jeudi, 02 juillet 2009

Vive le Honduras libre !

Tegucigalpa_from_La_Leona.jpgLe bloc-notes

de Jean-Claude Rolinat

Synthèse nationale

 

Vous êtes un joli petit pays indépendant de cinq millions d’âmes situé en Amérique Centrale. Cette indépendance n’est pas toute fraîche, elle date de 1821. Vous avez une capitale moderne partiellement réhabilitée après le passage des différents cyclones qui frappèrent la région. Lovée dans de verdoyantes collines, elle n’a  qu’un seul défaut : aucun chemin de fer ne la relie à la côte !

 

Sur votre frontière occidentale, les fabuleuses ruines mayas de Copan attirent quotidiennement des bataillons de touristes. Au nord, votre côte Atlantique, ourlée de plages rafraîchies par le balancement des cocotiers, est parsemée « d’îles au trésor ». C’est un rêve caraïbe en technicolor où le vert émeraude chasse de temps en temps le bleu  turquoise….

 

Vous êtes un pays pauvre, mais vous vous en sortez grâce en partie aux envois de vos fils, frères et sœurs qui travaillent aux États-Unis. Votre Président, Manuel Zelaya, élu en novembre  2005 avec l’étiquette du Parti Libéral, -droite modérée, centriste-, a depuis viré sa cuti et ne trouve plus son miel politique que chez les néo-caudillos gauchistes tels qu’Ortega au Nicaragua, Chavez du Venezuela et autre Morales en Bolivie. Un comble, approchant du terme de son mandat constitutionnel, votre Président veut modifier la Loi fondamentale et organiser un référendum l’autorisant  à se représenter une fois de plus,­ une fois de trop, devant les électeurs !

 

D’un seul homme, la Cour Constitutionnelle, le Parlement et l’Armée disent le droit. Décidément, NON, trop c’est trop ! Goutte d’eau qui va faire déborder le vase, le limogeage du chef d’état-major de l’armée, le général Roméo Vasquez. Ce dernier, n’écoutant que la voix de la légalité, a poussé le Chef de l’Etat vers la sortie dans la plus pure tradition des golpes. Le dimanche 28 juin a l’aube, 200 soldats de l’ejercito hondureno, encagoulés et armés jusqu’aux dents, ont gentiment poussé le Président destitué et l’ont mis dans le premier avion en partance pour San José de Costa Rica. Réuni en session extraordinaire, le Parlement hondurien, comme le prévoit la Constitution en cas de vacance du pouvoir, désigna son Président, Roberto Micheletti, comme Président de la République intérimaire jusqu’à une nouvelle consultation électorale en novembre prochain. Que croyez-vous qu’il arriva ? Haro sur le baudet bien que les militaires aient sagement regagné leurs casernes, laissant le pouvoir aux civils. Votre pays est devenu une horrible dictature, fasciste forcément, un Etat infréquentable à côté duquel la Corée du Nord n’est que de la « gnognotte »… Ils s’y mettent tous, les Obama et Sarkozy, l’Union européenne, l’Organisation des États Américains (OEA), même Cristina Kirchner, qui vient pourtant de ramasser une veste aux élections argentines, y va de son couplet sur la démocratie… Toutes et tous ils sont venus, ils sont tous là dès qu’ils ont entendu ce cri, « il est renversé le Zelaya »… Hystérique, aussi pénible que pour la mort de Michael Jackson ! Pauvre Honduras qui ne peut même plus choisir en toute liberté qui peut et doit le diriger. À l’heure où j’écris ces lignes, j’invoquerai bien les Dieux du Panthéon maya pour qu’ils protègent le Honduras et ses fils, descendants en partie des mêmes Mayas, et que ce pays reste « libre et souverain », comme le dit la belle devise qui figure sur ses armoiries depuis 1821. Face  à l’agression des forces coalisées du mondialisme, avec toute sa cohorte d’affairistes apatrides et de mercenaires stipendiés, nous nous sentons tous « Honduriens » !

 

  

images.jpgJean-Claude Rolinat  est l’auteur d’un ouvrage spécialisé sur ces questions : « Hommes à poigne et dictateurs oubliés de l’Amérique exotique » aux éditions PARDES

jeudi, 09 avril 2009

Le casse de l’Oncle (Dom) TOM...

Jean-Claude Rolinat.jpgLe Bloc-notes de

Jean-Claude Rolinat

 

La France a rayonné sur toutes les mers, son pavillon - « un drapeau, trois couleurs » - a flotté sur tous les océans… De Dunkerque à Tamanrasset, de Dakar à Brazzaville, de Chandernagor, Pondichéry, Yanaon, Karikal et Mahé à Nouméa, en passant par Mayotte et Pointe à Pitre, de Saint Pierre et Miquelon à Cayenne, « leurs » ancêtres furent les Gaulois… Que reste-t-il aujourd’hui de cet Empire qui, un  temps, consola plusieurs générations de la perte de l’Alsace et de la Lorraine ? Des confettis, de très belles paillettes aux éclats de diamant, et quelques vieux croûtons inhabités : Saint Paul, Amsterdam, Crozet, îles éparses et autres Clipperton qui nous assurent, grâce aux 200 000 nautiques, un accès aux ressources supposées qui dormiraient sur et sous les fonds marins…

 

Mais nos quatre DOM, les TOM et autres POM - ces derniers, Pays d’Outre-Mer, essentiellement la Polynésie et la Nouvelle Calédonie, aux portes de l’indépendance - nous coûtent cher. Prenons le cas des Antilles. La banane ? Mieux vaudrait s’approvisionner, peut-être, au Cameroun, en Équateur ou au Costa Rica et les acheter à leur prix réel. D’ailleurs, les Guadeloupéens et Martiniquais eux-mêmes répugnent à la travailler, si bien que les Békés, ces « sales  exploiteurs », qui feraient « suer le burnous » si les autochtones s’en vêtaient, utilisent bien souvent des Haïtiens clandestins qui ne rechignent pas à aller, machette à la main, dans les bananeraies (je connais un peu ce boulot pour l’avoir pratiqué un temps à l’époque de ma jeunesse sous d’autres cieux…)

 

Avant que Mayotte, qui vient de se départementaliser en votant massivement « oui » au RSA et autres allocations familiales le 29 mars dernier, ne figure généreusement dans nos livres de comptes à la colonne débit, faisons vite fait bien fait l’addition de ce que vont coûter ou nous coûtent déjà les joyeusetés du LKP, sigle réducteur signifiant en créole « Collectif contre l’exploitation abusive », et ses épigones guyanais, martiniquais et réunionnais. Plusieurs constats, tout d’abord. Les fonctionnaires d’Etat, puis ceux du secteur des collectivités territoriales, se sont vu attribuer une prime de 40% de leur salaire en compensation de la vie chère, la majoration atteignant même 53% à l’Île Bourbon (Réunion) ! Quand on sait que le secteur public représente 42% en Guyane, 43,6% en Martinique et 44% à la Réunion, on appréciera l’hypertrophie d’un appareil administratif qui superpose quatre fois (quatre DOM en attendant le 5ème, Mayotte) régions et départements pour un même territoire ! Nos compatriotes domiens sont bien administrés, mieux que les scientifiques et autres pingouins de la Terre Adélie qui doivent se contenter d’un « gouvernement » des Terres australes résidant à… Saint-Denis de la Réunion ! Que dire d’autre ? Que le cumul de l’allocation d’aide au logement, la prestation d’accueil au jeune enfant, l’allocation de soutien familial, l’allocation de rentrée scolaire peut atteindre 1 500 euros, de quoi faire vivre sans travailler une jeune mère isolée. Même si la réunion ne ressemble pas aux Antilles s’agissant du séparatisme, elle procède du même phénomène d’assistanat qui engendre des effets pervers et n’encourage pas les populations à se prendre en main. Si l’île compte 800 000 habitants, on y recense 141 578 allocataires d’aides diverses. La France pourrait espérer au moins un « merci » franc et loyal de la part de ses enfants des mers chaudes.

 

Le budget 2009 pour l’Outre-mer est de 16,7 milliards d’euros, soit 900 millions de plus que l’année dernière, auquel il faut ajouter le coût des dernières mesures décidées après la grève générale, soit 847,9 millions d’euros au total. Mais cela ne suffira pas à enrayer le recul du PIB des îles, que le patronat local estime à moins 10%, avec, à la clé, la perte de 10 000 postes de travail. Elle est pas belle, la vie ? Sans oublier qu’un hôpital jadis construit à Lomé, Ouagadougou ou Basse-Terre, c’était un hôpital de moins à Valenciennes, Vannes ou Rodez. Il me revient d’ailleurs à l’esprit qu’un célèbre éditorialiste du grand Paris Match  de jadis, Raymond Cartier, dénonçait, je cite approximativement, « le Zambèze qui passe avant la Corrèze », réflexion frappée au coin du bon sens. Cette remarque serait-elle caduque aujourd’hui ? À Pnom-Penh comme à Saïgon - pardon, Ho Chi Minh Ville ! -, les hôpitaux qui portent les noms de savants français témoignent de notre active lutte contre les épidémies d’hier et d’aujourd’hui. Les présidents du Congo et du Gabon ont inauguré un monument à la mémoire de Savorgnan de Brazza qui, comme Victor Schoelcher, combattit l’esclavage pratiqué sous tous les cieux depuis des temps immémoriaux. Quel plus bel hommage a-t-il été rendu à l’œuvre coloniale française, n’est-ce pas Madame Taubira ? Aujourd’hui, alors que du festin de l’Empire il ne nous reste que des miettes, d’honnêtes citoyens de l’Outre-mer - il y en a plus nombreux que la grosse presse ne le laisserait croire - vont-ils enfin prendre la parole et le pouvoir, en reconnaissant la chance qu’ils ont de vivre sous les plis de la bannière tricolore ?

 

Qu’ils fassent vite et fort avant que la métropole, comme pour les affaires corses, ne se lasse et ne leur dise en guise d’adieu : « Larguez les amarres ! », ce qui serait une triste réplique au célèbre « Adieu foulards, adieu madras… »

                                                                                     

lundi, 30 mars 2009

Plus de peur que de mal….

images.jpgLe Bloc-notes de Jean-Claude Rolinat

 

Villacoublay, le mercredi 25 mars 2009. L’Airbus présidentiel A-319 de l’escadron de transport 3/60 roule sur la piste, direction l’Afrique - Kinshasa, Brazzaville, Niamey -, lorsqu’une détonation se fait entendre en provenance du réacteur gauche suivie d’un départ de feu, heureusement vite maîtrisé. Mauvaise décompression des gaz, entretien défectueux - on n’ose y songer ! -, faute à « pas d’ chance » ?

 

Toujours est-il que le Président et sa suite, Rama Yade, Balkany et tutti quanti, étaient transférés dans l’Airbus de dépannage après une insupportable attente d’une heure, les pauvres ! L’A-319 initialement prévu restait immobilisé sur le tarmac, livré aux mains des experts. On l’a échappé belle, même si les marchands de papier glacé sont frustrés. La France sans Sarko, est-ce possible ? On s’ennuierait… Mais que le Président ne s’impatiente pas, son Airbus A-330 de la French Air Force One est dans les tuyaux… budgétaires !

dimanche, 15 février 2009

Arménien ou Français : il faut choisir, Monsieur Aznavour !

Jean-Claude Rolinat.jpgLe bloc-notes de Jean-Claude Rolinat 

 

Le gouvernement de la République d’Arménie, qui avait déjà conféré la nationalité arménienne au célèbre chanteur âgé aujourd’hui de 84 ans, vient de le nommer ambassadeur en Suisse, pays où il réside généralement. Cette accréditation étrangère d’un Français auprès du gouvernement de Berne repose, comme dans le cas du soldat « franco-israélien » Shalit, le problème récurrent de la double nationalité. Pour moi, on ne saurait être à la fois de Rome et de Florence, d’Athènes ou de Sparte, Français ou étranger, il faut choisir ! Le jour où l’Europe sera juridiquement « lisible » sur le plan international, il sera possible d’avoir la nationalité de sa patrie et, en plus, la citoyenneté européenne. Pas avant !

lundi, 08 décembre 2008

« Black is beautiful »…

Rolinat JC - 02 quadri.jpgLe Bloc-notes de Jean-Claude Rolinat

 

Black is beautiful ? Avec la déferlante obamaniaque, il semblerait que oui et qu’il soit inconvenant ou de mauvais goût de le contester pour ne pas dire plus. Sans compter que CRAN (1) et autre CSA (2) aidant, les minorités visibles doivent être sur les ondes et dans les étranges lucarnes de plus en plus… visibles ! Si le talent était le seul critère retenu,  pourquoi pas ? Dans cette société du relativisme militant où tout se vaut, les religions professant l’amour comme celles qui véhiculeraient la haine, c’est selon, il nous est interdit de « catégoriser », de hiérarchiser. Seuls, les entomologistes avec leurs petites bébêtes en auraient le droit.

 

Ainsi donc, si le continent africain est le berceau de l’humanité, - salut au travail du professeur Leakey qui a découvert en juillet 1959 les restes du Zinjanthrope -, et producteur d’athlètes de haut niveau derrière lesquels les blonds sportifs, mous des genoux, peuvent toujours s’aligner, il serait aussi celui de la beauté absolue. C’est vrai qu’à contempler les chutes Victoria ou comparer le minois de Rama Yade avec celui de la mère Denis, « y’a pas photo » comme dirait l’autre. Et on peut toujours préférer les masques des fétichistes du Mali à la statuaire grecque, c’est une question de goût. Moi, personnellement, et dans le domaine musical, je préfère Louis Armstrong ou Sydney Bechet au Rap, par exemple, qui est à la musique ce que les poubelles d’une gargote sont à la grande cuisine. Est-ce à dire que, en vrac, Mozart, Sibelius, Bach ou Bizet, c’est de la gnognote ? Non pas, il faut relativiser vous dis-je. Donc, j’ai cherché en Afrique quelque chose qui ressemblerait aux pyramides de Chichèn itzá et de Tikal en Amérique centrale, ou aux temples hindouistes de Khajurâho ou bouddhistes Mahayana de Borobudur en Asie. J’ai trouvé avec les splendeurs de l’archéologie égyptienne, mais les sujets des pharaons étaient-ils vraiment des « Africains » au sens contemporain où nous l’entendons, si ce n’est par la géographie ? Il y a, par contre, les fameux murs en pierre taillée et assemblées du Zimbabwe, marquant l’emplacement de la capitale de l’Empire du Monomotapa au XVIe siècle, qui constituent le plus vaste ensemble architectural en pierre qu’on n'ait jamais découvert en Afrique, mais ce n’est pas plus élaboré que les nuraghes de Sardaigne. Et puis, il y a également les superbes mosquées en boue séchée aux lignes épurées de Mopti et Djenné, au Mali. Ça vaut le détour comme le dirait un célèbre guide touristique, mais pas plus que le Mont-Saint-Michel ou Saint-Jacques de Compostelle !

 

Quand un leader déclinant de la droite nationale a voulu se lancer dans une argumentation alambiquée comparant les races, - il aurait dû savoir que, pour les scientifiques bien en cours, elles n’existent plus ! –, il s’est pris les pieds dans le tapis (persan, bien sûr !)

 

Aujourd’hui, qu’on se le dise, tout se vaut et tout vaut tout. De la m… abstraite comme de la peinture figurative. Il n’est qu’à jeter un regard sur les « œuvres » exposées à la FIAC ou sur celles achetées par les Conseils régionaux dans le cadre des FRAC (3), pour le plus grand bonheur des « bobos-gauchos » qui se pâment à les contempler.

 

Dans le domaine spatial, les Américains sont toujours les seuls à avoir eu la capacité technologique d’aller dans la lune. On attend, paraît-il, des Chinois. Pas des Ougandais ni des Sri Lankais, des Danois ou des… bassets. Pas plus que des Français sauf les… mauvais élèves un peu trop rêveurs ! Des Russes peut-être ? Une fois de plus, chers lecteurs, il faut re-la-ti-vi-ser. Chacun peut briller au firmament, pas forcément dans la même discipline ni au même moment, ni dans le même siècle. Voyez ce que sont devenus aujourd’hui la Grèce et le Portugal : deux merveilleux conservatoires de civilisations évanouies qui n’ont plus que leurs boîtes à souvenirs pour tenter d’exister. Ça nous pend au nez… Si Haïti, la plus vieille république noire indépendante au monde (1804) est un véritable cloaque à ciel ouvert, elle n’a à s’en prendre qu’à elle-même. La déforestation est passée par là. Au temps du roi Henri-Christophe 1er, qui nous avait mis à la porte avec le général Toussaint Louverture, ça marchait bien, « à la baguette » il est vrai. Quant au Liberia, autre État noir à l’ancienneté avérée (1848), son élite afro-américaine, faite de descendants d’esclaves affranchis dans les années 1800 par les sociétés philanthropiques des Etats-Unis, il n’a rien eu de plus pressé à faire que de mettre les natifs de ce morceau vierge d’Afrique occidentale en… esclavage ! 142 ans plus tard, les Krahn et autres Kpélé et Gyo se sont vengés en massacrant allègrement le président William Tolbert et ses ministres. Elle était où la parlementaire Tobira, si prompte à lâcher son venin sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un « colonialiste » nostalgique de l’Empire français ?

 

Maintenant, attention ! Là, je prends un risque et, dérogeant à la loi du relativisme, je vais reconnaître une supériorité civilisationnelle. En cas d’hypothétiques cataclysmes universels s’abattant sur la planète bleue, comme les affectionnent les scénaristes hollywoodiens, il est bien évident que les seuls qui s’en tireraient pour perpétuer l’humanité seraient les Bushmen du Kalahari, les Abos d’Australie, les Wayanas du Brésil, ou les Papous de Nouvelle-Guinée. Pas les Parisiens du Marais, ni les New-yorkais du Bronx ou de Harlem. Contrairement à eux, ils n’ont pas, ces « bons sauvages » comme les affectionnait Jean-Jacques Rousseau, besoin de téléphones portables ni d’ordinateurs, ignorent les I-Pods comme les lave-vaisselle. En sont-ils moins heureux pour autant ? Poser la question, c’est déjà pressentir la réponse.

 

Il faut re-la-ti-vi-ser, vous dis-je !

 

1 – Comité représentatif des associations noires

2 – Conseil supérieur de l’audiovisuel

3 – Fond régional d’achat d’art contemporain

mardi, 30 septembre 2008

Pourquoi Poutine « vote » Obama…

Le bloc-notes de

Jean-Claude Rolinat

 

Je sais qu’il est de bon ton d’afficher désormais dans nos milieux, dits « nationaux », une attitude anti-américaine, primaire, secondaire et supérieure et ce, d’autant plus fortement que l’on n’a jamais mis les pieds aux Etats-Unis… Pour ma part, j’ai eu la chance d’aller 12 ou 13 fois, je ne sais plus au juste, aux « States » : j’ai pu y apprécier la simplicité et la décontraction de l’Amérique profonde, pas celle des Bobos-écolos-gauchos, - pour ne pas dire plus -, de la côte Ouest, ni celle des « crânes d’œuf » libéraux libertaires de la côte Est… Non. J’ai aimé les grands espaces d’au-delà des Rocheuses, le paradoxal Deep South, tout à la fois dynamique et languissant, cette Amérique des « petits Blancs » et des petites villes, toutes clonées et pourtant si différentes, qui sont le cœur véritable des Etats-Unis. Cette Amérique-là joue sur grand écran cinémascopique un western jamais achevé et offre à notre admiration la geste inoubliable des valeureux soldats confédérés, anti-mondialistes enracinés avant l’heure. Pendant près d’un demi-siècle, les Bolcheviques aux manettes de l’URSS ont fait trembler un Occident dont les nations très frileuses étaient bien contentes de s’en remettre au « grand frère » pour leur sécurité. Il est même un leader de la droite nationale au destin finissant qui avait emprunté à Ronald Reagan son slogan électoral en l’adaptant au public français : « America is back, la France est de retour »…

 

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, la chute du mur de Berlin et l’écroulement de l’URSS ont clos le monstrueux chapitre de l’histoire du XXe siècle et redistribué les cartes. 

 

 

Aujourd’hui, les intérêts des USA ne sont plus les nôtres

 

Les USA, un temps seule hyper puissance, ont trop voulu pousser leur avantage et leurs initiatives provocantes ont irrité l’ours russe, qui est sorti de sa tanière. À l’erreur stratégique de l’invasion de l’Irak, ont succédé les provocations otanesques en Europe orientale, dans les Balkans et au Caucase. Si l’on peut comprendre, à la rigueur, la peur bleue qu’inspire aux États baltes, à la Pologne et à la Tchéquie, une Fédération de Russie renaissante compte tenu d’un passé pas tout à fait… dépassé, les manœuvres américaines en Ukraine et en Géorgie ne peuvent que desservir le camp occidental dans son ensemble et, ce qui nous importe, l’Europe en particulier. La reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie par la Russie, - même si ces « Etats » sont des « Etats bidons » -, est la réponse du berger à la bergère dans l’affaire kosovare. Et si Washington veut demain pousser son avantage en Ukraine, le risque est grand de voir ce pays éclater en deux, la Crimée et les provinces à l’est du Dniepr d’un côté, Kiev et la Galicie de l’autre.

 

Dans cette affaire, l’Europe n’a rien à gagner. Son intérêt bien compris passe par un évident partenariat avec Moscou, certes les yeux grands ouverts, et par un renoncement de l’attitude automatiquement suiviste au sein de l’OTAN. D’où l’urgence de mettre sur pied un pôle de défense spécifiquement européen ! Force est de constater, hélas, que l’on n’en est pas encore là, les budgets militaires rétrécissant comme la calotte polaire sous l’effet des morsures d’un soleil estival.

 

Ils prient pour Obama…

 

Alors me direz-vous, que vient faire Barack Obama dans mon propos ?

 

Si le candidat de couleur à la Maison blanche l’emportait, il serait non seulement le premier métis à accéder à la fonction présidentielle à Washington, mais le premier « Américain » dont la citoyenneté peut poser problème. Certes, la maman, « progressiste », était une femme blanche du Kansas, mais le géniteur était un Noir kenyan. De plus, si l’idole des démocrates est née à Hawaï, une terre juridiquement américaine mais pour le moins exotique, il est parti très jeune en Indonésie avec son père adoptif musulman, second époux de sa mère. Il n’a donc connu que tardivement le continent américain proprement dit et il ne doit son élection de sénateur à la législature locale de l’Illinois tout d’abord, puis au Congrès fédéral ensuite, qu’à des circonscriptions majoritairement peuplées d’Afro-américains. L’ « Obamania » a submergé, semble-t-il, le continent européen, si l’on en croit les sondeurs professionnels et les images de la télé poubelle. À en juger par ses déclarations et à examiner l’aréopage qui l’entoure, il faudrait plutôt s’attendre à une politique étrangère baignée d’intentions angéliques, une sorte d’ère Jimmy Carter bis, lequel, vendeur de cacahuètes géorgien, avait conduit les Etats-Unis à capituler sur plusieurs fronts.

Que ferait en effet Barack Obama face aux provocations des barbus iraniens et de leurs satellites du Hezbollah, ou devant l’arrogance provocatrice des colons expansionnistes israéliens adeptes du fait accompli (ôte-toi de là que je m’y mette !) ? Quelles réponses apporterait-il au dossier nucléaire nord-coréen, quelle serait son attitude en cas de tension entre la Chine rouge et la courageuse Taïwan, cesserait-il les manigances « états-uniennes » dans les Balkans et dans le Caucase, arrêterait-il, si je puis utiliser cette image osée, de glisser  le « suppositoire » turc dans les …fondements d’Europa ?

 

Dans le secret de leur conscience, certains électeurs blancs des 50 États, pétris des bons sentiments de la repentance, vont-ils voter pour les grands électeurs qui, demain, choisiront Obama, pensant ainsi expier l’ignoble traite des Noirs des siècles passés ? Seront-ils mus par les mêmes sentiments que leurs aïeux qui, dans un élan philanthropique, implantèrent au Libéria,entre 1821 et 1860, quelques 20 000 descendants affranchis d’esclaves noirs ? Lesquels d’ailleurs n’eurent d’autre immédiate préoccupation que de mettre en esclavage les natifs qu’ils rencontrèrent sur cette côte occidentale d’Afrique !

 

Un vieux cheval comme Mac Cain, héros de guerre incontesté, sénateur expérimenté de l’Arizona, donnerait incontestablement, lui, au duo Medvedev/Poutine du fil à retordre. C’est pourquoi, bien à l’abri derrière les hautes murailles du Kremlin, toute la nomenklatura de la Fédération de Russie brûle des cierges en faveur d’Obama sous le regard approbateur des saintes icônes !

 

Et c’est bon pour nous, tout ça ?

 

vendredi, 19 septembre 2008

L’essentiel est ailleurs…

Le Bloc-notes de

Jean-Claude Rolinat

 

 

Dans le microcosme de ce que l’on appelle la « droite nationale », il est évident qu’un grand nombre de nos amis ont pour Poutine les yeux de Chimène alors que d’autres ont un  regard de « crapaud mort d’amour » pour le tandem Mc Cain/Sarah Palin… Lorsqu’il s’agit de politique étrangère, - sujet qui, à tort d’ailleurs, est le cadet des soucis de nos compatriotes -, il faut prendre de la hauteur plutôt que de s’emparer de la loupe de l’entomologiste ou du microscope du biologiste, même si c’est très excitant d’animer les débats au café du commerce…

 

À la sécession de l’Ossétie et de l’Abkhazie, d’autres opposeront celle du Kosovo, à la répression en Tchétchénie, certains brandiront les images des bombardements de l’OTAN sur la Serbie. Chacun, à juste titre d’ailleurs, trouvera des justifications à son (ses) champion(s), comme hier dans la guerre des Malouines. Mais gardons-nous bien d’épouser les causes de leurs poulains respectifs, par exemple le démagogue Chavez pour les uns ou le belliciste Saakachvili pour les autres, car l’essentiel est ailleurs. Et cet « ailleurs », nous les « De-souche » et les « Domiens », avec notre industrie qui fout le camp, notre pouvoir d’achat comme notre démographie qui s’effritent, où est-il, que faisons-nous face à l’arrivée continuelle d’immigrants en provenance de pays exotiques, qui viennent chercher en vain un utopique Eldorado en métropole ainsi qu’à Mayotte ou en Guyane ? Où en sont notre agriculture, notre instruction publique, notre système répressif et carcéral ? Qui se soucie de la fibre patriotique et du devoir de mémoire, ce dernier sinon occulté toujours subtilement orienté, qu’en est-il de nos valeurs traditionnelles et familiales dans un pays où les « étranges lucarnes » déversent chaque jour leurs images de télés poubelles ? Quand un pays met au même niveau le rap ou la danse classique, qu’il offre quotidiennement à l’admiration des foules les vedettes frelatées du « show-biz » et que les jeux du cirque passionnent des masses déboussolées, - simples « bêtes » à produire, à consommer et, éventuellement, à se reproduire -, c’est qu’il est mal, très mal. Il baigne dans une ambiance où flotte comme un parfum de décadence. Un remake de la Rome antique en quelque sorte, d’une Carthage agonisante ou de Byzance avant sa chute ? Quoiqu’il en soit, il est bien tard…

 

Avons-nous encore une minute, Monsieur le Bourreau ?

 

 

jeudi, 28 août 2008

RENONCER EN AFGHANISTAN, C' EST CAPITULER DANS LES BANLIEUES...

Le Bloc-notes de

Jean-Claude Rolinat

 

 

L’émotion est-elle à peine retombée après la mort tragique de 10 de nos soldats que la polémique reprend, bien loin de la douleur des familles qui, elle, ne s’éteindra pas. Le  Président l’a reconnu : il est responsable mais pas coupable. En décidant de l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, il ne pouvait pas imaginer un seul instant qu’il n’aurait jamais eu de cérémonie funèbre à présider dans la cour des Invalides. C’est toute la tragique grandeur du métier militaire, qui n’est pas une profession comme les autres. D’autres pays, aussi coriaces que la France, se sont frottés aux Pachtous, Uzbeks, Tadjiks et autres Hazaras : Russes comme Anglais sont partis « la queue entre les jambes » et, comme nous, y ont laissé des plumes. Et quand je dis « plumes », je pense à ces gosses de vingt ans que l’on a envoyé peut-être un peu trop rapidement au casse-pipe et qui ne méritaient pas de mourir à l’aube de leur vie, instruments innocents de desseins qui peuvent, parfois, nous échapper. Chaque contingent occidental paye son tribut : hier, Canadiens et Américains, aujourd’hui, Français et Polonais, demain, d’autres encore, hélas.

 

Si l’émotion ne doit pas l’emporter sur l’analyse, si nos sentiments ne doivent pas submerger notre raison, qu’allons-nous faire là-bas ? Combattre le terrorisme ? Mais il est également tapi à nos portes, dans nos cités de non droits, dans nos quartiers difficiles, partout en Europe… Profitant de l’immigration légale ou clandestine, il navigue comme un poisson dans l’eau malgré la surveillance des services de renseignements… Les objectifs de nos missions outre-mer doivent être redéfinis, la stratégie repensée, la chaîne de commandement améliorée et les moyens de protection renforcés. De facto, l’Afghanistan est « talibanisé » par l’impéritie du gouvernement Karzaï et la mollesse de l’A.N.A., son outil militaire. Kaboul me fait penser à Pnom-Penh ou Saïgon, un peu avant leur chute en avril 1975, encerclées respectivement par les Khmers rouges et les Vietcongs.

 

L’ennemi investit sournoisement mais sûrement la capitale, noyaute les campagnes et « insécurise » les axes de communication. Quant au Pakistan, base arrière et pourvoyeuse de combattants, toutes proportions gardées, il joue à peu près le rôle du Nord-Vietnam par rapport au régime de Saïgon. Quand on a des alliés comme cela, on n’a pas besoin d’ennemis ! Et le départ du général Pervès Musharraf ne va rien arranger dans cet État qui, rappelons-le, dispose de l’arme nucléaire.

 

Alors, est-ce à dire qu’il faudrait plier bagages parce que nous serions, comme le dit d’une façon irresponsable et provocatrice un leader de la droite qui fut jadis nationale et qui n’est plus qu’islamophile, des « mercenaires à la solde des Yankees » ? En réalité, nous sommes coincés. Un abandon de Kaboul signifierait que l’Occident baisserait pavillon et enverrait un message désastreux aux banlieues de France et d’ailleurs : « le roumi est prêt pour la dhimmitude ! » Alors oui, il faut rester, changer cette société qui emprisonne ses femmes et cultive l’obscurantisme tout autant qu’elle fait  surgir le pavot qui contamine notre jeunesse. Il n’y a pas d’autre alternative.

 

Si les Moudjahidines du Hezb-Islami de Goulboudine Hekmatyar et autres volontaires tchétchènes sont comme des poissons dans l’eau, il faut vider l’eau, c’est-à-dire rallier les populations, leur donner à espérer dans la modernité plutôt qu’à se complaire dans la médiocrité des traditions d’un autre âge. Mais alors toutes les couches de la nation doivent être solidaires pour d’éventuels sacrifices.

 

Les libéraux, les démocrates et autres socialos en peaux de lapin nous ont trop habitués à commencer des guerres en laissant aux autres le soin de les faire et de les achever : 39/45, Indochine, Algérie pour ne prendre que ces exemples là. Toutes les couches de la nation, - j’insiste -, doivent être concernées. Ou aucune d’entre elles !

mardi, 26 août 2008

Ossétie et Abkhazie : L’effet boomerang du Kosovo

Le Bloc-notes de

Jean-Claude Rolinat

 

Dans le règlement postérieur du conflit russo-géorgien, - aventure guerrière imprudemment entreprise par le président Saakachvili avec son empressement à récupérer son « Alsace-Lorraine ossète » -, comment les Occidentaux pourraient, juridiquement, défendre l’intégrité territoriale de la Géorgie après avoir précipitamment reconnu en février dernier l’indépendance du Kosovo ? À juste titre, dans le numéro de Présent du vendredi 15 août dernier, Jean Cochet titrait son article « Ossétie : l’effet Kosovo ? ».

 

Cet État artificiel, dirigé par une clique mafieuse que l’ancienne présidente du T.P.I.Y., la Suisse Carla Del Ponte, accuse de trafic d’organes, - pas moins ! -, majoritairement peuplé d’Albanais, s’est unilatéralement séparé de la Serbie, violant ainsi l’intégrité territoriale de cette dernière, avec l’apparente bénédiction des membres de l’OTAN et de l’Union européenne. Indépendamment des péripéties militaires où l’ours russe, à son habitude, se « régale » avec cynisme et brutalité, - « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire » -, la symétrie s’impose. 

 

Les Ossètes du Sud séparés de leurs frères du Nord par les seuls hauts cols du Caucase ont, avec le soutien aujourd’hui éclatant et officiel de la Fédération de Russie, exprimé leurs intentions sécessionnistes et « rattachistes » : référendum de 1992 et de 2006 notamment. Les dernières statistiques connues, 1989, faisaient état de 99 000 habitants dont 66% d’Ossètes et  28% de Géorgiens. Près de vingt ans plus tard, il est évident que les données démographiques ont évolué : il ne resterait  plus que 70 000 habitants dont un grand nombre, pour des raisons identiques, ont fui vers les pays voisins : les Géorgiens en Géorgie, les Ossètes en République d’Ossétie du Nord (Russie). Comme les Kosovars qui rêvent d’une « grande Albanie », l’indépendance unilatéralement proclamée par le président Édouard Kokoïty d’Ossétie du Sud n’est, dans son esprit, qu’une étape sur la voie de la réunification avec les frères du Nord. On touche là au sacro-saint dogme de l’intangibilité des frontières. Pour éviter que demain l’Abkhazie, le Nagorny-Karabakh, la Transnistrie et, pourquoi pas, la Crimée ne suivent la pente ossète, il eût fallu éviter d’ouvrir la boîte de Pandore. D’autant que les frontières intérieures de l’ex-URSS étaient aussi artificielles que celles de la défunte Yougoslavie : à quoi ressemble la Bosnie-Herzégovine, maintenant en captivité des peuples fédérés contre leur volonté, qui ne pensent qu’à se rattacher à leurs mères patries respectives, Croatie et Serbie ?

 

C’est le camarade Staline, natif de Gori d’ailleurs, -ville occupée par les troupes russes -, alors commissaire aux nationalités du gouvernement bolchevique, qui, tel un Charles Pasqua manipulant le scalpel électoral, avait découpé les limites internes des républiques soviétiques, s’arrangeant pour qu’elles ne soient pas ethniquement homogènes : toujours le fameux « diviser pour régner ».

 

Pour concilier à la fois l’irrédentisme des peuples avec l’intégrité territoriale des États, des solutions existent : l’exceptionnel statut des îles Aland affleurant en mer Baltique (1), entre Suède et Finlande, est là pour le démontrer. Que n’a-t-il été choisi par les Occidentaux pour application immédiate au Kosovo ! Il est maintenant trop tard pour pleurer sur le lait renversé : les États-Unis et l’Europe ont servi sur un plateau la soupe à Poutine. Jusqu’où se fera  sentir l’effet du boomerang kosovar ?

 

1 –  voir Frères d’Europe, pages 207 à 211, Dualpha éditeur

lundi, 18 août 2008

LES TARTUFFES...

Le Bloc-notes de

Jean-Claude Rolinat

 

La balade française du Dalaï-lama est l’occasion de souligner, une fois de plus, la mauvaise foi des « bien-pensants » en général et de la gauche en particulier, tel Jean-Louis Bianco, député socialiste des Alpes de Haute-Provence. L’honorable parlementaire, réélu de justesse en 2007, ne s’indignait-il pas tout dernièrement devant les caméras de télévision à l’idée que la Chine « exportait » un million de Hans au Tibet, - l’ethnie majoritaire en R.P.C. -, risquant ainsi de submerger démographiquement les Tibétains ?

 

Et que dire des autorités israéliennes relayées par les milieux autorisés du judaïsme français qui s’inquiètent, à juste titre d’ailleurs, du retour potentiel de plusieurs centaines de milliers de réfugiés palestiniens en cas de règlement pacifique de la crise proche-orientale, risquant ainsi d’altérer le caractère spécifique de l’État hébreu ?

 

Mais lorsqu’il s’agit de la France, menacée comme ses voisins d’un véritable tsunami migratoire, alors là, au mieux c’est un silence gêné, au pire une dénonciation de ceux qui évoquent les dangers d’une immigration incontrôlée avec, à la clé, l’accusation bien facile et fallacieuse de « racisme ». Le genre d’anathème qui cloue au pilori le malheureux qui fait tout simplement preuve d’un bon sens évident. Michel Rocard lui-même ne disait-il pas que « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » ? Ce qui est bon pour les uns ne le serait pas pour d’autres ? Ainsi, trois siècles et demi après la disparition de cet excellent Molière, ne vivons-nous pas toujours, quotidiennement, en ce même royaume de TARTUFFERIE ?