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mercredi, 14 janvier 2026

Groenland, l’épreuve de vérité de l’Europe

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Balbino Katz
 
Chroniqueur des vents et des marées
 
Je suis sur les quais du port du Guilvinec, à cette heure grise où les chalutiers larguent les amarres avant que la terre ne reprenne ses droits. La mer, ici, n’est pas un paysage, elle est un appel. Elle pousse vers le large, elle ouvre des routes mentales autant que maritimes. En regardant ces coques sombres glisser vers l’Atlantique, je songe que cette même eau conduit sans rupture jusqu’au Groenland, cette île immense que l’Europe croyait reléguée hors de l’histoire, alors qu’elle en concentre aujourd’hui les tensions les plus vives.

Le Groenland n’a jamais été une terre vierge ni paisible. Bien avant l’arrivée des Danois, les populations originelles qui occupaient l’île furent éliminées ou refoulées par des vagues venues de l’Arctique nord-américain. Les Inuits, tels que nous les connaissons aujourd’hui, ne furent pas les premiers habitants du Groenland, ils furent des conquérants tardifs, porteurs de techniques adaptées au froid extrême, qui supplantèrent les cultures antérieures. Avant eux encore, les Vikings avaient établi des colonies durables sur les côtes méridionales de l’île, bien avant que les Inuits n’atteignent ces latitudes. Cette succession de peuplements violents, de disparitions et de remplacements rappelle que le Groenland n’est pas un sanctuaire anthropologique figé, mais un espace de lutte, de survie et de domination depuis plus d’un millénaire.

Lorsque le Danemark prend officiellement possession du territoire au début du XVIIIe siècle, il ne fait que s’inscrire dans une longue chaîne de prises de contrôle successives. La colonisation danoise se pare d’un discours religieux et administratif, mais elle s’appuie sur une réalité déjà façonnée par la disparition des anciens et par l’installation d’une population venue d’ailleurs. Aujourd’hui, le Groenland a quitté l’Union européenne depuis plusieurs décennies, par crainte de perdre la maîtrise de ses ressources halieutiques, tout en demeurant un territoire relevant du Danemark, pilier de l’Union européenne et membre discipliné de l’Alliance atlantique.

Cette construction juridique fragile se trouve désormais mise à l’épreuve par la volonté américaine. Donald Trump ne dissimule rien de son intérêt pour l’île. Il invoque la sécurité, la présence russe et chinoise dans l’Arctique, la nécessité de protéger le continent nord-américain. L’argument est commode. Depuis les accords de défense du milieu du XXe siècle, les États-Unis disposent déjà au Groenland d’un accès militaire quasi total, bases, radars, liberté d’installation. Aucune menace réelle ne justifie une annexion. Ce qui se joue est d’une autre nature, une logique d’appropriation territoriale, héritée d’un imaginaire impérial que l’Amérique contemporaine croyait avoir dépassé.

Face à cette pression, les Européens découvrent une situation que personne n’avait véritablement envisagée. Un territoire relevant d’un État membre central de l’Union européenne et de l’Otan se retrouve menacé par la première puissance de cette même alliance. Le cadre mental atlantique se fissure. Paris, Berlin et Londres évaluent désormais des scénarios autrefois impensables, non par goût de la confrontation, mais parce que l’inaction créerait un précédent impossible à contenir.

En France, la réflexion militaire s’est accélérée autour des capacités de projection en milieu polaire. L’expérience des opérations extérieures, la maîtrise des environnements contraints, la crédibilité navale (les sous-marins nucléaires d’attaque pèsent ici leur poids d’or) confèrent à Paris une marge de manœuvre réelle. En Allemagne, la prise de conscience est plus tardive mais profonde. Berlin comprend que l’effacement militaire n’est plus tenable dès lors que le territoire européen lui-même devient un objet de convoitise. Le Royaume-Uni, malgré sa sortie de l’Union, se sait directement concerné, car toute remise en cause des équilibres arctiques fragilise l’ensemble de l’Atlantique Nord et, à terme, ses propres possessions et routes maritimes.

Si l’Europe laissait faire, si elle acceptait qu’un fait accompli américain s’impose au Groenland, elle se condamnerait à une incohérence stratégique définitive. Comment prétendre s’opposer demain à d’autres annexions, à d’autres coups de force, si l’on admet aujourd’hui que le plus fort peut redessiner les cartes à sa guise ? Le monde n’obéit pas aux discours, il obéit aux précédents.

Il n’existe pas de solution miraculeuse pour écarter à jamais une prise de possession par la force. Une option demeure pourtant à portée des Européens, prendre les Américains au mot et affirmer concrètement une capacité de défense du territoire. Une présence militaire européenne crédible, unités arctiques, défense aérienne, moyens navals et aériens, transformerait immédiatement l’équation. Une intervention américaine resterait possible, mais elle deviendrait coûteuse, politiquement explosive, et humainement lourde.

Un tel geste offrirait à l’Europe un bénéfice inattendu. Il fournirait le choc psychologique nécessaire pour refonder la relation transatlantique. L’Atlantisme, ce monstre politique né de la défaite en 1945 des puissances continentales européennes, ne survivrait pas intact à une telle épreuve. Carl Schmitt rappelait que tout ordre politique repose, tôt ou tard, sur la désignation claire de l’ami et de l’ennemi. Le Groenland oblige l’Europe à sortir de l’ambiguïté.

Si les États-Unis attaquent et que l’Europe défend, l’équilibre du monde sera modifié. S’ils renoncent face à une présence européenne déterminée, un autre équilibre, plus mental que matériel, se sera imposé. Dans les deux cas, l’Europe cessera d’être un espace administré. Sur le quai du Guilvinec, tandis que les chalutiers disparaissent dans la brume du matin, il devient difficile de nier que la mer, une fois encore, nous intime de choisir entre la soumission tranquille et la responsabilité du large.

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mardi, 13 janvier 2026

De l’illusion institutionnelle à la violence nue, ce que dit la mort d’Alain Orsoni

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Balbino Katz

Chroniqueur des vents et des marées

Il est des morts qui ne se contentent pas de clore une existence et qui ouvrent, par la manière même dont elles surviennent, un chapitre plus vaste, plus sombre, plus révélateur. La disparition de Alain Orsoni appartient à cette catégorie rare et funeste. Abattu d’un tir à longue distance, en plein cimetière, alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère, l’homme emporte avec lui une part de l’histoire corse contemporaine et laisse derrière lui une île contrainte de se regarder sans fard, sans les voiles commodes de l’indignation médiatique.

J’observe cela depuis la Bretagne, avec ce regard d’étranger durable, enraciné sans être indigène, familier sans être du sérail. J’ai des ancêtres corses issus de l’Île-Rousse, mais je ne suis allé dans cette île qu’une seule fois dans ma vie, mû par une curiosité presque intellectuelle, celle de comprendre ce que l’on nomme aujourd’hui le mouvement palatin. Je connais peu la Corse par le corps, mais suffisamment par l’esprit pour discerner ce qu’elle tolère encore, ce qu’elle accepte par lassitude, et ce qu’elle rejette obstinément. Ce que j’y vois désormais, c’est moins un conservatoire de traditions figées qu’un laboratoire politique et humain, souvent en avance sur un continent qui se croit moderne alors qu’il n’est bien souvent que fatigué.

Ce qui s’est produit à Vero ne relève ni de la vendetta ancienne ni même du règlement de comptes ordinaire. On n’avait jamais tué en Corse lors d’obsèques. Pas même aux heures les plus sombres des haines claniques. Le lieu, le moment, la précision du geste introduisent une rupture. Ils disent que quelque chose s’est déplacé, ou peut-être effondré. Tirer à longue distance, en plein jour, lors d’une cérémonie funéraire, suppose des compétences presque militaires, une logistique, un sang-froid qui excluent l’acte isolé. Ce geste ne parle pas le langage politique, il parle celui d’un monde où l’efficacité prime sur le symbole, où l’intimidation devient démonstration de puissance.

La trajectoire d’Alain Orsoni ne se laisse pas enfermer dans une seule catégorie. Fils d’un militant de l’Algérie française, il appartient à cette génération façonnée par les débris encore chauds de l’empire, par le ressentiment, par une certaine idée de l’honneur et de la fidélité. Il passe par le GUD, ce creuset brutal et idéologique où se sont forgés nombre de nationalistes français des années soixante-dix, avant que l’affaire d’Aléria ne l’arrime définitivement à la cause corse. Le nationalisme, chez lui, n’est pas un vernis. C’est une conversion, presque une religion de substitution, avec ses dogmes, ses fidélités, ses aveuglements.

Ceux qui l’ont connu parlent d’un homme hors cadre, d’une intelligence redoutable, d’un tempérament qui refusait les demi-teintes. Pascal Gannat, père de Jean-Eudes, l’a rappelé avec une sobriété douloureuse, qui vaut témoignage plus que commentaire : « Triste nouvelle. La Corse est devenue un pays de mafia. On n’a jamais assassiné en Corse lors d’obsèques, même dans les pires vendetta. J’avais croisé assez régulièrement Alain Orsoni dans ma prime jeunesse, avec et chez des amis communs à Paris. C’était déjà une personnalité hors du cadre social habituel. Plutôt un idéaliste que la vie a happé vers une forme de désespoir. » Cette phrase éclaire autant l’homme que son destin. Orsoni n’était pas un cynique. Il était de ceux que l’Histoire utilise, puis abandonne.

Son parcours épouse les métamorphoses du nationalisme corse. Le temps du FLNC, des clandestinités structurées, des hiérarchies internes, puis celui du Mouvement pour l’autodétermination, plus politique, plus exposé, plus vulnérable aussi. À mesure que le nationalisme entrait dans les institutions, qu’il gagnait les exécutifs régionaux, il perdait ce qui faisait sa raison d’être. La conquête du pouvoir n’a débouché sur aucune refondation. Elle a accouché d’une gestion molle, souvent alignée sur les modes idéologiques du continent, jusqu’à accepter sans résistance la dilution démographique, culturelle et religieuse de l’île.

La mort d’Orsoni agit comme un tirage de rideau. Elle clôt un cycle né à Aléria et achevé dans les fauteuils feutrés de l’Assemblée de Corse. Elle révèle aussi la porosité entre certaines familles issues du nationalisme historique et les logiques du banditisme organisé. Beaucoup y voient la victoire définitive des logiques mafieuses. J’y vois plutôt un moment de vérité. La violence n’a pas disparu de Corse, elle a simplement changé de visage.

La stupeur des anciens, Jo Peraldi, Pierre Poggioli, la sidération de l’abbé Roger-Dominique Polge, leurs mots lourds, presque incrédules, disent l’effondrement des vieux codes. Le respect des morts, la sacralité des obsèques, ces lignes rouges que l’on croyait intangibles, ont été franchies. La vieille garde pleure un monde qu’elle sent s’éloigner, non sans une culpabilité diffuse, celle de n’avoir pas su empêcher la dérive.

Face à cette mort, un silence retient l’attention, celui de Nicolas Battini et de la Mossa Palatina. Aucun communiqué, aucune émotion affichée. Ce mutisme en dit long. Il marque une rupture nette avec le nationalisme des années quatre-vingt, celui des ambiguïtés, des compromis, parfois des compromissions. Les Palatins semblent tirer une ligne claire entre ce qu’ils estiment être un nationalisme à refonder et un passé jugé irrémédiablement vicié. Le silence devient ici un langage politique.

Il faut accepter une idée dérangeante pour l’esprit moderne. La Corse est une terre où la violence existe encore, et ce n’est pas forcément un mal absolu. Elle rappelle cette vérité trumpienne que tout n’est pas soluble dans la gestion, le droit mou, les indignations rituelles. Carl Schmitt notait que le politique commence avec la désignation de l’ennemi. Une société qui ne connaît plus aucune forme de violence symbolique ou réelle devient un espace ouvert à toutes les prédations. La violence, lorsqu’elle n’est pas purement criminelle, rend des choses possibles. Elle fixe des limites. Elle oblige à choisir.

La mort d’Alain Orsoni ne réhabilite rien et ne justifie rien. Elle oblige à regarder en face la fin d’un monde et l’émergence d’un autre, plus dur, plus froid, peut-être plus cohérent. L’île poursuit son histoire, indifférente aux lamentations venues du continent. Ceux qui prétendent encore aimer la Corse devront accepter cette part sombre, non pour la célébrer, mais pour ne plus se mentir.

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dimanche, 11 janvier 2026

L’enjeu groenlandais et l’autonomie européenne

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Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées

Je me tiens sur le quai du port du Guilvinec. Le jour est blafard, le vent coupe la joue et les coques quittent l’abri avec cette résolution taciturne qui fait les marins bretons. Le froid, ce matin-là, a quelque chose d’orientant. Il pousse l’esprit vers le nord, vers cette île immense et presque vide qui revient dans les conversations des chancelleries, le Groenland. Les mains dans les poches, je pense à cette possession danoise lointaine, entrée dans l’orbite de Copenhague au début du XVIIIᵉ siècle, en 1721, quand le royaume scandinave entreprit d’y rétablir une présence durable. Longtemps marginale, cette terre arctique est aujourd’hui scrutée avec une intensité nouvelle par les États-Unis.

Nouvelle dans sa forme, ancienne dans son fond. L’intérêt américain pour le Groenland n’est ni improvisé ni capricieux. Il traverse les décennies, des tentatives d’achat du XIXᵉ siècle aux accords de défense conclus pendant la Seconde Guerre mondiale, puis à l’installation de la base de Thulé, devenue aujourd’hui Pituffik, clef de voûte du dispositif antimissile nord-américain. Ce qui frappe désormais, c’est la verbalité assumée, la publicité donnée à cet intérêt par un président des États-Unis qui parle d’annexion, de nécessité stratégique, et le fait sans détour. La parole précède parfois l’acte, parfois elle le prépare.

Il suffit d’avoir la mémoire un peu longue pour se souvenir que Washington ne découvre pas aujourd’hui le goût des possessions ultramarines européennes. En 1898, profitant d’un prétexte fragile et d’une insurrection cubaine qu’ils soutenaient en sous-main, les États-Unis entrèrent en guerre contre l’Espagne. L’issue fut rapide. Cuba passa sous tutelle, Porto Rico fut annexé, les Philippines arrachées à Madrid. L’Europe observa, choquée sans doute, mais déjà résignée. L’Espagne, elle, encaissa le coup et produisit, dans la douleur, cette « génération de 98 » qui sut transformer la défaite en examen de conscience national.

L’histoire enseigne aussi l’art de l’oubli. Une fois le choc passé, le monde s’adapte. La puissance américaine est telle qu’on ne peut faire comme si elle n’existait pas, ni demeurer éternellement dans le ressentiment. En 1898, nombre de capitales européennes, Londres comprise, se félicitaient en silence de voir une puissance sœur, anglo-saxonne, prendre le relais d’un empire latin à bout de souffle. L’illusion d’une anglosphère harmonieuse faisait alors florès. Aujourd’hui, le décor a changé. Une prise de contrôle du Groenland sans l’accord de Copenhague poserait une question d’une autre nature, car elle viserait un allié, membre de l’OTAN, et mettrait à nu les lignes de fracture du continent.

Les scénarios circulent à voix basse. Action militaire rapide, pression politique locale, instrumentalisation du désir d’indépendance groenlandais, rien n’est exclu dans les hypothèses des diplomates. L’Europe, dans tous les cas, encaisserait un choc comparable à celui de l’Espagne finissante. Un choc peut-être salutaire. Le Groenland, à dire vrai, reste périphérique aux intérêts centraux européens, comme Saint-Pierre-et-Miquelon l’est pour la France. Sa perte ne bouleverserait pas l’équilibre géostratégique du Vieux Continent. En revanche, l’onde psychologique serait considérable. Elle poserait frontalement la question de l’alliance atlantique et de sa pertinence hors du cadre qui l’a justifiée, celui de la menace soviétique.

Ce moment pourrait donc être décisif. Non par la perte d’un territoire, fût-il immense, glacé et chargé de symboles, mais par la révélation brutale d’un malentendu ancien. L’Europe vit encore sur l’idée que l’alliance atlantique est un destin, alors qu’elle n’a jamais été qu’une conjoncture. La disparition de l’Union soviétique aurait dû entraîner sa dissolution naturelle ou, à tout le moins, sa transformation profonde. Rien de tel ne s’est produit. Par inertie, par confort, par peur aussi, les Européens ont prolongé un lien dont les termes se sont inversés. Le Groenland agit ici comme un révélateur chimique, faisant apparaître à la surface ce qui, jusque-là, restait dissous dans le langage diplomatique.

Cette fenêtre d’opportunité est étroite, et peut-être unique. Elle tient à la conjonction de plusieurs facteurs rarement réunis. Les États-Unis regardent désormais vers le Pacifique, vers la Chine, et considèrent l’Europe moins comme une alliée que comme un théâtre secondaire, utile tant qu’il ne contrarie pas leurs priorités. L’Europe, elle, dispose encore d’une puissance économique, technologique et démographique suffisante pour s’ériger en pôle autonome, à condition de le vouloir. Or la volonté politique naît rarement dans le confort. Elle surgit presque toujours d’un choc.

Sur ce point, les analyses de Mary Kaldor, pourtant éloignées de toute tentation continentale, méritent d’être relues. Dès les années 1990, elle soulignait que la communauté d’intérêts entre l’Amérique et l’Europe n’était ni naturelle ni éternelle, et que la divergence stratégique finirait par produire une rupture, non par hostilité idéologique, mais par simple logique de puissance. L’Amérique, écrivait-elle en substance, ne peut accepter durablement un partenaire qui aspire à l’autonomie dès lors que cette autonomie contrarie ses propres impératifs de sécurité globale.

Les penseurs français n’ont pas dit autre chose, chacun à leur manière. Raymond Aron, lucide jusqu’à la sécheresse, rappelait que les alliances ne survivent pas à la disparition de la menace qui les a fondées. Pierre Hassner insistait sur la fragilité des solidarités occidentales dès lors qu’elles ne reposent plus sur un péril commun clairement identifié. Plus récemment, Marcel Gauchet a montré combien l’Europe s’était enfermée dans une posture post-historique, croyant pouvoir substituer le droit, les normes et les procédures à la décision politique, oubliant que celles-ci ne valent que si elles sont adossées à une force capable de les défendre.

L’éventuelle prise de contrôle du Groenland par les États-Unis serait alors moins un drame territorial qu’un événement fondateur. Un rappel brutal que la souveraineté ne se délègue pas indéfiniment, que la protection a toujours un prix, et que l’Histoire ne s’arrête jamais, même sous la banquise. L’Europe serait placée devant une alternative simple, presque brutale, continuer à vivre dans l’ombre stratégique d’une puissance extra-européenne, ou accepter le risque, donc la responsabilité, de son indépendance.

Sur le quai du Guilvinec, le froid finit par engourdir les doigts. Les marins, eux, savent qu’il faut parfois sortir malgré la mer mauvaise, faute de quoi on meurt à quai. Le Groenland pourrait être cette mer mauvaise. Une épreuve rude, inconfortable, mais peut-être nécessaire pour qu’un continent cesse enfin de confondre sécurité et dépendance, et retrouve le goût âpre de la décision.

Source Breizh Info cliquez ici

11:59 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

samedi, 10 janvier 2026

Cartographie de l’insécurité et de l’immigratiion en France

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Une application en ligne fait actuellement trembler une partie de la classe politique française. Son nom : mafrance.app, relayée sur X par le compte « Où va ma France ? ». Son principe est simple, mais explosif : compiler des données publiques pour dresser une cartographie précise de l’évolution sociale du pays. Résultat : une lecture brute, chiffrée, parfois glaçante de la transformation de nombreux territoires.

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Source : breizh.info

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vendredi, 09 janvier 2026

Mercosur, l’Europe sans la France

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Vincent Trémolet de Villers

C’est l’histoire d’un pouvoir qui a perdu le pouvoir. Il a commencé par déléguer sa souveraineté aux instances européennes pour les questions commerciales et agricoles ; il a soutenu à demi-mot un traité de libre-échange qu’il refuse aujourd’hui avec toute l’éloquence des démagogies de circonstance ; il a menti à Bruxelles, il a menti aux agriculteurs, il a menti aux électeurs, il s’est menti à lui-même : il se trouve emporté dans le siphon de ses mensonges.

Le traité du Mercosur n’est plus un texte commercial, c’est devenu un symbole politique qui, malgré lui, cristallise des années de renoncements, de confusions, de court-termisme, de double discours. Le génie européen de l’embrouille bureaucratique ; l’art français de la défaite.

Côté Bruxelles, c’est une figure très contestée, celle d’Ursula von der Leyen, qui va se charger de la signature finale. À son passif, la destruction méthodique de l’industrie automobile ; la décroissance énergétique, avec, pendant trop longtemps, une hostilité sourde au nucléaire ; la névrose normative sous couvert d’écologie (le « Green Deal ») ; les carcans de vigilance, de transparence, de précautions qui entravent nos entreprises : le politiquement correct en guise de politique. Elle essaye de faire marche arrière mais c’est trop tard ; pour les agriculteurs, VDL, c’est l’acronyme d’une Europe hors sol et hostile.

Côté Paris, Emmanuel Macron est pris au piège. Entre suivre l’Europe et exaspérer la France ou défendre la France sans que cette opposition empêche l’adoption du traité, il a choisi la seconde solution. Dans les circonstances, c’est la moins mauvaise, mais elle s’accompagne d’une humiliation cruelle : le chantre de la souveraineté européenne voit le pays dont il a la charge contraint de se soumettre au choix antagonique d’une majorité qualifiée.

En attendant, les éleveurs et les Centaure de la gendarmerie se livrent à un face-à-face qui serre le cœur. Des gens qui travaillent dur, qui nourrissent le pays et que l’on arrose de subventions en espérant qu’ils accepteront de disparaître en silence. Ce mépris des sachants (qui se trompent énormément) décuple la colère. Pouvoir faible, intraitable avec ceux qui le sont plus encore.

Source : Le Figaro 9 /01/2026

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jeudi, 08 janvier 2026

La candidature de Sarah Knafo à la Mairie de Paris est un événement majeur

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Editorial de Cyrano sur Riposte laïque de ce matin cliquez ici

Décidément, Sarah Knafo ne passe pas inaperçue en ce début d’année 2026. Déjà révélation politique de l’année 2025,  elle a été celle qui a été le plus loin, parmi les dirigeants français, dans ce qui apparaît comme un soutien inconditionnel à Donald Trump, lors de l’opération menée au Venezuela. Une position qui d’ailleurs occasionne des débats internes animés, au sein de la rédaction de Riposte Laïque, où certains contributeurs font part de leur déception devant une telle position, quand d’autres soutiennent la ligne de Reconquête sur ce dossier. À noter que les échanges sont de qualité, respectueux de l’autre, et que notre site donne ainsi à nos lecteurs la possibilité de se faire eux-mêmes une opinion. Certains fustigent ce qu’ils appellent l’impérialisme américain, quand d’autres ont choisi le camp de Donald Trump contre le communisme, dans la guerre qui s’annonce avec la Chine.

Depuis plusieurs mois, Sarah Knafo avait fait savoir son intérêt pour la mairie de Paris, mais annonçait réfléchir avant de prendre sa décision. Elle l’a annoncée en direct au journal de 20 heures de TF1, profitant d’une belle promotion offerte par la renommée de TF1.

Certains diront que la candidature de la numéro 2 de Reconquête, parti crédité d’à peine 5 % dans les sondages, à la mairie de Paris, est un non-événement. Ils se trompent, car Sarah Knafo a une particularité que n’a aucun autre responsable politique : c’est une surdouée promise à un grand avenir. Sa jeunesse n’est absolument pas un handicap, tant elle maîtrise les dossiers qu’elle traite. C’est sans doute la meilleure porte-parole du camp patriote. C’est une travailleuse exceptionnelle, qui, à chacune de ses interventions, marque les esprits. Ce n’est pas pour rien que les militants l’adorent et que certains se prennent à rêver de sa candidature pour la présidentielle de 2027, hypothèse qu’elle a repoussée ce soir, sur TF1.

Bien évidemment, la machine de guerre Sarah Knafo va se mettre en place, et elle va annoncer, sur la fiscalité et l’insécurité, des mesures-chocs qui vont changer les priorités de la campagne. Comme Éric Zemmour en 2022, sur l’immigration, avant l’intervention de Poutine en Ukraine, c’est elle qui va fixer les thèmes aux autres candidats, qui vont lui courir après. Il suffit de regarder le site, déjà prêt, « Sarah pour Paris », pour voir que tout a été pensé, et que tout est prêt pour une campagne percutante.

Sa candidature redistribue les cartes. Elle était déjà donnée à des scores impressionnants, avant de l’annoncer. Elle va cibler essentiellement la gauche, et on devine que, contrairement au RN, enlisé dans son « Ni gauche ni droite », elle n’hésitera pas à aider Rachida Dati, au deuxième tour, pour débarrasser définitivement la capitale de la clique Hidalgo, des socialauds, des écolos, des cocos et de tous les nuisibles qui pourrissent la vie des Parisiens et des banlieusards depuis trop longtemps.

On va vivre une campagne parisienne des plus passionnantes, avec en outre la présence de Sophia Chikirou, qui ne rêve que d’une chose : tailler des croupières aux socialistes et arriver devant eux, pour les humilier dans une alliance qu’ils disent refuser… pour l’instant.

Enfin, Thierry Mariani, le candidat du RN, malgré ses qualités, va souffrir de la présence de Sarah, et il aura du mal, entre les deux tours, à justifier une abstention qui risque de profiter à la gauche.

Tout paraît se mettre en place pour un axe Dati-Knafo au deuxième tour, capable de prendre la mairie. Reste à savoir dans quel ordre…

Pour consulter le site "Sarah pour Paris" cliquez ici

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mercredi, 07 janvier 2026

Après le grand basculement

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Le coup de force de Caracas confirme le retour des empires dans un monde où la France et l’Europe sont faibles. Une fois de plus, Pierre Lellouche nous livre une analyse géopolitique pertinente de ce qu’induit la politique de Donald Trump. Une fois encore, les Américains sèment le désordre. Mais ils ont accouché cette fois du retour des empires, Russie, Chine, Inde qui viennent contester son hégémonie. Face à ce chaos, les Européens, faute d’entente, sont totalement démunis. Où va-t-on ?

Lire la suite ICI

Source : Valeurs actuelles 7/1/2026

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Rumeurs d’effondrement du régime iranien : l’hypothèse d’une restauration royale

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Etienne Lombard

Boulevard Voltaire, cliquez ici

Alors que le pouvoir semble vaciller, les slogans pro-Pahlavi se font entendre dans les rues de Téhéran.

La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis va-t-il déclencher une réaction en chaîne, dont le régime islamiste iranien serait la première victime ?

Un pouvoir de plus en plus fragile

Si l’incapacité de ce dernier à faire face aux graves difficultés économiques auxquelles il est confronté a fourni à ses opposants un prétexte supplémentaire pour profiter d’une grève des commerçants d'un bazar de Téhéran pour descendre dans les rues, réduire les récentes manifestations à une simple protestation « contre la vie chère », comme l’ont fait de nombreux médias français, n’est guère sérieux. L’accentuation des tensions dans le pays suffit d’ailleurs à montrer que les Iraniens ne réclament pas tant des « soldes » que la fin du régime des mollahs. Après deux soulèvements importants en 2019 et 2022, le pouvoir iranien avait engagé un bras de fer armé avec Israël, lequel avait alors fini par décider Washington à intervenir pour bombarder et détruire en grande partie les sites nucléaires iraniens. Téhéran perdait ensuite, coup sur coup, ses deux alliés au Proche-Orient : le Hamas, neutralisé pour un temps au moins à Gaza, et le Hezbollah, écrasé par les Israéliens au Liban. Autant de secousses, sur les fronts intérieurs et extérieurs, qui ont fragilisé les positions du pouvoir iranien et enhardi ses oppositions.

Le régime en mode « survie »

Depuis une semaine, de nouvelles manifestations ont eu lieu, occasionnant des affrontements qui auraient fait entre 12 et 16 morts à Téhéran et dans quelques autres villes, selon l’AFP, mais Iran International, média qui serait proche de l’Arabie saoudite, avance de son côté un bilan de 20 morts et des troubles dans plus de 220 localités. Le pouvoir iranien semble par ailleurs divisé sur la conduite à tenir face aux émeutiers. Si le président Masoud Pezeshkian a admis n’avoir « aucune idée » pour résoudre la crise en cours et dit faire la distinction entre les appels au soulèvement et des revendications économiques « légitimes », le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, s’est montré beaucoup moins conciliant : « Les manifestants doivent être remis à leur place », a-t-il déclaré, accusant des forces étrangères d’avoir provoqué un effondrement du cours du rial. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Aragchi, évoquant la situation du pays devant la presse, a quant à lui parlé de « lutte pour la survie du régime ».

À Londres, on voit Khamenei bientôt à Moscou

Et pour ajouter à la confusion générale, après la capture de Nicolás Maduro par les Américains et la menace d’intervention adressée par Donald Trump au pouvoir iranien si ce dernier tuait d’autres « manifestants pacifiques », les services de renseignement britanniques ont déclaré que l'ayatollah Ali Khamenei envisagerait de fuir en Russie. Une information à prendre évidemment avec prudence, mais pour le prince Davoud Pahlavi (cousin du prince héritier Reza Pahlavi), qui a accepté de répondre à BV« à 86 ans, ce dernier disposerait d’un plan d’urgence pour fuir vers Moscou, accompagné d’un cercle restreint de proches, afin de rejoindre Bachar el-Assad en cas d’effondrement du régime. Ces informations, fondées sur des sources de renseignement, paraissent tout à fait plausibles et logiques. » La situation actuelle, qui pourrait évoluer très vite, fait évidemment penser à celle de 1979, qui avait vu la chute du régime impérial, mais « contrairement à 1979, où deux forces idéologiques structurées s’affrontaient et dominaient la scène », explique le prince Davoud Pahlavi, « les soulèvements récents révèlent une réalité bien différente : le changement, s’il doit advenir, naîtra probablement de la rue iranienne elle-même ».

Une « monarchie constitutionnelle, modernisée » ?

La révolution khomeiniste avait été brutale et sanglante, la contre-révolution pourrait-elle l’être aussi ? « Contrairement à ce que certains imaginent, le passage d’un régime autoritaire à une démocratie durable ne saurait s’accomplir dans le chaos ou par des ruptures brutales. Il nécessite au contraire une période de stabilité, un temps de respiration collective, afin de poser les fondations solides d’un avenir libre et apaisé », juge Davoud Pahlavi. « C’est précisément pourquoi je considère qu’un gouvernement de transition, représente la voie la plus sage », plaide le prince, pour qui « une telle instance aurait pour mission essentielle de garantir la sécurité du pays, de restaurer l’ordre public sans répression, de protéger les institutions vitales et, surtout, de préparer le terrain pour des élections libres et transparentes. » De même considère-t-il que le retour des Pahlavi ne constituerait pas une restauration pure et simple de « l’ancien régime » : « Il est temps de réinventer notre monarchie, de l’adapter aux exigences de l’ère contemporaine, en puisant avec sagesse dans les meilleures pratiques des autres monarchies du globe, tout en préservant jalousement notre identité iranienne et notre riche héritage culturel. » Partisan d’une « monarchie constitutionnelle, dans sa forme modernisée », le prince confirme qu’il se tiendrait à disposition de son cousin si celui-ci faisait appel à lui.

Reste à savoir si le régime des mollahs tombera. Si oui, quand il tombera. Et si l’Iran choisirait, alors, la voie républicaine ou une nouvelle voie royale.

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lundi, 05 janvier 2026

Destitution-arrestation du tyran rouge Maduro au Venezuela : un éclairage bienvenu de Vincent Hervouet, sur Europe 1, dans la matinale animée par Dimitri Pavlenko

L'arrestation de Nicolás Maduro : un tournant majeur pour l'Amérique latine  | Conflits : Revue de Géopolitique

C’est simple la géopolitique finalement, Vincent, puisqu’à la veille de Noël vous nous aviez dit que Donald Trump irait jusqu’au bout. Nicolas Maduro serait débarqué manu militari après avoir été trahi par son entourage, et c’est donc bien ce qui s’est passé.

Alors, on aurait même pu prévoir le jour puisque le 3 janvier, la Maison Blanche s’offre des étrennes. C’est la bonne date pour passer à l’attaque et décapiter les régimes honnis. En 2020, le 3 janvier, Donald Trump s’était payé le scalp du général Soleimani, le vrai numéro 2 iranien, exécuté par un tir de missile. En 1990, le 3 janvier, il y a surtout le précédent panaméen que tous les Latino-Américains connaissent. Manuel Noriega, (…) réfugié à la nonciature apostolique, à Panama Ciudad, se rendait au corps expéditionnaire américain qui lui faisait subir de la musique hard rock, depuis une quinzaine de jours, à plein tube, jour et nuit. Il a été jugé aux États-Unis pour trafic de drogue. C’est le sort promis à Maduro. Noriega a passé les vingt ans qui ont suivi dans une prison américaine, sauf un détour par la prison de la Santé, à Paris, car il avait été condamné pour blanchiment alors qu’il se croyait à l’abri, François Mitterrand l’ayant élevé, juste avant, au grade de commandeur de la Légion d’honneur. Parfois, la France s’égare…

Justement, Emmanuel Macron est critiqué pour ne pas avoir dénoncé l’enlèvement de Maduro comme une atteinte au droit international et à la souveraineté des nations.

Écoutez, Emmanuel Macron a d’autres priorités que de faire la leçon à la Maison Blanche sur leurs opérations de police. Il laisse les mains libres aux Américains de faire ce qu’ils veulent aux Amériques pour leur réclamer la pareille ; c’est-à-dire qu’ils prennent en compte ce que les Européens veulent dans leur propre arrière-cour, (…) en Ukraine. J’ajoute qu’Emmanuel Macron avait tenté, il y a trois ans, une diplomatie acrobatique au Venezuela. La France avait reconnu l’opposant Guaidos comme le président légitime, mais elle parlait en même temps avec Maduro resté au pouvoir et elle tentait une médiation qui a tourné en quenouille. L’Élysée disait à l’époque que le dialogue était la seule issue à la crise au Venezuela. Donald Trump a montré ce week-end qu’il y avait mieux à faire que de parler pour ne rien faire : faire la paix par la force.

La figure la plus connue de l’opposition vénézuélienne, c’est la prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, mais alors, Donald Trump la dénigre.

Et pourtant, elle lui avait dédié son prix Nobel, mais le Donald prétend qu’elle n’a aucune autorité dans le pays. C’est presque ce que disait d’elle Hugo Chavez, et c’est assez faux. Au Venezuela, on la surnomme, comme Bolivar, la Libertadora. Ce qu’il faut comprendre, c’est que Donald Trump fait le contraire de ses prédécesseurs. Il ne veut pas exporter la démocratie libérale, il se fiche de la corruption, du népotisme, des inégalités criantes qui sont chroniques au Venezuela. Il ne se préoccupe que des intérêts américains, c’est-à-dire que la Chine, les gardiens de la Révolution, les narcos colombiens, les Russes débarrassent le plancher, que les pétroliers américains récupèrent les biens dont ils ont été spoliés, que l’intérêt stratégiques que constituent les réserves pétrolières les plus importantes au monde soient entre de bonnes mains ; et pour le reste, comme d’habitude, l’Amérique jouera avec les potentats locaux comme un enfant joue avec des cubes. Le président adoubé par l’armée, la présidente, Delcy Rodriguez, est l’incarnation de la bourgeoisie rouge. Selon Donald Trump, elle est prête à coopérer. En fait, c’est une femme qui est prête à tout. Depuis 25 ans, elle gravite au sommet : ministre, présidente de l’Assemblée nationale constituante, vice-présidente. En novembre, (une agence) révélait qu’elle négociait l’échange de Maduro contre la survie du régime. C’est ce qui s’est passé, semble-t-il. L’armée, en tout cas, est restée l’arme au pied et elle tient toujours le pays.

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vendredi, 02 janvier 2026

Misère de la politique, espoir pour la France

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Le directeur des rédactions du Figaro, Alexis Brézet, dresse un bilan lucide sur l’état de notre pays littéralement anéantit par une classe politique irresponsable. Du Parlement, on ne comprend plus rien tant les compromissions surréalistes n’arrangent personne au final mais soulignent les reniements, une économie en berne dans le genre jamais vue depuis la Libération, et une France qui sombre dans l’insécurité, une immigration pas contrôlée et bouquet final, une France fractionnée entre riches, immigrés et Gaulois – Français de souche -, qui ne se reconnaissent plus dans les choix civilisationnels qu’on lui impose. Dire que l’on est au bord du gouffre est un euphémisme.

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Source : Le Figaro 02/01/2026

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mercredi, 31 décembre 2025

L’autre Bardot : derrière la beauté, la défense de l’identité française

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Claude Lorne, Polémia cliquez ici

Le fabuleux parcours de Brigitte Bardot peut paraître surprenant. Il ne l’est pas. Il a un fil rouge : elle est toujours à l’avant-garde. À l’avant-garde de la libération de la femme dans les années 1950/1960 avec « Et Dieu créa la femme ». À l’avant-garde du mouvement animaliste dans les années 1970 lors de la création de la fondation Bardot. À l’avant-garde de la défense de la civilisation européenne dans les années 1990 dans sa critique de l’islam. Religion profondément contraire — voile islamique, abattage halal, entre autres — à ses combats antérieurs. Toute sa vie, BB fut une rebelle incarnant l’esprit et l’élégance française.

Polémia

Aura inégalée et engagement politique

Avec Greta Garbo, Brigitte Bardot, décédée nonagénaire le 28 décembre, était la seule star internationale qui, après s’être retirée en pleine gloire depuis des décennies, continuait de passionner le public et gardait son aura. Sans doute grâce à sa passion pour la cause animale, mais aussi pour ses positions politiques comme éthiques, de moins en moins consensuelles à mesure que le temps passait et que s’enlaidissait la nouvelle France.

Ainsi, toute jeune vedette, elle avait tenu, en 1959, accompagnée du lieutenant de Légion Le Pen (avec lequel elle devait garder jusqu’au bout une solide amitié) et du député d’Alger Pierre Lagaillarde, à aller réconforter à l’hôpital militaire de cette ville les soldats blessés en opérations contre le FLN. De même, dès la naissance, en 1986, de la Fondation portant son nom (et qu’elle avait lancée et financée à concurrence de 3 millions de francs par la vente de ses objets de valeur, dont « l’immense diamant » offert par son troisième mari, Gunther Sachs), avait-elle choisi comme directrice nationale Liliane Sujansky, épouse d’un rescapé de l’insurrection de Budapest (automne 1956), président des Hongrois en exil et anticommuniste revendiqué.

BB contre le MLF…

Pour des millions de Françaises, B.B., issue de la haute bourgeoisie parisienne, avait incarné, à la faveur de son film Et Dieu… créa la femme, la libération de la gent féminine. Une libération essentiellement sexuelle, qu’elle devait juger ensuite plutôt frelatée, comme la posture anti-OAS qu’elle avait adoptée ensuite sous l’emprise des Sami Frey et autres Serge Gainsbourg avec lesquels elle s’était commise. Dès 1973, elle déclare en effet au sujet du MLF : « Jamais les femmes ne seront comme des hommes. Si elles sont si malheureuses, c’est qu’elles ne veulent plus être ce qu’elles sont. Ne plus être l’“objet”. Mais revendiquer des droits propres aux femmes comme le fait le MLF, c’est parfaitement comique et idiot… Pour se réaliser pleinement, les femmes doivent rester des femmes. Et les vraies femmes, il n’y en a plus. Les vrais hommes non plus. On constate en ce moment une mutation d’un sexe à l’autre. Les hommes sont des minets et les femmes essaient d’être des hommes. » Ça ne s’est pas arrangé depuis…

Brigitte Bardot, gauloise sans filtre

Même liberté de ton quand elle soutient le mouvement des Gilets jaunes en 2018, puis, en 2020, la police qui « nous protège de la racaille envahissante ».

En 1999, elle avait déjà admis partager « certaines idées du FN, notamment contre la forte immigration en France », immigration qui aura importé à grande échelle la pratique de l’abattage halal, contre lequel l’ancienne actrice aura lutté jusqu’au bout, au risque de procès.

Poursuivie par la LICRA, le MRAP et la Ligue des droits de l’homme, la recluse de La Madrague fut ainsi lourdement condamnée en 1997 pour incitation à la haine après avoir déclaré au Figaro : « Voilà que mon pays, la France, ma patrie, ma terre, est de nouveau envahie, avec la bénédiction de nos gouvernements successifs, par une surpopulation étrangère, notamment musulmane, à laquelle nous faisons allégeance. De ce débordement islamique, nous devons subir, à nos corps défendants, toutes les traditions. D’année en année, nous voyons fleurir les mosquées un peu partout en France alors que nos clochers d’églises se taisent faute de curés. […] Serai-je obligée de fuir mon pays devenu terre sanglante pour m’expatrier ? ».

Nouveau procès quand, dans son livre Un cri dans le silence (2003), elle se dit carrément « contre l’islamisation de la France » : « Cette allégeance obligatoire et cette soumission forcée me dégoûtent… Nos aïeux, les anciens, nos grands-pères, nos pères ont donné leur vie depuis des siècles pour chasser de France tous les envahisseurs successifs. Pour faire de notre pays une patrie libre qui n’ait pas à subir le joug d’aucun étranger. Or, depuis une vingtaine d’années, nous nous soumettons à une infiltration souterraine et dangereuse, non contrôlée, qui, non seulement ne se plie pas à nos lois et coutumes, mais encore, au fil des ans, tente de nous imposer les siennes. »

Même rejet du métissage : « Alors que chez les animaux, la race atteint des sommets de vigilance extrême, les bâtards étant considérés comme des résidus, bons à laisser pourrir dans les fourrières, ou à crever sans compassion d’aucune sorte, nous voilà réduits à tirer une fierté politiquement correcte à nous mélanger, à brasser nos gènes, à faire allégeance de nos souches afin de laisser croiser à jamais nos descendances par des prédominances laïques ou religieuses fanatiquement issues de nos antagonismes les plus viscéraux. C’est extrêmement dommage. »

Autant de propos qui, post mortem, ont valu à la « pasionaria de la cause animale » d’être caricaturée par les maîtres-censeurs de Libération en « figure d’une droite identitaire qu’elle nourrissait de diatribes xénophobes et d’attaques contre l’islam », au point de « dériver vers la haine raciale ».
Cette « ravissante idiote » (titre d’un film de 1964 qui ne laissait rien ignorer de la parfaite plastique de B.B.) apparaît avec le recul infiniment plus consciente des réalités présentes que nos kyrielles de présidents, de ministres et d’intellos.

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Europe : renouer le lien entre nations, puissance et destin commun

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Yann Vallerie

Depuis des décennies, le projet européen avance sur une ligne de fracture mal assumée. D’un côté, une technocratie convaincue que l’avenir du continent passe par l’effacement progressif des nations – la France républicaine et universaliste ayant été parmi les premières à broyer les nations vivant en hexagone pour tenter de constituer une nation artificielle.

De l’autre, des peuples attachés à leurs langues, à leurs mémoires, à leurs territoires, qui perçoivent cette dynamique comme une dépossession. Ce malentendu structurel explique en grande partie l’essoufflement politique de l’Europe et l’hostilité croissante qu’elle suscite.

Les promoteurs d’une Europe abstraite, dignes fils de cette France dites « des lumières », ont fait de l’identité régionale, nationale un obstacle, un archaïsme à dépasser, voire une pathologie à corriger. À leurs yeux, l’attachement à une patrie, à une histoire particulière, à des traditions héritées, relèverait d’un réflexe irrationnel, incompatible avec un ordre continental fondé sur la seule rationalité économique et juridique. Cette vision, pourtant, se heurte au réel. Aucun ensemble politique durable ne peut se construire sans sentiment d’appartenance partagé. Et en Europe, ce sentiment passe d’abord par les nations.

À l’inverse, une partie des courants nationalistes se replient sur une logique défensive et fragmentée, refusant toute forme de construction commune au nom de la souveraineté, une souveraineté qu’ils refusent parfois pour les peuples qui vivent sur le même territoire (il suffit de voir le jacobinisme du RN vis à vis de nos régions, lui-même qui dénonce la perte de souveraineté au niveau européen). Cette posture ignore cependant un fait central : dans un monde dominé par des blocs continentaux, des puissances démographiques et des acteurs économiques globaux, le petit État européen isolé n’a plus les moyens de peser. Ni militairement, ni économiquement, ni culturellement. Ce refus de penser l’échelle européenne affaiblit précisément ce que ces courants prétendent défendre.

La contradiction n’est pourtant pas insoluble. Elle repose sur une erreur de perspective : croire que nation et Europe seraient par nature antagonistes. L’histoire démontre l’inverse. Le continent européen s’est construit comme un espace singulier où des peuples enracinés, dotés de fortes identités historiques, ont coexisté, se sont affrontés parfois, mais ont aussi forgé un socle civilisationnel commun. C’est cette pluralité structurée qui fait l’Europe, non son effacement.

L’identité européenne repose sur deux piliers indissociables. Le premier est l’enracinement : un territoire, une mémoire collective, une continuité historique, des ethnies proches. Sans cela, il n’y a pas de peuple, seulement des individus atomisés. Le second est l’idée de liberté civique : la volonté de vivre en citoyens responsables, au sein d’une communauté politique consciente d’elle-même. Sans ce second pilier, l’enracinement dégénère en domination ou en autoritarisme. Ensemble, ils ont permis l’émergence d’un modèle européen original.

C’est cette articulation qui a rendu possibles les grandes constructions sociales, politiques et culturelles du continent. Les nations ont servi de matrice à la démocratie, à la séparation du religieux et du politique, à l’idée d’égalité civique, à la solidarité collective. Chaque peuple de notre civilisation a contribué, à sa manière, à cet héritage commun. Les grands événements nationaux européens n’ont jamais été de simples épisodes locaux : ils ont irradié bien au-delà de leurs frontières.

Les révolutions, les résistances, les luttes pour la liberté, mais aussi les grandes défenses civilisationnelles face aux menaces extérieures, constituent une mémoire partagée. De l’Europe médiévale aux combats contemporains à ses frontières orientales, le continent s’est forgé dans l’épreuve. Ces moments ne dissolvent pas les nations ; ils les relient.

Il en va de même pour les traditions populaires, religieuses ou mythologiques, souvent moquées par les élites modernes. Elles forment pourtant un tissu symbolique commun, décliné selon les peuples, mais reposant sur des archétypes semblables : le rapport au sacré, aux saisons, au bien et au mal, à la communauté. L’Europe n’est pas une page blanche, mais une superposition de couches culturelles païennes, romaines et chrétiennes, encore vivantes.

Les inquiétudes actuelles des Européens ne sont pas des fantasmes. Elles traduisent un sentiment diffus de perte : insécurité, délitement des normes, effacement des repères culturels, affaiblissement de la parole libre, fragilisation démocratique. Ce malaise est souvent disqualifié comme intolérance, alors qu’il exprime avant tout la peur de voir disparaître un mode de vie patiemment construit.

En niant cette angoisse, en méprisant l’attachement aux nations, une partie du camp européiste s’est coupée des peuples. Pire, en promouvant une vision hyper-individualiste de l’identité, réduite à l’auto-définition subjective, elle a vidé le projet européen de toute substance collective. Une Europe qui refuse aux peuples le droit d’aimer ce qu’ils sont ne peut susciter ni loyauté ni engagement.

À l’inverse, une Europe conçue comme outil de protection des nations retrouve un sens politique. Protection des cultures, des traditions, des espaces publics, de la sécurité, de la souveraineté civilisationnelle. Dans plusieurs pays situés aux marges du continent, cette évidence est déjà acquise : l’Europe y est perçue comme un rempart permettant aux nations de survivre, non de disparaître.

Le défi n’est donc pas de dépasser les nations, mais de les articuler dans un cadre de puissance commune. Cela implique des compromis, des renoncements partiels, une vision stratégique à long terme. Mais le coût de l’inaction serait bien plus élevé. Dans un monde qui se réorganise brutalement, le continent ne peut se permettre ni la fragmentation, ni l’utopie désincarnée.

L’avenir de l’Europe, dépend de sa capacité à redevenir une maison commune pour des peuples libres, enracinés et conscients de leur destin partagé. Ce n’est qu’en assumant cette réalité que l’idée européenne pourra retrouver une force politique, affective et historique. Non contre les nations, mais par elles.

Source : Breizh.info

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lundi, 29 décembre 2025

Géno­cide ven­déen : l’his­toire qu’on ne devait pas racon­ter

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"les Français seront de plus en plus nombreux à mieux comprendre, à mieux estimer la résistance et le sacrifice de la Vendée." En 1993, Alexandre Soljenitsyne rend hommage aux martyrs vendéens aux Lucs-sur-Boulogne, aux cûtés de Philippe de Villiers et d'Alain Delon.

 

France Goutierre Valeurs actuelles cliquez ici

Il y a qua­rante ans, les guerres de Ven­dée ont donné lieu à un affron­te­ment qui a valu, aux auteurs d’un récit dis­si­dent, une dis­qua­li­fi­ca­tion féroce. Relé­gués aux marges de l’his­toire domi­nante, ces parias intel­lec­tuels o nt fini par impo­ser le débat. Récit d’une recon­nais­sance.

Pau, hiver 2024. Dans la dis­cré­tion d’un col­lège-lycée privé des Pyré­nées-atlan­tiques, une confé­rence inti­tu­lée “Ven­dée, de la guerre civile au géno­cide, du géno­cide au mémo­ri­cide”, doit être ani­mée par Rey­nald Secher, figure connue pour sa thèse du “géno­cide ven­déen” durant la Révo­lu­tion française. La FSU 64 (Fédé­ra­tion syn­di­cale uni­taire) dénonce publi­que­ment une vision de l’his­toire jugée « évé­ne­men­tielle, dépas­sée, mêlant eth­no­cen­trisme et reli­gion », et s’inquiète de ce qui sera trans­mis aux lycéens en cours d’ensei­gne­ment moral et civique et d’his­toire-géo­gra­phie.

L’épi­sode aurait pu s’arrê­ter là. Mais quelques semaines plus tard, le direc­teur de l’imma­cu­lée-concep­tion reçoit, à sa grande sur­prise, une lettre de la rec­trice de l’aca­dé­mie de Bor­deaux, Anne Bis­agni-faure. Elle y condamne expli­ci­te­ment « l’uti­li­sa­tion du terme de géno­cide dans un cours d’his­toire sur la Révo­lu­tion française » et l’orga­ni­sa­tion d’une confé­rence défen­dant, selon elle, une approche révi­sion­niste. L’affaire aura de lourdes consé­quences pour le chef d’éta­blis­se­ment qui sera fina­le­ment remer­cié. En cause, ses sup­po­sées atteintes à la laï­cité. Plus de deux siècles après les guerres de Ven­dée, cette page d’his­toire demeure inflam­mable.

La Répu­blique n’a jamais aimé se regar­der dans le miroir ven­déen

Pour­tant, il n’est plus inter­dit d’en par­ler comme au moment du bicen­te­naire de 1789, lorsque les guerres de Ven­dée consti­tuaient une véri­table épine dans le pied d’une Répu­blique triom­phante et sûre de sa “glo­rieuse” Révo­lu­tion. La grande com­mé­mo­ra­tion vou­lue par François Mit­ter­rand et Michel Rocard devait être un temps fort de consen­sus, une jubi­la­tion natio­nale célé­brant l’avè­ne­ment des droits de l’homme et de l’éga­lité devant la loi. Tout ce qui fis­su­rait cet héri­tage — la guerre civile, la Ter­reur, la répres­sion menée dans l’ouest par l’état révo­lu­tion­naire — était traité comme une sco­rie de l’his­toire. La Répu­blique n’a jamais aimé se regar­der dans le miroir ven­déen.

C’est dans ce contexte qu’émergent des ouvrages qui bou­le­versent l’his­to­rio­gra­phie offi­cielle. En 1987, Car­rier et la Ter­reur nan­taise (Per­rin), de JeanJoël Bré­geon, aborde déjà la ques­tion d’une poli­tique d’exter­mi­na­tion dans l’ouest insurgé. La même année, Rey­nald Secher repu­blie la Guerre de la Ven­dée et le sys­tème de dépo­pu­la­tion (Tal­lan­dier), avec Jean-joël Bré­geon, un livre long­temps esca­moté de Grac­chus Babeuf qu’il a déni­ché aux archives. Ce libelle accu­sait Robes­pierre d’avoir orches­tré la répres­sion de la Ven­dée et met­tait en cir­cu­la­tion le terme de “popu­li­cide”, pro­mis à une nou­velle for­tune polé­mique.

Après sa mono­gra­phie La Cha­pelle-Basse-mer, vil­lage ven­déen (Per­rin, 1986), Secher publie La Ven­dée-vengé (Puf, 1986). Le géno­cide franco-français, une thèse pro­vo­ca­trice qui prend le contre-pied d’une his­to­rio­gra­phie sou­vent ten­tée de mini­mi­ser ou de nier l’ampleur des mas­sacres. Il y estime que 117.000 Ven­déens auraient dis­paru après la Révo­lu­tion, chiffre qui pro­voque un tollé immé­diat, relayé jusque dans les médias grand public.

Les his­to­riens de gauche, en ordre de bataille der­rière le spé­cia­liste mar­xiste de la Révo­lu­tion française Jean-Clé­ment Mar­tin, rejettent le terme “géno­cide”, pré­fé­rant “crimes de guerre” et les ana­ly­sant comme de simples dérives. Secher, lui, forge le concept de “mémo­ri­cide”, un crime contre la mémoire des vic­times. Le cou­rant majo­ri­taire n’a évi­dem­ment pas man­qué de lui repro­cher d’exa­cer­ber la mémoire et donc de ne pas faire oeuvre d’his­to­rien.

Pour­tant, la lutte mémo­rielle est déjà loin der­rière. Dans les pre­mières décen­nies qui suivent la fin des guerres de

Le cou­rant jaco­bin défend la Révo­lu­tion en occul­tant sa vio­lence, et le cou­rant contre-révo­lu­tion­naire, sou­vent d’ins­pi­ra­tion monar­chiste, insiste sur l’ampleur de la répres­sion et la spé­ci­fi­cité de la Ven­dée.

Ven­dée, le conflit se trans­met d’abord par la mémoire des acteurs eux-mêmes. Offi­ciers répu­bli­cains comme anciens chefs rebelles livrent leur propre récit — à l’image de la mar­quise de La Roche­ja­que­lein, dont les Mémoires connaissent une large dif­fu­sion. Puis, à mesure que dis­pa­raît cette géné­ra­tion de témoins, la Ven­dée cesse peu à peu d’être un récit de sur­vi­vants pour deve­nir un objet d’his­toire. Nour­rie par les mémo­ria­listes, cette his­toire est alors vue par cer­tains comme une ins­tru­men­ta­li­sa­tion roya­liste, dans cette période char­nière du début du XIXe siècle.

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L’his­to­rien Rey­nald Secher, hérault de la réha­bi­li­ta­tion des Ven­déens sur la scène his­to­rique natio­nale.

De la mémoire à l’omerta

Deux grandes écoles se font face dans l’his­to­rio­gra­phie : le cou­rant jaco­bin, qui défend la Révo­lu­tion en occul­tant sa vio­lence, et le cou­rant contre-révo­lu­tion­naire, sou­vent d’ins­pi­ra­tion monar­chiste, qui insiste sur l’ampleur de la répres­sion et la spé­ci­fi­cité de la Ven­dée. Entre les deux, selon Jean-Joël Bré­geon, existent quelques his­to­riens qui tentent de “rejoin­toyer” les posi­tions adverses pour com­prendre de façon scien­ti­fique cette révolte si éton­nante.

Si l’his­to­rio­gra­phie “blanche” (contre­ré­vo­lu­tion­naire) a pu régner au début du XIXe siècle, elle sera balayée par l’ins­tal­la­tion de la gauche à l’uni­ver­sité, qui impose peu à peu à la fin du siècle sa lec­ture de l’his­toire. C’est ainsi que la Ven­dée devient un sujet tabou dans le récit natio­nal, et que seuls quelques his­to­riens mar­gi­naux osent encore en contes­ter la ver­sion offi­cielle.

Il y a qua­rante ans, Rey­nald Secher sou­te­nait sa thèse de doc­to­rat d’état sur les guerres de Ven­dée, affir­mant l’exis­tence d’une poli­tique d’exter­mi­na­tion menée par la Conven­tion. Ce tra­vail, long­temps relé­gué aux marges de l’his­to­rio­gra­phie, allait déclen­cher une vio­lence intel­lec­tuelle et média­tique de tous les ins­tants.

Secher raconte avoir été la cible d’une stra­té­gie visant à le dis­cré­di­ter socia­le­ment, intel­lec­tuel­le­ment et finan­ciè­re­ment. Ses recherches furent attaquées par des uni­ver­si­taires et des jour­na­listes : cer­tains pré­ten­daient qu’il n’était pas doc­teur, d’autres que sa thèse n’avait aucune valeur scien­ti­fique, qu’il aurait fal­si­fié des docu­ments et n’aurait jamais consulté les archives. Privé d’invi­ta­tions aux col­loques et tenu bien à l’écart par les médias domi­nants, il ne put jamais défendre ses conclu­sions dans les cadres consa­crés.

Entre cam­pagnes dif­fa­ma­toires dans le Monde et Libé­ra­tion, exclu­sion des librai­ries, menaces phy­siques lors de salons ou de mani­fes­ta­tions, et par­fois même gifles et cra­chats, l’écri­vain “mau­dit” subit la rage de ses contemp­teurs. Ils consi­dé­raient que par­ler de géno­cide pour la Ven­dée reve­nait à pro­fé­rer un pro­pos “d’extrême droite” et pou­vait dan­ge­reu­se­ment rela­ti­vi­ser la Shoah.

L’his­to­rien Rey­nald Secher, hérault de la réha­bi­li­ta­tion des Ven­déens sur la scène his­to­rique natio­nale.

Au milieu de cette furie média­tique, cer­tains jour­naux régio­naux, comme Presse Océan, mais aussi natio­naux, à l’ins­tar du Figaro Maga­zine sous la plume de Louis Pau­wels, appor­tèrent leur sou­tien aux tra­vaux de Rey­nald Secher. Plus tard, des figures telles que le jour­na­liste de gauche Pierre Péan se mirent à écrire sur la Ven­dée, recon­nais­sant dans son cas « une tache pour la Répu­blique ».

Les guerres de Ven­dée ont été enfin rééva­luées dans l’his­to­rio­gra­phie, appa­rais­sant comme une page sombre de notre his­toire à l’aune des archives. Le récit contre-révo­lu­tion­naire n’est désor­mais plus tota­le­ment bafoué par le monde aca­dé­mique. Les tra­vaux d’his­toire ont ouvert la voie à des juristes tels Jacques Vil­le­main, spé­cia­liste des géno­cides dans le monde (en par­ti­cu­lier ceux au Rwanda et en Armé­nie), qui ont pu affir­mer que la Répu­blique avait com­mis un géno­cide en Ven­dée, offrant une défi­ni­tion juri­dique à ce qui n’avait été jusque-là qu’un débat mémo­riel puis his­to­rique. 

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dimanche, 28 décembre 2025

Décivilisation : quand nos sociétés s’effondrent de l’intérieur

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Gautier Cruchaudet

Qu’est-ce que la décivilisation, ce concept invoqué il y a deux ans en conseil des ministres par le chef de l’État lui-même pour qualifier la flambée des violences dans le pays ? S’inscrivant dans la filiation intellectuelle de Gramsci et de Norbert Elias, le politologue Gaël Brustier* émet l’hypothèse que l’effondrement économique, social et sécuritaire des sociétés occidentales serait le paravent d’une crise civilisationnelle plus profonde encore. La crise financière de 2008 sonne le glas des promesses heureuses du néolibéralisme et constitue le ferment du populisme qui portera au pouvoir Giorgia Meloni en Italie et Donald Trump aux États-Unis.

L’affaissement de ce que Brustier nomme le « bloc historique » trouve sa genèse dans l’incapacité des élites à proposer un récit capable d’unir la société par un imaginaire commun et un modèle économique profitable à tous – ce que Gramsci appelait le « national-populaire ». Au rebours de l’« intellectuel organique », qui traduit en revendications politiques les aspirations des masses, nos élites, coupées du peuple, tentent d’imposer par le haut leur propre récit. Incapables de construire un bloc historique, elles s’en remettent vainement au passé : ainsi de la panthéonisation de Robert Badinter ou de la promotion posthume d’Alfred Dreyfus au rang de général de brigade.

Débats hystérisés, diabolisation de l’adversaire

Ancien conseiller d’Arnaud Mon- tebourg et de Julien Dray, Brustier pointe également l’échec d’une gauche inapte à offrir une vision du monde depuis la « trahison mitterrandienne » de 1983 : le Parti socialiste, reniant son axiome social pour embrasser la mondialisation et le fédéralisme européen, plonge définitivement dans l’anti-intellectualisme sous le quinquennat Hollande.

Les symptômes de la décivilisation sont nombreux : appauvrissement des idées, brutalisation du débat public (le polémiste a supplanté l’intellectuel), complaisance envers la violence politique – conduisant les défenseurs auto-proclamés de la tolérance à danser sur le cadavre de Jean-Marie Le Pen –, « césarisme » écologique ou sanitaire niant toute remise en cause des dogmes dominants. Théoricien de l’« hégémonie culturelle », Gramsci appelait les intellectuels à mener une « guerre de position » afin de conquérir le cœur du peuple et exhortait les élites poli- tiques au « compromis historique ». Nous sommes à l’exact opposé : un marasme politico-médiatique fait de débats hystérisés sur les réseaux sociaux et les plateaux de télévision, de caricatures et de diabolisation systématique de l’adversaire.

« La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître », écrivait Antonio Gramsci dans ses Cahiers de prison. Pour sortir de cette impasse, Brustier esquisse quelques pistes : un conservatisme du savoir et de l’apprentissage, une recherche de concorde au sein des formations politiques, une forme d’autogestion citoyenne d’inspiration post-libérale. Un programme relativement simple, en somme : retrouver le goût de la nuance, de la rigueur intellectuelle et de l’ouverture d’esprit.

(*) Gaël Brustier, La route de la décivilisation, Ed. du cerf

Source : Le Journal du dimanche

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samedi, 27 décembre 2025

Baromètre politique : Sarah Knafo signe la plus forte hausse de toutes les personnalités politiques

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Emma Ray Opinion internationale cliquez ici

Sarah Knafo signe une percée spectaculaire dans le dernier baromètre politique Verian pour Le Figaro Magazine. Avec une côte d’avenir désormais établie à 18 %, l’eurodéputée Reconquête enregistre la plus forte hausse de l’ensemble des personnalités politiques testées, gagnant trois points en un mois. En un temps record, elle se hisse à la 12e place du classement, devançant des figures installées comme Jean-Luc Mélenchon, Rachida Dati ou François Hollande, dans un contexte pourtant globalement défavorable à de nombreux leaders nationaux.

Cette progression tranche avec la dynamique observée chez d’autres responsables politiques majeurs, dont plusieurs enregistrent un recul notable. Marine Le Pen, Jordan Bardella ou encore Marion Maréchal voient leur cote fléchir, tandis que Sarah Knafo apparaît comme l’une des rares figures à capter une attente nouvelle dans l’opinion. Le phénomène se confirme également dans un autre indicateur clé : selon un récent sondage IFOP sur le souhait de candidature en 2027, elle enregistre là encore la plus forte hausse, avec cinq points supplémentaires, atteignant 18 % d’opinions favorables à une candidature présidentielle.

Cette dynamique s’explique en partie par une exposition médiatique particulièrement efficace. Le passage de Sarah Knafo mercredi 10 décembre dans l’émission de Pascal Praud sur CNEWS a marqué les esprits, tant par le contenu que par l’audience. L’émission a franchi le cap symbolique du million de téléspectateurs, culminant à plus de 1,24 million, écrasant la concurrence sur la tranche horaire. Une performance rare qui confirme l’attractivité du personnage et de son discours auprès d’un public de plus en plus large.

Profitant de cette exposition, l’eurodéputée a livré un plaidoyer offensif sur la gestion de l’audiovisuel public, appelant à sa privatisation et dénonçant ce qu’elle décrit comme une dérive budgétaire déconnectée des priorités des Français. Un discours clivant, assumé, mais qui semble rencontrer un écho certain, à en juger par les réactions et la couverture médiatique qui ont suivi.

Ce succès n’est pas isolé. Dès septembre, Sarah Knafo avait déjà battu un record historique d’audience dans l’émission de Sonia Mabrouk, La Grande ITW, dépassant les 630 000 téléspectateurs, un niveau jamais atteint auparavant. À la croisée des sondages et des audiences, la trajectoire de l’eurodéputée dessine désormais celle d’un phénomène politique et médiatique, dont la montée en puissance s’impose comme l’un des faits marquants de la séquence politique de l’année 2025.

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Nationalisme breton : un hors-série de "Bretons" très léger, orienté, et historiquement déséquilibré

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Yann V. Breizh Info cliquez ici

Le nouveau hors-série du magazine Bretonsconsacré à l’histoire du nationalisme breton, ambitionne de répondre à une question séduisante : la Bretagne serait-elle une « terre d’insoumission » cliquez iciSur le papier, le sujet est légitime. Dans les faits, le traitement proposé pose de sérieux problèmes de méthode, d’équilibre et de rigueur historique.

Une obsession pour la Seconde Guerre mondiale… pour mieux relativiser

Premier malaise : l’obsession manifeste pour la période de la Seconde Guerre mondiale. La couverture, le choix iconographique et une large partie du propos ramènent constamment le lecteur à ces années noires, comme si le nationalisme breton ne pouvait être envisagé qu’à travers ce prisme. Or, paradoxe troublant, le magazine passe ensuite beaucoup de temps à expliquer que ce nationalisme-là fut marginal, insignifiant, presque anecdotique.

Difficile, dès lors, de comprendre la logique éditoriale : pourquoi faire de cette séquence le cœur visuel et narratif du numéro, sinon pour provoquer, vendre du papier et rassurer un lectorat habitué à associer toute affirmation identitaire à une faute morale originelle ? Ce choix entretient une confusion permanente entre contextualisation historique et mise en accusation implicite.

Une histoire amputée de ses racines profondes

Autre faiblesse majeure : tout ce qui touche à l’histoire bretonne est traité de manière superficielle – certes, c’est un format magazine mais quand même. La période ducale, les continuités politiques et juridiques, la lente intégration dans l’ensemble français, les résistances culturelles et linguistiques de long terme : autant de thèmes survolés, quand ils ne sont pas réduits à quelques paragraphes convenus.

Pour un numéro prétendant retracer « l’histoire des nationalistes bretons », cette légèreté est problématique. Les lecteurs déjà informés n’y apprendront strictement rien. Quant aux lecteurs curieux ou profanes, ils repartent avec une vision tronquée, où le nationalisme breton semble surgir presque ex nihilo au XXᵉ siècle, sans véritable profondeur historique.

Un regard idéologiquement marqué sur l’Emsav contemporain

Le biais idéologique apparaît plus nettement encore dans le traitement de la période contemporaine. Les mouvements, partis et acteurs classés à gauche bénéficient de portraits globalement bienveillants, parfois complaisants. À l’inverse, ceux situés à droite ou à l’extrême droite sont présentés sous un jour négatif, soupçonneux, voire disqualifiant.

Le déséquilibre est d’autant plus frappant que le magazine accorde une place centrale à des sociologues, chercheurs et analystes explicitement situés à gauche, présentés comme des autorités quasi incontestables. Leurs grilles de lecture sont rarement confrontées à des approches divergentes, enracinées, historicistes ou non progressistes. La neutralité revendiquée n’est donc qu’apparente.

Il suffit, pour s’en convaincre, de parcourir la bibliographie mobilisée. Les références convoquées relèvent massivement d’un même courant idéologique, au détriment d’auteurs majeurs de l’historiographie bretonne, de travaux plus anciens, ou de lectures critiques du nationalisme contemporain. A aucun moment par exemple, les travaux d’Yves Mervin ne viennent se superposer à ceux de Kristian Hamon, sur la Seconde guerre mondiale.  Ce choix conditionne mécaniquement le récit proposé et limite fortement la pluralité des interprétations.

Un magazine grand public, mais à quel prix ?

Certes, Bretons est un magazine grand public, au format accessible. Mais cette contrainte n’excuse pas tout. Vulgariser n’implique pas de simplifier jusqu’à la déformation, ni d’orienter subtilement le lecteur vers une lecture politiquement confortable. En l’état, ce hors-série ne fait ni œuvre de transmission sérieuse, ni véritable travail d’analyse.

Au final, ce numéro spécial sur le nationalisme breton laisse une impression de rendez-vous manqué. Trop centré sur une période obsessionnelle, trop léger sur les fondements historiques de la Bretagne, trop indulgent avec les acteurs de gauche de l’Emsav et trop sévère avec les autres, il produit un récit biaisé, au sens strict du terme.

Les connaisseurs resteront sur leur faim. Les lecteurs néophytes, eux, risquent surtout d’intégrer une vision partielle et idéologiquement orientée d’une histoire bretonne pourtant riche, complexe et profondément enracinée. Une Bretagne réduite à quelques clichés commodes, là où elle méritait mieux.

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Ce que cache le harcèlement judiciaire contre le révisionniste Vincent Reynouard

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Jérôme Viguès Riposte laïque cliquez ici

Depuis plusieurs années, un glissement discret mais profond s’opère dans le rapport entre la justice et la dissidence intellectuelle. Officiellement, rien n’a changé : la justice continue d’affirmer qu’elle ne juge que des faits, jamais des opinions. Dans les textes, le principe demeure intangible. Dans la pratique, pourtant, de plus en plus d’affaires montrent que la frontière entre l’acte et l’idée s’est considérablement brouillée.

Le cas Vincent Reynouard s’inscrit pleinement dans ce mouvement. Il ne s’agit pas ici de discuter la validité ou la fausseté de ses thèses, ni d’entrer dans un débat historique ou moral, mais d’observer la logique juridique à l’œuvre : ce qui est désormais poursuivi, ce n’est plus un comportement matériel classique, mais la persistance d’un discours jugé incompatible avec l’ordre symbolique établi. La justice ne se contente plus de sanctionner une infraction ponctuelle ; elle s’inscrit dans une logique de neutralisation durable d’un individu au motif que ses idées, répétées, structurées, cohérentes, constituent en elles-mêmes une menace. Ce basculement est fondamental. Il marque le passage d’une justice de l’acte à une justice de l’intention, puis à une justice de l’opinion stabilisée.

Reynouard n’est pas poursuivi pour avoir commis un acte de violence, pour avoir organisé un réseau criminel ou pour avoir porté atteinte physiquement à quiconque, mais pour avoir maintenu, contre vents et marées, un corpus idéologique interdit. La justice considère alors que la constance même de ce discours devient un acte en soi. C’est précisément ce raisonnement qui mérite d’être interrogé, non pour défendre l’homme ou ses thèses, mais pour comprendre le précédent qu’il crée. Car une fois que l’on accepte que la répétition d’une opinion constitue un délit autonome, indépendamment de toute action matérielle, on ouvre un champ d’application potentiellement infini. Aujourd’hui, ce raisonnement s’applique à un négationniste unanimement rejeté dans l’espace public. Demain, rien n’interdit qu’il s’étende à d’autres formes de dissidence idéologique, dès lors qu’elles seront qualifiées de dangereuses pour la cohésion sociale, l’ordre public ou la stabilité démocratique. Ce qui rend ce type de dossier particulièrement structurant, ce n’est pas tant la personnalité de l’individu concerné que la manière dont le droit justifie, encadre et légitime l’intervention judiciaire.

Depuis plusieurs décennies, le droit européen a progressivement déplacé le centre de gravité de la liberté d’expression. On ne se contente plus de vérifier si un propos appelle explicitement à la violence ou à un passage à l’acte, on évalue désormais son potentiel de nuisance abstraite, sa capacité supposée à altérer la cohésion sociale, à nourrir des haines latentes ou à fragiliser un consensus historique, moral ou politique. La parole n’est plus considérée comme une simple opinion exprimée dans l’espace public, mais comme un fait social produisant des effets diffus, différés, parfois impossibles à mesurer concrètement mais néanmoins présumés réels. C’est sur ce terrain que la justice s’autorise à intervenir non pas après un dommage clairement identifié, mais en amont, au nom de la prévention. Ce raisonnement est juridiquement cohérent dans son architecture interne, mais politiquement lourd de conséquences. Car il transforme la justice en arbitre du dicible légitime, chargé de déterminer non seulement ce qui est faux ou vrai au regard de la loi, mais aussi ce qui est acceptable, tolérable ou dangereux pour la collectivité.

La répétition d’un discours interdit devient alors une circonstance aggravante, non parce qu’elle entraîne un préjudice mesurable, mais parce qu’elle manifeste une obstination idéologique interprétée comme une volonté de nuire. La constance d’une pensée est assimilée à une intention délictueuse. La sanction ne vise plus à corriger un comportement ponctuel, mais à briser une persévérance intellectuelle. À partir du moment où ce cadre est admis, une dynamique d’extension devient presque mécanique. Les dispositifs d’exception ne restent jamais confinés à leur cible initiale. Ils s’élargissent, se déplacent. Le traitement judiciaire réservé aujourd’hui à un négationniste unanimement disqualifié fonctionne comme un laboratoire, précisément parce qu’il ne suscite ni empathie ni solidarité transversale. Une société qui accepte que la justice sanctionne un individu non pour ce qu’il fait mais pour ce qu’il persiste à penser crée un précédent qui dépasse largement le cas initial. L’islamophobe pourra être poursuivi pour avoir entretenu un climat de rejet, le climato-sceptique pour avoir diffusé une vision du monde jugée contraire à l’intérêt général. La justice ne dira jamais qu’elle punit une opinion, mais qu’elle sanctionne un discours aux effets indirects, cumulatifs et systémiques.

Ce glissement se fait sans brutalité apparente, sans censure explicite, par accumulation de décisions présentées comme raisonnables, proportionnées et nécessaires. La dissidence reste tolérée tant qu’elle est marginale, fluctuante ou superficielle. Ce qui est visé, c’est la dissidence persistante, assumée, structurée, celle qui refuse l’autocensure. Les médias accompagnent ce mouvement en réduisant certains individus à des étiquettes qui dispensent d’examiner le fond. Le jugement précède l’analyse. La décision judiciaire devient la formalisation d’un consensus moral déjà acquis. La société accepte alors que la justice tranche à sa place sur ce qui peut être soutenu durablement dans l’espace public. Le recours au juge devient une solution de confort pour éviter le débat et la confrontation intellectuelle. On ne réfute plus, on neutralise. Une démocratie solide se reconnaît moins à sa capacité à faire taire ses marginaux qu’à sa faculté à supporter des discours qu’elle juge erronés sans se dissoudre pour autant. Lorsque la justice commence à sanctionner la cohérence idéologique plus que le passage à l’acte, elle cesse d’être le juge des actes pour devenir le gardien des consciences.

Sur le sujet, lire aussi l'article de Balbino Katz publié sur Breizh Info cliquez là

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mardi, 23 décembre 2025

La haine contre Noël : le nouveau dogme d’une gauche qui se déteste

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Balbino Katz

La politique, ces jours-ci, se ralentit, s’alanguit, semble retenir son souffle. Les grandes machines institutionnelles tournent à vide, les mots usés ne mordent plus sur le réel. Dans ces périodes d’atonie, on peut presque faire confiance aux histrions de gauche pour créer des conflits là où il ne devrait pas y en avoir, comme si la discorde tenait lieu d’activité intellectuelle de remplacement.

Ce matin, à la table de ma cuisine, entre deux gorgées de café, je parcourais Libération. Je suis tombé sur un texte signé par Paul B. Preciado, écrivain trans présenté par le journal comme philosophe. L’auteur fut autrefois une femme avant de décider qu’il était un homme. Ce fait, en soi, n’appellerait aucun commentaire s’il ne devenait la clé de voûte d’un système de pensée entier, projeté ensuite sur le monde comme une grille d’interprétation universelle.

L’article s’en prend à Noël. Le ton n’est ni celui d’une critique mesurée ni celui d’une analyse culturelle. Il s’agit d’un réquisitoire. Certaines remarques pourraient pourtant être partagées sans peine. La marchandisation excessive de la fête, son formatage par l’industrie culturelle américaine, la réduction de rites anciens à des objets de consommation, tout cela mérite d’être dit et l’a déjà été, souvent avec plus de finesse. Le cœur du texte n’est pas là.

Ce qui frappe, c’est l’acharnement à faire de Noël un objet intrinsèquement coupable. Pour Preciado, la fête serait un culte chrétien et nationaliste de la famille, un dispositif d’oppression, une mise en scène normative destinée à écraser les identités dissidentes. On retrouve ici la mécanique bien rodée de la déconstruction sociale, qui consiste à nier l’existence d’une norme commune pour la remplacer par une mosaïque de singularités sacralisées.

C’est à cet endroit précis qu’apparaît l’idée centrale, trop souvent laissée dans l’ombre, celle de la norme majoritaire conçue comme maladie. Le terme de « normopathe », employé sans la moindre hésitation, mérite qu’on s’y arrête. Il dit plus que de longs discours. Être conforme à l’ordre humain majoritaire, partager les traits, les habitudes, les structures familiales et symboliques de la majorité, ne relève plus du simple fait anthropologique. Cela devient une pathologie. La normalité est médicalisée, psychologisée, criminalisée presque. L’écart n’est plus un accident ou une épreuve, il devient une supériorité morale. La majorité, elle, est sommée de s’excuser d’exister.

Dans cette logique, l’infirmité disparaît comme réalité tragique pour être rebaptisée « diversité fonctionnelle ». Le mot soigne la blessure en niant son existence. La biologie cesse d’être un fait pour devenir une opinion parmi d’autres. Est femme celui ou celle qui se dit femme, est homme celui ou celle qui se dit homme, indépendamment de toute réalité charnelle. Le langage prétend commander au réel, et le réel, lorsqu’il résiste, est accusé de violence. La norme, autrefois cadre commun, devient l’ennemi.

Les formules employées par l’auteur finissent par dévoiler la nature profonde de son propos. Noël serait « la cruauté de classe, la violence de genre et sexuelle déguisée en cadeau sous le sapin ». Il irait jusqu’à devenir « l’inceste transformé en fête enfantine ». Puis vient l’aveu central, celui qui éclaire l’ensemble du texte, lorsqu’il écrit que, pour les personnes queer ou trans chez les chrétiens, Noël serait le moment du grand reniement de soi. La fête serait intrinsèquement raciste, patriarcale, nationaliste, binaire, commerciale et anti-écologique. Le mot intrinsèquement revient comme un marteau, signe qu’aucune rédemption n’est possible.

Ce texte, en vérité, ne parle pas de Noël. Il parle d’une haine intérieure projetée sur le monde. Il exprime le rejet d’un héritage, d’une continuité, d’un ordre symbolique qui rappelle que l’homme ne se crée pas seul. Or Noël, précisément, rappelle cela. Il rappelle la filiation, la transmission, la famille imparfaite mais réelle, le temps long qui précède et dépasse l’individu.

Noël, pourtant, ne se laisse pas enfermer dans la seule identité chrétienne que ses adversaires lui reprochent. La fête plonge ses racines bien plus profondément, dans notre spiritualité la plus ancienne. Bien avant le christianisme, les peuples d’Europe célébraient le solstice d’hiver, ce moment où la nuit atteint son point extrême avant de céder lentement la place au jour renaissant. Ce basculement cosmique, discret mais décisif, était vécu comme une promesse. On se rassemblait autour du feu, on partageait le pain, on conjurait l’obscurité par des rites simples et charnels. Le christianisme n’a pas effacé cet héritage, il l’a recueilli, baptisé, intégré dans son propre récit. C’est pourquoi Noël parle encore à tous, au-delà des croyances et des dogmes. Il touche une mémoire plus ancienne que les idéologies, une mémoire du corps et du monde.

C’est précisément cette profondeur qui le rend insupportable à ceux qui se sont mis en guerre contre toute forme de continuité. Quand on se déteste au point de vouloir ne plus être ce que l’on est, on finit par haïr tout ce qui rappelle l’ordre dont on est issu. La norme devient une offense, la tradition une violence, la lumière un scandale. Noël, dans ce regard tordu, n’est plus une célébration. Il devient un ennemi.

Source : Breizh.info cliquez ici

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jeudi, 18 décembre 2025

Entretien avec François Fillon

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François Fillon a été le premier à faire les frais d’une justice politique. L’Etat profond ne voulait pas le voir devenir président de la République. Cette même justice – aux ordres de l’Etat profond toujours – a ensuite pris pour cible Marine Le Pen, pour les mêmes raisons que François Fillon, et a réglé ses comptes avec Nicolas Sarkozy qui avait osé mettre en doute leur champs de compétence voire leur légitimité. Dans cet entretien, l’ex-Premier ministre jette un regard lucide sur le chaos qui règne aujourd’hui dans notre pays.

Lire la suite ICI

Source : Le Figaro 18/12/2025

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mercredi, 17 décembre 2025

Indépendance kabyle à Paris : un espoir pour la France

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Emmanuel Crenne

Conseiller Régional d’Occitanie (2015-2021)

Ce dimanche après-midi 14 décembre 2025, sous un ciel d’hiver grisâtre, s’est produit avenue Hoche à Paris, près de l’Arc de Triomphe, un événement historique : la proclamation de l’indépendance de la Kabylie.

Organisée par le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et le Gouvernement provisoire en exil (Anavad), la cérémonie s’est tenue à cet endroit, dans l’urgence et la détermination. Initialement prévue à Versailles, symbole de la grandeur française, elle a été brutalement interdite par la préfecture des Yvelines. Prétexte : « risques de troubles à l’ordre public ».

Une décision politique du Gouvernement français, qui, une fois de plus, plie devant les pressions d’Alger, sacrifiant ses principes et sa grandeur sur l’autel de la realpolitik. Pathétique !

Invité à cet événement, j’étais présent pour soutenir ces courageux Kabyles, menés par leur président, Ferhat Mehenni. Sa voix ferme et passionnée résonnait dans la salle bondée, pavoisée de drapeaux bleu et vert ornés du Yaz, le symbole kabyle de l’homme libre. Vêtu d’un costume sombre, micro en main, il lut sobrement avec émotion la Déclaration d’indépendance, proclamant la liberté de la Kabylie, et traçant les contours d’une république fédérale. Un acte de rupture totale et définitif avec l’occupant algérien, fondé sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, gravé dans la Charte de l’ONU, et même, ironie du sort, dans la Constitution algérienne elle-même.

Je l’avais rencontré brièvement quelques mois auparavant avec Mourad Amelal, son directeur de cabinet, un de mes amis. Il m’était apparu comme un homme doux et courtois, cultivé, presque timide – un artiste plus qu’un tribun. J’ai pensé à son parcours : son long et pénible exil, les menaces d’extradition, les intimidations, la perte terrible de son fils en 2004, assassiné par le pouvoir algérien.

Sa retenue malgré ce drame et ces épreuves force le respect : elle dit quelque chose de profond sur la nature de cette lutte, qui n’est pas seulement politique, mais profondément culturelle, identitaire et ancrée dans une histoire millénaire et glorieuse.

Quoi de mieux pour cette nation qui renaît qu’un homme civilisé pour la diriger : il rappelle Václav Havel par sa dignité et son attachement aux valeurs démocratiques. Ces qualités honorent la Kabylie qui renaît ; elles contrastent avec la violence d’un régime algérien marqué par la dictature et la répression. Et ses compagnons ? Alger les qualifie de « terroristes » mais ce sont des modérés : militants du MAK, poètes, intellectuels – tous ont défié les pressions : harcèlement diplomatique, campagnes de désinformation, voire risques physiques parfois matérialisés. Ils  incarnent la résilience d’un peuple qui refuse l’assimilation forcée et la soumission.

Plus de mille personnes avaient fait le déplacement – diaspora européenne, nord-américaine, quelques-uns venus d’Afrique. La salle était pleine, les visages tendus vers l’estrade. Des applaudissements chaleureux, un hymne national entonné ensemble, des larmes discrètes : rien d’exubérant, mais une émotion sincère, celle de l’espoir d’un peuple qui renaît. En les regardant, je me suis surpris à envier cette unité formidable autour d’un projet commun. Ils ne réclamaient pas seulement un État,  ils cherchaient à retrouver une continuité historique, une langue, des références millénaires – des Numides à la reine Dihya, des gravures du Tassili à la reconnaissance récente du tamazight par l’UNESCO.

Deux petites vidéos que j’ai faites in situ. Cliquer ici et cliquez là.

Cette quête d’enracinement m’a renvoyé à mes propres interrogations sur l’identité française : comment se réconcilier avec son histoire quand elle est fracturée, quand le récit national semble parfois hésiter entre fierté et culpabilité ? Quoi qu’il en soit, comme il est émouvant et profondément réconfortant de contempler cet élan vers la liberté que nous avons en grande partie perdu. Un peuple qui veut recouvrer son indépendance, retrouver son histoire volée, ses langues ancestrales, ses coutumes millénaires avec une fierté que nous leur envions tant elle contraste avec notre nationalisme français, terne, divisé, souvent nostalgique et peu tourné vers l’avenir. Merci aux Kabyles de nous rappeler aujourd’hui que la fierté et l’amour de la patrie ne sont ni des vices ni des chimères du passé, mais des biens précieux pour l’avenir.

L’absence à cette cérémonie des responsables politiques français – qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition dite « souverainiste » – m’a particulièrement frappé. Je comprends sans les approuver les contraintes diplomatiques et d’ordre public qui pèsent sur la majorité actuelle, obsédée par ses alliances pétrolières avec Alger et la présence dans nos cités de nombreux Arabes algériens hostiles. Mais je m’interroge sur le silence des souverainistes, eux qui placent la défense de l’identité et de la souveraineté au cœur de leur discours. Personne parmi eux n’a daigné se montrer, malgré les invitations envoyées…

Soutenir une aspiration comme celle des Kabyles n’aurait-il pas pu enrichir leur réflexion, les inspirer dans leur action politique et montrer que le principe de souveraineté peut s’appliquer universellement ? Leur absence soulève un problème plus large : peut-on défendre ardemment sa propre nation sans reconnaître la légitimité des autres à faire de même ? Cette question me semble essentielle si l’on veut éviter que le patriotisme ne se referme sur lui-même.

Notre pays a donc encore une fois raté un rendez-vous avec l’Histoire. Nous n’attendions rien de Macron, pour qui tout patriotisme est un ennemi, sauf lorsqu’il s’agit de l’Ukraine et de s’opposer aux Russes, bien sûr. Mais que dire de ses opposants souverainistes qui s’érigent en défenseurs de notre indépendance perdue ? Comment croire à leurs intentions ? Alors qu’ils désertent le chevet d’autres luttes légitimes et souvent symétriques. Et comment n’ont-ils pas vu qu’en soutenant l’autodétermination kabyle, ils pourraient mobiliser en leur faveur une partie de l’électorat français d’origine kabyle, qui est assez significative car elle représente plusieurs centaines de milliers de voix ? Ne voient-ils pas non plus que, ne serait-ce que par pure tactique, soutenir la Kabylie c’est aussi et surtout semer « la discorde chez l’ennemi » comme l’écrit de Gaulle, c’est-à-dire affaiblir notre ennemi algérien ?

D’autres voix ont répondu présent. Des délégués québécois, héritiers d’une autre quête d’autonomie, celle du « Québec libre » annoncé par le général de Gaulle. Mais aussi des représentants indépendantistes corses – que nous n’apprécions guère d’habitude, car ils sont aussi nos adversaires – à qui les patriotes français qui les combattent ont laissé, par leur absence, non seulement le champ libre mais aussi une tribune.

Nous aimons chez eux leur patriotisme, car ils sont fiers de leur île, que nous voulons garder. Ils étaient là, côte à côte avec les Kabyles. Ces présences symboliques – discours croisés sur la solidarité des nations captives – ont ajouté une couche d’universalité à l’événement – l’universalité de l’amour de la patrie. Le Québec, avec son référendum de 1995, inspire les Kabyles ; l’expérience corse, avec ses assemblées autonomistes, résonne à leurs oreilles. Ensemble, ils forment un front invisible contre les États centralisateurs et les peuples dominateurs.

En quittant la salle, j’étais exalté, mais aussi pensif. Ce que j’avais vu n’était pas une révolution tonitruante, mais un acte posé, presque méditatif, de réaffirmation d’une identité ancienne : « La Kabylie renaît de ses cendres » nous dit posément son président Ferhat Mehenni dans son discours. Son pays, par cette déclaration, se place désormais sur la scène internationale. Le chemin sera sans doute long et semé d’obstacles.

Alger fulmine, Paris tergiverse, mais l’élan est lancé. Bientôt, l’ONU sera saisie, et le monde devra choisir : la liberté ou la complaisance. Mais au-delà du destin kabyle, cet événement nous renvoie à nous-mêmes : que faisons-nous, en France, de notre propre souveraineté et de notre capacité à accueillir les aspirations des autres sans les craindre ?

Je ne sais pas si cette proclamation changera demain le cours des choses. Mais elle nous a rappelé qu’un peuple qui assume calmement son histoire et son avenir possède une force intérieure rare.

Peut-être est-ce là une leçon dont nous aurions, nous aussi, besoin. Pour que la France, un jour, suive cet exemple magnifique et se réveille enfin pour reprendre son indépendance perdue.

Source Riposte laïque cliquez ici

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dimanche, 14 décembre 2025

Immigration et insécurité. On continue, quoi qu’il en coûte

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Bruno Thouzellier*

« En tout État qui s’est dissous, il se forme des bandes conquérantes et souveraines », écrivait en 1875 l’historien Hippolyte Taine dans Les Origines de la France contemporaine. Les signes de l’abîme dans lequel la France est plongée ne manquent pas : massacres de masse du Bataclan et de Nice, enseignant décapité en pleine rue par un ressortissant tchétchène, prêtre et fidèles égorgés dans leurs églises, explosion des exactions commises par des étrangers sous OQTF, toute-puissance décomplexée d’une « DZ mafia » narcotrafiquante à Marseille, afflux de (faux) mineurs inexpulsables, et enfin impunité des émeutiers d’ultragauche dans les manifestations et les cortèges.

Pas un jour sans qu’un commissariat, des policiers en patrouille, des pompiers en intervention soient atta- qués au cocktail molotov ou au mortier d’artifice par des bandes armées. Ce qu’on appelle pudiquement les « quartiers sensibles » sont entrés en lutte frontale contre l’autorité étatique française. Si l’État a perdu le contrôle de nombreux quartiers périphériques, ce phénomène ne relève pas d’une délinquance « traditionnelle », mais d’une guérilla séditieuse ethnico-religieuse sur fond de trafic de drogue à grande échelle. Il s’agit bien d’une guérilla antifrançaise destinée à substituer à l’autorité républicaine et laïque un autre ordre de nature mi-théocratique, mi-narcotrafiquante. Si les Français subissent passivement cette violence endémique devenue incontrôlable, c’est que la société est pacifique et désarmée.

Désarmement moral des élites

Parler d’ensauvagement de la société permet de noyer le poisson en faisant porter à une masse informe la responsabilité de ce déchaînement, qui est en réalité le fait de quelques-uns qu’il est interdit de nommer sous peine de poursuites pour « incitation à la haine ». Ce constat calamiteux est d’abord la conséquence du désarmement moral des « élites » politico- médiatiques au pouvoir depuis des décennies, de la lâcheté d’une droite somnambule dite « de gouvernement » et de l’activisme d’une extrême gauche désormais représentée au Parlement.

Pire encore, les questions de sécurité et d’immigration sont traitées avec légèreté et insouciance au plus haut sommet de l’État. À cela s’ajoute une dangereuse et immature repentance présidentielle des « crimes » commis par une « France coloniale » présentée comme génocidaire, laquelle a pour effet dissolvant d’encourager la sécession intérieure de communautés déjà passablement hostiles. Face à cette guérilla quotidienne, police et justice sont désarmées, car la chaîne pénale est rompue par une législation pénale paralysante et par un manque flagrant de places de prison.

Sous l’égide du trio Cour européenne des droits de l’homme, Conseil constitutionnel et Conseil d’État, tout est fait pour désarmer l’État. À tel point que l’État de droit est devenu le principal obstacle au rétablissement de la sécurité publique. Le constat est sans appel : la France, en perdant sa souveraineté juridique et le contrôle de l’accès à son territoire, ne maîtrise plus sa sécurité intérieure.

(*) magistrat honoraire et ancien président de l’Union syndicale des magistrats (USM).

Source : Journal du dimanche 14/12/2025

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Lettre politiquement incorrecte à ma sœur, le jour des obsèques de Catherine Bailhache, la guérandaise macroniste assassinée en raison de sa naïveté

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Martin Moisan

Les obsèques de Catherine Bailhache ont donc eu lieu ce vendredi, rassemblant un millier de personnes selon la presse, normalement bien informée. Une pluie d’éloges dithyrambiques ont fleuri ces dernières semaines sur sa disparition : cultivée, investie, généreuse, engagée, philanthrope, profondément humaine… En théorie, toutes les qualités du monde.

Pas un mot en revanche sur l’ignorance et la bêtise de cette femme, pur produit d’une génération soixante-huitarde dont le libertarisme a précipité la France vers sa décadence civilisationnelle.

Centro-centriste, macroniste à ses heures, en tous cas assez naïve pour cautionner par son silence complice parmi les siens l’invasion migratoire des quarante dernière années, y compris et surtout sur la double quinquennat macronien qu’elle a soutenu, à la fois fois témoin et vecteur d’une colonisation étrangère paroxystique, tout cela jusqu’à ce qu’une lame affilée mette un terme final à sa sottise, la transperçant cruellement et sans espoir d’en réchapper.

Alors que ça a abondamment pleuré dans les chaumières et les travées de la collégiale Saint-Aubin, la réalité s’est évidemment imposée, dure, implacable : la baby-boomeuse, enfant chérie des Trente Glorieuses, a finalement péri par où elle a failli.

Triste et tragique, mais belle illustration de la gauche face à ses démons… Le gauchisme tue, ce n’est pas nouveau. Sous la chape de plomb imposée et dont la presse se fait complice, tout en signant très probablement le profil de l’impétrant à perpet’, on aura au moins fait l’économie d’une cérémonie sur la place publique, de bons sentiments en mémoire de la malheureuse, quand même un peu oie blanche sur les bords, de même que d’une marche citoyenne, blanche aussi, de nounours et de bougies.

Au cours de la cérémonie, où étaient présents le maire et la député macroniste Sandrine Josso, le père Paul-Antoine Drouin va évoquer le crime à plusieurs reprises. « On pourrait être tenté par la violence intérieure, la haine, mais ce que Catherine nous laisse comme dernier message dans son dernier combat, c’est bien tout l’inverse. Continuez d’ouvrir votre cœur et votre porte sinon le mal aura triomphé ».

Que dire ? Paix à son âme.

PS. Je sais que je serai qualifié par ma sœur et ses amis d’odieux de service. J’assume.

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samedi, 13 décembre 2025

Jean-Gilles Malliarakis, une vie d’insolence, de fidélité et de combats

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Armand Le Gall, Breizh Info cliquez ici

Jean-Gilles Malliarakis s’est éteint le 7 décembre 2025, à l’âge de 81 ans. Avec lui disparaît une figure singulière de la vie intellectuelle et militante française, un homme que l’on ne comprenait pas toujours, que l’on suivait parfois de loin, mais dont le parcours ne laissait jamais indifférent. Tribun, éditeur, animateur radio, militant aux engagements multiples et souvent déroutants, Malliarakis aura traversé plus d’un demi-siècle de combats politiques avec une constance rare : celle de n’obéir qu’à sa propre logique.

Pour ses amis, il était “Yani”. Pour ses camarades, “Mallia”. Pour ses adversaires, une figure encombrante, inclassable, parfois caricaturée. Pour tous, un homme de caractère, porté par une énergie peu commune et une fidélité presque obsessionnelle aux siens.

Une disparition brutale, malgré la maladie

Affaibli depuis plusieurs mois, Jean-Gilles Malliarakis continuait pourtant à recevoir, à écrire, à débattre. Quelques jours avant son décès, il invitait encore des amis à partager un verre chez lui, entre deux séjours à l’hôpital. La maladie semblait contenue, sous contrôle. Mais finalement elle a eu raison d’un homme que beaucoup n’imaginaient pas vulnérable.

Il repose désormais à Cluny, dans la sépulture familiale, auprès de son père, le peintre Mayo, figure du surréalisme grec et ami de Jacques Prévert et d’Albert Camus. Un symbole, presque un paradoxe, tant le fils a emprunté des chemins idéologiques éloignés de ceux de son milieu d’origine.

Jean-Gilles Malliarakis avait l’âme d’un chef. Très tôt, il se distingue par son goût de l’action, du verbe, de l’organisation. Étudiant à Sciences Po après avoir renoncé aux mathématiques, il s’impose rapidement comme un meneur, un orateur redoutable, un agitateur d’idées. Ceux qui l’ont côtoyé dans les années 1960 et 1970 se souviennent d’un homme toujours en première ligne, prêt à prendre des risques, à assumer les conséquences.

Cette propension à l’action lui vaudra plusieurs passages par les geôles de la République, au fil d’une époque où la violence politique était omniprésente, à droite comme à gauche. Il ne s’en est jamais plaint. Chez lui, la défiance envers la République était ancienne, presque instinctive, et assumée.

Des chapelles multiples, une logique intime

Rarement fidèle à une structure, souvent fidèle à des hommes, Malliarakis a traversé de nombreux courants sans jamais s’y dissoudre. Action française, Jeune Nation, Occident, Ordre nouveau, GAJ, MNR, Troisième Voie… Les sigles défilent, mais l’homme reste.

Il faut comprendre son itinéraire non comme une errance, mais comme une quête. Celle d’une “troisième voie”, ni libérale au sens classique, ni marxiste, ni strictement réactionnaire. Une synthèse personnelle, parfois contradictoire, mais toujours cohérente à ses propres yeux. Ceux qui tentaient de le faire entrer dans une case se heurtaient à son indépendance farouche.

Même ses virages les plus surprenants – sa défense des petits commerçants, sa conversion au christianisme orthodoxe grec, puis son rapprochement avec le libéralisme économique dans les années 1990 – obéissaient à une logique interne, souvent déroutante pour ses proches eux-mêmes.

Un intellectuel avant tout

On aurait tort de réduire Jean-Gilles Malliarakis à l’activisme. Il était aussi, et peut-être d’abord, un intellectuel. Un homme de livres, d’histoire, de doctrines. Il aimait comprendre, transmettre, publier. La reprise de la Librairie française, rue de l’Abbé-Grégoire, fut à cet égard un acte fondateur. Lieu de diffusion d’idées dissidentes, souvent attaqué, parfois vandalisé, la librairie devint un point de passage obligé pour plusieurs générations de militants.

Avec les Éditions du Trident, qu’il fonde ensuite, il poursuivra ce travail éditorial exigeant, publiant des essais historiques, politiques, économiques, et ses propres ouvrages. De Yalta et la naissance des blocs à Ni trust ni soviets, de La Droite la plus suicidaire du monde à La Faucille et le Croissant, son œuvre témoigne d’une curiosité intellectuelle constante, nourrie par l’histoire longue et la méfiance envers les idéologies dominantes.

Sa voix, reconnaissable entre toutes, résonnera longtemps sur les ondes de Radio Courtoisie, où il fut chroniqueur puis animateur. Là encore, il refusa les compromis. En désaccord avec l’évolution de la station, il la quitta publiquement, préférant l’exil médiatique à la concession.

Il poursuivit alors son travail par d’autres canaux : émissions en ligne, interventions ponctuelles, et surtout son blog, L’Insolent, qu’il alimentera jusqu’à ses derniers jours. Le ton y était libre, souvent ironique, parfois provocateur, mais toujours informé.

Ceux qui l’ont connu retiennent avant tout sa fidélité. Fidélité aux morts, aux camarades, aux combats passés, même lorsqu’il s’en était éloigné idéologiquement. Il assistait aux obsèques par devoir, par honneur, par reconnaissance. Il ne reniait pas les amitiés anciennes, même lorsque les chemins avaient divergé.

Il y avait chez lui une nostalgie assumée. Celle d’une jeunesse militante, d’un monde révolu, d’une époque où les idées se vivaient comme des engagements totaux. Une nostalgie lucide, parfois mélancolique, mais jamais paralysante.

Jean-Gilles Malliarakis ne se résume ni aux portraits à charge, ni aux hommages aveugles. Il fut tout à la fois excessif et réfléchi, provocateur et cultivé, autoritaire et profondément loyal. Son parcours épouse les fractures, les errements et les passions de la droite radicale française sur un demi-siècle.

Il laisse derrière lui des livres, des idées, des souvenirs, et une trace durable dans l’histoire des courants dissidents. Qu’on l’ait suivi ou combattu, il fut de ceux qui ne trichent pas avec ce qu’ils sont.

Et pour ceux qui l’ont connu, il restera surtout un ami, dont l’absence ravive une forme de nostalgie. Celle d’un temps où l’on croyait encore que les idées valaient qu’on y consacre une vie entière.

 

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vendredi, 12 décembre 2025

Il y a 70 ans : la vague poujadiste bousculait la France des taxes et du centre mou

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Source Boulevard Voltaire cliquez ici

Le 2 janvier 1956, les candidats de l'UDCA recueillirent 2,4 millions de suffrages, soit 11,6 % des voix.

que le budget 2026 prévoit un nouveau déficit record dans une France championne des taxes de l'OCDE, le professeur Jean-Richard Sulzer jette un regard sur l'histoire et le ras-le-bol fiscal des commerçants et artisans des années 1950 qui accompagna la poussée d'un homme politique appelé à faire parler de lui : Pierre Poujade. Rien n'a vraiment changé...

Le 23 novembre 1955, les députés renversaient le second gouvernement en moins de dix-huit mois. Comme promis, le Premier ministre sortant Edgar Faure et le président de la République René Coty décidèrent, conjointement, de dissoudre l'Assemblée nationale. La date des élections fut fixée au 2 janvier 1956. La campagne, noyée au milieu des fêtes, fut assez calme.

Un fiscalisme envahissant

Seul objet de curiosité : l'UDCA (Union des commerçants et artisans) de Pierre Poujade présentait des candidats sous l'étiquette UFF (Union et fraternité française). Ce mouvement, créé en 1953, s'opposait physiquement à la venue des contrôleurs du fisc, à Saint-Céré puis dans le Lot, voire un peu partout sur le territoire. Les commerçants et artisans s’insurgeaient contre le fiscalisme croissant, et plus spécifiquement contre les contrôleurs « polyvalents », ainsi dénommés car ils pouvaient à la fois effectuer des redressements sur les bénéfices et le chiffre d’affaires. Mais ces brigades, créées en 1950, restaient à l’état d’épouvantail car elles ne comptaient que 316 fonctionnaires répartis dans 16 gros départements.

C’est l’émergence des grandes surfaces qui mit le feu aux poudres ou, plus précisément, celle d’un magasin d’alimentation à Landerneau : son propriétaire, Édouard Leclerc, achetait directement aux producteurs et pratiquait des prix bas grâce à ce circuit court. Les syndicats de petits commerçants invitèrent alors ces producteurs à ne plus fournir le magasin Leclerc. Mais un décret du 9 août 1953 vint interdire un tel refus de vente, ce qui ouvrait une voie royale à la grande distribution.

La vague poujadiste

Au soir du 2 janvier 1956, les résultats du scrutin attribuèrent 2,4 millions de suffrages, soit 11,6 % des voix, aux candidats de l’UDCA. Les résultats en sièges furent plus modestes, du fait d’un scrutin proportionnel biaisé qui avait d’ailleurs été conçu pour nuire aux gaullistes : 52 sièges sur 590. Il n’y avait pas là de quoi déstabiliser l’institution parlementaire ; d’autant plus que 11 élus poujadistes furent invalidés. Par ailleurs, d’autres députés, et non des moindres, s’éloignèrent du mouvement, tels Jean-Marie Le Pen, Jean-Maurice Demarquet et Jean Dides.

La grande scotomisation

Les caciques de la IVe République purent donc se livrer à leur cuisine parlementaire et investir Guy Mollet, le 5 février 1956. Ce gouvernement pléthorique connut un record de longévité, puisqu’il dura 16 mois. Ce ministère de centre gauche, dit de « Front républicain », fut investi par 420 députés, c’est-à-dire bien au-delà des mouvements qui le constituaient : une façon, pour les caciques de tout poil, de réaffirmer leur attachement à un parlementarisme mou. Ils scotomisèrent la poussée poujadiste, tout comme un névrosé refoule dans son inconscient une réalité trop pénible. Car, a posteriori, la vague de 1956 marquerait, pour la IVe République, le commencement de la fin. Le gouvernement de Guy Mollet tergiversa dans le dossier algérien et ne connut qu’une longue suite d’humiliations : journée des tomates, crise de Suez, rationnement de l’essence faute de devises.

Quelle leçon pour l’avenir ?

Le hasard m’a fait rencontrer Pierre Poujade au Conseil économique et social où nous siégions côte à côte. Celui que les communistes qualifiaient d’« hitlérien » me parla de sa guerre : fuite vers la France libre à Alger via l’Espagne, avant de terminer dans la Royal Air Force… On a vu pire nazi !

Puis il me communiqua, documents à l’appui, l’analyse de la vague de 1956 par commune : en plus des travailleurs indépendants, l’UDCA recueillit de forts pourcentages dans les zones rurales, les petites villes et plus généralement dans la ligne de faible densité qu’on appellera plus tard la « diagonale du vide ». En fait, la vague poujadiste a été portée par des classes moyennes attachées à nos traditions, pillées par un fiscalisme indécent, dépassées par des mutations trop rapides et tenues à l’écart des Trente Glorieuses : bref, un concentré de nos fractures françaises.

NDLR SN : sur le mouvement Poujade, vous pouvez aussi lire la Cahier d'Histoire du nationalisme (n°20) qui lui est consacré cliquez là

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Ariège : On ne massacre pas un troupeau impunément

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Alain de Peretti, Riposte laïque cliquez ici

On croyait avoir tout vu : l’industrialisation des terres, la mise au pas des campagnes, la réduction du vivant à des tableaux Excel.
Mais voilà qu’aujourd’hui, au nom d’une DNC brandie comme un talisman bureaucratique, on exécute des troupeaux entiers, on rase des lignées, on efface cent ans de sélection comme on clique sur “supprimer”.

C’est un monde qui s’effondre, et il faudrait encore applaudir ? Il faudrait encore se taire ?

Le crime : tuer le vivant au nom de la gestion du vivant, et abattre des animaux pour ne pas qu’ils meurent !
Un troupeau n’est pas un stock. Une vache n’est pas un produit périmé. Un animal n’est pas remplaçable.
Chaque bovin porte une mémoire génétique unique, tissée par le temps, par les terroirs, par la sueur d’hommes et de femmes qui travaillent avec le vivant — pas contre lui.
Et pourtant, on abat. On abat en masse. On abat pour rien : par réflexe, par protocole, par confort administratif.
On détruit même la viande, à grand renfort de camions, comme si la planète croulait sous la nourriture.
Quel luxe répugnant : gaspiller des tonnes de viande consommable pendant que des éleveurs voient leur vie partir à l’équarrissage.

La trahison : quand ceux qui devraient protéger deviennent les agents du désastre

La profession vétérinaire institutionnelle devrait être la gardienne des valeurs de la vie.
Guérir, accompagner, comprendre.
Mais une partie de ses structures s’est muée en bras armé bureaucratique de la procédure : on valide des abattages comme on approuverait une commande de fournitures.
Où est passé la vocation de soigner ?
Les associations de protection animale, si promptes à s’indigner pour un chien oublié dans une voiture, restent muettes face à des centaines de bovins condamnés sans procès.
Là, plus de cris, plus de vidéos larmoyantes. Silence radio.

Quant aux porte-étendards de l’écologie de salon, il faudrait leur rappeler une vérité simple :
les prairies existent parce que les vaches y vivent, les paysages survivent parce que les paysans les entretiennent, la biodiversité se maintient parce que l’élevage extensif structure les écosystèmes.
Mais non : depuis leurs bureaux citadins, ils rêvent d’un monde “naturel” sans paysans — un désert de friches stériles sous un vernis vert, couvert d’éoliennes et de « fermes » photovoltaïques.
Et que dire de nos médias « labellisés » qui préfèrent disserter des derniers soubresauts d’un système à l’agonie plutôt que braquer les projecteurs sur ce qui se passe dans nos campagnes ?

Le refus : les paysans ne se laisseront pas effacer

On pensait les éleveurs résignés, dociles, voués à l’effacement. Erreur fatale.
Une colère sourde monte des campagnes, une colère de racines, de terre, de bêtes vivantes.
Les tracteurs bloquent les routes. Les éleveurs veillent leurs troupeaux condamnés comme on veille des martyrs.
Les collectifs se lèvent, les voix se libèrent, et les mensonges officiels se fissurent.
Parce qu’à un moment donné, il faut dire NON.
Non à la mort automatique.
Non au sacrifice du vivant.
Non à ce système qui détruit au lieu de protéger.

La vérité : ce ne sont pas les paysans qu’on abat — c’est notre avenir

À chaque bête qu’on tue pour satisfaire un protocole, à chaque lignée qu’on efface pour éviter un examen, c’est notre rapport au vivant qu’on mutile.
L’agriculture paysanne ne demande pas la charité.
Elle réclame la raison, la science, la prudence — la vraie, pas celle qui tue à l’aveugle.
Ce texte est une alerte. Un cri. Une rupture du silence.
Parce qu’on ne massacre pas un troupeau impunément.
Parce qu’on ne balaye pas un patrimoine génétique comme de la sciure.
Parce qu’on ne piétine pas ceux qui nourrissent le pays sans provoquer une révolte de dignité.
La résistance paysanne ne fait que commencer. Et cette fois, elle ne se laissera plus étouffer.

L’Ariège est une terre de résistance, souhaitons que s’y produise l’étincelle qui enflammera la plaine et qui mettra fin à ce cauchemar !

Lire aussi, sur Riposte laïque : cliquez ici

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jeudi, 11 décembre 2025

Nous sommes tous des prisonniers…

Jouir sans entraves', ce slogan prometteur de mai 68 fut aussi source  d'abus sexuels | TV5MONDE - Informations

Guillaume d’Aram de Valada

La société hédoniste post-soixante-huitarde a imposé sa vision : se libérer de toutes contraintes. Par le mot contrainte, les « nouveaux prêtres » du « jouir sans entraves » savaient bien ce qu’ils professaient et quels dégâts durables ils comptaient imposer. On y est, messieurs ! Quel homme normalement constitué ne cherche pas à se libérer d’une contrainte, en l’effaçant au mieux, en la réduisant au pire ?

L’affaire était donc bien dans le sac avec ses slogans racoleurs pour esprits en mal de liberté immédiate : « Interdit d’interdire », « Le vieux monde est derrière toi », « Du passé faisons table rase », « Détruisons la famille traditionnelle » , « Libérons nos corps », et on en passe ……. Pourtant, l’affaire allait prendre un certain temps, comme le fût du canon à se refroidir, en gros deux décennies. Dans les années 80, le cliquet était bien arrimé en haut de la roue crantée. Vingt ans, l’âge de l’insouciance, l’âge où tout semble possible. Nos fils de bourgeois, théoriciens de la « libération de la société bourgeoise et de ses carcans » , celle-là même qui les avait bien nourris et qui les nourrit encore, en bousculant les codes, les principes jusqu’aux cellules de bases de la société, ils ont réussi leur coup, un coup de maître. Ils ont rendu l’individu interchangeable, libre de toutes contraintes sociales, familiales, professionnelles, libre de se passer de tout, y compris de lui-même.

Ils ont enfermé "l’homo festivus" dans une prison dans laquelle il veut vivre, dormir et crever jusqu’au bout, heureux d’être prisonnier d’un nihilisme qui ne dit et ne dira jamais son nom. Cette société diluée dans le relativisme permanent et dans la dictature intellectuelle, ce terrorisme qui fait plus de dégâts qu’une bombe dans un supermarché !

Cette société mettra longtemps à retrouver ses bases, ses "piliers en pierre de taille" et ses cellules traditionnelles vitales. Seules, certaines familles, qui ont fait le choix difficile et rigoureux de s’écarter de ce "modèle sociétal", ne sont pas emprisonnées. Elles se sont libérées en sciant les barreaux pour s’évader et vivre selon les vieux principes, les vieux codes, et les traditions communautaires traditionnelles, toutes ces valeurs fondatrices de la Cité. Elles ont construit leur isolats cher à Jean Raspail.

Il ne faut surtout pas se moquer de ces "Indiens" qui se regroupent dans leurs "forêts", dans leurs écoles, dans leurs foyers. Ils ont un grand mérite. Ils symbolisent en quelque sorte cette "garde avancée" de ce qui arrivera inéluctablement, lentement mais sûrement. Dès 1973, Le Camp des saints avait tout dit ou presque sur ce sujet. Ce livre prophétique de Jean R., même les politiciens de tous bords se le passaient sous le manteau, comme un pamphlet de leur propre inconséquence. Ce livre nous donne les clés du geôlier.

Toute la littérature de ce "vieux conquistador" repose sur la description même de la prison dans laquelle nous sommes enfermés. La masse des prisonniers célèbrent tous les jours leur prison, celle qu’ils ne veulent surtout pas quitter, non, surtout pas. Et, nous, dans nos "QHS" (quartiers de haute sécurité) dans lesquels on nous a parqués, on arrive tant bien que mal, en évitant le regard des matons, à se passer des mots écrits à la hâte, ces bouts de papier remplis d’espérance et de colère rentrée. C’est notre lien, notre "adrénaline", et aussi ce "miel" qui nous garde en vie….au nez et à la barbe des décérébrés de l’autre cour, à l’autre bout de la prison. La prison et ses "quartiers de haute sécurité", où les idées sont mises en coupe réglée, où ceux qui osent pourfendre l’idéal hédoniste soixante-huitard sont mis au mitard, la prison dans la prison, à fond de cale, avant d’être consumés à petits feux médiatiques.

Alors, que faire pour ne pas pourrir en taule ? Rassembler les taulards dans l’autre cour et mettre le feu à la prison, au risque de se faire mitrailler du haut des miradors ? Se battre contre ceux de l’autre cour, celle des post-adolescents attardés et drogués d’individualisme destructeur ? Pour ne pas mourir en taule, il n’y a qu’une seule chose à faire et c’est encore Jean Raspail qui le dit le mieux : « Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l’on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n’assiège plus parce que la vie s’en est allée ailleurs ».

Source : Le Nouveau Présent, cliquez ici.

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In memoriam Jean-Gilles Malliarakis (1944-2025)

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Yvan Benedetti Jeune Nation cliquez ici

Le même jour que Lajos Marton, le 7 décembre, nous quittait Jean-Gilles Malliarakis.

Que les temps sont durs ! La perte de nos amis, camarades ou connaissances de combat est la marque du temps qui passe, inexorable.

Quand je suis entré en militantisme à Paris, il était incontournable. Il occupait une place à la mesure de son tempérament. Je le revois dans sa Librairie française, où il avait succédé à Henry Coston, un fusil de chasse à portée de main derrière son bureau. Il est celui qui m’a conseillé la lecture d’un livre qui a marqué mes jeunes années : « Les 7 piliers de la Sagesse » de Lawrence d’Arabie. J’ai très peu milité avec lui, nous avons fait deux ou trois manifestations ensemble. Quand j’ai rejoint l’Œuvre française, le Regroupement nationaliste qui rassemblait son Mouvement Nationaliste Révolutionnaire avec celui de Pierre Sidos ainsi qu’avec le Parti Nationaliste Français venait de se dissoudre. Je me souviens aussi de ma première réunion militante en tant que spectateur à Paris, dans la salle historique des Sociétés savantes, aujourd’hui disparue. Je fus impressionné par l’éloquence et la verve du personnage politique que je découvrais.

Confronté à un choix, c’est vers Pierre Sidos et son Œuvre française que je me tournais, préférant la rigueur et la cohérence de la doctrine nationaliste de ceux de la rue Caillaux au tercérisme du condottiere « Mallia ». Nos chemins militants ensuite furent parallèles.

Un grand nom hélas trop peu connu aujourd’hui en politique s’en est allé.

Que son souvenir reste dans l’histoire de ce nationalisme de l’après-guerre d’Algérie qui reste à écrire.

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mercredi, 10 décembre 2025

Le dogme du dérèglement climatique anthropique et ses dissidents

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Johan Hardoy, Polémia cliquez ici

Ancien dirigeant d’entreprise, Guy Barbey est le président de l’association Climat et Vérité, qui publie chaque semaine sur internet une revue de presse gratuite en vue de « favoriser un débat ouvert et pluraliste sur la science climatique et sur la transition énergétique ». Dans un livre très documenté, Les dissidents du climat — Les thèses du GIEC en question (Éditions Bookelis, 286 pages, 18 euros), préfacé par le professeur Paul Deheuvels, membre de l’Académie des sciences, et par le polytechnicien Michel Vieillefosse, vice-président de l’association des anciens du Centre national d’études spatiales, l’auteur démontre comment l’ONU, via le GIEC, poursuit des objectifs politiques en imposant « la culpabilisation du CO2 anthropique à la communauté internationale ».

Le GIEC est un organisme politique

L’Intergovernmental panel on climate change (IPCC) a été créé en 1988 par l’ONU, suite à une initiative du G7 impulsée par Ronald Reagan et Margaret Thatcher qui souhaitaient notamment réduire l’influence des syndicats de mineurs dans leurs pays respectifs.

La traduction en français, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), laisse à penser que ses participants possèdent un statut d’expert alors qu’ils ne sont que des représentants désignés par les États membres.

La mission de cet organisme consiste à s’intéresser à l’influence humaine sur le climat, et non à étudier les causes naturelles pouvant l’affecter telles que les rôles du soleil et de l’océan, les changements d’orbite de la terre, etc.

« Comment le GIEC peut-il prétendre procéder à des analyses neutres alors que sa maison-mère, l’ONU, a décrété et fait approuver en 1992, dans la Convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique, la condamnation du CO2 anthropique par anticipation ? »

Son premier objectif a consisté à « étouffer toute velléité des scientifiques indépendants de contester la thèse du rôle central du CO2 anthropique dans le réchauffement climatique ».

Aujourd’hui encore, « de nombreux scientifiques n’osent plus s’exprimer car ils craignent des représailles », tandis qu’« une douzaine de pétitions internationales comportant parfois des milliers de signatures de scientifiques sont restées sans réponse ».

Une scientificité douteuse

Guy Barbey a initialement adhéré aux conclusions formulées par le GIEC, dont la crédibilité scientifique lui paraissait établie, avant de lire les critiques argumentées de scientifiques renommés qui subissaient une véritable omerta.

L’auteur ne conteste pas le réchauffement climatique en cours mais s’efforce d’en comprendre les causes : « C’est le rôle central accordé aux gaz à effet de serre et en particulier au CO2 anthropique dans le réchauffement climatique ainsi que l’objectif de neutralité carbone en 2050 qui sont en question. »

Depuis l’origine, « le GIEC a multiplié les prédictions apocalyptiques sur l’évolution du climat, qui se sont révélées largement fausses chaque fois qu’il a été possible de les vérifier ».

Sur la base de modèles mathématiques très simplifiés et en désaccord avec les mesures de la température de l’atmosphère, des rapports, régulièrement publiés, concluent à la culpabilité du CO2, tandis que les thèses critiques sont passées sous silence.

Contrairement au principe de la démarche scientifique qui consiste à émettre des hypothèses puis à comparer les théories à la réalité, ces rapports partent des conclusions voulues par les rédacteurs finaux, tout en utilisant un artifice qui consiste à apposer les noms de tous les contributeurs pour suggérer que chacun d’eux valide lesdites conclusions.

Des falsifications graves sont avérées, comme dans le rapport de 1995 où les conclusions de scientifiques n’ayant pas attribué les changements climatiques à l’augmentation des gaz à effet de serre ont été modifiées dans la rédaction finale.

Par ailleurs, malgré le haut degré de confiance qui leur est attribué, « les prévisions ou projections faites à partir des modèles ne sont pas fiables », d’autant plus que la complexité du sujet étudié est accentuée par l’existence d’une trentaine de climats différents et non d’un seul, selon la classification retenue par les géographes.

Une manipulation d’envergure est apparue lorsque l’évolution des températures admise par les scientifiques depuis le Moyen Âge a été contestée par un certain Michael E. Mann en 1998. L’histoire du climat démontre que des périodes de fort réchauffement ont alterné avec des périodes de fort refroidissement, sans que ces variations puissent être attribuées à l’activité humaine du fait de l’existence d’un optimum médiéval plus chaud que la période actuelle, suivi d’un petit âge glaciaire et d’une remontée des températures vers 1850. Les conclusions de ce « jeune climatologue fraîchement diplômé », effaçant à la fois cet optimum et ce petit âge glaciaire tout en mettant en évidence « une accélération très marquée de la température de la planète depuis le début du XXe siècle », ont été retenues par le GIEC qui leur a donné une publicité considérable, malgré le fait que la courbe des températures présentée par l’intéressé ait fait l’objet de solides critiques scientifiques et déclarées fausses par une commission sénatoriale américaine en 2006.

En 2011, le GIEC a également « annoncé en grande pompe » que « 77 % des besoins énergétiques de la planète pourraient être fournis par les énergies renouvelables en 2050 », alors que l’Agence internationale de l’énergie estimait leur potentiel à 10 %. Cette information erronée a servi de référence aux travaux préparatoires des Accords de Paris en 2015.

L’Occident doit payer et s’appauvrir

Les énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz naturel) fournissent près de 80 % de l’énergie primaire dans le monde. Selon l’Agence internationale de l’énergie, ce pourcentage ne pourra faiblir que lentement car tous les pays en ont grandement besoin, soit pour sortir de la pauvreté, soit pour défendre leur niveau de vie.

L’objectif de la « neutralité carbone », fixé à l’horizon 2050, entraînerait de fait les nations occidentales vers la décroissance économique et l’appauvrissement, pendant que d’autres puissances ne se restreindraient nullement.

Les thèses avancées par le GIEC conduisent en réalité à un « grand marchandage financier planétaire » dans lequel les pays industrialisés sont déclarés responsables du réchauffement climatique et sommés de « payer des sommes substantielles au reste du monde pour l’aider à faire face à cette situation nouvelle ».

Un haut dirigeant du GIEC, Ottmar Edenhofer, a ainsi déclaré : « Il faut dire clairement que nous redistribuons en fait la richesse du monde par la voie de la politique climatique. »

L’exigence d’un débat scientifique

À l’inverse de ce qui est couramment avancé, de nombreux scientifiques (dont des prix Nobel), universitaires et experts n’adhèrent pas au dogme du réchauffement climatique anthropique lié à la combustion des énergies fossiles.

L’auteur consacre de longues pages à recenser en détail « les voix des Dissidents du climat, étouffées par l’omerta » (dont l’association de scientifiques belges Science, climat et énergie, qui propose sur son site internet une excellente recension du livre de Guy Barbey).

Au moment où cette contestation scientifique ne peut plus être ignorée, le risque est réel que, sous prétexte de sauver la planète, ces dissidents climatiques soient l’objet de mesures liberticides : « On pourrait très bien entrer en France dans une nouvelle phase où la censure sera officialisée et les contrevenants sanctionnés. »

Il est pourtant indispensable d’exiger une confrontation honnête et publique entre les tenants des thèses opposées : « La France s’honorerait à prendre la tête d’une telle initiative visant à faire revivre le pluralisme scientifique écrasé par trente ans d’hégémonie onusienne. »

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lundi, 08 décembre 2025

Lajos Marton, le Hongrois qui voulait tuer de Gaulle, a rejoint les oies sauvages

Nicolas de Lamberterie

Ce dimanche 7 décembre 2025, Lajos Marton (1931-2025), un acteur et un témoin des grandes déchirures du XXe siècle, s’est éteint.

Lajos Marton voit le jour en 1931 dans une famille pauvre de la petite paysannerie de l’Ouest de la Hongrie, et étudie au lycée grâce à une bourse destinée aux familles modestes. Il devient officier de l’armée hongroise, et bien qu’il ne soit pas membre du Parti Communiste, il intègre par erreur l’État-major de l’Armée de l’Air (qui voulait recruter Lajos Márton ; une fois leur bévue constatée, ses officiers supérieurs n’ont pas osé corriger l’erreur, de peur de représailles). Farouchement anti-communiste, il transmet à l’ambassade américaine en 1955 et en 1956, prenant des risques inconscients, des documents confidentiels sur les installations militaires en Hongrie.

Qualifiant cette question d’énigme de sa vie, Lajos Marton n’a jamais su pourquoi il n’a pas été arrêté, alors qu’il a su par la suite que toutes les entrées à l’ambassade américaine étaient strictement surveillées par les services communistes hongrois. L’une des hypothèses est que les services voulaient identifier un réseau, et ne pouvaient pas imaginer qu’il agissait en loup solitaire.

Il a naturellement pris part à l’insurrection anti-soviétique de l’automne 1956. Il s’est battu de ses propres mains contre les soldats soviétiques, même s’il n’avait aucun plaisir à raconter (même en privé) certains épisodes sanglants auxquels il a pu participer. Durant ces journées folles, il occupe des responsabilités à l’aéroport de Budapest, et intervient pour permettre au photographe français Jean-Pierre Pedrazzini, blessé, d’être évacué.

Condamné à mort, il fuit pour Paris, car le siège de l’OTAN s’y trouve. Il pense reprendre du service auprès des forces de l’OTAN pour poursuivre sa croisade contre le communisme et pour la libération de la Hongrie. Mais il constate assez rapidement que ses services n’intéressent pas les Occidentaux. Il gardera jusqu’à la fin de sa vie une rancœur d’avoir été un soldat abandonné et trahi. A l’inverse, il n’a pas gardé de rancœur contre les Russes, depuis qu’ils ont cessé d’occuper son pays.

Rapidement, c’est une vie d’exilé qui attend Lajos Marton. Mais la France d’alors est en pleine ébullition en raison de la situation algérienne. Naturellement entré en contact avec des militaires français, Lajos Marton participe à l’Opération Résurrection en 1958 qui voit le retour du Général de Gaulle aux commandes du pays. Et il se voit embarqué dans l’OAS, et dans l’opération Charlotte Corday, qui a pour objectif d’assassiner le chef de l’État en 1962.

Dans ce commando d’une douzaine de personnes, commandé par Jean Bastien-Thiry, Lajos Marton retrouve deux autres hongrois, eux aussi réfugiés de 1956 : Gyula Sári et László Varga. Gyula Sári avait fui la Hongrie en 1951, combattu en Indochine dans la Légion (d’où il reviendra avec quelques morceaux de métal dans la jambe), et était retourné en Hongrie en octobre 1956 pour combattre les Soviétiques. Quant à László Varga, il avait participé lui aussi, à l’âge de 14 ans, aux combats de Budapest 1956.

Les Hongrois du Petit-Clamart : Gyula Sári, Lajos Marton, László Varga.

Le commando que l’on pourrait presque qualifier de franco-hongrois organisera le célèbre attentat de Petit-Clamart, dont Charles de Gaulle n’échappe que d’extrême justesse. Les participants sont rapidement identifiés et arrêtés. Bastien-Thiry, leur chef, est fusillé. Lajos Marton, qui a été condamné à mort par contumace, parvient à se cacher pendant plus d’une année, et n’est arrêté qu’en septembre 1963.

Il a droit à un nouveau procès, durant lequel – au grand dam de son avocat affolé par de tels propos – il déclare n’avoir aucun regret, à l’exception d’avoir échoué à accomplir sa mission. Il est condamné à 20 ans de prison. Moins de 5 ans plus tard, il est amnistié comme la plupart des anciens de l’OAS.

Âgé de presque 40 ans, Marton se lance alors dans une vie enfin normale : il trouve un emploi, se marie, et aura trois enfants. Il obtient la citoyenneté française à la fin des années 1970.

Seule exception à sa vie une bonne fois pour toute rangée : en 1983, il accepte une mission de la DGSE pour intervenir au Tchad, pour aider le gouvernement tchadien contre une insurrection pilotée par le colonel Kadhafi.

En 2002, Lajos Marton publie une première fois ses Mémoires, éditées par les Éditions du Rocher. Il révèle pour la première fois la participation d’un haut-fonctionnaire dans la préparation de l’attentat du Petit-Clamart, Jacques Cantelaube, qui avait demandé aux conjurés de faire connaître son action après sa mort.

Voilà ce que l’on peut dire de l’homme « public » qu’était Lajos Marton.

J’ai connu Lajos Marton en 2006-2007. J’avais 20 ans, il en avait 75. Lui était un homme d’âge avancé, un Hongrois vivant en France. Moi un jeune homme français avec un pied en Hongrie. Il était doté d’une mémoire d’éléphant et d’un enthousiasme généreux déconcertants.

Aussi curieux que cela puisse paraître, je n’éprouvais pas d’intérêt prononcé (autre qu’historique) pour les causes dans lesquelles il s’est engagé. Les combats auxquels Lajos Marton a participé appartiennent au passé, et c’est à l’Histoire de les juger.

Ce qui m’impressionnait en revanche, c’était le courage (presque insensé) dont ce fils de petit paysan avait fait preuve toute sa vie. Ainsi que la façon dont il avait traversé les épreuves de l’existence. Il n’a notamment jamais revu sa mère, décédée dans les années 1970, car il ne pouvait pas retourner en Hongrie. Il n’a jamais renié un seul de ses engagements. Sorti de prison presque quarantenaire et sans le sou, il était parvenu malgré tout à construire une vie familiale et professionnelle honorable.

Des lettres envoyées depuis la France par Lajos Marton à sa mère restée en Hongrie. La plupart ont été interceptées par les services communistes, et n’ont pas été transmises au destinataire. Lajos Marton les a récupérées lors de l’ouverture des archives communistes.

C’est sans doute cette vertu qui m’a laissé la plus profonde impression. C’est ce qui m’a motivé à participer à l’édition de ses Mémoires en Hongrie. Cette publication, en 2011, a donné lieu à une tournée mémorable dont nous chérissions tous deux le souvenir. 26 conférences en 21 jours dans quatre pays, 5000km, le tout en pleine été dans une vieille Lancia non-climatisée : nous y avions tous deux laissé 5 kilos ! Lajos avait alors 80 ans, et il était pourtant frais comme un jeune homme.

Maintenant, « Oncle Lajos », comme les Hongrois l’appelaient, appartient à l’Histoire. La mort qu’il a trompée tant de fois l’a finalement rattrapé, à l’âge avancé de 94 ans. Ses écrits demeurent. Ils évoquent des faits historiques déchirants, et laissent apparaître une valeur intemporelle : celle du courage des hommes indomptés.

Source : Breizh-Info, cliquez ici.

Lajos Marton était un ami de longue date. Synthèse nationale adresse ses plus sincères condoléances à sa famille.

SN

12:40 Publié dans Nous avions un camarade..., Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

L’AfD continue de dominer les sondages en Allemagne

Afd

La rédaction du Nouveau Présent (cliquez ici)

Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) continue de dominer le classement des formations politiques allemandes. C’est ce que révèlent les résultats d’un sondage réalisé par l’institut sociologique INSA réalisé pour le quotidien Bild.

L’AfD est prêt à recevoir les voix de 26% des personnes interrogées. Par rapport à la semaine dernière, le parti a perdu 1%. La cote de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et chrétien-social (CSU), qui occupe la deuxième place, reste inchangée à 25%.

Le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) est soutenu par 15% des participants à l’étude (sans changement). La cote du parti La Gauche (Die Linke) a augmenté de 1%, atteignant 11%, et dépasse désormais celle des Verts, qui obtiendraient 10% des voix en cas d’élections législatives dimanche prochain. Les autres partis ne pourraient pas franchir la barre des 5% nécessaire pour entrer au Bundestag.

Le sondage a été réalisé du 1er au 5 décembre, auprès de 1.206 personnes.

09:10 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |