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mardi, 06 octobre 2026

Élections brésiliennes : au royaume pourri de Lula

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Source Polémia cliquez ici

Les élections brésiliennes, qui commenceront le 4 octobre 2026, se dérouleront dans un climat nauséabond, marqué par de nouveaux scandales de corruption dont l’ampleur se monte à des dizaines de milliards d’euros, sur fond d’une véritable dictature judiciaire, travestie en démocratie d’État de droit, qui légifère en faveur de l’actuel président Lula. Les élections qui viennent sont, pour la majorité des Brésiliens, celles de la dernière chance. Si l’alternance n’a pas lieu, il est fort probable que le Brésil s’enfoncera définitivement dans ce nouveau genre de dictature postmoderne, qui se pare des atours de la démocratie et utilise la lutte contre l’extrême droite fantasmée pour en finir avec l’opposition.

Charles Granfeu

 

L’encerclement juridique de Bolsonaro

Pour comprendre la situation brésilienne, un bref retour en arrière est nécessaire.

Lorsqu’en 2018 Bolsonaro est élu (juste après avoir été poignardé à l’abdomen par un couteau doté d’une lame de 40 cm), le Brésil sort d’une longue période de gestion du Parti des Travailleurs (PT) de Lula, une gestion catastrophique en tous points mais surtout émaillée d’énormes scandales de corruption.

Le dernier et plus gros, le scandale de la Lava Jato en 2014, est estimé à un montant total de fonds détournés et de pots-de-vin de près de 43 milliards de reais (soit 13 milliards de dollars). Pour la première fois au Brésil, la justice enquête sérieusement et punit les coupables, Lula est condamné à 9 ans et 6 mois de prison pour corruption active et blanchiment d’argent (16 autres procès, en principe, l’attendaient).

Le combat contre la corruption étant une promesse de campagne de Bolsonaro, les investigations continuent et se rapprochent du Supremo Tribunal Federal (STF), la plus haute cour de Justice de l’État, et commencent à mettre en cause au moins un ministre, Dias Toffoli. Immédiatement, le STF réagit en mettant en place les outils d’une véritable dictature judiciaire visant, d’une part, à se protéger contre toute mise en cause d’un de ses membres et, d’autre part, à saboter et criminaliser le gouvernement Bolsonaro.

Les principaux outils de cette dictature sont constitués par l’ouverture d’enquêtes judiciaires d’office, ce qui est normalement illégal et inconstitutionnel. La première d’entre elles, dite des « fake news », va servir à contrôler la liberté d’expression. Par la suite, celle des « milices numériques » vise à criminaliser l’activité politique, celle des « actes antidémocratiques » à encadrer le droit de manifester et celle de la « Covid » à criminaliser la politique du gouvernement Bolsonaro (bien que rejetant le politiquement correct du moment, celui-ci a pourtant été en tous points exemplaire).

Durant les quatre ans de cet encerclement politico-juridique, les deux tiers des députés bolsonaristes et la presque totalité du gouvernement Bolsonaro sont inculpés dans au moins une de ces quatre enquêtes, dont l’ensemble vise à accuser la droite bolsonariste de préparer un coup d’État.

La libération de Lula en vue de l’élection présidentielle

Parallèlement à ce siège judiciaire, Lula est libéré dans la perspective de l’élection de 2022. En 2019, toutes ses condamnations sont annulées et ses droits civiques restitués. Un an plus tôt, le STF avait pourtant confirmé sa culpabilité et ses condamnations, mais au diable ! On défait tout, et l’opération Lava Jato avec, et des centaines de condamnés sont libérés. La remise en selle de Lula représente la fin des espoirs d’une république propre et du long travail d’assainissement entrepris.

Cette élection présidentielle est un scandale absolu. Une persécution féroce vise la campagne de Bolsonaro, tandis que celle de Lula bénéficie d’un favoritisme décomplexé. Bolsonaro, qui a très peur de la fraude, réussit à passer un accord avec le STF, qui accepte que les ingénieurs informatiques des forces armées participent à la vérification des urnes électroniques et du décompte public des votes. Lorsque la fin du second tour arrive, l’accord est purement et simplement renié. Quand Bolsonaro proteste, son parti est mis à l’amende pour la somme de 22 millions.

La révolte

Le traitement juridique des élections par le STF, et surtout par le ministre (juge) Alexandre de Moraes, écœure toute la droite. Dans tout le pays, des manifestations sont organisées et des villages de tentes sont montés devant les casernes pour demander aux militaires de faire respecter l’accord passé entre le STF et Bolsonaro, mais rien n’y fait.

Deux mois plus tard, Lula est intronisé. Le 30 décembre 2022, Bolsonaro part en vacances en Floride avant même de céder l’écharpe présidentielle, non sans avoir nommé le nouveau chef des armées choisi par Lula.

Le 8 janvier 2023, une manifestation est organisée à Brasilia contre ce vol électoral. 5 000 personnes se réunissent sur la place des Trois Pouvoirs, où sont situés les bâtiments du STF, du Congrès et du Palais présidentiel. Contre toute attente, à l’arrivée du cortège, la police ouvre le périmètre de sécurité, comme le montrent de multiples vidéos montrant le retrait des effectifs de police. La majorité des manifestants, d’une moyenne d’âge de 50 ans, est pacifique. Ils sont venus en famille et, évidemment, sans armes. Mais la situation dégénère, les bâtiments sont envahis et, si on assiste à de nombreuses scènes de vandalisme, de nombreux participants s’y opposent en formant des cordons humains pour empêcher les dégradations. Cependant, le mal est fait, car la manifestation a viré à la catastrophe. Soudain, la police surgit de nulle part et, en 20 minutes, 450 personnes sont arrêtées.

Cet épisode devient l’argument incontournable du STF d’Alexandre de Moraes pour accuser Jair Bolsonaro d’une tentative de coup d’État, alors que celui-ci était en vacances en Floride. Peu importe, une mascarade de procès bâclé l’a condamné, en septembre 2025, à 27 ans et 3 mois de prison (il est actuellement en détention domiciliaire pour raisons humanitaires à Brasilia).

Dès lors, ce sont des milliers de personnes qui sont persécutées et très lourdement condamnées (entre 14 et 17 ans de prison). De nombreux députés et membres du gouvernement sont également condamnés. Les droits de la défense sont systématiquement bafoués car la plupart des inculpés n’ont pas accès à leur dossier et sont jugés collectivement pour accélérer la procédure, de nombreux dossiers sont basés sur des rapports de police falsifiés, j’en passe et des meilleurs.

Cette persécution politique continue jusqu’à ce jour, et les quatre premières enquêtes ouvertes par Alexandre de Moraes servent d’outils juridiques pour la mener à bien. Il s’agit d’épurer la République brésilienne de « l’extrême droite ».

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dimanche, 04 octobre 2026

Glucksmann est l’un des responsables de la guerre en Ukraine

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Roland Hureaux,

essayiste et ancien haut fonctionnaire,

pour le Salon beige cliquez ici

Il est stupéfiant qu’au moment de la primaire socialiste, Raphaël Glucksmann se trouve, dit-on, en pole position pour l’emporter tant auprès des médias que des militants. Y compris chez les vieux socialistes à l’ancienne, ceux du corps enseignant par exemple .

Ces gens-là ne savent apparemment pas qui il est : le plus parfait représentant de l’ordre mondial, un ordre imposé par les plus riches du monde.

C’est la raison pour laquelle un vent subtil souffle au travers des médias en sa faveur, vent invisible mais efficace – le même qui souffla pour Macron en 2017.

Qui est Raphaël Glucksmann ? Mitterrand était avocat, Hollande était conseiller à la Cour des comptes, lui , sous couvert de journalisme, a été d’abord un agitateur international chargé de déstabiliser les pays de l’Europe de l’Est qui venaient pourtant de secouer le joug communiste.

Né en 1979, il fait ses débuts en politique sous la bannière d’Alternative libérale, un mouvement fort peu de gauche qui promeut le libéralisme économique à tout va, tout comme le Cercle de l’Oratoire dont il était également proche. Cet engagement est significatif de l’ancrage véritable de l’intéressé : celui du libéralisme mondialisé, impatient d’abolir les Etats et les frontières, d’instaurer partout la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes.

Comme presque tous les grands milliardaires qui dirigent le monde, ses patrons, il a trouvé bon ensuite de poursuivre la croisade pour le nouvel ordre mondial sous le pavillon de la gauche.

Être aventurier n’a pour nous rien de blâmable, à condition de l’être pour une bonne cause ; celles qu’a servi Glucksmann sont toutes désastreuses : elles visaient à mettre à feu et à sang l’Europe de l’Est, d’y susciter des révolutions, jugeant que les forces qui avaient renversé le communisme n’étaient pas assez libérales parce qu’elles n’étaient pas devenues woke. Il fallait, par la subversion, les détruire.

À partir de 2009, Glucksmann commence ainsi une carrière d’activiste international. Il devient de 2009 à 2012 conseiller du président de la Géorgie Mickaël Saakatchvili, qui avait pour ambition, au mépris des réalités géopolitiques, de transformer son pays en un poste avancé de l’Occident dans le Caucase. Il épouse en 2009 Eka Zgouladze, vice-ministre de l’Intérieur ; après l’échec dans les urnes de l’expérience Saakachvili, il se transfère en Ukraine où il continue d’être un agent actif de la subversion pro-occidentale. Il contribue ainsi à la prétendue révolution de Maidan : renversement par la force d’un président élu en 2010 de la manière la plus régulière (selon l’OSCE), ce qu’un homme aussi peu exalté que Valéry Giscard d’Estaing a qualifié de « coup d’Etat de la CIA ». Ce genre de déni de démocratie est unique dans les annales de l’Occident dit libéral. Maidan : révolution spontanée contre un président corrompu (mais pas plus que beaucoup d’autres et surtout de ceux qui ont pris sa place) diront certains ; mais cette « révolution » a coûté 6 milliards de dollars au budget américain avoués au Congrès de la secrétaire d’Etat adjointe Victoria Nuland qui l’a pilotée de A à Z.

Le patron de Glucksmann à Kiev fut-il George Soros, ce milliardaire animé d’une haine rabique contre Poutine (et Orban), qui a mis depuis longtemps sa fortune au service des révolutions orange (et de la traversée de migrants en Méditerranée) ou bien la CIA ? Sans doute les deux qui travaillaient la main dans la main. Glucksman se disait alors « consultant en révolutions ». « Il a fait des soulèvements nationaux son fonds de commerce » (Le Monde, 21 mars 2014).

Eka Zgouladze est devenue ministre de l’Intérieur du président ukrainien Porochenko, et son mari conseiller personnel. Saakatchvili en exil, devint, lui, gouverneur d’Odessa.

Après leur séparation, Glucksmann a épousé en 2015  Léa Salamé, fille d’un autre milliardaire proche de Soros.

On pourrait mettre ces engagements sur le compte d’erreurs de jeunesse si les événements de Maidan n’avaient été le vrai commencement de la guerre en Ukraine, une guerre qui a déjà fait entre un et deux millions de morts et qui risque aujourd’hui d’enflammer l’Europe entière, y compris par une escalade nucléaire. Le soulèvement de la place Maidan visait à installer aux portes de la Russie un pouvoir hostile à celle-ci. Si Glucksmann est Tintin, c’est un Tintin sanglant.

Dans un tel contexte, la France peut-elle sérieusement porter à sa tête un des responsables de cette catastrophe ?

Elu député européen en 2019 au titre de son mouvement Place publique, fermement partisan de l’Europe supranationale (qui n’est que la succursale locale du mondialisme libéral qu’il soutient par ailleurs), Glucksmann a milité pour le Pacte vert européen de 2021 qui prévoit la fin de l’automobile aux carburants fossiles  et la surpression des élevages en Europe pour supprimer les émissions de méthane. S’il y a encore des agriculteurs au parti socialiste, il vaut mieux qu’ils le sachent. Comme tous les militants socialistes qui croient lutter pour défendre le peuple. Glucksmann est-il l’homme qu’il leur faut dans un monde au bord de la guerre. Jaurès où es-tu ?

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samedi, 03 octobre 2026

Les péchés de jeunesse de Jordan Bardella

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Balbino Katz
chroniqueur des vents et des marées
 
Le train matinal qui me conduit de Quimper vers la Haute-Bretagne est de ces TER où l’on peut encore lire sans être continuellement dérangé par les sonneries d’un téléphone. Après Lorient, pourtant, quelques adolescents montent dans mon compartiment. Ils ont l’âge des grandes certitudes et des connaissances encore minces, ce qui est après tout le privilège de la jeunesse. Ils vont, me semble-t-il, vers Rennes, quelque lycée ou quelque école. Je poursuis ma lecture tout en les écoutant d’une oreille distraite.
 
La conversation roule bientôt sur la politique. Les milliardaires sont convoqués, puis voués aux gémonies. Qu’ils s’en aillent tous, puisque leur argent corrompt tout. Gaza survient ensuite, amené par l’un des garçons, et voici bientôt les milliardaires liés à Israël, Israël aux puissances d’argent, les puissances d’argent à la politique internationale. Le massacre du 7 octobre 2023 est évoqué, puis disparaît dans un discours où l’on reconnaît des fragments d’argumentaires entendus ailleurs. Je serais bien incapable de dire d’où ces jeunes gens les ont tirés. De TikTok, d’un professeur, de leurs familles, d’un influenceur, de La France insoumise ou simplement les uns des autres. Peu importe au fond. Ils ont dix-sept ans et parlent du monde avec cette merveilleuse assurance qui précède généralement sa découverte.
 
Le hasard veut que je lise précisément, sur ma tablette, les articles consacrés à l’affaire Jordan Bardella. Mediapart vient de publier une enquête attribuant au président du Rassemblement national des conversations privées de 2013 à 2015 comportant des propos antisémites et complotistes. Bardella les contsete formellement et parle de « faux grossiers » et d’une opération de déstabilisation. Mediapart, de son côté, affirme avoir authentifié indépendamment des dizaines de conversations. À l’été 2013, période à laquelle remontent les premiers échanges incriminés, Bardella avait dix-sept ans et approchait de ses dix-huit ans.
 
Je passe ainsi de ma tablette à mes voisins de compartiment et de mes voisins à ma tablette. L’expérience est assez instructive. Sous mes yeux, les propos attribués à un adolescent d’extrême droite ; dans mes oreilles, ceux d’adolescents qui paraissent avoir puisé leur prêt-à-penser à l’autre bout du spectre. Dans les deux cas, des généralisations énormes, des causalités sommaires, des peuples et des catégories sociales transformés en personnages collectifs, des explications du monde tenant en trois phrases. Si quelqu’un enregistrait aujourd’hui la conversation de mes jeunes compagnons de voyage pour la leur faire entendre dans quinze ans, il y aurait peut-être quelques rougeurs aux joues.
 
Cela ne rendrait pas moins stupides ou moins condamnables les phrases qu’ils viennent de prononcer. Cela nous renseignerait simplement sur une chose que l’humanité savait jadis sans avoir besoin d’une commission d’enquête : un adolescent n’est pas un adulte achevé.
 
Voilà précisément ce qui me gêne dans l’affaire Bardella. Je ne sais pas si les phrases publiées par Mediapart sont authentiques. Le principal intéressé assure qu’elles ne le sont pas ; le journal affirme le contraire. Une plainte en diffamation a désormais été déposée et la justice aura à examiner les éléments produits par les uns et les autres. Je me garderai donc bien de trancher depuis mon siège de TER ce que les magistrats devront établir à partir des pièces du dossier.
 
Le contenu allégué n’a d’ailleurs rien d’anodin. Libération reproduit notamment des phrases attribuant aux juifs la propriété des banques et leur prêtant une volonté de domination ; l’article rapporte également des propos sur Israël, Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy ou Pierre Moscovici. Ce sont des clichés judéophobes parfaitement reconnaissables, et il serait absurde de les travestir en innocentes plaisanteries de potache. La question intéressante est ailleurs : que peut-on raisonnablement déduire, treize ans plus tard, des sottises politiques qu’un homme aurait écrites à dix-sept ans ?
 
L’affaire devient plus curieuse encore lorsqu’on observe son cheminement médiatique. Mediapart publie ; aussitôt la presse nationale s’en empare. Libération titre sur Bardella « rattrapé par ses propos » tout en rappelant dans son propre article qu’il les conteste. Le Monde consacre à son tour plusieurs pages à ces révélations et à l’influence qu’aurait exercée Alain Soral sur le jeune militant. En quelques heures, une enquête d’un média devient ainsi une affaire politique nationale.
 
C’est là, bien davantage que dans son audience brute, que réside la puissance particulière de Mediapart. Le journal possède une capacité remarquable à imposer des sujets au reste de la profession. Cette influence n’enlève évidemment rien aux enquêtes qu’il a pu mener avec succès, y compris contre des personnalités de sensibilités politiques diverses. Elle n’interdit pas davantage d’observer sa ligne éditoriale très marquée à gauche. Un journal peut être militant et publier des informations exactes ; un journal peut être partisan et accomplir un travail d’investigation. La seule règle raisonnable consiste à ne jamais confondre la conviction de celui qui accuse avec la preuve de ce qu’il avance.

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vendredi, 02 octobre 2026

2027. La gauche à l’offensive, la droite au ralenti ?

La France insoumise, comment ça marche ? - La France insoumise

Jean-Yves Le Gallou (Source : Polémia - cliquez ici)

La gauche est en forme : pourquoi ? Certains sondages pour la prochaine présidentielle placent l’ensemble des candidats de gauche à 40 % : un score élevé par rapport à ceux des quinze dernières années. Plusieurs explications sont possibles.

Une base électorale qui se renforce

1/ Un effet de vases communicants : l’extrême centre perd chaque jour sa capacité d’attraction ; des électeurs de gauche repartent vers leur famille d’origine.

2/ Structurellement, le poids du vote immigré se renforce, alors que celui-ci est fléché à 80 % vers la gauche.

3/ Chaque année, 100 000 Français – parmi les plus dynamiques – s’expatrient : une bonne nouvelle pour la gauche !

4/ Les grandes institutions – culture, Éducation nationale, universités, justice – ont toujours été ancrées à gauche, mais leur intolérance s’est renforcée et, par là même, leur capacité d’intimidation.

5/ Le nombre des fonctionnaires et des salariés associatifs s’est encore accru : autant de publics orientés à gauche.

6/ Avec le « quoi qu’il en coûte », Macron a installé l’idée qu’il y avait de l’argent magique. À chaque problème, une prime pour ceci, une prime pour cela. Voilà qui renforce la dépendance à l’État. Et à ce jeu-là, la gauche est sur son terrain.

La bataille de l’opinion

7/ L’écologie a été préemptée par l’alarmisme climatique émotionnel : « La planète brûle et nous ne faisons rien. » Tout discours nuancé et rationnel est intenable, voire purement et simplement interdit.

8/ Médiatiquement et culturellement, la dynamique d’extrême gauche profite à la gauche : ainsi, les radios de service public se radicalisent pour contrer la concurrence croissante des médias alternatifs d’extrême gauche, de type Radio Nova.

9/ Il y a enfin et surtout une différence majeure entre les partis de gauche et les autres : LFI et les écologistes jouent un rôle essentiel dans la fabrication de l’opinion ; le RPR et l’UMP hier, LR et le RN aujourd’hui se contentent de la suivre. Ils surfent sur ses humeurs ou ses tendances ; ils ne créent pas l’opinion. Dans les grands médias, ils restent sur la défensive. Face aux partis guerriers, peut-on se contenter de partis rentiers ?

Attention au réveil en 2027. Il pourrait être difficile.

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lundi, 28 septembre 2026

Deux Aramburu, ou le vertige de la violence

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Balbino Katz
chroniqueur des vents et des marées

Je suis au bar des Brisants, devant un café qui refroidit tandis que, derrière les vitres, le port de Léchiagat s’éveille avec sa placidité coutumière. Je lis Le Figaro. Un long récit de Nicolas Daguin et Eloi Passot revient sur le procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier et sur cette nuit du 19 mars 2022 qui coûta la vie à Federico Martín Aramburu. L’article est remarquable parce qu’il ne cherche pas à simplifier ce qui, précisément, donne le vertige : la succession de provocations, de coups, de décisions imbéciles, de retours en arrière qui auraient dû être des départs, jusqu’au moment où dix détonations rendent tout irréparable.

Le verdict est désormais connu. La cour d’assises de Paris a condamné Loïk Le Priol à vingt-six ans de réclusion criminelle pour meurtre et Romain Bouvier à dix-neuf ans pour tentative de meurtre. La préméditation n’a pas été retenue, ce qui explique que Le Priol n’ait pas été déclaré coupable d’assassinat. Lyson Rochemir, qui conduisait la Jeep, a été condamnée pour dissimulation de preuves à trois ans, dont trente mois avec sursis, et Anthony Sorrentino à trois ans entièrement assortis du sursis. Tous disposent encore d’un délai de dix jours pour faire appel.

Il faut reprendre la bobine, comme l’a fait la cour. À l’aube de ce samedi de mars, Federico Aramburu se trouve au Mabillon avec son ami Shaun Hegarty. Les deux anciens rugbymen croisent Le Priol et Bouvier. Des paroles sont échangées, puis une première empoignade éclate. Les témoignages divergent sur les mots prononcés et l’origine précise de la querelle ; une chose est établie par les images : Aramburu saisit Le Priol par la capuche et la bagarre commence. Tout aurait pu s’arrêter là. C’est même ce qui rend la suite si effroyable.

Quelques minutes plus tard, la Jeep conduite par Lyson Rochemir rejoint les deux rugbymen boulevard Saint-Germain, près de l’hôtel Welcome où ils étaient allés chercher de la glace pour leurs visages tuméfiés. Bouvier descend. Il tire quatre fois ; deux balles atteignent Aramburu. Le Priol, alerté par les détonations, arrive à son tour. Une nouvelle lutte s’engage et il fait feu six fois en quatre secondes. Deux de ses projectiles seront mortels. Puis viennent la fuite, les vêtements abandonnés, les armes cachées ou démontées, autant de gestes sur lesquels accusation et défense ont évidemment donné des interprétations différentes.

Il faut s’arrêter un instant sur l’homme étendu sur le trottoir. Federico Martín Aramburu avait quarante-deux ans. Ancien international argentin, passé notamment par le Biarritz Olympique, il était marié et père de trois enfants ; sa carrière sportive achevée, il avait commencé une nouvelle existence et développait un projet dans le tourisme. Ce matin-là, il devait simplement poursuivre sa vie. Il n’y eut ni grand dessein criminel longuement médité, ni vendetta, ni intérêt matériel. Une querelle de bistrot, quelques minutes de colère et des hommes armés suffirent.

C’est cela qui me laisse abasourdi. Nous sommes tellement habitués aux crimes auxquels on peut donner une cause, l’argent, la jalousie, la vengeance, l’idéologie, que l’inutilité parfaite de celui-ci lui confère quelque chose de plus accablant encore. On voudrait remonter le film et crier aux protagonistes, à chaque embranchement : partez donc ! Rentrez chez vous ! Prenez un taxi, traversez la rue, allez boire un café ailleurs, faites n’importe quoi, pourvu que vous cessiez cette enfantine querelle de mâles blessés dans leur orgueil. Une seule décision raisonnable, parmi tant d’autres possibles, aurait probablement suffi.

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vendredi, 25 septembre 2026

La gauche bretonne a perdu la bataille des idées, la violence est son dernier recours. Quelques jours avant les élections sénatoriales, Riposte laïque publie un grand entretien avec Pierre-Yves Thomas candidat dans les Côtes d'Armor

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Nous avons eu le plaisir de croiser la route d’un vrai militant breton, Pierre-Yves Thomas, qui vient d’être élu conseiller municipal à Saint-Brieuc, et d’être nommé responsable de la région Bretagne de Reconquête par Eric Zemmour. L’occasion pour nous de faire connaissance un peu plus avec cet homme attachant et courageux.

L’appel de Fillon à voter Macron a été la goutte d’eau de trop pour moi

Riposte Laïque : Avant d’approfondir cet entretien, pouvez-vous nous dire qui vous êtes, quel est votre parcours professionnel et politique, et le cheminement qui vous a conduit à devenir aujourd’hui un cadre de Reconquête, en Bretagne ?

Pierre-Yves Thomas : Mes premiers engagements politiques furent à l’âge de 17 ans, lors des élections présidentielles de 1981. Cette année-là, Valéry Giscard d’Estaing était le candidat le plus couramment soutenu par mes amis du lycée et c’est ainsi que, un dimanche après-midi, j’ai enfourché mon cyclomoteur Peugeot 103 d’adolescent pour rencontrer un ami de mes parents, assureur de son état et qui était également militant de la bonne cause. Nous avons préparé la colle dans son garage et ce fut parti pour ma première tournée d’affichage sur Saint-Brieuc, le début d’une longue série de campagnes militantes, jusqu’à aujourd’hui.

En réalité sympathisant RPR, mon activité professionnelle et ma situation familiale ont cependant dicté quelques priorités de vie, et donc une pause dans l’engagement politique. C’est à la Présidentielle 2012 que j’ai repris du service, lors de la campagne en soutien au candidat Sarkozy.

Pourtant, la période UMP-LR des années 2010 me décevait progressivement de plus en plus. J’observais déjà, depuis plusieurs années, l’abandon, par ce parti, de convictions assumées à droite, et mon avis fut conforté par l’appel de François Fillon  à voter pour Emmanuel Macron en 2017. « Re-zo-re ! », me suis-je alors dit, trop c’est trop, et j’ai pris la décision de tourner la page de ce mouvement.

En 2021, j’ai été vite repéré et engagé par « Les Amis d’Eric Zemmour », c’est ainsi que je suis rapidement devenu responsable départemental Reconquête! 22 pour les Côtes-d’Armor, fonction que je remplis sans discontinuer depuis lors.

J’ajouterai que, depuis mi-septembre 2026, je suis également représentant et responsable régional Reconquête! pour la Bretagne, en collaboration avec les délégués départementaux.

Je suis très fier d’avoir participé, modestement, à la victoire de Callac

Riposte Laïque : Vous avez été en première ligne, c’était près de chez vous, de la bataille de Callac, contre le projet Horizon, qui voulait imposer des centaines de migrants à la population, en plein centre-ville. Quel est votre regard, plusieurs années plus tard, sur cette bataille ?

Pierre-Yves Thomas : Quelques années plus tard, je continue de rendre honneur à toutes les parties prenantes patriotes à la « bataille de CALLAC » contre le sinistre projet « Horizon » de 2022, une initiative  déplorable qui était voulue à la fois par cette gauche bretonne matricée dans un sans-frontiérisme rétrograde d’accueil inconditionnel de « l’Autre » au détriment des Français, et aussi par des parrains bobos parisiens, généreux arroseurs financiers mais qui ne connaissaient rien aux problématiques –très réelles – et aux défis de la ruralité. Nous patriotes, fiers de notre Bretagne et de notre pays, avons gagné cette bataille, et CALLAC est le symbole de la ténacité payante du peuple de droite enraciné qui a réussi à faire plier l’alliance funeste d’une gauche locale inconséquente et destructrice, avec le progressisme mondialiste.

L’histoire de la création de la liste municipale patriote unitaire de Saint-Brieuc

Riposte Laïque : Lors des dernières élections municipales, vous avez mené une liste qui s’affichait ouvertement de droite, à Saint-Brieuc, et avez réalisé le score inattendu de 13 %. Vous êtes aujourd’hui conseiller municipal de cette ville. Pouvez-vous nous parler de l’histoire de cette liste, et surtout de votre expériences des premiers mois d’élu municipal ?

Pierre-Yves Thomas : La liste « Saint-Brieuc, LA droite pour tous » aux dernières élections municipales est tout simplement partie d’un constat, c’était il y a un an, en septembre 2025 : les mouvements de droite sur les Côtes-d’Armor ne se parlaient pas, tout à fait à l’instar de ce qui pouvait être observé dans l’immense majorité des autres départements de l’Hexagone. Nous avons alors pris l’initiative d’organiser une rencontre, un « apéro » un samedi de septembre, en conviant tous les responsables que nous pouvions identifier, dans nos relations personnelles, de mouvements à droite : Reconquête!, VIA Parti Chrétien Démocrate, UDR (Ciottistes), RN, Les Patriotes, LR et IDL.

Sept mouvements se sont donc retrouvés autour d’une table garnie de cacahuètes, de bières et de jus de fruit et nous avons cordialement fait connaissance, discuté sur l’actualité politique, sur l’avenir de la France et c’est ainsi qu’est apparue l’idée de créer une liste commune aux Municipales 2026 à Saint-Brieuc. Certes, nous avons mutuellement dû composer avec les attentes et les sensibilités respectives des participants, ce qui était d’ailleurs un excellent exercice de relations humaines qui me laisse un excellent souvenir. En janvier 2026, les équipiers du Rassemblement National ont, d’eux-mêmes, décidé de plier bagage, à mon sens sous le poids, du moins en partie, d’une pression non négligeable de leur parti. En tout cas, il n’y eut pas de conflit particulier et tout s’est passé dans un cadre de liberté d’action qui était, depuis le début, la règle commune.

Finalement, la liste « Saint-Brieuc, LA droite pour tous ! » a mené le combat des élections municipales du mois de mars en intégrant des profils très variés incluant notamment des militants et des adhérents Reconquête!, LR, Les Patriotes, UDR, DLF, en plus d’une fraction importe de citoyens non encartés.

Aujourd’hui seul élu au conseil municipal de Saint-Brieuc, je suis très heureux de pouvoir porter la voix de tous nos électeurs aux séances du conseil municipal qui se réunit environ une fois par mois. Je fais également partie de la commission des Finances et de la commission d’attribution des subventions, ce qui me permet de comprendre le fonctionnement des mécanismes internes à la municipalité.

Le nouveau maire macroniste de Saint-Brieuc, Victor Bonnot, n’a rien d’un homme de droite

Riposte Laïque : Saint-Brieuc a été perdu par la gauche, après des décennies de gestion socialiste. Les nouveaux élus, qui se disent de droite, mènent-il une politique différente de celle de leurs prédécesseurs ?

Pierre-Yves Thomas : Je suis très réservé sur la qualification politique de la nouvelle équipe municipale en place. Victor BONNOT, nouveau maire de la commune, et sa liste se sont faits élire sur le slogan auto-proclamé de « Liste de droite et du centre », ce qui était tout simplement une usurpation d’identité vis-à-vis des électeurs briochins, une sorte de tromperie sur la marchandise qui aurait presque mérité, en d’autres circonstances, un signalement à la Répression des Fraudes.

« Saint-Brieuc, LA droite pour tous ! » était véritablement la seule liste de droite, une droite raisonnée, tempérée, à ce scrutin municipal et force est de constater que, aujourd’hui, la mairie de Saint-Brieuc est tenue par une équipe, non pas de droite et du centre, mais essentiellement macroniste –Victor BONNOT est lui-même délégué départemental du parti Horizons d’Edouard Philippe, donc de centre-gauche, dans le sillage d’Emmanuel Macron, lui-même issue du Parti socialiste.

A ce sujet, il est très important de garder à l’esprit qu’Horizons et le macronisme représentent politiquement le pire de la gauche et de la droite réunis : une gauche de l’argent qui a abandonné les classes ouvrières et une droite qui a complètement oublié un certain nombre de principes et de valeurs chers à la droite sur lesquels le macronisme et Horizons s’assoient  sans vergogne.

Quelques exemples récents illustrent la mise en pratique de cette duplicité :

En séance de conseil municipal du 8 juillet dernier, la majorité municipale est prise main dans la main avec l’opposition socialo-communiste, LFI compris, pour dilapider l’argent public en votant une subvention à une association de jeunes migrants du département alors que la ville est très endettée, alimentant par ailleurs la pompe aspirante de l’immigration clandestine et encourageant implicitement le désordre migratoire, à Saint-Brieuc comme ailleurs.

En séance de conseil municipal du mercredi 23 septembre, c’était il y a quelques jours, le maire, Victor BONNOT, a balayé d’un revers de la main ma mise en garde sur la formulation d’une charte pour le conservatoire briochin qui accueille des scolaires, laquelle charte faisait la part belle au « genre » et aux « identités de genre », tout un sabir incompréhensible pour le grand public, mais qui est l’expression d’un agenda idéologique et politique menant typiquement à une emprise sur nos enfants, la démonstration en a été largement faite ici ou là. Alors que le périscolaire continue de secouer le monde politique dans lequel l’administration socialiste de Paris est mouillée jusqu’au cou, un minimum de prudence ou de réflexion auraient été de mise.

Mais non, Victor Bonnot n’a pas trouvé mieux que de qualifier ma mise en garde et mes recommandations de « fantasme » (sic), preuve s’il en est de son inculture, de son ignorance totale sur ces questions. Si, au moins, il avait pu démontrer minimum d’humilité en la matière, ce n’aurait déjà pas été mal mais non, pas même cela.

Je suis la cible des élus de gauche de Saint-Brieuc et particulièrement de LFI

Riposte Laïque : Quelle est l’attitude de vos collègues conseiller municipaux à votre égard ?

Pierre-Yves Thomas : Je crois pouvoir dire que l’attitude de mes collègues conseillers municipaux à mon égard est assez variable, ce qui n’est guère surprenant. J’avoue ici avoir essentiellement un sentiment de bienveillance, par principe, envers la personne de mes collègues. Cela se traduit par des rapports plutôt cordiaux avec les membres de la majorité municipale même si, et c’est tout à fait naturel, nous n’avons pas les mêmes positions sur un certain nombre de sujets.

Je ne peux malheureusement pas en dire autant avec mes collègues socialo-communistes de l’opposition municipale. Alors que, de par leur étiquette politique, ils plaident à qui veulent les entendre, la tolérance, l’ouverture et la diversité, je suis obligé de constater qu’une majorité d’entre eux a du mal à souffrir de me voir tout simplement prendre la parole en séance de conseil municipal. A la séance du 23 septembre par exemple, le maire a été obligé de rappeler à l’ordre un conseiller de cette minorité qui aurait préféré que je ne m’exprime pas, que je ne porte pas la voix des Briochins qui m’ont fait confiance.

En la matière, la palme revient au conseiller LFI Henri ALLOY qui, en séance du 23 septembre toujours, s’est lancé dans une diatribe à mon encontre, aussi confuse qu’inepte, au point que le reste du conseil municipal n’en a rien compris et qu’il s’est tout simplement ridiculisé.

Dimanche, nous serons présents dans le Finistère pour les élections sénatoriales

Riposte Laïque : Vous présentez également une liste dans le Finistère, aux prochaines élections sénatoriales. Qu’espérez-vous ?

Pierre-Yves Thomas : Oui, c’est tout à fait exact. Cette liste est menée par mon collègue et ami Yann LERICHE, qui est personnellement établi à Brest. C’est une candidature très courageuse, Yann est un homme très consciencieux et travailleur, et  j’invite les grands électeurs finistériens de centre et de droite à voter pour lui car le programme qu’il porte, sur sept principaux axes, est tout à fait de nature à répondre aux attentes des communes et des maires :

  • Abrogation de la loi du 21 mai 2025 sur la parité dans les petites communes.
  • Soutien aux maires qui refusent le mariage de personnes en situation irrégulière.
  • Renfort des pouvoirs de police du maire.
  • Protection des maires en cas de menaces et d’agressions.
  • Rééquilibrage des relations entre les communes et les intercommunalités.
  • Aucune fermeture de classe en zone rurale sans l’accord des maires.
  • Sanctuarisation des dotations globales de fonctionnement pour les communes de moins de 500 habitants.

Dans le Finistère, 10 listes sont en concurrence, dont 5 listes de gauche, pour 4 sièges de sénateurs à pourvoir et le scrutin est donc très ouvert, chacun ayant ses chances.

J’observe la montée de la violence de la gauche, en Bretagne et partout ailleurs…

Riposte Laïque : Beaucoup prédisent, dans les semaines et les mois à venir, une campagne présidentielle qui risque d’être violente. En Bretagne, il y a de nombreux bastions antifas. Craignez-vous pour la sécurité de vos militants ?

Pierre-Yves Thomas : J’observe en effet, sur les cinq dernières années, un durcissement des postures politiques qui se traduisent parfois, particulièrement à gauche et à l’extrême-gauche, par des discours particulièrement radicaux et excessifs et, parfois aussi, par des agissements condamnables, y compris en Bretagne et dans les Côtes-d’Armor.

Je disais plus haut que certains conseillers municipaux à Saint-Brieuc préféreraient ne pas me voir parler, jusqu’à tenter de couper, voire interdire la parole. Un autre, le conseiller municipal LFI, se lance impudemment dans le dénigrement gratuit. Ce sont des alertes significatives.

En militantisme de terrain aussi, les situations peuvent déraper et il conviendra en effet d’être vigilant. Mais, en réalité, quelle est la traduction de cette atmosphère ? La violence verbale et la violence physique ne sont finalement que de succédanés argumentaires d’une gauche et d’une extrême-gauche qui n’ont plus grand-chose à offrir à la société, après des décennies de toute puissance idéologique et de mainmise, parfois absolue, sur les institutions, sur les mentalités et dans l’opinion. Mais la gauche et l’extrême-gauche sont dorénavant en train perdre la bataille des idées. Le mouvement de balancier est déjà engagé depuis plusieurs années, la gauche et l’extrême-gauche le réalisent, et c’est également ce qui tend à les rendre violents.

Pour ma part, comme responsable politique, je n’ai pas peur, absolument pas. En revanche, je prendrai soin, chaque fois que nécessaire, de la sécurité de mes militants jusqu’à la victoire, assurément.

Un très grand merci pour votre interview.

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mardi, 22 septembre 2026

Présidentielles : Macron, le cobelligérant hybride

Guerre en Ukraine : « Emmanuel Macron a dû céder le leadership diplomatique  à d'autres européens »

Pierre Boisguilbert, Polémia (cliquez ici)

La menace russe deviendra-t-elle le nouvel instrument du barrage contre la droite nationale ? Pierre Boisguilbert dénonce la stratégie d’Emmanuel Macron, qu’il accuse d’instrumentaliser la peur de la guerre pour peser sur la présidentielle et détourner le débat des préoccupations des Français.

La peur comme instrument électoral

Le président Macron n’a plus qu’un but : ne pas remettre les clés de l’Élysée à Marine Le Pen. Comme il ne peut pas être candidat, il fera tout pour priver les Français d’un libre choix. Une fois de plus, il va tenter de vider la présidentielle de sa nature, qui est la rencontre entre un homme ou une femme et le peuple autour d’une vision d’avenir pour le pays. Il va le faire par l’instrumentalisation de la peur d’un conflit avec la Russie, dans un contexte de crise énergétique liée à la guerre de Trump en Iran. Poutine et Trump, responsables des malheurs des Français, mais certainement pas lui. Poutine qui va devenir, au fil des mois, le croquemitaine de la Macronie aux abois.

Tout ce qui ne condamne pas Poutine et ne soutient pas l’Ukraine sera donc disqualifié pour péché de non-patriotisme, sinon de trahison. On voit bien qui est visé : Marine Le Pen. Si Hitler ne suffit plus pour faire barrage, on va trouver un nouvel épouvantail : Poutine. Et c’est ainsi que, comme il livre des armes à l’Ukraine, Macron va alimenter en arguments anti-RN les Philippe et autres clones du camp des faillis qui ont ruiné la France et menacent sa survie face à l’islamisme conquérant dont le président ne parle jamais. Poutine pour ne pas parler de l’immigration, Poutine pour ne parler de rien. C’est plus Ceuta qui nous menace que les chars russes. On se moque des élections russes qui seraient un plébiscite, mais la présidentielle française risque d’être aussi un plébiscite anti-Poutine.

Une réunion précipitée, mais calculée

La « nature de l’agressivité russe et des menaces en Europe change », a prévenu le président de la République. De plus en plus de sabotages, qui visaient plutôt des cibles étatiques ou militaires jusqu’à présent — comme l’attaque de drone contre un avion-cargo à Leipzig, en Allemagne, en août —, semblent en effet se décaler vers des objectifs qui pourraient causer des victimes civiles. « Nul n’est à l’abri », a ajouté M. Macron. La démarche, inédite, est destinée à marquer les esprits, souligne le journal Le Monde. Alors que des sabotages et des accidents suspects d’une particulière gravité se sont multipliés, ces dernières semaines, partout en Europe, Emmanuel Macron a précipité, vendredi 18 septembre, à l’Élysée, une réunion avec l’ensemble des candidats à la présidentielle et les chefs de partis politiques. Une réunion précipitée, mais calculée, car il n’y avait aucune urgence concrète.

Jusqu’où irait le président ?

Macron a décidé d’être cobelligérant hybride de la présidentielle et de tout faire pour diaboliser, par l’international, le vote national français en faveur notamment du RN. Mais si cela, au fil des sondages, ne suffisait pas ? Jusqu’où irait le président pour ne pas rester dans l’histoire comme le petit Uber de l’extrême droite ? Pourrait-il y avoir un fait assez grave pour reporter l’élection, sinon l’annuler ? Une ingérence russe qui pèserait dans la présidentielle au détriment, finalement, si l’on en croit Macron, des intérêts de la Russie serait cependant éminemment suspecte.

La peur de la guerre est une arme à manier avec précaution. L’élection présidentielle doit se faire sur ce qui menace vraiment la France et les Français. La Russie en fait-elle partie ? Macron le croit-il vraiment ou rêve-t-il d’imposer un monde virtuel pour battre Marine ? La question mérite d’être déjà posée, car elle va se poser de plus en plus, de cela on peut être sûr. La campagne, ce sera : l’homme qui a vu l’ours (russe) qui a vu l’ours qui a vu l’ours.

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samedi, 19 septembre 2026

Lynchage d’un flic et veulerie politico-médiatique

Les propos racistes d'un policier municipal de Carcassonne, captés par sa  propre caméra-piéton, suscitent l'indignation générale et l'embarras du RN

Il y a une semaine, le 12 septembre, Éric Delcroix avait déjà publié un article au sujet de la soi-disant "affaire de Carcassonne", sur Polémia (cliquez ici). Nous le reproduisons ci-après :

Qu’est-ce qui est plus ignoble qu’un lynchage, si ce n’est un lynchage médiatique et judiciaire ? Celui qu’a subi le policier municipal de Carcassonne, coupable d’avoir vu enregistrés ses propos de bistrot ou de salle de garde. Car nous vivons à une époque où les crimes de la pensée sont davantage réprimés que les crimes de sang. À rebours de ce que pensait Montesquieu dans L’Esprit des lois en 1748 : « Les mots ne sont jamais des actes. » Voici en tout cas un article aussi brillant qu’incisif d’Éric Delcroix.

Polémia

Espionnage, délation et lynchage

Après avoir été apparemment ignoré, légitimement et à dessein, par l’ancien maire divers droite de Carcassonne en 2025, l’enregistrement audiovisuel accidentel des propos du brigadier-chef principal de la police municipale a été divulgué le 8 septembre par Midi libre. Et le nouveau maire, Christophe Barthès, Rassemblement national celui-là, a cédé au hourvari, pour des propos de salle de garde, licencieux conformément au genre, tenus en privé, d’un flic à l’autre, dans l’habitacle de leur voiture en patrouille. Le policier a été révoqué incontinent et, volontaire du service d’ordre du RN, chassé du mouvement, semble-t-il sans autre forme de procès, comme disait La Fontaine (Le Loup et l’Agneau).

Racistes, homophobes, transphobes et antiféministes (horresco referens !) comme on dit, ces propos, à les entendre, étaient tenus dans un entre-soi rigolard et on comprend qu’ils étaient propres, par leur outrance même, à désamorcer les angoisses pendant des missions particulièrement difficiles. Telles les blagues de carabins. Oui, en privé, on peut et on doit pouvoir se livrer à toutes les licences verbales (les mots ne sont jamais des actes, disait Montesquieu dans L’Esprit des lois — 1748) et donc jusqu’à l’obscénité. Celle-ci peut être un défouloir positif, sans conséquence sur l’exercice de sa fonction par le locuteur, ici sans reproche à cet égard. Pour le malheur de ce policier, le nouveau maire est du RN, contrairement à son prédécesseur qui était plus réaliste, plus mesuré et sans complexe incapacitant. Ce nouveau maire ne s’est senti tenu à aucun devoir envers son subordonné, qui plus est militant de son parti. Dont acte pour ses collègues et camarades de service d’ordre présents et à venir…

Pauvre flic ! Son immolation, sur l’autel du vivre-ensemble, nous montre que nous n’avons plus aucune licence : le Big Brother vétilleux d’Orwell veille, potentiellement dans l’habitacle de chaque auto, et bientôt dans notre âme puisque l’on nous promet une intelligence artificielle capable, dès demain, de sonder notre cœur.

De telles saillies sont proférées au sein de nombreux équipages franchouillards de la police, municipale ou nationale (j’en ai eu moult témoignages), sur un ton volontairement léger, sans aucune importance pratique sauf à permettre une décompression ; cela n’empêche pas ces policiers de faire leur travail dans le respect des lois. À force de vouloir des policiers et gardes du corps aux pensées, sentiments et affects vertueux, au regard du nouvel ordre moral antidiscriminatoire, on aura un problème de recrutement. En cours de résolution au demeurant, car le processus semble se dessiner pour embaucher, en discrimination positive, des personnes issues de l’immigration extra-européenne…

D’un ordre moral à l’autre, du temps de celui qui régentait les rapports entre les hommes et les femmes, Alfred de Musset, dans les Confessions d’un enfant du siècle (1836), rapporte ce qu’il en fut en France à compter de la Restauration :

… l’hypocrisie la plus sévère régnait dans les mœurs ; les idées anglaises se joignant à la dévotion, la gaîté avait disparu.

Ce précédent ordre moral n’empêchait évidemment pas les gens entre eux, les hommes ici, voire les femmes là, de tenir des propos salaces, égrillards et pornographiques. Sauf que « la gaîté avait disparu ». Oublions la comptine : plus un gendarme ne rit dans la gendarmerie…

Mais il n’y avait pas, au siècle de Musset, l’espionnage institutionnalisé des vies privées et la délation n’était pas une activité reconnue, à l’inverse de ce qu’il en est de nos jours (cf. sa légalisation depuis la loi Pleven de 1972). On cachait les indics, ce qui n’est plus le cas avec les testings.

Si l’affaire de Carcassonne est révélatrice de quelque chose, ce n’est pas de la vilenie supposée d’un policier dans les tensions d’une patrouille, toujours risquée. Elle est révélatrice de la veulerie de nos politiciens et de l’évaporation de l’humour, je ne dis pas du comique, mais de l’humour qui implique de la distanciation (cf. persécutions contre Dieudonné M’bala M’bala). Capitulation du maire RN de Carcassonne, mais aussi d’une myriade de politiciens et journalistes qui prennent une tempête dans un verre d’eau pour un raz-de-marée.

En effet, nous avons assisté à un festival, non pas de simples lâchetés (qui n’a jamais été lâche ?), mais de cette veulerie qui corrompt l’âme. Et on voudrait nous faire croire que ces gens-là, tous autant qu’ils sont, seraient dignes de prendre les rênes de la France en crise ? Même l’inoxydable Robert Ménard, lui aussi, y est allé de son coup de pied sur le pauvre type, objet pantelant de ce lynchage médiatique, déjà à terre et à la ramasse. Croyait-il indispensable de ne pas laisser cette affaire à l’échelle de Carcassonne ? Que sait-il des policiers de Béziers, ville dont il est maire ? Que ne découvrirait-il pas de leurs dialogues s’il les espionnait ?

Et puis, subsidiairement, j’entends ne jamais être du côté de la meute, de n’importe quelle meute. L’hallali est toujours ignoble : voir des donneurs de leçons droit-de-l’hommistes donne la véritable aune pour les juger.

La défense des siens et saillies racistes

L’abjection n’est jamais du côté du lynché, mais toujours des lyncheurs, racistes ou antiracistes. Des hommes comme Mélenchon aujourd’hui et feu Jean-Marie Le Pen hier ont su montrer que l’on pouvait ne pas abandonner les siens dans l’adversité politique et faire face à la meute…

Et puisque j’ai cité le nom de Mélenchon, voyez ce que celui-ci a dit, à froid et en public :

Je ne peux pas survivre quand il n’y a que des blonds aux yeux bleus. C’est au-delà de mes forces… Quand on est arrivé en France, c’était l’horreur pour nous (Hit Radio, février 2013).

Ce qui ne l’empêche pas de demander la révocation « sans délai » du policier, vœu accompli simultanément par le maire RN. Il est vrai que Mélenchon sait que la mauvaise foi est consubstantielle au marxisme-léninisme. Barthès-Mélenchon, même combat ? Pourquoi voter RN à Carcassonne si on peut voter LFI ?

On nous dit que le malheureux policier aura des comptes à régler auprès de la justice du nouvel ordre moral. En tout cas, celle-ci a relaxé en appel (2021) le rappeur Nick Conrad qui chantait :

Pendez les Blancs / Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs / Attrapez-les vite et pendez leurs parents (2018).

Je crains que le policier n’ait pas l’alibi de la licence poétique qu’il lui faudrait pour bénéficier d’une relaxe…

Brigadier-chef, je ne vous connais pas, je ne sais rien de vous, mais je vous tends la main.

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vendredi, 18 septembre 2026

Affaire Sydney Sweeney, le sexe est-il devenu une valeur de droite ?

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Eugénie Bastié 

Le sexe est-il devenu une valeur de droite ? C’est la question qu’on peut se poser quand on observe le torrent d’indignations vertueuses suscité à gauche par la publicité où l’actrice américaine Sydney Sweeney apparaît nue. La blonde pulpeuse pose dans le plus simple appareil, avec quelques accessoires sportifs, pour un site de paris en ligne. La plateforme Novig a réussi le double exploit de calibrer une pub capable de plaire exactement à son public d’hommes et de déplaire dans les mêmes proportions à ses adversaires. La muleta a parfaitement fonctionné, dans le monde entier comme en France. « Complètement arriérée » pour France Inter. « Égérie de la droite réac » pour une chroniqueuse de Libération. Des athlètes féminines, pour la plupart inconnues du grand public, ont dit leur indignation de voir ainsi leur sport « sexualisé ». La nageuse australienne Ariarne Titmus a qualifié cette pub de « coup de pied au visage de toutes les femmes ayant consacré leur vie à la discipline ». Rien que ça. Curieuse époque ou une sportive de haut niveau sent son mérite remis en cause par une simple campagne de publicité. Le sport féminin est-il si fragile ?

Certes, on pourra arguer que cette publicité ne vend pas du sport, mais du sexe. Mais depuis quand la publicité doit-elle dire la vérité ? L’usage de la sensualité lui est presque consubstantiel. Vouloir rendre la publicité éthique, c’est un peu comme vouloir rendre le poker désintéressé.

Mon corps, mon choix… à géométrie variable

Cette séquence nous plonge en plein milieu des paradoxes du wokisme. Les mêmes progressistes qui nous ânonnent depuis des années les slogans comme « mon corps, mon choix », « j’ai le droit d’exister », « je n’enlève rien à personne », s’étranglent devant une publicité sexy tout droit sortie des années 1980. Ceux qui affirment que porter le voile serait une liberté n’éprouvent aucun complexe à accuser une femme dévoilée, et même dénudée, d’être une « réac ».

Il y a bien sûr quelque chose d’universel dans cette affaire : des femmes scandalisées qu’une des leurs joue de la séduction, c’est vieux comme le monde. Sydney Sweeney est absolument ravissante, elle plaît aux hommes hétérosexuels. On en a brûlé pour moins que ça. La sororité s’arrête bien souvent aux portes de la rivalité.

Mais on aurait tort de sous-estimer cette polémique. Elle raconte une bascule culturelle plutôt qu’elle ne la provoque. Comment une jeune femme portant tous les attributs de la liberté sexuelle est-elle devenue une icône conservatrice ? Il faut dire que Sydney Sweeney est devenue la bête noire des progressistes depuis qu’elle a accepté une publicité pour American Eagle dont le slogan, « Sydney Sweeney has great jeans », jouait sur les mots jeans et gènes, et a été perçu par certains comme une apologie de l’eugénisme. Le tollé avait été immense. Sydney, elle, s’en était royalement moquée dans une vidéo où elle répondait avec un grand sourire : « C’est une juste une pub pour des jeans. » La jeune femme a souvent raconté avoir grandi entre Spokane et le nord rural de l’Idaho, dans une maison au bord d’un lac appartenant à sa famille depuis cinq générations. Inscrite sur les listes républicaines, elle n’a jamais cherché à faire du militantisme, malgré le surnom de « Barbie Maga » qu’on lui donne.

Cette affaire ne révèle pas seulement le retour de la sensualité comme attribut de la féminité, elle symbolise le droit restauré de reconnaître à nouveau la beauté conventionnelle. Pendant des années, la publicité de mode s’est félicitée de rompre avec le canon de la blonde mince : corps gros, modèles issus de la diversité, queer ou trans, cicatrices et imperfections étaient exhibés au nom de l’inclusion. Puis Sydney Sweeney apparaît en jean, blonde, mince, conforme aux vieux canons de beauté. Et puis elle est blanche, ce qu’on ne lui pardonne pas davantage. La sociologue Catherine Hakim spécialiste du « capital érotique » diagnostiquait déjà chez une partie du féminisme anglo-saxon une « phobie du sexe et une hostilité à la beauté et au plaisir ». Sydney Sweeney vient peut-être de donner un visage à cette vieille névrose.

Quand le film Et Dieu… créa la femme sort aux États-Unis, en 1957, il subit une intense campagne de boycott de la part d’organisations religieuses. Si Brigitte Bardot revenait nue aujourd’hui, elle ne serait plus clouée au pilori par des pasteurs mais par des féministes ulcérées par son déhanché provocateur. Après avoir abandonné la laïcité, l’école, la sécurité à la droite, la gauche serait-elle en train de lui abandonner le sexe ? Après avoir fait l’éloge du laid, du gros, du marginal, serait-elle en train de lui abandonner aussi la beauté ? C’est ce que raconte cette histoire : cachez ce sein de droite que je ne saurais voir…

Source :Le Figaro 18/9/2026

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jeudi, 17 septembre 2026

Crise historique, vide politique

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Vincent Trémolet de Villers

Inutile d’épiloguer, l’Histoire se chargera de juger l’extraordinaire légèreté d’un président qui a trop souvent préféré les discours aux actes, les images aux décisions, les ornements aux travaux de fondation. À l’heure des conséquences, la crise est là, multiforme, et l’urgence est désormais de la surmonter. Le carburant, élément de la vie quotidienne de près de huit Français sur dix, est la cause la plus immédiate, la plus spectaculaire de la colère qui sourd. Elle a pour terreau l’angoisse du déclin qu’alimentent des événements symboliques - des Pieds nickelés qui dévalisent le Louvre en pleine journée, les données informatiques des Français dérobées aux impôts par des gamins de 20 ans et des courbes impressionnantes : dette, démographie, Pisa, immigration, criminalité…

Pour leur plein d’essence, les Français exsangues financièrement en appellent à l’État, mais l’État a les poches vides et quand il se tourne vers les marchés, il est paralysé d’inquiétude. « Blocage », « réquisitions », « ponctions », MM. Bompard, Roussel, Faure puisent dans l’abécédaire de la démagogie révolutionnaire pour tenter d’agréger le malaise. Il faut vivre dans une pleine surréalité ou se savoir très éloigné du pouvoir pour déclamer des promesses intenables, revendiquer des solutions absurdes. Cette gauche rêve sans doute d’un mouvement social, d’un retour des « gilets jaunes ». Il est permis d’en douter ; si révolte il y a, elle sera civique et moins sur les ronds-points que dans les urnes.
Cet automne sous tension, sur fond de bataille budgétaire et de campagne présidentielle, va aussi être un révélateur du sérieux de ceux qui prétendent à la fonction suprême.

Le contraste qui distingue depuis toujours la conquête du pouvoir et son exercice atteindra dans les mois qui viennent son paroxysme. Écrivons-le : on demeure sidéré devant la prolifération de candidats de plus en plus insignifiants. Le moment est historique et beaucoup de propositions politiques sont désespérément anecdotiques. Pourtant, un esprit responsable y réfléchirait soixante-dix fois sept fois avant d’aggraver un peu plus une situation aussi périlleuse pour un gain politique de court terme.

Source : Figaro 17/9/206

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mercredi, 16 septembre 2026

Union des droites : l'illusion du programme commun

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Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Source Polémia cliquez ici

Unir les droites, mais pour défendre quelle France ? Balbino Katz expose les fractures entre RN, droite classique et Reconquête : derrière l’accord électoral se joue un choix fondamental entre administrer le déclin et défendre la continuité du peuple français.

Polémia

Une union possible ?

Le Journal du dimanche a consacré plusieurs pages à une idée qui s’installe désormais au cœur de la préparation de l’élection présidentielle de 2027 : l’union des droites ne serait plus seulement souhaitée par leurs électeurs, elle disposerait déjà de son programme. Sous le titre assez catégorique « Le peuple de droite a déjà son programme », Jules Torres rassemble les résultats de plusieurs enquêtes et fait apparaître un socle commun : maîtrise de l’immigration, sécurité, réduction de la dette, pouvoir d’achat, assimilation, production nationale. Selon les chiffres cités par le journal, 66 % des sympathisants LR, 63 % de ceux du RN et 89 % de ceux de Reconquête souhaitent une union en 2027.

L’intuition est juste, du moins jusqu’à un certain point. Il existe aujourd’hui un électorat de droite dont les préoccupations convergent beaucoup plus que ne le laisseraient supposer les querelles d’appareils. Sur l’immigration, le rétablissement de l’autorité, l’insécurité ou la critique de l’impuissance publique, les électeurs de Bruno Retailleau, de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour parlent de plus en plus souvent la même langue. L’erreur commence lorsqu’on déduit de cette convergence électorale l’existence d’une famille politique homogène. Une addition de réponses identiques à des questionnaires ne produit pas nécessairement une vision commune du monde.

La science politique française nous a précisément appris à nous méfier des étiquettes trop simples. René Rémond, dans Les Droites en France, distinguait les traditions légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Sa typologie a été discutée, complétée et parfois malmenée, mais son intuition essentielle demeure féconde : derrière le mot « droite » se cachent des tempéraments politiques, des conceptions de l’État et des représentations de la société profondément différents. Deux partis peuvent voter la même loi pour des raisons presque opposées.

La vieille tripartition de René Rémond ne correspond plus exactement au paysage contemporain. Les héritages survivent par fragments, mais d’autres clivages les recouvrent. Pour comprendre les recompositions actuelles, une nouvelle division peut être proposée. Trois familles se distinguent : une droite populo-étatiste, une droite libérale-étatique et une droite libérale-identitaire.

Le RN, ou le populo-étatisme

La première est principalement incarnée par le Rassemblement national, auquel peuvent être rattachés Nicolas Dupont-Aignan et les différentes survivances du souverainisme français. Cette droite croit à la souveraineté, aux frontières, à l’autorité et à la priorité nationale, tout en demeurant très attachée à la protection sociale, aux services publics, aux retraites et à une forte intervention de l’État dans l’économie.

Cette singularité s’explique en partie par la sociologie électorale du RN. Les travaux de Pascal Perrineau ont depuis longtemps montré comment le Front national, puis le Rassemblement national, avait progressivement conquis des catégories populaires autrefois intégrées au système communiste ou socialiste. Le déplacement des ouvriers vers le vote national n’a pas entraîné leur conversion soudaine au libéralisme économique. Le parti a donc absorbé une partie de leur culture sociale en même temps que leurs suffrages.

Le JDD le reconnaît d’ailleurs entre les lignes. LR et Reconquête privilégient davantage la réduction de la dépense et des prélèvements, tandis que le RN se montre beaucoup plus protecteur des prestations et des petites retraites. Le principe de réduction de la dette rassemble ; la méthode sépare aussitôt. Ce détail n’en est pas un. Une coalition peut aisément promettre de réduire les dépenses publiques avant une élection ; elle commence à se diviser le jour où il faut inscrire le nom des bénéficiaires sur la facture.

Le phénomène rappelle ce qu’Otto Kirchheimer avait appelé, dans les années 1960, le catch-all party, le « parti attrape-tout ». Pour élargir son électorat, une formation abandonne progressivement une partie de sa rigidité doctrinale, atténue ses références idéologiques et cherche à agréger des groupes sociaux dont les intérêts ne coïncident pas entièrement. Le RN contemporain correspond assez bien à cette logique. Sa grande force est de permettre à des électeurs très différents de projeter sur lui des espérances parfois contradictoires.

L’ouvrier y voit la protection sociale ; le petit patron, la réduction des contraintes ; le conservateur, l’ordre ; le souverainiste, la nation ; l’identitaire, l’arrêt de l’immigration ; le retraité, la préservation de ses droits. Tant que le parti demeure dans l’opposition, cette polysémie fonctionne admirablement. L’exercice du pouvoir présente l’inconvénient d’obliger les synonymes apparents à retrouver leur sens exact.

Les libéraux-étatiques, éternelle droite de gouvernement

La deuxième famille est celle des libéraux-étatiques. Elle rassemble une partie des Républicains, l’UDR d’Éric Ciotti et, selon des combinaisons variables, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez ou David Lisnard. À la périphérie se trouvent également ceux qui, venus de la macronie, peuvent espérer reconstruire une droite gouvernementale : Édouard Philippe, Gérald Darmanin et, plus difficilement, Gabriel Attal.

Cette famille privilégie l’entreprise, la maîtrise des comptes publics, la réduction des prélèvements et une conception plus classique de l’économie de marché. Elle se distingue pourtant du libéralisme anglo-saxon par une fidélité très française à l’appareil d’État. Elle souhaite généralement diminuer la puissance publique sans renoncer à la haute administration qui la fait fonctionner, déréglementer sans désarmer le centre, décentraliser tout en maintenant la main de Paris.

Il n’y a là aucune anomalie historique. La droite française est étatique depuis Colbert autant que la gauche l’est depuis les jacobins. Tocqueville avait déjà remarqué, dans L’Ancien Régime et la Révolution, combien la centralisation administrative avait précédé 1789 et survécu à presque tous les bouleversements de régime. Nos libéraux gouvernent souvent moins contre l’État qu’à partir de lui.

Cette droite peut parfaitement conclure des alliances électorales avec le RN. Elle peut voter avec lui sur la sécurité, l’immigration ou la fiscalité. Une difficulté apparaît dès que l’on touche à la conception de la société : elle demeure largement persuadée que l’immigration est d’abord une question de flux à maîtriser, de coût économique, d’intégration et d’ordre public. Le problème civilisationnel lui paraît souvent excessif ou politiquement dangereux.

L’apparition d’une droite libérale-identitaire

La troisième famille est aujourd’hui beaucoup plus faible électoralement : celle des libéraux-identitaires. Reconquête en est pratiquement le seul représentant organisé avec Éric Zemmour et Sarah Knafo.

Son originalité ne réside pas seulement dans une plus grande fermeté migratoire. Elle consiste à établir une hiérarchie différente entre les problèmes politiques. Pour cette droite, la première question n’est pas de savoir si la France aura dans vingt ans un déficit public de 3 ou 4 %, mais quel peuple habitera le territoire français.

Cette interrogation renvoie à une vaste littérature universitaire sur la définition de la nation. Ernest Renan avait popularisé, dans sa conférence Qu’est-ce qu’une nation ?, l’idée du « plébiscite de tous les jours », souvent utilisée depuis pour défendre une conception volontaire de l’appartenance nationale. Plus d’un siècle plus tard, Anthony D. Smith, à travers l’école dite de l’ethnosymbolisme, a rappelé qu’une nation ne surgit jamais d’une pure décision juridique : elle repose aussi sur des mythes collectifs, une mémoire, des symboles, des territoires et des continuités historiques.

Dominique Schnapper, dans ses travaux consacrés à la communauté des citoyens, a pour sa part montré toute la puissance mais également toute la tension du modèle français : l’universalisme républicain prétend transcender les appartenances particulières par la citoyenneté. Cette construction fonctionne admirablement lorsque les nouveaux venus sont suffisamment peu nombreux pour entrer dans une société nationale fortement structurée. La question contemporaine est de savoir si le même mécanisme demeure inchangé lorsque les proportions démographiques, la concentration territoriale et la puissance des appartenances communautaires se transforment.

C’est exactement à cet endroit que l’unité proclamée des droites se fissure.

Immigration : le même mot pour trois politiques

Le JDD constate que l’immigration constitue un sujet déterminant pour 71 % des proches de LR, 85 % de ceux du RN et 95 % de ceux de Reconquête. Une telle convergence paraît spectaculaire. Elle renseigne pourtant davantage sur l’importance du problème que sur les solutions envisagées.

Dire que l’on veut « réduire l’immigration » ne signifie presque rien tant qu’on ne précise pas l’objectif. S’agit-il de diviser les flux par deux ? De parvenir à l’immigration zéro ? De supprimer le regroupement familial ? De remettre en cause certaines naturalisations ? De créer un solde migratoire négatif ? De favoriser le retour de populations étrangères déjà installées ?

Le terme de « remigration » rend cette divergence visible. Le RN refuse de reprendre le mot ; Reconquête l’assume. Derrière cette querelle lexicale s’opposent deux diagnostics. Le premier considère qu’en arrêtant fortement les flux, en expulsant clandestins et délinquants étrangers et en rétablissant l’assimilation, l’essentiel du problème peut encore être traité. Le second soutient que les transformations démographiques déjà accomplies rendent insuffisant le seul contrôle des entrées.

On retrouve ici un phénomène étudié par Seymour Martin Lipset et Stein Rokkan : les systèmes politiques s’organisent autour de grands clivages durables. Ceux-ci peuvent survivre longtemps après les circonstances historiques qui les ont fait naître, puis être progressivement concurrencés par de nouvelles lignes de fracture. En Europe occidentale, le vieux conflit entre capital et travail ne suffit manifestement plus à structurer la compétition politique.

Hanspeter Kriesi et plusieurs politistes européens ont montré comment la mondialisation avait contribué à faire émerger un nouveau partage entre les groupes qui bénéficient de l’ouverture économique, culturelle et migratoire et ceux qui s’en perçoivent comme les perdants. La question contemporaine pourrait aller encore plus loin : au clivage économique ouverture-fermeture s’ajoute désormais une opposition sur la permanence même des peuples européens.

Le RN reste profondément républicain

Les déclarations d’Andréa Kotarac sont de ce point de vue particulièrement instructives. Le porte-parole du RN avait affirmé que « les racines de la France ne sont pas que chrétiennes » et que « les musulmans sont sensibles au patrimoine chrétien de la France ». Ces propos avaient suscité des réactions précisément parce qu’ils donnent à voir la conception nationale qui demeure dominante dans le parti.

La France du RN reste essentiellement une France républicaine : tout individu peut devenir pleinement français à condition d’accepter les règles, les mœurs et un certain patrimoine collectif. L’origine n’est pas, en elle-même, politiquement déterminante. Le nombre l’est assez peu également, dès lors que l’assimilation est supposée fonctionner.

Reconquête introduit une rupture. L’assimilation individuelle peut fonctionner, soutient en substance cette école, sans que l’assimilation de populations entières soit possible dans n’importe quelles proportions. La quantité finit par modifier la nature du phénomène. Une famille arrivée de l’étranger peut devenir française ; plusieurs millions d’individus maintenant des formes importantes d’endogamie, de culture distincte ou de solidarité communautaire posent une question d’une autre nature.

Rogers Brubaker, dans Citizenship and Nationhood in France and Germany, avait autrefois opposé, en la nuançant, une conception française plus politique et assimilationniste de la nation à une conception allemande historiquement plus culturelle. La comparaison est aujourd’hui moins nette qu’elle ne l’était lorsque le livre fut publié. Elle permet néanmoins de comprendre pourquoi le RN demeure, au fond, beaucoup plus proche de la tradition républicaine française que ne le croient certains de ses adversaires.

L’AfD comme révélateur

La récente victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt a offert une démonstration presque expérimentale de cette divergence. Le 6 septembre, le parti allemand a recueilli autour de 44,5 % des suffrages, plus du double de son résultat de 2021. Éric Zemmour et Sarah Knafo ont salué ce succès, tandis que les dirigeants du RN ont maintenu leurs distances avec leur ancien partenaire européen.

Jean-Philippe Tanguy a exprimé cette rupture de manière encore plus explicite. Revenant sur ses contacts anciens avec des responsables de l’AfD, le député RN a raconté être ressorti « terrorisé » d’une rencontre avec certains d’entre eux et a dénoncé des déclarations relatives au passé nazi allemand. Son jugement peut naturellement se discuter ; ce qui importe politiquement est sa netteté. Le RN ne considère plus l’AfD comme un allié encombrant dont il faudrait corriger certaines outrances. Il s’en distingue comme d’une autre famille politique.

Reconquête fait le choix inverse. Il ne partage évidemment pas toutes les positions de l’AfD, pas davantage qu’il ne reprend celles de Vox ou de l’ensemble des droites centre-européennes. Une proximité existe néanmoins autour d’une interrogation commune : l’État doit-il seulement garantir la sécurité et la prospérité des habitants présents sur un territoire, ou possède-t-il également pour mission d’assurer la continuité historique du peuple qui lui a donné naissance ?

La différence est fondamentale.

Une dédiabolisation devenue principe de gouvernement

Cette évolution du Rassemblement national peut s’interpréter à travers Anthony Downs. Dans An Economic Theory of Democracy, l’économiste américain modélisait les partis comme des organisations cherchant à maximiser leurs suffrages et donc, dans certaines configurations, à se rapprocher de l’électeur médian. Sans appliquer mécaniquement un modèle économique à la politique française, la dédiabolisation lepéniste relève manifestement d’une logique analogue.

À mesure que le RN s’est approché du pouvoir, il a éliminé ou atténué les positions susceptibles de fermer l’accès à des électorats supplémentaires. L’euro, la sortie de l’Union européenne, la retraite à 60 ans, certaines conceptions de la préférence nationale, puis plusieurs mesures identitaires ont été successivement abandonnés, reformulés ou repoussés. Chacune de ces évolutions peut être défendue rationnellement. Leur accumulation finit cependant par dessiner une méthode : toute doctrine demeure subordonnée à l’élargissement électoral.

Le problème n’apparaît pas nécessairement avant la victoire. Il surgit après.

Libération a fourni récemment un contrepoint inattendu au bel optimisme du JDD. Dans une enquête consacrée à la préparation de 2027, le journal décrit un RN porté par des sondages favorables, mais encore marqué par « l’atonie programmatique, le dilettantisme et la confusion ». Marine Le Pen y apparaît comme une dirigeante fonctionnant beaucoup à l’instinct, peu soucieuse des grandes constructions de campagne et disposée à attendre les événements plutôt qu’à les provoquer.

Un tel fonctionnement constitue une force dans l’opposition. La souplesse permet de saisir les changements d’humeur de l’électorat et d’éviter l’enfermement doctrinal. Au gouvernement, elle devient plus périlleuse. Une crise financière, une révolte urbaine, un conflit avec les institutions européennes ou une réforme budgétaire ne laissent pas toujours le loisir de consulter l’opinion avant de choisir.

Les tensions entre Marine Le Pen, Jordan Bardella et Marion Maréchal donnent une autre indication. Libération rapporte notamment la réaction de Bardella lorsque fut envisagée une place plus importante pour Marion Maréchal : « C’est elle ou moi. » Derrière la rivalité des personnes existe aussi une concurrence entre orientations politiques, Marion Maréchal incarnant depuis longtemps une droite plus identitaire, économiquement plus libérale et davantage favorable aux rapprochements avec les autres droites.

Ainsi, au moment même où le JDD annonce l’union prochaine des droites, le RN peine encore à régler la question de ses propres droites.

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lundi, 14 septembre 2026

Le « scandale de Carcassonne », inéluctable conséquence du Grand Remplacement

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Claude Lorne

Le Nouveau Présent cliquez là

Depuis une semaine, et sa révélation par Mediapart, le « scandale de Carcassonne » où, en 2025, un policier municipal avait tenu lors d’une patrouille des propos peu amènes sur les « bougnoules », les « bicots » et autres chances pour la France tenant les murs des cités où prospère le narcotrafic, met en transes les médias. Ainsi que le Rassemblement national où le policier participait bénévolement au service d’ordre. Inutile de préciser que la brebis galeuse a été sur-le-champ — et vertueusement — expulsée. Que l’exclu aille donc militer à LFI qui, elle, défend bec et ongles ses affidés, systématiquement couverts, si nauséabondes que soient leurs éructations et si violents leurs actes — cf. le meurtre en bande organisée du malheureux Quentin Deranque en février dernier à Lyon par des membres de la Jeune Garde antifasciste que cornaque le député LFI Raphaël Arnault, dont des collaborateurs parlementaires participaient à l’hallali.

Et si l’on parlait de la criminalité importée ?

Pourtant, il s’en est passé des choses mettant en cause des « racisés » ! Le 6 septembre à Grigny (Essonne), Mamadou G, ex-dealer de crack reconverti dans le trafic de cigarettes de c contrebande a été abattu par un concurrent africain. À Nanterre s’est ouvert le lendemain le procès devant les assises de l’ancien boulanger Anis H., égorgeur en 2024 d’un collègue dont il ne supportait pas les critiques. À Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, un Soudanais sous OQTF jamais exécutée a été inculpé le même jour du meurtre d’Etienne, un riverain de 31 dont il guignait le sac à dos et le portable. Et le 10 septembre, Abdelkader était jugé en comparution immédiate et condamné à Toulouse à six mois de prison ferme.

Une sinistre plaisanterie vu la gravité des faits : outré par les reproches faits par une institutrice à son ingérable rejeton, il s’était précipité à l’école du Fauga et ainsi menacé l’enseignante : « Si tu continues à emm… mon fils, je reviens pour te décapiter !»

Une menace à ne pas prendre à la légère après les décapitations par des terroristes islamistes des professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard et, en pleine messe, du Père Hamel, prêtre (octogénaire) dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Toutes atrocités commises par des allogènes.

Lesquels ont une place éminente dans l’explosion de la délinquance et de la criminalité. Ce n’est pas nous qui le disons mais le ministère de l’Intérieur dont, citées par le JDD, les statistiques sur 2025 sur l’insécurité dans les transports sont éloquentes : « En Île-de-France, les étrangers représentent 80% des mis en cause pour vols dans les transports, 87% pour les vols sans violence, 61% pour les violences sexuelles et 38% pour les agressions. Au niveau national, 71% des vols, 41% des violences sexuelles et 26% des agressions sont commis dans les transports par des individus ne possédant pas la nationalité française. Pour rappel, les étrangers représentent environ 9% de la population présente sur le territoire français, selon l’Insee. » Si l’on extrapole à ce qui se passe à l’air libre, les ratios doivent être identiques.

Darmanin 2023 : « Le racisme contre les Blancs est aveuglant. »

À noter que, contrairement aux années précédentes, la Place Beauvau avait mis en ligne le 9 septembre sur son site des statistiques globales, ne distinguant pas entre les délinquants de souche (ou naturalisés, dans de très nombreux cas) et délinquants d’importation récente. C’est seulement le lendemain que, devant le tollé, Laurent Nuñes s’est résigné à rectifier le tir — et à rétablir la vérité.

À noter aussi que, le 10 décembre 2023 sur Brut, son prédécesseur reconnaissait l’existence d’un « racisme contre les Blancs », ajoutant qu’« il faut être aveugle pour ne pas le voir ». Promu garde des Sceaux, Gérald Darmanin fera-t-il condamner l’infortuné policier de Carcassonne, sans cesse en butte comme tant de ses collègues au « racisme contre les Blancs » et dont le seul crime est d’avoir exprimé son ressenti (et d’avoir été dénoncé pour ce propos privé), tombant ainsi sous le coup des lois liberticides adoptées depuis 1972 ? Mais c’est en toute impunité que, sur Hit Radio en février 2013, Jean-Luc Mélenchon pouvait proclamer : « Je ne peux pas survivre quand il n’y a que des blonds aux yeux bleus. C’est au-delà de mes forces… » et assimiler les Normands à un tas de « malheureux alcooliques » cliquez ici  Et ce sont ses amis et admirateurs qui viennent nous donner maintenant des leçons de vivre-ensemble !

17:14 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Les retraités dans le collimateur, où est la logique ?

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Par Gaëtan de Capèle

Qui réglera la facture du déficit en 2027 ? Après des semaines à tourner autour du pot, chaussé de gros sabots, Sébastien Lecornu a désigné sa cible : les retraités. Disons-le tout de suite : il faudra une force de persuasion exceptionnelle au commando kamikaze de ministres chargé de vendre cette idée aux groupes parlementaires à huit mois d’une élection présidentielle. On doute que le premier ministre lui-même imagine sincèrement trouver un consensus sur le sujet le plus explosif de la vie politique française. Rares sont ceux qui, aujourd’hui, discutent la nécessité d’un vaste effort collectif pour redresser les comptes publics.

Avec 150 milliards d’euros de déficit par an, que nous ne parvenons pas à compresser, avec 3 500 milliards de dettes, avec une croissance anémique, nous ne tiendrons pas longtemps la route. Inquiets de tant d’inconséquence, autant que de l’impasse politique qui paralyse tout, les marchés financiers nous le font payer très cher. Le principe d’une participation de tous à l’effort de guerre posé, commencer par désindexer les pensions ou remettre en question l’abattement fiscal des retraités pour récupérer plusieurs milliards d’euros soulève un sérieux problème de logique, pour ne pas dire de morale.

Car, en suspendant la réforme des retraites pour sauver sa tête, le gouvernement a fait une croix sur une économie de 6 milliards d’euros pour la seule année 2027. Creuser volontairement un trou dans notre système par répartition, contre toute logique, puis ponctionner les retraités pour le reboucher, il va falloir beaucoup de contorsions pour l’expliquer. Et nous n’avons pas fini de payer cette faute impardonnable : il faudra recommencer l’an prochain, car, en refusant de reporter l’âge de départ comme partout ailleurs en Europe, nous en serons toujours au même point.

Un effort collectif consiste enfin à examiner les pistes d’économies partout où il en existe. Après les entreprises, les retraités se trouvent dans le collimateur. Mais le reste ? Les dépenses de santé, l’absentéisme, les collectivités locales, la fonction publique, les agences de l’État… Toujours rien à l’horizon.

Source : Le Figaro 14/9/2026

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dimanche, 13 septembre 2026

Vox, ou quand la droite se souvient que les idées font partie du combat politique

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Balbino Katz
chroniqueur des vents et des marées 

Je suis au bar des Brisants, à Léchiagat, devant le port, ma tablette posée entre la tasse de café et la baie derrière laquelle passent les bateaux. C’est souvent ainsi que les voyages recommencent, sans billet ni valise. Je parcours sur ma tablette El Manifiesto, l’excellente blog culturel espagnol que dirige mon vieil ami Javier Ruiz Portella, lorsque je tombe sur une série intitulée Las raíces filosóficas de Vox. Le journal en publie trois livraisons tirées d’un vaste travail de recherche de Nancy Sender, philosophe américaine titulaire d’un doctorat, qui s’est mise en tête d’accomplir une besogne aussi nécessaire qu’inusitée : rechercher non pas seulement les causes électorales du succès de Vox, mais les idées, les auteurs et les cheminements intellectuels qui ont préparé son vocabulaire et sa vision du monde. La première partie s’arrête longuement sur Gustavo Bueno ; la seconde fait surgir trois personnages dont deux réveillent chez moi près d’un demi-siècle de souvenirs : José Javier Esparza et Javier Ruiz Portella, auxquels vient se joindre le philosophe Miguel Ángel Quintana Paz.

J’ai longtemps considéré l’Espagne comme ma seconde patrie. Depuis quelques années, l’Argentine où je passe désormais près de deux mois chaque année, lui taille quelque peu des croupières. Je ne retourne presque plus en Espagne, tandis que Buenos Aires, Mendoza ou les routes de la Cordillère sont redevenues familières. Il n’empêche. J’ai assez vécu de l’autre côté des Pyrénées, j’y ai assez aimé, discuté, travaillé et noué d’amitiés pour qu’une partie de ma jeunesse y demeure en garnison.

C’était le temps où je fréquentais les universités d’été d’Alianza Popular en Andalousie. On y parlait de l’avenir de la droite espagnole sous un soleil qui vous faisait rapidement préférer l’ombre des patios aux salles de conférences, et l’on pouvait sans grand effort tomber amoureux d’une Andalouse blonde aux yeux bleus, ce qui, à cet âge-là, valait bien tous les séminaires de philosophie politique. L’Espagne sortait à peine de sa transition. Manuel Fraga cherchait à transformer la droite issue de l’ancien régime en une force conservatrice moderne, parlementaire, européenne. Alianza Popular deviendrait plus tard le Partido Popular.

Son secrétaire général était alors Jorge Verstrynge, personnage brillant, remuant, imprévisible mais aussi amical, dont l’itinéraire ultérieur devait être pour le moins sinueux. C’est lui qui me présenta, dans les bureaux assez cavernicoles de la rue Génova à Madrid, un jeune collaborateur nommé José Javier Esparza. Nous avions à peu près le même âge. Lui comme moi appartenions à cette génération qui prenait encore les idées au sérieux et croyait même, extravagance désormais presque incompréhensible, qu’un parti politique devait posséder une conception du monde avant de rédiger son programme fiscal.

J’étais alors plongé jusqu’au cou dans les affaires de la Nouvelle Droite française. Le GRECE, Nouvelle École, Éléments, Alain de Benoist, Guillaume Faye, les colloques, les universités d’été, les batailles intellectuelles qui nous paraissaient autrement importantes que les querelles d’appareil : c’était notre univers. Quelques jeunes gens de notre âge descendirent ainsi en Espagne chargés de revues et de livres. Ils avaient l’âge d’Esparza, celui aussi des garçons et des filles qui participaient aux universités d’été d’Alianza Popular. Il n’y avait rien d’une délégation solennelle : simplement une poignée de jeunes Européens qui découvraient avec gourmandise qu’au-delà des frontières d’autres jeunes gens se posaient les mêmes questions.

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Nous les Français !

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Victor Lefebvre

Qu’est-ce qui relie encore les Français ? En 1984, dans l’introduction au premier volume des Lieux de mémoire, Pierre Nora diagnostiquait la « fin des sociétés-mémoires », « un basculement de plus en plus rapide dans un passé définitivement mort, la perception globale de toute chose comme disparue, l’arrachement de ce qui restait encore de vécu dans la chaleur de la tradition ». Près d’un demi-siècle plus tard et à l’approche d’une élection présidentielle incertaine, nul besoin d’être grand clerc pour constater les lignes de fracture de la société française. « À force d’atomisation de la société, d’hyper-individualisme, de polarisation du débat public, les Français sont incapables de faire émerger ce “nous” majoritaire et de l’accepter [...] Le grand récit national s’est effrité en une multitude de récits parallèles, parfois concurrents, voire franchement incompatibles », fait observer Gérald Andrieu en ouverture de l’ouvrage collectif Nous les Français, saisissant tableau de la France d’aujourd’hui en cent exemples illustrés.

Cartographie du minuscule

Comment retrouver du commun et du collectif dans un pays sécularisé, désenchanté, gagné par le déclinisme, éclaté en une myriade de croyances, de goûts, de pratiques et de rituels ? En cartographiant « le minuscule pour tenter de montrer le majuscule », répondent Andrieu et ses cinq coauteurs. Pari réussi. Du succès de la romantic fantasy à la démocratisation du libertinage, en passant par l’engouement pour le cinéma d’horreur et le true crime ou par la sociologie de la doudoune sans manches, Nous les Français propose une précieuse radiographie des pratiques culturelles d’un peuple moins dépolitisé qu’il en a l’air.

C’est l’un des postulats du livre : contrairement à ce que pourraient laisser penser les niveaux record d’abstention observés lors des récents scrutins, les Français restent un peuple « éminemment politique », avide d’engagement citoyen et de lien social. Un exemple : le secteur associatif a connu un essor inédit au cours des deux dernières années, portant le nombre de bénévoles à 12,5 mil- lions, soit près d’un quart de la population française adulte.

Passions contradictoires

Certains chiffres sont en revanche plus préoccupants : 12% des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées déclarent n’avoir reçu aucune visite de leur famille au cours de l’année écoulée – soit près de 84.000 personnes –, le marché des substances illicites a augmenté de 189% entre 2010 et 2023, le niveau de souffrance psychique n’a jamais été aussi élevé dans notre pays, le fossé idéologique entre les attentes des Français et les votes de leurs élus atteint en moyenne 38 points, tous sujets et partis confondus. Mais le livre dirigé par Gérald Andrieu fonctionne comme un exercice de catharsis collective, une mise au jour subtile de ce qui nous anime en tant que peuple.

Citons une dernière tendance : jamais la France n’a été aussi « américanisée » dans ses pratiques culturelles (Coca-Cola représente près de 50% des ventes de sodas en 2025, les blockbusters hollywoodiens totalisaient 90% des entrées réalisées par les douze longs métrages les plus populaires en salles l’an passé)... ce qui n’empêche pas 73% de nos concitoyens de ne plus voir dans les États-Unis un allié de la France. Au fond, peut-être est-il rassurant de constater que l’esprit du peuple français, qui cultive l’art du paradoxe mieux que n’importe quel autre peuple, n’a guère varié.

Nous, les Français, sous la direction de Gerald Andrieu, J.L Cassely, L Coromines, F. Dedieu, L. Dupont et R. Llorca, Robert Laffont ed., 224 p., 25€

Source : Journal du dimanche 13/9/2026

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samedi, 12 septembre 2026

Cinquante ans après la mort de Mao, la gauche n’en a pas fini avec le communisme

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Mathieu Bock-Côté

Il fut un temps où Mao passait pour un dieu vivant. La jeunesse militante récitait le « petit livre rouge » et s’enthousiasmait pour la Révolution culturelle, censée changer l’homme, l’arracher aux illusions les plus tenaces de la condition bourgeoise, pour renaître à lui-même dans la pureté du communisme accompli. Ceux qui ont connu de telles hallucinations idéologiques, cinquante ans plus tard, en ont souvent honte et on les comprend. Ils se sont liés à l’un des pires régimes du XXe siècle.

Mais ce n’est pas toujours le cas. La commémoration des 50 ans de la mort de Mao a permis de voir que le monde occidental conserve à son égard une forme de tendresse inavouée. Elle prend d’abord la forme d’un constat enjoué d’une partie de la presse sur la renaissance du culte de Mao en Chine, le régime communiste ayant renoué, après des années compliquées, avec sa figure, au point où une partie de la jeunesse chinoise veut y voir un bilan globalement positif. Autrement dit, Mao a beau être responsable de dizaines de millions de morts, ce n’est pas une raison de maudire à jamais son souvenir.

C’est la théorie du point de détail appliquée à l’univers du communisme chinois. Elle est souvent utilisée, d’ailleurs, pour excuser de même manière l’URSS, en cherchant à sauver l’utopie de son application concrète, comme si un même modèle des dizaines de fois appliqué et chaque fois avec des résultats désastreux devait néanmoins conserver sa valeur. La critique des totalitarismes est asymétrique depuis longtemps. Le nazisme et le fascisme sont jugés criminels en soi, le communisme ne le serait qu’accidentellement.

Et on y revient : la commémoration en apparence critique mais fondamentalement sympathique de Mao nous rappelle que la gauche occidentale, au fond d’elle-même, n’a jamais renoncé au communisme, qui revient ces années-ci, des deux côtés de l’Atlantique, à la manière d’une utopie censée répondre aux angoisses apocalyptiques de notre temps – l’angoisse climatique étant la première d’entre elles. Nul besoin d’évoquer ici la candidature folklorique de Fabien Roussel, même si l’existence d’un parti explicitement communiste ne cessera d’étonner.

Exciter les pulsions révolutionnaires

LFI réactive ainsi l’imaginaire communiste, avec ses promesses de collectivisme bureaucratique, d’élimination juridique des différentes catégories nuisibles, de censure à grande échelle des contradicteurs, de mise au pas des médias, de négation des libertés, de confiscation de l’épargne. Sans oublier, car le communisme de notre temps en est désormais indissociable, le racisme anti-Blancs, qui n’est que l’expression contemporaine de l’aversion profonde de la gauche radicale pour l’Occident.

On le voit aux États-Unis. La renaissance de l’aile gauche au sein du Parti démocrate, pudiquement qualifiée par la presse française de progressiste, correspond d’abord à la poussée d’un mouvement entendant conquérir les grandes villes l’une après l’autre, pour les transformer en territoires libérés de l’Amérique impériale, colonialiste, capitaliste. À terme, elle rêve de faire de l’Amérique le siège d’une révolution nouvelle. Le wokisme des dernières années n’était-il pas une poursuite du maoïsme par d’autres moyens ?

Là aussi, le racisme anti-Blancs en est un élément central. On parle même, dans l’entourage de Zohran Mamdani, d’une taxation visant les Blancs, pour redistribuer leurs richesses, apparemment volées, non seulement à la minorité noire, selon une logique de réparation historique, mais à toutes les populations immigrées, présentées, alors qu’elles posent à peine le pied aux États-Unis, comme victimes du suprémacisme qui caractériserait le pays depuis ses origines.

Le communisme n’a jamais su se passer d’une base sociale investie d’une mission messianique. Il excite chez elle les pulsions révolutionnaires, et la tient dans une agitation psychique permanente, pour détruire le monde et le recommencer sur de nouvelles bases. Il mobilise aujourd’hui le revanchisme racial, le ressentiment des urbains tombés dans le piège des diplômes officiellement prestigieux mais sans valeur économique, et des hébertistes nouveaux qui rêvent d’une égalité consistant à couper tout ce qui dépasse.

On en revient alors à Mao, mais aussi à Lénine, même à Marx. Tant que le premier sera pardonné, le second admiré, comme si Staline ne l’avait pas accompli, mais trahi, et que le troisième sera ponctuellement redécouvert à la manière d’un philosophe fécond, on pourra dire que le monde occidental n’a pas compris le mal que lui fait cette idéologie qui toujours revient. À moins qu’il ne s’agisse d’une forme de fondamentalisme de la modernité, comme si cette dernière, laissée à elle-même, était condamnée à l’emballement totalitaire.

C’est ce que suggérait dans d’autres mots François Furet dans les dernières pages du Passé d’une illusion. Sa relecture serait une entreprise utile.

Source :Le Figaro 12/9/2026

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Une histoire exemplaire de l’extrême droite

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De la chute du second Empire à nos jours, le professeur à la Sorbonne, Olivier Dard, retrace la vaste histoire de l’extrême droite dans un livre appelé à devenir un ouvrage de référence - Histoire de l’extrême droite française, de 1870 à nos jours (Perrin, 912 p., 29 €).. Une lecture également essentielle pour comprendre les enjeux politiques contemporains. Faut-il confondre extrême-droite et populisme à l’heure où ces courants sont en train de s’affirmer dans toute l’Europe ? Même les pays nordiques, pourtant abonnés à la social-démocratie peu ou prou chrétienne, basculent eux aussi dans le champ nationaliste et identitaire. Même en Allemagne où le peuple a été lobotomisé par l’occupant américain et sa propagande nauséabonde.

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Source : Le Figaro magazine 12/9/2026

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jeudi, 10 septembre 2026

Jean-Philippe Tanguy, furet de couloir et fossoyeur des coiffes bretonnes

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Tristan Mordrel

Jean-Philippe Tanguy vient encore de montrer ce que vaut son prétendu attachement à l’identité. Interrogé sur le voile islamique, le député du Rassemblement national a cru bon de comparer celui-ci aux coiffes portées naguère par les Bretonnes. Sous la dentelle de Pont-l’Abbé, il aurait donc fallu apercevoir le même assujettissement que sous le hijab. Nos arrière-grand-mères bigoudènes attendaient apparemment Jean-Philippe Tanguy pour apprendre qu’elles étaient opprimées.

Les coiffes bretonnes ont disparu pour les mêmes raisons que les costumes alsaciens, provençaux ou berrichons : l’exode rural, l’usine, la ville, la confection industrielle et l’uniformisation des mœurs. Les hommes avaient d’ailleurs abandonné leurs bragou braz et leurs chapeaux bien avant les femmes. Nulle insurrection féministe, nul « Femme, Vie, Liberté » avant l’heure : seulement le grand rabot de la modernité, qui a remplacé les peuples vêtus selon leurs coutumes par des consommateurs habillés chez les mêmes marchands.

Se disant issu d’une famille bretonne, Tanguy devrait le savoir. Il préfère salir ses propres aïeules afin de réussir une pirouette de plateau. C’est la marque des hommes sans assise : ils empruntent à leurs ancêtres un certificat d’identité, puis piétinent leur héritage dès qu’un bon mot paraît pouvoir leur rapporter quelques secondes d’antenne.

Ce personnage a été décrit sur Breizh info comme un furet de couloir, flairant les portes qui s’ouvrent et les courants qui montent. Le voici ethnologue de télévision, expliquant aux Bretonnes mortes depuis un siècle ce qu’elles pensaient de leur coiffe. Chez lui, la conviction dure moins longtemps qu’un passage sur BFMTV. Il est souverainiste à Paris, centralisateur en Bretagne, défenseur des traditions le matin et procureur de ces mêmes traditions le soir.

L’absence de réaction des cadres bretons du RN est, à cet égard, éloquente. Que leur parti prétende encore défendre les identités charnelles après avoir laissé l’un de ses principaux porte-voix assimiler une coiffe bigoudène au voile islamique relève de la farce. À ce train-là, il ne restera bientôt plus qu’à interdire le fest-noz pour lutter contre la charia et la galette-saucisse au nom de l’émancipation alimentaire.

Un homme capable de sacrifier avec une pareille désinvolture la mémoire des femmes de son propre peuple pour tirer son épingle d’une discussion télévisée n’est pas seulement ridicule. Il donne la mesure de sa lâcheté morale. On frémit à l’idée qu’un tel furet puisse un jour quitter les couloirs pour entrer dans un ministère.

Source Breizh info cliquez ici

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mercredi, 09 septembre 2026

Education : de mal en Pisa

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Laurence de Charette

Il était non seulement prévisible, mais annoncé : le crash de l’école s’est produit. Voilà plusieurs décennies que des hordes d’idéologues, forcenés du pédagogisme et de l’égalitarisme, s’acharnent à liquider les savoirs, à éliminer les notes, à disqualifier des vertus aussi basiques que le mérite de l’élève et l’autorité du professeur. Pisa, ce classement mondial triennal, que tous les pays considèrent mais que les caciques de la Rue de Grenelle ont longtemps pris de haut, porte au grand jour, au vu et au su de toute la planète, l’inéluctable désastre que d’aucuns, chez nous - mais ils sont tout de même de moins en moins nombreux -, s’obstinent encore à nier.

La déroute est totale : l’école « républicaine » à la française est championne dans la reproduction des inégalités sociales - et plus le temps passe, plus le déterminisme s’accentue. Éradiquer la réussite scolaire : c’est là la magnifique performance des bons apôtres de l’« égalité des chances » qui croient si peu en l’intelligence et en l’effort qu’ils préfèrent miser sur l’effondrement des exigences - sur tous les plans.

Le pire est sans doute devant nous

L’« ascenseur » fonctionne d’ailleurs désormais si mal qu’il ne parvient même plus - et c’est une nouveauté - à hisser vers le haut les élèves en principe favorisés, dont les résultats s’effondrent. L’excellence n’est pas aimée ? Le problème est réglé : la voilà chassée. Bientôt, la France se cherchera en vain des élites capables de l’emmener vers l’avenir… Mais le pire est sans doute devant nous : à ceux qui en doutaient encore, Pisa montre, à l’échelle planétaire, cette fois, les terribles ravages des écrans, des réseaux et de l’intelligence artificielle sur les jeunes cerveaux.

S’il fallait pourtant chercher, dans ce triste tableau - le pire classement en vingt ans -, une raison d’espérer, ce serait son calendrier : aux nombreux prétendants à la présidentielle, Pisa trace, avec une rare clarté, une feuille de route impérative, et une urgence : renverser la table pour revenir aux fondamentaux et replacer l’école, avec ses acteurs, au cœur de nos préoccupations, de nos exigences, de nos espérances.

Source : Le Figaro 9/09/2026

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lundi, 07 septembre 2026

Désaccords souverains

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Le magazine Causeur, dans sa livraison d’été 2026 a eu la bonne idée de réunir pour débattre de la journaliste Eugénie Bastié qui officie au Figaro et Natacha Polony, journaliste également, qui fut la directrice des rédactions de Marianne avant que celui-ci ne bascule dans le marigot de l’idéologie dominante de gauche au point d’en devenir indigeste. On la retrouve aujourd’hui sur de nombreux plateaux télé mais aussi sur Internet où elle officie sous son propre label. Toutes deux s’inscrivent dans un courant souverainiste que l’on pourrait qualifier de droite pour Eugénie Bastié et de gauche pour Natacha Polony. Elles s’en expliquent. Mais, au final, les deux points de vue ne sont pas contradictoires. Reste que leur débat est passionnant.

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Source : Causeur, été 2026

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dimanche, 06 septembre 2026

Vive l'école !

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À l’heure de la rentrée des classes, et depuis des décennies maintenant, on ne sait plus très bien de quelle école il s’agit. On ne sait plus très bien non plus ce que l’on y enseigne. On a déconstruit tous les programmes d’hier qui avaient pourtant fait leur preuve. Pascal Praud, dans cet édito du Journal du dimanche, nous le rappelle. Ce n’est si lointain quand même puisqu’il a 61 ans. Mais il nous rappelle un enseignement que nous avons reçu, nous les générations  de l’immédiate après-guerre. Dès le CP, on savait lire et écrire. Au collège, j’ai fait du latin dès ma classe de sixième et ça ne pas traumatisé pour autant. On a vécu l’histoire de France au gré d’une naturelle chronologie et il en a été de même pour la littérature. On ne plaçait pas Voltaire au XIXe siècle. Les programmes étaient simples mais efficaces. Arrivé au baccalauréat, on avait déjà un solide bagage. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les mômes ne lisent plus, ils regardent leur smartphone ! On fabrique des crétins. Ah, j’oubliais, le maître savait faire respecter son autorité. Vivement le retour à la case départ.

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Source : Le Journal du dimanche 6/9/2026

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vendredi, 04 septembre 2026

France Inter : deux minutes trente qui font trembler la Maison ronde

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Trystan Mordrel

Il aura suffi de deux minutes et trente secondes, diffusées un dimanche matin à 7 h 42, pour que la citadelle de France Inter sonne le tocsin. Plus de quatre cents salariés de Radio France, réunis en assemblée générale, ont voté à l’unanimité une motion exigeant le retrait de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles. Faute d’obtenir satisfaction, ils menacent de déposer un préavis de grève.

La première chronique incriminée ne contenait pourtant aucune apologie du national-socialisme, aucune proclamation séditieuse, pas même l’ombre d’une provocation. Charles Sapin y parlait, fort paisiblement, du poids de la dette dans la prochaine campagne présidentielle. Les représentants du personnel reconnaissent d’ailleurs qu’il n’y avait « rien à redire sur le fond ». Son crime est ailleurs : il travaille pour un journal de droite.

La semaine de France Inter compte 10 080 minutes d’antenne. Charles Sapin devait en occuper deux et demie, soit 0,025 % du temps de diffusion. Encore fallait-il supporter cette effroyable intrusion au milieu d’un océan de conformisme progressiste. Cela excédait manifestement les forces morales des gardiens du temple.

Vue de Bretagne, l’affaire prend une saveur plus amère encore. Nous ne disposons pas d’une véritable liberté radiophonique bretonne ni d’un service public audiovisuel conçu par nous, pour nous, dans nos langues et selon nos propres préoccupations. Radio France constitue donc le rappel quotidien de notre sujétion médiatique à Paris. L’écouter est doublement insupportable : d’abord parce que sa voix nous rappelle sans cesse qui tient l’émetteur ; ensuite parce que cet instrument centralisé débite, jusque dans nos ports et nos campagnes, le catéchisme progressiste d’une petite caste parisienne. À la tutelle politique s’ajoute la férule idéologique.

L’affaire serait seulement bouffonne si elle ne révélait une intolérance crasse. Salomé Saqué, venue du média d’extrême gauche Blast, peut prendre place devant le micro sans provoquer la moindre assemblée générale. Des humoristes maison peuvent comparer Charles Sapin à un néonazi, assimiler le député Jean-Philippe Tanguy à un rat et railler son homosexualité : la conscience syndicale, si prompte à s’émouvoir, demeure alors aussi silencieuse qu’une carpe. À France Inter, la haine devient une plaisanterie dès lors qu’elle frappe du bon côté.

Le plus inquiétant réside pourtant dans cet aveu collectif. Comment des journalistes qui refusent jusqu’à la présence infinitésimale d’une voix de droite pourraient-ils prétendre informer avec honnêteté un pays dont une large partie des électeurs pense précisément à droite ? Ces gens ne veulent pas du pluralisme ; ils veulent conserver le droit de décider quelles opinions sont fréquentables et lesquelles doivent être rejetées hors du cercle de la raison.

Cette menace de grève ressemble au chant du cygne d’une gauche radiophonique fossilisée. Elle sent son monopole lui échapper et s’agrippe à ses micros comme une vieille aristocratie à ses privilèges. Elle avait fini par confondre le service public avec son domaine réservé, la Maison ronde avec une maison de famille et l’argent du contribuable avec une rente idéologique.

Radio France n’appartient pourtant ni à la CGT, ni au SNJ, ni aux rédactions parisiennes. Sa mission lui commande de servir tous les citoyens français, non d’administrer quotidiennement la communion d’une bourgeoisie progressiste. Puisque ses salariés refusent même deux minutes trente de contradiction par semaine, il faudra tirer les conséquences de leur sécession. Un service public qui récuse le public ne mérite plus ni son nom ni ses subsides.

Qu’ils fassent donc grève. Pour une fois, France Inter donnera du repos aux oreilles des contribuables et, en Bretagne, quelques instants de silence parisien.

Source : breizh.info

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jeudi, 03 septembre 2026

Le dernier train du Grand Orient

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Balbino Katz
chroniqueur des vents et des marées 

Ce matin, j’ai pris à Quimper le train de 5 h 34 pour Rennes. La rame était presque vide. Quelques âmes ensommeillées profitaient en silence de cette heure indécise où la nuit, quoique déjà condamnée, n’a pas encore consenti à céder la place au jour. J’avais emporté de quoi rattraper mon retard, notamment celui qui s’était accumulé dans ma fréquentation de X, l’ancien Twitter, où je n’avais pas mis le nez depuis un bail.

L’algorithme, ce nouveau cicérone de nos existences numériques, me conduisit vers une publication d’Arthur Josso, l’une des têtes pensantes des Braves. J’avais eu le plaisir de le croiser quelques mois auparavant, alors que j’accompagnais Jared Taylor dans sa tournée le long de la Loire. Son texte répondait aux récentes déclarations de Guillaume Trichard, revenu à la grande maîtrise du Grand Orient de France.

À mesure que le train perçait la nuit bretonne en direction de l’est, je songeais au Transperceneige, la bande dessinée de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette, portée plus tard à l’écran par Bong Joon-ho. Dans cet univers glacé, un train lancé à toute allure tourne sans fin autour d’une Terre dévastée. Les derniers hommes y vivent enfermés dans des wagons étroitement hiérarchisés, tandis que la machine poursuit sa course comme si le mouvement pouvait encore tenir lieu de destination.

La comparaison est excessive, j’en conviens, quoique les analogies n’aient pas vocation à être des actes notariés. Notre convoi matinal roulait fort paisiblement et le contrôleur n’avait rien d’un commissaire politique. La lecture du programme que le nouveau grand maître assigne à son obédience donnait pourtant l’impression d’un équipage lancé vers une catastrophe probable, dont les officiers, loin de considérer les signaux d’alarme, demanderaient au mécanicien de forcer encore la vapeur.

Le retour des guetteurs

Guillaume Trichard, qui avait déjà exercé cette charge en 2023-2024, a été élu le 28 août au cours du 161e convent du Grand Orient, réuni à Bordeaux. Le retour d’un ancien grand maître ne s’était pas produit depuis trente-sept ans. Pour marquer l’événement, il a multiplié les déclarations, les entretiens et les effets de tribune. « L’heure du combat est revenue », proclame-t-il dans La Tribune Dimanche. Au Figaro, il assure que, « face à la montée des populismes », son obédience a de nouveau « un rôle historique à jouer ».

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mercredi, 02 septembre 2026

Escalades, suite

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Il n’est de bon citoyen qui ne se soit poser la question de savoir où vont nous mener les guerres instruites par la Russie et les Etats-Unis, en Ukraine et au Moyen-Orient. Ces deux guerres ont un point commun : Russes et Américains ne savent plus comment se sortir d’une situation qu’ils ont eux-mêmes créée. En attendant, entre le réchauffement climatique et les prix qui font du yoyo dans tous les domaines, même si pour l’instant les déséquilibres ne sont pas flagrants, la tentation pourrait être grande de la part d’un Donald Trump comme d’un Vladimir Poutine de considérer que la porte de sortie se trouverait dans l’escalade. Autrement dit, la perspective d’une guerre qui pourrait embraser la planète entière. C’est ce que tente d’analyser, avec son acuité habituelle, Pierre Lellouche dans cette chronique à Valeurs actuelles.

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Source : Valeurs actuelles 2/9/2026

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mardi, 01 septembre 2026

Le voile islamique, symbole de l’hypocrisie politique française

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Julien Dir

Marine Le Pen a donc ressorti du placard, lundi 31 août, la promesse d’un référendum débouchant sur la pénalisation du voile dans l’espace public. Jean-Philippe Tanguy avait dégainé la veille sur BFMTV, avec cette comparaison qui restera : une amende, comme pour une ceinture de sécurité non bouclée. Le lendemain, Jordan Bardella nuançait déjà, jurant qu’il ne s’agirait pas d’instaurer une police du vêtement, sans dire clairement si des amendes seraient dressées. Sébastien Chenu, lui, expliquait sur LCI qu’il faudrait d’abord « définir » l’idéologie islamiste et ses signes extérieurs. En 48 heures, trois responsables du même parti, trois versions.

Quel voile, exactement ?

Commençons par le commencement. De quoi parle-t-on ? Du voile intégral, déjà interdit depuis 2010 par une loi qui, elle, avait l’intelligence de ne viser aucune religion en particulier mais la dissimulation du visage ? Du hijab ? Du foulard noué au cou, qui ressemble furieusement à celui que porte une femme algérienne de 70 ans ? Du turban ? De la kippa, tant qu’on y est — car Marine Le Pen, en 2012, assumait au moins la cohérence de dire que supprimer le voile impliquait de supprimer la kippa dans l’espace public ? Depuis 2021, il n’est plus question que du voile, uniquement. La cohérence est passée à la trappe, la ciblage religieux reste.

Personne, dans les rangs qui promettent la sanction, n’a été capable de définir précisément le vêtement qui vaudrait contravention. C’est un détail, dira-t-on. C’est le contraire d’un détail : c’est le cœur de l’affaire. On ne pénalise pas un symbole flou. On pénalise un comportement défini, ou l’on ne pénalise rien du tout.

Et qui verbalise ?

Admettons. Admettons que le miracle juridique se produise, que la Constitution soit révisée, que la France sorte de la Convention européenne des droits de l’homme — ce que les juristes rappellent comme condition préalable, entraînant mécaniquement la sortie de l’Union européenne. Admettons.

Qui va verbaliser ? Les policiers qui, aujourd’hui, hésitent à tirer sur un refus d’obtempérer parce qu’ils savent que leur identité sera divulguée, qu’ils seront mis en examen, que leur famille sera menacée ? Les mêmes policiers à qui l’on demanderait, demain, d’aborder une femme dans la rue pour lui coller 135 € parce que son foulard est mal noué ? Dans quels quartiers ? Combien de temps avant que la première interpellation ne dégénère, avant que la première vidéo ne tourne, avant que la première nuit d’émeutes ne parte d’un contrôle de tissu ?

La réponse, chacun la connaît. La loi ne serait appliquée nulle part là où elle prétendrait l’être, et scrupuleusement appliquée là où elle ne servirait à rien — sur la retraitée maghrébine de Vendée qui n’a jamais menacé personne, sur la petite commerçante de province, sur celles précisément qui ne posent aucun problème. Comme toujours. Comme partout.

L’inversion du problème

Voilà le vrai scandale de cette proposition, et il n’est pas juridique. Il est moral.

On a laissé entrer sur le territoire, en cinquante ans, plusieurs millions de personnes appartenant à une civilisation, une religion, un ensemble de mœurs et de codes qui n’étaient pas ceux de la France. On l’a fait sans jamais consulter les Européens sur la question. On a traité de racistes ceux qui posaient la question. On l’a fait par lâcheté patronale, par calcul électoral, par sentimentalisme humanitaire, par idéologie.

Et maintenant qu’elles sont là — installées, françaises pour beaucoup, nées ici pour la plupart — on voudrait leur reprocher d’être ce qu’elles sont ? On voudrait s’en prendre non pas à la cause, mais à ses manifestations vestimentaires ? On refuse de dire qu’il y a un problème d’immigration et de le traiter, alors on décide de vexer les musulmans. On refuse de nommer la question démographique, alors on légifère sur le tissu.

C’est le contraire du courage politique. C’est la fuite déguisée en fermeté. Un peuple qui n’ose plus discuter de qui entre chez lui se venge en réglementant ce que portent ceux qui y sont déjà. C’est mesquin, c’est petit, et c’est surtout parfaitement inefficace.

Une brimade, et rien d’autre

Car soyons clairs sur ce que produirait une telle mesure si elle était appliquée. Elle ne convertirait personne. Elle n’assimilerait personne. Elle ne réduirait pas d’un iota l’influence des Frères musulmans, le financement étranger des mosquées, le communautarisme des cages d’escalier, ou la prédication salafiste sur les réseaux. Elle produirait exactement l’inverse : elle offrirait à l’islamisme politique le seul carburant dont il manque encore un peu en France, la persécution.

Elle transformerait chaque femme voilée en martyre potentielle, chaque contravention en preuve de l’hostilité française, chaque procès en tribune. Elle donnerait raison à ceux qui expliquent depuis vingt ans aux jeunes des quartiers que la République les hait. Elle radicaliserait des familles jusque-là tranquilles. Et elle offrirait aux organisations islamistes, sur un plateau, l’argument qu’elles cherchent depuis toujours.

On ne combat pas une idéologie en humiliant ses fidèles. On la combat en tarissant ce qui la nourrit : les flux, l’argent, les réseaux, l’impunité, l’absence de contrepartie exigée. Tout cela est possible, tout cela est légal, tout cela ne nécessite ni référendum impossible ni révision constitutionnelle. Mais tout cela exige du courage.

Le RN se tire une balle dans le pied

Le plus étonnant, dans cette affaire, c’est que le Rassemblement national ait choisi ce terrain-là. Un parti qui, depuis dix ans, a patiemment construit sa crédibilité sur le pouvoir d’achat, la sécurité et la maîtrise des frontières, et qui vient replonger, à dix-huit mois du scrutin, dans le registre le plus caricatural .

Le résultat était prévisible : le camp d’en face jubile. Mélenchon dénonce des « obsessions sexistes et islamophobes » et se paie à peu de frais une posture de défenseur des libertés — lui dont les positions sur ces sujets mériteraient un examen autrement sévère. Le gouvernement, ravi de l’aubaine, agite la constitutionnalité. Édouard Philippe se pose en gardien du temple libéral. Tous ces gens, qui n’ont strictement rien fait sur l’immigration en dix ans, se retrouvent en position de donner des leçons.

Et à l’intérieur même du RN, ça discute, ça nuance, ça recule. Bardella parle de deux référendums échelonnés, dont un seulement en cours de quinquennat. Chenu demande qu’on définisse d’abord les termes. Marine Le Pen elle-même, il y a peu, concédait un « problème complexe » nécessitant une mise en place progressive. Un parti qui n’est pas d’accord avec lui-même sur sa propre proposition n’a pas une proposition : il a un slogan.

Ce que voile veut dire

Le voile, en France, en 2026, n’est pas d’abord un vêtement. C’est un miroir. Il renvoie à ce pays l’image exacte de ce qu’il a fait de lui-même : un pays qui a accepté sans jamais le décider un changement de peuplement d’une ampleur inédite, et qui préfère aujourd’hui légiférer sur un morceau d’étoffe plutôt que d’assumer un regard lucide sur cinquante ans de politique migratoire.

Interdire le voile, ce serait casser le miroir en espérant changer le reflet. Cela ne marche jamais. Cela n’a jamais marché nulle part. Et cela n’aurait qu’un seul mérite : permettre à ceux qui le proposent de dire qu’ils ont fait quelque chose.

Il reste dix-huit mois avant l’élection. Espérons qu’ils seront employés à des débats plus sérieux que celui-là.

Source : breizh.info

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samedi, 29 août 2026

De Srebrenica à Crépol le livre qui ne s’est pas refermé

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Balbino Katz
chroniqueur des vents et des marées 

Source Breizh info cliquez ici

Ce matin, au bar des Brisants, j’avais devant moi The Times et Le Figaro. Dehors, Lechiagat s’éveillait avec cette tranquillité trompeuse des ports bretons lorsque la mer est étale et que rien ne paraît devoir troubler l’ordonnance ancienne des choses. Les pêcheurs rentraient, les cafés se remplissaient doucement, et deux articles posés côte à côte sur la table ouvraient pourtant une perspective autrement sombre. Le quotidien britannique publiait la nécrologie de Ratko Mladic, mort la veille ; Le Figaro racontait comment les magistrats chargés de l’affaire de Crépol avaient finalement décidé d’introduire la circonstance aggravante de racisme dans le dossier du meurtre de Thomas Perotto.

Le rapprochement est périlleux et il faut le manier avec des pincettes. Crépol n’est pas Srebrenica. Une nuit de sauvagerie dans un bal de village ne se compare ni par son ampleur, ni par sa nature, ni par ses conséquences au massacre méthodique de milliers d’hommes. Confondre les deux serait une faute d’intelligence autant qu’une indécence envers les morts. Ce qui rapproche cependant les deux lectures n’est pas la dimension des crimes, mais le mécanisme beaucoup plus ancien qui les précède : l’apparition de la frontière entre « eux » et « nous », puis ce moment redoutable où l’autre cesse d’être seulement différent pour devenir un ennemi.

Ratko Mladic avait passé sa vie au milieu de ces frontières-là. Né en Herzégovine dans une famille serbe orthodoxe, il avait deux ans lorsque son père, partisan de Tito, fut tué par les Oustachis croates. Il fit carrière dans cette armée yougoslave qui se voulait précisément l’instrument du dépassement des vieilles appartenances nationales et religieuses. Excellent officier, courageux jusqu’à la témérité, communiste par carrière autant que par formation, il devint pourtant, lorsque la Yougoslavie se défit, l’un des principaux chefs militaires du nationalisme serbe.

En mai 1992, il prit la tête de l’armée de la République serbe de Bosnie. Pendant trois ans, son nom fut associé au siège interminable de Sarajevo, aux expulsions de populations, aux camps, aux opérations de purification ethnique et enfin à Srebrenica. En juillet 1995, après la chute de l’enclave placée sous protection des Nations unies, de nombreux bosniaques musulmans furent tués par les forces serbes. Longtemps fugitif, arrêté en 2011, Mladic fut finalement condamné à la réclusion à perpétuité pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

La nécrologie du Times faisait pourtant apparaître quelque chose de plus éclairant encore que l’inventaire des crimes. Mladic ne combattait jamais seulement les hommes qui se trouvaient devant lui. Il combattait leurs ancêtres. Dans son esprit, les guerres n’étaient pas séparées par les générations : elles formaient un seul et même continuum de dettes à acquitter, de défaites à venger, de sang versé appelant un autre sang. À Srebrenica, il parla des Bosniaques musulmans comme des « Turcs » et invoqua explicitement une revanche historique remontant au temps de la domination ottomane. Carl Bildt, ancien premier ministre suédois devenu ensuite Haut Représentant de la communauté internationale en Bosnie, avait compris chez lui cette incapacité à s’affranchir du poids de l’histoire : Mladic semblait toujours rejouer les guerres précédentes.

La Bosnie constitue à cet égard un cas presque vertigineux. Les Serbes orthodoxes, les Croates catholiques et les Bosniaques musulmans appartiennent largement au même fonds slave méridional. Ils parlent des langues voisines, parfois si voisines que seul le politique s’obstine à les séparer. Durant les siècles de domination ottomane, une partie de la population locale s’était progressivement islamisée, pour des raisons qui mêlèrent intérêts sociaux et fiscaux, possibilités d’ascension dans l’Empire et contraintes variables selon les lieux et les époques. Des hommes issus du même terreau finirent ainsi par appartenir à des univers religieux et historiques distincts.

Voilà précisément ce que notre époque comprend de moins en moins. L’identité humaine n’est pas réductible à l’origine biologique, au passeport ou à quelques cases administratives. La religion peut devenir un principe d’appartenance beaucoup plus puissant que l’ethnie. Un Bosniaque musulman pouvait être physiquement, linguistiquement et généalogiquement infiniment plus proche de son voisin serbe que d’un musulman d’Anatolie ou d’Arabie ; il appartenait néanmoins avec ce dernier à un monde religieux dont les références, les fêtes, les interdits, les souvenirs et la fraternité débordaient les frontières du sang.

Le communisme yougoslave avait cru pouvoir recouvrir tout cela d’un grand manteau idéologique. Des populations différentes habitaient les mêmes immeubles, servaient dans la même armée, fréquentaient les mêmes écoles et contractaient même des mariages mixtes. Sarajevo fut longtemps montrée aux visiteurs occidentaux comme la preuve vivante que les vieilles appartenances pouvaient être dissoutes dans une citoyenneté socialiste et moderne. Il suffit que l’État se désagrége, que la peur revienne et que chacun doute de son avenir pour que les vieilles lignes réapparaissent sous l’enduit.

L’homme que l’on saluait depuis vingt ans dans l’escalier redevint alors un Serbe, un Croate ou un musulman. L’appartenance que l’on disait archaïque avait simplement dormi.

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vendredi, 28 août 2026

Présidentielle 2027, dernières nouvelles du vide

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Vincent Trémolet de Villers

Si la campagne présidentielle était un parc d’attractions, faudrait-il déjà la brader au profit d’une licence japonaise régressive ? Les manèges Mélenchon et Le Pen tournent pour la quatrième fois et ne surprennent plus personne. Le chef des Insoumis solidement installé dans sa surréalité politique, économique, culturelle, autocrate d’un mouvement qui lui est entièrement dévoué, donne une idée assez précise de ce que serait la forme amphigourique de la dictature.

La candidate du RN se tait. Pas besoin de discours pour ramasser à la pelle les bulletins des électeurs désespérés. Pour le reste, c’est le grand flou : quel dessein autre qu’elle-même propose-t-elle à la France ? Deux anciens premiers ministres tentent de faire oublier qu’ils ont servi Emmanuel Macron, un intellectuel parisien veut croire qu’il existe une gauche sans La France insoumise. Le représentant de la droite classique, dont le programme correspond sans doute à une majorité de Français, pourrait tenter de remplir ce vide, mais, dans l’exercice, sa prudence est mauvaise conseillère. On ne lui demande pas de se changer en héros de Dragon Ball Z, mais que le candidat perce enfin sous le sénateur.

L’histoire commence à peine et la France s’inquiète déjà quand elle prend les dernières nouvelles du vide. Comment s’enthousiasmer pour les calculs d’arrière-boutique, les querelles de départage, la répétition mécanique et contre-productive du « danger-du-duel-entre-les-extrêmes », cette expression que de plus en plus d’électeurs traduisent par « pitié, laissez-nous nos places » ?

L’arithmétique, en campagne, ne mène à rien. C’est la dynamique qui l’emporte. Celle d’une primaire de la droite et du centre aurait le mérite d’opposer des projets plutôt que des combinaisons, d’exposer les candidats dans un cadre moins sauvage que cette concurrence sans règle, d’entraîner les électeurs dans le début d’une aventure collective. Les meilleures enquêtes d’opinion n’auront jamais l’autorité d’un dépouillement. Quand rien ne parvient à clarifier franchement une situation, s’en remettre aux urnes reste la moins mauvaise solution. Aux prétendants d’accepter la compétition, d’allumer les lumières pour rendre sa force à l’attraction démocratique.

Source : Le Figaro 27/8/2026

 

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Tout le monde en parle : sortie le 2 septembre du livre de Sarah Knafo, "Le casse du siècle"

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Source Le Figaro Magazine du 28 août 2026
 
L’ÉLECTROCHOC DE SARAH KNAFO
 
Si elle n’est pas elle-même candidate à l’élection présidentielle, Sarah Knafo va quand même faire parler d’elle. Et surtout de son dernier livre qui dénonce avec vigueur la façon dont les politiques, de droite comme de gauche, gèrent l’argent des Français depuis cinquante ans.
 
Elle est sans doute la seule énarque capable de rendre compréhensible par le commun des mortels un rapport de la Cour des comptes. Là où ses camarades se complaisent à rendre compliqué un tableau de chiffres, Sarah Knafo le simplifie et trouve la comparaison qui illustre parfaitement la situation. C’est l’objet de son dernier livre dont la construction elle-même est originale. Elle part de ce qu’elle considère comme un vol par l’État de l’argent des Français pour instruire le procès, avec l’enquête, l’instruction et l’audience. « J’ai suivi l’argent », explique celle qui est partie de la feuille de paie pour démontrer les dérives d’un système qui ne cesse de ponctionner davantage les Français. Chaque chapitre est également l’occasion pour elle de lancer des propositions qui feront débat dans la campagne présidentielle qui démarre.
 
En revanche, contrairement aux candidats, son livre n’est pas l’occasion d’évoquer son enfance ou ses envies. « Je ne parle pas de moi, mon objectif était d’enquêter pour les Français », ajoute Sarah Knafo, en faisant le tri dans les notes qu’elle a prises depuis dix ans, quand elle n’imaginait pas entrer en politique. Elle ne cite pas non plus Éric Zemmour (en dehors des remerciements). « S’il est absent du livre, c’est qu’il n’est pas coupable du casse, contrairement à tous les autres. »
 
Carl Meeus
 
EXTRAITS
 
Je les vois venir. Nous les voyons tous venir. Ils vont nous dire que la France est un grand pays. Ils vont nous dire qu’elle s’est toujours relevée de toutes les épreuves. Ils vont nous dire que nous avons tous les atouts pour réussir. Ils vont nous dire qu’il suffit de croire en nous-mêmes, en nos valeurs, en notre génie. Ils vont nous dire qu’il faut faire confiance à notre jeunesse. Ils vont nous dire que nos fonctionnaires sont dévoués, que nos soignants sont héroïques, que nos agriculteurs doivent être respectés. Ils vont nous dire que c’est le moment ou jamais. Ils vont nous dire que c’est la dernière chance. Ils vont nous dire que notre destin se décide maintenant. Ils vont nous dire que, cette fois, nous avons le choix entre la catastrophe et la renaissance, et que ce choix dépend de chacun d’entre nous.
 
Ils vont nous parler de notre modèle social. Ils vont nous dire que nous y sommes profondément attachés. Ils vont nous dire que l’éducation est la clé de tout et qu’il faut sauver l’école. Ils vont nous dire qu’il faut taper du poing sur la table, ou monter dessus, ou la renverser. Ils vont nous dire qu’il faut davantage de démocratie. Qu’il faut nous écouter. Qu’il faut des référendums. Qu’ils ont le programme qui va tout changer. Un programme massif. Ils vont nous parler de la dette et du déficit. Ils vont nous parler du désespoir et de l’espérance. Ils vont invoquer Jeanne d’Arc, Jaurès, de Gaulle et même Mitterrand. Ils vont nous parler de sincérité, de droiture et de courage. Ils vont surtout beaucoup parler d’eux-mêmes, de leur compétence, de leur volonté politique et de leur magnifique détermination.
 
Chacun d’entre eux va nous assurer qu’il est l’homme de la situation. L’homme qu’il nous faut. Celui qui incarne ce que nous avons de meilleur. Celui qui a l’énergie. Celui qui a la fermeté. Et chacun de ces hommes providentiels va tenter de décrédibiliser tous les autres.

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mercredi, 26 août 2026

Edwy Plenel, le croisé sur la muraille : 40 ans à combattre un phénomène qu’il refuse de comprendre

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Balbino Katz
chroniqueur des vents et des marées

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Me voici de nouveau dans un train qui traverse cette Bretagne sèche comme un paillasson, sur laquelle quelques gouttes sont tombées ces derniers jours sans parvenir à rendre aux campagnes leur verdure. La température, du moins, a notablement baissé, et le voyage, naguère transformé par la canicule en une sorte de cuisson ferroviaire, est enfin supportable. Je regarde défiler des champs couleur de paille où toute trace de vert semble avoir disparu, tandis que, pour tromper la longueur du parcours, je me plonge dans un entretien d’Edwy Plenel avec Nonna Mayer. Mediapart est un admirable thermomètre : thermomètre du désarroi de la gauche, de ses haines recuites, de ses pulsions et de cette fièvre morale qui lui fait prendre ses alarmes pour les mouvements du monde. Le paysage passe derrière la vitre, les arguments se succèdent dans mes écouteurs, et c’est alors que me vient cette pensée importune, presque inconvenante : à quoi reconnaît-on qu’une vie fut utile, et comment un homme découvre-t-il, au soir de la sienne, qu’il l’a peut-être consacrée à combattre en vain ?

La pensée est cruelle. Il ne signifie pas qu’Edwy Plenel n’ait rien accompli, ni que son existence professionnelle puisse être ramenée à une longue gesticulation sans effet. Il a dirigé la rédaction du Monde, fondé Mediapart, révélé ou contribué à révéler plusieurs affaires d’État, fait tomber des ministres et imposé dans la presse française un modèle économique dont beaucoup prédisaient l’échec. Peu de journalistes peuvent se flatter d’avoir exercé une influence comparable sur la vie publique. L’inutilité dont je parle est plus profonde et, à certains égards, plus tragique : elle tient à l’échec de l’œuvre à laquelle il aura subordonné toutes les autres, cette lutte opiniâtre contre l’extrême droite qui devait empêcher son retour et qui l’aura accompagné depuis ses années de jeunesse jusqu’au seuil de la vieillesse.

Selon l’excellente biographie que lui a consacrée l’OJIM, Plenel est né en 1952. Il appartient à cette génération pour laquelle l’engagement politique ne fut pas une humeur passagère, encore moins un accessoire de carrière, mais une religion séculière avec ses Écritures, ses martyrs, ses hérésies et son eschatologie. Élevé entre la Martinique et Alger, fils d’un universitaire anticolonialiste, il entra très jeune dans la mouvance trotskiste. Sous le pseudonyme de Krasny, « rouge » en russe, il écrivait dès 1969 dans la presse militante avant de rejoindre Rouge, l’organe de la Ligue communiste révolutionnaire. On ne se débarrasse jamais tout à fait de la religion de ses vingt ans. Il abandonna la carte, non le catéchisme ; quitta l’organisation, non la disposition intérieure qui ordonnait le monde entre émancipateurs et oppresseurs, dominés et dominants, antifascistes et fascistes.

Son entrée au Monde, en 1980, lui permit de transposer cette ferveur dans un métier qui convenait admirablement à son tempérament. Il avait le goût du secret, de l’archive dérobée, de l’informateur que l’on retrouve dans un café obscur et du dossier que l’on ouvre sur une table en baissant la voix. Ses relations dans la police, la justice et les administrations nourrirent ses enquêtes. L’affaire des Irlandais de Vincennes, le Rainbow Warrior, les turpitudes de la présidence Mitterrand et les écoutes de l’Élysée contribuèrent à faire de lui un personnage presque romanesque : l’enquêteur que le pouvoir surveille parce qu’il en sait trop. Sa moustache elle-même finit par prendre l’allure d’un paraphe, puis d’un emblème.

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mardi, 25 août 2026

Sur Boulevard Voltaire, un reportage à lire sur la dernière université d'été de la France insoumise

AMFIS 2026 — Action Populaire

Comme toute bonne organisation d'essence marxiste-léniniste qui se respecte, la France insoumise attache une importance certaine à la formation de ses cadres et de ses militants.

Ses Amfis annuels lui permettent "de fournir une grille de lecture du monde, une idéologie même, à ses partisans ; de les armer intellectuellement, pour mieux organiser l’avènement de la « nouvelle France »", écrit Gabriel Bendayan, l'auteur de cet article.

Un effort de formation dont nombre de mouvements de droite feraient bien de s'inspirer : apprendre et se former pour ne plus reprendre les éléments de langage de l'adversaire, ne plus être prisonnier de son récit, pour être plus percutant, plus convaincant, et pour gagner !

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