mercredi, 09 septembre 2026
Education nationale : la tour de Pisa penche de plus en plus (et ça n'est pas nouveau)...

Synthèse nationale
Depuis vingt-quatre heures, la chute des résultats du dernier classement Pisa pour la France et de nombreux pays de l'OCDE est beaucoup commentée. Sur les ondes et dans la presse écrite, on glose à l'envi sur les raisons du décrochage et les solutions possibles. Selon une habitude désormais bien ancrée, caractéristique de notre époque où la parole remplace l'action, on cause, on affirme, on s'indigne, on s'énerve... puis on passera à un autre sujet et on oubliera.
Résultat : rien ne change, tout se poursuit et s'aggrave...
Nous voici désormais face à un champ de ruines. Ce spectacle lamentable, désespérant, n'est pas pour nous étonner. Ces dernières décennies, en effet, la droite nationale - sous les insultes, les quolibets, voire les coups - n'a cessé de pointer les problèmes, de mettre en garde le pays sur leurs conséquences prévisibles. Pour en avoir la confirmation, il suffit de se replonger dans les déclarations, les textes du passé. Il suffit de reprendre les anciens programmes, les anciennes publications... Sur les principaux sujets de nos actuelles inquiétudes, tout a déjà été dit et écrit !
Comme il n'y a rien de mieux qu'un exemple, et qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même, nous mettons en ligne ci-dessous un texte de 2005 (il y a 21 ans) écrit par notre collaborateur Maurice Bernard pour la lettre des clubs Ligne droite, alors qu'il était encore professeur dans un collège de la grande banlieue parisienne... Les écrans, les réseaux sociaux et maintenant l'IA ne sont qu'une des causes de la décrépitude...
Profs de collège, de banlieue et d’ailleurs, le grand malaise...
Quelques réflexions désabusées d’un représentant d’une profession proche de la crise de nerf, qui doute, qui s’interroge, et dont de nombreux membres sont de plus en plus tentés de voter avec leurs pieds… en partant à la retraite sans regrets ou en allant voir ailleurs quand ils le peuvent…
Il n’y a pas si longtemps, avec un certain enthousiasme, on a présenté aux professeurs de collège dont je suis, à travers les itinéraire de découverte (IDD) destinés aux classes de 5e et de 4e (encore une innovation des pédagos…), la panacée qui allait permettre de réconcilier les élèves en difficulté avec l’école, en leur permettant d’être valorisés grâce à un travail différent, moins scolaire (à raison de deux heures par semaine, on pouvait, par exemple leur faire réaliser un dossier, une exposition, une maquette… sur un sujet donné, en rapport avec le programme).
Pour la mise en place de ces IDD, des réunions ont été organisées. On m’a ainsi demandé d’intervenir au cours de l’une d’elles, un mercredi après-midi - ce que j’ai fait volontiers puisque c’est une sorte de réflexe largement partagé dans le monde enseignant de faire ce que l’on nous demande, dès lors que l’intérêt de nos élèves serait en jeu. Un peu comme si nous étions entrés dans l’éducation nationale comme on entre en religion, pour nous tenir en permanence sur la brèche, en l’occurrence dans nos établissements, de 8 heures du matin à 16, 17, 18 heures, et pourquoi pas 20 heures, le petit doigt sur la couture du pantalon, un peu comme des scouts laïcs toujours prêts à voler au secours des enfants d’une société qui, par ailleurs nous considère au mieux comme des privilégiés, au pire comme des fainéants incapables… Le tout, dans mon cas, pour 2.110 euros nets par mois (hors heures supplémentaires, il est vrai), pour deux licences, une maîtrise, bientôt 23 ans d’ancienneté, aucun avantage particulier, aucune médecine du travail, ni conditions d’exercice de notre profession dignes de ce nom (en raison de l’état des locaux)…
Résultat de l’expérience : comme bien d’autres réformes et innovations précédentes, les itinéraires de découverte ont été enterrés au bout de… 3 ans, sans fleurs ni couronnes, dans la discrétion la plus absolue. De leur vivant, ces IDD n’ont véritablement rien changé à la situation des élèves en difficulté – et comment aurait-il pu en être autrement dès lors que le problème fondamental, récurrent, de ces élèves est leur absence de maîtrise du français courant, à l’oral comme à l’écrit ?
En revanche, l’instauration des itinéraires aura permis, au passage, de supprimer des heures de cours – par exemple une demi-heure par semaine en histoire-géographie en 5e – heures que, bien évidemment, les enseignants des matières concernées n’ont pas retrouvées quand lesdits itinéraires ont été supprimés, alors que, dans le même temps, les programmes, eux, n’ont pas été allégés…
Absence de maîtrise du français courant, à l’oral comme à l’écrit, ai-je écrit un peu plus haut : justement, parlons-en.
De plus en plus, nous voyons arriver en 6e des élèves déjà signalés en difficulté par nos collègues du primaire qui sont, en l’état actuel des choses, tout aussi démunis que nous le sommes face à un certain nombre de situations problématiques (familles éclatées et/ou recomposées, absence d’autorité parentale, difficultés sociales inextricables, violences en tout genre, j’en passe et des pires). Des élèves qui ont fait tant bien que mal – et plutôt mal que bien - leurs cinq, voire leurs six années de primaire. Qui sont arrivés en fin de CM2 avec, parfois, déjà un an de retard, en ne maîtrisant pas les fondamentaux : écriture, lecture, calcul ; ni même des choses toutes simples, comme : j’écoute ce que dit le professeur ; je prononce une phrase sans gros mots ; je colorie sans en mettre partout ; je souligne avec une règle ; j’écris sur les lignes ; je fais un brouillon ; je ne mange pas en classe ; je ne fais pas de bruit : je reste assis ; je me tiens bien sur ma chaise ; je mets la main devant la bouche quand je bâille ; je ne parle pas quand j’en ai envie, etc.
Des élèves, donc, qui n’ont pas atteint le niveau requis, mais qui, par la force des choses, arrivent malgré tout au collège, avec toutes leurs lacunes - des lacunes d’ailleurs mises en évidence par les évaluations à l’entrée en 6e (par exemple, dans une classe de mon établissement, 38,4 % de réussite en français et 52,6 % en mathématiques !) ; des élèves qui, pour un certain nombre d’entre eux, nous arrivent aussi avec toute leur mauvaise volonté, avec leur refus du travail, de l’effort, voire de la discipline, de l’autorité… et qui, une fois au collège, peuvent très bien, de la 6e à la 3e, collectionner, trimestre après trimestre, les mauvaises moyennes, les appréciations négatives de leurs professeurs, voire les avertissements travail et/ou conduite, sans que leur attitude ne change, et sans que cela ne les empêche, arrivés en 3e, de demander sereinement un passage en seconde générale… Il est vrai qu’ils auraient tort de se gêner, dans la mesure où, avec le système actuel, parce qu’ils sont totalement dépassés et/ou parce qu’ils ne fournissent aucun effort, ils sont assurés d’accéder à la classe supérieure ; puisque, pour eux, un redoublement serait inutile ; et puisque nous n’avons d’autre solution que de les amener le plus vite possible au seuil d’orientation, avec l’espoir qu’eux et leur famille voudront bien se rendre compte, enfin, qu’il s’agit là, de la meilleure solution…
En attendant, autre problème, nous nous retrouvons, dans des classes, avec un certain nombre d’élèves perdus, totalement dépassés ; incapables de suivre, ou, plus fréquemment, avec des élèves-consommateurs, qui viennent à l’école comme on va au Mcdo, habitués à zapper, incapables de fixer durablement leur attention, sans motivation ni intérêt particuliers, et par conséquent fréquemment amorphes, malgré toutes nos sollicitations, toute notre agitation, notre dépense d’énergie (inversement proportionnelle à leur apathie habituelle)… Mais des élèves auxquels, en dépit du bon sens, on demande de rester, envers et contre tout, dans un système qui, manifestement, les rebute, pour y subir les propos abscons de gens venus pour eux quasiment d’une autre planète ; le tout pendant quatre, cinq, voire six heures par jour, quatre jours et demi d’affilés sur sept, durant quatre ou cinq années, de la 6e à la 3e…
Et, en ce qui nous concerne, nous professeurs, on nous demande - en dépit de tout ce que je viens de dire - de leur enseigner des programmes qu’ils ont malheureusement très peu de chance de pouvoir suivre et assimiler. On nous demande aussi, comme si nous étions de purs esprits infiniment bons, infiniment altruistes, infiniment patients et stoïques, de demeurer parfaitement maîtres de nos nerfs, et de supporter, avec calme et dignité, l’insupportable auquel nous pouvons nous trouver confronter au quotidien ; à savoir : la mauvaise volonté, la paresse, les mauvaises manières, l’insolence, la mauvaise foi, voire la provocation manifeste…
Pour conclure, c’est peu de dire qu’il règne actuellement chez les professeurs de collège, soit du désenchantement, soit de la lassitude, soit de la colère, en tout cas une grande fatigue…
Certes, un certain nombre d’entre eux ont une part de responsabilité dans la situation actuelle, qui, en partie, est le fruit de leur parti pris ou de leur aveuglement idéologique, de leur démagogie, de leur laxisme… Mais pour autant, il ne faut pas se laisser aller à des généralisations hâtives : tous les enseignants ne sont pas de gauche ; tous les enseignants ne sont pas coupables…
Beaucoup exercent encore le métier qu’ils ont choisi par vocation avec dévouement, rigueur et conviction, mais ils commencent aussi à en avoir sérieusement assez… Assez que les ministres qui se succèdent et l’administration qui est censée être à leurs ordres leur fassent prendre des vessies pour des lanternes, des placebos pour des panacées. Assez d’être en première ligne, quotidiennement confrontés aux dommages que causent, dans la jeunesse, l’étiolement de notre société, le délitement de notre nation… Assez des effets d’annonce, des discours creux, de l’irresponsabilité, de l’absence de courage… Bref, assez de la classe politique dominante actuelle, de droite comme de gauche…
17:17 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Deux nouveaux titres dans la Bio Collection
17:16 Publié dans Bio Collection, Livres, Un peu d'Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Sarah Knafo ce soir chez Pascal Praud
17:16 Publié dans Sarah Knafo | Lien permanent | Commentaires (0) |
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La Synthèse implique le respect...

Pascal-Michel Delmas *
Fidèle lecteur et soutien de Synthèse nationale, j’ai toujours apprécié ce qui, il y a vingt ans, a présidé à sa création, à savoir la diffusion des idées de notre famille politique dans un esprit de pluralisme et de synthèse.
Cet objectif nécessite, bien évidemment, d’en respecter le fond et la forme.
Pour l’avoir vécu dans les instances dirigeantes du Front national il y a quarante ans, je sais que cela est possible à condition de respecter un certain nombre de règles.
La première implique l’absence de diffusion d’invectives vis-à-vis des membres de la famille.
Je remarque régulièrement qu’un parti insulte systématiquement, dans ses communiqués, le Rassemblement national, et plus particulièrement sa dirigeante, allant même jusqu’à relayer de fausses informations de la presse hostile.
Le ton et le vocabulaire m’insupporte et sont, à mon avis, contraire à l’esprit qui présidait à la création de la revue.
Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un inconditionnel de ce parti. En effet, je peux, en privé, émettre des critiques quant à certaines de leurs positions ; mais je m’abstiendrai toujours de le faire en dehors de ce cadre privé.
Mes soixante-cinq années de militantisme sont probablement la raison qui m’a fait adopter ce principe.
Je remarque d’ailleurs que d’autres intervenants ne manquent pas de donner leur avis de manière retenue, courtoise et d’ailleurs constructive, sur le Rassemblement national.
Pour finir, je rappellerai aux auteurs de ces insultes qui se réclament souvent du fondateur du FN, que la performance de ce dernier a été précisément de fédérer et de faire travailler durant des décennies des militants et responsables de sensibilités différentes qui en ont assuré son succès.
La synthèse, c’est cela.
Je leurs conseillerai donc de faire preuve, loin de la tentation groupusculaire, de plus de finesse dans leurs analyses et de courtoisie dans leur vocabulaire.
* Conseiller régional honoraire, ex-directeur de cabinet de Jean-Pierre Stirbois
NDLR SN : Comme son nom l'indique, Synthèse nationale veut être une "synthèse". Depuis 20 ans, nous combattons pour que, un jour, l'idéal nationaliste triomphe.
Force est de reconnaître que notre famille politique est divisée et que, même si l'une de ses composantes occupe actuellement une place prédominante, il existe, à sa marge, multitudes de militants qui ne se reconnaissent pas, ou plus, en elle. Ainsi, nous donnons la parole, sur notre site et dans notre revue éponyme, à différents courants et organisations de la droite nationale et identitaire bien souvent ignorés ou, eux aussi, insultés ailleurs. Leurs prises de positions n'engageant que chacun d'entre eux...
Cela entraîne parfois des discussions entre nos lecteurs et nos contributeurs qui peuvent, et c'est bien normal, ne pas partager la même approche sur tel ou tel sujet. C'est le cas aujourd'hui, et c'est dans cet esprit que nous publions ici cette réponse de notre Ami Pascal-Michel Delmas à l'article publié récemment par Thomas Joly (lui aussi notre Ami) à propos du RN cliquez ici
Le président du Parti de la France, effectivement, n'y va pas avec "le dos de la cuillère", mais, que tout le monde soit rassuré, nous recevons régulièrement des articles autrement plus véhéments et clivants - sur ce sujet comme sur bien d'autres - que la raison nous incite à mettre de côté...
Amitiés à tous.
R H
12:12 Publié dans Tribunes libres | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Education : de mal en Pisa

Laurence de Charette
Il était non seulement prévisible, mais annoncé : le crash de l’école s’est produit. Voilà plusieurs décennies que des hordes d’idéologues, forcenés du pédagogisme et de l’égalitarisme, s’acharnent à liquider les savoirs, à éliminer les notes, à disqualifier des vertus aussi basiques que le mérite de l’élève et l’autorité du professeur. Pisa, ce classement mondial triennal, que tous les pays considèrent mais que les caciques de la Rue de Grenelle ont longtemps pris de haut, porte au grand jour, au vu et au su de toute la planète, l’inéluctable désastre que d’aucuns, chez nous - mais ils sont tout de même de moins en moins nombreux -, s’obstinent encore à nier.
La déroute est totale : l’école « républicaine » à la française est championne dans la reproduction des inégalités sociales - et plus le temps passe, plus le déterminisme s’accentue. Éradiquer la réussite scolaire : c’est là la magnifique performance des bons apôtres de l’« égalité des chances » qui croient si peu en l’intelligence et en l’effort qu’ils préfèrent miser sur l’effondrement des exigences - sur tous les plans.
Le pire est sans doute devant nous
L’« ascenseur » fonctionne d’ailleurs désormais si mal qu’il ne parvient même plus - et c’est une nouveauté - à hisser vers le haut les élèves en principe favorisés, dont les résultats s’effondrent. L’excellence n’est pas aimée ? Le problème est réglé : la voilà chassée. Bientôt, la France se cherchera en vain des élites capables de l’emmener vers l’avenir… Mais le pire est sans doute devant nous : à ceux qui en doutaient encore, Pisa montre, à l’échelle planétaire, cette fois, les terribles ravages des écrans, des réseaux et de l’intelligence artificielle sur les jeunes cerveaux.
S’il fallait pourtant chercher, dans ce triste tableau - le pire classement en vingt ans -, une raison d’espérer, ce serait son calendrier : aux nombreux prétendants à la présidentielle, Pisa trace, avec une rare clarté, une feuille de route impérative, et une urgence : renverser la table pour revenir aux fondamentaux et replacer l’école, avec ses acteurs, au cœur de nos préoccupations, de nos exigences, de nos espérances.
Source : Le Figaro 9/09/2026
12:05 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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De la difficulté de dévoiler Belphégor
La chronique de Philippe Randa
Nombre de nos compatriotes se désespèrent de la politique française. Précisons : de ses actrices ou acteurs ! De leur programme, plus rarement, car ceux qui les ont lus (ou essayés) se comptent généralement sur les doigts d’une main droite de gaucher.
Reste les réputations, les on-dits, les ce-que-l’on-croit et plus généralement encore ce qu’on dit qu’elles ou ils sont, qu’elles ou ils pourraient être, pourraient faire, voudraient faire…
Les médias sont sensés éclairer les lanternes du bon peuple, mais celui-ci, surtout attentif aux matchs de foots, aux séries policières ou aux drames d’amours des saltimbanques, ont bien du mal à leur faire entendre sinon raison, du moins « leurs » raisons de se préoccuper de la chose publique.
À la sortie de l’été, c’est encore plus difficile. D’où sans doute, en ces premiers jours de septembre, leurs poussifs efforts pour tenter de passionner les foules avec le scandale de la proposition de Marine Le Pen de vouloir faire interdire le port du voile dans l’espace public français si elle entre à l’Élysée l’année prochaine.
Ce qui a provoqué un tollé, on s’en serait douté, dans la classe politique.
Aurait-elle préconisé la libre circulation des Belphégors que ses rivaux à la course présidentielle n’auraient sans doute pas hésité le quart de la moitié d’une seconde de fustiger sa démagogie ou son laxisme et, d’une même voix, promis de… de faire appliquer la loi existante, tiens !
« En France, le port d’un voile est interdit pour les agents du service public (qui ont une obligation stricte de neutralité), mais il est autorisé pour les usagers, sauf en cas de dissimulation du visage ou de règles impératives de sécurité »… et pour les agents du service public, l’interdiction est totale : « Les fonctionnaires et agents publics n’ont pas le droit de manifester leurs convictions religieuses ni de porter de signes ostensibles (comme le voile) sur leur lieu de travail, car ils représentent l’État et doivent garantir la neutralité du service. »
Et cela, en vertu de la loi du 11 octobre 2010, interdisant strictement à toute personne de dissimuler son visage (cagoule, voile intégral, etc.) dans l’espace public, y compris dans les bâtiments abritant un service public.
Que Marine Le Pen veuille soumettre à des amendes les femmes qui dérogerait à la loi démontre seulement que jusqu’à présent, celle-ci comme tant d’autres, a dû rarement, sinon jamais, être appliquée : on imagine d’ailleurs difficilement, dans le contexte d’irrespect des forces de l’ordre à notre époque en France, que ces dernières obligent manu militari une Belphégor à obtempérer et pas d’avantage qu’une contrevenante soit emmenée au commissariat pour y répondre de son incivilité.
Alors, se contenter de lui dresser une amende comme le souhaiterait Marine Le Pen ? Sachant qu’« il n’existe pas de chiffre officiel unique donnant le nombre exact et total d’amendes impayées en France, mais les rapports publics estiment qu’environ la moitié (voire plus) des amendes pénales et des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) ne sont jamais recouvrées » selon le site dalloz-actualite.fr et qu’« un milliard d’euros d’amendes (sont) impayées » selon la Cour des comptes, sa proposition risque donc, si elle était réellement appliquée, de coûter en finale davantage au contribuable français que ce qu’elle lui rapporterait : comme l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dont un débat oppose toujours les experts sur sa rentabilité.
Ajoutons que de telles amendes « pourraient éventuellement le cas échéant et possiblement » concerner des mères de familles n’ayant comme seuls revenus que les aides sociales (en langage populaire, « Y’a bon la CAF ! ») et qu’en France, les prestations familiales (comme les allocations familiales, l’allocation de base ou la prestation partagée d’éducation de l’enfant) sont insaisissables, sauf en cas de dette alimentaire (pension alimentaire, frais de cantine scolaire) : on imagine donc que les caisses de l’État se rempliraient assez difficilement.
De plus, à une époque où les tribunaux sont engorgés, notamment par les scandales liés à la remise en liberté des délinquants sexuels ou des narcotrafiquants pour cause de « défaut de procédures », l’arrivée de milliers de contestations d’amendes pour « encagoulement interdit » ne vont guère arranger la situation.
Les Belphégors ont sans doute encore de nombreux beaux jours devant elles pour folâtrer dans nos rues en toute impunité !
Lire EuroLibertés cliquez ici
00:08 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Déception à Vaduz
La « Chronique flibustière » de Georges Feltin-Tracol
Dans les années 2010 et à la suite de la Manif pour Tous se distinguait un groupe activiste original : les cercles anarcho-royalistes du Lys noir animés par Rodolphe Crevelle (1955–2019). Dans La doctrine anarcho-royaliste dont la quatrième édition date de 2018, il présentait la principauté du Liechtenstein comme « notre Cuba informel » ou un « Cuba anarcho-royaliste ».
Coincé entre la Suisse et l’Autriche au cœur des Alpes, l’un des plus petits États du monde est une monarchie dont la dynastie éponyme, apparue vers 1156, y règne depuis 1719. À la différence des autres régimes couronnés d’Europe et à l’exception du Saint-Siège et de la principauté de Monaco, le souverain règne et gouverne en liaison avec un gouvernement et un parlement. Membre du Conseil de l’Europe depuis 1978, de l’ONU depuis 1990 et de l’Espace économique européen depuis 1995 malgré son traité d’union douanière avec la Confédération helvétique, le Liechtenstein est une monarchie populaire : le prince souverain dispose d’un droit de veto absolu sur les décisions gouvernementales et législatives tempéré par une procédure référendaire d’initiative populaire et le droit communal à la sécession.
Rodolphe Crevelle s’enthousiasmait donc pour cette monarchie alpine qui avait connu « la seule révolution anarcho-royaliste de l’Histoire ». En 2003, les cloportes de la Commission de Vienne, organe sentencieux émanant du Conseil de l’Europe, s’indignent des pouvoirs exécutifs conférés au souverain par la constitution. Hans-Adam II répond à l’injonction euro-mondialiste en organisant un double référendum qu’il remporte haut la main (pour l’accroissement des pouvoirs du Prince à 64,32 % et contre la diminution des pouvoirs du Prince à 83,44 %). Le 1er juillet 2012, un autre référendum prévoyant la réduction du pouvoir exécutif princier donne 76,43 % de non. Le souverain liechtensteinois « avait su résister, applaudit alors Rodolphe Crevelle, à toutes les pressions, notamment de la part du Conseil de l’Europe ». Mieux encore, la population du Liechtenstein désapprouve l’avortement, l’euthanasie, la GPA, la PMA et l’homoconjugalité. « Le Liechtenstein, poursuivait le sympathique théoricien de l’Hyper-France, fait figure de réduit sociétal européen, un gravier dans la chaussure “ drag queen ” de l’Europe. »
Malheureusement, le monde ultra-moderne poursuit son long travail de sape. Dès 2004, un obscur comité de l’ONU s’élève contre les règles de succession de la principauté au nom d’un fumeux Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Des bureaucrates mondialistes dénonçaient la primogéniture masculine qui exclut les femmes du pouvoir princier. Ces belles âmes rappelaient que le droit de vote n’avait été concédé au beau sexe qu’en 1984. Aujourd’hui, le premier ministre de la principauté alpine est néanmoins une femme, Brigitte Haas.
Les institutions internationales et prétendues européennes ne cessent de harceler Vaduz pour cette soi-disant discrimination successorale. Ces pressions incessantes ont-elles finalement lassé la famille princière ? Le 12 août 2026, lors d’une réunion plénière tenue à huis clos, deux tiers des membres adultes de la dynastie de Liechtenstein abolissent la primogéniture masculine au profit d’une primogéniture absolue stricte. Rendue publique trois jours plus tard pour la fête nationale, la décision familiale ne s’appliquera qu’aux femmes qui naîtront à partir du 16 août 2026. Pour l’instant, l’ordre de succession compte cinquante-quatre hommes…
La famille princière de Liechtenstein aurait pu au moins s’inspirer de Monaco qui privilégie la primogéniture masculine tout en permettant la succession par les femmes. Les Grimaldi actuels tiennent leur palais grâce à deux femmes dans l’histoire. La dynastie alpine a adopté la solution la plus politiquement correcte. Cette antique famille dont le territoire abrite de nombreuses banques s’est-elle pliée au Diktat de la finance mondiale ? Il faut le craindre. Il est possible qu’un référendum d’initiative populaire saisisse ce sujet et que les électeurs rejettent au final la décision…
Deux compagnons de route du Lys noir, Joseph Joly et Vincent Lefebvre ont naguère publié aux éditions de l’Aspirant La dynastie prisonnière. Histoire des souverains du Luxembourg, de l’indépendance à aujourd’hui. Ces deux auteurs mettaient tous leurs espoirs dans le grand-duc Henri ainsi que dans son fils aîné, Guillaume, pour entrer tôt ou tard en dissidence. L’histoire immédiate a répondu à leurs attentes par un démenti formel ! Avant d’abdiquer en faveur de Guillaume V en 2025, l’ancien grand-duc Henri entérine la révision de la Constitution en 2008 qui lui retire ses ultimes prérogatives politiques. Le Lys noir croyait en la combattivité de la Maison de Bourbon-Parme à l’exemple du prétendant carliste traditionaliste Sixte-Henri. Or les anarcho-royalistes oubliaient qu’en 1986, le grand-père de Guillaume V, Jean (né en 1921, grand-duc en 1964, abdique en 2000 et décédé en 2019), renonçât pour lui et ses descendants aux titres de la Maison de Bourbon-Parme. Cette renonciation surprenante signalait déjà une acceptation inquiétante envers le nouveau désordre mondial ambiant.
Certes, à part le prince régnant de Monaco, Albert II, qui refuse la proposition du Conseil national d’autoriser l’avortement jusqu’à douze semaines de grossesse avec le risque de se faire dénigrer par les bien-pensants, force est de constater que les dynasties régnantes en Europe se couchent devant un conformisme édifiant. Cet état de fait empêche toute restauration monarchique sérieuse. La monocratie héréditaire n’est pas une solution idoine. Au risque d’oser l’oxymore, une « monarchie collective » dans laquelle la souveraineté se répartirait en fonction des circonstances d’un pôle à un autre paraît plus avantageuse. La résistance polysynodale, modulaire et « mosaïque » de la République islamique d’Iran le démontre bien chaque jour à la grande colère des atlantistes – occidentalistes globalitaires. S’il faut un empire sacré à l’Europe, que cet Imperium se donne d’abord un conductorat impérieux !
Salutations flibustières !
00:08 Publié dans Georges Feltin-Tracol | Lien permanent | Commentaires (0) |
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