mercredi, 13 mai 2026
Yann Arthus-Bertrand, entre Grand Remplacement et Grand Capital
Aussitôt acquise, le 6 mai dernier, la victoire du coloré PSG — propriété du Qatariote Nasser Al-Khelaifi — sur le Bayern de Munich, des équipes de délinquants parfaitement rôdés aux émeutes urbaines ont transformé Paris en un gigantesque champ de ruines, attaqué violemment les forces de l’ordre, renversé et brûlé des voitures et mis le feu à près de 67 poubelles, sans oublier de caillasser et de jeter du mobilier urbain sur les forces de police, qui comptent de nombreux blessés mais ont réussi à éviter un blocage du périphérique. Cerise sur le gâteau, ces hordes de sauvages ont saccagé l’exposition de photos au titre évocateur Vivre ensemble, montée avec l’argent du contribuable parisien place de la Concorde par l’ineffable Yann Arthus-Bertrand avec l’aide du démographe démagogue Hervé Le Bras, connu pour nier la réalité du grand remplacement comme peut en témoigner sa consœur Michèle Tribalat, qui a été victime de sa mauvaise foi et de ses emportements.
Françoise Monestier
Source Polémia cliquez ici
Masochisme et démagogie
Le photographe germanopratin, qui soutient la cause écologiste et aime à revendiquer sa « vertitude » mais reste proche des financiers qui mènent le monde, a commencé par sangloter en constatant les dégâts, les chevalets renversés et les photos détériorées. Le bougre s’est cependant vite repris, félicitant presque les vandales d’avoir commis pour plus de 116 000 euros de dégâts. « Manifestement, les supporters du PSG ont adoré l’exposition. Donc je lance un appel à tous les gens qui aiment le foot. Tous les gens qui pensent que vivre ensemble, c’est important. Tous les gens qui aiment la photographie. Tous les gens qui ont aimé cette exposition. Qu’ils viennent donc nous donner un coup de main. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Une trentaine de bénévoles, sans oublier des agents municipaux payés par le contribuable parisien, ont déboulé place de la Concorde et réparé les dégâts commis par les voyous qui s’étaient esbignés une fois leur forfait commis et ont dû bien se marrer en voyant tous ces ravis de la crèche prendre plaisir à réparer leurs saccages. Bel exemple de masochisme !
Fini les centaines de bougies ou les nounours censés rendre hommage aux victimes des surineurs qui jouent du couteau depuis des années en France et ailleurs sur le continent européen et sont déclarés non coupables car frappés d’une « altération du comportement ». Fini les marches blanches et les différentes cellules psychologiques censées redonner espoir à tous ceux qui ont perdu un être cher, volontairement renversé par un conducteur désireux de se payer un méchant colonisateur.
Les imbéciles heureux qui financent SOS Méditerranée, plébiscitent la voiture électrique ou se pâment devant la prolifération des éoliennes en mer viennent de créer — sans le vouloir ? — une brigade ou une légion de volontaires chargés de réparer les bêtises et les destructions de ceux qui nous haïssent et nous méprisent. « Il y a eu des gens à vélo. Et des vieilles dames. C’est trop mignon », disait Yann Arthus-Bertrand, une fois ses précieux clichés remis sur pied et le vivre-ensemble réhabilité. Il a même eu le culot de rajouter : « En fin de compte, c’est presque l’un des plus beaux cadeaux que m’ont fait ces gens pour montrer que le vivre-ensemble existe. » Il fallait à tout prix replanter le décor et montrer que ce n’est pas une petite émeute qui fera peur aux idiots utiles qui ont contribué à faire élire le maire de Saint-Denis ou à faire parader, aux cérémonies du 8-Mai, le député LFI Raphaël Arnault, le fondateur de la Jeune Garde antifasciste, qui a osé aller se prosterner devant le monument aux morts d’Avignon et qui pleure comme une madeleine car le nouveau maire de la ville, Olivier Galzi, a refusé de lui serrer la paluche.
Une fausse idée de la France
Les photos exposées place de la Concorde ne sont qu’une infime partie des clichés que le photographe, coqueluche des bobos et du CAC 40, a réalisés à seule fin de vendre un bouquin au titre trompeur, France, un album de famille, qui s’est vendu comme des petits pains et a même donné lieu à une exposition hébergée par la Ville de Paris. Arthus-Bertrand et son acolyte Hervé Le Bras ont fait poser dans un studio un certain nombre de gens triés sur le volet et correspondant à cette « nouvelle France » revendiquée par le maire de Saint-Denis, sans oublier des représentants du lobby LGBT, des transgenres ou des couples à trois. Comme l’explique Hervé Le Bras : « Nous avons voulu éviter de montrer une France ancienne, traditionnelle, car c’est un pays qui change beaucoup. Nous ne voulions pas d’une imagerie de la France traditionnelle, mais bien de la France de maintenant, avec ses graffeurs, surfeurs, clubs de robotique… J’ai donc dû chercher d’autres sources. » Tout est dit par l’illusionniste démographe qui s’est accouplé avec celui qui revendique avoir filmé « une France assez bienveillante, assez heureuse, assez solidaire ». Quand on voit l’état de la place de la Concorde après le passage des barbares, on comprend l’embarras du photographe qui veut continuer à encaisser les dividendes et à faire vivre son association GoodPlanet, créée pour faire baisser l’empreinte carbone mais surtout pour assurer de belles fins de mois à Arthus-Bertrand et à ses copains.
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mardi, 12 mai 2026
Brasserie Kerfave à Pléguien. Quand une poignée de terroristes antifas relayés (encore une fois) par la presse locale tentent de tuer dans l’œuf l’entreprise d’Erik Tegnér
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Le jeudi 14 mai 2026, jour de l’Ascension, Erik Tegnér, directeur du magazine Frontières et chroniqueur sur CNews, doit inaugurer avec son associé Éric Rucklin la brasserie artisanale Kerfave, dans la zone du Ponlo à Pléguien (Côtes-d’Armor). Le projet, officiellement enregistré depuis janvier 2026, mise sur une production de 200 000 litres annuels d’une bière revendiquée « 100 % bretonne » : ingrédients régionaux, houblon breton, démarche bio, nom celtique, logo orné d’une hermine. Un bar de 200 places, terrasse comprise, doit accueillir des concerts et animations culturelles. La soirée de lancement promet musique traditionnelle, rock celtique, jongleurs de feu et dégustation. Bref, un projet économique enraciné, parfaitement banal — du moins si l’un des porteurs ne portait pas un nom qui hérisse les militants d’ultragauche et leurs amis dans certaines rédactions.
Une « polémique » fabriquée par une poignée d’agités
Depuis l’annonce, les habituels « comités de vigilance antifasciste », c’est à dire les terroristes antifas (qui pratiquent la terreur économique, sociale, physique) se sont mis en branle. Le CVA22, qui représente une poignée d’individus et qui s’est réuni à Saint-Brieuc, a lancé un appel au boycott et à la « fermeture » de la brasserie. Un groupe « Boycott brasserie Kerfave » a fleuri sur les réseaux sociaux. Un Front commun antifasciste 22 organise un rassemblement le jour de l’inauguration. Et pour donner l’apparence d’une mobilisation locale, une cinquantaine de personnes baptisées « Habitants indignés » se sont réunies sur place pour appeler à un autre rassemblement entre 17 heures et 20 h 30, sur l’aire de covoiturage du Pont Lô à Lanvollon.
Cinquante personnes. Dans une zone qui rassemble plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Voilà la « mobilisation » dont la presse régionale parle comme s’il s’agissait d’un soulèvement populaire. La réalité est plus prosaïque : quelques militants idéologiquement obsédés, des relais associatifs antifascistes professionnels, et un agglutinement de curieux convoqués pour faire nombre. C’est tout. Mais c’est suffisant pour fabriquer une « polémique » — ce mot magique qui dispense d’enquêter et autorise toutes les amalgames.
Le rôle complaisant de la presse régionale
Car cette polémique n’existerait pas sans les relais qu’elle trouve dans la presse locale. Ouest-France et Le Télégramme ainsi que des hebdos locaux ont une fois de plus dans ce type d’affaire, multiplié les articles, en quelques jours, pour suivre minute par minute les « réactions », les « crispations », les « appels » antifas. Chaque communiqué de comité militant devient un papier ; chaque réunion de cinquante personnes, un événement régional ; chaque accusation de « lieu politique masqué » est reprise sans contradiction sérieuse. Et l’épithète « extrême droite » est accolée mécaniquement au nom d’Erik Tegnér à chaque mention, jusque dans les articles censés simplement relater l’ouverture d’un commerce. Pour tenter d’équilibrer un peu, la presse donne la parole à la victime….une fois que le mal a été fait.
Le procédé est connu : il s’agit d’imprimer dans l’esprit du lecteur une équivalence entre un entrepreneur, sa boisson et un danger politique, jusqu’à ce que la mayonnaise prenne.
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vendredi, 08 mai 2026
Querrien, le Canon Français, le Jarl, Erik Tegnèr… La presse quotidienne régionale bretonne, courroie de transmission militante ou organe d’information ?
Yann Vallerie, Breizh info cliquez ici
Il existe en Bretagne, comme dans la plupart des régions françaises, un mécanisme journalistique qu’aucun lecteur attentif de la presse régionale ne peut sérieusement contester. Il fonctionne selon une grammaire simple, qu’il suffit d’observer pendant quelques semaines pour en saisir la régularité.
Prenons le cas le plus récent : le concert Ifern Noz, soirée de black metal organisée samedi 2 mai 2026 à la ferme du Boudiguen, à Querrien, dans le pays de Quimperlé. Une jauge de cent trente personnes selon les organisateurs, un lieu privé, un événement payant, une affiche connue depuis des semaines des amateurs du genre, aucune publicité ouverte au grand public. Strictement rien qui justifie qu’une rédaction nationale, régionale ou même locale s’y intéresse — sauf à passer en revue chaque samedi soir tous les concerts privés des fermes bretonnes, ce qu’aucun journal n’a jamais entrepris.
Et pourtant. Mardi 28 avril 2026, alerté par deux ou trois antifas locaux, les quatre députés bretons de La France insoumise — Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Hignet, Murielle Lepvraud et Marie Mesmeur — adressent un courrier au préfet du Finistère pour demander l’annulation pure et simple du concert, en invoquant les supposées connexions de certains groupes programmés avec l’« extrême droite ». Le même jour, Le Télégramme publie une dépêche reprenant les éléments du courrier sans la moindre vérification. Ouest-France suit le même tempo. Les éléments-massue brandis par les députés s’effondrent pourtant à la première lecture sérieuse : Philippe Vardon, désigné comme « membre » du groupe Gorgon, n’apparaît dans aucun line-up de cette formation, ni passé ni présent — il l’a confirmé lui-même publiquement en précisant qu’il avait simplement croisé l’un des musiciens lors d’un concert il y a près de trente ans. Quant aux accusations de « néonazisme » portées contre les groupes programmés, elles ne reposent sur aucune analyse de leurs paroles, de leurs publications, de leurs positions publiques. Cinq minutes de recherche sur une base de données spécialisée auraient suffi à éviter cette propagation d’inexactitudes — mais aucun journaliste de la presse régionale ne semble avoir consacré ces cinq minutes au dossier.
Le concert s’est tenu samedi soir comme prévu, sans le moindre incident, comme l’a constaté la gendarmerie de Quimperlé. Le Télégramme s’est alors fendu d’une dépêche en chapeau bas pour acter le non-événement : « 130 personnes, aucun incident à signaler ». La gravité supposée de l’affaire avait justifié, quatre jours plus tôt, plusieurs articles, l’interpellation du préfet, des appels à l’interdiction. Le démenti factuel ne mérite, lui, qu’une brève à peine signalée.
Un collectif baptisé « Front commun antifasciste 22 » — dont personne, en dehors de ses membres et de quelques journalistes locaux, ne saurait dire combien il rassemble exactement de militants, quels sont ses statuts, son siège, ses dirigeants — annonce qu’il « réfléchit à des actions » contre l’ouverture d’une brasserie à Pléguien, dans les Côtes-d’Armor. Le projet, porté par deux entrepreneurs, est une brasserie artisanale labellisée 100 % breton, à base d’ingrédients locaux, qui prévoit une production de 200 000 litres par an et entend animer un bar avec terrasse et concerts. Une initiative économique modeste mais réelle, qui crée des emplois et s’inscrit dans le tissu local.
Or que retient Ouest-France dans son traitement du sujet ? Le projet de brasserie, certes. Mais surtout l’« annonce » du collectif antifa, traitée comme une information à part entière, avec ses « réflexions », ses « réunions » prévues, ses éventuels déplacements à venir. Le résultat est mécanique : le lecteur ne lit plus l’histoire d’une brasserie qui ouvre, il lit l’histoire d’une mobilisation contre une brasserie. La hiérarchie de l’information est inversée. Le projet économique devient l’arrière-plan ; la contestation idéologique devient le sujet.
À Quimper, même mécanique. Le Canon français, organisme événementiel privé, a réservé le parc des expositions pour un banquet le 5 décembre 2026. Un acompte de 5 000 euros a été versé sur un contrat estimé à 25 000 euros. 1 400 billets ont été vendus à ce jour. Un événement légal, dans une salle ouverte à la location, sans trouble objectif à l’ordre public — comme l’a d’ailleurs reconnu le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez devant le Sénat le 6 mai 2026 : « Il n’y a pas de risques de troubles à l’ordre public quand il y a ce type de manifestation, qu’on aime ou qu’on n’aime pas. »
Cela n’aura pas empêché Le Télégramme, Ouest-France et la presse locale, en relais d’associations militantes, de transformer cette location de salle en affaire politique majeure, au point de mobiliser la maire socialiste de Quimper, le préfet du Finistère, des sénateurs, et finalement le ministre de l’Intérieur lui-même. Une location de salle, devenue affaire d’État.
Et pour le « Jarl », influenceur qui dérange, qui a mis fin à son engagement d’été avec la discothèque du Stirwen à Carnac à l’issue d’une soirée d’ouverture de saison : articles dans Le Télégramme, dans Ouest-France en l’espace de quarante-huit heures, doublement renvoyés vers d’autres affaires antérieures, tout en le qualifiant d’influenceur d’extrême droite sans que l’on comprenne le rapport, le tout pour un différend commercial entre une patronne de discothèque et son prestataire.
Une mécanique constante, pratiquement jamais inversée
Il faut prendre la mesure de la régularité de ce mode opératoire. Lorsqu’un collectif antifasciste de quelques dizaines — ou parfois de quelques unités — de militants publie un communiqué appelant à se mobiliser contre une initiative classée à droite, le communiqué est repris, contextualisé, mis en valeur, parfois élevé au rang d’information principale. Les déclarations des dirigeants de ce collectif sont sollicitées, leurs propos rapportés sans contradiction, leurs intentions présentées comme des éléments de l’actualité. Lorsqu’un courrier de quatre députés est adressé à un préfet pour demander l’annulation d’un concert privé, le courrier est traité comme une information de premier plan, sans que personne ne prenne la peine de vérifier les faits qu’il avance.
À l’inverse, ce que l’on observe n’est pas tant une absence de couverture des sujets bretons. Ouest-France et Le Télégramme couvrent abondamment fest-noz, gouren, cercles celtiques, écoles Diwan, championnats de palet, et c’est tant mieux. Le problème est ailleurs. Il tient à la prudence systématique avec laquelle les rédactions abordent tout sujet susceptible d’être lu, même de loin, comme un marqueur identitaire revendiqué. Une initiative associative qui défendrait ouvertement la culture bretonne dans un registre identitaire assumé — plutôt que folklorique ou patrimonial — sera traitée avec une distance perceptible, des guillemets précautionneux, un encadré rappelant les éventuelles « polémiques » ou les « critiques » qu’elle a pu susciter, voire un rapprochement appuyé avec d’éventuelles connexions politiques classées à droite.
Cette frilosité n’est pas un hasard. Elle traduit une crainte permanente : celle de s’attirer les foudres de quelques militants vigilants, mais ultra minoritaires, ne représentant qu’eux mêmes, prompts à dénoncer toute couverture jugée insuffisamment critique d’une initiative étiquetée. Trois personnes sur les réseaux sociaux suffisent souvent à déclencher la prudence rédactionnelle. Les journalistes locaux savent qu’un papier trop bienveillant à l’égard d’un événement classable « identitaire » leur vaudra, dans les heures qui suivent, des reproches publics, des accusations de complaisance, parfois des courriers à la direction. À l’inverse, un papier qui relaie sans réserve les inquiétudes d’un collectif antifa ne génère aucun coût social pour le journaliste qui le signe. L’asymétrie incitative est totale, et elle produit l’asymétrie de traitement que tout lecteur attentif finit par repérer.
Cette asymétrie n’est pas accidentelle. Elle traduit une grille de lecture éditoriale assumée par une partie de la rédaction de ces journaux. Tout ce qui peut être classé « extrême droite » — quitte à étirer la qualification jusqu’à la corde — est traité comme un événement digne d’attention, à inscrire dans le cycle quotidien de l’information. Tout ce qui s’oppose, par symétrie, est traité comme normal, banal, et donc invisible.
Le résultat est une distorsion considérable de la réalité perçue. Un lecteur fidèle de Ouest-France ou du Télégramme finit par avoir l’impression que la Bretagne est traversée en permanence par une menace fasciste rampante, contre laquelle quelques courageux militants antifascistes mèneraient seuls le combat. Que des « repaires de fascistes qui avancent masqués » s’ouvrent dans toutes les communes. Que des « banquets identitaires » menacent l’ordre public chaque mois. Que les boîtes de nuit du Morbihan tomberaient une à une entre les mains de figures de la droite radicale.
Cette représentation déformée est ensuite mobilisée par les institutions. Les maires socialistes ou divers gauche prennent position, demandent des arrêtés d’interdiction, saisissent les préfets. Les préfets, à leur tour, sont contraints de se prononcer, parfois de prendre des mesures juridiquement bancales, comme l’a illustré l’épisode de Quimper Événements, où le gestionnaire du parc des expositions invoque maintenant des « risques de troubles à l’ordre public » que le ministre de l’Intérieur lui-même considère comme inexistants. Les procureurs de la République sont saisis. Les juges sont sollicités. Les députés interpellent le gouvernement à l’Assemblée. Les sénateurs interpellent le gouvernement au Sénat. Une mécanique politique entière s’enclenche — déclenchée, à l’origine, par un communiqué de quelques militants relayé sans recul par un journaliste local.
Des questions journalistiques élémentaires qui ne sont jamais posées
Posons quelques questions simples, que tout enseignant en école de journalisme devrait pourtant rappeler à ses étudiants en première année.
Pourquoi, dans le dossier du concert de Querrien, aucun journaliste régional n’a-t-il consacré les cinq minutes nécessaires à la vérification du line-up de Gorgon ? Le démenti factuel de Philippe Vardon, rajouté après publication de l’article (suite au notre) qui figure dans la dépêche du Télégramme lui-même en bas d’article, n’a-t-il pas conduit la rédaction à s’interroger sur la solidité globale du dossier insoumis qu’elle s’apprêtait à relayer ? Le fait que le concert se soit finalement tenu sans incident a-t-il déclenché une réflexion rédactionnelle sur l’emballement de la semaine précédente ? À l’évidence non, puisque la dépêche du 3 mai annonçant les 130 personnes et l’absence d’incident a été traitée en bref, dans une discrétion qui contrastait avec le bruit médiatique entourant les accusations initiales.
Combien de membres compte exactement le « Front commun antifasciste 22 » qui appelle à se mobiliser contre la brasserie de Pléguien ? Quels sont ses statuts juridiques ? Qui sont ses dirigeants ? Quelles sont ses sources de financement ? Combien de personnes ont assisté à sa dernière réunion publique ? Quelle est sa représentativité dans la population costarmoricaine ? Aucun journaliste de Ouest-France ou du Télégramme n’a, à notre connaissance, posé l’une de ces questions élémentaires avant de relayer ses communiqués comme s’il s’agissait d’une force sociale significative. À l’inverse, lorsqu’un dirigeant d’une organisation classée à droite est cité, son passé, ses connexions, ses sources de financement, ses fréquentations passées et présentes sont systématiquement épluchés et signalés.
Qui est le véritable initiateur de l’« information » selon laquelle un collectif local prévoirait une « action » contre tel ou tel événement ? Le journaliste a-t-il sollicité ce communiqué ou l’a-t-il reçu spontanément ? Existe-t-il, en pratique, un fil de discussion régulier entre les rédactions locales et certains militants antifascistes, qui transforme ces militants en sources privilégiées et auto-alimentées de la rubrique régionale ? Les exemples accumulés depuis plusieurs années suggèrent fortement que oui. La régularité avec laquelle de petits collectifs sans représentativité électorale ni base militante sérieuse parviennent à orienter l’agenda médiatique régional est trop frappante pour être attribuée au seul hasard.
Pourquoi le projet d’une brasserie artisanale créatrice d’emplois locaux fait-il l’objet d’un traitement journalistique centré sur la mobilisation contre elle, plutôt que sur ce qu’elle est : un projet d’entreprise dans une zone artisanale rurale ? Pourquoi un banquet privé, légal, où sont attendues 1 400 personnes, est-il transformé en « risque de troubles » alors que la situation factuelle ne le justifie pas ? Pourquoi un différend commercial entre une patronne de discothèque et son prestataire devient-il, dès lors que le prestataire est étiqueté à droite, un sujet récurrent de page régionale ?
Un journalisme militant…qui ne s’assume pas
Il faut nommer les choses pour ce qu’elles sont. Le journalisme n’est pas la transcription neutre des communiqués que l’on reçoit ; c’est, au minimum, un effort de mise en perspective et de hiérarchisation honnête de l’information. Lorsqu’un journaliste relaie systématiquement, avec déférence, les déclarations d’une poignée de militants tout en ignorant les positions et préoccupations de plusieurs milliers d’habitants des mêmes communes, il ne fait pas du journalisme. Il fait du militantisme. Sans en porter le nom, sans en assumer publiquement la fonction, mais avec les effets pratiques du militantisme. Et c’est précisément cette absence d’assumation explicite qui le rend pernicieux – C’est d’ailleurs pour cela qu’à Breizh-info, nous avons toujours assumé de faire du journaliste honnête…mais aussi militant, sans se cacher, en affichant clairement notre ligne éditoriale, sans avancé masqué.
Un militant assumé est un adversaire honnête. On peut discuter avec lui, contester ses positions, lui opposer les siennes. Un journaliste qui pratique le militantisme déguisé est un adversaire qui se présente sous l’uniforme de la neutralité, dont les outils — la mise en page, la hiérarchie de l’information, le choix des sources, l’angle éditorial — ne sont pas ceux du débat ouvert mais ceux d’un parti pris masqué.
Cette pratique n’est pas seulement choquante sur le plan déontologique. Elle est nocive sur le plan démocratique. Parce qu’elle déforme la perception qu’ont les citoyens de leur propre société. Parce qu’elle pousse les institutions, sous l’effet d’une pression médiatique fabriquée, à prendre des mesures attentatoires aux libertés publiques contre des cibles qui n’en méritaient pas tant. Parce qu’elle donne à des micro-collectifs militants une influence politique sans aucun rapport avec leur représentativité réelle. Parce qu’elle entretient un climat où la simple expression d’idées non conformes à la ligne éditoriale dominante devient, dans la pratique journalistique régionale, une affaire d’ordre public.
L’effet Streisand
Une dernière observation, qui n’a échappé ni aux organisateurs du Banquet breton à Quimper ni aux fondateurs de la brasserie de Pléguien : cette mécanique médiatique fonctionne souvent, en réalité, à rebours de ses intentions. Pierre-Alexandre de Boisse, cofondateur du Canon français, peut constater que 1 400 billets ont été vendus pour Quimper malgré — ou grâce à — la polémique. Erik Tegnér et Éric Rucklin n’auraient sans doute jamais espéré, au lancement de leur brasserie, le degré de notoriété nationale que leur a offert, gracieusement, la presse régionale.
L’« effet Streisand », du nom de la chanteuse américaine dont les tentatives de censure d’une photographie ont contribué à sa diffusion massive, joue à plein dans ces affaires. Les lecteurs intelligents — et il y en a, y compris parmi le lectorat fidèle de la presse régionale — finissent par comprendre les biais de leur quotidien. Et certains, parmi les plus libres d’esprit, vont voir d’eux-mêmes ce que la presse cherche à leur faire éviter, ne serait-ce que par curiosité ou par esprit de contradiction.
C’est peut-être, in fine, la principale conséquence de cette dérive militante de la presse régionale : elle finit par fabriquer ce qu’elle prétend dénoncer, en assurant gratuitement la promotion de ce qu’elle voudrait combattre. Et elle entame, surtout, sa propre crédibilité. Beaucoup de Bretons, vieillissants ou plus jeunes, lisent encore Ouest-France et Le Télégramme parce que ces titres font partie du paysage matériel de leur quotidien. Mais le lien de confiance, lui, s’effrite. Lentement, silencieusement, irrémédiablement. Une presse qui a perdu cette confiance peut continuer à exister par inertie. Elle ne peut plus prétendre informer.
Les Bretons ont une chance inouie...
Celle d'avoir quotidiennement
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jeudi, 07 mai 2026
Après Le Canon Français, la gauche menace d’attaquer la brasserie bretonne d’Erik Tegnér
Rose Martin Riposte laïque cliquez ici
Erik Tegnér, outre le fait d’avoir lancé Frontières et de salarier à présent une trentaine de journalistes, paraît vouloir continuer sa carrière d’entrepreneur en lançant une nouvelle bière bretonne, la Kerfave, dans la petite ville de Pléguien, en Bretagne.
Mais dans cette région, comme dans toute la France, il existe une police politique, la gauche, qui comprend les gauchistes et les institutionnels, qui décide qui a le droit de monter des spectacles, d’organiser des soirées festives, d’ouvrir des librairies, et qui n’en a pas le droit. Et comme ces miliciens sont protégés par le pouvoir en place, et aussi par les juges, et qu’ils bénéficient donc d’une impunité totale, ils se croient tout permis et notamment d’assurer qu’ils viendront attaquer la soirée, et vandaliser la brasserie. cliquez ici
On remarque qu’un média comme Ouest-France ne paraît absolument pas scandalisé par ces menaces et que les journalistes, comme d’habitude, sont complices par leur silence sur ce qui s’apparente à une interdiction de travailler à cause de ses opinions politiques, chose qu’on croyait réservée aux dictatures.
L’inauguration est dans une semaine…
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dimanche, 03 mai 2026
Mabouls, vous avez dits mabouls

Emmaneul Macron marche franchement à côté de ses pompes en traitant les tenants d’une réponse ferme au président algérien qui ne cesse de rouler la France dans la farine. En fait, Macron s’en prenait à Bruno Retailleau qui n’a eu de cesse que de vouloir durcir nos rapports avec le gouvernement algérien. Ce qui manque pas de faire réagir Pascal Praud estimant que nous sommes nombreux a être maboul !
Source : le Journal du dimanche 3/5/2020
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De l’immigration algérienne

Dans « Immigration, mythes et réalités », le directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, Nicolas Pouvreau-Monti, s’intéresse notamment à l’exception algérienne.
Lire la suite ICI
Source : Journal du dimanche 3/5/2020
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vendredi, 01 mai 2026
Dissolution de la Jeune Garde : le Conseil d’État rejette le recours, mais la décision règle-t-elle vraiment quelque chose ?
Y V Breizh info cliquez ici
Le Conseil d’État a rendu sa décision ce jeudi 30 avril 2026 : la plus haute juridiction administrative française rejette le recours formé par La Jeune Garde antifasciste contre le décret du 12 juin 2025 qui prononçait sa dissolution. Le groupement, cofondé par l’actuel député LFI Raphaël Arnault, avait saisi les juges du Palais-Royal pour tenter de faire annuler une mesure prise sous l’autorité de l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. La décision intervient dans un contexte politique et judiciaire particulièrement lourd, alors que plusieurs membres présumés de l’organisation sont mis en cause dans la mort de Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans tabassé à Lyon le 12 février 2026 et décédé deux jours plus tard de ses blessures. Mais derrière la satisfaction affichée des deux ministres de l’Intérieur successifs, Bruno Retailleau et Laurent Nuñez, la question demeure : à quoi servent réellement ces dissolutions, dont la pratique s’est emballée depuis dix ans sous François Hollande puis Emmanuel Macron ?
Ce qu’a jugé le Conseil d’État
La décision rendue ce jeudi est rédigée dans le langage feutré qui caractérise le contentieux administratif, mais ses constats sont sans appel. Le Conseil d’État relève que La Jeune Garde, qui se présentait sous l’étendard de la « vigilance antifasciste », incitait ses propres membres à exclure physiquement de l’espace public les personnes qu’elle qualifiait de « fascistes ». Ces incitations passaient notamment par des stages présentés sous l’appellation pudique d’« auto-défense », et par des opérations de « quadrillage » de quartiers que le groupement mettait lui-même en valeur sur ses réseaux sociaux. La juridiction a également retenu que les responsables de l’organisation n’avaient pris aucune mesure pour se désolidariser des publications, photographies et vidéos diffusées par les comptes « Antifa Squads » qui revendiquaient explicitement, en lien direct avec La Jeune Garde, plusieurs dizaines d’actions violentes contre des opposants politiques.
Le rapporteur public est allé plus loin lors de l’audience, en évoquant « la dérive totalitaire » d’un groupement qui ne souhaitait « pas seulement combattre par l’idéologie des idéologies », pour reprendre la formule rapportée par Le Figaro, mais qui entendait « éliminer physiquement ses opposants de l’espace public » et se transformer en milice. Sur cette base, le Conseil d’État a estimé que la mesure de dissolution était adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l’ordre public, conformément aux exigences de l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure.
Une décision qui dissout une coquille mais ne neutralise personne
La satisfaction unanime du gouvernement actuel, du gouvernement précédent et d’une partie des commentateurs ne doit pourtant pas faire oublier une réalité élémentaire que le droit administratif français a tendance à occulter : dissoudre une association ne dissout pas (heureusement d’ailleurs) ses militants. Les individus qui composent une structure dissoute conservent leurs convictions, leurs réseaux, leurs camarades, leurs cagnottes en ligne et, accessoirement, leurs poings. Ils peuvent recréer le lendemain matin une nouvelle structure sous un autre nom — c’est précisément ce qui s’est passé avec La Jeune Garde dans plusieurs villes, comme l’a récemment confirmé l’ouverture d’une enquête à Paris sur des soupçons de reconstitution du groupement après la mort de Quentin Deranque. Des « émanations » du mouvement font d’ores et déjà l’objet de procédures de dissolution complémentaires, ce qui en dit long sur l’efficacité réelle du dispositif initial.
Cette mécanique du chat et de la souris est connue depuis l’origine de la pratique des dissolutions administratives. Lorsque Bastion Social fut dissous en 2019, ses militants ont essaimé dans d’autres structures. Lorsque Génération Identitaire fut dissoute en 2021, les anciens cadres se sont reclassés ailleurs. Lorsque les Soulèvements de la Terre furent visés en 2023 — décision finalement censurée par ce même Conseil d’État, soit dit en passant —, les modes d’action et les réseaux subsistaient. La dissolution prend acte d’un problème ; elle ne le règle pas. Elle satisfait les politiques et communicants à court terme et permet au pouvoir d’afficher une fermeté communicationnelle, mais elle laisse intactes les dynamiques humaines, idéologiques et organisationnelles.
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mardi, 28 avril 2026
Immigration – Mythes et réalités, un ouvrage qui détruit les fantasmes immigrationnistes

André-Victor Robert
Avec Immigration – mythes et réalités, paru récemment aux éditions Fayard, Nicolas Pouvreau-Monti, jeune et brillant directeur de l’Observatoire de l’Immigration et de la Démographie (OID), signe un premier ouvrage dont la qualité d’ensemble mérite d’être saluée. L’auteur assemble intelligemment les matériaux accumulés par l’Observatoire au fil de ses trois années d’existence sur les multiples facettes du phénomène migratoire, pour dégager une vision d’ensemble des causes de l’immigration et de ses conséquences sur l‘économie et la société françaises. Nicolas Pouvreau-Monti propose un ouvrage fondé sur l’exploitation systématique des statistiques publiques, dans l’objectif explicite de clarifier un débat souvent obscurci par des représentations partielles et simplificatrices, souvent tendancieuses. Son ambition est d’examiner méthodiquement les effets réels de l’immigration à partir de données vérifiables et accessibles à tous, puisqu’issues de la statistique publique.
L’ouvrage est construit autour de six mythes, qui constituent autant d’idées reçues et que l’auteur s’attache à « déconstruire » :
- il n’y aurait pas plus d’immigration aujourd’hui qu’hier,
- l’immigration rapporterait à la France davantage qu’elle ne lui coûte,
- l’immigration n’aurait pas d’impact nocif sur notre vie quotidienne et notre accès aux services publics,
- l’immigration ne changerait pas la culture française,
- l’état serait en mesure de contrôler l’immigration,
- il conviendrait écouter les « experts » sur le sujet.
Les flux d’immigration et le nombre d’immigrés
Retraçant brièvement l’histoire des flux d’immigration vers la France et analysant les chiffres d’immigration produits par le service statistique du ministère de l’intérieur (relatifs aux flux d’immigration) et ceux de l’Insee (relatifs à la composition de la population française en termes d’ascendance migratoire), Nicolas Pouvreau-Monti rappelle tout d’abord que les flux d’immigration ont atteint au cours des années récentes un niveau inégalé et que le nombre d’immigrés n’a jamais été aussi élevé, que l’on raisonne en nombre d’individus ou en termes de proportion qu’ils représentent dans la population résidant sur le territoire national.
La France a connu sa première vague importante d’immigration durant les années 1920, suite à la mort au combat de 1,4 millions de Français pendant la première guerre. Il s’agissait d’une émigration d’origine essentiellement européenne, et temporaire. Les années 1930 ont été marquées par une inversion des flux : la crise économique a entraîné des mesures restrictives entre 1931 et 1936. Une 2e vague importante d’immigration, motivée par un fort besoin de main d’œuvre, s’est produite pendant la période des Trente Glorieuses, avant la suspension officielle de l’immigration de travail en 1974 par le gouvernement Chirac. Deux ans plus tard, sous la pression des juges, un décret instituait le droit au regroupement familial, c’est-à-dire le droit pour les travailleurs de nationalité étrangère régulièrement installés en France à être rejoints par leur conjointe et leurs enfants. Et depuis cette période, le motif familial a acquis une part prépondérante au sein du flux d’immigration et le flux d’immigration de travail est devenu très minoritaire. Le flux d’immigration a connu un emballement spectaculaire et une croissance quasi-continue depuis la fin des années 1990, sous la pression des juges et l’absence de volonté des politiques de contenir cette pression. Ainsi que le note l’auteur : « Aujourd’hui, l’immigration n’est plus ce phénomène ponctuel lié au besoin de bras pour faire tourner des usines florissantes. Elle prend la forme d’une dynamique autonome, déconnectée de l’économie et alimentée par une mécanique administrative qui tourne à plein régime, indifférente aux alternances politiques. »
Nicolas Pouvreau-Monti précise qu’au fil du temps, la part des immigrés d’origine européenne, tant au sein du flux d’immigration qu’au sein du stock de migrants, n’a eu de cesse de se réduire, au profit de l’immigration d’origine africaine, d’abord maghrébine puis plus récemment d’origine sub-saharienne. Autres transformations qualitatives notables : le motif « étudiant » est de plus en plus invoqué pour obtenir un titre de séjour, suivi des motifs humanitaire (asile et protection subsidiaire) et familiaux, et l’immigration revêt de plus en plus un caractère durable et non plus temporaire.
Un point important de l’ouvrage concerne la dimension territoriale. L’auteur souligne que les régions autrefois épargnées par l’immigration, comme la Bretagne et les Pays-de-la-Loire, connaissent maintenant des flux importants d’installations de populations d’origine étrangère, y compris et jusque dans des villes de taille moyenne et des petites villes. L’auteur voit là le résultat de politiques ayant pour objectif clairement assumé de désengorger la région parisienne en déplaçant la charge vers des territoires moins tendus, par le biais notamment de la création de centres d’hébergement pour demandeurs d’asile.
Au sein de l’Europe, la France n’est pas seule à connaître des flux d’immigration d’une ampleur inégalée jusqu’alors. Le phénomène affecte tous les pays d’Europe de l’ouest, quoi qu’avec une intensité variable et aussi une volonté politique plus ou moins affirmée de contenir les flux – quant il ne s’agit pas, pour certains gouvernements, de les encourager. Au sein de l’Europe de l’ouest, la France se caractérise par un recours particulièrement prononcé à l’immigration d’origine africaine : 61 % des immigrés de 15 à 64 ans vivant en France en 2020 étaient originaires du continent africain, soit une part trois fois supérieure à la moyenne de l’UE.
Les effets économiques et sociaux de l’immigration
Dans le débat public, l’immigration est souvent défendue comme un moyen de financer nos retraites. Pour que cela puisse être le cas, il faudrait tout d’abord que la population immigrée soit composée de travailleurs à hauteur d’une proportion au moins égale à celle constatée au sein de la population autochtone. Or – la nature essentiellement familiale et humanitaire des flux récents d’immigration le laissait pressentir – c’est très loin d’être le cas : la proportion de personnes en emploi au sein des personnes de 15 à 64 ans est de seulement 56 % pour les immigrés non-européens alors qu’elle est de 70 % pour les non-immigrés et de 68 % pour les immigrés européens.
Nicolas Pouvreau-Monti montre aussi, sur la base des projections de population des Nations Unies, que pour que l’immigration puisse rééquilibrer notre pyramide des âges et ainsi contribuer au rééquilibrage financier de nos régimes de retraite, il faudrait un flux d’immigration beaucoup plus important que celui constaté à présent (pourtant déjà très élevé), puisqu’il faudrait faire venir en France pas moins de… 90 millions de personnes d’ici à 2050, ce qui est à l’évidence totalement irréaliste et insoutenable sur le plan social.
Par leur profil socio-démographique, enfin, les immigrés sont susceptibles de peser sur les comptes publics (considérés dans leur ensemble) plutôt que d’y contribuer : peu souvent en emploi et – lorsqu’ils le sont – plus souvent en emploi non qualifié que la population autochtone, les immigrés en France sont davantage exposés au risque de pauvreté ; ils paient en conséquence moins d’impôts que la moyenne des français et sont plus susceptibles de dépendre des minima sociaux et du logement social. D’ailleurs, 35 % des immigrés sont logés dans le parc HLM (la proportion monte à 49 % pour les immigrés d’origine algérienne et même à 57 % pour ceux originaires d’Afrique sub-saharienne) alors que ce n’est le cas que de 11 % des non-immigrés. À âge donné, leur état de santé est par ailleurs en moyenne moins bon que celui de la population française (une particularité française, car dans les autres pays, les immigrés sont en moyenne en meilleure santé que les autochtones), ce qui entraîne une consommation plus élevée de soins.
Ce n’est pas seulement en termes de participation au marché du travail que l’intégration des immigrés africains est défaillante, c’est aussi en termes de résultats scolaires et universitaires, ou encore de participation aux activités criminelles et délictuelles. L’auteur souligne a contrario la très bonne intégration des immigrés originaires d’Asie du sud-est, ce qui tend à discréditer la thèse selon laquelle la piètre intégration des immigrés en moyenne en France serait le résultat de discriminations qui les viseraient de manière systématique.
La part croissante des immigrés – en particulier d’origine africaine – au sein de la population en France n’est pas sans influence sur la culture et les mentalités dans notre pays. Nicolas Pouvreau-Monti illustre ces transformations à partir de deux exemples : la natalité, et le poids croissant de l’islam.
La natalité des femmes autochtones s’effondre, l’auteur y voit l’effet en particulier de la mise sous conditions de ressources des allocations familiales et du durcissement du plafonnement du quotient familial, intervenus sous le quinquennat de François Hollande. La faible natalité des femmes sans ascendance migratoire contraste avec la fécondité qui reste élevée des immigrées, en particulier maghrébines (et ce alors même que la fécondité est maintenant relativement basse au Maghreb, en particulier en Tunisie) et celle des femmes d’origine sub-saharienne (l’Afrique sub-saharienne est aujourd’hui la seule région du monde où la fécondité est significativement supérieure au seuil de remplacement des générations).
La croissance du nombre de musulmans dans notre pays est alimentée en majeure partie par le flux migratoire, dans la mesure où, d’une part, le nombre de conversions à l’islam au sein de la population autochtone reste à un niveau relativement modeste, et d’autre part une grosse partie de notre flux d’immigration est originaire de pays où la population est majoritairement musulmane.
L’impuissance de l’état, la complicité des "experts"
Les deux derniers chapitres de l’ouvrage sont consacrés à examiner par quels mécanismes une politique aussi impopulaire et aux résultats aussi désastreux a pu être mise en place et se perpétuer. L’auteur y voit le résultat de l’impuissance d’un état qui a fini par déléguer tous ses pouvoirs en la matière à des institutions internationales et à des juges, et de l’intoxication du débat public par de prétendus experts qui ont quitté le terrain de la connaissance basée sur les faits au profit de celui du dogme. Ces experts, dont l’attitude frise parfois l’obscurantisme, nous dit-il, « travaillent souvent à « convertir » l’opinion publique plutôt qu’à l’informer ».
Le propos sur l’impuissance de l’état n’est pas extrêmement original, mais il a le mérite de retracer l’historique de ce délitement et d’être étayé avec des données et des exemples plus récents. On en arrive ainsi à des décisions absurdes telles que cette décision de 2025 de la Cour européenne des droits de l’homme enjoignant à la France de suspendre l’expulsion vers l’Algérie de Kamel D., ressortissant algérien précédemment condamné pour des actes de terrorisme, en estimant que son passé terroriste faisait de lui une cible potentielle des renseignements algériens… Il faut donc croire que le fait d’avoir été condamné pour terrorisme devient un motif de protection contre le renvoi du territoire, au mépris du principe général du droit qui veut que nul ne devrait pouvoir se prévaloir de ses turpitudes.
Autre exemple de décision absurde : pendant la crise sanitaire alors que tout le pays était à l’arrêt et que les citoyens français étaient assignés à résidence à leur domicile, le Conseil d’état s’est opposé à toute restriction à l’entrée de demandeurs d’asile, qui pouvaient continuer à franchir librement la frontière française.
Pour conclure
Au total, l’ouvrage de Nicolas Pouvreau-Monti est une mine d’or sur la question migratoire. À ce titre, il devrait intéresser tous ceux qui se préoccupent de l’avenir de notre pays, et il devrait constituer une lecture incontournable pour tous ceux qui aspirent aux responsabilités.
L’immigration est un élément clé des discours des tenants de la religion diversitaire, et le système migratoire profite à une frange – certes minoritaire mais influente – de la population et de la société civile : associations subventionnées, hiérarques et employés d’un état-providence devenu obèse et incapable de se cantonner à ses missions essentielles, patrons du bâtiment et des services ravis de pouvoir alimenter par l’immigration « l’armée de réserve du capital » et ainsi comprimer les salaires, bourgeois-bohèmes trop heureux de pouvoir se faire livrer à domicile ou faire garder leurs enfants par des africains payés au lance-pierres… On peut donc s’attendre à ce que, par idéologie ou par intérêt, des officines progressistes tentent de décrédibiliser l’ouvrage.
Certes, les statistiques, fussent-elles élaborées et produites avec la plus grande rigueur (ce qui est le cas des statistiques officielles telles que celles mobilisées par Nicolas Pouvreau-Monti dans cet ouvrage), n’admettent jamais une interprétation univoque : d’autres statistiques, produites avec la même rigueur, peuvent ensuite conduire à nuancer le discours et parfois même venir le contredire. Nicolas Pouvreau-Monti n’appelle d’ailleurs pas à clore le débat mais à l’ouvrir, en particulier à l’occasion du « grand moment de conversation nationale » que va représenter l’élection présidentielle de 2027. Mais en s’appuyant sur des données solides, en n’omettant d’analyser aucune dimension importante du phénomène migratoire, et par la profondeur et la rigueur de son analyse, Nicolas Pouvreau-Monti a placé la barre très haut pour ses contradicteurs, il a en quelque sorte magistralement inversé la charge de la preuve.
Article paru sur Polémia, cliquez ici
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Un exemple concret de la faillite de la pensée écologiste hors-sol : Zéro déchet, zéro client : le « Super tout nu » de Rennes baisse le rideau après cinq mois

Yann Vallerie
Il aura vécu cinq mois, montre en main. Ouvert le 11 décembre 2025 au 5 rue de la Chaussée, au nord de Rennes, le premier magasin du Grand Ouest de l’enseigne « Le Super tout nu » baissera définitivement le rideau le 9 mai 2026. Sept salariés, son responsable David Séné compris, rejoignent la cohorte des licenciés économiques du zéro déchet. L’enseigne, elle, se replie sur des « corners » logés dans deux Intermarché rennais — ce qui, dans l’histoire du commerce, n’est jamais tout à fait un signe de vitalité.
Deux faillites en deux ans, au même numéro de rue
L’anecdote serait cocasse si elle ne coûtait pas, à chaque fois, quelques emplois. Le local du 5 rue de la Chaussée n’en est pas à son coup d’essai dans le registre de l’échec vertueux. Il abritait auparavant un « Day by day », enseigne de vrac elle aussi, également rattachée au même responsable, et qui avait déjà rendu les armes en 2025. On a donc cédé un magasin zéro déchet à bout de souffle à une autre entreprise zéro déchet, qui a tenu cinq mois de mieux. À ce rythme, la prochaine tentative ne devrait pas dépasser le trimestre.
Interrogé, le responsable ne prend pas de gants : l’ouverture avait été « mal calculée ». Formulation diplomatique pour dire qu’on avait lancé une affaire sans en vérifier la viabilité. On appréciera cette candeur, rare dans le monde merveilleux des start-ups de l’impact. Dans l’économie réelle — celle des boulangers, des garagistes, des éleveurs — un entrepreneur qui ouvre un commerce sans avoir étudié son marché met sa famille à la rue en six mois. Dans l’économie parallèle des enseignes à mission, il « se restructure », « pivote », et communique sur sa « nouvelle étape » dans un post Facebook ponctué d’émojis.
Un modèle économique qui ne tient pas, et pour cause
Le diagnostic posé par le responsable lui-même vaut tous les éditoriaux économiques. Le bocal en verre, pierre angulaire du système, implique une logistique « lourde », « contraignante », et suppose un client prêt à remplir son coffre de récipients fragiles pour faire trente kilomètres. Il suppose aussi — détail qu’on préfère tu, en général, dans les campagnes publicitaires — un client dont le portefeuille peut absorber des prix situés entre Carrefour et Biocoop, selon les termes mêmes utilisés par l’enseigne lors de son lancement.
Or un tel client existe. Il existe même en nombre suffisant pour justifier l’ouverture de trois ou quatre magasins dans les centres-villes huppés de Paris, de Lille, de Bordeaux ou de Toulouse. Mais il ne constitue pas, tant s’en faut, une base consommatrice viable pour une grande surface. La France qui travaille, celle qui fait le plein le lundi matin en calculant au centime près, celle qui arbitre chaque semaine entre la facture d’énergie et la cantine scolaire, n’a ni le temps, ni le budget, ni l’envie de transvaser son quinoa bolivien dans un bocal consigné en revenant du boulot à 19h30. Le responsable l’avoue, en substance, dans un moment de lucidité : entre un paquet de pâtes chez Leclerc et un bocal de pâtes écoresponsable à 1,80 euro de plus, le consommateur médian met l’essence dans sa voiture. On ne saurait mieux dire.
Le modèle reposait sur une classe sociale, pas sur un marché
C’est là tout le nœud du problème, et c’est ce que les prospectus ne disent pas. Ces enseignes ne s’adressent pas à « la population » : elles s’adressent à une fraction très spécifique de cette population — celle qui dispose à la fois du revenu disponible, du temps libre et de la disposition idéologique nécessaires pour convertir ses courses hebdomadaires en acte militant. Elles se développent donc dans les quartiers où cette fraction est suffisamment dense : quelques arrondissements centraux, quelques rues piétonnes bien blanchies de leurs classes populaires, quelques écoquartiers neufs à proximité des lignes de métro.
Dès qu’on sort de cette bulle, le modèle s’effondre. Rennes, pourtant étudiante et plutôt favorable aux enseignes bio, n’a même pas suffi. Que se serait-il passé à Pontivy, à Quimper, à Saint-Brieuc ? Rien. Le magasin n’aurait jamais ouvert, c’est tout. Et c’est précisément ce qui rend ces entreprises si peu intéressantes au fond : elles prétendent proposer une alternative au modèle de consommation dominant, mais elles ne sont viables qu’au sein d’un microcosme qui est lui-même un pur produit de ce modèle — les métropoles bien desservies, les cadres à fort pouvoir d’achat, les centres-villes muséifiés.
Dans l’intervalle, sept personnes perdent leur emploi. Ce sont eux, évidemment, qu’on remarquera le moins. Les start-ups suivantes répéteront les mêmes erreurs, parce qu’elles vivent non pas du marché mais d’un écosystème d’investisseurs qui finance l’idée avant de regarder les comptes.
Ce que cette histoire nous dit vraiment
Derrière l’anecdote rennaise, il y a un enseignement plus vaste : la grande fable écologique occidentale, telle qu’elle est vendue depuis deux décennies, n’a jamais été pensée pour fonctionner à l’échelle d’un peuple. Elle a été pensée pour une clientèle de niche — urbaine, aisée, disponible, imprégnée des bons codes — à qui l’on vend à la fois un produit et une identité. Le reste de la nation, qui voudrait par ailleurs manger sainement et consommer intelligemment, n’a simplement pas les moyens ni l’infrastructure pour accéder à ce rêve. Et quand le rêve cherche à sortir de son quartier natal, il meurt en cinq mois.
La véritable écologie — celle qui mériterait ce nom — passerait par une réindustrialisation de proximité, une agriculture paysanne soutenue, une relocalisation massive des circuits, une alimentation de saison produite par nos campagnes. Pas par des bocaux consignés vendus au prix fort à des cadres du tertiaire qui les transportent en SUV hybride. Entre le « Super tout nu » et une coopérative rurale bretonne qui vend du cidre et des légumes au marché de Pontivy, on sait lequel des deux nourrit vraiment une civilisation. Et lequel des deux ne ferme pas au bout de cinq mois.
Article paru sur Breizh-Info, cliquez ici
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lundi, 27 avril 2026
Rapport sur l’audiovisuel public, le devoir de transparence

Gaëtan de Capèle
Pendant des semaines, une commission d’enquête parlementaire a ausculté le fonctionnement de l’audiovisuel public sous toutes ses coutures. Les questionnements rugueux de son rapporteur, ses partis pris, son utilisation intempestive des réseaux sociaux peuvent naturellement prêter le flanc à la critique. Ils sont d’ailleurs, sans surprise, exploités par tout le système qu’il a mis à nu, pour tenter de décrédibiliser ses travaux.
Mais, quoi que l’on pense de ses méthodes, Charles Alloncle s’est réellement plongé dans le dossier, en s’appuyant sur une solide documentation, d’ailleurs en partie fournie par des sources internes au paquebot de la télévision publique, qui n’a pas toujours brillé par sa transparence. Une fois n’est pas coutume, il a ainsi été possible de mettre sur la table, dans le cadre solennel du Parlement, tous les sujets qui fâchent au cours d’entretiens menés avec pugnacité. S’agissant d’une entreprise publique à laquelle les contribuables consacrent chaque année 4 milliards d’euros, on ne voit pas où est le scandale.
Les discussions ont notamment permis de mettre en cause le bon usage de cette masse considérable d’argent public, comme l’avait déjà fait la Cour des comptes dans un rapport particulièrement sévère. Comme par hasard, la direction de France Télévisions s’est empressée d’annoncer un plan d’économies au beau milieu des débats. Les discussions ont aussi donné l’occasion de demander des explications sur l’existence de placards dorés, sur l’omniprésence de sociétés de production extérieures, sur les bonnes affaires d’animateurs vedettes ou encore sur les biais idéologiques manifestes d’émissions en prime time. Chacun a eu la possibilité de s’expliquer, et même parfois de s’offrir le plaisir d’un esclandre public.
Que ce coup de pied dans la fourmilière ne soit pas du goût d’un milieu davantage enclin à s’autoprotéger qu’à rendre des comptes n’étonnera personne. Mais qu’une vaste offensive de pilonnage puisse conduire à enterrer le rapport issu de cette commission d’enquête, suivie par des centaines de milliers de personnes, serait inacceptable.
Source : Le Figaro 27/4/2026
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dimanche, 26 avril 2026
UN GRAND ENTRETIEN AVEC MICHEL FESTIVI, AUTEUR DU CAHIER D'HISTOIRE DU NATIONALISME CONSACRÉ AUX PHALANGES ESPAGNOLES, SUR BREIZH INFO
« Le national-syndicalisme espagnol fut radicalement à part » : Michel Festivi raconte l’histoire des Phalanges
Source Breizh info cliquez ici
Figure régulière de Synthèse nationale et auteur d’une œuvre déjà conséquente sur l’histoire de l’Espagne contemporaine — dont une biographie de Miguel Primo de Rivera et un ouvrage sur la guerre civile, L’Espagne ensanglantée —, l’historien Michel Festivi publie cette fois une synthèse consacrée aux Phalanges espagnoles, dans la collection « Les Cahiers d’histoire du nationalisme » dirigée par Roland Hélie.
Un volume de 150 pages, accessible au grand public, qui retrace la genèse, la trajectoire et l’héritage de ce mouvement national-syndicaliste né dans l’effervescence des années 1930, autour des figures fondatrices de Ramiro Ledesma Ramos, Onésimo Redondo et José Antonio Primo de Rivera. Pour Breizh-Info, l’auteur revient sur la spécificité de cette « troisième voie » à l’espagnole, profondément marquée par le catholicisme, le castillanisme et l’héritage impérial, mais aussi sur le destin tragique d’un courant que l’unification franquiste finira par broyer.
L’occasion également d’éclairer, à la lumière de l’histoire, les lignes de fracture d’une Deuxième République qui portait en elle, selon plusieurs historiens et des témoins républicains eux-mêmes, les germes du chaos, et d’évoquer les lois mémorielles voulues par l’actuel gouvernement de Pedro Sánchez pour imposer une lecture officielle de cette période. Entretien (passionnant).
Breizh-info.com : Les Phalanges espagnoles est votre cinquième livre, et le quatrième consacré à l’histoire contemporaine de l’Espagne. Qu’est-ce qui vous a poussé, cette fois-ci, à centrer un ouvrage spécifiquement sur l’histoire des Phalanges — Las JONS, la Falange Española, puis leurs avatars successifs ? Quel vide cherchait-il à combler dans la bibliographie francophone ?
Michel Festivi : C’est en réalité mon 6e ouvrage consacré à l’histoire de l’Espagne. Pour être honnête, c’est Roland Hélie, le directeur de Synthèse nationale, qui publie un blog quotidien et une revue trimestrielle au titre éponyme, dans lesquels je collabore régulièrement, qui m’a demandé, pour sa collection « les Cahiers d’histoire du nationalisme », d’écrire cette histoire des Phalanges espagnoles. C’est donc le numéro 32 de ces Cahiers. J’ai accepté d’autant plus volontiers, que cela complète parfaitement je crois, ce que j’ai déjà écrit sur cette période, et à chaque fois, Breizh info m’avait accordé un entretien, ce dont je l’en remercie vivement. Ce n’est pas tant un vide que je cherchais à combler, car Arnaud Imatz, l’un de mes préfaciers sur ma biographie de Miguel Primo de Rivera, a écrit une œuvre considérable sur José Antonio et le national-syndicalisme (1). Le regretté Jean Claude Valla avait aussi publié un opuscule sur Ledesma Ramos (2), et feu Olivier Grimadi, un cahier sur José Antonio (3). Mais Roland Hélie souhaitait une synthèse actualisée sur l’histoire de ces phalanges, accessible au plus grand nombre.
Breizh-info.com : Vous évoquez en introduction l’onde de choc provoquée par la Première Guerre mondiale et l’émergence du bolchévisme léniniste, qui vont bouleverser la scène politique italienne, allemande, puis espagnole. Pourquoi l’Espagne, restée pourtant neutre durant le premier conflit mondial, a-t-elle été à ce point traversée par ces bouleversements idéologiques au cours des années 1920-1930 ?
Michel Festivi : Aucun pays européen n’a été épargné par les bouleversements considérables qu’ont provoqué les désastres matériels, humains et économiques de la 1ere guerre mondiale, ainsi que l’arrivée du bolchévisme en Russie fin 1917, qui entendait s’étendre au monde entier, par son bras armé de la IIIe internationale à partir de 1920. L’historien allemand Ernst Nolte, les italiens Emilio Gentile ou Renzo de Felice, ont chacun en ce que les concerne, largement approfondi et documenté cela, en explicitant comment les fascismes allemand ou italien ont été une « réaction » de défense contre l’internationalisme communiste, par la mise en exergue de la nation comme point d’ancrage. Certes ce fut en premier lieu, les vaincus de cette guerre, ou ceux qui ont vu leur victoire « mutilée » qui en ont subi le choc le plus fort. Mais la Roumanie, la Grèce, la Bulgarie, la Hongrie, la Croatie ont été traversées par des mouvements « fascistes » ou apparentés. Aucun pays n’a été épargné et même la France avec dans les années 1925/1927, un mouvement comme le faisceau de Georges Valois (4). L’Espagne connut elle aussi, ce phénomène très particulier, qui voulait affirmer une synthèse nouvelle, une troisième voie, pour dépasser le capitalisme et le socialisme, surtout après la crise de 1929, qui pourtant fut bien moins importante qu’en Allemagne par exemple. Neutre pendant cette guerre « européenne », L’Espagne souffrit une crise grave en 1917, qui fut matée par l’armée et connaissait d’autres déséquilibres économiques et sociaux, qui pouvait la rendre apte à cette recherche d’une 3e voie.
Breizh-info.com : Le national-syndicalisme espagnol se présente comme une « troisième voie » entre capitalisme libéral et socialisme marxiste. En quoi cette proposition espagnole se distinguait-elle, dans sa doctrine économique et sociale, du fascisme italien de Mussolini ou du national-socialisme allemand ? Peut-on parler d’une spécificité hispanique réelle, ou s’agissait-il d’une simple adaptation locale de modèles étrangers ?
Michel Festivi : Ce qu’il faut bien comprendre, et c’est ce que j’ai tenté de faire valoir dans cet ouvrage, c’est la spécificité de chaque nation, de chaque histoire nationale. Chaque trajectoire historique a été et est profondément différente. De là des particularités très éloignées les unes par rapport aux autres. L’Espagne avait été un très grand pays-empire aux XVIe et XVIIe siècle. Son histoire est radicalement différente de celle de l’Allemagne et de l’Italie, états des plus récents. Sous Charles Quint, Philippe II et plusieurs de leurs successeurs, le soleil ne se couchait jamais sur l’Espagne et ses possessions américaines, africaines, asiatiques. Cela a laissé des traces indélébiles, tout comme la Reconquista sur les mahométans, qui a forgé l’État espagnol, si différent de notre État national français par exemple. Donc le national-syndicalisme fut radicalement à part, comme troisième voie, avec ce qui a pu se passer en Allemagne ou en Italie, où de plus, là-bas, il prit le pouvoir, fascisme en Italie, national-socialisme en Allemagne, car en plus des singularités inhérentes à chaque pays, les hommes jouèrent un rôle capital. Mais bien sûr ceux qui en Espagne, tenteront « de conquérir l’État », s’en inspireront même s’ils entendaient prendre une trajectoire spécifiquement espagnole, comme leurs déclarations le prouvent.
Breizh-info.com : Vous accordez une place importante à Ramiro Ledesma Ramos et Onésimo Redondo, fondateurs desJuntas de Ofensiva Nacional-Sindicalista, souvent éclipsés dans la mémoire collective par la figure rayonnante de José Antonio Primo de Rivera. Quel rôle exact jouent Ledesma Ramos et Redondo dans la genèse intellectuelle du mouvement, et pourquoi leur héritage demeure-t-il aujourd’hui moins commenté ?
Michel Festivi : Tout a commencé en Espagne par ces deux hommes. José Antonio vient après. Comme souvent en histoire, on ne retient que le dernier arrivé et qui emporte toute la mise. Car José Antonio avait une aura exceptionnelle. Mais ce sont véritablement Ramiro Ledesma Ramos et Onésimo Redondo qui ont posé les bases théoriques du national-syndicalisme. L’un à Madrid, avec son hebdomadaire La Conquista del Estado, dès 1931. L’autre un peu avant d’ailleurs à Valladolid, avec Las Juntas Castellanas de Actuation hispanica et un hebdomadaire Libertad, qui ne disparaîtra qu’en 1979. C’étaient à la fois des intellectuels brillants, et des personnes passionnées par l’action. Ils avaient le même âge et étaient très jeunes, 27 ans en 1931. Le premier était diplômé de philosophie et de Lettres, et parlait parfaitement l’allemand ; le second, licencié en droit fut lecteur d’espagnol à l’université de Mannheim. C’est d’ailleurs une constante de tous ces phénomènes « fascistes » ou proto-fascistes, le culte de la jeunesse et de la modernité. Ils se sont rapidement réunis pour former las JONS. Puis ils s’associeront avec José Antonio, puis ils se sépareront.
Breizh-info.com : Vous soulignez les trois ingrédients spécifiquement espagnols qui viennent colorer cette aventure politique : l’hispanisme, le catholicisme et le castillanisme. Comment ces trois éléments interagissent-ils dans la pensée phalangiste, et dans quelle mesure rendent-ils le national-syndicalisme espagnol irréductible à ses cousins européens ?
Michel Festivi : Votre question contient quasiment toute la réponse. L’histoire de l’Espagne ne ressemble en rien à celles des autres nations européennes, je l’ai indiqué. L’hispanisme apporte une touche particulière d’universalité. Le catholicisme a irrigué profondément la vie politique et sociale de l’Espagne, alors que désormais on sait que le fascisme mussolinien, mais surtout le nazisme allemand, étaient profondément anticatholique. L’Église italienne, par sa force spirituelle et avec le concours de la Papauté a réussi, par les accords du Latran de 1929 à conserver une partie de ses prérogatives, non sans difficultés. Mussolini aurait voulu que tout s’organise autour des mouvements de jeunesse fascistes. Mais en Allemagne, le protestantisme va devenir une religion d’État, à de rares exceptions près, et le catholicisme va être broyé par le nazisme, et les premiers résistants allemands à Hitler, seront bien souvent catholiques, comme le mouvement de la Rose blanche à Munich, avec Sophie et Hans Scholl. Le castillanisme a été la base de la Reconquête et de la consolidation de l’État espagnol, et après la grave crise intellectuelle et morale de 1898, c’est sur le castillanisme et la Castille, que vont s’appuyer les intellectuels espagnols, comme Miguel de Unamuno ou les frères Machado, Azorin ou Perez de Ayala, pour tenter de régénérer le pays. Au moment où va s’implanter en Espagne, le national-syndicalisme, la IIème république se met en place, et les chefs des gauches qui dominent le pays vont s’attaquer frontalement à l’Église et à ses institutions. Le national-syndicalisme est donc une synthèse de toutes ces histoires, et puis il faut rajouter un zeste d’anarchisme, très présent alors en Espagne, notamment en Catalogne et au Levant, aussi en Andalousie. Beaucoup d’anarchistes rejoindront les JONS et le syndicat phalangiste CONS n’aurait pas existé sans l’apport des anarchistes et des communistes en rupture de ban.
19:18 Publié dans Michel Festivi, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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France à droite, élites à gauche

Le titre de la chronique de Pascal Praud dans le Journal du dimanche résume tout. La France est politiquement à droite comme viennent de le confirmer les récentes élections municipales. Mais le Français a encore quelque chose de Normand, il hésite entre un mortel ni oui ni non ? Faute d’avoir engagé la guerre culturelle, la droite française – je parle de celle des urnes -, est à la traîne d’une pensée de gauche qui fait de jour en jour la démonstration de sa faillite. Et Vincent Bolloré est l’un des rares à l’avoir compris quand ces idiots du patronat invitent avec des pincettes le premier parti de France, le Rassemblement national. Qu’on l’aime ou pas, il mène la danse. Notre drame : être cerné par la bêtise !
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Source : Journal du dimanche, 26/4/2026
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samedi, 25 avril 2026
Uber Eats, Deliveroo : la justice va-t-elle enfin soulever le tapis sous lequel la bobosphère cache ses esclaves immigrés ?
Yann Vallerie, Breizh info cliquez ici
Il faut se réjouir. Une fois n’est pas coutume, l’appareil judiciaire s’intéresse à quelque chose d’utile. Le 23 avril, une plainte pénale pour « traite d’êtres humains » a été déposée devant la procureure de la République de Paris contre Deliveroo et Uber Eats, portée par plusieurs collectifs de livreurs — la Maison des livreurs de Bordeaux, la Maison des coursiers à Paris, les associations Amal et Ciel — et par l’avocat Thibault Laforcade. Une démarche inédite en France. Mise en demeure additionnelle pour « discrimination algorithmique ». Action de groupe en ligne de mire. On voudrait que chaque plainte fasse autant de bruit. On voudrait surtout que chaque plainte, cette fois, aille jusqu’au bout.
Un chiffre qui dit tout
98% de ces livreurs sont nés à l’étranger. 64% n’ont pas de titre de séjour. Ils pédalent soixante-trois heures par semaine pour 1420 euros brut — quand les courses ne les paient pas trois euros net pour vingt kilomètres dans la nuit parisienne, à contre-sens de bus et sous l’averse, avec un sac isotherme qui leur scie les épaules et un smartphone qui leur hurle le prochain ordre. Les accidents sont massifs, les troubles urinaires généralisés — car on n’a pas le temps d’aller aux toilettes quand l’algorithme vous déconnecte — les douleurs chroniques banales. L’Anses avait tiré la sonnette d’alarme dès mars 2025. Personne n’a bougé. Un sentiment d’impunité totale pour les patrons.
Il a raison : depuis dix ans, ce système s’est installé dans nos villes avec l’aplomb des choses acquises, sous l’œil bienveillant des pouvoirs publics et la gloutonnerie béate de ses clients.
Qui profite, exactement ?
Il faut poser la question qui brûle les lèvres et que personne, dans la grande presse, ne pose : qui commande, le soir, à l’heure où ces hommes pédalent pour trois euros sous la pluie ? Qui signe, d’un index nonchalant sur une application, l’ordre qui les lance dans la circulation ? Ce ne sont pas les ouvriers des usines fermées du Nord. Ce ne sont pas les retraités de la campagne du Morbihan qui se cuisinent un ragoût. Ce ne sont pas les familles populaires qui travaillent à pas d’heure et qui savent, elles, ce que vaut un salaire gagné à la sueur du corps.
Non. Les clients, ce sont eux : les cadres supérieurs de la métropole, les diplômés des grandes écoles de management, les communicants, les créatifs, les consultants, les « talents » — comme ils se désignent eux-mêmes avec une coquetterie de classe que le marxiste Bourdieu n’aurait pas reniée.
Eux et leurs compagnes artistes, et leurs copains étudiants, communicants, etc qui se font livrer chaque soir parce qu’ils ne savent plus faire cuire une pomme de terre, parce que faire des courses « prend trop de temps », parce que leur week-end à Lisbonne les a épuisées. La bobosphère parisienne et ses répliques provinciales. La classe qui a voté Macron deux fois en se pinçant le nez, qui flirte aujourd’hui avec une gauche de salon dont toute la radicalité consiste à poster le bon hashtag pendant qu’un Malien lui monte son pad thaï au cinquième étage sans ascenseur.
L’immigration, ce grand mensonge de la gauche urbaine
Tout l’édifice idéologique de cette classe repose sur un bluff monumental : celui de l’immigration « richesse pour tous ». Or l’immigration de masse ne profite qu’à deux catégories, strictement. D’abord aux patrons qui y trouvent une main-d’œuvre docile, sans papiers donc sans recours, interchangeable, impossible à syndicaliser — le rêve humide du capitalisme tardif. Ensuite à cette bourgeoisie métropolitaine qui vote à gauche et qui achète le confort domestique — la livraison, la garde d’enfant, le ménage, le chauffeur Uber — à des tarifs impensables si ces services étaient rendus par un Français payé dignement. Le reste du pays, lui, paie : en services publics saturés, en logements raréfiés, en salaires tirés vers le bas, en cohésion nationale pulvérisée.
Cette bourgeoisie urbaine se paie en prime le luxe moral d’être gauchiste. Elle vote écologie ou LFI en s’envolant trois fois l’an pour Bali. Elle se dit antiraciste en ne fréquentant aucun Africain autrement que par le judas de son interphone, quand elle ouvre la porte pour saisir son sushi-pokebowl. Elle dénonce l’exploitation capitaliste tout en cliquant, le soir, sur l’application même qui la met en œuvre sous son nez.
Le même type qui commande sa coke
Et pendant qu’on y est, tant qu’à gratter la couche de vernis, lisons ce tableau jusqu’au bout. Cette même petite bourgeoisie, qui se fait livrer ses noodles végétariens par des livreurs sans-papiers, est aussi celle qui « sniffe un peu » les vendredis soir entre amis, qui appelle « son dealer » comme d’autres appellent leur ostéopathe, et qui alimente par son nez les cartels colombiens, mexicains, les massacres dans les favelas brésiliennes et les règlements de comptes à la kalachnikov dans les cités marseillaises. Le même individu, en une même soirée, finance une chaîne logistique d’exploitation humaine et une guerre de gangs meurtrière à dix mille kilomètres. Il ne s’en émeut pas. Il se dira de gauche, pourtant. Il partagera une infographie sur la souffrance animale entre deux rails.
Que crève ce modèle
Il y a dans la décision de ces associations une justice élémentaire, presque physique. Leur plainte, leur mise en demeure, l’action de groupe qui se profile, le texte européen adopté en novembre 2024 qui doit requalifier cinq millions et demi de travailleurs de plateformes : tout cela converge vers une conclusion, et il faut la prononcer clairement. Ce modèle doit disparaître. Pas être réformé, pas être « encadré », pas être « amélioré ». Disparaître. Comme doit disparaître, avec lui, l’idéologie qui l’a rendu possible : cette fiction d’une société fluide, connectée, où le travail humain se dématérialise en un service instantané délivré à domicile, et où l’on peut prétendre à la vertu morale tout en vivant sur le dos d’un prolétariat importé et invisibilisé.
Une civilisation digne de ce nom ne se nourrit pas de la misère des autres. Elle ne sous-traite pas ses tâches fondamentales — cuisiner, élever, transporter, soigner — à une main-d’œuvre qu’on fait venir du bout du monde pour la payer au lance-pierres. Une nation qui se respecte mange ce qu’elle cuisine, cuisine ce qu’elle achète, achète ce que ses propres paysans produisent, et rémunère dignement ceux qui la servent. Ce n’est pas un programme politique. C’est du bon sens. C’est ce qu’on appelait autrefois, sans rougir, la civilisation.
Que cette plainte aille au bout. Que la jurisprudence tombe. Que Deliveroo, Uber Eats et leurs clones disparaissent, et ne restent dans la mémoire entrepreneuriale que de la façon suivante : celui des entreprises dont la seule évocation, un jour, fera honte.
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mercredi, 22 avril 2026
Non à la loi Yadan ! Abrogeons les lois liberticides !
Alors que la loi Yadan est au cœur de l’actualité politique, Jean-Yves Le Gallou dénonce une nouvelle étape dans la dérive liberticide à l’œuvre en France. À travers la loi Yadan, il alerte sur l’effacement progressif de la liberté d’expression.
Polémia
1. L’Assemblée nationale va se prononcer le 16 avril 2026 sur la proposition de loi Yadan. De quoi s’agit-il ? D’un texte à la rédaction alambiquée (et donc susceptible des pires interprétations) visant à interdire les propos mettant en cause l’existence d’un État (l’auteur du texte pense à Israël en l’occurrence) ou l’assimilation des actes de guerre de l’État hébreu à un « génocide ». Un texte qui va jusqu’à inquiéter certains fervents défenseurs d’Israël qui craignent de se voir interdire la contestation de l’existence de la Palestine, reconnue comme État par le gouvernement français.
2. En fait, le problème avec les lois liberticides, c’est qu’elles déclenchent des conséquences catastrophiques selon une logique bien connue des sociologues : « Effets sociaux, effets pervers » de Raymond Boudon ou le principe d’hétérotélie analysé par Jules Monnerot.
3. Prenons la loi Pleven de 1972 : elle vise à lutter contre le racisme, l’antisémitisme et les « discours de haine ». Que de belles et bonnes intentions ! À l’époque — les années 1960/1970 — des Européens d’origine chrétienne, des Français juifs, des Antillais et des étrangers issus de l’immigration extra-européenne vivaient plutôt en bonne intelligence dans les banlieues. Plus de 50 ans plus tard, beaucoup de juifs et de chrétiens ont dû quitter la Seine-Saint-Denis, rendue invivable à leurs yeux par le #GrandRemplacement démographique. Et le racisme anti-blanc comme l’antisémitisme prospèrent sur un vaste vivier de populations issues du monde musulman et/ou africain. C’est le white flight. Or ce qui a rendu cette immigration massive, c’est précisément la loi Pleven qui a criminalisé toute analyse critique de l’immigration, en condamnant judiciairement et socialement intellectuels, journalistes et politiques exprimant une opinion critique sur l’immigration, et en conduisant l’immense armée des lâches et des prudents à prôner l’impossible vivre-ensemble depuis leurs réserves des beaux quartiers.
4. Inspirée par le communiste Jean-Claude Gayssot, la loi éponyme de 1990 réprimant la contestation des crimes contre l’humanité a pris pour référence le jugement du Tribunal pénal international de Nuremberg. Cela a débouché sur une concurrence mémorielle qui a accouché de nouvelles lois encadrant le débat public sur l’esclavage et la colonisation : points d’appui de la pensée décoloniale débouchant sur la légitimation du racisme anti-blanc ou sur l’encouragement à la destruction de l’État d’Israël, présenté comme le dernier État colonial. Bingo !
5. Couplée avec le développement des réseaux sociaux, cette pyramide de lois liberticides encourage le développement d’une chasse aux sorcières à propos de tout propos susceptible d’être qualifié de « raciste », « xénophobe », « antisémite », « homophobe », « handiphobe », « transphobe », « masculiniste ». Lors des campagnes politiques, mais aussi dans les médias et surtout dans les administrations et les entreprises, c’est l’enfer de la délation. Quelle belle société que voilà, où chacun traque les moindres propos — même humoristiques — de son voisin dans l’espoir de prendre sa place !
6. Il y a plus grave encore. La force de la civilisation européenne, c’est le libre débat. C’est la parrhesia des Grecs, c’est la disputatio des thomistes au Moyen Âge, ce sont les académies de la Renaissance. C’est ce qui a permis la démocratie et l’essor des sciences : en dehors des dogmes religieux, il ne peut y avoir de vérité sans libre confrontation des opinions. En multipliant les lois liberticides et en s’éloignant de ces canons intellectuels, la France et l’Europe s’engagent dans une régression civilisationnelle. Ressaisissons-nous. Retrouvons l’esprit des libertés.
7. Échappons à l’enfer totalitaire qui se prépare à coups de poursuites judiciaires, de perquisitions, de gardes à vue, d’interdiction de détention d’armes et pourquoi pas de prison ferme pour de simples délits d’opinion.
Jean-Yves Le Gallou
Source Polémia cliquez ici
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mardi, 21 avril 2026
Xavier Eman met en scènes la fin d’un monde
Source Polémia cliquez là
Camille Galic a lu avec délectation le nouvel ouvrage de Xavier Eman. Accrochez-vous car tout le monde en prend pour son grade !
Polémia
« Pressons-nous de rire de tout, de peur d’être obligés d’en pleurer… », préconisait Beaumarchais. Sage conseil que suit Xavier Eman dans ses chroniques d’Éléments dont il est le rédacteur en chef adjoint, en même temps que rédacteur en chef de Livr’Arbitres. Même si son rire est parfois proche des larmes, de rage ou de désespoir, devant le spectacle maintenant offert par l’homo — ou plus exactement le iel — occidentalis en général et français en particulier.
Sous le titre désenchanté de Une fin du monde sans importance, tome III, une trentaine de ces courts textes vient d’être publiée. S’agit-il de saynètes ou plutôt de fabliaux ? s’interroge le préfacier Alain de Benoist. Cependant que, dans sa postface, Michel Marmin parle d’historiettes dessinées.
Ce qui est aussi mon avis, tant certaines d’entre elles m’ont rappelé les bandes dessinées, aussi drôles que cruelles, où excellait Chard, dont un dessin orne d’ailleurs la couverture de cette Fin d’un monde. Mais on peut aussi évoquer Les Caractères, volume publié en 1688, où Jean de La Bruyère fustigeait non seulement « les mœurs de ce siècle » mais également ses contemporains, nobles, bourgeois ou vilains.
Croquis de ce temps mauvais
Xavier Eman ne fustige pas. Il se borne à camper des personnages — le plus souvent des hommes — dans leur bureau, la rue ou leur intérieur, mais le résultat n’est pas moins dévastateur. Sous sa plume apparemment neutre, mais assassine, apparaissent les vices et la férocité de notre « dictamolle » (ne pas rater les novelettes sur la tyrannie covidiste et ses victimes, d’ailleurs plus collatérales que directes), et les travers, voire les tares, de nos semblables, et parfois de nous-mêmes, car la gauche inclusive et immigrophile, si caricaturale, n’est pas la seule cible de son ironie ravageuse qui n’épargne ni les adultes ni leurs rejetons. En quelques traits, l’auteur fait vivre ces fantoches que leur veulerie, leur conformisme, leur confusionnisme mental, leur refus du réel mais parfois aussi leur obsession complotiste (voir « Résistant !»), peuvent conduire à la mort. Subie ou donnée. Le sel de ces historiettes réside en effet dans leur chute finale.
Conseil d’ami : si, dès une nouvelle lue, on a bien sûr envie d’aborder la suivante, mieux vaut éviter d’engloutir le livre d’une traite mais au contraire le consommer lentement et à petites doses, comme on siroterait un vénérable Middleton — non, il ne s’agit pas de l’illustre Kate princesse de Galles mais d’un pur malt irlandais, l’un des plus chers du monde —, pour en apprécier toutes les saveurs. Et mesurer le désespoir, drapé d’une élégante froideur, qu’inspire à l’auteur l’agonie, qu’on espère réversible, de ce qui fut une civilisation si brillante.
Camille Galic
Une fin du monde sans importance, Vol. 3, Xavier Eman, préface d'Alain de Benoist, postface de Michel Marmin, La Nouvelle Librairie éditions, 218 pages, 14,90€, cliquez ici
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dimanche, 19 avril 2026
Seul Monsieur Bally Bagayoko maire de Saint-Denis, aurait-il donc le droit d’évoquer ses origines soninké ?
Certains esprits chagrins ont alors reproché à l’édile élu de la France Insoumise, de revendiquer une « noble » ascendance. Je tiens immédiatement à les rassurer car, se revendiquant en même temps d’une caste de forgerons, il y a par définition antinomie avec la « noblesse ». La société soninké est en effet divisée en castes héréditaires avec, au sommet, les nobles, suivis des castes artisanales (forgerons ou cordonniers) et des esclaves-dépendants. Les forgerons ne sont donc pas considérés comme nobles, même s’ils sont respectés car ils maîtrisent le feu et le travail du fer. Socialement, ils sont inférieurs aux nobles, mais supérieurs aux anciens esclaves-dépendants. La confusion faite par Monsieur Bally Bagayoko vient probablement du fait que les forgerons pouvaient exercer des fonctions de conseil auprès des chefs.
Le but de cette mise au point n’étant pas de traiter de la question du statut social des forgerons chez les Soninké, je peux donc renvoyer ceux qui désireraient approfondir la question à deux publications fondamentales à ce sujet :
- Dianifaba, L ; Diakho,F., (2024) « L’enclume et ses “pouvoirs” : forger dans la société traditionnelle du Gajaaga ». Temporalités, n° 40, 2024.
Mon propos est tout autre. Il a pour cœur une question : serait-il permis aux décoloniaux de toujours présenter l’homme blanc en faisant référence à ses origines sociales, familiales, politiques, et à son passé historique, tout en interdisant à un historien africaniste de faire de même avec un maire nouvellement élu et qui, de lui-même, sans que la question se soit posée avant ses propres déclarations, a fait état de ses origines soninké ?
C’est pourtant ce que fait le site Mondafrique en publiant une tribune intitulée « Bally Bagayoko sommé de rendre des comptes… à ses ancêtres ». Une tribune qui se veut la réponse à mon analyse en date du 5 avril 2026 intitulée Monsieur le Maire Bally Bagayoko, et sinous parlions de l’esclavage héréditaire chez les Soninké ?
Pour l’intérêt du débat, je publie ici intégralement ma tribune du 5 avril 2026 dont seule une partie avait été mise sur le blog de l’Afrique Réelle, le reste étant réservé aux abonnés à la revue :
Début de l’analyse publiée le 5 avril 2026 par l’Afrique Réelle et primitivement réservée aux seuls abonnés à la revue.
Monsieur Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, est d’origine soninké. Sa famille vient de la région de Koulikoro au Mali. En pointe dans le discours racialiste revanchard, la question « D’où parles‑tu ? » ne lui a jamais été posée. Elle ne pourrait pourtant qu’être bien acceptée par un proche de la France Insoumise puisqu’elle est née dans les milieux maoïstes et gauchistes des années 1968. Une question qui permet aujourd’hui aux décoloniaux et aux héritiers de Foucault, Bourdieu et Althusser de dresser l’acte d’accusation de l’homme blanc. Une interrogation signifiant pour les déconstructeurs que toute prise de parole est située, socialement, politiquement et historiquement, et qu’elle explique donc le discours et les prises de position. Ce que les anglo-saxons ont défini comme la « théorie du point de vue » (standpoint theory).
10:47 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Le Figaro, la violence et le silence organisé : quand la presse de référence choisit de ne pas voir
Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées
Je me suis installé au bar des Brisants, à la pointe de Lechiagat, un de ces lieux battus par le vent où les phrases prennent une autre densité. Rien ici ne rappelle le Mar Azul de Buenos Aires, ses voix chaudes, ses gestes larges, ses conversations qui s’enchevêtrent comme des cordages. En Bretagne, le réel cogne. Il ne se laisse ni enjoliver, ni contourner.
Ce matin-là pourtant, j’ouvrais Le Figaro. Une double page entière consacrée à la « flambée des violences » qui rattrape désormais les villes moyennes, à cette « marée qui monte inexorablement en France ». Les chiffres du SSMSI, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, c’est-à-dire l’organisme officiel qui centralise les données de la police et de la gendarmerie, sont là, précis, glacés, incontestablesIls montrent d’abord une accumulation, année après année, des faits de violence et d’atteintes aux biens, une progression qui ne relève plus de l’accident mais d’une dynamique installée. Ils révèlent ensuite un basculement des territoires, les villes moyennes, naguère préservées, rejoignant désormais les grandes métropoles dans les niveaux d’insécurité, comme le souligne l’enquête elle-même. Enfin, ils témoignent d’un déplacement des catégories de la délinquance, avec des faits plus collectifs, plus organisés, plus violents, qui transforment en profondeur la nature même des infractions, phénomène observé jusque dans les prétoires de Bobigny. Tout y est, ou presque.
Il faut lire les deux papiers à la loupe pour mesurer ce qui manque. L’immigration n’apparaît que deux fois, furtivement, comme un élément secondaire que l’on évoque à regret. Jean-Marc Leclerc mentionne Matoury, en Guyane, « sur fond d’immigration illégale et de narcotrafic ». Plus loin, il concède que certaines razzias de pavillons sont le fait de « mineurs issus de l’Est ou du Maghreb ». Puis le texte se referme. Silence organisé, silence construit.
Dans l’article de Paule Gonzalès, ce silence devient une méthode. Elle décrit avec une rigueur presque clinique la transformation du tribunal de Bobigny, l’alourdissement des dossiers, la montée des bandes, l’irruption d’une violence collective qui s’installe dans la durée. Le procureur parle de basculement, les audiences s’étirent jusqu’à l’épuisement, les peines s’allongent. Tout est dit, sauf l’essentiel. Le phénomène est décrit comme s’il naissait de lui-même, dans une sorte de vide sociologique, produit spontané de l’impunité ou du narcotrafic.
Ce n’est plus une omission. C’est une construction.
Jean-Marc Leclerc et Paule Gonzalès ne découvrent pas ces réalités. Ils les côtoient, les documentent, les mesurent. Ils savent. Leur écriture n’est pas ignorante, elle est retenue, calibrée, disciplinée. Elle avance jusqu’au seuil, puis s’arrête. Elle montre sans désigner, elle suggère sans nommer. C’est une forme de censure intériorisée, d’autant plus efficace qu’elle ne dit jamais son nom.
Car enfin, les données existent. Elles ne sont pas secrètes, elles ne sont pas clandestines. Elles proviennent des mêmes institutions que le journal mobilise par ailleurs. Elles disent qu’en France, les étrangers représentent environ 8% de la population, mais près de 17 à 18% des personnes mises en cause par les forces de l’ordre. Cet écart n’est pas marginal, il est constant.
Dans certaines catégories, il devient massif. Les cambriolages de logements, les vols violents, les vols dans les véhicules montrent des proportions qui approchent ou dépassent le tiers des mis en cause. Les tentatives d’homicide, les trafics de stupéfiants, certaines formes de violence de rue présentent également des écarts significatifs. Il ne s’agit pas d’une anomalie ponctuelle, mais d’une tendance structurelle.
Plus encore, la répartition géographique de ces étrangers n’est pas neutre. Une majorité provient du continent africain, avec une forte présence du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Les taux de mise en cause par habitant y apparaissent, selon les infractions, plusieurs fois supérieurs à ceux observés dans la population française dans son ensemble. Ces éléments ne suffisent pas à épuiser l’analyse, mais ils en constituent une donnée centrale.
Or cette donnée centrale disparaît dans l’écriture. Elle est dissoute dans des formulations générales, remplacée par des causes périphériques, diluée dans une sociologie abstraite. L’impunité, la chaîne pénale, la complexification des réseaux, tout cela existe, bien sûr. Mais cela ne saurait tenir lieu d’explication principale lorsque d’autres facteurs, objectivement mesurables, sont systématiquement écartés du récit.
Il y a là moins une erreur qu’un choix. Le choix de ne pas dire, de ne pas relier, de ne pas conclure. Le choix de préserver une frontière invisible entre ce qui peut être écrit et ce qui doit rester implicite. Cette frontière, toute la presse dite de référence la connaît. Elle la respecte avec une constance remarquable.
Dans cette mécanique bien huilée, les noms importent. Jean-Marc Leclerc et Paule Gonzalès signent ces pages, ils en portent donc la charge. Qu’ils s’abritent derrière la prudence, la ligne éditoriale ou l’air du temps n’y changera rien. Un jour, lorsque cette période sera relue avec le recul que donne toujours l’histoire, leurs textes figureront parmi ceux qui auront vu sans dire, décrit sans conclure, approché le réel sans jamais l’affronter. Par crainte d’être disqualifiés, ou par adhésion à un logiciel qui interdit de nommer, ils auront choisi le silence partiel. Et ce choix, qui aujourd’hui se dissimule sous les élégances de l’écriture, ne pourra indéfiniment échapper au jugement.
Je songeais alors à Spengler, pour qui les civilisations finissantes se caractérisent par une perte progressive de la lucidité. Non pas l’ignorance, mais une incapacité à formuler clairement ce que chacun perçoit pourtant. Une fatigue du regard, en quelque sorte. Le Figaro en offre aujourd’hui une illustration presque parfaite, celle d’un journal qui voit tout, décrit beaucoup, mais nomme peu.
Le lecteur, lui, n’a pas besoin de ces précautions. Il voit les transformations à l’œuvre, il les éprouve dans son quotidien, il confronte ce qu’il lit à ce qu’il vit. Et de cet écart naît une défiance croissante, presque irréversible. À force de taire l’évidence, on finit par rendre suspect tout le reste.
Dehors, le vent s’est levé sur la pointe de Lechiagat. Les hommes d’ici savent que la mer ne pardonne pas les erreurs de cap. Encore moins le refus délibéré de regarder l’horizon.
Source Breizh info cliquez ici
10:21 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mercredi, 15 avril 2026
Dieu reconnaîtra les siens…
Le nouveau Présent cliquez ici
Après que Léon XIV eut appelé à l’arrêt des combats au Proche et au Moyen-Orient, Donald Trump s’est déclaré « pas fan de ce pape faible et désastreux qui dit n’importe quoi » (domaine dans lequel lui-même est expert) et a posté sur son compte social un portrait de lui généré par l’intelligence artificielle et le montrant dans une position christique.
Ne se considère-t-il pas comme un Sauveur ? « Je ne veux pas d’un pape qui juge acceptable [sic] que l’Iran détienne l’arme nucléaire, je ne veux pas d’un pape qui s’indigne que l’Amérique ait attaqué le Vénézuéla […] Je ne veux pas d’un pape qui se permette de critiquer le président des États-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu, DE FAÇON ÉCRASANTE, à savoir faire baisser la criminalité à des niveaux historiquement bas et créer le plus grand marché boursier de l’histoire », a-t-il explicité le 11 avril sur son réseau Truth Social. Provoquant ainsi une crise avec l’Épiscopat états-unien mais aussi avec son alliée italienne Giorgia Meloni.
Au même moment, son ami Benyamin Netanyadou faisait bombarder dans le Sud du Liban le mausolée de Simon Pierre, construit au premier siècle de notre ère et censé abriter la sépulture de cet apôtre du Christ. C’est la troisième fois que Tsahal cible ce lieu de culte très cher aux chrétiens et dont on ne sache pas qu’il serve de repaire aux chefs du Hezbollah. Non plus d’ailleurs que l’école anéantie par une bombe israélienne le 6 avril à Beyrouth, où l’on a retrouvé plus les corps de plus de 300 civils ensevelis sous les décombres à l’issue de cette seule journée de terreur.
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lundi, 13 avril 2026
Hongrie : le centre et la gauche européenne célèbrent la chute d’Orbán sans savoir qu’ils applaudissent un nationaliste conservateur
YannV, Breizh info cliquez ici
Bruxelles pavoise. Paris exulte. Ursula von der Leyen tweete. Dimanche soir, à l’annonce de la défaite de Viktor Orbán après seize ans de pouvoir, les chancelleries européennes se sont embrassées comme si la démocratie libérale venait de remporter la bataille décisive du siècle. Emmanuel Macron a immédiatement téléphoné au vainqueur pour saluer une victoire « pour la Hongrie en Europe ». La présidente de la Commission a estimé que « le cœur de l’Europe bat un peu plus vite ». Keir Starmer a parlé de « moment historique pour la démocratie européenne ».
Il y a un seul problème dans ce tableau : manifestement, personne n’a lu le programme du vainqueur.
Qui est vraiment Péter Magyar ?
Péter Magyar, 45 ans, avocat formé à Budapest et à Berlin, est une créature du système qu’il prétend abattre. Pendant des années, il a évolué dans les couloirs du pouvoir fidesz : fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères après la victoire d’Orbán en 2010, membre du cabinet du Premier ministre à partir de 2015, directeur de plusieurs entreprises publiques. Son ex-épouse, Judit Varga, fut ministre de la Justice d’Orbán. Son grand-oncle, Ferenc Mádl, présida la Hongrie de 2000 à 2005. Il a grandi avec un poster de Viktor Orbán — à l’époque figure libérale anti-soviétique — épinglé dans sa chambre.
Sa rupture avec le système est récente, datant de début 2024, déclenchée par un scandale de grâce présidentielle accordée au complice d’un pédocriminel — scandale dans lequel son ex-femme était impliquée. C’est en dénonçant la corruption généralisée et en affirmant que « quelques familles possèdent la moitié du pays » qu’il a capté l’attention. Il a repris en main le parti Tisza — acronyme hongrois de « Respect et liberté » — et en a fait en deux ans la première force politique du pays.
Son parti a obtenu une majorité des deux tiers au Parlement, avec plus de 50 % des suffrages, dans un scrutin qui a battu tous les records de participation avec 77,8 % des Hongrois aux urnes.
Les positions réelles de Magyar : ce que Macron n’a pas lu
Voilà où le triomphalisme européen révèle toute sa superficialité.
Sur l’immigration, Magyar est explicitement plus strict qu’Orbán lui-même. Il s’est engagé à mettre fin au programme de travailleurs étrangers massif que le gouvernement sortant avait mis en place depuis 2022 pour compenser le déficit de main-d’œuvre. Là où Orbán importait des travailleurs asiatiques pour des raisons économiques, Magyar entend y mettre un terme au nom de la préservation de la société hongroise. Sur ce sujet, son positionnement est identitaire et conservateur — plus proche d’un Jordan Bardella que d’un Gabriel Attal.
Sur l’Ukraine, Tisza est loin d’être l’allié enthousiaste de Kiev que Bruxelles espère. Magyar a répété tout au long de sa campagne qu’il ne leverait pas l’opposition hongroise à l’envoi d’armes à l’Ukraine. Son programme est vague sur l’adhésion ukrainienne à l’Union européenne — il s’y oppose dans sa forme accélérée, estimant qu’elle augmenterait les risques de conflit. Sa feuille de route pour réduire la dépendance hongroise au gaz russe est fixée à 2035 — soit huit ans après l’objectif de l’UE. Des analystes du Parlement européen ont documenté que les eurodéputés Tisza ont régulièrement voté avec le Fidesz sur les questions ukrainiennes, s’abstenant ou s’opposant aux amendements renforçant le soutien à Kiev.
Sur les valeurs sociétales, Magyar cultive le flou — stratégiquement. Quand Orbán a interdit la Pride de Budapest, Magyar a soigneusement évité de prendre position en faveur du mouvement LGBT, préférant parler de « division » et de « représentation de tous les Hongrois ». Ses positions sur ces questions restent volontairement imprécises, ce qui lui a permis de récupérer des électeurs fidesz conservateurs sans les effrayer.
Sur la Constitution, il a promis de ne pas modifier la Loi fondamentale sans un référendum et l’accord de toutes les forces politiques — un engagement qui freinera considérablement toute rupture radicale avec l’héritage institutionnel d’Orbán.
Ses propositions sociales et économiques sont en revanche classiquement populistes-conservatrices : doublement des allocations familiales, revalorisation des petites retraites, limitation des mandats parlementaires et du poste de Premier ministre à deux.
Pourquoi Orbán a perdu
C’est là que réside la clé que les médias mainstream préfèrent ignorer. Orbán n’a pas perdu parce que les Hongrois ont soudainement embrassé le progressisme bruxellois. Il a perdu pour des raisons économiques très concrètes.
Les sanctions contre la Russie, que Budapest avait combattues mais que l’UE avait imposées, ont lourdement pénalisé l’économie hongroise. Les 18 milliards d’euros de fonds européens gelés par la Commission — soit environ 10 % du produit national brut — ont creusé une crise économique réelle, avec une monnaie fragilisée, une inflation persistante et un pouvoir d’achat en chute. Par une ironie de l’histoire, c’est en partie la politique punitive de Bruxelles envers la Hongrie qui a rendu la situation économique assez difficile pour faire tomber Orbán.
Les Hongrois n’ont pas voté pour l’Europe abstraite. Ils ont voté contre la dégradation de leur quotidien et contre seize ans d’un pouvoir qui avait, selon les témoignages de nombreux anciens proches, effectivement développé un système de corruption clientéliste à grande échelle.
Les gogos de service
La leçon de ce scrutin, que la gauche européenne et les centristes macronistes semblent incapables d’assimiler, est pourtant simple : les peuples d’Europe centrale votent selon leurs intérêts et leurs valeurs propres, pas selon les injonctions de Bruxelles ou les éditoriaux du Monde.
Magyar a gagné en se gardant bien de rompre avec le conservatisme social hongrois. Il a évité soigneusement d’être associé au libéralisme culturel que symbolise l’Union européenne dans l’imaginaire d’une large partie de l’électorat d’Europe centrale. Il a parlé économie, corruption, santé, pouvoir d’achat — et très peu d’Ukraine, de droits LGBT ou de « valeurs européennes ». C’est précisément parce qu’il n’est pas Macron qu’il a gagné.
Les leaders européens qui se félicitent aujourd’hui de cette victoire vont rapidement découvrir qu’ils ont célébré beaucoup trop vite. Des analystes du centre de réflexion European Policy Centre avertissaient dès février que Magyar « ne serait pas un partenaire facile pour l’UE » et que ses positions sur l’Ukraine, la migration et le cadre budgétaire européen rendraient la relation « plus complexe qu’un simple reset post-Orbán ».
La Hongrie a changé de premier ministre. Elle n’a pas changé d’identité.
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dimanche, 12 avril 2026
Audiovisuel public, ce qu’il faut retenir de la commission d’enquête.

La question se pose de savoir si ce rapport de la commission parlementaire, menée par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) et Charles Alloncle (UDR) sur l’audiovisuel public sera publié à la suite d’un vote à l’AN. Si ce dernier ne devait pas être, on serait face à un vrai scandale, tant ce rapport révèle mains dysfonctionnements du service public qui coûte 4 milliards d'euros au contribuable. Voici, en partie, ce que l’on peut retenir de ces auditions.
Neutralité éditoriale contestée Plusieurs séquences ont nourri les critiques sur l’impartia- lité du service public. Les propos de Nathalie Saint-Cricq appelant Éric Ciotti « Benito » – avant de s’en excuser – ou encore des comparaisons controversées dans « C dans l’air », notamment entre Jordan Bardella et Hitler, ont marqué les esprits. L’affaire Legrand-Cohen – deux journalistes accusés d’établir des stratégies avec des représentants PS –, ainsi que les accusations de Jacques Cardoze sur un « Com- plément d’enquête » visant Bardella ont également ravivé les tensions.
Dérives dans l’usage de l’argent public La commission pointe des indemnités de départ pouvant dépasser 500 000 euros, parfois sans justification claire. Elle relève aussi des dépenses importantes : 3,8 millions d’euros de frais de taxi, des suites à plus de 1 700 euros la nuit au Majestic lors du Festival de Cannes, ou encore un million d’euros pour la rénovation d’une piscine de CSE. Une trentaine de dirigeants gagneraient par ailleurs plus que le président de la République.
Soupçons de conflits d’intérêts et « pantouflage » Le cas de Nathalie Darrigrand pose question : après avoir signé des contrats avec Together Media chez France Télévisions, elle rejoint cette même société, tandis que les montants engagés triplent. D’autres situations sont évoquées, comme celles d’Anne Holmes ou Takis Candilis.
Externalisation massive au privé Près de 850 millions d’euros sont confiés chaque année à des sociétés comme Mediawan, Banijay ou Together Media. Sur France 5, 80 % des émissions de flux sont produites par deux groupes seulement. Des audits ont relevé des surcoûts, notamment sur « C à vous », avec des marges supérieures aux devis initiaux.
Gouvernance et organisation critiquées La commission dénonce une bureaucratie lourde et des cumuls de fonctions, comme celui d’Arnaud Ngatcha, à la fois adjoint à la mairie de Paris et cadre de France Télévisions.
Situation financière non soutenable Malgré des annonces d’équilibre, la Cour des comptes avait déjà relevé un déficit cumulé de 81 millions d’euros entre 2017 et 2024, avec une trésorerie négative et des fonds propres fragilisés.
Avantages et pratiques internes contestés Salaire moyen de 72 000 euros annuels, quatorze semaines de congés pour certains journalistes de Radio France, ou encore 65 primes différentes : autant d’éléments qui inter- rogent sur la gestion sociale.
Profils et influences politiques La nomination de Foued Berahou à l’Arcom, après des prises de position militantes, ou encore les parcours de Stéphane Sitbon-Gomez (ex- EELV) ou Linh-Lan Dao (proche de LFI) alimentent les critiques sur l’indépendance.
Contenus controversés Certaines productions de France TV Slash (plateforme numérique destinée aux 15-35 ans) : diffusion de contenus mettant en avant une pornographie présentée comme « plus éthique », traitement jugé banalisant de la consommation de cannabis et de champignons hallucinogènes, relais d’une cagnotte en soutien à la cause d’Adama Traoré, incitations à adapter les formules de salutation pour éviter le « mégenrage », ainsi que des références récurrentes à la notion de « privilège blanc ». H. R.
Source : Le Journal du dimanche 12/4/2026
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vendredi, 10 avril 2026
Le sacrifice va des pères vers les fils, ou l'on n'est plus une nation
Dans le récent N°72 de Synthèse nationale cliquez ici, nous avions publié un article présentant Secours de France, une association patriote et chrétienne.
Nous reprenons ici un plaidoyer de Me François Vannesson pour remettre les idées à l'endroit et faite taire les responsables de l'état de la France. Un plaidoyer paru dans le bulletin de Pâques du Secours de France cliquez là et inspiré par la prestation des plus douteuse du général Fabien Mandon devant les maires de France !
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Le sacrifice va des pères vers les fils, ou l'on n'est plus une nation
Nous reprenons ci-dessous la réflexion de M° François Vanesson, avocat au Barreau des Hauts-de-Seine, réflexion inspirée par les propos du Chef d'état-major aux armées, le général Fabien Mandon, en novembre dernier, au Congrès des Maires de France.
Au-delà de la polémique suscitée par ces paroles devenues inhabituelles dans une société peu sensible à l'appel au sacrifice, l'auteur, dans le souffle d'une plaidoirie, voire d'un réquisitoire, nous innvite à nous interroger sur les raisons qui motivent cette réticence collective, au premier rang desquelles, la responsabilité des aînés.
Le 21 novembre 2025, on a vu un homme droit. Unitorme impeccable, mâchoire ferme, voix grave, posée, modulée comme un clairon au matin d'une levée de corps.
Il parlait d'ennemis, de volontés, de pays qui meurent quand ils refusent de mourir. II convoquait la grandeur, la Patrie, les mânes du sacrifice. II appe lait à se tenir prêt, à consentir à ce que les fils tombent pour que la nation tienne. Cependant, ce discours-là, qu'on voudrait nous vendre comme un sursaut, n'est que le masque tragique d'un renoncement ancien. Ce qu'on a vu, ce n'est pas un chef, c'est un homme de devoir, tenté de prêter sa noblesse à un pouvoir qui n'en a plus. Ce n'est pas la voix de la France éternelle, c'est l'écho martial d'une République en bout de souffle qui cherche dans la mort ce qu'elle ne sait plus exiger dans la vie.
Mourir pour quoi, exactement ?
Qu'un général rappelle que les guerres coûtent du sang n'a rien d'indécent. Ce qui l'est, c'est le contexte. Ce qui l'est, c'est le ton moral dans lequel s'inscrit cet appel au sacrifice. Ce qui l'est, c'est qu'on prépare les esprits à l'holocauste familial au moment même où l'État a cessé d'être une Patrie, où la France n'a plus de frontières, plus de repères, plus de souveraineté, plus d'âme. On veut des entants prêts à mourir pour des lignes rouges qu'on efface en coulisses, pour des alliances qu'on subit, pour des intérêts qu'on n'assume pas. Mais mourir pour quoi, exactement ? Pour l'Ukraine ? Pour une Europe sans contour, sans volonté, sans épine dorsale ? Pour le droit de faire la guerre à distance, tout en évitant les mots qui fâchent, les responsabilités qui pèsent, et les finalités qui obligent ?
Moi, je n'ai pas élevé mes enfants pour qu'ils meurent dans des conflits que je ne comprends pas, sur des théâtres dont les maîtres mots sont opacité, duplicité, compromission. Je ne les ai pas aimés pour qu'un président, sans cap, les transforme en chair à dissuasion. Je ne les ai pas protégés pour les livrer à un storytelling militarisé, bardé de valeurs en toc, de rhétorique du tragique plaquée sur l'indigence stratégique. Je suis prêt à mourir, oui. Mais d'abord pour eux. Et s'il faut un jour verser le sang, ce ne sera pas pour réparer l'impuissance diplomatique de Bruxelles ou masquer l'effondrement moral d'un pouvoir qui a troqué la Patrie contre le pacte budgétaire. Je ne me bats pas contre l'armée, je me bats pour qu'elle ne soit jamais l'instrument d'un pouvoir qui n'a plus le droit de commander au nom du pays. Je ne me bats pas contre le chef d'état-major, je me bats contre le mensonge qui consiste à faire porter sur les pères le poids des abandons du politique.
Depuis 40 ans, on a déserté le réel…
Je ne me bats pas contre l'idée de sacrifice, je me bats contre sa confiscation par ceux qui n'ont jamais assumé un seul des leurs. Ce n'est pas à la nation de se mettre au service d'un appareil politique en faillite. C'est à l'État de redevenir digne de ses soldats, de ses familles, de ses morts, de ses serments. Et tant que cette condition ne sera pas remplie, tant que l'on ne détendra pas, d'abord, nos intérêts véritables - ceux de la France, de son peuple, de son territoire, de son héritage - je refuserai de m'agenouiller devant la statue creuse du sacrifice. On ne redresse pas une nation par le pathos. Ce n'est pas en exaltant la mort qu'on ressuscite une volonté politique. Ce n'est pas en convoquant Thucydide devant les maires qu'on fait oublier que, depuis quarante ans et, encore plus, depuis sept ans, on a déserté le réel, trahi la souveraineté, renoncé à tout ce qui tonde une autorité légitime. La puissance ne se décrète pas à coups de slogans martiaux : elle s'enracine dans la vérité. Et la vérité, c'est que ce pays n'est pas prêt à faire mourir ses enfants parce qu'il n'a même plus le courage d'être lui-même.
18:20 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Robert Rundo et le Rise Above Movement
Source Jeune nation cliquez ici
Il y a quelques mois, France TV diffusait un « reportage » fourre-tout, sur le modèle du « QuiFaitPeurAuxBourgeois » centré sur « les dérives des suprémacistes blancs » aux États-Unis, donnant quelques secondes la parole à Robert Rundo, fondateur du « Rise Above Movement » et des « Active Club » au milieu de personnes et groupes des plus marginaux aux plus folkloriques. Alors pour ne pas tout mélanger, voici l’entretien que Robert Rundo a récemment donné à Jeune Nation.
Jeune Nation : Quel a été votre parcours (d’abord personnel, puis professionnel et politique) jusqu’à présent ?
Robert Rundo : C’est une longue histoire, mais en bref, j’ai grandi dans la jungle de béton du Queens, à New York. Très jeune, j’ai été confronté au tribalisme à travers la culture des gangs, qui était omniprésente à l’époque. À 15 ans, j’avais des amis qui avaient été poignardés et abattus par le MS-13, et lors d’une bagarre de rue pour venger ces morts, je me suis battu au couteau avec l’un d’entre eux à 17 ans. Cela m’a valu de faire de la prison.
En prison, j’ai appris la discipline. J’ai commencé à lire, j’ai arrêté la drogue et la vie de gang, et je me suis engagé sur la voie de la cause nationaliste. Une fois sorti, j’ai essayé de mener une vie simple en travaillant pour un syndicat, en me mettant en couple avec une petite amie, puis en déménageant en Californie. Pendant ces années-là, j’ai suivi de très près des mouvements comme Golden Dawn et je les ai soutenus. J’ai également visité l’Europe et j’ai eu l’occasion de rencontrer CasaPound, ce qui m’a beaucoup marqué puisque ma famille est originaire d’Italie.
Quand j’étais en Californie, Trump a été élu et les Antifas ont commencé à semer le trouble à travers les États-Unis.
Je voulais m’engager dans une cause nationaliste aux États-Unis, mais honnêtement, ce milieu était composé à 99 % de clowns. L’ambiance était négative : des types qui jouaient aux déguisements, trop ringards, rien à voir avec ce qu’on trouve en France ou dans des groupes comme CasaPound. C’était un milieu rempli de personnes antisociales qui en avaient l’air et se comportaient exactement comme telles. J’ai donc décidé de changer cela et de créer quelque chose qui corresponde à ma vision d’un milieu nationaliste américain.
C’est ainsi que j’ai lancé le Rise Above Movement. C’était le prototype de l’Active Club – le premier du genre à intégrer le fitness, la boxe et l’activisme de rue au sein d’une seule organisation dans le monde anglophone. À partir de là, il y a eu des perquisitions du FBI, des chasses à l’homme à l’échelle mondiale, six ans de vie en cavale dans les Balkans, et finalement mon arrestation dans une salle de sport à Bucarest par Interpol, puis mon extradition vers une prison fédérale américaine pour purger ma peine.
L’affaire politique intentée contre moi est une autre longue histoire en soi, avec des événements sans précédent – comme le fait que j’ai passé cinq mois en prison sans inculpation –, mais là encore, je vais faire court.
10:02 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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jeudi, 09 avril 2026
Trêve en Iran, les trois défis de Donald Trump

Philippe Gélie
Entre une escalade militaire majeure aux conséquences considérables et une trêve temporaire destinée à donner sa chance à la diplomatie, nul ne saurait reprocher à Donald Trump d’avoir choisi la seconde option. Mais il serait naïf de croire que la première a totalement disparu de l’horizon.
La guerre d’Iran n’est pas finie. Après quarante jours de frappes aériennes, le conflit déclenché par le président américain a acquis sa dynamique propre, qu’une ébauche d’entente n’a pas instantanément enrayée. À peine annoncée, la « trêve fragile », comme la qualifie son maître d’œuvre, le vice-président JD Vance, a été malmenée par toutes les parties, au Liban et dans le Golfe. Le fossé entre les interprétations américaines et iraniennes, contradictoirement triomphales, ouvre un espace à de funestes malentendus. Deux tests mettent déjà l’accord à l’épreuve : la capacité du chef de la Maison-Blanche d’imposer à Benyamin Netanyahou l’extension du cessez-le-feu au Liban - alors qu’il se dépêche d’y frapper massivement le Hezbollah – ; et l’ouverture sans restriction – ni péage – par Téhéran du détroit d’Ormuz au trafic maritime commercial.
Sans ces préalables, les pourparlers prévus samedi à Islamabad risquent de tourner court. À entendre Donald Trump, Téhéran aurait cédé d’avance à quasiment toutes ses exigences. Mais il lui reste à le démontrer, au monde comme aux électeurs américains : cela implique de ne pas abandonner Ormuz au contrôle de l’Iran, d’obtenir la restitution de ses stocks d’uranium enrichi, d’encadrer ses capacités balistiques et son programme nucléaire civil… Sans quoi la guerre aurait renforcé la posture stratégique des gardiens de la révolution et – pire, bien sûr – placé le bilan de Trump face aux mollahs nettement en deçà de celui de Barack Obama en 2015.
Il y a fort peu de chances que ces impératifs, fixés par le président américain lui-même, soient atteints grâce au seul bon vouloir des dirigeants iraniens, après qu’ils ont survécu à 13 000 frappes dévastatrices sans céder leur pouvoir ni épuiser leurs capacités de riposte. Aussi Trump va-t-il certainement devoir durcir son jeu, brandissant à nouveau les feux de l’enfer - avec le crédit qui lui reste.
Source : Le Figaro 9/4/2026
10:58 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Repenser notre politique énergétique

René Proglio, alors à la tête d’EDF, s’est vu remercié par François Hollande en 2014. Il était l’un des rares à avoir une vision globale de notre politique énergétique. Depuis son départ, les catastrophes ont continué. Henri Proglio, dans cet entretien à Valeurs actuelles fait le bilan et ouvre des pistes pour que la France retrouve sa juste place.
Lire la suite ICI
Source : Valeurs actuelles 8/4/2026
09:52 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mardi, 07 avril 2026
Trump en Iran, seul aux portes de l’enfer

Philippe Gélie
Donald Trump a fixé aux Iraniens un ultimatum qui s’applique tout autant à lui-même. Qu’il y renonce trop hâtivement, et il risque de renforcer Téhéran au détriment de l’Amérique. Qu’il donne suite à sa menace de déchaîner « l’enfer », et il entraînera le monde dans une escalade majeure.
L’enfer peut avoir plusieurs visages. Celui d’une destruction massive des infrastructures civiles, au risque de s’aliéner l’opinion iranienne et de provoquer une catastrophe humanitaire, voire un mouvement d’exode jusqu’en Europe. Celui d’opérations commandos au sol hautement périlleuses, dont ses forces spéciales ont eu un avant-goût en sauvant un aviateur, ne donnant que plus d’éclat à leur succès. Ou celui d’un embrasement régional accru, avec ripostes et surenchères des gardiens de la révolution, flambée durable des cours du pétrole, ralliement des chiites d’Irak à l’Iran, enrôlement de monarchies du Golfe afin de libérer le détroit d’Ormuz, un enjeu pour elles existentiel…
À l’orée de la sixième semaine de guerre, on voit qu’on n’a peut-être encore rien vu. La suite est d’autant plus difficile à prévoir que Trump et son acolyte israélien détiennent seuls, aux portes de l’enfer, les clés de notre destin. Appelés à l’aide à retardement, les alliés de l’Amérique n’ont pas cédé aux injonctions ni aux menaces : ils n’avaient pas décidé ce conflit, ils ne s’y joindront pas contre leur gré. Voir tous les Européens de l’Otan refuser ou conditionner l’accès à leurs bases et à leur espace aérien donne la mesure du fossé qui s’est creusé depuis quinze mois. Trump récolte ce qu’il a semé : les droits de douane unilatéraux, les menaces d’annexion du Groenland, la remise en cause des alliances, les ingérences politiques… Il parvient à unir comme jamais les dirigeants européens contre lui. Même ceux qui s’inspiraient de ses succès électoraux prennent leurs distances, tant il sent le soufre.
Malgré ces dégâts, le président américain a placé le monde devant un choix historique. Quoi qu’il décide, dans l’action ou dans l’esquive, nous en subirons les conséquences. Tel est notre dilemme, alors qu’il devient de plus en plus clair que la seule voie d’une victoire complète dans cette guerre passerait par un vrai changement de régime à Téhéran.
Source : Le Figaro 7/4/2026
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dimanche, 05 avril 2026
Laurent Nunez, simple fonctionnaire

C’est peu dire que notre ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, déconstruit la pelote tissée par Bruno Retailleau en matière d’immigration. De fait, on s’aperçoit que le ministre de l’Intérieur répond aux exigences d’un Emmanuel Macron, réduisant par là même sa fonction à celle d’un simple fonctionnaire. Il est grand temps que l’épisode Macron se termine.
Lire la suite ICI
Source : Le Journal du dimanche, 5/4/2026
09:44 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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LFI ou la « fascisation » de l’adversaire

« Fascistes », et donc aussi « racistes » : c’est ainsi que sont stigmatisés les citoyens qui s’inquiètent publiquement de l’insécurité crois- sante dans la société française, des effets négatifs d’une immigration de masse non contrôlée ou de la multiplication des territoires conquis par les islamistes, ce qu’il est convenu d’appeler l’« islamisation » de la France ». Le sociologue Pierre-André Taguieff dénonce ici les manipulations du continent antifa de LFI.
Lire la suite ICI
Source : Journal du dimanche 5/4/2026
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samedi, 04 avril 2026
Le franc-maçon Laurent Nunez favorable au port du voile islamique par les fillettes
Le Salon Beige, le 3 avril 2026 cliquez ici
Dans son discours le 12 mars lors de « l’Iftar des ambassadeurs » à la Grande Mosquée de Paris, le ministre de l’Intérieur se prononce en faveur du voile pour les fillettes et pour une diffusion toujours plus grande de l’islam. Voici un extrait de ce discours : « La France ne doit pas perdre en chemin ses enfants et elle ne doit perdre en chemin aucun de ses enfants parce qu’ils se seraient sentis stigmatisés ou blessés. C’est ce qui justifie d’ailleurs ma position sur l’interdiction du port du voile sur l’espace public par les mineurs. Je ne serai pas celui qui ira expliquer à des enfants qu’en portant le voile, elles menacent le vivre ensemble républicain. Je ne le ferai pas parce que je n’y crois pas et parce qu’une telle mesure ne ferait en réalité que détourner l’attention de la vraie menace. C’est une proposition qui, à mon sens, décrédibiliserait le vrai combat donné contre l’islam politique qui, lui, lui, est essentiel. C’est également ce qui justifie et justifiera que je pousse et défende, comme ministre des cultes, toute initiative qui puisse contribuer à mieux faire connaître l’islam. Et tu sais, mon cher Chems [recteur algérien de la Grande Mosquée], combien le président de la République est attaché à développer et à mieux faire connaître l’islam. »
Laurent Nuñez a été initié à la Grande Loge de France, précise Vincent Nouzille dans son livre “Le côté obscur de la force : Enquête sur les dérives du ministère de l’Intérieur et de sa police” :
Cette assertion n'a jamais été démentie…
Extrait de ce livre :
Le fief principal de la franc-maçonnerie reste sans doute la préfecture de police (PP) de Paris. Jusqu'aux années 1970, deux préfets sur trois étaient des "initiés". La tradition ne s'est pas totalement perdue. Nommé préfet de police avril 1993, Philippe Massoni était un pilier de la GLDF. Ancien patron des RG et proche du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, celui qui était surnommé "Bouddha" à cause de son visage impassible, a tenu les rênes de la PP jusqu'en 2001, une longévité hors du commun avant de rejoindre l'Élysée comme conseiller de Jacques Chirac. Parallèlement, ce "Très Illustre Frère" avait été promu en 1997 au titre de Souverain Grand Inspecteur général du 33e degré, ce qui faisait de lui l'un des plus hauts dignitaires de la franc-maçonnerie. Plusieurs sont également bien connus des loges, comme l'actuel préfet Laurent Nuñez, initié à la GLDP. Interrogé à ce sujet, il se contente de dire : "Je ne confirme pas". Son entourage explique que s'il a bien été initié, il a pris de la distance avec tout cela. Des frères ont aussi occupé les postes clés au sein du « 36 », le PJ parisienne, ou de la direction de la sécurité de proximité.
Signe peu connu de leur pouvoir : la nomination du préfet Didier Lallement en mars 2019 à la tête de la PP pour remplacer Michel Delpuech est en partie due au soutien dont il a discrètement bénéficié de la part de certains initiés. « Oui, il y a plein de gens qui ont joué de leur influence pour pousser la [...]
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jeudi, 02 avril 2026
Trois militants prorusses écroués, une presse muette : les zones d’ombre de l’affaire SOS Donbass
Yann Vallerie Breizh info cliquez ici
Depuis le 21 novembre 2025, Anna Novikova, Vincent Perfetti et Vyacheslav P. ont été mis en examen puis placés en détention provisoire dans le cadre d’une affaire présentée comme touchant à l’espionnage, à l’ingérence et, pour l’un d’eux, à une opération d’affichage prorusse sur l’Arc de Triomphe. Les qualifications sont lourdes. Elles touchent à l’« intelligence avec une puissance étrangère », à l’« exercice d’activité pour s’informer sur les intérêts de la nation pour une puissance étrangère » et à la « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ».
Sur le papier, le dossier est grave. Il mérite donc mieux que les réflexes pavloviens d’une partie de la presse française, qui s’est empressée de reprendre la version des autorités, parfois mot pour mot, sans s’interroger sérieusement sur un point pourtant essentiel : au nom de quoi, sur la base de quels éléments publics, et pour quelle durée ces personnes restent-elles enfermées avant même d’être jugées ?
C’est là que commence le malaise.
Une affaire politico-judiciaire hautement sensible
Les textes disponibles permettent de cerner la trame générale. Les autorités soupçonnent l’association SOS Donbass, fondée par Anna Novikova à Pau, d’avoir servi non seulement à acheminer de l’aide humanitaire vers le Donbass, mais aussi de couverture à des activités d’influence ou de collecte d’informations au profit de la Russie. Le parquet a confirmé l’existence de soupçons portant notamment sur des prises de contact avec des cadres d’entreprises françaises. Reuters, de son côté, a documenté l’existence de réseaux, de connexions militantes et de contacts pro-russes, tout en reconnaissant explicitement n’avoir pas été en mesure d’établir, à partir des documents consultés, une implication directe dans des activités criminelles.
Autrement dit, il existe des soupçons, des fréquentations, des engagements politiques, des déplacements, des prises de position publiques, des réseaux. Cela peut nourrir une instruction. Cela ne suffit pas, en soi, à clore le débat public.
Politique
Or c’est précisément ce qui s’est produit. Dès l’origine, l’affaire a été installée dans un récit quasiment verrouillé : des militants prorusses, des liens avec des cercles du Kremlin, des affiches, des voyages, des contacts, donc une affaire d’espionnage. Le schéma est simple, efficace, médiatiquement rentable. Mais il laisse de côté une question capitale : où commence la preuve pénale, et où s’arrête la seule suspicion politique ?
L’angle mort médiatique : la détention provisoire
Ce qui frappe, dans le traitement de cette affaire, ce n’est pas seulement la reprise des accusations. C’est le peu d’intérêt manifesté pour la détention provisoire elle-même.
Dans une démocratie digne de ce nom, placer en prison des personnes présumées innocentes avant leur procès devrait toujours susciter des questions. Pas uniquement quand il s’agit de figures médiatiquement sympathiques, de militants de causes à la mode ou de profils idéologiquement compatibles avec les rédactions parisiennes. Toujours.
La détention provisoire n’est pas une formalité. C’est une mesure extrêmement grave. Elle prive de liberté des hommes et des femmes qui n’ont pas encore été condamnés. Elle est censée répondre à des critères précis : risque de fuite, risque de pression sur les témoins, risque de concertation frauduleuse, risque de réitération, nécessité de préserver l’enquête ou de mettre fin à un trouble exceptionnel à l’ordre public. Encore faut-il que le débat public ose poser la question : dans cette affaire, sur quoi repose exactement cette nécessité au long cours ?
Très peu de médias semblent l’avoir fait. On a beaucoup lu des portraits à charge, des rappels de réseaux, des allusions au climat de guerre hybride et aux manœuvres russes en Europe. On a beaucoup moins lu de papiers fouillés sur la justification concrète de l’incarcération préventive de ces trois personnes pendant des mois.
Des profils militants, certes, mais cela suffit-il ?
Que sait-on publiquement ? Anna Novikova est décrite comme une militante prorusse assumée, fondatrice de SOS Donbass, engagée dans des convois humanitaires, des manifestations et des campagnes d’affichage. Vincent Perfetti, devenu président de l’association, est présenté comme un soutien de longue date de la cause du Donbass, avec un parcours politique et militant ancien. Vyacheslav P. apparaît comme lié à l’épisode des affiches posées sur l’Arc de Triomphe.
Tout cela dessine un environnement idéologique clair. Mais depuis quand l’adhésion à une cause étrangère, aussi contestable soit-elle aux yeux du pouvoir, vaut-elle démonstration automatique d’espionnage ? Depuis quand des voyages, des discours, des liens militants ou des actions de communication constituent-ils, à eux seuls, la preuve d’une activité clandestine au service d’une puissance étrangère ?
La question mérite d’être posée d’autant plus fermement que les textes cités eux-mêmes laissent apparaître une zone grise. Reuters évoque des connexions, des proximités, des rencontres, mais précise aussi ne pas disposer d’éléments démontrant directement une activité criminelle. L’avocat de Vincent Perfetti parle, lui, de qualifications « absurdes » et d’une dérive inquiétante vers la pénalisation des opinions prorusses. Le mari d’Anna Novikova juge les accusations « invraisemblables ». Ces éléments ne disculpent personne. Mais ils justifient pleinement qu’on regarde le dossier avec autre chose qu’un réflexe de meute.
Le soupçon d’un délit d’opinion aggravé par le contexte
Le fond du problème est peut-être là. Depuis le début de la guerre en Ukraine, tout ce qui relève de la russophilie militante, du soutien au Donbass ou simplement d’une lecture dissidente du conflit est traité en France sous un angle de plus en plus sécuritaire. Le contexte international est réel. Les opérations d’influence russes existent. Les services français ont évidemment raison de s’y intéresser. Mais ce contexte ne dispense ni de preuves, ni de nuances, ni de garanties procédurales.
Car enfin, dans cette affaire, les médias dominants ont-ils vraiment cherché à distinguer entre militantisme radical, propagande, humanitaire partisan, influence politique et espionnage au sens pénal du terme ? Ont-ils sérieusement exploré ce qui relève de l’opinion, de l’activisme, de la provocation politique ou d’une éventuelle infraction caractérisée ? La réponse, à lire la plupart des papiers parus, est non.
Tout se passe comme si le climat idéologique du moment suffisait à rendre certaines questions inutiles. Pro-russe ? Donc suspect. Donbass ? Donc opaque. Convois humanitaires ? Donc probablement façade. Relations avec des réseaux proches de Moscou ? Donc culpabilité à venir. Une telle logique est précisément celle qu’une presse libre devrait combattre.
Pourquoi si peu d’enquêtes à décharge ?
L’autre question gênante concerne le travail journalistique lui-même. Où sont les investigations à décharge ? Où sont les entretiens approfondis avec les proches, les avocats, les soutiens, les contradicteurs du parquet ? Où sont les enquêtes sur les motivations exactes du placement en détention, sur les demandes de remise en liberté éventuelles, sur les éléments concrets retenus par les juges ?
La machine médiatique a, semble-t-il, préféré le récit commode de l’« espion russe au coin de la rue » à un examen rigoureux de la procédure. Pourtant, un journaliste n’est pas là pour applaudir des mises en examen. Il est là pour éclairer, vérifier, confronter, gratter là où l’institution voudrait que personne ne regarde.
Dans cette affaire, il ne s’agit pas de proclamer l’innocence des intéressés. Il s’agit de rappeler une évidence que beaucoup semblent oublier : la justice d’un pays libre ne se mesure pas à sa capacité à enfermer des suspects mal vus, mais à sa capacité à garantir leurs droits malgré l’impopularité de leur cause.
Une démocratie se juge aussi à la manière dont elle traite ses dissidents
Il est possible que l’instruction mette au jour des faits lourds. Il est possible aussi qu’elle révèle un dossier plus fragile qu’annoncé. À ce stade, personne de sérieux ne peut trancher publiquement sur le fond. En revanche, il est parfaitement légitime de s’interroger sur le recours durable à la détention provisoire et sur l’étrange absence de curiosité médiatique à ce sujet.
Quand des militants islamistes, des antifas ou des activistes d’ultragauche bénéficient de prudence lexicale, de longs reportages de contexte et de rappels constants à la présomption d’innocence, pourquoi ce souci disparaît-il dès qu’il s’agit de militants prorusses ? Pourquoi certains prévenus ont-ils droit à la complexité, et d’autres seulement à l’étiquette infamante ?
La question dérange, mais elle mérite d’être posée. Et même posée de plus en plus fort.
Au-delà du cas SOS Donbass, une affaire révélatrice
L’affaire SOS Donbass dépasse désormais les seules personnes d’Anna Novikova, Vincent Perfetti et Vyacheslav P. Elle dit quelque chose du climat français. D’un pays où certaines opinions deviennent instantanément sulfureuses, où certaines proximités valent presque condamnation anticipée, et où l’incarcération préventive de profils politiquement détestés ne semble plus scandaliser grand monde.
Politique
C’est précisément pour cela qu’il faut regarder ce dossier avec sang-froid. Non pour blanchir qui que ce soit. Non pour nier les risques d’ingérence étrangère. Mais pour refuser que la raison d’État, l’alignement médiatique et la paresse intellectuelle remplacent l’exigence de preuve, le débat contradictoire et la vigilance à l’égard des libertés publiques.
Car une chose est sûre : dans cette affaire, il n’y a pas seulement trois mises en examen. Il y a aussi une question que trop peu de rédactions ont eu le courage de poser : pourquoi, en France, la détention provisoire de dissidents mal classés idéologiquement semble-t-elle susciter si peu d’émoi ?
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Finistère : Mgr Dognin interdit encore à un prêtre traditionaliste de célébrer dans les églises
Yann Vallerie, Breizh Info cliquez ici
Quelques mois après avoir chassé la Fraternité Saint-Pierre de son diocèse, l’évêque de Quimper s’oppose cette fois à l’abbé David Aldalur, ancien membre de la Fraternité Saint-Pie X installé à Brasparts, qui revendique une identité catholique traditionnelle et bretonne.
Par un communiqué daté du 25 mars 2026, Monseigneur Laurent Dognin, évêque de Quimper et Léon, a interdit à l’abbé David Aldalur de célébrer dans les églises et chapelles communales du diocèse. Ce prêtre, ancien membre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), s’est récemment installé sur la commune de Brasparts « sans mandat ni mission officielle ».
Un communiqué épiscopal sans appel
« Cette fraternité n’étant pas en pleine communion avec l’Église catholique romaine, son ministère ne bénéficie d’aucune reconnaissance canonique dans le diocèse », écrit Monseigneur Dognin dans son communiqué.
L’évêque rappelle que « conformément à la loi de 1905, les églises et chapelles communales, ainsi que leurs dépendances, sont exclusivement affectées au culte catholique célébré en communion avec le Saint-Siège et sous l’autorité de l’Évêque diocésain ».
Une réponse publique lors du dimanche des Rameaux
Le 29 mars 2026, dimanche des Rameaux, l’abbé Aldalur a, devant un grand nombre de fidèles, que visiblement Monseigneur Dognin n’arrivait plus à réunir jusqu’ici dans cette commune du Finistère, répondu publiquement à cette interdiction lors d’un sermon prononcé à Brasparts devant une assemblée nombreuse. Le prêtre a commencé par lire le communiqué de l’évêque, avant de s’adresser directement à lui.
« Ce n’est pas sans douleur et sans tristesse que je vous lis ce message », a-t-il déclaré en breton et en français. « Excellence ! Mgr Dognin, si seulement ce message pouvait arriver jusqu’à vous. Ah Mgr, si seulement vous pouviez être au milieu de nous ce matin pour voir de vos yeux et entendre de vos oreilles ce qui se dit et ce passe à Brasparts… »
Dans son sermon (à lire ici), l’abbé Aldalur a révélé son vœu le plus cher : « Oui, mon vœu le plus cher, et que j’espère voir réalisé avant ma mort : c’est d’être incardiné dans votre diocèse. »
Il a expliqué sa situation canonique complexe : « Oui, je suis un ancien membre de la FSSPX et j’en suis fier car je suis convaincu que le combat de Mgr Lefebvre sera reconnu plus tard comme celui qu’il fallait mener pour sauver la Tradition de l’Église. »
Concernant son départ de la FSSPX, il précise : « Si je n’ai pas pu rester attaché à cette excellente famille sacerdotale, ce n’est pas une question de désaccord doctrinal, pas même une question d’obéissance, mais une question de vocation. Si l’église n’était pas en crise et si vous n’étiez pas un de ces évêques qui alimentent sciemment ou inconsciemment cette crise (…) je serai devenu dès le départ un de vos prêtres. »
Un combat pour l’identité catholique bretonne
Le cœur du message de l’abbé Aldalur porte sur la défense d’une identité catholique traditionnelle spécifiquement bretonne. Il affirme que les fidèles qui viennent à Brasparts cherchent « ce qu’ils ne trouvent pas ni dans la FSSPX ni dans notre diocèse : Professer, vivre, défendre et revendiquer haut et fort le droit d’être catholique traditionnel breton… de la tête au pied… penn kill ha troad ! »
Il critique ce qu’il considère comme « du modernisme saupoudré de traditionalisme » et « de la pastorale essentiellement française saupoudrée de breton ». « Or nous avons le droit, nous catholiques baptisés bretons en Bretagne à plus que du saupoudrage ! », lance-t-il.
L’abbé souligne l’affluence rencontrée après seulement six mois d’installation : « Mgr, les fidèles qui sont ici aujourd’hui, si nombreux après à peine 6 mois d’installation viennent précisément chercher ce qu’ils ne trouvent pas ni dans la FSPX ni dans notre diocèse. »
Il conclut son sermon par un appel à la persévérance : « Aujourd’hui pour être un prêtre catholique breton traditionnel, il faudra passer par la même voie que NSJC au jour des Rameaux : D’abord l’enthousiasme puis des abandons, d’abord la gloire puis ensuite le dénuement, d’abord les joies et ensuite les larmes. Mais c’est la Croix et seulement la Croix qui est rédemptrice. »
Un évêque déjà en conflit avec les traditionalistes
Cette affaire intervient quelques mois seulement après l’expulsion par Monseigneur Dognin de deux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre (FSSP) du diocèse de Quimper, décidée en décembre 2023.
Les abbés Loïc Courtois et Nicolas Télisson, pourtant décrits par l’évêque lui-même comme « des pasteurs zélés » accomplissant « leur ministère avec zèle et se donnant généreusement à la mission qui leur est confiée », avaient reçu l’ordre de quitter le diocèse à la fin de l’année pastorale 2023-2024.
À l’époque, Monseigneur Dognin avait justifié cette décision par des « tensions » au sein du diocèse et par le fait que les activités pastorales des prêtres de la FSSP créaient « de facto deux paroisses personnelles (non canoniques) en parallèle des activités paroissiales ».
Certains observateurs avaient alors souligné les contradictions de l’argumentation épiscopale, notamment le reproche fait à ces prêtres d’être « plus disponibles que leurs confrères » pour le bien des fidèles.
Une ligne de fracture qui s’approfondit
Ces deux affaires successives révèlent une ligne de fracture profonde dans le diocèse de Quimper et Léon concernant la place de la liturgie traditionnelle et, dans le cas de l’abbé Aldalur, la question de l’identité bretonne du catholicisme.
L’abbé Aldalur termine son sermon par une supplique en breton : « Aotrou n’Eskob, spi am eus en em wellimp adarre » (Monseigneur l’Évêque, j’espère que nous nous reverrons), avant de demander la bénédiction épiscopale « pour moi et pour tous les chrétiens qui sont venus ici aujourd’hui et qui viendront demain encore plus nombreux ! »
Plutôt que de s’en prendre à la Tradition, Monseigneur Dognin serait sans doute bien avisé de plutôt s’interroger sur la raison des églises qui se vident dans tout le Finistère, quand elles ne sont pas peuplées uniquement de têtes grises. Sans compter le nombre d’églises et de chapelles qui, toute l’année, restent portes closes, hormis lorsqu’il s’agit de satisfaire quelques touristes.
Le prochain lundi de Pâques, en Scrignac, devrait devrait, eu égard de l’affluence attendue, une nouvelle fois démontrer aux autorités de l’Église catholique en Finistère, qu’elles sont totalement « à la rue ».
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