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lundi, 20 juillet 2026

Au Rassemblement national, Marine Le Pen prépare malgré elle le recours Bardella

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Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Au soir, à Lechiagat, les bateaux rentraient les uns après les autres dans le port, avec cette lenteur assurée des équipages qui connaissent les passes et savent où dorment les récifs. J’avais devant moi, sur l’écran de mon ordinateur, la première page d’un article de Libération. Le photomontage représentait deux affiches électorales déchirées et superposées : le visage de Marine Le Pen recouvrait celui de Jordan Bardella, dont il ne restait qu’un sourire tronqué sous le papier arraché. Toute l’histoire du Rassemblement national contemporain tenait déjà dans cette image : la candidate officielle au premier plan, le prétendant relégué sous l’affiche, visible encore, impossible à faire entièrement disparaître.

Nicolas Massol, l’auteur de l’article, n’est pas un saint de ma dévotion. Sa plume, trempée dans l’acide, ne s’approche jamais de la droite nationale sans l’intention d’y laisser quelque brûlure. Petit soldat de la tranchée antifasciste, castor diligent des rédactions parisiennes, il ne prétend pas observer le Rassemblement national : il le surveille, le piste et, lorsque l’occasion se présente, lui décoche son trait ou son coup de pied de l’âne.

Il faut néanmoins reconnaître une qualité à Nicolas Massol. Peu de journalistes connaissent aussi bien les corridors, les arrière-cuisines et les querelles de domesticité du parti. Les dirigeants du RN se couperaient volontiers un bras plutôt que de lui refuser une confidence. Chacun espère utiliser sa chronique pour régler le compte du voisin, faire savoir qu’il existe ou déposer quelque peau de banane sous les pieds d’un concurrent. Il en résulte un paradoxe délicieux : un adversaire déclaré du parti devient l’un de ses meilleurs chroniqueurs, parce que ceux qu’il combat ne peuvent s’empêcher de lui parler.

Son article, intitulé « Jordan Bardella, espace en voie de disparition », décrit avec une assez remarquable netteté la nouvelle distribution des rôles depuis que Marine Le Pen a décidé de reprendre elle-même le chemin de l’élection présidentielle. Bardella, un temps présenté comme le candidat de remplacement, doit désormais retrouver une place dans une campagne dont on lui retire méthodiquement les leviers. Philippe Olivier le réduit à une dent du « peigne » lepéniste ; Jean-Philippe Tanguy torpille publiquement une proposition venue de son entourage ; les déplacements et les réunions se décident dans le cercle familial sans même consulter ses proches. L’ancien dauphin est prié de redevenir page, tout en continuant de sourire pour les photographes.

Il ne s’agit plus seulement d’une rivalité entre deux personnalités. Deux conceptions du parti commencent à se faire face. La première est celle du clan historique, groupé autour de Marine Le Pen, de sa sœur Marie-Caroline, de Philippe Olivier et des affidés qui doivent leur position à la famille. Pour eux, le Rassemblement national demeure, sous sa nouvelle enseigne, la maison Le Pen. On peut en changer les rideaux, refaire la devanture, congédier quelques vieux domestiques ; la propriété, elle, ne se partage pas.

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dimanche, 19 juillet 2026

L’ingérence intérieure, nouveau délit d’opinion ?

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La conférence de presse des trois sénateurs du bloc central (Laurent Lafon, Agnès Evren et Sylvie Robert) présentant la publication d’un rapport sur la régulation de l’information dans l’espace numérique a engendré depuis une semaine une vive querelle. Un concept, absent du rapport, mais qui en résume l’esprit, et utilisé par Laurent Lafon, condense la polémique : celui d’ingérence intérieure. On y a vu le symptôme d’un désir de contrôle de l’information, et même de censure. Faire de la politique consiste à aller dans le sens du régime, jamais en sens inverse. Menacé par l’émergence du camp national, le régime entend traiter les récits qui le contredisent comme autant de gestes séditieux. Et les informations formatées de telle manière qu’elles le font mal paraître seront souvent décrétées « fausses informations ». C’est donc tout naturellement que Pascal Praud s’insurge contre cette nouvelle censure de l’Etat profond et du macronisme en particulier.

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Source : Journal du dimanche, 19/7/2026

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samedi, 18 juillet 2026

Loi sur la fin de vie

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Il aura fallu des mois et des mois de discussions de cornecul par les députés à l’Assemblée nationale pour accoucher d’un texte qui fixe les conditions de la mort assistée. Ce texte dépasse de loin le soin de mourir dans la dignité. Notre ami Balbino Katz, éditorialiste sur l’excellent site de breizh.info, se livre à une remarquable analyse - fort stoîcienne au demeurant - sur les tenants et aboutissants de cette loi qui en dit long sur la santé de notre société.

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Source : breizh.info

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vendredi, 17 juillet 2026

Contre la police de l’information

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Yves Thréard

N’aura-t-on bientôt plus le droit de dire que le Festival d’Avignon est une escroquerie intellectuelle, que le rap est une musique insane, que boire du vin peut aussi procurer un plaisir infini ? Des inquiétudes à peine caricaturales si l’on suit les conclusions d’un rapport sénatorial contre la désinformation passé inaperçu. Dans une étrange formulation, dont on a du mal à trouver l’exacte définition juridique, il y serait question de prémunir notre pays contre des « ingérences intérieures » comme on le fait contre des attaques venant de puissances étrangères. C’est là jouer avec le feu.

Au lieu de protéger le débat public, va-t-on le museler ? Au nom de la lutte contre les fausses informations, la France se dirigerait-elle vers la création d’une police de la pensée unique ? Des opposants politiques et des médias qui ne sont pas dans la ligne officielle risqueraient-ils d’être poursuivis pour délit d’opinion ? Sous prétexte de combattre des dérives, les beaux esprits, qui chantaient jadis qu’il était interdit d’interdire, voudraient-ils tuer la liberté d’expression ? Avec le numérique et la multiplication des canaux où sont divulgués les contenus les plus divers, le personnel politique a l’obsession de vouloir mettre en place un organisme de contrôle. Depuis son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron a aussi exprimé plusieurs fois cette tentation liberticide.

L’idée du chef de l’État, comme aujourd’hui des sénateurs, serait de confier ce pouvoir à un observatoire de la désinformation soi-disant indépendant. Chacun sait que celui-ci serait, en fait, peuplé de représentants venant d’associations militantes. Transformés en auxiliaires de justice, ces experts pseudo-scientifiques étiquetteraient, labelliseraient et censureraient les émetteurs d’information selon leur conformité idéologique. Financés par l’argent du contribuable et au nom du peuple français, ils dicteraient les bonnes conduites, distingueraient le bien du mal…

Gardons-nous de ce danger orwellien, et restons-en à la bonne vieille loi du 29 juillet 1881. En confiant à la justice pénale le soin de juger les plaintes loin des pressions partisanes, elle demeure la meilleure garantie de la liberté d’expression.

Source : Le Figaro 17/7/2026

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mercredi, 15 juillet 2026

La Bataille de Gaulle. Traîtres à quelle France ? Ce que l’affaire Leclerc dit de la trahison

French General Leclerc with a group of captured Waffen-SS Frenchmen |  laststandonzombieisland

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Encore un article propre à la réflexion de l'excellent Balbino Katz sur Breizh-Info, cliquez ici.

La sortie du second volet de La Bataille de Gaulle, sous-titré J’écris ton nom, a provoqué sur les réseaux sociaux une agitation que ses producteurs n’avaient sans doute pas prévue. Le film d’Antonin Baudry, sorti le 26 juin 2026, poursuit l’édification d’une geste gaullienne dans laquelle le général Leclerc, interprété par Niels Schneider, apparaît sous les traits du chevalier sans peur et sans reproche, tout entier voué au service de la France libre. Or les statues les mieux polies portent parfois une lézarde.

Plusieurs internautes ont rappelé qu’au tabard de Leclerc demeurait attachée une tache qu’aucun film pieux ne saurait tout à fait effacer : l’exécution, le 8 mai 1945, à Bad Reichenhall, de douze prisonniers français ayant servi sous l’uniforme allemand dans la division Charlemagne. Blessés, extraits d’un hôpital militaire, ils avaient été capturés après s’être rendus aux Américains et furent fusillés sans jugement par des hommes de la 2e DB, au moment même où la guerre s’achevait en Europe. Le ministère des Armées reconnaît l’existence de ces douze prisonniers, leur rencontre avec Leclerc et le sort fatal qui leur fut réservé, même si la teneur exacte du dialogue demeure discutée.

La polémique qui s’ensuivit fut révélatrice. De nombreux commentateurs ne cherchèrent pas à nier les faits. Ils les justifièrent. Ces volontaires français, disaient-ils, avaient porté l’uniforme de l’ennemi ; ils avaient trahi leur patrie ; ils ne méritaient donc ni procès, ni défense, ni même que l’on prît soin de relever leurs noms avant de les passer par les armes. Un tel patriotisme de tréteaux mérite que l’on s’y arrête. Sa véhémence dissimule mal une pensée assez indigente : le traître se reconnaîtrait à son uniforme et le vainqueur posséderait, par la vertu de sa victoire, le droit de tuer sans juger.

La réalité historique est autrement plus malaisée. La notion de trahison dépend étroitement de l’autorité à laquelle on estime devoir fidélité et, surtout, de la page du calendrier depuis laquelle on porte son jugement. Celui que l’ordre établi appelle aujourd’hui félon peut devenir demain le fondateur de la légitimité nouvelle. Le rebelle victorieux est un libérateur ; le rebelle vaincu reste un traître. Avant de condamner un homme pour trahison, encore faudrait-il demander : traître à qui, traître à quoi, traître à quelle France ?

De Gaulle, traître légal et héros rétrospectif

Lorsque Charles de Gaulle gagne Londres en juin 1940, il n’est pas encore la figure de bronze qui domine nos places publiques. Il est un général récemment promu, ancien sous-secrétaire d’État du gouvernement Paul Reynaud, qui refuse l’autorité du nouveau gouvernement français, quitte le territoire et appelle les militaires à désobéir aux ordres reçus.

Son choix nous paraît aujourd’hui prophétique parce que nous connaissons la fin de l’histoire. Les Français de juin 1940, eux, ne savaient pas que l’Allemagne serait vaincue, que les États-Unis entreraient dans la guerre et que de Gaulle descendrait un jour les Champs-Élysées. Ils voyaient un gouvernement constitué, présidé par le maréchal Pétain, demander un armistice après l’effondrement de l’armée et la capture de près de deux millions de soldats.

Au regard de la légalité française du moment, de Gaulle était en rupture de ban. Il cherchait depuis l’étranger à soustraire des territoires, des navires et des soldats à l’autorité du gouvernement reconnu. Le tribunal militaire de Clermont-Ferrand le condamna d’ailleurs à mort par contumace, le 2 août 1940, pour trahison, atteinte à la sûreté extérieure de l’État et désertion en temps de guerre.

Ce jugement nous paraît aujourd’hui étrange. Il n’était pourtant pas absurde dans l’ordre juridique qui l’avait rendu. De Gaulle avait bel et bien rompu son serment d’obéissance pour se réclamer d’une légitimité supérieure, celle d’une France qui, selon lui, ne pouvait cesser la guerre sans cesser d’être elle-même.

La question n’est pas ici de savoir s’il eut raison. Il eut raison, puisque la victoire lui donna raison. Elle est de constater qu’en 1940, pour le gouvernement français, pour une grande partie de l’administration et pour la majorité du corps militaire, de Gaulle était un dissident passé au service d’une puissance étrangère.

Du point de vue gaulliste, Vichy trahissait la France en acceptant l’armistice. Du point de vue de Vichy, de Gaulle trahissait l’État en poursuivant la guerre depuis Londres. Deux légitimités se faisaient face, et chacune traitait l’autre de félonie. La victoire de 1945 trancha la querelle et transforma l’une de ces deux fidélités en vérité nationale rétrospective.

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Marine Le Pen : stratégie risquée et épée de Damoclès

France : Marine Le Pen annonce sa candidature à l'élection présidentielle  de 2027 après la décision de la cour d'appel #CgtnFDigital  https://francais.cgtn.com/2026/07/08/ARTI1783495270606141

Pierre Boisguilbert

Polémia : L’annonce de la candidature de Marine Le Pen, malgré une condamnation confirmée en appel, a beaucoup fait parler médiatiquement et politiquement. La candidate du Rassemblement national a formé un pourvoi en cassation et est considérée comme innocente. En attendant le verdict final, la campagne est donc lancée et Pierre Boisguilbert nous donne son avis sur cette situation exceptionnelle.

Un pari risqué ?

Marine Le Pen a donc décidé d’être candidate à la présidence de la République. Elle le fait parce qu’elle le peut. C’est une raison nécessaire et suffisante. Elle est présumée innocente. Mais c’est un pari très difficile. Il est évident que, pour ses adversaires, la présomption d’innocence ne sera pas respectée, et ils dénonceront à chaque occasion la campagne d’une « délinquante ». Elle fera campagne avec une clochette de lépreux à chaque déplacement.

Et il y a pire : une décision de la Cour de cassation en pleine campagne, l’obligeant à terminer avec des bracelets électroniques et une condamnation définitive, est l’épée de Damoclès.

On s’aperçoit cependant que ce double handicap est intégré par l’électorat et qu’elle progresse dans les sondages, confortant pour le moment son statut de favorite. C’est dire à quel point le peuple n’accorde plus de crédit aux décisions de justice. Les juges l’ont compris, eux qui légitiment le jugement populaire, au final, dans l’arrêt d’appel.

La Cour de cassation est face à une décision de justice qui sera forcément une décision politique. On n’aimerait pas être à leur place, pas plus d’ailleurs qu’à celle de Marine Le Pen. Elle tente de passer en force et de forcer le destin. C’est un pari risqué pour le camp national. Bardella, renvoyé au rôle de second, sera-t-il à 100 % dans la campagne ? L’autre droite nationale, qui aura forcément un candidat ou une candidate, profitera-t-elle du doute de certains sur Marine, au risque de réduire son score du premier tour ?

Une stratégie antisystème assumée

Pour le moment, on voit bien le jeu de Mélenchon : « Elle ou moi ! » Mais reste l’inconnu des candidatures post-macronistes et de la gauche non mélenchoniste. La droite et le centre, divisés, seront éjectés dès le premier tour. La gauche, comme d’habitude, s’il le faut, se ralliera à Mélenchon dans la lutte contre le retour du fascisme. Pour le moment, tout tourne autour de Marine : un atout qui peut se transformer, au fil des mois, en handicap.

Le pari est risqué ; la clé est dans la force de la volonté de rupture avec le système. Marine Le Pen est condamnée sans appel à une stratégie antisystème, loin de celle de la dédiabolisation. Il lui faudra faire du Jean-Marie pour sauver Marine. En est-elle capable ? Le veut-elle ? Il lui faudra vite le faire savoir pour avoir une chance de gagner.

Il ne faut pas former le carré, il faut mener la charge et peut-être forcer sa nature, quitte à renoncer à une stratégie qui, malgré toutes les concessions et tous les reniements, a parfois mis sa candidature en péril. À une volonté indiscutable doit s’ajouter une nouvelle lucidité. Sinon, tout est perdu, sauf l’honneur — et il n’est même pas sûr alors que l’honneur, au final, soit sauvé.

Article paru le 13 juillet sur Polémia, cliquez ici

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lundi, 13 juillet 2026

Comment un milliardaire tchèque paie deux euros pour vous faire taire

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Jérôme Vigues

Mercredi 8 juillet 2026. Un kiosque, quelque part dans la France morte. Deux euros dans la poche, la curiosité qui l'emporte sur le dégoût. Le journal s'appelle Franc-Tireur. La couverture claque, façon fiche de police : "Apologie du terrorisme, ils vont trop loin", avec en photomontage Anasse Kazib, Rima Hassan et Jean-Luc Mélenchon. En dessous, un portrait d'Andrew Tate qualifié de "mal dominant". Huit pages, papier glacé, maquette léchée, zéro publicité. Le genre d'objet qui donne l'illusion d'un journalisme pur, désintéressé, au service de la seule raison.

Sauf que ce torchon n'a rien de désintéressé. Il appartient à Daniel Křetínský, milliardaire tchèque, propriétaire via sa holding Czech Media Invest d'un empire qui dépasse largement la presse. Cet homme a racheté Elle, Marianne, Editis, une part de TF1, Louie Media, Loopsider, lancé Franc-Tireur, repris Télé 7 Jours, sans compter nombre de centrales à charbon. (Observatoire du journalisme) Il a aussi financé Libération, s'est engagé à acquérir Editis, numéro deux de l'édition en France, et détient également plusieurs médias en République tchèque, dont le quotidien national le plus lu du pays. (Acrimed)

Voilà l'homme derrière la petite leçon de morale hebdomadaire vendue deux euros en kiosque. Deux euros, prix bloqué depuis le lancement en 2021. Comme par magie. Sauf que ce n'est pas de la magie. C'est de la perte organisée, financée à fonds perdus par un seul homme.

Regardons les chiffres, parce que les chiffres ne mentent pas, contrairement aux éditos sur la modération. Marianne, un autre titre du même groupe, a perdu 3 millions d'euros en 2023 pour seulement 12 millions de chiffre d'affaires. (CB News) Un quart du chiffre d'affaires parti en fumée, chaque année, sans que personne ne s'en inquiète, parce que le riche actionnaire éponge. Libération, encore pire. Le quotidien a englouti 59 millions d'euros de prêts et de dons accordés par Křetínský en un peu plus de trois ans, avec des pertes d'exploitation qui ont atteint près de 13 millions d'euros en 2020 et qui se maintiennent à un niveau alarmant chaque année depuis. (Boulevard Voltaire)

Un homme d'affaires normal, un vrai entrepreneur, un patron qui bosse pour faire tourner sa boîte, fuit ce genre de gouffre financier. Personne ne finance à perte pendant des années un journal qui vend de moins en moins, sauf si l'objectif n'est pas de gagner de l'argent.

Interrogé sur le sauvetage de Libération, un expert des médias a été clair sans détour, sans langue de bois. Il affirme que ce sauvetage ne respecte aucune logique financière, que le titre ne se vendrait jamais soixante millions d'euros aujourd'hui, et que le magnat tchèque ne consent à renflouer le quotidien que dans le seul but d'être bien vu dans le paysage hexagonal. (Boulevard Voltaire)

Voilà toute la vérité en une phrase. Être bien vu. C'est ça, la vraie mission de Franc-Tireur, de Marianne, de Libération. Pas informer. Pas chercher la vérité. Blanchir l'image d'un milliardaire étranger qui possède par ailleurs des centrales à charbon et une part de TF1, et qui a besoin, pour continuer ses affaires en France sans encombre, de se payer une vitrine de respectabilité auprès des bien-pensants parisiens.

C'est ça, la presse "raisonnable" dans ce pays. Pas un marché libre où les meilleures idées et les meilleures plumes gagnent leur place. Un système verrouillé où la survie économique dépend d'abord d'un chèque signé par un actionnaire étranger, jamais du mérite ni du talent. On nous vend Franc-Tireur comme un rempart contre les extrémismes, un journal "mordant", mais ce mordant-là ne coûte rien à ceux qui le pratiquent puisqu'il est payé par un homme qui a bâti sa fortune ailleurs, dans l'énergie, dans la distribution, dans la finance.

Et pendant que Křetínský peut se permettre de perdre des millions chaque année sur ses jouets médiatiques parisiens, nous, cette semaine, on n'a pas pondu un article. Pas par manque d'idées, pas par manque de rage, mais parce que la survie d'une publication comme la nôtre tient à un fil. Pas de holding tchèque dans les parages. Pas de coussin de cinquante-neuf millions pour rattraper un mauvais mois. Juste des bénévoles, des lecteurs qui donnent ce qu'ils peuvent sur Tipeee, des rédacteurs qui écrivent le soir après une journée de travail, parfois blessés, parfois épuisés, mais qui tiennent parce qu'ils croient encore que dire la vérité vaut la peine, même sans un centime derrière.

C'est là toute l'injustice du système médiatique dans ce pays. Ce n'est pas une question de qualité d'écriture, ni de rigueur, ni même de pertinence des sujets traités. C'est une question d'accès. Accès au kiosque, accès à la visibilité, accès à la survie économique. Et cet accès, dans ce pays, ne va jamais dans notre direction. Les mécènes se pressent pour financer la bien-pensance, jamais pour financer ceux qui la contestent frontalement, jamais pour financer une presse qui ose dire que ce pays s'effondre sous les coups de l'immigration incontrôlée, de l'insécurité, de la trahison des élites.

Imaginez un instant ce que deviendrait une publication comme la nôtre avec ne serait-ce qu'une fraction de ces moyens. Une vraie rédaction salariée. Des enquêtes fouillées, menées sur plusieurs semaines. Une diffusion en kiosque, dans toute la France, pas seulement sur internet. Une équipe capable de répondre coup pour coup à la propagande ambiante sans s'épuiser à la tâche entre deux journées de travail. Ce n'est pas un manque de talent qui nous prive de cela. C'est un manque d'argent, purement et simplement, et cet argent ne viendra jamais nous chercher, parce que nous dérangeons trop ceux qui pourraient le donner.

Alors on nous dira que c'est la loi du marché, que les lecteurs choisissent librement, que si Franc-Tireur survit c'est parce qu'il répond à une vraie demande. Foutaises. Un journal qui peut vendre à perte pendant des années sans jamais fermer boutique n'est soumis à aucun marché. Il est soumis au bon vouloir d'un seul homme, et cet homme a ses raisons, qui n'ont rien à voir avec l'amour du journalisme. Un journal comme le nôtre, lui, est soumis chaque semaine au verdict impitoyable de la survie. Pas de filet. Pas de holding tchèque pour rattraper le coup si un mois est mauvais. Juste la sueur et la conviction.

Ce contraste dit tout de la fabrique du consentement dans ce pays. On laisse croire aux lecteurs que la presse dite modérée est le fruit d'un choix libre et éclairé, le résultat d'une vraie demande populaire, alors qu'elle est en réalité perfusée par des intérêts privés colossaux qui ont tout à gagner à ce que rien ne change vraiment. Pendant ce temps, la presse qui dérange, qui pose les vraies questions, qui refuse la langue de bois, doit se battre pour chaque euro, pour chaque abonné, pour chaque heure de travail bénévole arrachée à la fatigue et à la douleur.

Les collabos du monde moderne ne portent plus de brassard. Ils portent une carte de presse financée par un oligarque étranger, et se drapent dans la vertu pour mieux protéger le système qui les nourrit et les paie. Ils dénoncent l'apologie du terrorisme chez les autres tout en fermant les yeux sur les compromissions de leur propre camp, sur l'argent étranger qui coule dans leurs colonnes chaque semaine sans que personne n'y trouve rien à redire. Ils se disent francs-tireurs alors qu'ils tirent toujours dans la même direction, celle qui arrange leurs actionnaires et leur permet de garder leur poste douillet à Levallois-Perret.

Nous, on continuera avec les moyens du bord. Un article de retard cette semaine, peut-être deux la prochaine, mais toujours la même obstination. Parce que la vérité, contrairement à ce que ces gens veulent faire croire, ne s'achète pas avec les millions d'un magnat tchèque. Elle se construit avec de la rage, de la sincérité, et l'entêtement de ceux qui refusent de se taire, même quand tout, dans ce système, est fait pour les faire taire.

Source Jérôme Viguès cliquez ici

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dimanche, 12 juillet 2026

J’étais à la première de Murmures : un hymne à l’amour de la France éternelle

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Danielle Moulins

Riposte laïque cliquez ici

L’an passé, je n’avais pu assister à la première édition de « Murmures de la Cité », mais j’avais suivi avec attention tout le travail de sabotage de l’initiative, impulsé par la gauche locale.

Cette année, je m’étais promis d’être présente, et comme le lieu, le château appelé le nouveau Bostz, était plus près de chez moi, j’avais décidé d’y être dès le premier soir, ce vendredi 10 juillet. J’avais invité chez moi mes amis Pierre Cassen et Christine Tasin, ravis, eux aussi, de découvrir ce spectacle.

Nous avons eu l’idée de passer une première fois, aux alentours de 17 heures, pour visiter le village Napoléon mis en place. J’ai fait la connaissance de Guillaume Senet, qui m’a avoué être épuisé, ne pas avoir dormi depuis trois jours à cause de différentes tracasseries administratives et des possibles coups tordus de la gauche. Jusqu’au dernier moment, ils ont craint une interdiction qui aurait coulé leur association.

En arrivant, vers 22 heures, nous découvrons des forces de gendarmerie présentes et apprenons que les gauchistes locaux se sont distingués en balançant d’énormes bottes de paille sur la route menant au spectacle. Une opération qui nécessite une structure organisationnelle qui n’est pas à la portée du premier venu, et devrait, s’il devait y avoir une enquête, provoquer quelques gardes à vue de responsables locaux spécialisés dans ce genre de pratiques. J’apprends également, en discutant avec des jeune responsables de la sécurité, qu’ils seront obligés de monter des gardes les trois nuits du spectacle pour éviter de possibles mauvais coups.

Le spectacle a commencé à 22 heures 30 et s’est terminé à minuit passé. La première scène représentait une scène de la Résistance, et on voyait l’occupant allemand semer la terreur dans la population, avec deux drapeaux nazis sur la devanture du château. Amusée, je me suis souvenue que les censeurs de gauche avaient beaucoup insisté sur ce fait, voyant dans les 5 minutes que durait la scène l’apologie de la doctrine d’Adolf Hitler, rien de moins.

Puis nous avons eu différents tableaux de l’Histoire de France, de notre roman national. On a commencé par les Gaulois, on a fini par les deux grandes guerres du XXe siècle, en passant par Vercingétorix, Clovis, Jeanne d’Arc, Louis XIII, Louis XIV, Napoléon 1er, Napoléon III. Certains regretteront l’absence de 1789, mais c’est un choix qu’il faut respecter, on ne peut couvrir toutes les périodes en une heure et demie. Les organisateurs avaient décidé de mettre en avant également le génie français, celui de ses bâtisseurs, de ses paysans, de ses artisans, sans oublier le rôle de l’Église dans le maintien des valeurs traditionnelles, quand la France s’écroulait. Le message de transmission était assuré, tout au long des différentes scènes, par un petit garçon et une petite fille qui assistaient au sacrifice des nôtres pour sauver notre pays et ses libertés.

De nombreuses scènes de chevaux complétaient ce spectacle de son et lumière qui fut suivi, pour la première soirée, par plus de six cents personnes, sachant que mille autres sont attendues samedi et autant dimanche. Deux cents figurants, qu’on retrouvera tous dans un superbe finale, assuraient la réussite de cette grande fresque historique et artistique.

Lorsqu’on on a assisté à ce spectacle, qui est un hymne à la France éternelle qui a toujours su ressurgir quand on la croyait au fond du trou, on ne peut que serrer les poings de rage quand on sait les efforts de quelques militants locaux pour faire vivre ces pans d’histoire du Bourbonnais, et la volonté destructrice d’une gauche anti-France qui ne supporte pas qu’un spectacle glorifie et valorise l’histoire de notre pays et de la région.

Je ne peux que remercier « Murmures de la Cité », et souhaiter une bonne réussite pour les deux prochains spectacles.

Murmures de la Cité cliquez ici

samedi, 11 juillet 2026

Marine Le Pen, la volonté contre les idées

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Balbino Katz

Après mon séjour en Provence, j’ai fait une escapade en terre de Flandre, comme il m’arrive d’en accomplir une selon un rythme à peu près décennal. L’âge nous impose ainsi ses pèlerinages. Il existe une horloge secrète qui, tous les dix ans, sonne le retour vers les paysages où notre jeunesse a laissé quelque chose d’elle-même. On croit visiter des lieux ; ce sont eux qui nous attendent.

Mon premier voyage dans le Nord remontait à 1976, au lendemain du baccalauréat. Mon père m’avait conduit jusqu’à la tour de l’Yser, à Dixmude, point culminant de l’IJzerbedevaart, le pèlerinage annuel qui rassemblait alors la fine fleur du nationalisme flamand. On y croisait, par affinité et parfois par simple goût de l’aventure, des Bretons, des Corses, des Catalans, des Basques et quantité de jeunes gens appartenant à des chapelles plus ou moins droitières, plus ou moins sérieuses, qui donnaient libre cours à leurs fantaisies durant quarante-huit heures.

Le rassemblement, né après la Grande Guerre autour du souvenir des soldats flamands et de la revendication d’autonomie, était devenu l’une des grandes liturgies du mouvement flamand. Le mot de liturgie n’est pas excessif. Il y avait des drapeaux, des chants, des morts invoqués, des serments, une tour dressée dans le plat pays comme un clocher politique. Toutes choses qui paraîtraient aujourd’hui incongrues, sinon suspectes, tant notre époque redoute les cérémonies qu’elle n’a pas inventées.

En montant vers la Flandre, nous avions fait quelques haltes. L’une d’elles nous avait conduits devant la maison de Dominique Venner, retirée au milieu d’une forêt. L’essayiste n’avait pas trouvé cinq minutes à nous accorder. Il nous avait salués sur le pas de sa porte, puis congédiés sans autre cérémonie. Cette réception un peu sèche ne nous détourna pas de notre itinéraire mémoriel : quelques kilomètres plus loin, à Abbeville, nous attendait un rendez-vous autrement symbolique.

Nous voulions nous recueillir devant le kiosque à musique où vingt et un prisonniers avaient été massacrés par des soldats français, le 20 mai 1940, dans la panique de la débâcle. Parmi eux se trouvait Joris Van Severen, fondateur du Verdinaso et l’une des grandes figures du nationalisme flamand de l’entre-deux-guerres. Arrêté en Belgique, transporté en France, il avait été abattu sans jugement avec des hommes et des femmes que réunissait surtout le malheur d’être devenus suspects au mauvais moment.

Devant ce kiosque silencieux, la pensée me vint que les morts sont parfois plus accueillants que les vivants.

La halte suivante fut le cimetière militaire allemand de Langemark, à quelques lieues de Dixmude. Sous de grands arbres, dans une paix presque champêtre, reposent des dizaines de milliers de soldats allemands. Parmi eux figurent plusieurs milliers de jeunes volontaires, dont nombre d’étudiants, fauchés dans les combats d’octobre et de novembre 1914. L’Allemagne fit plus tard de leur sacrifice le mythe de Langemarck, celui d’une jeunesse instruite et ardente montant au feu avec davantage d’enthousiasme que d’expérience.

La réalité fut moins lyrique. Des régiments hâtivement constitués furent jetés contre des troupes aguerries, dans la boue des Flandres. Dans ce même vaste charnier, un peu plus au nord, les fusiliers marins de l’amiral Ronarc’h, dont beaucoup venaient de Bretagne, défendaient Dixmude avec une opiniâtreté devenue légendaire. Des jeunes Européens tuaient d’autres jeunes Européens au nom d’États qui, quelques décennies plus tard, recommenceraient la besogne avec des moyens autrement considérables.

Devant les pierres sombres de Langemark, la grandiloquence patriotique perd beaucoup de son lustre. On mesure ce que les nationalismes d’État lancés dans la guerre industrielle ont coûté à notre continent : non seulement des millions de morts, mais une sélection à rebours qui emporta souvent les plus courageux, les plus instruits et les mieux disposés au sacrifice.

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mardi, 07 juillet 2026

Rétablir la peine de mort : une rupture nécessaire avec l’idéologie dominante

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Jean-Yves Le Gallou Polémia cliquez ici

La peine de mort est un des tabous du politiquement correct de notre époque. Fustigée par la caste politico-médiatique, elle continue pourtant à être réclamée par une grande partie du peuple français, malgré une propagande officielle très puissante. Cette semaine, Emmanuel Macron a pris la parole à ce sujet : « La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Ça a été montré, observé, mesuré. Ça n’a jamais eu la notion dissuasive que certains pouvoirs autoritaires voudraient lui accorder. » Pour répondre à Emmanuel Macron, et à tous ceux qui persistent à nier l’intérêt de la peine capitale, nous republions ce jour cette communication prononcée par Jean-Yves Le Gallou à la XXIIe université annuelle du Club de l’Horloge, le 30 septembre 2006.

Polémia

L’abolitionnisme : une figure imposée de l’idéologie dominante

Il est courant de lire que « nous vivons à l’ère de la fin des idéologies ». Et pourtant cette affirmation est un contresens absolu.

Comme l’a remarquablement souligné l’historien Dominique Venner, dans « Le Siècle de 1914 », nous ne vivons pas dans un monde a-idéologique mais, au contraire, dans « un monde saturé d’idéologies », et, en ce qui concerne plus particulièrement l’Europe, d’idéologies culpabilisatrices et incapacitantes.

L’abolition de la peine de mort est au cœur de ce dispositif idéologique auquel est soumis ce que nos voisins suisses appellent le « Gué Pé U », le « Grand Parti unique ». Au sein de ce grand parti unique, il n’est pas possible de faire carrière sans adhérer aux dogmes dominants : l’abolition de la peine de mort en est un, la Tyrannie médiatique étant le moyen utilisé pour refuser tout débat contradictoire selon le schéma suivant :

  • les membres de la classe médiatique sont unanimement favorables à l’abolition de la peine de mort (et ceux qui ne le sont pas n’ont pas la possibilité de s’exprimer sur le sujet) ;

  • les armes utilisées pour imposer ce point de vue sont celles de L’INDIGNATION, de la DIABOLISATION dont Robert Badinter continue de jouer admirablement dans son dernier livre (« Contre la peine de mort ») où il se veut toujours « aux cotés des femmes lapidées en Afghanistan, des hommes fusillés dans les stades en Chine (…), des enterrés vifs pour adultère en Iran, des homosexuels pendus en Arabie saoudite, des mineurs pénaux et des débiles mentaux empoisonnés, gazés, électrocutés aux États-Unis ».

Le rythme des phrases, le choix des lieux, l’accumulation des adjectifs, tout relève d’un art oratoire visant à tétaniser la raison et à interdire toute réplique en jouant exclusivement sur la sensibilité : l’avalanche d’évocations émotionnelles visant à empêcher le libre exercice critique de la pensée.

Il y a aussi une autre méthode pour imposer l’idéologie dominante : tout simplement celle du silence. Pourquoi donner la parole aux partisans de la peine de mort puisque le débat est réputé clos ? Pourtant la meilleure preuve qu’il n’en est rien, ce sont les abolitionnistes eux-mêmes qui la donnent en renouvelant régulièrement les campagnes médiatiques qu’ils inspirent contre la peine de mort. La vérité c’est que le débat sur la peine de mort reste un débat d’avenir.

Le débat sur la peine de mort est un débat d’avenir

Le débat sur la peine de mort a fait rage, en France, dans les années 1970. Cette période s’est achevée, en 1981, par le vote de la loi Badinter d’abolition.

Les abolitionnistes ont gagné la bataille, puis clos le débat, autour de trois arguments :

  1. le spectre de l’erreur judiciaire (« Le Pullover rouge », de Gilles Perrault) ;

  2. le caractère non dissuasif de la peine (selon Robert Badinter, Patrick Henry, futur assassin, se trouvait parmi la foule qui, au Palais de justice de Troyes, réclamait la mort pour Buffet et Bontemps) ;

  3. l’avancée inéluctable des démocraties vers l’abolitionnisme.

Le débat est aujourd’hui rouvert, car aucun de ces arguments, qu’il soit émotionnel (l’erreur judiciaire) ou d’autorité (le manque de dissuasion, le sens de l’histoire), ne tient face aux faits.

La thématique de l’erreur judiciaire n’est pas réellement pertinente

L’évocation du risque d’erreur judiciaire est centrale aux Etats-Unis dans le combat des abolitionnistes ; elle s’appuie sur les faiblesses du système judiciaire américain. Elle se heurte toutefois à une limite factuelle : jusqu’ici la justice américaine n’a jamais reconnu comme innocent quelqu’un qui aurait été préalablement exécuté. Il est vrai que la multitude des procédures de recours limite les risques.

En France la même thématique a été reprise par Jacques Chirac. Dans la réponse qu’il a apportée à l’association « Ensemble contre la peine de mort », le 21 juin 2001, le président de la République a déclaré : « C’est un combat qu’il faut mener avec détermination et conviction. Car nulle justice n’est infaillible et chaque exécution peut tuer un innocent. »

L’écrivain d’extrême gauche Gilles Perrault a beaucoup exploité cette rhétorique à travers un livre et un film « Le Pullover rouge », œuvres de fiction censées innocenter, par la mise en avant de cet élément vestimentaire troublant, Christian Ranucci, exécuté le 28 juillet 1976 pour l’enlèvement et le meurtre d’une fillette. Mais le montage cinématographique ne résiste pas aux faits :

  • Ranucci a conduit lui-même les enquêteurs sur les lieux où il avait enterré l’arme du crime ;

  • Un pantalon maculé de sang (du même groupe que sa victime) et un cheveu semblable à celui de sa victime ont été retrouvés dans sa Peugeot.

Au demeurant, le problème de l’erreur judiciaire n’est pas celui de la peine, il est celui de la preuve

La justice est une institution humaine et par conséquent faillible. L’existence d’erreurs judiciaires est donc inéluctable. Or, leur gravité peut être considérable et pas seulement dans le cas de la peine de mort : priver un homme de liberté lorsqu’il est innocent peut le conduire au suicide. C’est ainsi que l’un des accusés innocents d’Outreau mit fin à ses jours. Faut-il pour autant supprimer toute forme de détention préventive ?

Non, mais il faut être plus exigeant en matière de preuve, et de preuves matérielles : en histoire comme en criminologie, les témoignages et les aveux sont fragiles et sont faillibles. On ne peut s’en contenter. Au demeurant, les progrès de la criminologie, notamment dans le domaine génétique, permettent souvent (pas toujours) d’étayer les présomptions discutables de faits matériels. Si la justice doit progresser, c’est moins en abaissant l’échelle des peines ou en en supprimant la clé de voûte qu’en étant plus exigeante avec elle-même en termes de faits objectifs (et non subjectifs). C’était déjà le point de vue des philosophes du XVIIIe siècle, qui ne remettaient pas tous en cause le châtiment suprême mais s’attachaient à la critique rigoureuse de l’établissement des faits et des procédures qui pouvaient justifier la sanction pénale.

Par nature irréversible, la peine de mort ne devrait pouvoir être appliquée qu’à des crimes pour lesquels les preuves matérielles seraient suffisamment fortes et nombreuses pour ôter tout doute sérieux et légitime. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que, tout en l’encadrant de plus en plus soigneusement, beaucoup de pays ne renoncent pas à la peine de mort.

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Discriminations anticatholiques au Prytanée militaire ?

Prytanee-militaire.jpgAlain Sanders

Le Prytanée national militaire de La Flèche occupe une place singulière dans le paysage éducatif français. Héritier d’une longue tradition remontant à Henri IV, il conjugue excellence académique, formation militaire et transmission des valeurs nationales. Pourtant, depuis plusieurs années, certains anciens élèves, familles et personnels dénoncent une « évolution » préoccupante : l’apparition de discriminations à l’égard des élèves et des personnels de confession catholique.

Ces accusations soulèvent une question sensible : où se situe la frontière entre l’application du principe de laïcité et une atteinte manifeste à la liberté religieuse ?

Le Prytanée est installé dans un ancien collège jésuite, dont la chapelle royale constitue l’un des éléments patrimoniaux majeurs. Pendant des décennies, la pratique religieuse catholique a coexisté avec les exigences de neutralité de l’État. Des messes étaient proposées aux élèves volontaires, des aumôniers militaires assuraient un accompagnement spirituel et les grandes cérémonies religieuses rythmaient encore récemment certains temps de la vie de l’établissement.

Comme dans l’ensemble des armées françaises, l’aumônerie militaire répond à un principe inscrit dans le droit : permettre aux militaires et aux élèves militaires d’exercer librement leur religion malgré les contraintes du service.

Selon plusieurs témoignages d’anciens élèves et de familles, cette tradition a progressivement laissé place à une interprétation plus restrictive de la laïcité.

Les griefs évoqués concernent notamment une diminution de la visibilité des activités de l’aumônerie ; des difficultés d’organisation pour certaines célébrations religieuses ; des remarques dépréciatives envers les élèves pratiquants ; un climat où l’expression d’une foi catholique serait davantage perçue comme un « engagement idéologique » que comme une conviction personnelle.

Ces « évolutions » produisent un sentiment d’autocensure : certains élèves renonceraient à participer aux activités religieuses ou éviteraient d’afficher leur foi afin de ne pas être marginalisés.

Sur le plan juridique, la situation est plus nuancée. La loi de 1905 garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, sous réserve du maintien de l’ordre public. Dans les établissements relevant du ministère des Armées, cette liberté est assurée notamment grâce aux aumôneries militaires. Le principe de neutralité s’impose aux agents publics dans l’exercice de leurs fonctions. En revanche, les élèves ne sont pas soumis aux mêmes obligations (sauf lorsque certaines restrictions sont justifiées par les nécessités du service ou de la discipline militaire). Ainsi, le simple fait pour un élève d’assister à une messe ou de pratiquer sa religion ne saurait, en lui-même, constituer un manquement au principe de laïcité.

La direction des établissements militaires met régulièrement en avant une lecture différente. Selon cette approche, les éventuelles limitations apportées aux activités religieuses relèvent d’impératifs d’organisation, de sécurité ou d’égalité de traitement entre toutes les confessions. Les responsables rappellent également que le Prytanée accueille des élèves de convictions très diverses et qu’aucune religion ne peut bénéficier d’un traitement privilégié. Cette interprétation laïcarde conduit à réduire la visibilité de pratiques historiquement très présentes, ce qui peut être vécu par certains comme une forme d’effacement militant de l’identité catholique de l’établissement.

En droit, la discrimination suppose une différence de traitement fondée sur un critère prohibé — ici la religion — et produisant un désavantage injustifié. C’est le cas avec un refus récurrent d’accès à certaines activités en raison de la religion ; des sanctions disciplinaires sournoisement liées à la pratique religieuse ; des propos ou des comportements hostiles caractérisés. Nous sommes ainsi en présence d’une laïcité d’effacement cherchant à rendre la religion catholique quasiment invisible dans l’espace public. La volonté affichée d’éviter « toute apparence de préférence religieuse » conduit à restreindre excessivement les manifestations ordinaires de la foi catholique.

La découverte, sur un document de Parcoursup d’une mention classant « l’inscription dans établissements hors contrat » parmi les « critères éliminatoires » des préparations du Prytanée militaire de La Flèche traduit la volonté scandaleuse (on est dans une nouveau scandale des Fiches) de chasser les élèves du hors contrat catholique de l’Armée. Catherine Vautrin, qui est faite pour être ministre des Armées comme moi pour être Petit Rat de l’Opéra, annonce le déclenchement d’une enquête sur cette « situation totalement inacceptable ». Attendons pour voir…

Source EuroLibertés cliquez ici

NDLR SN : On nous fait savoir que, suite au recours déposé par la Fondation Créer son école, cette décision serait suspendue et que les candidats discriminés seront intégrés.

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dimanche, 05 juillet 2026

De Belfast à Rome : le numéro d’été de Synthèse nationale ausculte le réveil identitaire du continent

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Breizh info cliquez ici

La revue trimestrielle Synthèse nationale, fondée en 2006 par Roland Hélie, publie son 74e numéro à l’occasion de l’été 2026. La livraison coïncide avec les vingt ans de la publication, qui seront célébrés en octobre. Vendu 12 euros, ce numéro de 84 pages place la question identitaire européenne au cœur de sa ligne éditoriale, avec une couverture qui décline les foyers de mobilisation du moment : « De Belfast à Varsovie, de Stockholm à Rome, de Londres à Madrid, de Tours à Narbonne. »

Un numéro anniversaire tourné vers le « combat des idées »

Dans son éditorial, Roland Hélie revient sur deux décennies d’existence de la revue et développe sa lecture de la situation française et européenne, qu’il juge « au bord de l’implosion ». Le directeur de publication y défend l’idée que l’idéal national et identitaire, longtemps marginalisé selon lui, s’impose désormais comme une alternative crédible dans la perspective de la présidentielle de 2027.

Le sommaire alterne analyses politiques, chroniques et recensions. Pieter Kerstens signe une tribune sur l’immobilisme de la classe politique, tandis que Philippe Randa consacre sa chronique aux « petits » candidats de la prochaine présidentielle et à leur difficulté à réunir les cinq cents parrainages.

La remigration et l’international en fil rouge

Plusieurs contributions traitent des thématiques migratoires et internationales. La revue consacre un article à la remigration, présentée à travers l’ouvrage récent de Jean-Yves Le Gallou et la mobilisation romaine du 13 juin organisée par le comité Remigrazione e Riconquista. Michel Festivi développe une analyse critique de La France insoumise, et Maurice Bernard commente la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU du 25 mars sur la traite atlantique.

Le numéro accorde par ailleurs une place à la question de l’intelligence artificielle, avec un article d’Alexis Murbas revenant sur l’encyclique Magnifica humanitas du pape Léon XIV et sur les inquiétudes exprimées outre-Atlantique par une partie de la mouvance MAGA.

Un décryptage des émeutes de Belfast

L’analyse des émeutes survenues à Belfast en juin est reprise dans un article de Martine Heldé, qui cite longuement le décryptage livré sur Breizh-Info puis sur CNews. La revue souligne l’approche « froide et distanciée » adoptée pour comprendre ces événements, en distinguant plusieurs réalités superposées : une colère sociale présente des deux côtés des murs de séparation, une mobilisation concentrée dans les quartiers loyalistes, et une dynamique anti-immigration distincte en République d’Irlande. La conclusion insiste sur l’absence de débat démocratique organisé en amont sur l’immigration au sein des sociétés européennes.

Culture, histoire et hommages bretons

La partie culturelle du numéro comprend une critique du dernier album La longue marche de Lucky Luke de Matthieu Bonhomme, jugée sévèrement pour son orientation idéologique, ainsi qu’une chronique cinéma de Scipion de Salm consacrée au film Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli, sur les trajectoires de Jean et Corinne Luchaire sous l’Occupation.

Youenn Caouissin y signe un hommage à l’abbé Yann-Vari Perrot, recteur de Scrignac assassiné en 1943, à l’occasion d’une journée du souvenir organisée par l’association Feiz ha Breizh le lundi de Pâques. Les rubriques habituelles — recensions de Georges Feltin-Tracol, biographies littéraires de Daniel Cologne — complètent le sommaire, aux côtés d’un compte rendu de la vie de l’association et de sa « Bio Collection », dont le neuvième volume est consacré à Augusto Pinochet.

Le numéro 74 de Synthèse nationale est disponible au numéro et sur abonnement auprès de la revue, ainsi que sur le site synthese-editions.com.

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www.breizh-info.com

NDLR SN : En Bretagne, on a deux chances, celle, justement, d'être en Bretagne et celle d'avoir Breizh info... Que notre confrère soit ici remercié pour ce bel article.

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vendredi, 03 juillet 2026

La désespérance des Français face aux politiciens de l’impuissance

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Yves Thréard

Que reste-t-il du rêve français ? À dix mois de l’élection présidentielle, l’étude de la Fondapol que présente Le Figaro donne un sombre tableau de l’état de la nation. Le moral est au plus bas et l’inquiétude au plus haut. Le fond de l’air est lourd, plombé par des crises multiples : migratoire, identitaire, industrielle, sécuritaire, sociale, environnementale, politique, générationnelle… La mondialisation est clouée au pilori. La crainte de voir chuter son niveau de vie est grande. Mais domine surtout la peur que la France ne soit plus la France. Que ses traditions, sa culture, son art de vivre disparaissent. Que son avenir comme son histoire lui échappent. Qu’elle soit dépossédée de sa singularité. Qu’elle éclate en mille morceaux…

Pour vaincre le pessimisme ambiant, la classe politique actuelle paraît bien mal placée. Jugée désespérante, elle est tenue pour responsable du marasme. On ne peut s’en étonner. Manque d’audace, de volonté, de courage ? Les trotte-menu de la décadence, les politiciens de l’impuissance, les farfadets de l’abandon, comme les appelait le général de Gaulle en son temps, sont sur le banc des accusés. De droite comme de gauche ou du centre, les partis dits de gouvernement inspirent une immense méfiance. Emmanuel Macron, le dégagiste de 2017, pourrait-il avoir un successeur ? Nombre de Français, selon la Fondapol, veulent tourner la page. Les clivages se radicalisent. Les extrêmes montent. Mais LFI, où la tentation insurrectionnelle est grande, est considéré comme beaucoup plus dangereux que le Rassemblement national.

Dans le maelström d’incertitudes qui les inquiète, les Français restent néanmoins attachés à l’Europe. Et affirment leurs trois priorités : moins d’impôts et de normes, une industrie et une agriculture qui marchent et un étroit contrôle de l’immigration. Trois objectifs ambitieux, mais à la portée d’un futur président lucide et pragmatique. À condition qu’il ne soit pas rattrapé par un penchant égotique et qu’il parvienne à composer avec une majorité ou des majorités dans la foulée de son élection. Impossible n’est pas français.

Source : Le Figaro 3/7/2026

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mercredi, 01 juillet 2026

Les 7 péchés capitaux de la justice

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Envahissante, progressiste, partiale et partisane, liberticide, opaque, irresponsable et débordée. Rendre la justice est difficile. Et beaucoup de juges s’y essaient du mieux possible. Mais le système judiciaire est fondamentalement vicié.

Jean-Yves Le Gallou

Une justice envahissante

La justice est envahissante par nature : l’inflation législative et réglementaire, tout comme l’inscription de principes généraux dans la Constitution, multiplient les occasions d’intervention des juges. Dans le même temps, leurs jurisprudences élargissant les concepts de responsabilité — sauf pour eux-mêmes — et la fixation d’indemnités généreuses pour les plaignants encouragent des dépôts de plainte de plus en plus nombreux.

Une justice progressiste

La justice est progressiste par construction ; elle poursuit dans cette voie depuis l’époque Badinter, en 1981, et son cabinet constitué de militants du Syndicat de la magistrature. Un syndicat qui inspire largement l’enseignement délivré à l’École nationale de la magistrature, sans même parler des épreuves de recrutement.

Une justice partiale et partisane

« Pour la femme contre le mari, pour le locataire — ou le squatteur — contre le propriétaire, pour l’employé contre le patron » : la harangue de Baudot, à l’origine du Syndicat de la magistrature, hante les prétoires. On pourrait ajouter : pour le cambrioleur contre le citoyen qui se défend.

Quant aux conflits matrimoniaux ou familiaux, beaucoup d’hommes ont l’impression de ne pas avoir toutes leurs chances dans le cadre d’un procès équitable de la part d’un corps très féminisé. Sur le plan politique, le deux poids, deux mesures est au rendez-vous : qui, à gauche, en face des procès à grand spectacle — et à grands frais — faits à Fillon, Sarkozy ou Le Pen ? Et, sur les bords du spectre, il vaut mieux être un agresseur violent d’extrême gauche qu’un pacifique lanceur d’alerte identitaire. Le crime contre la pensée est davantage réprimé que la violence physique.

Une justice liberticide

Le juge a longtemps été présenté comme protecteur des libertés : il l’est encore s’agissant de l’application de la grande loi sur la presse de 1881. Mais celle-ci est de plus en plus contournée par des lois adjacentes sur le « séparatisme » ou le « harcèlement ». Des textes pénaux que les juges devraient interpréter de manière restrictive et non extensive, comme ils le font, au risque de graves dérives — affaire #Tegner.

Une justice opaque

L’anonymat judiciaire est tel qu’il n’est pas toujours facile de savoir — à rebours de toute courtoisie — qui va vous juger, ou juger votre client pour un avocat, et même, a posteriori, qui vous a jugé. Obtenir la copie provisoire d’un jugement est parfois un véritable défi, surtout quand le temps est compté pour introduire — ou non — un recours. Enfin, la justice est rendue au nom du peuple français, mais celui-ci peut difficilement — sauf pour les tribunaux administratifs — accéder aux jugements. Ce qui est un déni de transparence.

Une justice irresponsable

Concernant la sécurité, la justice — dans la logique de la défense sociale nouvelle — se place davantage du point de vue du délinquant à réinsérer que de celui de la société à protéger. Il en va de même s’agissant de l’immigration, question pour laquelle les tribunaux administratifs et judiciaires font souvent prévaloir le point de vue de l’étranger — même délinquant, même clandestin — plutôt que l’intérêt général de la communauté nationale.

L’irresponsabilité est aussi individuelle : même sans faute, la justice est sévère lorsqu’elle met en cause la responsabilité des chefs d’entreprise, des encadrants sportifs ou des médecins, mais elle a fait de l’indulgence pour les siens un dogme. Qui gardera les gardiens ?

Une justice débordée

Méfiante vis-à-vis des innovations techniques, peu agile en informatique, terrorisée par l’IA, la justice est progresso-vieillotte : progressiste dans son idéologie, vieillotte dans ses méthodes. Elle est vite débordée, comme on l’a vu tristement pour les meurtres de #Lyhanna et #Louis.

Comment en sortir ?

Par le rappel que l’autorité judiciaire n’est pas un pouvoir, mais, comme le voulait la Constitution de 1958 du général de Gaulle, une institution respectant la souveraineté nationale.

Par un changement de politique judiciaire remettant au premier plan la sécurité des Français et la protection des frontières de la France. Par un choc abrogatoire supprimant les dispositions juridiques encombrantes, nuisibles ou liberticides.

Par le renforcement des moyens de la justice, grâce au recrutement de magistrats hors de la logique idéologique de l’ENM. Par une transparence accrue des décisions prises.

Source Polémia cliquez ici

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mardi, 30 juin 2026

Tribune libre : À Laurent Nuñez après la mort de Louis : et si c’était votre fils ? Lettre ouverte au ministre qui a peur de la colère populaire plus que des assassins

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Notre confrère et néanmoins ami Yann Vallerie de Breizh info cliquez ici publie cette lettre ouverte ce matin à l'attention de Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur.

Monsieur le ministre,

Vous avez trouvé le mot. Pendant qu’un adolescent de dix-sept ans agonisait quatre jours durant après avoir été roué de coups dans un guet-apens, pendant qu’une mère apprenait que son enfant ne se relèverait pas, vous, depuis le confort feutré d’une interview au Parisien, vous avez trouvé le mot qui résume votre fonction et votre époque : « exploitation » ou « récupération ».

L’extrême droite « exploiterait » la mort de Louis. Voilà votre première préoccupation. Pas les coups. Pas le guet-apens. Pas les images du crime diffusées comme un trophée. Non : la crainte que des Français en colère ne s’en emparent. Vous êtes ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire des morts violentes de ce pays, et votre réflexe devant un cadavre d’enfant n’est pas de désigner les bourreaux, mais de surveiller ceux qui pleurent.

Alors permettez à un père de vous répondre, sans filtre et sans la componction de vos éléments de langage.

Oui, je voudrais qu’on « récupère »

Vous voulez savoir ce que je ferais, moi, si l’on me rendait un jour mon fils ou ma fille brisé sur un chantier, laissé pour mort comme un déchet, violé par un migrant que vos autorités auraient laissé rentrer sur le territoire sans demander mon avis ? Je vais vous le dire, puisque vous semblez ne pas comprendre.

Oui, je voudrais que sa mort serve. Oui, je voudrais qu’on la « récupère », qu’on l’« exploite », qu’on la brandisse. Je voudrais qu’elle déborde de vos communiqués et de vos cellules psychologiques. Je voudrais qu’elle mette des dizaines de milliers de gens dans la rue, qu’elle empêche de dormir, qu’elle dérange vos dîners et vos plateaux. Je voudrais que son nom devienne un caillou dans la chaussure de chaque responsable qui, depuis trente ans, a préféré la paix sociale de façade au courage de nommer le réel.

Vous appelez cela de la récupération. Moi j’appelle cela de la dignité. Une société qui ne se met plus en colère devant l’assassinat de ses enfants, qui ne se révolte pas, qui ne demande pas des comptes, brutalement s’il faut, à ses dirigeants, n’est pas une société apaisée : c’est une société morte, qui a simplement cessé de sentir. Le scandale, monsieur le ministre, ce n’est pas l’émotion populaire. Le scandale, c’est qu’il faille la justifier devant vous.

Le vrai exploiteur, c’est le silence

Vous nous expliquez doctement qu’il n’y a « pas de caractère raciste avéré ». Soit. Encore qu’il y aurait tant et tant à redire sur le sujet, alors que toute une partie de la jeunesse est, par la faute des autorités, sous influence culturelle extra européenne permanente (la culture rap, la culture racaille, américano-africaine pour faire simple) quand elle n’est pas elle-même issue de ses continents. Mais je ne vous parle pas de la couleur des assassins, je vous parle de votre couleur à vous : celle d’un pouvoir qui a fait du déni une méthode de gouvernement. Vous concédez, du bout des lèvres, votre inquiétude devant « la montée de la violence chez les jeunes », devant « cette violence totalement débridée ». Débridée par qui ? Tombée du ciel ?

Cette violence n’est pas un climat. Elle est le produit d’une politique. De votre politique, et de celles de vos copains et amis. De décennies de renoncements, de lois molles, de juges entravés, de frontières-passoires, de quartiers abandonnés, d’une autorité que vous avez vous-mêmes désarmée au nom d’on ne sait quelle modernité. Vous avez construit, brique après brique, la maison qui s’effondre aujourd’hui sur nos enfants — et vous venez nous reprocher de pleurer trop fort dans les décombres.

Ceux que vous accusez de « récupération » sont précisément ceux qui, depuis des années, vous avertissaient. Qui dénonçaient. Qui proposaient. On les a traités d’infréquentables, de paranoïaques, de prophètes de malheur, de racistes, d’extrémistes, alors qu’ils avaient raison depuis des décennies. Et chaque fait divers leur donne raison avec une régularité de métronome. La faute n’est pas la leur. Elle n’est pas la nôtre. Elle est la vôtre, exclusivement la vôtre, et celle de cette caste qui se croit plus républicaine que le peuple dont elle se réclame.

Regardez, pour une fois

Vous vous prétendez les gardiens de la République. Mais la République, monsieur le ministre, ce n’est pas un totem que l’on agite pour faire taire les inquiets. C’est un contrat : votre protection contre notre obéissance. Vous avez rompu votre part. Vous avez encaissé l’obéissance et vous avez cessé de protéger.

Alors je n’ai qu’une exigence, et elle n’est pas tendre. Cessez de regarder la foule avec méfiance et regardez plutôt ce qu’elle regarde. Mettez le nez dans ce que votre gestion a produit. Certes, ça pue. Descendez de l’estrade des donneurs de leçons et venez constater, à hauteur de trottoir, l’état réel du pays. Les Français ne demandent pas votre compassion télévisée. Ils demandent que ça s’arrête. Et le jour où vous craindrez davantage les assassins que les manifestants, ce jour-là seulement, vous serez redevenu un ministre de l’Intérieur.

En attendant, gardez votre mot. Nous garderons nos morts. Et nous n’oublierons aucun des deux.

Yann Vallerie :

un père, parmi des millions.

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Péril en la demeure

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A l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence (2-3-4/07), Jean-Hervé Lorenzi, 79 ans, son président, interpelle les politiques sur leur « déni » face à l’enjeu démographique.

Le Figaro – « Naviguer dans un monde sans repères ». Pourquoi avoir choisi ce thème pour les Rencontres économiques d’Aix 2026 ?

Jean-Hervé Lorenzi. - Parce que c’est l’évidence du moment. Nous sommes entrés dans une période où la violence est partout : au niveau international, européen, national, et jusque dans la vie quotidienne. Qui aurait imaginé, il y a vingt ans, qu’on serait incapables de construire un avion de combat franco-allemand ? Sur tous les sujets, on observe des rejets, des crispations. Les repères sont précisément ce qui permet d’apaiser, d’ordonner, de calmer une société. Or, nombre d’entre eux ont volé en éclats. Les Rencontres d’Aix veulent donc essayer de redonner un cadre de compréhension et d’action, sur les grands sujets internationaux, économiques et sociaux.

Qu’est-ce qui a le plus volé en éclats, comme vous le dites, ces trente dernières années ?

D’abord, l’idée qu’il existait une trajectoire presque naturelle du progrès. Nous pensions que la technologie, l’accumulation des savoirs et la montée des classes moyennes allaient mécaniquement améliorer les sociétés. C’était, pour parler comme les économistes, le vieux monde fordiste. Tout cela n’existe plus. Les inégalités patrimoniales et de revenus se sont accrues, les tensions aussi. Et désormais, la technologie elle-même bouleverse le travail, donc les vies.

Assiste-t-on à une succession de crises ou à un changement d’époque plus profond ?

Je n’aime plus beaucoup le mot de « crise », tant il a été galvaudé. Ce que nous vivons est plus grave : une transition d’époque extrêmement dangereuse, qui bouleverse l’ensemble de nos repères. Ce n’est pas un simple accident de parcours, c’est effectivement un changement profond de monde.

Les économistes doivent-ils désormais intégrer davantage la géopolitique à leur réflexion ?

Bien sûr. La géopolitique structure désormais les relations économiques internationales. Quand on voit monter un acteur comme le chinois BYD, ou quand on s’interroge sur notre capacité à produire des batteries en France, on est au cœur de sujets géostratégiques. Mais il faut aller plus loin : il faut aussi réintroduire massivement les sciences humaines, et d’abord la philosophie. Car derrière l’économie, il y a une question de valeurs : sur quel monde veut-on fonder les relations entre les êtres humains ? Nous pensions que certains socles (comme le respect, la civilité, les partis politiques…) tenaient encore. Ce n’est plus le cas.

L’Europe pèse-t-elle encore dans ce nouveau monde ?

Il faut sortir du discours convenu. Oui, l’Europe reste un marché immense. Mais elle n’est plus une grande puissance industrielle forte. Et surtout, elle pèse moins parce qu’elle n’est pas réellement unie. Ce qui fonctionne aujourd’hui, ce sont souvent des coopérations plus souples, parfois en dehors même du cadre classique de l’Union européenne. Il faut sans doute penser une Europe nouvelle, fondée sur des convergences concrètes entre grands pays, avec plus de flexibilité et d’efficacité.

L’économie française vivote depuis plusieurs années. La dette est-elle son principal problème ? 

La dette est un problème sérieux, et il faut la stabiliser; mais ce n’est pas notre principal problème. Le grand sujet français, c’est le vieillissement, parce qu’il va bouleverser la structure de la société. Entre santé, retraites et dépendance, et à conditions inchangées, son coût pour les finances publiques dépassera 30 milliards d’euros par an à l’horizon 2030. C’est colossal.

Et pourtant cela semble rester un angle mort dans le débat public…

C’est pire qu’un angle mort, c’est un déni absolu de la part de ceux qui nous gouvernent ! Alors que c’est un véritable péril, pour trois raisons. D’abord, je le redis, parce qu’il coûte très cher. Ensuite, parce qu’une société vieillissante est une société qui a davantage tendance à se figer. Ce ne sont pas les plus de 70 ans qui créent massivement des entreprises. Enfin, parce que l’épargne est de plus en plus concentrée entre les mains des retraités qui, très logiquement, prennent moins de risques. Résultat : cet argent finance encore trop peu l’économie productive. Le vrai enjeu, c’est donc un transfert vers la jeunesse, vers la formation, l’apprentissage, l’innovation.

Votre dernier ouvrage « Guerre et Paix, entre profits et salaires » (Odile Jacob, 2026), souligne un tiraillement persistant. Comment le résoudre ?

Le livre bâtit une réforme fiscale complète qui met en œuvre huit principes permettant de répartir l’ensemble des prélèvements obligatoires favorables à la connaissance et au dynamisme de la jeunesse. Il défend une idée simple : une économie fonctionne durablement quand elle maintient un équilibre entre revenus du travail et revenus du capital. Historiquement, la règle de deux tiers pour les salaires et d’un tiers pour les profits a été efficace. Quand cette proportion se déforme trop, la croissance s’affaiblit et les tensions augmentent. Nous y sommes. Pour retrouver un équilibre, il faut une fiscalité plus efficace, capable à la fois de protéger les classes moyennes et d’alléger les contraintes pesant sur les petites entreprises. Il faut aussi mieux mobiliser les transmissions patrimoniales et le foncier.

Quelles sont les raisons d’être optimistes pour l’avenir ?

D’abord une conviction simple : le pire n’est jamais certain. Les sociétés humaines ont souvent basculé dans la violence, mais elles savent aussi inventer des formes nouvelles d’apaisement. Il y a ensuite les jeunes, probablement la clé pour demain. Je crois qu’ils aspirent moins à la guerre qu’à l’insertion, au progrès, à une vie professionnelle et personnelle construite. La jeunesse peut porter une vision plus proactive, plus positive, plus ouverte du monde qui vient. Encore faut-il lui donner les moyens d’agir. Je considère comme absurde d’avoir rogné sur l’apprentissage, tout en maintenant certains avantages fiscaux peu justifiables pour les retraités.

Dans le cas français, j’ai une raison supplémentaire d’être optimiste : le retour de l’esprit d’invention. La France a longtemps été un grand pays d’ingénieurs et d’innovateurs, avant de croire que le tourisme et la finance suffiraient et de se désindustrialiser. Je vois aujourd’hui un rebasculement. Il se passe quelque chose dans l’IA, le spatial, les semi-conducteurs, les biotechnologies. Cette envie d’être acteur du monde qui vient sera incarnée en ouvertures des Rencontres d’Aix avec la présence sur scène de deux jeunes femmes incroyables : Yasmine Belkaïd, la directrice générale de l’Institut Pasteur, et Maud Vinet, fondatrice de Quobly, qui va permettre à la France d’accélérer sur le quantique. Elles sont à l’image de ce que pourrait devenir la société française.

Source : Le Figaro 30/6/2026

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dimanche, 28 juin 2026

Dans Rivarol de cette semaine : un grand entretien avec Michel Festivi sur son Cahier d'Histoire du nationalisme consacré aux Phalanges espagnoles

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samedi, 27 juin 2026

Les fossoyeurs de l’Etat français et des Français

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Rarement, à ce niveau, un tel bilan n’avait été dressé sur le fait de savoir ce qui avait réellement coulé la France suite à de mauvaises décisions prises depuis Giscard d’Estaing (1974-1981, poursuivies de Mitterrand (1981-1995) en Chirac (1995-2007)  puis, Sarkozy (207-2012), Hollande (2012-2017) et au final Macron (2017-2027). Un tel aveuglement a amoindri notre démocratie, exaspéré le peuple par une immigration incontrôlée, engendré une partition de notre société entre les très riches, une petite et moyenne bourgeoisie saignées à blanc et des immigrés dont une partie d’entre eux veulent nous imposer la loi islamique. La France de Macron est une France désintégrée, qui ne fait plus du tout confiance à sa classe politique – surtout quand l’Assemblée nationale n’est jamais qu’une annexe du cirque Pinder.  Henry de Montherlant a eu ce mot juste, prêté à Caton, dans Le Treizième César : « Il regard en haut, il regarde en bas, il regarde à droite, il regarde à gauche, et il ne voit que de l’horreur. C’est le drame d’un peuple à un moment donné, il n’y a personne ».

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source : Institut Thomas More

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jeudi, 25 juin 2026

Louis lynché à mort à Narbonne : et si les prénoms de ses assassins étaient faux ?

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Jérôme Viguès

Il s'appelait Louis. Il avait 17 ans. Dans la nuit du 19 au 20 juin 2026, cinq individus l'ont attiré dans un guet-apens sur un chantier du quai d'Alsace à Narbonne, l'ont roué de coups de pied à la tête avec une sauvagerie méthodique, filmé agonisant au sol, et sont partis. Un ouvrier l'a découvert inconscient le lendemain matin. Il ne s'est jamais réveillé. Il est mort le 23 juin, cinq jours après. Ce pays a mis six jours à s'en apercevoir.

Louis n'avait pas été agressé au hasard. Il avait déjà été tabassé par certains membres du même groupe autour du 12 juin. Il avait eu le courage de porter plainte. Courage fatal. Jules Laurans, rédacteur en chef de Frontières, rapporte qu'on entend les agresseurs lancer à leur victime sur la vidéo du lynchage : "tu ne parleras plus à la police." Ce n'était pas une bagarre qui dégénère. C'était une exécution punitive. Un gamin de 17 ans a été tué pour avoir fait confiance à l'État. Et l'État, lui, était en vacances.

Ce n'est pas une figure de style. Frontières a contacté le parquet de l'Aude pour obtenir des précisions sur l'affaire. Réponse reçue : le parquet était en vacances. Pendant qu'une famille enterre son fils de 17 ans, les magistrats de Narbonne bronzent.

Maintenant posons la question que personne dans les grands médias ne posera. Qui sont ces cinq individus ? On dispose de prénoms — Jordan, Lucas, Mathias, Isaac, Kilian — communiqués par une source policière anonyme à CNews. Cinq prénoms anodins, rassurants, parfaitement français en apparence. Pas de noms de famille. Pas de nationalités. Rien. Juste cinq prénoms tombés d'une source unique, non confirmée, non vérifiable, et aussitôt repris par tous comme vérité établie.

Ce détail mérite qu'on s'y arrête. Rappelons-nous ce qui s'est passé à Crépol en novembre 2023, après le meurtre de Thomas. Quand les identités des suspects avaient filtré sur les réseaux sociaux, on avait constaté que seuls les suspects aux noms et prénoms à consonance arabe avaient été concernés par les fuites — pas ceux aux noms à consonance dite "française". (France Bleu) Neuf internautes avaient ensuite été poursuivis et condamnés pour avoir divulgué ces identités (France Bleu) , certains jusqu'à quatre mois de prison. Le message envoyé à la société française était limpide : les noms des agresseurs, c'est un secret d'État. La mort des victimes, c'est un fait divers.

Depuis Crépol, le système a appris. On ne laisse plus filtrer les noms. On lâche des prénoms — de préférence des prénoms qui ne posent pas de questions. Jordan, Lucas, Mathias, Kilian. Et Isaac — prénom biblique hébreu qui, sous sa forme arabe Ishaq, est porté depuis des siècles dans tout le Maghreb et le Moyen-Orient, et qui figure dans l'Aude même dans des toponymes et des patronymes anciens issus de cette tradition. Cinq prénoms soigneusement anodins. Zéro nom de famille. Zéro nationalité. Le tout fourni par une source dont on ne sait rien, à une chaîne dont on sait tout.

Breizh-Info, qui a visionné les images, qualifie pourtant les suspects d'"origines extra-européennes". La famille de Louis a, elle, autorisé la diffusion de la vidéo précisément pour contredire la version officielle qui parlait de "rixe". Ce ne sont pas des militants qui fantasment. C'est une mère et un père qui veulent que leur fils ne soit pas effacé une deuxième fois.

Le fond de l'affaire est plus révoltant encore. Louis était placé à l'Aide sociale à l'enfance sur demande de sa famille — pas suite à une décision judiciaire. Il était vulnérable, isolé, confié à la protection de l'État. Ses agresseurs gravitaient eux aussi dans les foyers ASE de la région Occitanie. C'est le procureur lui-même qui l'a dit : "le point commun entre la plupart des protagonistes ainsi que la victime, c'est un passage et un parcours au sein de l'aide sociale à l'enfance." L'État avait la charge de tout le monde. Il a failli sur toute la ligne. Dans les établissements de type MECS, 22% des jeunes accueillis sont des mineurs non accompagnés étrangers (Solidarites-sante) — mélangés, dans les mêmes foyers, avec des enfants français fragilisés que leurs familles ont confiés à la protection de ce pays. Le sénateur Joshua Hochart l'a dénoncé au Sénat en janvier 2026 : des enfants victimes sont trop souvent placés dans les mêmes structures que des adolescents relevant de la délinquance, une cohabitation forcée qui fragilise encore davantage les plus vulnérables et peut les mettre en danger. (Sénat) Louis a payé cette cohabitation de sa vie.

Trois des cinq suspects sont mineurs. Le procureur a indiqué qu'ils ont "peu ou pas d'antécédents judiciaires" — formule qui, dans la bouche d'un magistrat français, ressemble fort à une promesse de clémence. Le Code de la justice pénale des mineurs pose comme principe cardinal la primauté éducative sur la répression. En clair : même pour avoir tué un gamin de 17 ans à coups de pied dans la tête, on réinsère. On accompagne. On contextualise. Les deux majeurs — 18 et 19 ans — risquent théoriquement jusqu'à 30 ans pour assassinat. La justice française ne condamne jamais au maximum. Elle négocie, elle atténue, elle cherche des circonstances atténuantes là où Louis n'en a eu aucune. Dans quelques années, ces cinq individus seront libres. Louis, lui, est mort à 17 ans sur un chantier de Narbonne.

Il rejoint une liste que ce pays refuse d'écrire. Thomas à Crépol. Lyhanna dans le Gers. Et tous ceux dont on ne parle pas, parce qu'ils ne sont pas morts de la bonne façon, tués par les mauvaises personnes. À chaque fois, le même scénario : une presse qui parle de "rixe", un parquet qui se tait ou part en vacances, des prénoms rassurants lâchés à la presse, un silence institutionnel assourdissant. Et des familles dévastées à qui on demande de ne pas faire d'amalgames.

Louis avait fait confiance à la police en portant plainte. Il avait fait confiance à l'État en vivant dans un foyer censé le protéger. L'État l'a trahi deux fois. La justice va probablement le trahir une troisième. Ce pays a un problème dont il refuse de parler. Louis en est mort.

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dimanche, 21 juin 2026

Le préfet Galy interdit un hommage sur la tombe de Jean-Marie Le Pen pour ses 98 ans

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L'éditorial de Cyrano

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Incapables de mettre fin aux rodéos, incapables de prendre les mesures nécessaires contre les violences de l’extrême gauche, incapables de juguler l’ensauvagement des villes de France, et en Bretagne de Nantes et Rennes notamment, il se trouve des préfets de la République qui ne manquent pas d’imagination pour harceler les honnêtes citoyens de ce pays.

Ainsi, les zélés préfets des Landes (notre ami Clavreul), du Pas-de-Calais, du Lot-et-Garonne, de la Charente-Maritime, de l’Ardèche, du Vaucluse, de l’Oise et des Deux-Sèvres viennent-il de s’illustrer en décidant de retirer sur-le-champ le permis de conduire des automobilistes coupables de toucher leur téléphone portable au volant. Une suspension qui mettra en situation de mort sociale les citoyens de la ruralité, mais nos préfets et leur bras armé, les flics et les gendarmes, s’en foutent, ce qui compte c’est leur carrière, et tant pis si elle s’exerce au détriment des Français.

D’autres, comme l’ineffable préfet Fabienne Buccio, décident, comme cadeau de départ en retraite, de poursuivre le militant identitaire Damien Rieu, qui signalait son zèle à imposer des logements sociaux dans des villes où les maires n’en voulaient pas.

Dans un autre registre, le préfet du Morbihan, Michaël Galy, vient de s’illustrer. Jean-Marie Le Pen, né le 20 juin 1928 à La Trinité, aurait eu 98 ans ce samedi. Le Parti de la France, présidé par Thomas Joly, qui se réclame de son héritage, avait organisé une cérémonie simple, sur la tombe du fondateur du Front national, à 11 heures du matin, qui devait regrouper une petite centaine de sympathisants.

Bien évidemment, immédiatement, ceux qui, avec une rare indécence, ont fêté la mort du président du Front national, place de la République, au champagne, ceux qui veulent interdire les fêtes du Cochon, les projections des films de Tommy Robinson et les banquets du Canon Français, ont menacé de perturber la réunion, et ont multiplié les coups de téléphone insultants contre le militant qui organisait la cérémonie, dans le Morbihan.

Et donc, dans un pas de deux désormais classique entre les autorités et les antifas, le préfet Galy fait le coup du trouble à l’ordre public pour interdire à une centaine de Français d’aller rendre hommage au fondateur du Front national sur sa tombe.

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La République des prudents

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« Courage, fuyons » est la morale politique d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Chacun sait que les Français doivent travailler plus et plus longtemps. Aucun des candidats à la succession d’Emmanuel Macron n’ose annoncer le retour aux 39 heures de travail par semaine ni un âge de la retraite à 67 ou 68 ans. Nous allons dans le mur en klaxonnant. Pascal Praud se pose ici la question de savoir, présidentielle dans le collimateur, qui aura la courage de dire la vérité aux Français.

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Source : Le Journal du dimanche 21/06/2026

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Le verdict Tegnér marque l’accélération d’une dérive totalitaire des juges politisés

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Riposte laïque cliquez ici

Il y a tellement d’événements judiciaires que nous avons eu l’idée de contacter notre avocat, maître Frédéric Pichon, pour faire le point avec lui…

Riposte Laïque : Vous venez, en quelques jours, d’obtenir deux relaxes pour Riposte Laïque : celle de Patrick Jardin, suite à une plainte d’une enseignante gauchiste, Sophie Djigo, et celle du président, Guy Sebag, suite à deux plaintes concernant des articles parus en 2017. Pouvez-vous nous en dire davantage sur ces deux belles victoires ?

Maître Pichon : Oui, concernant la procédure engagée notamment contre mon client monsieur Patrick JARDIN, je suis très satisfait de cette décision et ce d’autant plus que madame DJIGO avait « mis le paquet ». En effet il convient de rappeler que madame DJIGO, qui est par ailleurs engagée dans la défense des clandestins – ce qui est parfaitement son droit –  avait emmené ses élèves visiter des camps de migrants. Cette initiative avait choqué de nombreux élèves d’autant que, selon certains d’entre eux, dont un qui était présent à l’audience pour témoigner du parti pris de madame DJIGO, se plaignaient de ses interventions en cours jugées trop politisées.

Mon client Patrick JARDIN ainsi que des élus du nord du RN et  des représentants de Reconquête s’étaient émus de cette initiative. Madame DJIGO a donc engagé une action en diffamation, soutenue par son ministère et de nombreux syndicats de l’Éducation nationale. Nous avons soutenu que ces propos s’inscrivaient dans un débat d’intérêt général et qu’ils relevaient de la liberté d’expression. Le tribunal nous a suivis.

Dans le dossier de Guy SEBAG, poursuivi en qualité de directeur de publication pour deux articles datant de 2017, l’un d’entre eux portant sur le fait que des employés voilées travaillaient dans des grands magasins et qu’un contributeur de Riposte laïque avait prises en photo avant d’être pris à parti par un agent de sécurité portant une barbe islamiste. L’article relatait cet incident. Nous avons gagné ce dossier sur un problème un peu plus technique et juridique lié à l’absence de responsabilité du directeur de publication dès lors que celui-ci était domicilié à l’étranger et que le site était également hébergé à l’étranger. Cela n’en reste pas moins une belle victoire.

Riposte Laïque : Par contre, un autre de vos clients, Erik Tegnér, fondateur de Frontières, vient d’être condamné par le tribunal de Bobigny, dans des circonstances qui paraissent vous avoir révolté…

Maître Pichon : Oui celui-ci était poursuivi par une dizaine d’avocats ainsi que le Conseil national des barreaux, le Syndicat des avocats de France, syndicat proche de l’extrême gauche, ainsi qu’une dizaine d’ordres d’avocats.

On lui reprochait d’avoir consacré un numéro de Frontières à la question migratoire et notamment aux entraves rencontrées dans le cadre des reconduites à la frontière. Dans le cadre de ce numéro était dénoncé, notamment, le rôle de nombreuses juridictions administratives qui annulaient les OQTF, ainsi que le rôle de nombreux cabinets d’avocats qui, en plus d’obtenir des annulations de procédure, se faisaient grassement payer. Le nom de ces avocats était cité, ce qui a été reproché à mon client en invoquant le délit de « doxing ».

Tout ceci relevait ni plus ni moins de l’enquête journalistique. Ces derniers, conscients qu’il était impossible d’obtenir une condamnation sur le fondement de la diffamation dans la mesure où nous avions bien évidemment toutes les preuves de ce que nous avancions, ont décidé d’engager la procédure sur un fondement totalement détourné. Il s’agit de l’article 223–1-1 du Code pénal qui a été créé au moment de l’affaire de Samuel Patty et qui consiste dans la divulgation d’informations relatives à la vie privée ou professionnelle de personnes de nature à les exposer à des risques immédiats d’atteintes physiques.

Il s’agit donc d’un contournement de la loi sur la presse et d’un détournement indécent de procédure de la loi PATY. Je pensais très naïvement que le juge, fut-il ouvertement de gauche, allait dépasser ses convictions personnelles pour appliquer le droit. Le jugement constitue un réquisitoire idéologique contre le travail des journalistes de Frontières et en particulier contre Erik Tegnér à qui il est notamment reproché de critiquer les avocats en droit des étrangers « qui ne font que leur travail prévu par la loi ». En définitive, en vertu de cette décision ubuesque, il est loisible de citer leur nom pour les féliciter de leurs actions en faveur des sans-papiers mais pas de les critiquer.

Riposte Laïque : Selon vous, un tel verdict, qui remet en cause la liberté de la presse, peut-il tenir en appel, puisque, bien sûr, vous allez faire appel ?

Maître Pichon : J’ai bien entendu interjeté appel immédiatement de sorte que la décision n’est pas applicable. Elle n’en reste pas moins éminemment grave pour la liberté d’expression. En vertu de cette décision réalité, n’importe quelle information divulguée au grand public sur une personnalité, qu’elle soit connue ou non est de nature à l’exposer à des réactions des internautes, dès lors que cette divulgation d’informations n’est pas apologétique, mais critique. En l’espèce, certains de ces avocats étaient connus puisqu’ils se faisaient fort sur les réseaux sociaux de communiquer sur leurs victoires obtenues dans le cadre de leur mission. La portée de cette décision signifie que n’importe quel jugement de valeur négatif sur quelque personne que ce soit sera passible de peine de prison. Il s’agit d’une dérive totalitaire. Le tribunal de Bobigny a ouvert la boîte de Pandore et il ne mesure pas le chaos juridique que cette décision va créer. 

Riposte Laïque : Une autre de vos clientes, Christine Tasin, a été condamnée à 3 mois de prison avec sursis. Jean-Eudes Gannat a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et une lourde amende. Thaïs d’Escufon était menacée elle aussi de prison, et Erik Tegnér vient d’être lui aussi condamné à 6 mois de prison avec sursis et à une amende exorbitante. Voyez-vous dans ces différents verdicts, qui visent des personnalités de la dissidence patriote, une volonté d’intimidation des juges et pensez-vous ces militants réellement menacés, à terme, de peines de prison exécutables ?

Maître Pichon : En effet, il y a une succession de décisions particulièrement inquiétantes pour la liberté d’expression et en particulier pour le camp patriote. Je pense que nous allons arriver prochainement à une crispation de plus en plus forte. Quoi qu’on puisse penser par ailleurs, de Jordan Bardella, la perspective que celui-ci soit élu en 2027, et par conséquent la perspective pour la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un candidat du camp patriote nationale soit élu, va radicaliser les positions. Nous allons assister à mon avis à un durcissement de tout l’État profond, et notamment des juges, dont une partie est très politisée, qui va rendre des jugements politiques de plus en plus contraires aux règles les plus élémentaires du droit. La bonne nouvelle – ce qui n’était pas le cas quand j’ai commencé à prêter serment – c’est que les patriotes disposent de relais médiatiques et audiovisuels beaucoup plus importants qu’avant. Certaines décisions politiques sont commentées  à l’étranger et suscitent la désapprobation morale d’une grande partie de l’opinion. Je pense que nous allons avoir des positions qui vont se radicaliser de part et d’autre : les patriotes contre les nouveaux sans-culottes qui instrumentaliseront les masses issues de l’immigration.

Riposte Laïque : Quel est votre regard sur la prochaine loi Bergé, annoncée le 1er juillet, pour lutter, selon la ministre, contre la haine en ligne ?

Maître Pichon : Il s’agit d’une nouvelle loi contre la « haine ». On se souvient que la loi AVIA avait été retoquée par le Conseil constitutionnel. Sous couvert de prétendue lutte contre la haine, il s’agit d’une velléité de restreindre la liberté d’expression déjà largement dévoyée par une instrumentalisation éhontée de la loi PATY, comme nous venons de le voir dans le dossier TEGNÉR.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Maître ?

Maître Pichon : Gardons le calme des vieilles troupes. Serrons les rangs. Ne baissons pas la garde et surtout ne sombrons pas dans les provocations inutiles car nos adversaires vont instrumentaliser le moindre dérapage. Bien entendu, il s’agit de rester libres dans nos propos mais en évitant tout ce qui n’apporte rien au bien commun pour lequel tout homme de bonne volonté et tout patriote doit œuvrer.

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samedi, 20 juin 2026

Coupe du monde de foot : une arnaque de la Fifa

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Entre l’élargissement du nombre de nations qualifiées et l’extension de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), cette Coupe du monde de football incarne un football aseptisé qui éradique peu à peu la part de hasard et d’incertitude qui faisait tout son charme, analyse Pierre Adrian, écrivain et ancien chroniqueur à L’Équipe.

Le Figaro. - Quarante-huit équipes participent à cette Coupe du monde qui a débuté le 11 juin, soit près d’une sélection sur quatre à l’échelle mondiale. Qu’est-ce que ce nouveau format élargi vous inspire ?

À chaque édition de la Coupe du monde, nous mesurons à quel point la Fifa s’apparente à une sorte de grande mafia du divertissement. L’objectif est de générer toujours plus de profits, de maximiser les droits de télévision et, par conséquent, de multiplier les matchs. C’est une simple logique comptable. L’UEFA applique d’ailleurs la même méthode avec la nouvelle formule de la Ligue des champions. Dans le même esprit, la Fifa avait organisé sa nouvelle Coupe du monde des clubs l’été dernier aux États-Unis. Il faut désormais du football en permanence, partout dans le monde, déraciné entre Los Angeles et Doha, à n’importe quelle heure et aux quatre coins de la planète.

Cette dérive du football moderne est contraire à l’essence même de ce sport. Cette volonté d’internationalisation à outrance, démagogique, va paradoxalement acter un football à deux vitesses. À l’instar de la nouvelle formule européenne, nous allons assister à des phases de groupes profondément ennuyeuses, saturées de matchs sans réel enjeu. Les véritables grandes affiches n’arriveront qu’à partir des phases finales, où nous retrouverons les favoris habituels. Certes, nous aurons probablement droit à une belle histoire, comme celle de l’Islande lors de l’Euro 2016, au récit d’une petite nation terrassant un géant. Mais au bout du compte, les grosses écuries l’emporteront et ce dénouement fera oublier la monotonie des matchs de poules.

C’est le prélude à ce qui nous attend à terme : l’avènement de ligues fermées où n’existeront plus que des chocs, des PSG-Bayern ou des Real Madrid-Manchester City. Le paradoxe est feint. Les nations mineures comme l’Irak ou Curaçao sont les dindons de la farce. Elles sont instrumentalisées par la Fifa pour feindre un idéal méritocratique qui relève de l’hypocrisie.

Source : Le Figaro 20/6/2026

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Mélenchon assume le grand remplacement. Vingt ans de mensonge viennent de s'effondrer

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Jérôme Viguès

Le 7 juin 2026, Jean-Luc Mélenchon a fait son premier grand meeting de campagne. À Saint-Denis. Au pied de la basilique où reposent les rois de France. Ils avaient prévu 10 000 personnes. Ils en ont compté 26 000. Quand on est de gauche, les chiffres aussi font la révolution. Et là, devant cette foule agitant des drapeaux palestiniens, il a dit haut et fort ce que la droite nationale répète depuis deux décennies et pour lequel elle a été mise au pilori. Il a dit qu'il y a une "Nouvelle France". Que "un Français sur trois est héritier de l'immigration". Il a repris le slogan "on est chez nous", propriété historique du Front national. Et il a évoqué le grand remplacement sans le nier, sans s'en défendre, en s'en amusant sur Radio Nova.

Vingt ans que prononcer ces deux mots valait une condamnation sociale. Vingt ans que les tribunaux de la bien-pensance tranchaient des têtes pour moins que ça. Vingt ans que Renaud Camus était traîné devant les juges, que des journalistes perdaient leurs émissions, que des élus voyaient leur carrière brûler vive pour avoir décrit ce que leurs yeux voyaient. Mélenchon, en une heure de discours, a tout avalé. Il a tout repris. Il a tout assumé.

La différence, c'est qu'il appelle ça une bonne nouvelle.

Ce jour-là, une partie de la foule huait les rois de France devant leurs tombeaux. Le maire insoumis Bally Bagayoko, poing levé, souriait. Il n'a repris personne. Pourquoi l'aurait-il fait ? C'est exactement le message. L'ancienne France dehors. La nouvelle dedans. Et si vous n'êtes pas contents, vous êtes des fascistes.

Treize siècles de monarques utilisés comme décor pour annoncer leur propre enterrement. Il faut avoir un certain culot.

Mélenchon l'avait préparé. "Je crois à la force des lieux", avait-il dit. Oui. Et quel lieu. La nécropole des rois comme tribune pour proclamer que les rois ne comptent plus. Que la France qu'ils ont construite est "dépassée". Que la vraie France, la bonne, la nouvelle, est celle qui arrive. Celle qui, selon son maire insoumis Bagayoko, "a construit ce pays." Pas contribué. Pas enrichi. Construit. Les rois, les paysans, les soldats des deux guerres, les bâtisseurs de cathédrales, les pères de famille qui ont transmis pendant des siècles — eux, ils faisaient quoi ?

Pendant des années, la gauche et ses supplétifs médiatiques ont martelé que le grand remplacement était une "théorie complotiste d'extrême droite". Une invention. Une paranoïa. Une idéologie criminelle. Toute personne qui utilisait l'expression était immédiatement cataloguée, fichée, mise au ban. Les associations antiracistes sortaient leurs avocats. Les parquets ouvraient des enquêtes. Les rédactions viraient leurs journalistes récalcitrants.

Et puis Mélenchon monte sur scène. Il se réjouit publiquement que l'extrême droite veuille lui "coller" l'étiquette grand remplacement. Il ne dit pas que c'est faux. Il ne dit pas que c'est une calomnie. Il s'amuse.

Il a gagné quelque chose ce jour-là. Il a gagné l'aveu.

Mathilde Panot est alors venue aider. Mission : éteindre l'incendie sur les plateaux. Sa réponse restera dans les annales. "Le grand remplacement ? C'est : une génération remplace l'autre."

Lisez cette phrase. Une génération remplace l'autre. Voilà le crime intellectuel pour lequel vingt ans de répression ont été organisés. Voilà ce pour quoi des hommes ont été jugés, condamnés, ruinés, ostracisés. Une évidence biologique. Le passage du temps.

En deux phrases, Panot a innocenté vingt ans de persécutions intellectuelles. Elle ne s'en est pas rendu compte. C'est là tout le génie involontaire de la chose.

Si c'est banal, si c'est juste une génération qui succède à une autre, alors de quoi parlait-on ? Pourquoi Renaud Camus a-t-il été condamné pénalement ? Pourquoi des chroniqueurs ont-ils perdu leurs émissions ? Pourquoi des livres ont-ils disparu des librairies ? Pourquoi des carrières ont-elles été brisées ?

Zemmour l'avait formulé dès 2022 : "Ce que Mélenchon appelle la créolisation, Macron appelle la transition démographique, et moi j'appelle le grand remplacement. Dans tous les cas, on parle du passage d'un peuple à un autre." Il s'était fait lyncher pour ça. Aujourd'hui, Mélenchon reprend le raisonnement en changeant le signe algébrique. Négatif chez Zemmour, positif chez Mélenchon. Le raisonnement est strictement identique.

Qui va s'excuser auprès de Zemmour ? Personne. Ce que la droite dit, c'est du racisme. Ce que la gauche récupère, c'est de la pensée.

Regardons le décor du meeting dans son ensemble. Des drapeaux palestiniens, LGBT, LFI, et quelques tricolores en ornement. La foule entonne "Siamo tutti antifascisti" en italien. Antoine Léaument, député LFI, poste sur TikTok une vidéo du meeting accompagnée d'une musique dont le refrain est "Sortez les armes à feu."

Le tout devant la nécropole des rois de France.

Ce n'est pas une métaphore poétique. C'est un programme de rupture. L'ancienne France est dans la basilique. La nouvelle est sur le parvis. Et la nouvelle hue l'ancienne.

La répression intellectuelle des deux dernières décennies n'était pas une défense de la vérité. C'était une défense du monopole. Le monopole du droit de nommer le réel. Et ce monopole vient de se fissurer de l'intérieur. Pas sous les coups de la droite nationale. Sous les coups de leur propre chef de file.

Ce n'est pas la droite qui a gagné le débat. C'est la gauche qui l'a perdu toute seule.

Si la "Nouvelle France" est une bonne nouvelle, si le fait qu'"un Français sur trois est héritier de l'immigration" est motif de fierté, qu'arrive-t-il aux deux autres tiers ? L'ancienne France, celle de la basilique, celle des rois hués, celle des paysans qui n'ont apparemment rien "construit" selon Bagayoko — elle est quoi dans ce récit ? De la figuration ?

Dans la "Nouvelle France", poser cette question c'est déjà avoir tort. C'est révéler sa "névrose communautariste". C'est s'exclure soi-même du débat. Pas d'argument, pas de réponse. Juste la disqualification.

Sauf que la réalité ne se disqualifie pas. Elle s'accumule. Elle se voit dans les rues, dans les écoles, dans les quartiers. Elle se voit désormais dans la bouche de celui qui prétend gouverner ce pays.

Mélenchon a raison sur un point : il y a bien une "Nouvelle France". Il a tort sur un seul : il croit que ceux de l'ancienne vont l'accepter en applaudissant.

Ils ont avoué. C'est acté. L'histoire retiendra le lieu. La basilique. Les tombeaux. Les rois hués. Le maire qui sourit. Et la phrase de Mathilde Panot, épitaphe involontaire de vingt ans de censure politique.

"Le grand remplacement ? C'est : une génération remplace l'autre."

Merci, Mathilde. Tu n'aurais pas pu mieux dire.

Source cliquez ici

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vendredi, 19 juin 2026

Henry Nowak, victime du racisme anti-Blancs de la police multi-ethnique britannique

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Alain Sanders

L’affaire Henry Nowak restera comme l’un des exemples les plus saisissants des dérives idéologiques qui affectent aujourd’hui certaines institutions britanniques. Car derrière le drame d’un jeune homme de 18 ans poignardé à mort se dessine une question dérangeante : les policiers présents cette nuit-là auraient-ils agi de la même manière si les rôles raciaux avaient été inversés ? Poser la question…

Les images sont accablantes. Alors qu’Henry Nowak agonise après avoir reçu un coup de couteau porté par Vickrum Digwa (qui bénéficiera de la complicité de sa mère pour planquer le couteau), il est traité comme un suspect. Menotté, interrogé, maintenu sous contrôle, il répète pourtant qu’il a été poignardé, avec cette précision : « Je ne peux plus respirer ». Dans le même temps, son agresseur, les mains pleines de sang, parvient à convaincre les policiers qu’il serait lui-même la victime d’une attaque raciste.

Cette inversion spectaculaire entre victime et agresseur ne peut être comprise sans examiner le contexte idéologique dans lequel évolue désormais la police britannique multi-ethnique. Depuis plusieurs années, les forces de l’ordre sont soumises à une pression constante pour démontrer leur engagement contre le supposé racisme des Blancs et les discriminations qui en résulteraient. Une exigence qui devient problématique, voire criminelle, lorsqu’elle conduit les agents à craindre davantage une accusation de racisme qu’une erreur de jugement.

L’affaire Nowak illustre précisément ce danger. Face à deux versions contradictoires, les policiers ont aussitôt accordé un crédit sans nuance à l’accusation de « racisme » formulée par l’agresseur exogène. Le réflexe idéologique (un véritable formatage en fait) a pris le pas sur l’analyse factuelle. La parole de la victime supposée de discrimination a bénéficié d’une présomption de crédibilité que les faits ne justifiaient pas, et tout au contraire !

Le wokisme se définit souvent comme une vigilance accrue aux injustices liées à l’identité, à la race ou au genre. Mais lorsqu’une institution publique commence à interpréter les événements à travers ce prisme avant même d’établir les faits, cette vigilance, déjà incongrue en soi, devient un instrument terrible de racisme anti-Blancs.

Les institutions britanniques balbutient qu’il s’agirait simplement d’une « erreur opérationnelle ». Les erreurs ne surviennent jamais dans le vide. Elles révèlent les priorités, les réflexes et les peurs d’une organisation. Si les agents ont cru plus facilement l’agresseur que la victime, c’est qu’un cadre intellectuel particulier les y a prédisposés.

La mort de Henry Nowak ne démontre pas seulement l’échec de quelques policiers. Elle révèle les conséquences potentiellement tragiques d’une culture institutionnelle où certaines considérations identitaires peuvent influencer la perception immédiate de la réalité. Lorsqu’une société enseigne à ses institutions que certaines accusations sont trop sensibles pour être accueillies avec scepticisme, elle prend le risque de sacrifier la vérité au conformisme idéologique.

Henry Nowak a été victime d’un meurtrier exotique. Mais il est aussi devenu, pour beaucoup de Britanniques qui commencent à se réveiller, le symbole d’un système mortifère qui a préféré voir le monde à travers les lunettes de l’idéologie plutôt qu’à travers les faits. Le racisme anti-Blancs tue. Il serait temps d’y remédier. Sans faiblesse.

Source EuroLibertés cliquez ici

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mercredi, 17 juin 2026

Ivry-sur-Seine : le maire communiste, ou la laïcité à sens unique

Le maire PCF d'Ivry-sur-Seine qui pourfend les croix soutient l'Algérie -  Boulevard Voltaire

La rédaction de Breizh-Info, cliquez ici

La scène, devenue virale, mérite qu’on s’y arrête. Jeudi 11 juin, le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, fief communiste du Val-de-Marne reconduit en mars dernier, a viré au pugilat politique. Au centre du tumulte : un voile islamique, une croix de bois, une prière mariale, et la colère noire d’un maire qui a, ce soir-là, montré son véritable visage.

Tout part d’un amendement. Kevin Nader, jeune élu d’opposition fraîchement entré au conseil, propose de modifier le règlement intérieur pour interdire le port de signes religieux ostensibles en séance. Deux élues de la majorité d’extrême gauche siègent en effet voilées. La proposition n’a rien d’extravagant : elle reprend les termes d’un dispositif juridiquement balisé, depuis qu’en mars dernier le tribunal administratif de Dijon a validé l’interdiction des signes religieux décidée par la ville de Chalon-sur-Saône. La possibilité est désormais ouverte aux communes qui le souhaitent.

Deux poids, deux mesures

C’est la réaction du maire qui en dit long. Philippe Bouyssou (PCF) refuse purement et simplement de mettre l’amendement aux voix, au motif qu’il serait « moralement rejeté » par l’assemblée. Curieuse conception de la démocratie locale, où un texte n’est même plus soumis au vote dès lors qu’il déplaît à l’édile. Une adjointe voilée revendique fièrement sa présence en séance, et la majorité applaudit.

Face à ce mur, l’élu d’opposition choisit le symbole : il brandit une petite croix et récite un « Je vous salue Marie ». La réaction est immédiate et spectaculaire. L’édile, d’abord calme, entre dans une fureur incontrôlée, l’index tremblant pointé vers son contradicteur, dénonçant un « crime politique », une « honte », sommant l’élu de quitter l’assemblée avant de suspendre la séance et de promettre la saisine du préfet.

Arrêtons-nous un instant sur la disproportion. Un voile islamique en plein conseil municipal : tolérable, défendable, applaudissable. Une prière chrétienne récitée par un élu : un « crime politique » qui mérite la saisine du préfet. Voilà résumée, en une soirée, toute la laïcité à géométrie variable d’une certaine gauche.

Le vrai visage de l’édile

Le personnage gagne d’ailleurs à être connu. Sur les réseaux sociaux, le même Philippe Bouyssou ne se privait pas de railler grassement les catholiques, tournant en dérision des évêques avec des plaisanteries de corps de garde sur les préservatifs, ou relayant des montages moqueurs visant les fidèles. Le second degré anticlérical, manifestement, ne lui pose aucun problème de conscience.

L’islam, en revanche, lui inspire des précautions infiniment plus délicates. On le voit souhaiter un « Ramadan Moubarak » devant le chantier d’un centre culturel musulman, promettre sa présence pour l’Iftar et l’Aïd, espérer « Inch’Allah » signer un permis de construire avant la fin du Ramadan. On le retrouve aux côtés d’un prédicateur se réclamant ouvertement de la mouvance des Frères musulmans. L’entrisme d’une organisation placée dans le viseur des services de renseignement français semble, décidément, l’émouvoir bien moins qu’un « Je vous salue Marie ».

La laïcité, ce mot qui ne veut plus rien dire

Au fond, cette affaire a au moins le mérite de la clarté. Elle révèle ce que la laïcité à la française est devenue : non plus un principe d’équilibre, mais une arme à sens unique, brandie contre les racines chrétiennes du pays et soigneusement rangée dès qu’il s’agit d’une autre religion.

Mais soyons honnêtes jusqu’au bout. Le débat lui-même tient désormais de la fiction. À quoi rime encore une laïcité qui s’épuise en querelles de règlement intérieur, dans un pays qui a laissé entrer, en quelques décennies, des millions de personnes appartenant à une religion visible par essence ? Le voile en conseil municipal n’est que la partie émergée d’une réalité bien plus vaste, que la laïcité, conçue au début du XXe siècle pour discipliner le catholicisme dans une société homogène, est tout bonnement incapable de penser. On agite un principe vieux d’un siècle face à une transformation démographique qui le dépasse de toutes parts.

La vérité, c’est qu’une laïcité qui ferme les yeux sur le réel pour ne s’indigner que d’une prière chrétienne n’est plus un principe républicain. C’est une posture. Et à Ivry-sur-Seine, jeudi soir, cette posture a laissé tomber le masque.

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mardi, 16 juin 2026

L’Iran sort de cette guerre renforcée

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Pierre Lellouche

Trump avait commencé la guerre en promettant une « capitulation sans condition de l’Iran ». Il la termine avec un mauvais accord, annoncé dimanche, dont l’Occident n’a pas fini de payer les conséquences. En réalité, cette guerre a tourné au cauchemar stratégique pour l’Administration Trump, un cauchemar qui rappelle les pires heures de Jimmy Carter, lorsqu’il échoua lamentablement à libérer les otages de l’ambassade américaine à Téhéran, il y a quarante-cinq ans… Un long supplice persan de 444 jours, où, comme aujourd’hui, les dirigeants de la jeune République islamique semblaient jouer au chat et à la souris avec une Administration américaine brouillonne et dépassée par les événements.

Après trois mois et demi de conflit, force est de constater que non seulement aucun des trois objectifs principaux assignés à cette guerre n’aura été atteint : ni dénucléarisation, ni destruction de l’arsenal de missiles, ni arrêt du soutien au Hezbollah et autres alliés chiites, mais surtout que la République islamique sort de cette guerre renforcée, plus revancharde que jamais, convaincue qu’elle a déjà vaincu la première puissance militaire du monde et son allié israélien.

Le président américain voulait un « regime change ». Il l’a obtenu, mais pas celui qu’il souhaitait. À Téhéran, la « puissance divine » de l’ayatollah Khamenei père a été remplacée par « la puissance brute », incarnée par un commando de dirigeants plus jeunes, tous anciens combattants de la guerre contre l’Irak, et tous membres des gardiens de la révolution, la nouvelle colonne vertébrale du régime en lieu et place du clergé chiite.

Tandis que le vieux Khamenei, prudent, persistait à refuser de franchir le seuil de l’arme nucléaire, en s’efforçant d’écarter le risque d’une attaque massive contre l’Iran, ses successeurs sont aujourd’hui convaincus que le pire est derrière eux, ayant survécu à 13 000 frappes américano-israéliennes. Ceux-là sont également convaincus que Trump ne reprendra pas la guerre, mieux, qu’il bloquera même les velléités israéliennes de « finir le travail ». C’est cette conviction qui a conduit les dirigeants iraniens à prendre le risque calculé de frapper directement Israël au début de la semaine dernière pour défendre leurs alliés du Hezbollah au Liban. Trump n’a pas bougé, sauf pour intimer l’ordre à Netanyahou d’arrêter ses frappes…

Quant à la négociation sous médiation pakistanaise, ses résultats s’annoncent bien pires pour les Américains et les Israéliens que les termes consentis par l’Iran en février à Genève… avant les bombardements du 28 février.

Sur le nucléaire, censé être le but principal de cette guerre, les Iraniens ont maintenu leur position constante, à savoir l’affirmation de leur droit souverain d’enrichir l’uranium, ce qui leur permettra de conserver les équipes nécessaires à une éventuelle reprise d’un programme militaire, même si, dans l’intervalle, le programme d’enrichissement devait être suspendu. Quant à la demi-tonne d’uranium enrichi à 60 %, la moitié serait diluée sur place et l’autre serait déposée dans un pays tiers non encore déterminé : au total, un arrangement très similaire à celui de l’accord JCPOA signé par Obama en 2015, que Trump avait jugé « horrible » à l’époque, avant de le dénoncer trois ans plus tard, lors de son premier mandat. De toute façon, cette négociation nucléaire, censée commencer dans les semaines à venir, s’échelonnera sur de nombreux mois, au vu de sa très haute technicité, mais surtout du talent des négociateurs iraniens à faire durer indéfiniment les tractations…

Mais pire encore, il y a Ormuz. Les dirigeants de Téhéran peuvent remercier Trump. C’est lui et sa décision de lancer une « petite excursion » en Iran qui ont fourni le prétexte qu’attendaient les Iraniens pour s’approprier de fait la totalité du détroit, y compris les eaux territoriales appartenant aux voisins, les monarchies arabes du Golfe. C’est désormais chose faite. Avec plusieurs conséquences considérables.

La première est que les Iraniens vont faire payer très cher la réouverture du détroit, exigeant en échange 24 milliards de dollars de fonds iraniens séquestrés dans les banques arabes ou occidentales, dont le paiement sera, dit-on, échelonné en deux fois. Pour mémoire, l’accord signé par Obama en 2015 n’avait « coûté » que 1,7 milliard. Un vrai « progrès » donc grâce à Trump ! Avec ces 24 milliards, et la possibilité de vendre à nouveau son pétrole, Téhéran disposera du cash indispensable pour soulager l’énorme crise économique qui pèse sur les Iraniens, ce qui lui permettra aussi d’éviter de nouvelles protestations de masse, et bien sûr de réarmer.

Mais l’essentiel est ailleurs : une réouverture d’Ormuz dans le cadre du fameux mémorandum n’est, dans l’esprit des Iraniens, qui n’en ont pas fait mystère, qu’une option temporaire qui ne règle en rien le problème de fond du statut de ce détroit, que les Iraniens considèrent désormais comme partie intégrante de leur territoire maritime. Il serait naïf de croire que Téhéran renoncera à cette carte maîtresse, dont ils ont découvert qu’elle leur permet de prendre en otage, à tout moment, la totalité de l’économie mondiale. Pour une raison simple : le monde ne peut pas durablement survivre en étant privé du quart de l’énergie dont il a besoin chaque jour… Après l’accord, les Iraniens pourront donc refermer le détroit à leur guise, et cette seule menace représentera une force de dissuasion majeure contre les Américains et autres alliés qui pourraient être tentés de frapper à nouveau l’Iran. Le détroit d’Ormuz est donc à la fois la corne d’abondance de la République islamique, l’affirmation de sa domination de fait sur ses voisins arabes, et surtout l’équivalent d’une deuxième bombe atomique dissuadant toute interférence extérieure dans la région.

Au-delà, la conséquence la plus durable de ce désastre stratégique est d’avoir conduit à la destruction pure et simple du système de sécurité qui avait été construit entre l’Amérique et les monarchies pétrolières arabes après 1945 : j’assure votre sécurité, vous me garantissez votre pétrole. Plus encore que la guerre de Bush en Irak il y a vingt-trois ans, qui avait débarrassé Téhéran de son rival de Bagdad, la guerre de Trump laissera l’Iran en position de domination absolue de la région. Une superpuissance islamique en devenir, face à laquelle les monarchies arabes n’auront d’autre choix que de se plier, en espérant que le grand voisin chiite ne s’emparera pas purement et simplement de leurs ressources pétrolières.

Exit, en tout cas, l’image de ces petits paradis sûrs et prospères, leurs shopping malls et leurs plages ouvertes toute l’année. Les influenceurs et autres parrains du narcotrafic qui y avaient fait leur nid découvrent que leurs petits paradis étaient bâtis sur du sable… Quant à Israël, ses bombardements auront permis, comme on dit là-bas, de « passer une nouvelle fois la tondeuse » : deux à trois ans de gagnés avant la prochaine crise, mais le poison du terrorisme est toujours là à Gaza et au Liban. Pour la République islamique, la seule gagnante, le ni-paix-ni-guerre aux conditions des Iraniens, financé par les dollars de l’oncle Trump, est assurément la situation idéale pour assurer la pérennité du régime. Tant pis, malheureusement, pour le peuple iranien qui attendait sa liberté, tant pis pour les dizaines de milliers de braves gens qui ont été massacrés en début d’année et pour tous ces jeunes qui continuent à être pendus tous les matins à Téhéran.

Source : Le Figaro 16/6/2026

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A lire sur Breizh-Info, un reportage exclusif au coeur de la manifestation pour la remigration, à Rome, samedi dernier, 13 juin.

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Pour accéder au reportage, cliquez ici

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dimanche, 14 juin 2026

La guerre n’est pas une querelle de cour de récréation

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Henri Guaino

En février dernier, la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année. Elle a déjà dépassé en durée la Première Guerre mondiale.   Elle a en réalité commencé bien plus tôt, avec les affrontements entre l’Ukraine et les séparatistes pro-russes du Donbass soutenus par la Russie et l’annexion, cette même année, par cette dernière, de la Crimée. Et même avant, en 2008, même si l’on ne se tirait pas encore dessus, quand la question de l’en- trée de l’Ukraine fut officiellement posée. Et encore avant, en 2004, avec la révolution orange et l’implication des États-Unis et de l’Europe. Et, bien avant encore, en 1991, avec l’effondrement de l’Union soviétique. En réalité, les racines de cette guerre sont multiséculaires. L’Ukraine, à la charnière du monde catholique et du monde orthodoxe, du monde européen et du monde russe, des peuples slaves et des peuples polono-lituaniens et nordiques, a-t-elle vocation à être dans la zone d’influence de la Russie ou dans celle de l’Occident ? Voilà l’éternelle question qui hante ce conflit meurtrier entre deux peuples jumeaux qui, depuis leur naissance, ne cessent tour à tour de s’unir et de se combattre, et l’Ukraine d’être attirée tour à tour dans l’orbite de l’un et dans celle des autres. Cir- constance aggravante, l’Ukraine, c’est ce qui fait basculer l’Empire russe du côté de l’Europe au lieu de l’Asie. Brzezinski allait jusqu’à dire que, sans l’Ukraine, la Russie cessait d’être un empire. Il plaidait pour que l’Ukraine indépendante restât neutre, tout comme Kissinger qui disait que si l’Ukraine voulait vivre en paix, elle devait rester un pont entre deux mondes, sans basculer d’un côté ou de l’autre.

Que faire ?

On peut regarder la guerre russo-ukrainienne sous l’angle du conflit entre nation et empire, entre nationalisme et impérialisme. On peut le voir du point de vue du droit inter- national : qui est dans son droit ? On peut l’envisager sous l’angle de la morale des grands principes : qui est dans le camp du bien, qui est dans celui du mal ? La nation contre l’empire ? Certes, et après ? Les nations ne feront pas disparaître les empires, ni les empires, les nations. Il faut s’y faire : on ne change pas la nature des États. Le droit international ? A-t-il jamais permis d’arrêter une guerre ? Le bien contre le mal ? Mais l’ennemi aussi pense qu’il est le bien. La bonne conscience n’est pas le plus sûr moyen de prévenir les catas- trophes, au contraire, puisque le bien peut tout se permettre.

La seule question qui vaille est tou- jours la même : que faire pour arrêter la tuerie et l’escalade qui est le propre de la guerre ? En provoquant ce conflit, Poutine a fait un mauvais calcul, même du point de vue de ses intérêts. Comme Trump a fait un mauvais calcul en attaquant l’Iran. Mais l’Europe en fait un aussi en prenant parti et en entretenant une tension croissante avec la Russie, oubliant l’avertissement de Kennedy après la crise des fusées de Cuba : il ne faut jamais mettre en tension des puissances nucléaires. Un accident, un emballement, une erreur d’appréciation sont si vite arrivés. On se rassure : « Ils n’oseront pas ! » Alors, il n’y a pas de ligne rouge. On peut toujours aller plus loin et on va plus loin. Mais les vraies lignes rouges, on ne les connaît qu’après coup, quand le drame survient.

Quand j’avais écrit en 2022 que nous allions vers la guerre comme des somnambules, et mis en garde contre le risque de l’escalade dont on finit par perdre la maîtrise, on m’avait opposé Munich, que seule la force arrêtait la force, que l’économie russe allait très vite s’effondrer et que nous n’avions pas le choix : il fallait montrer au nouvel Hitler qu’il ne nous referait pas le coup du précédent. À force de voir Hitler partout, on finit par oublier de penser et de réfléchir aux conséquences de ce que nous faisons. Nous en sommes au dix-neuvième train de sanctions européennes contre la Russie, qui est passée en économie de guerre et qui souffre peut-être, mais ne s’effondre pas. La moitié du monde est plutôt de son côté que du nôtre, et avec l’Iran, cela ne s’arrange pas.

L’ivresse du chef de guerre

L’escalade va bon train avec les missiles ukrainiens qui tombent sur Saint-Pétersbourg. On dira que ce sont les Russes qui ont commencé. Mais la guerre, a fortiori contre une superpuissance nucléaire, n’est pas une querelle d’enfants dans une cour de récréation. Les économies européennes payent de plus en plus cher la hausse du coût de leur éner- gie et la question sociale y est de plus en plus explosive de sorte que la facture ukrainienne commence à atteindre ses limites peut être plus pour l’Europe que pour la Russie. Le plus inquiétant, c’est que les Ukrai- niens qui constatent que les Russes n’avancent pas s’enhardissent. La question est de savoir quand ils tireront le missile de trop. Elle est aussi de savoir quand les dirigeants européens cesseront leur dangereuse fuite en avant, avec l’ivresse du chef de guerre qui semble avoir saisi beaucoup d’entre eux, comme s’ils cherchaient à retrouver dans cette politique de la peur de la guerre à venir, désormais présentée comme quasiment inéluctable, une légitimité politique que les peuples leur contestent.

L’intérêt vital de l’Europe, pour laquelle les dégâts sont déjà énormes, et la morale de responsabilité commanderaient au contraire que chacun fasse tout désormais pour que la guerre s’arrête au lieu d’aller jusqu’au point de non-retour. Hélas, ce n’est pas la sagesse que l’on voit poindre à l’horizon mais plu- tôt l’inverse. En témoigne le défilé à Kiev des candidats français à l’élec- tion présidentielle qui veulent faire entrer l’Ukraine dans l’Otan et qui se gardent bien de détailler la facture à venir de son entrée promise dans l’Europe. Mais, comme depuis le début, le débat est interdit. Il l’est même de plus en plus.

Source : Journal du dimanche 14/6/2026

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Macron et ses petites phrases

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Pascal Praud, dans le Journal du dimanche, se penche sur les déclarations tonitruantes ou pas d’Emmanuel Macron durant ses deux mandats. Ces petites phrases sont révélatrices d’une méconnaissance totale de la France, de la société française et de ses moeurs. Certes, me direz-vous, mais les Français l’ont élu et réélu. C’est bien là tout le drame français, il aura fallu deux mandats pour précipiter la France dans le vide. Certes, c’était un peu le cas avant lui. Et l’horizon 2027 laisse place à trop d’incertitude, tant il est vrai qu’en politique le jeu ne sont faits qu’au sortir des urnes.

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Source : Le Journal du dimanche, 14/6/2026

Le titre est de la rédaction

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