Entretiens avec Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale

Entretiens avec Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale

ENTRETIEN AVEC LE SITE BELGE "NATION" (janvier 2011) :

Roland Hélie est l’animateur de la revue française Synthèse Nationale. Il est également un des cadres dirigeants de la Nouvelle Droite Populaire. Il nous a fait l’amitié de bien vouloir répondre à quelques questions.

NATION : Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer quel est votre parcours politique ?

Roland Hélie : J’ai commencé à m’intéresser à la politique lorsque j’avais 14 ans. C’était au début des années 70, l’essentiel du débat politique dans les lycées et dans les facultés était alors monopolisé par les communistes et les gauchistes de toutes obédiences. Lorsque l’on refusait cette mainmise idéologique, c’était mon cas, on se retrouvait très vite au milieu du désert. La « droite » classique, bien qu’étant au pouvoir, était inexistante sur le terrain et rencontrer des militants de ce que l’on appelle aujourd’hui « la droite radicale » et qui était plus communément appelée alors l’« extrême droite » relevait quasiment du parcours du combattant.

Et pourtant, en 1973, j’entendis parler d’un jeune mouvement dont les idées et les méthodes me semblaient correspondre à ce que j’attendais, il s’agissait d’Ordre nouveau. Je me souviens du 21 juin de cette année-là, Ordre nouveau organisait son meeting « fatal » à la Mutualité et le Quartier Latin était à feu et à sang. J’avais 15 ans et j’ai passé la soirée l’oreille rivée sur mon transistor pour écouter le déroulement des affrontements qui durèrent jusqu’à tard dans la nuit. Le lendemain matin, ma décision était prise, j’écrivais au siège du mouvement, rue des Lombards, pour adhérer. Mais mon enthousiasme fut très vite contenu car, une semaine plus tard, Ordre nouveau était dissout par le pouvoir. Première désillusion…

Néanmoins, au début du mois de septembre, je fus contacté par un garçon, étudiant à Poitiers, qui voulait créer une section du Front national à Niort, la ville où j’habitais alors. Il m’envoya un bulletin d’adhésion et le programme « Défendre les Français ». Certes, ce n’était pas Ordre nouveau, mais le Front avait été créé par les responsables d’ON, donc cela ne pouvait pas être mal. Mais, lorsque je revis mon camarade étudiant poitevin, quelques semaines plus tard, celui-ci m’annonça que l’ensemble (somme toute assez réduit) des militants du Front national de la région avait décidé de rejoindre les Comités Faire Front, structure provisoire qui rassemblait les cadres et les militants issus d’ON à la suite d’un désaccord survenu avec Jean-Marie Le Pen. Première scission…

En à peine six mois de militantisme, j’avais déjà connu du haut de mes seize ans les deux principales maladies de l’extrême droite française, la déceptionnite et la scissionnite. Pas mal pour un début. Normalement, j’aurais dû renoncer à persister dans cette voie et me consacrer à des activités plus conformistes, mais il n’en fut rien. Quelques mois plus tard, les Comités Faire Front donnèrent naissance au Parti des forces nouvelles, parti pour lequel j’allais consacrer l’essentiel de mon temps libre au cours des dix années qui suivirent.

Lorsque j’ai commencé à militer, ma motivation principale était bien sûr l’anticommunisme. L’attitude des profs engagés à gauche et celle des élèves qui, souvent par souci de se faire bien voir, en faisaient autant suffisaient pour me motiver. Néanmoins, très vite, grâce en particulier à la lecture de revues comme Défense de l’Occident, Rivarol ou La Pensée nationale, cet anticommunisme somme toute « réactionnaire » se transformait en nationalisme « révolutionnaire ».

A la fin des années 70, je m’installais à Paris pour continuer mes études. La Droite nationale traversait alors une sorte de désert politique. Il fallait faire exister notre parti et par conséquent nos idées ; faire en sorte que la flamme nationale, cette magnifique flamme allumée par nos maîtres à penser et par nos grands ancêtres, ne s’éteigne surtout pas. Dans la France giscardienne aseptisée de la fin des années 70, ce n’était vraiment pas évident…

En 1981, après l’arrivée de la gauche au pouvoir, la plupart des dirigeants nationaux du PFN étaient persuadés que notre famille d’idées était définitivement condamnée à disparaître et qu’il était temps de se reconvertir dans la droite conservatrice. Nous étions quelques-uns, avec Jack Marchal et Roger Girard, à penser le contraire, voilà pourquoi nous avions décidé de continuer le combat. Nous étions jeunes, clairvoyants et remplis d’espérance mais sans aucune expérience de la politique politicienne et sans aucun moyen financier. Pendant trois ans, notre préoccupation majeure fut de combler ces lacunes en tentant de faire régulièrement « la une » de la presse grâce à un activisme débordant et plus ou moins réfléchi qui, en réalité, nous conduisit dans une impasse (isolement politique, arrestations et emprisonnements arbitraires de militants, destruction de nos locaux par un attentat jamais élucidé…).

Lorsqu’en 1984 nous assistâmes à la percée historique du Front national, « l’organisation rivale du PFN » pour reprendre le qualificatif que lui donnait la presse à l’époque, la raison voulut que nous décidâmes d’auto dissoudre notre parti afin de rejoindre le Front. D’ailleurs, dès 1983, des pourparlers avaient déjà été engagés avec Jean-Pierre Stirbois, alors Secrétaire général du FN, à cette fin.

Durant les 5 années qui suivirent, je militais donc au Front national.

En 1989, après la disparition tragique de Jean-Pierre, j’ai quitté le FN pour participer à une expérience qui me semblait intéressante, les Comités Espace Nouveau, structures authentiquement nationalistes révolutionnaires qui devaient se transformer au printemps 1992 en Alliance populaire puis en Parti national républicain. Mais cette expérience s’avéra être un échec et, en 1999, je me retirais de l’action politique.

NATION : Pouvez-vous nous expliquer le pourquoi et le comment de Synthèse Nationale ?

RH : Le virus ne nous quitte jamais aussi facilement. Ayant gardé tous mes contacts au sein de la famille nationaliste, en 2006 je décidais de me relancer dans l’aventure. Comme je vous l’indiquais au début de cette présentation, Défense de l’Occident, la revue de Maurice Bardèche, avait contribué à ma formation politique, ainsi qu’à celle d’un grand nombre de mes camarades. Or, en 2006, ce type de revue n’existait plus. D’où notre idée, avec quelques amis parmi lesquels Robert Spieler, de créer la revue nationale et identitaire Synthèse nationale. Nous venons de sortir le n°21 et de fêter son 4ème anniversaire, le 11 novembre dernier à Paris lors de notre 4ème journée nationale et identitaire, en présence d’un millier de personnes. Synthèse nationale est devenue une revue de référence dans le paysage médiatique national français.

Au-delà de ce positionnement, Synthèse nationale, dès sa création avait une autre ambition, et non la moindre. Celle d’introduire au sein de notre famille, tant divisée et morcelée, un nouvel état d’esprit. Jusque là, les différents mouvements se regardaient en « en chiens de faïence », chacun était persuadé que les autres étaient des ennemis. Lors de la première journée nationale identitaire, en octobre 2007, nous avons réussit à réunir pratiquement toute la famille à la même tribune : de l’œuvre française au Bloc identitaire (qui faisait moins la fine bouche à cette époque), du MNR à certains élus du FN, de Terre et peuple aux milieux catholiques traditionalistes comme Monde et vie, de Minute à Rivarol en passant par des journalistes de Présent etc… Bref, du jamais vu depuis des décennies. Ce n’était pas évident au départ et finalement, tout s’est bien passé. Je dois dire que je suis assez heureux de cette réussite puisque, depuis, nous avons pu plus ou moins la renouveler chaque année. Le processus d’entente des forces nationales est amorcé et je pense que Synthèse nationale y est pour quelque chose.

NATION : Vous êtes également une cheville ouvrière de la « Nouvelle Droite Populaire », quelle est l’origine de ce mouvement et quels sont ses objectifs ?

RH : La Nouvelle Droite Populaire, dont le Délégué général est justement l’ancien député alsacien Robert Spieler, qui fut aussi à l’origine de Synthèse nationale, a été créée en mai 2008. Juste après les élections municipales qui avaient vu la chute du Front national (une quarantaine de listes et des résultats très inférieurs à ceux de 2001). Le constat était simple : 90% des militants de la cause nationale et identitaire étaient dans la nature. Ils ne se reconnaissent plus dans la formation, le FN, qui était sensée les rassembler. Si l’on fait abstraction de ces derniers mois au cours desquels le Front s’est refait artificiellement une santé en vue du congrès qui « décidera » de la succession de Jean-Marie Le Pen, cette situation n’a fait qu’empirer (je vous rappelle qu’en 2009, Carl Lang et un grand nombre de cadres historiques du FN ont quitté ce mouvement pour créer le Parti de la France).

Notre projet est donc, si l’on ne veut pas que le mouvement national disparaisse, de créer les structures nécessaires pour remobiliser ses troupes.

La NDP est, dans cette perspective, une organisation militante originale qui se définit comme nationaliste, régionaliste, identitaire et européenne. Un peu ce qu’était le PFN en son temps. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas un hasard si une grande partie des membres de sa direction nationale a appartenu au PFN.

Pragmatique, dans l’esprit de Synthèse nationale, la NDP a dès sa création entrepris un travail dans la perspective d’une refondation future de la famille nationale. Elle a ainsi œuvré en faveur du regroupement en vue des élections européennes de juin 2009 et des régionales de mars 2010 des principales formations de la droite nationale et identitaire. C’est ainsi que des listes communes avec le Mouvement national républicain et le Parti de la France se sont constituées. Ainsi, aux régionales de mars 2010, en Lorraine, une liste intitulée « Non aux minarets » regroupant le MNR, le PdF et la NDP a fait plus de 3% des suffrages. Une autre liste similaire a totalisé 2,7% en Franche-Comté.

Elle veille aussi à occuper le terrain. Le 9 mai dernier elle a activement participé à la grande manifestation contre le mondialisme qui a rassemblé plus d’un millier de militants nationalistes dans les rues de Paris. Une délégation de NATION nous avait d’ailleurs fait l’amitié de se joindre à nous ce jour là.

NATION : Pour vous, la mouvance nationaliste/identitaire française est-elle désunie pour encore longtemps ?

RH : Vous savez, si le Front national est repris par Marne Le Pen, celui-ci fera tout pour devenir un mouvement respectable. Il se transformera petit à petit en une sorte de CNI (le parti de droite de conviction des années 50, qui rassemblait alors une centaine de députés, dont Jean-Marie Le Pen et aussi Valéry Giscard d’Estaing, et qui s’est rallié aux gaullistes du RPR dans les années 70. le CNI a quasiment disparu aujourd’hui). Peut on considérer qu’un tel Front fera encore partie de ce que vous appelez la mouvance nationaliste/identitaire ? Personnellement, j’en doute.

Quant au Bloc identitaire, celui-ci clame à qui veut l’entendre, depuis son dernier congrès, qu’il n’a plus rien à voir avec « l’extrême droite nationaliste », allant jusqu’à qualifier les idées du FN « d’antisémites » ce qui est quand même un tantinet exagéré. Enfin, si le BI pense que sa respectabilité passe par ce type de reniements, c’est son problème. Dont acte et bon vent.

On parle souvent des divisions endémiques qui fragilisent notre famille politique. Il serait un jour intéressant de s’interroger sur les causes, qui sont toujours les mêmes, de ces divisions plutôt que de se lamenter sur elles.

En fait, la seule force crédible capable aujourd’hui d’incarner nos idées est donc l’entente MNR-PdF-NDP. Elle a annoncé, en juillet dernier la constitution d’un rassemblement de la Résistance nationale pour les prochaines élections (législatives et présidentielle) prévues au printemps 2012. Pour notre part, à Synthèse nationale et à la NDP, nous ferons tout ce que nous pourrons pour que ce rassemblement soit le plus performent possible. Il en va de l’avenir de la France.

NATION : Quels sont les objectifs et les espoirs de Synthèse Nationale et de la NDP pour 2011 ?

RH : Continuer et intensifier le travail entrepris. Multiplier les réunions, les campagnes et les actions afin de montrer que la France française et l’Europe européenne n’ont pas dit leur dernier mot. A ce sujet, je donne rendez-vous aux camarades de NATION le dimanche 8 mai prochain à Paris où nous organisons une grande démonstration de force. Nous en reparlerons si vous le voulez bien.

NATION : Quelle est votre conception de l’Europe et de la collaboration entre mouvements européens ?

RH : Je pense que l’Europe est une complémentarité de la nation. Celles-ci ont un passé commun, elles ont un destin commun. Mais l’Europe bruxelloise que nous ont imposée les politiciens mondialistes depuis une cinquantaine d’années est un obstacle à la création de cette Europe que nous souhaitons. Voilà d’ailleurs pourquoi nous menons en France, depuis le mois de septembre, une campagne militante en faveur de la sécession. Nous pensons que l’entente des peuples d’Europe est une nécessité absolue face aux dangers communs qui nous menacent. En particulier face à l’immigration afro-maghrébine et son corolaire qui est l’islamisation rampante de notre continent et aussi, et surtout, contre ceux qui, par haine de notre identité, ont engendré cet état de fait. Pour retrouver sa puissance face aux défis qui sont ceux du XXIème siècle, nous pensons qu’un axe Paris-Berlin-Moscou sera la colonne vertébrale de l’Europe que nous souhaitons. Il y a encore beaucoup de travail et le temps presse car, de jour en jour, l’Europe est de moins en moins européenne et la France de moins en moins française.

Dans cet esprit, depuis des années, nous avons veillé à entretenir des relations franches et cordiales avec les forces nationales et identitaires des différents pays européens. Bien sûr, chacun a sa spécificité et il peut arriver que nous soyons en désaccord sur telle ou telle initiative prise par l’un ou plusieurs de ces mouvements. Néanmoins, ce qui nous rassemble doit être plus fort que ce qui nous divise. Je crois que les liens personnels entre les différentes personnalités qui luttent en Europe pour la même cause sont primordiaux. Je suis donc très content que des liens se soient créés ces derniers temps entre la NDP et le mouvement Nation. N’oublions jamais que nous avons le même destin. Celui-ci peut être tragique comme il peut être radieux. A nous tous de faire en sorte que soit la seconde possibilité qui l’emporte.

NATION : Un département français en plus, du nom de Wallonie, vous le sentez bien ?

RH : C’est aux Wallons de décider.

NATION : Un mot pour terminer ?

RH : Je remercie NATION de m’avoir invité à exposer ma conception des choses. Depuis des années nous nous croisons, nous avons de nombreux amis communs, nous nous battons pour la même cause, et nous ne nous connaissions pas vraiment. J’espère, et je suis sûr, que maintenant nous nous battrons ensemble.

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UN ENTRETIEN AVEC E-DEO :

2 novembre 2009

Le site d'information catholique E-deo a publié, lundi dernier (2 novembre 2009 - NDLR), un entretien avec Roland Hélie :

E-DEO : Votre constat sur ces 2 ans et demi de Sarkozysme...

Sarkozy avait compris, en 2007, qu’une campagne présidentielle, pour un candidat comme lui, ne pouvait se gagner qu’« à droite ». D’où les multiples contorsions auxquelles il s’est livré pour essayer de conquérir l’électorat national. Celui-ci, consterné par certaines prises de positions de Jean-Marie Le Pen (Valmy, Clémenceau, la dalle d’Argenteuil, des affiches incompréhensibles et une « dédiabolisation » anachronique…), s’est, en partie, facilement laissé séduire. Ceux qui se sont fait avoir ont certainement pensé qu’il valait mieux voter pour un Sarkozy qui réaliserait qu’une partie de leurs espérances plutôt que pour un Le Pen décrédibilisé qui n’a plus beaucoup influence sur la politique française.

C’était bien mal connaître les politiciens du Système. A propos des méfaits de l’immigration par exemple, Sarkozy avait promis « le karcher », et finalement il leur a donné des ministères à des personnes issues de l’immigration…

Depuis, nous allons de Carybde en Scylla. Regardez simplement ce qui s’est passé depuis un mois : l’affaire Frédéric Mitterrand, l’affaire de son fils Jean, l’affaire de la douche… nous sommes tombés bien bas. Pendant que tout cela défraie la chronique, le peuple, lui, continue à trinquer.

Pour faire simple, je pense que nous n’avons rien à attendre d’un président issu du Système. Que le pouvoir soit social-démocrate ou qu’il soit libéral, cela ne change rien. Il faut aujourd’hui procéder à une rupture totale. Nous travaillons dans ce sens.

E-DEO : Quel est l'objectif de cette 3ème journée (*) de Synthèse nationale ?

La revue et le blog d’information quotidien Synthèse nationale ont été créés il y a trois ans. Notre objectif est, à notre modeste niveau, d’introduire au sein de notre famille politique un nouvel état d’esprit reposant sur le respect mutuel de chacune de ses composantes. Le camp national comprend de nombreuses sensibilités qui souvent se sont affrontées. Mais toutes ont la volonté de défendre nos identités, que celles-ci soient régionales, française ou européenne. Leur existence étant plus que jamais menacée.

En ouvrant ses pages à un grand nombre de personnalités représentatives, une soixantaine à ce jour, ou en les invitant à ses réunions, Synthèse nationale a réussi à prouver que tous pouvaient se retrouver sur l’essentiel. L’heure n’étant plus aux tergiversations stériles sur tel ou tel point du programme ou de la doctrine des uns ou des autres mais à l’unité d’action. Nous sommes devant la nécessité vitale d’engager la reconquête de notre continent. Pour cela toutes les énergies doivent se rassembler.

Et, finalement, je pense que les évolutions récentes que l’on peut observer au sein de notre famille prouvent que nous n’avons pas perdu notre temps. L’entente réalisée lors des élections européennes de juin dernier entre le Parti de la France (PdF), le MNR et la Nouvelle Droite Populaire (NDP) ; le ralliement de Pierre Vial à la NDP ou celui de cadres villiéristes, ou venant du mouvement de madame Boutin, au PdF démontre que les choses bougent (Emmanuel Delhoume, NDLR).

La présence, mercredi 11 novembre à Paris, à notre 3ème journée nationale et identitaire, dont le thème est « Rassembler et résister », de responsables politiques, tels Carl Lang, Robert Spieler, Annick Martin, Pierre Vial, Jean-Claude Rolinat, Pierre Descaves… d’écrivains, d’éditeurs et de responsables associatifs, tels Francis Bergeron, Franck Abed, Frédéric Pichon, Philippe Randa, Anne Kling, René Gandillon, Jean-Gilles Malliarakis, et bien d’autres… d’invités européens comme Hilde Delobel, représentante du Vlaams belang, Alberto Torresano, figure de la Phalange espagnole et rédacteur de la revue Identidad, Gabriel Adinolfi, inspirateur de la droite radicale italienne, des amis catalans, portugais, allemands de Pro Köln… l’ensemble des collaborateurs de la revue, Arnaud Raffard de Brienne, Patrick Parment, Marc Rousset, Patrick Gofman, Lionel Baland, Pieter Kerstens, Nicolas Tandler, Vincent Valois, François Ferrier… prouve, s’il en était encore besoin, que cette volonté d’entente existe bien.

Les lecteurs d'e-deo qui souhaitent en savoir plus sur notre démarche sont bien entendu les bienvenus.

E-DEO : Croyez-vous sincèrement que ces tendances parfois très différentes de la droite nationale puissent travailler ensemble ?

Elles n’ont plus le choix. L’arrivée massive sur notre sol européen de populations venues d’ailleurs transforme la nature de notre continent. Si rien n’est fait, dans quelques décennies nous n’existerons plus. Or, jusqu’à maintenant, seule la droite nationale, dans son ensemble, a été clairvoyante sur ce sujet.

Pour le moment les populations allogènes représentent environs 20 % de la population de l’Europe. Les Européens de souches sont donc encore 80 %. Qu’en sera-t-il dans 30, 40 ou 50 ans ? Si on veut réagir, c’est tout de suite et c’est maintenant. Le jour où l’Islam sera majoritaire, la messe en latin ou de la célébration des solstices ne seront plus vraiment d’actualité. Il faut en être conscient. C’est, je crois, ce que des gens aussi différents que Pierre Vial, de Terre et Peuple, ou Franck Abed, du mouvement catholique Génération FA8, pour ne citer qu’eux, ont compris.

Je précise que je dis cela sans aucun mépris pour quiconque. Chacun a sa place sur notre terre. Mais l’Afrique est le continent des Africains et l’Europe celui des Européens. Ceux-qui, au nom de leurs profits ou de leur idéologie, veulent imposer la société pluriethnique portent toute la responsabilité des drames qu’engendre l’immigration. Ce sont eux que nous combattons…

E-DEO : Quelle actualité pour votre publication ? Comment se porte-t-elle ?

Si l’on en juge par le nombre croissant de nos abonnés, et surtout au taux de réabonnement de ceux-ci, je pense que Synthèse nationale a trouvé toute sa place.

Lorsque nous avons créé Synthèse nationale, nous nous sommes inspirés d’une revue qui, dans les années 50, 60 et 70, avait un large écho à droite de la droite. Il s’agissait de Défense de l’Occident dirigée par Maurice Bardèche. Nous n’avons certes pas la vanité de nous comparer à cette revue qui était ouverte à toutes les tendances de la droite de conviction de cette époque, mais notre objectif est d’essayer d’y ressembler un peu.

Nous publions aussi régulièrement des numéros hors série. Ce sera le cas à l’occasion de la réunion du 11 novembre. Un numéro de 150 pages, intitulé « Les pantins du Système » regroupera une trentaine de portraits de chiens de garde (politiciens, affairistes, journalistes…) de la « pensée unique ».

E-DEO : Votre jugement sur l'évolution du Front national ? En 2010, souhaitez-vous que l'emporte Marine Le Pen ou Bruno Gollnisch pour succéder à Jean-Marie Le Pen ? Dans le cas de la victoire du second, la fusion de la NDP avec le FN est-elle envisageable ?

Vous savez, personnellement j’ai quitté le Front national en 1988 après la disparition de Jean-Pierre Stirbois. Je me garderais donc bien de porter un jugement sur les prétendants à la succession de Jean-Marie Le Pen. Il est vrai que l’on ne succède pas à une personnalité comme Le Pen comme on succède à un Méhaignerie, à un Robert Hue ou à un François Hollande.

Je pense que le Front a joué un rôle important et que, malheureusement, il ne répond plus à l’attente des Français. Nous parlions tout à l’heure des électeurs nationaux qui se sont laissés abuser par Sarkozy. Il est symptomatique de constater que ceux-ci ne reviennent pas au Front après s’être rendu compte qu’ils se sont fait avoir. Ils préfèrent se réfugier dans l’abstention ou, pour certains d’entre eux, voter pour d’autres formations, telles les écologistes ou l’extrême gauche, qui ne sont que des forces supplétives du Système. Les mouvements, comme les humains, naissent, vivent et meurent. L’avenir du Front, dans sa forme actuelle et quel qu’en soit le futur meneur, est derrière lui.

Mais, si les mouvements disparaissent, les idées demeurent. Voilà pourquoi j’ai adhéré à la Nouvelle Droite Populaire. Ce mouvement, dirigé par Robert Spieler, participe activement à la recomposition de notre famille. Sa démarche est complémentaire à celle de Synthèse nationale.

Toutefois, pour répondre à votre question, Bruno Gollnisch, qui nous avait fait l’amitié il y a deux ans de contribuer, sous la forme d’un entretien, à notre revue, sera toujours un interlocuteur respectable à nos yeux.

E-DEO : Que diriez-vous à tous ces jeunes patriotes "dans la nature" (plus encartés nulle part) car déçus par les structures existantes et leur évolution ?

Battez-vous pour vos idées, battez-vous pour votre peau. Formez-vous et agissez. Il ne reste plus beaucoup de temps devant nous. Quel que soit la forme de combat - à condition bien sûr que celle-ci reste légale -, quel que soit le mouvement ou quel que soit la sensibilité idéologique que vous choisissez au sein de notre famille politique, cela n’a pas vraiment d’importance pour moi. Ce qui compte c’est l’engagement pour vos idées, l’engagement pour notre France, l’engagement pour notre civilisation européenne.

Ne vous laissez pas abuser par la facilité du renoncement. La France de demain a besoin de vous, elle sera ce que nous en ferons tous ensemble.

(*) 3ème Journée nationale et identitaire de Synthèse nationale, mercredi 11 novembre, de 11 h 00 à 18 h 30, Forum de Grenelle, 5, rue de la Croix-Nivert 75015 Paris – métro Cambronne. Entrée : 10 €. Nombreux stands de mouvements, revues, associations, librairies… Restauration rapide sur place. A 18 h 00 apéritif géant offert aux participants.

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ENTRETIEN AVEC GENERATION FA8

12 décembre 2008

Entretien avec Roland HELIE, directeur de Synthèse nationale et membre du Bureau national de la Nouvelle Droite Populaire, publié par le site GENERATION FA8 le 12 décembre 2008 :

Nous recevons cette semaine Roland HELIE, membre de la direction de la Nouvelle Droite Populaire et directeur de la revue Synthèse Nationale. Nous informons par ailleurs que sous l’égide de Roland HELIE a eu lieu la deuxième journée nationale identitaire avec pour thème : En finir avec le Nouvel ordre mondial, pour la renaissance européenne. Pour avoir des informations sur cette journée qui s’est tenue le 23 novembre 2008 à Paris, nous vous invitons à consulter ce site : http://synthesenationale.hautetfort.com/. Le site de la NDP est consultable à l’adresse suivante : http://ndp-infos.over-blog.com/ .

Nous le remercions d’avoir répondu à nos questions.

GENERATION FA8 : Bonjour. Tout d’abord, serait-il possible que vous vous présentiez à nos lecteurs ne vous connaissant pas encore ? De même, pourriez-vous nous décrire rapidement votre parcours politique ?

J’ai commencé à m’intéresser à la politique lorsque j’avais 14 ans. C’était au début des années 70, l’essentiel du débat politique dans les lycées et dans les facs était alors monopolisé par les communistes et les gauchistes de toutes obédiences. Lorsque l’on refusait cette main-mise idéologique, c’était mon cas, on se retrouvait très vite au milieu du désert. La « droite » classique, bien qu’étant au pouvoir, était inexistante sur le terrain et rencontrer des militants de ce que l’on appelle aujourd’hui « la droite radicale » et qui était plus communément appelée alors l’« extrême droite » relevait quasiment du parcours du combattant. De plus, habitant dans une ville moyenne de province, Niort en l’occurrence, inutile de vous dire que cela ne simplifiait rien.

Et pourtant, en 1973, j’entendis parler d’un jeune mouvement dont les idées et les méthodes me semblaient correspondre à ce que j’attendais, il s’agissait d’Ordre nouveau. Je me souviens du 21 juin de cette année-là, Ordre nouveau organisait son meeting « fatal » à la Mutualité et le Quartier Latin était à feu et à sang. J’avais 15 ans et j’ai passé la soirée l’oreille rivée sur mon transistor pour écouter le déroulement des affrontements qui durèrent jusqu’à tard dans la nuit. Le lendemain matin, ma décision était prise, j’écrivais au siège du mouvement, rue des Lombards, pour adhérer. Mais mon enthousiasme fut très vite contenu car, une semaine plus tard, Ordre nouveau était dissout par le pouvoir. Première désillusion…

Néanmoins, au début du mois de septembre, je fus contacté par un garçon, étudiant à Poitiers, qui voulait créer une section du Front national dans les Deux-Sèvres. Il m’envoya un bulletin d’adhésion et le programme « Défendre les Français » que j’allais photocopier en douce au bureau de mon père. Certes, ce n’était pas Ordre nouveau, mais le Front avait été créé par les responsables d’ON, donc cela ne pouvait pas être mal. Mais, lorsque je revis mon camarade étudiant poitevin, quelques semaines plus tard, celui-ci m’annonça que l’ensemble (somme toute assez réduit) des militants du Front national de la région avait décidé de rejoindre les Comités Faire Front, structure provisoire qui rassemblait les cadres et les militants issus d’ON à la suite d’un désaccord survenu avec Jean-Marie Le Pen. Cela me comblait d’aise, car je pensais qu’Ordre nouveau allait se reconstituer. Première scission…

En à peine six mois de militantisme, j’avais déjà connu du haut de mes seize ans les deux principales maladies de l’extrême droite française, la déceptionnite et la scissionnite. Pas mal pour un début. Normalement, j’aurais dû renoncer à persister dans cette voie et me consacrer à des activités plus conformistes, mais il n’en fut rien. Quelques mois plus tard, les Comités Faire Front donnèrent naissance au Parti des forces nouvelles, parti pour lequel j’allais consacrer l’essentiel de mon temps libre au cours des dix années qui suivirent.

Lorsque j’ai commencé à militer, ma motivation principale était bien sûr l’anti-communisme. L’attitude des profs engagés à gauche et celle des élèves qui, souvent par faillotage, en faisaient autant suffisait pour me motiver. Néanmoins, très vite, grâce en particulier à la lecture de revues comme Défense de l’Occident, Rivarol ou La Pensée nationale, cet anti-communisme « réactionnaire » se transformait en nationalisme « révolutionnaire ». En quelques mois, j’avais monté à Niort une section du PFN qui réunissait parfois plus de quarante personnes lors de ses réunions. Nous avions ouvert un local en plein centre-ville et, aux élections cantonales de 1979, la candidate du PFN dépassa la barre des 5%. Ce qui était une performance à cette époque. Entre temps, en 1978, je vins m’installer à Paris pour continuer mes études.

Ma motivation principale était simple. Il fallait faire exister notre parti et par conséquent nos idées ; faire en sorte que la flamme nationale, cette magnifique flamme allumée par nos maîtres à penser et par nos grands ancêtres, ne s’éteigne surtout pas. Dans la France giscardienne aseptisée de la fin des années 70, ce n’était vraiment pas évident…

En 1981, après l’arrivée de la gauche au pouvoir, la plupart des dirigeants nationaux du PFN étaient persuadés que notre famille d’idées était définitivement condamnée à disparaître et qu’il était temps de se reconvertir dans la droite conservatrice. Nous étions quelques-uns, avec Jack Marchal et Roger Girard, à penser le contraire, voilà pourquoi nous avions décidé de continuer le combat. Nous étions jeunes, clairvoyants et remplis d’espérance mais sans aucune expérience de la politique politicienne et sans aucun moyen financier. Pendant trois ans, notre préoccupation majeure fut de combler ces lacunes en tentant de faire régulièrement « la une » de la presse grâce à un activisme débordant et plus ou moins réfléchi qui, en réalité, nous conduisit dans une impasse (isolement politique, arrestations et emprisonnements arbitraires de militants, destruction de nos locaux par un attentat jamais élucidé…).

Lorsqu’en 1984 nous assistâmes à la percée historique du Front national, « l’organisation rivale du PFN » pour reprendre le qualificatif que lui donnait la presse à l’époque, la raison voulut que nous décidâmes d’auto dissoudre notre parti afin de rejoindre le Front. D’ailleurs, dès 1983, des pourparlers avaient déjà été engagés avec Jean-Pierre Stirbois, alors Secrétaire général du FN, à cette fin.

Durant les 5 années qui suivirent, je militai, aux côtés de Jean-Pierre, au Front national. C’est à cette époque que j’ai eu la chance de travailler pour Maître Georges-Paul Wagner, alors député FN des Yvelines.

En 1989, après la disparition tragique de Jean-Pierre, je quittai le FN pour participer à une expérience qui me semblait intéressante, les Comité Espace Nouveau, structure authentiquement nationaliste révolutionnaire qui devait se transformer en 1992 en Alliance populaire puis en Parti national républicain. Mais cette expérience s’avéra être un échec et, en 1999, je me retirais de l’action politique.

Mais le virus ne nous quitte jamais aussi facilement. Ayant gardé tous mes contacts au sein de la famille nationale, en 2006 je décidais de me relancer dans l’aventure. Comme je vous l’indiquais au début de cette présentation, Défense de l’Occident, la revue de Maurice Bardèche, avait contribué à ma formation politique, ainsi qu’à celle d’un grand nombre de mes camarades. Or, en 2006, ce type de revue n’existait plus. D’où notre idée, avec quelques amis parmi lesquels Robert Spieler, de créer la revue nationale et identitaire Synthèse nationale. Nous venons de sortir le n°11 et de fêter son 2ème anniversaire. Synthèse nationale a trouvé sa place dans le paysage médiatique national.

GENERATION FA8 : Quel(s) bilan(s) tirez-vous de la deuxième journée nationale et identitaire ?

Lorsque nous avons lancé la revue, nous avons décidé de susciter autour d’elle un certain nombre d’événements. Ainsi, nous avons lancé les « Journées nationales et identitaires ». La 2ème journée s’est déroulée à Paris le 23 novembre dernier. Près de 400 personnes, malgré la neige, la grève à la SNCF et surtout malgré la crise de confiance qui traverse actuellement notre famille politique sont passées au cours de cette belle réunion. Il s’agissait pour nous d’introduire dans le débat européen, à quelques mois des élections européennes, le concept de « l’Europe de la puissance ». Cette notion, en rupture totale avec la conception bruxelloise de l’Europe, est, à nos yeux, la seule capable de redonner à nos peuples qui constituent la civilisation européenne leur fierté, leur grandeur, leur identité et leur liberté.

Les différents orateurs (1) qui se sont succédés à la tribune ont, chacun avec leur spécificité, abordé ce concept. Nous publierons dans la prochaine livraison de Synthèse nationale leurs interventions. Le fait que des personnalités européennes de premier plan, telles Filip Dewinter, député d’Anvers et porte-parole du Vlaams belang, ou Utta Schremps, responsable de Pro Deutschland, aient participé à cette réunion est pour nous un véritable encouragement. Leur présence confirme ainsi la dimension européenne de Synthèse nationale. Il faut dire que Robert Spieler, de par ses nombreux contacts à travers l’Europe, contribue beaucoup à cette réussite.

GENERATION FA8 : Seriez-vous prêt à participer à un « Grenelle du nationalisme » ? Ce dernier pourrait regrouper toutes les organisations nationales, nationalistes et patriotes afin de refonder le combat nationaliste du 21ème siècle, car à notre sens tout est à reconstruire au vu de la décomposition du milieu national. Cette idée vous paraît-elle judicieuse ou totalement inutile ?

Le rassemblement des forces nationales, nationalistes, identitaires et patriotes est bien entendu indispensable. Je ne vais pas vous faire un long discours sur les dangers qui menacent l’Europe et la France. Les lecteurs de Génération FA8 les connaissent. Mais, face à ces dangers, si nous voulons sauver notre civilisation, nous n’avons plus le droit à l’erreur. Eparpillées, les forces nationales vont droit dans le mur. Rassemblées, avec le respect de leurs différences, elles peuvent encore inverser le sens de l’histoire.

Je pense que l’heure viendra vite où nous devrons procéder au réveil général des forces vives du mouvement national. Bientôt, le vent soufflera à nouveau dans les voiles et nous devrons être prêts. Nous devrons redresser nos bannières, que celles-ci soient frappées de la croix celtique ou du trident, du marteau de Thor ou du Sacré-Cœur, de la flamme tricolore ou de la feuille de chêne, peu importe, nous devrons nous retrouver tous pour le grand combat salvateur qui commencera. Mais faut-il encore que, ce jour-là, les voiles ne soient pas déchirées.

Vous le savez peut-être, l’an passé, lors de la 1ère journée nationale et identitaire, le 27 octobre 2007, qui était consacrée à la défense de notre identité, nous avions rassemblé sur le même plateau 21 personnalités (2) de notre famille de pensée. Lorsque l’on connaît les litiges et les a priori qui existent entre les uns et les autres, on sait que la tâche n’a pas été aisée. Et, pourtant, tout s’est très bien passé. Je crois que cette journée a été l’amorce d’un véritable tournant dans l’Histoire du Mouvement national. Le but avoué de cette initiative était d’introduire un nouvel état d’esprit au sein de la droite de conviction. C’est aussi dans cette perspective qu’a été créée, au printemps dernier, la Nouvelle Droite Populaire.

Alors, pour ce qui est d’un « Grenelle du nationalisme », nous sommes prêts.

GENERATION FA8 : Robert SPIELER a déclaré suite aux événements honteux de France-Tunisie (hymne national sifflé) ce qui suit : « Pour ma part, je ne chante jamais ce symbole d'une Révolution massacreuse des peuples et de la tradition. Mais la Marseillaise est aussi le chant que nos soldats entonnaient avant de partir à l'assaut et de mourir pour l'image qu'ils se faisaient de leur Patrie. Respect. » Nous lui donnons raison sur les deux points évoqués, cependant quel hymne faudrait-il alors chanter ? D’ailleurs, avons-nous besoin d’un hymne national ?

Je vous avoue que je n’ai pas encore de réponse ferme et définitive à vous donner à la première partie de votre question. Néanmoins, comme le drapeau et la devise, l’hymne national est une forme de rattachement à son identité. Il est donc nécessaire d’en avoir un.

GENERATION FA8 : L’élection présidentielle reste le moment clé de la vie politique française. A ce sujet, présenterez-vous un candidat sous vos couleurs en 2012 ou en cas d’élection anticipée, ce que nous n’écartons pas vu la tournure catastrophique des événements suite à la présidence de Nicolas SARKOZY ?

Il est peut-être un peu tôt pour savoir ce que nous ferons lors de la prochaine élection présidentielle. Nous n’ignorons pas non plus les difficultés qui entourent, en particulier, la recherche des fameuses 500 signatures. D’ici là, beaucoup de choses peuvent se passer. Et ceux, ou celle, qui se déclarent trop tôt candidats risquent d’en être pour leur frais. De plus, les Européennes du mois de juin prochain seront une étape primordiale et elles permettront sans doute d’éclaircir le paysage au sein de notre camp.

Mais, d’une manière générale, je ne crois pas que les élections, quelles qu’elles soient, doivent être la préoccupation majeure de ceux qui veulent reconstituer le mouvement national. Il faut d’abord procéder à un véritable travail d’implantation en profondeur. C’est cette implantation en profondeur qui a fait défaut au FN. Il en paye aujourd’hui les conséquences.

GENERATION FA8 : Nous considérons que la monarchie est le meilleur système pour notre pays. Partagez-vous cette idée ? Sinon, quelle serait selon vous l’organisation politique la mieux adaptée à la France ?

L’avantage et l’inconvénient de la monarchie, au risque de vous choquer, c’est le monarque. L’avantage, c’est que le principe monarchique garantit la stabilité du pouvoir. Il est aussi un repère pour le peuple qui en manque cruellement. L’inconvénient, c’est qu’on ne sait pas sur qui on tombe. Ce ne sont pas les monarques libéraux et mondialistes qui ont manqué dans l’Histoire de l’Europe. Mais aucune porte n’est fermée.

Pour ma part, je suis plutôt partisan d’un Etat autoritaire, corporatiste, hiérarchisé, décentralisé, donc respectueux des particularités locales, et résolument tourné vers l’Europe.

Nous sommes pour une France française dans une Europe européenne.

GENERATION FA8 : Certains militants politiques se qualifient de nationalistes, d’autres d’identitaires. Quelles sont selon vous les différences profondes entre les deux appellations ? De même, vous dirigez la revue Synthèse Nationale, vous en êtes effectivement le directeur. Synthèse Nationale se définit comme la revue nationale et identitaire. Pourriez-vous nous apporter une clarification sur cette appellation ?

Il y a deux attachements, celui à la nation et celui à la civilisation. L’un n’est pas contradictoire de l’autre. Vous savez, depuis 35 ans que je milite au sein de notre famille, j’ai vu passer de nombreux courants d’idées et de nombreuses approches des choses. Je pense que ce qui est le plus important, c’est ce qui nous rassemble. Je vous parlais tout à l’heure de la scissionnite et de la déceptionnite, les deux maladies infantiles de la droite nationale. Si, au moment où les choses doivent redémarrer, on ne se protège pas de ces deux maladies, nous n’irons pas loin. D’où la nécessaire « synthèse » des différents courants d’idées. D’où Synthèse nationale qui œuvre, à son niveau, à ce rassemblement des énergies.

GENERATION FA8 : Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, le Front National dirigé par Jean-Marie LE PEN reste encore le parti le plus important de la mouvance nationale. Comment analysez-vous les derniers gros échecs électoraux du FN ? De même, quelles sont les différences profondes concernant vos méthodes d’actions militantes et l’idéologie politique entre le FN et la NDP ?

Le FN est peut-être encore le parti le plus important de la mouvance, mais, au rythme où vont les exclusions et les démissions, dans quelques semaines, il ne restera plus que « Le » pour exclure « Pen ». Plus sérieusement, je crois que l’on est arrivé à la fin d’une époque et que le FN a fait son temps. Ses échecs doivent nous servir pour ne pas les réitérer dans l’avenir.

La campagne de 2007 et les graves erreurs qui ont été faites au cours de celle-ci (dalle d’Argenteuil, discours de Valmy, apologie de Clemenceau, affiches curieusement illustrées…) ont semé le doute chez les électeurs nationaux. Nombre d’entre eux, au nom de ce qu’ils considéraient comme l’efficacité, se sont laissés séduire par le premier beau parleur venu, en l’occurrence Sarkozy. Aujourd’hui, ces électeurs n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Mais l’offre n’est plus là. Le FN a perdu toute sa crédibilité et personne ne mise plus un centime sur sa capacité de reprendre l’initiative.

Comme vous le disiez, comme nous le disions, il faut un « Grenelle du Nationalisme »…

GENERATION FA8 : Vous avez fondé la NDP pour rompre avec certaines pratiques. Votre parti n’a pas été exempt de querelles intestines. La NDP est jeune et, pourtant, elle a déjà été victime de soubresauts politiques. Nous pensons notamment à l’exclusion de Jean-François TOUZE. Vous avez réussi à expulser l’initiateur du projet NDP. Les militants et sympathisants de la cause nationale déplorent les divisions, les attaques mesquines et tout ce qui s’en rapproche. De même, les nôtres sont fatigués des querelles et des divisions qui minent le Front National. Un commentaire à faire suite à nos propos ?

Il faut faire la part des choses entre ce qui est primordial et ce qui est subalterne. Le cas de Jean-François Touzé est simple. Celui-ci, sans en référer à personne au sein de la direction nationale de la NDP, a adopté, à la fin du mois d’août, un positionnement personnel, ultra libéral et atlantiste, qui le place aux antipodes des fondamentaux du mouvement. Ce positionnement a été rejeté par huit membres sur neuf du Bureau national (il était le neuvième). A partir de ce moment-là, sa place n’était plus à la NDP. Il s’agit là d’un épiphénomène sans conséquence sur l’avenir de celle-ci. Tout mouvement naissant peut être confronté à ce genre d’erreur de casting. Maintenant, la page est tournée. Robert Spieler a été nommé Délégué général du mouvement et celui-ci est à nouveau en ordre de bataille.

La NDP est partie d’un constat : 90% des militants de la cause nationale et identitaire sont aujourd’hui dans la nature. Ils ne se reconnaissent pas dans les différentes formations ou associations existantes. Notre objectif est de donner à ces militants, ou du moins à une partie d’entre eux, une structure, à la fois souple et ouverte, capable de les re-mobiliser. Certains diront que le pari est audacieux, que nous aurons du mal à réussir, etc.. Qu’importe, lorsqu’il s’agit de sauver notre civilisation… il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre et il n’est pas nécessaire de réussir pour persévérer.

GENERATION FA8 : Dans le site de Synthèse Nationale, il est écrit : « Face aux dangers qui menacent notre nation, notre continent et notre civilisation, l'heure est au rassemblement des énergies... » Tout le monde est conscient des divisions, beaucoup appellent à l’unité, peu la mettent en pratique. Comment parvenir à rassembler toutes les énergies pour les faire travailler vers un but commun qui est la défense de la France et de notre civilisation ?

Comme je vous l’ai indiqué, il faut d’abord redonner l’espoir à notre camp. Il faut multiplier les initiatives et faire en sorte que ces initiatives convergent vers le même objectif. C’est dans cet esprit que, lors de nos journées nationales et identitaires, nous invitons les différentes composantes de la famille à venir s’exprimer. C’est aussi dans cet esprit que nous participons à toutes les réunions auxquelles nous sommes, mes amis et moi-même, invités. Je serai ainsi, samedi 6 décembre, à Lyon au Forum de la Nation organisé par le journal Jeune Nation, proche de L’œuvre française. C’est en multipliant les occasions de se rencontrer que nous prendrons l’habitude de travailler ensemble.

GENERATION FA8 : Serait-il possible selon vous d’organiser une action commune dans différents pays contre le Nouvel Ordre Mondial ? L’idée est que, le même jour, plusieurs organisations défileraient dans leur pays respectif avec le même slogan qui serait à définir. Qu’en pensez-vous ? Idée réalisable ou totalement utopique ? Ou est-ce une idée qu’il ne faut même pas envisager ?

Là où il y a une volonté, il y a un chemin. Cette suggestion que vous nous faites, amis de Génération FA8, est une excellente suggestion. Je vous propose que nous y réfléchissions ensemble.

De même, l’exemple de ce qui s’est passé à Cologne, en Allemagne, en septembre dernier est tout à fait intéressant. Des centaines de militants venus de toute l’Europe, parmi lesquels une délégation de 20 militants de la NDP conduite par Robert Spieler, se sont opposés à la construction de la plus grande mosquée d’Europe dans cette ville.

Arrêtons de nous lamenter sur l’état actuel de la droite nationale. Jean-Pierre Stirbois me racontait, en 1987, que le FN n’avait pas 100 adhérents encartés en 1982. En 1985, il en avait plus de 30 000. Comme quoi, il suffit d’un événement (Dreux en l’occurrence) pour que les choses se précipitent. Les événements nous donnent raison, la droite nationale et identitaire n’a pas encore dit son dernier mot !

Propos recueillis en novembre 2008

(1) Liste des participants à la 2ème journée de Synthèse nationale, le 23 novembre 2008.

Pierre Descaves, ancien député, conseiller régional de Picardie
Filip Dewinter, député d’Anvers et porte parole du Vlaams belang
André Gandillon, Rédacteur en chef de Militant
Roland Hélie, Directeur de Synthèse nationale
Pieter Kerstens, Chef d’entreprise
Anne Kling, Écrivain
Henry Nitzche, Député au Bundestag
Frédéric Pichon, Président d’Europae gentes
Philippe Randa, Éditeur et écrivain
Arnaud Raffard de Brienne, Écrivain
Jean-Claude Rolinat, Ecrivain, élu local en Ile-de-France
Utta Schrembs, responsable de Pro Munich
Robert Spiele, ancien député, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire
Nicolas Tandler, Ecrivain et journaliste


(2) Liste des participants à la 1ère journée de Synthèse nationale, le 27 octobre 2007.

Bernard Antony, Président de Chrétienté Solidarité
Alexis Arette, Ancien syndicaliste agricole
Nicolas Bay, Secrétaire général du MNR
Odile Bonnivard, Porte- parole de Solidarité des Français
Jérôme Bourbon, Journaliste à Rivarol
Xavier Guillemot, Directeur de l’Idée bretonne
Roland Hélie, Directeur de Synthèse nationale
Anne Kling, Défendre notre identité
Bruno Larebière, Le Choc du Mois
Didier Lecerf, historien, rédacteur à Synthèse nationale
Hilde De Lobel, député au Parlement flamand (Vlaams belang)
Jack Marchal, fondateur du GUD
Frédéric Pichon, président de Europae gentes
Olivier Pichon, Directeur de Monde et Vie
Philippe Randa, Ecrivain et éditeur
Fabrice Robert, Président du Bloc identitaire
Catherine Robinson, Journaliste à Présent
Pierre Sidos, Président de l’Oeuvre française
Chantal Spieler, Présidente de Solidarité alsacienne
Robert Spieler, Président d’Alsace d’abord
Jean-François Touzé, Conseiller régional FN d’Ile-de-France
Pierre Vial, Président de Terre et Peuple

Entretien avec Roland Hélie publié dans Génération FA8

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