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samedi, 11 juillet 2026

Marine Le Pen, la volonté contre les idées

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Balbino Katz

Après mon séjour en Provence, j’ai fait une escapade en terre de Flandre, comme il m’arrive d’en accomplir une selon un rythme à peu près décennal. L’âge nous impose ainsi ses pèlerinages. Il existe une horloge secrète qui, tous les dix ans, sonne le retour vers les paysages où notre jeunesse a laissé quelque chose d’elle-même. On croit visiter des lieux ; ce sont eux qui nous attendent.

Mon premier voyage dans le Nord remontait à 1976, au lendemain du baccalauréat. Mon père m’avait conduit jusqu’à la tour de l’Yser, à Dixmude, point culminant de l’IJzerbedevaart, le pèlerinage annuel qui rassemblait alors la fine fleur du nationalisme flamand. On y croisait, par affinité et parfois par simple goût de l’aventure, des Bretons, des Corses, des Catalans, des Basques et quantité de jeunes gens appartenant à des chapelles plus ou moins droitières, plus ou moins sérieuses, qui donnaient libre cours à leurs fantaisies durant quarante-huit heures.

Le rassemblement, né après la Grande Guerre autour du souvenir des soldats flamands et de la revendication d’autonomie, était devenu l’une des grandes liturgies du mouvement flamand. Le mot de liturgie n’est pas excessif. Il y avait des drapeaux, des chants, des morts invoqués, des serments, une tour dressée dans le plat pays comme un clocher politique. Toutes choses qui paraîtraient aujourd’hui incongrues, sinon suspectes, tant notre époque redoute les cérémonies qu’elle n’a pas inventées.

En montant vers la Flandre, nous avions fait quelques haltes. L’une d’elles nous avait conduits devant la maison de Dominique Venner, retirée au milieu d’une forêt. L’essayiste n’avait pas trouvé cinq minutes à nous accorder. Il nous avait salués sur le pas de sa porte, puis congédiés sans autre cérémonie. Cette réception un peu sèche ne nous détourna pas de notre itinéraire mémoriel : quelques kilomètres plus loin, à Abbeville, nous attendait un rendez-vous autrement symbolique.

Nous voulions nous recueillir devant le kiosque à musique où vingt et un prisonniers avaient été massacrés par des soldats français, le 20 mai 1940, dans la panique de la débâcle. Parmi eux se trouvait Joris Van Severen, fondateur du Verdinaso et l’une des grandes figures du nationalisme flamand de l’entre-deux-guerres. Arrêté en Belgique, transporté en France, il avait été abattu sans jugement avec des hommes et des femmes que réunissait surtout le malheur d’être devenus suspects au mauvais moment.

Devant ce kiosque silencieux, la pensée me vint que les morts sont parfois plus accueillants que les vivants.

La halte suivante fut le cimetière militaire allemand de Langemark, à quelques lieues de Dixmude. Sous de grands arbres, dans une paix presque champêtre, reposent des dizaines de milliers de soldats allemands. Parmi eux figurent plusieurs milliers de jeunes volontaires, dont nombre d’étudiants, fauchés dans les combats d’octobre et de novembre 1914. L’Allemagne fit plus tard de leur sacrifice le mythe de Langemarck, celui d’une jeunesse instruite et ardente montant au feu avec davantage d’enthousiasme que d’expérience.

La réalité fut moins lyrique. Des régiments hâtivement constitués furent jetés contre des troupes aguerries, dans la boue des Flandres. Dans ce même vaste charnier, un peu plus au nord, les fusiliers marins de l’amiral Ronarc’h, dont beaucoup venaient de Bretagne, défendaient Dixmude avec une opiniâtreté devenue légendaire. Des jeunes Européens tuaient d’autres jeunes Européens au nom d’États qui, quelques décennies plus tard, recommenceraient la besogne avec des moyens autrement considérables.

Devant les pierres sombres de Langemark, la grandiloquence patriotique perd beaucoup de son lustre. On mesure ce que les nationalismes d’État lancés dans la guerre industrielle ont coûté à notre continent : non seulement des millions de morts, mais une sélection à rebours qui emporta souvent les plus courageux, les plus instruits et les mieux disposés au sacrifice.

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mardi, 07 juillet 2026

Rétablir la peine de mort : une rupture nécessaire avec l’idéologie dominante

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Jean-Yves Le Gallou Polémia cliquez ici

La peine de mort est un des tabous du politiquement correct de notre époque. Fustigée par la caste politico-médiatique, elle continue pourtant à être réclamée par une grande partie du peuple français, malgré une propagande officielle très puissante. Cette semaine, Emmanuel Macron a pris la parole à ce sujet : « La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Ça a été montré, observé, mesuré. Ça n’a jamais eu la notion dissuasive que certains pouvoirs autoritaires voudraient lui accorder. » Pour répondre à Emmanuel Macron, et à tous ceux qui persistent à nier l’intérêt de la peine capitale, nous republions ce jour cette communication prononcée par Jean-Yves Le Gallou à la XXIIe université annuelle du Club de l’Horloge, le 30 septembre 2006.

Polémia

L’abolitionnisme : une figure imposée de l’idéologie dominante

Il est courant de lire que « nous vivons à l’ère de la fin des idéologies ». Et pourtant cette affirmation est un contresens absolu.

Comme l’a remarquablement souligné l’historien Dominique Venner, dans « Le Siècle de 1914 », nous ne vivons pas dans un monde a-idéologique mais, au contraire, dans « un monde saturé d’idéologies », et, en ce qui concerne plus particulièrement l’Europe, d’idéologies culpabilisatrices et incapacitantes.

L’abolition de la peine de mort est au cœur de ce dispositif idéologique auquel est soumis ce que nos voisins suisses appellent le « Gué Pé U », le « Grand Parti unique ». Au sein de ce grand parti unique, il n’est pas possible de faire carrière sans adhérer aux dogmes dominants : l’abolition de la peine de mort en est un, la Tyrannie médiatique étant le moyen utilisé pour refuser tout débat contradictoire selon le schéma suivant :

  • les membres de la classe médiatique sont unanimement favorables à l’abolition de la peine de mort (et ceux qui ne le sont pas n’ont pas la possibilité de s’exprimer sur le sujet) ;

  • les armes utilisées pour imposer ce point de vue sont celles de L’INDIGNATION, de la DIABOLISATION dont Robert Badinter continue de jouer admirablement dans son dernier livre (« Contre la peine de mort ») où il se veut toujours « aux cotés des femmes lapidées en Afghanistan, des hommes fusillés dans les stades en Chine (…), des enterrés vifs pour adultère en Iran, des homosexuels pendus en Arabie saoudite, des mineurs pénaux et des débiles mentaux empoisonnés, gazés, électrocutés aux États-Unis ».

Le rythme des phrases, le choix des lieux, l’accumulation des adjectifs, tout relève d’un art oratoire visant à tétaniser la raison et à interdire toute réplique en jouant exclusivement sur la sensibilité : l’avalanche d’évocations émotionnelles visant à empêcher le libre exercice critique de la pensée.

Il y a aussi une autre méthode pour imposer l’idéologie dominante : tout simplement celle du silence. Pourquoi donner la parole aux partisans de la peine de mort puisque le débat est réputé clos ? Pourtant la meilleure preuve qu’il n’en est rien, ce sont les abolitionnistes eux-mêmes qui la donnent en renouvelant régulièrement les campagnes médiatiques qu’ils inspirent contre la peine de mort. La vérité c’est que le débat sur la peine de mort reste un débat d’avenir.

Le débat sur la peine de mort est un débat d’avenir

Le débat sur la peine de mort a fait rage, en France, dans les années 1970. Cette période s’est achevée, en 1981, par le vote de la loi Badinter d’abolition.

Les abolitionnistes ont gagné la bataille, puis clos le débat, autour de trois arguments :

  1. le spectre de l’erreur judiciaire (« Le Pullover rouge », de Gilles Perrault) ;

  2. le caractère non dissuasif de la peine (selon Robert Badinter, Patrick Henry, futur assassin, se trouvait parmi la foule qui, au Palais de justice de Troyes, réclamait la mort pour Buffet et Bontemps) ;

  3. l’avancée inéluctable des démocraties vers l’abolitionnisme.

Le débat est aujourd’hui rouvert, car aucun de ces arguments, qu’il soit émotionnel (l’erreur judiciaire) ou d’autorité (le manque de dissuasion, le sens de l’histoire), ne tient face aux faits.

La thématique de l’erreur judiciaire n’est pas réellement pertinente

L’évocation du risque d’erreur judiciaire est centrale aux Etats-Unis dans le combat des abolitionnistes ; elle s’appuie sur les faiblesses du système judiciaire américain. Elle se heurte toutefois à une limite factuelle : jusqu’ici la justice américaine n’a jamais reconnu comme innocent quelqu’un qui aurait été préalablement exécuté. Il est vrai que la multitude des procédures de recours limite les risques.

En France la même thématique a été reprise par Jacques Chirac. Dans la réponse qu’il a apportée à l’association « Ensemble contre la peine de mort », le 21 juin 2001, le président de la République a déclaré : « C’est un combat qu’il faut mener avec détermination et conviction. Car nulle justice n’est infaillible et chaque exécution peut tuer un innocent. »

L’écrivain d’extrême gauche Gilles Perrault a beaucoup exploité cette rhétorique à travers un livre et un film « Le Pullover rouge », œuvres de fiction censées innocenter, par la mise en avant de cet élément vestimentaire troublant, Christian Ranucci, exécuté le 28 juillet 1976 pour l’enlèvement et le meurtre d’une fillette. Mais le montage cinématographique ne résiste pas aux faits :

  • Ranucci a conduit lui-même les enquêteurs sur les lieux où il avait enterré l’arme du crime ;

  • Un pantalon maculé de sang (du même groupe que sa victime) et un cheveu semblable à celui de sa victime ont été retrouvés dans sa Peugeot.

Au demeurant, le problème de l’erreur judiciaire n’est pas celui de la peine, il est celui de la preuve

La justice est une institution humaine et par conséquent faillible. L’existence d’erreurs judiciaires est donc inéluctable. Or, leur gravité peut être considérable et pas seulement dans le cas de la peine de mort : priver un homme de liberté lorsqu’il est innocent peut le conduire au suicide. C’est ainsi que l’un des accusés innocents d’Outreau mit fin à ses jours. Faut-il pour autant supprimer toute forme de détention préventive ?

Non, mais il faut être plus exigeant en matière de preuve, et de preuves matérielles : en histoire comme en criminologie, les témoignages et les aveux sont fragiles et sont faillibles. On ne peut s’en contenter. Au demeurant, les progrès de la criminologie, notamment dans le domaine génétique, permettent souvent (pas toujours) d’étayer les présomptions discutables de faits matériels. Si la justice doit progresser, c’est moins en abaissant l’échelle des peines ou en en supprimant la clé de voûte qu’en étant plus exigeante avec elle-même en termes de faits objectifs (et non subjectifs). C’était déjà le point de vue des philosophes du XVIIIe siècle, qui ne remettaient pas tous en cause le châtiment suprême mais s’attachaient à la critique rigoureuse de l’établissement des faits et des procédures qui pouvaient justifier la sanction pénale.

Par nature irréversible, la peine de mort ne devrait pouvoir être appliquée qu’à des crimes pour lesquels les preuves matérielles seraient suffisamment fortes et nombreuses pour ôter tout doute sérieux et légitime. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que, tout en l’encadrant de plus en plus soigneusement, beaucoup de pays ne renoncent pas à la peine de mort.

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Discriminations anticatholiques au Prytanée militaire ?

Prytanee-militaire.jpgAlain Sanders

Le Prytanée national militaire de La Flèche occupe une place singulière dans le paysage éducatif français. Héritier d’une longue tradition remontant à Henri IV, il conjugue excellence académique, formation militaire et transmission des valeurs nationales. Pourtant, depuis plusieurs années, certains anciens élèves, familles et personnels dénoncent une « évolution » préoccupante : l’apparition de discriminations à l’égard des élèves et des personnels de confession catholique.

Ces accusations soulèvent une question sensible : où se situe la frontière entre l’application du principe de laïcité et une atteinte manifeste à la liberté religieuse ?

Le Prytanée est installé dans un ancien collège jésuite, dont la chapelle royale constitue l’un des éléments patrimoniaux majeurs. Pendant des décennies, la pratique religieuse catholique a coexisté avec les exigences de neutralité de l’État. Des messes étaient proposées aux élèves volontaires, des aumôniers militaires assuraient un accompagnement spirituel et les grandes cérémonies religieuses rythmaient encore récemment certains temps de la vie de l’établissement.

Comme dans l’ensemble des armées françaises, l’aumônerie militaire répond à un principe inscrit dans le droit : permettre aux militaires et aux élèves militaires d’exercer librement leur religion malgré les contraintes du service.

Selon plusieurs témoignages d’anciens élèves et de familles, cette tradition a progressivement laissé place à une interprétation plus restrictive de la laïcité.

Les griefs évoqués concernent notamment une diminution de la visibilité des activités de l’aumônerie ; des difficultés d’organisation pour certaines célébrations religieuses ; des remarques dépréciatives envers les élèves pratiquants ; un climat où l’expression d’une foi catholique serait davantage perçue comme un « engagement idéologique » que comme une conviction personnelle.

Ces « évolutions » produisent un sentiment d’autocensure : certains élèves renonceraient à participer aux activités religieuses ou éviteraient d’afficher leur foi afin de ne pas être marginalisés.

Sur le plan juridique, la situation est plus nuancée. La loi de 1905 garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, sous réserve du maintien de l’ordre public. Dans les établissements relevant du ministère des Armées, cette liberté est assurée notamment grâce aux aumôneries militaires. Le principe de neutralité s’impose aux agents publics dans l’exercice de leurs fonctions. En revanche, les élèves ne sont pas soumis aux mêmes obligations (sauf lorsque certaines restrictions sont justifiées par les nécessités du service ou de la discipline militaire). Ainsi, le simple fait pour un élève d’assister à une messe ou de pratiquer sa religion ne saurait, en lui-même, constituer un manquement au principe de laïcité.

La direction des établissements militaires met régulièrement en avant une lecture différente. Selon cette approche, les éventuelles limitations apportées aux activités religieuses relèvent d’impératifs d’organisation, de sécurité ou d’égalité de traitement entre toutes les confessions. Les responsables rappellent également que le Prytanée accueille des élèves de convictions très diverses et qu’aucune religion ne peut bénéficier d’un traitement privilégié. Cette interprétation laïcarde conduit à réduire la visibilité de pratiques historiquement très présentes, ce qui peut être vécu par certains comme une forme d’effacement militant de l’identité catholique de l’établissement.

En droit, la discrimination suppose une différence de traitement fondée sur un critère prohibé — ici la religion — et produisant un désavantage injustifié. C’est le cas avec un refus récurrent d’accès à certaines activités en raison de la religion ; des sanctions disciplinaires sournoisement liées à la pratique religieuse ; des propos ou des comportements hostiles caractérisés. Nous sommes ainsi en présence d’une laïcité d’effacement cherchant à rendre la religion catholique quasiment invisible dans l’espace public. La volonté affichée d’éviter « toute apparence de préférence religieuse » conduit à restreindre excessivement les manifestations ordinaires de la foi catholique.

La découverte, sur un document de Parcoursup d’une mention classant « l’inscription dans établissements hors contrat » parmi les « critères éliminatoires » des préparations du Prytanée militaire de La Flèche traduit la volonté scandaleuse (on est dans une nouveau scandale des Fiches) de chasser les élèves du hors contrat catholique de l’Armée. Catherine Vautrin, qui est faite pour être ministre des Armées comme moi pour être Petit Rat de l’Opéra, annonce le déclenchement d’une enquête sur cette « situation totalement inacceptable ». Attendons pour voir…

Source EuroLibertés cliquez ici

NDLR SN : On nous fait savoir que, suite au recours déposé par la Fondation Créer son école, cette décision serait suspendue et que les candidats discriminés seront intégrés.

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dimanche, 05 juillet 2026

De Belfast à Rome : le numéro d’été de Synthèse nationale ausculte le réveil identitaire du continent

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Breizh info cliquez ici

La revue trimestrielle Synthèse nationale, fondée en 2006 par Roland Hélie, publie son 74e numéro à l’occasion de l’été 2026. La livraison coïncide avec les vingt ans de la publication, qui seront célébrés en octobre. Vendu 12 euros, ce numéro de 84 pages place la question identitaire européenne au cœur de sa ligne éditoriale, avec une couverture qui décline les foyers de mobilisation du moment : « De Belfast à Varsovie, de Stockholm à Rome, de Londres à Madrid, de Tours à Narbonne. »

Un numéro anniversaire tourné vers le « combat des idées »

Dans son éditorial, Roland Hélie revient sur deux décennies d’existence de la revue et développe sa lecture de la situation française et européenne, qu’il juge « au bord de l’implosion ». Le directeur de publication y défend l’idée que l’idéal national et identitaire, longtemps marginalisé selon lui, s’impose désormais comme une alternative crédible dans la perspective de la présidentielle de 2027.

Le sommaire alterne analyses politiques, chroniques et recensions. Pieter Kerstens signe une tribune sur l’immobilisme de la classe politique, tandis que Philippe Randa consacre sa chronique aux « petits » candidats de la prochaine présidentielle et à leur difficulté à réunir les cinq cents parrainages.

La remigration et l’international en fil rouge

Plusieurs contributions traitent des thématiques migratoires et internationales. La revue consacre un article à la remigration, présentée à travers l’ouvrage récent de Jean-Yves Le Gallou et la mobilisation romaine du 13 juin organisée par le comité Remigrazione e Riconquista. Michel Festivi développe une analyse critique de La France insoumise, et Maurice Bernard commente la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU du 25 mars sur la traite atlantique.

Le numéro accorde par ailleurs une place à la question de l’intelligence artificielle, avec un article d’Alexis Murbas revenant sur l’encyclique Magnifica humanitas du pape Léon XIV et sur les inquiétudes exprimées outre-Atlantique par une partie de la mouvance MAGA.

Un décryptage des émeutes de Belfast

L’analyse des émeutes survenues à Belfast en juin est reprise dans un article de Martine Heldé, qui cite longuement le décryptage livré sur Breizh-Info puis sur CNews. La revue souligne l’approche « froide et distanciée » adoptée pour comprendre ces événements, en distinguant plusieurs réalités superposées : une colère sociale présente des deux côtés des murs de séparation, une mobilisation concentrée dans les quartiers loyalistes, et une dynamique anti-immigration distincte en République d’Irlande. La conclusion insiste sur l’absence de débat démocratique organisé en amont sur l’immigration au sein des sociétés européennes.

Culture, histoire et hommages bretons

La partie culturelle du numéro comprend une critique du dernier album La longue marche de Lucky Luke de Matthieu Bonhomme, jugée sévèrement pour son orientation idéologique, ainsi qu’une chronique cinéma de Scipion de Salm consacrée au film Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli, sur les trajectoires de Jean et Corinne Luchaire sous l’Occupation.

Youenn Caouissin y signe un hommage à l’abbé Yann-Vari Perrot, recteur de Scrignac assassiné en 1943, à l’occasion d’une journée du souvenir organisée par l’association Feiz ha Breizh le lundi de Pâques. Les rubriques habituelles — recensions de Georges Feltin-Tracol, biographies littéraires de Daniel Cologne — complètent le sommaire, aux côtés d’un compte rendu de la vie de l’association et de sa « Bio Collection », dont le neuvième volume est consacré à Augusto Pinochet.

Le numéro 74 de Synthèse nationale est disponible au numéro et sur abonnement auprès de la revue, ainsi que sur le site synthese-editions.com.

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www.breizh-info.com

NDLR SN : En Bretagne, on a deux chances, celle, justement, d'être en Bretagne et celle d'avoir Breizh info... Que notre confrère soit ici remercié pour ce bel article.

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vendredi, 03 juillet 2026

La désespérance des Français face aux politiciens de l’impuissance

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Yves Thréard

Que reste-t-il du rêve français ? À dix mois de l’élection présidentielle, l’étude de la Fondapol que présente Le Figaro donne un sombre tableau de l’état de la nation. Le moral est au plus bas et l’inquiétude au plus haut. Le fond de l’air est lourd, plombé par des crises multiples : migratoire, identitaire, industrielle, sécuritaire, sociale, environnementale, politique, générationnelle… La mondialisation est clouée au pilori. La crainte de voir chuter son niveau de vie est grande. Mais domine surtout la peur que la France ne soit plus la France. Que ses traditions, sa culture, son art de vivre disparaissent. Que son avenir comme son histoire lui échappent. Qu’elle soit dépossédée de sa singularité. Qu’elle éclate en mille morceaux…

Pour vaincre le pessimisme ambiant, la classe politique actuelle paraît bien mal placée. Jugée désespérante, elle est tenue pour responsable du marasme. On ne peut s’en étonner. Manque d’audace, de volonté, de courage ? Les trotte-menu de la décadence, les politiciens de l’impuissance, les farfadets de l’abandon, comme les appelait le général de Gaulle en son temps, sont sur le banc des accusés. De droite comme de gauche ou du centre, les partis dits de gouvernement inspirent une immense méfiance. Emmanuel Macron, le dégagiste de 2017, pourrait-il avoir un successeur ? Nombre de Français, selon la Fondapol, veulent tourner la page. Les clivages se radicalisent. Les extrêmes montent. Mais LFI, où la tentation insurrectionnelle est grande, est considéré comme beaucoup plus dangereux que le Rassemblement national.

Dans le maelström d’incertitudes qui les inquiète, les Français restent néanmoins attachés à l’Europe. Et affirment leurs trois priorités : moins d’impôts et de normes, une industrie et une agriculture qui marchent et un étroit contrôle de l’immigration. Trois objectifs ambitieux, mais à la portée d’un futur président lucide et pragmatique. À condition qu’il ne soit pas rattrapé par un penchant égotique et qu’il parvienne à composer avec une majorité ou des majorités dans la foulée de son élection. Impossible n’est pas français.

Source : Le Figaro 3/7/2026

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mercredi, 01 juillet 2026

Les 7 péchés capitaux de la justice

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Envahissante, progressiste, partiale et partisane, liberticide, opaque, irresponsable et débordée. Rendre la justice est difficile. Et beaucoup de juges s’y essaient du mieux possible. Mais le système judiciaire est fondamentalement vicié.

Jean-Yves Le Gallou

Une justice envahissante

La justice est envahissante par nature : l’inflation législative et réglementaire, tout comme l’inscription de principes généraux dans la Constitution, multiplient les occasions d’intervention des juges. Dans le même temps, leurs jurisprudences élargissant les concepts de responsabilité — sauf pour eux-mêmes — et la fixation d’indemnités généreuses pour les plaignants encouragent des dépôts de plainte de plus en plus nombreux.

Une justice progressiste

La justice est progressiste par construction ; elle poursuit dans cette voie depuis l’époque Badinter, en 1981, et son cabinet constitué de militants du Syndicat de la magistrature. Un syndicat qui inspire largement l’enseignement délivré à l’École nationale de la magistrature, sans même parler des épreuves de recrutement.

Une justice partiale et partisane

« Pour la femme contre le mari, pour le locataire — ou le squatteur — contre le propriétaire, pour l’employé contre le patron » : la harangue de Baudot, à l’origine du Syndicat de la magistrature, hante les prétoires. On pourrait ajouter : pour le cambrioleur contre le citoyen qui se défend.

Quant aux conflits matrimoniaux ou familiaux, beaucoup d’hommes ont l’impression de ne pas avoir toutes leurs chances dans le cadre d’un procès équitable de la part d’un corps très féminisé. Sur le plan politique, le deux poids, deux mesures est au rendez-vous : qui, à gauche, en face des procès à grand spectacle — et à grands frais — faits à Fillon, Sarkozy ou Le Pen ? Et, sur les bords du spectre, il vaut mieux être un agresseur violent d’extrême gauche qu’un pacifique lanceur d’alerte identitaire. Le crime contre la pensée est davantage réprimé que la violence physique.

Une justice liberticide

Le juge a longtemps été présenté comme protecteur des libertés : il l’est encore s’agissant de l’application de la grande loi sur la presse de 1881. Mais celle-ci est de plus en plus contournée par des lois adjacentes sur le « séparatisme » ou le « harcèlement ». Des textes pénaux que les juges devraient interpréter de manière restrictive et non extensive, comme ils le font, au risque de graves dérives — affaire #Tegner.

Une justice opaque

L’anonymat judiciaire est tel qu’il n’est pas toujours facile de savoir — à rebours de toute courtoisie — qui va vous juger, ou juger votre client pour un avocat, et même, a posteriori, qui vous a jugé. Obtenir la copie provisoire d’un jugement est parfois un véritable défi, surtout quand le temps est compté pour introduire — ou non — un recours. Enfin, la justice est rendue au nom du peuple français, mais celui-ci peut difficilement — sauf pour les tribunaux administratifs — accéder aux jugements. Ce qui est un déni de transparence.

Une justice irresponsable

Concernant la sécurité, la justice — dans la logique de la défense sociale nouvelle — se place davantage du point de vue du délinquant à réinsérer que de celui de la société à protéger. Il en va de même s’agissant de l’immigration, question pour laquelle les tribunaux administratifs et judiciaires font souvent prévaloir le point de vue de l’étranger — même délinquant, même clandestin — plutôt que l’intérêt général de la communauté nationale.

L’irresponsabilité est aussi individuelle : même sans faute, la justice est sévère lorsqu’elle met en cause la responsabilité des chefs d’entreprise, des encadrants sportifs ou des médecins, mais elle a fait de l’indulgence pour les siens un dogme. Qui gardera les gardiens ?

Une justice débordée

Méfiante vis-à-vis des innovations techniques, peu agile en informatique, terrorisée par l’IA, la justice est progresso-vieillotte : progressiste dans son idéologie, vieillotte dans ses méthodes. Elle est vite débordée, comme on l’a vu tristement pour les meurtres de #Lyhanna et #Louis.

Comment en sortir ?

Par le rappel que l’autorité judiciaire n’est pas un pouvoir, mais, comme le voulait la Constitution de 1958 du général de Gaulle, une institution respectant la souveraineté nationale.

Par un changement de politique judiciaire remettant au premier plan la sécurité des Français et la protection des frontières de la France. Par un choc abrogatoire supprimant les dispositions juridiques encombrantes, nuisibles ou liberticides.

Par le renforcement des moyens de la justice, grâce au recrutement de magistrats hors de la logique idéologique de l’ENM. Par une transparence accrue des décisions prises.

Source Polémia cliquez ici

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mardi, 30 juin 2026

Tribune libre : À Laurent Nuñez après la mort de Louis : et si c’était votre fils ? Lettre ouverte au ministre qui a peur de la colère populaire plus que des assassins

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Notre confrère et néanmoins ami Yann Vallerie de Breizh info cliquez ici publie cette lettre ouverte ce matin à l'attention de Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur.

Monsieur le ministre,

Vous avez trouvé le mot. Pendant qu’un adolescent de dix-sept ans agonisait quatre jours durant après avoir été roué de coups dans un guet-apens, pendant qu’une mère apprenait que son enfant ne se relèverait pas, vous, depuis le confort feutré d’une interview au Parisien, vous avez trouvé le mot qui résume votre fonction et votre époque : « exploitation » ou « récupération ».

L’extrême droite « exploiterait » la mort de Louis. Voilà votre première préoccupation. Pas les coups. Pas le guet-apens. Pas les images du crime diffusées comme un trophée. Non : la crainte que des Français en colère ne s’en emparent. Vous êtes ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire des morts violentes de ce pays, et votre réflexe devant un cadavre d’enfant n’est pas de désigner les bourreaux, mais de surveiller ceux qui pleurent.

Alors permettez à un père de vous répondre, sans filtre et sans la componction de vos éléments de langage.

Oui, je voudrais qu’on « récupère »

Vous voulez savoir ce que je ferais, moi, si l’on me rendait un jour mon fils ou ma fille brisé sur un chantier, laissé pour mort comme un déchet, violé par un migrant que vos autorités auraient laissé rentrer sur le territoire sans demander mon avis ? Je vais vous le dire, puisque vous semblez ne pas comprendre.

Oui, je voudrais que sa mort serve. Oui, je voudrais qu’on la « récupère », qu’on l’« exploite », qu’on la brandisse. Je voudrais qu’elle déborde de vos communiqués et de vos cellules psychologiques. Je voudrais qu’elle mette des dizaines de milliers de gens dans la rue, qu’elle empêche de dormir, qu’elle dérange vos dîners et vos plateaux. Je voudrais que son nom devienne un caillou dans la chaussure de chaque responsable qui, depuis trente ans, a préféré la paix sociale de façade au courage de nommer le réel.

Vous appelez cela de la récupération. Moi j’appelle cela de la dignité. Une société qui ne se met plus en colère devant l’assassinat de ses enfants, qui ne se révolte pas, qui ne demande pas des comptes, brutalement s’il faut, à ses dirigeants, n’est pas une société apaisée : c’est une société morte, qui a simplement cessé de sentir. Le scandale, monsieur le ministre, ce n’est pas l’émotion populaire. Le scandale, c’est qu’il faille la justifier devant vous.

Le vrai exploiteur, c’est le silence

Vous nous expliquez doctement qu’il n’y a « pas de caractère raciste avéré ». Soit. Encore qu’il y aurait tant et tant à redire sur le sujet, alors que toute une partie de la jeunesse est, par la faute des autorités, sous influence culturelle extra européenne permanente (la culture rap, la culture racaille, américano-africaine pour faire simple) quand elle n’est pas elle-même issue de ses continents. Mais je ne vous parle pas de la couleur des assassins, je vous parle de votre couleur à vous : celle d’un pouvoir qui a fait du déni une méthode de gouvernement. Vous concédez, du bout des lèvres, votre inquiétude devant « la montée de la violence chez les jeunes », devant « cette violence totalement débridée ». Débridée par qui ? Tombée du ciel ?

Cette violence n’est pas un climat. Elle est le produit d’une politique. De votre politique, et de celles de vos copains et amis. De décennies de renoncements, de lois molles, de juges entravés, de frontières-passoires, de quartiers abandonnés, d’une autorité que vous avez vous-mêmes désarmée au nom d’on ne sait quelle modernité. Vous avez construit, brique après brique, la maison qui s’effondre aujourd’hui sur nos enfants — et vous venez nous reprocher de pleurer trop fort dans les décombres.

Ceux que vous accusez de « récupération » sont précisément ceux qui, depuis des années, vous avertissaient. Qui dénonçaient. Qui proposaient. On les a traités d’infréquentables, de paranoïaques, de prophètes de malheur, de racistes, d’extrémistes, alors qu’ils avaient raison depuis des décennies. Et chaque fait divers leur donne raison avec une régularité de métronome. La faute n’est pas la leur. Elle n’est pas la nôtre. Elle est la vôtre, exclusivement la vôtre, et celle de cette caste qui se croit plus républicaine que le peuple dont elle se réclame.

Regardez, pour une fois

Vous vous prétendez les gardiens de la République. Mais la République, monsieur le ministre, ce n’est pas un totem que l’on agite pour faire taire les inquiets. C’est un contrat : votre protection contre notre obéissance. Vous avez rompu votre part. Vous avez encaissé l’obéissance et vous avez cessé de protéger.

Alors je n’ai qu’une exigence, et elle n’est pas tendre. Cessez de regarder la foule avec méfiance et regardez plutôt ce qu’elle regarde. Mettez le nez dans ce que votre gestion a produit. Certes, ça pue. Descendez de l’estrade des donneurs de leçons et venez constater, à hauteur de trottoir, l’état réel du pays. Les Français ne demandent pas votre compassion télévisée. Ils demandent que ça s’arrête. Et le jour où vous craindrez davantage les assassins que les manifestants, ce jour-là seulement, vous serez redevenu un ministre de l’Intérieur.

En attendant, gardez votre mot. Nous garderons nos morts. Et nous n’oublierons aucun des deux.

Yann Vallerie :

un père, parmi des millions.

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Péril en la demeure

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A l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence (2-3-4/07), Jean-Hervé Lorenzi, 79 ans, son président, interpelle les politiques sur leur « déni » face à l’enjeu démographique.

Le Figaro – « Naviguer dans un monde sans repères ». Pourquoi avoir choisi ce thème pour les Rencontres économiques d’Aix 2026 ?

Jean-Hervé Lorenzi. - Parce que c’est l’évidence du moment. Nous sommes entrés dans une période où la violence est partout : au niveau international, européen, national, et jusque dans la vie quotidienne. Qui aurait imaginé, il y a vingt ans, qu’on serait incapables de construire un avion de combat franco-allemand ? Sur tous les sujets, on observe des rejets, des crispations. Les repères sont précisément ce qui permet d’apaiser, d’ordonner, de calmer une société. Or, nombre d’entre eux ont volé en éclats. Les Rencontres d’Aix veulent donc essayer de redonner un cadre de compréhension et d’action, sur les grands sujets internationaux, économiques et sociaux.

Qu’est-ce qui a le plus volé en éclats, comme vous le dites, ces trente dernières années ?

D’abord, l’idée qu’il existait une trajectoire presque naturelle du progrès. Nous pensions que la technologie, l’accumulation des savoirs et la montée des classes moyennes allaient mécaniquement améliorer les sociétés. C’était, pour parler comme les économistes, le vieux monde fordiste. Tout cela n’existe plus. Les inégalités patrimoniales et de revenus se sont accrues, les tensions aussi. Et désormais, la technologie elle-même bouleverse le travail, donc les vies.

Assiste-t-on à une succession de crises ou à un changement d’époque plus profond ?

Je n’aime plus beaucoup le mot de « crise », tant il a été galvaudé. Ce que nous vivons est plus grave : une transition d’époque extrêmement dangereuse, qui bouleverse l’ensemble de nos repères. Ce n’est pas un simple accident de parcours, c’est effectivement un changement profond de monde.

Les économistes doivent-ils désormais intégrer davantage la géopolitique à leur réflexion ?

Bien sûr. La géopolitique structure désormais les relations économiques internationales. Quand on voit monter un acteur comme le chinois BYD, ou quand on s’interroge sur notre capacité à produire des batteries en France, on est au cœur de sujets géostratégiques. Mais il faut aller plus loin : il faut aussi réintroduire massivement les sciences humaines, et d’abord la philosophie. Car derrière l’économie, il y a une question de valeurs : sur quel monde veut-on fonder les relations entre les êtres humains ? Nous pensions que certains socles (comme le respect, la civilité, les partis politiques…) tenaient encore. Ce n’est plus le cas.

L’Europe pèse-t-elle encore dans ce nouveau monde ?

Il faut sortir du discours convenu. Oui, l’Europe reste un marché immense. Mais elle n’est plus une grande puissance industrielle forte. Et surtout, elle pèse moins parce qu’elle n’est pas réellement unie. Ce qui fonctionne aujourd’hui, ce sont souvent des coopérations plus souples, parfois en dehors même du cadre classique de l’Union européenne. Il faut sans doute penser une Europe nouvelle, fondée sur des convergences concrètes entre grands pays, avec plus de flexibilité et d’efficacité.

L’économie française vivote depuis plusieurs années. La dette est-elle son principal problème ? 

La dette est un problème sérieux, et il faut la stabiliser; mais ce n’est pas notre principal problème. Le grand sujet français, c’est le vieillissement, parce qu’il va bouleverser la structure de la société. Entre santé, retraites et dépendance, et à conditions inchangées, son coût pour les finances publiques dépassera 30 milliards d’euros par an à l’horizon 2030. C’est colossal.

Et pourtant cela semble rester un angle mort dans le débat public…

C’est pire qu’un angle mort, c’est un déni absolu de la part de ceux qui nous gouvernent ! Alors que c’est un véritable péril, pour trois raisons. D’abord, je le redis, parce qu’il coûte très cher. Ensuite, parce qu’une société vieillissante est une société qui a davantage tendance à se figer. Ce ne sont pas les plus de 70 ans qui créent massivement des entreprises. Enfin, parce que l’épargne est de plus en plus concentrée entre les mains des retraités qui, très logiquement, prennent moins de risques. Résultat : cet argent finance encore trop peu l’économie productive. Le vrai enjeu, c’est donc un transfert vers la jeunesse, vers la formation, l’apprentissage, l’innovation.

Votre dernier ouvrage « Guerre et Paix, entre profits et salaires » (Odile Jacob, 2026), souligne un tiraillement persistant. Comment le résoudre ?

Le livre bâtit une réforme fiscale complète qui met en œuvre huit principes permettant de répartir l’ensemble des prélèvements obligatoires favorables à la connaissance et au dynamisme de la jeunesse. Il défend une idée simple : une économie fonctionne durablement quand elle maintient un équilibre entre revenus du travail et revenus du capital. Historiquement, la règle de deux tiers pour les salaires et d’un tiers pour les profits a été efficace. Quand cette proportion se déforme trop, la croissance s’affaiblit et les tensions augmentent. Nous y sommes. Pour retrouver un équilibre, il faut une fiscalité plus efficace, capable à la fois de protéger les classes moyennes et d’alléger les contraintes pesant sur les petites entreprises. Il faut aussi mieux mobiliser les transmissions patrimoniales et le foncier.

Quelles sont les raisons d’être optimistes pour l’avenir ?

D’abord une conviction simple : le pire n’est jamais certain. Les sociétés humaines ont souvent basculé dans la violence, mais elles savent aussi inventer des formes nouvelles d’apaisement. Il y a ensuite les jeunes, probablement la clé pour demain. Je crois qu’ils aspirent moins à la guerre qu’à l’insertion, au progrès, à une vie professionnelle et personnelle construite. La jeunesse peut porter une vision plus proactive, plus positive, plus ouverte du monde qui vient. Encore faut-il lui donner les moyens d’agir. Je considère comme absurde d’avoir rogné sur l’apprentissage, tout en maintenant certains avantages fiscaux peu justifiables pour les retraités.

Dans le cas français, j’ai une raison supplémentaire d’être optimiste : le retour de l’esprit d’invention. La France a longtemps été un grand pays d’ingénieurs et d’innovateurs, avant de croire que le tourisme et la finance suffiraient et de se désindustrialiser. Je vois aujourd’hui un rebasculement. Il se passe quelque chose dans l’IA, le spatial, les semi-conducteurs, les biotechnologies. Cette envie d’être acteur du monde qui vient sera incarnée en ouvertures des Rencontres d’Aix avec la présence sur scène de deux jeunes femmes incroyables : Yasmine Belkaïd, la directrice générale de l’Institut Pasteur, et Maud Vinet, fondatrice de Quobly, qui va permettre à la France d’accélérer sur le quantique. Elles sont à l’image de ce que pourrait devenir la société française.

Source : Le Figaro 30/6/2026

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dimanche, 28 juin 2026

Dans Rivarol de cette semaine : un grand entretien avec Michel Festivi sur son Cahier d'Histoire du nationalisme consacré aux Phalanges espagnoles

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samedi, 27 juin 2026

Les fossoyeurs de l’Etat français et des Français

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Rarement, à ce niveau, un tel bilan n’avait été dressé sur le fait de savoir ce qui avait réellement coulé la France suite à de mauvaises décisions prises depuis Giscard d’Estaing (1974-1981, poursuivies de Mitterrand (1981-1995) en Chirac (1995-2007)  puis, Sarkozy (207-2012), Hollande (2012-2017) et au final Macron (2017-2027). Un tel aveuglement a amoindri notre démocratie, exaspéré le peuple par une immigration incontrôlée, engendré une partition de notre société entre les très riches, une petite et moyenne bourgeoisie saignées à blanc et des immigrés dont une partie d’entre eux veulent nous imposer la loi islamique. La France de Macron est une France désintégrée, qui ne fait plus du tout confiance à sa classe politique – surtout quand l’Assemblée nationale n’est jamais qu’une annexe du cirque Pinder.  Henry de Montherlant a eu ce mot juste, prêté à Caton, dans Le Treizième César : « Il regard en haut, il regarde en bas, il regarde à droite, il regarde à gauche, et il ne voit que de l’horreur. C’est le drame d’un peuple à un moment donné, il n’y a personne ».

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source : Institut Thomas More

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jeudi, 25 juin 2026

Louis lynché à mort à Narbonne : et si les prénoms de ses assassins étaient faux ?

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Jérôme Viguès

Il s'appelait Louis. Il avait 17 ans. Dans la nuit du 19 au 20 juin 2026, cinq individus l'ont attiré dans un guet-apens sur un chantier du quai d'Alsace à Narbonne, l'ont roué de coups de pied à la tête avec une sauvagerie méthodique, filmé agonisant au sol, et sont partis. Un ouvrier l'a découvert inconscient le lendemain matin. Il ne s'est jamais réveillé. Il est mort le 23 juin, cinq jours après. Ce pays a mis six jours à s'en apercevoir.

Louis n'avait pas été agressé au hasard. Il avait déjà été tabassé par certains membres du même groupe autour du 12 juin. Il avait eu le courage de porter plainte. Courage fatal. Jules Laurans, rédacteur en chef de Frontières, rapporte qu'on entend les agresseurs lancer à leur victime sur la vidéo du lynchage : "tu ne parleras plus à la police." Ce n'était pas une bagarre qui dégénère. C'était une exécution punitive. Un gamin de 17 ans a été tué pour avoir fait confiance à l'État. Et l'État, lui, était en vacances.

Ce n'est pas une figure de style. Frontières a contacté le parquet de l'Aude pour obtenir des précisions sur l'affaire. Réponse reçue : le parquet était en vacances. Pendant qu'une famille enterre son fils de 17 ans, les magistrats de Narbonne bronzent.

Maintenant posons la question que personne dans les grands médias ne posera. Qui sont ces cinq individus ? On dispose de prénoms — Jordan, Lucas, Mathias, Isaac, Kilian — communiqués par une source policière anonyme à CNews. Cinq prénoms anodins, rassurants, parfaitement français en apparence. Pas de noms de famille. Pas de nationalités. Rien. Juste cinq prénoms tombés d'une source unique, non confirmée, non vérifiable, et aussitôt repris par tous comme vérité établie.

Ce détail mérite qu'on s'y arrête. Rappelons-nous ce qui s'est passé à Crépol en novembre 2023, après le meurtre de Thomas. Quand les identités des suspects avaient filtré sur les réseaux sociaux, on avait constaté que seuls les suspects aux noms et prénoms à consonance arabe avaient été concernés par les fuites — pas ceux aux noms à consonance dite "française". (France Bleu) Neuf internautes avaient ensuite été poursuivis et condamnés pour avoir divulgué ces identités (France Bleu) , certains jusqu'à quatre mois de prison. Le message envoyé à la société française était limpide : les noms des agresseurs, c'est un secret d'État. La mort des victimes, c'est un fait divers.

Depuis Crépol, le système a appris. On ne laisse plus filtrer les noms. On lâche des prénoms — de préférence des prénoms qui ne posent pas de questions. Jordan, Lucas, Mathias, Kilian. Et Isaac — prénom biblique hébreu qui, sous sa forme arabe Ishaq, est porté depuis des siècles dans tout le Maghreb et le Moyen-Orient, et qui figure dans l'Aude même dans des toponymes et des patronymes anciens issus de cette tradition. Cinq prénoms soigneusement anodins. Zéro nom de famille. Zéro nationalité. Le tout fourni par une source dont on ne sait rien, à une chaîne dont on sait tout.

Breizh-Info, qui a visionné les images, qualifie pourtant les suspects d'"origines extra-européennes". La famille de Louis a, elle, autorisé la diffusion de la vidéo précisément pour contredire la version officielle qui parlait de "rixe". Ce ne sont pas des militants qui fantasment. C'est une mère et un père qui veulent que leur fils ne soit pas effacé une deuxième fois.

Le fond de l'affaire est plus révoltant encore. Louis était placé à l'Aide sociale à l'enfance sur demande de sa famille — pas suite à une décision judiciaire. Il était vulnérable, isolé, confié à la protection de l'État. Ses agresseurs gravitaient eux aussi dans les foyers ASE de la région Occitanie. C'est le procureur lui-même qui l'a dit : "le point commun entre la plupart des protagonistes ainsi que la victime, c'est un passage et un parcours au sein de l'aide sociale à l'enfance." L'État avait la charge de tout le monde. Il a failli sur toute la ligne. Dans les établissements de type MECS, 22% des jeunes accueillis sont des mineurs non accompagnés étrangers (Solidarites-sante) — mélangés, dans les mêmes foyers, avec des enfants français fragilisés que leurs familles ont confiés à la protection de ce pays. Le sénateur Joshua Hochart l'a dénoncé au Sénat en janvier 2026 : des enfants victimes sont trop souvent placés dans les mêmes structures que des adolescents relevant de la délinquance, une cohabitation forcée qui fragilise encore davantage les plus vulnérables et peut les mettre en danger. (Sénat) Louis a payé cette cohabitation de sa vie.

Trois des cinq suspects sont mineurs. Le procureur a indiqué qu'ils ont "peu ou pas d'antécédents judiciaires" — formule qui, dans la bouche d'un magistrat français, ressemble fort à une promesse de clémence. Le Code de la justice pénale des mineurs pose comme principe cardinal la primauté éducative sur la répression. En clair : même pour avoir tué un gamin de 17 ans à coups de pied dans la tête, on réinsère. On accompagne. On contextualise. Les deux majeurs — 18 et 19 ans — risquent théoriquement jusqu'à 30 ans pour assassinat. La justice française ne condamne jamais au maximum. Elle négocie, elle atténue, elle cherche des circonstances atténuantes là où Louis n'en a eu aucune. Dans quelques années, ces cinq individus seront libres. Louis, lui, est mort à 17 ans sur un chantier de Narbonne.

Il rejoint une liste que ce pays refuse d'écrire. Thomas à Crépol. Lyhanna dans le Gers. Et tous ceux dont on ne parle pas, parce qu'ils ne sont pas morts de la bonne façon, tués par les mauvaises personnes. À chaque fois, le même scénario : une presse qui parle de "rixe", un parquet qui se tait ou part en vacances, des prénoms rassurants lâchés à la presse, un silence institutionnel assourdissant. Et des familles dévastées à qui on demande de ne pas faire d'amalgames.

Louis avait fait confiance à la police en portant plainte. Il avait fait confiance à l'État en vivant dans un foyer censé le protéger. L'État l'a trahi deux fois. La justice va probablement le trahir une troisième. Ce pays a un problème dont il refuse de parler. Louis en est mort.

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dimanche, 21 juin 2026

Le préfet Galy interdit un hommage sur la tombe de Jean-Marie Le Pen pour ses 98 ans

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L'éditorial de Cyrano

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Incapables de mettre fin aux rodéos, incapables de prendre les mesures nécessaires contre les violences de l’extrême gauche, incapables de juguler l’ensauvagement des villes de France, et en Bretagne de Nantes et Rennes notamment, il se trouve des préfets de la République qui ne manquent pas d’imagination pour harceler les honnêtes citoyens de ce pays.

Ainsi, les zélés préfets des Landes (notre ami Clavreul), du Pas-de-Calais, du Lot-et-Garonne, de la Charente-Maritime, de l’Ardèche, du Vaucluse, de l’Oise et des Deux-Sèvres viennent-il de s’illustrer en décidant de retirer sur-le-champ le permis de conduire des automobilistes coupables de toucher leur téléphone portable au volant. Une suspension qui mettra en situation de mort sociale les citoyens de la ruralité, mais nos préfets et leur bras armé, les flics et les gendarmes, s’en foutent, ce qui compte c’est leur carrière, et tant pis si elle s’exerce au détriment des Français.

D’autres, comme l’ineffable préfet Fabienne Buccio, décident, comme cadeau de départ en retraite, de poursuivre le militant identitaire Damien Rieu, qui signalait son zèle à imposer des logements sociaux dans des villes où les maires n’en voulaient pas.

Dans un autre registre, le préfet du Morbihan, Michaël Galy, vient de s’illustrer. Jean-Marie Le Pen, né le 20 juin 1928 à La Trinité, aurait eu 98 ans ce samedi. Le Parti de la France, présidé par Thomas Joly, qui se réclame de son héritage, avait organisé une cérémonie simple, sur la tombe du fondateur du Front national, à 11 heures du matin, qui devait regrouper une petite centaine de sympathisants.

Bien évidemment, immédiatement, ceux qui, avec une rare indécence, ont fêté la mort du président du Front national, place de la République, au champagne, ceux qui veulent interdire les fêtes du Cochon, les projections des films de Tommy Robinson et les banquets du Canon Français, ont menacé de perturber la réunion, et ont multiplié les coups de téléphone insultants contre le militant qui organisait la cérémonie, dans le Morbihan.

Et donc, dans un pas de deux désormais classique entre les autorités et les antifas, le préfet Galy fait le coup du trouble à l’ordre public pour interdire à une centaine de Français d’aller rendre hommage au fondateur du Front national sur sa tombe.

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La République des prudents

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« Courage, fuyons » est la morale politique d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Chacun sait que les Français doivent travailler plus et plus longtemps. Aucun des candidats à la succession d’Emmanuel Macron n’ose annoncer le retour aux 39 heures de travail par semaine ni un âge de la retraite à 67 ou 68 ans. Nous allons dans le mur en klaxonnant. Pascal Praud se pose ici la question de savoir, présidentielle dans le collimateur, qui aura la courage de dire la vérité aux Français.

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Source : Le Journal du dimanche 21/06/2026

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Le verdict Tegnér marque l’accélération d’une dérive totalitaire des juges politisés

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Riposte laïque cliquez ici

Il y a tellement d’événements judiciaires que nous avons eu l’idée de contacter notre avocat, maître Frédéric Pichon, pour faire le point avec lui…

Riposte Laïque : Vous venez, en quelques jours, d’obtenir deux relaxes pour Riposte Laïque : celle de Patrick Jardin, suite à une plainte d’une enseignante gauchiste, Sophie Djigo, et celle du président, Guy Sebag, suite à deux plaintes concernant des articles parus en 2017. Pouvez-vous nous en dire davantage sur ces deux belles victoires ?

Maître Pichon : Oui, concernant la procédure engagée notamment contre mon client monsieur Patrick JARDIN, je suis très satisfait de cette décision et ce d’autant plus que madame DJIGO avait « mis le paquet ». En effet il convient de rappeler que madame DJIGO, qui est par ailleurs engagée dans la défense des clandestins – ce qui est parfaitement son droit –  avait emmené ses élèves visiter des camps de migrants. Cette initiative avait choqué de nombreux élèves d’autant que, selon certains d’entre eux, dont un qui était présent à l’audience pour témoigner du parti pris de madame DJIGO, se plaignaient de ses interventions en cours jugées trop politisées.

Mon client Patrick JARDIN ainsi que des élus du nord du RN et  des représentants de Reconquête s’étaient émus de cette initiative. Madame DJIGO a donc engagé une action en diffamation, soutenue par son ministère et de nombreux syndicats de l’Éducation nationale. Nous avons soutenu que ces propos s’inscrivaient dans un débat d’intérêt général et qu’ils relevaient de la liberté d’expression. Le tribunal nous a suivis.

Dans le dossier de Guy SEBAG, poursuivi en qualité de directeur de publication pour deux articles datant de 2017, l’un d’entre eux portant sur le fait que des employés voilées travaillaient dans des grands magasins et qu’un contributeur de Riposte laïque avait prises en photo avant d’être pris à parti par un agent de sécurité portant une barbe islamiste. L’article relatait cet incident. Nous avons gagné ce dossier sur un problème un peu plus technique et juridique lié à l’absence de responsabilité du directeur de publication dès lors que celui-ci était domicilié à l’étranger et que le site était également hébergé à l’étranger. Cela n’en reste pas moins une belle victoire.

Riposte Laïque : Par contre, un autre de vos clients, Erik Tegnér, fondateur de Frontières, vient d’être condamné par le tribunal de Bobigny, dans des circonstances qui paraissent vous avoir révolté…

Maître Pichon : Oui celui-ci était poursuivi par une dizaine d’avocats ainsi que le Conseil national des barreaux, le Syndicat des avocats de France, syndicat proche de l’extrême gauche, ainsi qu’une dizaine d’ordres d’avocats.

On lui reprochait d’avoir consacré un numéro de Frontières à la question migratoire et notamment aux entraves rencontrées dans le cadre des reconduites à la frontière. Dans le cadre de ce numéro était dénoncé, notamment, le rôle de nombreuses juridictions administratives qui annulaient les OQTF, ainsi que le rôle de nombreux cabinets d’avocats qui, en plus d’obtenir des annulations de procédure, se faisaient grassement payer. Le nom de ces avocats était cité, ce qui a été reproché à mon client en invoquant le délit de « doxing ».

Tout ceci relevait ni plus ni moins de l’enquête journalistique. Ces derniers, conscients qu’il était impossible d’obtenir une condamnation sur le fondement de la diffamation dans la mesure où nous avions bien évidemment toutes les preuves de ce que nous avancions, ont décidé d’engager la procédure sur un fondement totalement détourné. Il s’agit de l’article 223–1-1 du Code pénal qui a été créé au moment de l’affaire de Samuel Patty et qui consiste dans la divulgation d’informations relatives à la vie privée ou professionnelle de personnes de nature à les exposer à des risques immédiats d’atteintes physiques.

Il s’agit donc d’un contournement de la loi sur la presse et d’un détournement indécent de procédure de la loi PATY. Je pensais très naïvement que le juge, fut-il ouvertement de gauche, allait dépasser ses convictions personnelles pour appliquer le droit. Le jugement constitue un réquisitoire idéologique contre le travail des journalistes de Frontières et en particulier contre Erik Tegnér à qui il est notamment reproché de critiquer les avocats en droit des étrangers « qui ne font que leur travail prévu par la loi ». En définitive, en vertu de cette décision ubuesque, il est loisible de citer leur nom pour les féliciter de leurs actions en faveur des sans-papiers mais pas de les critiquer.

Riposte Laïque : Selon vous, un tel verdict, qui remet en cause la liberté de la presse, peut-il tenir en appel, puisque, bien sûr, vous allez faire appel ?

Maître Pichon : J’ai bien entendu interjeté appel immédiatement de sorte que la décision n’est pas applicable. Elle n’en reste pas moins éminemment grave pour la liberté d’expression. En vertu de cette décision réalité, n’importe quelle information divulguée au grand public sur une personnalité, qu’elle soit connue ou non est de nature à l’exposer à des réactions des internautes, dès lors que cette divulgation d’informations n’est pas apologétique, mais critique. En l’espèce, certains de ces avocats étaient connus puisqu’ils se faisaient fort sur les réseaux sociaux de communiquer sur leurs victoires obtenues dans le cadre de leur mission. La portée de cette décision signifie que n’importe quel jugement de valeur négatif sur quelque personne que ce soit sera passible de peine de prison. Il s’agit d’une dérive totalitaire. Le tribunal de Bobigny a ouvert la boîte de Pandore et il ne mesure pas le chaos juridique que cette décision va créer. 

Riposte Laïque : Une autre de vos clientes, Christine Tasin, a été condamnée à 3 mois de prison avec sursis. Jean-Eudes Gannat a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et une lourde amende. Thaïs d’Escufon était menacée elle aussi de prison, et Erik Tegnér vient d’être lui aussi condamné à 6 mois de prison avec sursis et à une amende exorbitante. Voyez-vous dans ces différents verdicts, qui visent des personnalités de la dissidence patriote, une volonté d’intimidation des juges et pensez-vous ces militants réellement menacés, à terme, de peines de prison exécutables ?

Maître Pichon : En effet, il y a une succession de décisions particulièrement inquiétantes pour la liberté d’expression et en particulier pour le camp patriote. Je pense que nous allons arriver prochainement à une crispation de plus en plus forte. Quoi qu’on puisse penser par ailleurs, de Jordan Bardella, la perspective que celui-ci soit élu en 2027, et par conséquent la perspective pour la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un candidat du camp patriote nationale soit élu, va radicaliser les positions. Nous allons assister à mon avis à un durcissement de tout l’État profond, et notamment des juges, dont une partie est très politisée, qui va rendre des jugements politiques de plus en plus contraires aux règles les plus élémentaires du droit. La bonne nouvelle – ce qui n’était pas le cas quand j’ai commencé à prêter serment – c’est que les patriotes disposent de relais médiatiques et audiovisuels beaucoup plus importants qu’avant. Certaines décisions politiques sont commentées  à l’étranger et suscitent la désapprobation morale d’une grande partie de l’opinion. Je pense que nous allons avoir des positions qui vont se radicaliser de part et d’autre : les patriotes contre les nouveaux sans-culottes qui instrumentaliseront les masses issues de l’immigration.

Riposte Laïque : Quel est votre regard sur la prochaine loi Bergé, annoncée le 1er juillet, pour lutter, selon la ministre, contre la haine en ligne ?

Maître Pichon : Il s’agit d’une nouvelle loi contre la « haine ». On se souvient que la loi AVIA avait été retoquée par le Conseil constitutionnel. Sous couvert de prétendue lutte contre la haine, il s’agit d’une velléité de restreindre la liberté d’expression déjà largement dévoyée par une instrumentalisation éhontée de la loi PATY, comme nous venons de le voir dans le dossier TEGNÉR.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Maître ?

Maître Pichon : Gardons le calme des vieilles troupes. Serrons les rangs. Ne baissons pas la garde et surtout ne sombrons pas dans les provocations inutiles car nos adversaires vont instrumentaliser le moindre dérapage. Bien entendu, il s’agit de rester libres dans nos propos mais en évitant tout ce qui n’apporte rien au bien commun pour lequel tout homme de bonne volonté et tout patriote doit œuvrer.

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samedi, 20 juin 2026

Coupe du monde de foot : une arnaque de la Fifa

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Entre l’élargissement du nombre de nations qualifiées et l’extension de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), cette Coupe du monde de football incarne un football aseptisé qui éradique peu à peu la part de hasard et d’incertitude qui faisait tout son charme, analyse Pierre Adrian, écrivain et ancien chroniqueur à L’Équipe.

Le Figaro. - Quarante-huit équipes participent à cette Coupe du monde qui a débuté le 11 juin, soit près d’une sélection sur quatre à l’échelle mondiale. Qu’est-ce que ce nouveau format élargi vous inspire ?

À chaque édition de la Coupe du monde, nous mesurons à quel point la Fifa s’apparente à une sorte de grande mafia du divertissement. L’objectif est de générer toujours plus de profits, de maximiser les droits de télévision et, par conséquent, de multiplier les matchs. C’est une simple logique comptable. L’UEFA applique d’ailleurs la même méthode avec la nouvelle formule de la Ligue des champions. Dans le même esprit, la Fifa avait organisé sa nouvelle Coupe du monde des clubs l’été dernier aux États-Unis. Il faut désormais du football en permanence, partout dans le monde, déraciné entre Los Angeles et Doha, à n’importe quelle heure et aux quatre coins de la planète.

Cette dérive du football moderne est contraire à l’essence même de ce sport. Cette volonté d’internationalisation à outrance, démagogique, va paradoxalement acter un football à deux vitesses. À l’instar de la nouvelle formule européenne, nous allons assister à des phases de groupes profondément ennuyeuses, saturées de matchs sans réel enjeu. Les véritables grandes affiches n’arriveront qu’à partir des phases finales, où nous retrouverons les favoris habituels. Certes, nous aurons probablement droit à une belle histoire, comme celle de l’Islande lors de l’Euro 2016, au récit d’une petite nation terrassant un géant. Mais au bout du compte, les grosses écuries l’emporteront et ce dénouement fera oublier la monotonie des matchs de poules.

C’est le prélude à ce qui nous attend à terme : l’avènement de ligues fermées où n’existeront plus que des chocs, des PSG-Bayern ou des Real Madrid-Manchester City. Le paradoxe est feint. Les nations mineures comme l’Irak ou Curaçao sont les dindons de la farce. Elles sont instrumentalisées par la Fifa pour feindre un idéal méritocratique qui relève de l’hypocrisie.

Source : Le Figaro 20/6/2026

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Mélenchon assume le grand remplacement. Vingt ans de mensonge viennent de s'effondrer

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Jérôme Viguès

Le 7 juin 2026, Jean-Luc Mélenchon a fait son premier grand meeting de campagne. À Saint-Denis. Au pied de la basilique où reposent les rois de France. Ils avaient prévu 10 000 personnes. Ils en ont compté 26 000. Quand on est de gauche, les chiffres aussi font la révolution. Et là, devant cette foule agitant des drapeaux palestiniens, il a dit haut et fort ce que la droite nationale répète depuis deux décennies et pour lequel elle a été mise au pilori. Il a dit qu'il y a une "Nouvelle France". Que "un Français sur trois est héritier de l'immigration". Il a repris le slogan "on est chez nous", propriété historique du Front national. Et il a évoqué le grand remplacement sans le nier, sans s'en défendre, en s'en amusant sur Radio Nova.

Vingt ans que prononcer ces deux mots valait une condamnation sociale. Vingt ans que les tribunaux de la bien-pensance tranchaient des têtes pour moins que ça. Vingt ans que Renaud Camus était traîné devant les juges, que des journalistes perdaient leurs émissions, que des élus voyaient leur carrière brûler vive pour avoir décrit ce que leurs yeux voyaient. Mélenchon, en une heure de discours, a tout avalé. Il a tout repris. Il a tout assumé.

La différence, c'est qu'il appelle ça une bonne nouvelle.

Ce jour-là, une partie de la foule huait les rois de France devant leurs tombeaux. Le maire insoumis Bally Bagayoko, poing levé, souriait. Il n'a repris personne. Pourquoi l'aurait-il fait ? C'est exactement le message. L'ancienne France dehors. La nouvelle dedans. Et si vous n'êtes pas contents, vous êtes des fascistes.

Treize siècles de monarques utilisés comme décor pour annoncer leur propre enterrement. Il faut avoir un certain culot.

Mélenchon l'avait préparé. "Je crois à la force des lieux", avait-il dit. Oui. Et quel lieu. La nécropole des rois comme tribune pour proclamer que les rois ne comptent plus. Que la France qu'ils ont construite est "dépassée". Que la vraie France, la bonne, la nouvelle, est celle qui arrive. Celle qui, selon son maire insoumis Bagayoko, "a construit ce pays." Pas contribué. Pas enrichi. Construit. Les rois, les paysans, les soldats des deux guerres, les bâtisseurs de cathédrales, les pères de famille qui ont transmis pendant des siècles — eux, ils faisaient quoi ?

Pendant des années, la gauche et ses supplétifs médiatiques ont martelé que le grand remplacement était une "théorie complotiste d'extrême droite". Une invention. Une paranoïa. Une idéologie criminelle. Toute personne qui utilisait l'expression était immédiatement cataloguée, fichée, mise au ban. Les associations antiracistes sortaient leurs avocats. Les parquets ouvraient des enquêtes. Les rédactions viraient leurs journalistes récalcitrants.

Et puis Mélenchon monte sur scène. Il se réjouit publiquement que l'extrême droite veuille lui "coller" l'étiquette grand remplacement. Il ne dit pas que c'est faux. Il ne dit pas que c'est une calomnie. Il s'amuse.

Il a gagné quelque chose ce jour-là. Il a gagné l'aveu.

Mathilde Panot est alors venue aider. Mission : éteindre l'incendie sur les plateaux. Sa réponse restera dans les annales. "Le grand remplacement ? C'est : une génération remplace l'autre."

Lisez cette phrase. Une génération remplace l'autre. Voilà le crime intellectuel pour lequel vingt ans de répression ont été organisés. Voilà ce pour quoi des hommes ont été jugés, condamnés, ruinés, ostracisés. Une évidence biologique. Le passage du temps.

En deux phrases, Panot a innocenté vingt ans de persécutions intellectuelles. Elle ne s'en est pas rendu compte. C'est là tout le génie involontaire de la chose.

Si c'est banal, si c'est juste une génération qui succède à une autre, alors de quoi parlait-on ? Pourquoi Renaud Camus a-t-il été condamné pénalement ? Pourquoi des chroniqueurs ont-ils perdu leurs émissions ? Pourquoi des livres ont-ils disparu des librairies ? Pourquoi des carrières ont-elles été brisées ?

Zemmour l'avait formulé dès 2022 : "Ce que Mélenchon appelle la créolisation, Macron appelle la transition démographique, et moi j'appelle le grand remplacement. Dans tous les cas, on parle du passage d'un peuple à un autre." Il s'était fait lyncher pour ça. Aujourd'hui, Mélenchon reprend le raisonnement en changeant le signe algébrique. Négatif chez Zemmour, positif chez Mélenchon. Le raisonnement est strictement identique.

Qui va s'excuser auprès de Zemmour ? Personne. Ce que la droite dit, c'est du racisme. Ce que la gauche récupère, c'est de la pensée.

Regardons le décor du meeting dans son ensemble. Des drapeaux palestiniens, LGBT, LFI, et quelques tricolores en ornement. La foule entonne "Siamo tutti antifascisti" en italien. Antoine Léaument, député LFI, poste sur TikTok une vidéo du meeting accompagnée d'une musique dont le refrain est "Sortez les armes à feu."

Le tout devant la nécropole des rois de France.

Ce n'est pas une métaphore poétique. C'est un programme de rupture. L'ancienne France est dans la basilique. La nouvelle est sur le parvis. Et la nouvelle hue l'ancienne.

La répression intellectuelle des deux dernières décennies n'était pas une défense de la vérité. C'était une défense du monopole. Le monopole du droit de nommer le réel. Et ce monopole vient de se fissurer de l'intérieur. Pas sous les coups de la droite nationale. Sous les coups de leur propre chef de file.

Ce n'est pas la droite qui a gagné le débat. C'est la gauche qui l'a perdu toute seule.

Si la "Nouvelle France" est une bonne nouvelle, si le fait qu'"un Français sur trois est héritier de l'immigration" est motif de fierté, qu'arrive-t-il aux deux autres tiers ? L'ancienne France, celle de la basilique, celle des rois hués, celle des paysans qui n'ont apparemment rien "construit" selon Bagayoko — elle est quoi dans ce récit ? De la figuration ?

Dans la "Nouvelle France", poser cette question c'est déjà avoir tort. C'est révéler sa "névrose communautariste". C'est s'exclure soi-même du débat. Pas d'argument, pas de réponse. Juste la disqualification.

Sauf que la réalité ne se disqualifie pas. Elle s'accumule. Elle se voit dans les rues, dans les écoles, dans les quartiers. Elle se voit désormais dans la bouche de celui qui prétend gouverner ce pays.

Mélenchon a raison sur un point : il y a bien une "Nouvelle France". Il a tort sur un seul : il croit que ceux de l'ancienne vont l'accepter en applaudissant.

Ils ont avoué. C'est acté. L'histoire retiendra le lieu. La basilique. Les tombeaux. Les rois hués. Le maire qui sourit. Et la phrase de Mathilde Panot, épitaphe involontaire de vingt ans de censure politique.

"Le grand remplacement ? C'est : une génération remplace l'autre."

Merci, Mathilde. Tu n'aurais pas pu mieux dire.

Source cliquez ici

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vendredi, 19 juin 2026

Henry Nowak, victime du racisme anti-Blancs de la police multi-ethnique britannique

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Alain Sanders

L’affaire Henry Nowak restera comme l’un des exemples les plus saisissants des dérives idéologiques qui affectent aujourd’hui certaines institutions britanniques. Car derrière le drame d’un jeune homme de 18 ans poignardé à mort se dessine une question dérangeante : les policiers présents cette nuit-là auraient-ils agi de la même manière si les rôles raciaux avaient été inversés ? Poser la question…

Les images sont accablantes. Alors qu’Henry Nowak agonise après avoir reçu un coup de couteau porté par Vickrum Digwa (qui bénéficiera de la complicité de sa mère pour planquer le couteau), il est traité comme un suspect. Menotté, interrogé, maintenu sous contrôle, il répète pourtant qu’il a été poignardé, avec cette précision : « Je ne peux plus respirer ». Dans le même temps, son agresseur, les mains pleines de sang, parvient à convaincre les policiers qu’il serait lui-même la victime d’une attaque raciste.

Cette inversion spectaculaire entre victime et agresseur ne peut être comprise sans examiner le contexte idéologique dans lequel évolue désormais la police britannique multi-ethnique. Depuis plusieurs années, les forces de l’ordre sont soumises à une pression constante pour démontrer leur engagement contre le supposé racisme des Blancs et les discriminations qui en résulteraient. Une exigence qui devient problématique, voire criminelle, lorsqu’elle conduit les agents à craindre davantage une accusation de racisme qu’une erreur de jugement.

L’affaire Nowak illustre précisément ce danger. Face à deux versions contradictoires, les policiers ont aussitôt accordé un crédit sans nuance à l’accusation de « racisme » formulée par l’agresseur exogène. Le réflexe idéologique (un véritable formatage en fait) a pris le pas sur l’analyse factuelle. La parole de la victime supposée de discrimination a bénéficié d’une présomption de crédibilité que les faits ne justifiaient pas, et tout au contraire !

Le wokisme se définit souvent comme une vigilance accrue aux injustices liées à l’identité, à la race ou au genre. Mais lorsqu’une institution publique commence à interpréter les événements à travers ce prisme avant même d’établir les faits, cette vigilance, déjà incongrue en soi, devient un instrument terrible de racisme anti-Blancs.

Les institutions britanniques balbutient qu’il s’agirait simplement d’une « erreur opérationnelle ». Les erreurs ne surviennent jamais dans le vide. Elles révèlent les priorités, les réflexes et les peurs d’une organisation. Si les agents ont cru plus facilement l’agresseur que la victime, c’est qu’un cadre intellectuel particulier les y a prédisposés.

La mort de Henry Nowak ne démontre pas seulement l’échec de quelques policiers. Elle révèle les conséquences potentiellement tragiques d’une culture institutionnelle où certaines considérations identitaires peuvent influencer la perception immédiate de la réalité. Lorsqu’une société enseigne à ses institutions que certaines accusations sont trop sensibles pour être accueillies avec scepticisme, elle prend le risque de sacrifier la vérité au conformisme idéologique.

Henry Nowak a été victime d’un meurtrier exotique. Mais il est aussi devenu, pour beaucoup de Britanniques qui commencent à se réveiller, le symbole d’un système mortifère qui a préféré voir le monde à travers les lunettes de l’idéologie plutôt qu’à travers les faits. Le racisme anti-Blancs tue. Il serait temps d’y remédier. Sans faiblesse.

Source EuroLibertés cliquez ici

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mercredi, 17 juin 2026

Ivry-sur-Seine : le maire communiste, ou la laïcité à sens unique

Le maire PCF d'Ivry-sur-Seine qui pourfend les croix soutient l'Algérie -  Boulevard Voltaire

La rédaction de Breizh-Info, cliquez ici

La scène, devenue virale, mérite qu’on s’y arrête. Jeudi 11 juin, le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, fief communiste du Val-de-Marne reconduit en mars dernier, a viré au pugilat politique. Au centre du tumulte : un voile islamique, une croix de bois, une prière mariale, et la colère noire d’un maire qui a, ce soir-là, montré son véritable visage.

Tout part d’un amendement. Kevin Nader, jeune élu d’opposition fraîchement entré au conseil, propose de modifier le règlement intérieur pour interdire le port de signes religieux ostensibles en séance. Deux élues de la majorité d’extrême gauche siègent en effet voilées. La proposition n’a rien d’extravagant : elle reprend les termes d’un dispositif juridiquement balisé, depuis qu’en mars dernier le tribunal administratif de Dijon a validé l’interdiction des signes religieux décidée par la ville de Chalon-sur-Saône. La possibilité est désormais ouverte aux communes qui le souhaitent.

Deux poids, deux mesures

C’est la réaction du maire qui en dit long. Philippe Bouyssou (PCF) refuse purement et simplement de mettre l’amendement aux voix, au motif qu’il serait « moralement rejeté » par l’assemblée. Curieuse conception de la démocratie locale, où un texte n’est même plus soumis au vote dès lors qu’il déplaît à l’édile. Une adjointe voilée revendique fièrement sa présence en séance, et la majorité applaudit.

Face à ce mur, l’élu d’opposition choisit le symbole : il brandit une petite croix et récite un « Je vous salue Marie ». La réaction est immédiate et spectaculaire. L’édile, d’abord calme, entre dans une fureur incontrôlée, l’index tremblant pointé vers son contradicteur, dénonçant un « crime politique », une « honte », sommant l’élu de quitter l’assemblée avant de suspendre la séance et de promettre la saisine du préfet.

Arrêtons-nous un instant sur la disproportion. Un voile islamique en plein conseil municipal : tolérable, défendable, applaudissable. Une prière chrétienne récitée par un élu : un « crime politique » qui mérite la saisine du préfet. Voilà résumée, en une soirée, toute la laïcité à géométrie variable d’une certaine gauche.

Le vrai visage de l’édile

Le personnage gagne d’ailleurs à être connu. Sur les réseaux sociaux, le même Philippe Bouyssou ne se privait pas de railler grassement les catholiques, tournant en dérision des évêques avec des plaisanteries de corps de garde sur les préservatifs, ou relayant des montages moqueurs visant les fidèles. Le second degré anticlérical, manifestement, ne lui pose aucun problème de conscience.

L’islam, en revanche, lui inspire des précautions infiniment plus délicates. On le voit souhaiter un « Ramadan Moubarak » devant le chantier d’un centre culturel musulman, promettre sa présence pour l’Iftar et l’Aïd, espérer « Inch’Allah » signer un permis de construire avant la fin du Ramadan. On le retrouve aux côtés d’un prédicateur se réclamant ouvertement de la mouvance des Frères musulmans. L’entrisme d’une organisation placée dans le viseur des services de renseignement français semble, décidément, l’émouvoir bien moins qu’un « Je vous salue Marie ».

La laïcité, ce mot qui ne veut plus rien dire

Au fond, cette affaire a au moins le mérite de la clarté. Elle révèle ce que la laïcité à la française est devenue : non plus un principe d’équilibre, mais une arme à sens unique, brandie contre les racines chrétiennes du pays et soigneusement rangée dès qu’il s’agit d’une autre religion.

Mais soyons honnêtes jusqu’au bout. Le débat lui-même tient désormais de la fiction. À quoi rime encore une laïcité qui s’épuise en querelles de règlement intérieur, dans un pays qui a laissé entrer, en quelques décennies, des millions de personnes appartenant à une religion visible par essence ? Le voile en conseil municipal n’est que la partie émergée d’une réalité bien plus vaste, que la laïcité, conçue au début du XXe siècle pour discipliner le catholicisme dans une société homogène, est tout bonnement incapable de penser. On agite un principe vieux d’un siècle face à une transformation démographique qui le dépasse de toutes parts.

La vérité, c’est qu’une laïcité qui ferme les yeux sur le réel pour ne s’indigner que d’une prière chrétienne n’est plus un principe républicain. C’est une posture. Et à Ivry-sur-Seine, jeudi soir, cette posture a laissé tomber le masque.

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mardi, 16 juin 2026

L’Iran sort de cette guerre renforcée

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Pierre Lellouche

Trump avait commencé la guerre en promettant une « capitulation sans condition de l’Iran ». Il la termine avec un mauvais accord, annoncé dimanche, dont l’Occident n’a pas fini de payer les conséquences. En réalité, cette guerre a tourné au cauchemar stratégique pour l’Administration Trump, un cauchemar qui rappelle les pires heures de Jimmy Carter, lorsqu’il échoua lamentablement à libérer les otages de l’ambassade américaine à Téhéran, il y a quarante-cinq ans… Un long supplice persan de 444 jours, où, comme aujourd’hui, les dirigeants de la jeune République islamique semblaient jouer au chat et à la souris avec une Administration américaine brouillonne et dépassée par les événements.

Après trois mois et demi de conflit, force est de constater que non seulement aucun des trois objectifs principaux assignés à cette guerre n’aura été atteint : ni dénucléarisation, ni destruction de l’arsenal de missiles, ni arrêt du soutien au Hezbollah et autres alliés chiites, mais surtout que la République islamique sort de cette guerre renforcée, plus revancharde que jamais, convaincue qu’elle a déjà vaincu la première puissance militaire du monde et son allié israélien.

Le président américain voulait un « regime change ». Il l’a obtenu, mais pas celui qu’il souhaitait. À Téhéran, la « puissance divine » de l’ayatollah Khamenei père a été remplacée par « la puissance brute », incarnée par un commando de dirigeants plus jeunes, tous anciens combattants de la guerre contre l’Irak, et tous membres des gardiens de la révolution, la nouvelle colonne vertébrale du régime en lieu et place du clergé chiite.

Tandis que le vieux Khamenei, prudent, persistait à refuser de franchir le seuil de l’arme nucléaire, en s’efforçant d’écarter le risque d’une attaque massive contre l’Iran, ses successeurs sont aujourd’hui convaincus que le pire est derrière eux, ayant survécu à 13 000 frappes américano-israéliennes. Ceux-là sont également convaincus que Trump ne reprendra pas la guerre, mieux, qu’il bloquera même les velléités israéliennes de « finir le travail ». C’est cette conviction qui a conduit les dirigeants iraniens à prendre le risque calculé de frapper directement Israël au début de la semaine dernière pour défendre leurs alliés du Hezbollah au Liban. Trump n’a pas bougé, sauf pour intimer l’ordre à Netanyahou d’arrêter ses frappes…

Quant à la négociation sous médiation pakistanaise, ses résultats s’annoncent bien pires pour les Américains et les Israéliens que les termes consentis par l’Iran en février à Genève… avant les bombardements du 28 février.

Sur le nucléaire, censé être le but principal de cette guerre, les Iraniens ont maintenu leur position constante, à savoir l’affirmation de leur droit souverain d’enrichir l’uranium, ce qui leur permettra de conserver les équipes nécessaires à une éventuelle reprise d’un programme militaire, même si, dans l’intervalle, le programme d’enrichissement devait être suspendu. Quant à la demi-tonne d’uranium enrichi à 60 %, la moitié serait diluée sur place et l’autre serait déposée dans un pays tiers non encore déterminé : au total, un arrangement très similaire à celui de l’accord JCPOA signé par Obama en 2015, que Trump avait jugé « horrible » à l’époque, avant de le dénoncer trois ans plus tard, lors de son premier mandat. De toute façon, cette négociation nucléaire, censée commencer dans les semaines à venir, s’échelonnera sur de nombreux mois, au vu de sa très haute technicité, mais surtout du talent des négociateurs iraniens à faire durer indéfiniment les tractations…

Mais pire encore, il y a Ormuz. Les dirigeants de Téhéran peuvent remercier Trump. C’est lui et sa décision de lancer une « petite excursion » en Iran qui ont fourni le prétexte qu’attendaient les Iraniens pour s’approprier de fait la totalité du détroit, y compris les eaux territoriales appartenant aux voisins, les monarchies arabes du Golfe. C’est désormais chose faite. Avec plusieurs conséquences considérables.

La première est que les Iraniens vont faire payer très cher la réouverture du détroit, exigeant en échange 24 milliards de dollars de fonds iraniens séquestrés dans les banques arabes ou occidentales, dont le paiement sera, dit-on, échelonné en deux fois. Pour mémoire, l’accord signé par Obama en 2015 n’avait « coûté » que 1,7 milliard. Un vrai « progrès » donc grâce à Trump ! Avec ces 24 milliards, et la possibilité de vendre à nouveau son pétrole, Téhéran disposera du cash indispensable pour soulager l’énorme crise économique qui pèse sur les Iraniens, ce qui lui permettra aussi d’éviter de nouvelles protestations de masse, et bien sûr de réarmer.

Mais l’essentiel est ailleurs : une réouverture d’Ormuz dans le cadre du fameux mémorandum n’est, dans l’esprit des Iraniens, qui n’en ont pas fait mystère, qu’une option temporaire qui ne règle en rien le problème de fond du statut de ce détroit, que les Iraniens considèrent désormais comme partie intégrante de leur territoire maritime. Il serait naïf de croire que Téhéran renoncera à cette carte maîtresse, dont ils ont découvert qu’elle leur permet de prendre en otage, à tout moment, la totalité de l’économie mondiale. Pour une raison simple : le monde ne peut pas durablement survivre en étant privé du quart de l’énergie dont il a besoin chaque jour… Après l’accord, les Iraniens pourront donc refermer le détroit à leur guise, et cette seule menace représentera une force de dissuasion majeure contre les Américains et autres alliés qui pourraient être tentés de frapper à nouveau l’Iran. Le détroit d’Ormuz est donc à la fois la corne d’abondance de la République islamique, l’affirmation de sa domination de fait sur ses voisins arabes, et surtout l’équivalent d’une deuxième bombe atomique dissuadant toute interférence extérieure dans la région.

Au-delà, la conséquence la plus durable de ce désastre stratégique est d’avoir conduit à la destruction pure et simple du système de sécurité qui avait été construit entre l’Amérique et les monarchies pétrolières arabes après 1945 : j’assure votre sécurité, vous me garantissez votre pétrole. Plus encore que la guerre de Bush en Irak il y a vingt-trois ans, qui avait débarrassé Téhéran de son rival de Bagdad, la guerre de Trump laissera l’Iran en position de domination absolue de la région. Une superpuissance islamique en devenir, face à laquelle les monarchies arabes n’auront d’autre choix que de se plier, en espérant que le grand voisin chiite ne s’emparera pas purement et simplement de leurs ressources pétrolières.

Exit, en tout cas, l’image de ces petits paradis sûrs et prospères, leurs shopping malls et leurs plages ouvertes toute l’année. Les influenceurs et autres parrains du narcotrafic qui y avaient fait leur nid découvrent que leurs petits paradis étaient bâtis sur du sable… Quant à Israël, ses bombardements auront permis, comme on dit là-bas, de « passer une nouvelle fois la tondeuse » : deux à trois ans de gagnés avant la prochaine crise, mais le poison du terrorisme est toujours là à Gaza et au Liban. Pour la République islamique, la seule gagnante, le ni-paix-ni-guerre aux conditions des Iraniens, financé par les dollars de l’oncle Trump, est assurément la situation idéale pour assurer la pérennité du régime. Tant pis, malheureusement, pour le peuple iranien qui attendait sa liberté, tant pis pour les dizaines de milliers de braves gens qui ont été massacrés en début d’année et pour tous ces jeunes qui continuent à être pendus tous les matins à Téhéran.

Source : Le Figaro 16/6/2026

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A lire sur Breizh-Info, un reportage exclusif au coeur de la manifestation pour la remigration, à Rome, samedi dernier, 13 juin.

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Pour accéder au reportage, cliquez ici

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dimanche, 14 juin 2026

La guerre n’est pas une querelle de cour de récréation

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Henri Guaino

En février dernier, la guerre en Ukraine est entrée dans sa cinquième année. Elle a déjà dépassé en durée la Première Guerre mondiale.   Elle a en réalité commencé bien plus tôt, avec les affrontements entre l’Ukraine et les séparatistes pro-russes du Donbass soutenus par la Russie et l’annexion, cette même année, par cette dernière, de la Crimée. Et même avant, en 2008, même si l’on ne se tirait pas encore dessus, quand la question de l’en- trée de l’Ukraine fut officiellement posée. Et encore avant, en 2004, avec la révolution orange et l’implication des États-Unis et de l’Europe. Et, bien avant encore, en 1991, avec l’effondrement de l’Union soviétique. En réalité, les racines de cette guerre sont multiséculaires. L’Ukraine, à la charnière du monde catholique et du monde orthodoxe, du monde européen et du monde russe, des peuples slaves et des peuples polono-lituaniens et nordiques, a-t-elle vocation à être dans la zone d’influence de la Russie ou dans celle de l’Occident ? Voilà l’éternelle question qui hante ce conflit meurtrier entre deux peuples jumeaux qui, depuis leur naissance, ne cessent tour à tour de s’unir et de se combattre, et l’Ukraine d’être attirée tour à tour dans l’orbite de l’un et dans celle des autres. Cir- constance aggravante, l’Ukraine, c’est ce qui fait basculer l’Empire russe du côté de l’Europe au lieu de l’Asie. Brzezinski allait jusqu’à dire que, sans l’Ukraine, la Russie cessait d’être un empire. Il plaidait pour que l’Ukraine indépendante restât neutre, tout comme Kissinger qui disait que si l’Ukraine voulait vivre en paix, elle devait rester un pont entre deux mondes, sans basculer d’un côté ou de l’autre.

Que faire ?

On peut regarder la guerre russo-ukrainienne sous l’angle du conflit entre nation et empire, entre nationalisme et impérialisme. On peut le voir du point de vue du droit inter- national : qui est dans son droit ? On peut l’envisager sous l’angle de la morale des grands principes : qui est dans le camp du bien, qui est dans celui du mal ? La nation contre l’empire ? Certes, et après ? Les nations ne feront pas disparaître les empires, ni les empires, les nations. Il faut s’y faire : on ne change pas la nature des États. Le droit international ? A-t-il jamais permis d’arrêter une guerre ? Le bien contre le mal ? Mais l’ennemi aussi pense qu’il est le bien. La bonne conscience n’est pas le plus sûr moyen de prévenir les catas- trophes, au contraire, puisque le bien peut tout se permettre.

La seule question qui vaille est tou- jours la même : que faire pour arrêter la tuerie et l’escalade qui est le propre de la guerre ? En provoquant ce conflit, Poutine a fait un mauvais calcul, même du point de vue de ses intérêts. Comme Trump a fait un mauvais calcul en attaquant l’Iran. Mais l’Europe en fait un aussi en prenant parti et en entretenant une tension croissante avec la Russie, oubliant l’avertissement de Kennedy après la crise des fusées de Cuba : il ne faut jamais mettre en tension des puissances nucléaires. Un accident, un emballement, une erreur d’appréciation sont si vite arrivés. On se rassure : « Ils n’oseront pas ! » Alors, il n’y a pas de ligne rouge. On peut toujours aller plus loin et on va plus loin. Mais les vraies lignes rouges, on ne les connaît qu’après coup, quand le drame survient.

Quand j’avais écrit en 2022 que nous allions vers la guerre comme des somnambules, et mis en garde contre le risque de l’escalade dont on finit par perdre la maîtrise, on m’avait opposé Munich, que seule la force arrêtait la force, que l’économie russe allait très vite s’effondrer et que nous n’avions pas le choix : il fallait montrer au nouvel Hitler qu’il ne nous referait pas le coup du précédent. À force de voir Hitler partout, on finit par oublier de penser et de réfléchir aux conséquences de ce que nous faisons. Nous en sommes au dix-neuvième train de sanctions européennes contre la Russie, qui est passée en économie de guerre et qui souffre peut-être, mais ne s’effondre pas. La moitié du monde est plutôt de son côté que du nôtre, et avec l’Iran, cela ne s’arrange pas.

L’ivresse du chef de guerre

L’escalade va bon train avec les missiles ukrainiens qui tombent sur Saint-Pétersbourg. On dira que ce sont les Russes qui ont commencé. Mais la guerre, a fortiori contre une superpuissance nucléaire, n’est pas une querelle d’enfants dans une cour de récréation. Les économies européennes payent de plus en plus cher la hausse du coût de leur éner- gie et la question sociale y est de plus en plus explosive de sorte que la facture ukrainienne commence à atteindre ses limites peut être plus pour l’Europe que pour la Russie. Le plus inquiétant, c’est que les Ukrai- niens qui constatent que les Russes n’avancent pas s’enhardissent. La question est de savoir quand ils tireront le missile de trop. Elle est aussi de savoir quand les dirigeants européens cesseront leur dangereuse fuite en avant, avec l’ivresse du chef de guerre qui semble avoir saisi beaucoup d’entre eux, comme s’ils cherchaient à retrouver dans cette politique de la peur de la guerre à venir, désormais présentée comme quasiment inéluctable, une légitimité politique que les peuples leur contestent.

L’intérêt vital de l’Europe, pour laquelle les dégâts sont déjà énormes, et la morale de responsabilité commanderaient au contraire que chacun fasse tout désormais pour que la guerre s’arrête au lieu d’aller jusqu’au point de non-retour. Hélas, ce n’est pas la sagesse que l’on voit poindre à l’horizon mais plu- tôt l’inverse. En témoigne le défilé à Kiev des candidats français à l’élec- tion présidentielle qui veulent faire entrer l’Ukraine dans l’Otan et qui se gardent bien de détailler la facture à venir de son entrée promise dans l’Europe. Mais, comme depuis le début, le débat est interdit. Il l’est même de plus en plus.

Source : Journal du dimanche 14/6/2026

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Macron et ses petites phrases

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Pascal Praud, dans le Journal du dimanche, se penche sur les déclarations tonitruantes ou pas d’Emmanuel Macron durant ses deux mandats. Ces petites phrases sont révélatrices d’une méconnaissance totale de la France, de la société française et de ses moeurs. Certes, me direz-vous, mais les Français l’ont élu et réélu. C’est bien là tout le drame français, il aura fallu deux mandats pour précipiter la France dans le vide. Certes, c’était un peu le cas avant lui. Et l’horizon 2027 laisse place à trop d’incertitude, tant il est vrai qu’en politique le jeu ne sont faits qu’au sortir des urnes.

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Source : Le Journal du dimanche, 14/6/2026

Le titre est de la rédaction

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Émeutes de Belfast : pourquoi les quartiers républicains/ catholiques sont restés calmes — et ce que cela révèle vraiment

Émeutes anti-immigration | L'extrême droite met le feu à Belfast

Yann Vallerie

Les trois nuits d’émeutes de juin 2026 à Belfast ont une caractéristique géographique que les médias mainstream ont soigneusement évitée : elles se sont déroulées quasi exclusivement dans des zones loyalistes et protestantes. Lower Newtownards Road, Crumlin Road, Sandy Row, Shankill Road — autant de bastions de la tradition unioniste et paramilitaire pro-britannique. Les quartiers républicains et catholiques de l’ouest et du nord-ouest de Belfast — Falls Road, Andersonstown, Ardoyne — n’ont pas connu de violences comparables.

Ce n’est pas un détail anecdotique. C’est une clé de lecture essentielle pour comprendre ce qui se passe réellement en Irlande du Nord, et pour ne pas tomber dans les simplifications qui circulent des deux côtés de la Manche.

Le contrôle républicain : une pression sociale réelle sur la jeunesse

Dans les quartiers nationalistes, l’absence d’émeutes n’est pas spontanée. Elle est le produit d’une pression sociale et politique très organisée. Le Sinn Féin, parti dominant de la communauté catholique, a très rapidement condamné les violences et déployé ses réseaux militants pour s’assurer que la jeunesse des quartiers républicains ne rejoigne pas le mouvement. La jeune maire de Belfast, Róis-Máire Donnelly, issue du Sinn Féin et première magistrate gaélophone de la ville, a publiquement qualifié les émeutes de racistes — ce qui lui a valu des menaces de mort émanant de milieux loyalistes.

L’ensemble des organisations républicaines, y compris celles qui critiquent le Sinn Féin par sa gauche — IRSP, Éirígí, Saoradh, Republican Network for Unity, Anti-Imperialist Action Ireland, Lasair Dhearg — ont fait front commun. Des patrouilles ont été organisées dans les quartiers républicains pour dissuader les jeunes d’y participer. Des républicains d’Ardoyne ont collecté des fonds pour les victimes immigrées et proposé de les accueillir dans leurs quartiers.

Un jeune homme catholique habitant Falls Road ou Ardoyne qui aurait été tenté de rejoindre les manifestations anti-immigration aurait dû affronter non seulement la désapprobation de sa communauté, mais aussi la pression concrète d’organisations structurées disposant d’une capacité d’autodéfense assumée. Ce n’est pas de la liberté de choix — c’est de la discipline communautaire. Efficace, mais il faut l’appeler par son nom.

Le paradoxe : une colère sur l’immigration qui existe aussi côté républicain

Il serait naïf de conclure que les quartiers nationalistes sont imperméables aux tensions liées à l’immigration. La réalité est plus nuancée. Les classes populaires catholiques subissent les mêmes pressions sur le logement, les mêmes listes d’attente pour les services publics, les mêmes difficultés économiques que leurs voisins protestants. La colère sociale existe des deux côtés des murs de séparation. Ce qui diffère, c’est son expression et sa canalisation politique.

Côté loyaliste, les paramilitaires de l’UDA et de l’UVF — qui ont muté en entreprises criminelles autour de la drogue (comme une partie des dissidents républicains) depuis les accords de paix de 1998 tout en conservant une emprise territoriale — ont une tradition de « défense du territoire » contre les étrangers plus perméable à la rhétorique antiimmigration. Côté républicain, cette structuration paramilitaire est largement démantelée, et le Sinn Féin a fait le choix stratégique d’une ligne institutionnelle et antiraciste incompatible avec les émeutes.

La République d’Irlande : une autre réalité, soigneusement ignorée

Ce que les commentateurs progressistes français et britanniques occultent toutefois avec soin, c’est que la colère contre l’immigration ne se limite pas aux loyalistes protestants du nord de Belfast. En République d’Irlande — État indépendant, majoritairement catholique, de tradition nationaliste — des manifestations anti-immigration ont également eu lieu à la suite des événements de Belfast, ainsi qu’à Dublin ces derniers mois, années.

Une partie de la population irlandaise du sud — celle-là même dont les ancêtres ont subi la discrimination et la misère de l’émigration — exprime aujourd’hui des inquiétudes très concrètes face à une immigration de masse que le gouvernement de Dublin a accueillie sans concertation ni préparation sérieuse. Des petites villes rurales irlandaises ont vu débarquer des centaines de demandeurs d’asile hébergés dans des hôtels réquisitionnés, sans infrastructure ni accompagnement. La réaction a été vive, et des personnalités de premier plan ont soutenu les manifestants, comme Conor McGregor.

Le fantasme de l’unité irlando-unioniste contre l’islam : une chimère

Il circule en France, dans certains milieux identitaires, un récit séduisant mais faux : l’idée que la question de l’immigration produirait une réconciliation inédite entre nationalistes irlandais et loyalistes unionistes, unis contre un ennemi commun. Ce fantasme a quelques illustrations marginales : quelques drapeaux tricolores irlandais aperçus lors de manifestations antiimmigration en 2024, quelques figures de la frange droitière du nationalisme irlandais qui jouent avec cette rhétorique.

Mais les faits sont têtus. Les émeutes de 2024, 2025 et 2026 se sont déroulées dans les bastions loyalistes. L’ensemble du mouvement républicain — de l’institutionnel Sinn Féin aux groupes les plus radicaux — a non seulement refusé d’y participer, mais a activement travaillé à en limiter la contagion dans ses propres rangs. La maire de Belfast a reçu des menaces de mort pour avoir condamné les émeutiers. Les républicains d’Ardoyne ont collecté de l’argent pour les victimes immigrées.

L’unité irlando-unioniste contre l’immigration n’existe qu’à la marge, et elle est précisément combattue comme telle par les organisations républicaines qui y voient — à juste titre dans leur logique — un piège politique destiné à détourner les classes populaires catholiques de leurs combats historiques pour les aligner sur l’agenda des paramilitaires pro-britanniques.

Ce que cela dit de la situation réelle

La lecture honnête de la situation nord-irlandaise oblige à distinguer plusieurs réalités superposées. Premièrement, une colère sociale réelle et légitime face à une immigration mal gérée, qui traverse l’ensemble des communautés. Deuxièmement, une expression violente de cette colère qui reste pour l’instant concentrée dans les milieux loyalistes, pour des raisons structurelles et historiques précises — et non parce que les catholiques seraient naturellement plus vertueux. Troisièmement, une discipline communautaire républicaine efficace mais coercitive, qui empêche l’expression de tensions qui existent néanmoins. Une forme d’omerta en quelque sorte, alors qu’une partie de la population catholique locale n’en pense pas moins. Quatrièmement, une mobilisation antiimmigration croissante en République d’Irlande, distincte du loyalisme nord-irlandais et qui mérite d’être analysée pour ce qu’elle est : une réaction populaire à une politique d’immigration imposée sans débat démocratique sérieux.

Toute analyse qui réduit les émeutes de Belfast à du « fascisme loyaliste manipulé par Tommy Robinson et Elon Musk » est aussi fausse que celle qui en ferait le signe d’une unité pan-irlandaise contre l’immigration. La réalité est plus complexe, plus sociale, et finalement plus universelle — elle ressemble à ce que vivent toutes les sociétés européennes qui n’ont pas su ou voulu organiser démocratiquement le débat sur l’immigration avant que la rue ne l’impose.

Article paru su Breizh-Info, cliquez ici

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samedi, 13 juin 2026

Société multiculturelle, société multiconflictuelle

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Mathieu Bock-Côté

Belfast brûle, encore. Mais cette fois, cela a peu à voir avec le conflit engendré par l’occupation britannique du nord de l’Irlande, qui se maintient, plus d’un siècle après l’indépendance, mais avec les tensions engendrées par la société multiculturelle. J’en rappelle le contexte. Hadi Halodid, un demandeur d’asile soudanais, passé par Paris et arrivé en Irlande du Nord, s’en est pris le 8 juin à un passant dans la rue, Stephen Ogilvie. Armé d’un couteau, il l’a poignardé plusieurs fois à la tête, au point de le rendre aveugle d’un œil. Il a aussi cherché à le décapiter - sans y parvenir.

Le tout a été filmé, ce qui a suscité, d’abord une immense stupéfaction, et ensuite, une colère dans les quartiers populaires de Belfast, qui s’est transformée en rage émeutière, dirigée contre les quartiers associés à l’immigration. Des voitures furent brûlées. Des hôtels logeant des migrants, des commerces aussi, ont été ciblés par les émeutiers, souvent masqués, qui témoignent ainsi d’une logique milicienne, propre à l’histoire de l’Irlande du Nord. Les forces de l’ordre furent aussi confrontées.

L’histoire n’est pas toujours racontée ainsi. Souvent, dans la presse internationale, on occulte l’élément déclencheur, ou on le transforme en détail, comme si le mentionner revenait à justifier la violence anti-immigrés. Ce n’est évidemment pas le cas. Mais ceux qui racontent l’histoire ainsi ont une vision biaisée de nos sociétés, qui seraient fondamentalement racistes, et guetteraient n’importe quel fait divers pour se désinhiber - car n’importe lequel ferait l’affaire. C’est ainsi qu’on avait traité les émeutes anti-immigration faisant suite au massacre de trois fillettes à Liverpool, en 2024, par un homme d’origine rwandaise.

On devrait pourtant voir dans ces scènes une préfiguration des tensions engendrées par les sociétés multiculturelles, dont on disait, il y a quelques années, qu’elles deviendraient inévitablement multiconflictuelles - et l’histoire du Royaume-Uni, de l’affaire des Grooming gangs à l’assassinat de Henry Nowak le confirme. Tôt ou tard, ce qu’on appelle pudiquement l’insécurité engendrée par l’immigration allait susciter une réaction se percevant elle-même comme une réaction d’autodéfense - il ne s’agit pas, encore une fois, de légitimer ce point de vue mais de noter que cet engrenage était en quelque sorte inévitable.

Et ces affrontements sont d’autant plus brutaux qu’ils prennent forme à travers des identités primaires, relevant davantage du pôle ethnique que du pôle culturel - réalité qu’on a cherché à esquiver, ou contourner, depuis trente ans, en mettant l’accent uniquement sur l’islam, ou plus largement, sur la religion, alors qu’on constate aujourd’hui qu’elle va bien au-delà. L’effritement symbolique de la nation, sous la pression de l’immigration de masse, pousse chacun au repli tribal.

On voit bien où conduira la politique de répartition systématique des migrants partout dans les territoires, d’autant qu’elle présuppose souvent un transfert de la redistribution sociale des autochtones aux nouveaux arrivants, notamment, mais pas exclusivement, en matière de logement. L’ingénierie sociale à grande échelle pour créer la société plurielle nous ramène à une évidence : les sociétés exagérément hétérogènes ne sont jamais pacifiques. Chaque groupe y défend ses intérêts, soit à travers les institutions, qui sont alors soumises à une logique communautariste, comme on le voit au Canada, soit de manière plus frontale, les tensions entre gangs en témoignent - on se souvient de l’affrontement entre Maghrébins et Tchétchènes à Dijon en 2020.

Laissons même de côté la violence. Face à la faillite de l’État à défendre ses frontières, l’opposition à l’immigration massive s’est tournée vers la rue depuis une dizaine d’années. On se souvient des manifestations en Allemagne en 2015 : elles furent assimilées au néo-nazisme. En France, les manifestations contre l’installation des CRA furent aussi renvoyées à l’extrême droite. Même étiquette pour les manifestations anglaises, où le commun des mortels se présentait souvent avec le drapeau frappé de la croix de Saint-Georges. Le régime ne sait pas les qualifier autrement.

La racialisation des appartenances, il y a quelques années encore, était une tentation idéologique, surtout portée par la gauche - elle la travaille encore, d’ailleurs. Le racisme anti-Blancs est devenu, depuis, un fait social majeur, qu’on fait tout pour recouvrir ou invisibiliser, sans y parvenir. Une partie des Blancs est alors rattrapée, à son tour, par la tentation racialiste. Finalement, la société prend le visage hobbesien de la lutte de tous contre tous. Tout cela était prévisible. Ils furent nombreux à nous en avertir. Ils furent traités de prophètes de malheur. L’Irlande du Nord, demain, pourrait être notre avenir.

Source : Le Figaro 13/6/2026

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jeudi, 11 juin 2026

Belfast brûle. La prochaine ville sera la vôtre

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Jérôme Viguès

Belfast, lundi soir. Un homme est assis à califourchon sur sa victime dans une rue du nord de la ville. Il la taillade au visage, au cou, au dos. Plusieurs coups. Sous les yeux des passants. La vidéo part en viral en quelques heures. La victime s'appelle Stephen Ogilvie. Il a perdu un œil. L'agresseur s'appelle Hadi Alodid. Il a trente ans. Il est soudanais. Il était légalement installé au Royaume-Uni avec un statut de réfugié valide jusqu'en 2028. Il a été arrêté et inculpé pour tentative de meurtre, possession d'arme blanche et menaces de mort.

Mais voilà le détail que les grands médias ont mis du temps à lâcher. Hadi Alodid est entré en Irlande du Nord en 2023 depuis la République d'Irlande. En provenance de Paris. La France comme sas de transit. Ce pays qui accueille, qui héberge, qui nourrit, qui loge, qui donne des papiers — et qui exporte ensuite le problème chez ses voisins. Comme par hasard.

Ce qui s'est passé ensuite, les médias officiels appellent ça des "émeutes anti-immigrés." Traduction honnête : des dizaines de milliers d'habitants ont explosé. Des quartiers entiers de Belfast se sont embrasés. Des foyers incendiés par dizaines. Des commerces détruits. Un bus calciné. Des familles déplacées dans la nuit, dont un bébé de deux mois. Les forces de l'ordre ont priorisé l'évacuation des civils plutôt que les interpellations — ce qui en dit long sur l'ampleur du chaos.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a dénoncé des violences "choquantes et complètement inacceptables." Il a ajouté qu'il était "clair que des personnes avaient été ciblées en raison de leur origine" et qu'il ne le "tolérerait pas." Formule creuse, rituelle, prononcée depuis un bureau par un homme qui n'a pas regardé la vidéo dans les yeux d'un père de famille de Belfast. Les cinq principaux partis politiques d'Irlande du Nord ont publié une déclaration commune appelant au calme. Même rituel. Même vacuité. Les dirigeants parlent. La rue brûle. Ces deux réalités ne se rencontreront pas.

Pendant ce temps, les habitants de ces quartiers défavorisés où l'on entasse les migrants depuis des années regardaient leurs rues brûler. Ils ne brûlaient pas par idéologie. Ils brûlaient parce qu'un homme avait failli se faire égorger dans leur rue par quelqu'un que l'État avait installé parmi eux, et que cet État leur demandait maintenant d'être raisonnables. Il y a un mot pour ce que vivent ces gens. Ce mot, c'est l'abandon.

Stephen Ogilvie a perdu un œil. Sa famille appelle au calme et salue "la contribution essentielle des migrants à la société." Réaction courageuse, ou réaction conditionnée par des années de matraquage idéologique ? Ce qui est certain, c'est que Stephen Ogilvie ne reverra plus jamais le monde qu'avec un seul œil. Et que l'homme qui le lui a arraché avait été accueilli, hébergé et protégé par l'État — d'abord en France, ensuite au Royaume-Uni.

Ce n'est pas la première fois que Belfast s'embrase. Émeutes en 2024, émeutes en 2025, et maintenant ceci. À chaque fois, le même cycle. Un drame. Une vidéo. Une explosion populaire. Des élus qui condamnent. Des experts qui expliquent. Et le lendemain, rien ne change. Les mêmes populations continuent d'être entassées dans les mêmes quartiers. Les mêmes alertes continuent d'être ignorées. La même cocotte-minute continue de chauffer. Et nous approchons du 12 juillet, la période des défilés orangistes, historiquement la plus explosive de l'année en Irlande du Nord. Le timing est parfait pour que tout dérape.

Ce mercredi, Belfast se préparait déjà à une nouvelle nuit. Écoles fermées dès la mi-journée. Bus et trains à l'arrêt. Renforts de police mobilisés en urgence, d'autres attendus depuis le reste du Royaume-Uni pour jeudi. Trois arrestations à ce stade, "d'autres suivront" selon les autorités. La ville retient son souffle. Ou plutôt, elle ne le retient plus.

Un système qui importe massivement une population étrangère sans se demander si la greffe prend. Un système qui installe ces populations dans des quartiers déjà fragiles et appelle ça de l'intégration. Un système qui fait transiter les indésirables de pays en pays, de Paris à Belfast, en tamponnant des papiers au passage. Et quand la cocotte-minute explose, ce même système sort ses experts et ses éditorialistes pour expliquer que la vraie violence, c'est celle des gens qui ont craqué. Pas celle qui les a fait craquer.

Les peuples d'Europe sont en train d'apprendre une leçon que leurs gouvernants refusent de leur enseigner. Quand l'État cesse de vous protéger, vous vous protégez vous-même. Quand l'État ignore vos alertes pendant des décennies, un soir de juin, une vidéo suffit à mettre une ville à feu.

Belfast brûle. Et cette nuit, elle risque de brûler encore.

Source cliquez ici

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mercredi, 10 juin 2026

Belfast en flammes : après la tentative de décapitation par un réfugié soudanais, l’Irlande du Nord s’embrase

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YannV, Breizh info cliquez ici

La tentative de meurtre survenue lundi soir dans le nord de Belfast n’a pas seulement laissé un homme dans un état critique à l’hôpital. Elle a mis le feu à toute l’Irlande du Nord — et au-delà. Dans la nuit du mardi au mercredi, des émeutes d’une violence rarement atteinte ont secoué Belfast, Portadown, Newtownabbey et d’autres localités nord-irlandaises, tandis que des manifestations éclataient simultanément dans d’autres villes britanniques, notamment Bangor, Glasgow et Londres, où des manifestants anti-immigration ont affronté les forces de l’ordre.

Ce qui s’est passé

L’attaque s’est produite vers 22h30 lundi 8 juin sur Kinnaird Avenue dans le nord de Belfast. Un homme d’origine soudanaise, âgé de 30 ans, a maintenu une victime au sol et l’a poignardée à plusieurs reprises à la tête, au cou, aux yeux et dans le dos avec un couteau de cuisine. Des riverains sont intervenus physiquement pour maîtriser l’assaillant avant l’arrivée de la police — l’un d’eux armé d’un hurling stick, la crosse traditionnelle du sport gaélique irlandais. La victime, un homme d’une quarantaine d’années, a été hospitalisée avec d’importantes blessures aux yeux et de graves lacérations au dos et au visage.

Le Home Office britannique a confirmé que le suspect était un ressortissant soudanais titulaire d’un statut de réfugié accordé en 2023, arrivé au Royaume-Uni via Paris puis Dublin. Il a été inculpé de tentative de meurtre et a comparu devant la justice mercredi.

Une nuit de chaos

Dès le mardi soir, la colère a envahi les rues. Des centaines de manifestants, pour beaucoup le visage masqué pour ne pas être dénoncé par des journalistes friands de cela, ou arrêtés par la police, se sont rassemblés en plusieurs points de Belfast. Essentiellement dans des bastions unionistes, mais aussi dans quelques zones républicaines (l’agression a eu lieu dans une de ces zones, au nord de Belfast).

Un bus et des voitures ont été incendiés. Des habitants ont dû être évacués d’un immeuble en proie aux flammes. Dans le quartier de Cloughfern à Newtownabbey, des cocktails Molotov ont été lancés sur des véhicules de police. À Portadown, un véhicule de la PSNI a été incendié.

Des hommes masqués se réclamant de l’intention de « virer les étrangers » ont été filmés en train de défoncer portes et fenêtres sur la Lower Newtownards Road. Un pasteur protestant du quartier, Jack McKee, a témoigné que des foyers avaient été ciblés uniquement en raison de l’origine ethnique de leurs occupants. Des familles ont été secourues par la police en urgence dans plusieurs rues de Belfast est

Au total, la Police a recensé 13 signalements de dégradations et 5 incendies criminels, traités pour certains comme des crimes à caractère raciste. Trois agents ont été blessés.

Un enchaînement qui se répète

Ce n’est pas la première fois que l’Irlande du Nord s’enflamme sur fond de tensions migratoires. En juin 2025, des émeutes avaient déjà éclaté à Ballymena après l’agression sexuelle présumée d’une adolescente par deux jeunes Roms, provoquant l’exode des deux tiers de la population rom de la ville. Et en 2024, les émeutes post-Southport avaient touché plusieurs villes britanniques et nord-irlandaises simultanément.

Le schéma est désormais rodé : un acte de violence commis par un individu d’origine étrangère, une vidéo qui circule, une classe politique qui appelle au calme, et une colère populaire qui explose parce qu’elle n’a plus d’autre exutoire. La semaine précédant les événements de Belfast, la diffusion de la vidéo corporelle montrant la mort d’Henry Nowak — cet étudiant blanc menotté par des policiers alors qu’il venait d’être mortellement poignardé à Southampton — avait déjà provoqué un tollé national.

Le rôle des réseaux sociaux

Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, a joué un rôle central dans la diffusion des images et l’organisation des manifestations via la plateforme X. Sa vidéo sur l’attaque avait dépassé les 52 000 vues mardi après-midi. Elon Musk, propriétaire de X, a relayé ses appels à manifester auprès de ses 240 millions d’abonnés.

Le chef de la police nord-irlandaise Jon Boutcher a averti : « Le défi auquel nous faisons face avec la toxicité en ligne d’aujourd’hui, c’est que des gens sont incités par des individus sans visage qui ne savent rien de cet endroit brillant et vibrant. Ne vous laissez pas berner ou manipuler par des gens en ligne. » I

Une mise en garde qui évite soigneusement la question centrale : si des individus anonymes parviennent à mobiliser des milliers de personnes en quelques heures, c’est parce que la colère préexiste. Elle n’est pas fabriquée de toutes pièces — elle est nourrie, depuis des années, par le sentiment d’un abandon institutionnel face à une immigration de peuplement et de remplacement.

Les peuples européens à bout

Le discours médiatique mainstream et celui des autorités réduit la colère populaire à une manipulation de l’extrême droite, ; c’est commode. Il permet d’éviter la vraie question : pourquoi des populations entières en Grande-Bretagne, en Irlande du Nord, en France, en Allemagne, en Suède, au Danemark, réagissent-elles avec une intensité croissante à des événements criminels impliquant des migrants ? Non par idéologie, mais parce qu’elles vivent au quotidien les conséquences d’une politique migratoire que personne ne leur a jamais demandé d’approuver, et dont elles subissent les effets dans leurs quartiers, leurs villes, leurs rues.

L’ancien Premier ministre d’Irlande du Nord Arlene Foster a reconnu ce malaise, tout en appelant à la désescalade : « Ceux qui participent à ces violences doivent comprendre que s’ils veulent vraiment avoir une conversation sur l’immigration non contrôlée, cela est entièrement contre-productif. » Formulation révélatrice : même les voix modérées admettent désormais que le débat sur l’immigration non contrôlée est légitime. C’est une forme de progrès. Mais il arrive trop tard, et il passe par les flammes plutôt que par les urnes — ce qui est le signe d’une démocratie qui a failli à entendre ses citoyens avant qu’ils n’aient plus d’autre langage que celui de la rue.

L’homme qui a plongé son couteau dans la tête d’un inconnu à Belfast lundi soir était arrivé au Royaume-Uni en 2023, via Paris puis Dublin. Il avait obtenu le statut de réfugié. Son permis de séjour était valable jusqu’en 2028. Les autorités britanniques n’ont relevé aucun antécédent alarmant. Des gens lui ont accordé le droit de venir et de rester.

Et pourtant. L’Europe brûle, lentement, d’une colère que ses dirigeants refusent encore d’entendre.

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Rien de commun entre le patriote anti-bolchévique Doriot et le traitre islamo-collabo Mélenchon

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Jérôme Viguès, Riposte laïque cliquez ici

Le dimanche 7 juin 2026, Jean-Luc Mélenchon lançait sa quatrième candidature à la présidentielle depuis la place Victor-Hugo de Saint-Denis. Certains commentateurs ont cru malin d’y voir un écho à Jacques Doriot, l’ancien maire de cette ville qui, quatre-vingt-dix ans plus tôt, y fondait le Parti Populaire Français. La comparaison se voulait assassine. Elle est surtout une insulte à Doriot, et il est temps de le dire.

Jacques Doriot n’était pas un traître. C’était un homme politique de première grandeur, né en 1898 à Bresles dans l’Oise, fils d’un forgeron, sorti de rien par la seule force de son intelligence et de sa volonté. Formé à Moscou, numéro deux du Parti communiste français derrière Maurice Thorez, il fut l’un des rares dirigeants de gauche de l’entre-deux-guerres à avoir une assise populaire réelle, charnelle, qui ne devait rien aux cercles intellectuels parisiens. À Saint-Denis, il n’était pas un élu de cabinet : il marchait dans les rues, il connaissait les familles, il administrait avec une efficacité que ses successeurs, décennies plus tard, auraient été incapables d’égaler. La ville ouvrière qu’il dirigeait était une ville française, peuplée de Français, traversée par des luttes de classe réelles dans lesquelles il s’était engagé corps et âme.

Quand il rompit avec Staline en 1934 et fonda le Parti Populaire Français deux ans plus tard, il ne le fit pas pour des sondages, pas pour un calcul de second tour, pas pour acheter les voix d’un électorat communautaire. Il le fit parce qu’il avait compris avant presque tout le monde que le bolchevisme était le cancer mortel de l’Europe, que Moscou manipulait le mouvement ouvrier français comme un instrument de sa politique étrangère, et que cette trahison-là, la vraie, était celle des apparatchiks qui sacrifiaient les travailleurs français sur l’autel des intérêts soviétiques. Le PPF qu’il construisit fut le premier parti de masse en France à avoir compris que le vrai clivage du siècle n’était pas entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui voulaient défendre l’Europe et ceux qui travaillaient à sa destruction.

Combattre le bolchevisme aux côtés des Allemands avait une cohérence que ses détracteurs n’ont jamais réfutée sérieusement : ils se sont contentés de gagner la guerre et d’écrire l’histoire à leur convenance. Doriot s’engagea sur le front de l’Est dans la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme, puis dans la Waffen-SS, non par goût de la servitude mais par conviction que l’ennemi principal était à l’Est, que Staline représentait une menace infiniment plus grave pour la civilisation européenne qu’Hitler, et que l’heure n’était plus aux nuances diplomatiques. Il mourut en janvier 1945, mitraillé par un avion allié sur une route d’Allemagne. Il mourut en combattant, ce qui est déjà plus que ce qu’on peut dire de beaucoup.
Le mot traître n’a de sens que dans la bouche de ceux qui ont décidé que de Gaulle incarnait la France légitime. Pour les autres, ceux qui considèrent que Pétain défendait ce qui pouvait l’être d’un pays vaincu et saigné, que de Gaulle était l’agent de Londres et de Washington bien plus que le représentant de la France profonde, Doriot était un combattant, pas un félon. On peut ne pas partager cette lecture. On ne peut pas l’ignorer, et on ne peut surtout pas la balayer d’un revers de main condescendant sans se ridiculiser.

Mélenchon, lui, n’a pas de combat. Il a un fonds de commerce.

Et c’est précisément ce qui rend la comparaison obscène : elle met sur le même plan un homme qui croyait en quelque chose au point d’y risquer sa vie et d’y laisser sa peau, et un apparatchik de soixante-quinze ans qui ne croit qu’aux sondages, aux reports de voix et à la mécanique des parrainages citoyens. Doriot avait des ennemis qu’il désignait clairement et qu’il affrontait physiquement. Mélenchon a des adversaires qu’il instrumentalise rhétoriquement pour mobiliser un électorat qu’il a méthodiquement construit depuis quinze ans.

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Trump et Poutine deux Gulliver empêtrés

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Le Russe et l’Américain doivent méditer l’adage de Balzac : « Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ». Le reste du monde, lui, se paye d’illusions perdues. Dans les deux cas, Ukraine et Iran, la guerre tourne aux « conflits gelés » et au chaos stratégique et l’Europe, entre autres, en fait les frais. Pierre Lellouche nous décrypte la situation.

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Source : Valeurs actuelles 10/6/2026

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dimanche, 07 juin 2026

J’ai assisté au procès de Thomas Joly, qui veut mettre l’islam hors d’Europe

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Hector Poupon, Riposte laïque cliquez ici

Poursuivi par la « Justice française » pour avoir écrit sur son blog « Il est de notre devoir de laisser à nos enfants autre chose qu’un dépotoir du tiers-monde où ils se feront violer et égorger » illustré avec l’affiche « Donnons un avenir aux enfants blancs », mais aussi pour avoir écrit « Avec Marion Maréchal, défendons nos traditions, notre identité, notre civilisation et foutons l’islam hors d’Europe », Thomas Joly, président du Parti de la France, passait devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris, jeudi dernier, 4 juin 2026, à 13 h 30. Les propos incriminés remontaient à 2023.

Une dizaine de sympathisants sont présents, mais ils devront se farcir plusieurs affaires avant que ne commence l’audience tant attendue. Parmi celles-ci, le procès de Bruno Attal, membre de « France Police-Policiers en colère ». Il est poursuivi pour injure à caractère raciste par l’ex-députée LFI Rachel Kéké, présente à l’audience, pour quelques tweets la mettant en cause et jugés racistes par cette dernière. Bruno Attal se défend seul et avait bien l’intention de ne pas se laisser intimider par le tribunal. Sans entrer dans les détails, on a eu droit à un psychodrame, lorsque Mme Kéké s’effondre à la barre. Difficile de comprendre ce qu’elle racontait, sinon que tout le monde il était méchant, tout le monde il était raciste. SOS Racisme s’était porté partie civile…

Lorsque s’ouvre le procès de Thomas Joly, ce dernier reconnaît être le président du Parti pour la France et directeur de publication du site en ligne thomasjoly.fr. Il plaide d’abord la nullité de la procédure pour imprécision de la poursuite : flou artistique entre délit de diffamation envers une personne, puis délit de diffamation envers un groupe de personnes… Puis un juge assesseur lui pose différentes questions :

  • Qu’est-ce qui vous a amené à créer ce visuel ?
  • Pour quelle raison l’avez-vous choisi ?
  • Est-ce que vous entendez exclure de la communauté nationale, des étrangers ?
  • Pensez-vous que vos propos peuvent attirer la haine ?

Thomas Joly explique que son parti avait besoin d’un slogan fort s’inscrivant dans  le cadre d’une campagne électorale,  que l’image parle d’elle-même, que défendre des gens qui sont la cible d’une criminalité croissante est légitime…

Le président tente une question plus vicieuse : « mettre l’islam hors d’Europe, comment vous y prenez-vous ? ». Souhaitant esquiver tout débat sur la remigration, qui d’ailleurs n’est pas l’objet du procès, notre accusé préfère ne pas répondre. Il rappelle toutefois qu’on a encore le droit de critiquer une religion, d’autant plus que l’islam est aussi un projet sociétal qui s’accompagne d’un programme politique explicite.

Arrive ensuite la plaidoirie d’Arié Alimi, avocat de la Ligue des Droits de l’Homme, l’association plaignante. On a droit à un historique de cette dernière, née de l’affaire Dreyfus en 1898. Les mauvaises langues diront qu’en sa qualité de vice-président de la LDH, il y a conflit d’intérêt au sein de la LDH mais passons… Ancrée dans le camp du Bien, il nous dit que son association lutte contre toute forme de haine. Puis il nous rassure en nous expliquant qu’elle agit devant les juridictions « avec parcimonie car elle défend aussi la liberté d’expression ». Mon œil ! Une manière de couper court aux rumeurs qui disent que les nombreuses actions menées devant les juridictions constituent  son fonds de commerce, comme d’ailleurs la suite nous le confirmera.

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Immigration : la masse venue des cités

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Mathieu Bock-Côté

A la masse nue, tout semble une Bastille. Cette réflexion qu’on trouve dans Masse et Puissance, le chef-d’œuvre méconnu d’Elias Canetti, paru en 1966 chez Gallimard, m’est venue à l’esprit samedi, en voyant la masse venue des banlieues se jeter sur Paris pour casser, détruire, piller aussi – pas qu’à Paris, d’ailleurs. Il faut dire qu’elle me tournait en tête depuis longtemps – elle me hante. Car elle décrit la violence inévitable au cœur de la vie sociale.

Une masse qui se forme entre nécessairement en conflit avec une autre masse ; les hommes, en ce monde, sont appelés toujours à se combattre, et c’est justement pour cela qu’on les civilise en traçant des frontières entre les peuples et les civilisations. Et une masse cherche toujours une cible à prendre, une Bastille à faire tomber – car la masse, qui s’enthousiasme, a besoin de sentir qu’elle fait tomber un pouvoir illégitime, une citadelle imprenable. Elle veut tester sa force, et sent la faiblesse de son adversaire. Les hommes sont ainsi, on ne les changera pas. La paix universelle est une aspiration céleste – d’autres diront une lubie.

Je parle d’une masse venue de la banlieue. C’est inexact. Car la banlieue elle-même vient d’ailleurs, elle vient essentiellement du Sud, et ne cesse de croître, car les flux migratoires qui l’alimentent ne cessent pas. Qui parle d’assimilation ou d’intégration aujourd’hui ment, et ment grossièrement. Car les mécanismes sociologiques et le cadre culturel et politique qui rendaient possible la transformation des nouveaux arrivés en Français de culture se sont effondrés, sous la double pression de la démographie et de la mauvaise conscience.

Mais je m’autorise ici une réflexion qui n’est pas autorisée. Car la mystique républicaine veut que la nationalité administrative transcende tout. Les papiers neutralisent magiquement l’anthropologie, la culture, la mémoire, les racines, la filiation, l’esprit clanique, l’appartenance ancestrale – les papiers, autrement dit, aboliraient le réel. Nous avons décrété que le facteur ethnoculturel n’avait ni légitimité, ni pertinence. Mais partout il remonte à la surface, au Royaume-Uni, en Suède, au Canada, au Québec, et bien évidemment en France.

À hauteur de l’histoire, la seule qui compte, on assimilera ces émeutes et ces razzias à une conquête contre-coloniale. Elle relève de l’instinct. La frange la  plus agressive de la « nouvelle France » se jette sur la vieille France, qui se croyait éternelle et qui se découvre mortelle, d’autant qu’on la moleste et qu’elle ne se défend pas vraiment. Le dispositif sécuritaire mis en place par les autorités est là pour impressionner, mais le pouvoir préfère voir la France à l’ancienne subir la violence que voir les manifestants même les plus hostiles la subir. Ils ont la chance de ne pas être Gilets jaunes.

Psychologie des foules

La violence surgit les soirs de fête – on dit souvent, avec raison, qu’elle surgira, qu’il y ait victoire ou défaite lors d’un match. Mais elle frappe aussi au Nouvel An. Ces fêtes sont victimes d’une forme d’appropriation symbolique. Un drame comme celui entourant Nahel autorisera aussi l’émeute vengeresse. C’est là que la haine conquérante qui se fait sentir dans les quartiers démographiquement transformés peut exploser, sous l’œil émerveillé des théoriciens de la « nouvelle France », toujours eux, qui y voient toujours une grande répétition révolutionnaire.

Le commentateur tiendra à distinguer les casseurs des fêtards ordinaires. Cette précaution très légitime est pourtant contre-productive car elle méconnaît totalement ce qu’on appelait autrefois la psychologie des foules. Une foule s’anime par ses éléments les plus agités qui conta- minent les autres. Mais surtout, on oublie que s’il y a un affrontement entre les forces de l’ordre et les casseurs, une bonne partie de la masse s’identifiera aux casseurs, se solidarisera instinctivement avec eux. La grande histoire pose des barricades, et ils savent de quel côté ils sont.

Source : Journal du dimanche 7/6/2026

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