mercredi, 21 octobre 2026
17 octobre 1961 : un « massacre » imaginaire
Au moment où le groupe d'extrême gauche LFI rabâche son sempiternel refrain sur le pseudo massacre du 17 octobre 1961, il nous semble utile de remettre en ligne l'étude que le professeur Bernard Lugan, historien africaniste reconnu pour la qualité de ses travaux - qui échappent aux poncifs de la pensée dominante -, avait publié sur l'excellent site L'Afrique réelle cliquez ici en octobre 2021.
S N
Bernard Lugan
Un contexte volontairement passé sous silence
Le 17 octobre prochain, comme chaque année, les autorités françaises, les islamo-gauchistes et le « Système » algérien vont commémorer un massacre qui n’a pas eu lieu…
Sur ce blog, ayant périodiquement à la même date déconstruit l’histoire officielle de ce prétendu « massacre », je me contenterai de renvoyer au chapitre IX intitulé « 17 octobre 1961, un massacre imaginaire » de mon livre « Algérie l’Histoire à l’endroit » en ajoutant ici quelques éléments essentiels à la compréhension du montage culpabilisateur qui nous est imposé :
1) La guerre d'indépendance algérienne se déroula également en métropole. Pour la période du 1er janvier 1956 au 23 janvier 1962, 10.223 attentats y furent ainsi commis par le FLN. Pour le seul département de la Seine, entre le 1er janvier 1956 et le 31 décembre 1962, 1.433 Algériens opposés au FLN furent tués et 1.726 autres blessés. Au total, de janvier 1955 au 1er juillet 1962, en Métropole, le FLN assassina 6000 Algériens et en blessa 9.000 autres.
2) Face à ces actes de terrorisme visant à prendre le contrôle de la population algérienne vivant en France, le 5 octobre 1961, un couvre-feu fut imposé à cette dernière afin de gêner les communications des réseaux du FLN et l’acheminement des armes vers les dépôts clandestins.
3) En réaction, le 17 octobre 1961, le FLN décida de manifester afin de montrer sa force, et pour tenter d’achever sa prise de contrôle des Algériens vivant en métropole.
4) Assaillis de toutes parts, les 1.658 hommes des forces de l’ordre rassemblés en urgence, et non les 7.000 comme cela est trop souvent écrit, sont, sous la plume de militants auto-baptisés « historiens », accusés d’avoir massacré des centaines de manifestants, d’en avoir jeté des dizaines à la Seine et d’en avoir blessé 2.300.
Une manipulation politique
Or, cette version des évènements du 17 octobre 1961 à Paris relève de la légende et de la propagande. Tout repose en effet sur des chiffres inventés ou manipulés à l’époque par le FLN algérien et par ses alliés communistes. Jouant sur les dates, additionnant les morts antérieurs et postérieurs au 17 octobre, pour eux, tout Nord-Africain mort de mort violente durant le mois d’octobre 1961, est une victime de la « répression policière »… Même les morts par accident de la circulation comme nous le verrons plus loin !!!
Cette manipulation fut réduite à néant en 1998, quand le Premier ministre de l’époque, le socialiste Lionel Jospin, constitua une commission d’enquête. Présidée par le conseiller d’Etat Dieudonné Mandelkern, elle fut chargée de faire la lumière sur ce qui s’était réellement passé le 17 octobre 1961 à Paris. Fondé sur l’ouverture d’archives jusque-là fermées, le rapport remis par cette commission fit litière de la légende du prétendu « massacre » du 17 octobre 1961 [1].
Le paragraphe 2.3.5 du Rapport intitulé Les victimes des manifestations est particulièrement éloquent car il parle de sept morts, tout en précisant qu’il n’y eut qu’un mort dans le périmètre de la manifestation, les six autres victimes n’ayant aucun lien avec cet évènement, ou ayant perdu la vie postérieurement à la dite manifestation dans des circonstances parfaitement détaillées dans le rapport.
La réalité
Quel est donc l’état des connaissances aujourd’hui ?
• Le 17 octobre 1961 à Paris, il n’y eut qu’une seule victime dans le périmètre de la manifestation… et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ? L’enquête semble attribuer cette mort à des coups de crosse de mousqueton.
• Le 17 octobre 1961, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant « massacre » faisant des dizaines, voire des centaines de morts algériens, ni les hôpitaux parisiens, ni l’Institut Médico-Légal (la Morgue), n’enregistrèrent l’entrée de corps de « NA » (Nord-Africain dans la terminologie de l’époque). Ce qui ne veut naturellement pas dire qu’il n’y eut pas de blessés, mais mon analyse ne porte que sur les morts.
• A Puteaux, donc loin du périmètre de la manifestation, deux morts furent néanmoins relevés, or ils étaient étrangers à la manifestation. L’un d’entre eux deux, Abdelkader Déroues avait été tué par balle, quand le second, Lamara Achenoune, avait quant à lui été achevé par balle après avoir été étranglé.
• Le 18 octobre, à 04 heures du matin, le bilan qui parvint à Maurice Legay le directeur général de la police parisienne était donc de 3 morts, pour rappel, Guy Chevallier, Abdelkader Déroues et Lamara Achenoune. Nous sommes donc loin des dizaines ou des centaines de morts et de « noyés » auxquels la bien-pensance française rend annuellement hommage !!!
Conclusion : le seul mort algérien de la manifestation est donc un Français métropolitain…
Certes, postulent les accusateurs de la France, mais les cadavres des Algériens « massacrés » par la police furent reçus à l’IML, l’Institut Médico-Légal de Paris (la Morgue), les jours suivants.
Cette affirmation est également fausse. En effet, l’Annexe III du « Rapport Mandelkern » donne un décompte détaillé des 41 cadavres de Nord-Africains entrés à l’IML de Paris du 19 octobre au 4 novembre. Pour mémoire, le 17 octobre il n’y eut aucune entrée, et 2 le 18 octobre.
Sur ce nombre de 41 morts, 25, soit 13 corps identifiés et 12 corps non identifiés sont mentionnés sous la rubrique « Dossiers pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre ». Ceci fait que les 16 autres morts n’ont rien à voir avec la manifestation du 17 octobre.
En ce qui concerne les 25 morts restants, notons immédiatement que le sous-titre de l’Annexe III est singulier car la manifestation dont il est question eut lieu le 17 octobre et non les 19 et 20 octobre. De plus, ce titre est trompeur car il laisse sous-entendre que ces 25 décès auraient donc pu être causés par la police française, chiffre d’ailleurs régulièrement et péremptoirement transformé en morts avérés par certains auteurs ou journalistes. Or :
1) Si ces derniers avaient pris la peine de lire le document en question dans son originalité et son intégralité, et non à travers ses recensions, ils auraient vu qu’en face de chaque corps est porté un numéro de dossier de la police judiciaire suivi de la précision suivante : « Indications relevées dans le dossier d’enquête de la police judiciaire ».
2) Or, grâce à ces « Indications relevées dans le dossier d’enquête de la police judiciaire », il apparait clairement que 17 de ces 25 défunts ont été tués par le FLN, la strangulation-égorgement, l’emploi d’armes blanches etc., n’étant pas d’usage dans la police française… D’autant plus que parmi ces 17 morts, quatre furent assassinés le 19 octobre, soit deux jours après le 17 octobre, à savoir un commerçant qui avait refusé de suivre la grève du 19 octobre décrétée par le FLN et deux autres ligotés et noyés par ce même FLN…
3) Cela interroge donc sur le placement de ces morts dans la rubrique « Dossiers pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre ».
Voyons le détail de cette liste :
Corps Identifiés :
- 6 furent tués par le FLN (strangulation, arme blanche, arme à feu)
- 2 décès sur la voie publique (troubles mentaux et alcoolisme)
- 1 décès par crise cardiaque le 21 octobre
- 1 décès par accident de la circulation
- 1 mort à l’hôpital Boucicaut des blessures reçues le 17 octobre.
- 2 morts dont les causes ne sont pas élucidées.
Corps non identifiés
- 7 tués par le FLN (1 arme blanche, 2 noyades, 1 noyade nu, 2 armes à feu, 1 strangulation)
- 1 mort de blessures à la tête. Blessures reçues le 17 octobre ? Nous l’ignorons.
- 1 mort des suites de blessures reçues Place Saint-Michel
- 3 morts dont les causes ne sont pas élucidées.
Conclusion, sur 25 morts « pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre », la Morgue n’en a reçu que deux décédés très probablement des suites de blessures reçues le 17 octobre. Une interrogation demeure pour l’un d’entre eux, mais sans aucune certitude.
Soit 2 ou 3 morts des suites de leurs blessures, aucun n’ayant perdu la vie durant la manifestation[2] laquelle n’a donc comme il a été dit plus haut, connu qu’un seul mort, le Français Guy Chevallier.
Nous voilà donc très loin des 50, 100, 200 ou même 300 morts « victimes de la répression » avancés par certains, et pour lesquels François Hollande a reconnu la responsabilité de la France !!!
Mais, plus encore :
1) Le « Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961 », nous apprend que du 1er au 30 octobre 1961, 90 cadavres de « NA », furent reçus à l’Institut Médico-Légal. Or, selon les enquêtes judiciaires, chaque décès étant suivi d’une enquête, la plupart de ces morts étaient des musulmans pro-Français assassinés par le FLN !!!
2) Pour toute l’année 1961, 308 cadavres de « N.A » entrèrent à l’IML, dont plusieurs dizaines de noyés. Or, toujours après enquête, il fut établi que la quasi-totalité de ces morts étaient des victimes du FLN (Harkis, partisans de la France, individus ayant refusé d’acquitter « l’impôt de guerre », membres du MNA etc.). Or, une des méthodes d’assassinat du FLN était l’étranglement ou l’égorgement suivi de la noyade…
Pour les historiens de métier, les prétendus « massacres » du 17 octobre 1961 constituent donc un exemple extrême de manipulation de l’histoire.
Quand la liberté de penser sera rétablie dans cette Corée du Nord mentale qu’est devenue la pauvre université française, ils feront l’objet de thèses car ils seront alors étudiés comme un cas d’école de fabrication d’un mythe. Comme Katyn, comme les « charniers » de Timosoara en Roumanie, comme les « couveuses » au Koweit ou encore comme les « armes de destruction massive » en Irak.
Mais, dans l’immédiat, sourds, aveugles ou simples agents d’influence, les butors continueront à ânonner la légende culpabilisatrice du « 17 octobre 1961 ». D’autant plus que, dans l’actuel contexte de tension franco-algérienne, Alger va faire donner ses affidés qui seront complaisamment relayés par ses habituels supplétifs de presse.
[1] « Rapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961 ». Rapport établi à la demande du Premier ministre, M. Lionel Jospin et remis au mois de janvier 1998 par M. Dieudonné Mandelkern président de section au Conseil d’Etat, président ; M. André Wiehn, Inspecteur général de l’administration ; Mme Mireille Jean, Conservateur aux Archives nationales ; M. Werner Gagneron, Inspecteur de l’administration. En ligne.
[2] Dans une note infrapaginale, Brunet (2011) parle de 13 morts « certains » dont plusieurs blessés décédés ultérieurement. Or, ces morts ne sont pas documentés dans les archives de l’IML. Brunet, J-P., (2011) « Combien y a-t-il eu de morts lors du drame du 17 octobre 1961 ? ». Atlantico, 17 octobre 2011.
Cette étude en PDF : cliquez ici
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dimanche, 18 octobre 2026
L’immigration et la remigration seront au cœur de la présidentielle 2027
Source Riposte laïque cliquez ici
A deux semaines de l’organisation d’un colloque international qui fera sans doute date, sur la remigration, il nous a paru intéressant d’échanger, sur ce sujet et sur d’autres, avec Jean-Yves Le Gallou, un des principaux organisateurs.
Le RN victime de sa dédiabolisation
Riposte Laïque : Vous avez toujours exprimé des réserves quant à la stratégie de dédiabolisation du Rassemblement national. Quel regard portez-vous sur les accusations portées contre Jordan Bardella par Mediapart, et la ligne de défense adoptée par le Rassemblement national ?
Jean-Yves Le Gallou : Qu’est-ce que le politique ? Revenons aux définitions de Carl Schmitt et de Julien Freund, c’est la distinction du privé et du public et l’opposition ami/ ennemi. Certains oligarques du RN ne semblent pas l’avoir compris. Vrais ou faux, scabreux ou non, les messages attribués à Bardella sont des messages privés. Poursuivre des présumés propos privés est insupportable : c’est la marque des régimes totalitaires. Voilà qui aurait dû clore toute discussion. Mais en fait le RN reprend ici en boomerang l’affaire dite des « brebis galeuses » : ses cadres ou candidats qui, lors des élections législatives de 2024, avaient été dénoncés par ses ennemis et qu’il avait alors livrés à ses ennemis.
Funeste erreur. Au RN tout se passe comme si le DRH, c’était Nicolas Massol de Libération et le directeur de l’éthique, Fabrice Arfi de Mediapart. C’est consternant.
Avec Tanguy, c’est la purge permanente
Riposte Laïque : On vous voit souvent, sur les réseaux sociaux, critiquer vertement Jean-Philippe Tanguy, qui paraît être votre tête de Turc. Que lui reprochez-vous exactement ?
Jean-Yves Le Gallou : C’est un Narcisse paranoïaque un peu comme Attal et Macron, dont il partage la même idéologie républicaine, jacobine et progressiste. Le problème, c’est qu’il a pondu ses œufs dans le nid du Rassemblement national et qu’à l’image du coucou il jette par-dessus bord tous ceux qui ne lui ressemblent pas, qu’ils soient identitaires, catholiques, libéraux ou conservateurs. C’est la purge permanente !
Les différentes candidatures conservatrices permettent au RN de se recentrer
Riposte Laïque : Quel regard portez-vous sur l’éparpillement des candidatures annoncées dans le camp patriote. En dehors du RN et de Marine Le Pen, on évoque Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, David Lisnard, à présent Gilles Platret, et Florian Philippot appelle de ses vœux une candidature Philippe de Villiers. Qu’est-ce que tout cela vous inspire, et selon vous, quelle serait la meilleure situation pour le camp patriote ?
Jean-Yves Le Gallou : Tout cela va réduire à la cuisson. Mais le monopole RN ne serait pas une bonne chose.
Il faut des lions dans la savane pour faire courir les antilopes. Plus sérieusement le RN peut difficilement couvrir à lui tout seul un spectre idéologique lui permettant de dépasser 50 % et de réunir une majorité à l’Assemblée nationale. Il a tout intérêt à avoir des alliés conservateurs, identitaires ou libéraux : il devrait en être heureux et en plus cela le recentre. Comme Zemmour avait recentré Marine Le Pen en 2022.
Il y a beaucoup de sérieux dans le programme de l’AfD
Riposte Laïque : Vous retrouvez-vous dans le programme de l’AfD, qui paraît aux antipodes de la dédiabolisation du RN, notamment sur la remigration, qu’il revendique ouvertement, mais aussi sur la sortie de l’Union européenne, que vous ne souhaitez pas ?
Jean-Yves Le Gallou : Il y a beaucoup de sérieux dans le programme de l’AfD. Ou plus exactement dans les programmes de l’AfD car c’est un parti décentralisé à l’image de l’Allemagne qui est (à la différence de la France jacobine) un pays fédéral. Sur la remigration, toutes les formations régionales de l’AfD n’ont pas exactement la même définition. Ni d’ailleurs la même approche de l’Union européenne dont je vous accorde bien volontiers qu’elle est aujourd’hui nuisible à la l’identité et à la civilisation européennes… mais ni plus ni moins que l’État français si nuisible aujourd’hui à la France.
Remigration : le 31 octobre, on change de dimension
Riposte Laïque : Le 31 octobre, vous organisez un événement international à Paris pour ouvrir le débat sur la remigration. Mais il y a douze ans, des colloques et même des manifestations avaient déjà eu lieu sur ce sujet, qu’apporte de nouveau cette initiative ?
Jean-Yves Le Gallou : Un changement de dimension !
La réunion de 2014 a fait entrer le mot remigration sur le marché des idées. Il a depuis cheminé à travers l’Europe grâce notamment à l’identitaire autrichien Martin Sellner qui l’a courageusement et brillamment portée. C’est devenu le point de ralliement des identitaires européens qui se sont retrouvés lors de deux sommets à Milan (automne 2025) et à Porto (printemps 2026). C’est aussi un terme repris et développé par les partis nationaux à la réflexion la plus avancée et à la détermination la plus grande : en Allemagne (l’AfD), en Grande Bretagne (Restaure Britain) en Espagne (Vox), en Belgique (le Vlaamsbelang), au Pays-Bas (le Forum pour la démocratie), en Autriche (le FPOE). Et bien d’autres encore.
S’inscrire au colloque…
Riposte Laïque : Pouvez-vous dire qui organise ce colloque, outre Polémia, et quels seront les intervenants ? Comment s’y inscrire ?
Jean-Yves Le Gallou : Ce colloque est organisé par Polémia en partenariat avec le RESUM, l’organisateur des sommets de Milan, Porto et prochainement Prague (2027), ainsi qu’avec Objectif remigration animée par l’identitaire de Sciences Po, Louise Garnier. On peut s’inscrire sur le site de Polémia : cliquez ici
Le coup bas de Weezevent
Riposte Laïque : vous avez eu un incident avec la plateforme de paiement Weezevent ?
Jean-Yves Le Gallou : Oui ils ont coupé purement et simplement la billetterie de l’événement avant même de solliciter des renseignements complémentaires dont ils prétendaient avoir besoin. Renseignements que nous leur avons fournis immédiatement… pour autant leur service n’a pas été rétabli. Heureusement, en quelques heures notre équipe a créé notre propre billetterie. Nous allons évidement engager des poursuites judiciaires contre cet acte de censure et de discrimination politique. Je préviens d’ailleurs le CEO de Weezevent, Pierre-Henri Deballon – qui devrait moins se déballonner devant les pressions et davantage respecter ses clients – de mieux réfléchir à l’avenir : d’autant qu’avec l’IA on pourra rapidement se passer de ce type de services numériques. À bon entendeur salut, en attendant de se retrouver devant les tribunaux. Le combat contre la censure privée est aussi important que celui contre la censure publique.
Comment se déroulera ce forum…
Riposte Laïque : revenons au forum, quels en seront les thèmes ?
Jean-Yves Le Gallou : Les aspects historiques, logistiques et éthiques :
– la nécessité de la remigration (pour le bien commun)
– la faisabilité de la remigration (par le JUGEXIT)
– la praticabilité (par l’encouragement, la fermeté et la diplomatie)
Riposte Laïque : Avec qui ?
Jean-Yves Le Gallou : Des représentants de 13 nationalités :
– 11 nationalités européennes : espagnole, italienne, britannique, belge, néerlandaise, allemande, autrichienne, polonaise, portugaise, slovaque et française
– des Américains
– le vice-président du Sénat péruvien.
Riposte Laïque : mais encore ?
Jean-Yves Le Gallou : Des penseurs et des essayistes : David Engels, François Bousquet, Antoine Dresse (EGO NON).
Des experts : le préfet (ER) Auboin, l’économiste et statisticien, André-Victor Robert, Olivier Bault et les polonais d’Ordo Iuris.
Des organisations américaines : FAIR (Federation for American Immigration Reform) et Kristen Ziccarelli de AFPI (America First Policy Institute).
Des élus : députés régionaux, nationaux et européens : Torben Braga, Filip Dewinter, Volker Schnurrbusch, des élus slovaques et italiens.
Des influenceurs : Charlie Downes de Restaure Britain, Alice Cordier.
Et bien sûr Renaud Camus.
Ce sera aussi une grande réunion de fraternité européenne avec de nombreux échanges rendus possibles par une traduction directe par intelligence artificielle, des animations, des vidéos, des échanges lors des pauses, une buvette, des comptoirs et des stands, des auteurs en dédicace.
L’immigration sera au coeur de la présidentielle 2027
Riposte Laïque : Pensez-vous que la présidentielle française se gagnera ou se perdra sur le sujet de la remigration ?
Jean-Yves Le Gallou : De la remigration peut-être pas, mais de l’immigration sûrement ! Les meilleurs agents électoraux du RN, ce ne sont pas ses porte-parole, mais les voiles islamiques et les qamis qui envahissent nos rues et surtout les racailles qui brûlent, qui cassent, qui agressent sur fond de drapeau algérien, marocain ou palestinien.
La révolte étudiante, c’est du surfait !
Riposte Laïque : Pour conclure, un mot sur ce qu’on appelle la révolte étudiante ?
Jean-Yves Le Gallou : C’est bien surfait ! Les cortèges sont plutôt squelettiques alors que la masse disponible est énorme : plus de 2 millions de lycéens, plus de 3 millions d’étudiants. Ceci étant, les problèmes sont bien réels : le nihilisme, le no futur, les troubles d’identité et de genre, la perte de repères, la non transmission, les pédagogies imbéciles, l’absence de sélection. Et j’en passe.
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mercredi, 14 octobre 2026
Quand 1945 ne suffit plus à justifier notre présent
Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées
Je me suis installé ce matin à la terrasse du Café de l’Europe, à Barjols. Le nom, à bien y réfléchir, convient assez plaisamment à ce qui va suivre. Devant moi, la fontaine, quelques tables déjà occupées, les conversations ordinaires d’un petit bourg provençal et ce ciel du Var qui, depuis deux jours, prend par moments des mines inquiètes. Nous avons reçu quelques gouttes hier, d’autres averses sont promises pour mercredi, sans que personne ici paraisse beaucoup s’en émouvoir. Le soleil provençal a cette manière de disparaître derrière les nuages sans jamais donner tout à fait l’impression d’avoir perdu la partie.
Je bois tranquillement un lait d’orgeat, boisson quelque peu surannée dont je retrouve toujours le goût avec plaisir lorsque je descends dans le Midi, et je parcours sur ma tablette les dernières nouvelles du front lycéen. Autour de moi, Barjols poursuit sa matinée. Une camionnette se gare, deux hommes se saluent, une dame traverse la place avec son cabas, on croit entendre le bruit de l’eau d’une fontaine à sec. J’éprouve depuis quelques jours, dans ce coin du Var, le sentiment singulier d’être revenu dans une France provinciale que j’avais découverte autrefois en arrivant d’Argentine, une France qui me surprenait alors par son extraordinaire continuité. Les maisons, les marchés, les cafés, les églises, les vieilles habitudes semblaient s’être transmis d’une génération à l’autre sans que personne eût jamais songé qu’il fallait en justifier l’existence.
Barjols n’est évidemment pas une santonnière et je me garderais de transformer ce village en vestige imaginaire d’un âge d’or. Le bourg demeure cependant relativement préservé du bouleversement démographique qui a métamorphosé tant de villes françaises. Le contraste avec les images qui passent sur mon écran n’en est que plus saisissant. À quelques centaines de kilomètres de ma terrasse, des lycées sont bloqués, les policiers interviennent, des incendies sont allumés, des groupes courent dans les fumées lacrymogènes. La France tranquille de cette place provençale et celle que je regarde sur ma tablette appartiennent juridiquement au même pays. Il m’arrive de me demander si elles habitent encore tout à fait le même monde.
Une séquence, surtout, m’a arrêté. À Beaugency, dans le Loiret, lors du blocus du lycée François Villon, des jeunes ont diffusé un morceau faisant l’éloge de Mohamed Merah et évoquant également Salah Abdeslam et les attentats du 13 novembre. Matthieu Valet, ancien commissaire de police devenu député européen, a annoncé qu’il signalait les faits au procureur de la République. J’ai regardé les images deux ou trois fois, d’abord parce que je croyais avoir mal compris, ensuite parce que je voulais être certain de ce que j’entendais. Je ne trouve pas d’autre expression : elles m’ont pétrifié d’horreur.
Mohamed Merah. Il faut peut être déjà rappeler qui il fut, tant notre temps engloutit ses souvenirs avec une célérité extraordinaire. En mars 2012, il assassina trois militaires français, puis se rendit devant l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse où il tua un professeur et trois enfants, parmi lesquels une petite fille de huit ans. Salah Abdeslam est, lui, le seul membre encore vivant du groupe impliqué dans les attentats du 13 novembre 2015, cette nuit durant laquelle cent trente personnes furent assassinées à Paris et à Saint Denis. Ce sont donc ces noms, ceux d’hommes associés à quelques uns des crimes islamistes les plus atroces commis en France, qui peuvent devenir pour certains adolescents matière à bravade et à chanson devant un lycée.
Je sais parfaitement ce que l’on peut m’objecter. Une chanson ne transforme pas celui qui l’écoute en terroriste, la provocation adolescente existe depuis que les adolescents existent, et il serait aussi injuste qu’absurde de tirer de quelques jeunes gens filmés à Beaugency le portrait de l’ensemble de la jeunesse française. Beaucoup des lycéens qui manifestent ces jours ci ont des revendications qui n’ont rien à voir avec l’islamisme, ni même avec la politique partisane. Ils parlent de leurs professeurs absents, de bâtiments mal entretenus, de classes trop chargées, de Parcoursup et de l’avenir fort incertain qui les attend. Tout cela est vrai, et il n’y aurait aucun intérêt à le nier pour les besoins d’une chronique.
Il reste malgré tout cette scène. Elle me poursuit plus que les voitures retournées ou les poubelles brûlées, auxquelles nous sommes hélas presque habitués. J’essaye d’imaginer le monde mental dans lequel le nom de Merah peut devenir amusant, provocateur ou glorieux. Je me demande ce qui a été transmis à ces garçons, ce qui ne l’a pas été, ce qu’ils ont entendu chez eux, dans leur quartier, leurs mosquées, sur leurs téléphones, et ce qui peut encore les rattacher à la mémoire commune d’un pays dans lequel les victimes de Merah devraient être leurs morts autant que les miens.
Une autre pensée, plus sombre, m’est venue et je n’arrive pas à m’en débarrasser. Si des adolescents de quinze ou seize ans peuvent chanter aujourd’hui en l’honneur d’un homme qui assassina des enfants parce qu’ils étaient juifs, que deviendra cette fascination lorsque certains d’entre eux auront l’âge de porter réellement une arme ? Je souhaiterais que la question ne soit que l’inquiétude excessive d’un homme arrivé au couchant de son existence. Je voudrais même pouvoir m’en moquer demain matin, retrouver ces images et n’y voir que la sottise tapageuse de quelques garnements. Pour l’instant, je n’y parviens pas.
Une répétition générale
Le mouvement lycéen a naturellement ses causes propres. Les difficultés de l’Éducation nationale ne datent pas de la semaine dernière et je connais peu de Français ayant encore des enfants à l’école qui soient disposés à dresser de l’institution un tableau idyllique. Les professeurs manquent, certains établissements vieillissent mal, les procédures d’orientation sont devenues pour beaucoup de familles une sorte de mystère administratif, et les jeunes eux mêmes ne sont pas aveugles sur le rétrécissement des perspectives économiques. Une partie de leur colère est parfaitement explicable.
Les mouvements de rue français ont cependant cette particularité ancienne de fournir très vite un théâtre à des acteurs qui n’étaient pas nécessairement présents lors du premier acte. Des groupes s’agrègent aux cortèges, les mots d’ordre changent, la violence attire ceux qui aiment la violence et l’effervescence politique finit par produire sa propre logique. Le gouvernement accuse aujourd’hui les militants de l’extrême gauche de pousser à l’affrontement, ceux ci récusent naturellement l’accusation, et chacun retrouve le rôle qui lui est assigné depuis des décennies. Le phénomène n’aurait rien de très neuf si certaines images ne donnaient pas l’impression qu’une autre population vient parfois se joindre à cette vieille dramaturgie française avec des références, des haines et une conception de la violence qui ne lui appartenaient pas autrefois.
J’ai déjà écrit que ces scènes me faisaient quelquefois penser à une répétition générale. L’expression est peut être forte, je le reconnais. Pourtant une question se pose désormais avec une certaine insistance. Que se passerait il en 2027 si l’élection présidentielle portait au pouvoir un candidat que l’extrême gauche française ne considérerait pas seulement comme un adversaire politique, mais comme un fasciste dont la victoire rendrait en quelque sorte légitime la désobéissance, l’émeute ou l’affrontement avec l’État ?
À cette hypothèse s’en ajoute une seconde, plus préoccupante encore. Une agitation politique classique peut très bien être rejointe par des groupes dont les motivations ne sont plus celles des anciennes familles révolutionnaires françaises. On aurait alors, dans les mêmes rues, des militants convaincus de combattre le fascisme, des jeunes venus pour casser, d’autres mus par une hostilité plus générale envers la société française, et quelques bandes qui ne reconnaissent déjà dans les références nationales qu’une histoire étrangère. Le mélange est suffisamment déplaisant pour que l’on puisse au moins s’interroger sur ses conséquences sans être immédiatement accusé de prophétiser l’apocalypse.
Je ne sais pas si la France marche vers cette guerre civile à basse intensité dont l’expression revient de plus en plus souvent dans les conversations. Il y a vingt ans, elle m’aurait semblé grandiloquente. Aujourd’hui, elle me paraît seulement prématurée, ce qui n’est déjà plus la même chose. Ces pensées ne sont guère agréables sous les platanes de Barjols et je préférerais, je l’avoue, m’occuper de mon orgeat, de la pluie annoncée ou de l’heure du déjeuner.
C’est précisément à ce moment de ma lecture que je suis tombé sur un article de James Marriott dans le Times de Londres. Le rapprochement entre les émeutes françaises et la querelle historiographique autour de la Seconde Guerre mondiale n’est évidemment pas immédiat. Il s’est pourtant imposé à moi au fil de la lecture, car Marriott parle au fond d’une autre forme de désagrégation, celle du grand récit moral auquel les sociétés occidentales ont confié depuis quatre vingts ans une part considérable de leur légitimité.
Son article porte sur une nouvelle bataille autour de la Seconde Guerre mondiale, nourrie cette fois par la droite américaine. J’y ai trouvé une phrase beaucoup plus importante que les diverses considérations sur Tucker Carlson ou les extravagances de quelques influenceurs. Marriott écrit que la victoire alliée de 1945 constitue le mythe fondateur de l’ordre libéral occidental. Le mot de mythe mérite d’être pris au sérieux, précisément parce qu’il est employé par un homme qui entend défendre cet ordre.
12:44 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mardi, 13 octobre 2026
Émeutes lycéennes : la Révolution française, éternelle matrice du désordre politique

Guillaume d'Aram de Valada
Source Polémia cliquez ici
Dans cette nouvelle tribune au ton incisif, Guillaume d’Aram de Valada établit un parallèle entre les violences révolutionnaires de 1792, les événements de Mai 68 et les tensions politiques actuelles. Dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la jeunesse par l’extrême gauche, il livre une réflexion historique et institutionnelle sans concession sur les contradictions de la Cinquième République et la crise de légitimité du pouvoir.
Polémia
La stratégie de la tension : le vieux moule de la Révolution
À peine l’automne pointe-t-il son nez que les porteurs d’urticaire viscérale permanente se lancent à nouveau dans la bonne vieille « stratégie de la tension ». Nul besoin d’être grand clerc pour le voir : Mélenchon et ses troupes tirent des ficelles vieilles comme aux débuts de la Convention nationale de 1792. Les lycéens – réels ou de circonstance – ne sont que la chair à canon pour les amoureux transis de la Terreur.
La rhétorique, elle, reste inchangée depuis les journées de septembre 1792 : il faut que ça saigne !
Sauf qu’aujourd’hui, le « il faut que ça saigne » s’est retourné contre un pouvoir qui ne cesse de s’affaiblir d’année en année, réduit à n’être plus qu’un vulgaire animateur de colonie de vacances. Des adolescents, encadrés par des post-adolescents décérébrés rompus aux méthodes de harcèlement des forces de l’ordre, s’imaginent rejouer 1789 ou 1917, dans le sillage de leurs aînés de Mai 1968. L’orchestration millimétrée du parti de la « Nouvelle France » illustre une fois de plus la « stratégie de la tension », si chère à l’extrême gauche depuis des lustres.
Il ne s’agit nullement de proposer des solutions pour améliorer le quotidien de ces lycéens — réputé sombrer dans le marasme et le désœuvrement.
Non, l’objectif prioritaire est d’imprimer dans l’opinion publique une idée simple : toute révolte serait, par nature, légitime.
L’obsession de la rupture et l’héritage des slogans soixante-huitards
Sous les caméras, l’escalade programmée procède d’un calcul politique bien huilé.
Le maire de Saint-Denis — sans doute guidé par son sparring-partner Mélenchon —, en le proclamant haut et fort, y compris face à des forces de l’ordre figées comme des automates et prises à partie devant des établissements scolaires, s’inscrit pleinement dans cette logique : rendre la situation explosive.
Les slogans mélenchonistes, de « la police tue » à « tout le monde déteste la police », n’ont rien à envier à ceux de Mai 68, de « interdit d’interdire ! » à « CRS SS ! ». La mécanique reste la même :
« Tendre l’élastique » jusqu’à ce que ça pète !
Les lycéens instrumentalisés par la propagande politique
Et qui en seront les victimes ? Les lycéens eux-mêmes, ou du moins ceux qu’on estampille comme tels. Élémentaire, mon cher Watson !
Peu importent les violences, fantasmées ou réelles, peu importent les dégâts, peu importent les victimes. La seule obsession est de clouer au pilori un « ordre établi », véritable ombre de lui-même devant des apprentis « sans-culottes » en quête d’émotions fortes.
Et, suivant méthodiquement la vieille rhétorique trotskiste soixante-huitarde, c’est la quête cynique du martyr d’un « pouvoir policier ». Une victime (ou plusieurs) résultant de ce maintien de « l’ordre établi » est un vœu presque assumé ouvertement par les élus d’extrême gauche. Et la chair à canon ne manque pas.
Les dividendes de ces émeutes, financés à leurs dépens par les contribuables français, ne se feront sentir que plus tard : ils viendront nourrir les fourriers de la « révolution permanente ».
Du massacre des gardes suisses en 1792 au harcèlement des forces de l’ordre d’aujourd’hui
En 1792, en août, les adorateurs de la déesse Raison envoyaient leurs soiffards massacrer les gardes suisses aux Tuileries, devançant de peu ceux des massacres de septembre 1792.
Marat écrivait dans L’Ami du peuple en août 1792 :
« Le dernier parti, qui est le plus sûr et le plus sage, est de se porter en armes à l’Abbaye, d’en arracher les traîtres, particulièrement les officiers suisses et leurs complices, et de les passer au fil de l’épée. »
De là à comparer les gardes suisses aux forces de l’ordre républicain, cela serait peut-être osé, quoique ?
Alors, l’histoire étant un éternel recommencement, le scénario n’étant pas toujours écrit d’avance, ce qui semble se préfigurer au début de cet automne, c’est tout simplement une répétition avant une guerre civile prédite depuis déjà longtemps. Celle de 1789, on le sait, ne se terminera qu’avec l’arrivée d’un général artilleur corse déterminé à franchir, à la force de l’épée, les marches vers le sommet d’un pouvoir révolutionnaire aux abois.
Mais Bonaparte voulait-il véritablement noyer les idéaux révolutionnaires jacobins sous prétexte d’arrêter le chaos et de rétablir l’ordre ? C’est une tout autre question que les historiens n’ont pas encore fini de trancher.
Pour les politiciens responsables de cette comédie, il reste à trouver une porte de sortie.
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lundi, 12 octobre 2026
Un grand entretien sur le site Breizh info : Laurent Obertone (« La France Demolition Man »), « Le réel a tellement disparu des esprits que nous utilisons la fiction pour les y ramener »
Source Breizh info cliquez ici
En 1993, Sylvester Stallone incarnait dans Demolition Man un policier décongelé dans une société aseptisée, incapable de se défendre face au retour d’un criminel venu du passé. Plus de 30 ans plus tard, Laurent Obertone fait de ce film le fil rouge de La France Demolition Man, son nouvel essai paru aux éditions Magnus. 13 ans après La France Orange mécanique, l’auteur de la trilogie Guerilla s’y intéresse à l’évolution de notre rapport à la violence. Il y voit le cœur d’une « domestication » qui aurait laissé la France sans force face à tous les fléaux, et propose un remède de choc : « décongeler le démolisseur ». Méthode, humour, rapport aux médias, blocages lycéens, paternité, présidentielle de 2027 : nous l’avons interrogé.
Breizh-info.com : Vous avez choisi un film de 1993 comme fil rouge. À quel moment de l’écriture ce choix s’est-il imposé, et quelles autres références avez-vous envisagées puis écartées ?
Laurent Obertone : Je me suis vite concentré sur Demolition Man, aucune autre référence ne me paraissant aussi efficace et adaptée, même si elle parle surtout à ma génération. Ce film d’anticipation a bien vieilli, ce qui est rare, avec le mérite d’opposer la force et le caractère d’un homme à l’ancienne, à un système tyrannique, aseptisé, dévitalisé, ne rêvant que d’éradiquer toute forme d’autonomie et de liberté. Je voulais depuis longtemps écrire sur l’évolution de notre rapport à la violence, et ses conséquences. C’est un point clé de notre domestication, qui à la fois explique notre présent et détermine notre futur.
Breizh-info.com : Comment avez-vous travaillé concrètement sur ce livre (sources, chiffres, lectures, terrain), et en quoi votre méthode a-t-elle changé depuis La France Orange mécanique il y a 13 ans ?
Laurent Obertone : J’ai pris l’habitude de compiler des chiffres, de collecter des études, de mettre à l’épreuve du terrain quantité de données, mais ce livre est plutôt le fruit d’une réflexion à long terme. Au-delà du constat, nous sommes dans la prospection, dans l’exploration des solutions, qui commencent à l’échelle du lecteur.
Breizh-info.com : L’éditeur présente ce livre comme votre plus drôle et votre plus mordant. Comment travaille-t-on l’humour sur des sujets aussi sombres, et vous a-t-on demandé de retirer certains passages jugés trop risqués ?
Laurent Obertone : L’humour finit par s’imposer, dans le travail et la vie, à la fois comme arme et moyen de résistance. Je vois cet esprit gaulois comme un bien essentiel, qu’il faut cultiver entre tous. Concernant une éventuelle censure, je crois avoir toujours pu dire ce que je voulais. À défaut des foudres judiciaires, j’ai subi celles de l’antiracisme systémique, profondément ancré dans le paysage médiatique. Ça fait partie de ce qu’il faut démolir, donc pas question de transiger.
Breizh-info.com : Depuis 2013, comment a évolué l’accueil médiatique de vos livres ? Y a-t-il des plateaux ou des médias qui vous restent fermés, ou que vous refusez vous-même ?
Laurent Obertone : Le spectre s’est un peu élargi, mais hors CNews, Sud Radio, ou Europe 1, je n’ai accès à aucun média audiovisuel d’envergure. Je n’ai pas mis les pieds sur le Service public depuis dix ans. BFM a osé une fois, pour contrer la concurrence, et a priori ne réitèrera pas l’expérience.
Breizh-info.com : Les blocages de lycées et la mobilisation annoncée pour le 17 octobre ont éclaté au moment de la sortie du livre. Ces événements confirment-ils votre analyse, ou vous ont-ils surpris sur certains points ?
Laurent Obertone : De tels mouvements sont fréquents, comme les émeutes dans les cités, mais leur ampleur reste assez imprévisible, en particulier l’agrégation d’une certaine racaille qui jusqu’ici ne se mêlait pas trop à ce jeu petit bourgeois et citadin. L’influence de la culture « racaille » sur la jeunesse autochtone est considérable, et une offre alternative crédible, à la fois morale et identitaire, peine à exister.
Breizh-info.com : Vos lecteurs vous écrivent-ils pour raconter ce qu’ils ont changé concrètement dans leur vie après vous avoir lu ? Avez-vous un exemple qui vous a marqué ?
Laurent Obertone : Oui, ça arrive ! Sur la recherche d’autonomie en particulier, la remise en cause d’une vie jusqu’ici dépourvue de sens. Mon but n’a jamais été de lever une nouvelle armée de clones, plutôt de semer des germes de réflexion, de recul sur soi.
Breizh-info.com : Vous dites vouloir désormais « vivre » le réveil plutôt que l’écrire. Qu’avez-vous changé, vous, dans votre propre vie depuis que vous défendez ces idées ?
Laurent Obertone : Je suis devenu père, l’étape la plus décisive qu’un homme puisse accomplir. Cela implique de devenir adulte, de bâtir le clan, de transmettre, ce qui est un travail de tous les instants. Cela remet les choses en perspective, en plus d’augmenter le niveau d’exigence envers soi : on ne peut plus se contenter de belles phrases, il faut incarner l’exemple, tout le temps, à tous les niveaux. La paternité donne une raison supplémentaire de travailler sans répit au réarmement des esprits.
Breizh-info.com : Vous jugez que s’en remettre à la politique, c’est renoncer à soi. À quelques mois de la présidentielle de 2027, irez-vous voter, et attendez-vous quelque chose de ce scrutin ?
Laurent Obertone : J’ai un principe simple : je ne me fie jamais à quelqu’un avant qu’il n’ait fait ses preuves. La politique exige que l’on fasse le contraire. C’est un pari sur la crédulité et la manipulation. Et je mets les Français en garde : notre situation est due à notre impuissance, notre attentisme, notre incapacité à tenir en laisse la politique. Si nous ne travaillons pas à incarner cette force de pression, la politique continuera de nous échapper. Nous devons nous donner des garanties d’être entendus, et surtout obéis, en particulier sur les points non négociables que sont l’immigration et la sécurité. On ne peut plus jouer notre avenir à la roulette russe.
Breizh-info.com : Après Guerilla, un retour à la fiction est-il prévu ? Quel est votre prochain projet, et la forme romanesque permet-elle de dire des choses que l’essai ne permet pas ?
Laurent Obertone : Oui, j’ai beaucoup de projets, il est fort possible que je renoue avec le roman, à l’ancienne, sans IA. Paradoxalement, la quête d’une fiction « vraisemblable » peut parfois restituer des nuances de réel plus fidèlement que l’essai ou le récit. Les anciens utilisaient la fiction pour s’échapper du réel : le réel a tellement disparu des esprits que nous utilisons la fiction pour les y ramener.
Propos recueillis par YV
La France Demolition Man, Laurent Obertone, éditions Magnus, 21 euros.
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samedi, 10 octobre 2026
Notre Ami Filip Dewinter, député du Vlaams belang, agressé à Anvers hier après-midi
Le député flamand Filip Dewinter (Vlaams Belang) a été blessé au visage lors d’un incident à l’hôtel de ville d’Anvers, ce vendredi 9 octobre 2026. Il affirme avoir été reconnu, poursuivi jusque dans les escaliers puis frappé par un participant à un mariage, rapporte le média néerlandais NieuwRechts, qui cite ses déclarations à HLN.
Selon NieuwRechts, une famille belgo-marocaine était présente pour un mariage. Une première confrontation avait impliqué Anke Van dermeersch, une autre élue du Vlaams Belang, qui filmait sur la Grand-Place. Plusieurs équipes de la police d’Anvers sont intervenues. Filip Dewinter et des membres du groupe ont ensuite été entendus par les policiers.
Source F Dessouche cliquez ici
Au nom de la rédaction de Synthèse nationale, j'ai adressé hier soir un message de soutien et d'amitié à Filip qui a toujours été présent aux côtés de la droite nationale et identitaire française cliquez ici.
R H
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mardi, 06 octobre 2026
Élections brésiliennes : au royaume pourri de Lula
Source Polémia cliquez ici
Les élections brésiliennes, qui commenceront le 4 octobre 2026, se dérouleront dans un climat nauséabond, marqué par de nouveaux scandales de corruption dont l’ampleur se monte à des dizaines de milliards d’euros, sur fond d’une véritable dictature judiciaire, travestie en démocratie d’État de droit, qui légifère en faveur de l’actuel président Lula. Les élections qui viennent sont, pour la majorité des Brésiliens, celles de la dernière chance. Si l’alternance n’a pas lieu, il est fort probable que le Brésil s’enfoncera définitivement dans ce nouveau genre de dictature postmoderne, qui se pare des atours de la démocratie et utilise la lutte contre l’extrême droite fantasmée pour en finir avec l’opposition.
Charles Granfeu
L’encerclement juridique de Bolsonaro
Pour comprendre la situation brésilienne, un bref retour en arrière est nécessaire.
Lorsqu’en 2018 Bolsonaro est élu (juste après avoir été poignardé à l’abdomen par un couteau doté d’une lame de 40 cm), le Brésil sort d’une longue période de gestion du Parti des Travailleurs (PT) de Lula, une gestion catastrophique en tous points mais surtout émaillée d’énormes scandales de corruption.
Le dernier et plus gros, le scandale de la Lava Jato en 2014, est estimé à un montant total de fonds détournés et de pots-de-vin de près de 43 milliards de reais (soit 13 milliards de dollars). Pour la première fois au Brésil, la justice enquête sérieusement et punit les coupables, Lula est condamné à 9 ans et 6 mois de prison pour corruption active et blanchiment d’argent (16 autres procès, en principe, l’attendaient).
Le combat contre la corruption étant une promesse de campagne de Bolsonaro, les investigations continuent et se rapprochent du Supremo Tribunal Federal (STF), la plus haute cour de Justice de l’État, et commencent à mettre en cause au moins un ministre, Dias Toffoli. Immédiatement, le STF réagit en mettant en place les outils d’une véritable dictature judiciaire visant, d’une part, à se protéger contre toute mise en cause d’un de ses membres et, d’autre part, à saboter et criminaliser le gouvernement Bolsonaro.
Les principaux outils de cette dictature sont constitués par l’ouverture d’enquêtes judiciaires d’office, ce qui est normalement illégal et inconstitutionnel. La première d’entre elles, dite des « fake news », va servir à contrôler la liberté d’expression. Par la suite, celle des « milices numériques » vise à criminaliser l’activité politique, celle des « actes antidémocratiques » à encadrer le droit de manifester et celle de la « Covid » à criminaliser la politique du gouvernement Bolsonaro (bien que rejetant le politiquement correct du moment, celui-ci a pourtant été en tous points exemplaire).
Durant les quatre ans de cet encerclement politico-juridique, les deux tiers des députés bolsonaristes et la presque totalité du gouvernement Bolsonaro sont inculpés dans au moins une de ces quatre enquêtes, dont l’ensemble vise à accuser la droite bolsonariste de préparer un coup d’État.
La libération de Lula en vue de l’élection présidentielle
Parallèlement à ce siège judiciaire, Lula est libéré dans la perspective de l’élection de 2022. En 2019, toutes ses condamnations sont annulées et ses droits civiques restitués. Un an plus tôt, le STF avait pourtant confirmé sa culpabilité et ses condamnations, mais au diable ! On défait tout, et l’opération Lava Jato avec, et des centaines de condamnés sont libérés. La remise en selle de Lula représente la fin des espoirs d’une république propre et du long travail d’assainissement entrepris.
Cette élection présidentielle est un scandale absolu. Une persécution féroce vise la campagne de Bolsonaro, tandis que celle de Lula bénéficie d’un favoritisme décomplexé. Bolsonaro, qui a très peur de la fraude, réussit à passer un accord avec le STF, qui accepte que les ingénieurs informatiques des forces armées participent à la vérification des urnes électroniques et du décompte public des votes. Lorsque la fin du second tour arrive, l’accord est purement et simplement renié. Quand Bolsonaro proteste, son parti est mis à l’amende pour la somme de 22 millions.
La révolte
Le traitement juridique des élections par le STF, et surtout par le ministre (juge) Alexandre de Moraes, écœure toute la droite. Dans tout le pays, des manifestations sont organisées et des villages de tentes sont montés devant les casernes pour demander aux militaires de faire respecter l’accord passé entre le STF et Bolsonaro, mais rien n’y fait.
Deux mois plus tard, Lula est intronisé. Le 30 décembre 2022, Bolsonaro part en vacances en Floride avant même de céder l’écharpe présidentielle, non sans avoir nommé le nouveau chef des armées choisi par Lula.
Le 8 janvier 2023, une manifestation est organisée à Brasilia contre ce vol électoral. 5 000 personnes se réunissent sur la place des Trois Pouvoirs, où sont situés les bâtiments du STF, du Congrès et du Palais présidentiel. Contre toute attente, à l’arrivée du cortège, la police ouvre le périmètre de sécurité, comme le montrent de multiples vidéos montrant le retrait des effectifs de police. La majorité des manifestants, d’une moyenne d’âge de 50 ans, est pacifique. Ils sont venus en famille et, évidemment, sans armes. Mais la situation dégénère, les bâtiments sont envahis et, si on assiste à de nombreuses scènes de vandalisme, de nombreux participants s’y opposent en formant des cordons humains pour empêcher les dégradations. Cependant, le mal est fait, car la manifestation a viré à la catastrophe. Soudain, la police surgit de nulle part et, en 20 minutes, 450 personnes sont arrêtées.
Cet épisode devient l’argument incontournable du STF d’Alexandre de Moraes pour accuser Jair Bolsonaro d’une tentative de coup d’État, alors que celui-ci était en vacances en Floride. Peu importe, une mascarade de procès bâclé l’a condamné, en septembre 2025, à 27 ans et 3 mois de prison (il est actuellement en détention domiciliaire pour raisons humanitaires à Brasilia).
Dès lors, ce sont des milliers de personnes qui sont persécutées et très lourdement condamnées (entre 14 et 17 ans de prison). De nombreux députés et membres du gouvernement sont également condamnés. Les droits de la défense sont systématiquement bafoués car la plupart des inculpés n’ont pas accès à leur dossier et sont jugés collectivement pour accélérer la procédure, de nombreux dossiers sont basés sur des rapports de police falsifiés, j’en passe et des meilleurs.
Cette persécution politique continue jusqu’à ce jour, et les quatre premières enquêtes ouvertes par Alexandre de Moraes servent d’outils juridiques pour la mener à bien. Il s’agit d’épurer la République brésilienne de « l’extrême droite ».
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dimanche, 04 octobre 2026
Glucksmann est l’un des responsables de la guerre en Ukraine
Roland Hureaux,
essayiste et ancien haut fonctionnaire,
pour le Salon beige cliquez ici
Il est stupéfiant qu’au moment de la primaire socialiste, Raphaël Glucksmann se trouve, dit-on, en pole position pour l’emporter tant auprès des médias que des militants. Y compris chez les vieux socialistes à l’ancienne, ceux du corps enseignant par exemple .
Ces gens-là ne savent apparemment pas qui il est : le plus parfait représentant de l’ordre mondial, un ordre imposé par les plus riches du monde.
C’est la raison pour laquelle un vent subtil souffle au travers des médias en sa faveur, vent invisible mais efficace – le même qui souffla pour Macron en 2017.
Qui est Raphaël Glucksmann ? Mitterrand était avocat, Hollande était conseiller à la Cour des comptes, lui , sous couvert de journalisme, a été d’abord un agitateur international chargé de déstabiliser les pays de l’Europe de l’Est qui venaient pourtant de secouer le joug communiste.
Né en 1979, il fait ses débuts en politique sous la bannière d’Alternative libérale, un mouvement fort peu de gauche qui promeut le libéralisme économique à tout va, tout comme le Cercle de l’Oratoire dont il était également proche. Cet engagement est significatif de l’ancrage véritable de l’intéressé : celui du libéralisme mondialisé, impatient d’abolir les Etats et les frontières, d’instaurer partout la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes.
Comme presque tous les grands milliardaires qui dirigent le monde, ses patrons, il a trouvé bon ensuite de poursuivre la croisade pour le nouvel ordre mondial sous le pavillon de la gauche.
Être aventurier n’a pour nous rien de blâmable, à condition de l’être pour une bonne cause ; celles qu’a servi Glucksmann sont toutes désastreuses : elles visaient à mettre à feu et à sang l’Europe de l’Est, d’y susciter des révolutions, jugeant que les forces qui avaient renversé le communisme n’étaient pas assez libérales parce qu’elles n’étaient pas devenues woke. Il fallait, par la subversion, les détruire.
À partir de 2009, Glucksmann commence ainsi une carrière d’activiste international. Il devient de 2009 à 2012 conseiller du président de la Géorgie Mickaël Saakatchvili, qui avait pour ambition, au mépris des réalités géopolitiques, de transformer son pays en un poste avancé de l’Occident dans le Caucase. Il épouse en 2009 Eka Zgouladze, vice-ministre de l’Intérieur ; après l’échec dans les urnes de l’expérience Saakachvili, il se transfère en Ukraine où il continue d’être un agent actif de la subversion pro-occidentale. Il contribue ainsi à la prétendue révolution de Maidan : renversement par la force d’un président élu en 2010 de la manière la plus régulière (selon l’OSCE), ce qu’un homme aussi peu exalté que Valéry Giscard d’Estaing a qualifié de « coup d’Etat de la CIA ». Ce genre de déni de démocratie est unique dans les annales de l’Occident dit libéral. Maidan : révolution spontanée contre un président corrompu (mais pas plus que beaucoup d’autres et surtout de ceux qui ont pris sa place) diront certains ; mais cette « révolution » a coûté 6 milliards de dollars au budget américain avoués au Congrès de la secrétaire d’Etat adjointe Victoria Nuland qui l’a pilotée de A à Z.
Le patron de Glucksmann à Kiev fut-il George Soros, ce milliardaire animé d’une haine rabique contre Poutine (et Orban), qui a mis depuis longtemps sa fortune au service des révolutions orange (et de la traversée de migrants en Méditerranée) ou bien la CIA ? Sans doute les deux qui travaillaient la main dans la main. Glucksman se disait alors « consultant en révolutions ». « Il a fait des soulèvements nationaux son fonds de commerce » (Le Monde, 21 mars 2014).
Eka Zgouladze est devenue ministre de l’Intérieur du président ukrainien Porochenko, et son mari conseiller personnel. Saakatchvili en exil, devint, lui, gouverneur d’Odessa.
Après leur séparation, Glucksmann a épousé en 2015 Léa Salamé, fille d’un autre milliardaire proche de Soros.
On pourrait mettre ces engagements sur le compte d’erreurs de jeunesse si les événements de Maidan n’avaient été le vrai commencement de la guerre en Ukraine, une guerre qui a déjà fait entre un et deux millions de morts et qui risque aujourd’hui d’enflammer l’Europe entière, y compris par une escalade nucléaire. Le soulèvement de la place Maidan visait à installer aux portes de la Russie un pouvoir hostile à celle-ci. Si Glucksmann est Tintin, c’est un Tintin sanglant.
Dans un tel contexte, la France peut-elle sérieusement porter à sa tête un des responsables de cette catastrophe ?
Elu député européen en 2019 au titre de son mouvement Place publique, fermement partisan de l’Europe supranationale (qui n’est que la succursale locale du mondialisme libéral qu’il soutient par ailleurs), Glucksmann a milité pour le Pacte vert européen de 2021 qui prévoit la fin de l’automobile aux carburants fossiles et la surpression des élevages en Europe pour supprimer les émissions de méthane. S’il y a encore des agriculteurs au parti socialiste, il vaut mieux qu’ils le sachent. Comme tous les militants socialistes qui croient lutter pour défendre le peuple. Glucksmann est-il l’homme qu’il leur faut dans un monde au bord de la guerre. Jaurès où es-tu ?
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samedi, 03 octobre 2026
Les péchés de jeunesse de Jordan Bardella
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vendredi, 02 octobre 2026
2027. La gauche à l’offensive, la droite au ralenti ?

Jean-Yves Le Gallou (Source : Polémia - cliquez ici)
La gauche est en forme : pourquoi ? Certains sondages pour la prochaine présidentielle placent l’ensemble des candidats de gauche à 40 % : un score élevé par rapport à ceux des quinze dernières années. Plusieurs explications sont possibles.
Une base électorale qui se renforce
1/ Un effet de vases communicants : l’extrême centre perd chaque jour sa capacité d’attraction ; des électeurs de gauche repartent vers leur famille d’origine.
2/ Structurellement, le poids du vote immigré se renforce, alors que celui-ci est fléché à 80 % vers la gauche.
3/ Chaque année, 100 000 Français – parmi les plus dynamiques – s’expatrient : une bonne nouvelle pour la gauche !
4/ Les grandes institutions – culture, Éducation nationale, universités, justice – ont toujours été ancrées à gauche, mais leur intolérance s’est renforcée et, par là même, leur capacité d’intimidation.
5/ Le nombre des fonctionnaires et des salariés associatifs s’est encore accru : autant de publics orientés à gauche.
6/ Avec le « quoi qu’il en coûte », Macron a installé l’idée qu’il y avait de l’argent magique. À chaque problème, une prime pour ceci, une prime pour cela. Voilà qui renforce la dépendance à l’État. Et à ce jeu-là, la gauche est sur son terrain.
La bataille de l’opinion
7/ L’écologie a été préemptée par l’alarmisme climatique émotionnel : « La planète brûle et nous ne faisons rien. » Tout discours nuancé et rationnel est intenable, voire purement et simplement interdit.
8/ Médiatiquement et culturellement, la dynamique d’extrême gauche profite à la gauche : ainsi, les radios de service public se radicalisent pour contrer la concurrence croissante des médias alternatifs d’extrême gauche, de type Radio Nova.
9/ Il y a enfin et surtout une différence majeure entre les partis de gauche et les autres : LFI et les écologistes jouent un rôle essentiel dans la fabrication de l’opinion ; le RPR et l’UMP hier, LR et le RN aujourd’hui se contentent de la suivre. Ils surfent sur ses humeurs ou ses tendances ; ils ne créent pas l’opinion. Dans les grands médias, ils restent sur la défensive. Face aux partis guerriers, peut-on se contenter de partis rentiers ?
Attention au réveil en 2027. Il pourrait être difficile.
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lundi, 28 septembre 2026
Deux Aramburu, ou le vertige de la violence
Balbino Katz
chroniqueur des vents et des marées
Je suis au bar des Brisants, devant un café qui refroidit tandis que, derrière les vitres, le port de Léchiagat s’éveille avec sa placidité coutumière. Je lis Le Figaro. Un long récit de Nicolas Daguin et Eloi Passot revient sur le procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier et sur cette nuit du 19 mars 2022 qui coûta la vie à Federico Martín Aramburu. L’article est remarquable parce qu’il ne cherche pas à simplifier ce qui, précisément, donne le vertige : la succession de provocations, de coups, de décisions imbéciles, de retours en arrière qui auraient dû être des départs, jusqu’au moment où dix détonations rendent tout irréparable.
Le verdict est désormais connu. La cour d’assises de Paris a condamné Loïk Le Priol à vingt-six ans de réclusion criminelle pour meurtre et Romain Bouvier à dix-neuf ans pour tentative de meurtre. La préméditation n’a pas été retenue, ce qui explique que Le Priol n’ait pas été déclaré coupable d’assassinat. Lyson Rochemir, qui conduisait la Jeep, a été condamnée pour dissimulation de preuves à trois ans, dont trente mois avec sursis, et Anthony Sorrentino à trois ans entièrement assortis du sursis. Tous disposent encore d’un délai de dix jours pour faire appel.
Il faut reprendre la bobine, comme l’a fait la cour. À l’aube de ce samedi de mars, Federico Aramburu se trouve au Mabillon avec son ami Shaun Hegarty. Les deux anciens rugbymen croisent Le Priol et Bouvier. Des paroles sont échangées, puis une première empoignade éclate. Les témoignages divergent sur les mots prononcés et l’origine précise de la querelle ; une chose est établie par les images : Aramburu saisit Le Priol par la capuche et la bagarre commence. Tout aurait pu s’arrêter là. C’est même ce qui rend la suite si effroyable.
Quelques minutes plus tard, la Jeep conduite par Lyson Rochemir rejoint les deux rugbymen boulevard Saint-Germain, près de l’hôtel Welcome où ils étaient allés chercher de la glace pour leurs visages tuméfiés. Bouvier descend. Il tire quatre fois ; deux balles atteignent Aramburu. Le Priol, alerté par les détonations, arrive à son tour. Une nouvelle lutte s’engage et il fait feu six fois en quatre secondes. Deux de ses projectiles seront mortels. Puis viennent la fuite, les vêtements abandonnés, les armes cachées ou démontées, autant de gestes sur lesquels accusation et défense ont évidemment donné des interprétations différentes.
Il faut s’arrêter un instant sur l’homme étendu sur le trottoir. Federico Martín Aramburu avait quarante-deux ans. Ancien international argentin, passé notamment par le Biarritz Olympique, il était marié et père de trois enfants ; sa carrière sportive achevée, il avait commencé une nouvelle existence et développait un projet dans le tourisme. Ce matin-là, il devait simplement poursuivre sa vie. Il n’y eut ni grand dessein criminel longuement médité, ni vendetta, ni intérêt matériel. Une querelle de bistrot, quelques minutes de colère et des hommes armés suffirent.
C’est cela qui me laisse abasourdi. Nous sommes tellement habitués aux crimes auxquels on peut donner une cause, l’argent, la jalousie, la vengeance, l’idéologie, que l’inutilité parfaite de celui-ci lui confère quelque chose de plus accablant encore. On voudrait remonter le film et crier aux protagonistes, à chaque embranchement : partez donc ! Rentrez chez vous ! Prenez un taxi, traversez la rue, allez boire un café ailleurs, faites n’importe quoi, pourvu que vous cessiez cette enfantine querelle de mâles blessés dans leur orgueil. Une seule décision raisonnable, parmi tant d’autres possibles, aurait probablement suffi.
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vendredi, 25 septembre 2026
La gauche bretonne a perdu la bataille des idées, la violence est son dernier recours. Quelques jours avant les élections sénatoriales, Riposte laïque publie un grand entretien avec Pierre-Yves Thomas candidat dans les Côtes d'Armor
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Nous avons eu le plaisir de croiser la route d’un vrai militant breton, Pierre-Yves Thomas, qui vient d’être élu conseiller municipal à Saint-Brieuc, et d’être nommé responsable de la région Bretagne de Reconquête par Eric Zemmour. L’occasion pour nous de faire connaissance un peu plus avec cet homme attachant et courageux.
L’appel de Fillon à voter Macron a été la goutte d’eau de trop pour moi
Riposte Laïque : Avant d’approfondir cet entretien, pouvez-vous nous dire qui vous êtes, quel est votre parcours professionnel et politique, et le cheminement qui vous a conduit à devenir aujourd’hui un cadre de Reconquête, en Bretagne ?
Pierre-Yves Thomas : Mes premiers engagements politiques furent à l’âge de 17 ans, lors des élections présidentielles de 1981. Cette année-là, Valéry Giscard d’Estaing était le candidat le plus couramment soutenu par mes amis du lycée et c’est ainsi que, un dimanche après-midi, j’ai enfourché mon cyclomoteur Peugeot 103 d’adolescent pour rencontrer un ami de mes parents, assureur de son état et qui était également militant de la bonne cause. Nous avons préparé la colle dans son garage et ce fut parti pour ma première tournée d’affichage sur Saint-Brieuc, le début d’une longue série de campagnes militantes, jusqu’à aujourd’hui.
En réalité sympathisant RPR, mon activité professionnelle et ma situation familiale ont cependant dicté quelques priorités de vie, et donc une pause dans l’engagement politique. C’est à la Présidentielle 2012 que j’ai repris du service, lors de la campagne en soutien au candidat Sarkozy.
Pourtant, la période UMP-LR des années 2010 me décevait progressivement de plus en plus. J’observais déjà, depuis plusieurs années, l’abandon, par ce parti, de convictions assumées à droite, et mon avis fut conforté par l’appel de François Fillon à voter pour Emmanuel Macron en 2017. « Re-zo-re ! », me suis-je alors dit, trop c’est trop, et j’ai pris la décision de tourner la page de ce mouvement.
En 2021, j’ai été vite repéré et engagé par « Les Amis d’Eric Zemmour », c’est ainsi que je suis rapidement devenu responsable départemental Reconquête! 22 pour les Côtes-d’Armor, fonction que je remplis sans discontinuer depuis lors.
J’ajouterai que, depuis mi-septembre 2026, je suis également représentant et responsable régional Reconquête! pour la Bretagne, en collaboration avec les délégués départementaux.
Je suis très fier d’avoir participé, modestement, à la victoire de Callac
Riposte Laïque : Vous avez été en première ligne, c’était près de chez vous, de la bataille de Callac, contre le projet Horizon, qui voulait imposer des centaines de migrants à la population, en plein centre-ville. Quel est votre regard, plusieurs années plus tard, sur cette bataille ?
Pierre-Yves Thomas : Quelques années plus tard, je continue de rendre honneur à toutes les parties prenantes patriotes à la « bataille de CALLAC » contre le sinistre projet « Horizon » de 2022, une initiative déplorable qui était voulue à la fois par cette gauche bretonne matricée dans un sans-frontiérisme rétrograde d’accueil inconditionnel de « l’Autre » au détriment des Français, et aussi par des parrains bobos parisiens, généreux arroseurs financiers mais qui ne connaissaient rien aux problématiques –très réelles – et aux défis de la ruralité. Nous patriotes, fiers de notre Bretagne et de notre pays, avons gagné cette bataille, et CALLAC est le symbole de la ténacité payante du peuple de droite enraciné qui a réussi à faire plier l’alliance funeste d’une gauche locale inconséquente et destructrice, avec le progressisme mondialiste.
L’histoire de la création de la liste municipale patriote unitaire de Saint-Brieuc
Riposte Laïque : Lors des dernières élections municipales, vous avez mené une liste qui s’affichait ouvertement de droite, à Saint-Brieuc, et avez réalisé le score inattendu de 13 %. Vous êtes aujourd’hui conseiller municipal de cette ville. Pouvez-vous nous parler de l’histoire de cette liste, et surtout de votre expériences des premiers mois d’élu municipal ?
Pierre-Yves Thomas : La liste « Saint-Brieuc, LA droite pour tous » aux dernières élections municipales est tout simplement partie d’un constat, c’était il y a un an, en septembre 2025 : les mouvements de droite sur les Côtes-d’Armor ne se parlaient pas, tout à fait à l’instar de ce qui pouvait être observé dans l’immense majorité des autres départements de l’Hexagone. Nous avons alors pris l’initiative d’organiser une rencontre, un « apéro » un samedi de septembre, en conviant tous les responsables que nous pouvions identifier, dans nos relations personnelles, de mouvements à droite : Reconquête!, VIA Parti Chrétien Démocrate, UDR (Ciottistes), RN, Les Patriotes, LR et IDL.
Sept mouvements se sont donc retrouvés autour d’une table garnie de cacahuètes, de bières et de jus de fruit et nous avons cordialement fait connaissance, discuté sur l’actualité politique, sur l’avenir de la France et c’est ainsi qu’est apparue l’idée de créer une liste commune aux Municipales 2026 à Saint-Brieuc. Certes, nous avons mutuellement dû composer avec les attentes et les sensibilités respectives des participants, ce qui était d’ailleurs un excellent exercice de relations humaines qui me laisse un excellent souvenir. En janvier 2026, les équipiers du Rassemblement National ont, d’eux-mêmes, décidé de plier bagage, à mon sens sous le poids, du moins en partie, d’une pression non négligeable de leur parti. En tout cas, il n’y eut pas de conflit particulier et tout s’est passé dans un cadre de liberté d’action qui était, depuis le début, la règle commune.
Finalement, la liste « Saint-Brieuc, LA droite pour tous ! » a mené le combat des élections municipales du mois de mars en intégrant des profils très variés incluant notamment des militants et des adhérents Reconquête!, LR, Les Patriotes, UDR, DLF, en plus d’une fraction importe de citoyens non encartés.
Aujourd’hui seul élu au conseil municipal de Saint-Brieuc, je suis très heureux de pouvoir porter la voix de tous nos électeurs aux séances du conseil municipal qui se réunit environ une fois par mois. Je fais également partie de la commission des Finances et de la commission d’attribution des subventions, ce qui me permet de comprendre le fonctionnement des mécanismes internes à la municipalité.
Le nouveau maire macroniste de Saint-Brieuc, Victor Bonnot, n’a rien d’un homme de droite
Riposte Laïque : Saint-Brieuc a été perdu par la gauche, après des décennies de gestion socialiste. Les nouveaux élus, qui se disent de droite, mènent-il une politique différente de celle de leurs prédécesseurs ?
Pierre-Yves Thomas : Je suis très réservé sur la qualification politique de la nouvelle équipe municipale en place. Victor BONNOT, nouveau maire de la commune, et sa liste se sont faits élire sur le slogan auto-proclamé de « Liste de droite et du centre », ce qui était tout simplement une usurpation d’identité vis-à-vis des électeurs briochins, une sorte de tromperie sur la marchandise qui aurait presque mérité, en d’autres circonstances, un signalement à la Répression des Fraudes.
« Saint-Brieuc, LA droite pour tous ! » était véritablement la seule liste de droite, une droite raisonnée, tempérée, à ce scrutin municipal et force est de constater que, aujourd’hui, la mairie de Saint-Brieuc est tenue par une équipe, non pas de droite et du centre, mais essentiellement macroniste –Victor BONNOT est lui-même délégué départemental du parti Horizons d’Edouard Philippe, donc de centre-gauche, dans le sillage d’Emmanuel Macron, lui-même issue du Parti socialiste.
A ce sujet, il est très important de garder à l’esprit qu’Horizons et le macronisme représentent politiquement le pire de la gauche et de la droite réunis : une gauche de l’argent qui a abandonné les classes ouvrières et une droite qui a complètement oublié un certain nombre de principes et de valeurs chers à la droite sur lesquels le macronisme et Horizons s’assoient sans vergogne.
Quelques exemples récents illustrent la mise en pratique de cette duplicité :
En séance de conseil municipal du 8 juillet dernier, la majorité municipale est prise main dans la main avec l’opposition socialo-communiste, LFI compris, pour dilapider l’argent public en votant une subvention à une association de jeunes migrants du département alors que la ville est très endettée, alimentant par ailleurs la pompe aspirante de l’immigration clandestine et encourageant implicitement le désordre migratoire, à Saint-Brieuc comme ailleurs.
En séance de conseil municipal du mercredi 23 septembre, c’était il y a quelques jours, le maire, Victor BONNOT, a balayé d’un revers de la main ma mise en garde sur la formulation d’une charte pour le conservatoire briochin qui accueille des scolaires, laquelle charte faisait la part belle au « genre » et aux « identités de genre », tout un sabir incompréhensible pour le grand public, mais qui est l’expression d’un agenda idéologique et politique menant typiquement à une emprise sur nos enfants, la démonstration en a été largement faite ici ou là. Alors que le périscolaire continue de secouer le monde politique dans lequel l’administration socialiste de Paris est mouillée jusqu’au cou, un minimum de prudence ou de réflexion auraient été de mise.
Mais non, Victor Bonnot n’a pas trouvé mieux que de qualifier ma mise en garde et mes recommandations de « fantasme » (sic), preuve s’il en est de son inculture, de son ignorance totale sur ces questions. Si, au moins, il avait pu démontrer minimum d’humilité en la matière, ce n’aurait déjà pas été mal mais non, pas même cela.
Je suis la cible des élus de gauche de Saint-Brieuc et particulièrement de LFI
Riposte Laïque : Quelle est l’attitude de vos collègues conseiller municipaux à votre égard ?
Pierre-Yves Thomas : Je crois pouvoir dire que l’attitude de mes collègues conseillers municipaux à mon égard est assez variable, ce qui n’est guère surprenant. J’avoue ici avoir essentiellement un sentiment de bienveillance, par principe, envers la personne de mes collègues. Cela se traduit par des rapports plutôt cordiaux avec les membres de la majorité municipale même si, et c’est tout à fait naturel, nous n’avons pas les mêmes positions sur un certain nombre de sujets.
Je ne peux malheureusement pas en dire autant avec mes collègues socialo-communistes de l’opposition municipale. Alors que, de par leur étiquette politique, ils plaident à qui veulent les entendre, la tolérance, l’ouverture et la diversité, je suis obligé de constater qu’une majorité d’entre eux a du mal à souffrir de me voir tout simplement prendre la parole en séance de conseil municipal. A la séance du 23 septembre par exemple, le maire a été obligé de rappeler à l’ordre un conseiller de cette minorité qui aurait préféré que je ne m’exprime pas, que je ne porte pas la voix des Briochins qui m’ont fait confiance.
En la matière, la palme revient au conseiller LFI Henri ALLOY qui, en séance du 23 septembre toujours, s’est lancé dans une diatribe à mon encontre, aussi confuse qu’inepte, au point que le reste du conseil municipal n’en a rien compris et qu’il s’est tout simplement ridiculisé.
Dimanche, nous serons présents dans le Finistère pour les élections sénatoriales
Riposte Laïque : Vous présentez également une liste dans le Finistère, aux prochaines élections sénatoriales. Qu’espérez-vous ?
Pierre-Yves Thomas : Oui, c’est tout à fait exact. Cette liste est menée par mon collègue et ami Yann LERICHE, qui est personnellement établi à Brest. C’est une candidature très courageuse, Yann est un homme très consciencieux et travailleur, et j’invite les grands électeurs finistériens de centre et de droite à voter pour lui car le programme qu’il porte, sur sept principaux axes, est tout à fait de nature à répondre aux attentes des communes et des maires :
- Abrogation de la loi du 21 mai 2025 sur la parité dans les petites communes.
- Soutien aux maires qui refusent le mariage de personnes en situation irrégulière.
- Renfort des pouvoirs de police du maire.
- Protection des maires en cas de menaces et d’agressions.
- Rééquilibrage des relations entre les communes et les intercommunalités.
- Aucune fermeture de classe en zone rurale sans l’accord des maires.
- Sanctuarisation des dotations globales de fonctionnement pour les communes de moins de 500 habitants.
Dans le Finistère, 10 listes sont en concurrence, dont 5 listes de gauche, pour 4 sièges de sénateurs à pourvoir et le scrutin est donc très ouvert, chacun ayant ses chances.
J’observe la montée de la violence de la gauche, en Bretagne et partout ailleurs…
Riposte Laïque : Beaucoup prédisent, dans les semaines et les mois à venir, une campagne présidentielle qui risque d’être violente. En Bretagne, il y a de nombreux bastions antifas. Craignez-vous pour la sécurité de vos militants ?
Pierre-Yves Thomas : J’observe en effet, sur les cinq dernières années, un durcissement des postures politiques qui se traduisent parfois, particulièrement à gauche et à l’extrême-gauche, par des discours particulièrement radicaux et excessifs et, parfois aussi, par des agissements condamnables, y compris en Bretagne et dans les Côtes-d’Armor.
Je disais plus haut que certains conseillers municipaux à Saint-Brieuc préféreraient ne pas me voir parler, jusqu’à tenter de couper, voire interdire la parole. Un autre, le conseiller municipal LFI, se lance impudemment dans le dénigrement gratuit. Ce sont des alertes significatives.
En militantisme de terrain aussi, les situations peuvent déraper et il conviendra en effet d’être vigilant. Mais, en réalité, quelle est la traduction de cette atmosphère ? La violence verbale et la violence physique ne sont finalement que de succédanés argumentaires d’une gauche et d’une extrême-gauche qui n’ont plus grand-chose à offrir à la société, après des décennies de toute puissance idéologique et de mainmise, parfois absolue, sur les institutions, sur les mentalités et dans l’opinion. Mais la gauche et l’extrême-gauche sont dorénavant en train perdre la bataille des idées. Le mouvement de balancier est déjà engagé depuis plusieurs années, la gauche et l’extrême-gauche le réalisent, et c’est également ce qui tend à les rendre violents.
Pour ma part, comme responsable politique, je n’ai pas peur, absolument pas. En revanche, je prendrai soin, chaque fois que nécessaire, de la sécurité de mes militants jusqu’à la victoire, assurément.
Un très grand merci pour votre interview.
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mardi, 22 septembre 2026
Présidentielles : Macron, le cobelligérant hybride

Pierre Boisguilbert, Polémia (cliquez ici)
La menace russe deviendra-t-elle le nouvel instrument du barrage contre la droite nationale ? Pierre Boisguilbert dénonce la stratégie d’Emmanuel Macron, qu’il accuse d’instrumentaliser la peur de la guerre pour peser sur la présidentielle et détourner le débat des préoccupations des Français.
La peur comme instrument électoral
Le président Macron n’a plus qu’un but : ne pas remettre les clés de l’Élysée à Marine Le Pen. Comme il ne peut pas être candidat, il fera tout pour priver les Français d’un libre choix. Une fois de plus, il va tenter de vider la présidentielle de sa nature, qui est la rencontre entre un homme ou une femme et le peuple autour d’une vision d’avenir pour le pays. Il va le faire par l’instrumentalisation de la peur d’un conflit avec la Russie, dans un contexte de crise énergétique liée à la guerre de Trump en Iran. Poutine et Trump, responsables des malheurs des Français, mais certainement pas lui. Poutine qui va devenir, au fil des mois, le croquemitaine de la Macronie aux abois.
Tout ce qui ne condamne pas Poutine et ne soutient pas l’Ukraine sera donc disqualifié pour péché de non-patriotisme, sinon de trahison. On voit bien qui est visé : Marine Le Pen. Si Hitler ne suffit plus pour faire barrage, on va trouver un nouvel épouvantail : Poutine. Et c’est ainsi que, comme il livre des armes à l’Ukraine, Macron va alimenter en arguments anti-RN les Philippe et autres clones du camp des faillis qui ont ruiné la France et menacent sa survie face à l’islamisme conquérant dont le président ne parle jamais. Poutine pour ne pas parler de l’immigration, Poutine pour ne parler de rien. C’est plus Ceuta qui nous menace que les chars russes. On se moque des élections russes qui seraient un plébiscite, mais la présidentielle française risque d’être aussi un plébiscite anti-Poutine.
Une réunion précipitée, mais calculée
La « nature de l’agressivité russe et des menaces en Europe change », a prévenu le président de la République. De plus en plus de sabotages, qui visaient plutôt des cibles étatiques ou militaires jusqu’à présent — comme l’attaque de drone contre un avion-cargo à Leipzig, en Allemagne, en août —, semblent en effet se décaler vers des objectifs qui pourraient causer des victimes civiles. « Nul n’est à l’abri », a ajouté M. Macron. La démarche, inédite, est destinée à marquer les esprits, souligne le journal Le Monde. Alors que des sabotages et des accidents suspects d’une particulière gravité se sont multipliés, ces dernières semaines, partout en Europe, Emmanuel Macron a précipité, vendredi 18 septembre, à l’Élysée, une réunion avec l’ensemble des candidats à la présidentielle et les chefs de partis politiques. Une réunion précipitée, mais calculée, car il n’y avait aucune urgence concrète.
Jusqu’où irait le président ?
Macron a décidé d’être cobelligérant hybride de la présidentielle et de tout faire pour diaboliser, par l’international, le vote national français en faveur notamment du RN. Mais si cela, au fil des sondages, ne suffisait pas ? Jusqu’où irait le président pour ne pas rester dans l’histoire comme le petit Uber de l’extrême droite ? Pourrait-il y avoir un fait assez grave pour reporter l’élection, sinon l’annuler ? Une ingérence russe qui pèserait dans la présidentielle au détriment, finalement, si l’on en croit Macron, des intérêts de la Russie serait cependant éminemment suspecte.
La peur de la guerre est une arme à manier avec précaution. L’élection présidentielle doit se faire sur ce qui menace vraiment la France et les Français. La Russie en fait-elle partie ? Macron le croit-il vraiment ou rêve-t-il d’imposer un monde virtuel pour battre Marine ? La question mérite d’être déjà posée, car elle va se poser de plus en plus, de cela on peut être sûr. La campagne, ce sera : l’homme qui a vu l’ours (russe) qui a vu l’ours qui a vu l’ours.
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samedi, 19 septembre 2026
Lynchage d’un flic et veulerie politico-médiatique

Il y a une semaine, le 12 septembre, Éric Delcroix avait déjà publié un article au sujet de la soi-disant "affaire de Carcassonne", sur Polémia (cliquez ici). Nous le reproduisons ci-après :
Qu’est-ce qui est plus ignoble qu’un lynchage, si ce n’est un lynchage médiatique et judiciaire ? Celui qu’a subi le policier municipal de Carcassonne, coupable d’avoir vu enregistrés ses propos de bistrot ou de salle de garde. Car nous vivons à une époque où les crimes de la pensée sont davantage réprimés que les crimes de sang. À rebours de ce que pensait Montesquieu dans L’Esprit des lois en 1748 : « Les mots ne sont jamais des actes. » Voici en tout cas un article aussi brillant qu’incisif d’Éric Delcroix.
Polémia
Espionnage, délation et lynchage
Après avoir été apparemment ignoré, légitimement et à dessein, par l’ancien maire divers droite de Carcassonne en 2025, l’enregistrement audiovisuel accidentel des propos du brigadier-chef principal de la police municipale a été divulgué le 8 septembre par Midi libre. Et le nouveau maire, Christophe Barthès, Rassemblement national celui-là, a cédé au hourvari, pour des propos de salle de garde, licencieux conformément au genre, tenus en privé, d’un flic à l’autre, dans l’habitacle de leur voiture en patrouille. Le policier a été révoqué incontinent et, volontaire du service d’ordre du RN, chassé du mouvement, semble-t-il sans autre forme de procès, comme disait La Fontaine (Le Loup et l’Agneau).
Racistes, homophobes, transphobes et antiféministes (horresco referens !) comme on dit, ces propos, à les entendre, étaient tenus dans un entre-soi rigolard et on comprend qu’ils étaient propres, par leur outrance même, à désamorcer les angoisses pendant des missions particulièrement difficiles. Telles les blagues de carabins. Oui, en privé, on peut et on doit pouvoir se livrer à toutes les licences verbales (les mots ne sont jamais des actes, disait Montesquieu dans L’Esprit des lois — 1748) et donc jusqu’à l’obscénité. Celle-ci peut être un défouloir positif, sans conséquence sur l’exercice de sa fonction par le locuteur, ici sans reproche à cet égard. Pour le malheur de ce policier, le nouveau maire est du RN, contrairement à son prédécesseur qui était plus réaliste, plus mesuré et sans complexe incapacitant. Ce nouveau maire ne s’est senti tenu à aucun devoir envers son subordonné, qui plus est militant de son parti. Dont acte pour ses collègues et camarades de service d’ordre présents et à venir…
Pauvre flic ! Son immolation, sur l’autel du vivre-ensemble, nous montre que nous n’avons plus aucune licence : le Big Brother vétilleux d’Orwell veille, potentiellement dans l’habitacle de chaque auto, et bientôt dans notre âme puisque l’on nous promet une intelligence artificielle capable, dès demain, de sonder notre cœur.
De telles saillies sont proférées au sein de nombreux équipages franchouillards de la police, municipale ou nationale (j’en ai eu moult témoignages), sur un ton volontairement léger, sans aucune importance pratique sauf à permettre une décompression ; cela n’empêche pas ces policiers de faire leur travail dans le respect des lois. À force de vouloir des policiers et gardes du corps aux pensées, sentiments et affects vertueux, au regard du nouvel ordre moral antidiscriminatoire, on aura un problème de recrutement. En cours de résolution au demeurant, car le processus semble se dessiner pour embaucher, en discrimination positive, des personnes issues de l’immigration extra-européenne…
D’un ordre moral à l’autre, du temps de celui qui régentait les rapports entre les hommes et les femmes, Alfred de Musset, dans les Confessions d’un enfant du siècle (1836), rapporte ce qu’il en fut en France à compter de la Restauration :
… l’hypocrisie la plus sévère régnait dans les mœurs ; les idées anglaises se joignant à la dévotion, la gaîté avait disparu.
Ce précédent ordre moral n’empêchait évidemment pas les gens entre eux, les hommes ici, voire les femmes là, de tenir des propos salaces, égrillards et pornographiques. Sauf que « la gaîté avait disparu ». Oublions la comptine : plus un gendarme ne rit dans la gendarmerie…
Mais il n’y avait pas, au siècle de Musset, l’espionnage institutionnalisé des vies privées et la délation n’était pas une activité reconnue, à l’inverse de ce qu’il en est de nos jours (cf. sa légalisation depuis la loi Pleven de 1972). On cachait les indics, ce qui n’est plus le cas avec les testings.
Si l’affaire de Carcassonne est révélatrice de quelque chose, ce n’est pas de la vilenie supposée d’un policier dans les tensions d’une patrouille, toujours risquée. Elle est révélatrice de la veulerie de nos politiciens et de l’évaporation de l’humour, je ne dis pas du comique, mais de l’humour qui implique de la distanciation (cf. persécutions contre Dieudonné M’bala M’bala). Capitulation du maire RN de Carcassonne, mais aussi d’une myriade de politiciens et journalistes qui prennent une tempête dans un verre d’eau pour un raz-de-marée.
En effet, nous avons assisté à un festival, non pas de simples lâchetés (qui n’a jamais été lâche ?), mais de cette veulerie qui corrompt l’âme. Et on voudrait nous faire croire que ces gens-là, tous autant qu’ils sont, seraient dignes de prendre les rênes de la France en crise ? Même l’inoxydable Robert Ménard, lui aussi, y est allé de son coup de pied sur le pauvre type, objet pantelant de ce lynchage médiatique, déjà à terre et à la ramasse. Croyait-il indispensable de ne pas laisser cette affaire à l’échelle de Carcassonne ? Que sait-il des policiers de Béziers, ville dont il est maire ? Que ne découvrirait-il pas de leurs dialogues s’il les espionnait ?
Et puis, subsidiairement, j’entends ne jamais être du côté de la meute, de n’importe quelle meute. L’hallali est toujours ignoble : voir des donneurs de leçons droit-de-l’hommistes donne la véritable aune pour les juger.
La défense des siens et saillies racistes
L’abjection n’est jamais du côté du lynché, mais toujours des lyncheurs, racistes ou antiracistes. Des hommes comme Mélenchon aujourd’hui et feu Jean-Marie Le Pen hier ont su montrer que l’on pouvait ne pas abandonner les siens dans l’adversité politique et faire face à la meute…
Et puisque j’ai cité le nom de Mélenchon, voyez ce que celui-ci a dit, à froid et en public :
Je ne peux pas survivre quand il n’y a que des blonds aux yeux bleus. C’est au-delà de mes forces… Quand on est arrivé en France, c’était l’horreur pour nous (Hit Radio, février 2013).
Ce qui ne l’empêche pas de demander la révocation « sans délai » du policier, vœu accompli simultanément par le maire RN. Il est vrai que Mélenchon sait que la mauvaise foi est consubstantielle au marxisme-léninisme. Barthès-Mélenchon, même combat ? Pourquoi voter RN à Carcassonne si on peut voter LFI ?
On nous dit que le malheureux policier aura des comptes à régler auprès de la justice du nouvel ordre moral. En tout cas, celle-ci a relaxé en appel (2021) le rappeur Nick Conrad qui chantait :
Pendez les Blancs / Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs / Attrapez-les vite et pendez leurs parents (2018).
Je crains que le policier n’ait pas l’alibi de la licence poétique qu’il lui faudrait pour bénéficier d’une relaxe…
Brigadier-chef, je ne vous connais pas, je ne sais rien de vous, mais je vous tends la main.
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vendredi, 18 septembre 2026
Affaire Sydney Sweeney, le sexe est-il devenu une valeur de droite ?

Eugénie Bastié
Le sexe est-il devenu une valeur de droite ? C’est la question qu’on peut se poser quand on observe le torrent d’indignations vertueuses suscité à gauche par la publicité où l’actrice américaine Sydney Sweeney apparaît nue. La blonde pulpeuse pose dans le plus simple appareil, avec quelques accessoires sportifs, pour un site de paris en ligne. La plateforme Novig a réussi le double exploit de calibrer une pub capable de plaire exactement à son public d’hommes et de déplaire dans les mêmes proportions à ses adversaires. La muleta a parfaitement fonctionné, dans le monde entier comme en France. « Complètement arriérée » pour France Inter. « Égérie de la droite réac » pour une chroniqueuse de Libération. Des athlètes féminines, pour la plupart inconnues du grand public, ont dit leur indignation de voir ainsi leur sport « sexualisé ». La nageuse australienne Ariarne Titmus a qualifié cette pub de « coup de pied au visage de toutes les femmes ayant consacré leur vie à la discipline ». Rien que ça. Curieuse époque ou une sportive de haut niveau sent son mérite remis en cause par une simple campagne de publicité. Le sport féminin est-il si fragile ?
Certes, on pourra arguer que cette publicité ne vend pas du sport, mais du sexe. Mais depuis quand la publicité doit-elle dire la vérité ? L’usage de la sensualité lui est presque consubstantiel. Vouloir rendre la publicité éthique, c’est un peu comme vouloir rendre le poker désintéressé.
Mon corps, mon choix… à géométrie variable
Cette séquence nous plonge en plein milieu des paradoxes du wokisme. Les mêmes progressistes qui nous ânonnent depuis des années les slogans comme « mon corps, mon choix », « j’ai le droit d’exister », « je n’enlève rien à personne », s’étranglent devant une publicité sexy tout droit sortie des années 1980. Ceux qui affirment que porter le voile serait une liberté n’éprouvent aucun complexe à accuser une femme dévoilée, et même dénudée, d’être une « réac ».
Il y a bien sûr quelque chose d’universel dans cette affaire : des femmes scandalisées qu’une des leurs joue de la séduction, c’est vieux comme le monde. Sydney Sweeney est absolument ravissante, elle plaît aux hommes hétérosexuels. On en a brûlé pour moins que ça. La sororité s’arrête bien souvent aux portes de la rivalité.
Mais on aurait tort de sous-estimer cette polémique. Elle raconte une bascule culturelle plutôt qu’elle ne la provoque. Comment une jeune femme portant tous les attributs de la liberté sexuelle est-elle devenue une icône conservatrice ? Il faut dire que Sydney Sweeney est devenue la bête noire des progressistes depuis qu’elle a accepté une publicité pour American Eagle dont le slogan, « Sydney Sweeney has great jeans », jouait sur les mots jeans et gènes, et a été perçu par certains comme une apologie de l’eugénisme. Le tollé avait été immense. Sydney, elle, s’en était royalement moquée dans une vidéo où elle répondait avec un grand sourire : « C’est une juste une pub pour des jeans. » La jeune femme a souvent raconté avoir grandi entre Spokane et le nord rural de l’Idaho, dans une maison au bord d’un lac appartenant à sa famille depuis cinq générations. Inscrite sur les listes républicaines, elle n’a jamais cherché à faire du militantisme, malgré le surnom de « Barbie Maga » qu’on lui donne.
Cette affaire ne révèle pas seulement le retour de la sensualité comme attribut de la féminité, elle symbolise le droit restauré de reconnaître à nouveau la beauté conventionnelle. Pendant des années, la publicité de mode s’est félicitée de rompre avec le canon de la blonde mince : corps gros, modèles issus de la diversité, queer ou trans, cicatrices et imperfections étaient exhibés au nom de l’inclusion. Puis Sydney Sweeney apparaît en jean, blonde, mince, conforme aux vieux canons de beauté. Et puis elle est blanche, ce qu’on ne lui pardonne pas davantage. La sociologue Catherine Hakim spécialiste du « capital érotique » diagnostiquait déjà chez une partie du féminisme anglo-saxon une « phobie du sexe et une hostilité à la beauté et au plaisir ». Sydney Sweeney vient peut-être de donner un visage à cette vieille névrose.
Quand le film Et Dieu… créa la femme sort aux États-Unis, en 1957, il subit une intense campagne de boycott de la part d’organisations religieuses. Si Brigitte Bardot revenait nue aujourd’hui, elle ne serait plus clouée au pilori par des pasteurs mais par des féministes ulcérées par son déhanché provocateur. Après avoir abandonné la laïcité, l’école, la sécurité à la droite, la gauche serait-elle en train de lui abandonner le sexe ? Après avoir fait l’éloge du laid, du gros, du marginal, serait-elle en train de lui abandonner aussi la beauté ? C’est ce que raconte cette histoire : cachez ce sein de droite que je ne saurais voir…
Source :Le Figaro 18/9/2026
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jeudi, 17 septembre 2026
Crise historique, vide politique

Vincent Trémolet de Villers
Inutile d’épiloguer, l’Histoire se chargera de juger l’extraordinaire légèreté d’un président qui a trop souvent préféré les discours aux actes, les images aux décisions, les ornements aux travaux de fondation. À l’heure des conséquences, la crise est là, multiforme, et l’urgence est désormais de la surmonter. Le carburant, élément de la vie quotidienne de près de huit Français sur dix, est la cause la plus immédiate, la plus spectaculaire de la colère qui sourd. Elle a pour terreau l’angoisse du déclin qu’alimentent des événements symboliques - des Pieds nickelés qui dévalisent le Louvre en pleine journée, les données informatiques des Français dérobées aux impôts par des gamins de 20 ans et des courbes impressionnantes : dette, démographie, Pisa, immigration, criminalité…
Pour leur plein d’essence, les Français exsangues financièrement en appellent à l’État, mais l’État a les poches vides et quand il se tourne vers les marchés, il est paralysé d’inquiétude. « Blocage », « réquisitions », « ponctions », MM. Bompard, Roussel, Faure puisent dans l’abécédaire de la démagogie révolutionnaire pour tenter d’agréger le malaise. Il faut vivre dans une pleine surréalité ou se savoir très éloigné du pouvoir pour déclamer des promesses intenables, revendiquer des solutions absurdes. Cette gauche rêve sans doute d’un mouvement social, d’un retour des « gilets jaunes ». Il est permis d’en douter ; si révolte il y a, elle sera civique et moins sur les ronds-points que dans les urnes.
Cet automne sous tension, sur fond de bataille budgétaire et de campagne présidentielle, va aussi être un révélateur du sérieux de ceux qui prétendent à la fonction suprême.
Le contraste qui distingue depuis toujours la conquête du pouvoir et son exercice atteindra dans les mois qui viennent son paroxysme. Écrivons-le : on demeure sidéré devant la prolifération de candidats de plus en plus insignifiants. Le moment est historique et beaucoup de propositions politiques sont désespérément anecdotiques. Pourtant, un esprit responsable y réfléchirait soixante-dix fois sept fois avant d’aggraver un peu plus une situation aussi périlleuse pour un gain politique de court terme.
Source : Figaro 17/9/206
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mercredi, 16 septembre 2026
Union des droites : l'illusion du programme commun
Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées
Source Polémia cliquez ici
Unir les droites, mais pour défendre quelle France ? Balbino Katz expose les fractures entre RN, droite classique et Reconquête : derrière l’accord électoral se joue un choix fondamental entre administrer le déclin et défendre la continuité du peuple français.
Polémia
Une union possible ?
Le Journal du dimanche a consacré plusieurs pages à une idée qui s’installe désormais au cœur de la préparation de l’élection présidentielle de 2027 : l’union des droites ne serait plus seulement souhaitée par leurs électeurs, elle disposerait déjà de son programme. Sous le titre assez catégorique « Le peuple de droite a déjà son programme », Jules Torres rassemble les résultats de plusieurs enquêtes et fait apparaître un socle commun : maîtrise de l’immigration, sécurité, réduction de la dette, pouvoir d’achat, assimilation, production nationale. Selon les chiffres cités par le journal, 66 % des sympathisants LR, 63 % de ceux du RN et 89 % de ceux de Reconquête souhaitent une union en 2027.
L’intuition est juste, du moins jusqu’à un certain point. Il existe aujourd’hui un électorat de droite dont les préoccupations convergent beaucoup plus que ne le laisseraient supposer les querelles d’appareils. Sur l’immigration, le rétablissement de l’autorité, l’insécurité ou la critique de l’impuissance publique, les électeurs de Bruno Retailleau, de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour parlent de plus en plus souvent la même langue. L’erreur commence lorsqu’on déduit de cette convergence électorale l’existence d’une famille politique homogène. Une addition de réponses identiques à des questionnaires ne produit pas nécessairement une vision commune du monde.
La science politique française nous a précisément appris à nous méfier des étiquettes trop simples. René Rémond, dans Les Droites en France, distinguait les traditions légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Sa typologie a été discutée, complétée et parfois malmenée, mais son intuition essentielle demeure féconde : derrière le mot « droite » se cachent des tempéraments politiques, des conceptions de l’État et des représentations de la société profondément différents. Deux partis peuvent voter la même loi pour des raisons presque opposées.
La vieille tripartition de René Rémond ne correspond plus exactement au paysage contemporain. Les héritages survivent par fragments, mais d’autres clivages les recouvrent. Pour comprendre les recompositions actuelles, une nouvelle division peut être proposée. Trois familles se distinguent : une droite populo-étatiste, une droite libérale-étatique et une droite libérale-identitaire.
Le RN, ou le populo-étatisme
La première est principalement incarnée par le Rassemblement national, auquel peuvent être rattachés Nicolas Dupont-Aignan et les différentes survivances du souverainisme français. Cette droite croit à la souveraineté, aux frontières, à l’autorité et à la priorité nationale, tout en demeurant très attachée à la protection sociale, aux services publics, aux retraites et à une forte intervention de l’État dans l’économie.
Cette singularité s’explique en partie par la sociologie électorale du RN. Les travaux de Pascal Perrineau ont depuis longtemps montré comment le Front national, puis le Rassemblement national, avait progressivement conquis des catégories populaires autrefois intégrées au système communiste ou socialiste. Le déplacement des ouvriers vers le vote national n’a pas entraîné leur conversion soudaine au libéralisme économique. Le parti a donc absorbé une partie de leur culture sociale en même temps que leurs suffrages.
Le JDD le reconnaît d’ailleurs entre les lignes. LR et Reconquête privilégient davantage la réduction de la dépense et des prélèvements, tandis que le RN se montre beaucoup plus protecteur des prestations et des petites retraites. Le principe de réduction de la dette rassemble ; la méthode sépare aussitôt. Ce détail n’en est pas un. Une coalition peut aisément promettre de réduire les dépenses publiques avant une élection ; elle commence à se diviser le jour où il faut inscrire le nom des bénéficiaires sur la facture.
Le phénomène rappelle ce qu’Otto Kirchheimer avait appelé, dans les années 1960, le catch-all party, le « parti attrape-tout ». Pour élargir son électorat, une formation abandonne progressivement une partie de sa rigidité doctrinale, atténue ses références idéologiques et cherche à agréger des groupes sociaux dont les intérêts ne coïncident pas entièrement. Le RN contemporain correspond assez bien à cette logique. Sa grande force est de permettre à des électeurs très différents de projeter sur lui des espérances parfois contradictoires.
L’ouvrier y voit la protection sociale ; le petit patron, la réduction des contraintes ; le conservateur, l’ordre ; le souverainiste, la nation ; l’identitaire, l’arrêt de l’immigration ; le retraité, la préservation de ses droits. Tant que le parti demeure dans l’opposition, cette polysémie fonctionne admirablement. L’exercice du pouvoir présente l’inconvénient d’obliger les synonymes apparents à retrouver leur sens exact.
Les libéraux-étatiques, éternelle droite de gouvernement
La deuxième famille est celle des libéraux-étatiques. Elle rassemble une partie des Républicains, l’UDR d’Éric Ciotti et, selon des combinaisons variables, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez ou David Lisnard. À la périphérie se trouvent également ceux qui, venus de la macronie, peuvent espérer reconstruire une droite gouvernementale : Édouard Philippe, Gérald Darmanin et, plus difficilement, Gabriel Attal.
Cette famille privilégie l’entreprise, la maîtrise des comptes publics, la réduction des prélèvements et une conception plus classique de l’économie de marché. Elle se distingue pourtant du libéralisme anglo-saxon par une fidélité très française à l’appareil d’État. Elle souhaite généralement diminuer la puissance publique sans renoncer à la haute administration qui la fait fonctionner, déréglementer sans désarmer le centre, décentraliser tout en maintenant la main de Paris.
Il n’y a là aucune anomalie historique. La droite française est étatique depuis Colbert autant que la gauche l’est depuis les jacobins. Tocqueville avait déjà remarqué, dans L’Ancien Régime et la Révolution, combien la centralisation administrative avait précédé 1789 et survécu à presque tous les bouleversements de régime. Nos libéraux gouvernent souvent moins contre l’État qu’à partir de lui.
Cette droite peut parfaitement conclure des alliances électorales avec le RN. Elle peut voter avec lui sur la sécurité, l’immigration ou la fiscalité. Une difficulté apparaît dès que l’on touche à la conception de la société : elle demeure largement persuadée que l’immigration est d’abord une question de flux à maîtriser, de coût économique, d’intégration et d’ordre public. Le problème civilisationnel lui paraît souvent excessif ou politiquement dangereux.
L’apparition d’une droite libérale-identitaire
La troisième famille est aujourd’hui beaucoup plus faible électoralement : celle des libéraux-identitaires. Reconquête en est pratiquement le seul représentant organisé avec Éric Zemmour et Sarah Knafo.
Son originalité ne réside pas seulement dans une plus grande fermeté migratoire. Elle consiste à établir une hiérarchie différente entre les problèmes politiques. Pour cette droite, la première question n’est pas de savoir si la France aura dans vingt ans un déficit public de 3 ou 4 %, mais quel peuple habitera le territoire français.
Cette interrogation renvoie à une vaste littérature universitaire sur la définition de la nation. Ernest Renan avait popularisé, dans sa conférence Qu’est-ce qu’une nation ?, l’idée du « plébiscite de tous les jours », souvent utilisée depuis pour défendre une conception volontaire de l’appartenance nationale. Plus d’un siècle plus tard, Anthony D. Smith, à travers l’école dite de l’ethnosymbolisme, a rappelé qu’une nation ne surgit jamais d’une pure décision juridique : elle repose aussi sur des mythes collectifs, une mémoire, des symboles, des territoires et des continuités historiques.
Dominique Schnapper, dans ses travaux consacrés à la communauté des citoyens, a pour sa part montré toute la puissance mais également toute la tension du modèle français : l’universalisme républicain prétend transcender les appartenances particulières par la citoyenneté. Cette construction fonctionne admirablement lorsque les nouveaux venus sont suffisamment peu nombreux pour entrer dans une société nationale fortement structurée. La question contemporaine est de savoir si le même mécanisme demeure inchangé lorsque les proportions démographiques, la concentration territoriale et la puissance des appartenances communautaires se transforment.
C’est exactement à cet endroit que l’unité proclamée des droites se fissure.
Immigration : le même mot pour trois politiques
Le JDD constate que l’immigration constitue un sujet déterminant pour 71 % des proches de LR, 85 % de ceux du RN et 95 % de ceux de Reconquête. Une telle convergence paraît spectaculaire. Elle renseigne pourtant davantage sur l’importance du problème que sur les solutions envisagées.
Dire que l’on veut « réduire l’immigration » ne signifie presque rien tant qu’on ne précise pas l’objectif. S’agit-il de diviser les flux par deux ? De parvenir à l’immigration zéro ? De supprimer le regroupement familial ? De remettre en cause certaines naturalisations ? De créer un solde migratoire négatif ? De favoriser le retour de populations étrangères déjà installées ?
Le terme de « remigration » rend cette divergence visible. Le RN refuse de reprendre le mot ; Reconquête l’assume. Derrière cette querelle lexicale s’opposent deux diagnostics. Le premier considère qu’en arrêtant fortement les flux, en expulsant clandestins et délinquants étrangers et en rétablissant l’assimilation, l’essentiel du problème peut encore être traité. Le second soutient que les transformations démographiques déjà accomplies rendent insuffisant le seul contrôle des entrées.
On retrouve ici un phénomène étudié par Seymour Martin Lipset et Stein Rokkan : les systèmes politiques s’organisent autour de grands clivages durables. Ceux-ci peuvent survivre longtemps après les circonstances historiques qui les ont fait naître, puis être progressivement concurrencés par de nouvelles lignes de fracture. En Europe occidentale, le vieux conflit entre capital et travail ne suffit manifestement plus à structurer la compétition politique.
Hanspeter Kriesi et plusieurs politistes européens ont montré comment la mondialisation avait contribué à faire émerger un nouveau partage entre les groupes qui bénéficient de l’ouverture économique, culturelle et migratoire et ceux qui s’en perçoivent comme les perdants. La question contemporaine pourrait aller encore plus loin : au clivage économique ouverture-fermeture s’ajoute désormais une opposition sur la permanence même des peuples européens.
Le RN reste profondément républicain
Les déclarations d’Andréa Kotarac sont de ce point de vue particulièrement instructives. Le porte-parole du RN avait affirmé que « les racines de la France ne sont pas que chrétiennes » et que « les musulmans sont sensibles au patrimoine chrétien de la France ». Ces propos avaient suscité des réactions précisément parce qu’ils donnent à voir la conception nationale qui demeure dominante dans le parti.
La France du RN reste essentiellement une France républicaine : tout individu peut devenir pleinement français à condition d’accepter les règles, les mœurs et un certain patrimoine collectif. L’origine n’est pas, en elle-même, politiquement déterminante. Le nombre l’est assez peu également, dès lors que l’assimilation est supposée fonctionner.
Reconquête introduit une rupture. L’assimilation individuelle peut fonctionner, soutient en substance cette école, sans que l’assimilation de populations entières soit possible dans n’importe quelles proportions. La quantité finit par modifier la nature du phénomène. Une famille arrivée de l’étranger peut devenir française ; plusieurs millions d’individus maintenant des formes importantes d’endogamie, de culture distincte ou de solidarité communautaire posent une question d’une autre nature.
Rogers Brubaker, dans Citizenship and Nationhood in France and Germany, avait autrefois opposé, en la nuançant, une conception française plus politique et assimilationniste de la nation à une conception allemande historiquement plus culturelle. La comparaison est aujourd’hui moins nette qu’elle ne l’était lorsque le livre fut publié. Elle permet néanmoins de comprendre pourquoi le RN demeure, au fond, beaucoup plus proche de la tradition républicaine française que ne le croient certains de ses adversaires.
L’AfD comme révélateur
La récente victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt a offert une démonstration presque expérimentale de cette divergence. Le 6 septembre, le parti allemand a recueilli autour de 44,5 % des suffrages, plus du double de son résultat de 2021. Éric Zemmour et Sarah Knafo ont salué ce succès, tandis que les dirigeants du RN ont maintenu leurs distances avec leur ancien partenaire européen.
Jean-Philippe Tanguy a exprimé cette rupture de manière encore plus explicite. Revenant sur ses contacts anciens avec des responsables de l’AfD, le député RN a raconté être ressorti « terrorisé » d’une rencontre avec certains d’entre eux et a dénoncé des déclarations relatives au passé nazi allemand. Son jugement peut naturellement se discuter ; ce qui importe politiquement est sa netteté. Le RN ne considère plus l’AfD comme un allié encombrant dont il faudrait corriger certaines outrances. Il s’en distingue comme d’une autre famille politique.
Reconquête fait le choix inverse. Il ne partage évidemment pas toutes les positions de l’AfD, pas davantage qu’il ne reprend celles de Vox ou de l’ensemble des droites centre-européennes. Une proximité existe néanmoins autour d’une interrogation commune : l’État doit-il seulement garantir la sécurité et la prospérité des habitants présents sur un territoire, ou possède-t-il également pour mission d’assurer la continuité historique du peuple qui lui a donné naissance ?
La différence est fondamentale.
Une dédiabolisation devenue principe de gouvernement
Cette évolution du Rassemblement national peut s’interpréter à travers Anthony Downs. Dans An Economic Theory of Democracy, l’économiste américain modélisait les partis comme des organisations cherchant à maximiser leurs suffrages et donc, dans certaines configurations, à se rapprocher de l’électeur médian. Sans appliquer mécaniquement un modèle économique à la politique française, la dédiabolisation lepéniste relève manifestement d’une logique analogue.
À mesure que le RN s’est approché du pouvoir, il a éliminé ou atténué les positions susceptibles de fermer l’accès à des électorats supplémentaires. L’euro, la sortie de l’Union européenne, la retraite à 60 ans, certaines conceptions de la préférence nationale, puis plusieurs mesures identitaires ont été successivement abandonnés, reformulés ou repoussés. Chacune de ces évolutions peut être défendue rationnellement. Leur accumulation finit cependant par dessiner une méthode : toute doctrine demeure subordonnée à l’élargissement électoral.
Le problème n’apparaît pas nécessairement avant la victoire. Il surgit après.
Libération a fourni récemment un contrepoint inattendu au bel optimisme du JDD. Dans une enquête consacrée à la préparation de 2027, le journal décrit un RN porté par des sondages favorables, mais encore marqué par « l’atonie programmatique, le dilettantisme et la confusion ». Marine Le Pen y apparaît comme une dirigeante fonctionnant beaucoup à l’instinct, peu soucieuse des grandes constructions de campagne et disposée à attendre les événements plutôt qu’à les provoquer.
Un tel fonctionnement constitue une force dans l’opposition. La souplesse permet de saisir les changements d’humeur de l’électorat et d’éviter l’enfermement doctrinal. Au gouvernement, elle devient plus périlleuse. Une crise financière, une révolte urbaine, un conflit avec les institutions européennes ou une réforme budgétaire ne laissent pas toujours le loisir de consulter l’opinion avant de choisir.
Les tensions entre Marine Le Pen, Jordan Bardella et Marion Maréchal donnent une autre indication. Libération rapporte notamment la réaction de Bardella lorsque fut envisagée une place plus importante pour Marion Maréchal : « C’est elle ou moi. » Derrière la rivalité des personnes existe aussi une concurrence entre orientations politiques, Marion Maréchal incarnant depuis longtemps une droite plus identitaire, économiquement plus libérale et davantage favorable aux rapprochements avec les autres droites.
Ainsi, au moment même où le JDD annonce l’union prochaine des droites, le RN peine encore à régler la question de ses propres droites.
17:38 Publié dans Balbino Katz, Présidentielle 2027, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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lundi, 14 septembre 2026
Le « scandale de Carcassonne », inéluctable conséquence du Grand Remplacement
Claude Lorne
Le Nouveau Présent cliquez là
Depuis une semaine, et sa révélation par Mediapart, le « scandale de Carcassonne » où, en 2025, un policier municipal avait tenu lors d’une patrouille des propos peu amènes sur les « bougnoules », les « bicots » et autres chances pour la France tenant les murs des cités où prospère le narcotrafic, met en transes les médias. Ainsi que le Rassemblement national où le policier participait bénévolement au service d’ordre. Inutile de préciser que la brebis galeuse a été sur-le-champ — et vertueusement — expulsée. Que l’exclu aille donc militer à LFI qui, elle, défend bec et ongles ses affidés, systématiquement couverts, si nauséabondes que soient leurs éructations et si violents leurs actes — cf. le meurtre en bande organisée du malheureux Quentin Deranque en février dernier à Lyon par des membres de la Jeune Garde antifasciste que cornaque le député LFI Raphaël Arnault, dont des collaborateurs parlementaires participaient à l’hallali.
Et si l’on parlait de la criminalité importée ?
Pourtant, il s’en est passé des choses mettant en cause des « racisés » ! Le 6 septembre à Grigny (Essonne), Mamadou G, ex-dealer de crack reconverti dans le trafic de cigarettes de c contrebande a été abattu par un concurrent africain. À Nanterre s’est ouvert le lendemain le procès devant les assises de l’ancien boulanger Anis H., égorgeur en 2024 d’un collègue dont il ne supportait pas les critiques. À Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, un Soudanais sous OQTF jamais exécutée a été inculpé le même jour du meurtre d’Etienne, un riverain de 31 dont il guignait le sac à dos et le portable. Et le 10 septembre, Abdelkader était jugé en comparution immédiate et condamné à Toulouse à six mois de prison ferme.
Une sinistre plaisanterie vu la gravité des faits : outré par les reproches faits par une institutrice à son ingérable rejeton, il s’était précipité à l’école du Fauga et ainsi menacé l’enseignante : « Si tu continues à emm… mon fils, je reviens pour te décapiter !»
Une menace à ne pas prendre à la légère après les décapitations par des terroristes islamistes des professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard et, en pleine messe, du Père Hamel, prêtre (octogénaire) dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Toutes atrocités commises par des allogènes.
Lesquels ont une place éminente dans l’explosion de la délinquance et de la criminalité. Ce n’est pas nous qui le disons mais le ministère de l’Intérieur dont, citées par le JDD, les statistiques sur 2025 sur l’insécurité dans les transports sont éloquentes : « En Île-de-France, les étrangers représentent 80% des mis en cause pour vols dans les transports, 87% pour les vols sans violence, 61% pour les violences sexuelles et 38% pour les agressions. Au niveau national, 71% des vols, 41% des violences sexuelles et 26% des agressions sont commis dans les transports par des individus ne possédant pas la nationalité française. Pour rappel, les étrangers représentent environ 9% de la population présente sur le territoire français, selon l’Insee. » Si l’on extrapole à ce qui se passe à l’air libre, les ratios doivent être identiques.
Darmanin 2023 : « Le racisme contre les Blancs est aveuglant. »
À noter que, contrairement aux années précédentes, la Place Beauvau avait mis en ligne le 9 septembre sur son site des statistiques globales, ne distinguant pas entre les délinquants de souche (ou naturalisés, dans de très nombreux cas) et délinquants d’importation récente. C’est seulement le lendemain que, devant le tollé, Laurent Nuñes s’est résigné à rectifier le tir — et à rétablir la vérité.
À noter aussi que, le 10 décembre 2023 sur Brut, son prédécesseur reconnaissait l’existence d’un « racisme contre les Blancs », ajoutant qu’« il faut être aveugle pour ne pas le voir ». Promu garde des Sceaux, Gérald Darmanin fera-t-il condamner l’infortuné policier de Carcassonne, sans cesse en butte comme tant de ses collègues au « racisme contre les Blancs » et dont le seul crime est d’avoir exprimé son ressenti (et d’avoir été dénoncé pour ce propos privé), tombant ainsi sous le coup des lois liberticides adoptées depuis 1972 ? Mais c’est en toute impunité que, sur Hit Radio en février 2013, Jean-Luc Mélenchon pouvait proclamer : « Je ne peux pas survivre quand il n’y a que des blonds aux yeux bleus. C’est au-delà de mes forces… » et assimiler les Normands à un tas de « malheureux alcooliques » cliquez ici Et ce sont ses amis et admirateurs qui viennent nous donner maintenant des leçons de vivre-ensemble !
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Les retraités dans le collimateur, où est la logique ?

Par Gaëtan de Capèle
Qui réglera la facture du déficit en 2027 ? Après des semaines à tourner autour du pot, chaussé de gros sabots, Sébastien Lecornu a désigné sa cible : les retraités. Disons-le tout de suite : il faudra une force de persuasion exceptionnelle au commando kamikaze de ministres chargé de vendre cette idée aux groupes parlementaires à huit mois d’une élection présidentielle. On doute que le premier ministre lui-même imagine sincèrement trouver un consensus sur le sujet le plus explosif de la vie politique française. Rares sont ceux qui, aujourd’hui, discutent la nécessité d’un vaste effort collectif pour redresser les comptes publics.
Avec 150 milliards d’euros de déficit par an, que nous ne parvenons pas à compresser, avec 3 500 milliards de dettes, avec une croissance anémique, nous ne tiendrons pas longtemps la route. Inquiets de tant d’inconséquence, autant que de l’impasse politique qui paralyse tout, les marchés financiers nous le font payer très cher. Le principe d’une participation de tous à l’effort de guerre posé, commencer par désindexer les pensions ou remettre en question l’abattement fiscal des retraités pour récupérer plusieurs milliards d’euros soulève un sérieux problème de logique, pour ne pas dire de morale.
Car, en suspendant la réforme des retraites pour sauver sa tête, le gouvernement a fait une croix sur une économie de 6 milliards d’euros pour la seule année 2027. Creuser volontairement un trou dans notre système par répartition, contre toute logique, puis ponctionner les retraités pour le reboucher, il va falloir beaucoup de contorsions pour l’expliquer. Et nous n’avons pas fini de payer cette faute impardonnable : il faudra recommencer l’an prochain, car, en refusant de reporter l’âge de départ comme partout ailleurs en Europe, nous en serons toujours au même point.
Un effort collectif consiste enfin à examiner les pistes d’économies partout où il en existe. Après les entreprises, les retraités se trouvent dans le collimateur. Mais le reste ? Les dépenses de santé, l’absentéisme, les collectivités locales, la fonction publique, les agences de l’État… Toujours rien à l’horizon.
Source : Le Figaro 14/9/2026
12:05 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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dimanche, 13 septembre 2026
Vox, ou quand la droite se souvient que les idées font partie du combat politique
Balbino Katz
chroniqueur des vents et des marées
Je suis au bar des Brisants, à Léchiagat, devant le port, ma tablette posée entre la tasse de café et la baie derrière laquelle passent les bateaux. C’est souvent ainsi que les voyages recommencent, sans billet ni valise. Je parcours sur ma tablette El Manifiesto, l’excellente blog culturel espagnol que dirige mon vieil ami Javier Ruiz Portella, lorsque je tombe sur une série intitulée Las raíces filosóficas de Vox. Le journal en publie trois livraisons tirées d’un vaste travail de recherche de Nancy Sender, philosophe américaine titulaire d’un doctorat, qui s’est mise en tête d’accomplir une besogne aussi nécessaire qu’inusitée : rechercher non pas seulement les causes électorales du succès de Vox, mais les idées, les auteurs et les cheminements intellectuels qui ont préparé son vocabulaire et sa vision du monde. La première partie s’arrête longuement sur Gustavo Bueno ; la seconde fait surgir trois personnages dont deux réveillent chez moi près d’un demi-siècle de souvenirs : José Javier Esparza et Javier Ruiz Portella, auxquels vient se joindre le philosophe Miguel Ángel Quintana Paz.
J’ai longtemps considéré l’Espagne comme ma seconde patrie. Depuis quelques années, l’Argentine où je passe désormais près de deux mois chaque année, lui taille quelque peu des croupières. Je ne retourne presque plus en Espagne, tandis que Buenos Aires, Mendoza ou les routes de la Cordillère sont redevenues familières. Il n’empêche. J’ai assez vécu de l’autre côté des Pyrénées, j’y ai assez aimé, discuté, travaillé et noué d’amitiés pour qu’une partie de ma jeunesse y demeure en garnison.
C’était le temps où je fréquentais les universités d’été d’Alianza Popular en Andalousie. On y parlait de l’avenir de la droite espagnole sous un soleil qui vous faisait rapidement préférer l’ombre des patios aux salles de conférences, et l’on pouvait sans grand effort tomber amoureux d’une Andalouse blonde aux yeux bleus, ce qui, à cet âge-là, valait bien tous les séminaires de philosophie politique. L’Espagne sortait à peine de sa transition. Manuel Fraga cherchait à transformer la droite issue de l’ancien régime en une force conservatrice moderne, parlementaire, européenne. Alianza Popular deviendrait plus tard le Partido Popular.
Son secrétaire général était alors Jorge Verstrynge, personnage brillant, remuant, imprévisible mais aussi amical, dont l’itinéraire ultérieur devait être pour le moins sinueux. C’est lui qui me présenta, dans les bureaux assez cavernicoles de la rue Génova à Madrid, un jeune collaborateur nommé José Javier Esparza. Nous avions à peu près le même âge. Lui comme moi appartenions à cette génération qui prenait encore les idées au sérieux et croyait même, extravagance désormais presque incompréhensible, qu’un parti politique devait posséder une conception du monde avant de rédiger son programme fiscal.
J’étais alors plongé jusqu’au cou dans les affaires de la Nouvelle Droite française. Le GRECE, Nouvelle École, Éléments, Alain de Benoist, Guillaume Faye, les colloques, les universités d’été, les batailles intellectuelles qui nous paraissaient autrement importantes que les querelles d’appareil : c’était notre univers. Quelques jeunes gens de notre âge descendirent ainsi en Espagne chargés de revues et de livres. Ils avaient l’âge d’Esparza, celui aussi des garçons et des filles qui participaient aux universités d’été d’Alianza Popular. Il n’y avait rien d’une délégation solennelle : simplement une poignée de jeunes Européens qui découvraient avec gourmandise qu’au-delà des frontières d’autres jeunes gens se posaient les mêmes questions.
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Nous les Français !

Victor Lefebvre
Qu’est-ce qui relie encore les Français ? En 1984, dans l’introduction au premier volume des Lieux de mémoire, Pierre Nora diagnostiquait la « fin des sociétés-mémoires », « un basculement de plus en plus rapide dans un passé définitivement mort, la perception globale de toute chose comme disparue, l’arrachement de ce qui restait encore de vécu dans la chaleur de la tradition ». Près d’un demi-siècle plus tard et à l’approche d’une élection présidentielle incertaine, nul besoin d’être grand clerc pour constater les lignes de fracture de la société française. « À force d’atomisation de la société, d’hyper-individualisme, de polarisation du débat public, les Français sont incapables de faire émerger ce “nous” majoritaire et de l’accepter [...] Le grand récit national s’est effrité en une multitude de récits parallèles, parfois concurrents, voire franchement incompatibles », fait observer Gérald Andrieu en ouverture de l’ouvrage collectif Nous les Français, saisissant tableau de la France d’aujourd’hui en cent exemples illustrés.
Cartographie du minuscule
Comment retrouver du commun et du collectif dans un pays sécularisé, désenchanté, gagné par le déclinisme, éclaté en une myriade de croyances, de goûts, de pratiques et de rituels ? En cartographiant « le minuscule pour tenter de montrer le majuscule », répondent Andrieu et ses cinq coauteurs. Pari réussi. Du succès de la romantic fantasy à la démocratisation du libertinage, en passant par l’engouement pour le cinéma d’horreur et le true crime ou par la sociologie de la doudoune sans manches, Nous les Français propose une précieuse radiographie des pratiques culturelles d’un peuple moins dépolitisé qu’il en a l’air.
C’est l’un des postulats du livre : contrairement à ce que pourraient laisser penser les niveaux record d’abstention observés lors des récents scrutins, les Français restent un peuple « éminemment politique », avide d’engagement citoyen et de lien social. Un exemple : le secteur associatif a connu un essor inédit au cours des deux dernières années, portant le nombre de bénévoles à 12,5 mil- lions, soit près d’un quart de la population française adulte.
Passions contradictoires
Certains chiffres sont en revanche plus préoccupants : 12% des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées déclarent n’avoir reçu aucune visite de leur famille au cours de l’année écoulée – soit près de 84.000 personnes –, le marché des substances illicites a augmenté de 189% entre 2010 et 2023, le niveau de souffrance psychique n’a jamais été aussi élevé dans notre pays, le fossé idéologique entre les attentes des Français et les votes de leurs élus atteint en moyenne 38 points, tous sujets et partis confondus. Mais le livre dirigé par Gérald Andrieu fonctionne comme un exercice de catharsis collective, une mise au jour subtile de ce qui nous anime en tant que peuple.
Citons une dernière tendance : jamais la France n’a été aussi « américanisée » dans ses pratiques culturelles (Coca-Cola représente près de 50% des ventes de sodas en 2025, les blockbusters hollywoodiens totalisaient 90% des entrées réalisées par les douze longs métrages les plus populaires en salles l’an passé)... ce qui n’empêche pas 73% de nos concitoyens de ne plus voir dans les États-Unis un allié de la France. Au fond, peut-être est-il rassurant de constater que l’esprit du peuple français, qui cultive l’art du paradoxe mieux que n’importe quel autre peuple, n’a guère varié.
Nous, les Français, sous la direction de Gerald Andrieu, J.L Cassely, L Coromines, F. Dedieu, L. Dupont et R. Llorca, Robert Laffont ed., 224 p., 25€
Source : Journal du dimanche 13/9/2026
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samedi, 12 septembre 2026
Cinquante ans après la mort de Mao, la gauche n’en a pas fini avec le communisme

Mathieu Bock-Côté
Il fut un temps où Mao passait pour un dieu vivant. La jeunesse militante récitait le « petit livre rouge » et s’enthousiasmait pour la Révolution culturelle, censée changer l’homme, l’arracher aux illusions les plus tenaces de la condition bourgeoise, pour renaître à lui-même dans la pureté du communisme accompli. Ceux qui ont connu de telles hallucinations idéologiques, cinquante ans plus tard, en ont souvent honte et on les comprend. Ils se sont liés à l’un des pires régimes du XXe siècle.
Mais ce n’est pas toujours le cas. La commémoration des 50 ans de la mort de Mao a permis de voir que le monde occidental conserve à son égard une forme de tendresse inavouée. Elle prend d’abord la forme d’un constat enjoué d’une partie de la presse sur la renaissance du culte de Mao en Chine, le régime communiste ayant renoué, après des années compliquées, avec sa figure, au point où une partie de la jeunesse chinoise veut y voir un bilan globalement positif. Autrement dit, Mao a beau être responsable de dizaines de millions de morts, ce n’est pas une raison de maudire à jamais son souvenir.
C’est la théorie du point de détail appliquée à l’univers du communisme chinois. Elle est souvent utilisée, d’ailleurs, pour excuser de même manière l’URSS, en cherchant à sauver l’utopie de son application concrète, comme si un même modèle des dizaines de fois appliqué et chaque fois avec des résultats désastreux devait néanmoins conserver sa valeur. La critique des totalitarismes est asymétrique depuis longtemps. Le nazisme et le fascisme sont jugés criminels en soi, le communisme ne le serait qu’accidentellement.
Et on y revient : la commémoration en apparence critique mais fondamentalement sympathique de Mao nous rappelle que la gauche occidentale, au fond d’elle-même, n’a jamais renoncé au communisme, qui revient ces années-ci, des deux côtés de l’Atlantique, à la manière d’une utopie censée répondre aux angoisses apocalyptiques de notre temps – l’angoisse climatique étant la première d’entre elles. Nul besoin d’évoquer ici la candidature folklorique de Fabien Roussel, même si l’existence d’un parti explicitement communiste ne cessera d’étonner.
Exciter les pulsions révolutionnaires
LFI réactive ainsi l’imaginaire communiste, avec ses promesses de collectivisme bureaucratique, d’élimination juridique des différentes catégories nuisibles, de censure à grande échelle des contradicteurs, de mise au pas des médias, de négation des libertés, de confiscation de l’épargne. Sans oublier, car le communisme de notre temps en est désormais indissociable, le racisme anti-Blancs, qui n’est que l’expression contemporaine de l’aversion profonde de la gauche radicale pour l’Occident.
On le voit aux États-Unis. La renaissance de l’aile gauche au sein du Parti démocrate, pudiquement qualifiée par la presse française de progressiste, correspond d’abord à la poussée d’un mouvement entendant conquérir les grandes villes l’une après l’autre, pour les transformer en territoires libérés de l’Amérique impériale, colonialiste, capitaliste. À terme, elle rêve de faire de l’Amérique le siège d’une révolution nouvelle. Le wokisme des dernières années n’était-il pas une poursuite du maoïsme par d’autres moyens ?
Là aussi, le racisme anti-Blancs en est un élément central. On parle même, dans l’entourage de Zohran Mamdani, d’une taxation visant les Blancs, pour redistribuer leurs richesses, apparemment volées, non seulement à la minorité noire, selon une logique de réparation historique, mais à toutes les populations immigrées, présentées, alors qu’elles posent à peine le pied aux États-Unis, comme victimes du suprémacisme qui caractériserait le pays depuis ses origines.
Le communisme n’a jamais su se passer d’une base sociale investie d’une mission messianique. Il excite chez elle les pulsions révolutionnaires, et la tient dans une agitation psychique permanente, pour détruire le monde et le recommencer sur de nouvelles bases. Il mobilise aujourd’hui le revanchisme racial, le ressentiment des urbains tombés dans le piège des diplômes officiellement prestigieux mais sans valeur économique, et des hébertistes nouveaux qui rêvent d’une égalité consistant à couper tout ce qui dépasse.
On en revient alors à Mao, mais aussi à Lénine, même à Marx. Tant que le premier sera pardonné, le second admiré, comme si Staline ne l’avait pas accompli, mais trahi, et que le troisième sera ponctuellement redécouvert à la manière d’un philosophe fécond, on pourra dire que le monde occidental n’a pas compris le mal que lui fait cette idéologie qui toujours revient. À moins qu’il ne s’agisse d’une forme de fondamentalisme de la modernité, comme si cette dernière, laissée à elle-même, était condamnée à l’emballement totalitaire.
C’est ce que suggérait dans d’autres mots François Furet dans les dernières pages du Passé d’une illusion. Sa relecture serait une entreprise utile.
Source :Le Figaro 12/9/2026
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Une histoire exemplaire de l’extrême droite

De la chute du second Empire à nos jours, le professeur à la Sorbonne, Olivier Dard, retrace la vaste histoire de l’extrême droite dans un livre appelé à devenir un ouvrage de référence - Histoire de l’extrême droite française, de 1870 à nos jours (Perrin, 912 p., 29 €).. Une lecture également essentielle pour comprendre les enjeux politiques contemporains. Faut-il confondre extrême-droite et populisme à l’heure où ces courants sont en train de s’affirmer dans toute l’Europe ? Même les pays nordiques, pourtant abonnés à la social-démocratie peu ou prou chrétienne, basculent eux aussi dans le champ nationaliste et identitaire. Même en Allemagne où le peuple a été lobotomisé par l’occupant américain et sa propagande nauséabonde.
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Source : Le Figaro magazine 12/9/2026
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jeudi, 10 septembre 2026
Jean-Philippe Tanguy, furet de couloir et fossoyeur des coiffes bretonnes
Tristan Mordrel
Jean-Philippe Tanguy vient encore de montrer ce que vaut son prétendu attachement à l’identité. Interrogé sur le voile islamique, le député du Rassemblement national a cru bon de comparer celui-ci aux coiffes portées naguère par les Bretonnes. Sous la dentelle de Pont-l’Abbé, il aurait donc fallu apercevoir le même assujettissement que sous le hijab. Nos arrière-grand-mères bigoudènes attendaient apparemment Jean-Philippe Tanguy pour apprendre qu’elles étaient opprimées.
Les coiffes bretonnes ont disparu pour les mêmes raisons que les costumes alsaciens, provençaux ou berrichons : l’exode rural, l’usine, la ville, la confection industrielle et l’uniformisation des mœurs. Les hommes avaient d’ailleurs abandonné leurs bragou braz et leurs chapeaux bien avant les femmes. Nulle insurrection féministe, nul « Femme, Vie, Liberté » avant l’heure : seulement le grand rabot de la modernité, qui a remplacé les peuples vêtus selon leurs coutumes par des consommateurs habillés chez les mêmes marchands.
Se disant issu d’une famille bretonne, Tanguy devrait le savoir. Il préfère salir ses propres aïeules afin de réussir une pirouette de plateau. C’est la marque des hommes sans assise : ils empruntent à leurs ancêtres un certificat d’identité, puis piétinent leur héritage dès qu’un bon mot paraît pouvoir leur rapporter quelques secondes d’antenne.
Ce personnage a été décrit sur Breizh info comme un furet de couloir, flairant les portes qui s’ouvrent et les courants qui montent. Le voici ethnologue de télévision, expliquant aux Bretonnes mortes depuis un siècle ce qu’elles pensaient de leur coiffe. Chez lui, la conviction dure moins longtemps qu’un passage sur BFMTV. Il est souverainiste à Paris, centralisateur en Bretagne, défenseur des traditions le matin et procureur de ces mêmes traditions le soir.
L’absence de réaction des cadres bretons du RN est, à cet égard, éloquente. Que leur parti prétende encore défendre les identités charnelles après avoir laissé l’un de ses principaux porte-voix assimiler une coiffe bigoudène au voile islamique relève de la farce. À ce train-là, il ne restera bientôt plus qu’à interdire le fest-noz pour lutter contre la charia et la galette-saucisse au nom de l’émancipation alimentaire.
Un homme capable de sacrifier avec une pareille désinvolture la mémoire des femmes de son propre peuple pour tirer son épingle d’une discussion télévisée n’est pas seulement ridicule. Il donne la mesure de sa lâcheté morale. On frémit à l’idée qu’un tel furet puisse un jour quitter les couloirs pour entrer dans un ministère.
Source Breizh info cliquez ici
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mercredi, 09 septembre 2026
Education : de mal en Pisa

Laurence de Charette
Il était non seulement prévisible, mais annoncé : le crash de l’école s’est produit. Voilà plusieurs décennies que des hordes d’idéologues, forcenés du pédagogisme et de l’égalitarisme, s’acharnent à liquider les savoirs, à éliminer les notes, à disqualifier des vertus aussi basiques que le mérite de l’élève et l’autorité du professeur. Pisa, ce classement mondial triennal, que tous les pays considèrent mais que les caciques de la Rue de Grenelle ont longtemps pris de haut, porte au grand jour, au vu et au su de toute la planète, l’inéluctable désastre que d’aucuns, chez nous - mais ils sont tout de même de moins en moins nombreux -, s’obstinent encore à nier.
La déroute est totale : l’école « républicaine » à la française est championne dans la reproduction des inégalités sociales - et plus le temps passe, plus le déterminisme s’accentue. Éradiquer la réussite scolaire : c’est là la magnifique performance des bons apôtres de l’« égalité des chances » qui croient si peu en l’intelligence et en l’effort qu’ils préfèrent miser sur l’effondrement des exigences - sur tous les plans.
Le pire est sans doute devant nous
L’« ascenseur » fonctionne d’ailleurs désormais si mal qu’il ne parvient même plus - et c’est une nouveauté - à hisser vers le haut les élèves en principe favorisés, dont les résultats s’effondrent. L’excellence n’est pas aimée ? Le problème est réglé : la voilà chassée. Bientôt, la France se cherchera en vain des élites capables de l’emmener vers l’avenir… Mais le pire est sans doute devant nous : à ceux qui en doutaient encore, Pisa montre, à l’échelle planétaire, cette fois, les terribles ravages des écrans, des réseaux et de l’intelligence artificielle sur les jeunes cerveaux.
S’il fallait pourtant chercher, dans ce triste tableau - le pire classement en vingt ans -, une raison d’espérer, ce serait son calendrier : aux nombreux prétendants à la présidentielle, Pisa trace, avec une rare clarté, une feuille de route impérative, et une urgence : renverser la table pour revenir aux fondamentaux et replacer l’école, avec ses acteurs, au cœur de nos préoccupations, de nos exigences, de nos espérances.
Source : Le Figaro 9/09/2026
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lundi, 07 septembre 2026
Désaccords souverains

Le magazine Causeur, dans sa livraison d’été 2026 a eu la bonne idée de réunir pour débattre de la journaliste Eugénie Bastié qui officie au Figaro et Natacha Polony, journaliste également, qui fut la directrice des rédactions de Marianne avant que celui-ci ne bascule dans le marigot de l’idéologie dominante de gauche au point d’en devenir indigeste. On la retrouve aujourd’hui sur de nombreux plateaux télé mais aussi sur Internet où elle officie sous son propre label. Toutes deux s’inscrivent dans un courant souverainiste que l’on pourrait qualifier de droite pour Eugénie Bastié et de gauche pour Natacha Polony. Elles s’en expliquent. Mais, au final, les deux points de vue ne sont pas contradictoires. Reste que leur débat est passionnant.
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Source : Causeur, été 2026
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dimanche, 06 septembre 2026
Vive l'école !

À l’heure de la rentrée des classes, et depuis des décennies maintenant, on ne sait plus très bien de quelle école il s’agit. On ne sait plus très bien non plus ce que l’on y enseigne. On a déconstruit tous les programmes d’hier qui avaient pourtant fait leur preuve. Pascal Praud, dans cet édito du Journal du dimanche, nous le rappelle. Ce n’est si lointain quand même puisqu’il a 61 ans. Mais il nous rappelle un enseignement que nous avons reçu, nous les générations de l’immédiate après-guerre. Dès le CP, on savait lire et écrire. Au collège, j’ai fait du latin dès ma classe de sixième et ça ne pas traumatisé pour autant. On a vécu l’histoire de France au gré d’une naturelle chronologie et il en a été de même pour la littérature. On ne plaçait pas Voltaire au XIXe siècle. Les programmes étaient simples mais efficaces. Arrivé au baccalauréat, on avait déjà un solide bagage. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les mômes ne lisent plus, ils regardent leur smartphone ! On fabrique des crétins. Ah, j’oubliais, le maître savait faire respecter son autorité. Vivement le retour à la case départ.
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Source : Le Journal du dimanche 6/9/2026
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vendredi, 04 septembre 2026
France Inter : deux minutes trente qui font trembler la Maison ronde

Trystan Mordrel
Il aura suffi de deux minutes et trente secondes, diffusées un dimanche matin à 7 h 42, pour que la citadelle de France Inter sonne le tocsin. Plus de quatre cents salariés de Radio France, réunis en assemblée générale, ont voté à l’unanimité une motion exigeant le retrait de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles. Faute d’obtenir satisfaction, ils menacent de déposer un préavis de grève.
La première chronique incriminée ne contenait pourtant aucune apologie du national-socialisme, aucune proclamation séditieuse, pas même l’ombre d’une provocation. Charles Sapin y parlait, fort paisiblement, du poids de la dette dans la prochaine campagne présidentielle. Les représentants du personnel reconnaissent d’ailleurs qu’il n’y avait « rien à redire sur le fond ». Son crime est ailleurs : il travaille pour un journal de droite.
La semaine de France Inter compte 10 080 minutes d’antenne. Charles Sapin devait en occuper deux et demie, soit 0,025 % du temps de diffusion. Encore fallait-il supporter cette effroyable intrusion au milieu d’un océan de conformisme progressiste. Cela excédait manifestement les forces morales des gardiens du temple.
Vue de Bretagne, l’affaire prend une saveur plus amère encore. Nous ne disposons pas d’une véritable liberté radiophonique bretonne ni d’un service public audiovisuel conçu par nous, pour nous, dans nos langues et selon nos propres préoccupations. Radio France constitue donc le rappel quotidien de notre sujétion médiatique à Paris. L’écouter est doublement insupportable : d’abord parce que sa voix nous rappelle sans cesse qui tient l’émetteur ; ensuite parce que cet instrument centralisé débite, jusque dans nos ports et nos campagnes, le catéchisme progressiste d’une petite caste parisienne. À la tutelle politique s’ajoute la férule idéologique.
L’affaire serait seulement bouffonne si elle ne révélait une intolérance crasse. Salomé Saqué, venue du média d’extrême gauche Blast, peut prendre place devant le micro sans provoquer la moindre assemblée générale. Des humoristes maison peuvent comparer Charles Sapin à un néonazi, assimiler le député Jean-Philippe Tanguy à un rat et railler son homosexualité : la conscience syndicale, si prompte à s’émouvoir, demeure alors aussi silencieuse qu’une carpe. À France Inter, la haine devient une plaisanterie dès lors qu’elle frappe du bon côté.
Le plus inquiétant réside pourtant dans cet aveu collectif. Comment des journalistes qui refusent jusqu’à la présence infinitésimale d’une voix de droite pourraient-ils prétendre informer avec honnêteté un pays dont une large partie des électeurs pense précisément à droite ? Ces gens ne veulent pas du pluralisme ; ils veulent conserver le droit de décider quelles opinions sont fréquentables et lesquelles doivent être rejetées hors du cercle de la raison.
Cette menace de grève ressemble au chant du cygne d’une gauche radiophonique fossilisée. Elle sent son monopole lui échapper et s’agrippe à ses micros comme une vieille aristocratie à ses privilèges. Elle avait fini par confondre le service public avec son domaine réservé, la Maison ronde avec une maison de famille et l’argent du contribuable avec une rente idéologique.
Radio France n’appartient pourtant ni à la CGT, ni au SNJ, ni aux rédactions parisiennes. Sa mission lui commande de servir tous les citoyens français, non d’administrer quotidiennement la communion d’une bourgeoisie progressiste. Puisque ses salariés refusent même deux minutes trente de contradiction par semaine, il faudra tirer les conséquences de leur sécession. Un service public qui récuse le public ne mérite plus ni son nom ni ses subsides.
Qu’ils fassent donc grève. Pour une fois, France Inter donnera du repos aux oreilles des contribuables et, en Bretagne, quelques instants de silence parisien.
Source : breizh.info
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jeudi, 03 septembre 2026
Le dernier train du Grand Orient
Balbino Katz
chroniqueur des vents et des marées
Ce matin, j’ai pris à Quimper le train de 5 h 34 pour Rennes. La rame était presque vide. Quelques âmes ensommeillées profitaient en silence de cette heure indécise où la nuit, quoique déjà condamnée, n’a pas encore consenti à céder la place au jour. J’avais emporté de quoi rattraper mon retard, notamment celui qui s’était accumulé dans ma fréquentation de X, l’ancien Twitter, où je n’avais pas mis le nez depuis un bail.
L’algorithme, ce nouveau cicérone de nos existences numériques, me conduisit vers une publication d’Arthur Josso, l’une des têtes pensantes des Braves. J’avais eu le plaisir de le croiser quelques mois auparavant, alors que j’accompagnais Jared Taylor dans sa tournée le long de la Loire. Son texte répondait aux récentes déclarations de Guillaume Trichard, revenu à la grande maîtrise du Grand Orient de France.
À mesure que le train perçait la nuit bretonne en direction de l’est, je songeais au Transperceneige, la bande dessinée de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette, portée plus tard à l’écran par Bong Joon-ho. Dans cet univers glacé, un train lancé à toute allure tourne sans fin autour d’une Terre dévastée. Les derniers hommes y vivent enfermés dans des wagons étroitement hiérarchisés, tandis que la machine poursuit sa course comme si le mouvement pouvait encore tenir lieu de destination.
La comparaison est excessive, j’en conviens, quoique les analogies n’aient pas vocation à être des actes notariés. Notre convoi matinal roulait fort paisiblement et le contrôleur n’avait rien d’un commissaire politique. La lecture du programme que le nouveau grand maître assigne à son obédience donnait pourtant l’impression d’un équipage lancé vers une catastrophe probable, dont les officiers, loin de considérer les signaux d’alarme, demanderaient au mécanicien de forcer encore la vapeur.
Le retour des guetteurs
Guillaume Trichard, qui avait déjà exercé cette charge en 2023-2024, a été élu le 28 août au cours du 161e convent du Grand Orient, réuni à Bordeaux. Le retour d’un ancien grand maître ne s’était pas produit depuis trente-sept ans. Pour marquer l’événement, il a multiplié les déclarations, les entretiens et les effets de tribune. « L’heure du combat est revenue », proclame-t-il dans La Tribune Dimanche. Au Figaro, il assure que, « face à la montée des populismes », son obédience a de nouveau « un rôle historique à jouer ».
19:30 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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mercredi, 02 septembre 2026
Escalades, suite

Il n’est de bon citoyen qui ne se soit poser la question de savoir où vont nous mener les guerres instruites par la Russie et les Etats-Unis, en Ukraine et au Moyen-Orient. Ces deux guerres ont un point commun : Russes et Américains ne savent plus comment se sortir d’une situation qu’ils ont eux-mêmes créée. En attendant, entre le réchauffement climatique et les prix qui font du yoyo dans tous les domaines, même si pour l’instant les déséquilibres ne sont pas flagrants, la tentation pourrait être grande de la part d’un Donald Trump comme d’un Vladimir Poutine de considérer que la porte de sortie se trouverait dans l’escalade. Autrement dit, la perspective d’une guerre qui pourrait embraser la planète entière. C’est ce que tente d’analyser, avec son acuité habituelle, Pierre Lellouche dans cette chronique à Valeurs actuelles.
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Source : Valeurs actuelles 2/9/2026
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