mardi, 29 septembre 2026
Hilaire Bouyé (Reconquête! - Génération Z) invité de l'émission Ligne Droite sur Radio Courtoisie
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vendredi, 18 septembre 2026
COPÉ MINABLE FACE À ZEMMOUR !
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Hier soir, sur BFM, Eric Zemmour, le président de Reconquête!, a annoncé qu'il sera candidat à l'élection présidentielle de 2027
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mercredi, 16 septembre 2026
Union des droites : l'illusion du programme commun
Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées
Source Polémia cliquez ici
Unir les droites, mais pour défendre quelle France ? Balbino Katz expose les fractures entre RN, droite classique et Reconquête : derrière l’accord électoral se joue un choix fondamental entre administrer le déclin et défendre la continuité du peuple français.
Polémia
Une union possible ?
Le Journal du dimanche a consacré plusieurs pages à une idée qui s’installe désormais au cœur de la préparation de l’élection présidentielle de 2027 : l’union des droites ne serait plus seulement souhaitée par leurs électeurs, elle disposerait déjà de son programme. Sous le titre assez catégorique « Le peuple de droite a déjà son programme », Jules Torres rassemble les résultats de plusieurs enquêtes et fait apparaître un socle commun : maîtrise de l’immigration, sécurité, réduction de la dette, pouvoir d’achat, assimilation, production nationale. Selon les chiffres cités par le journal, 66 % des sympathisants LR, 63 % de ceux du RN et 89 % de ceux de Reconquête souhaitent une union en 2027.
L’intuition est juste, du moins jusqu’à un certain point. Il existe aujourd’hui un électorat de droite dont les préoccupations convergent beaucoup plus que ne le laisseraient supposer les querelles d’appareils. Sur l’immigration, le rétablissement de l’autorité, l’insécurité ou la critique de l’impuissance publique, les électeurs de Bruno Retailleau, de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour parlent de plus en plus souvent la même langue. L’erreur commence lorsqu’on déduit de cette convergence électorale l’existence d’une famille politique homogène. Une addition de réponses identiques à des questionnaires ne produit pas nécessairement une vision commune du monde.
La science politique française nous a précisément appris à nous méfier des étiquettes trop simples. René Rémond, dans Les Droites en France, distinguait les traditions légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Sa typologie a été discutée, complétée et parfois malmenée, mais son intuition essentielle demeure féconde : derrière le mot « droite » se cachent des tempéraments politiques, des conceptions de l’État et des représentations de la société profondément différents. Deux partis peuvent voter la même loi pour des raisons presque opposées.
La vieille tripartition de René Rémond ne correspond plus exactement au paysage contemporain. Les héritages survivent par fragments, mais d’autres clivages les recouvrent. Pour comprendre les recompositions actuelles, une nouvelle division peut être proposée. Trois familles se distinguent : une droite populo-étatiste, une droite libérale-étatique et une droite libérale-identitaire.
Le RN, ou le populo-étatisme
La première est principalement incarnée par le Rassemblement national, auquel peuvent être rattachés Nicolas Dupont-Aignan et les différentes survivances du souverainisme français. Cette droite croit à la souveraineté, aux frontières, à l’autorité et à la priorité nationale, tout en demeurant très attachée à la protection sociale, aux services publics, aux retraites et à une forte intervention de l’État dans l’économie.
Cette singularité s’explique en partie par la sociologie électorale du RN. Les travaux de Pascal Perrineau ont depuis longtemps montré comment le Front national, puis le Rassemblement national, avait progressivement conquis des catégories populaires autrefois intégrées au système communiste ou socialiste. Le déplacement des ouvriers vers le vote national n’a pas entraîné leur conversion soudaine au libéralisme économique. Le parti a donc absorbé une partie de leur culture sociale en même temps que leurs suffrages.
Le JDD le reconnaît d’ailleurs entre les lignes. LR et Reconquête privilégient davantage la réduction de la dépense et des prélèvements, tandis que le RN se montre beaucoup plus protecteur des prestations et des petites retraites. Le principe de réduction de la dette rassemble ; la méthode sépare aussitôt. Ce détail n’en est pas un. Une coalition peut aisément promettre de réduire les dépenses publiques avant une élection ; elle commence à se diviser le jour où il faut inscrire le nom des bénéficiaires sur la facture.
Le phénomène rappelle ce qu’Otto Kirchheimer avait appelé, dans les années 1960, le catch-all party, le « parti attrape-tout ». Pour élargir son électorat, une formation abandonne progressivement une partie de sa rigidité doctrinale, atténue ses références idéologiques et cherche à agréger des groupes sociaux dont les intérêts ne coïncident pas entièrement. Le RN contemporain correspond assez bien à cette logique. Sa grande force est de permettre à des électeurs très différents de projeter sur lui des espérances parfois contradictoires.
L’ouvrier y voit la protection sociale ; le petit patron, la réduction des contraintes ; le conservateur, l’ordre ; le souverainiste, la nation ; l’identitaire, l’arrêt de l’immigration ; le retraité, la préservation de ses droits. Tant que le parti demeure dans l’opposition, cette polysémie fonctionne admirablement. L’exercice du pouvoir présente l’inconvénient d’obliger les synonymes apparents à retrouver leur sens exact.
Les libéraux-étatiques, éternelle droite de gouvernement
La deuxième famille est celle des libéraux-étatiques. Elle rassemble une partie des Républicains, l’UDR d’Éric Ciotti et, selon des combinaisons variables, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez ou David Lisnard. À la périphérie se trouvent également ceux qui, venus de la macronie, peuvent espérer reconstruire une droite gouvernementale : Édouard Philippe, Gérald Darmanin et, plus difficilement, Gabriel Attal.
Cette famille privilégie l’entreprise, la maîtrise des comptes publics, la réduction des prélèvements et une conception plus classique de l’économie de marché. Elle se distingue pourtant du libéralisme anglo-saxon par une fidélité très française à l’appareil d’État. Elle souhaite généralement diminuer la puissance publique sans renoncer à la haute administration qui la fait fonctionner, déréglementer sans désarmer le centre, décentraliser tout en maintenant la main de Paris.
Il n’y a là aucune anomalie historique. La droite française est étatique depuis Colbert autant que la gauche l’est depuis les jacobins. Tocqueville avait déjà remarqué, dans L’Ancien Régime et la Révolution, combien la centralisation administrative avait précédé 1789 et survécu à presque tous les bouleversements de régime. Nos libéraux gouvernent souvent moins contre l’État qu’à partir de lui.
Cette droite peut parfaitement conclure des alliances électorales avec le RN. Elle peut voter avec lui sur la sécurité, l’immigration ou la fiscalité. Une difficulté apparaît dès que l’on touche à la conception de la société : elle demeure largement persuadée que l’immigration est d’abord une question de flux à maîtriser, de coût économique, d’intégration et d’ordre public. Le problème civilisationnel lui paraît souvent excessif ou politiquement dangereux.
L’apparition d’une droite libérale-identitaire
La troisième famille est aujourd’hui beaucoup plus faible électoralement : celle des libéraux-identitaires. Reconquête en est pratiquement le seul représentant organisé avec Éric Zemmour et Sarah Knafo.
Son originalité ne réside pas seulement dans une plus grande fermeté migratoire. Elle consiste à établir une hiérarchie différente entre les problèmes politiques. Pour cette droite, la première question n’est pas de savoir si la France aura dans vingt ans un déficit public de 3 ou 4 %, mais quel peuple habitera le territoire français.
Cette interrogation renvoie à une vaste littérature universitaire sur la définition de la nation. Ernest Renan avait popularisé, dans sa conférence Qu’est-ce qu’une nation ?, l’idée du « plébiscite de tous les jours », souvent utilisée depuis pour défendre une conception volontaire de l’appartenance nationale. Plus d’un siècle plus tard, Anthony D. Smith, à travers l’école dite de l’ethnosymbolisme, a rappelé qu’une nation ne surgit jamais d’une pure décision juridique : elle repose aussi sur des mythes collectifs, une mémoire, des symboles, des territoires et des continuités historiques.
Dominique Schnapper, dans ses travaux consacrés à la communauté des citoyens, a pour sa part montré toute la puissance mais également toute la tension du modèle français : l’universalisme républicain prétend transcender les appartenances particulières par la citoyenneté. Cette construction fonctionne admirablement lorsque les nouveaux venus sont suffisamment peu nombreux pour entrer dans une société nationale fortement structurée. La question contemporaine est de savoir si le même mécanisme demeure inchangé lorsque les proportions démographiques, la concentration territoriale et la puissance des appartenances communautaires se transforment.
C’est exactement à cet endroit que l’unité proclamée des droites se fissure.
Immigration : le même mot pour trois politiques
Le JDD constate que l’immigration constitue un sujet déterminant pour 71 % des proches de LR, 85 % de ceux du RN et 95 % de ceux de Reconquête. Une telle convergence paraît spectaculaire. Elle renseigne pourtant davantage sur l’importance du problème que sur les solutions envisagées.
Dire que l’on veut « réduire l’immigration » ne signifie presque rien tant qu’on ne précise pas l’objectif. S’agit-il de diviser les flux par deux ? De parvenir à l’immigration zéro ? De supprimer le regroupement familial ? De remettre en cause certaines naturalisations ? De créer un solde migratoire négatif ? De favoriser le retour de populations étrangères déjà installées ?
Le terme de « remigration » rend cette divergence visible. Le RN refuse de reprendre le mot ; Reconquête l’assume. Derrière cette querelle lexicale s’opposent deux diagnostics. Le premier considère qu’en arrêtant fortement les flux, en expulsant clandestins et délinquants étrangers et en rétablissant l’assimilation, l’essentiel du problème peut encore être traité. Le second soutient que les transformations démographiques déjà accomplies rendent insuffisant le seul contrôle des entrées.
On retrouve ici un phénomène étudié par Seymour Martin Lipset et Stein Rokkan : les systèmes politiques s’organisent autour de grands clivages durables. Ceux-ci peuvent survivre longtemps après les circonstances historiques qui les ont fait naître, puis être progressivement concurrencés par de nouvelles lignes de fracture. En Europe occidentale, le vieux conflit entre capital et travail ne suffit manifestement plus à structurer la compétition politique.
Hanspeter Kriesi et plusieurs politistes européens ont montré comment la mondialisation avait contribué à faire émerger un nouveau partage entre les groupes qui bénéficient de l’ouverture économique, culturelle et migratoire et ceux qui s’en perçoivent comme les perdants. La question contemporaine pourrait aller encore plus loin : au clivage économique ouverture-fermeture s’ajoute désormais une opposition sur la permanence même des peuples européens.
Le RN reste profondément républicain
Les déclarations d’Andréa Kotarac sont de ce point de vue particulièrement instructives. Le porte-parole du RN avait affirmé que « les racines de la France ne sont pas que chrétiennes » et que « les musulmans sont sensibles au patrimoine chrétien de la France ». Ces propos avaient suscité des réactions précisément parce qu’ils donnent à voir la conception nationale qui demeure dominante dans le parti.
La France du RN reste essentiellement une France républicaine : tout individu peut devenir pleinement français à condition d’accepter les règles, les mœurs et un certain patrimoine collectif. L’origine n’est pas, en elle-même, politiquement déterminante. Le nombre l’est assez peu également, dès lors que l’assimilation est supposée fonctionner.
Reconquête introduit une rupture. L’assimilation individuelle peut fonctionner, soutient en substance cette école, sans que l’assimilation de populations entières soit possible dans n’importe quelles proportions. La quantité finit par modifier la nature du phénomène. Une famille arrivée de l’étranger peut devenir française ; plusieurs millions d’individus maintenant des formes importantes d’endogamie, de culture distincte ou de solidarité communautaire posent une question d’une autre nature.
Rogers Brubaker, dans Citizenship and Nationhood in France and Germany, avait autrefois opposé, en la nuançant, une conception française plus politique et assimilationniste de la nation à une conception allemande historiquement plus culturelle. La comparaison est aujourd’hui moins nette qu’elle ne l’était lorsque le livre fut publié. Elle permet néanmoins de comprendre pourquoi le RN demeure, au fond, beaucoup plus proche de la tradition républicaine française que ne le croient certains de ses adversaires.
L’AfD comme révélateur
La récente victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt a offert une démonstration presque expérimentale de cette divergence. Le 6 septembre, le parti allemand a recueilli autour de 44,5 % des suffrages, plus du double de son résultat de 2021. Éric Zemmour et Sarah Knafo ont salué ce succès, tandis que les dirigeants du RN ont maintenu leurs distances avec leur ancien partenaire européen.
Jean-Philippe Tanguy a exprimé cette rupture de manière encore plus explicite. Revenant sur ses contacts anciens avec des responsables de l’AfD, le député RN a raconté être ressorti « terrorisé » d’une rencontre avec certains d’entre eux et a dénoncé des déclarations relatives au passé nazi allemand. Son jugement peut naturellement se discuter ; ce qui importe politiquement est sa netteté. Le RN ne considère plus l’AfD comme un allié encombrant dont il faudrait corriger certaines outrances. Il s’en distingue comme d’une autre famille politique.
Reconquête fait le choix inverse. Il ne partage évidemment pas toutes les positions de l’AfD, pas davantage qu’il ne reprend celles de Vox ou de l’ensemble des droites centre-européennes. Une proximité existe néanmoins autour d’une interrogation commune : l’État doit-il seulement garantir la sécurité et la prospérité des habitants présents sur un territoire, ou possède-t-il également pour mission d’assurer la continuité historique du peuple qui lui a donné naissance ?
La différence est fondamentale.
Une dédiabolisation devenue principe de gouvernement
Cette évolution du Rassemblement national peut s’interpréter à travers Anthony Downs. Dans An Economic Theory of Democracy, l’économiste américain modélisait les partis comme des organisations cherchant à maximiser leurs suffrages et donc, dans certaines configurations, à se rapprocher de l’électeur médian. Sans appliquer mécaniquement un modèle économique à la politique française, la dédiabolisation lepéniste relève manifestement d’une logique analogue.
À mesure que le RN s’est approché du pouvoir, il a éliminé ou atténué les positions susceptibles de fermer l’accès à des électorats supplémentaires. L’euro, la sortie de l’Union européenne, la retraite à 60 ans, certaines conceptions de la préférence nationale, puis plusieurs mesures identitaires ont été successivement abandonnés, reformulés ou repoussés. Chacune de ces évolutions peut être défendue rationnellement. Leur accumulation finit cependant par dessiner une méthode : toute doctrine demeure subordonnée à l’élargissement électoral.
Le problème n’apparaît pas nécessairement avant la victoire. Il surgit après.
Libération a fourni récemment un contrepoint inattendu au bel optimisme du JDD. Dans une enquête consacrée à la préparation de 2027, le journal décrit un RN porté par des sondages favorables, mais encore marqué par « l’atonie programmatique, le dilettantisme et la confusion ». Marine Le Pen y apparaît comme une dirigeante fonctionnant beaucoup à l’instinct, peu soucieuse des grandes constructions de campagne et disposée à attendre les événements plutôt qu’à les provoquer.
Un tel fonctionnement constitue une force dans l’opposition. La souplesse permet de saisir les changements d’humeur de l’électorat et d’éviter l’enfermement doctrinal. Au gouvernement, elle devient plus périlleuse. Une crise financière, une révolte urbaine, un conflit avec les institutions européennes ou une réforme budgétaire ne laissent pas toujours le loisir de consulter l’opinion avant de choisir.
Les tensions entre Marine Le Pen, Jordan Bardella et Marion Maréchal donnent une autre indication. Libération rapporte notamment la réaction de Bardella lorsque fut envisagée une place plus importante pour Marion Maréchal : « C’est elle ou moi. » Derrière la rivalité des personnes existe aussi une concurrence entre orientations politiques, Marion Maréchal incarnant depuis longtemps une droite plus identitaire, économiquement plus libérale et davantage favorable aux rapprochements avec les autres droites.
Ainsi, au moment même où le JDD annonce l’union prochaine des droites, le RN peine encore à régler la question de ses propres droites.
17:38 Publié dans Balbino Katz, Présidentielle 2027, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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dimanche, 13 septembre 2026
Le meeting de rentrée de Sarah Knafo et celui d'Eric Zemmour à Port-Marly (78)
14:59 Publié dans Eric Zemmour, Présidentielle 2027, Sarah Knafo | Lien permanent | Commentaires (0) |
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vendredi, 11 septembre 2026
Je suis un "nationaliste radical", mal-pensant… Et excédé !
Pieter Kerstens
Article publié dans le n°74
de la revue Synthèse nationale cliquez ici
Comme la portion encore politisée de la majorité silencieuse et renfrognée des Français au bord de la crise de nerf, je lis les documents émanant des formations politiques. Même ceux des différentes chapelles de la bien-pensance ! Depuis des lustres, les "progressistes" de la droite courbe, du centre et de la gauche sous emprise LFI président aux destinées de notre pays. La scie lénifiante qu’ils débitent à nos oreilles est toujours la même : « Ayez confiance, laissez-nous faire, dormez tranquille ». Mais pourquoi, aujourd’hui, devrait-on croire aux promesses qu’ils n’ont pas réalisées hier ?
L’histoire ne cesse de se répéter. Les discours engageants, les professions de foi fermes, les coups de menton, les "je vous ai compris" débouchent immanquablement sur l’inaction, la résignation ou l’exact contraire de ce qui était annoncé. A la veille du quinquennat Sarkozy, celui-ci avait déclaré en juin 2005 à la cité des 4.000 à la Courneuve : « Il faudra nettoyer les quartiers du pays en utilisant le Kärcher ».
Ensuite, le 25 octobre 2005 sur la dalle d’Argenteuil, il précisait sa pensée : « Vous en avez assez de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser ». RIEN n’a été fait !
La politique du chien crevé au fil de l’eau
Depuis trop longtemps, une partie de nos "représentants", à tous les niveaux, font preuve d’une apathie, d’une lâcheté, d’une incompréhension, d’un aveuglement consternant, voire d’un cynisme confondant, devant la déliquescence de notre société.
Malheureusement, cette réalité est loin d’être nouvelle. L’historien Henri Amouroux, dans un article paru en mai 1977, a pu écrire ainsi, à propos de la classe politique française des années 1930 : « Aucun de ceux qui dirigent ne manque d’intelligence. Presque tous, par contre, manquent de volonté et de caractère, fonctions depuis longtemps atrophiées chez des hommes qui ont l’habitude de ne rien brusquer, d’effleurer les difficultés de peur de les faire bouger, de veiller à ce que les actes ne soient que rarement en conformité avec les paroles. L’on songe alors au mot de Valéry : "Une trop grande intelligence est plus nuisible qu’utile dans la conduite des affaires… Elle s’accommode mal au désordre des événements" ».
La grande débâcle
La confusion mentale et l’immobilisme d’une partie de la caste néo-féodale qui cornaque notre République quasi bananière n’ont d’égal que sa rage taxative et normative. Sa devise ? "Forte avec les faibles et faible avec les forts" !
À ses yeux, tout se vaut, ou presque. Les valeurs - au sens de « principes idéaux de référence » - n’ont plus vraiment cours. Par la grâce de son relativisme, nous voici entrés dans l’âge du grand méli-mélo. On confond l’ordre et la tyrannie, le droit et la force, le devoir et la faiblesse, la morale et l’oppression, la liberté et la licence, l’amour et la fornication, l’égalité et le nivellement, l’information et la propagande, l’enseignement et l’endoctrinement…
Désormais, le patriotisme est assimilé à la xénophobie, la volonté de préserver son identité au racisme ou la police à un ramassis d’assassins. On psalmodie le bréviaire progressiste, on gueule des slogans, des insultes, on crie frénétiquement au fascisme et on voit des nazis partout. C’est que les révolutionnaires vont toujours à la facilité ! Bêtise, débâcle et dérive à tous les étages ! «Tout redevient un vague marais. Seulement, de temps en temps, montent à la surface des fusées de haine, des gaz malsains » (Maurice Barrès, Leurs Figures).
« Du passé, faisons table rase »
Ce vers de L’Internationale résume à merveille l’entreprise menée depuis des années par une partie de la gauche et l’extrême gauche, avec la complicité active ou passive des "idiots utiles" du centre et de la droite dite "républicaine". Table rase de notre histoire, de ses hauts faits et grandes figures ! Table rase de nos croyances, de nos us et coutumes ou encore de la famille traditionnelle !
Ce patient minage des fondements de la communauté nationale représente une menace réelle pour les Français. Pourtant, nombre d’entre eux continuent de se laisser envoûter par le chant des sirènes néomarxistes. Comment tous ces crédules peuvent-ils accorder encore du crédit aux pharisiens sans scrupules qui bafouent la démocratie au prétexte de la défendre (contre des dangers imaginaires) et trahissent l’esprit de la loi au motif d’en moderniser la lettre ? Pour moi, c’est un mystère…
Un pays bloqué et ruiné
Rejeter sur les autres (l’Union européenne, les États-Unis, l’Allemagne, la mondialisation…) la responsabilité des conséquences néfastes des politiques menées ces quarante dernières années est un peu court. Celle-ci incombe d’abord aux choix frileux de millions de citoyens abonnés au pseudo "vote utile", aux dirigeants politiques issus des partis dits "de gouvernement", à la haute fonction publique, aux médias inféodés au Régime et au monde de la culture.
C’est leur conjonction qui permet la prorogation de l’État-nounou, de l’"ouverture heureuse", du carcan fiscal et du leurre du vivre ensemble, avec leur cortège de "toujours plus" : toujours plus de taxes, de lois, de règlements, de faillites, d’immigration, d’insécurité et… de stratégies de contournement pour essayer d’y échapper ! C’est elle également qui entretient la diffusion de la pensée unique et le maintien des nombreux blocages qui continuent d’interdire tout redressement. C’est elle enfin qui est la première responsable de la pharamineuse dette publique que nous allons transmettre à nos enfants : 3 526 milliards d’euros (en mars 2026), soit 116,5% du PIB , dont les intérêts et la charge coûtent, selon Fipeco, 183 millions d’euros aux contribuables français, tous les jours
Les revendications sociales, les demandes d’augmentation des sommes allouées aux petites retraites, au système de santé, à l’enseignement, à la justice, à la police ou à l’armée peuvent s’entendre. Mais il conviendrait en premier lieu de recentrer vraiment l’action de l’État sur les fonctions régaliennes, d’arrêter la hausse continue de ses dépenses et de réduire ces dernières en taillant enfin dans un certain nombre de budgets ! De plus, il faudra aussi le courage politique pour imposer la suppression de 500.000 postes de fonctionnaires…
Quand ce n’est plus supportable, on ne supporte plus
Notre caste politico-médiatique recourt volontiers à la pensée magique ; elle multiplie les déclarations d’intention, les incantations ; elle s’étourdit de concepts vaseux, de formules creuses ; elle utilise à foison des mots qu’elle a vidés de leur sens depuis longtemps, tels "nation" ou "responsabilité" ; la bien-pensance multiplie les lois, les interdictions, les recours liberticides ; sa pseudo défense de la République, de la démocratie, de la liberté - soi-disant menacées – dissimule de plus en plus mal de réelles pulsions totalitaires ; une partie de la population viole allègrement les lois ; des migrants sans papiers, des OQTF toujours plus nombreux peuvent rester impunément sur le territoire ; la police est vilipendée, molestée, désavouée ; la justice multiplie les sentences incompréhensibles, qui donnent à penser que les coupables priment désormais sur les victimes ; le système éducatif est tiré vers le bas par le pédagogisme et une conception très laxiste de la "bienveillance" ; des secteurs entiers de l’économie plient sous le poids écrasants des charges ; un nombre croissant de Français s’expatrient ou songent à le faire ; le pays additionne les crises (économique, financière, politique, identitaire, sécuritaire…) ; et il s’enfonce dans la peur du lendemain, la dépression, le fatalisme, le renoncement...
Trop, c’est trop ! L’indispensable sursaut, attendu depuis si longtemps, doit intervenir rapidement. Or, il ne peut surgir que du pays réel, de cette majorité que l’on constate à chaque sondage portant sur les sujets brûlants, mais qui, jusqu’ici, s’est éparpillée au moment des différents scrutins. Les citoyens doivent prendre leurs responsabilités. Quand ce n’est vraiment plus supportable, on ne supporte plus et on vote en conséquence ! L’année prochaine, pour la présidentielle, il faudra que chacun ose penser et agir. Les électeurs auront à lancer un signal fort en choisissant massivement le candidat qui portera le programme le plus à même de renverser la table pour redresser le pays ! Ce qui implique la débâcle des Philippe, Barnier, Darmanin, Bertrand, Wauquiez, Villepin, Attal, Braun-Pivet, Cazeneuve, Guedj, Hollande, Faure, Glucksmann, Tondelier ou encore, bien sûr, Mélenchon !
En 2027, sortons les sortants ! Afuera !
12:50 Publié dans Les articles de Pieter Kerstens, Présidentielle 2027 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mercredi, 02 septembre 2026
De Chirac à Mélenchon... un projet : détruire la France

16:39 Publié dans Présidentielle 2027 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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lundi, 24 août 2026
Raphaël Glucksmann candidat : hypocrisie et traitrise politique
Michel Festivi
Le soi-disant social-démocrate -(il est invariablement qualifié ainsi par la grande presse et même par une presse plus objective) - vient d’annoncer sa candidature à la présidentielle de 2027. Selon plusieurs sites, son intervention sur TF1 aurait été médiocre, se contentant visiblement de réciter une leçon apprise par cœur. Glucksmann ose se poser désormais en parangon de la lutte à gauche contre LFI et surtout Mélenchon. C’est d’une hypocrisie et d’une traitrise politique totale, et nous allons facilement le démontrer. Mais est-ce que les Français qui ont la mémoire courte, voire des cerveaux de poissons rouges parfois, sauront-ils se remémorer cette infamie ?
À peine les bulletins du premier tour des élections législatives de 2024 étaient dépouillés, que Glucksmann annonçait sans coup férir : « barrer la route au RN », et validait le ralliement de son mouvement - Place Publique - au Nouveau Front Populaire, mouture gauchiste entièrement contrôlée par LFI. Ainsi et malgré le désarroi de bon nombre de militants, il appelait à voter LFI au second tour desdites élections. Pourtant toute sa campagne des élections européennes quelques jours auparavant, avait eu comme leitmotiv de se démarquer des mélenchonistes, c’était même le cœur de son programme. C’était donc clairement de l’hypocrisie et de la traitrise politique au plus haut niveau.
Pire encore, Glucksmann piètre politicien, s’était complètement fait rouler dans la farine lfiste, en annonçant qu’il aurait obtenu « des engagements extrêmement clairs » sur l’Ukraine, l’Europe et le conflit israélo-palestinien. Malgré le fait qu’il estimait que ceux qui avaient voté pour lui aux européennes « puissent se sentir trahis », il ne faisait ni une ni deux et apportait son soutien à LFI, « les pires antisémites », selon plusieurs personnalités de gauche, dont le socialiste Guedj, qui insulta même publiquement Jean-Luc Mélenchon à ce propos, on s’en souvient tous. De plus à l’époque, Glucksmann pensait naïvement qu’une personnalité autre que Jean-Luc Mélenchon aurait été le chef de file de cette fumeuse union des gauches, il évoquait François Ruffin, Boris Vallaud ou Laurent Berger ? or on sait ce qui en est advenu, Mélenchon et ses lieutenants : Bompard, Panot, Aubry, Hassan, Arnault, ont vite pris le dessus et ont rapidement annihilé toute tentative de sortir la gauche de l’extrémisme le plus vil. Et je ne parle même pas de la perpétuelle racialisation des lfistes, qui à tout propos invoquent une nouvelle France, voulant comme l’a exprimé l’un des leurs, Yazid Arifi, désoccidentaliser la France, niant son Histoire millénaire.
À propos de l’Ukraine qu’a-t-il obtenu de Jean-Luc Mélenchon ? Poser la question s’est y répondre. Voulait-il faire oublier son passé géorgien, lui qui fut le conseiller spécial de l’ancien président de Géorgie, Mikheïl Saakachvili ? Veut-il ainsi faire entre la France en guerre ?
Glucksmann n’a donc aucun honneur politique, il est prêt à tout pour participer à la soupe politicienne, et ses propos n’ont donc aucune valeur, sauf ceux d’un traitre et d’un hypocrite politique des plus bas étages. Car comme on le sait, en réalité, Glucksmann n’a strictement rien obtenu de LFI, sinon des paroles pieuses, qui se sont envolées, dès le second tour des législatives passée, c’était hautement prévisible, quand on connait les méthodes trotskistes de ce parti, un chef, un parti etc. tout le monde le petit doigt sur la couture du pantalon.
Dès lors sa promesse annoncée sur TF1, ce 23 août 2026 comme quoi : « si je gagne cette primaire, il n’y aura plus jamais d’accord avec la France insoumise...il faut arrêter d’avoir peur de Jean-Luc Mélenchon », est une nouvelle abjection mensongère, toute la phrase tient dans deux mots « plus jamais », mais une fois n’est-il pas une fois de trop ? En réalité Glucksmann qui n’a aucun courage politique, a la trouille, celle qui fait dire tout et n’importe quoi à un petit politicien. Sait-il que les révolutions mangent leurs propres enfants, et d’abord les plus tièdes et les plus insipides ?
Car un homme qui se présente à l’élection présidentielle, se doit de démontrer qu’il est un homme d’État, et qu’il n’est pas prêt à magouiller avec la tambouille politicienne. Or depuis ces élections, LFI et ses sbires ont démontré, jour après jour, qu’ils se foutaient comme d’une guigne de la parole donnée, et qu’ils traçaient leur chemin sur le sentier du soutien absolue au Hamas, au Hezbollah, à tous ceux qui avaient participé aux massacres du 7 octobre 2023. Qu’a dit, qu’a fait Glucksmann ? rien ou à peu près. Olivier Faure et tous les socialistes ou presque, se sont empressés de se compromettre dans la fange des lfistes, comme les communistes et les écologistes, mais ils n’ont jamais caché leurs accords de fond. Par contre Glucksmann a joué à la vierge effarouchée, pour tenter de rallier un électorat rétif à l’extrême-gauche la plus vile, pour ensuite trahir ses électeurs, une grande partie d’entre eux tout du moins, c’est encore pire.
De plus, il me semble que son père, André Glucksmann doit se retourner dans sa tombe, s’il apprenait que son fils s’était rallié à un mouvement antisémite et favorable aux dictatures communistes. Sa honte doit être double, car depuis le milieu des années 1970, André Glucksmann avait renié son passé communiste puis maoïste, en pourfendant le totalitarisme rouge, alors que Mélenchon et les Lfiste soutiennent ces pires régimes : Cuba, le Venezuela de Chavez et Maduro, la Chine communiste, et ainsi de suite, comme le Nicaragua, j’en passe et des pires. Or justement, André Glucksmann avait eu des propos des plus sévères comme ces régimes communistes. Il suffit de relire La cuisinière et le mangeur d’hommes, Essai sur l’État, le marxisme, les camps de concentration, pour s’en convaincre. C’était en 1975, j’avais 20 ans alors, et ce livre m’avait profondément marqué, car le coup venait d’un ancien communiste de l’UEC, puis d’un ancien maoïste, et avait eu un poids considérable dans l’intelligentsia alors dominée par le Parti communiste. Pour la première fois venant d’un ancien gauchiste français des plus extrêmes, un parallèle clair entre nazisme et communisme était établi et n’était pas passé inaperçu. Il militera ensuite en faveur des dissidents soviétiques et d’Europe de l’Est, ainsi que pour les boat-people vietnamiens et cambodgiens qui fuyaient les « paradis rouges ». Certes, de véritables anticommunistes de la première heure avaient fustigé cela depuis bien longtemps, mais malheureusement ils prêchaient souvent dans le désert, car les grands médias leur étaient fermés. Raphaël Glucksmann a-t-il donc attenté à la mémoire de son père en prenant ainsi position pour un parti qui se veut louer les pires totalitarismes rouges qui existent encore sur la planète ? Je laisse à sa conscience, le soin d’y répondre.
Toujours est-il, que Raphaël Glucksmann s’est discrédité à jamais en prenant position pour les Lfistes dans le cadre du Nouveau Front populaire. Discrédit un jour, discrédit toujours. Puissent les Français s’en souvenir.
16:26 Publié dans Michel Festivi, Présidentielle 2027 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mercredi, 15 juillet 2026
Marine Le Pen : stratégie risquée et épée de Damoclès
Pierre Boisguilbert
Polémia : L’annonce de la candidature de Marine Le Pen, malgré une condamnation confirmée en appel, a beaucoup fait parler médiatiquement et politiquement. La candidate du Rassemblement national a formé un pourvoi en cassation et est considérée comme innocente. En attendant le verdict final, la campagne est donc lancée et Pierre Boisguilbert nous donne son avis sur cette situation exceptionnelle.
Un pari risqué ?
Marine Le Pen a donc décidé d’être candidate à la présidence de la République. Elle le fait parce qu’elle le peut. C’est une raison nécessaire et suffisante. Elle est présumée innocente. Mais c’est un pari très difficile. Il est évident que, pour ses adversaires, la présomption d’innocence ne sera pas respectée, et ils dénonceront à chaque occasion la campagne d’une « délinquante ». Elle fera campagne avec une clochette de lépreux à chaque déplacement.
Et il y a pire : une décision de la Cour de cassation en pleine campagne, l’obligeant à terminer avec des bracelets électroniques et une condamnation définitive, est l’épée de Damoclès.
On s’aperçoit cependant que ce double handicap est intégré par l’électorat et qu’elle progresse dans les sondages, confortant pour le moment son statut de favorite. C’est dire à quel point le peuple n’accorde plus de crédit aux décisions de justice. Les juges l’ont compris, eux qui légitiment le jugement populaire, au final, dans l’arrêt d’appel.
La Cour de cassation est face à une décision de justice qui sera forcément une décision politique. On n’aimerait pas être à leur place, pas plus d’ailleurs qu’à celle de Marine Le Pen. Elle tente de passer en force et de forcer le destin. C’est un pari risqué pour le camp national. Bardella, renvoyé au rôle de second, sera-t-il à 100 % dans la campagne ? L’autre droite nationale, qui aura forcément un candidat ou une candidate, profitera-t-elle du doute de certains sur Marine, au risque de réduire son score du premier tour ?
Une stratégie antisystème assumée
Pour le moment, on voit bien le jeu de Mélenchon : « Elle ou moi ! » Mais reste l’inconnu des candidatures post-macronistes et de la gauche non mélenchoniste. La droite et le centre, divisés, seront éjectés dès le premier tour. La gauche, comme d’habitude, s’il le faut, se ralliera à Mélenchon dans la lutte contre le retour du fascisme. Pour le moment, tout tourne autour de Marine : un atout qui peut se transformer, au fil des mois, en handicap.
Le pari est risqué ; la clé est dans la force de la volonté de rupture avec le système. Marine Le Pen est condamnée sans appel à une stratégie antisystème, loin de celle de la dédiabolisation. Il lui faudra faire du Jean-Marie pour sauver Marine. En est-elle capable ? Le veut-elle ? Il lui faudra vite le faire savoir pour avoir une chance de gagner.
Il ne faut pas former le carré, il faut mener la charge et peut-être forcer sa nature, quitte à renoncer à une stratégie qui, malgré toutes les concessions et tous les reniements, a parfois mis sa candidature en péril. À une volonté indiscutable doit s’ajouter une nouvelle lucidité. Sinon, tout est perdu, sauf l’honneur — et il n’est même pas sûr alors que l’honneur, au final, soit sauvé.
Article paru le 13 juillet sur Polémia, cliquez ici
09:43 Publié dans Présidentielle 2027, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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dimanche, 12 juillet 2026
Dans Le Parisien, un entretien avec Sarah Knafo
Vous n’avez pas encore réagi à la condamnation de Marine Le Pen et sa décision de faire appel pour faire campagne. Vous comprenez ce choix ?
SARAH KNAFO. S’il y a eu détournement de fonds publics et que cela est confirmé par la décision de la Cour de cassation, Marine Le Pen devra rembourser cet argent public, payer une amende. C’est une évidence. Mais l’éligibilité est un sujet d’une autre nature. Je suis une grande partisane de la démocratie suisse et la Suisse a supprimé ses peines d’inéligibilité en considérant que seul le peuple était souverain pour empêcher quelqu’un de le représenter. J’estime que ce n’est ni aux juges, ni aux technocrates, ni à Bruxelles, ni à qui que ce soit d’autre de décider à la place du peuple français de qui mérite d’être élu.
Sa campagne est donc suspendue au calendrier de la Cour de cassation. Elle pourrait finir avec un bracelet électronique. C’est un problème ?
Avec son pourvoi, Marine Le Pen place de facto la campagne présidentielle dans la main des aléas judiciaires. Cela nous rappelle tristement les deux dernières campagnes, toutes deux escamotées. 2017, à cause des affaires judiciaires de François Fillon. 2022, avec la guerre sur le sol européen venue nous percuter. Emmanuel Macron a enjambé l’élection, sans présenter de programme, ni faire campagne. Résultat : pas de majorité, une dissolution, un pays qui n’est pas gouverné, rien qui avance et tout qui empire. Nous avons besoin de trancher les grandes questions pour avancer. De notre côté, nous agirons donc pour que la campagne ait lieu, qu’elle porte sur nos solutions, et non sur les affaires judiciaires des autres.
Vous ne pensez pas que cela risque de parasiter, de perturber sa campagne malgré tout ? On l’a vu lors de son premier déplacement à la Flèche…
C’est un fait, oui. On le remarque déjà. Mais ce n’est pas mon sujet.
Vous auriez préféré avoir Jordan Bardella face à vous ?
Je ne suis pas juge à la cour d’appel ! Et j’ai tendance à ne jamais me définir par rapport aux autres, encore moins contre les autres, mais pour défendre nos idées et nos solutions. Marine Le Pen est la candidate du RN et avec Marine Le Pen les différences sont claires. Elle a le mérite de l’assumer. Encore la semaine dernière, quand elle s’oppose à Eric Zemmour sur la lutte contre l’islamisation du pays. Elle assume également que nous sommes radicalement différents sur nos solutions économiques, quand elle vote 43 milliards d’euros d’impôts avec LFI, dit que « diminuer le nombre de fonctionnaires, c’est un truc de droite », ou qu’elle n’a « absolument rien en commun avec Javier Milei ». Jordan Bardella avait passé des mois à essayer de construire une image pro-business. Ce discours passera du devant de la scène aux coulisses. Je sais que nombre de Français qui avaient misé sur l’émergence de cette ligne au RN sont aujourd’hui déçus. Ils cherchent une alternative qu’ils vont pouvoir trouver avec nous. Nous n’attaquerons pas les personnes : nous débattrons sur le programme et la méthode. C’est le moindre des respects à accorder aux électeurs. Leur offrir le choix.
Vous aviez dit vouloir tendre la main à Jordan Bardella dans cette campagne ? C’est exclu avec Marine Le Pen ?
La concurrence doit désormais se jouer au premier tour. Elle est saine pour tout le monde : c’est la démocratie. Ensuite nous aurons le devoir d’être majoritaire et donc se retrouver sur un programme clair. Au second tour, chacun devra faire son devoir.
Donc vous pourriez voter Marine Le Pen est au second tour ?
J’ai un principe : dans les seconds tours, je vote toujours pour la personne qui a le programme le plus à droite. C’est une condition. C’est ce que j’ai prouvé en me désistant contre la gauche au second tour des municipales à Paris. C’est ce qu’Eric Zemmour a fait au second tour en 2022. Je n’ai vu personne adopter une attitude aussi responsable dans la classe politique. Je dis donc aux électeurs : si vous voulez l’union des droites, votez pour les seuls qui la défendent et qui l’ont prouvé. Eux seuls sauront rassembler pour gagner.
Pour l’instant, vous êtes loin d’eux dans les sondages… Qu’est-ce qui vous fait dire que cela pourrait changer ?
L’Histoire de la Vème. Et l’actualité récente. On me disait que j’étais loin de Thierry Mariani dans les sondages parisiens lors de la dernière campagne municipale. Les sondages donnaient le candidat du RN à 9% quand j’étais censée être à 4%. En deux mois de campagne, j’ai fait 10,5% et il a fait 1%. Tout va très vie en campagne.
La France essuie un nouvel épisode caniculaire en ce moment. Comme le RN, préconisez vous aussi un plan « climatisation » massif ?
L’État a mis en place une journée de solidarité en 2003. Elle rapporte chaque année 3 milliards d’euros de recettes publiques. Où est passé l’argent ? Le produit d’une seule année suffirait pour équiper tous les Ehpad de France. Une deuxième, tous les hôpitaux et une troisième toutes les écoles et toutes les crèches. C’est évidemment ce qu’il faut faire. Je ne conçois même pas qu’on puisse encore construire un l’hôpital, comme celui de Nantes, sans climatisation.
Éric Zemmour sera vraiment candidat, ou cela pourrait être vous ?
Je vais devoir vous répéter ce que j’ai plusieurs fois dit publiquement, à savoir qu’Éric Zemmour annoncera sa décision quand il l’aura décidé. J’aime beaucoup Le Parisien, mais je ne peux pas annoncer sa candidature à sa place. (rires)
Seriez-vous partante pour participer à une primaire de la droite ?
Oui. C’est une bonne idée de David Lisnard et Laurent Wauquiez. On a aujourd’hui un bloc central mouillé jusqu’au cou dans le macronisme, qui ne peut pas représenter la rupture. On a un RN dont la désormais candidate dit qu’elle « n’est pas de droite » et que « l’union des droites est un fantasme auquel elle ne croit pas ». Forcément, des millions d’électeurs attendent autre chose et veulent la droite au pouvoir. Nous allons leur offrir les solutions qu’ils attendent depuis si longtemps.
Donc vous vous l’appelez encore de vos vœux, cette primaire ?
Je dis banco. S’il y en a une, ce sera un plus pour la droite. Et s’il n’y en a pas, nous irons chercher la victoire nous-mêmes. Donc dès maintenant, je donne toute mon énergie sur notre programme, et sur mon premier livre qui sort à la rentrée.
C’est une bonne idée de mettre l’Ukraine et la coalition des volontaires à l’honneur pour le défilé militaire du 14 juillet ?
Sur le plan de la défense, on a énormément de choses à apprendre du théâtre ukrainien. Toute notre industrie de défense s’inspire de ce que fait l’Ukraine, notamment en matière de drones et d’IA. A l’heure où un système de défense peut devenir obsolète en trois semaines, c’est vital pour la puissance française d’être en permanence à jour sur les ruptures technologiques.
Emmanuel Macron veut envoyer un message à la scène internationale avec ce défilé XXL…
En matière de défense, tout ce qui s’apparente à de la communication est non seulement sans effet, mais dangereux. Parler d’économie de guerre quand on ne passe pas de commandes à nos industriels et qu’on continue de dilapider notre argent dans des gabegies, ça s’appelle de la poudre aux yeux. Il faut couper massivement dans la dépense pour investir massivement dans la défense. Nous avons un devoir de puissance.
Qu’est-ce que vous pensez de la politique erratique de Donald Trump au Proche et au Moyen Orient ?
Force est de constater que beaucoup promesses n’ont pas encore été tenues : la paix en Ukraine qui devait prendre 48 heures, la situation en Iran qui s’éternise… Il faut savoir apprendre de ce que font les autres. D’autant qu’avec Trump, nous avons aussi souvent des intérêts divergents que des objectifs intérieurs communs : la lutte contre la gabegie, le wokisme, l’immigration, la liberté économique et l’ambition pro-technologie. Cela permet de voir les Etats-Unis comme un laboratoire grandeur nature : ne pas reproduire les erreurs, s’inspirer de ce qui marche. C’est également ce que je fais avec l’Italie, la Suisse, l’Argentine, le Salvador… Analyser ce qu’il y a de bon partout pour offrir les meilleures solutions aux Français.
Source Le Parisien cliquez ici
20:17 Publié dans Présidentielle 2027 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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