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mercredi, 23 septembre 2026

Prise de conscience et vent de fronde face aux dangers des IA pour les individus et les nations

Utiliser l'IA pour créer du contenu pour son site internet

Alexis Murbas - Article paru dans le n°74 de Synthèse nationale (été 2026) - Cliquez ici

Dans son numéro de mars 2026, la revue de vulgarisation scientifique Science&Vie a listé les grands risques liés aux IA : des comportements déviants (il leur arrive de se surestimer, de ruser, de tricher, de mentir, de faire du chantage et elles n’ont pas de limites) ; des impacts sociétaux et environnementaux croissants ; des utilisations malveillantes. Face à ces dangers, de nombreuses voix s’élèvent. Il y a bien sûr celles d’experts qui, inquiets, appellent au développement d’outils permettant à l’humanité de garder le contrôle pour éviter le pire. Mais il y a aussi, depuis peu, la voix du chef de l’Église catholique et celle d’une partie du clan Maga, aux États-Unis…

Si l’on en croit Katja Grace, la cofondatrice du projet AI Impacts, citée par Science&Vie, « entre 38% et 51% des experts en IA estiment qu’il y a 10% de risque que cette technologie conduise à la fin de l’humanité » (alors même, précise la revue, que « la probabilité qu’une météorite massive s’écrase sur Terre (…) est de 1 pour 100 millions »). Face aux potentialités et aux dangers vertigineux des IA, le pape Léon XIV, mais aussi soixante-un partisans de Donald Trump emmenés par Amy Kremer, membre du Comité national républicain, et Steve Bannon, ancien conseiller du président, se sont invités dans le débat au cours de ce printemps.

L’encyclique Magnifica humanitas

Le 25 mai dernier, le Vatican a rendu public la première encyclique du nouveau pape. 135 ans après le texte Rerum novarum rédigé par son lointain prédécesseur Léon XIII, qui présentait la Doctrine sociale de l’Église, Léon XIV a choisi de consacrer les 134 pages de son texte à « la protection de la personne humaine à l’heure de l’intelligence artificielle ». Mais c’est surtout dans le chapitre 3 (sur un total de cinq) qu’il aborde vraiment la difficile question des IA (qui font déjà partie de notre présent), en invitant chacun à se poser la question - fondamentale - : « Que sommes-nous en train de construire ? »

En 2025, pour les seuls États-Unis, 375 milliards de dollars ont été consacrés aux systèmes que le pape qualifie de « prétendues intelligences artificielles » qui ne sauraient être assimilées à l’intelligence humaine. Cette année, les investissements devraient s’élever à 500 milliards ! Cet afflux considérable d’argent soutient et favorise l’augmentation rapide de leurs capacités ainsi que leur développement spectaculaire. Chaque semaine, 700 millions de personnes utilisent ChatGPT. En 2030, on estime qu’elles seront 2,6 milliards…

Face à cette nouvelle réalité, Léon XIV, naturellement, appelle « à la prudence, à des contrôles rigoureux et parfois même à un ralentissement dans l’adoption de l’IA ». Il souligne « l’urgence d’un double engagement : d’une part, un approfondissement de la recherche scientifique ; d’autre part, un exercice de discernement moral et spirituel ». Son objectif est de « désarmer l’IA », c’est-à-dire d’« empêcher la technologie de dominer l’humain ». Il veut « la soustraire à la logique de compétition armée, (…) la soustraire aux monopoles, la rendre discutable, contestable, et donc habitable, en la restituant à la pluralité des cultures humaines et des formes de vie ». Il s’agit de préserver le « primat de la personne, afin que ce soit toujours l’intelligence humaine, avec sa conscience et sa liberté, qui guide les innovations techniques et en établisse avec responsabilité les usages et les limites ».

Pour le pape, ces systèmes peuvent certes « être une aide précieuse », mais ils nécessitent « une approche mesurée et vigilante » ; d’autant qu’ils ne sont ni anodins ni neutres : ils « reflètent les paramètres culturels de ceux qui les ont conçus et formés, avec toutes leurs qualités et leurs défauts » et ont un « impact environnemental » certain. De plus, ils concentrent un pouvoir considérable « entre quelques mains » ; en l’occurrence, celles « de grands acteurs économiques et technologiques ». Aussi Léon XIV préconise-t-il de passer « ce nouveau scénario » au crible des « grands principes de la Doctrine sociale de l’Église : la dignité inaliénable de la personne, le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarité, la solidarité et la justice sociale ».

Il réclame « des cadres juridiques adéquats, une surveillance indépendante, l’éducation des utilisateurs, une politique qui n’abdique pas son devoir » ; c’est-à-dire « une politique plus présente, capable de ralentir là où tout s’accélère et de protéger les espaces où les communautés peuvent encore participer et s’interroger ».

Le Saint-Père se prononce également pour une définition claire des responsabilités à chaque étape (« depuis ceux qui conçoivent et programment les systèmes jusqu’à ceux qui les utilisent ou ceux qui décident de leur confier des choix concrets ») afin qu’il soit possible « d’identifier qui doit "rendre compte" des décisions, les motiver, les contrôler et, si nécessaire, les contester et réparer les dommages qui en dérivent ».

L’adresse d’Amy Kremer et Steve Bannon à Donald Trump

Le titre que lui ont donné ses auteurs est explicite : « Lettre de la coalition en faveur du projet de décret du président Trump visant à rendre obligatoires les tests préalables au déploiement des systèmes de pointe ».

Marlène Laruelle, professeur à la libre université internationale des études sociales de Rome et fondatrice du "programme d’études de l’illibéralisme1" à l’université Georges-Washington, aux États-Unis, a traduit, commenté et mis en ligne cette lettre le jour même de sa publication, le 15 mai, sur le site de la revue Le Grand Continent.

Le texte lui est apparu suffisamment important pour qu’elle le qualifie de « document fondateur de l’insurrection national-populiste contre l’IA ». L’analyse qu’elle en fait a tout pour attirer notre attention et susciter notre intérêt.

Elle écrit en effet : « Steve Bannon se dit aujourd’hui convaincu qu’un nouveau clivage est en train de redéfinir le paysage politique : l’humain contre la machine ». Dans cette missive, « l’inventeur du mouvement MAGA et apôtre de la doctrine "America First" » définit donc « d’une manière très approximative une nouvelle doctrine : Humans First ». Il « appelle à un changement radical au sein du pouvoir trumpiste ». Il « propose (…) que le mouvement MAGA reprenne la main sur le deuxième mandat » du président, « en dénonçant l’emprise des élites de la Silicon Valley sur le processus décisionnel » ainsi que « l’idéologie néoréactionnaire que plusieurs d’entre eux professent ».

Dans cette lettre, les soixante-et-un signataires appellent le président à continuer de « faire passer la sécurité, la liberté et la grandeur du peuple américain avant les intérêts des élites corporatistes et mondialistes » non élues. Ils l’exhortent à prendre effectivement, comme il envisage de le faire, « des mesures décisives » que le reste du monde pourra reprendre (c’est-à-dire « des tests obligatoires, une évaluation, une vérification et l’approbation gouvernementale »), afin de « garantir que les systèmes d’IA les plus puissants au monde soient correctement contrôlés avant qu’ils ne puissent menacer (la) sécurité nationale, (les) enfants, les travailleurs (…) et le mode de vie » américains.

1. Selon la définition qu’en a donnée Marlène Laruelle au journal Le Monde, en septembre 2023, l’illibéralisme est « un univers idéologique de droite qui estime que le libéralisme, entendu comme un projet politique centré sur la liberté individuelle et les droits humains, est allé trop loin. Ce projet s’accompagne de positions politiques plus ou moins clairement établies, s’appuyant généralement sur le souverainisme et la défense de la majorité contre les minorités. La nation est conçue de façon homogène et les hiérarchies traditionnelles sont célébrées».

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vendredi, 21 août 2026

C'est l'été : Fake news, vous avez dit fake news ?

Pour cinq pays européens, la désinformation en ligne est la principale  menace à leur sécurité nationale | Euronews

 

Alexis Murbas (article paru dans le n°72 de notre revue Synthèse nationale, hiver 2025-2026 - pour vous abonner, cliquez ici)

En janvier 2023, l’hebdomadaire Valeurs actuelles, dans un dossier intitulé Le gouvernement fake news, rappelait quelques fausses informations émises, avec un aplomb déconcertant, par certains membres des différents gouvernements macroniens. En conclusion, Charlotte d’Ornellas constatait : « La vie politique reste la vie politique, la vérité est toujours jugée relative, le mensonge de "protection" se porte bien, les tribunaux voient toujours passer les mêmes (…) ». En d’autres termes : « Faites ce que je dis - ou alors gare - mais ne faites pas ce que je fais ! »

Emmanuel Macron affiche sa volonté de mettre en place un système de contrôle des différents médias, à commencer par les réseaux sociaux, au nom de la lutte contre les manipulations de l’information. Cette lubie du fantôme de l’Élysée est loin d’être récente. Elle l’habitait déjà lors de son premier quinquennat. Pour autant, elle n'a jamais empêché le président et ses supporters de tripatouiller l’information à chaque fois qu’ils ont trouvé un intérêt à le faire…

Le contrôle des médias, marotte présidentielle

Le 3 janvier 2018, soit huit mois après son élection, le président annonce, à l’occasion de la présentation de ses vœux à la presse, le dépôt d’« un texte de loi » destiné à « faire évoluer le dispositif juridique » protégeant « la vie démocratique des fausses nouvelles ». Il appelle également les journalistes à « organiser en quelque sorte les règles de (la) profession » au motif « que toutes les paroles ne se valent pas et (…) qu’il est même des paroles qui ne sont ni journalistiques ni innocentes, mais de propagandes et de projets politiques nocifs pour nos démocraties ». Déjà, il juge « non seulement intéressante, mais souhaitable (…) la démarche de Reporters sans frontières d’inventer une forme de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier ».   

À la fin de cette même année, l’annonce du président débouche sur un texte relatif à "la lutte contre la manipulation de l’information", dit "loi fake news" ou "loi infox", promulgué le 22 décembre et consultable sur legifrance.gouv.fr.

Tentatives de manipulations autour de l’affaire Benalla

Entretemps, en juillet 2018, éclate l’affaire Alexandre Benalla, pantalonnade "politico-policière" en trois actes et belle illustration de la duplicité du pouvoir. Depuis l’un des sketches des Inconnus, on sait qu’il y a « le bon et le mauvais chasseur ». Grâce à cette farce, on sait qu’il y a aussi la bonne et la mauvaise manipulation de l’information…

Premier acte : le 18 juillet 2018, un article du Monde révèle que le "Monsieur sécurité" et "homme de confiance" du couple présidentiel, sorti de nulle part (ou presque : du PS), mais rémunéré quand même 7.113 euros brut mensuels (selon une enquête de BFM), a joué au "bleu", le 1er mai précédent, à Paris, en marge d’une manifestation, alors qu’il n’était présent, aux côtés des forces de l’ordre, qu’à titre d’observateur. Revêtu d’une belle panoplie (casque de protection et brassard "police"), Alexandre le bienheureux a laissé libre court à son enthousiasme tout juvénile, digne de celui de son "patron", en participant activement, à Paris, à deux "opérations de maintien de l’ordre". « Parce que c’est notre projet ! », aurait-il pu très bien s’écrier alors, tout en procédant aux arrestations "vigoureuses" d’un jeune homme, au Jardin des plantes, puis d’un couple, place de la Contrescarpe, tous trois désignés comme lanceurs de projectiles sur les CRS. Benalla-la-la contre CRS-S-S, en quelque sorte !

Deuxième acte :  une fois l’affaire connue, le parquet ouvre une enquête préliminaire. « Un vent de panique saisit l’Élysée », écrit Le Monde. Pour protéger le président, Ismaël Emelien1, son conseiller spécial, s’emploie à allumer un contre-feu. Avec Sibeth N’Diaye, la responsable du service de presse de l’Élysée (qui, en 2017, avait déclaré : « J’assume parfaitement de mentir pour protéger le président »), il fait diffuser sur des comptes Twitter de La République en Marche des images de vidéo-surveillance obtenues illégalement auprès de la police (et parmi lesquelles certaines, ajoutées, proviennent d’une scène sans rapport avec l’affaire) afin de présenter les initiatives musclées de Benalla comme des réponses légitimes à des violences préalables. Le 2 avril 2019, dans Les informés de France info, Albert Zennou, le rédacteur en chef du service politique du Figaro, réagit : « Il y a vraiment une fabrique de la fake news. On a voté une loi contre les fake news, il y a quelques semaines, et là, l’Élysée est pris à son propre jeu »… 

Un festival de fake news gouvernementales pendant la pandémie

Prenons quelques exemples (nous avons l’embarras du choix)…

Le mardi 18 février 2020, Olivier Véran, tout nouveau ministre de la Santé, affirme, péremptoire : « La France est prête (…) parce que nous avons un système de santé extrêmement solide. (…) La Chine a pris ses responsabilités en mettant en place des mesures de confinement, d’isolement, très rapidement. Je ne suis pas sûr que ce serait possible de réaliser tout cela dans un pays dans lequel les réseaux sociaux seraient ouverts ». Quatre semaines plus tard, le mardi 17 mars, le premier confinement entre en vigueur et les Français découvrent l’état réel des hôpitaux publics : manque de lits, de personnel, d’appareils de réanimation, de respirateurs, de gel hydroalcoolique, de paracétamol, de blouses et… de masques.

Concernant ces derniers, le 28 février 2020, Olivier Véran, toujours, déclare : « (Ils) sont inutiles si vous n’êtes pas malade, si vous n’avez pas été personne contact proche de personnes malades et que le port du masque ne vous a pas été recommandé ». Cinq jours plus tard, le mercredi 4 mars, il récidive : « Doivent être équipés les professionnels de santé (…), les personnes contaminées et les personnes vulnérables. L’usage des masques en dehors de ces indications est inutile ». Le même jour, sur France inter, la porte-parole du gouvernement, Sibeth N’Diaye, l’assure : « Non, il n’y a pas de risque de pénurie, d’abord pour les masques dits chirurgicaux, (…) on a des stocks d’État qui ont été réalisés dans des mandatures précédentes ». Les 11 et 17 mars 2020, le directeur général de la Santé, le professeur Jérôme Salomon, et Sibeth N’Diaye enfoncent le clou. Le premier laisse tomber sentencieusement : « Il ne faut surtout pas avoir de masques pour le grand public, ça n’a pas d’intérêt et c’est même presque faussement protecteur ». La seconde précise : « Les Français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies parce que ce n’est pas nécessaire quand on n’est pas malade ».

En fait, la France, qui disposait en 2011 d’un milliard de masques chirurgicaux pour adultes et de 700 millions de FFP2, n’a plus, alors, que 117 millions des premiers et très peu des seconds. À ce moment, les masques sont donc d’autant plus « inutiles »… qu’on n’en a pas suffisamment pour tout le monde et que nos capacités de production se trouvent réduites à la portion congrue ! La suite, on la connaît : la fabrication domestique, artisanale, de masques en tissu, totalement inopérants, puis, finalement, des achats massifs à l’étranger et le port rendu obligatoire dans les transports en commun et tout l’espace public…

Quant au "vaccin", c’est encore une autre histoire, elle aussi riche en fake news. Ainsi, le 13 juillet 2021, Olivier Véran, invité d’Apolline de Malherbe, sur BFM, déclare : « Quand vous savez que vous avez eu le Covid (…), on estime entre 7 et 10% des personnes qui ne sont pas encore vaccinée qui, lorsqu’ils vont aller faire leur première dose, on leur dira : "Ben, écoutez, vous n’avez besoin que d’une dose, c’est terminé pour vous ». Avant d’ajouter, quelques minutes plus tard, à propos de l’efficacité du "vaccin" : « 95% de protection des formes graves. Vous réduisez par 12 le risque de contamination des autres. Vous réduisez par 20 le risque de faire une forme grave. On n’a jamais eu de vaccin aussi efficace que celui-ci. Si nous étions tous vaccinés, le virus ne pourrait plus cheminer ». Ben voyons, comme dit Éric Zemmour…

Gérald Darmanin, le politique qui a l’art de distordre les réalités qui le dérangent

L’ancien ministre de l’Intérieur et actuel ministre de la Justice est en quelque sorte l’archétype de l’homme politique à l’ambition débordante. Par sa souplesse, sa capacité d’adaptation et de retournement, il tient du contorsionniste. Exister et durer, telle semble être sa devise. En 2017, il voyait en Macron un « caméléon », un « démagogue », un « poison définitif » pour le pays. Aujourd’hui, il est l’un de ses ministres. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il dise parfois n’importe quoi. Surtout lorsqu’il s’agit de cacher une réalité qui le dérange ; et qui dérange aussi ceux au service desquels il se met… pour qu’ils lui servent de tremplin ! "Darmalin" ou le bon usage de l’info bidouillée : de cette vérité, deux exemples (parmi d’autres) feront foi.

Le premier remonte au 28 mai 2022. Ce jour-là, le Stade de France accueille la finale de la Ligue des champions : les joueurs du Real Madrid contre ceux de Liverpool. Devant les grilles et les entrées, les forces de l’ordre sont dépassées. Des milliers de supporters espagnols et anglais se pressent et piétinent, tandis que des groupes de jeunes hommes du 9-3 s’emploient à tirer profit de la situation. Certains tentent de resquiller, les autres s’en prennent aux proies qui se présentent (plus de 250 plaintes seront déposées). Face à ce chaos, hors de question de reconnaître un fiasco sécuritaire. Le ministre de l’Intérieur livre donc une "vérité", la sienne, avec un culot et un aplomb confondants : les seuls à incriminer dans cette affaire, ce sont les "British". Haro sur les baudets d’outre-Manche, ces pelés, ces galeux d’où serait venu tout le mal ! En fait, comme le souligne alors le spécialiste en rhétorique Charles Haloche, sur Le Figaro live, sa « communication est partiale et partielle. (Elle) n’a qu’un seul but, c’est de défendre la version du gouvernement ». On ne saurait mieux dire.

Le second exemple date du 5 juillet 2023. Alors que l’intensité des émeutes a fortement baissé, la polémique commence. Le ministre, interrogé au Sénat sur l’origine des émeutiers, lance sa fameuse réplique : « Oui, il y a des gens qui, apparemment, pourraient être issus de l’immigration (on admirera au passage la circonlocution) ; mais il y a eu beaucoup de Kévin et de Mattéo, si je peux me permettre. (…) L’explication seulement identitaire me paraît très erronée »…

Gérald Darmanin, bien que né à Valenciennes, répond parfaitement à la définition de l’homme du Midi donnée par Alphonse Daudet dans Tartarin de Tarascon : « (Il) ne ment pas. Il se trompe. il ne dit pas toujours la vérité, mais il croit la dire… Son mensonge à lui, ce n’est pas du mensonge, c’est une espèce de mirage… »

Ainsi va la macronie : une suite d’ectoplasmes interchangeables, bavards et satisfaits, qui débitent des balivernes, professent tout et son contraire, « en même temps », et s’évertuent à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, et des mirages pour la réalité. Darmanin a bien choisi son camp. Qui se ressemble s’assemble…

 

1. Ismaël Emelien, né en 1987, bascule très jeune du côté du "camp du bien" ; ce qui le conduit, à trois reprises, à faire le "bon" choix. En 2006, puis en 2011, il est membre de l’équipe qui assiste Dominique Strauss-Kahn, candidat à la primaire socialiste… En 2013 (selon les révélations faites par L’Express en 2016), il est l’un des communicants d’Havas chargés, au Venezuela, de mettre sur orbite la candidature de Nicolas Maduro, le successeur de Chavez, en qui lui et ses collègues voient un « vrai progressiste», un « Lula vénézuélien »… Enfin, à partir de 2012, il suit Emmanuel Macron et en 2019, pour protéger celui-ci, il se mouille dans l’affaire Benalla et se brûle les ailes… En août 2017, la journaliste du Monde Solenn de Royer voyait dans Emmanuel Macron, Alexis Kohler et Ismaël Emelien « le trio qui dirige la France » : bien des choses s’expliquent…

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mercredi, 25 juin 2025

L’éléphant Trump dans le magasin de porcelaine de la diplomatie

Elephant in the room

Alexis Murbas

Depuis (…) son entrée en fonction, Donald Trump enchaîne les déclarations chocs en matière de politique étrangère (…). Son objectif manifeste ? Tordre le bras des destinataires afin de les contraindre à ouvrir des négociations, à infléchir certaines de leurs positions ou de leurs pratiques, bref à céder devant ses exigences. Qu’on se le dise : le maître, c’est lui ! Comme le déclare, dans le numéro de la revue de géopolitique Conflits de mars-avril 2025, James Jay Carafano, un ancien conseiller du président américain lors de son premier mandat, « il faut voir (dans ses propos) une manière pour Trump de signaler qu’il y a littéralement un nouveau shérif en ville, ou dans l’hémisphère (occidental) ».

(…) Donald Trump, à travers ses différentes interventions, provocations, entorses à la bienséance, à la courtoisie matoise des diplomates, se donne à voir tel qu’il est : brut de décoffrage ; et tel qu’il entend agir : vite et sans prendre de gants. Durant la campagne électorale, il l’a dit et répété : « America first ! Make America great again ! » Il est américain. (…) . Sa grande affaire, ce sont les intérêts, la prospérité, la puissance des États-Unis, c’est le business qui permet le renforcement de cette dernière. Selon les formules utilisées par Jean-Baptiste Noé, le rédacteur en chef de Conflits, il est là pour régler « les problèmes de l’Amérique qui souffre », satisfaire « les besoins de l’Amérique qui innove », « marquer » son opinion publique et « laisser un héritage intellectuel et moral ». Point barre. Sa logique se situe dans la tradition du pays depuis le XIXe siècle : elle est impériale ; et son projet est impérialiste.

(…) Les Européens, placés face aux conséquences de leur inconséquence et de leur aveuglement volontaire, n’ont plus qu’à se prendre en main, si tant est qu’ils en aient la volonté et qu’ils en soient capables ! En effet, la grande préoccupation de Trump et des forces vives de son pays, c’est la Chine, c’est le Pacifique. Son Amérique souhaite conserver son leadership mais elle ne veut plus prendre en charge une bonne partie de la défense de l’Europe à la place des habitants de cette dernière ; elle veut que la sécurité du vieux continent lui coûte moins cher ; et en même temps, elle entend qu’elle lui rapporte toujours autant, voire davantage, notamment grâce aux ventes d’armes… En un mot, elle veut, encore et toujours, le beurre et l’argent du beurre !

Face à cette emprise qui n’a que trop duré, il appartient désormais à chaque peuple européen de porter aux affaires des dirigeants uniquement soucieux de défendre leur souveraineté, leur identité, leur sécurité. Il leur appartient de substituer à la boursouflure européenne actuelle, à sa bureaucratie, à son inflation normative, à son impuissance, une Europe des nations où des coopérations à géométrie variable autour de grands projets (industriels, scientifiques, militaires…) permettront d’affirmer, face au reste du monde, la volonté, le dynamisme et la force de nos vieilles patries rassemblées autour de leur civilisation commune (enfin assumée et revendiquée). En attendant, face aux gesticulations chaotiques de l’éléphant Trump, destinées à « déstabiliser un peu tout le monde », il faut, selon la formule d’Hubert Védrine, sur BFM, le 14 mars dernier, « garder son sang-froid parce que ça va rebondir toutes les trois minutes » !

Extrait d'un article paru dans le n°69 de Synthèse nationale (printemps 2025).

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