressive doit régler les questions les unes à la suite des autres.
- Arrêt de toute immigration nouvelle : la grande pause.
- Expulsion des clandestins et des délinquants : la grande respiration.
- Non-renouvellement des titres de séjour des étrangers qui ne vivent que d’aide sociale : la grande décharge.
- Viendra ensuite la question des binationaux inassimilés et hostiles.
Breizh-info.com : La déchéance de nationalité pour les binationaux hostiles soulève des objections juridiques importantes, que vous reconnaissez vous-même en partie. Sur quels critères objectifs distinguer concrètement le binational « hostile » du binational simplement mal assimilé, sans verser dans l’arbitraire que vos adversaires vous reprochent ?
C’est tout simple : un binational inassimilé et hostile, c’est une racaille qui casse, une racaille qui pille et qui demain violera lors des émeutes immigrées qui suivent chaque 14 juillet, chaque Saint-Sylvestre et chaque match de football important. Cela commence à faire beaucoup. Or, si ces racailles inassimilées et hostiles se permettent cela, c’est parce qu’elles sont issues d’un vaste vivier de binationaux, eux aussi inassimilés, qui viendront à leur secours en cas de mise en œuvre d’une juste, légitime et proportionnée répression policière. En tout cas, c’est ce que pense le pouvoir, qui vit dans la terreur du soulèvement de quartiers entiers — ce qui prouve bien que le problème existe indépendamment de toute politique de restriction migratoire. Et plus nous tarderons à agir, pire cela sera. Ne tournons pas autour du pot : le binational délinquant doit être déchu de la nationalité française.
Breizh-info.com : Votre conclusion, « Peuples de l’Ouest, levez-vous ! », assume une dimension civilisationnelle et européenne, jusqu’à convoquer la mythologie commune et Tolkien. Pourquoi estimez-vous que la remigration ne sera politiquement viable qu’adossée à un imaginaire civilisationnel partagé, et non à de simples arguments techniques ou sécuritaires ?
Parce que la question centrale est précisément celle de l’identité, au-delà des questions de sécurité, de tranquillité ou de budget. Les sociétés multiculturelles sont multiconflictuelles. Si vous voulez retrouver le bien-vivre ensemble, il faut d’abord retrouver le bien-vivre entre nous et inscrire notre démarche dans la longue histoire.
Breizh-info.com : Le terme de remigration, hier confiné aux marges, est aujourd’hui repris par des partis pesant de 15 à près de 40 % des voix, du FPÖ à Chega. Pensez-vous que la bataille métapolitique, au sens où l’entendait Gramsci puis Alain de Benoist, soit en train d’être gagnée ? Et quelle est, selon vous, la prochaine étape pour passer des idées au pouvoir ?
La prochaine étape, c’est de faire comprendre aux dirigeants politiques, mais aussi au peuple des électeurs, l’ampleur des bouleversements que suppose une politique de remigration et de retour à l’identité. Il ne s’agit plus d’ajustements ponctuels et de micros réformes technocratiques, mais de changement de perspective. C’est en ce sens que la remigration est un thème mobilisateur pour rompre avec les discours gnangnans qui abrutissent l’opinion depuis un demi-siècle.
Breizh-info.com : Un dernier mot ?
Rendez-vous le 31 octobre à Paris, pour un grand forum de la remigration organisé par Polémia en partenariat avec Martin Sellner et Eva Vlaardingerbroek du Sommet de la remigration, et Louise Garnier, ainsi que le tout nouveau mouvement qu’elle est en train de lancer.
09:41 Publié dans Combat nationaliste et identitaire, En Europe et ailleurs..., Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Bernard Monot invité de Nicolas Stoquer sur "Géopolitique profonde"
Bernard Monot, à partir de 1,28 h jusqu'à 2,21 h
RAPPEL : BBR 2019, l'intervention de Bernard Monot.
Bernard Monot aux Journées BBR
de Synthèse nationale en octobre 2019 cliquez ici
09:23 Publié dans Revue de presse, TV SYNTHESE | Lien permanent | Commentaires (0) |
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lundi, 01 juin 2026
Remigration : entretien avec Alain de Benoist

Alain de Benoist
La remigration est-elle souhaitable et possible ? Si elle n’est pas possible (autrement que dans l’abstrait), n’en parlons plus. Est-elle souhaitable ? Tout dépend de ce qu’on entend par ce mot.
Il est évident que l’immigration extra-européenne en Europe, qui est devenue une immigration de peuplement et qui entraîne des pathologies sociales désormais bien connues, doit être freinée par tous les moyens possibles. Tous les sondages le confirment : les peuples autochtones n’en veulent plus et n’en peuvent plus. C’est la raison pour laquelle un certain nombre de groupes et de partis politiques (parfois gouvernementaux) sont aujourd’hui partisans de la « remigration ». Le problème, quand on va y voir de plus près, est qu’ils n’en donnent pas toujours la même définition. La plus grande partie d’entre eux, par exemple, fait une place majeure au volontariat (qui peut être certes encouragé), ce qui n’est pas forcément le cas des autres.
La remigration a été présentée comme un « mythe mobilisateur ». La question se pose de savoir comment on transpose le mythe en un projet ne relevant pas, comme tant d’autres, de la pure et simple impolitique.
Combattre l’immigration, ce n’est pas combattre les immigrés au seul motif qu’ils sont des immigrés, mais combattre ceux qui, par amour du profit et ignorance volontaire de la physiologie des cultures, ont rendu possible l’immigration de masse, l’ont encouragée et continuent de l’encourager, soit pour satisfaire aux exigences du système capitaliste, soit par angélisme humanitaire ou universalisme moral, soit dans l’intention perverse de changer en profondeur la constitution des peuples européens, en leur déniant tout droit à la continuité historique.
L’arrêt des flux d’entrée est certainement possible, au moins dans une certaine mesure (et en faisant abstraction du pouvoir de nuisance des juges acquis à l’idéologie dominante). Le « retour au pays d’origine » n’a pas de sens, en revanche, quand il en existe plusieurs pour une même famille, quand les pays d’origine refusent de reprendre leurs ressortissants, et dans le cas des couples et des familles mixtes, qui sont très probablement appelés à augmenter. Des expulsions, on espère une diminution des volumes des stocks (par opposition aux volumes de flux). Cela vaut pour les clandestins, pour les délinquants étrangers, pour les agitateurs hostiles, pour ceux qui ne sont venus que pour bénéficier d’un système d’aide sociale – le tout ne représentant pas la majorité des immigrés. Après, on entre dans un terrain mouvant, où les motifs d’expulsion disparaissent peu à peu. Je ne vois pas comment aller au-delà, sinon en recourant à une forme nouvelle d’arbitraire qui, de toute façon, ne pourra pas se mettre en place. Comment évaluer le nombre de ceux qui sont un peu, beaucoup, pas du tout assimilés ? De ceux qui aiment un peu, beaucoup, pas du tout le pays où ils vivent ? Les gens peuvent être jugés et sanctionnés sur la base de ce qu’ils font, non de ce qu’ils sont (et il ne faut pas croire qu’ils font ce qu’ils sont, c’est l’inverse : ils sont ce qu’ils font).
Les tenants de la remigration (ils parlaient auparavant de « reconquista ») sont finalement de très grands optimistes. Ils pensent que la catastrophe peut encore être évitée. Je pense, moi, que la catastrophe a déjà eu lieu. Quand une bille correspondant à un processus donné descend sur un plan incliné planté de clous, on peut tenter d’infléchir sa course ou de la diriger dans telle ou telle direction, la seule chose qu’on ne peut pas, c’est de la faire remonter. Faire ce constat relève seulement du réalisme.
J’ajoute que, pour prendre position sur ce problème, je ne me situe pas dans une perspective nationale ou nationaliste (je ne suis pas nationaliste), mais dans une perspective impériale, ce qui est très différent : la présence de minorités ethniques au sein de la société aurait tout intérêt à être analysée du point de vue du fédéralisme impérial, non du jacobinisme de l’État-nation. Je précise que je ne crois pas non plus à l’assimilation, qui n’est à mes yeux ni possible ni souhaitable, et que je détesterais voir la France devenir un État raciste (en la matière, l’histoire a déjà donné).
Source : Eléments
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dimanche, 31 mai 2026
Le dangereux aveuglement de l’Europe

Xenia Fedorova
L’ancien ordre mondial n’a pas simplement changé. Il s’est effondré. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est pas une crise passagère, mais la fin d’un système international qui, pendant des décennies, a prétendu être universel.
Après la guerre froide, l’Occident a cru avoir remporté non seulement une victoire stratégique, mais aussi une victoire morale. L’expression « nouvel ordre mondial » n’a plus été comprise comme une architecture équilibrée entre États souverains, mais comme l’extension d’un système libéral dirigé par les États-Unis et leurs alliés. Pendant un temps, cette illusion a paru solide. L’Otan s’est élargie, la mondialisation a progressé, l’influence financière et culturelle a circulé depuis les mêmes centres de pouvoir, et ceux qui résistaient étaient traités comme des obstacles à l’histoire.
Aujourd’hui pourtant, le monde ne s’organise plus autour d’un seul centre. De nombreux pays ne sont plus prêts à accepter la place que d’autres veulent leur assigner. Ils entendent définir eux-mêmes leurs intérêts, leurs alliances, leurs routes économiques, leur monnaie et leur sécurité. L’élargissement des BRICS, la recherche croissante d’alternatives au dollar et l’émergence de nouveaux formats diplomatiques indiquent tous la même direction : le monde devient multipolaire, que l’Occident l’accepte ou non. Les anciennes institutions existent encore, mais leur autorité est affaiblie. L’ONU est invoquée quand elle est utile, et ignorée quand elle dérange. Le droit international est défendu avec passion lorsqu’il sert un camp, puis oublié lorsqu’il ne l’arrange plus. Le problème n’est pas seulement l’hypocrisie. C’est que cette morale sélective détruit l’autorité. Appliquées selon la convenance politique du moment, les règles deviennent des instruments de pouvoir.
Dans ce paysage, l’Europe paraît étrangement perdue. Elle parle sans cesse de souveraineté, mais agit souvent comme si elle y avait renoncé. Elle revendique son unité, mais cette unité reste fragile, sélective et souvent imposée d’en haut. Derrière « l’unité européenne », on trouve souvent une hiérarchie des intérêts, où les réflexes industriels, budgétaires et stratégiques allemands pèsent plus lourd que les priorités souveraines d’autres nations. L’Europe ne semble plus choisir ses batailles avec discernement. Elle choisit ses ennemis plus vite qu’elle ne construit ses alliances. Elle s’est coupée de l’énergie russe bon marché sans préparer d’alternative sérieuse pour son industrie. Elle multiplie les sanctions sans mesurer leurs effets sur son économie, sa stabilité sociale et son autonomie stratégique. Elle moralise le monde tout en s’affaiblissant elle-même. Elle donne des leçons de démocratie aux autres, mais refuse trop souvent d’écouter cette partie de l’Europe qui pense différemment, y voyant une déviation à corriger plutôt que l’expression légitime d’intérêts nationaux. Cela ressemble moins à une stratégie qu’à un réflexe d’autodestruction.
Un continent qui devrait se demander comment survivre dans un monde multipolaire agit souvent comme si la fidélité à l’ordre d’hier comptait davantage que la préparation au monde de demain. Au lieu de défendre la paix, il semble rivaliser dans les déclarations d’hostilité. Au lieu de protéger ses citoyens des chocs de cette transition, il leur demande d’en payer le prix au nom de principes abstraits appliqués avec des doubles standards évidents.
Mais le nouvel ordre mondial n’attendra pas que l’Europe résolve ses contradictions. Il se construit déjà, non par les discours, mais par les faits : nouvelles routes commerciales, nouveaux partenariats de défense, nouveaux mécanismes financiers, nouveaux formats diplomatiques. Le paradoxe est frappant. Pendant que d’autres diversifient leurs alliances, l’Europe réduit sa marge de manœuvre.
Source :Journal du dimanche 31/05/2026
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vendredi, 29 mai 2026
La France passager clandestin de l’Europe

Yves Thréard
Souvent l’Europe est sur le banc des accusés. À juste titre. Ses réglementations tatillonnes et ses normes superfétatoires sont un enfer. Quand elles ignorent la volonté des peuples et les souverainetés nationales, les conséquences peuvent être graves. Mais, parfois aussi, l’Europe a bon dos. Elle est un alibi bien pratique qui permet à ses pays membres de cacher leur incapacité à se réformer. C’est exactement ce qui se produit aujourd’hui en France sur le front de l’immigration. Longtemps, le discours dominant a rejeté la responsabilité du fléau sur Bruxelles et les fameux accords de Schengen. L’Union européenne vient pourtant de lui donner les moyens de changer peut-être la donne.
Paris dispose encore de quelques jours pour traduire dans son arsenal législatif le pacte sur la migration et l’asile adopté par les Vingt-Sept en 2024. Celui-ci prévoit notamment la création de centres situés hors de l’Union. Les migrants illégaux y seraient pris en charge avant d’être renvoyés chez eux. Moyennant finances, le Rwanda, l’Arménie, l’Ouganda, l’Albanie et d’autres pays sont candidats. De Berlin à Copenhague en passant par Rome, la plupart de nos partenaires y sont favorables. Emmanuel Macron est, quant à lui, sceptique. Et, faute de majorité à l’Assemblée nationale, la France pourrait rester hors jeu. Issue absurde et scandaleuse lorsque l’on sait que moins de 10 % des 140.000 obligations de quitter le territoire français (OQTF) prononcées bon an mal an sont exécutées. Quand on sait également que l’immigration irrégulière est la porte ouverte à mille maux qui affectent notre équilibre social : travail clandestin, errance, délinquance…
Ce n’est malheureusement pas non plus notre pays qui a pris l’initiative de rappeler à l’ordre la Cour européenne des droits de l’homme. Mais bien la première ministre italienne, Giorgia Meloni, dont l’action en la matière a le mérite de l’efficacité, et son homologue danoise, pourtant sociale-démocrate. Il était urgent de dire aux juges de la CEDH que la souveraineté oblige chaque État à contrôler « l’entrée, le séjour et l’éloignement des ressortissants étrangers ». Alors que la plupart de nos partenaires cherchent des solutions à l’immigration, la France continue à se comporter, en Europe, comme un passager clandestin.
Source : Le Figaro 28/05/2026
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mercredi, 27 mai 2026
Face à Trump, gendarme du monde, en finir avec la naïveté
Guillaume d’Aram de Valada
Pour Guillaume d’Aram de Valada, l’Europe s’est condamnée à l’impuissance à force de croire aux mirages américains. Face au désordre trumpien comme aux illusions mondialistes, Guillaume d’Aram de Valada appelle dans ce texte à retrouver une ligne claire : celle de l’indépendance, de la lucidité et de la défense des intérêts européens.
Polémia
Trump, entre diplomatie de comptoir et stratégie du chaos
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump passe des droits de douane aux velléités d’annexion du Canada, des promesses d’arrêt des combats en Ukraine à l’annexion du Groenland, le tout entre deux parties de golf.
Après avoir décidé de frapper militairement l’Iran, en suivant les velléités israéliennes, ses discours, au fil des jours, n’ont cessé de donner l’impression d’un « nervous breakdown » pathétique, comme dirait Jean Lefebvre dans Les Tontons flingueurs !
Sous couvert, une fois de plus, de vouloir empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, la machine à manipuler l’opinion est à nouveau lancée.
Tout pays possédant l’arme nucléaire serait-il forcément enclin à l’utiliser ? Ou la dissuasion nucléaire doit-elle être exclusivement la propriété de ceux qui la détiennent ? L’obtention de l’arme nucléaire serait-elle dissuasive ou non dissuasive ?
Vaste question !
Suite au début des bombardements fin février, le régime des mollahs n’a eu, en définitive, qu’à s’adapter à l’attitude aventureuse du « Donald Picsou » de Washington.
Le piège du blocus du détroit d’Ormuz en aura été la parfaite illustration.
Qui pourrait nous faire croire que des bombardements, si massifs soient-ils, pourraient avoir raison d’un régime religieux basé sur l’intransigeance et la notion de sacrifice de son peuple ?
Il suffirait de se référer à la longue histoire des Perses pour le culte du sacrifice dans la mémoire collective chiite, transmise de génération en génération.
La culture du « tout, tout de suite » est consubstantielle à la politique américaine, ce n’est pas nouveau.
Trump en symbolise sans doute la permanence : se servir des circonstances pour engranger des dividendes financiers immédiats.
Et, en matière de dividendes et de bénéfices, l’Américain en connaît un rayon. C’est la matrice même de toute son éducation.
Tout se monnaye !
Toute cette mise en scène quasi quotidienne illustre une diplomatie de comptoir et de tiroir-caisse !
Jacques Chardonne avait des mots sévères pour décrire « le Nouveau Monde » :
« En Amérique, les pionniers ont une vie pénible. L’émigrant n’a d’autre but qu’un rapide enrichissement. Pour certains hommes, l’existence n’a de prix que dans l’excitation du jeu et la réussite positive. Lorsque tout un peuple inclut l’homme, corps et âme, dans la production et la consommation, et n’a pour ouverture sur l’esprit qu’une douzaine de sectes religieuses saugrenues, c’est grave. »
L’Europe face à l’illusion américaine
L’Amérique reste, in fine, convaincue, comme toujours, qu’elle doit rester le gendarme de tout, y compris quand on ne lui demande rien. Celle de Trump ne déroge pas à ce principe, tout en annonçant le contraire.
Il y a, à mon sens, une relative naïveté à s’imaginer que les États-Unis abandonnent de sitôt leur volonté séculaire de domination sur le monde, et sur l’Europe en particulier.
Pour Trump et son administration, l’Europe de Bruxelles, de par sa faiblesse technocratique fédéraliste, représente un vulgaire tapis de poker menteur dont il compte bien être le croupier.
Dans sa dialectique de représentant de commerce, Trump veut apparaître comme un faiseur de paix, alors qu’il risque, par son agitation grossière, d’être un ferment de division, s’imaginant engranger les dividendes de guerres dont il serait l’arbitre !
À son accession aux affaires, pour la deuxième fois, nous pouvions nous réjouir de sa volonté affichée de ne plus s’occuper des affaires du monde en se concentrant sur son « America First ».
C’était s’affranchir de l’agitation du personnage.
L’Amérique, ce n’est pas nouveau, aime nous brocarder régulièrement comme le maître d’école d’antan mettait des coups de règle sur les doigts du cancre au fond de la classe. Si ça peut participer à nous redresser, pourquoi pas, mais se faire sermonner par une puissance étrangère laisse toujours une sensation désagréable d’amertume, pour ne pas dire plus.
Le discours du vice-président américain James David Vance, en février 2025, aura sonné comme une leçon de liberté d’expression du maître à l’élève. En fustigeant notamment les graves dérives des instances européennes, notamment en matière de liberté d’expression, et sur une immigration « hors de contrôle », Vance n’a fait que mettre le doigt sur la plaie déjà béante du multiculturalisme installé sur notre continent.
Les bonnes âmes ont cru entendre une voix salvatrice, alors que ce multiculturalisme destructeur nous vient du monde anglo-saxon et plus précisément d’outre-Atlantique, avec toutes les maladies qu’il véhicule depuis plusieurs décennies. Ce côté quelque peu messianique de Trump et de son entourage politique devrait nous alerter plutôt que de nous réconforter superficiellement.
Au fond, rien n’a véritablement changé depuis 1945, il y aura toujours un plan Marshall au frigo, au cas où !
Roger Nimier l’écrivait dans Les Épées :
« À la belle saison, les armées alliées ont débarqué sur le sol normand, l’épée de l’Archange dans une main, une paire de menottes dans l’autre. »
Ultimatums, pétrole et farce géopolitique
Chaque jour, ou presque, l’oncle Sam parle d’ultimatum adressé à l’Iran, avant de lancer « l’apocalypse » des frappes aériennes, pour ensuite nous parler de délais prolongés, voire d’un accord historique en passe d’être signé !
Non content de nous jouer un mauvais vaudeville dans la plus pure tradition du « retenez-moi ou je fais un malheur », le businessman président croit maîtriser la situation, alors qu’elle semble sérieusement lui échapper.
Les mollahs iraniens ont compris et bien cerné le personnage, et cette guerre risque fort de se terminer en « eau de boudin ».
Les futures élections américaines, dites de « mi-mandat », viennent perturber le jeu de celui qui croyait, comme au poker, cacher son jeu. À ce stade, il n’est pas en mesure de monter les enchères ou de faire tapis. En regardant les prix de « l’or noir » monter en flèche, il tente de rassurer son opinion publique, qui s’agace devant la pompe à essence !
Comme dans un « saloon » de western, avec ses portes battantes s’ouvrant dans les deux sens, Trump entre et sort bousculé par l’inconséquence de la situation.
Finira-t-il par être projeté la tête la première sur le coin du comptoir en bois dur ?
Le réveil en serait des plus dangereux, et se terminerait sans doute par des promesses bellicistes qui n’engageraient que ceux qui les recevraient.
Devant un tel spectacle d’agitation médiatique, on serait tenté de penser qu’au pays des cowboys, les clowns sont rois ! Mais j’ai sans doute très mauvais esprit !
Source Polémia cliquez ici
19:23 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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dimanche, 24 mai 2026
Entretien avec Eric Zemmour dans le Journal du Dimanche

A l’occasion de la réédition de son premier ouvrage, revu et enrichi, Le suicide français, François Bousquet et Pascal Meynadier, pour le Journal du dimanche, ont été l’interrogé sur les raisons de cette réédition mais aussi sur le candidat à la prochaine présidentielle en 2027. S’il confirme que la guerre est avant tout culturelle, il précise surtout que l’Europe doit relever un triple défi : la colonisation démographique par l’islam et l’Afrique, une colonisation technologique par les Etats-Unis et pour finir une colonisation industrielle et commerciale avec la Chine. Et Bruxelles ne semble pas en avoir conscience. Les enjeux sont pourtant bel et bien là.
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Source : Journal du dimanche, 24/5/2026
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samedi, 23 mai 2026
Le cochon raciste et islamophobe bientôt interdit en Bretagne !
C'est de plus en plus compliqué d'organiser quelque chose qui déplait à la gauche. Mais en Bretagne, c'est encore pire, surtout quand on veut organiser quelque chose autour du cochon ! Je vous explique tout...
Pierre Cassen
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La revue Equinoxe consacre un article fort intéressant à Giorgia Méloni
Au moment où, à l'occasion de l'anniversaire de sa disparition, l'Italie redécouvre l'homme politique le plus important de son histoire de la seconde partie du XXe siècle, à savoir Giorgio Almirante, la revue Equinoxe publie un article sur son héritière politique, la brillante Giorgia Méloni.
Un article signé Thomas de Pieri que ceux qui n'ont que "l'anti fascisme" à brailler à longueur de journée feront bien de lire... Visiblement, l'Italie est moins "regardante" sur son passé que le sont ses voisins détracteurs et elle a raison.
S N
Pour lire cet article cliquez ici
11:13 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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jeudi, 21 mai 2026
Il faut aimer les Français

Le géographe Christophe Guilluy revient sur l’évolution de notre territoire au cours des deux cents dernières années. S’il salue le « gaullo-communisme » de l’après guerre à l’origine des Trente glorieuses profitables pour les villes et les territoires, il fustige en revanche la technostructure qui n’a qu’un horizon : la métropole globalisée et tertiarisée.
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Source : Le Figaro 19/5/2026
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mercredi, 20 mai 2026
Immigration, la perte de contrôle

Yves Thréard
On est toujours surpris quand la gauche s’inquiète de l’immigration. Confite dans sa démagogie, elle ne souhaite pas briser le tabou ni regarder la réalité en face. En s’élevant contre « l’immigration pour le travail », François Ruffin s’est donc attiré les foudres de la bien-pensance. Il a pourtant raison : avec le nombre important de chômeurs que compte la France, les filières d’emplois peu qualifiés n’ont nullement besoin de renforts étrangers. C’est déjà ce que disait Georges Marchais en 1981, lorsqu’il avait lancé son tonitruant : « Il faut stopper l’immigration. »
Ce n’est toutefois pas pour cette raison qu’il convient de sonner l’alerte. L’immigration de travail pèse peu face aux immigrations clandestine, familiale et estudiantine. Jamais la France n’a connu comme ces trente dernières années une pareille pression migratoire sur ces trois fronts. Et jamais, non plus, celle-ci n’a été aussi divergente culturellement et religieusement. À 50 % d’origine africaine, elle n’a rien à voir avec les vagues polonaise, italienne ou espagnole enregistrées jadis. Notre pays est en train de vivre un changement démographique radical, dont on n’a pas fini de mesurer l’ampleur ni les conséquences.
« La démographie dicte le destin de l’histoire, affirmait Samuel Huntington, les mouvements de population en sont le moteur. » Ce destin, on en perd le contrôle car l’immigration, régulière autant que clandestine, n’est plus du tout pilotée ni maîtrisée. Nos capacités d’intégration sont dépassées : il suffit d’observer la dérive de notre système éducatif et celle de nombre de quartiers, où vit une population en grande majorité d’origine étrangère. N’en déplaise à la gauche, ce ne sont pas les mots pour décrire cette situation qui devraient choquer, mais les faits qui alimentent, de plus, le racisme et les replis communautaires.
La prochaine présidentielle sera-t-elle enfin l’occasion de mettre le sujet sur la table ? Entre angélisme et outrance, des mesures existent pour ralentir les flux migratoires : fixation d’un plafond annuel d’accueil, quotas, conditions restrictives d’accès aux aides sociales, exécution des obligations de quitter le territoire… Le Danemark a su montrer le chemin. C’est une question de volonté.
Source : Le Figaro 20/5/2026
09:46 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mardi, 19 mai 2026
Entretien avec Eric Zemmour dans Le Figaro

Il va sans dire que nous adhérons totalement au programme d’Eric Zemmour en vue de la prochaine élection présidentielle. Si son adversaire est bien Jean-Luc Mélenchon et son islamofolie, Marine Le Pen et le Rassemblement national ont tellement banalisé leur discours qu’on se retrouve devant une soupe centriste qui n’a plus de tête et encore moins de queue. Face à un paysage politique totalement fragmenté, les Français sont-ils déboussolés ? C’est la question que l’on peut se poser tant ce peuple est ingouvernable, comme le soulignait le général De Gaulle dans sa version 1958.
Lire la suite ICI
Source : Le Figaro 19/5/2026
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lundi, 18 mai 2026
Sur Riposte laïque : Pierre Cassen répond aux questions de Roland Hélie, de Synthèse nationale
Lucette Jeanpierre
Roland Hélie et Pierre Cassen se connaissent depuis plus de quinze ans. Il est probable que s’ils s’étaient croisés dans les années 1980, quand l’un militait au PFN et l’autre à la LCR, les choses ne se seraient peut-être pas bien passées. Mais depuis la création de Riposte Laïque, puis le rapprochement avec le Bloc Identitaire, puis les Assises sur l’islamisation de la France, Riposte Laïque et Synthèse nationale qui ont vingt années d’existence tous les deux ont appris à mieux se connaître et à s’apprécier.
Les deux sites n’ont pas besoin d’être d’accord sur tout pour travailler ensemble, en toute confiance. Pierre a été invité à plusieurs reprises à des événements de Synthèse nationale et Roland est également intervenu plusieurs fois lors d’initiatives de Riposte Laïque et Résistance républicaine.
Nos lecteurs constatent que des articles de Synthèse nationale sont parfois repris sur notre site, et Roland sait qu’il peut récupérer les articles qu’il souhaite pour le journal du jour de Synthèse.
Dans cet esprit, il était tout à fait logique que les deux sites, et leurs fondateurs, se rencontrent à l’occasion de l’inauguration de la brasserie Kerfave, contestée par l’ensemble de la gauche parce que l’un des actionnaires s’appelle Erik Tegnér.
Dans cet entretien passionnant, qui dure douze minutes, Pierre répond aux questions pertinentes de Roland Hélie. Il développe les raisons de sa présence à cette initiative, son refus du totalitarisme de gauche qui progresse dans la société française.
Il présente ensuite le livre du Major Alain Bonte cliquez ici et explique pourquoi il ferait rêver des millions de Français s’il était plus connu.
Enfin, sans pleurnicher, il évoque le djihad judiciaire que subit Riposte Laïque et ce qu’il a personnellement connu depuis vingt ans.
Un entretien qui mérite d’être écouté intégralement. Longue vie à nos amis de Synthèse nationale.
Pour suivre cette émission cliquez là
Source Riposte laïque cliquez ici
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A La Une, Culture, Culture & Patrimoine Cinéma. UGC, Bolloré, Canal+ : la tribune des 600 et l’hypocrisie d’un milieu subventionné et imprégné de gauchisme mental

Yann V, Breizh info
C’est un grand classique du théâtre parisien, mais joué cette année avec une rare maladresse. Quelque 600 professionnels du cinéma français — comédiens, réalisateurs, producteurs, techniciens; beaucoup d’inconnus — ont signé dans Libération, à la veille de l’ouverture du Festival de Cannes (paradis des dealers de cocaïne et du luxe soit dit en passant), une tribune dénonçant « l’emprise grandissante » de Vincent Bolloré sur le septième art. En cause : le rachat par le groupe Canal+ de 34 % du capital d’UGC en octobre 2025, avec une montée prévue à 100 % d’ici 2028, qui ferait du milliardaire breton un acteur de poids dans la diffusion en salles, en plus de ses positions dans la production et la télévision payante.
Le collectif, baptisé « Zapper Bolloré », réunit quelques noms connus, pas forcément d’ailleurs pour la qualité de leurs apparitions cinématographiques : Juliette Binoche, Swann Arlaud, Raymond Depardon, Adèle Haenel, Arthur Harari, Vimala Pons, Jean-Pascal Zadi, ou encore Damien Bonnard. Il accuse l’homme d’affaires de mener, derrière son costume d’industriel, un « projet civilisationnel » réactionnaire d’extrême droite, à travers CNews et ses maisons d’édition Fayard et Grasset. Les signataires redoutent une « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif » et appellent à se mobiliser contre ce qu’ils décrivent comme un péril culturel.
La réponse cinglante de Maxime Saada
Sauf que cette fois, le patron de Canal+ n’a pas joué la partition habituelle de l’industriel de droite qui encaisse en silence les anathèmes du Tout-Paris culturel et qui se flagelle. Dimanche 16 mai, en marge du Festival de Cannes, Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a tranché : son groupe — qui demeure le premier financeur du cinéma français — ne travaillera plus avec les signataires de la tribune. Le dirigeant a justifié sa décision en évoquant une injustice vis-à-vis des équipes de Canal+, et en refusant de collaborer avec des gens qui qualifient son entreprise de « crypto-fasciste ».
Maxime Saada a également rappelé, à cette occasion, que Canal+ avait cofinancé une partie significative du cinéma français contemporain, citant par exemple L’Histoire de Souleymane — un film dont le sujet et le traitement sont aux antipodes des supposées obsessions « réactionnaires » prêtées à l’actionnaire. Il a, dans la foulée, affiché son soutien au CNC et au groupe de production Mediawan, tous deux régulièrement critiqués sur d’autres bancs politiques.
La consternation des pétitionnaires
Réaction du collectif : la stupéfaction. Les signataires, qui visiblement n’avaient pas anticipé qu’un patron puisse un jour décider de ne plus financer ceux qui le traitent publiquement de fasciste, dénoncent désormais une « menace » contre la liberté d’expression. Arthur Harari, retenu en compétition à Cannes cette année, assure de son côté n’avoir formulé qu’un « questionnement » sur la dimension politique du groupe.
Il faut dire que le procédé est bien rodé. Pendant des décennies, une partie du milieu cinématographique français a fonctionné selon un schéma simple : distribuer les brevets de bonne moralité, excommunier les artistes ne se conformant pas à la doxa progressiste, monopoliser les tribunes médiatiques et les cérémonies — qui, des Césars à Cannes, peinent depuis trente ans à produire un seul discours politiquement non aligné — et, dans le même mouvement, exiger d’être financés par ceux que l’on couvre d’injures. Le tout en bénéficiant des subventions publiques, de la taxe prélevée sur chaque ticket de cinéma au profit du CNC, et des crédits d’impôt généreusement accordés par l’État.
Le contribuable, traité de « facho », appelé à payer
Le contribuable français, qui paie sa taxe CNC à chaque place achetée — qu’il regarde un film qui lui plaise ou un manifeste idéologique qui le méprise —, n’a pas voix au chapitre. On lui demande de financer, par l’impôt direct ou indirect, un cinéma qui souvent le qualifie de « facho », de « ringard », de « beauf raciste » ou de « complice » de tous les maux contemporains. Et quand un investisseur privé décide, lui, de ne plus signer les chèques – encore que Canal + ait financé tous les films immigrationnistes français de ces dernières années, c’est dire le niveau de nazisme de ses dirigeants – c’est l’indignation générale et la rhétorique de la « menace fasciste » qui ressort des cartons.
Posons une autre question, jamais posée par les belles âmes signataires : avez-vous déjà vu Adèle Haenel, Juliette Binoche ou Raymond Depardon s’indigner publiquement du refus systématique de subventions opposé à la réalisatrice Cheyenne Carron, qui produit ses films de manière indépendante depuis des années parce que ses sujets ne cochent pas les cases idéologiques du milieu ? La réponse est connue. La liberté d’expression et la diversité de création ne s’émeuvent qu’à sens unique.
Une affaire qui en dit long
L’épisode est révélateur d’un système – mais c’est la même chose dans tous les domaines au final dans ce pays – où une minorité militante, soutenue par des journalistes complaisants et des élus de gauche prompts à monter au créneau, impose depuis des décennies son agenda culturel par une combinaison de pression morale et de lâcheté de l’adversaire politique — cette droite qui, sur la culture, a déserté le terrain depuis longtemps. Le milieu, dans son écrasante majorité, a verrouillé idéologiquement la production cinématographique française au point que la simple existence d’un actionnaire ne partageant pas ses vues passe désormais pour une atteinte à la démocratie.
Maxime Saada a fait ce que peu de patrons français osent encore faire : tirer les conséquences professionnelles d’insultes publiques. C’est sans doute pour cela que la réaction est si fébrile. L’idée qu’un financeur puisse choisir ses bénéficiaires, comme n’importe quelle entreprise privée, semble inacceptable à un milieu qui a fini par confondre subvention et droit divin, prébendes publiques et trophées personnels.
Reste à savoir si l’épisode marquera une bascule durable, ou si, comme souvent, la pression collective ramènera Canal+ à plus de mansuétude. Une chose est sûre : pour la première fois depuis longtemps, le rapport de force est inversé. Et cela seul suffit à expliquer l’ampleur de la panique.
Source : Breizh.info cliquez ici
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dimanche, 17 mai 2026
Quand le peuple est exclu de la culture

Michel Onfray
Le monde de la culture se présente volontiers comme un contre-pouvoir. Mais lorsqu’il dépend massivement de l’argent public, peut-il encore se prétendre vraiment libre ?
Bien sûr que non : il fait partie de ce qu’Althusser nomme les « AIE », les appareils idéologiques d’État, et qui, loin de constituer des contre- pouvoirs, sont les bras très armés du pouvoir. Les subventions d’État vont aux appareils d’État qui défendent l’idéologie d’État qui, elle, répand de façon autoritaire et cynique la doc- trine de l’État maastrichtien. Dans tout régime totalitaire, la chose est entendue : personne n’accorde de crédit aux journalistes, car la sou- mission y est visible comme le nez au milieu de la figure. C’est plus subtil dans les démocraties illibérales du cercle de la raison maastrichtienne dont la France fait partie. Paul Amar a récemment affirmé sur CNews que des autorités médiatiques du service public lui avaient fait savoir qu’il n’y était pas invité parce qu’il était « sur la liste ». Une liste d’invités interdits d’antenne sur le service public, dont Patrick Cohen nous a dit en 2013 qu’elle existait.
La culture subventionnée est-elle, selon vous, devenue un catéchisme progressiste ?
Toute culture subventionnée est une culture qui obéit au maître qui lui donne les moyens d’exister. C’est la jurisprudence de la gamelle. À la tribune de l’Assemblée, en 1973, Maurice Druon, l’auteur du Chant des partisans avec Kessel, alors ministre de la Culture, a formulé le contre-poison de cette logique : « Les gens qui viennent à la porte de ce ministère avec une sébile dans une main et un cocktail molotov dans l’autre devront choisir. » C’est le minimum de cohérence, d’élégance et de rectitude qu’on puisse demander à ces mendiants d’un argent qui leur permet de mordre ensuite la main qui les nourrit. Parlons une fois encore leur langage : Jean Moulin ne se serait pas fait subventionner par le maréchal Pétain !
La dernière cérémonie des Molières a montré un certain entre-soi où le milieu culturel se rassure et ricane sur ses adversaires. Qu’en avez-vous pensé ?
Molière doit se retourner dans sa tombe à l’idée qu’on puisse détour- ner son patronage, alors que ceux qui s’en réclament sont les tartuffes, les trissotins, les femmes savantes et les bourgeois gentilshommes du jour... Je rappelle à ces résistants de 1947 que Grasset fait partie du groupe Bolloré depuis 2023 et que les Folies Bergère, où le nom du même Vincent Bolloré a été conspué aux Molières, est actionnaire majoritaire de cette maison depuis 2025. Utilisons les outrances des nouveaux outranciers : Jean Moulin aurait-il fixé ses rendez-vous au quartier général de la Gestapo française ?
La gauche culturelle prétend parler au nom du peuple. Mais son public reste souvent très bourgeois. La culture subventionnée a-t-elle perdu le peuple ?
Oui, depuis le magistère de Jack Lang. Sous l’initiative du général de Gaulle, le ministère de la Culture se propose de hisser le peuple à hauteur des chefs-d’œuvre français, européens et planétaires. Malraux pensait que la télévision devrait relayer le meilleur de la culture française et porter au sein des familles le meilleur de la culture. Lang fait l’inverse : il descend la culture jusqu’aux pratiques les moins exigeantes. Moyennant quoi, la culture est devenue une signature de distinction sociale pour l’élite, et le peuple est exclu de ce jeu mondain. Il lui reste les jeux du service public.
Sans compter que la culture française est très – trop – parisianocentrée...
Certes, le centralisme jacobin est la plaie de la nation. Mais le pire est peut-être que les acteurs régionaux de la culture se font les perroquets de ce qui fait glousser Paris. Si l’on veut se trouver un jour sur la liste des ministrables en matière de culture, il faut avoir beaucoup fait preuve d’allégeance au politburo.
Vous dites souvent défendre le service public lorsqu’il élève l’esprit, mais le combattre lorsqu’il devient un outil de propagande. Les grandes institutions culturelles sont-elles encore au service du public ?
Malraux défendait un idéal civilisationnel pour le pays. Lang a promu lui aussi un modèle qui, comme toujours avec Mitterrand, était un modèle d’opposition à ce que fut et fit le général de Gaulle. L’opéra de Lully à Garnier pour de Gaulle, le joueur d’harmonica de la Fête de la musique sur le trottoir du Palais Garnier pour Mitterrand. Quand j’étais enfant et que la télévision est arrivée chez mes parents, le premier écran que j’ai vu s’allumer transmettait une représentation des Perses d’Eschyle. C’était sous de Gaulle et Malraux, qui n’avaient pas envie d’endoctriner le peuple mais de le cultiver.
Si l’on devait rebâtir une politique culturelle digne de ce nom, que faudrait-il sauver absolument ?
Il faudrait déjà cesser de financer la presse qui ne devrait exister qu’avec ses lecteurs. Ensuite, reconstruire un service public fort avec un cahier des charges précis : plus de liste de personnalités interdites, plus d’animateurs monocolores, des émissions animées par des sympa- thisants tout aussi bien LFI que RN, etc. Mais il faudrait également supprimer toutes les associations satellites des appareils idéologiques d’État qui prétendent contrôler l’équité alors qu’elles imposent l’iniquité. On pourrait aussi, puisque l’argent d’État fait défaut, solliciter le mécénat privé avec des incitations fiscales – de celles qui permettent aux États-Unis d’avoir les plus grands musées du monde. Il n’est pas normal que François Pinault, qui était l’ami de Jacques Chirac, n’ait pas pu ouvrir un musée sur l’île Seguin, à Paris, alors que son ami était président de la République. Qu’est-ce qui, dans cette affaire, fut plus fort qu’un chef de l’État dépositaire de la souveraineté nationale ? Connaître la réponse, c’est savoir quelles bastilles il faut faire tomber.
Source : Journal du dimanche 17/5/2026
07:22 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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samedi, 16 mai 2026
Immigration, la gauche contre le réel

Vincent Trémolet de Villers
Le catéchisme de la gauche française repose sur un seul dogme : l’immigration est par principe, toujours, partout et en toute proportion une providence. Enfreindre cette vérité incontestable, c’est s’exposer aux anathèmes des ligues de vertu, aux injures des ricaneurs de Radio Nova, à la disqualification morale par la presse progressiste. En politique, Jean-Pierre Chevènement, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, François Ruffin, parce qu’ils ont dénoncé les effets néfastes du dérèglement migratoire, ont été reconnus coupables d’intelligence avec l’ennemi, c’est-à-dire le réel.
Dans la sphère intellectuelle, la liste des proscrits ne cesse de s’allonger. Depuis 2002 ont été rappelés à l’ordre, entre autres, Jacques Julliard, Marcel Gauchet, Régis Debray, parce qu’ils ont intégré à leur réflexion des notions aussi vieilles que la politique : la frontière, la culture, l’identité. À chaque fois, le même processus : le penseur est expulsé de la gauche et déchu de son statut d’intellectuel. Alain Finkielkraut ? Un philosophe « controversé ». Christophe Guilluy ? Un géographe « de comptoir ». Michèle Tribalat ? Une démographe « militante ». Michel Houellebecq ? Un romancier « sulfureux ».
Depuis le Collège de France ou les studios de Radio France, la gauche sans frontières prononce la sentence. Elle oscille entre deux discours contradictoires. Un jour, l’immigration est un mirage, une panique identitaire que les chiffres démentent : il n’y a pas plus d’immigrés aujourd’hui qu’il y a cinquante ans. Le lendemain, c’est le discours contraire : les photos de classe d’autrefois appartiennent au musée, la « nouvelle France » est là, et les esprits rétifs, « tout blancs, tout moches », devraient s’en réjouir.
Les grands principes, pourtant, ne parviennent plus à camoufler le cynisme électoral : puisque le peuple vote à droite, il est temps de changer le peuple. Stratégie moralement coupable, puisqu’elle essentialise autrement les immigrés ; politiquement perdante (la gauche en France rétrécit à chaque élection) ; économiquement absurde, puisqu’il n’y a pas de modèle social sans un minimum d’homogénéité culturelle. Les sociaux-démocrates danois l’ont compris, qui ont pris à bras-le-corps le sujet migratoire. Là-bas, l’équivalent du RN est encore sous les 10 %…
Source : Le Figaro 16/5/2026
09:58 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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vendredi, 15 mai 2026
L’alliance des droites au Parlement européen est la révolution politique de ces dix dernières années

Entre le succès électoral de Nigel Farage au Royaume-Uni, la défaite de Viktor Orban en Hongrie et les nouvelles alliances qui se nouent au Parlement européen, les droites européennes sont en pleine recomposition, analyse le journaliste Charles Sapin du Point et auteur du livre Les Moissons de la colère : plongée dans l’Europe nationaliste.
Lire la suite ICI
Source : Le Figaro 14/05/2026
08:28 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Inauguration de la brasserie Kerfave : Ouest-France et Le Télégramme dans leurs basses oeuvres
Rose Martin Riposte laïque cliquez ici
On ignore si les journalistes de Ouest-France et du Télégramme ont abusé de la Kerfave, la nouvelle bière d’Erik Tegnér, ou bien s’ils se sont comportés davantage en militants politiques qu’en dignes représentants de la presse locale, toujours est-il que les chiffres annoncés par les plumitifs de ces deux journaux sont tellement grotesques qu’ils discréditent l’ensemble de leurs articles. Ouest France cliquez ici et Le Télégramme cliquez là
Il suffit de regarder la vidéo du Télégramme pour comprendre qu’on est très loin des 400, voire des 450 contre-manifestants énoncés par ce quotidien, qui, toute honte bue, annonçait d’abord près de 400 opposants, avant de charger la mule en passant à 450.
Comment des journalistes honnêtes auraient-ils du traiter cet épisode ? Ils auraient titré sur l’événement, qui est l’inauguration de la brasserie Kerfave, avec deux Eric, dont Erik Tegnér. Ils auraient parlé du millier de personnes qui, malgré la pluie, s’étaient déplacés, de la fête populaire qui a lieu sans incident avec des cracheurs de feu, de la musique bretonne, des danses, du rock, de l’ambiance bonne enfant, du discours d’Erik Tegnér, totalement dépolitisé, de la gentillesse des bénévoles, et de la parfaite réussite de l’initiative. Et ils auraient conclu en s’étonnant qu’une petite centaine – car ils n’étaient pas davantage – se permettent de contre-manifester contre une brasserie à cause des idées d’un des deux actionnaires, voyant dans cette manifestation groupusculaire un esprit liberticide et totalitaire inquiétant.
Mais pour écrire cela, il fallait être un vrai journaliste, et ne pas s’appeler Gaëlle Colin et Quentin Battais, de Ouest-France, et Thierry Charpentier, du Télégramme. Et on n’a pas encore vu les reportages de quelques médias gauchistes qui ont pu entrer sans problème, et interroger qui ils voulaient.
Si ces médiocres plumitifs veulent faire du vrai journalisme, et pas du médiocre travail de journaleux propagandiste, qu’ils viennent travailler à Frontières, il y a des postes à occuper, mais attention, là, il faut bosser, et pas seulement servir la soupe au régime.
00:58 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mercredi, 13 mai 2026
Yann Arthus-Bertrand, entre Grand Remplacement et Grand Capital
Aussitôt acquise, le 6 mai dernier, la victoire du coloré PSG — propriété du Qatariote Nasser Al-Khelaifi — sur le Bayern de Munich, des équipes de délinquants parfaitement rôdés aux émeutes urbaines ont transformé Paris en un gigantesque champ de ruines, attaqué violemment les forces de l’ordre, renversé et brûlé des voitures et mis le feu à près de 67 poubelles, sans oublier de caillasser et de jeter du mobilier urbain sur les forces de police, qui comptent de nombreux blessés mais ont réussi à éviter un blocage du périphérique. Cerise sur le gâteau, ces hordes de sauvages ont saccagé l’exposition de photos au titre évocateur Vivre ensemble, montée avec l’argent du contribuable parisien place de la Concorde par l’ineffable Yann Arthus-Bertrand avec l’aide du démographe démagogue Hervé Le Bras, connu pour nier la réalité du grand remplacement comme peut en témoigner sa consœur Michèle Tribalat, qui a été victime de sa mauvaise foi et de ses emportements.
Françoise Monestier
Source Polémia cliquez ici
Masochisme et démagogie
Le photographe germanopratin, qui soutient la cause écologiste et aime à revendiquer sa « vertitude » mais reste proche des financiers qui mènent le monde, a commencé par sangloter en constatant les dégâts, les chevalets renversés et les photos détériorées. Le bougre s’est cependant vite repris, félicitant presque les vandales d’avoir commis pour plus de 116 000 euros de dégâts. « Manifestement, les supporters du PSG ont adoré l’exposition. Donc je lance un appel à tous les gens qui aiment le foot. Tous les gens qui pensent que vivre ensemble, c’est important. Tous les gens qui aiment la photographie. Tous les gens qui ont aimé cette exposition. Qu’ils viennent donc nous donner un coup de main. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Une trentaine de bénévoles, sans oublier des agents municipaux payés par le contribuable parisien, ont déboulé place de la Concorde et réparé les dégâts commis par les voyous qui s’étaient esbignés une fois leur forfait commis et ont dû bien se marrer en voyant tous ces ravis de la crèche prendre plaisir à réparer leurs saccages. Bel exemple de masochisme !
Fini les centaines de bougies ou les nounours censés rendre hommage aux victimes des surineurs qui jouent du couteau depuis des années en France et ailleurs sur le continent européen et sont déclarés non coupables car frappés d’une « altération du comportement ». Fini les marches blanches et les différentes cellules psychologiques censées redonner espoir à tous ceux qui ont perdu un être cher, volontairement renversé par un conducteur désireux de se payer un méchant colonisateur.
Les imbéciles heureux qui financent SOS Méditerranée, plébiscitent la voiture électrique ou se pâment devant la prolifération des éoliennes en mer viennent de créer — sans le vouloir ? — une brigade ou une légion de volontaires chargés de réparer les bêtises et les destructions de ceux qui nous haïssent et nous méprisent. « Il y a eu des gens à vélo. Et des vieilles dames. C’est trop mignon », disait Yann Arthus-Bertrand, une fois ses précieux clichés remis sur pied et le vivre-ensemble réhabilité. Il a même eu le culot de rajouter : « En fin de compte, c’est presque l’un des plus beaux cadeaux que m’ont fait ces gens pour montrer que le vivre-ensemble existe. » Il fallait à tout prix replanter le décor et montrer que ce n’est pas une petite émeute qui fera peur aux idiots utiles qui ont contribué à faire élire le maire de Saint-Denis ou à faire parader, aux cérémonies du 8-Mai, le député LFI Raphaël Arnault, le fondateur de la Jeune Garde antifasciste, qui a osé aller se prosterner devant le monument aux morts d’Avignon et qui pleure comme une madeleine car le nouveau maire de la ville, Olivier Galzi, a refusé de lui serrer la paluche.
Une fausse idée de la France
Les photos exposées place de la Concorde ne sont qu’une infime partie des clichés que le photographe, coqueluche des bobos et du CAC 40, a réalisés à seule fin de vendre un bouquin au titre trompeur, France, un album de famille, qui s’est vendu comme des petits pains et a même donné lieu à une exposition hébergée par la Ville de Paris. Arthus-Bertrand et son acolyte Hervé Le Bras ont fait poser dans un studio un certain nombre de gens triés sur le volet et correspondant à cette « nouvelle France » revendiquée par le maire de Saint-Denis, sans oublier des représentants du lobby LGBT, des transgenres ou des couples à trois. Comme l’explique Hervé Le Bras : « Nous avons voulu éviter de montrer une France ancienne, traditionnelle, car c’est un pays qui change beaucoup. Nous ne voulions pas d’une imagerie de la France traditionnelle, mais bien de la France de maintenant, avec ses graffeurs, surfeurs, clubs de robotique… J’ai donc dû chercher d’autres sources. » Tout est dit par l’illusionniste démographe qui s’est accouplé avec celui qui revendique avoir filmé « une France assez bienveillante, assez heureuse, assez solidaire ». Quand on voit l’état de la place de la Concorde après le passage des barbares, on comprend l’embarras du photographe qui veut continuer à encaisser les dividendes et à faire vivre son association GoodPlanet, créée pour faire baisser l’empreinte carbone mais surtout pour assurer de belles fins de mois à Arthus-Bertrand et à ses copains.
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