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dimanche, 24 mai 2026

Entretien avec Eric Zemmour dans le Journal du Dimanche

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A l’occasion de la réédition de son premier ouvrage, revu et enrichi, Le suicide français, François Bousquet et Pascal Meynadier, pour le Journal du dimanche, ont été l’interrogé sur les raisons de cette réédition mais aussi sur le candidat à la prochaine présidentielle en 2027. S’il confirme que la guerre est avant tout culturelle, il précise surtout que l’Europe doit relever un triple défi : la colonisation démographique par l’islam et l’Afrique, une colonisation technologique par les Etats-Unis et pour finir une colonisation industrielle et commerciale avec la Chine. Et Bruxelles ne semble pas en avoir conscience. Les enjeux sont pourtant bel et bien là.

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Source : Journal du dimanche, 24/5/2026

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samedi, 23 mai 2026

Le cochon raciste et islamophobe bientôt interdit en Bretagne !

C'est de plus en plus compliqué d'organiser quelque chose qui déplait à la gauche. Mais en Bretagne, c'est encore pire, surtout quand on veut organiser quelque chose autour du cochon ! Je vous explique tout...

Pierre Cassen

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La revue Equinoxe consacre un article fort intéressant à Giorgia Méloni

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Au moment où, à l'occasion de l'anniversaire de sa disparition, l'Italie redécouvre l'homme politique le plus important de son histoire de la seconde partie du XXe siècle, à savoir Giorgio Almirante, la revue Equinoxe publie un article sur son héritière politique, la brillante Giorgia Méloni.

Un article signé Thomas de Pieri que ceux qui n'ont que "l'anti fascisme" à brailler à longueur de journée feront bien de lire... Visiblement, l'Italie est moins "regardante" sur son passé que le sont ses voisins détracteurs et elle a raison.

S N

Pour lire cet article cliquez ici

 

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jeudi, 21 mai 2026

Il faut aimer les Français

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Le géographe Christophe Guilluy revient sur l’évolution de notre territoire au cours des deux cents dernières années. S’il salue le « gaullo-communisme » de l’après guerre à l’origine des Trente glorieuses profitables pour les villes et les territoires, il fustige en revanche la technostructure qui n’a qu’un horizon : la métropole globalisée et tertiarisée.

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Source : Le Figaro 19/5/2026

 

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mercredi, 20 mai 2026

Immigration, la perte de contrôle

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Yves Thréard

On est toujours surpris quand la gauche s’inquiète de l’immigration. Confite dans sa démagogie, elle ne souhaite pas briser le tabou ni regarder la réalité en face. En s’élevant contre « l’immigration pour le travail », François Ruffin s’est donc attiré les foudres de la bien-pensance. Il a pourtant raison : avec le nombre important de chômeurs que compte la France, les filières d’emplois peu qualifiés n’ont nullement besoin de renforts étrangers. C’est déjà ce que disait Georges Marchais en 1981, lorsqu’il avait lancé son tonitruant : « Il faut stopper l’immigration. »

Ce n’est toutefois pas pour cette raison qu’il convient de sonner l’alerte. L’immigration de travail pèse peu face aux immigrations clandestine, familiale et estudiantine. Jamais la France n’a connu comme ces trente dernières années une pareille pression migratoire sur ces trois fronts. Et jamais, non plus, celle-ci n’a été aussi divergente culturellement et religieusement. À 50 % d’origine africaine, elle n’a rien à voir avec les vagues polonaise, italienne ou espagnole enregistrées jadis. Notre pays est en train de vivre un changement démographique radical, dont on n’a pas fini de mesurer l’ampleur ni les conséquences.

« La démographie dicte le destin de l’histoire, affirmait Samuel Huntington, les mouvements de population en sont le moteur. » Ce destin, on en perd le contrôle car l’immigration, régulière autant que clandestine, n’est plus du tout pilotée ni maîtrisée. Nos capacités d’intégration sont dépassées : il suffit d’observer la dérive de notre système éducatif et celle de nombre de quartiers, où vit une population en grande majorité d’origine étrangère. N’en déplaise à la gauche, ce ne sont pas les mots pour décrire cette situation qui devraient choquer, mais les faits qui alimentent, de plus, le racisme et les replis communautaires.

La prochaine présidentielle sera-t-elle enfin l’occasion de mettre le sujet sur la table ? Entre angélisme et outrance, des mesures existent pour ralentir les flux migratoires : fixation d’un plafond annuel d’accueil, quotas, conditions restrictives d’accès aux aides sociales, exécution des obligations de quitter le territoire… Le Danemark a su montrer le chemin. C’est une question de volonté.

Source : Le Figaro 20/5/2026

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mardi, 19 mai 2026

Entretien avec Eric Zemmour dans Le Figaro

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Il va sans dire que nous adhérons totalement au programme d’Eric Zemmour en vue de la prochaine élection présidentielle. Si son adversaire est bien Jean-Luc Mélenchon et son islamofolie, Marine Le Pen et le Rassemblement national ont tellement banalisé leur discours qu’on se retrouve devant une soupe centriste qui n’a plus de tête et encore moins de queue. Face à un paysage politique totalement fragmenté, les Français sont-ils déboussolés ? C’est la question que l’on peut se poser tant ce peuple est ingouvernable, comme le soulignait le général De Gaulle dans sa version 1958.

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Source : Le Figaro 19/5/2026

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lundi, 18 mai 2026

Sur Riposte laïque : Pierre Cassen répond aux questions de Roland Hélie, de Synthèse nationale

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Lucette Jeanpierre

Roland Hélie et Pierre Cassen se connaissent depuis plus de quinze ans. Il est probable que s’ils s’étaient croisés dans les années 1980, quand l’un militait au PFN et l’autre à la LCR, les choses ne se seraient peut-être pas bien passées. Mais depuis la création de Riposte Laïque, puis le rapprochement avec le Bloc Identitaire, puis les Assises sur l’islamisation de la France, Riposte Laïque et Synthèse nationale qui ont vingt années d’existence tous les deux ont appris à mieux se connaître et à s’apprécier.

Les deux sites n’ont pas besoin d’être d’accord sur tout pour travailler ensemble, en toute confiance. Pierre a été invité à plusieurs reprises à des événements de Synthèse nationale et Roland est également intervenu plusieurs fois lors d’initiatives de Riposte Laïque et Résistance républicaine.

Nos lecteurs constatent que des articles de Synthèse nationale sont parfois repris sur notre site, et Roland sait qu’il peut récupérer les articles qu’il souhaite pour le journal du jour de Synthèse.

Dans cet esprit, il était tout à fait logique que les deux sites, et leurs fondateurs, se rencontrent à l’occasion de l’inauguration de la brasserie Kerfave, contestée par l’ensemble de la gauche parce que l’un des actionnaires s’appelle Erik Tegnér.

Dans cet entretien passionnant, qui dure douze minutes, Pierre répond aux questions pertinentes de Roland Hélie. Il développe les raisons de sa présence à cette initiative, son refus du totalitarisme de gauche qui progresse dans la société française.

Il présente ensuite le livre du Major Alain Bonte cliquez ici et explique pourquoi il ferait rêver des millions de Français s’il était plus connu.

Enfin, sans pleurnicher, il évoque le djihad judiciaire que subit Riposte Laïque et ce qu’il a personnellement connu depuis vingt ans.

Un entretien qui mérite d’être écouté intégralement. Longue vie à nos amis de Synthèse nationale.

Pour suivre cette émission cliquez là

Source Riposte laïque cliquez ici

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A La Une, Culture, Culture & Patrimoine Cinéma. UGC, Bolloré, Canal+ : la tribune des 600 et l’hypocrisie d’un milieu subventionné et imprégné de gauchisme mental

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Yann V, Breizh info

C’est un grand classique du théâtre parisien, mais joué cette année avec une rare maladresse. Quelque 600 professionnels du cinéma français — comédiens, réalisateurs, producteurs, techniciens; beaucoup d’inconnus — ont signé dans Libération, à la veille de l’ouverture du Festival de Cannes (paradis des dealers de cocaïne et du luxe soit dit en passant), une tribune dénonçant « l’emprise grandissante » de Vincent Bolloré sur le septième art. En cause : le rachat par le groupe Canal+ de 34 % du capital d’UGC en octobre 2025, avec une montée prévue à 100 % d’ici 2028, qui ferait du milliardaire breton un acteur de poids dans la diffusion en salles, en plus de ses positions dans la production et la télévision payante.

Le collectif, baptisé « Zapper Bolloré », réunit quelques noms connus, pas forcément d’ailleurs pour la qualité de leurs apparitions cinématographiques : Juliette Binoche, Swann Arlaud, Raymond Depardon, Adèle Haenel, Arthur Harari, Vimala Pons, Jean-Pascal Zadi, ou encore Damien Bonnard. Il accuse l’homme d’affaires de mener, derrière son costume d’industriel, un « projet civilisationnel » réactionnaire d’extrême droite, à travers CNews et ses maisons d’édition Fayard et Grasset. Les signataires redoutent une « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif » et appellent à se mobiliser contre ce qu’ils décrivent comme un péril culturel.

La réponse cinglante de Maxime Saada

Sauf que cette fois, le patron de Canal+ n’a pas joué la partition habituelle de l’industriel de droite qui encaisse en silence les anathèmes du Tout-Paris culturel et qui se flagelle. Dimanche 16 mai, en marge du Festival de Cannes, Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a tranché : son groupe — qui demeure le premier financeur du cinéma français — ne travaillera plus avec les signataires de la tribune. Le dirigeant a justifié sa décision en évoquant une injustice vis-à-vis des équipes de Canal+, et en refusant de collaborer avec des gens qui qualifient son entreprise de « crypto-fasciste ».

Maxime Saada a également rappelé, à cette occasion, que Canal+ avait cofinancé une partie significative du cinéma français contemporain, citant par exemple L’Histoire de Souleymane — un film dont le sujet et le traitement sont aux antipodes des supposées obsessions « réactionnaires » prêtées à l’actionnaire. Il a, dans la foulée, affiché son soutien au CNC et au groupe de production Mediawan, tous deux régulièrement critiqués sur d’autres bancs politiques.

La consternation des pétitionnaires

Réaction du collectif : la stupéfaction. Les signataires, qui visiblement n’avaient pas anticipé qu’un patron puisse un jour décider de ne plus financer ceux qui le traitent publiquement de fasciste, dénoncent désormais une « menace » contre la liberté d’expression. Arthur Harari, retenu en compétition à Cannes cette année, assure de son côté n’avoir formulé qu’un « questionnement » sur la dimension politique du groupe.

Il faut dire que le procédé est bien rodé. Pendant des décennies, une partie du milieu cinématographique français a fonctionné selon un schéma simple : distribuer les brevets de bonne moralité, excommunier les artistes ne se conformant pas à la doxa progressiste, monopoliser les tribunes médiatiques et les cérémonies — qui, des Césars à Cannes, peinent depuis trente ans à produire un seul discours politiquement non aligné — et, dans le même mouvement, exiger d’être financés par ceux que l’on couvre d’injures. Le tout en bénéficiant des subventions publiques, de la taxe prélevée sur chaque ticket de cinéma au profit du CNC, et des crédits d’impôt généreusement accordés par l’État.

Le contribuable, traité de « facho », appelé à payer

Le contribuable français, qui paie sa taxe CNC à chaque place achetée — qu’il regarde un film qui lui plaise ou un manifeste idéologique qui le méprise —, n’a pas voix au chapitre. On lui demande de financer, par l’impôt direct ou indirect, un cinéma qui souvent le qualifie de « facho », de « ringard », de « beauf raciste » ou de « complice » de tous les maux contemporains. Et quand un investisseur privé décide, lui, de ne plus signer les chèques – encore que Canal + ait financé tous les films immigrationnistes français de ces dernières années, c’est dire le niveau de nazisme de ses dirigeants – c’est l’indignation générale et la rhétorique de la « menace fasciste » qui ressort des cartons.

Posons une autre question, jamais posée par les belles âmes signataires : avez-vous déjà vu Adèle Haenel, Juliette Binoche ou Raymond Depardon s’indigner publiquement du refus systématique de subventions opposé à la réalisatrice Cheyenne Carron, qui produit ses films de manière indépendante depuis des années parce que ses sujets ne cochent pas les cases idéologiques du milieu ? La réponse est connue. La liberté d’expression et la diversité de création ne s’émeuvent qu’à sens unique.

Une affaire qui en dit long

L’épisode est révélateur d’un système – mais c’est la même chose dans tous les domaines au final dans ce pays – où une minorité militante, soutenue par des journalistes complaisants et des élus de gauche prompts à monter au créneau, impose depuis des décennies son agenda culturel par une combinaison de pression morale et de lâcheté de l’adversaire politique — cette droite qui, sur la culture, a déserté le terrain depuis longtemps. Le milieu, dans son écrasante majorité, a verrouillé idéologiquement la production cinématographique française au point que la simple existence d’un actionnaire ne partageant pas ses vues passe désormais pour une atteinte à la démocratie.

Maxime Saada a fait ce que peu de patrons français osent encore faire : tirer les conséquences professionnelles d’insultes publiques. C’est sans doute pour cela que la réaction est si fébrile. L’idée qu’un financeur puisse choisir ses bénéficiaires, comme n’importe quelle entreprise privée, semble inacceptable à un milieu qui a fini par confondre subvention et droit divin, prébendes publiques et trophées personnels.

Reste à savoir si l’épisode marquera une bascule durable, ou si, comme souvent, la pression collective ramènera Canal+ à plus de mansuétude. Une chose est sûre : pour la première fois depuis longtemps, le rapport de force est inversé. Et cela seul suffit à expliquer l’ampleur de la panique.

Source : Breizh.info cliquez ici

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dimanche, 17 mai 2026

Quand le peuple est exclu de la culture

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Michel Onfray

Le monde de la culture se présente volontiers comme un contre-pouvoir. Mais lorsqu’il dépend massivement de l’argent public, peut-il encore se prétendre vraiment libre ?

Bien sûr que non : il fait partie de ce qu’Althusser nomme les « AIE », les appareils idéologiques d’État, et qui, loin de constituer des contre- pouvoirs, sont les bras très armés du pouvoir. Les subventions d’État vont aux appareils d’État qui défendent l’idéologie d’État qui, elle, répand de façon autoritaire et cynique la doc- trine de l’État maastrichtien. Dans tout régime totalitaire, la chose est entendue : personne n’accorde de crédit aux journalistes, car la sou- mission y est visible comme le nez au milieu de la figure. C’est plus subtil dans les démocraties illibérales du cercle de la raison maastrichtienne dont la France fait partie. Paul Amar a récemment affirmé sur CNews que des autorités médiatiques du service public lui avaient fait savoir qu’il n’y était pas invité parce qu’il était « sur la liste ». Une liste d’invités interdits d’antenne sur le service public, dont Patrick Cohen nous a dit en 2013 qu’elle existait.

La culture subventionnée est-elle, selon vous, devenue un catéchisme progressiste ?

Toute culture subventionnée est une culture qui obéit au maître qui lui donne les moyens d’exister. C’est la jurisprudence de la gamelle. À la tribune de l’Assemblée, en 1973, Maurice Druon, l’auteur du Chant des partisans avec Kessel, alors ministre de la Culture, a formulé le contre-poison de cette logique : « Les gens qui viennent à la porte de ce ministère avec une sébile dans une main et un cocktail molotov dans l’autre devront choisir. » C’est le minimum de cohérence, d’élégance et de rectitude qu’on puisse demander à ces mendiants d’un argent qui leur permet de mordre ensuite la main qui les nourrit. Parlons une fois encore leur langage : Jean Moulin ne se serait pas fait subventionner par le maréchal Pétain !

La dernière cérémonie des Molières a montré un certain entre-soi où le milieu culturel se rassure et ricane sur ses adversaires. Qu’en avez-vous pensé ?

Molière doit se retourner dans sa tombe à l’idée qu’on puisse détour- ner son patronage, alors que ceux qui s’en réclament sont les tartuffes, les trissotins, les femmes savantes et les bourgeois gentilshommes du jour... Je rappelle à ces résistants de 1947 que Grasset fait partie du groupe Bolloré depuis 2023 et que les Folies Bergère, où le nom du même Vincent Bolloré a été conspué aux Molières, est actionnaire majoritaire de cette maison depuis 2025. Utilisons les outrances des nouveaux outranciers : Jean Moulin aurait-il fixé ses rendez-vous au quartier général de la Gestapo française ?

La gauche culturelle prétend parler au nom du peuple. Mais son public reste souvent très bourgeois. La culture subventionnée a-t-elle perdu le peuple ?

Oui, depuis le magistère de Jack Lang. Sous l’initiative du général de Gaulle, le ministère de la Culture se propose de hisser le peuple à hauteur des chefs-d’œuvre français, européens et planétaires. Malraux pensait que la télévision devrait relayer le meilleur de la culture française et porter au sein des familles le meilleur de la culture. Lang fait l’inverse : il descend la culture jusqu’aux pratiques les moins exigeantes. Moyennant quoi, la culture est devenue une signature de distinction sociale pour l’élite, et le peuple est exclu de ce jeu mondain. Il lui reste les jeux du service public.

Sans compter que la culture française est très – trop – parisianocentrée...

Certes, le centralisme jacobin est la plaie de la nation. Mais le pire est peut-être que les acteurs régionaux de la culture se font les perroquets de ce qui fait glousser Paris. Si l’on veut se trouver un jour sur la liste des ministrables en matière de culture, il faut avoir beaucoup fait preuve d’allégeance au politburo.

Vous dites souvent défendre le service public lorsqu’il élève l’esprit, mais le combattre lorsqu’il devient un outil de propagande. Les grandes institutions culturelles sont-elles encore au service du public ?

Malraux défendait un idéal civilisationnel pour le pays. Lang a promu lui aussi un modèle qui, comme toujours avec Mitterrand, était un modèle d’opposition à ce que fut et fit le général de Gaulle. L’opéra de Lully à Garnier pour de Gaulle, le joueur d’harmonica de la Fête de la musique sur le trottoir du Palais Garnier pour Mitterrand. Quand j’étais enfant et que la télévision est arrivée chez mes parents, le premier écran que j’ai vu s’allumer transmettait une représentation des Perses d’Eschyle. C’était sous de Gaulle et Malraux, qui n’avaient pas envie d’endoctriner le peuple mais de le cultiver.

Si l’on devait rebâtir une politique culturelle digne de ce nom, que faudrait-il sauver absolument ?

Il faudrait déjà cesser de financer la presse qui ne devrait exister qu’avec ses lecteurs. Ensuite, reconstruire un service public fort avec un cahier des charges précis : plus de liste de personnalités interdites, plus d’animateurs monocolores, des émissions animées par des sympa- thisants tout aussi bien LFI que RN, etc. Mais il faudrait également supprimer toutes les associations satellites des appareils idéologiques d’État qui prétendent contrôler l’équité alors qu’elles imposent l’iniquité. On pourrait aussi, puisque l’argent d’État fait défaut, solliciter le mécénat privé avec des incitations fiscales – de celles qui permettent aux États-Unis d’avoir les plus grands musées du monde. Il n’est pas normal que François Pinault, qui était l’ami de Jacques Chirac, n’ait pas pu ouvrir un musée sur l’île Seguin, à Paris, alors que son ami était président de la République. Qu’est-ce qui, dans cette affaire, fut plus fort qu’un chef de l’État dépositaire de la souveraineté nationale ? Connaître la réponse, c’est savoir quelles bastilles il faut faire tomber.

Source : Journal du dimanche 17/5/2026

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samedi, 16 mai 2026

Immigration, la gauche contre le réel

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Vincent Trémolet de Villers

Le catéchisme de la gauche française repose sur un seul dogme : l’immigration est par principe, toujours, partout et en toute proportion une providence. Enfreindre cette vérité incontestable, c’est s’exposer aux anathèmes des ligues de vertu, aux injures des ricaneurs de Radio Nova, à la disqualification morale par la presse progressiste. En politique, Jean-Pierre Chevènement, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, François Ruffin, parce qu’ils ont dénoncé les effets néfastes du dérèglement migratoire, ont été reconnus coupables d’intelligence avec l’ennemi, c’est-à-dire le réel.

Dans la sphère intellectuelle, la liste des proscrits ne cesse de s’allonger. Depuis 2002 ont été rappelés à l’ordre, entre autres, Jacques Julliard, Marcel Gauchet, Régis Debray, parce qu’ils ont intégré à leur réflexion des notions aussi vieilles que la politique : la frontière, la culture, l’identité. À chaque fois, le même processus : le penseur est expulsé de la gauche et déchu de son statut d’intellectuel. Alain Finkielkraut ? Un philosophe «controversé ». Christophe Guilluy ? Un géographe «de comptoir ». Michèle Tribalat ? Une démographe «militante ». Michel Houellebecq ? Un romancier «sulfureux ».

Depuis le Collège de France ou les studios de Radio France, la gauche sans frontières prononce la sentence. Elle oscille entre deux discours contradictoires. Un jour, l’immigration est un mirage, une panique identitaire que les chiffres démentent : il n’y a pas plus d’immigrés aujourd’hui qu’il y a cinquante ans. Le lendemain, c’est le discours contraire : les photos de classe d’autrefois appartiennent au musée, la «nouvelle France » est là, et les esprits rétifs, «  tout blancs, tout moches », devraient s’en réjouir.

Les grands principes, pourtant, ne parviennent plus à camoufler le cynisme électoral : puisque le peuple vote à droite, il est temps de changer le peuple. Stratégie moralement coupable, puisqu’elle essentialise autrement les immigrés ; politiquement perdante (la gauche en France rétrécit à chaque élection); économiquement absurde, puisqu’il n’y a pas de modèle social sans un minimum d’homogénéité culturelle. Les sociaux-démocrates danois l’ont compris, qui ont pris à bras-le-corps le sujet migratoire. Là-bas, l’équivalent du RN est encore sous les 10%…

Source : Le Figaro 16/5/2026

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vendredi, 15 mai 2026

L’alliance des droites au Parlement européen est la révolution politique de ces dix dernières années

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Entre le succès électoral de Nigel Farage au Royaume-Uni, la défaite de Viktor Orban en Hongrie et les nouvelles alliances qui se nouent au Parlement européen, les droites européennes sont en pleine recomposition, analyse le journaliste Charles Sapin du Point et auteur du livre Les Moissons de la colère : plongée dans l’Europe nationaliste.

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Source : Le Figaro 14/05/2026

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Inauguration de la brasserie Kerfave : Ouest-France et Le Télégramme dans leurs basses oeuvres

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Rose Martin Riposte laïque cliquez ici

On ignore si les journalistes de Ouest-France et du Télégramme ont abusé de la Kerfave, la nouvelle bière d’Erik Tegnér, ou bien s’ils se sont comportés davantage en militants politiques qu’en dignes représentants de la presse locale, toujours est-il que les chiffres annoncés par les plumitifs de ces deux journaux sont tellement grotesques qu’ils discréditent l’ensemble de leurs articles. Ouest France cliquez ici et Le Télégramme cliquez là

Il suffit de regarder la vidéo du Télégramme pour comprendre qu’on est très loin des 400, voire des 450 contre-manifestants énoncés par ce quotidien, qui, toute honte bue, annonçait d’abord près de 400 opposants, avant de charger la mule en passant à 450.

Comment des journalistes honnêtes auraient-ils du traiter cet épisode ? Ils auraient titré sur l’événement, qui est l’inauguration de la brasserie Kerfave, avec deux Eric, dont Erik Tegnér. Ils auraient parlé du millier de personnes qui, malgré la pluie, s’étaient déplacés, de la fête populaire qui a lieu sans incident avec des cracheurs de feu, de la musique bretonne, des danses, du rock, de l’ambiance bonne enfant, du discours d’Erik Tegnér, totalement dépolitisé, de la gentillesse des bénévoles, et de la parfaite réussite de l’initiative. Et ils auraient conclu en s’étonnant qu’une petite centaine – car ils n’étaient pas davantage – se permettent de contre-manifester contre une brasserie à cause des idées d’un des deux actionnaires, voyant dans cette manifestation groupusculaire un esprit liberticide et totalitaire inquiétant.

Mais pour écrire cela, il fallait être un vrai journaliste, et ne pas s’appeler Gaëlle Colin et Quentin Battais, de Ouest-France, et Thierry Charpentier, du Télégramme. Et on n’a pas encore vu les reportages de quelques médias gauchistes qui ont pu entrer sans problème, et interroger qui ils voulaient.

Si ces médiocres plumitifs veulent faire du vrai journalisme, et pas du médiocre travail de journaleux propagandiste, qu’ils viennent travailler à Frontières, il y a des postes à occuper, mais attention, là, il faut bosser, et pas seulement servir la soupe au régime.

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mercredi, 13 mai 2026

Yann Arthus-Bertrand, entre Grand Remplacement et Grand Capital

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Aussitôt acquise, le 6 mai dernier, la victoire du coloré PSG — propriété du Qatariote Nasser Al-Khelaifi — sur le Bayern de Munich, des équipes de délinquants parfaitement rôdés aux émeutes urbaines ont transformé Paris en un gigantesque champ de ruines, attaqué violemment les forces de l’ordre, renversé et brûlé des voitures et mis le feu à près de 67 poubelles, sans oublier de caillasser et de jeter du mobilier urbain sur les forces de police, qui comptent de nombreux blessés mais ont réussi à éviter un blocage du périphérique. Cerise sur le gâteau, ces hordes de sauvages ont saccagé l’exposition de photos au titre évocateur Vivre ensemble, montée avec l’argent du contribuable parisien place de la Concorde par l’ineffable Yann Arthus-Bertrand avec l’aide du démographe démagogue Hervé Le Bras, connu pour nier la réalité du grand remplacement comme peut en témoigner sa consœur Michèle Tribalat, qui a été victime de sa mauvaise foi et de ses emportements.

Françoise Monestier

Source Polémia cliquez ici

Masochisme et démagogie

Le photographe germanopratin, qui soutient la cause écologiste et aime à revendiquer sa « vertitude » mais reste proche des financiers qui mènent le monde, a commencé par sangloter en constatant les dégâts, les chevalets renversés et les photos détériorées. Le bougre s’est cependant vite repris, félicitant presque les vandales d’avoir commis pour plus de 116 000 euros de dégâts. « Manifestement, les supporters du PSG ont adoré l’exposition. Donc je lance un appel à tous les gens qui aiment le foot. Tous les gens qui pensent que vivre ensemble, c’est important. Tous les gens qui aiment la photographie. Tous les gens qui ont aimé cette exposition. Qu’ils viennent donc nous donner un coup de main. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Une trentaine de bénévoles, sans oublier des agents municipaux payés par le contribuable parisien, ont déboulé place de la Concorde et réparé les dégâts commis par les voyous qui s’étaient esbignés une fois leur forfait commis et ont dû bien se marrer en voyant tous ces ravis de la crèche prendre plaisir à réparer leurs saccages. Bel exemple de masochisme !

Fini les centaines de bougies ou les nounours censés rendre hommage aux victimes des surineurs qui jouent du couteau depuis des années en France et ailleurs sur le continent européen et sont déclarés non coupables car frappés d’une « altération du comportement ». Fini les marches blanches et les différentes cellules psychologiques censées redonner espoir à tous ceux qui ont perdu un être cher, volontairement renversé par un conducteur désireux de se payer un méchant colonisateur.

Les imbéciles heureux qui financent SOS Méditerranée, plébiscitent la voiture électrique ou se pâment devant la prolifération des éoliennes en mer viennent de créer — sans le vouloir ? — une brigade ou une légion de volontaires chargés de réparer les bêtises et les destructions de ceux qui nous haïssent et nous méprisent. « Il y a eu des gens à vélo. Et des vieilles dames. C’est trop mignon », disait Yann Arthus-Bertrand, une fois ses précieux clichés remis sur pied et le vivre-ensemble réhabilité. Il a même eu le culot de rajouter : « En fin de compte, c’est presque l’un des plus beaux cadeaux que m’ont fait ces gens pour montrer que le vivre-ensemble existe. » Il fallait à tout prix replanter le décor et montrer que ce n’est pas une petite émeute qui fera peur aux idiots utiles qui ont contribué à faire élire le maire de Saint-Denis ou à faire parader, aux cérémonies du 8-Mai, le député LFI Raphaël Arnault, le fondateur de la Jeune Garde antifasciste, qui a osé aller se prosterner devant le monument aux morts d’Avignon et qui pleure comme une madeleine car le nouveau maire de la ville, Olivier Galzi, a refusé de lui serrer la paluche.

Une fausse idée de la France

Les photos exposées place de la Concorde ne sont qu’une infime partie des clichés que le photographe, coqueluche des bobos et du CAC 40, a réalisés à seule fin de vendre un bouquin au titre trompeur, France, un album de famille, qui s’est vendu comme des petits pains et a même donné lieu à une exposition hébergée par la Ville de Paris. Arthus-Bertrand et son acolyte Hervé Le Bras ont fait poser dans un studio un certain nombre de gens triés sur le volet et correspondant à cette « nouvelle France » revendiquée par le maire de Saint-Denis, sans oublier des représentants du lobby LGBT, des transgenres ou des couples à trois. Comme l’explique Hervé Le Bras : « Nous avons voulu éviter de montrer une France ancienne, traditionnelle, car c’est un pays qui change beaucoup. Nous ne voulions pas d’une imagerie de la France traditionnelle, mais bien de la France de maintenant, avec ses graffeurs, surfeurs, clubs de robotique… J’ai donc dû chercher d’autres sources. » Tout est dit par l’illusionniste démographe qui s’est accouplé avec celui qui revendique avoir filmé « une France assez bienveillante, assez heureuse, assez solidaire ». Quand on voit l’état de la place de la Concorde après le passage des barbares, on comprend l’embarras du photographe qui veut continuer à encaisser les dividendes et à faire vivre son association GoodPlanet, créée pour faire baisser l’empreinte carbone mais surtout pour assurer de belles fins de mois à Arthus-Bertrand et à ses copains.

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mardi, 12 mai 2026

Brasserie Kerfave à Pléguien. Quand une poignée de terroristes antifas relayés (encore une fois) par la presse locale tentent de tuer dans l’œuf l’entreprise d’Erik Tegnér

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Le jeudi 14 mai 2026, jour de l’Ascension, Erik Tegnér, directeur du magazine Frontières et chroniqueur sur CNews, doit inaugurer avec son associé Éric Rucklin la brasserie artisanale Kerfave, dans la zone du Ponlo à Pléguien (Côtes-d’Armor). Le projet, officiellement enregistré depuis janvier 2026, mise sur une production de 200 000 litres annuels d’une bière revendiquée « 100 % bretonne » : ingrédients régionaux, houblon breton, démarche bio, nom celtique, logo orné d’une hermine. Un bar de 200 places, terrasse comprise, doit accueillir des concerts et animations culturelles. La soirée de lancement promet musique traditionnelle, rock celtique, jongleurs de feu et dégustation. Bref, un projet économique enraciné, parfaitement banal — du moins si l’un des porteurs ne portait pas un nom qui hérisse les militants d’ultragauche et leurs amis dans certaines rédactions.

Une « polémique » fabriquée par une poignée d’agités

Depuis l’annonce, les habituels « comités de vigilance antifasciste », c’est à dire les terroristes antifas (qui pratiquent la terreur économique, sociale, physique) se sont mis en branle. Le CVA22, qui représente une poignée d’individus et qui s’est réuni à Saint-Brieuc, a lancé un appel au boycott et à la « fermeture » de la brasserie. Un groupe « Boycott brasserie Kerfave » a fleuri sur les réseaux sociaux. Un Front commun antifasciste 22 organise un rassemblement le jour de l’inauguration. Et pour donner l’apparence d’une mobilisation locale, une cinquantaine de personnes baptisées « Habitants indignés » se sont réunies sur place pour appeler à un autre rassemblement entre 17 heures et 20 h 30, sur l’aire de covoiturage du Pont Lô à Lanvollon.

Cinquante personnes. Dans une zone qui rassemble plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Voilà la « mobilisation » dont la presse régionale parle comme s’il s’agissait d’un soulèvement populaire. La réalité est plus prosaïque : quelques militants idéologiquement obsédés, des relais associatifs antifascistes professionnels, et un agglutinement de curieux convoqués pour faire nombre. C’est tout. Mais c’est suffisant pour fabriquer une « polémique » — ce mot magique qui dispense d’enquêter et autorise toutes les amalgames.

Le rôle complaisant de la presse régionale

Car cette polémique n’existerait pas sans les relais qu’elle trouve dans la presse locale. Ouest-France et Le Télégramme ainsi que des hebdos locaux ont une fois de plus dans ce type d’affaire, multiplié les articles, en quelques jours, pour suivre minute par minute les « réactions », les « crispations », les « appels » antifas. Chaque communiqué de comité militant devient un papier ; chaque réunion de cinquante personnes, un événement régional ; chaque accusation de « lieu politique masqué » est reprise sans contradiction sérieuse. Et l’épithète « extrême droite » est accolée mécaniquement au nom d’Erik Tegnér à chaque mention, jusque dans les articles censés simplement relater l’ouverture d’un commerce. Pour tenter d’équilibrer un peu, la presse donne la parole à la victime….une fois que le mal a été fait.

Le procédé est connu : il s’agit d’imprimer dans l’esprit du lecteur une équivalence entre un entrepreneur, sa boisson et un danger politique, jusqu’à ce que la mayonnaise prenne.

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vendredi, 08 mai 2026

Querrien, le Canon Français, le Jarl, Erik Tegnèr… La presse quotidienne régionale bretonne, courroie de transmission militante ou organe d’information ?

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Yann Vallerie, Breizh info cliquez ici

Il existe en Bretagne, comme dans la plupart des régions françaises, un mécanisme journalistique qu’aucun lecteur attentif de la presse régionale ne peut sérieusement contester. Il fonctionne selon une grammaire simple, qu’il suffit d’observer pendant quelques semaines pour en saisir la régularité.

Prenons le cas le plus récent : le concert Ifern Noz, soirée de black metal organisée samedi 2 mai 2026 à la ferme du Boudiguen, à Querrien, dans le pays de Quimperlé. Une jauge de cent trente personnes selon les organisateurs, un lieu privé, un événement payant, une affiche connue depuis des semaines des amateurs du genre, aucune publicité ouverte au grand public. Strictement rien qui justifie qu’une rédaction nationale, régionale ou même locale s’y intéresse — sauf à passer en revue chaque samedi soir tous les concerts privés des fermes bretonnes, ce qu’aucun journal n’a jamais entrepris.

Et pourtant. Mardi 28 avril 2026, alerté par deux ou trois antifas locaux, les quatre députés bretons de La France insoumise — Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Hignet, Murielle Lepvraud et Marie Mesmeur — adressent un courrier au préfet du Finistère pour demander l’annulation pure et simple du concert, en invoquant les supposées connexions de certains groupes programmés avec l’« extrême droite ». Le même jour, Le Télégramme publie une dépêche reprenant les éléments du courrier sans la moindre vérification. Ouest-France suit le même tempo. Les éléments-massue brandis par les députés s’effondrent pourtant à la première lecture sérieuse : Philippe Vardon, désigné comme « membre » du groupe Gorgon, n’apparaît dans aucun line-up de cette formation, ni passé ni présent — il l’a confirmé lui-même publiquement en précisant qu’il avait simplement croisé l’un des musiciens lors d’un concert il y a près de trente ans. Quant aux accusations de « néonazisme » portées contre les groupes programmés, elles ne reposent sur aucune analyse de leurs paroles, de leurs publications, de leurs positions publiques. Cinq minutes de recherche sur une base de données spécialisée auraient suffi à éviter cette propagation d’inexactitudes — mais aucun journaliste de la presse régionale ne semble avoir consacré ces cinq minutes au dossier.

Le concert s’est tenu samedi soir comme prévu, sans le moindre incident, comme l’a constaté la gendarmerie de Quimperlé. Le Télégramme s’est alors fendu d’une dépêche en chapeau bas pour acter le non-événement : « 130 personnes, aucun incident à signaler ». La gravité supposée de l’affaire avait justifié, quatre jours plus tôt, plusieurs articles, l’interpellation du préfet, des appels à l’interdiction. Le démenti factuel ne mérite, lui, qu’une brève à peine signalée.

Un collectif baptisé « Front commun antifasciste 22 » — dont personne, en dehors de ses membres et de quelques journalistes locaux, ne saurait dire combien il rassemble exactement de militants, quels sont ses statuts, son siège, ses dirigeants — annonce qu’il « réfléchit à des actions » contre l’ouverture d’une brasserie à Pléguien, dans les Côtes-d’Armor. Le projet, porté par deux entrepreneurs, est une brasserie artisanale labellisée 100 % breton, à base d’ingrédients locaux, qui prévoit une production de 200 000 litres par an et entend animer un bar avec terrasse et concerts. Une initiative économique modeste mais réelle, qui crée des emplois et s’inscrit dans le tissu local.

Or que retient Ouest-France dans son traitement du sujet ? Le projet de brasserie, certes. Mais surtout l’« annonce » du collectif antifa, traitée comme une information à part entière, avec ses « réflexions », ses « réunions » prévues, ses éventuels déplacements à venir. Le résultat est mécanique : le lecteur ne lit plus l’histoire d’une brasserie qui ouvre, il lit l’histoire d’une mobilisation contre une brasserie. La hiérarchie de l’information est inversée. Le projet économique devient l’arrière-plan ; la contestation idéologique devient le sujet.

À Quimper, même mécanique. Le Canon français, organisme événementiel privé, a réservé le parc des expositions pour un banquet le 5 décembre 2026. Un acompte de 5 000 euros a été versé sur un contrat estimé à 25 000 euros. 1 400 billets ont été vendus à ce jour. Un événement légal, dans une salle ouverte à la location, sans trouble objectif à l’ordre public — comme l’a d’ailleurs reconnu le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez devant le Sénat le 6 mai 2026 : « Il n’y a pas de risques de troubles à l’ordre public quand il y a ce type de manifestation, qu’on aime ou qu’on n’aime pas. »

Cela n’aura pas empêché Le TélégrammeOuest-France et la presse locale, en relais d’associations militantes, de transformer cette location de salle en affaire politique majeure, au point de mobiliser la maire socialiste de Quimper, le préfet du Finistère, des sénateurs, et finalement le ministre de l’Intérieur lui-même. Une location de salle, devenue affaire d’État.

Et pour le « Jarl », influenceur qui dérange, qui a mis fin à son engagement d’été avec la discothèque du Stirwen à Carnac à l’issue d’une soirée d’ouverture de saison :  articles dans Le Télégramme, dans Ouest-France en l’espace de quarante-huit heures, doublement renvoyés vers d’autres affaires antérieures, tout en le qualifiant d’influenceur d’extrême droite sans que l’on comprenne le rapport, le tout pour un différend commercial entre une patronne de discothèque et son prestataire.

Une mécanique constante, pratiquement jamais inversée

Il faut prendre la mesure de la régularité de ce mode opératoire. Lorsqu’un collectif antifasciste de quelques dizaines — ou parfois de quelques unités — de militants publie un communiqué appelant à se mobiliser contre une initiative classée à droite, le communiqué est repris, contextualisé, mis en valeur, parfois élevé au rang d’information principale. Les déclarations des dirigeants de ce collectif sont sollicitées, leurs propos rapportés sans contradiction, leurs intentions présentées comme des éléments de l’actualité. Lorsqu’un courrier de quatre députés est adressé à un préfet pour demander l’annulation d’un concert privé, le courrier est traité comme une information de premier plan, sans que personne ne prenne la peine de vérifier les faits qu’il avance.

À l’inverse, ce que l’on observe n’est pas tant une absence de couverture des sujets bretons. Ouest-France et Le Télégramme couvrent abondamment fest-noz, gouren, cercles celtiques, écoles Diwan, championnats de palet, et c’est tant mieux. Le problème est ailleurs. Il tient à la prudence systématique avec laquelle les rédactions abordent tout sujet susceptible d’être lu, même de loin, comme un marqueur identitaire revendiqué. Une initiative associative qui défendrait ouvertement la culture bretonne dans un registre identitaire assumé — plutôt que folklorique ou patrimonial — sera traitée avec une distance perceptible, des guillemets précautionneux, un encadré rappelant les éventuelles « polémiques » ou les « critiques » qu’elle a pu susciter, voire un rapprochement appuyé avec d’éventuelles connexions politiques classées à droite.

Cette frilosité n’est pas un hasard. Elle traduit une crainte permanente : celle de s’attirer les foudres de quelques militants vigilants, mais ultra minoritaires, ne représentant qu’eux mêmes, prompts à dénoncer toute couverture jugée insuffisamment critique d’une initiative étiquetée. Trois personnes sur les réseaux sociaux suffisent souvent à déclencher la prudence rédactionnelle. Les journalistes locaux savent qu’un papier trop bienveillant à l’égard d’un événement classable « identitaire » leur vaudra, dans les heures qui suivent, des reproches publics, des accusations de complaisance, parfois des courriers à la direction. À l’inverse, un papier qui relaie sans réserve les inquiétudes d’un collectif antifa ne génère aucun coût social pour le journaliste qui le signe. L’asymétrie incitative est totale, et elle produit l’asymétrie de traitement que tout lecteur attentif finit par repérer.

Cette asymétrie n’est pas accidentelle. Elle traduit une grille de lecture éditoriale assumée par une partie de la rédaction de ces journaux. Tout ce qui peut être classé « extrême droite » — quitte à étirer la qualification jusqu’à la corde — est traité comme un événement digne d’attention, à inscrire dans le cycle quotidien de l’information. Tout ce qui s’oppose, par symétrie, est traité comme normal, banal, et donc invisible.

Le résultat est une distorsion considérable de la réalité perçue. Un lecteur fidèle de Ouest-France ou du Télégramme finit par avoir l’impression que la Bretagne est traversée en permanence par une menace fasciste rampante, contre laquelle quelques courageux militants antifascistes mèneraient seuls le combat. Que des « repaires de fascistes qui avancent masqués » s’ouvrent dans toutes les communes. Que des « banquets identitaires » menacent l’ordre public chaque mois. Que les boîtes de nuit du Morbihan tomberaient une à une entre les mains de figures de la droite radicale.

Cette représentation déformée est ensuite mobilisée par les institutions. Les maires socialistes ou divers gauche prennent position, demandent des arrêtés d’interdiction, saisissent les préfets. Les préfets, à leur tour, sont contraints de se prononcer, parfois de prendre des mesures juridiquement bancales, comme l’a illustré l’épisode de Quimper Événements, où le gestionnaire du parc des expositions invoque maintenant des « risques de troubles à l’ordre public » que le ministre de l’Intérieur lui-même considère comme inexistants. Les procureurs de la République sont saisis. Les juges sont sollicités. Les députés interpellent le gouvernement à l’Assemblée. Les sénateurs interpellent le gouvernement au Sénat. Une mécanique politique entière s’enclenche — déclenchée, à l’origine, par un communiqué de quelques militants relayé sans recul par un journaliste local.

Des questions journalistiques élémentaires qui ne sont jamais posées

Posons quelques questions simples, que tout enseignant en école de journalisme devrait pourtant rappeler à ses étudiants en première année.

Pourquoi, dans le dossier du concert de Querrien, aucun journaliste régional n’a-t-il consacré les cinq minutes nécessaires à la vérification du line-up de Gorgon ? Le démenti factuel de Philippe Vardon, rajouté après publication de l’article (suite au notre) qui figure dans la dépêche du Télégramme lui-même en bas d’article, n’a-t-il pas conduit la rédaction à s’interroger sur la solidité globale du dossier insoumis qu’elle s’apprêtait à relayer ? Le fait que le concert se soit finalement tenu sans incident a-t-il déclenché une réflexion rédactionnelle sur l’emballement de la semaine précédente ? À l’évidence non, puisque la dépêche du 3 mai annonçant les 130 personnes et l’absence d’incident a été traitée en bref, dans une discrétion qui contrastait avec le bruit médiatique entourant les accusations initiales.

Combien de membres compte exactement le « Front commun antifasciste 22 » qui appelle à se mobiliser contre la brasserie de Pléguien ? Quels sont ses statuts juridiques ? Qui sont ses dirigeants ? Quelles sont ses sources de financement ? Combien de personnes ont assisté à sa dernière réunion publique ? Quelle est sa représentativité dans la population costarmoricaine ? Aucun journaliste de Ouest-France ou du Télégramme n’a, à notre connaissance, posé l’une de ces questions élémentaires avant de relayer ses communiqués comme s’il s’agissait d’une force sociale significative. À l’inverse, lorsqu’un dirigeant d’une organisation classée à droite est cité, son passé, ses connexions, ses sources de financement, ses fréquentations passées et présentes sont systématiquement épluchés et signalés.

Qui est le véritable initiateur de l’« information » selon laquelle un collectif local prévoirait une « action » contre tel ou tel événement ? Le journaliste a-t-il sollicité ce communiqué ou l’a-t-il reçu spontanément ? Existe-t-il, en pratique, un fil de discussion régulier entre les rédactions locales et certains militants antifascistes, qui transforme ces militants en sources privilégiées et auto-alimentées de la rubrique régionale ? Les exemples accumulés depuis plusieurs années suggèrent fortement que oui. La régularité avec laquelle de petits collectifs sans représentativité électorale ni base militante sérieuse parviennent à orienter l’agenda médiatique régional est trop frappante pour être attribuée au seul hasard.

Pourquoi le projet d’une brasserie artisanale créatrice d’emplois locaux fait-il l’objet d’un traitement journalistique centré sur la mobilisation contre elle, plutôt que sur ce qu’elle est : un projet d’entreprise dans une zone artisanale rurale ? Pourquoi un banquet privé, légal, où sont attendues 1 400 personnes, est-il transformé en « risque de troubles » alors que la situation factuelle ne le justifie pas ? Pourquoi un différend commercial entre une patronne de discothèque et son prestataire devient-il, dès lors que le prestataire est étiqueté à droite, un sujet récurrent de page régionale ?

Un journalisme militant…qui ne s’assume pas

Il faut nommer les choses pour ce qu’elles sont. Le journalisme n’est pas la transcription neutre des communiqués que l’on reçoit ; c’est, au minimum, un effort de mise en perspective et de hiérarchisation honnête de l’information. Lorsqu’un journaliste relaie systématiquement, avec déférence, les déclarations d’une poignée de militants tout en ignorant les positions et préoccupations de plusieurs milliers d’habitants des mêmes communes, il ne fait pas du journalisme. Il fait du militantisme. Sans en porter le nom, sans en assumer publiquement la fonction, mais avec les effets pratiques du militantisme. Et c’est précisément cette absence d’assumation explicite qui le rend pernicieux – C’est d’ailleurs pour cela qu’à Breizh-info, nous avons toujours assumé de faire du journaliste honnête…mais aussi militant, sans se cacher, en affichant clairement notre ligne éditoriale, sans avancé masqué.

Un militant assumé est un adversaire honnête. On peut discuter avec lui, contester ses positions, lui opposer les siennes. Un journaliste qui pratique le militantisme déguisé est un adversaire qui se présente sous l’uniforme de la neutralité, dont les outils — la mise en page, la hiérarchie de l’information, le choix des sources, l’angle éditorial — ne sont pas ceux du débat ouvert mais ceux d’un parti pris masqué.

Cette pratique n’est pas seulement choquante sur le plan déontologique. Elle est nocive sur le plan démocratique. Parce qu’elle déforme la perception qu’ont les citoyens de leur propre société. Parce qu’elle pousse les institutions, sous l’effet d’une pression médiatique fabriquée, à prendre des mesures attentatoires aux libertés publiques contre des cibles qui n’en méritaient pas tant. Parce qu’elle donne à des micro-collectifs militants une influence politique sans aucun rapport avec leur représentativité réelle. Parce qu’elle entretient un climat où la simple expression d’idées non conformes à la ligne éditoriale dominante devient, dans la pratique journalistique régionale, une affaire d’ordre public.

L’effet Streisand

Une dernière observation, qui n’a échappé ni aux organisateurs du Banquet breton à Quimper ni aux fondateurs de la brasserie de Pléguien : cette mécanique médiatique fonctionne souvent, en réalité, à rebours de ses intentions. Pierre-Alexandre de Boisse, cofondateur du Canon français, peut constater que 1 400 billets ont été vendus pour Quimper malgré — ou grâce à — la polémique. Erik Tegnér et Éric Rucklin n’auraient sans doute jamais espéré, au lancement de leur brasserie, le degré de notoriété nationale que leur a offert, gracieusement, la presse régionale.

L’« effet Streisand », du nom de la chanteuse américaine dont les tentatives de censure d’une photographie ont contribué à sa diffusion massive, joue à plein dans ces affaires. Les lecteurs intelligents — et il y en a, y compris parmi le lectorat fidèle de la presse régionale — finissent par comprendre les biais de leur quotidien. Et certains, parmi les plus libres d’esprit, vont voir d’eux-mêmes ce que la presse cherche à leur faire éviter, ne serait-ce que par curiosité ou par esprit de contradiction.

C’est peut-être, in fine, la principale conséquence de cette dérive militante de la presse régionale : elle finit par fabriquer ce qu’elle prétend dénoncer, en assurant gratuitement la promotion de ce qu’elle voudrait combattre. Et elle entame, surtout, sa propre crédibilité. Beaucoup de Bretons, vieillissants ou plus jeunes, lisent encore Ouest-France et Le Télégramme parce que ces titres font partie du paysage matériel de leur quotidien. Mais le lien de confiance, lui, s’effrite. Lentement, silencieusement, irrémédiablement. Une presse qui a perdu cette confiance peut continuer à exister par inertie. Elle ne peut plus prétendre informer.

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Les Bretons ont une chance inouie...

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jeudi, 07 mai 2026

Après Le Canon Français, la gauche menace d’attaquer la brasserie bretonne d’Erik Tegnér

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Rose Martin Riposte laïque cliquez ici

Erik Tegnér, outre le fait d’avoir lancé Frontières et de salarier à présent une trentaine de journalistes, paraît vouloir continuer sa carrière d’entrepreneur en lançant une nouvelle bière bretonne, la Kerfave, dans la petite ville de Pléguien, en Bretagne.

Mais dans cette région, comme dans toute la France, il existe une police politique, la gauche, qui comprend les gauchistes et les institutionnels, qui décide qui a le droit de monter des spectacles, d’organiser des soirées festives, d’ouvrir des librairies, et qui n’en a pas le droit. Et comme ces miliciens sont protégés par le pouvoir en place, et aussi par les juges, et qu’ils bénéficient donc d’une impunité totale, ils se croient tout permis et notamment d’assurer qu’ils viendront attaquer la soirée, et vandaliser la brasserie. cliquez ici

On remarque qu’un média comme Ouest-France ne paraît absolument pas scandalisé par ces menaces et que les journalistes, comme d’habitude, sont complices par leur silence sur ce qui s’apparente à une interdiction de travailler à cause de ses opinions politiques, chose qu’on croyait réservée aux dictatures.

L’inauguration est dans une semaine…

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dimanche, 03 mai 2026

Mabouls, vous avez dits mabouls

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Emmaneul Macron marche franchement à côté de ses pompes en traitant les tenants d’une réponse ferme au président algérien qui ne cesse de rouler la France dans la farine. En fait, Macron s’en prenait à Bruno Retailleau qui n’a eu de cesse que de vouloir durcir nos rapports avec le gouvernement algérien. Ce qui manque pas de faire réagir Pascal Praud estimant que nous sommes nombreux a être maboul !

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Source : le Journal du dimanche 3/5/2020

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De l’immigration algérienne

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Dans « Immigration, mythes et réalités », le directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, Nicolas Pouvreau-Monti, s’intéresse notamment à l’exception algérienne.

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Source : Journal du dimanche 3/5/2020

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vendredi, 01 mai 2026

Dissolution de la Jeune Garde : le Conseil d’État rejette le recours, mais la décision règle-t-elle vraiment quelque chose ?

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Le Conseil d’État a rendu sa décision ce jeudi 30 avril 2026 : la plus haute juridiction administrative française rejette le recours formé par La Jeune Garde antifasciste contre le décret du 12 juin 2025 qui prononçait sa dissolution. Le groupement, cofondé par l’actuel député LFI Raphaël Arnault, avait saisi les juges du Palais-Royal pour tenter de faire annuler une mesure prise sous l’autorité de l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. La décision intervient dans un contexte politique et judiciaire particulièrement lourd, alors que plusieurs membres présumés de l’organisation sont mis en cause dans la mort de Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans tabassé à Lyon le 12 février 2026 et décédé deux jours plus tard de ses blessures. Mais derrière la satisfaction affichée des deux ministres de l’Intérieur successifs, Bruno Retailleau et Laurent Nuñez, la question demeure : à quoi servent réellement ces dissolutions, dont la pratique s’est emballée depuis dix ans sous François Hollande puis Emmanuel Macron ?

Ce qu’a jugé le Conseil d’État

La décision rendue ce jeudi est rédigée dans le langage feutré qui caractérise le contentieux administratif, mais ses constats sont sans appel. Le Conseil d’État relève que La Jeune Garde, qui se présentait sous l’étendard de la « vigilance antifasciste », incitait ses propres membres à exclure physiquement de l’espace public les personnes qu’elle qualifiait de « fascistes ». Ces incitations passaient notamment par des stages présentés sous l’appellation pudique d’« auto-défense », et par des opérations de « quadrillage » de quartiers que le groupement mettait lui-même en valeur sur ses réseaux sociaux. La juridiction a également retenu que les responsables de l’organisation n’avaient pris aucune mesure pour se désolidariser des publications, photographies et vidéos diffusées par les comptes « Antifa Squads » qui revendiquaient explicitement, en lien direct avec La Jeune Garde, plusieurs dizaines d’actions violentes contre des opposants politiques.

Le rapporteur public est allé plus loin lors de l’audience, en évoquant « la dérive totalitaire » d’un groupement qui ne souhaitait « pas seulement combattre par l’idéologie des idéologies », pour reprendre la formule rapportée par Le Figaro, mais qui entendait « éliminer physiquement ses opposants de l’espace public » et se transformer en milice. Sur cette base, le Conseil d’État a estimé que la mesure de dissolution était adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l’ordre public, conformément aux exigences de l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure.

Une décision qui dissout une coquille mais ne neutralise personne

La satisfaction unanime du gouvernement actuel, du gouvernement précédent et d’une partie des commentateurs ne doit pourtant pas faire oublier une réalité élémentaire que le droit administratif français a tendance à occulter : dissoudre une association ne dissout pas (heureusement d’ailleurs) ses militants. Les individus qui composent une structure dissoute conservent leurs convictions, leurs réseaux, leurs camarades, leurs cagnottes en ligne et, accessoirement, leurs poings. Ils peuvent recréer le lendemain matin une nouvelle structure sous un autre nom — c’est précisément ce qui s’est passé avec La Jeune Garde dans plusieurs villes, comme l’a récemment confirmé l’ouverture d’une enquête à Paris sur des soupçons de reconstitution du groupement après la mort de Quentin Deranque. Des « émanations » du mouvement font d’ores et déjà l’objet de procédures de dissolution complémentaires, ce qui en dit long sur l’efficacité réelle du dispositif initial.

Cette mécanique du chat et de la souris est connue depuis l’origine de la pratique des dissolutions administratives. Lorsque Bastion Social fut dissous en 2019, ses militants ont essaimé dans d’autres structures. Lorsque Génération Identitaire fut dissoute en 2021, les anciens cadres se sont reclassés ailleurs. Lorsque les Soulèvements de la Terre furent visés en 2023 — décision finalement censurée par ce même Conseil d’État, soit dit en passant —, les modes d’action et les réseaux subsistaient. La dissolution prend acte d’un problème ; elle ne le règle pas. Elle satisfait les politiques et communicants à court terme et permet au pouvoir d’afficher une fermeté communicationnelle, mais elle laisse intactes les dynamiques humaines, idéologiques et organisationnelles.

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mardi, 28 avril 2026

Immigration – Mythes et réalités, un ouvrage qui détruit les fantasmes immigrationnistes

Immigration, mythes et réalités (Grand format - Broché 2026), de Nicolas  Pouvreau-Monti | Éditions Fayard

André-Victor Robert

Avec Immigration – mythes et réalités, paru récemment aux éditions Fayard, Nicolas Pouvreau-Monti, jeune et brillant directeur de l’Observatoire de l’Immigration et de la Démographie (OID), signe un premier ouvrage dont la qualité d’ensemble mérite d’être saluée. L’auteur assemble intelligemment les matériaux accumulés par l’Observatoire au fil de ses trois années d’existence sur les multiples facettes du phénomène migratoire, pour dégager une vision d’ensemble des causes de l’immigration et de ses conséquences sur l‘économie et la société françaises. Nicolas Pouvreau-Monti propose un ouvrage fondé sur l’exploitation systématique des statistiques publiques, dans l’objectif explicite de clarifier un débat souvent obscurci par des représentations partielles et simplificatrices, souvent tendancieuses. Son ambition est d’examiner méthodiquement les effets réels de l’immigration à partir de données vérifiables et accessibles à tous, puisqu’issues de la statistique publique.
L’ouvrage est construit autour de six mythes, qui constituent autant d’idées reçues et que l’auteur s’attache à « déconstruire » :

  • il n’y aurait pas plus d’immigration aujourd’hui qu’hier,
  • l’immigration rapporterait à la France davantage qu’elle ne lui coûte,
  • l’immigration n’aurait pas d’impact nocif sur notre vie quotidienne et notre accès aux services publics,
  • l’immigration ne changerait pas la culture française,
  • l’état serait en mesure de contrôler l’immigration,
  • il conviendrait écouter les « experts » sur le sujet.

Les flux d’immigration et le nombre d’immigrés

Retraçant brièvement l’histoire des flux d’immigration vers la France et analysant les chiffres d’immigration produits par le service statistique du ministère de l’intérieur (relatifs aux flux d’immigration) et ceux de l’Insee (relatifs à la composition de la population française en termes d’ascendance migratoire), Nicolas Pouvreau-Monti rappelle tout d’abord que les flux d’immigration ont atteint au cours des années récentes un niveau inégalé et que le nombre d’immigrés n’a jamais été aussi élevé, que l’on raisonne en nombre d’individus ou en termes de proportion qu’ils représentent dans la population résidant sur le territoire national.

La France a connu sa première vague importante d’immigration durant les années 1920, suite à la mort au combat de 1,4 millions de Français pendant la première guerre. Il s’agissait d’une émigration d’origine essentiellement européenne, et temporaire. Les années 1930 ont été marquées par une inversion des flux : la crise économique a entraîné des mesures restrictives entre 1931 et 1936. Une 2e vague importante d’immigration, motivée par un fort besoin de main d’œuvre, s’est produite pendant la période des Trente Glorieuses, avant la suspension officielle de l’immigration de travail en 1974 par le gouvernement Chirac. Deux ans plus tard, sous la pression des juges, un décret instituait le droit au regroupement familial, c’est-à-dire le droit pour les travailleurs de nationalité étrangère régulièrement installés en France à être rejoints par leur conjointe et leurs enfants. Et depuis cette période, le motif familial a acquis une part prépondérante au sein du flux d’immigration et le flux d’immigration de travail est devenu très minoritaire. Le flux d’immigration a connu un emballement spectaculaire et une croissance quasi-continue depuis la fin des années 1990, sous la pression des juges et l’absence de volonté des politiques de contenir cette pression. Ainsi que le note l’auteur : « Aujourd’hui, l’immigration n’est plus ce phénomène ponctuel lié au besoin de bras pour faire tourner des usines florissantes. Elle prend la forme d’une dynamique autonome, déconnectée de l’économie et alimentée par une mécanique administrative qui tourne à plein régime, indifférente aux alternances politiques.  »

Nicolas Pouvreau-Monti précise qu’au fil du temps, la part des immigrés d’origine européenne, tant au sein du flux d’immigration qu’au sein du stock de migrants, n’a eu de cesse de se réduire, au profit de l’immigration d’origine africaine, d’abord maghrébine puis plus récemment d’origine sub-saharienne. Autres transformations qualitatives notables : le motif « étudiant » est de plus en plus invoqué pour obtenir un titre de séjour, suivi des motifs humanitaire (asile et protection subsidiaire) et familiaux, et l’immigration revêt de plus en plus un caractère durable et non plus temporaire.

Un point important de l’ouvrage concerne la dimension territoriale. L’auteur souligne que les régions autrefois épargnées par l’immigration, comme la Bretagne et les Pays-de-la-Loire, connaissent maintenant des flux importants d’installations de populations d’origine étrangère, y compris et jusque dans des villes de taille moyenne et des petites villes. L’auteur voit là le résultat de politiques ayant pour objectif clairement assumé de désengorger la région parisienne en déplaçant la charge vers des territoires moins tendus, par le biais notamment de la création de centres d’hébergement pour demandeurs d’asile.

Au sein de l’Europe, la France n’est pas seule à connaître des flux d’immigration d’une ampleur inégalée jusqu’alors. Le phénomène affecte tous les pays d’Europe de l’ouest, quoi qu’avec une intensité variable et aussi une volonté politique plus ou moins affirmée de contenir les flux – quant il ne s’agit pas, pour certains gouvernements, de les encourager. Au sein de l’Europe de l’ouest, la France se caractérise par un recours particulièrement prononcé à l’immigration d’origine africaine : 61 % des immigrés de 15 à 64 ans vivant en France en 2020 étaient originaires du continent africain, soit une part trois fois supérieure à la moyenne de l’UE.

Les effets économiques et sociaux de l’immigration

Dans le débat public, l’immigration est souvent défendue comme un moyen de financer nos retraites. Pour que cela puisse être le cas, il faudrait tout d’abord que la population immigrée soit composée de travailleurs à hauteur d’une proportion au moins égale à celle constatée au sein de la population autochtone. Or – la nature essentiellement familiale et humanitaire des flux récents d’immigration le laissait pressentir – c’est très loin d’être le cas : la proportion de personnes en emploi au sein des personnes de 15 à 64 ans est de seulement 56 % pour les immigrés non-européens alors qu’elle est de 70 % pour les non-immigrés et de 68 % pour les immigrés européens.

Nicolas Pouvreau-Monti montre aussi, sur la base des projections de population des Nations Unies, que pour que l’immigration puisse rééquilibrer notre pyramide des âges et ainsi contribuer au rééquilibrage financier de nos régimes de retraite, il faudrait un flux d’immigration beaucoup plus important que celui constaté à présent (pourtant déjà très élevé), puisqu’il faudrait faire venir en France pas moins de… 90 millions de personnes d’ici à 2050, ce qui est à l’évidence totalement irréaliste et insoutenable sur le plan social.

Par leur profil socio-démographique, enfin, les immigrés sont susceptibles de peser sur les comptes publics (considérés dans leur ensemble) plutôt que d’y contribuer : peu souvent en emploi et – lorsqu’ils le sont – plus souvent en emploi non qualifié que la population autochtone, les immigrés en France sont davantage exposés au risque de pauvreté ; ils paient en conséquence moins d’impôts que la moyenne des français et sont plus susceptibles de dépendre des minima sociaux et du logement social. D’ailleurs, 35 % des immigrés sont logés dans le parc HLM (la proportion monte à 49 % pour les immigrés d’origine algérienne et même à 57 % pour ceux originaires d’Afrique sub-saharienne) alors que ce n’est le cas que de 11 % des non-immigrés. À âge donné, leur état de santé est par ailleurs en moyenne moins bon que celui de la population française (une particularité française, car dans les autres pays, les immigrés sont en moyenne en meilleure santé que les autochtones), ce qui entraîne une consommation plus élevée de soins.

Ce n’est pas seulement en termes de participation au marché du travail que l’intégration des immigrés africains est défaillante, c’est aussi en termes de résultats scolaires et universitaires, ou encore de participation aux activités criminelles et délictuelles. L’auteur souligne a contrario la très bonne intégration des immigrés originaires d’Asie du sud-est, ce qui tend à discréditer la thèse selon laquelle la piètre intégration des immigrés en moyenne en France serait le résultat de discriminations qui les viseraient de manière systématique.

La part croissante des immigrés – en particulier d’origine africaine – au sein de la population en France n’est pas sans influence sur la culture et les mentalités dans notre pays. Nicolas Pouvreau-Monti illustre ces transformations à partir de deux exemples : la natalité, et le poids croissant de l’islam.

La natalité des femmes autochtones s’effondre, l’auteur y voit l’effet en particulier de la mise sous conditions de ressources des allocations familiales et du durcissement du plafonnement du quotient familial, intervenus sous le quinquennat de François Hollande. La faible natalité des femmes sans ascendance migratoire contraste avec la fécondité qui reste élevée des immigrées, en particulier maghrébines (et ce alors même que la fécondité est maintenant relativement basse au Maghreb, en particulier en Tunisie) et celle des femmes d’origine sub-saharienne (l’Afrique sub-saharienne est aujourd’hui la seule région du monde où la fécondité est significativement supérieure au seuil de remplacement des générations).

La croissance du nombre de musulmans dans notre pays est alimentée en majeure partie par le flux migratoire, dans la mesure où, d’une part, le nombre de conversions à l’islam au sein de la population autochtone reste à un niveau relativement modeste, et d’autre part une grosse partie de notre flux d’immigration est originaire de pays où la population est majoritairement musulmane.

L’impuissance de l’état, la complicité des "experts"

Les deux derniers chapitres de l’ouvrage sont consacrés à examiner par quels mécanismes une politique aussi impopulaire et aux résultats aussi désastreux a pu être mise en place et se perpétuer. L’auteur y voit le résultat de l’impuissance d’un état qui a fini par déléguer tous ses pouvoirs en la matière à des institutions internationales et à des juges, et de l’intoxication du débat public par de prétendus experts qui ont quitté le terrain de la connaissance basée sur les faits au profit de celui du dogme. Ces experts, dont l’attitude frise parfois l’obscurantisme, nous dit-il, « travaillent souvent à « convertir » l’opinion publique plutôt qu’à l’informer ».

Le propos sur l’impuissance de l’état n’est pas extrêmement original, mais il a le mérite de retracer l’historique de ce délitement et d’être étayé avec des données et des exemples plus récents. On en arrive ainsi à des décisions absurdes telles que cette décision de 2025 de la Cour européenne des droits de l’homme enjoignant à la France de suspendre l’expulsion vers l’Algérie de Kamel D., ressortissant algérien précédemment condamné pour des actes de terrorisme, en estimant que son passé terroriste faisait de lui une cible potentielle des renseignements algériens… Il faut donc croire que le fait d’avoir été condamné pour terrorisme devient un motif de protection contre le renvoi du territoire, au mépris du principe général du droit qui veut que nul ne devrait pouvoir se prévaloir de ses turpitudes.

Autre exemple de décision absurde : pendant la crise sanitaire alors que tout le pays était à l’arrêt et que les citoyens français étaient assignés à résidence à leur domicile, le Conseil d’état s’est opposé à toute restriction à l’entrée de demandeurs d’asile, qui pouvaient continuer à franchir librement la frontière française.

Pour conclure

Au total, l’ouvrage de Nicolas Pouvreau-Monti est une mine d’or sur la question migratoire. À ce titre, il devrait intéresser tous ceux qui se préoccupent de l’avenir de notre pays, et il devrait constituer une lecture incontournable pour tous ceux qui aspirent aux responsabilités.

L’immigration est un élément clé des discours des tenants de la religion diversitaire, et le système migratoire profite à une frange – certes minoritaire mais influente – de la population et de la société civile : associations subventionnées, hiérarques et employés d’un état-providence devenu obèse et incapable de se cantonner à ses missions essentielles, patrons du bâtiment et des services ravis de pouvoir alimenter par l’immigration « l’armée de réserve du capital » et ainsi comprimer les salaires, bourgeois-bohèmes trop heureux de pouvoir se faire livrer à domicile ou faire garder leurs enfants par des africains payés au lance-pierres… On peut donc s’attendre à ce que, par idéologie ou par intérêt, des officines progressistes tentent de décrédibiliser l’ouvrage.

Certes, les statistiques, fussent-elles élaborées et produites avec la plus grande rigueur (ce qui est le cas des statistiques officielles telles que celles mobilisées par Nicolas Pouvreau-Monti dans cet ouvrage), n’admettent jamais une interprétation univoque : d’autres statistiques, produites avec la même rigueur, peuvent ensuite conduire à nuancer le discours et parfois même venir le contredire. Nicolas Pouvreau-Monti n’appelle d’ailleurs pas à clore le débat mais à l’ouvrir, en particulier à l’occasion du « grand moment de conversation nationale » que va représenter l’élection présidentielle de 2027. Mais en s’appuyant sur des données solides, en n’omettant d’analyser aucune dimension importante du phénomène migratoire, et par la profondeur et la rigueur de son analyse, Nicolas Pouvreau-Monti a placé la barre très haut pour ses contradicteurs, il a en quelque sorte magistralement inversé la charge de la preuve.

Article paru sur Polémia, cliquez ici

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Un exemple concret de la faillite de la pensée écologiste hors-sol : Zéro déchet, zéro client : le « Super tout nu » de Rennes baisse le rideau après cinq mois

Qu'est-ce que la vente en vrac ? Quels produits acheter en vrac ?

Yann Vallerie

Il aura vécu cinq mois, montre en main. Ouvert le 11 décembre 2025 au 5 rue de la Chaussée, au nord de Rennes, le premier magasin du Grand Ouest de l’enseigne « Le Super tout nu » baissera définitivement le rideau le 9 mai 2026. Sept salariés, son responsable David Séné compris, rejoignent la cohorte des licenciés économiques du zéro déchet. L’enseigne, elle, se replie sur des « corners » logés dans deux Intermarché rennais — ce qui, dans l’histoire du commerce, n’est jamais tout à fait un signe de vitalité.

Deux faillites en deux ans, au même numéro de rue

L’anecdote serait cocasse si elle ne coûtait pas, à chaque fois, quelques emplois. Le local du 5 rue de la Chaussée n’en est pas à son coup d’essai dans le registre de l’échec vertueux. Il abritait auparavant un « Day by day », enseigne de vrac elle aussi, également rattachée au même responsable, et qui avait déjà rendu les armes en 2025. On a donc cédé un magasin zéro déchet à bout de souffle à une autre entreprise zéro déchet, qui a tenu cinq mois de mieux. À ce rythme, la prochaine tentative ne devrait pas dépasser le trimestre.

Interrogé, le responsable ne prend pas de gants : l’ouverture avait été « mal calculée ». Formulation diplomatique pour dire qu’on avait lancé une affaire sans en vérifier la viabilité. On appréciera cette candeur, rare dans le monde merveilleux des start-ups de l’impact. Dans l’économie réelle — celle des boulangers, des garagistes, des éleveurs — un entrepreneur qui ouvre un commerce sans avoir étudié son marché met sa famille à la rue en six mois. Dans l’économie parallèle des enseignes à mission, il « se restructure », « pivote », et communique sur sa « nouvelle étape » dans un post Facebook ponctué d’émojis.

Un modèle économique qui ne tient pas, et pour cause

Le diagnostic posé par le responsable lui-même vaut tous les éditoriaux économiques. Le bocal en verre, pierre angulaire du système, implique une logistique « lourde », « contraignante », et suppose un client prêt à remplir son coffre de récipients fragiles pour faire trente kilomètres. Il suppose aussi — détail qu’on préfère tu, en général, dans les campagnes publicitaires — un client dont le portefeuille peut absorber des prix situés entre Carrefour et Biocoop, selon les termes mêmes utilisés par l’enseigne lors de son lancement.

Or un tel client existe. Il existe même en nombre suffisant pour justifier l’ouverture de trois ou quatre magasins dans les centres-villes huppés de Paris, de Lille, de Bordeaux ou de Toulouse. Mais il ne constitue pas, tant s’en faut, une base consommatrice viable pour une grande surface. La France qui travaille, celle qui fait le plein le lundi matin en calculant au centime près, celle qui arbitre chaque semaine entre la facture d’énergie et la cantine scolaire, n’a ni le temps, ni le budget, ni l’envie de transvaser son quinoa bolivien dans un bocal consigné en revenant du boulot à 19h30. Le responsable l’avoue, en substance, dans un moment de lucidité : entre un paquet de pâtes chez Leclerc et un bocal de pâtes écoresponsable à 1,80 euro de plus, le consommateur médian met l’essence dans sa voiture. On ne saurait mieux dire.

Le modèle reposait sur une classe sociale, pas sur un marché

C’est là tout le nœud du problème, et c’est ce que les prospectus ne disent pas. Ces enseignes ne s’adressent pas à « la population » : elles s’adressent à une fraction très spécifique de cette population — celle qui dispose à la fois du revenu disponible, du temps libre et de la disposition idéologique nécessaires pour convertir ses courses hebdomadaires en acte militant. Elles se développent donc dans les quartiers où cette fraction est suffisamment dense : quelques arrondissements centraux, quelques rues piétonnes bien blanchies de leurs classes populaires, quelques écoquartiers neufs à proximité des lignes de métro.

Dès qu’on sort de cette bulle, le modèle s’effondre. Rennes, pourtant étudiante et plutôt favorable aux enseignes bio, n’a même pas suffi. Que se serait-il passé à Pontivy, à Quimper, à Saint-Brieuc ? Rien. Le magasin n’aurait jamais ouvert, c’est tout. Et c’est précisément ce qui rend ces entreprises si peu intéressantes au fond : elles prétendent proposer une alternative au modèle de consommation dominant, mais elles ne sont viables qu’au sein d’un microcosme qui est lui-même un pur produit de ce modèle — les métropoles bien desservies, les cadres à fort pouvoir d’achat, les centres-villes muséifiés.

Dans l’intervalle, sept personnes perdent leur emploi. Ce sont eux, évidemment, qu’on remarquera le moins. Les start-ups suivantes répéteront les mêmes erreurs, parce qu’elles vivent non pas du marché mais d’un écosystème d’investisseurs qui finance l’idée avant de regarder les comptes.

Ce que cette histoire nous dit vraiment

Derrière l’anecdote rennaise, il y a un enseignement plus vaste : la grande fable écologique occidentale, telle qu’elle est vendue depuis deux décennies, n’a jamais été pensée pour fonctionner à l’échelle d’un peuple. Elle a été pensée pour une clientèle de niche — urbaine, aisée, disponible, imprégnée des bons codes — à qui l’on vend à la fois un produit et une identité. Le reste de la nation, qui voudrait par ailleurs manger sainement et consommer intelligemment, n’a simplement pas les moyens ni l’infrastructure pour accéder à ce rêve. Et quand le rêve cherche à sortir de son quartier natal, il meurt en cinq mois.

La véritable écologie — celle qui mériterait ce nom — passerait par une réindustrialisation de proximité, une agriculture paysanne soutenue, une relocalisation massive des circuits, une alimentation de saison produite par nos campagnes. Pas par des bocaux consignés vendus au prix fort à des cadres du tertiaire qui les transportent en SUV hybride. Entre le « Super tout nu » et une coopérative rurale bretonne qui vend du cidre et des légumes au marché de Pontivy, on sait lequel des deux nourrit vraiment une civilisation. Et lequel des deux ne ferme pas au bout de cinq mois.

Article paru sur Breizh-Info, cliquez ici

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lundi, 27 avril 2026

Rapport sur l’audiovisuel public, le devoir de transparence

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Gaëtan de Capèle

Pendant des semaines, une commission d’enquête parlementaire a ausculté le fonctionnement de l’audiovisuel public sous toutes ses coutures. Les questionnements rugueux de son rapporteur, ses partis pris, son utilisation intempestive des réseaux sociaux peuvent naturellement prêter le flanc à la critique. Ils sont d’ailleurs, sans surprise, exploités par tout le système qu’il a mis à nu, pour tenter de décrédibiliser ses travaux.

Mais, quoi que l’on pense de ses méthodes, Charles Alloncle s’est réellement plongé dans le dossier, en s’appuyant sur une solide documentation, d’ailleurs en partie fournie par des sources internes au paquebot de la télévision publique, qui n’a pas toujours brillé par sa transparence. Une fois n’est pas coutume, il a ainsi été possible de mettre sur la table, dans le cadre solennel du Parlement, tous les sujets qui fâchent au cours d’entretiens menés avec pugnacité. S’agissant d’une entreprise publique à laquelle les contribuables consacrent chaque année 4 milliards d’euros, on ne voit pas où est le scandale.

Les discussions ont notamment permis de mettre en cause le bon usage de cette masse considérable d’argent public, comme l’avait déjà fait la Cour des comptes dans un rapport particulièrement sévère. Comme par hasard, la direction de France Télévisions s’est empressée d’annoncer un plan d’économies au beau milieu des débats. Les discussions ont aussi donné l’occasion de demander des explications sur l’existence de placards dorés, sur l’omniprésence de sociétés de production extérieures, sur les bonnes affaires d’animateurs vedettes ou encore sur les biais idéologiques manifestes d’émissions en prime time. Chacun a eu la possibilité de s’expliquer, et même parfois de s’offrir le plaisir d’un esclandre public.

Que ce coup de pied dans la fourmilière ne soit pas du goût d’un milieu davantage enclin à s’autoprotéger qu’à rendre des comptes n’étonnera personne. Mais qu’une vaste offensive de pilonnage puisse conduire à enterrer le rapport issu de cette commission d’enquête, suivie par des centaines de milliers de personnes, serait inacceptable.

Source : Le Figaro 27/4/2026

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dimanche, 26 avril 2026

UN GRAND ENTRETIEN AVEC MICHEL FESTIVI, AUTEUR DU CAHIER D'HISTOIRE DU NATIONALISME CONSACRÉ AUX PHALANGES ESPAGNOLES, SUR BREIZH INFO

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« Le national-syndicalisme espagnol fut radicalement à part » : Michel Festivi raconte l’histoire des Phalanges 

Source Breizh info cliquez ici

Figure régulière de Synthèse nationale et auteur d’une œuvre déjà conséquente sur l’histoire de l’Espagne contemporaine — dont une biographie de Miguel Primo de Rivera et un ouvrage sur la guerre civile, L’Espagne ensanglantée —, l’historien Michel Festivi publie cette fois une synthèse consacrée aux Phalanges espagnoles, dans la collection « Les Cahiers d’histoire du nationalisme » dirigée par Roland Hélie.

Un volume de 150 pages, accessible au grand public, qui retrace la genèse, la trajectoire et l’héritage de ce mouvement national-syndicaliste né dans l’effervescence des années 1930, autour des figures fondatrices de Ramiro Ledesma Ramos, Onésimo Redondo et José Antonio Primo de Rivera. Pour Breizh-Info, l’auteur revient sur la spécificité de cette « troisième voie » à l’espagnole, profondément marquée par le catholicisme, le castillanisme et l’héritage impérial, mais aussi sur le destin tragique d’un courant que l’unification franquiste finira par broyer.

L’occasion également d’éclairer, à la lumière de l’histoire, les lignes de fracture d’une Deuxième République qui portait en elle, selon plusieurs historiens et des témoins républicains eux-mêmes, les germes du chaos, et d’évoquer les lois mémorielles voulues par l’actuel gouvernement de Pedro Sánchez pour imposer une lecture officielle de cette période. Entretien (passionnant).

Breizh-info.com : Les Phalanges espagnoles est votre cinquième livre, et le quatrième consacré à l’histoire contemporaine de l’Espagne. Qu’est-ce qui vous a poussé, cette fois-ci, à centrer un ouvrage spécifiquement sur l’histoire des Phalanges — Las JONS, la Falange Española, puis leurs avatars successifs ? Quel vide cherchait-il à combler dans la bibliographie francophone ?

Michel Festivi : C’est en réalité mon 6e ouvrage consacré à l’histoire de l’Espagne. Pour être honnête, c’est Roland Hélie, le directeur de Synthèse nationale, qui publie un blog quotidien et une revue trimestrielle au titre éponyme, dans lesquels je collabore régulièrement, qui m’a demandé, pour sa collection « les Cahiers d’histoire du nationalisme », d’écrire cette histoire des Phalanges espagnoles. C’est donc le numéro 32 de ces Cahiers. J’ai accepté d’autant plus volontiers, que cela complète parfaitement je crois, ce que j’ai déjà écrit sur cette période, et à chaque fois, Breizh info m’avait accordé un entretien, ce dont je l’en remercie vivement. Ce n’est pas tant un vide que je cherchais à combler, car Arnaud Imatz, l’un de mes préfaciers sur ma biographie de Miguel Primo de Rivera, a écrit une œuvre considérable sur José Antonio et le national-syndicalisme (1). Le regretté Jean Claude Valla avait aussi publié un opuscule sur Ledesma Ramos (2), et feu Olivier Grimadi, un cahier sur José Antonio (3). Mais Roland Hélie souhaitait une synthèse actualisée sur l’histoire de ces phalanges, accessible au plus grand nombre.

Breizh-info.com : Vous évoquez en introduction l’onde de choc provoquée par la Première Guerre mondiale et l’émergence du bolchévisme léniniste, qui vont bouleverser la scène politique italienne, allemande, puis espagnole. Pourquoi l’Espagne, restée pourtant neutre durant le premier conflit mondial, a-t-elle été à ce point traversée par ces bouleversements idéologiques au cours des années 1920-1930 ?

Michel Festivi : Aucun pays européen n’a été épargné par les bouleversements considérables qu’ont provoqué les désastres matériels, humains et économiques de la 1ere guerre mondiale, ainsi que l’arrivée du bolchévisme en Russie fin 1917, qui entendait s’étendre au monde entier, par son bras armé de la IIIe internationale à partir de 1920. L’historien allemand Ernst Nolte, les italiens Emilio Gentile ou Renzo de Felice, ont chacun en ce que les concerne, largement approfondi et documenté cela, en explicitant comment les fascismes allemand ou italien ont été une « réaction » de défense contre l’internationalisme communiste, par la mise en exergue de la nation comme point d’ancrage. Certes ce fut en premier lieu, les vaincus de cette guerre, ou ceux qui ont vu leur victoire « mutilée » qui en ont subi le choc le plus fort. Mais la Roumanie, la Grèce, la Bulgarie, la Hongrie, la Croatie ont été traversées par des mouvements « fascistes » ou apparentés. Aucun pays n’a été épargné et même la France avec dans les années 1925/1927, un mouvement comme le faisceau de Georges Valois (4). L’Espagne connut elle aussi, ce phénomène très particulier, qui voulait affirmer une synthèse nouvelle, une troisième voie, pour dépasser le capitalisme et le socialisme, surtout après la crise de 1929, qui pourtant fut bien moins importante qu’en Allemagne par exemple. Neutre pendant cette guerre « européenne », L’Espagne souffrit une crise grave en 1917, qui fut matée par l’armée et connaissait d’autres déséquilibres économiques et sociaux, qui pouvait la rendre apte à cette recherche d’une 3e voie.

Breizh-info.com : Le national-syndicalisme espagnol se présente comme une « troisième voie » entre capitalisme libéral et socialisme marxiste. En quoi cette proposition espagnole se distinguait-elle, dans sa doctrine économique et sociale, du fascisme italien de Mussolini ou du national-socialisme allemand ? Peut-on parler d’une spécificité hispanique réelle, ou s’agissait-il d’une simple adaptation locale de modèles étrangers ?

Michel Festivi : Ce qu’il faut bien comprendre, et c’est ce que j’ai tenté de faire valoir dans cet ouvrage, c’est la spécificité de chaque nation, de chaque histoire nationale. Chaque trajectoire historique a été et est profondément différente. De là des particularités très éloignées les unes par rapport aux autres. L’Espagne avait été un très grand pays-empire aux XVIe et XVIIe siècle. Son histoire est radicalement différente de celle de l’Allemagne et de l’Italie, états des plus récents. Sous Charles Quint, Philippe II et plusieurs de leurs successeurs, le soleil ne se couchait jamais sur l’Espagne et ses possessions américaines, africaines, asiatiques. Cela a laissé des traces indélébiles, tout comme la Reconquista sur les mahométans, qui a forgé l’État espagnol, si différent de notre État national français par exemple. Donc le national-syndicalisme fut radicalement à part, comme troisième voie, avec ce qui a pu se passer en Allemagne ou en Italie, où de plus, là-bas, il prit le pouvoir, fascisme en Italie, national-socialisme en Allemagne, car en plus des singularités inhérentes à chaque pays, les hommes jouèrent un rôle capital. Mais bien sûr ceux qui en Espagne, tenteront « de conquérir l’État », s’en inspireront même s’ils entendaient prendre une trajectoire spécifiquement espagnole, comme leurs déclarations le prouvent.

Breizh-info.com : Vous accordez une place importante à Ramiro Ledesma Ramos et Onésimo Redondo, fondateurs desJuntas de Ofensiva Nacional-Sindicalista, souvent éclipsés dans la mémoire collective par la figure rayonnante de José Antonio Primo de Rivera. Quel rôle exact jouent Ledesma Ramos et Redondo dans la genèse intellectuelle du mouvement, et pourquoi leur héritage demeure-t-il aujourd’hui moins commenté ?

Michel Festivi : Tout a commencé en Espagne par ces deux hommes. José Antonio vient après. Comme souvent en histoire, on ne retient que le dernier arrivé et qui emporte toute la mise. Car José Antonio avait une aura exceptionnelle. Mais ce sont véritablement Ramiro Ledesma Ramos et Onésimo Redondo qui ont posé les bases théoriques du national-syndicalisme. L’un à Madrid, avec son hebdomadaire La Conquista del Estado, dès 1931. L’autre un peu avant d’ailleurs à Valladolid, avec Las Juntas Castellanas de Actuation hispanica et un hebdomadaire Libertad, qui ne disparaîtra qu’en 1979. C’étaient à la fois des intellectuels brillants, et des personnes passionnées par l’action. Ils avaient le même âge et étaient très jeunes, 27 ans en 1931. Le premier était diplômé de philosophie et de Lettres, et parlait parfaitement l’allemand ; le second, licencié en droit fut lecteur d’espagnol à l’université de Mannheim. C’est d’ailleurs une constante de tous ces phénomènes « fascistes » ou proto-fascistes, le culte de la jeunesse et de la modernité. Ils se sont rapidement réunis pour former las JONS. Puis ils s’associeront avec José Antonio, puis ils se sépareront.

Breizh-info.com : Vous soulignez les trois ingrédients spécifiquement espagnols qui viennent colorer cette aventure politique : l’hispanisme, le catholicisme et le castillanisme. Comment ces trois éléments interagissent-ils dans la pensée phalangiste, et dans quelle mesure rendent-ils le national-syndicalisme espagnol irréductible à ses cousins européens ?

Michel Festivi : Votre question contient quasiment toute la réponseL’histoire de l’Espagne ne ressemble en rien à celles des autres nations européennes, je l’ai indiqué. L’hispanisme apporte une touche particulière d’universalité. Le catholicisme a irrigué profondément la vie politique et sociale de l’Espagne, alors que désormais on sait que le fascisme mussolinien, mais surtout le nazisme allemand, étaient profondément anticatholique. L’Église italienne, par sa force spirituelle et avec le concours de la Papauté a réussi, par les accords du Latran de 1929 à conserver une partie de ses prérogatives, non sans difficultés. Mussolini aurait voulu que tout s’organise autour des mouvements de jeunesse fascistes. Mais en Allemagne, le protestantisme va devenir une religion d’État, à de rares exceptions près, et le catholicisme va être broyé par le nazisme, et les premiers résistants allemands à Hitler, seront bien souvent catholiques, comme le mouvement de la Rose blanche à Munich, avec Sophie et Hans Scholl. Le castillanisme a été la base de la Reconquête et de la consolidation de l’État espagnol, et après la grave crise intellectuelle et morale de 1898, c’est sur le castillanisme et la Castille, que vont s’appuyer les intellectuels espagnols, comme Miguel de Unamuno ou les frères Machado, Azorin ou Perez de Ayala, pour tenter de régénérer le pays. Au moment où va s’implanter en Espagne, le national-syndicalisme, la IIème république se met en place, et les chefs des gauches qui dominent le pays vont s’attaquer frontalement à l’Église et à ses institutions. Le national-syndicalisme est donc une synthèse de toutes ces histoires, et puis il faut rajouter un zeste d’anarchisme, très présent alors en Espagne, notamment en Catalogne et au Levant, aussi en Andalousie. Beaucoup d’anarchistes rejoindront les JONS et le syndicat phalangiste CONS n’aurait pas existé sans l’apport des anarchistes et des communistes en rupture de ban.

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France à droite, élites à gauche

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Le titre de la chronique de Pascal Praud dans le Journal du dimanche résume tout. La France est politiquement à droite comme viennent de le confirmer les récentes élections municipales. Mais le Français a encore quelque chose de Normand, il hésite entre un mortel ni oui ni non ? Faute d’avoir engagé la guerre culturelle, la droite française – je parle de celle des urnes -, est à la traîne d’une pensée de gauche qui fait de jour en jour la démonstration de sa faillite. Et Vincent Bolloré est l’un des rares à l’avoir compris quand ces idiots du patronat invitent avec des pincettes le premier parti de France, le Rassemblement national. Qu’on l’aime ou pas, il mène la danse. Notre drame : être cerné par la bêtise !

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Source : Journal du dimanche, 26/4/2026

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samedi, 25 avril 2026

Uber Eats, Deliveroo : la justice va-t-elle enfin soulever le tapis sous lequel la bobosphère cache ses esclaves immigrés ?

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Yann Vallerie, Breizh info cliquez ici

Il faut se réjouir. Une fois n’est pas coutume, l’appareil judiciaire s’intéresse à quelque chose d’utile. Le 23 avril, une plainte pénale pour « traite d’êtres humains » a été déposée devant la procureure de la République de Paris contre Deliveroo et Uber Eats, portée par plusieurs collectifs de livreurs la Maison des livreurs de Bordeaux, la Maison des coursiers à Paris, les associations Amal et Ciel — et par l’avocat Thibault Laforcade. Une démarche inédite en France. Mise en demeure additionnelle pour « discrimination algorithmique ». Action de groupe en ligne de mire. On voudrait que chaque plainte fasse autant de bruit. On voudrait surtout que chaque plainte, cette fois, aille jusqu’au bout.

Un chiffre qui dit tout

98% de ces livreurs sont nés à l’étranger. 64% n’ont pas de titre de séjour. Ils pédalent soixante-trois heures par semaine pour 1420 euros brut — quand les courses ne les paient pas trois euros net pour vingt kilomètres dans la nuit parisienne, à contre-sens de bus et sous l’averse, avec un sac isotherme qui leur scie les épaules et un smartphone qui leur hurle le prochain ordre. Les accidents sont massifs, les troubles urinaires généralisés — car on n’a pas le temps d’aller aux toilettes quand l’algorithme vous déconnecte — les douleurs chroniques banales. L’Anses avait tiré la sonnette d’alarme dès mars 2025. Personne n’a bougé. Un sentiment d’impunité totale pour les patrons.

Il a raison : depuis dix ans, ce système s’est installé dans nos villes avec l’aplomb des choses acquises, sous l’œil bienveillant des pouvoirs publics et la gloutonnerie béate de ses clients.

Qui profite, exactement ?

Il faut poser la question qui brûle les lèvres et que personne, dans la grande presse, ne pose : qui commande, le soir, à l’heure où ces hommes pédalent pour trois euros sous la pluie ? Qui signe, d’un index nonchalant sur une application, l’ordre qui les lance dans la circulation ? Ce ne sont pas les ouvriers des usines fermées du Nord. Ce ne sont pas les retraités de la campagne du Morbihan qui se cuisinent un ragoût. Ce ne sont pas les familles populaires qui travaillent à pas d’heure et qui savent, elles, ce que vaut un salaire gagné à la sueur du corps.

Non. Les clients, ce sont eux : les cadres supérieurs de la métropole, les diplômés des grandes écoles de management, les communicants, les créatifs, les consultants, les « talents » — comme ils se désignent eux-mêmes avec une coquetterie de classe que le marxiste Bourdieu n’aurait pas reniée.

Eux et leurs compagnes artistes, et leurs copains étudiants, communicants, etc qui se font livrer chaque soir parce qu’ils ne savent plus faire cuire une pomme de terre, parce que faire des courses « prend trop de temps », parce que leur week-end à Lisbonne les a épuisées. La bobosphère parisienne et ses répliques provinciales. La classe qui a voté Macron deux fois en se pinçant le nez, qui flirte aujourd’hui avec une gauche de salon dont toute la radicalité consiste à poster le bon hashtag pendant qu’un Malien lui monte son pad thaï au cinquième étage sans ascenseur.

L’immigration, ce grand mensonge de la gauche urbaine

Tout l’édifice idéologique de cette classe repose sur un bluff monumental : celui de l’immigration « richesse pour tous ». Or l’immigration de masse ne profite qu’à deux catégories, strictement. D’abord aux patrons qui y trouvent une main-d’œuvre docile, sans papiers donc sans recours, interchangeable, impossible à syndicaliser — le rêve humide du capitalisme tardif. Ensuite à cette bourgeoisie métropolitaine qui vote à gauche et qui achète le confort domestique — la livraison, la garde d’enfant, le ménage, le chauffeur Uber — à des tarifs impensables si ces services étaient rendus par un Français payé dignement. Le reste du pays, lui, paie : en services publics saturés, en logements raréfiés, en salaires tirés vers le bas, en cohésion nationale pulvérisée.

Cette bourgeoisie urbaine se paie en prime le luxe moral d’être gauchiste. Elle vote écologie ou LFI en s’envolant trois fois l’an pour Bali. Elle se dit antiraciste en ne fréquentant aucun Africain autrement que par le judas de son interphone, quand elle ouvre la porte pour saisir son sushi-pokebowl. Elle dénonce l’exploitation capitaliste tout en cliquant, le soir, sur l’application même qui la met en œuvre sous son nez.

Le même type qui commande sa coke

Et pendant qu’on y est, tant qu’à gratter la couche de vernis, lisons ce tableau jusqu’au bout. Cette même petite bourgeoisie, qui se fait livrer ses noodles végétariens par des livreurs sans-papiers, est aussi celle qui « sniffe un peu » les vendredis soir entre amis, qui appelle « son dealer » comme d’autres appellent leur ostéopathe, et qui alimente par son nez les cartels colombiens, mexicains, les massacres dans les favelas brésiliennes et les règlements de comptes à la kalachnikov dans les cités marseillaises. Le même individu, en une même soirée, finance une chaîne logistique d’exploitation humaine et une guerre de gangs meurtrière à dix mille kilomètres. Il ne s’en émeut pas. Il se dira de gauche, pourtant. Il partagera une infographie sur la souffrance animale entre deux rails.

Que crève ce modèle

Il y a dans la décision de ces associations une justice élémentaire, presque physique. Leur plainte, leur mise en demeure, l’action de groupe qui se profile, le texte européen adopté en novembre 2024 qui doit requalifier cinq millions et demi de travailleurs de plateformes : tout cela converge vers une conclusion, et il faut la prononcer clairement. Ce modèle doit disparaître. Pas être réformé, pas être « encadré », pas être « amélioré ». Disparaître. Comme doit disparaître, avec lui, l’idéologie qui l’a rendu possible : cette fiction d’une société fluide, connectée, où le travail humain se dématérialise en un service instantané délivré à domicile, et où l’on peut prétendre à la vertu morale tout en vivant sur le dos d’un prolétariat importé et invisibilisé.

Une civilisation digne de ce nom ne se nourrit pas de la misère des autres. Elle ne sous-traite pas ses tâches fondamentales — cuisiner, élever, transporter, soigner — à une main-d’œuvre qu’on fait venir du bout du monde pour la payer au lance-pierres. Une nation qui se respecte mange ce qu’elle cuisine, cuisine ce qu’elle achète, achète ce que ses propres paysans produisent, et rémunère dignement ceux qui la servent. Ce n’est pas un programme politique. C’est du bon sens. C’est ce qu’on appelait autrefois, sans rougir, la civilisation.

Que cette plainte aille au bout. Que la jurisprudence tombe. Que Deliveroo, Uber Eats et leurs clones disparaissent, et ne restent dans la mémoire entrepreneuriale que de la façon suivante : celui des entreprises dont la seule évocation, un jour, fera honte.

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mercredi, 22 avril 2026

Non à la loi Yadan ! Abrogeons les lois liberticides !

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Alors que la loi Yadan est au cœur de l’actualité politique, Jean-Yves Le Gallou dénonce une nouvelle étape dans la dérive liberticide à l’œuvre en France. À travers la loi Yadan, il alerte sur l’effacement progressif de la liberté d’expression.

Polémia

1. L’Assemblée nationale va se prononcer le 16 avril 2026 sur la proposition de loi Yadan. De quoi s’agit-il ? D’un texte à la rédaction alambiquée (et donc susceptible des pires interprétations) visant à interdire les propos mettant en cause l’existence d’un État (l’auteur du texte pense à Israël en l’occurrence) ou l’assimilation des actes de guerre de l’État hébreu à un « génocide ». Un texte qui va jusqu’à inquiéter certains fervents défenseurs d’Israël qui craignent de se voir interdire la contestation de l’existence de la Palestine, reconnue comme État par le gouvernement français.

2. En fait, le problème avec les lois liberticides, c’est qu’elles déclenchent des conséquences catastrophiques selon une logique bien connue des sociologues : « Effets sociaux, effets pervers » de Raymond Boudon ou le principe d’hétérotélie analysé par Jules Monnerot.

3. Prenons la loi Pleven de 1972 : elle vise à lutter contre le racisme, l’antisémitisme et les « discours de haine ». Que de belles et bonnes intentions ! À l’époque — les années 1960/1970 — des Européens d’origine chrétienne, des Français juifs, des Antillais et des étrangers issus de l’immigration extra-européenne vivaient plutôt en bonne intelligence dans les banlieues. Plus de 50 ans plus tard, beaucoup de juifs et de chrétiens ont dû quitter la Seine-Saint-Denis, rendue invivable à leurs yeux par le #GrandRemplacement démographique. Et le racisme anti-blanc comme l’antisémitisme prospèrent sur un vaste vivier de populations issues du monde musulman et/ou africain. C’est le white flight. Or ce qui a rendu cette immigration massive, c’est précisément la loi Pleven qui a criminalisé toute analyse critique de l’immigration, en condamnant judiciairement et socialement intellectuels, journalistes et politiques exprimant une opinion critique sur l’immigration, et en conduisant l’immense armée des lâches et des prudents à prôner l’impossible vivre-ensemble depuis leurs réserves des beaux quartiers.

4. Inspirée par le communiste Jean-Claude Gayssot, la loi éponyme de 1990 réprimant la contestation des crimes contre l’humanité a pris pour référence le jugement du Tribunal pénal international de Nuremberg. Cela a débouché sur une concurrence mémorielle qui a accouché de nouvelles lois encadrant le débat public sur l’esclavage et la colonisation : points d’appui de la pensée décoloniale débouchant sur la légitimation du racisme anti-blanc ou sur l’encouragement à la destruction de l’État d’Israël, présenté comme le dernier État colonial. Bingo !

5. Couplée avec le développement des réseaux sociaux, cette pyramide de lois liberticides encourage le développement d’une chasse aux sorcières à propos de tout propos susceptible d’être qualifié de « raciste », « xénophobe », « antisémite », « homophobe », « handiphobe », « transphobe », « masculiniste ». Lors des campagnes politiques, mais aussi dans les médias et surtout dans les administrations et les entreprises, c’est l’enfer de la délation. Quelle belle société que voilà, où chacun traque les moindres propos — même humoristiques — de son voisin dans l’espoir de prendre sa place !

6. Il y a plus grave encore. La force de la civilisation européenne, c’est le libre débat. C’est la parrhesia des Grecs, c’est la disputatio des thomistes au Moyen Âge, ce sont les académies de la Renaissance. C’est ce qui a permis la démocratie et l’essor des sciences : en dehors des dogmes religieux, il ne peut y avoir de vérité sans libre confrontation des opinions. En multipliant les lois liberticides et en s’éloignant de ces canons intellectuels, la France et l’Europe s’engagent dans une régression civilisationnelle. Ressaisissons-nous. Retrouvons l’esprit des libertés.

7. Échappons à l’enfer totalitaire qui se prépare à coups de poursuites judiciaires, de perquisitions, de gardes à vue, d’interdiction de détention d’armes et pourquoi pas de prison ferme pour de simples délits d’opinion.

Jean-Yves Le Gallou

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mardi, 21 avril 2026

Xavier Eman met en scènes la fin d’un monde

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Camille Galic a lu avec délectation le nouvel ouvrage de Xavier Eman. Accrochez-vous car tout le monde en prend pour son grade !

Polémia

Aussi drôle que cruel

« Pressons-nous de rire de tout, de peur d’être obligés d’en pleurer… », préconisait Beaumarchais. Sage conseil que suit Xavier Eman dans ses chroniques d’Éléments dont il est le rédacteur en chef adjoint, en même temps que rédacteur en chef de Livr’Arbitres. Même si son rire est parfois proche des larmes, de rage ou de désespoir, devant le spectacle maintenant offert par l’homo — ou plus exactement le iel — occidentalis en général et français en particulier.

Sous le titre désenchanté de Une fin du monde sans importance, tome III, une trentaine de ces courts textes vient d’être publiée. S’agit-il de saynètes ou plutôt de fabliaux ? s’interroge le préfacier Alain de Benoist. Cependant que, dans sa postface, Michel Marmin parle d’historiettes dessinées.

Ce qui est aussi mon avis, tant certaines d’entre elles m’ont rappelé les bandes dessinées, aussi drôles que cruelles, où excellait Chard, dont un dessin orne d’ailleurs la couverture de cette Fin d’un monde. Mais on peut aussi évoquer Les Caractères, volume publié en 1688, où Jean de La Bruyère fustigeait non seulement « les mœurs de ce siècle » mais également ses contemporains, nobles, bourgeois ou vilains.

Croquis de ce temps mauvais

Xavier Eman ne fustige pas. Il se borne à camper des personnages — le plus souvent des hommes — dans leur bureau, la rue ou leur intérieur, mais le résultat n’est pas moins dévastateur. Sous sa plume apparemment neutre, mais assassine, apparaissent les vices et la férocité de notre « dictamolle » (ne pas rater les novelettes sur la tyrannie covidiste et ses victimes, d’ailleurs plus collatérales que directes), et les travers, voire les tares, de nos semblables, et parfois de nous-mêmes, car la gauche inclusive et immigrophile, si caricaturale, n’est pas la seule cible de son ironie ravageuse qui n’épargne ni les adultes ni leurs rejetons. En quelques traits, l’auteur fait vivre ces fantoches que leur veulerie, leur conformisme, leur confusionnisme mental, leur refus du réel mais parfois aussi leur obsession complotiste (voir « Résistant !»), peuvent conduire à la mort. Subie ou donnée. Le sel de ces historiettes réside en effet dans leur chute finale.

Conseil d’ami : si, dès une nouvelle lue, on a bien sûr envie d’aborder la suivante, mieux vaut éviter d’engloutir le livre d’une traite mais au contraire le consommer lentement et à petites doses, comme on siroterait un vénérable Middleton — non, il ne s’agit pas de l’illustre Kate princesse de Galles mais d’un pur malt irlandais, l’un des plus chers du monde —, pour en apprécier toutes les saveurs. Et mesurer le désespoir, drapé d’une élégante froideur, qu’inspire à l’auteur l’agonie, qu’on espère réversible, de ce qui fut une civilisation si brillante.

Camille Galic

Une fin du monde sans importance, Vol. 3, Xavier Eman, préface d'Alain de Benoist, postface de Michel Marmin, La Nouvelle Librairie éditions, 218 pages, 14,90€, cliquez ici

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dimanche, 19 avril 2026

Seul Monsieur Bally Bagayoko maire de Saint-Denis, aurait-il donc le droit d’évoquer ses origines soninké ?

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Bernard Lugan
L'Afrique réelle cliquez ici
 
Le 26 mars 2026, au micro de Radio Nova, tout juste élu, Monsieur le maire de Saint-Denis, a porté à la connaissance du public que sa famille est issue de la noblesse malienne soninké et que « l’engagement politique je l’ai dans le sang ».

Certains esprits chagrins ont alors reproché à l’édile élu de la France Insoumise, de revendiquer une « noble » ascendance. Je tiens immédiatement à les rassurer car, se revendiquant en même temps d’une caste de forgerons, il y a par définition antinomie avec la « noblesse ». La société soninké est en effet divisée en castes héréditaires avec, au sommet, les nobles, suivis des castes artisanales (forgerons ou cordonniers) et des esclaves-dépendants. Les forgerons ne sont donc pas considérés comme nobles, même s’ils sont respectés car ils maîtrisent le feu et le travail du fer. Socialement, ils sont inférieurs aux nobles, mais supérieurs aux anciens esclaves-dépendants. La confusion faite par Monsieur Bally Bagayoko vient probablement du fait que les forgerons pouvaient exercer des fonctions de conseil auprès des chefs.

Le but de cette mise au point n’étant pas de traiter de la question du statut social des forgerons chez les Soninké, je peux donc renvoyer ceux qui désireraient approfondir la question à deux publications fondamentales à ce sujet :
 
- Winter, G ; Pollet, E., (1972) Bibliographie de la société soninké. Bruxelles, Institut de sociologie, 1972.
- Dianifaba, L ; Diakho,F., (2024) « L’enclume et ses “pouvoirs” : forger dans la société traditionnelle du Gajaaga ». Temporalités, n° 40, 2024.

Mon propos est tout autre. Il a pour cœur une question : serait-il permis aux décoloniaux de toujours présenter l’homme blanc en faisant référence à ses origines sociales, familiales, politiques, et à son passé historique, tout en interdisant à un historien africaniste de faire de même avec un maire nouvellement élu et qui, de lui-même, sans que la question se soit posée avant ses propres déclarations, a fait état de ses origines soninké ?

C’est pourtant ce que fait le site Mondafrique en publiant une tribune intitulée « Bally Bagayoko sommé de rendre des comptes… à ses ancêtres ». Une tribune qui se veut la réponse à mon analyse en date du 5 avril 2026 intitulée Monsieur le Maire Bally Bagayoko, et sinous parlions de l’esclavage héréditaire chez les Soninké ?

Pour l’intérêt du débat, je publie ici intégralement ma tribune du 5 avril 2026 dont seule une partie avait été mise sur le blog de l’Afrique Réelle, le reste étant réservé aux abonnés à la revue :


Début de l’analyse publiée le 5 avril 2026 par l’Afrique Réelle et primitivement réservée aux seuls abonnés à la revue. 

Monsieur Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, est d’origine soninké. Sa famille vient de la région de Koulikoro au Mali. En pointe dans le discours racialiste revanchard, la question « D’où parles‑tu ? » ne lui a jamais été posée. Elle ne pourrait pourtant qu’être bien acceptée par un proche de la France Insoumise puisqu’elle est née dans les milieux maoïstes et gauchistes des années 1968. Une question qui permet aujourd’hui aux décoloniaux et aux héritiers de Foucault, Bourdieu et Althusser de dresser l’acte d’accusation de l’homme blanc. Une interrogation signifiant pour les déconstructeurs que toute prise de parole est située, socialement, politiquement et historiquement, et qu’elle explique donc le discours et les prises de position. Ce que les anglo-saxons ont défini comme la « théorie du point de vue » (standpoint theory).
 
Alors, d’où « parlez-vous », Monsieur Bally Bagayoko ?

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Le Figaro, la violence et le silence organisé : quand la presse de référence choisit de ne pas voir

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Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées

Je me suis installé au bar des Brisants, à la pointe de Lechiagat, un de ces lieux battus par le vent où les phrases prennent une autre densité. Rien ici ne rappelle le Mar Azul de Buenos Aires, ses voix chaudes, ses gestes larges, ses conversations qui s’enchevêtrent comme des cordages. En Bretagne, le réel cogne. Il ne se laisse ni enjoliver, ni contourner.

Ce matin-là pourtant, j’ouvrais Le Figaro. Une double page entière consacrée à la « flambée des violences » qui rattrape désormais les villes moyennes, à cette « marée qui monte inexorablement en France ». Les chiffres du SSMSI, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, c’est-à-dire l’organisme officiel qui centralise les données de la police et de la gendarmerie, sont là, précis, glacés, incontestablesIls montrent d’abord une accumulation, année après année, des faits de violence et d’atteintes aux biens, une progression qui ne relève plus de l’accident mais d’une dynamique installée. Ils révèlent ensuite un basculement des territoires, les villes moyennes, naguère préservées, rejoignant désormais les grandes métropoles dans les niveaux d’insécurité, comme le souligne l’enquête elle-même. Enfin, ils témoignent d’un déplacement des catégories de la délinquance, avec des faits plus collectifs, plus organisés, plus violents, qui transforment en profondeur la nature même des infractions, phénomène observé jusque dans les prétoires de Bobigny. Tout y est, ou presque.

Il faut lire les deux papiers à la loupe pour mesurer ce qui manque. L’immigration n’apparaît que deux fois, furtivement, comme un élément secondaire que l’on évoque à regret. Jean-Marc Leclerc mentionne Matoury, en Guyane, « sur fond d’immigration illégale et de narcotrafic ». Plus loin, il concède que certaines razzias de pavillons sont le fait de « mineurs issus de l’Est ou du Maghreb ». Puis le texte se referme. Silence organisé, silence construit.

Dans l’article de Paule Gonzalès, ce silence devient une méthode. Elle décrit avec une rigueur presque clinique la transformation du tribunal de Bobigny, l’alourdissement des dossiers, la montée des bandes, l’irruption d’une violence collective qui s’installe dans la durée. Le procureur parle de basculement, les audiences s’étirent jusqu’à l’épuisement, les peines s’allongent. Tout est dit, sauf l’essentiel. Le phénomène est décrit comme s’il naissait de lui-même, dans une sorte de vide sociologique, produit spontané de l’impunité ou du narcotrafic.

Ce n’est plus une omission. C’est une construction.

Jean-Marc Leclerc et Paule Gonzalès ne découvrent pas ces réalités. Ils les côtoient, les documentent, les mesurent. Ils savent. Leur écriture n’est pas ignorante, elle est retenue, calibrée, disciplinée. Elle avance jusqu’au seuil, puis s’arrête. Elle montre sans désigner, elle suggère sans nommer. C’est une forme de censure intériorisée, d’autant plus efficace qu’elle ne dit jamais son nom.

Car enfin, les données existent. Elles ne sont pas secrètes, elles ne sont pas clandestines. Elles proviennent des mêmes institutions que le journal mobilise par ailleurs. Elles disent qu’en France, les étrangers représentent environ 8% de la population, mais près de 17 à 18% des personnes mises en cause par les forces de l’ordre. Cet écart n’est pas marginal, il est constant.

Dans certaines catégories, il devient massif. Les cambriolages de logements, les vols violents, les vols dans les véhicules montrent des proportions qui approchent ou dépassent le tiers des mis en cause. Les tentatives d’homicide, les trafics de stupéfiants, certaines formes de violence de rue présentent également des écarts significatifs. Il ne s’agit pas d’une anomalie ponctuelle, mais d’une tendance structurelle.

Plus encore, la répartition géographique de ces étrangers n’est pas neutre. Une majorité provient du continent africain, avec une forte présence du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Les taux de mise en cause par habitant y apparaissent, selon les infractions, plusieurs fois supérieurs à ceux observés dans la population française dans son ensemble. Ces éléments ne suffisent pas à épuiser l’analyse, mais ils en constituent une donnée centrale.

Or cette donnée centrale disparaît dans l’écriture. Elle est dissoute dans des formulations générales, remplacée par des causes périphériques, diluée dans une sociologie abstraite. L’impunité, la chaîne pénale, la complexification des réseaux, tout cela existe, bien sûr. Mais cela ne saurait tenir lieu d’explication principale lorsque d’autres facteurs, objectivement mesurables, sont systématiquement écartés du récit.

Il y a là moins une erreur qu’un choix. Le choix de ne pas dire, de ne pas relier, de ne pas conclure. Le choix de préserver une frontière invisible entre ce qui peut être écrit et ce qui doit rester implicite. Cette frontière, toute la presse dite de référence la connaît. Elle la respecte avec une constance remarquable.

Dans cette mécanique bien huilée, les noms importent. Jean-Marc Leclerc et Paule Gonzalès signent ces pages, ils en portent donc la charge. Qu’ils s’abritent derrière la prudence, la ligne éditoriale ou l’air du temps n’y changera rien. Un jour, lorsque cette période sera relue avec le recul que donne toujours l’histoire, leurs textes figureront parmi ceux qui auront vu sans dire, décrit sans conclure, approché le réel sans jamais l’affronter. Par crainte d’être disqualifiés, ou par adhésion à un logiciel qui interdit de nommer, ils auront choisi le silence partiel. Et ce choix, qui aujourd’hui se dissimule sous les élégances de l’écriture, ne pourra indéfiniment échapper au jugement.

Je songeais alors à Spengler, pour qui les civilisations finissantes se caractérisent par une perte progressive de la lucidité. Non pas l’ignorance, mais une incapacité à formuler clairement ce que chacun perçoit pourtant. Une fatigue du regard, en quelque sorte. Le Figaro en offre aujourd’hui une illustration presque parfaite, celle d’un journal qui voit tout, décrit beaucoup, mais nomme peu.

Le lecteur, lui, n’a pas besoin de ces précautions. Il voit les transformations à l’œuvre, il les éprouve dans son quotidien, il confronte ce qu’il lit à ce qu’il vit. Et de cet écart naît une défiance croissante, presque irréversible. À force de taire l’évidence, on finit par rendre suspect tout le reste.

Dehors, le vent s’est levé sur la pointe de Lechiagat. Les hommes d’ici savent que la mer ne pardonne pas les erreurs de cap. Encore moins le refus délibéré de regarder l’horizon.

Source Breizh info cliquez ici

10:21 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

mercredi, 15 avril 2026

Dieu reconnaîtra les siens…

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Le nouveau Présent cliquez ici

Après que Léon XIV eut appelé à l’arrêt des combats au Proche et au Moyen-Orient, Donald Trump s’est déclaré « pas fan de ce pape faible et désastreux qui dit n’importe quoi » (domaine dans lequel lui-même est expert) et a posté sur son compte social un portrait de lui généré par l’intelligence artificielle et le montrant dans une position christique.

Ne se considère-t-il pas comme un Sauveur ? « Je ne veux pas d’un pape qui juge acceptable [sic] que l’Iran détienne l’arme nucléaire, je ne veux pas d’un pape qui s’indigne que l’Amérique ait attaqué le Vénézuéla […] Je ne veux pas d’un pape qui se permette de critiquer le président des États-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu, DE FAÇON ÉCRASANTE, à savoir faire baisser la criminalité à des niveaux historiquement bas et créer le plus grand marché boursier de l’histoire », a-t-il explicité le 11 avril sur son réseau Truth Social. Provoquant ainsi une crise avec l’Épiscopat états-unien mais aussi avec son alliée italienne Giorgia Meloni.

Au même moment, son ami Benyamin Netanyadou faisait bombarder dans le Sud du Liban le mausolée de Simon Pierre, construit au premier siècle de notre ère et censé abriter la sépulture de cet apôtre du Christ. C’est la troisième fois que Tsahal cible ce lieu de culte très cher aux chrétiens et dont on ne sache pas qu’il serve de repaire aux chefs du Hezbollah. Non plus d’ailleurs que l’école anéantie par une bombe israélienne le 6 avril à Beyrouth, où l’on a retrouvé plus les corps de plus de 300 civils ensevelis sous les décombres à l’issue de cette seule journée de terreur.

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