Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 24 août 2026

Le mélenchonisme ne s’arrête pas aux frontières de LFI

tremolet.jpg

Vincent Trémolet de Villers

Comme le nuage de Tchernobyl, le mélenchonisme ne s’arrête pas aux frontières de La France insoumise. Les Verts exposés depuis trop longtemps aux radiations sont incurables, mais le Parti socialiste lui-même n’est pas épargné. Si le mouvement de Raphaël Glucksmann échappe à l’obsession anti-israélienne des Insoumis, il rejoint la logique de la névrose fiscale, du laxisme migratoire, de la préférence énergétique pour les renouvelables, d’une forme de gauchisme mental qui éloigne de plus en plus ce spectre politique de la majorité des Français. En 2011, François Hollande avait appliqué les consignes de Terra Nova - abandon du peuple ouvrier, séduction des centres urbains, des minorités, des enfants de l’immigration. En 2026, Jean-Luc Mélenchon donne à cette stratégie électorale une forme plus assumée, plus radicale, mais c’est exactement la même : LFI, c’est Terra Nova sous stéroïdes, l’antisémitisme en plus.

Le centre non plus n’échappe pas aux rayons. Sans remonter aux coupables consignes électorales de Gabriel Attal en 2024, à la main lourde de LFI dans l’élaboration de la loi sur la fin de vie, nous avons aujourd’hui dans le gouvernement une ministre de l’Écologie qui, à la barbe de Sébastien Lecornu, célèbre publiquement le programme climatique de La France insoumise. Symptôme révélateur : ils sont nombreux dans le bloc central à prétendre s’opposer à Jean-Luc Mélenchon sans mesurer que leur faiblesse doctrinale, leur absence de vision, de convictions sans doute, les entraînent à céder, à la première intimidation, aux idées venues de la gauche qui crie le plus fort.

On l’a compris, le rempart anti-Insoumis que veulent dresser Raphaël Glucksmann aujourd’hui, de main François Hollande, est une digue en mousse. Ce ne sont pas des sociaux-démocrates d’apparence qui sortiront la France du malheur socialiste. Seule une proposition politique franchement et intelligemment de droite, portée par un dessein plus ample, plus profond, plus ambitieux que le dégagisme ou l’évitement du danger-des-extrêmes, renverra les Insoumis aux terminus des fanatiques.

Source : Le Figaro 24/8/2026 

09:33 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

vendredi, 21 août 2026

Economie : la France peut-elle encore tenir ? L’analyse de Jérôme Fourquet

le-politologue-jerome-fourquet-1743922804_bfaea48d11f76e3bea48d11f7d7beav_.jpg

Augustin Moriaux

Un déficit devenu incontrôlable, une balance commerciale en chute libre. Comment aurait-il pu en être autrement avec moins de voitures produites, ou encore moins de fermes agricoles ? Jérôme Fourquet, directeur Opinion de l’Ifop décrypte un demi-siècle de bascule.

Les entrepôts mythiques de Tarbes où feu le GIAT - alors entreprise stratégique d’État - faisait construire les tourelles des chars Leclerc ont été reconvertis en 2022 en un immense mur d’escalade au nom de circonstance : « L’Usine ». « On voit de façon tout à fait spectaculaire le remplacement de la production historique par les activités récréatives, soit le passage de la sphère productive à la sphère présentielle », résume Jérôme Fourquet dans l’émission La France de Fourquet sur Le Figaro TV, s’appuyant là sur les travaux de l’économiste Laurent Davezies.

Ce dernier distinguait la « sphère présentielle » de la « sphère productive ». La première englobe toutes les activités économiques qui répondent aux besoins des populations locales et des touristes à un endroit donné : commerces, services à la personne, garagistes, coiffeurs, etc. À l’inverse, la seconde inclut toute la production qui a vocation à être exportée des territoires de production.

Alors qu’au début du mandat de Valéry Giscard d’Estaing, les deux sphères étaient à exacte même proportion, le déclin de la sphère productive s’accélère et en 1990, seuls les Hauts-de-Seine, l’Aube et la Mayenne résistent en conservant une majorité d’activités productives. Quinze ans auparavant, 52 départements dépendaient principalement de l’industrie et de l’agriculture. «Dès les années 90, la messe est quasiment dite pour le tissu productif, aujourd’hui rayé de la carte au profit d’activités résidentielles sur la totalité du territoire français», relève Jérôme Fourquet. Une hémorragie non sans conséquences, puisque l’auteur de Métamorphoses françaises (éd. du Seuil) a recensé 940 fermetures de sites industriels de plus de 50 salariés entre 2008 et 2020.

L’effondrement du secteur automobile français

Juste sous nos yeux, le secteur automobile subit de plein fouet l’effondrement le plus spectaculaire. 3,7 millions de voitures étaient assemblées en France en 1990, quasi autant en 2005, pour n’arriver aujourd’hui qu’à un maigre et laborieux chiffre d’1,3 million de voitures construites en France sur l’année 2022.

Non sans rappeler l’usine du GIAT de Tarbes devenue salle d’escalade, Jérôme Fourquet cite en « exemple emblématique du déclin de notre automobile » le cas de l’île Seguin à Boulogne-Billancourt, où « la transformation paysagère est tout à fait éloquente : c’est aujourd’hui une cité musicale (La Seine musicale, NDLR) qui trône sur l’île, en lieu et place de la mythique usine Renault Billancourt qui a fermé ses portes en 1992 ».

L’agriculture, requiem pour une exception française

« Parallèlement à la contraction de notre premier moteur productif qu’était l’industrie, les effectifs de notre second moteur productif qu’était l’agriculture  ont fondu comme neige au soleil », fait remarquer Jérôme Fourquet. En 1970, la France comptait 1,6 million d’exploitations professionnelles contre seulement 350 000 fermes aujourd’hui.

« Bien que silencieux, c’est le plus grand plan social de l’Histoire de France contemporaine», ajoute le sondeur, qui précise toutefois que « ça ne se voit pas forcément à l’œil nu, la taille moyenne des exploitations agricoles ayant fortement augmenté et les derniers agriculteurs restants reprenant tout ou partie des terres délaissées, mais l’agriculture comme profession a été réduite à la portion congrue».

Balance commerciale, endettement et déficit : le prix à payer

Dans sa Théorie de l’évolution économique (1911), Joseph Schumpeter, chantre de la destruction créatrice, jugeait que « le nouveau ne sort pas de l’ancien mais apparaît à côté de l’ancien, lui fait concurrence jusqu’à le ruiner ». L’Aveyron, cité en exemple typique du déclin de la sphère productive par Jérôme Fourquet, ne fait pas exception.

Là où la métallurgie à Decazeville ou l’ameublement du côté de Sévérac-le-Château faisaient office de poumons économiques du département, les enseignes de supermarché désormais pullulent. À l’échelle nationale, une marque comme Intermarché par exemple a plus que quadruplé son implantation dans les années 1980, au moment même où l’on constatait un essor de l’économie de services et une chute libre de la production. Le long de la Seine, les entrepôts logistiques ont « littéralement remplacé les friches industrielles désertées », observe le chroniqueur.

« Conséquence mécanique de ce basculement à une économie présentielle : il y a un prix à payer et c’est notamment la dégradation de notre balance commerciale, en excédent dans les années 1990 et qui, aujourd’hui, pique totalement du nez », soulève le directeur Opinion de l’Ifop. Autre facette peu reluisante de l’économie tertiarisée : une dette publique en courbe exponentielle qui paie les retraites, les aides à la consommation, les importations, les conséquences des crises diverses et... les emplois publics. « Nos régions désindustrialisées sont perfusées d’argent public. On voit souvent dans les villes qui ont perdu leurs usines combien la mairie et l’hôpital  sont devenus les principaux employeurs », rappelle notamment Jérôme Fourquet. Sans industries ni agriculteurs, nos régions ont-elles d’autre sort que le coma artificiel ?

Source : Le Figaro 20/08/2026

08:49 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

jeudi, 20 août 2026

Les États-Unis prennent la tête d’un front contre le terrorisme gauchiste

Défilé du 1er mai : qui sont les "Black Blocs" ?

Charles Granfeu (source : Polémia - cliquez ici)

Marco Rubio a prononcé un discours axé sur le devoir de l’État de protéger sa population, en soulignant que la lutte contre les terroristes, en Occident, avait surtout été orientée contre l’islamisme radical depuis la date emblématique du 11 septembre 2001.

Le terrorisme islamiste

À partir de 2015, au moment de l’apogée de l’État islamique, « les attaques islamistes aux États-Unis ont diminué des deux tiers […] et le nombre de personnes assassinées par le jihadisme a diminué de 97 % ». « La stratégie de nos actions contre-terroristes a fonctionné. »

« La menace n’a pas disparu, bien sûr, elle continuera d’exister, en particulier tant que nous tolérerons que les systèmes d’immigration importent directement leurs menaces contre nos nations respectives. »

Le terrorisme d’extrême gauche

« Néanmoins, depuis bien longtemps, notre doctrine du contre-terrorisme a connu un angle mort. […] L’idée que la menace terroriste puisse venir de l’extrême gauche est traitée comme un délire de la droite, ou pire, comme une dangereuse conspiration fasciste. Elle est traitée de cette façon par nos médias, nos académies, nos universités et de nombreuses institutions traditionnelles. N’en doutez pas, vous verrez la couverture médiatique de cette même conférence être traitée exactement de la même façon, malgré la réalité objective claire et incontestable des chiffres et des statistiques. »

« Ainsi, une bombe posée par un groupe néonazi est un acte odieux et assassin, et de fait il l’est, mais qu’une bombe soit posée par un révolutionnaire marxiste, et ce ne sera qu’un tragique excès d’idéalisme. »

« C’est la raison pour laquelle, dans mon pays, tant de personnes en position de pouvoir ont, de manière répétée, ignoré des actes de violence et même de terrorisme, comme s’ils représentaient une forme légitime d’expression politique dès lors qu’ils servaient une cause de gauche. »

« Durant les événements dits de George Floyd à l’été 2020, pendant que les extrémistes et les criminels pillaient et saccageaient les grandes villes américaines, mettant le pays quasiment à genoux, les procureurs locaux, dans tout le pays, ont renoncé à engager des poursuites contre les auteurs de ces actes de violence et de terreur. »

« C’est ce qui explique une image infâme, peut-être vous en souvenez-vous, où pendant qu’une présentatrice d’une agence très importante était au milieu d’un quartier consumé par les flammes, la ligne de script qui défilait en-dessous affirmait que la majorité des manifestations étaient pacifiques. […] Cette époque doit finir. »

« Quelques-uns de vos gouvernements sont en désaccord public avec nous, parfois même de façon très profonde sur les questions du commerce, de l’énergie ou de l’immigration », mais « vous êtes venus ici parce qu’il y a deux semaines, en Grèce, une femme âgée de 72 ans a été brûlée à plus de 80 % par un cocktail Molotov, dans son propre domicile, avant de mourir parce que sa fille a osé se porter candidate pour une élection ». À Berlin, « les lumières se sont éteintes pendant plus de cinq jours, la coupure d’électricité la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale », à cause d’« une attaque qui a laissé des dizaines de milliers de foyers sans électricité dans le froid glacial, ce qui a entraîné la mort d’une femme de 83 ans ». « Plus tard, un jeune Français a succombé à des lésions cérébrales traumatiques, battu à mort dans les rues de Lyon par un groupe de voyous militants d’extrême gauche. » « Vous êtes ici parce que des responsables politiques sont attaqués, battus, poignardés et tués par armes à feu dans vos rues, que des commerces ont été détruits, que des lignes de chemin de fer ont été sabotées, des policiers lynchés et brûlés vifs. » « Cela est réel et cela empire, cela ne peut plus être nié, ni ignoré ». L’heure est venue « d’écraser ce mal pour toujours ».

Ce terrorisme n’est d’ailleurs pas une nouveauté récente, ni « une fiction politique de conservateurs », car, « durant la majeure partie de l’ère contemporaine », il a été « la forme dominante de violence politique », tant en Amérique latine qu’en Europe avec les Brigades rouges italiennes, la Fraction armée rouge allemande, les terroristes marxistes grecs, etc. « Et ici, aux États-Unis, nous nous souvenons du même règne de terreur mortel, justifié par les mêmes slogans et motivé par les mêmes idées perverses. »

« Entre 1960 et 1980, 93 % des attaques terroristes en Occident sont venues de cette même extrême gauche, ce sont des chiffres qui devraient choquer la majeure partie des Américains aujourd’hui, si on ne nous avait pas enseigné que ce type de violence n’existe tout simplement pas ou a été amplement exagéré. […] Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une nouvelle vague de ce mal ancien. »

« Ce ne sont pas des données abstraites » : tentative d’assassinat contre Donald Trump, assassinat de l’influenceur conservateur Charlie Kirk, tirs mortels et usage d’explosifs contre des agents de l’immigration, massacre commis dans une école catholique pendant que des élèves priaient, etc.

Ce « mal » est « motivé par la haine », et par-dessus tout par celle de sa propre civilisation. « C’est la révolte des pires contre les meilleurs, celle des faibles et des lâches contre les forts et les bons », qui « se vengent du monde, […] cherchant à détruire ceux qui réussissent ». « C’est ça, le gauchisme radical », quels que soient les noms qu’il se donne, « une aspiration à détruire ce que les plus grands hommes ont construit, à ruiner ce qui est beau et juste, […] à nous imposer leur laideur. » « L’ancienne analyse était erronée, rien de cela n’est motivé par l’idéalisme, ce n’est pas le sujet, c’est même le contraire. »

« Cette conférence est internationale, parce que nous sommes confrontés à une menace internationale et transnationale. » « Les militants “antifa” et leurs camarades voyagent dans toute l’Europe et les Amériques pour participer aux attaques des uns et des autres, pour diffuser leur propagande, partager leur matériel d’entraînement et les informations sur leurs cibles à travers des canaux cryptographiés, ils se déplacent en utilisant des réseaux clandestins d’hébergement et de financement. » Un État comme Cuba est « intrinsèquement relié » à ces groupes extrémistes.

« Ainsi, nous n’avons pas d’autre choix que d’affronter cette menace ensemble. […] Sous la présidence de Donald Trump, pour la première fois, les États-Unis sont en train de construire l’infrastructure, la coopération et la stratégie pour mettre à bas la plaie du terrorisme gauchiste. »

Analyse

Au-delà des actions violentes inspirées par la matrice marxiste et ses diverses déclinaisons idéologiques, le discours de Marco Rubio évoque la gauchisation systémique du socle culturel de la société occidentale. Un des enjeux consiste donc à déconstruire les mécanismes d’une pensée révolutionnaire qui a réussi à s’infiltrer dans toutes les strates des sociétés démocratiques, au point d’en pervertir les normes.

Le secrétaire d’État laisse entendre que la lutte contre le terrorisme d’extrême gauche n’est pas qu’une simple question de sécurité publique, mais qu’elle constitue également une lutte de nature idéologique.

Celle-ci passe obligatoirement, d’une part, par le désarmement rhétorique des discours qui justifient les actions violentes, et, d’autre part, par la déconstruction de tous les paradigmes qui ont perverti nos normes occidentales, notamment celle d’un supposé "humanisme", devenu de fait un véritable anti-occidentalisme. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les déclarations des inénarrables députés de La France insoumise, qui en sont la plus claire et la plus grotesque démonstration.

On peut d’ores et déjà regretter que le combat idéologique évoqué par Marco Rubio ne soit pas soutenu, en toile de fond, par un conglomérat de penseurs investis dans le débat contemporain. C’est à ce niveau que la « gauche » a toujours gardé l’avantage, et rien n’aboutira sans une « armée de la pensée ». Il s’agit d’obliger progressivement la « gauche » à se défaire des concepts et de la rhétorique spécieuse qui fait d’elle une complice idéologique et passive du spectre révolutionnaire, une tâche gigantesque qui ne se fera évidemment pas en quelques mois, ni en quelques années.

L’extrémisme de gauche ne constitue pas le dévoiement d’une pensée de gauche "raisonnable" et digne de participer au débat démocratique. Au contraire, c’est cette dernière qui est le fruit de la distillation homéopathique du dogme révolutionnaire, après la révolution soviétique. Il s’agissait, en un mot, de détacher le marxisme du soviétisme.

La « révolution de la pensée » prônée aux États-Unis par l’École de Francfort, composée d’intellectuels allemands ayant fui le nazisme, et la French Theory issue de l’École française du post-structuralisme, sont les ancêtres du wokisme.

L’initiative de l’administration américaine peut donc être comprise comme un contre-feu s’opposant à une stratégie gramsciste visant à promouvoir sournoisement une pensée révolutionnaire.

Si le marxisme révolutionnaire a remporté d’indéniables succès idéologiques, pourquoi a-t-il encore besoin d’une lutte armée ? La réponse est double. En premier lieu, sa matrice se réengendre constamment en une multiplicité polymorphe de mouvements qui tentent de détruire tout ce qui serait susceptible de s’opposer à l’avancée révolutionnaire. D’autre part, l’objectif d’éradication de l’Occident, clairement énoncé, implique une stratégie du leurre constante. Ainsi, au moment où l’on croit avoir neutralisé ses troupes armées, la pensée révolutionnaire progresse au cœur même des institutions démocratiques, tandis que les menaces de violences demeurent afin d’intimider ses opposants (selon un mode d’action similaire à celui utilisé par les islamistes).

Le fait que ce soit Marco Rubio qui énonce ce discours n’est pas un hasard, lui le fils de modestes immigrés cubains, fervent catholique, considéré comme un "dur" parmi les Républicains. Son projet de lutte internationale contre le terrorisme d’extrême gauche s’articule avec la construction du « Bouclier des Amériques », une association de douze pays du continent américain visant à mettre en commun des moyens financiers, militaires, policiers et de renseignements pour lutter contre le crime organisé, en premier lieu le "narco-terrorisme".

La porosité entre le narcotrafic, le terrorisme international et des États latino-américains d’obédience marxiste est d’ailleurs notoire, sur fond de proclamations anti-occidentalistes et anticapitalistes. Ce conglomérat obscur, confus et tentaculaire, presque indéfinissable puisqu’il est polymorphe et sociologiquement informe, constitue une véritable usine à venin contre l’Occident, qu’il s’agit de transformer en "chiffe molle" avant de le piétiner.

15:00 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Institut Thomas More : les 50 décisions qui ont coulé la France

saint-thomas-more.jpg

Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux. Chute du niveau scolaire, 35 heures, chômage, déficits, dette, insécurité... Et si le déclin français avait pu être évité ? C’était il y a cinquante ans. La France était encore un pays riche, faiblement endetté, en croissance et en progrès. Sa voix était respectée sur la scène internationale. Les Français étaient confiants dans l’avenir, désireux de partager un projet collectif. Hélas, depuis un demi-siècle, c’est un lent déclin qui caractérise notre pays, constate l’Institut Thomas More, fondé en 2004 par l’ancien ministre de la Défense Charles Millon.

Lire la suite ICI

Source : Institut Thomas More

10:21 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

lundi, 17 août 2026

Docteur Darmanin et Mister Gérald

Que Gérald Darmanin nous aide à le soutenir… - Causeur

Johan Hardoy

Gérald Darmanin a exercé à trois reprises des fonctions ministérielles durant la présidence d’Emmanuel Macron  : ministre de l’Action et des Comptes publics (mai 2017 – juillet 2020), ministre de l’Intérieur et des Outre-mer (juillet 2020 – septembre 2024) et ministre de la Justice (depuis décembre 2024). Durant son mandat à l’Intérieur, au moment où les entrées légales sur le territoire et les demandes d’asile battaient des records, le taux d’exécution des OQTF ne s’élevait qu’à 7 % (12 % en 2018 et 22 % en 2012, selon le site Marc Vanguard). En 2024, un rapport du Parlement a conclu à l’échec de la politique d’expulsion des clandestins.

À Mayotte, l’opération Wuambushu de 2023, qui a mobilisé 1 800 policiers et gendarmes en vue d’expulser les Comoriens en séjour irrégulier, n’a pas atteint ses objectifs de réduction des bidonvilles et de l’immigration clandestine.

Dans le même temps, les homicides et les violences aux personnes, y compris les violences conjugales, ont augmenté, tandis que la consommation des produits stupéfiants, notamment celle de cocaïne, a explosé.

Darmanin a également incriminé les « supporters anglais », au grand étonnement de la presse internationale, lors du fiasco du Stade de France en 2022. L’année suivante, il a observé de nombreux « Kevin et Mattéo » lors des émeutes urbaines consécutives à la mort de Nahel Merzouk, ce qui lui a valu d’être lauréat des Bobards d’Or de Polémia.

Son domaine d’excellence s’est révélé être celui des dissolutions administratives d’associations ou de groupements liés à l’islamisme radical et "l’ultradroite".

En 2023, la préfecture de police, obéissant à une circulaire du ministre, a également interdit une marche annuelle en l’honneur de Jeanne d’Arc, mais le tribunal administratif a levé cette interdiction, au grand dam du ministre qui a estimé cet événement « nauséabond ». Une semaine plus tard, un colloque d’hommage à Dominique Venner, organisé par l’Institut Iliade et la Nouvelle Librairie, a été interdit au dernier moment par arrêté préfectoral.

Last but not least, Darmanin a porté une réforme des services régionaux de police judiciaire qui les place désormais sous l’autorité des préfets départementaux et non plus de celle des procureurs et des juges d’instruction, malgré de vives critiques de magistrats et de policiers qui craignent que les urgences des commandes politiques et du quotidien soient fortement priorisées au détriment des investigations de fond visant le crime organisé et la délinquance financière.

Son piètre bilan en tant que ministre de l’Intérieur ne l’a pas empêché d’ironiser au sujet de Giorgia Meloni, jugée incapable de régler les problèmes migratoires pour lesquels elle a été élue en Italie.

Dernièrement, en tant que ministre de la Justice, Darmanin a tenté d’allumer un "contre-feu" face à la vague d’indignation provoquée par le drame survenu à la petite Lyhanna. Le Monde a ainsi rendu public le contenu d’un courrier qu’il a adressé à son successeur, Laurent Nuñez. Ce document, qui provient d’informations communiquées par les parquets généraux, constitue un bilan accablant pour le ministère de l’Intérieur.

Cette note, qui recense plus de 85 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, relève un manque d’effectifs chronique et un manque de formation chez les enquêteurs, un défaut de traçabilité et de transmission des procédures (quelquefois perdues !), des priorisations incertaines voire défaillantes, un investissement professionnel parfois insuffisant, des outils informatiques obsolètes (malgré un coût pharaonique, la nouvelle version d’un logiciel prévue depuis dix ans n’est toujours pas opérationnelle)…

Darmanin dénonce une situation catastrophique en oubliant qu’il a été ministre de l’Intérieur ! Comme l’écrit l’Association Nationale de Police Judiciaire, c’est « Docteur Darmanin et Mister Gérald », celui-là même qui est « resté place Beauvau plus de quatre ans, soit plus qu’aucun de ses prédécesseurs depuis 50 ans » ! Le Syndicat des commissaires de la police nationale parle quant à lui de « cynisme » et de « trahison » de la part de l’intéressé.

Le 13 août, Laurent Nuñez a annoncé qu’il répondrait « point par point » à ce courrier. Affaire à suivre, donc, en souhaitant ardemment que ces dysfonctionnements graves fassent l’objet rapidement de réponses concrètes !

Source : Le Nouveau Présent, cliquez ici.

Gérald Darmanin aura détenu un portefeuille ministériel pendant neuf longues années sous les deux quinquennats d'Emmanuel Macron. Sa longévité dans le service du chef de l'Etat trouve toute sa saveur lorsqu'on relit ce qu'il écrivait, quand il était encore secrétaire général adjoint de LR, en janvier 2017, dans l'Opinion, sur l'actuel occupant de l'Elysée.

Pour accéder à cette tribune, voir l'article Gérald Darmanin (LR) : "Le bobopopulisme de Monsieur Macron" sur le site du journal l'Opinion, 25 janvier 2017 (le lien ne fonctionnant pas !)

16:23 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

dimanche, 16 août 2026

Ceuta : la crise frontalière espagnole devient une crise de l’UE

hygtkj4547l12362544752222.jpg

Elena Fritz, via Terre & peuple cliquez ici

L’Espagne entre dans une phase nouvelle de sa crise interne. Une fois de plus, des milliers de migrants illégaux ont tenté de franchir la frontière espagnole à Ceuta. Ce qui est souvent qualifié à Bruxelles de «mouvement de fuite» ou de défi humanitaire révèle ici sa véritable nature: la migration est depuis longtemps devenue un instrument de pression politique.

Les soupçons se portent sur le Maroc. Rabat connaît parfaitement les faiblesses de l’Espagne. Ceuta et Melilla ne sont pas seulement des villes frontalières, mais des leviers géopolitiques. Si les contrôles marocains sont relâchés, Madrid se retrouve sous pression en quelques heures. Il n’a pas encore été prouvé que le récent assaut ait été organisé directement par le gouvernement marocain. Pour l’impact politique, cela est presque secondaire. Ce qui est déterminant, c’est que l’Espagne n’a pu défendre sa frontière qu’au prix de gros efforts.

Un État qui ne décide plus qui entre sur son territoire perd une partie de sa souveraineté. La Falange Española a réagi par une déclaration exceptionnellement sévère. Elle accuse le Maroc d’une opération organisée contre l’Espagne et déclare que, si l’armée ne parvient pas à protéger la frontière, le peuple espagnol a le droit à l'autodéfense. Elle appelle également à des manifestations devant l’ambassade du Maroc.

Les revendications radicales deviennent acceptables là où l’État échoue de manière visible.

Lorsque les citoyens ont l’impression que le gouvernement, la police et l’armée ne peuvent ou ne veulent plus rétablir le contrôle, un processus dangereux commence. La demande de protection des frontières devient alors une demande d’auto-protection. La méfiance conduit à l’auto-organisation. Et une crise migratoire peut se transformer en crise ouverte de l’autorité. Madrid fait ainsi face à un problème que la classe politique de l’UE évite depuis des années.

Bruxelles a traité la migration comme une question morale, discrédité le contrôle national des frontières, et suspecté toute politique plus stricte d’extrémisme. Dans le même temps, les États qui voulaient réellement protéger leurs frontières étaient combattus politiquement et juridiquement !

Le résultat se révèle maintenant : l’UE a idéalisé l’ouverture des frontières sans pouvoir en maîtriser les conséquences politiques.

La migration ne modifie pas seulement les budgets sociaux ou les statistiques criminelles. Elle détermine si un État peut défendre son territoire, son ordre public et, en fin de compte, son monopole de la violence. Ceuta n’est donc pas un incident local à la périphérie de l’Europe. C’est un signe avant-coureur.

Si le Maroc peut exercer une pression intérieure sur l’Espagne en ouvrant sa frontière, la tant vantée « souveraineté européenne » n’est rien d’autre qu’une formule creuse. Une union qui ne protège pas ses frontières extérieures ne peut être ni souveraine ni capable d’agir.

L’UE a placé ses États membres dans une situation paradoxale : la protection nationale des frontières est considérée comme suspecte politiquement, tandis que la perte de contrôle est gérée comme une normalité humanitaire. Cette politique atteint aujourd’hui ses limites.

Si les percées massives se répètent, l’Espagne ne discutera pas seulement s'il faut plus de policiers ou plus de places d’accueil supplémentaires. Il s’agira alors de l’utilisation de l’armée, de la responsabilité politique du gouvernement et de la question de savoir si la population fait encore confiance à l’État pour la protéger.

C’est précisément à ce stade que la migration devient un risque systémique.

L’Europe ne fait pas face à une nouvelle crise migratoire. L’UE est confrontée aux conséquences politiques de sa propre absence de frontières.

10:34 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Un certain état d’esprit

praug 01.jpg

"Je préfère une société de l’émulation à une société du ressentiment. Le sens de l’effort, le goût du mérite, la hiérarchie des priorités sont autant d’impératifs à retrouver. Et peut-être aussi un peu de gratitude. Un pays qui ne sait plus admirer finit par ne plus savoir ce qu’il doit aimer." Ainsi nous gratifie Pascal Praud dans cet édito plein de bon sens : contre la France du ressentiment, celui-là même de nos élites – de gauche évidemment - et qu’ignore le peuple qui reconnaît fort bien les mérites de chacun.

Lire la suite ICI

Source : Journal du dimanche, 16/08/2026

08:07 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

mardi, 11 août 2026

Le commanditaire de l’assassinat de Quentin Deranque s’appelle Jean-Luc Mélenchon

Je-men-fous-de-Quentin-Melenchon-2048x1448.jpg

L'éditorial de Cyrano de ce matin

sur Riposte laïque cliquez ici

Nos confrères de Boulevard Voltaire paraissent avoir un bon réseau d’information autour de l’assassinat de Quentin Deranque, et c’est tant mieux pour tous ceux que ce crime a révoltés. cliquez ici

On apprend dans ce texte que le malheureux, vu la manière dont il a été frappé, à coups de poings portés avec des gants coqués et de coups de pieds portés avec des rangers renforcés, n’avait aucune chance de survivre. Des détails difficilement supportables sont apportés quant à l’état du visage et même du cerveau de la victime.

On apprend aussi que le groupe « La Jeune Garde », dirigé par Raphaël Arnault, était coutumier de ce genre de pratique, et que le nommé Favrot, que le député LFI nommera attaché parlementaire, était le cogneur en chef de la clique.

On découvre aussi les méthodes utilisées pour implanter le chef des antifas lyonnais comme député à Avignon, les intimidations subies par la candidate RN, l’occupation para-militaire de la ville, les accords avec les islamistes, les scores soviétiques réalisés dans ce que nous appelons les territoires occupés, et surtout la connivence des islamo-gauchistes avec le PS et Attal pour voter Arnault contre le RN. cliquez là

On sait que Jean-Luc Mélenchon, Rima Hassan et Carlos Bilongo, entre autres, ont été reçus en grande pompe par La Jeune Garde. Jean-Luc Mélenchon a reconnu, même s’il n’a pas utilisé ces mots, bien sûr, qu’elle était la milice de La France Insoumise, et que les deux structures fonctionnaient ensemble.

Il faut se rappeler le contexte de l’assassinat de Quentin. Les meetings LFI étaient de plus contestés, pacifiquement, par des organisations juives, révoltées par la connivence des Insoumis avec le Hamas et l’antisémitisme déguisé en antisionisme qui se dégageait des discours de Rima Hassan, Thomas Portes, Ersilia Soudais, David Guiraud, pour ne parler que des plus enragés. Et d’un autre côté, les militantes de Némésis avaient pris l’habitude de venir à deux ou trois militantes avec des banderoles, ce que ne supportait pas Mélenchon, qui pourtant ne voyait pas d’inconvénient à ce que ses nervis attaquent les meetings patriotes.

On peut donc, sans crainte de se tromper, présager que c’est lui qui a donné l’ordre à ses miliciens de nettoyer le terrain, par tous les moyens. Il a été obéi. Quentin en est mort, et Mélenchon, pas davantage qu’Arnault, n’a été inquiété, ce qui est juste un scandale. Il est vrai que Mélenchon peut se permettre de légitimer le crime en qualifiant la jeune victime de « nazi », qu’il peut tenir des propos racistes contre les Blancs, qu’il peut ironiser sur le nom juif de Glucksmann, qu’il peut utiliser ses attachés parlementaires comme Marine Le Pen le faisait, mais lui bénéficie d’une impunité totale même quand il commandite un crime.

Serait-il utile à un système qu’il prétend combattre ?

10:34 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

lundi, 10 août 2026

Patriotisme républicain ou patriotisme enraciné : la République ou la Terre des Pères, la Terre et les Morts

Croix de chemin en France : 10 000 monuments à protéger (guide régions)

 

À lire sur Polémia Patriotisme, Marseillaise et République, un article intellectuellement stimulant de Guillaume d'Aram de Valada (cliquez ici) dont nous reproduisons ci-dessous le début :

« La fibre patriotique et le "patriotisme républicain"

Le 17 juin 2004, Jean Raspail rédigeait une chronique pour Le Figaro sur le thème Qu’est-ce qu’être français aujourd’hui ?. Il l’avait titrée La patrie trahie par la république. Un extrait :

« … ils confondent la France avec la République. Les “valeurs républicaines” se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais toujours sans référence à la France. Or, la France est d’abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, d’idéologie avec un grand “I”, l’idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde. »

Aujourd’hui, les Français chantent à tue-tête La Marseillaise, l’hymne national de la République française, pour un oui ou pour un non.

Devrait-on s’en plaindre ?

Non, bien entendu, si cet engouement relève réellement d’un patriotisme sincère et bénéfique. Et pourquoi en douter ?

On a coutume de dire qu’un peuple qui ne chante plus court à son tombeau. Jadis, les Français chantaient beaucoup et souvent, au rythme des saisons et des fêtes traditionnelles, du Nord au Sud, d’Ouest en Est, en français ou dans les langues et dialectes ancestraux.

L’heureuse initiative des créateurs du fameux "Canon français", copieusement vilipendé par les amnésiques et pourfendeurs de l’âme française, contribue à faire retrouver cette tradition vocale identitaire, qui cimente les énergies et les fédère vers un même objectif : célébrer l’amour de sa patrie, de ses traditions et de ses chants d’autrefois.

Depuis quelque temps déjà, dans les stades, que ce soit pour le football ou le rugby, La Marseillaise n’est plus chantée uniquement au début, avant le commencement du jeu. Elle est chantée par les supporters plusieurs fois durant le déroulement des matchs. Il semblerait même que la plupart des Français ne connaissent que ce chant, La Marseillaise, pour exprimer leur encouragement, leur joie et leur sentiment patriotique.

"Sentiment patriotique", voilà deux mots qui s’entremêlent à foison à chaque fois que l’opinion publique semble s’émouvoir sous le contrôle "bienveillant" des élites gouvernantes.

Attention avec l’émotion patriotique !

Ne surtout pas la laisser s’envoler, ne pas la laisser exprimer autre chose que la communion aux "valeurs républicaines" ! Sinon, gare aux salves de tirs groupés !

Et pourtant, pourquoi devrait-on s’émouvoir devant tel ou tel événement touchant directement la patrie ? Depuis Valmy, et son moulin à vent, la République est passée maître en sursaut national, en sursaut patriotique et en levée en masse.

En 2015 et 2016, lors de la période d’attentats frappant la France et faisant plusieurs centaines de morts, le ministre de l’Intérieur de l’époque, le "charismatique" Cazeneuve, suite au terrible drame de Nice du 14 juillet 2016, faisait un vibrant « appel aux patriotes » pour suppléer nos forces de sécurité : la fameuse réserve opérationnelle !

Le gouvernement socialiste faisait donc, une fois de plus, « appel aux patriotes » ! À la levée en masse !

Autrement dit, quand tout va bien, suivant la vieille dialectique marxiste bien huilée, la patrie relève plutôt de la suspicion, du dangereux potentiel "nauséabond". Mais, quand tout va mal, ça permet des envolées lyriques, la mine grave et le regard perçant de vérité, fustigeant les forces obscures voulant abattre la France, non, que dis-je, la république !

Car la France, on ne cesse de nous le répéter, c’est la république, et la république seulement "une et indivisible" !

Je sais, ça agace, mais c’est pourtant une réalité. Quand le sang coule, ce n’est pas de la France dont on parle et qui est menacée, c’est de la république dont on parle et de sa survie en péril.

Ne pas le voir et l’entendre relève de la cécité volontaire au mieux, de l’idéologie martelée au pire (...) ».

Pour accéder à la totalité de l'article, cliquez ici.

10:57 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

samedi, 08 août 2026

Crépol, LFI : l’AGRIF dans les médias

images (1).jpeg

Suite au dépôt de plainte de l’AGRIF contre LFI pour injures anti-chrétiennes (voir notre communiqué), ce lundi 3 août 2026, Yann Baly était l’invité de Thomas Bonnet sur CNEWS.

Par ailleurs, suite à l’action décisive de notre avocat Jérôme Triomphe pour faire, enfin, reconnaître le racisme anti-blanc et anti-français dans l’affaire de Crépol, Hélène Roué et Georges Fenech sont revenus sur le rôle primordial de l’AGRIF pour la défense de notre identité française et chrétienne, dans une émission du 27 juillet dernier sur Europe 1.

Partagez largement ces extraits pour faire mieux connaître l’AGRIF !

En savoir plus cliquez ici

18:09 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Carton jaune à Laurence Ferrari : l’Arcom voudrait-elle fermer CNews ?

ferrari.jpg

Cyrano

Habituellement, dans les démocraties, les tricheurs se cachent derrière des arguties juridiques pour essayer de masquer leurs forfaits, alors qu’en dictature, en général, l’arbitraire est assumé sans complexe.

Mais on se doit de se poser des questions sur trois événements qui viennent de frapper trois journalistes de CNews.

Xenia Fedorova a reçu un avis d’expulsion de la part des services de celui que nous appelons « la serpillière de Macron », le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez. Elle serait tout simplement coupable de menacer la sécurité intérieure de la France, parce que sa vision du conflit russo-ukrainien n’est pas tout à fait celle de l’équipe Macron, ni de l’Union européenne. On remarquera que ne pas soutenir l’Ukraine ne porte pas chance, puisque Éric Denécé été retrouvé mort, suicidé, dans sa voiture, tandis que Xavier Moreau et Jacques Baud ont vu l’ensemble de leurs comptes bancaires bloqués et confisqués, rien de moins. Pourtant, on remarque que les nombreux agents de l’Algérie, pays qui ne cache pas son hostilité envers la France et qui multiplie les occasions d’humilier notre pays, en toute impunité, peuvent continuer à évoluer en liberté dans notre pays, même à des postes de ministre, de député ou de maire.

Erik Tegnér est d’abord au cœur d’une nouvelle amende qui a frappé CNews. Le président-fondateur de Frontières a osé, sur les antennes de la chaîne de Vincent Bolloré, signaler que les casseurs qui se disent supporters de la diversité sont presque tous issus de l’immigration, et que le voile islamique est un instrument de conquête, à l’image de ce qu’est l’islam. Il paraît que ce serait de l’incitation à la haine. Pour tout arranger, le même Erik a appris, sans doute avec une grimace, que le président de la République en personne avait appelé au téléphone le militant politique musulman et communautariste déguisé en juge, le nommé Youssef Badr, pour le féliciter d’avoir condamné le fondateur de Frontières à une lourde amende et à une peine de prison, même avec sursis. Et pour qu’Erik Tegnér passe de bonnes vacances, il a été confronté, il y a deux jours, à une scène ahurissante et révoltante, sur l’île de Groix, où 150 gauchistes hostiles l’ont agressé verbalement et physiquement, ce qui aurait pu se terminer par un drame.

Et pour finir, on apprend ce jour que l’Arcom, cette milice internet payée par nos impôts, vient de rappeler à l’ordre Laurence Ferrari, sous le prétexte grotesque qu’elle n’aurait pas contredit Frantz-Olivier Giesbert sur le plateau quand il a dit qu’à Roubaix, après la victoire de l’antisémite déguisé en antisioniste David Guiraud (cela, c’est RL qui le dit), cela allait être dur pour les Juifs ! Un rappel à l’ordre pour cela, contre deux journalistes confirmés, grandes vedettes des plateaux de télévision des années 2000 ! C’est aussi grotesque et ridicule que quand le média de Vincent Bolloré avait été condamné à 20.000 euros d’amende pour avoir donné la parole à Philippe Herlin, qui avait osé contester la vérité officielle du GIEC et de tous les climatistes.

Même les plus neuneus des Français auront compris que l’Arcom est en service commandé pour monter un dossier en béton avec un seul but : faire subir à CNews le même sort qu’à C8, sous la pression de la gauche, en multipliant les blâmes, mises en demeure et rappels à l’ordre, afin d’obtenir une mesure d’exception, pour priver les Français d’une chaîne politique alternative aux médias traditionnels français.

Reste à savoir si ces méthodes grotesque et grossières, que le régime ne cherche même plus à dissimuler, sont celles d’une démocratie ou d’une dictature…

Source : site Riposte laïque

11:37 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

vendredi, 07 août 2026

Ile de Groix : le journaliste Erik Tegnér une nouvelle fois pris à partie pendant ses vacances, plainte déposée, enquête ouverte

imageresize.jpeg

Breizh info cliquez ici

Erik Tegnér, directeur du média identitaire Frontières et chroniqueur sur CNews, faisait le tour de la Bretagne en bateau avec trois amis. Dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 août, il se trouvait dans un bar de l’île de Groix, Les Garçons du Port. À la fermeture, un attroupement l’attendait dehors. Une bousculade, des menaces, des coups. Il a déposé plainte à la gendarmerie le lendemain à 14 h 30. Une enquête est ouverte. Le parquet de Lorient n’avait pas communiqué jeudi soir.

Le récit de Frontières

Jules Laurans, rédacteur en chef de Frontières, a publié un récit détaillé disant s’appuyer sur la plainte et sur les vidéos du téléphone de Tegnér.

Pendant la soirée, celui-ci est reconnu. Une jeune femme le qualifie de « facho ». Un serveur d’un restaurant où il avait déjeuné le midi l’aborde et lui dit qu’il l’a servi parce qu’il faisait son travail. Les échanges restent verbaux.

À la sortie, la foule s’est déjà constituée. Les insultes fusent, le nom de Tegnér est scandé, ainsi que « Groix antifa ». Un individu tente de lui arracher son téléphone. Suivent des poussées, des jets de bière au visage, une mise contre un mur. Ses amis font bloc. Deux Groisillons s’interposent, dont l’un le pousse en lui criant de partir avant qu’il ne se fasse lyncher. Certains évoquent de le jeter à l’eau. Acculé au bord du quai, il embarque et s’exfiltre. La séquence dure une trentaine de minutes. Il appelle les forces de l’ordre à plusieurs reprises.

Interrogé par CNews, Tegnér indique n’avoir pas reçu de coup direct au visage. Il déclare craindre qu’un drame finisse par survenir et affirme que personne ne le fera taire.

Une vidéo tournée du côté du groupe circule ensuite sur Instagram. Sous cette publication, des commentaires appellent à « lui faire une Quentin ».

Tegnér avance le chiffre de 150 personnes, attribué à une source de gendarmerie ayant visionné les caméras de vidéosurveillance. Le Télégramme – qui a néanmoins toujours atténué les agressions visant Erik Tegner –  écrit de son côté que la vidéo mise en ligne montre plutôt une trentaine d’individus, et qualifie les circonstances de floues, évoquant des discussions politiques qui se seraient tendues. Un élu groisillon déclare au quotidien que la situation est plus complexe que ne le disent les réseaux sociaux.

Les deux chiffres reposent sur des supports différents : une captation partielle d’un côté, un dispositif de vidéosurveillance couvrant l’ensemble du quai de l’autre. L’enquête tranchera. Ce qui n’est contesté par personne, y compris par la presse locale, c’est qu’un homme seul a été entouré, insulté et malmené pendant une durée prolongée, sur la voie publique, par une meute de chiens enragés et de hyènes, lâches, jusqu’à devoir quitter l’île par la mer.

2808 logements, 1260 résidences principales

Un élément manque à tous les récits publiés jusqu’ici.

Groix compte 2 310 habitants permanents, selon le recensement 2023 publié par l’INSEE le 6 août. L’île totalise 2 808 logements, dont 1 260 seulement sont occupés à titre de résidence principale. Les résidences secondaires et logements occasionnels en représentent 1 506, soit 53,7 % du parc — contre 49 % en 2012 et 52,4 % en 2017. Les logements vacants sont tombés à 41, soit 1,5 % du total, contre 7,4 % il y a dix ans. Il ne reste rien de disponible sur ces 14,8 kilomètres carrés.

La population résidente est composée à 50,2 % de retraités. Les cadres et professions intellectuelles supérieures y représentent 4,1 % des plus de 15 ans. En août, la population présente sur l’île est plusieurs fois supérieure à la population municipale, et le port se remplit d’une clientèle de vacanciers largement extérieure à la région.

Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer la composition de l’attroupement du 5 août.  Mais la question appartient à l’enquête, et les chiffres du recensement lui donnent son intérêt : une commune de 2 310 habitants dont la moitié est à la retraite ne produit pas spontanément un attroupement militant de cette ampleur un mercredi soir. 150 antifas à Groix (ou même 30 ou 50 d’ailleurs) cela n’existe pas, et cela suggère donc une population extérieure à l’île, et sans doute en partie extérieure à la Bretagne. Quand les auteurs seront identifiés, leurs domiciles le seront aussi.

Le traitement médiatique

Imaginons la scène inverse. Un journaliste de gauche en vacances, reconnu dans un bar, attendu à la sortie par plusieurs dizaines de personnes, insulté pendant trente minutes, aspergé de bière, plaqué contre un mur, poussé vers l’eau, contraint de fuir en bateau. Puis des commentaires en ligne renvoyant au militant mort sous les coups six mois plus tôt.

La réaction serait immédiate et massive : communiqués syndicaux, tribunes collectives, sujets d’ouverture, prises de position ministérielles, déclarations de sociétés de journalistes, rappels sur les atteintes à la liberté de la presse.

Ici, la couverture nationale s’est limitée aux médias du même camp que la victime. Le quotidien régional a publié un article prudent, sous mur payant, dont le titre place le mot agression dans la bouche de l’intéressé et souligne d’entrée que les circonstances restent floues. Aucune organisation professionnelle de journalistes ne s’est exprimée dans les heures qui ont suivi. Aucune réaction institutionnelle de gauche n’a été relevée.

Ce qui est en cause ici est de savoir si un homme, un journaliste, peut être encerclé dans la rue et contraint de fuir par la mer sans que la profession dont il relève y trouve à redire.

Plouha, août 2025

Ce n’est pas le premier épisode. À l’été 2025, Tegnér avait été pris à partie lors d’un festival à Plouha, dans les Côtes-d’Armor, en compagnie de sa compagne : bousculades, jets de bière, insultes. Un homme a été condamné pour violences en réunion et au versement de dommages-intérêts ; un second a été relaxé. Les sources disponibles divergent sur la nature exacte de la peine prononcée.

Frontières mentionne également une manifestation devant la brasserie Kerfave, dont Tegnér est à l’origine, lors de son lancement en mai, ainsi qu’un projet d’attentat visant un responsable de la rédaction. Ces éléments proviennent d’une source unique et ne sont pas recoupés à ce stade.

Quant à Quentin Deranque, les faits sont établis. Ce militant nationaliste de 23 ans est mort le 14 février 2026 à Lyon, des suites d’un traumatisme crânien infligé deux jours plus tôt, en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan. L’autopsie a conclu à des lésions crâniennes majeures. Une information judiciaire pour homicide volontaire a été ouverte, plusieurs personnes ont été mises en examen, dont un assistant parlementaire d’un député LFI pour complicité par instigation. C’est à cette affaire que renvoyaient les commentaires publiés sous la vidéo de Groix.

Jordan Bardella a apporté son soutien à Tegnér, dénonçant une agression en meute et appelant à une prise de conscience sur la violence politique de l’extrême gauche. Éric Ciotti, Laurent Jacobelli et Alice Cordier, fondatrice du collectif Némésis, se sont également exprimés. La fédération Reconquête du Morbihan, par la plume de son délégué Eric Bourgoin, a communiqué : « Cette violence tant verbale que physique est inacceptable dans un pays démocratique où l’on peut débattre entre gens éduqués. Reconquête! 56 appelle nos concitoyens à prendre conscience que la montée de cette violence qui s’accroit au fil du temps. La justice devra condamner sévèrement ces extrémistes, leurs agissements qui n’ont pas leur place dans notre pays. Reconquête Morbihan renouvelle sa solidarité à Erik Tegnér en la circonstance »

Sur les réseaux, plusieurs comptes de gauche ont ironisé sur le chiffre de 150 et présenté la scène comme l’initiative de citoyens ne voulant pas de fachos chez eux.

Tegnér a été auditionné par la gendarmerie jeudi. Il a conclu son message public par une phrase adressée à la région qu’il a dans la peau, mais aussi dans le sang et l’ADN, quoi qu’en disent parfois ses détracteurs : la Bretagne mérite mieux.

11:23 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

jeudi, 06 août 2026

Vent de folie !

eolienne.jpg

Gaëtan Capèle

Il n’est pas courant, pour le citoyen lambda, de constater de visu les effets de ce que le législateur concocte depuis Paris. Si l’adoption en catimini de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), en février dernier, lui avait sans doute échappé, l’implantation ou le renouvellement de parcs éoliens lui sautent aujourd’hui aux yeux. Des crêtes des Corbières jusqu’au large des plages du Débarquement, les mâts poussent comme des champignons, toujours plus haut, au nom de la transition énergétique. Les défenseurs du patrimoine peuvent bien dénoncer ce vent de folie, c’est David contre Goliath : leur combat contre la défiguration des paysages, des côtes et des sites remarquables pèse peu face à la nouvelle feuille de route énergétique de la France pour les dix ans à venir, qui promeut un développement parallèle des énergies renouvelables et du nucléaire.

Fruit d’un subtil dosage politique, ce dualisme a été conçu pour relancer l’atome, que la France avait eu la folle idée d’abandonner, sans froisser les écologistes. Ce savant calcul a sans doute permis d’éviter une nouvelle crise, mais pose une question de fond : en avons-nous les moyens ? La construction de six nouveaux réacteurs nucléaires, indispensables pour notre souveraineté énergétique, coûtera environ 80 milliards d’euros. D’après les calculs de la Cour des comptes, les aides aux énergies renouvelables atteignent en moyenne 2,9 milliards par an. Le mois dernier, Bruxelles a donné son feu vert au plan français de soutien aux éoliennes en mer, pour un montant de 63 milliards sur vingt-cinq ans. Cela commence à faire beaucoup pour un pays ruiné, qui ne sait comment stopper l’hémorragie de ses comptes publics.

Puissant, pilotable, décarboné : à ce jour, personne ne peut contester sérieusement la supériorité du nucléaire sur toute autre forme de production électrique. Pour l’avoir ignoré et tout misé sur les énergies renouvelables, l’Allemagne est devenue le premier pollueur d’Europe. Par chance, la France dispose d’un parc incomparable de centrales. Le malheur serait que, voulant courir tous les lièvres à la fois, elle n’ait plus les moyens de sauvegarder cet atout extraordinaire.

Source : Le Figaro 05/08/2026

10:12 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

dimanche, 02 août 2026

No surrender ! De Ceuta à toute l’Europe, un peuple qui refuse de céder

images.jpeg

Yann V. - Breizh Info cliquez ici

Il y a des images qui ferment une époque.

Celles de Ceuta en sont. Une file humaine de cinq kilomètres le long d’une côte africaine. Soixante mille personnes franchissant en une journée la frontière extérieure d’un continent de quatre cent cinquante millions d’habitants, rappelant la prophétie du Camp des Saints. Une ville espagnole, violée, prise d’assaut, vidée de ses habitants terrés, ses commerces baissés, ses fêtes annulées. Et cinquante-cinq hommes en uniforme pour tenir tout cela.

Cinquante-cinq. Nous en mettons davantage devant un stade de Ligue 2.

Ce n’est pas un incident frontalier. C’est une répétition générale, et elle a réussi au-delà de ce que ses organisateurs espéraient. Retenez la date. On y reviendra dans vingt ans comme on revient aujourd’hui à 1974, à Schengen, à Maastricht : le jour où quelque chose a été démontré publiquement, et où personne n’a rien fait.

Ce qui a été démontré

Trois choses, et elles sont accablantes.

Que la frontière extérieure de l’Europe n’existe pas. Qu’elle est une convention juridique, une ligne sur une carte, une fiction entretenue par des communiqués. Neuf heures ont suffi à l’effacer. Neuf heures, et une rumeur sur un téléphone portable.

Que cette frontière est louée. Elle est tenue, quand elle l’est, par des États qui n’ont aucune raison de nous protéger et toutes les raisons de nous faire payer ce service. En 2021, le même levier avait été actionné à hauteur de dix mille personnes ; dix mois plus tard, Madrid abandonnait quarante-cinq ans de position sur le Sahara occidental. Le chantage avait payé. Il vient de recommencer, six fois plus fort. Il recommencera, plus fort encore, parce qu’il n’y a aucune raison qu’il s’arrête.

Et que nos dirigeants, placés devant la démonstration, ont d’abord cherché à qui envoyer des remerciements.

L’illusion la plus coûteuse du siècle

Reste le fond, que personne ne veut regarder.

On nous a expliqué pendant cinquante ans qu’un peuple était une abstraction, qu’une nation se réduisait à un contrat administratif, que des populations aux mémoires, aux fidélités et aux généalogies étrangères l’une à l’autre pouvaient être superposées indéfiniment sur un même sol sans que rien n’arrive. Que le seul obstacle était le préjugé. Que le temps, l’école et la croissance feraient le reste.

Le temps a fait son travail. L’école a fait le sien. La croissance, moins.

Regardez ce que produit réellement le multiculturalisme partout où il a été appliqué à grande échelle. Il ne produit pas la fusion. Il produit la juxtaposition puis la guerre.

Des sociétés qui ne partagent plus ni récit, ni loi tacite, ni intuition commune de ce qui est juste, et qui, n’ayant plus rien à quoi se référer, finissent par arbitrer leurs différends par la force ou par la séparation physique. Cela s’appelle des quartiers dont l’État se retire. Des commissariats qu’on n’ouvre plus la nuit. Des écoles où l’on ne peut plus enseigner certaines pages. Des enterrements d’adolescents. Des femmes qui changent de trottoir.

Ce n’est pas une prophétie, c’est un bilan. Il est consultable. Il est chiffré. Il est nié.

Une société multiculturelle n’est pas une société riche de sa diversité. C’est une société qui a perdu la capacité de se dire « nous », et une société qui ne peut plus se dire « nous » n’a plus aucun moyen de régler ses conflits autrement que par la coercition, par la violence ou par la fuite. Tous les peuples de la Terre le savent. Il n’y a qu’ici qu’on prétend l’ignorer, et encore : seulement dans les salles de rédaction et les hémicycles.

L’asymétrie que personne n’ose nommer

Voici où le raisonnement adverse se brise, et il faut y revenir sans relâche.

Nous reconnaissons aux Kanaks le droit de refuser d’être minorisés sur leur propre archipel, et nous avons construit tout un droit électoral gelé pour le garantir. Nous nous indignons, à juste titre, du peuplement han au Tibet et au Xinjiang. Nous protégeons les langues et les territoires sames. Nous accordons aux nations amérindiennes des réserves et des droits particuliers pour empêcher leur dilution. Nous jugeons légitime qu’un peuple polynésien, sahélien ou himalayen veuille rester lui-même sur sa terre.

Nous l’accordons à tous. À tous, sauf à nous.

Que des Bretons, des Flamands, des Castillans, des Napolitains, des Bavarois souhaitent que leurs petits-enfants naissent encore majoritaires sur la terre où reposent leurs morts, et le mot tombe aussitôt. Pas un argument : un mot. Toujours le même, et il tient lieu de raisonnement depuis quarante ans.

Alors posons la question franchement, puisque personne ne la pose. Ou bien la continuité d’un peuple sur sa terre est un droit — et alors elle vaut pour les Européens comme pour les autres. Ou bien elle n’est pas un droit — et alors il faut cesser de la revendiquer pour quiconque, démanteler les protections kanakes, se taire sur le Tibet, et expliquer aux Sames que leur inquiétude est une pathologie.

Ce que nous refusons, c’est le régime d’exception. Ce statut unique au monde, réservé aux seuls peuples européens, selon lequel eux seuls n’auraient pas le droit de durer.

Ce que nous voulons, et il faut le dire sans trembler

Nous ne voulons de mal à personne. C’est même la seule chose qui nous sépare radicalement de ceux qui nous accusent : nous ne demandons rien qui ne soit déjà accordé à la moitié de l’humanité.

Nous voulons que l’Europe reste la terre des Européens, comme l’Afrique demeure celle des Africains et l’Asie celle des Asiatiques. Nous voulons que chaque peuple dispose d’un lieu au monde où il est chez lui, où sa langue est la langue, où ses fêtes sont les fêtes, où ses morts sont honorés selon ses rites. Nous pensons que c’est la condition d’un monde apaisé, et que l’entassement des peuples les uns sur les autres n’a jamais produit autre chose que du malheur pour tout le monde — pour ceux qui arrivent autant que pour ceux qui étaient là.

Concrètement, cela porte un nom, et ce nom n’a rien de honteux : le retour, la remigration. Organisé, financé, négocié, échelonné, pacifique. Nous savons que ce sera long, coûteux et difficile. Nous savons aussi qu’aucune autre solution n’existe, et que ceux qui prétendent le contraire n’ont plus qu’un argument : l’insulte.

Cela suppose des décisions dont plus aucun gouvernement occidental n’ose parler. La fin du droit du sol automatique. La conditionnalité intégrale de l’aide publique au développement à la reprise effective des ressortissants. La réciprocité brutale des visas envers les États qui refusent leurs nationaux — leurs élites voyagent, étudient et se soignent chez nous, et ce levier n’a jamais été actionné une seule fois sérieusement. La fin du non-renouvellement complaisant des titres de séjour. Une aide au retour réelle, substantielle, assumée. Et la reprise, par les nations, du dernier mot sur qui entre et qui reste — y compris en assumant de dénoncer les engagements qui les en privent.

Rien de tout cela n’est extrême. Tout cela était la norme européenne il y a cinquante ans, et reste la norme au Japon, en Corée, dans le Golfe, dans la plupart des pays du monde, dont aucun ne subit de leçon de personne.

À qui la facture

Reste le plus douloureux, et il faut le dire avec précision, parce que la précision compte plus que la fureur.

Rien de tout cela n’est arrivé par accident. Aucun peuple européen n’a jamais été consulté sur la transformation démographique de son propre pays. Jamais. Pas une seule fois en cinquante ans. Chaque fois qu’on lui a laissé une occasion de s’exprimer, même de biais, même sur un autre sujet, il a répondu la même chose — et chaque fois on lui a expliqué qu’il n’avait pas compris la question.

Cette transformation a des auteurs. Des responsables politiques qui ont légiféré. Des juges qui ont progressivement rendu inapplicable toute politique de fermeté. Des journalistes qui ont défini les limites du dicible et exclu quiconque les franchissait. Des pédagogues qui ont appris à deux générations d’enfants européens que leur histoire était un crime et leur héritage une charge.

Ils devront rendre des comptes. Devant les urnes, devant des commissions d’enquête, devant les archives, devant des tribunaux d’exception pour certains et devant l’histoire. Qu’on établisse qui a décidé quoi, qui a menti sur les chiffres, qui a étouffé les alertes, qui a fait carrière en traitant d’infâme quiconque disait tout haut ce que les données disaient tout bas. Que les noms restent attachés aux actes. C’est ainsi que fonctionne une démocratie quand elle se réveille : elle balaie, elle documente, et elle n’oublie pas.

Que ceux-là comprennent bien une chose : la colère qui monte en Europe ne vise pas l’homme qui a traversé la mer – chacun ici ferait sans doute pareil pour proposer une vie meilleure à sa famille.

Elle vise ceux qui, à Paris, à Bruxelles, à Madrid, ont organisé sa venue, en ont fait un instrument, et ont traité de racistes ceux qui, dans les quartiers populaires, en payaient le prix depuis trente ans. C’est cela qui ne se pardonnera pas. Pas l’arrivée : la trahison.

Nous ne nous rendrons pas

Il y a quelque chose que les commentateurs n’ont pas vu dans les images de Ceuta, et qui vaut pourtant tous les sondages.

Une ville de quatre-vingt-trois mille habitants a été submergée. Elle n’a pas cédé. Elle a fermé ses portes, tenu ses rues, hué son gouvernement à la figure et refusé de nourrir ceux qui venaient de forcer son seuil. Elle a fait cela seule, avec cinquante-cinq policiers, pendant que Madrid expliquait qu’il n’y avait pas d’urgence nationale.

Ceuta a montré ce que fait un peuple quand il décide qu’il est chez lui.

Et c’est cela, précisément, qui terrifie ceux qui nous gouvernent. Pas les chiffres : la réaction. Partout en Europe, il y a des millions de gens — et parmi eux une jeunesse que quarante ans de rééducation n’ont pas eue — qui ont cessé de croire au récit, cessé d’avoir honte, cessé de baisser les yeux. Ils lisent, ils s’organisent, ils votent, ils bâtissent des réseaux, des écoles, des médias, des entreprises. Ils ne demandent la permission de personne. Ils ne se laisseront pas expliquer par un éditorialiste ce qu’ils ont le droit de vouloir pour leurs enfants.

Nous savons ce qui se joue. Ce n’est pas une élection, ni un quinquennat, ni un cycle politique. C’est de savoir si, dans cent ans, il y aura encore des Bretons en Bretagne, des Basques au Pays basque, des Siciliens en Sicile. C’est la seule question qui compte, et elle rend toutes les autres dérisoires.

Nous jouons l’avenir de nos enfants. Nous ne nous rendrons pas.

No surrender !

21:07 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

La facturation électronique : une illustration de l’anarcho-tyrannie !

Humourordinateur.gif

Alain de Peretti - Riposte laïque cliquez ici

Il existe un concept forgé par le penseur américain Samuel Francis qui permet peut-être de comprendre ce qui se joue aujourd’hui : celui d’anarcho-tyrannie.

L’expression désigne une situation paradoxale où l’État se montre incapable de faire respecter l’ordre face aux formes les plus graves de criminalité, tout en multipliant les contraintes à l’égard des citoyens qui respectent déjà la loi.

Cette grille de lecture éclaire d’un jour particulier la réforme de la facturation électronique.

D’un côté, toutes les entreprises honnêtes devront investir dans de nouveaux logiciels, modifier leurs procédures, transmettre davantage de données, dépendre de plateformes agréées et supporter des coûts supplémentaires. Elles subiront un contrôle plus fin de leurs opérations, alors même qu’elles déclarent déjà leur activité, paient leurs impôts et tiennent une comptabilité.

De l’autre, les organisations criminelles continuent de prospérer.

Le narcotrafic génère des profits considérables. Les circuits de blanchiment demeurent d’une redoutable sophistication. Les réseaux de traite des êtres humains continuent d’exploiter des personnes vulnérables. Les rapports officiels ont mis en évidence les graves carences de la protection de l’enfance, qui ont permis que de nombreux mineurs confiés à l’ASE soient victimes d’exploitation sexuelle.

Le contraste est saisissant.

L’État exige toujours davantage de ceux qui lui obéissent déjà. Mais il peine à reprendre le contrôle là où son autorité est réellement contestée. Il est naturellement plus facile de contrôler une facture émise par un artisan que les flux financiers d’un cartel de la drogue. Plus simple d’imposer une nouvelle obligation à une PME que de démanteler un réseau criminel solidement implanté. Plus aisé de perfectionner les algorithmes de contrôle fiscal que d’empêcher le recrutement de mineurs par des organisations de proxénétisme.

Le problème est que cette facilité administrative devient une politique publique.

L’énergie de l’État se concentre progressivement sur les domaines où il est déjà puissant, tandis que les zones où son autorité est mise en échec continuent d’échapper, de plus en plus, à son contrôle. C’est ici que réside le scandale !

Car un État tire sa légitimité de sa capacité à assurer les missions régaliennes fondamentales qui justifient son existence : protéger les personnes, garantir la sécurité, faire respecter la loi et assurer l’égalité devant celle-ci.

Lorsqu’il consacre une part croissante de ses ressources à perfectionner les mécanismes de contrôle des acteurs les plus respectueux des règles, alors même que les formes les plus graves de criminalité continuent de prospérer, il inverse l’ordre de ses priorités.

La question n’est donc pas de savoir si la facturation électronique est techniquement performante. La véritable question est donc politique.

Quel type d’État sommes-nous en train de construire ? Un État qui concentre d’abord ses efforts sur ceux qui coopèrent déjà avec lui ?

Ou un État qui fait de la lutte contre les formes les plus graves de criminalité sa priorité absolue ?

Il est vraisemblable que le prétexte de la modernisation administrative ne soit qu’un piège à c… qui s’inscrit dans la suite de la doctrine du WEF de Davos : « Vous ne posséderez rien et vous serez heureux », avec l’euro numérique et la fin de l’argent liquide !

Face à ce danger existentiel, et à cette évolution perverse, il est urgent d’organiser la résistance : je suggère de ne pas appliquer, en traînant les pieds, au 1er septembre, cette mesure absurde qui ne sera pas obligatoire dans un premier temps jusqu’au 1er janvier. Si nous sommes très nombreux, nous pouvons faire capoter l’ensemble du système et le mettre en échec. Résistance passive ! Application pacifique de l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme, « la résistance à l’oppression »

21:07 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

jeudi, 30 juillet 2026

LA FRANCE EXPULSE XENIA FEDOROVA : LA LIBERTÉ D’EXPRESSION DEVIENT UN DÉLIT D’OPINION

758964337_10227684982345101_7958979576658148190_n.jpg

Après des mois de campagne médiatique et politique contre elle, le ministère de l’Intérieur a remis ce mercredi à son avocat un arrêté ministériel d’expulsion.
 
Motif officiel : son « comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » et constituerait « une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ». En clair, relayer une lecture différente de la guerre en Ukraine, refuser le récit unique occidental suffit désormais à être considéré comme un danger pour la République.
 
Xenia Fedorova, 45 ans, ancienne présidente de RT France (fermée en 2022), chroniqueuse régulière sur CNews, Europe 1 et JDNews, vit et travaille en France depuis près de dix ans. Elle avait obtenu en 2024 une carte de résident de dix ans selon les procédures administratives classiques. Aujourd’hui, ces mêmes autorités qui lui ont délivré ce titre la qualifient de « relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » visant à « manipuler l’opinion publique » et à « saper la confiance des Français dans leurs institutions ».
 
Elle est déjà interdite de territoire en Allemagne. Son avocat a annoncé qu’elle formerait immédiatement un recours.
 
Pendant que les plateaux dominants diffusent sans contradiction le narratif officiel, une journaliste russe qui ose contester ce récit unique se voit menacée d’expulsion.
 
Le message est limpide : en France en 2026, certaines opinions restent tolérées… tant qu’elles ne dérangent pas le pouvoir.
 
Source Réseaux sociaux

13:09 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

mercredi, 29 juillet 2026

Sarah Knafo publie « Le Casse du siècle » : numéro un des ventes un mois avant sa sortie

Capture-decran-2026-07-28-a-09.41.50-1200x675.jpg

Breizh info cliquez ici

Il n’est pas encore imprimé, personne ne l’a lu, et il est déjà en tête des ventes. Le Casse du siècle, premier livre de l’eurodéputée Sarah Knafo, paraîtra le 2 septembre chez Fayard. Un mois avant, les précommandes le placent en première position sur Amazon, et les grandes enseignes viennent d’ouvrir les leurs.

Le phénomène mérite d’être noté, car il est rare. Un ouvrage politique atteint généralement son pic de ventes dans les jours qui suivent le passage télévisé de son auteur. Ici, tout se joue en amont, et sans plateau.

Un livre qui se vend comme une série policière

C’est probablement la partie la plus intéressante de l’affaire, et elle relève moins du contenu que de la méthode.

Le site de lancement ne ressemble à aucune opération de communication politique classique. On y trouve un mur d’enquête : des photographies reliées par des fils rouges, des post-it griffonnés, une colorimétrie jaune et noir évoquant le ruban d’une scène de crime. Y figurent des logos d’institutions — Agence française de développement, France Télévisions, France Travail — et des clichés d’Emmanuel Macron, François Hollande ou Ursula von der Leyen, chacun annoté.

Le visiteur est invité à « suivre le fil » et à s’inscrire pour recevoir de nouveaux indices, des coulisses, des extraits inédits distillés jusqu’à la parution. Autrement dit : on ne vend pas un livre, on lance une saison.

L’emprunt aux codes du polar et du documentaire d’investigation est assumé, et il est efficace pour une raison simple : il transforme l’attente en participation. Le lecteur ne patiente pas, il enquête. À l’heure où le livre politique classique — celui qu’on annonce, qu’on commente trois jours et qu’on solde six mois plus tard — s’essouffle, le procédé mérite d’être observé par tous ceux qui vivent de l’écrit.

Ce que le livre annonce

Le ton du texte de présentation ne laisse aucun doute sur le registre : ils vous ont tout volé, ils ont tout détruit, et ils tiennent tout le système. L’auteur affirme avoir enquêté un an sur ce qu’elle qualifie de crime économique, en épluchant institutions et circuits de financement, et promet l’identité des responsables ainsi que l’organigramme de leur organisation.

L’éditeur revendique un ouvrage qui ne se contente pas de dénoncer mais avance des solutions à chaque scandale évoqué. La formule qui clôt l’argumentaire résume l’ambition : le lecteur entre dans l’enquête en victime, il en sort en juge.

Ni mémoires ni biographie, donc, mais un livre d’enquête revendiqué, chiffres et noms à l’appui. C’est cohérent avec le positionnement construit depuis l’élection de son auteur au Parlement européen en 2024 : finances publiques, dette, compétitivité, réindustrialisation, énergie, souveraineté économique. Un terrain que la classe politique française a largement délaissé au profit de l’affrontement permanent, et sur lequel elle s’est installée méthodiquement.

Le calendrier, qui n’a rien d’innocent

Reste la question que personne n’esquive vraiment : à quoi sert ce livre.

Reconquête n’a désigné aucun candidat pour 2027 et aucune candidature n’est officiellement déclarée. Sarah Knafo et Éric Zemmour consacrent, selon leur entourage, un été studieux à l’élaboration du projet présidentiel du mouvement, loin des estrades.

L’agenda de rentrée est en revanche parfaitement lisible. Le livre paraît le 2 septembre. Suivent des semaines de conférences et de dédicaces à travers le pays. Et les 12 et 13 septembre, Reconquête tient sa rentrée politique à Port-Marly, avec pour point d’orgue le discours de son président.

Dix jours d’écart. Le temps exactement nécessaire pour qu’un ouvrage s’installe dans le débat avant que ne s’ouvre la séquence programmatique. Ceux qui pratiquent la politique depuis un moment reconnaîtront la manœuvre : le livre sert de bande-annonce, il teste les thèmes, il mesure l’audience, et il occupe le terrain médiatique au moment précis où les rédactions cherchent de quoi remplir la rentrée.

En attendant, un constat s’impose : rares sont les responsables politiques français capables aujourd’hui de susciter une telle attente autour d’un texte qui n’existe pas encore. Que l’on partage ou non l’analyse, cela dit quelque chose de l’état de la demande — et du vide qu’occupe désormais celle qui, il y a peu, était encore présentée comme la conseillère de l’ombre.

11:13 Publié dans Revue de presse, Sarah Knafo | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Loi Falorni : après les enfants, les Frères s’attaquent aux grands-parents

000_48B62QM.jpg

De la contraception à l’euthanasie, dans un texte engagé, Camille Galic retrace l’influence des réseaux maçonniques dans les grandes réformes sociétales françaises.

Polémia

Des révolutions sociétales venues des loges ?

On peut penser ce qu’on veut du droit à mourir ainsi que des Loges. On n’oubliera pas, ainsi, que l’historien Jean Servier, pilier de la Grande Loge de France au sein de la loge « Les Forges d’Hiram » — à laquelle il consacra du reste son livre Les Forges d’Hiram ou la genèse de l’Occident (éd. Grasset, 1976) —, fréquentait volontiers l’extrême droite ; que le grand maître de la GLF, Richard Dupuy, qui exerça six mandats à la tête de cette obédience, fut aussi et simultanément l’un des avocats les plus talentueux lors des procès de l’Algérie française, celui du Petit-Clamart notamment ; ou encore que le préfet Jean Baylot (1897-1976), ancien haut dignitaire du Grand Orient, puis de la GLF et de la GLNF, qui abritait dans son appartement du XIVe arrondissement de Paris un remarquable musée maçonnique, fut un patriote exemplaire et un antimarxiste de choc.

Mais force est de constater que toutes les révolutions « sociétales » dont nous subissons les conséquences, en commençant par la chute de la natalité nationale, et dont nous crèverons peut-être, de la légalisation de la contraception en 1967 à la loi toute récente sur la fin de vie, ont été concoctées par et dans les officines maçonniques.

Pierre Simon, grand maître de la croisade néo-civilisationnelle

Si, sous de Gaulle, chrétien fervent, voire ostentatoire, le gaulliste Lucien Neuwirth, maçon affiché et rapporteur de la loi dépénalisant la contraception féminine, resta célèbre sous le sobriquet de « Lulu la pilule » pour son lobbying médiatique et parlementaire, le deus ex machina de l’opération fut en réalité le docteur Pierre Simon (1925-2008). Très actif au sein du Planning familial, il avait fait de la contraception — à cette occasion, lui-même et sa consœur et « sœur », la gynécologue Lagroua Weill-Hallé, m’avaient reçue très courtoisement quand je les avais interviewés en 1967 dans le cadre d’une enquête-fleuve pour Rivarol, chose impensable de nos jours —, puis de l’avortement libre, les combats de sa vie. Cela lui valut de devenir grand maître de la Grande Loge de France de 1969 à 1971 et de 1973 à 1975. C’était l’époque où il intriguait au cabinet de la ministre Simone Veil, dont il fut un conseiller très écouté, avant de mener également, et avec succès, la réflexion au sein du très officiel Commissariat général du Plan en faveur du mariage homosexuel, de la procréation médicalement assistée (PMA) et de « l’aide à mourir dans la dignité ». Eût-il vécu plus longtemps, sans doute aurait-il applaudi aux transitions de genre.

Ce parcours fut couronné, en 2007, par la création, par le ministère de la Santé, du prix « Éthique et dignité » portant son nom. Il n’empêcha d’ailleurs nullement ce médecin, accessoirement fondateur du Club des Jacobins — tout un programme ! — avec son acolyte Charles Hernu — Vénérable, quant à lui, du GODF et très proche de Mitterrand, qui en fit un ministre de la Défense jusqu’à la calamiteuse affaire du Rainbow Warrior en 1985 —, d’être le bienvenu dans toutes les sphères d’influence. L’évêque de Metz, sa ville natale, tint d’ailleurs à être présent à ses obsèques, car le défunt avait « inauguré un dialogue avec l’Église catholique ».

Les héritiers : Halimi, Romero, Falorni

Dans sa croisade « civilisationnelle », Pierre Simon devait être aidé sur le plan médiatique par deux complices : l’avocate Gisèle Halimi — née Zeiza Taïeb en Tunisie, dont elle garda toute sa vie la nationalité —, qui avait défié les pouvoirs publics de l’embastiller, elle qui se vantait urbi et orbi d’avoir avorté, et le journaliste aujourd’hui presque septuagénaire Jean-Luc Romero, transfuge du RPR — dont il claqua la porte sous prétexte de la « droitisation constante » de ce parti — au PS, en passant par le MoDem de Bayrou, héros de la lutte antisida et du droit de mourir dans la dignité, bien sûr. En récompense, cet homosexuel militant et veuf d’un mari tragiquement disparu lors d’une soirée chemsex extra-chaude occupa, de 2007 à 2021, la présidence de l’ADMD — Association pour le droit de mourir dans la dignité —, revendiquant près de 70 000 adhérents. Et, en 2016, sur proposition de Valérie Pécresse, il fut élu à l’unanimité par le conseil régional d’Île-de-France ambassadeur d’une « Île-de-France sans sida ». Pour lui, toutes les « bonnes causes » fusionnent.

Romero, qui, dans son prosélytisme et sa soif de reconnaissance, intervient dans tous les forums organisés par les diverses obédiences, n’est-il qu’un compagnon de route ou réellement affilié à l’une d’entre elles ? La question ne se pose pas, en revanche, pour Gisèle Halimi, qui ne fut pas seulement l’avocate passionnée des terroristes FLN et la défenseure des malheureuses gamines engrossées puisque, sur son site, la Grande Loge féminine de France, dont elle fut membre, la présente ainsi : « Initiée par Anne-Marie Gentily en janvier 1934 à la loge d’adoption “Minerve”, elle consacre sa vie et son énergie à l’expansion et au rayonnement de la franc-maçonnerie féminine », dont elle épousa tous les combats. Pour l’avortement libre en premier lieu, avec ce slogan : « Mon ventre m’appartient ».

Comme en écho, « Ma mort m’appartient » est aussi le slogan qu’adopta Olivier Falorni, issu d’une famille italienne ayant « fui le fascisme », député socialiste ensuite rallié au macronisme et siégeant à la Chambre jusqu’aux élections municipales de mars 2026, car il troqua alors son fauteuil de député pour celui de maire de La Rochelle. Mais la loi « sur la fin de vie » anticipée porte néanmoins son nom, alors que son glorieux ancêtre en la matière, le sénateur radical Henri Caillavet, membre du Grand Orient de France qui, dès 1978, déposa une proposition de loi « relative au droit de vivre sa mort », avait vu son texte rejeté en séance publique en 1980.

Qu’à cela ne tienne, « Sans cesse sur le métier remettons notre ouvrage » pourrait être le credo des Frères, dont Falorni est très proche, sinon affilié. Et, cette fois, réussite totale : le 15 juillet 2027, au terme d’un « débat constructif et respectueux […] dans le plein respect de notre démocratie », comme s’en est aussitôt félicité Emmanuel Macron, cette « loi de liberté » a été adoptée en troisième lecture par l’Assemblée nationale. 291 députés ont voté pour et 241 contre, dont 101 élus du Rassemblement national (1).

Ferrand arbitre

Mais le chef de l’État se réjouit aussi de la prochaine visite en France de Léon XIV, lequel risque de se formaliser de l’adoption de cette loi combattue par l’épiscopat, deux mois exactement, comme par provocation, après la publication de son encyclique Magnifica humanitas, conçue, au contraire, comme un hymne à la vie. Le Premier ministre Lecornu a donc aussitôt demandé la saisine du Conseil constitutionnel concernant le « respect des principes de liberté personnelle et de dignité humaine » sur certains points : notamment le délai trop court de rétractation — deux jours seulement — après la signature d’une demande d’aide à mourir, la situation impossible dans laquelle se trouveront les maisons de retraite tenues par des institutions catholiques, telles les Petites Sœurs des pauvres, et la situation non moins inconfortable des médecins et soignants chrétiens : s’ils refusent de pratiquer l’euthanasie, ne risqueront-ils pas d’être bientôt désignés à la vindicte publique comme le sont déjà trop de leurs confrères hostiles à l’IVG ?

C’est toutefois grâce à Macron et, un peu, au RN, frileusement réfugié dans l’abstention lors du vote des députés et sénateurs membres des commissions des lois des deux assemblées chargés de donner un successeur au sortant Laurent Fabius, que Richard Ferrand a été porté à la tête du Conseil constitutionnel en mars 2025. Or, Ferrand a fait toute sa carrière — professionnelle dans le secteur mutualiste, maçonnique par essence, puis politique — dans et avec la protection des Loges, d’ailleurs peu regardantes sur ses errements financiers.

C’est dire que ce recours sera de pure forme. Les Frères sont partout… Sauf quand il s’agit de défendre leurs raisons d’être officielles : la tolérance intellectuelle et la libre-pensée. Car il est infiniment moins dommageable — et condamnable — aujourd’hui de trahir le serment d’Hippocrate en donnant la mort que d’émettre, en matière d’histoire, d’enseignement, de sécurité ou d’immigration, des opinions divergentes. Aussitôt réputées sulfureuses, nauséabondes, et donc relevant du glaive de la Justice. Mais notre ami Éric Delcroix a déjà tout dit à ce sujet

Camille Galic
24/07/2026

(1) En revanche, 19 députés RN ont voté pour. Par ordre alphabétique : Maxime Amblard, Théo Bernhardt, Guillaume Bigot, Anthony Boulogne, Sébastien Chenu — vice-président du parti —, Bruno Clavet, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Edwige Diaz, Alexandre Dufosset, Gaëtan Dussausaye — ancien directeur général puis président du FNJ —, Yoann Gillet, Alexis Jolly, Matthieu Marchio, Me Alexandra Masson, Bryan Masson, Thomas Ménagé, Kévin Pfeffer, Alexandre Sabatou et Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN au Palais-Bourbon. De leur côté, Franck Allisio, Frédéric Falcon et Stéphanie Galzy ont choisi l’abstention.

01:24 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

mardi, 28 juillet 2026

La France a promis 16 Canadair. Dix ans plus tard, elle en attend toujours 4

AFP__20260723__C2YU9CT__v5__MidRes__TopshotFranceEnvironmentClimateWeatherWildfire.jpg

Jérôme Vigues cliquez ici

Il y a en ce moment même un feu de plus de 30 000 hectares qui grignote la Gironde, et pour la première fois de l'histoire on envoie un A400M militaire larguer du retardant parce que les Canadair, eux, ne suffisent plus. Il faut le dire lentement pour bien le sentir passer : la France, en 2026, en est réduite à improviser avec des avions de transport de troupes parce que sa flotte de bombardiers d'eau est usée jusqu'à la corde. Pas une image, un fait. Deux Dash et quatre Canadair pour tenir un front qui en réclamerait le double, pendant qu'une trentaine d'autres incendies brûlent ailleurs, dans le Var, dans les Landes. Presque mille militaires envoyés en renfort de neuf cents pompiers déjà sur les genoux. On appelle ça gérer une crise. Moi j'appelle ça courir après le feu avec un seau percé — et encore, un seau percé, au moins ça reste un seau. Là on en est à demander à un avion de transport de troupes, conçu pour larguer des parachutistes, de faire le travail d'un hydravion. Le syndicat des pilotes le disait déjà l'été dernier, avant même cette saison-ci : certains jours il n'y avait à Nîmes-Garons, la base historique, plus que zéro à deux Canadair réellement en état de voler. Zéro. On peut citer les deux cent mille pompiers volontaires et les quarante mille professionnels autant qu'on veut dans les discours du 14 juillet, si les avions restent au sol un an sur deux faute de pièces, les chiffres ne servent plus qu'à se rassurer soi-même.

Alors on remonte le fil, parce que ce fil-là ne date pas d'hier et qu'il faut le dérouler jusqu'au bout pour comprendre à quel point ce pays méprise ceux qui le protègent.

28 janvier 2020. Cinq mille pompiers défilent à Paris. Sept mois qu'ils réclament une prime de feu décente, sept mois qu'on les baladait. Leur demande : que la prime passe de 19 à 28 % du traitement. Rien d'extravagant, un rattrapage sur un métier qui use les corps et qui, depuis 2008, voit le nombre d'agressions contre ses agents grimper de près de 200 %. Et qu'est-ce qu'on leur a envoyé, à ces gens qui courent vers le danger quand tout le monde en fuit ? Des CRS. Des matraques. Des lacrymogènes jusque dans la cour d'une école maternelle. Le Parisien parlait de coups de matraque qui pleuvaient, et je me souviens très bien des images, des pompiers en uniforme, casqués, frappés par ceux-là mêmes qui sont censés protéger l'ordre public — sauf que visiblement, un pompier qui réclame de quoi soigner correctement les Français, ce n'est pas de l'ordre public, c'est une menace. Deux d'entre eux s'étaient même mis symboliquement le feu sur l'uniforme, ce jour-là. Tout est dit dans ce geste.

Et ce n'est pas un accident de l'histoire, un mauvais après-midi mal géré par un préfet nerveux. C'est une doctrine. Parce que les mêmes qui matraquent des pompiers savent aussi très bien matraquer des paysans.

Je pense à décembre dernier, aux Bordes-sur-Arize, en Ariège. Deux cent sept bêtes, des blondes d'Aquitaine, condamnées à l'abattage pour un cas de dermatose. Des centaines d'agriculteurs venus défendre le troupeau d'un couple d'éleveurs, bloquant l'accès à la ferme pendant deux jours, dans le calme, pour l'essentiel. Et puis le soir venu, les gendarmes mobiles qui débarquent, les grenades lacrymogènes qui répondent aux jets de projectiles. On déloge à la nuit tombée des gens qui défendaient leur outil de travail et leur vie entière construite autour d'un troupeau. Et ce n'était même pas la première fois : je repense au mouvement de janvier-février 2024, aux tracteurs bloqués sur les autoroutes, aux gaz, aux blindés de la gendarmerie déployés — huit véhicules blindés à roues excusez du peu, comme si des céréaliers en colère étaient une armée ennemie. Deux mille sept cents militaires mobilisés au plus fort de la crise. Pour des gens qui demandaient juste à vivre de leur travail.

Et voilà le point que personne ne veut voir, et c'est celui-là qu'il faut marteler : ce sont exactement les mêmes paysans, avec leurs mêmes tracteurs qu'on a vus bloqués par des barrages de gendarmerie, qui aujourd'hui sillonnent le Sud-Ouest avec leurs tonnes à eau pour aider à circonscrire les incendies. Personne ne les paie pour ça. Personne ne leur donne de médaille. Ils connaissent leurs terres, leurs chemins, leurs points d'eau mieux que n'importe quel plan ORSEC pondu à Paris, et ils y vont, sans qu'on le leur demande vraiment, parce que c'est leur pays qui brûle et que eux, contrairement à ceux qui décident depuis un bureau climatisé, ils ne peuvent pas se permettre de regarder ailleurs. Le même homme qu'on a vu se faire gazer pour avoir voulu sauver ses vaches se retrouve, quelques mois plus tard, à rouler toute la nuit avec sa citerne pour sauver la baraque du voisin. Et ce pays, en retour, lui envoie quoi ? Une matraque quand il proteste, et le silence quand il sauve. Toujours les mêmes qui encaissent, toujours les mêmes qu'on félicite jamais.

Remarquez, on sait très bien aimer les pompiers et les paysans, dans ce pays. À condition qu'ils restent à leur place. Un pompier bien sagement rangé derrière un ministre lors d'une cérémonie, avec un drapeau, une médaille et les caméras positionnées au bon endroit, ça, on adore. Un paysan qui pose fièrement devant son tracteur pour une photo de campagne électorale, ça aussi, on adore. C'est beau, c'est propre, ça fait de belles images pour le vingt heures. Mais qu'un pompier réclame des effectifs ou une retraite adaptée à un métier qui use les corps avant l'heure, qu'un paysan réclame de vivre dignement de sa production sans être écrasé par les accords de libre-échange et l'empilement des normes, et la tendresse institutionnelle disparaît en un clin d'œil. Les boucliers ressortent, les gaz aussi. Une enquête Ifop de 2023 disait que 97 % des Français faisaient confiance aux pompiers. Quatre-vingt-dix-sept pour cent, il n'y a probablement pas une autre profession dans ce pays qui bénéficie d'un tel crédit populaire — et c'est justement celle-là qu'on a choisi de gazer un mardi de janvier, comme si la popularité auprès du peuple rendait plus suspect encore aux yeux de ceux qui nous gouvernent.

Lire la suite

20:39 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Dans le numéro de cette semaine (spécial été) de Rivarol : un bel article sur la biographie que Camille Galic a consacrée à Agatha Christie dans la Bio Collection

rivarol-n3448-du-2122020-papier.jpg

Pour lire cet article cliquez ici et allez en page 15.

Site de Rivarol cliquez là

2026 05 agatha christie.jpg

Pour commander ce livre cliquez là

20:28 Publié dans Bio Collection, Kiosque de droite, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Persécution bancaire : pourquoi journalistes et militants de droite se plaignent d’une fermeture arbitraire de leurs comptes

carte.jpg

Paul Sugy

Depuis quelques années, des influenceurs, journalistes, militants ou élus situés à droite de l’échiquier politique dénoncent la fermeture arbitraire de leurs comptes en banque. Le secteur bancaire a œuvré pour mettre en échec une loi l’obligeant à plus de transparence.

C’est peu dire qu’Arthur de Watrigant a connu de meilleurs étés que celui-ci. Il y a deux ans le directeur de la rédaction de L’Incorrect, qui défend dans ses colonnes les idées d’une droite hussarde et conservatrice, s’est vu clôturer sans préavis le compte bancaire de son journal : la banque en ligne Qonto lui a tout simplement écrit dans un mail laconique envoyé un 25 juillet que le compte serait fermé et qu’il disposait d’un mois pour transférer les fonds ailleurs. «On a demandé des explications par mail mais on n’a obtenu aucune réponse. Et nous avions un second compte de secours chez une autre banque, qui a été fermé en même temps», se souvient-il. Pourtant, à l’en croire, sa rédaction ne présentait pas de découverts réguliers, n’avait pas passé d’opérations suspectes ou avec des comptes bancaires étrangers. Mais cette clôture de compte aurait causé un préjudice important au magazine, malgré l’ouverture en urgence d’un compte chez une nouvelle banque en ligne : «J’ai dû annuler mes vacances et on a mis un mois à tout réinstaurer, les virements automatiques, les charges, les mutuelles, les impôts, les imprimeurs, les routeurs, les abonnements internet, La Poste, le paiement des fournisseurs, des salaires et des piges... Et pendant ce temps on perdait toutes nos recettes : plus un seul virement ou paiement en ligne, et les prélèvements automatiques ont disparu, donc les gens ne pouvaient plus s’abonner !»

Parmi les journalistes, influenceurs et responsables associatifs marqués pour leur engagement au sein de la droite conservatrice et identitaire, ces mésaventures bancaires se multiplient. Le vidéaste Vincent Lapierre en avait fait les frais en 2018, lorsque le compte associatif du «Média pour tous» a été fermé par le Crédit Agricole. «Nous n’avons pas à vous fournir d’explication», lui a-t-on répondu laconiquement face à ses protestations. La militante féministe et identitaire Alice Cordier a connu des déboires similaires avec le compte bancaire ouvert par le collectif Némésis au Crédit mutuel, en plein été aussi : «Je me suis alors rendue physiquement au guichet de ma banque et ils étaient très embêtés. Un directeur a fini par me voir en me disant qu’il était désolé mais que nous avions été cataloguées comme un compte politique à risques et qu’il ne pouvait rien faire, que ça avait été décidé au-dessus de lui. On avait deux mois pour partir», raconte-t-elle. Deux mois au cours desquels chaque banque l’a refusée à son tour, obligeant même les militantes à transférer temporairement leur trésorerie sur le compte personnel de l’une d’elles en attendant de pouvoir rouvrir un compte pour l’association. «Ça nous a pris trois mois, jusqu’en décembre, et pendant ce temps on ne pouvait pas faire de levée de fonds alors que la fin de l’année civile est la période où les donateurs font les dons les plus importants : on a perdu presque une année de financement pour l’association», témoigne-t-elle.

Le site Fdesouche, le média Frontières, la chaîne TV Libertés... de nombreux autres médias ou collectifs proches de la droite nationaliste font état des mêmes tracas. Récemment, ce sont même des députés du Rassemblement national qui se sont plaints d’avoir été radiés de leur banque après leur élection, d’après une enquête de France Inter qui mentionne les noms de Stéphane Rambaud, Jean-Philippe Tanguy, Franck Allisio et Thomas Ménagé, parfois après vingt ans de souscriptions à des produits d’épargne au sein de leur établissement bancaire. Le fait est moins rare : s’agissant des élus, ceux-ci sont apparentés aux yeux des banques à des «personnalités politiquement exposées», à l’égard desquelles les banques sont soumises à des obligations plus spécifiques du fait des réglementations en matière de prévention du blanchiment et de la corruption. Raison pour laquelle celles-ci sont donc plus frileuses à s’exposer aux risques que représente une relation commerciale avec les hommes politiques.

Mais les banques semblent de plus en plus étendre le champ d’application de ces règles de vigilance aux associations, du moins à une partie d’entre elles. «Nous sommes soumis à ces obligations réglementaires qui nous contraignent à vérifier un certain nombre de transactions, et le législateur nous impose en la matière une obligation de résultats, pas de moyens» explique une source du Crédit mutuel. «Je m’inscris en faux contre l’accusation sur des motivations politiques : nous ne filtrons jamais nos clients en fonction de ce qu’ils pensent, sinon nous refuserions énormément de prêts et d’ouvertures de comptes, ce ne serait pas dans notre intérêt» poursuit ce professionnel proche de la direction du Crédit Mutuel. Cet interlocuteur indique par ailleurs que le Collectif Némésis s’était vu exiger plusieurs documents comptables justifiant de transactions bancaires passées avec le compte de l’association et n’avait pas donné suite à cette requête de leur banque, ce que les intéressées nient en assurant s’être soumises à toutes les requêtes concernant la transmission de documents comptables.

Une «persécution bancaire» à sens unique ?

Ce qui surprend, c’est que de nombreux collectifs ou associations non moins radicaux, mais penchant clairement à l’extrême gauche, semblent épargnés par ces tracasseries... y compris lorsqu’ils sont largement financés par des dons étrangers. Une simple recherche en source ouverte suffit pour s’en convaincre. Ainsi le Crédit mutuel qui a fermé les comptes de Némésis ou du média identitaire Breizh Info semble toujours abriter la trésorerie de la fédération communautariste Millî Görüş, un satellite du pouvoir turc, épinglé à de nombreuses reprises pour ses accointances islamistes, ou encore le collectif ouvertement outrageux à l’égard des forces de l’ordre «Justice pour Adama». Et le Crédit agricole, qui a mis fin à ses relations commerciales avec l’Institut Iliade, offre en revanche ses services à l’ONG Ummah Charity dont le président avait été placé en garde à vue pour avoir ouvert une cagnotte en soutien à Brahim Chnina, le parent d’élève jugé pour avoir été à l’origine de la campagne de haine contre Samuel Paty...

L’ennui, soulignent les trésoriers de nombreuses associations concernées par ce qu’ils nomment une «persécution bancaire», c’est que les banques n’ont aucun compte à leur rendre : l’absence de transparence à l’égard du client qui voit son compte fermé sans explications serait même nécessaire pour garantir la bonne mise en œuvre de la réglementation sur le «LCB-FT» - le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en bon jargon de banquier.

À Bercy on reconnaît pourtant, dans les couloirs du Trésor, qu’un peu de transparence supplémentaire serait nécessaire. «Les banques nous expliquent qu’elles ont une liberté contractuelle, mais elles devraient au moins rendre des comptes quand elles se séparent d’un client. Car elles ne doivent pas oublier que l’État leur a octroyé un monopole, puisque c’est une profession très réglementée», glisse un techno fort au fait de ces dossiers.

Le lobbying de la Fédération bancaire française

C’est le combat qu’a voulu porter le sénateur (Modem) du Tarn Philippe Folliot, qui a connu lui aussi des déconvenues bancaires avec le Crédit agricole : le compte d’une association culturelle locale qu’il avait créée, La Bibliotèca, avait été fermé sans raison apparente «alors qu’on ne recevait pas un centime de l’étranger et qu’on n’avait jamais été à découvert». Le parlementaire s’est alors fendu d’une proposition de loi «visant à lutter contre les fermetures abusives de comptes bancaires», qu’il a fait voter à une très large majorité en première lecture au Sénat en 2024, puis qu’à l’initiative des centristes l’Assemblée nationale a voté à son tour l’année suivante. Le texte laissait aux banques la liberté de fermer un compte à leur guise mais les obligeait à expliquer leur décision auprès du client : «L’établissement de crédit motive gratuitement et par écrit, dans un délai de quinze jours ouvrés à compter de la réception de cette demande, sur support papier ou sur un autre support durable, la décision de résiliation», prévoyait ce texte.

Mais malgré un très large consensus, sur les différents bancs des deux assemblées, la proposition de loi n’a jamais été réinscrite depuis à l’ordre du jour pour un nouveau vote au Sénat. Comme si le texte s’était volatilisé en chemin. Il faut dire qu’entre-temps, le sénateur Philippe Folliot a vu se déployer un important lobbying de la part des représentants du secteur bancaire auprès des parlementaires, pour faire échec à cette loi. Ses propres comptes personnels ont été fermés du jour au lendemain par le CIC, quelques mois seulement après qu’il avait obtenu le vote de sa proposition de loi en première lecture. Il s’en est ouvert dans un courrier au président du Sénat Gérard Larcher, déplorant des «intimidations» - le directeur de son agence du CIC n’ayant pu lui-même donner d’explications, et garantissant qu’au niveau du suivi de ses comptes, aucun signal d’alerte ne pouvait expliquer cette fermeture : la décision avait été prise bien plus haut.

Dans le même temps, un haut fonctionnaire proche de Bruno Le Maire à l’époque assure que le cabinet du ministre a été directement démarché par des représentants de la FBF, la Fédération bancaire française, qui représente les intérêts du secteur auprès des institutions politiques et qui siège même au sein d’un comité permanent réunissant les acteurs publics et les banques privées, le CCLRF. Reconnaissant son intervention auprès des parlementaires au sujet de ce texte, le responsable de la communication de la FBF Benoît Danton admet au Figaro avoir l’an passé «appelé le Parlement à étudier l’impact d’un texte désormais très éloigné de l’objectif initial, et qui porte désormais des motifs flagrants d’inconstitutionnalité», arguant donc que le texte amendé par les députés aurait excédé l’intention originelle d’une simple demande de transparence auprès des banques. Sans reconnaître toutefois que l’intervention de la FBF est même remontée jusqu’à Matignon, comme l’assure pourtant au Figaro une source ministérielle.

Reste qu’en l’état, inchangé, du droit, les associations, les médias ou les militants politiques qui se voient fermer leurs comptes n’ont d’autre choix s’ils échouent à trouver une autre banque que de déposer une procédure auprès de la Banque de France, très chronophage : celle-ci garantit en effet un «droit au compte». En présentant plusieurs lettres de refus par les banques d’ouvrir un compte, un client peut demander à la Banque de France de désigner d’office une banque qui est alors tenue de lui créer un compte. Mais outre que la procédure peut mettre plus de trois mois à aboutir, encore faut-il pouvoir produire des lettres de refus. Sinon, l’absence de réponse finit par valoir refus, mais la procédure est rallongée d’autant... Surtout, passé un délai de six mois, la banque désignée peut à nouveau fermer le compte bancaire ainsi ouvert - et le client repart alors de zéro.

Source : Le Figaro 28/7/2026

10:30 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Les feux victimes de l’administration

2026-07-25T193334Z-906222137-RC27LMA22HGT-RTRMADP-3-EUROPE-WEATHER-FRANCE-WILDFIRE.jpg

La France subit des feux de forêt comme elle n’en a jamais connu. Et pas la peine d’accuser le seul  réchauffement climatique. Au 27/7, 162 personnes ont été interpellées pour avoir allumé des feux délibérément. Mais il est un autre mal, plus insidieux celui-là : l’administration. Entre le code forestier et celui de l’environnement, rien ne va, les mesures exigées sont contradictoires. Résultat, déplorent les syndicats forestiers, les incendies ravagent plus vite les forêts.

Lire la suite ICI

Source : Le Figaro 28/7/2026

09:45 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

samedi, 25 juillet 2026

Crépol, ou le racisme que l’on ne voulait pas voir

Mort de Thomas à Crépol : la circonstance aggravante d'une attaque contre  "la race blanche et la nation française" retenue contre les suspects -  ladepeche.fr

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

À la terrasse du bar des Brisants, le matin demeure encore frais. Le vent vient de la mer, pousse devant lui quelques nuages sans importance et fait battre les drisses contre les mâts du port de Léchiagat. Les habitués parlent à mi-voix. Un pêcheur lit Le Télégramme, deux anciens refont le procès d’un patron de chalutier, tandis qu’un chien sommeille sous une table avec cette gravité propre aux bêtes qui n’attendent rien de l’Histoire.

Je parcours Le Figaro devant un café. Autour de moi, les visages, les accents, les manières forment un ensemble assez homogène. Chacun connaît peu ou prou le voisin, reconnaît les familles, sait à quelle heure rentrent les bateaux et dans quelle maison demeure la vieille dame que l’on n’a pas aperçue depuis trois jours. Cette homogénéité ne garantit certes ni la vertu ni l’absence de querelles. Elle explique sans doute une partie de la tranquillité dans laquelle nous vivons encore. La confiance collective naît rarement des grands discours ; elle pousse dans l’humus des habitudes communes.

Une manchette arrête soudain mon regard : les juges chargés de l’affaire de Crépol viennent de retenir la circonstance aggravante de racisme dans les poursuites visant les quatorze mis en cause. Deux ans et demi après la mort de Thomas Perotto, le motif que tant de commentateurs avaient tenu pour imaginaire, scandaleux ou politiquement suspect entre donc officiellement dans le dossier judiciaire.

Le mot exige ici quelque précision. Il ne s’agit pas encore d’une condamnation, moins encore d’une vérité devenue irrévocable. L’instruction vient d’être close ; l’ordonnance de mise en accusation est attendue à l’automne et les avocats de la défense pourront la contester. La justice n’a pas prononcé son dernier mot. Elle reconnaît cependant que les éléments recueillis permettent désormais d’envisager les meurtres et tentatives de meurtre comme ayant été accompagnés d’une hostilité visant les victimes en raison de leur appartenance supposée à la population blanche et à la France. Cette qualification supplémentaire a été notifiée aux quatorze mis en cause le 20 juillet.

Le 18 novembre 2023, Thomas Perotto, jeune rugbyman de seize ans, participait au bal d’hiver organisé dans la petite salle des fêtes de Crépol, village de la Drôme. Une altercation éclata avec des garçons venus du quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère. Des chaises et des bouteilles furent projetées ; des couteaux sortirent. Thomas reçut plusieurs coups au thorax et au flanc. Un vigile et trois autres participants furent grièvement blessés, certains dans des zones vitales.

Dès les premières heures, des témoins rapportèrent des propos explicites. Des membres du groupe auraient annoncé leur intention d’aller au bal « pour planter des Blancs ». Une enquêtrice de la gendarmerie rédigea quelques jours après les faits un procès-verbal envisageant que les auteurs pussent être venus à Crépol dans le dessein de tuer des personnes blanches. Elle relevait leur comportement dans la salle, leurs allées et venues, leur position à distance de la piste de danse et la localisation des coups portés.

Ce procès-verbal, connu sous la cote « DA43 », connut un destin administratif singulier. Il fut classé au milieu de notifications relatives à une garde à vue et ne semble pas avoir été immédiatement porté à la connaissance des magistrats. Nulle explication pleinement satisfaisante n’a encore été fournie sur cette bévue. Il fallut l’intervention de l’Agrif et de son avocat, Me Jérôme Triomphe, désormais conseil de deux jeunes présents au bal, pour que la circonstance raciste fût de nouveau placée au cœur de l’instruction.

La défense fait valoir, de son côté, que certains jeunes de la Monnaie auraient été traités de « sales Arabes » au cours de la mêlée. Ce point devra lui aussi être examiné. Une injure ne justifie pas un coup de couteau, pas davantage qu’elle n’efface les mots prononcés dans l’autre camp. La vérité judiciaire n’a pas à choisir une communauté de victimes autorisées. Elle doit considérer les faits, tous les faits, sans demander leur couleur politique aux morts ni leurs préférences électorales aux blessés.

L’affaire de Crépol ne tient donc pas seulement à une circonstance aggravante ajoutée au terme d’une longue instruction. Elle révèle la résistance presque pathologique d’une partie de la société française à concevoir l’existence même d’un racisme dirigé contre les Blancs. Le phénomène peut être constaté, raconté par des témoins, documenté par des policiers et jusque dans certaines chansons ou publications diffusées sans mystère : il demeure néanmoins tenu pour impossible par principe.

L’idéologie dominante a distribué les rôles une fois pour toutes. Les populations issues de l’immigration doivent nécessairement occuper la place des victimes historiques. Les Européens, ou ceux que le langage administratif désigne encore comme tels, demeurent les héritiers du colonisateur, du dominant et du coupable. Dans ce petit théâtre édifiant, la haine ne peut circuler que dans un sens. Elle descend du fort vers le faible, du Blanc vers le non-Blanc, de l’autochtone vers l’étranger. Qu’elle remonte le courant dérange toute la cosmologie progressiste.

Le racisme anti-Blancs devient alors une impossibilité théologique. On peut admettre des agressions, des insultes, des humiliations, voire des meurtres. On les expliquera par la misère, la relégation urbaine, les discriminations, la colère sociale ou l’incompréhension culturelle. Le recours au couteau sera replacé dans son contexte, comme disent les gens de plume lorsqu’ils veulent éloigner la responsabilité individuelle dans les brumes de la sociologie. L’hypothèse raciale, elle, est repoussée avec une énergie que l’on ne déploie guère lorsqu’il s’agit d’autres victimes.

La querelle autour de Crépol fut exemplaire. Chacun voyait bien qu’un groupe principalement composé de jeunes Européens avait été attaqué par une bande venue d’un quartier où s’est constituée une population d’origine extra-européenne. Cette donnée visible ne suffisait évidemment pas à établir un mobile. Des témoignages concordants faisaient pourtant état de paroles visant expressément les Blancs. Au lieu d’examiner ces déclarations avec prudence, une partie de la presse s’empressa d’y voir une récupération, une invention militante ou l’effet d’une imagination d’extrême droite.

Il fallait sauver le dogme du « vivre-ensemble ». Cette expression, qui semble sortie d’un manuel de gestion municipale, est devenue la religion civique d’une France qui ne croit plus guère en elle-même. Le vivre-ensemble ne décrit pas une réalité ; il commande ce qu’il est permis d’en dire. Il exige que les tensions ethniques soient toujours minimisées, que les frontières entre groupes soient réputées imaginaires et que les conflits nés de l’immigration soient ramenés à de simples incidents sociaux.

Le malheur est que la formule ne gagne jamais. Elle ne transforme pas les quartiers, ne ressuscite pas la confiance, ne désarme pas les bandes et ne rend pas les morts à leurs parents. Elle permet seulement de retarder le moment où les mots rejoignent les choses. La société française ressemble ainsi à ces familles anciennes qui maintiennent les apparences longtemps après que la fortune a disparu : on reçoit encore dans le grand salon, tandis que la toiture prend l’eau et que les meubles ont été vendus.

François Bousquet connaît bien ce mur. Il a consacré au racisme anti-Blancs une enquête ample, « Sale Blanc », nourrie de témoignages et de faits, qui devrait susciter des débats contradictoires dans toutes les rédactions. Son travail se heurte pourtant à une enceinte presque infranchissable. Le sujet n’est pas interdit au sens juridique ; il est tenu hors du champ de la respectabilité médiatique. On peut l’évoquer pour le tourner en ridicule, rarement pour en examiner sérieusement les manifestations.

Cette frontière invisible est d’autant plus efficace qu’elle ne repose sur aucune censure officielle. Un rédacteur en chef sait ce qu’il convient de taire. Un universitaire comprend quelles recherches compromettraient sa carrière. Un responsable associatif mesure aussitôt quelles subventions pourraient s’évaporer. L’autocensure accomplit avec discrétion ce que l’interdit légal ferait avec fracas.

Le plus fâcheux tient au rôle des journalistes. Dans une société correctement ordonnée, ils devraient être les guetteurs placés sur les remparts, ceux qui aperçoivent les mouvements du réel avant que la cité ne les sente. Une partie d’entre eux est devenue le gardien du sommeil collectif. Elle ne cherche plus à voir ce qui vient, mais à empêcher qu’on le nomme. Elle trie les témoignages selon leur conformité au récit général, qualifie de « ressenti » ce qui déplaît et de « fait de société » ce qui confirme ses préjugés.

On comprend la tentation. Reconnaître le racisme anti-Blancs obligerait à réviser tout un système d’interprétation. Il faudrait admettre que les anciens dominés peuvent haïr, que les minorités ne sont pas moralement meilleures que les majorités, que l’immigration engendre parfois des rapports de force et non cette aimable créolisation promise par les prospectus. Il faudrait surtout reconnaître que l’homme n’abandonne pas son appartenance ethnique en franchissant une frontière ou en recevant une carte d’identité.

La haine raciale n’est le monopole d’aucun peuple. Elle appartient au triste patrimoine de l’humanité. Les Européens l’ont connue, pratiquée et parfois portée jusqu’à des degrés monstrueux. D’autres hommes en sont également capables. Refuser cette évidence sous prétexte de protéger les populations immigrées revient à les soustraire à la commune condition humaine, comme si elles étaient des enfants perpétuels, dépourvus de libre arbitre, uniquement mus par les fautes de la société d’accueil.

Une telle indulgence n’a rien de généreux. Elle est une forme de mépris. On ne demande des comptes qu’à ceux que l’on tient pour responsables. Aux autres, on accorde des circonstances, des contextes et d’inépuisables excuses. Ainsi se construit une citoyenneté à deux étages : les uns héritent de tous les crimes de leurs ancêtres ; les autres ne répondent jamais tout à fait des leurs.

L’évolution judiciaire de l’affaire de Crépol ne clora pas cette dispute. Elle rend seulement plus difficile la négation sommaire. Les juges n’ont pas certifié une interprétation politique de la France contemporaine ; ils ont estimé que le dossier contenait assez d’éléments pour que le racisme figure parmi les circonstances susceptibles d’avoir accompagné l’attaque. Cela suffit déjà à faire tomber un pan du décor.

À la terrasse des Brisants, je replie le journal. Les chalutiers se balancent doucement dans le port. Des enfants passent à bicyclette, sans que leurs parents éprouvent le besoin de courir derrière eux. Ce petit pays maritime n’est pas un paradis, encore moins un musée préservé des passions humaines. Sa tranquillité procède néanmoins d’une continuité de population, de mœurs et de mémoire que les théoriciens du déracinement regardent comme une survivance.

Je songe à Crépol, à ce bal de village devenu scène de meurtre, et au temps qu’il aura fallu pour que l’hypothèse de la haine ethnique soit simplement considérée par la justice. Peut-être certains journalistes devront-ils éprouver un jour, dans leur chair ou celle de leurs proches, ce qu’ils refusent encore d’apercevoir. Il serait préférable qu’ils ouvrissent les yeux avant cette cruelle leçon. La réalité se venge toujours des hommes qui la congédient.

Je laisse maintenant les Brisants, leurs cafés du matin et mes chroniques pour quelques jours. Les lecteurs ne me retrouveront pas la semaine prochaine : je pars vers les Balkans, où m’attendent des fonctions autrement concrètes que celles de polémiste. Je serai cuisinier dans un camp de scouts. Il faudra nourrir une troupe affamée, surveiller les marmites et apprendre une fois encore que les communautés véritables se construisent moins par les sermons que par les services rendus, les fatigues partagées et le repas pris sous la même toile.

Source : Breizh-Info, cliquez ici.

10:06 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

jeudi, 23 juillet 2026

Barbara Butch : la gauche découvre le bûcher qu’elle avait dressé

Saturne dévorant un de ses fils" : quand Goya peint l'effroi de celui qui  craint de perdre le pouvoir

Quand la révolution dévore ses enfants...

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Je rentrais de Quimper avec, sur le siège passager, quelques livres achetés à L’Ivresse de lire, cette petite librairie de la rue de la Halle où je vais volontiers musarder. Max, qui tient les lieux, est un jeune homme d’une qualité assez rare. Dans une échoppe sobre et élégante, il a réuni des essais, des romans et des livres anciens avec ce discernement qui distingue le véritable libraire du simple marchand de papier imprimé. On entre chez lui pour jeter un œil ; on en ressort généralement lesté de deux ou trois volumes et d’une conversation que l’on poursuit ensuite tout seul.

Ma trouvaille du jour était un ouvrage de poche d’Arnaud Blin consacré à la paix de Westphalie. À peine avais-je parcouru quelques lignes de l’introduction que je comprenais avoir affaire non seulement au travail d’un historien, mais à celui d’un penseur. Le bon historien ne se contente point de dépoussiérer les archives et de remettre les batailles dans leur ordre chronologique. Il discerne, derrière la poussière des chancelleries et le fracas des armes, les formes politiques qui continuent d’ordonner notre monde longtemps après que les combattants sont descendus au tombeau.

La paix de Westphalie ne fut pas seulement un arrangement diplomatique mettant fin à la guerre de Trente Ans. Elle marqua la recherche d’un ordre permettant à des puissances, à des peuples et à des confessions irréconciliables de continuer à vivre dans le même monde sans entreprendre chaque matin de s’exterminer. Il fallut trente années de massacres, de villes incendiées et de campagnes dépeuplées pour que les Européens comprennent qu’aucune paix durable ne pouvait reposer sur l’éradication complète de l’adversaire.

Je comptais déjà revenir sur ce livre. Les circonstances décidèrent que j’en parlerais plus tôt que prévu.

En arrivant à Pont-l’Abbé, je fis un détour afin d’éviter les encombrements de la voie de contournement. La route me conduisit devant le Triskell, la salle de spectacle municipale. En passant devant elle, je songeai à tous les auteurs, conférenciers, chanteurs ou comédiens qui ne s’y produiront jamais. Non point parce qu’ils manqueraient de talent, de lecteurs ou de public, mais parce que leur nom, leur réputation ou quelques-unes de leurs opinions les ont rangés dans la catégorie des pestiférés.

Il n’est même pas nécessaire qu’un interdit soit prononcé. La censure moderne n’aime plus les uniformes, les bureaux obscurs ni les gros ciseaux du fonctionnaire. Elle préfère le téléphone qui ne sonne pas, le dossier que l’on égare, la subvention qui se tarit, la salle soudain indisponible, l’invitation qui ne vient jamais. Le proscrit demeure parfaitement libre de parler, à cette menue réserve près que personne ne lui prête plus de tribune, de micro ni de théâtre.

De retour à la maison, je trouvai dans Le Figaro et Libération le récit des mésaventures de Barbara Butch. La DJ, devenue célèbre lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, se produisait au festival Cabaret frappé de Grenoble. Une centaine de militants propalestiniens, mobilisés notamment par la section locale de La France insoumise, interrompirent son concert au bout d’une vingtaine de minutes. Des drapeaux furent agités, des slogans criés et des projectiles lancés. La municipalité évoqua ensuite plusieurs dizaines de projectiles retrouvés sur scène, parmi lesquels des bouteilles de verre, ainsi qu’un câble électrique sectionné au milieu du public.

Barbara Butch n’est pourtant pas une artiste que l’on songerait spontanément à ranger parmi les suppôts de la réaction. Elle appartient de plein droit à la gauche culturelle, festive et homosexuelle. Sa prestation lors des Jeux olympiques, au milieu des drag-queens, des mannequins et d’un Philippe Katerine presque nu et peint en bleu, lui avait valu d’être célébrée par les uns et conspuée par les autres. Elle avait auparavant subi un harcèlement en ligne venu semble-t-il de milieux dits à droite.

Son nouveau crime fut d’avoir signé une tribune favorable à la proposition de loi Yadan, présentée comme un moyen de lutter contre les formes nouvelles de l’antisémitisme. Elle expliqua avoir apporté son nom au texte en raison de l’antisémitisme qu’elle subissait, avant de reconnaître qu’elle n’aurait sans doute pas dû le signer. Cette rétractation ne lui valut aucune indulgence. Pour les militants qui la prirent à partie, elle était devenue une « complice de génocide ». Un tract la représentait devant un drapeau mêlant les couleurs arc-en-ciel à l’étoile de David, le tout maculé de sang.

Le plus savoureux, si l’on peut employer ce mot dans une affaire aussi vilaine, fut la réaction de Libération. Le journal consacrait à l’événement un article embarrassé, puis un second texte au « boycott culturel », décrit comme un procédé « longtemps considéré comme liberticide et trop proche des formes de censures de l’extrême droite ».

Ce « trop proche » vaut à lui seul un éditorial.

Ainsi donc, la rédaction de Libération découvre que le boycott d’un artiste en raison de ses opinions pourrait porter atteinte à la liberté. Elle l’avait cru jusqu’alors surtout caractéristique de l’extrême droite. Le procédé se multiplierait depuis quelques semaines, comme une maladie exotique récemment débarquée en France. Nadav Lapid, Joann Sfar, Sigalit Landau et désormais Barbara Butch en auraient successivement fait les frais.

Les bras vous en tombent.

Le boycott culturel n’est nullement une nouveauté dans notre pays. Il constitue depuis plusieurs décennies l’un des instruments ordinaires de la domination progressiste sur les lettres, le théâtre, le cinéma, la chanson et les arts plastiques. Il n’a simplement pas été nommé ainsi tant qu’il s’exerçait dans le bon sens, c’est-à-dire contre la droite.

Il existe d’abord sous sa forme la plus voyante : l’artiste refuse de se produire devant un public dont le vote lui déplaît. Indochine et Louise Attaque avaient ainsi décliné leur participation aux Déferlantes lorsque le festival annonça son installation à Perpignan, ville administrée par le Rassemblement national. Mazarine Pingeot renonça plus récemment à une rencontre à La Flèche après l’élection d’un maire RN. Gaspard Koenig expliqua de son côté qu’il n’accepterait pas les invitations des municipalités de cette couleur. Ces gestes furent présentés dans une partie de la presse non comme des manifestations de sectarisme, mais comme de délicats cas de conscience.

Cette première forme relève encore, après tout, de la liberté individuelle. Un chanteur peut choisir sa scène comme un lecteur choisit ses livres. La situation devient plus inquiétante lorsque le boycott n’est plus le fait d’un artiste isolé, mais celui de tout un écosystème culturel vivant d’argent public, de commissions, de réseaux institutionnels et de cooptations. Il ne s’agit plus alors de refuser une invitation, mais d’empêcher l’adversaire d’en recevoir aucune.

Renaud Camus en sait quelque chose. Écrivain reconnu, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, auteur d’une œuvre littéraire considérable bien avant que son nom ne fût associé à une formule politique, il a été progressivement chassé des grandes maisons et des lieux où se fabrique la légitimité. Il continue d’écrire, de publier et d’être lu. Pour l’institution culturelle française, il appartient néanmoins à cette singulière catégorie des auteurs dont chacun parle et que personne ne doit recevoir.

Alain de Benoist offre un cas plus révélateur encore. Depuis plus d’un demi-siècle, il travaille sur l’histoire des idées, le paganisme, la démocratie, l’écologie, le libéralisme, l’Europe et la philosophie politique. Ses adversaires eux-mêmes reconnaissent l’influence exercée par la Nouvelle Droite sur la vie intellectuelle française. Cet homme, qui a publié des dizaines de livres et dialogué avec des penseurs venus d’horizons fort différents, demeure presque absent des grandes émissions culturelles. Sa pensée est déclarée « toxique », ce qui évite commodément d’avoir à la discuter.

L’ostracisme ne consiste donc pas toujours à arracher un homme de la scène. Il suffit de décider qu’il n’existe pas.

Une salle municipale peut accueillir pendant des années les mêmes dramaturges, les mêmes chanteurs « engagés », les mêmes conférences et les mêmes expositions militantes sans que personne ne s’avise de dénoncer un entre-soi. Qu’un auteur conservateur, un intellectuel identitaire ou un catholique de tradition demande à son tour une scène, et voici que surgissent les pétitions, les menaces, les appels à la vigilance, les syndicats, les collectifs et les gardiens autoproclamés de la pureté républicaine. On invoque la sécurité, le risque de trouble, la dignité du lieu ou la souffrance que pourrait causer la simple présence du proscrit.

Le boycott change alors de nom. Il devient « mobilisation citoyenne », « refus de banaliser », « cordon sanitaire » ou « lutte contre les idées de haine ». Le vocabulaire est d’une grande importance dans ces affaires. Lorsque la gauche exclut, elle protège. Lorsque la droite proteste, elle censure.

Moi qui regarde souvent la France depuis son rivage breton avec le recul d’un homme né à Buenos Aires, je demeure frappé par cette faculté française de transformer chaque querelle en procès d’excommunication. L’Argentine connaît les passions politiques, les fidélités charnelles et les haines prolongées. La France y ajoute le goût du tribunal moral. Elle ne veut pas seulement vaincre l’adversaire ; elle entend lui retirer jusqu’au droit de paraître en public sans s’excuser d’exister.

L’affaire Barbara Butch place aujourd’hui la gauche devant le miroir qu’elle avait soigneusement tourné contre le mur. Elle découvre que le bûcher idéologique ne connaît pas de propriétaire perpétuel. On peut le dresser contre les réactionnaires, les catholiques, les identitaires, les nationalistes ou les conservateurs. Le vent tourne, les flammes changent de direction et les anciens officiants se retrouvent bientôt au milieu des fagots.

Une seconde tragédie s’emboîte dans la première, telle une poupée russe.

Barbara Butch est officiellement attaquée pour une prise de position politique. Le tract où son image voisinait avec une étoile de David ensanglantée rend toutefois cette distinction assez fragile. On ne lui reproche pas seulement une signature. On lui signifie qu’une artiste juive, dès lors qu’elle refuse de désavouer Israël dans les termes exigés, peut être réduite au rôle de « sioniste », de complice ou d’agent d’un crime collectif.

Le mécanisme est maintenant bien rodé. Le Juif acceptable serait celui qui prend publiquement ses distances avec Israël, se soumet aux sommations de l’antisionisme militant et transforme sa propre identité en réquisitoire. Celui qui résiste à cette injonction se voit aussitôt soupçonné de soutenir tout gouvernement israélien, toute opération militaire et jusqu’au moindre excès commis à Gaza. L’individu disparaît derrière l’assignation.

L’antisémitisme européen est une vieille lèpre, dont les premières formes furent d’abord religieuses. Durant des siècles, l’hostilité au Juif s’enracina dans l’antijudaïsme chrétien, dans l’accusation de déicide, dans les interdits professionnels, les expulsions, les prédications populaires et les violences périodiques qui accompagnaient les temps de crise. Il changea ensuite de nature au XIXe siècle, lorsque la religion recula et que les vieilles haines se grimèrent en théories raciales, économiques ou nationales. Le chrétien reprochait au Juif de refuser le Christ ; l’antisémite moderne lui reprocha d’être Juif jusque dans son sang. Cette généalogie appartient à l’histoire européenne et nul homme sérieux ne saurait la nier.

Le judaïsme organisé de l’après-guerre fut cependant administré, sur ces questions, par une génération qui avait connu l’Occupation, les persécutions, les départs sans retour et parfois la clandestinité. Ces hommes avaient les yeux ouverts par l’épreuve. Ils savaient que la défense des Juifs de France ne relevait ni d’une mode intellectuelle ni d’un positionnement partisan, mais d’une nécessité presque domestique : protéger les familles, les écoles et les synagogues, maintenir la mémoire des morts et veiller à ce que le pays ne retombât pas dans ses anciennes dérives.

À la fin des années 1970, cette génération céda progressivement la place. Les nouveaux dirigeants de la communauté n’avaient plus été formés par la guerre, mais par l’univers idéologique de l’après-1968. Ils avaient fréquenté les facultés, les partis, les ligues antiracistes et cette gauche culturelle qui prétendait parler au nom de toutes les victimes de la terre. Sous leur influence, la priorité changea. La défense concrète de la communauté juive devint peu à peu inséparable d’une croisade politique contre l’extrême droite française, tenue pour le danger suprême, permanent et presque métaphysique.

Cette lecture comportait une part d’illusion rétrospective. Le Front national des origines fut un assemblage bigarré de nationalistes, de rescapés de l’Algérie française, d’anciens poujadistes, de catholiques traditionalistes, d’anticommunistes, de souverainistes et de nostalgiques de diverses chapelles. On y trouvait des hommes encombrés de préjugés anciens, comme dans bien d’autres familles politiques de l’époque, et Jean-Marie Le Pen commit assez de provocations pour fournir des verges à ses adversaires. Réduire pourtant cette formation à une entreprise principalement antisémite relevait moins de l’histoire que de la construction d’un épouvantail commode.

L’erreur devint plus grave lorsque cette nouvelle génération de responsables juifs épousa presque sans réserve le catéchisme immigrationniste de la gauche. Par fidélité à l’antiracisme, par crainte d’être soupçonnée de fermeture, et aussi parce qu’elle imaginait trouver dans les populations nouvellement venues des alliées naturelles contre le nationalisme français, elle approuva ou accompagna l’ouverture toujours plus large des frontières.

Elle ne voulut pas voir que les hommes ne franchissent jamais une frontière en abandonnant derrière eux leurs croyances, leurs querelles, leurs fidélités et les haines léguées par leur histoire.

L’immigration arabo-musulmane et, dans une moindre mesure, certaines immigrations afro-musulmanes ont ainsi installé en France des formes d’antisémitisme qui ne doivent rien à Drumont, à Maurras ou aux sermons de l’Europe chrétienne. Elles se nourrissent du conflit israélo-arabe, de la propagande islamiste, de traditions religieuses particulières et d’un imaginaire politique où le Juif, le sioniste et l’Occidental finissent volontiers par se confondre.

Il serait absurde d’en conclure que tout musulman est antisémite. Il serait plus absurde encore de feindre que cet antisémitisme importé n’existe pas, alors que les écoles juives vivent sous protection, que les synagogues sont gardées et que nombre de familles ont quitté certains quartiers où elles habitaient depuis plusieurs générations.

Les dirigeants de la communauté organisée avaient cru pouvoir utiliser l’immigration massive comme un supplétif contre l’identité européenne et le nationalisme français. Ils imaginaient une grande alliance des minorités, réunies sous la houlette de l’antiracisme institutionnel contre l’homme européen, le catholique, le patriote et l’électeur du Front national. La construction paraissait habile. Elle reposait sur une erreur anthropologique considérable : croire que toutes les minorités partageaient les mêmes intérêts, les mêmes mémoires et les mêmes ennemis.

La gauche française détourna longtemps les yeux. Elle avait besoin de ces populations comme d’un nouveau peuple électoral, après avoir perdu les ouvriers, les employés et les habitants des petites villes. À mesure que cette masse électorale prenait de l’importance, une partie de la gauche adapta son vocabulaire, ses indignations et ses silences. L’antisionisme devint le truchement par lequel on pouvait flatter des passions antijuives tout en continuant de se proclamer antiraciste.

On ne disait plus « les Juifs », on disait « les sionistes ». On ne dénonçait plus une race, on dénonçait un État. On ne réclamait plus l’exclusion d’un peuple, on exigeait seulement que ses représentants culturels fussent chassés des scènes, des festivals et des universités. Le vieil antisémitisme chrétien voyait dans le Juif l’homme qui avait refusé le Christ. Le nouvel antisémitisme progressiste voit en lui celui qui refuse d’abjurer Israël.

L’existence de cette masse électorale a fini par exercer sa propre pesanteur sur la gauche. Les partis ne convertissent pas seulement leurs électeurs ; les électeurs transforment aussi les partis. Pour conserver des quartiers, des circonscriptions et des clientèles militantes, une partie de la gauche a repris les mots, les obsessions et parfois les haines de ceux qu’elle voulait séduire. L’antisionisme lui fournit un langage de transition. Il permit à des passions anciennes de passer la douane du progressisme sous un pavillon nouveau.

L’affaire Barbara Butch dévoile cette mécanique avec une cruauté parfaite. Cette artiste appartient à la gauche culturelle, à ses mœurs, à ses codes, à ses combats et à son imaginaire. Elle croyait sans doute que ces appartenances la protégeraient. Il a suffi qu’elle refusât de renier Israël dans les termes prescrits pour que ses anciens alliés la désignent à la foule.

Le danger n’était pas tapi dans quelque arrière-boutique nationaliste. Il grandissait depuis des années au milieu même de la coalition antiraciste, nourri par ses prudences, ses calculs électoraux et ses aveuglements. Ceux qui avaient cru trouver dans l’immigration massive une troupe auxiliaire contre les identités européennes découvrent que les hommes ne sont jamais les instruments dociles des stratégies conçues pour eux.

Le désaveu est désormais générationnel. Une partie croissante des Juifs de France ne croit plus les anciens dirigeants lorsque ceux-ci lui désignent encore comme ennemi principal un parti qui cherche aujourd’hui leurs suffrages, tandis que les violences, les insultes et les intimidations viennent souvent d’ailleurs. Cette évolution ne relève pas d’une conversion doctrinale générale à la droite. Elle procède d’un instinct plus élémentaire : l’homme menacé finit toujours par regarder du côté d’où viennent les coups, même lorsque ses maîtres à penser lui ordonnent de tourner la tête.

Les anciens dirigeants avaient été formés par la mémoire de Vichy, de Drancy et des compromissions de la France occupée. Les générations suivantes ont grandi avec l’Hyper Cacher, les écoles gardées par des soldats, les insultes dans les universités et les manifestations où l’étoile de David reparaît, non plus sur les murs d’une officine fasciste, mais sur des affiches prétendument décoloniales.

Il n’est donc pas surprenant que nombre de Juifs de France se tournent aujourd’hui vers les partis que leurs pères avaient combattus. Ils modifient la hiérarchie des périls. La politique n’est pas seulement affaire de principes abstraits ; elle commence par la désignation de celui qui menace concrètement votre maison, votre école ou vos enfants.

Une nouvelle génération de responsables juifs devra reprendre la barre. Elle n’aura pas à oublier les malheurs anciens ni à distribuer des certificats de virginité à quiconque. Elle devra simplement reconnaître que le danger a changé de rive. Les cartes dressées dans les années 1970 ne décrivent plus le pays de 2026. Continuer de les consulter tandis que les synagogues sont gardées et que des artistes juifs sont chassés des scènes reviendrait à naviguer avec un portulan d’avant la tempête.

Barbara Butch aura peut-être rendu, malgré elle, un service à la vie publique. Son concert interrompu montre ce que devient un pays lorsque chaque représentation artistique se transforme en tribunal géopolitique et chaque artiste en suspect tenu de présenter ses certificats de pureté. La culture cesse alors d’être le lieu où les hommes rencontrent ce qu’ils ignorent. Elle devient une douane morale tenue par les militants les plus résolus.

En rangeant mes livres, je retrouvai le volume d’Arnaud Blin sur la paix de Westphalie. L’Europe du XVIIe siècle avait dû traverser trente années de massacres pour comprendre que l’on ne bâtit aucun ordre durable sur l’espoir d’extirper la croyance adverse. Notre petit monde culturel n’en est heureusement pas là. Il gagnerait pourtant à méditer la leçon.

Il faudrait peut-être conclure une paix de Westphalie des lettres et des arts : admettre que l’adversaire existe, qu’il peut écrire, chanter, jouer, publier et disposer d’une salle sans que sa présence soit tenue pour une capitulation. La gauche n’aurait pas à aimer Renaud Camus. La droite n’aurait pas à applaudir Barbara Butch. Chacun devrait seulement renoncer à faire taire l’autre par la force, la menace ou le monopole des institutions.

Sans cette paix minimale, il ne restera bientôt de la culture française que l’art de l’excommunication.

Article paru sur Breizh-Info, cliquez ici.

09:30 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

mardi, 21 juillet 2026

L’antiracisme ou l’horizon qui recule sans cesse

navire.png

Un article du Monde a mis la puce à l’oreille de notre ami Balbino Katz qui en a profité pour analyser cette pseudo enquête sur le racisme, cette chimère qui fait courir toute la gauche bien-pensante évidemment et qui oublie singulièrement le racisme anti-Blanc (voir à ce sujet l’excellent ouvrage de notre ami François Bousquet, le racisme anti-Blanc, La Nouvelle librairie).

Lire la suite ICI

Source : Breiz.info

10:31 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

lundi, 20 juillet 2026

Au Rassemblement national, Marine Le Pen prépare malgré elle le recours Bardella

Marine-Le-Pen-candidate-aux-legislatives-Jordan-Bardella-non.jpg

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Au soir, à Lechiagat, les bateaux rentraient les uns après les autres dans le port, avec cette lenteur assurée des équipages qui connaissent les passes et savent où dorment les récifs. J’avais devant moi, sur l’écran de mon ordinateur, la première page d’un article de Libération. Le photomontage représentait deux affiches électorales déchirées et superposées : le visage de Marine Le Pen recouvrait celui de Jordan Bardella, dont il ne restait qu’un sourire tronqué sous le papier arraché. Toute l’histoire du Rassemblement national contemporain tenait déjà dans cette image : la candidate officielle au premier plan, le prétendant relégué sous l’affiche, visible encore, impossible à faire entièrement disparaître.

Nicolas Massol, l’auteur de l’article, n’est pas un saint de ma dévotion. Sa plume, trempée dans l’acide, ne s’approche jamais de la droite nationale sans l’intention d’y laisser quelque brûlure. Petit soldat de la tranchée antifasciste, castor diligent des rédactions parisiennes, il ne prétend pas observer le Rassemblement national : il le surveille, le piste et, lorsque l’occasion se présente, lui décoche son trait ou son coup de pied de l’âne.

Il faut néanmoins reconnaître une qualité à Nicolas Massol. Peu de journalistes connaissent aussi bien les corridors, les arrière-cuisines et les querelles de domesticité du parti. Les dirigeants du RN se couperaient volontiers un bras plutôt que de lui refuser une confidence. Chacun espère utiliser sa chronique pour régler le compte du voisin, faire savoir qu’il existe ou déposer quelque peau de banane sous les pieds d’un concurrent. Il en résulte un paradoxe délicieux : un adversaire déclaré du parti devient l’un de ses meilleurs chroniqueurs, parce que ceux qu’il combat ne peuvent s’empêcher de lui parler.

Son article, intitulé « Jordan Bardella, espace en voie de disparition », décrit avec une assez remarquable netteté la nouvelle distribution des rôles depuis que Marine Le Pen a décidé de reprendre elle-même le chemin de l’élection présidentielle. Bardella, un temps présenté comme le candidat de remplacement, doit désormais retrouver une place dans une campagne dont on lui retire méthodiquement les leviers. Philippe Olivier le réduit à une dent du « peigne » lepéniste ; Jean-Philippe Tanguy torpille publiquement une proposition venue de son entourage ; les déplacements et les réunions se décident dans le cercle familial sans même consulter ses proches. L’ancien dauphin est prié de redevenir page, tout en continuant de sourire pour les photographes.

Il ne s’agit plus seulement d’une rivalité entre deux personnalités. Deux conceptions du parti commencent à se faire face. La première est celle du clan historique, groupé autour de Marine Le Pen, de sa sœur Marie-Caroline, de Philippe Olivier et des affidés qui doivent leur position à la famille. Pour eux, le Rassemblement national demeure, sous sa nouvelle enseigne, la maison Le Pen. On peut en changer les rideaux, refaire la devanture, congédier quelques vieux domestiques ; la propriété, elle, ne se partage pas.

Lire la suite

01:02 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

dimanche, 19 juillet 2026

L’ingérence intérieure, nouveau délit d’opinion ?

praud image.jpg

La conférence de presse des trois sénateurs du bloc central (Laurent Lafon, Agnès Evren et Sylvie Robert) présentant la publication d’un rapport sur la régulation de l’information dans l’espace numérique a engendré depuis une semaine une vive querelle. Un concept, absent du rapport, mais qui en résume l’esprit, et utilisé par Laurent Lafon, condense la polémique : celui d’ingérence intérieure. On y a vu le symptôme d’un désir de contrôle de l’information, et même de censure. Faire de la politique consiste à aller dans le sens du régime, jamais en sens inverse. Menacé par l’émergence du camp national, le régime entend traiter les récits qui le contredisent comme autant de gestes séditieux. Et les informations formatées de telle manière qu’elles le font mal paraître seront souvent décrétées « fausses informations ». C’est donc tout naturellement que Pascal Praud s’insurge contre cette nouvelle censure de l’Etat profond et du macronisme en particulier.

Lire la suite ICI

Source : Journal du dimanche, 19/7/2026

08:28 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

samedi, 18 juillet 2026

Loi sur la fin de vie

fin de vie.jpg

Il aura fallu des mois et des mois de discussions de cornecul par les députés à l’Assemblée nationale pour accoucher d’un texte qui fixe les conditions de la mort assistée. Ce texte dépasse de loin le soin de mourir dans la dignité. Notre ami Balbino Katz, éditorialiste sur l’excellent site de breizh.info, se livre à une remarquable analyse - fort stoîcienne au demeurant - sur les tenants et aboutissants de cette loi qui en dit long sur la santé de notre société.

Lire la suite ICI

Source : breizh.info

09:17 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

vendredi, 17 juillet 2026

Contre la police de l’information

YVES THREARD SITE.jpg

Yves Thréard

N’aura-t-on bientôt plus le droit de dire que le Festival d’Avignon est une escroquerie intellectuelle, que le rap est une musique insane, que boire du vin peut aussi procurer un plaisir infini ? Des inquiétudes à peine caricaturales si l’on suit les conclusions d’un rapport sénatorial contre la désinformation passé inaperçu. Dans une étrange formulation, dont on a du mal à trouver l’exacte définition juridique, il y serait question de prémunir notre pays contre des « ingérences intérieures » comme on le fait contre des attaques venant de puissances étrangères. C’est là jouer avec le feu.

Au lieu de protéger le débat public, va-t-on le museler ? Au nom de la lutte contre les fausses informations, la France se dirigerait-elle vers la création d’une police de la pensée unique ? Des opposants politiques et des médias qui ne sont pas dans la ligne officielle risqueraient-ils d’être poursuivis pour délit d’opinion ? Sous prétexte de combattre des dérives, les beaux esprits, qui chantaient jadis qu’il était interdit d’interdire, voudraient-ils tuer la liberté d’expression ? Avec le numérique et la multiplication des canaux où sont divulgués les contenus les plus divers, le personnel politique a l’obsession de vouloir mettre en place un organisme de contrôle. Depuis son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron a aussi exprimé plusieurs fois cette tentation liberticide.

L’idée du chef de l’État, comme aujourd’hui des sénateurs, serait de confier ce pouvoir à un observatoire de la désinformation soi-disant indépendant. Chacun sait que celui-ci serait, en fait, peuplé de représentants venant d’associations militantes. Transformés en auxiliaires de justice, ces experts pseudo-scientifiques étiquetteraient, labelliseraient et censureraient les émetteurs d’information selon leur conformité idéologique. Financés par l’argent du contribuable et au nom du peuple français, ils dicteraient les bonnes conduites, distingueraient le bien du mal…

Gardons-nous de ce danger orwellien, et restons-en à la bonne vieille loi du 29 juillet 1881. En confiant à la justice pénale le soin de juger les plaintes loin des pressions partisanes, elle demeure la meilleure garantie de la liberté d’expression.

Source : Le Figaro 17/7/2026

10:08 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

mercredi, 15 juillet 2026

La Bataille de Gaulle. Traîtres à quelle France ? Ce que l’affaire Leclerc dit de la trahison

French General Leclerc with a group of captured Waffen-SS Frenchmen |  laststandonzombieisland

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Encore un article propre à la réflexion de l'excellent Balbino Katz sur Breizh-Info, cliquez ici.

La sortie du second volet de La Bataille de Gaulle, sous-titré J’écris ton nom, a provoqué sur les réseaux sociaux une agitation que ses producteurs n’avaient sans doute pas prévue. Le film d’Antonin Baudry, sorti le 26 juin 2026, poursuit l’édification d’une geste gaullienne dans laquelle le général Leclerc, interprété par Niels Schneider, apparaît sous les traits du chevalier sans peur et sans reproche, tout entier voué au service de la France libre. Or les statues les mieux polies portent parfois une lézarde.

Plusieurs internautes ont rappelé qu’au tabard de Leclerc demeurait attachée une tache qu’aucun film pieux ne saurait tout à fait effacer : l’exécution, le 8 mai 1945, à Bad Reichenhall, de douze prisonniers français ayant servi sous l’uniforme allemand dans la division Charlemagne. Blessés, extraits d’un hôpital militaire, ils avaient été capturés après s’être rendus aux Américains et furent fusillés sans jugement par des hommes de la 2e DB, au moment même où la guerre s’achevait en Europe. Le ministère des Armées reconnaît l’existence de ces douze prisonniers, leur rencontre avec Leclerc et le sort fatal qui leur fut réservé, même si la teneur exacte du dialogue demeure discutée.

La polémique qui s’ensuivit fut révélatrice. De nombreux commentateurs ne cherchèrent pas à nier les faits. Ils les justifièrent. Ces volontaires français, disaient-ils, avaient porté l’uniforme de l’ennemi ; ils avaient trahi leur patrie ; ils ne méritaient donc ni procès, ni défense, ni même que l’on prît soin de relever leurs noms avant de les passer par les armes. Un tel patriotisme de tréteaux mérite que l’on s’y arrête. Sa véhémence dissimule mal une pensée assez indigente : le traître se reconnaîtrait à son uniforme et le vainqueur posséderait, par la vertu de sa victoire, le droit de tuer sans juger.

La réalité historique est autrement plus malaisée. La notion de trahison dépend étroitement de l’autorité à laquelle on estime devoir fidélité et, surtout, de la page du calendrier depuis laquelle on porte son jugement. Celui que l’ordre établi appelle aujourd’hui félon peut devenir demain le fondateur de la légitimité nouvelle. Le rebelle victorieux est un libérateur ; le rebelle vaincu reste un traître. Avant de condamner un homme pour trahison, encore faudrait-il demander : traître à qui, traître à quoi, traître à quelle France ?

De Gaulle, traître légal et héros rétrospectif

Lorsque Charles de Gaulle gagne Londres en juin 1940, il n’est pas encore la figure de bronze qui domine nos places publiques. Il est un général récemment promu, ancien sous-secrétaire d’État du gouvernement Paul Reynaud, qui refuse l’autorité du nouveau gouvernement français, quitte le territoire et appelle les militaires à désobéir aux ordres reçus.

Son choix nous paraît aujourd’hui prophétique parce que nous connaissons la fin de l’histoire. Les Français de juin 1940, eux, ne savaient pas que l’Allemagne serait vaincue, que les États-Unis entreraient dans la guerre et que de Gaulle descendrait un jour les Champs-Élysées. Ils voyaient un gouvernement constitué, présidé par le maréchal Pétain, demander un armistice après l’effondrement de l’armée et la capture de près de deux millions de soldats.

Au regard de la légalité française du moment, de Gaulle était en rupture de ban. Il cherchait depuis l’étranger à soustraire des territoires, des navires et des soldats à l’autorité du gouvernement reconnu. Le tribunal militaire de Clermont-Ferrand le condamna d’ailleurs à mort par contumace, le 2 août 1940, pour trahison, atteinte à la sûreté extérieure de l’État et désertion en temps de guerre.

Ce jugement nous paraît aujourd’hui étrange. Il n’était pourtant pas absurde dans l’ordre juridique qui l’avait rendu. De Gaulle avait bel et bien rompu son serment d’obéissance pour se réclamer d’une légitimité supérieure, celle d’une France qui, selon lui, ne pouvait cesser la guerre sans cesser d’être elle-même.

La question n’est pas ici de savoir s’il eut raison. Il eut raison, puisque la victoire lui donna raison. Elle est de constater qu’en 1940, pour le gouvernement français, pour une grande partie de l’administration et pour la majorité du corps militaire, de Gaulle était un dissident passé au service d’une puissance étrangère.

Du point de vue gaulliste, Vichy trahissait la France en acceptant l’armistice. Du point de vue de Vichy, de Gaulle trahissait l’État en poursuivant la guerre depuis Londres. Deux légitimités se faisaient face, et chacune traitait l’autre de félonie. La victoire de 1945 trancha la querelle et transforma l’une de ces deux fidélités en vérité nationale rétrospective.

Lire la suite

19:44 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |