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jeudi, 30 juillet 2026

LA FRANCE EXPULSE XENIA FEDOROVA : LA LIBERTÉ D’EXPRESSION DEVIENT UN DÉLIT D’OPINION

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Après des mois de campagne médiatique et politique contre elle, le ministère de l’Intérieur a remis ce mercredi à son avocat un arrêté ministériel d’expulsion.
 
Motif officiel : son « comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » et constituerait « une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ». En clair, relayer une lecture différente de la guerre en Ukraine, refuser le récit unique occidental suffit désormais à être considéré comme un danger pour la République.
 
Xenia Fedorova, 45 ans, ancienne présidente de RT France (fermée en 2022), chroniqueuse régulière sur CNews, Europe 1 et JDNews, vit et travaille en France depuis près de dix ans. Elle avait obtenu en 2024 une carte de résident de dix ans selon les procédures administratives classiques. Aujourd’hui, ces mêmes autorités qui lui ont délivré ce titre la qualifient de « relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » visant à « manipuler l’opinion publique » et à « saper la confiance des Français dans leurs institutions ».
 
Elle est déjà interdite de territoire en Allemagne. Son avocat a annoncé qu’elle formerait immédiatement un recours.
 
Pendant que les plateaux dominants diffusent sans contradiction le narratif officiel, une journaliste russe qui ose contester ce récit unique se voit menacée d’expulsion.
 
Le message est limpide : en France en 2026, certaines opinions restent tolérées… tant qu’elles ne dérangent pas le pouvoir.
 
Source Réseaux sociaux

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mercredi, 29 juillet 2026

Sarah Knafo publie « Le Casse du siècle » : numéro un des ventes un mois avant sa sortie

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Breizh info cliquez ici

Il n’est pas encore imprimé, personne ne l’a lu, et il est déjà en tête des ventes. Le Casse du siècle, premier livre de l’eurodéputée Sarah Knafo, paraîtra le 2 septembre chez Fayard. Un mois avant, les précommandes le placent en première position sur Amazon, et les grandes enseignes viennent d’ouvrir les leurs.

Le phénomène mérite d’être noté, car il est rare. Un ouvrage politique atteint généralement son pic de ventes dans les jours qui suivent le passage télévisé de son auteur. Ici, tout se joue en amont, et sans plateau.

Un livre qui se vend comme une série policière

C’est probablement la partie la plus intéressante de l’affaire, et elle relève moins du contenu que de la méthode.

Le site de lancement ne ressemble à aucune opération de communication politique classique. On y trouve un mur d’enquête : des photographies reliées par des fils rouges, des post-it griffonnés, une colorimétrie jaune et noir évoquant le ruban d’une scène de crime. Y figurent des logos d’institutions — Agence française de développement, France Télévisions, France Travail — et des clichés d’Emmanuel Macron, François Hollande ou Ursula von der Leyen, chacun annoté.

Le visiteur est invité à « suivre le fil » et à s’inscrire pour recevoir de nouveaux indices, des coulisses, des extraits inédits distillés jusqu’à la parution. Autrement dit : on ne vend pas un livre, on lance une saison.

L’emprunt aux codes du polar et du documentaire d’investigation est assumé, et il est efficace pour une raison simple : il transforme l’attente en participation. Le lecteur ne patiente pas, il enquête. À l’heure où le livre politique classique — celui qu’on annonce, qu’on commente trois jours et qu’on solde six mois plus tard — s’essouffle, le procédé mérite d’être observé par tous ceux qui vivent de l’écrit.

Ce que le livre annonce

Le ton du texte de présentation ne laisse aucun doute sur le registre : ils vous ont tout volé, ils ont tout détruit, et ils tiennent tout le système. L’auteur affirme avoir enquêté un an sur ce qu’elle qualifie de crime économique, en épluchant institutions et circuits de financement, et promet l’identité des responsables ainsi que l’organigramme de leur organisation.

L’éditeur revendique un ouvrage qui ne se contente pas de dénoncer mais avance des solutions à chaque scandale évoqué. La formule qui clôt l’argumentaire résume l’ambition : le lecteur entre dans l’enquête en victime, il en sort en juge.

Ni mémoires ni biographie, donc, mais un livre d’enquête revendiqué, chiffres et noms à l’appui. C’est cohérent avec le positionnement construit depuis l’élection de son auteur au Parlement européen en 2024 : finances publiques, dette, compétitivité, réindustrialisation, énergie, souveraineté économique. Un terrain que la classe politique française a largement délaissé au profit de l’affrontement permanent, et sur lequel elle s’est installée méthodiquement.

Le calendrier, qui n’a rien d’innocent

Reste la question que personne n’esquive vraiment : à quoi sert ce livre.

Reconquête n’a désigné aucun candidat pour 2027 et aucune candidature n’est officiellement déclarée. Sarah Knafo et Éric Zemmour consacrent, selon leur entourage, un été studieux à l’élaboration du projet présidentiel du mouvement, loin des estrades.

L’agenda de rentrée est en revanche parfaitement lisible. Le livre paraît le 2 septembre. Suivent des semaines de conférences et de dédicaces à travers le pays. Et les 12 et 13 septembre, Reconquête tient sa rentrée politique à Port-Marly, avec pour point d’orgue le discours de son président.

Dix jours d’écart. Le temps exactement nécessaire pour qu’un ouvrage s’installe dans le débat avant que ne s’ouvre la séquence programmatique. Ceux qui pratiquent la politique depuis un moment reconnaîtront la manœuvre : le livre sert de bande-annonce, il teste les thèmes, il mesure l’audience, et il occupe le terrain médiatique au moment précis où les rédactions cherchent de quoi remplir la rentrée.

En attendant, un constat s’impose : rares sont les responsables politiques français capables aujourd’hui de susciter une telle attente autour d’un texte qui n’existe pas encore. Que l’on partage ou non l’analyse, cela dit quelque chose de l’état de la demande — et du vide qu’occupe désormais celle qui, il y a peu, était encore présentée comme la conseillère de l’ombre.

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Loi Falorni : après les enfants, les Frères s’attaquent aux grands-parents

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De la contraception à l’euthanasie, dans un texte engagé, Camille Galic retrace l’influence des réseaux maçonniques dans les grandes réformes sociétales françaises.

Polémia

Des révolutions sociétales venues des loges ?

On peut penser ce qu’on veut du droit à mourir ainsi que des Loges. On n’oubliera pas, ainsi, que l’historien Jean Servier, pilier de la Grande Loge de France au sein de la loge « Les Forges d’Hiram » — à laquelle il consacra du reste son livre Les Forges d’Hiram ou la genèse de l’Occident (éd. Grasset, 1976) —, fréquentait volontiers l’extrême droite ; que le grand maître de la GLF, Richard Dupuy, qui exerça six mandats à la tête de cette obédience, fut aussi et simultanément l’un des avocats les plus talentueux lors des procès de l’Algérie française, celui du Petit-Clamart notamment ; ou encore que le préfet Jean Baylot (1897-1976), ancien haut dignitaire du Grand Orient, puis de la GLF et de la GLNF, qui abritait dans son appartement du XIVe arrondissement de Paris un remarquable musée maçonnique, fut un patriote exemplaire et un antimarxiste de choc.

Mais force est de constater que toutes les révolutions « sociétales » dont nous subissons les conséquences, en commençant par la chute de la natalité nationale, et dont nous crèverons peut-être, de la légalisation de la contraception en 1967 à la loi toute récente sur la fin de vie, ont été concoctées par et dans les officines maçonniques.

Pierre Simon, grand maître de la croisade néo-civilisationnelle

Si, sous de Gaulle, chrétien fervent, voire ostentatoire, le gaulliste Lucien Neuwirth, maçon affiché et rapporteur de la loi dépénalisant la contraception féminine, resta célèbre sous le sobriquet de « Lulu la pilule » pour son lobbying médiatique et parlementaire, le deus ex machina de l’opération fut en réalité le docteur Pierre Simon (1925-2008). Très actif au sein du Planning familial, il avait fait de la contraception — à cette occasion, lui-même et sa consœur et « sœur », la gynécologue Lagroua Weill-Hallé, m’avaient reçue très courtoisement quand je les avais interviewés en 1967 dans le cadre d’une enquête-fleuve pour Rivarol, chose impensable de nos jours —, puis de l’avortement libre, les combats de sa vie. Cela lui valut de devenir grand maître de la Grande Loge de France de 1969 à 1971 et de 1973 à 1975. C’était l’époque où il intriguait au cabinet de la ministre Simone Veil, dont il fut un conseiller très écouté, avant de mener également, et avec succès, la réflexion au sein du très officiel Commissariat général du Plan en faveur du mariage homosexuel, de la procréation médicalement assistée (PMA) et de « l’aide à mourir dans la dignité ». Eût-il vécu plus longtemps, sans doute aurait-il applaudi aux transitions de genre.

Ce parcours fut couronné, en 2007, par la création, par le ministère de la Santé, du prix « Éthique et dignité » portant son nom. Il n’empêcha d’ailleurs nullement ce médecin, accessoirement fondateur du Club des Jacobins — tout un programme ! — avec son acolyte Charles Hernu — Vénérable, quant à lui, du GODF et très proche de Mitterrand, qui en fit un ministre de la Défense jusqu’à la calamiteuse affaire du Rainbow Warrior en 1985 —, d’être le bienvenu dans toutes les sphères d’influence. L’évêque de Metz, sa ville natale, tint d’ailleurs à être présent à ses obsèques, car le défunt avait « inauguré un dialogue avec l’Église catholique ».

Les héritiers : Halimi, Romero, Falorni

Dans sa croisade « civilisationnelle », Pierre Simon devait être aidé sur le plan médiatique par deux complices : l’avocate Gisèle Halimi — née Zeiza Taïeb en Tunisie, dont elle garda toute sa vie la nationalité —, qui avait défié les pouvoirs publics de l’embastiller, elle qui se vantait urbi et orbi d’avoir avorté, et le journaliste aujourd’hui presque septuagénaire Jean-Luc Romero, transfuge du RPR — dont il claqua la porte sous prétexte de la « droitisation constante » de ce parti — au PS, en passant par le MoDem de Bayrou, héros de la lutte antisida et du droit de mourir dans la dignité, bien sûr. En récompense, cet homosexuel militant et veuf d’un mari tragiquement disparu lors d’une soirée chemsex extra-chaude occupa, de 2007 à 2021, la présidence de l’ADMD — Association pour le droit de mourir dans la dignité —, revendiquant près de 70 000 adhérents. Et, en 2016, sur proposition de Valérie Pécresse, il fut élu à l’unanimité par le conseil régional d’Île-de-France ambassadeur d’une « Île-de-France sans sida ». Pour lui, toutes les « bonnes causes » fusionnent.

Romero, qui, dans son prosélytisme et sa soif de reconnaissance, intervient dans tous les forums organisés par les diverses obédiences, n’est-il qu’un compagnon de route ou réellement affilié à l’une d’entre elles ? La question ne se pose pas, en revanche, pour Gisèle Halimi, qui ne fut pas seulement l’avocate passionnée des terroristes FLN et la défenseure des malheureuses gamines engrossées puisque, sur son site, la Grande Loge féminine de France, dont elle fut membre, la présente ainsi : « Initiée par Anne-Marie Gentily en janvier 1934 à la loge d’adoption “Minerve”, elle consacre sa vie et son énergie à l’expansion et au rayonnement de la franc-maçonnerie féminine », dont elle épousa tous les combats. Pour l’avortement libre en premier lieu, avec ce slogan : « Mon ventre m’appartient ».

Comme en écho, « Ma mort m’appartient » est aussi le slogan qu’adopta Olivier Falorni, issu d’une famille italienne ayant « fui le fascisme », député socialiste ensuite rallié au macronisme et siégeant à la Chambre jusqu’aux élections municipales de mars 2026, car il troqua alors son fauteuil de député pour celui de maire de La Rochelle. Mais la loi « sur la fin de vie » anticipée porte néanmoins son nom, alors que son glorieux ancêtre en la matière, le sénateur radical Henri Caillavet, membre du Grand Orient de France qui, dès 1978, déposa une proposition de loi « relative au droit de vivre sa mort », avait vu son texte rejeté en séance publique en 1980.

Qu’à cela ne tienne, « Sans cesse sur le métier remettons notre ouvrage » pourrait être le credo des Frères, dont Falorni est très proche, sinon affilié. Et, cette fois, réussite totale : le 15 juillet 2027, au terme d’un « débat constructif et respectueux […] dans le plein respect de notre démocratie », comme s’en est aussitôt félicité Emmanuel Macron, cette « loi de liberté » a été adoptée en troisième lecture par l’Assemblée nationale. 291 députés ont voté pour et 241 contre, dont 101 élus du Rassemblement national (1).

Ferrand arbitre

Mais le chef de l’État se réjouit aussi de la prochaine visite en France de Léon XIV, lequel risque de se formaliser de l’adoption de cette loi combattue par l’épiscopat, deux mois exactement, comme par provocation, après la publication de son encyclique Magnifica humanitas, conçue, au contraire, comme un hymne à la vie. Le Premier ministre Lecornu a donc aussitôt demandé la saisine du Conseil constitutionnel concernant le « respect des principes de liberté personnelle et de dignité humaine » sur certains points : notamment le délai trop court de rétractation — deux jours seulement — après la signature d’une demande d’aide à mourir, la situation impossible dans laquelle se trouveront les maisons de retraite tenues par des institutions catholiques, telles les Petites Sœurs des pauvres, et la situation non moins inconfortable des médecins et soignants chrétiens : s’ils refusent de pratiquer l’euthanasie, ne risqueront-ils pas d’être bientôt désignés à la vindicte publique comme le sont déjà trop de leurs confrères hostiles à l’IVG ?

C’est toutefois grâce à Macron et, un peu, au RN, frileusement réfugié dans l’abstention lors du vote des députés et sénateurs membres des commissions des lois des deux assemblées chargés de donner un successeur au sortant Laurent Fabius, que Richard Ferrand a été porté à la tête du Conseil constitutionnel en mars 2025. Or, Ferrand a fait toute sa carrière — professionnelle dans le secteur mutualiste, maçonnique par essence, puis politique — dans et avec la protection des Loges, d’ailleurs peu regardantes sur ses errements financiers.

C’est dire que ce recours sera de pure forme. Les Frères sont partout… Sauf quand il s’agit de défendre leurs raisons d’être officielles : la tolérance intellectuelle et la libre-pensée. Car il est infiniment moins dommageable — et condamnable — aujourd’hui de trahir le serment d’Hippocrate en donnant la mort que d’émettre, en matière d’histoire, d’enseignement, de sécurité ou d’immigration, des opinions divergentes. Aussitôt réputées sulfureuses, nauséabondes, et donc relevant du glaive de la Justice. Mais notre ami Éric Delcroix a déjà tout dit à ce sujet

Camille Galic
24/07/2026

(1) En revanche, 19 députés RN ont voté pour. Par ordre alphabétique : Maxime Amblard, Théo Bernhardt, Guillaume Bigot, Anthony Boulogne, Sébastien Chenu — vice-président du parti —, Bruno Clavet, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Edwige Diaz, Alexandre Dufosset, Gaëtan Dussausaye — ancien directeur général puis président du FNJ —, Yoann Gillet, Alexis Jolly, Matthieu Marchio, Me Alexandra Masson, Bryan Masson, Thomas Ménagé, Kévin Pfeffer, Alexandre Sabatou et Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN au Palais-Bourbon. De leur côté, Franck Allisio, Frédéric Falcon et Stéphanie Galzy ont choisi l’abstention.

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mardi, 28 juillet 2026

La France a promis 16 Canadair. Dix ans plus tard, elle en attend toujours 4

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Jérôme Vigues cliquez ici

Il y a en ce moment même un feu de plus de 30 000 hectares qui grignote la Gironde, et pour la première fois de l'histoire on envoie un A400M militaire larguer du retardant parce que les Canadair, eux, ne suffisent plus. Il faut le dire lentement pour bien le sentir passer : la France, en 2026, en est réduite à improviser avec des avions de transport de troupes parce que sa flotte de bombardiers d'eau est usée jusqu'à la corde. Pas une image, un fait. Deux Dash et quatre Canadair pour tenir un front qui en réclamerait le double, pendant qu'une trentaine d'autres incendies brûlent ailleurs, dans le Var, dans les Landes. Presque mille militaires envoyés en renfort de neuf cents pompiers déjà sur les genoux. On appelle ça gérer une crise. Moi j'appelle ça courir après le feu avec un seau percé — et encore, un seau percé, au moins ça reste un seau. Là on en est à demander à un avion de transport de troupes, conçu pour larguer des parachutistes, de faire le travail d'un hydravion. Le syndicat des pilotes le disait déjà l'été dernier, avant même cette saison-ci : certains jours il n'y avait à Nîmes-Garons, la base historique, plus que zéro à deux Canadair réellement en état de voler. Zéro. On peut citer les deux cent mille pompiers volontaires et les quarante mille professionnels autant qu'on veut dans les discours du 14 juillet, si les avions restent au sol un an sur deux faute de pièces, les chiffres ne servent plus qu'à se rassurer soi-même.

Alors on remonte le fil, parce que ce fil-là ne date pas d'hier et qu'il faut le dérouler jusqu'au bout pour comprendre à quel point ce pays méprise ceux qui le protègent.

28 janvier 2020. Cinq mille pompiers défilent à Paris. Sept mois qu'ils réclament une prime de feu décente, sept mois qu'on les baladait. Leur demande : que la prime passe de 19 à 28 % du traitement. Rien d'extravagant, un rattrapage sur un métier qui use les corps et qui, depuis 2008, voit le nombre d'agressions contre ses agents grimper de près de 200 %. Et qu'est-ce qu'on leur a envoyé, à ces gens qui courent vers le danger quand tout le monde en fuit ? Des CRS. Des matraques. Des lacrymogènes jusque dans la cour d'une école maternelle. Le Parisien parlait de coups de matraque qui pleuvaient, et je me souviens très bien des images, des pompiers en uniforme, casqués, frappés par ceux-là mêmes qui sont censés protéger l'ordre public — sauf que visiblement, un pompier qui réclame de quoi soigner correctement les Français, ce n'est pas de l'ordre public, c'est une menace. Deux d'entre eux s'étaient même mis symboliquement le feu sur l'uniforme, ce jour-là. Tout est dit dans ce geste.

Et ce n'est pas un accident de l'histoire, un mauvais après-midi mal géré par un préfet nerveux. C'est une doctrine. Parce que les mêmes qui matraquent des pompiers savent aussi très bien matraquer des paysans.

Je pense à décembre dernier, aux Bordes-sur-Arize, en Ariège. Deux cent sept bêtes, des blondes d'Aquitaine, condamnées à l'abattage pour un cas de dermatose. Des centaines d'agriculteurs venus défendre le troupeau d'un couple d'éleveurs, bloquant l'accès à la ferme pendant deux jours, dans le calme, pour l'essentiel. Et puis le soir venu, les gendarmes mobiles qui débarquent, les grenades lacrymogènes qui répondent aux jets de projectiles. On déloge à la nuit tombée des gens qui défendaient leur outil de travail et leur vie entière construite autour d'un troupeau. Et ce n'était même pas la première fois : je repense au mouvement de janvier-février 2024, aux tracteurs bloqués sur les autoroutes, aux gaz, aux blindés de la gendarmerie déployés — huit véhicules blindés à roues excusez du peu, comme si des céréaliers en colère étaient une armée ennemie. Deux mille sept cents militaires mobilisés au plus fort de la crise. Pour des gens qui demandaient juste à vivre de leur travail.

Et voilà le point que personne ne veut voir, et c'est celui-là qu'il faut marteler : ce sont exactement les mêmes paysans, avec leurs mêmes tracteurs qu'on a vus bloqués par des barrages de gendarmerie, qui aujourd'hui sillonnent le Sud-Ouest avec leurs tonnes à eau pour aider à circonscrire les incendies. Personne ne les paie pour ça. Personne ne leur donne de médaille. Ils connaissent leurs terres, leurs chemins, leurs points d'eau mieux que n'importe quel plan ORSEC pondu à Paris, et ils y vont, sans qu'on le leur demande vraiment, parce que c'est leur pays qui brûle et que eux, contrairement à ceux qui décident depuis un bureau climatisé, ils ne peuvent pas se permettre de regarder ailleurs. Le même homme qu'on a vu se faire gazer pour avoir voulu sauver ses vaches se retrouve, quelques mois plus tard, à rouler toute la nuit avec sa citerne pour sauver la baraque du voisin. Et ce pays, en retour, lui envoie quoi ? Une matraque quand il proteste, et le silence quand il sauve. Toujours les mêmes qui encaissent, toujours les mêmes qu'on félicite jamais.

Remarquez, on sait très bien aimer les pompiers et les paysans, dans ce pays. À condition qu'ils restent à leur place. Un pompier bien sagement rangé derrière un ministre lors d'une cérémonie, avec un drapeau, une médaille et les caméras positionnées au bon endroit, ça, on adore. Un paysan qui pose fièrement devant son tracteur pour une photo de campagne électorale, ça aussi, on adore. C'est beau, c'est propre, ça fait de belles images pour le vingt heures. Mais qu'un pompier réclame des effectifs ou une retraite adaptée à un métier qui use les corps avant l'heure, qu'un paysan réclame de vivre dignement de sa production sans être écrasé par les accords de libre-échange et l'empilement des normes, et la tendresse institutionnelle disparaît en un clin d'œil. Les boucliers ressortent, les gaz aussi. Une enquête Ifop de 2023 disait que 97 % des Français faisaient confiance aux pompiers. Quatre-vingt-dix-sept pour cent, il n'y a probablement pas une autre profession dans ce pays qui bénéficie d'un tel crédit populaire — et c'est justement celle-là qu'on a choisi de gazer un mardi de janvier, comme si la popularité auprès du peuple rendait plus suspect encore aux yeux de ceux qui nous gouvernent.

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Dans le numéro de cette semaine (spécial été) de Rivarol : un bel article sur la biographie que Camille Galic a consacrée à Agatha Christie dans la Bio Collection

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Pour lire cet article cliquez ici et allez en page 15.

Site de Rivarol cliquez là

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Persécution bancaire : pourquoi journalistes et militants de droite se plaignent d’une fermeture arbitraire de leurs comptes

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Paul Sugy

Depuis quelques années, des influenceurs, journalistes, militants ou élus situés à droite de l’échiquier politique dénoncent la fermeture arbitraire de leurs comptes en banque. Le secteur bancaire a œuvré pour mettre en échec une loi l’obligeant à plus de transparence.

C’est peu dire qu’Arthur de Watrigant a connu de meilleurs étés que celui-ci. Il y a deux ans le directeur de la rédaction de L’Incorrect, qui défend dans ses colonnes les idées d’une droite hussarde et conservatrice, s’est vu clôturer sans préavis le compte bancaire de son journal : la banque en ligne Qonto lui a tout simplement écrit dans un mail laconique envoyé un 25 juillet que le compte serait fermé et qu’il disposait d’un mois pour transférer les fonds ailleurs. «On a demandé des explications par mail mais on n’a obtenu aucune réponse. Et nous avions un second compte de secours chez une autre banque, qui a été fermé en même temps», se souvient-il. Pourtant, à l’en croire, sa rédaction ne présentait pas de découverts réguliers, n’avait pas passé d’opérations suspectes ou avec des comptes bancaires étrangers. Mais cette clôture de compte aurait causé un préjudice important au magazine, malgré l’ouverture en urgence d’un compte chez une nouvelle banque en ligne : «J’ai dû annuler mes vacances et on a mis un mois à tout réinstaurer, les virements automatiques, les charges, les mutuelles, les impôts, les imprimeurs, les routeurs, les abonnements internet, La Poste, le paiement des fournisseurs, des salaires et des piges... Et pendant ce temps on perdait toutes nos recettes : plus un seul virement ou paiement en ligne, et les prélèvements automatiques ont disparu, donc les gens ne pouvaient plus s’abonner !»

Parmi les journalistes, influenceurs et responsables associatifs marqués pour leur engagement au sein de la droite conservatrice et identitaire, ces mésaventures bancaires se multiplient. Le vidéaste Vincent Lapierre en avait fait les frais en 2018, lorsque le compte associatif du «Média pour tous» a été fermé par le Crédit Agricole. «Nous n’avons pas à vous fournir d’explication», lui a-t-on répondu laconiquement face à ses protestations. La militante féministe et identitaire Alice Cordier a connu des déboires similaires avec le compte bancaire ouvert par le collectif Némésis au Crédit mutuel, en plein été aussi : «Je me suis alors rendue physiquement au guichet de ma banque et ils étaient très embêtés. Un directeur a fini par me voir en me disant qu’il était désolé mais que nous avions été cataloguées comme un compte politique à risques et qu’il ne pouvait rien faire, que ça avait été décidé au-dessus de lui. On avait deux mois pour partir», raconte-t-elle. Deux mois au cours desquels chaque banque l’a refusée à son tour, obligeant même les militantes à transférer temporairement leur trésorerie sur le compte personnel de l’une d’elles en attendant de pouvoir rouvrir un compte pour l’association. «Ça nous a pris trois mois, jusqu’en décembre, et pendant ce temps on ne pouvait pas faire de levée de fonds alors que la fin de l’année civile est la période où les donateurs font les dons les plus importants : on a perdu presque une année de financement pour l’association», témoigne-t-elle.

Le site Fdesouche, le média Frontières, la chaîne TV Libertés... de nombreux autres médias ou collectifs proches de la droite nationaliste font état des mêmes tracas. Récemment, ce sont même des députés du Rassemblement national qui se sont plaints d’avoir été radiés de leur banque après leur élection, d’après une enquête de France Inter qui mentionne les noms de Stéphane Rambaud, Jean-Philippe Tanguy, Franck Allisio et Thomas Ménagé, parfois après vingt ans de souscriptions à des produits d’épargne au sein de leur établissement bancaire. Le fait est moins rare : s’agissant des élus, ceux-ci sont apparentés aux yeux des banques à des «personnalités politiquement exposées», à l’égard desquelles les banques sont soumises à des obligations plus spécifiques du fait des réglementations en matière de prévention du blanchiment et de la corruption. Raison pour laquelle celles-ci sont donc plus frileuses à s’exposer aux risques que représente une relation commerciale avec les hommes politiques.

Mais les banques semblent de plus en plus étendre le champ d’application de ces règles de vigilance aux associations, du moins à une partie d’entre elles. «Nous sommes soumis à ces obligations réglementaires qui nous contraignent à vérifier un certain nombre de transactions, et le législateur nous impose en la matière une obligation de résultats, pas de moyens» explique une source du Crédit mutuel. «Je m’inscris en faux contre l’accusation sur des motivations politiques : nous ne filtrons jamais nos clients en fonction de ce qu’ils pensent, sinon nous refuserions énormément de prêts et d’ouvertures de comptes, ce ne serait pas dans notre intérêt» poursuit ce professionnel proche de la direction du Crédit Mutuel. Cet interlocuteur indique par ailleurs que le Collectif Némésis s’était vu exiger plusieurs documents comptables justifiant de transactions bancaires passées avec le compte de l’association et n’avait pas donné suite à cette requête de leur banque, ce que les intéressées nient en assurant s’être soumises à toutes les requêtes concernant la transmission de documents comptables.

Une «persécution bancaire» à sens unique ?

Ce qui surprend, c’est que de nombreux collectifs ou associations non moins radicaux, mais penchant clairement à l’extrême gauche, semblent épargnés par ces tracasseries... y compris lorsqu’ils sont largement financés par des dons étrangers. Une simple recherche en source ouverte suffit pour s’en convaincre. Ainsi le Crédit mutuel qui a fermé les comptes de Némésis ou du média identitaire Breizh Info semble toujours abriter la trésorerie de la fédération communautariste Millî Görüş, un satellite du pouvoir turc, épinglé à de nombreuses reprises pour ses accointances islamistes, ou encore le collectif ouvertement outrageux à l’égard des forces de l’ordre «Justice pour Adama». Et le Crédit agricole, qui a mis fin à ses relations commerciales avec l’Institut Iliade, offre en revanche ses services à l’ONG Ummah Charity dont le président avait été placé en garde à vue pour avoir ouvert une cagnotte en soutien à Brahim Chnina, le parent d’élève jugé pour avoir été à l’origine de la campagne de haine contre Samuel Paty...

L’ennui, soulignent les trésoriers de nombreuses associations concernées par ce qu’ils nomment une «persécution bancaire», c’est que les banques n’ont aucun compte à leur rendre : l’absence de transparence à l’égard du client qui voit son compte fermé sans explications serait même nécessaire pour garantir la bonne mise en œuvre de la réglementation sur le «LCB-FT» - le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en bon jargon de banquier.

À Bercy on reconnaît pourtant, dans les couloirs du Trésor, qu’un peu de transparence supplémentaire serait nécessaire. «Les banques nous expliquent qu’elles ont une liberté contractuelle, mais elles devraient au moins rendre des comptes quand elles se séparent d’un client. Car elles ne doivent pas oublier que l’État leur a octroyé un monopole, puisque c’est une profession très réglementée», glisse un techno fort au fait de ces dossiers.

Le lobbying de la Fédération bancaire française

C’est le combat qu’a voulu porter le sénateur (Modem) du Tarn Philippe Folliot, qui a connu lui aussi des déconvenues bancaires avec le Crédit agricole : le compte d’une association culturelle locale qu’il avait créée, La Bibliotèca, avait été fermé sans raison apparente «alors qu’on ne recevait pas un centime de l’étranger et qu’on n’avait jamais été à découvert». Le parlementaire s’est alors fendu d’une proposition de loi «visant à lutter contre les fermetures abusives de comptes bancaires», qu’il a fait voter à une très large majorité en première lecture au Sénat en 2024, puis qu’à l’initiative des centristes l’Assemblée nationale a voté à son tour l’année suivante. Le texte laissait aux banques la liberté de fermer un compte à leur guise mais les obligeait à expliquer leur décision auprès du client : «L’établissement de crédit motive gratuitement et par écrit, dans un délai de quinze jours ouvrés à compter de la réception de cette demande, sur support papier ou sur un autre support durable, la décision de résiliation», prévoyait ce texte.

Mais malgré un très large consensus, sur les différents bancs des deux assemblées, la proposition de loi n’a jamais été réinscrite depuis à l’ordre du jour pour un nouveau vote au Sénat. Comme si le texte s’était volatilisé en chemin. Il faut dire qu’entre-temps, le sénateur Philippe Folliot a vu se déployer un important lobbying de la part des représentants du secteur bancaire auprès des parlementaires, pour faire échec à cette loi. Ses propres comptes personnels ont été fermés du jour au lendemain par le CIC, quelques mois seulement après qu’il avait obtenu le vote de sa proposition de loi en première lecture. Il s’en est ouvert dans un courrier au président du Sénat Gérard Larcher, déplorant des «intimidations» - le directeur de son agence du CIC n’ayant pu lui-même donner d’explications, et garantissant qu’au niveau du suivi de ses comptes, aucun signal d’alerte ne pouvait expliquer cette fermeture : la décision avait été prise bien plus haut.

Dans le même temps, un haut fonctionnaire proche de Bruno Le Maire à l’époque assure que le cabinet du ministre a été directement démarché par des représentants de la FBF, la Fédération bancaire française, qui représente les intérêts du secteur auprès des institutions politiques et qui siège même au sein d’un comité permanent réunissant les acteurs publics et les banques privées, le CCLRF. Reconnaissant son intervention auprès des parlementaires au sujet de ce texte, le responsable de la communication de la FBF Benoît Danton admet au Figaro avoir l’an passé «appelé le Parlement à étudier l’impact d’un texte désormais très éloigné de l’objectif initial, et qui porte désormais des motifs flagrants d’inconstitutionnalité», arguant donc que le texte amendé par les députés aurait excédé l’intention originelle d’une simple demande de transparence auprès des banques. Sans reconnaître toutefois que l’intervention de la FBF est même remontée jusqu’à Matignon, comme l’assure pourtant au Figaro une source ministérielle.

Reste qu’en l’état, inchangé, du droit, les associations, les médias ou les militants politiques qui se voient fermer leurs comptes n’ont d’autre choix s’ils échouent à trouver une autre banque que de déposer une procédure auprès de la Banque de France, très chronophage : celle-ci garantit en effet un «droit au compte». En présentant plusieurs lettres de refus par les banques d’ouvrir un compte, un client peut demander à la Banque de France de désigner d’office une banque qui est alors tenue de lui créer un compte. Mais outre que la procédure peut mettre plus de trois mois à aboutir, encore faut-il pouvoir produire des lettres de refus. Sinon, l’absence de réponse finit par valoir refus, mais la procédure est rallongée d’autant... Surtout, passé un délai de six mois, la banque désignée peut à nouveau fermer le compte bancaire ainsi ouvert - et le client repart alors de zéro.

Source : Le Figaro 28/7/2026

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Les feux victimes de l’administration

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La France subit des feux de forêt comme elle n’en a jamais connu. Et pas la peine d’accuser le seul  réchauffement climatique. Au 27/7, 162 personnes ont été interpellées pour avoir allumé des feux délibérément. Mais il est un autre mal, plus insidieux celui-là : l’administration. Entre le code forestier et celui de l’environnement, rien ne va, les mesures exigées sont contradictoires. Résultat, déplorent les syndicats forestiers, les incendies ravagent plus vite les forêts.

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Source : Le Figaro 28/7/2026

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samedi, 25 juillet 2026

Crépol, ou le racisme que l’on ne voulait pas voir

Mort de Thomas à Crépol : la circonstance aggravante d'une attaque contre  "la race blanche et la nation française" retenue contre les suspects -  ladepeche.fr

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

À la terrasse du bar des Brisants, le matin demeure encore frais. Le vent vient de la mer, pousse devant lui quelques nuages sans importance et fait battre les drisses contre les mâts du port de Léchiagat. Les habitués parlent à mi-voix. Un pêcheur lit Le Télégramme, deux anciens refont le procès d’un patron de chalutier, tandis qu’un chien sommeille sous une table avec cette gravité propre aux bêtes qui n’attendent rien de l’Histoire.

Je parcours Le Figaro devant un café. Autour de moi, les visages, les accents, les manières forment un ensemble assez homogène. Chacun connaît peu ou prou le voisin, reconnaît les familles, sait à quelle heure rentrent les bateaux et dans quelle maison demeure la vieille dame que l’on n’a pas aperçue depuis trois jours. Cette homogénéité ne garantit certes ni la vertu ni l’absence de querelles. Elle explique sans doute une partie de la tranquillité dans laquelle nous vivons encore. La confiance collective naît rarement des grands discours ; elle pousse dans l’humus des habitudes communes.

Une manchette arrête soudain mon regard : les juges chargés de l’affaire de Crépol viennent de retenir la circonstance aggravante de racisme dans les poursuites visant les quatorze mis en cause. Deux ans et demi après la mort de Thomas Perotto, le motif que tant de commentateurs avaient tenu pour imaginaire, scandaleux ou politiquement suspect entre donc officiellement dans le dossier judiciaire.

Le mot exige ici quelque précision. Il ne s’agit pas encore d’une condamnation, moins encore d’une vérité devenue irrévocable. L’instruction vient d’être close ; l’ordonnance de mise en accusation est attendue à l’automne et les avocats de la défense pourront la contester. La justice n’a pas prononcé son dernier mot. Elle reconnaît cependant que les éléments recueillis permettent désormais d’envisager les meurtres et tentatives de meurtre comme ayant été accompagnés d’une hostilité visant les victimes en raison de leur appartenance supposée à la population blanche et à la France. Cette qualification supplémentaire a été notifiée aux quatorze mis en cause le 20 juillet.

Le 18 novembre 2023, Thomas Perotto, jeune rugbyman de seize ans, participait au bal d’hiver organisé dans la petite salle des fêtes de Crépol, village de la Drôme. Une altercation éclata avec des garçons venus du quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère. Des chaises et des bouteilles furent projetées ; des couteaux sortirent. Thomas reçut plusieurs coups au thorax et au flanc. Un vigile et trois autres participants furent grièvement blessés, certains dans des zones vitales.

Dès les premières heures, des témoins rapportèrent des propos explicites. Des membres du groupe auraient annoncé leur intention d’aller au bal « pour planter des Blancs ». Une enquêtrice de la gendarmerie rédigea quelques jours après les faits un procès-verbal envisageant que les auteurs pussent être venus à Crépol dans le dessein de tuer des personnes blanches. Elle relevait leur comportement dans la salle, leurs allées et venues, leur position à distance de la piste de danse et la localisation des coups portés.

Ce procès-verbal, connu sous la cote « DA43 », connut un destin administratif singulier. Il fut classé au milieu de notifications relatives à une garde à vue et ne semble pas avoir été immédiatement porté à la connaissance des magistrats. Nulle explication pleinement satisfaisante n’a encore été fournie sur cette bévue. Il fallut l’intervention de l’Agrif et de son avocat, Me Jérôme Triomphe, désormais conseil de deux jeunes présents au bal, pour que la circonstance raciste fût de nouveau placée au cœur de l’instruction.

La défense fait valoir, de son côté, que certains jeunes de la Monnaie auraient été traités de « sales Arabes » au cours de la mêlée. Ce point devra lui aussi être examiné. Une injure ne justifie pas un coup de couteau, pas davantage qu’elle n’efface les mots prononcés dans l’autre camp. La vérité judiciaire n’a pas à choisir une communauté de victimes autorisées. Elle doit considérer les faits, tous les faits, sans demander leur couleur politique aux morts ni leurs préférences électorales aux blessés.

L’affaire de Crépol ne tient donc pas seulement à une circonstance aggravante ajoutée au terme d’une longue instruction. Elle révèle la résistance presque pathologique d’une partie de la société française à concevoir l’existence même d’un racisme dirigé contre les Blancs. Le phénomène peut être constaté, raconté par des témoins, documenté par des policiers et jusque dans certaines chansons ou publications diffusées sans mystère : il demeure néanmoins tenu pour impossible par principe.

L’idéologie dominante a distribué les rôles une fois pour toutes. Les populations issues de l’immigration doivent nécessairement occuper la place des victimes historiques. Les Européens, ou ceux que le langage administratif désigne encore comme tels, demeurent les héritiers du colonisateur, du dominant et du coupable. Dans ce petit théâtre édifiant, la haine ne peut circuler que dans un sens. Elle descend du fort vers le faible, du Blanc vers le non-Blanc, de l’autochtone vers l’étranger. Qu’elle remonte le courant dérange toute la cosmologie progressiste.

Le racisme anti-Blancs devient alors une impossibilité théologique. On peut admettre des agressions, des insultes, des humiliations, voire des meurtres. On les expliquera par la misère, la relégation urbaine, les discriminations, la colère sociale ou l’incompréhension culturelle. Le recours au couteau sera replacé dans son contexte, comme disent les gens de plume lorsqu’ils veulent éloigner la responsabilité individuelle dans les brumes de la sociologie. L’hypothèse raciale, elle, est repoussée avec une énergie que l’on ne déploie guère lorsqu’il s’agit d’autres victimes.

La querelle autour de Crépol fut exemplaire. Chacun voyait bien qu’un groupe principalement composé de jeunes Européens avait été attaqué par une bande venue d’un quartier où s’est constituée une population d’origine extra-européenne. Cette donnée visible ne suffisait évidemment pas à établir un mobile. Des témoignages concordants faisaient pourtant état de paroles visant expressément les Blancs. Au lieu d’examiner ces déclarations avec prudence, une partie de la presse s’empressa d’y voir une récupération, une invention militante ou l’effet d’une imagination d’extrême droite.

Il fallait sauver le dogme du « vivre-ensemble ». Cette expression, qui semble sortie d’un manuel de gestion municipale, est devenue la religion civique d’une France qui ne croit plus guère en elle-même. Le vivre-ensemble ne décrit pas une réalité ; il commande ce qu’il est permis d’en dire. Il exige que les tensions ethniques soient toujours minimisées, que les frontières entre groupes soient réputées imaginaires et que les conflits nés de l’immigration soient ramenés à de simples incidents sociaux.

Le malheur est que la formule ne gagne jamais. Elle ne transforme pas les quartiers, ne ressuscite pas la confiance, ne désarme pas les bandes et ne rend pas les morts à leurs parents. Elle permet seulement de retarder le moment où les mots rejoignent les choses. La société française ressemble ainsi à ces familles anciennes qui maintiennent les apparences longtemps après que la fortune a disparu : on reçoit encore dans le grand salon, tandis que la toiture prend l’eau et que les meubles ont été vendus.

François Bousquet connaît bien ce mur. Il a consacré au racisme anti-Blancs une enquête ample, « Sale Blanc », nourrie de témoignages et de faits, qui devrait susciter des débats contradictoires dans toutes les rédactions. Son travail se heurte pourtant à une enceinte presque infranchissable. Le sujet n’est pas interdit au sens juridique ; il est tenu hors du champ de la respectabilité médiatique. On peut l’évoquer pour le tourner en ridicule, rarement pour en examiner sérieusement les manifestations.

Cette frontière invisible est d’autant plus efficace qu’elle ne repose sur aucune censure officielle. Un rédacteur en chef sait ce qu’il convient de taire. Un universitaire comprend quelles recherches compromettraient sa carrière. Un responsable associatif mesure aussitôt quelles subventions pourraient s’évaporer. L’autocensure accomplit avec discrétion ce que l’interdit légal ferait avec fracas.

Le plus fâcheux tient au rôle des journalistes. Dans une société correctement ordonnée, ils devraient être les guetteurs placés sur les remparts, ceux qui aperçoivent les mouvements du réel avant que la cité ne les sente. Une partie d’entre eux est devenue le gardien du sommeil collectif. Elle ne cherche plus à voir ce qui vient, mais à empêcher qu’on le nomme. Elle trie les témoignages selon leur conformité au récit général, qualifie de « ressenti » ce qui déplaît et de « fait de société » ce qui confirme ses préjugés.

On comprend la tentation. Reconnaître le racisme anti-Blancs obligerait à réviser tout un système d’interprétation. Il faudrait admettre que les anciens dominés peuvent haïr, que les minorités ne sont pas moralement meilleures que les majorités, que l’immigration engendre parfois des rapports de force et non cette aimable créolisation promise par les prospectus. Il faudrait surtout reconnaître que l’homme n’abandonne pas son appartenance ethnique en franchissant une frontière ou en recevant une carte d’identité.

La haine raciale n’est le monopole d’aucun peuple. Elle appartient au triste patrimoine de l’humanité. Les Européens l’ont connue, pratiquée et parfois portée jusqu’à des degrés monstrueux. D’autres hommes en sont également capables. Refuser cette évidence sous prétexte de protéger les populations immigrées revient à les soustraire à la commune condition humaine, comme si elles étaient des enfants perpétuels, dépourvus de libre arbitre, uniquement mus par les fautes de la société d’accueil.

Une telle indulgence n’a rien de généreux. Elle est une forme de mépris. On ne demande des comptes qu’à ceux que l’on tient pour responsables. Aux autres, on accorde des circonstances, des contextes et d’inépuisables excuses. Ainsi se construit une citoyenneté à deux étages : les uns héritent de tous les crimes de leurs ancêtres ; les autres ne répondent jamais tout à fait des leurs.

L’évolution judiciaire de l’affaire de Crépol ne clora pas cette dispute. Elle rend seulement plus difficile la négation sommaire. Les juges n’ont pas certifié une interprétation politique de la France contemporaine ; ils ont estimé que le dossier contenait assez d’éléments pour que le racisme figure parmi les circonstances susceptibles d’avoir accompagné l’attaque. Cela suffit déjà à faire tomber un pan du décor.

À la terrasse des Brisants, je replie le journal. Les chalutiers se balancent doucement dans le port. Des enfants passent à bicyclette, sans que leurs parents éprouvent le besoin de courir derrière eux. Ce petit pays maritime n’est pas un paradis, encore moins un musée préservé des passions humaines. Sa tranquillité procède néanmoins d’une continuité de population, de mœurs et de mémoire que les théoriciens du déracinement regardent comme une survivance.

Je songe à Crépol, à ce bal de village devenu scène de meurtre, et au temps qu’il aura fallu pour que l’hypothèse de la haine ethnique soit simplement considérée par la justice. Peut-être certains journalistes devront-ils éprouver un jour, dans leur chair ou celle de leurs proches, ce qu’ils refusent encore d’apercevoir. Il serait préférable qu’ils ouvrissent les yeux avant cette cruelle leçon. La réalité se venge toujours des hommes qui la congédient.

Je laisse maintenant les Brisants, leurs cafés du matin et mes chroniques pour quelques jours. Les lecteurs ne me retrouveront pas la semaine prochaine : je pars vers les Balkans, où m’attendent des fonctions autrement concrètes que celles de polémiste. Je serai cuisinier dans un camp de scouts. Il faudra nourrir une troupe affamée, surveiller les marmites et apprendre une fois encore que les communautés véritables se construisent moins par les sermons que par les services rendus, les fatigues partagées et le repas pris sous la même toile.

Source : Breizh-Info, cliquez ici.

10:06 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

jeudi, 23 juillet 2026

Barbara Butch : la gauche découvre le bûcher qu’elle avait dressé

Saturne dévorant un de ses fils" : quand Goya peint l'effroi de celui qui  craint de perdre le pouvoir

Quand la révolution dévore ses enfants...

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Je rentrais de Quimper avec, sur le siège passager, quelques livres achetés à L’Ivresse de lire, cette petite librairie de la rue de la Halle où je vais volontiers musarder. Max, qui tient les lieux, est un jeune homme d’une qualité assez rare. Dans une échoppe sobre et élégante, il a réuni des essais, des romans et des livres anciens avec ce discernement qui distingue le véritable libraire du simple marchand de papier imprimé. On entre chez lui pour jeter un œil ; on en ressort généralement lesté de deux ou trois volumes et d’une conversation que l’on poursuit ensuite tout seul.

Ma trouvaille du jour était un ouvrage de poche d’Arnaud Blin consacré à la paix de Westphalie. À peine avais-je parcouru quelques lignes de l’introduction que je comprenais avoir affaire non seulement au travail d’un historien, mais à celui d’un penseur. Le bon historien ne se contente point de dépoussiérer les archives et de remettre les batailles dans leur ordre chronologique. Il discerne, derrière la poussière des chancelleries et le fracas des armes, les formes politiques qui continuent d’ordonner notre monde longtemps après que les combattants sont descendus au tombeau.

La paix de Westphalie ne fut pas seulement un arrangement diplomatique mettant fin à la guerre de Trente Ans. Elle marqua la recherche d’un ordre permettant à des puissances, à des peuples et à des confessions irréconciliables de continuer à vivre dans le même monde sans entreprendre chaque matin de s’exterminer. Il fallut trente années de massacres, de villes incendiées et de campagnes dépeuplées pour que les Européens comprennent qu’aucune paix durable ne pouvait reposer sur l’éradication complète de l’adversaire.

Je comptais déjà revenir sur ce livre. Les circonstances décidèrent que j’en parlerais plus tôt que prévu.

En arrivant à Pont-l’Abbé, je fis un détour afin d’éviter les encombrements de la voie de contournement. La route me conduisit devant le Triskell, la salle de spectacle municipale. En passant devant elle, je songeai à tous les auteurs, conférenciers, chanteurs ou comédiens qui ne s’y produiront jamais. Non point parce qu’ils manqueraient de talent, de lecteurs ou de public, mais parce que leur nom, leur réputation ou quelques-unes de leurs opinions les ont rangés dans la catégorie des pestiférés.

Il n’est même pas nécessaire qu’un interdit soit prononcé. La censure moderne n’aime plus les uniformes, les bureaux obscurs ni les gros ciseaux du fonctionnaire. Elle préfère le téléphone qui ne sonne pas, le dossier que l’on égare, la subvention qui se tarit, la salle soudain indisponible, l’invitation qui ne vient jamais. Le proscrit demeure parfaitement libre de parler, à cette menue réserve près que personne ne lui prête plus de tribune, de micro ni de théâtre.

De retour à la maison, je trouvai dans Le Figaro et Libération le récit des mésaventures de Barbara Butch. La DJ, devenue célèbre lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, se produisait au festival Cabaret frappé de Grenoble. Une centaine de militants propalestiniens, mobilisés notamment par la section locale de La France insoumise, interrompirent son concert au bout d’une vingtaine de minutes. Des drapeaux furent agités, des slogans criés et des projectiles lancés. La municipalité évoqua ensuite plusieurs dizaines de projectiles retrouvés sur scène, parmi lesquels des bouteilles de verre, ainsi qu’un câble électrique sectionné au milieu du public.

Barbara Butch n’est pourtant pas une artiste que l’on songerait spontanément à ranger parmi les suppôts de la réaction. Elle appartient de plein droit à la gauche culturelle, festive et homosexuelle. Sa prestation lors des Jeux olympiques, au milieu des drag-queens, des mannequins et d’un Philippe Katerine presque nu et peint en bleu, lui avait valu d’être célébrée par les uns et conspuée par les autres. Elle avait auparavant subi un harcèlement en ligne venu semble-t-il de milieux dits à droite.

Son nouveau crime fut d’avoir signé une tribune favorable à la proposition de loi Yadan, présentée comme un moyen de lutter contre les formes nouvelles de l’antisémitisme. Elle expliqua avoir apporté son nom au texte en raison de l’antisémitisme qu’elle subissait, avant de reconnaître qu’elle n’aurait sans doute pas dû le signer. Cette rétractation ne lui valut aucune indulgence. Pour les militants qui la prirent à partie, elle était devenue une « complice de génocide ». Un tract la représentait devant un drapeau mêlant les couleurs arc-en-ciel à l’étoile de David, le tout maculé de sang.

Le plus savoureux, si l’on peut employer ce mot dans une affaire aussi vilaine, fut la réaction de Libération. Le journal consacrait à l’événement un article embarrassé, puis un second texte au « boycott culturel », décrit comme un procédé « longtemps considéré comme liberticide et trop proche des formes de censures de l’extrême droite ».

Ce « trop proche » vaut à lui seul un éditorial.

Ainsi donc, la rédaction de Libération découvre que le boycott d’un artiste en raison de ses opinions pourrait porter atteinte à la liberté. Elle l’avait cru jusqu’alors surtout caractéristique de l’extrême droite. Le procédé se multiplierait depuis quelques semaines, comme une maladie exotique récemment débarquée en France. Nadav Lapid, Joann Sfar, Sigalit Landau et désormais Barbara Butch en auraient successivement fait les frais.

Les bras vous en tombent.

Le boycott culturel n’est nullement une nouveauté dans notre pays. Il constitue depuis plusieurs décennies l’un des instruments ordinaires de la domination progressiste sur les lettres, le théâtre, le cinéma, la chanson et les arts plastiques. Il n’a simplement pas été nommé ainsi tant qu’il s’exerçait dans le bon sens, c’est-à-dire contre la droite.

Il existe d’abord sous sa forme la plus voyante : l’artiste refuse de se produire devant un public dont le vote lui déplaît. Indochine et Louise Attaque avaient ainsi décliné leur participation aux Déferlantes lorsque le festival annonça son installation à Perpignan, ville administrée par le Rassemblement national. Mazarine Pingeot renonça plus récemment à une rencontre à La Flèche après l’élection d’un maire RN. Gaspard Koenig expliqua de son côté qu’il n’accepterait pas les invitations des municipalités de cette couleur. Ces gestes furent présentés dans une partie de la presse non comme des manifestations de sectarisme, mais comme de délicats cas de conscience.

Cette première forme relève encore, après tout, de la liberté individuelle. Un chanteur peut choisir sa scène comme un lecteur choisit ses livres. La situation devient plus inquiétante lorsque le boycott n’est plus le fait d’un artiste isolé, mais celui de tout un écosystème culturel vivant d’argent public, de commissions, de réseaux institutionnels et de cooptations. Il ne s’agit plus alors de refuser une invitation, mais d’empêcher l’adversaire d’en recevoir aucune.

Renaud Camus en sait quelque chose. Écrivain reconnu, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, auteur d’une œuvre littéraire considérable bien avant que son nom ne fût associé à une formule politique, il a été progressivement chassé des grandes maisons et des lieux où se fabrique la légitimité. Il continue d’écrire, de publier et d’être lu. Pour l’institution culturelle française, il appartient néanmoins à cette singulière catégorie des auteurs dont chacun parle et que personne ne doit recevoir.

Alain de Benoist offre un cas plus révélateur encore. Depuis plus d’un demi-siècle, il travaille sur l’histoire des idées, le paganisme, la démocratie, l’écologie, le libéralisme, l’Europe et la philosophie politique. Ses adversaires eux-mêmes reconnaissent l’influence exercée par la Nouvelle Droite sur la vie intellectuelle française. Cet homme, qui a publié des dizaines de livres et dialogué avec des penseurs venus d’horizons fort différents, demeure presque absent des grandes émissions culturelles. Sa pensée est déclarée « toxique », ce qui évite commodément d’avoir à la discuter.

L’ostracisme ne consiste donc pas toujours à arracher un homme de la scène. Il suffit de décider qu’il n’existe pas.

Une salle municipale peut accueillir pendant des années les mêmes dramaturges, les mêmes chanteurs « engagés », les mêmes conférences et les mêmes expositions militantes sans que personne ne s’avise de dénoncer un entre-soi. Qu’un auteur conservateur, un intellectuel identitaire ou un catholique de tradition demande à son tour une scène, et voici que surgissent les pétitions, les menaces, les appels à la vigilance, les syndicats, les collectifs et les gardiens autoproclamés de la pureté républicaine. On invoque la sécurité, le risque de trouble, la dignité du lieu ou la souffrance que pourrait causer la simple présence du proscrit.

Le boycott change alors de nom. Il devient « mobilisation citoyenne », « refus de banaliser », « cordon sanitaire » ou « lutte contre les idées de haine ». Le vocabulaire est d’une grande importance dans ces affaires. Lorsque la gauche exclut, elle protège. Lorsque la droite proteste, elle censure.

Moi qui regarde souvent la France depuis son rivage breton avec le recul d’un homme né à Buenos Aires, je demeure frappé par cette faculté française de transformer chaque querelle en procès d’excommunication. L’Argentine connaît les passions politiques, les fidélités charnelles et les haines prolongées. La France y ajoute le goût du tribunal moral. Elle ne veut pas seulement vaincre l’adversaire ; elle entend lui retirer jusqu’au droit de paraître en public sans s’excuser d’exister.

L’affaire Barbara Butch place aujourd’hui la gauche devant le miroir qu’elle avait soigneusement tourné contre le mur. Elle découvre que le bûcher idéologique ne connaît pas de propriétaire perpétuel. On peut le dresser contre les réactionnaires, les catholiques, les identitaires, les nationalistes ou les conservateurs. Le vent tourne, les flammes changent de direction et les anciens officiants se retrouvent bientôt au milieu des fagots.

Une seconde tragédie s’emboîte dans la première, telle une poupée russe.

Barbara Butch est officiellement attaquée pour une prise de position politique. Le tract où son image voisinait avec une étoile de David ensanglantée rend toutefois cette distinction assez fragile. On ne lui reproche pas seulement une signature. On lui signifie qu’une artiste juive, dès lors qu’elle refuse de désavouer Israël dans les termes exigés, peut être réduite au rôle de « sioniste », de complice ou d’agent d’un crime collectif.

Le mécanisme est maintenant bien rodé. Le Juif acceptable serait celui qui prend publiquement ses distances avec Israël, se soumet aux sommations de l’antisionisme militant et transforme sa propre identité en réquisitoire. Celui qui résiste à cette injonction se voit aussitôt soupçonné de soutenir tout gouvernement israélien, toute opération militaire et jusqu’au moindre excès commis à Gaza. L’individu disparaît derrière l’assignation.

L’antisémitisme européen est une vieille lèpre, dont les premières formes furent d’abord religieuses. Durant des siècles, l’hostilité au Juif s’enracina dans l’antijudaïsme chrétien, dans l’accusation de déicide, dans les interdits professionnels, les expulsions, les prédications populaires et les violences périodiques qui accompagnaient les temps de crise. Il changea ensuite de nature au XIXe siècle, lorsque la religion recula et que les vieilles haines se grimèrent en théories raciales, économiques ou nationales. Le chrétien reprochait au Juif de refuser le Christ ; l’antisémite moderne lui reprocha d’être Juif jusque dans son sang. Cette généalogie appartient à l’histoire européenne et nul homme sérieux ne saurait la nier.

Le judaïsme organisé de l’après-guerre fut cependant administré, sur ces questions, par une génération qui avait connu l’Occupation, les persécutions, les départs sans retour et parfois la clandestinité. Ces hommes avaient les yeux ouverts par l’épreuve. Ils savaient que la défense des Juifs de France ne relevait ni d’une mode intellectuelle ni d’un positionnement partisan, mais d’une nécessité presque domestique : protéger les familles, les écoles et les synagogues, maintenir la mémoire des morts et veiller à ce que le pays ne retombât pas dans ses anciennes dérives.

À la fin des années 1970, cette génération céda progressivement la place. Les nouveaux dirigeants de la communauté n’avaient plus été formés par la guerre, mais par l’univers idéologique de l’après-1968. Ils avaient fréquenté les facultés, les partis, les ligues antiracistes et cette gauche culturelle qui prétendait parler au nom de toutes les victimes de la terre. Sous leur influence, la priorité changea. La défense concrète de la communauté juive devint peu à peu inséparable d’une croisade politique contre l’extrême droite française, tenue pour le danger suprême, permanent et presque métaphysique.

Cette lecture comportait une part d’illusion rétrospective. Le Front national des origines fut un assemblage bigarré de nationalistes, de rescapés de l’Algérie française, d’anciens poujadistes, de catholiques traditionalistes, d’anticommunistes, de souverainistes et de nostalgiques de diverses chapelles. On y trouvait des hommes encombrés de préjugés anciens, comme dans bien d’autres familles politiques de l’époque, et Jean-Marie Le Pen commit assez de provocations pour fournir des verges à ses adversaires. Réduire pourtant cette formation à une entreprise principalement antisémite relevait moins de l’histoire que de la construction d’un épouvantail commode.

L’erreur devint plus grave lorsque cette nouvelle génération de responsables juifs épousa presque sans réserve le catéchisme immigrationniste de la gauche. Par fidélité à l’antiracisme, par crainte d’être soupçonnée de fermeture, et aussi parce qu’elle imaginait trouver dans les populations nouvellement venues des alliées naturelles contre le nationalisme français, elle approuva ou accompagna l’ouverture toujours plus large des frontières.

Elle ne voulut pas voir que les hommes ne franchissent jamais une frontière en abandonnant derrière eux leurs croyances, leurs querelles, leurs fidélités et les haines léguées par leur histoire.

L’immigration arabo-musulmane et, dans une moindre mesure, certaines immigrations afro-musulmanes ont ainsi installé en France des formes d’antisémitisme qui ne doivent rien à Drumont, à Maurras ou aux sermons de l’Europe chrétienne. Elles se nourrissent du conflit israélo-arabe, de la propagande islamiste, de traditions religieuses particulières et d’un imaginaire politique où le Juif, le sioniste et l’Occidental finissent volontiers par se confondre.

Il serait absurde d’en conclure que tout musulman est antisémite. Il serait plus absurde encore de feindre que cet antisémitisme importé n’existe pas, alors que les écoles juives vivent sous protection, que les synagogues sont gardées et que nombre de familles ont quitté certains quartiers où elles habitaient depuis plusieurs générations.

Les dirigeants de la communauté organisée avaient cru pouvoir utiliser l’immigration massive comme un supplétif contre l’identité européenne et le nationalisme français. Ils imaginaient une grande alliance des minorités, réunies sous la houlette de l’antiracisme institutionnel contre l’homme européen, le catholique, le patriote et l’électeur du Front national. La construction paraissait habile. Elle reposait sur une erreur anthropologique considérable : croire que toutes les minorités partageaient les mêmes intérêts, les mêmes mémoires et les mêmes ennemis.

La gauche française détourna longtemps les yeux. Elle avait besoin de ces populations comme d’un nouveau peuple électoral, après avoir perdu les ouvriers, les employés et les habitants des petites villes. À mesure que cette masse électorale prenait de l’importance, une partie de la gauche adapta son vocabulaire, ses indignations et ses silences. L’antisionisme devint le truchement par lequel on pouvait flatter des passions antijuives tout en continuant de se proclamer antiraciste.

On ne disait plus « les Juifs », on disait « les sionistes ». On ne dénonçait plus une race, on dénonçait un État. On ne réclamait plus l’exclusion d’un peuple, on exigeait seulement que ses représentants culturels fussent chassés des scènes, des festivals et des universités. Le vieil antisémitisme chrétien voyait dans le Juif l’homme qui avait refusé le Christ. Le nouvel antisémitisme progressiste voit en lui celui qui refuse d’abjurer Israël.

L’existence de cette masse électorale a fini par exercer sa propre pesanteur sur la gauche. Les partis ne convertissent pas seulement leurs électeurs ; les électeurs transforment aussi les partis. Pour conserver des quartiers, des circonscriptions et des clientèles militantes, une partie de la gauche a repris les mots, les obsessions et parfois les haines de ceux qu’elle voulait séduire. L’antisionisme lui fournit un langage de transition. Il permit à des passions anciennes de passer la douane du progressisme sous un pavillon nouveau.

L’affaire Barbara Butch dévoile cette mécanique avec une cruauté parfaite. Cette artiste appartient à la gauche culturelle, à ses mœurs, à ses codes, à ses combats et à son imaginaire. Elle croyait sans doute que ces appartenances la protégeraient. Il a suffi qu’elle refusât de renier Israël dans les termes prescrits pour que ses anciens alliés la désignent à la foule.

Le danger n’était pas tapi dans quelque arrière-boutique nationaliste. Il grandissait depuis des années au milieu même de la coalition antiraciste, nourri par ses prudences, ses calculs électoraux et ses aveuglements. Ceux qui avaient cru trouver dans l’immigration massive une troupe auxiliaire contre les identités européennes découvrent que les hommes ne sont jamais les instruments dociles des stratégies conçues pour eux.

Le désaveu est désormais générationnel. Une partie croissante des Juifs de France ne croit plus les anciens dirigeants lorsque ceux-ci lui désignent encore comme ennemi principal un parti qui cherche aujourd’hui leurs suffrages, tandis que les violences, les insultes et les intimidations viennent souvent d’ailleurs. Cette évolution ne relève pas d’une conversion doctrinale générale à la droite. Elle procède d’un instinct plus élémentaire : l’homme menacé finit toujours par regarder du côté d’où viennent les coups, même lorsque ses maîtres à penser lui ordonnent de tourner la tête.

Les anciens dirigeants avaient été formés par la mémoire de Vichy, de Drancy et des compromissions de la France occupée. Les générations suivantes ont grandi avec l’Hyper Cacher, les écoles gardées par des soldats, les insultes dans les universités et les manifestations où l’étoile de David reparaît, non plus sur les murs d’une officine fasciste, mais sur des affiches prétendument décoloniales.

Il n’est donc pas surprenant que nombre de Juifs de France se tournent aujourd’hui vers les partis que leurs pères avaient combattus. Ils modifient la hiérarchie des périls. La politique n’est pas seulement affaire de principes abstraits ; elle commence par la désignation de celui qui menace concrètement votre maison, votre école ou vos enfants.

Une nouvelle génération de responsables juifs devra reprendre la barre. Elle n’aura pas à oublier les malheurs anciens ni à distribuer des certificats de virginité à quiconque. Elle devra simplement reconnaître que le danger a changé de rive. Les cartes dressées dans les années 1970 ne décrivent plus le pays de 2026. Continuer de les consulter tandis que les synagogues sont gardées et que des artistes juifs sont chassés des scènes reviendrait à naviguer avec un portulan d’avant la tempête.

Barbara Butch aura peut-être rendu, malgré elle, un service à la vie publique. Son concert interrompu montre ce que devient un pays lorsque chaque représentation artistique se transforme en tribunal géopolitique et chaque artiste en suspect tenu de présenter ses certificats de pureté. La culture cesse alors d’être le lieu où les hommes rencontrent ce qu’ils ignorent. Elle devient une douane morale tenue par les militants les plus résolus.

En rangeant mes livres, je retrouvai le volume d’Arnaud Blin sur la paix de Westphalie. L’Europe du XVIIe siècle avait dû traverser trente années de massacres pour comprendre que l’on ne bâtit aucun ordre durable sur l’espoir d’extirper la croyance adverse. Notre petit monde culturel n’en est heureusement pas là. Il gagnerait pourtant à méditer la leçon.

Il faudrait peut-être conclure une paix de Westphalie des lettres et des arts : admettre que l’adversaire existe, qu’il peut écrire, chanter, jouer, publier et disposer d’une salle sans que sa présence soit tenue pour une capitulation. La gauche n’aurait pas à aimer Renaud Camus. La droite n’aurait pas à applaudir Barbara Butch. Chacun devrait seulement renoncer à faire taire l’autre par la force, la menace ou le monopole des institutions.

Sans cette paix minimale, il ne restera bientôt de la culture française que l’art de l’excommunication.

Article paru sur Breizh-Info, cliquez ici.

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mardi, 21 juillet 2026

L’antiracisme ou l’horizon qui recule sans cesse

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Un article du Monde a mis la puce à l’oreille de notre ami Balbino Katz qui en a profité pour analyser cette pseudo enquête sur le racisme, cette chimère qui fait courir toute la gauche bien-pensante évidemment et qui oublie singulièrement le racisme anti-Blanc (voir à ce sujet l’excellent ouvrage de notre ami François Bousquet, le racisme anti-Blanc, La Nouvelle librairie).

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Source : Breiz.info

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lundi, 20 juillet 2026

Au Rassemblement national, Marine Le Pen prépare malgré elle le recours Bardella

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Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Au soir, à Lechiagat, les bateaux rentraient les uns après les autres dans le port, avec cette lenteur assurée des équipages qui connaissent les passes et savent où dorment les récifs. J’avais devant moi, sur l’écran de mon ordinateur, la première page d’un article de Libération. Le photomontage représentait deux affiches électorales déchirées et superposées : le visage de Marine Le Pen recouvrait celui de Jordan Bardella, dont il ne restait qu’un sourire tronqué sous le papier arraché. Toute l’histoire du Rassemblement national contemporain tenait déjà dans cette image : la candidate officielle au premier plan, le prétendant relégué sous l’affiche, visible encore, impossible à faire entièrement disparaître.

Nicolas Massol, l’auteur de l’article, n’est pas un saint de ma dévotion. Sa plume, trempée dans l’acide, ne s’approche jamais de la droite nationale sans l’intention d’y laisser quelque brûlure. Petit soldat de la tranchée antifasciste, castor diligent des rédactions parisiennes, il ne prétend pas observer le Rassemblement national : il le surveille, le piste et, lorsque l’occasion se présente, lui décoche son trait ou son coup de pied de l’âne.

Il faut néanmoins reconnaître une qualité à Nicolas Massol. Peu de journalistes connaissent aussi bien les corridors, les arrière-cuisines et les querelles de domesticité du parti. Les dirigeants du RN se couperaient volontiers un bras plutôt que de lui refuser une confidence. Chacun espère utiliser sa chronique pour régler le compte du voisin, faire savoir qu’il existe ou déposer quelque peau de banane sous les pieds d’un concurrent. Il en résulte un paradoxe délicieux : un adversaire déclaré du parti devient l’un de ses meilleurs chroniqueurs, parce que ceux qu’il combat ne peuvent s’empêcher de lui parler.

Son article, intitulé « Jordan Bardella, espace en voie de disparition », décrit avec une assez remarquable netteté la nouvelle distribution des rôles depuis que Marine Le Pen a décidé de reprendre elle-même le chemin de l’élection présidentielle. Bardella, un temps présenté comme le candidat de remplacement, doit désormais retrouver une place dans une campagne dont on lui retire méthodiquement les leviers. Philippe Olivier le réduit à une dent du « peigne » lepéniste ; Jean-Philippe Tanguy torpille publiquement une proposition venue de son entourage ; les déplacements et les réunions se décident dans le cercle familial sans même consulter ses proches. L’ancien dauphin est prié de redevenir page, tout en continuant de sourire pour les photographes.

Il ne s’agit plus seulement d’une rivalité entre deux personnalités. Deux conceptions du parti commencent à se faire face. La première est celle du clan historique, groupé autour de Marine Le Pen, de sa sœur Marie-Caroline, de Philippe Olivier et des affidés qui doivent leur position à la famille. Pour eux, le Rassemblement national demeure, sous sa nouvelle enseigne, la maison Le Pen. On peut en changer les rideaux, refaire la devanture, congédier quelques vieux domestiques ; la propriété, elle, ne se partage pas.

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dimanche, 19 juillet 2026

L’ingérence intérieure, nouveau délit d’opinion ?

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La conférence de presse des trois sénateurs du bloc central (Laurent Lafon, Agnès Evren et Sylvie Robert) présentant la publication d’un rapport sur la régulation de l’information dans l’espace numérique a engendré depuis une semaine une vive querelle. Un concept, absent du rapport, mais qui en résume l’esprit, et utilisé par Laurent Lafon, condense la polémique : celui d’ingérence intérieure. On y a vu le symptôme d’un désir de contrôle de l’information, et même de censure. Faire de la politique consiste à aller dans le sens du régime, jamais en sens inverse. Menacé par l’émergence du camp national, le régime entend traiter les récits qui le contredisent comme autant de gestes séditieux. Et les informations formatées de telle manière qu’elles le font mal paraître seront souvent décrétées « fausses informations ». C’est donc tout naturellement que Pascal Praud s’insurge contre cette nouvelle censure de l’Etat profond et du macronisme en particulier.

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Source : Journal du dimanche, 19/7/2026

08:28 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

samedi, 18 juillet 2026

Loi sur la fin de vie

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Il aura fallu des mois et des mois de discussions de cornecul par les députés à l’Assemblée nationale pour accoucher d’un texte qui fixe les conditions de la mort assistée. Ce texte dépasse de loin le soin de mourir dans la dignité. Notre ami Balbino Katz, éditorialiste sur l’excellent site de breizh.info, se livre à une remarquable analyse - fort stoîcienne au demeurant - sur les tenants et aboutissants de cette loi qui en dit long sur la santé de notre société.

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Source : breizh.info

09:17 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

vendredi, 17 juillet 2026

Contre la police de l’information

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Yves Thréard

N’aura-t-on bientôt plus le droit de dire que le Festival d’Avignon est une escroquerie intellectuelle, que le rap est une musique insane, que boire du vin peut aussi procurer un plaisir infini ? Des inquiétudes à peine caricaturales si l’on suit les conclusions d’un rapport sénatorial contre la désinformation passé inaperçu. Dans une étrange formulation, dont on a du mal à trouver l’exacte définition juridique, il y serait question de prémunir notre pays contre des « ingérences intérieures » comme on le fait contre des attaques venant de puissances étrangères. C’est là jouer avec le feu.

Au lieu de protéger le débat public, va-t-on le museler ? Au nom de la lutte contre les fausses informations, la France se dirigerait-elle vers la création d’une police de la pensée unique ? Des opposants politiques et des médias qui ne sont pas dans la ligne officielle risqueraient-ils d’être poursuivis pour délit d’opinion ? Sous prétexte de combattre des dérives, les beaux esprits, qui chantaient jadis qu’il était interdit d’interdire, voudraient-ils tuer la liberté d’expression ? Avec le numérique et la multiplication des canaux où sont divulgués les contenus les plus divers, le personnel politique a l’obsession de vouloir mettre en place un organisme de contrôle. Depuis son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron a aussi exprimé plusieurs fois cette tentation liberticide.

L’idée du chef de l’État, comme aujourd’hui des sénateurs, serait de confier ce pouvoir à un observatoire de la désinformation soi-disant indépendant. Chacun sait que celui-ci serait, en fait, peuplé de représentants venant d’associations militantes. Transformés en auxiliaires de justice, ces experts pseudo-scientifiques étiquetteraient, labelliseraient et censureraient les émetteurs d’information selon leur conformité idéologique. Financés par l’argent du contribuable et au nom du peuple français, ils dicteraient les bonnes conduites, distingueraient le bien du mal…

Gardons-nous de ce danger orwellien, et restons-en à la bonne vieille loi du 29 juillet 1881. En confiant à la justice pénale le soin de juger les plaintes loin des pressions partisanes, elle demeure la meilleure garantie de la liberté d’expression.

Source : Le Figaro 17/7/2026

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mercredi, 15 juillet 2026

La Bataille de Gaulle. Traîtres à quelle France ? Ce que l’affaire Leclerc dit de la trahison

French General Leclerc with a group of captured Waffen-SS Frenchmen |  laststandonzombieisland

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

Encore un article propre à la réflexion de l'excellent Balbino Katz sur Breizh-Info, cliquez ici.

La sortie du second volet de La Bataille de Gaulle, sous-titré J’écris ton nom, a provoqué sur les réseaux sociaux une agitation que ses producteurs n’avaient sans doute pas prévue. Le film d’Antonin Baudry, sorti le 26 juin 2026, poursuit l’édification d’une geste gaullienne dans laquelle le général Leclerc, interprété par Niels Schneider, apparaît sous les traits du chevalier sans peur et sans reproche, tout entier voué au service de la France libre. Or les statues les mieux polies portent parfois une lézarde.

Plusieurs internautes ont rappelé qu’au tabard de Leclerc demeurait attachée une tache qu’aucun film pieux ne saurait tout à fait effacer : l’exécution, le 8 mai 1945, à Bad Reichenhall, de douze prisonniers français ayant servi sous l’uniforme allemand dans la division Charlemagne. Blessés, extraits d’un hôpital militaire, ils avaient été capturés après s’être rendus aux Américains et furent fusillés sans jugement par des hommes de la 2e DB, au moment même où la guerre s’achevait en Europe. Le ministère des Armées reconnaît l’existence de ces douze prisonniers, leur rencontre avec Leclerc et le sort fatal qui leur fut réservé, même si la teneur exacte du dialogue demeure discutée.

La polémique qui s’ensuivit fut révélatrice. De nombreux commentateurs ne cherchèrent pas à nier les faits. Ils les justifièrent. Ces volontaires français, disaient-ils, avaient porté l’uniforme de l’ennemi ; ils avaient trahi leur patrie ; ils ne méritaient donc ni procès, ni défense, ni même que l’on prît soin de relever leurs noms avant de les passer par les armes. Un tel patriotisme de tréteaux mérite que l’on s’y arrête. Sa véhémence dissimule mal une pensée assez indigente : le traître se reconnaîtrait à son uniforme et le vainqueur posséderait, par la vertu de sa victoire, le droit de tuer sans juger.

La réalité historique est autrement plus malaisée. La notion de trahison dépend étroitement de l’autorité à laquelle on estime devoir fidélité et, surtout, de la page du calendrier depuis laquelle on porte son jugement. Celui que l’ordre établi appelle aujourd’hui félon peut devenir demain le fondateur de la légitimité nouvelle. Le rebelle victorieux est un libérateur ; le rebelle vaincu reste un traître. Avant de condamner un homme pour trahison, encore faudrait-il demander : traître à qui, traître à quoi, traître à quelle France ?

De Gaulle, traître légal et héros rétrospectif

Lorsque Charles de Gaulle gagne Londres en juin 1940, il n’est pas encore la figure de bronze qui domine nos places publiques. Il est un général récemment promu, ancien sous-secrétaire d’État du gouvernement Paul Reynaud, qui refuse l’autorité du nouveau gouvernement français, quitte le territoire et appelle les militaires à désobéir aux ordres reçus.

Son choix nous paraît aujourd’hui prophétique parce que nous connaissons la fin de l’histoire. Les Français de juin 1940, eux, ne savaient pas que l’Allemagne serait vaincue, que les États-Unis entreraient dans la guerre et que de Gaulle descendrait un jour les Champs-Élysées. Ils voyaient un gouvernement constitué, présidé par le maréchal Pétain, demander un armistice après l’effondrement de l’armée et la capture de près de deux millions de soldats.

Au regard de la légalité française du moment, de Gaulle était en rupture de ban. Il cherchait depuis l’étranger à soustraire des territoires, des navires et des soldats à l’autorité du gouvernement reconnu. Le tribunal militaire de Clermont-Ferrand le condamna d’ailleurs à mort par contumace, le 2 août 1940, pour trahison, atteinte à la sûreté extérieure de l’État et désertion en temps de guerre.

Ce jugement nous paraît aujourd’hui étrange. Il n’était pourtant pas absurde dans l’ordre juridique qui l’avait rendu. De Gaulle avait bel et bien rompu son serment d’obéissance pour se réclamer d’une légitimité supérieure, celle d’une France qui, selon lui, ne pouvait cesser la guerre sans cesser d’être elle-même.

La question n’est pas ici de savoir s’il eut raison. Il eut raison, puisque la victoire lui donna raison. Elle est de constater qu’en 1940, pour le gouvernement français, pour une grande partie de l’administration et pour la majorité du corps militaire, de Gaulle était un dissident passé au service d’une puissance étrangère.

Du point de vue gaulliste, Vichy trahissait la France en acceptant l’armistice. Du point de vue de Vichy, de Gaulle trahissait l’État en poursuivant la guerre depuis Londres. Deux légitimités se faisaient face, et chacune traitait l’autre de félonie. La victoire de 1945 trancha la querelle et transforma l’une de ces deux fidélités en vérité nationale rétrospective.

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19:44 Publié dans Balbino Katz, Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Marine Le Pen : stratégie risquée et épée de Damoclès

France : Marine Le Pen annonce sa candidature à l'élection présidentielle  de 2027 après la décision de la cour d'appel #CgtnFDigital  https://francais.cgtn.com/2026/07/08/ARTI1783495270606141

Pierre Boisguilbert

Polémia : L’annonce de la candidature de Marine Le Pen, malgré une condamnation confirmée en appel, a beaucoup fait parler médiatiquement et politiquement. La candidate du Rassemblement national a formé un pourvoi en cassation et est considérée comme innocente. En attendant le verdict final, la campagne est donc lancée et Pierre Boisguilbert nous donne son avis sur cette situation exceptionnelle.

Un pari risqué ?

Marine Le Pen a donc décidé d’être candidate à la présidence de la République. Elle le fait parce qu’elle le peut. C’est une raison nécessaire et suffisante. Elle est présumée innocente. Mais c’est un pari très difficile. Il est évident que, pour ses adversaires, la présomption d’innocence ne sera pas respectée, et ils dénonceront à chaque occasion la campagne d’une « délinquante ». Elle fera campagne avec une clochette de lépreux à chaque déplacement.

Et il y a pire : une décision de la Cour de cassation en pleine campagne, l’obligeant à terminer avec des bracelets électroniques et une condamnation définitive, est l’épée de Damoclès.

On s’aperçoit cependant que ce double handicap est intégré par l’électorat et qu’elle progresse dans les sondages, confortant pour le moment son statut de favorite. C’est dire à quel point le peuple n’accorde plus de crédit aux décisions de justice. Les juges l’ont compris, eux qui légitiment le jugement populaire, au final, dans l’arrêt d’appel.

La Cour de cassation est face à une décision de justice qui sera forcément une décision politique. On n’aimerait pas être à leur place, pas plus d’ailleurs qu’à celle de Marine Le Pen. Elle tente de passer en force et de forcer le destin. C’est un pari risqué pour le camp national. Bardella, renvoyé au rôle de second, sera-t-il à 100 % dans la campagne ? L’autre droite nationale, qui aura forcément un candidat ou une candidate, profitera-t-elle du doute de certains sur Marine, au risque de réduire son score du premier tour ?

Une stratégie antisystème assumée

Pour le moment, on voit bien le jeu de Mélenchon : « Elle ou moi ! » Mais reste l’inconnu des candidatures post-macronistes et de la gauche non mélenchoniste. La droite et le centre, divisés, seront éjectés dès le premier tour. La gauche, comme d’habitude, s’il le faut, se ralliera à Mélenchon dans la lutte contre le retour du fascisme. Pour le moment, tout tourne autour de Marine : un atout qui peut se transformer, au fil des mois, en handicap.

Le pari est risqué ; la clé est dans la force de la volonté de rupture avec le système. Marine Le Pen est condamnée sans appel à une stratégie antisystème, loin de celle de la dédiabolisation. Il lui faudra faire du Jean-Marie pour sauver Marine. En est-elle capable ? Le veut-elle ? Il lui faudra vite le faire savoir pour avoir une chance de gagner.

Il ne faut pas former le carré, il faut mener la charge et peut-être forcer sa nature, quitte à renoncer à une stratégie qui, malgré toutes les concessions et tous les reniements, a parfois mis sa candidature en péril. À une volonté indiscutable doit s’ajouter une nouvelle lucidité. Sinon, tout est perdu, sauf l’honneur — et il n’est même pas sûr alors que l’honneur, au final, soit sauvé.

Article paru le 13 juillet sur Polémia, cliquez ici

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lundi, 13 juillet 2026

Comment un milliardaire tchèque paie deux euros pour vous faire taire

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Jérôme Vigues

Mercredi 8 juillet 2026. Un kiosque, quelque part dans la France morte. Deux euros dans la poche, la curiosité qui l'emporte sur le dégoût. Le journal s'appelle Franc-Tireur. La couverture claque, façon fiche de police : "Apologie du terrorisme, ils vont trop loin", avec en photomontage Anasse Kazib, Rima Hassan et Jean-Luc Mélenchon. En dessous, un portrait d'Andrew Tate qualifié de "mal dominant". Huit pages, papier glacé, maquette léchée, zéro publicité. Le genre d'objet qui donne l'illusion d'un journalisme pur, désintéressé, au service de la seule raison.

Sauf que ce torchon n'a rien de désintéressé. Il appartient à Daniel Křetínský, milliardaire tchèque, propriétaire via sa holding Czech Media Invest d'un empire qui dépasse largement la presse. Cet homme a racheté Elle, Marianne, Editis, une part de TF1, Louie Media, Loopsider, lancé Franc-Tireur, repris Télé 7 Jours, sans compter nombre de centrales à charbon. (Observatoire du journalisme) Il a aussi financé Libération, s'est engagé à acquérir Editis, numéro deux de l'édition en France, et détient également plusieurs médias en République tchèque, dont le quotidien national le plus lu du pays. (Acrimed)

Voilà l'homme derrière la petite leçon de morale hebdomadaire vendue deux euros en kiosque. Deux euros, prix bloqué depuis le lancement en 2021. Comme par magie. Sauf que ce n'est pas de la magie. C'est de la perte organisée, financée à fonds perdus par un seul homme.

Regardons les chiffres, parce que les chiffres ne mentent pas, contrairement aux éditos sur la modération. Marianne, un autre titre du même groupe, a perdu 3 millions d'euros en 2023 pour seulement 12 millions de chiffre d'affaires. (CB News) Un quart du chiffre d'affaires parti en fumée, chaque année, sans que personne ne s'en inquiète, parce que le riche actionnaire éponge. Libération, encore pire. Le quotidien a englouti 59 millions d'euros de prêts et de dons accordés par Křetínský en un peu plus de trois ans, avec des pertes d'exploitation qui ont atteint près de 13 millions d'euros en 2020 et qui se maintiennent à un niveau alarmant chaque année depuis. (Boulevard Voltaire)

Un homme d'affaires normal, un vrai entrepreneur, un patron qui bosse pour faire tourner sa boîte, fuit ce genre de gouffre financier. Personne ne finance à perte pendant des années un journal qui vend de moins en moins, sauf si l'objectif n'est pas de gagner de l'argent.

Interrogé sur le sauvetage de Libération, un expert des médias a été clair sans détour, sans langue de bois. Il affirme que ce sauvetage ne respecte aucune logique financière, que le titre ne se vendrait jamais soixante millions d'euros aujourd'hui, et que le magnat tchèque ne consent à renflouer le quotidien que dans le seul but d'être bien vu dans le paysage hexagonal. (Boulevard Voltaire)

Voilà toute la vérité en une phrase. Être bien vu. C'est ça, la vraie mission de Franc-Tireur, de Marianne, de Libération. Pas informer. Pas chercher la vérité. Blanchir l'image d'un milliardaire étranger qui possède par ailleurs des centrales à charbon et une part de TF1, et qui a besoin, pour continuer ses affaires en France sans encombre, de se payer une vitrine de respectabilité auprès des bien-pensants parisiens.

C'est ça, la presse "raisonnable" dans ce pays. Pas un marché libre où les meilleures idées et les meilleures plumes gagnent leur place. Un système verrouillé où la survie économique dépend d'abord d'un chèque signé par un actionnaire étranger, jamais du mérite ni du talent. On nous vend Franc-Tireur comme un rempart contre les extrémismes, un journal "mordant", mais ce mordant-là ne coûte rien à ceux qui le pratiquent puisqu'il est payé par un homme qui a bâti sa fortune ailleurs, dans l'énergie, dans la distribution, dans la finance.

Et pendant que Křetínský peut se permettre de perdre des millions chaque année sur ses jouets médiatiques parisiens, nous, cette semaine, on n'a pas pondu un article. Pas par manque d'idées, pas par manque de rage, mais parce que la survie d'une publication comme la nôtre tient à un fil. Pas de holding tchèque dans les parages. Pas de coussin de cinquante-neuf millions pour rattraper un mauvais mois. Juste des bénévoles, des lecteurs qui donnent ce qu'ils peuvent sur Tipeee, des rédacteurs qui écrivent le soir après une journée de travail, parfois blessés, parfois épuisés, mais qui tiennent parce qu'ils croient encore que dire la vérité vaut la peine, même sans un centime derrière.

C'est là toute l'injustice du système médiatique dans ce pays. Ce n'est pas une question de qualité d'écriture, ni de rigueur, ni même de pertinence des sujets traités. C'est une question d'accès. Accès au kiosque, accès à la visibilité, accès à la survie économique. Et cet accès, dans ce pays, ne va jamais dans notre direction. Les mécènes se pressent pour financer la bien-pensance, jamais pour financer ceux qui la contestent frontalement, jamais pour financer une presse qui ose dire que ce pays s'effondre sous les coups de l'immigration incontrôlée, de l'insécurité, de la trahison des élites.

Imaginez un instant ce que deviendrait une publication comme la nôtre avec ne serait-ce qu'une fraction de ces moyens. Une vraie rédaction salariée. Des enquêtes fouillées, menées sur plusieurs semaines. Une diffusion en kiosque, dans toute la France, pas seulement sur internet. Une équipe capable de répondre coup pour coup à la propagande ambiante sans s'épuiser à la tâche entre deux journées de travail. Ce n'est pas un manque de talent qui nous prive de cela. C'est un manque d'argent, purement et simplement, et cet argent ne viendra jamais nous chercher, parce que nous dérangeons trop ceux qui pourraient le donner.

Alors on nous dira que c'est la loi du marché, que les lecteurs choisissent librement, que si Franc-Tireur survit c'est parce qu'il répond à une vraie demande. Foutaises. Un journal qui peut vendre à perte pendant des années sans jamais fermer boutique n'est soumis à aucun marché. Il est soumis au bon vouloir d'un seul homme, et cet homme a ses raisons, qui n'ont rien à voir avec l'amour du journalisme. Un journal comme le nôtre, lui, est soumis chaque semaine au verdict impitoyable de la survie. Pas de filet. Pas de holding tchèque pour rattraper le coup si un mois est mauvais. Juste la sueur et la conviction.

Ce contraste dit tout de la fabrique du consentement dans ce pays. On laisse croire aux lecteurs que la presse dite modérée est le fruit d'un choix libre et éclairé, le résultat d'une vraie demande populaire, alors qu'elle est en réalité perfusée par des intérêts privés colossaux qui ont tout à gagner à ce que rien ne change vraiment. Pendant ce temps, la presse qui dérange, qui pose les vraies questions, qui refuse la langue de bois, doit se battre pour chaque euro, pour chaque abonné, pour chaque heure de travail bénévole arrachée à la fatigue et à la douleur.

Les collabos du monde moderne ne portent plus de brassard. Ils portent une carte de presse financée par un oligarque étranger, et se drapent dans la vertu pour mieux protéger le système qui les nourrit et les paie. Ils dénoncent l'apologie du terrorisme chez les autres tout en fermant les yeux sur les compromissions de leur propre camp, sur l'argent étranger qui coule dans leurs colonnes chaque semaine sans que personne n'y trouve rien à redire. Ils se disent francs-tireurs alors qu'ils tirent toujours dans la même direction, celle qui arrange leurs actionnaires et leur permet de garder leur poste douillet à Levallois-Perret.

Nous, on continuera avec les moyens du bord. Un article de retard cette semaine, peut-être deux la prochaine, mais toujours la même obstination. Parce que la vérité, contrairement à ce que ces gens veulent faire croire, ne s'achète pas avec les millions d'un magnat tchèque. Elle se construit avec de la rage, de la sincérité, et l'entêtement de ceux qui refusent de se taire, même quand tout, dans ce système, est fait pour les faire taire.

Source Jérôme Viguès cliquez ici

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dimanche, 12 juillet 2026

J’étais à la première de Murmures : un hymne à l’amour de la France éternelle

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Danielle Moulins

Riposte laïque cliquez ici

L’an passé, je n’avais pu assister à la première édition de « Murmures de la Cité », mais j’avais suivi avec attention tout le travail de sabotage de l’initiative, impulsé par la gauche locale.

Cette année, je m’étais promis d’être présente, et comme le lieu, le château appelé le nouveau Bostz, était plus près de chez moi, j’avais décidé d’y être dès le premier soir, ce vendredi 10 juillet. J’avais invité chez moi mes amis Pierre Cassen et Christine Tasin, ravis, eux aussi, de découvrir ce spectacle.

Nous avons eu l’idée de passer une première fois, aux alentours de 17 heures, pour visiter le village Napoléon mis en place. J’ai fait la connaissance de Guillaume Senet, qui m’a avoué être épuisé, ne pas avoir dormi depuis trois jours à cause de différentes tracasseries administratives et des possibles coups tordus de la gauche. Jusqu’au dernier moment, ils ont craint une interdiction qui aurait coulé leur association.

En arrivant, vers 22 heures, nous découvrons des forces de gendarmerie présentes et apprenons que les gauchistes locaux se sont distingués en balançant d’énormes bottes de paille sur la route menant au spectacle. Une opération qui nécessite une structure organisationnelle qui n’est pas à la portée du premier venu, et devrait, s’il devait y avoir une enquête, provoquer quelques gardes à vue de responsables locaux spécialisés dans ce genre de pratiques. J’apprends également, en discutant avec des jeune responsables de la sécurité, qu’ils seront obligés de monter des gardes les trois nuits du spectacle pour éviter de possibles mauvais coups.

Le spectacle a commencé à 22 heures 30 et s’est terminé à minuit passé. La première scène représentait une scène de la Résistance, et on voyait l’occupant allemand semer la terreur dans la population, avec deux drapeaux nazis sur la devanture du château. Amusée, je me suis souvenue que les censeurs de gauche avaient beaucoup insisté sur ce fait, voyant dans les 5 minutes que durait la scène l’apologie de la doctrine d’Adolf Hitler, rien de moins.

Puis nous avons eu différents tableaux de l’Histoire de France, de notre roman national. On a commencé par les Gaulois, on a fini par les deux grandes guerres du XXe siècle, en passant par Vercingétorix, Clovis, Jeanne d’Arc, Louis XIII, Louis XIV, Napoléon 1er, Napoléon III. Certains regretteront l’absence de 1789, mais c’est un choix qu’il faut respecter, on ne peut couvrir toutes les périodes en une heure et demie. Les organisateurs avaient décidé de mettre en avant également le génie français, celui de ses bâtisseurs, de ses paysans, de ses artisans, sans oublier le rôle de l’Église dans le maintien des valeurs traditionnelles, quand la France s’écroulait. Le message de transmission était assuré, tout au long des différentes scènes, par un petit garçon et une petite fille qui assistaient au sacrifice des nôtres pour sauver notre pays et ses libertés.

De nombreuses scènes de chevaux complétaient ce spectacle de son et lumière qui fut suivi, pour la première soirée, par plus de six cents personnes, sachant que mille autres sont attendues samedi et autant dimanche. Deux cents figurants, qu’on retrouvera tous dans un superbe finale, assuraient la réussite de cette grande fresque historique et artistique.

Lorsqu’on on a assisté à ce spectacle, qui est un hymne à la France éternelle qui a toujours su ressurgir quand on la croyait au fond du trou, on ne peut que serrer les poings de rage quand on sait les efforts de quelques militants locaux pour faire vivre ces pans d’histoire du Bourbonnais, et la volonté destructrice d’une gauche anti-France qui ne supporte pas qu’un spectacle glorifie et valorise l’histoire de notre pays et de la région.

Je ne peux que remercier « Murmures de la Cité », et souhaiter une bonne réussite pour les deux prochains spectacles.

Murmures de la Cité cliquez ici

samedi, 11 juillet 2026

Marine Le Pen, la volonté contre les idées

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Balbino Katz

Après mon séjour en Provence, j’ai fait une escapade en terre de Flandre, comme il m’arrive d’en accomplir une selon un rythme à peu près décennal. L’âge nous impose ainsi ses pèlerinages. Il existe une horloge secrète qui, tous les dix ans, sonne le retour vers les paysages où notre jeunesse a laissé quelque chose d’elle-même. On croit visiter des lieux ; ce sont eux qui nous attendent.

Mon premier voyage dans le Nord remontait à 1976, au lendemain du baccalauréat. Mon père m’avait conduit jusqu’à la tour de l’Yser, à Dixmude, point culminant de l’IJzerbedevaart, le pèlerinage annuel qui rassemblait alors la fine fleur du nationalisme flamand. On y croisait, par affinité et parfois par simple goût de l’aventure, des Bretons, des Corses, des Catalans, des Basques et quantité de jeunes gens appartenant à des chapelles plus ou moins droitières, plus ou moins sérieuses, qui donnaient libre cours à leurs fantaisies durant quarante-huit heures.

Le rassemblement, né après la Grande Guerre autour du souvenir des soldats flamands et de la revendication d’autonomie, était devenu l’une des grandes liturgies du mouvement flamand. Le mot de liturgie n’est pas excessif. Il y avait des drapeaux, des chants, des morts invoqués, des serments, une tour dressée dans le plat pays comme un clocher politique. Toutes choses qui paraîtraient aujourd’hui incongrues, sinon suspectes, tant notre époque redoute les cérémonies qu’elle n’a pas inventées.

En montant vers la Flandre, nous avions fait quelques haltes. L’une d’elles nous avait conduits devant la maison de Dominique Venner, retirée au milieu d’une forêt. L’essayiste n’avait pas trouvé cinq minutes à nous accorder. Il nous avait salués sur le pas de sa porte, puis congédiés sans autre cérémonie. Cette réception un peu sèche ne nous détourna pas de notre itinéraire mémoriel : quelques kilomètres plus loin, à Abbeville, nous attendait un rendez-vous autrement symbolique.

Nous voulions nous recueillir devant le kiosque à musique où vingt et un prisonniers avaient été massacrés par des soldats français, le 20 mai 1940, dans la panique de la débâcle. Parmi eux se trouvait Joris Van Severen, fondateur du Verdinaso et l’une des grandes figures du nationalisme flamand de l’entre-deux-guerres. Arrêté en Belgique, transporté en France, il avait été abattu sans jugement avec des hommes et des femmes que réunissait surtout le malheur d’être devenus suspects au mauvais moment.

Devant ce kiosque silencieux, la pensée me vint que les morts sont parfois plus accueillants que les vivants.

La halte suivante fut le cimetière militaire allemand de Langemark, à quelques lieues de Dixmude. Sous de grands arbres, dans une paix presque champêtre, reposent des dizaines de milliers de soldats allemands. Parmi eux figurent plusieurs milliers de jeunes volontaires, dont nombre d’étudiants, fauchés dans les combats d’octobre et de novembre 1914. L’Allemagne fit plus tard de leur sacrifice le mythe de Langemarck, celui d’une jeunesse instruite et ardente montant au feu avec davantage d’enthousiasme que d’expérience.

La réalité fut moins lyrique. Des régiments hâtivement constitués furent jetés contre des troupes aguerries, dans la boue des Flandres. Dans ce même vaste charnier, un peu plus au nord, les fusiliers marins de l’amiral Ronarc’h, dont beaucoup venaient de Bretagne, défendaient Dixmude avec une opiniâtreté devenue légendaire. Des jeunes Européens tuaient d’autres jeunes Européens au nom d’États qui, quelques décennies plus tard, recommenceraient la besogne avec des moyens autrement considérables.

Devant les pierres sombres de Langemark, la grandiloquence patriotique perd beaucoup de son lustre. On mesure ce que les nationalismes d’État lancés dans la guerre industrielle ont coûté à notre continent : non seulement des millions de morts, mais une sélection à rebours qui emporta souvent les plus courageux, les plus instruits et les mieux disposés au sacrifice.

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mardi, 07 juillet 2026

Rétablir la peine de mort : une rupture nécessaire avec l’idéologie dominante

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Jean-Yves Le Gallou Polémia cliquez ici

La peine de mort est un des tabous du politiquement correct de notre époque. Fustigée par la caste politico-médiatique, elle continue pourtant à être réclamée par une grande partie du peuple français, malgré une propagande officielle très puissante. Cette semaine, Emmanuel Macron a pris la parole à ce sujet : « La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Ça a été montré, observé, mesuré. Ça n’a jamais eu la notion dissuasive que certains pouvoirs autoritaires voudraient lui accorder. » Pour répondre à Emmanuel Macron, et à tous ceux qui persistent à nier l’intérêt de la peine capitale, nous republions ce jour cette communication prononcée par Jean-Yves Le Gallou à la XXIIe université annuelle du Club de l’Horloge, le 30 septembre 2006.

Polémia

L’abolitionnisme : une figure imposée de l’idéologie dominante

Il est courant de lire que « nous vivons à l’ère de la fin des idéologies ». Et pourtant cette affirmation est un contresens absolu.

Comme l’a remarquablement souligné l’historien Dominique Venner, dans « Le Siècle de 1914 », nous ne vivons pas dans un monde a-idéologique mais, au contraire, dans « un monde saturé d’idéologies », et, en ce qui concerne plus particulièrement l’Europe, d’idéologies culpabilisatrices et incapacitantes.

L’abolition de la peine de mort est au cœur de ce dispositif idéologique auquel est soumis ce que nos voisins suisses appellent le « Gué Pé U », le « Grand Parti unique ». Au sein de ce grand parti unique, il n’est pas possible de faire carrière sans adhérer aux dogmes dominants : l’abolition de la peine de mort en est un, la Tyrannie médiatique étant le moyen utilisé pour refuser tout débat contradictoire selon le schéma suivant :

  • les membres de la classe médiatique sont unanimement favorables à l’abolition de la peine de mort (et ceux qui ne le sont pas n’ont pas la possibilité de s’exprimer sur le sujet) ;

  • les armes utilisées pour imposer ce point de vue sont celles de L’INDIGNATION, de la DIABOLISATION dont Robert Badinter continue de jouer admirablement dans son dernier livre (« Contre la peine de mort ») où il se veut toujours « aux cotés des femmes lapidées en Afghanistan, des hommes fusillés dans les stades en Chine (…), des enterrés vifs pour adultère en Iran, des homosexuels pendus en Arabie saoudite, des mineurs pénaux et des débiles mentaux empoisonnés, gazés, électrocutés aux États-Unis ».

Le rythme des phrases, le choix des lieux, l’accumulation des adjectifs, tout relève d’un art oratoire visant à tétaniser la raison et à interdire toute réplique en jouant exclusivement sur la sensibilité : l’avalanche d’évocations émotionnelles visant à empêcher le libre exercice critique de la pensée.

Il y a aussi une autre méthode pour imposer l’idéologie dominante : tout simplement celle du silence. Pourquoi donner la parole aux partisans de la peine de mort puisque le débat est réputé clos ? Pourtant la meilleure preuve qu’il n’en est rien, ce sont les abolitionnistes eux-mêmes qui la donnent en renouvelant régulièrement les campagnes médiatiques qu’ils inspirent contre la peine de mort. La vérité c’est que le débat sur la peine de mort reste un débat d’avenir.

Le débat sur la peine de mort est un débat d’avenir

Le débat sur la peine de mort a fait rage, en France, dans les années 1970. Cette période s’est achevée, en 1981, par le vote de la loi Badinter d’abolition.

Les abolitionnistes ont gagné la bataille, puis clos le débat, autour de trois arguments :

  1. le spectre de l’erreur judiciaire (« Le Pullover rouge », de Gilles Perrault) ;

  2. le caractère non dissuasif de la peine (selon Robert Badinter, Patrick Henry, futur assassin, se trouvait parmi la foule qui, au Palais de justice de Troyes, réclamait la mort pour Buffet et Bontemps) ;

  3. l’avancée inéluctable des démocraties vers l’abolitionnisme.

Le débat est aujourd’hui rouvert, car aucun de ces arguments, qu’il soit émotionnel (l’erreur judiciaire) ou d’autorité (le manque de dissuasion, le sens de l’histoire), ne tient face aux faits.

La thématique de l’erreur judiciaire n’est pas réellement pertinente

L’évocation du risque d’erreur judiciaire est centrale aux Etats-Unis dans le combat des abolitionnistes ; elle s’appuie sur les faiblesses du système judiciaire américain. Elle se heurte toutefois à une limite factuelle : jusqu’ici la justice américaine n’a jamais reconnu comme innocent quelqu’un qui aurait été préalablement exécuté. Il est vrai que la multitude des procédures de recours limite les risques.

En France la même thématique a été reprise par Jacques Chirac. Dans la réponse qu’il a apportée à l’association « Ensemble contre la peine de mort », le 21 juin 2001, le président de la République a déclaré : « C’est un combat qu’il faut mener avec détermination et conviction. Car nulle justice n’est infaillible et chaque exécution peut tuer un innocent. »

L’écrivain d’extrême gauche Gilles Perrault a beaucoup exploité cette rhétorique à travers un livre et un film « Le Pullover rouge », œuvres de fiction censées innocenter, par la mise en avant de cet élément vestimentaire troublant, Christian Ranucci, exécuté le 28 juillet 1976 pour l’enlèvement et le meurtre d’une fillette. Mais le montage cinématographique ne résiste pas aux faits :

  • Ranucci a conduit lui-même les enquêteurs sur les lieux où il avait enterré l’arme du crime ;

  • Un pantalon maculé de sang (du même groupe que sa victime) et un cheveu semblable à celui de sa victime ont été retrouvés dans sa Peugeot.

Au demeurant, le problème de l’erreur judiciaire n’est pas celui de la peine, il est celui de la preuve

La justice est une institution humaine et par conséquent faillible. L’existence d’erreurs judiciaires est donc inéluctable. Or, leur gravité peut être considérable et pas seulement dans le cas de la peine de mort : priver un homme de liberté lorsqu’il est innocent peut le conduire au suicide. C’est ainsi que l’un des accusés innocents d’Outreau mit fin à ses jours. Faut-il pour autant supprimer toute forme de détention préventive ?

Non, mais il faut être plus exigeant en matière de preuve, et de preuves matérielles : en histoire comme en criminologie, les témoignages et les aveux sont fragiles et sont faillibles. On ne peut s’en contenter. Au demeurant, les progrès de la criminologie, notamment dans le domaine génétique, permettent souvent (pas toujours) d’étayer les présomptions discutables de faits matériels. Si la justice doit progresser, c’est moins en abaissant l’échelle des peines ou en en supprimant la clé de voûte qu’en étant plus exigeante avec elle-même en termes de faits objectifs (et non subjectifs). C’était déjà le point de vue des philosophes du XVIIIe siècle, qui ne remettaient pas tous en cause le châtiment suprême mais s’attachaient à la critique rigoureuse de l’établissement des faits et des procédures qui pouvaient justifier la sanction pénale.

Par nature irréversible, la peine de mort ne devrait pouvoir être appliquée qu’à des crimes pour lesquels les preuves matérielles seraient suffisamment fortes et nombreuses pour ôter tout doute sérieux et légitime. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que, tout en l’encadrant de plus en plus soigneusement, beaucoup de pays ne renoncent pas à la peine de mort.

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Discriminations anticatholiques au Prytanée militaire ?

Prytanee-militaire.jpgAlain Sanders

Le Prytanée national militaire de La Flèche occupe une place singulière dans le paysage éducatif français. Héritier d’une longue tradition remontant à Henri IV, il conjugue excellence académique, formation militaire et transmission des valeurs nationales. Pourtant, depuis plusieurs années, certains anciens élèves, familles et personnels dénoncent une « évolution » préoccupante : l’apparition de discriminations à l’égard des élèves et des personnels de confession catholique.

Ces accusations soulèvent une question sensible : où se situe la frontière entre l’application du principe de laïcité et une atteinte manifeste à la liberté religieuse ?

Le Prytanée est installé dans un ancien collège jésuite, dont la chapelle royale constitue l’un des éléments patrimoniaux majeurs. Pendant des décennies, la pratique religieuse catholique a coexisté avec les exigences de neutralité de l’État. Des messes étaient proposées aux élèves volontaires, des aumôniers militaires assuraient un accompagnement spirituel et les grandes cérémonies religieuses rythmaient encore récemment certains temps de la vie de l’établissement.

Comme dans l’ensemble des armées françaises, l’aumônerie militaire répond à un principe inscrit dans le droit : permettre aux militaires et aux élèves militaires d’exercer librement leur religion malgré les contraintes du service.

Selon plusieurs témoignages d’anciens élèves et de familles, cette tradition a progressivement laissé place à une interprétation plus restrictive de la laïcité.

Les griefs évoqués concernent notamment une diminution de la visibilité des activités de l’aumônerie ; des difficultés d’organisation pour certaines célébrations religieuses ; des remarques dépréciatives envers les élèves pratiquants ; un climat où l’expression d’une foi catholique serait davantage perçue comme un « engagement idéologique » que comme une conviction personnelle.

Ces « évolutions » produisent un sentiment d’autocensure : certains élèves renonceraient à participer aux activités religieuses ou éviteraient d’afficher leur foi afin de ne pas être marginalisés.

Sur le plan juridique, la situation est plus nuancée. La loi de 1905 garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, sous réserve du maintien de l’ordre public. Dans les établissements relevant du ministère des Armées, cette liberté est assurée notamment grâce aux aumôneries militaires. Le principe de neutralité s’impose aux agents publics dans l’exercice de leurs fonctions. En revanche, les élèves ne sont pas soumis aux mêmes obligations (sauf lorsque certaines restrictions sont justifiées par les nécessités du service ou de la discipline militaire). Ainsi, le simple fait pour un élève d’assister à une messe ou de pratiquer sa religion ne saurait, en lui-même, constituer un manquement au principe de laïcité.

La direction des établissements militaires met régulièrement en avant une lecture différente. Selon cette approche, les éventuelles limitations apportées aux activités religieuses relèvent d’impératifs d’organisation, de sécurité ou d’égalité de traitement entre toutes les confessions. Les responsables rappellent également que le Prytanée accueille des élèves de convictions très diverses et qu’aucune religion ne peut bénéficier d’un traitement privilégié. Cette interprétation laïcarde conduit à réduire la visibilité de pratiques historiquement très présentes, ce qui peut être vécu par certains comme une forme d’effacement militant de l’identité catholique de l’établissement.

En droit, la discrimination suppose une différence de traitement fondée sur un critère prohibé — ici la religion — et produisant un désavantage injustifié. C’est le cas avec un refus récurrent d’accès à certaines activités en raison de la religion ; des sanctions disciplinaires sournoisement liées à la pratique religieuse ; des propos ou des comportements hostiles caractérisés. Nous sommes ainsi en présence d’une laïcité d’effacement cherchant à rendre la religion catholique quasiment invisible dans l’espace public. La volonté affichée d’éviter « toute apparence de préférence religieuse » conduit à restreindre excessivement les manifestations ordinaires de la foi catholique.

La découverte, sur un document de Parcoursup d’une mention classant « l’inscription dans établissements hors contrat » parmi les « critères éliminatoires » des préparations du Prytanée militaire de La Flèche traduit la volonté scandaleuse (on est dans une nouveau scandale des Fiches) de chasser les élèves du hors contrat catholique de l’Armée. Catherine Vautrin, qui est faite pour être ministre des Armées comme moi pour être Petit Rat de l’Opéra, annonce le déclenchement d’une enquête sur cette « situation totalement inacceptable ». Attendons pour voir…

Source EuroLibertés cliquez ici

NDLR SN : On nous fait savoir que, suite au recours déposé par la Fondation Créer son école, cette décision serait suspendue et que les candidats discriminés seront intégrés.

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dimanche, 05 juillet 2026

De Belfast à Rome : le numéro d’été de Synthèse nationale ausculte le réveil identitaire du continent

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Breizh info cliquez ici

La revue trimestrielle Synthèse nationale, fondée en 2006 par Roland Hélie, publie son 74e numéro à l’occasion de l’été 2026. La livraison coïncide avec les vingt ans de la publication, qui seront célébrés en octobre. Vendu 12 euros, ce numéro de 84 pages place la question identitaire européenne au cœur de sa ligne éditoriale, avec une couverture qui décline les foyers de mobilisation du moment : « De Belfast à Varsovie, de Stockholm à Rome, de Londres à Madrid, de Tours à Narbonne. »

Un numéro anniversaire tourné vers le « combat des idées »

Dans son éditorial, Roland Hélie revient sur deux décennies d’existence de la revue et développe sa lecture de la situation française et européenne, qu’il juge « au bord de l’implosion ». Le directeur de publication y défend l’idée que l’idéal national et identitaire, longtemps marginalisé selon lui, s’impose désormais comme une alternative crédible dans la perspective de la présidentielle de 2027.

Le sommaire alterne analyses politiques, chroniques et recensions. Pieter Kerstens signe une tribune sur l’immobilisme de la classe politique, tandis que Philippe Randa consacre sa chronique aux « petits » candidats de la prochaine présidentielle et à leur difficulté à réunir les cinq cents parrainages.

La remigration et l’international en fil rouge

Plusieurs contributions traitent des thématiques migratoires et internationales. La revue consacre un article à la remigration, présentée à travers l’ouvrage récent de Jean-Yves Le Gallou et la mobilisation romaine du 13 juin organisée par le comité Remigrazione e Riconquista. Michel Festivi développe une analyse critique de La France insoumise, et Maurice Bernard commente la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU du 25 mars sur la traite atlantique.

Le numéro accorde par ailleurs une place à la question de l’intelligence artificielle, avec un article d’Alexis Murbas revenant sur l’encyclique Magnifica humanitas du pape Léon XIV et sur les inquiétudes exprimées outre-Atlantique par une partie de la mouvance MAGA.

Un décryptage des émeutes de Belfast

L’analyse des émeutes survenues à Belfast en juin est reprise dans un article de Martine Heldé, qui cite longuement le décryptage livré sur Breizh-Info puis sur CNews. La revue souligne l’approche « froide et distanciée » adoptée pour comprendre ces événements, en distinguant plusieurs réalités superposées : une colère sociale présente des deux côtés des murs de séparation, une mobilisation concentrée dans les quartiers loyalistes, et une dynamique anti-immigration distincte en République d’Irlande. La conclusion insiste sur l’absence de débat démocratique organisé en amont sur l’immigration au sein des sociétés européennes.

Culture, histoire et hommages bretons

La partie culturelle du numéro comprend une critique du dernier album La longue marche de Lucky Luke de Matthieu Bonhomme, jugée sévèrement pour son orientation idéologique, ainsi qu’une chronique cinéma de Scipion de Salm consacrée au film Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli, sur les trajectoires de Jean et Corinne Luchaire sous l’Occupation.

Youenn Caouissin y signe un hommage à l’abbé Yann-Vari Perrot, recteur de Scrignac assassiné en 1943, à l’occasion d’une journée du souvenir organisée par l’association Feiz ha Breizh le lundi de Pâques. Les rubriques habituelles — recensions de Georges Feltin-Tracol, biographies littéraires de Daniel Cologne — complètent le sommaire, aux côtés d’un compte rendu de la vie de l’association et de sa « Bio Collection », dont le neuvième volume est consacré à Augusto Pinochet.

Le numéro 74 de Synthèse nationale est disponible au numéro et sur abonnement auprès de la revue, ainsi que sur le site synthese-editions.com.

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www.breizh-info.com

NDLR SN : En Bretagne, on a deux chances, celle, justement, d'être en Bretagne et celle d'avoir Breizh info... Que notre confrère soit ici remercié pour ce bel article.

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vendredi, 03 juillet 2026

La désespérance des Français face aux politiciens de l’impuissance

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Yves Thréard

Que reste-t-il du rêve français ? À dix mois de l’élection présidentielle, l’étude de la Fondapol que présente Le Figaro donne un sombre tableau de l’état de la nation. Le moral est au plus bas et l’inquiétude au plus haut. Le fond de l’air est lourd, plombé par des crises multiples : migratoire, identitaire, industrielle, sécuritaire, sociale, environnementale, politique, générationnelle… La mondialisation est clouée au pilori. La crainte de voir chuter son niveau de vie est grande. Mais domine surtout la peur que la France ne soit plus la France. Que ses traditions, sa culture, son art de vivre disparaissent. Que son avenir comme son histoire lui échappent. Qu’elle soit dépossédée de sa singularité. Qu’elle éclate en mille morceaux…

Pour vaincre le pessimisme ambiant, la classe politique actuelle paraît bien mal placée. Jugée désespérante, elle est tenue pour responsable du marasme. On ne peut s’en étonner. Manque d’audace, de volonté, de courage ? Les trotte-menu de la décadence, les politiciens de l’impuissance, les farfadets de l’abandon, comme les appelait le général de Gaulle en son temps, sont sur le banc des accusés. De droite comme de gauche ou du centre, les partis dits de gouvernement inspirent une immense méfiance. Emmanuel Macron, le dégagiste de 2017, pourrait-il avoir un successeur ? Nombre de Français, selon la Fondapol, veulent tourner la page. Les clivages se radicalisent. Les extrêmes montent. Mais LFI, où la tentation insurrectionnelle est grande, est considéré comme beaucoup plus dangereux que le Rassemblement national.

Dans le maelström d’incertitudes qui les inquiète, les Français restent néanmoins attachés à l’Europe. Et affirment leurs trois priorités : moins d’impôts et de normes, une industrie et une agriculture qui marchent et un étroit contrôle de l’immigration. Trois objectifs ambitieux, mais à la portée d’un futur président lucide et pragmatique. À condition qu’il ne soit pas rattrapé par un penchant égotique et qu’il parvienne à composer avec une majorité ou des majorités dans la foulée de son élection. Impossible n’est pas français.

Source : Le Figaro 3/7/2026

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mercredi, 01 juillet 2026

Les 7 péchés capitaux de la justice

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Envahissante, progressiste, partiale et partisane, liberticide, opaque, irresponsable et débordée. Rendre la justice est difficile. Et beaucoup de juges s’y essaient du mieux possible. Mais le système judiciaire est fondamentalement vicié.

Jean-Yves Le Gallou

Une justice envahissante

La justice est envahissante par nature : l’inflation législative et réglementaire, tout comme l’inscription de principes généraux dans la Constitution, multiplient les occasions d’intervention des juges. Dans le même temps, leurs jurisprudences élargissant les concepts de responsabilité — sauf pour eux-mêmes — et la fixation d’indemnités généreuses pour les plaignants encouragent des dépôts de plainte de plus en plus nombreux.

Une justice progressiste

La justice est progressiste par construction ; elle poursuit dans cette voie depuis l’époque Badinter, en 1981, et son cabinet constitué de militants du Syndicat de la magistrature. Un syndicat qui inspire largement l’enseignement délivré à l’École nationale de la magistrature, sans même parler des épreuves de recrutement.

Une justice partiale et partisane

« Pour la femme contre le mari, pour le locataire — ou le squatteur — contre le propriétaire, pour l’employé contre le patron » : la harangue de Baudot, à l’origine du Syndicat de la magistrature, hante les prétoires. On pourrait ajouter : pour le cambrioleur contre le citoyen qui se défend.

Quant aux conflits matrimoniaux ou familiaux, beaucoup d’hommes ont l’impression de ne pas avoir toutes leurs chances dans le cadre d’un procès équitable de la part d’un corps très féminisé. Sur le plan politique, le deux poids, deux mesures est au rendez-vous : qui, à gauche, en face des procès à grand spectacle — et à grands frais — faits à Fillon, Sarkozy ou Le Pen ? Et, sur les bords du spectre, il vaut mieux être un agresseur violent d’extrême gauche qu’un pacifique lanceur d’alerte identitaire. Le crime contre la pensée est davantage réprimé que la violence physique.

Une justice liberticide

Le juge a longtemps été présenté comme protecteur des libertés : il l’est encore s’agissant de l’application de la grande loi sur la presse de 1881. Mais celle-ci est de plus en plus contournée par des lois adjacentes sur le « séparatisme » ou le « harcèlement ». Des textes pénaux que les juges devraient interpréter de manière restrictive et non extensive, comme ils le font, au risque de graves dérives — affaire #Tegner.

Une justice opaque

L’anonymat judiciaire est tel qu’il n’est pas toujours facile de savoir — à rebours de toute courtoisie — qui va vous juger, ou juger votre client pour un avocat, et même, a posteriori, qui vous a jugé. Obtenir la copie provisoire d’un jugement est parfois un véritable défi, surtout quand le temps est compté pour introduire — ou non — un recours. Enfin, la justice est rendue au nom du peuple français, mais celui-ci peut difficilement — sauf pour les tribunaux administratifs — accéder aux jugements. Ce qui est un déni de transparence.

Une justice irresponsable

Concernant la sécurité, la justice — dans la logique de la défense sociale nouvelle — se place davantage du point de vue du délinquant à réinsérer que de celui de la société à protéger. Il en va de même s’agissant de l’immigration, question pour laquelle les tribunaux administratifs et judiciaires font souvent prévaloir le point de vue de l’étranger — même délinquant, même clandestin — plutôt que l’intérêt général de la communauté nationale.

L’irresponsabilité est aussi individuelle : même sans faute, la justice est sévère lorsqu’elle met en cause la responsabilité des chefs d’entreprise, des encadrants sportifs ou des médecins, mais elle a fait de l’indulgence pour les siens un dogme. Qui gardera les gardiens ?

Une justice débordée

Méfiante vis-à-vis des innovations techniques, peu agile en informatique, terrorisée par l’IA, la justice est progresso-vieillotte : progressiste dans son idéologie, vieillotte dans ses méthodes. Elle est vite débordée, comme on l’a vu tristement pour les meurtres de #Lyhanna et #Louis.

Comment en sortir ?

Par le rappel que l’autorité judiciaire n’est pas un pouvoir, mais, comme le voulait la Constitution de 1958 du général de Gaulle, une institution respectant la souveraineté nationale.

Par un changement de politique judiciaire remettant au premier plan la sécurité des Français et la protection des frontières de la France. Par un choc abrogatoire supprimant les dispositions juridiques encombrantes, nuisibles ou liberticides.

Par le renforcement des moyens de la justice, grâce au recrutement de magistrats hors de la logique idéologique de l’ENM. Par une transparence accrue des décisions prises.

Source Polémia cliquez ici

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mardi, 30 juin 2026

Tribune libre : À Laurent Nuñez après la mort de Louis : et si c’était votre fils ? Lettre ouverte au ministre qui a peur de la colère populaire plus que des assassins

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Notre confrère et néanmoins ami Yann Vallerie de Breizh info cliquez ici publie cette lettre ouverte ce matin à l'attention de Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur.

Monsieur le ministre,

Vous avez trouvé le mot. Pendant qu’un adolescent de dix-sept ans agonisait quatre jours durant après avoir été roué de coups dans un guet-apens, pendant qu’une mère apprenait que son enfant ne se relèverait pas, vous, depuis le confort feutré d’une interview au Parisien, vous avez trouvé le mot qui résume votre fonction et votre époque : « exploitation » ou « récupération ».

L’extrême droite « exploiterait » la mort de Louis. Voilà votre première préoccupation. Pas les coups. Pas le guet-apens. Pas les images du crime diffusées comme un trophée. Non : la crainte que des Français en colère ne s’en emparent. Vous êtes ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire des morts violentes de ce pays, et votre réflexe devant un cadavre d’enfant n’est pas de désigner les bourreaux, mais de surveiller ceux qui pleurent.

Alors permettez à un père de vous répondre, sans filtre et sans la componction de vos éléments de langage.

Oui, je voudrais qu’on « récupère »

Vous voulez savoir ce que je ferais, moi, si l’on me rendait un jour mon fils ou ma fille brisé sur un chantier, laissé pour mort comme un déchet, violé par un migrant que vos autorités auraient laissé rentrer sur le territoire sans demander mon avis ? Je vais vous le dire, puisque vous semblez ne pas comprendre.

Oui, je voudrais que sa mort serve. Oui, je voudrais qu’on la « récupère », qu’on l’« exploite », qu’on la brandisse. Je voudrais qu’elle déborde de vos communiqués et de vos cellules psychologiques. Je voudrais qu’elle mette des dizaines de milliers de gens dans la rue, qu’elle empêche de dormir, qu’elle dérange vos dîners et vos plateaux. Je voudrais que son nom devienne un caillou dans la chaussure de chaque responsable qui, depuis trente ans, a préféré la paix sociale de façade au courage de nommer le réel.

Vous appelez cela de la récupération. Moi j’appelle cela de la dignité. Une société qui ne se met plus en colère devant l’assassinat de ses enfants, qui ne se révolte pas, qui ne demande pas des comptes, brutalement s’il faut, à ses dirigeants, n’est pas une société apaisée : c’est une société morte, qui a simplement cessé de sentir. Le scandale, monsieur le ministre, ce n’est pas l’émotion populaire. Le scandale, c’est qu’il faille la justifier devant vous.

Le vrai exploiteur, c’est le silence

Vous nous expliquez doctement qu’il n’y a « pas de caractère raciste avéré ». Soit. Encore qu’il y aurait tant et tant à redire sur le sujet, alors que toute une partie de la jeunesse est, par la faute des autorités, sous influence culturelle extra européenne permanente (la culture rap, la culture racaille, américano-africaine pour faire simple) quand elle n’est pas elle-même issue de ses continents. Mais je ne vous parle pas de la couleur des assassins, je vous parle de votre couleur à vous : celle d’un pouvoir qui a fait du déni une méthode de gouvernement. Vous concédez, du bout des lèvres, votre inquiétude devant « la montée de la violence chez les jeunes », devant « cette violence totalement débridée ». Débridée par qui ? Tombée du ciel ?

Cette violence n’est pas un climat. Elle est le produit d’une politique. De votre politique, et de celles de vos copains et amis. De décennies de renoncements, de lois molles, de juges entravés, de frontières-passoires, de quartiers abandonnés, d’une autorité que vous avez vous-mêmes désarmée au nom d’on ne sait quelle modernité. Vous avez construit, brique après brique, la maison qui s’effondre aujourd’hui sur nos enfants — et vous venez nous reprocher de pleurer trop fort dans les décombres.

Ceux que vous accusez de « récupération » sont précisément ceux qui, depuis des années, vous avertissaient. Qui dénonçaient. Qui proposaient. On les a traités d’infréquentables, de paranoïaques, de prophètes de malheur, de racistes, d’extrémistes, alors qu’ils avaient raison depuis des décennies. Et chaque fait divers leur donne raison avec une régularité de métronome. La faute n’est pas la leur. Elle n’est pas la nôtre. Elle est la vôtre, exclusivement la vôtre, et celle de cette caste qui se croit plus républicaine que le peuple dont elle se réclame.

Regardez, pour une fois

Vous vous prétendez les gardiens de la République. Mais la République, monsieur le ministre, ce n’est pas un totem que l’on agite pour faire taire les inquiets. C’est un contrat : votre protection contre notre obéissance. Vous avez rompu votre part. Vous avez encaissé l’obéissance et vous avez cessé de protéger.

Alors je n’ai qu’une exigence, et elle n’est pas tendre. Cessez de regarder la foule avec méfiance et regardez plutôt ce qu’elle regarde. Mettez le nez dans ce que votre gestion a produit. Certes, ça pue. Descendez de l’estrade des donneurs de leçons et venez constater, à hauteur de trottoir, l’état réel du pays. Les Français ne demandent pas votre compassion télévisée. Ils demandent que ça s’arrête. Et le jour où vous craindrez davantage les assassins que les manifestants, ce jour-là seulement, vous serez redevenu un ministre de l’Intérieur.

En attendant, gardez votre mot. Nous garderons nos morts. Et nous n’oublierons aucun des deux.

Yann Vallerie :

un père, parmi des millions.

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Péril en la demeure

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A l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence (2-3-4/07), Jean-Hervé Lorenzi, 79 ans, son président, interpelle les politiques sur leur « déni » face à l’enjeu démographique.

Le Figaro – « Naviguer dans un monde sans repères ». Pourquoi avoir choisi ce thème pour les Rencontres économiques d’Aix 2026 ?

Jean-Hervé Lorenzi. - Parce que c’est l’évidence du moment. Nous sommes entrés dans une période où la violence est partout : au niveau international, européen, national, et jusque dans la vie quotidienne. Qui aurait imaginé, il y a vingt ans, qu’on serait incapables de construire un avion de combat franco-allemand ? Sur tous les sujets, on observe des rejets, des crispations. Les repères sont précisément ce qui permet d’apaiser, d’ordonner, de calmer une société. Or, nombre d’entre eux ont volé en éclats. Les Rencontres d’Aix veulent donc essayer de redonner un cadre de compréhension et d’action, sur les grands sujets internationaux, économiques et sociaux.

Qu’est-ce qui a le plus volé en éclats, comme vous le dites, ces trente dernières années ?

D’abord, l’idée qu’il existait une trajectoire presque naturelle du progrès. Nous pensions que la technologie, l’accumulation des savoirs et la montée des classes moyennes allaient mécaniquement améliorer les sociétés. C’était, pour parler comme les économistes, le vieux monde fordiste. Tout cela n’existe plus. Les inégalités patrimoniales et de revenus se sont accrues, les tensions aussi. Et désormais, la technologie elle-même bouleverse le travail, donc les vies.

Assiste-t-on à une succession de crises ou à un changement d’époque plus profond ?

Je n’aime plus beaucoup le mot de « crise », tant il a été galvaudé. Ce que nous vivons est plus grave : une transition d’époque extrêmement dangereuse, qui bouleverse l’ensemble de nos repères. Ce n’est pas un simple accident de parcours, c’est effectivement un changement profond de monde.

Les économistes doivent-ils désormais intégrer davantage la géopolitique à leur réflexion ?

Bien sûr. La géopolitique structure désormais les relations économiques internationales. Quand on voit monter un acteur comme le chinois BYD, ou quand on s’interroge sur notre capacité à produire des batteries en France, on est au cœur de sujets géostratégiques. Mais il faut aller plus loin : il faut aussi réintroduire massivement les sciences humaines, et d’abord la philosophie. Car derrière l’économie, il y a une question de valeurs : sur quel monde veut-on fonder les relations entre les êtres humains ? Nous pensions que certains socles (comme le respect, la civilité, les partis politiques…) tenaient encore. Ce n’est plus le cas.

L’Europe pèse-t-elle encore dans ce nouveau monde ?

Il faut sortir du discours convenu. Oui, l’Europe reste un marché immense. Mais elle n’est plus une grande puissance industrielle forte. Et surtout, elle pèse moins parce qu’elle n’est pas réellement unie. Ce qui fonctionne aujourd’hui, ce sont souvent des coopérations plus souples, parfois en dehors même du cadre classique de l’Union européenne. Il faut sans doute penser une Europe nouvelle, fondée sur des convergences concrètes entre grands pays, avec plus de flexibilité et d’efficacité.

L’économie française vivote depuis plusieurs années. La dette est-elle son principal problème ? 

La dette est un problème sérieux, et il faut la stabiliser; mais ce n’est pas notre principal problème. Le grand sujet français, c’est le vieillissement, parce qu’il va bouleverser la structure de la société. Entre santé, retraites et dépendance, et à conditions inchangées, son coût pour les finances publiques dépassera 30 milliards d’euros par an à l’horizon 2030. C’est colossal.

Et pourtant cela semble rester un angle mort dans le débat public…

C’est pire qu’un angle mort, c’est un déni absolu de la part de ceux qui nous gouvernent ! Alors que c’est un véritable péril, pour trois raisons. D’abord, je le redis, parce qu’il coûte très cher. Ensuite, parce qu’une société vieillissante est une société qui a davantage tendance à se figer. Ce ne sont pas les plus de 70 ans qui créent massivement des entreprises. Enfin, parce que l’épargne est de plus en plus concentrée entre les mains des retraités qui, très logiquement, prennent moins de risques. Résultat : cet argent finance encore trop peu l’économie productive. Le vrai enjeu, c’est donc un transfert vers la jeunesse, vers la formation, l’apprentissage, l’innovation.

Votre dernier ouvrage « Guerre et Paix, entre profits et salaires » (Odile Jacob, 2026), souligne un tiraillement persistant. Comment le résoudre ?

Le livre bâtit une réforme fiscale complète qui met en œuvre huit principes permettant de répartir l’ensemble des prélèvements obligatoires favorables à la connaissance et au dynamisme de la jeunesse. Il défend une idée simple : une économie fonctionne durablement quand elle maintient un équilibre entre revenus du travail et revenus du capital. Historiquement, la règle de deux tiers pour les salaires et d’un tiers pour les profits a été efficace. Quand cette proportion se déforme trop, la croissance s’affaiblit et les tensions augmentent. Nous y sommes. Pour retrouver un équilibre, il faut une fiscalité plus efficace, capable à la fois de protéger les classes moyennes et d’alléger les contraintes pesant sur les petites entreprises. Il faut aussi mieux mobiliser les transmissions patrimoniales et le foncier.

Quelles sont les raisons d’être optimistes pour l’avenir ?

D’abord une conviction simple : le pire n’est jamais certain. Les sociétés humaines ont souvent basculé dans la violence, mais elles savent aussi inventer des formes nouvelles d’apaisement. Il y a ensuite les jeunes, probablement la clé pour demain. Je crois qu’ils aspirent moins à la guerre qu’à l’insertion, au progrès, à une vie professionnelle et personnelle construite. La jeunesse peut porter une vision plus proactive, plus positive, plus ouverte du monde qui vient. Encore faut-il lui donner les moyens d’agir. Je considère comme absurde d’avoir rogné sur l’apprentissage, tout en maintenant certains avantages fiscaux peu justifiables pour les retraités.

Dans le cas français, j’ai une raison supplémentaire d’être optimiste : le retour de l’esprit d’invention. La France a longtemps été un grand pays d’ingénieurs et d’innovateurs, avant de croire que le tourisme et la finance suffiraient et de se désindustrialiser. Je vois aujourd’hui un rebasculement. Il se passe quelque chose dans l’IA, le spatial, les semi-conducteurs, les biotechnologies. Cette envie d’être acteur du monde qui vient sera incarnée en ouvertures des Rencontres d’Aix avec la présence sur scène de deux jeunes femmes incroyables : Yasmine Belkaïd, la directrice générale de l’Institut Pasteur, et Maud Vinet, fondatrice de Quobly, qui va permettre à la France d’accélérer sur le quantique. Elles sont à l’image de ce que pourrait devenir la société française.

Source : Le Figaro 30/6/2026

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dimanche, 28 juin 2026

Dans Rivarol de cette semaine : un grand entretien avec Michel Festivi sur son Cahier d'Histoire du nationalisme consacré aux Phalanges espagnoles

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samedi, 27 juin 2026

Les fossoyeurs de l’Etat français et des Français

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Rarement, à ce niveau, un tel bilan n’avait été dressé sur le fait de savoir ce qui avait réellement coulé la France suite à de mauvaises décisions prises depuis Giscard d’Estaing (1974-1981, poursuivies de Mitterrand (1981-1995) en Chirac (1995-2007)  puis, Sarkozy (207-2012), Hollande (2012-2017) et au final Macron (2017-2027). Un tel aveuglement a amoindri notre démocratie, exaspéré le peuple par une immigration incontrôlée, engendré une partition de notre société entre les très riches, une petite et moyenne bourgeoisie saignées à blanc et des immigrés dont une partie d’entre eux veulent nous imposer la loi islamique. La France de Macron est une France désintégrée, qui ne fait plus du tout confiance à sa classe politique – surtout quand l’Assemblée nationale n’est jamais qu’une annexe du cirque Pinder.  Henry de Montherlant a eu ce mot juste, prêté à Caton, dans Le Treizième César : « Il regard en haut, il regarde en bas, il regarde à droite, il regarde à gauche, et il ne voit que de l’horreur. C’est le drame d’un peuple à un moment donné, il n’y a personne ».

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source : Institut Thomas More

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jeudi, 25 juin 2026

Louis lynché à mort à Narbonne : et si les prénoms de ses assassins étaient faux ?

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Jérôme Viguès

Il s'appelait Louis. Il avait 17 ans. Dans la nuit du 19 au 20 juin 2026, cinq individus l'ont attiré dans un guet-apens sur un chantier du quai d'Alsace à Narbonne, l'ont roué de coups de pied à la tête avec une sauvagerie méthodique, filmé agonisant au sol, et sont partis. Un ouvrier l'a découvert inconscient le lendemain matin. Il ne s'est jamais réveillé. Il est mort le 23 juin, cinq jours après. Ce pays a mis six jours à s'en apercevoir.

Louis n'avait pas été agressé au hasard. Il avait déjà été tabassé par certains membres du même groupe autour du 12 juin. Il avait eu le courage de porter plainte. Courage fatal. Jules Laurans, rédacteur en chef de Frontières, rapporte qu'on entend les agresseurs lancer à leur victime sur la vidéo du lynchage : "tu ne parleras plus à la police." Ce n'était pas une bagarre qui dégénère. C'était une exécution punitive. Un gamin de 17 ans a été tué pour avoir fait confiance à l'État. Et l'État, lui, était en vacances.

Ce n'est pas une figure de style. Frontières a contacté le parquet de l'Aude pour obtenir des précisions sur l'affaire. Réponse reçue : le parquet était en vacances. Pendant qu'une famille enterre son fils de 17 ans, les magistrats de Narbonne bronzent.

Maintenant posons la question que personne dans les grands médias ne posera. Qui sont ces cinq individus ? On dispose de prénoms — Jordan, Lucas, Mathias, Isaac, Kilian — communiqués par une source policière anonyme à CNews. Cinq prénoms anodins, rassurants, parfaitement français en apparence. Pas de noms de famille. Pas de nationalités. Rien. Juste cinq prénoms tombés d'une source unique, non confirmée, non vérifiable, et aussitôt repris par tous comme vérité établie.

Ce détail mérite qu'on s'y arrête. Rappelons-nous ce qui s'est passé à Crépol en novembre 2023, après le meurtre de Thomas. Quand les identités des suspects avaient filtré sur les réseaux sociaux, on avait constaté que seuls les suspects aux noms et prénoms à consonance arabe avaient été concernés par les fuites — pas ceux aux noms à consonance dite "française". (France Bleu) Neuf internautes avaient ensuite été poursuivis et condamnés pour avoir divulgué ces identités (France Bleu) , certains jusqu'à quatre mois de prison. Le message envoyé à la société française était limpide : les noms des agresseurs, c'est un secret d'État. La mort des victimes, c'est un fait divers.

Depuis Crépol, le système a appris. On ne laisse plus filtrer les noms. On lâche des prénoms — de préférence des prénoms qui ne posent pas de questions. Jordan, Lucas, Mathias, Kilian. Et Isaac — prénom biblique hébreu qui, sous sa forme arabe Ishaq, est porté depuis des siècles dans tout le Maghreb et le Moyen-Orient, et qui figure dans l'Aude même dans des toponymes et des patronymes anciens issus de cette tradition. Cinq prénoms soigneusement anodins. Zéro nom de famille. Zéro nationalité. Le tout fourni par une source dont on ne sait rien, à une chaîne dont on sait tout.

Breizh-Info, qui a visionné les images, qualifie pourtant les suspects d'"origines extra-européennes". La famille de Louis a, elle, autorisé la diffusion de la vidéo précisément pour contredire la version officielle qui parlait de "rixe". Ce ne sont pas des militants qui fantasment. C'est une mère et un père qui veulent que leur fils ne soit pas effacé une deuxième fois.

Le fond de l'affaire est plus révoltant encore. Louis était placé à l'Aide sociale à l'enfance sur demande de sa famille — pas suite à une décision judiciaire. Il était vulnérable, isolé, confié à la protection de l'État. Ses agresseurs gravitaient eux aussi dans les foyers ASE de la région Occitanie. C'est le procureur lui-même qui l'a dit : "le point commun entre la plupart des protagonistes ainsi que la victime, c'est un passage et un parcours au sein de l'aide sociale à l'enfance." L'État avait la charge de tout le monde. Il a failli sur toute la ligne. Dans les établissements de type MECS, 22% des jeunes accueillis sont des mineurs non accompagnés étrangers (Solidarites-sante) — mélangés, dans les mêmes foyers, avec des enfants français fragilisés que leurs familles ont confiés à la protection de ce pays. Le sénateur Joshua Hochart l'a dénoncé au Sénat en janvier 2026 : des enfants victimes sont trop souvent placés dans les mêmes structures que des adolescents relevant de la délinquance, une cohabitation forcée qui fragilise encore davantage les plus vulnérables et peut les mettre en danger. (Sénat) Louis a payé cette cohabitation de sa vie.

Trois des cinq suspects sont mineurs. Le procureur a indiqué qu'ils ont "peu ou pas d'antécédents judiciaires" — formule qui, dans la bouche d'un magistrat français, ressemble fort à une promesse de clémence. Le Code de la justice pénale des mineurs pose comme principe cardinal la primauté éducative sur la répression. En clair : même pour avoir tué un gamin de 17 ans à coups de pied dans la tête, on réinsère. On accompagne. On contextualise. Les deux majeurs — 18 et 19 ans — risquent théoriquement jusqu'à 30 ans pour assassinat. La justice française ne condamne jamais au maximum. Elle négocie, elle atténue, elle cherche des circonstances atténuantes là où Louis n'en a eu aucune. Dans quelques années, ces cinq individus seront libres. Louis, lui, est mort à 17 ans sur un chantier de Narbonne.

Il rejoint une liste que ce pays refuse d'écrire. Thomas à Crépol. Lyhanna dans le Gers. Et tous ceux dont on ne parle pas, parce qu'ils ne sont pas morts de la bonne façon, tués par les mauvaises personnes. À chaque fois, le même scénario : une presse qui parle de "rixe", un parquet qui se tait ou part en vacances, des prénoms rassurants lâchés à la presse, un silence institutionnel assourdissant. Et des familles dévastées à qui on demande de ne pas faire d'amalgames.

Louis avait fait confiance à la police en portant plainte. Il avait fait confiance à l'État en vivant dans un foyer censé le protéger. L'État l'a trahi deux fois. La justice va probablement le trahir une troisième. Ce pays a un problème dont il refuse de parler. Louis en est mort.

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dimanche, 21 juin 2026

Le préfet Galy interdit un hommage sur la tombe de Jean-Marie Le Pen pour ses 98 ans

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L'éditorial de Cyrano

sur Riposte laïque cliquez ici

Incapables de mettre fin aux rodéos, incapables de prendre les mesures nécessaires contre les violences de l’extrême gauche, incapables de juguler l’ensauvagement des villes de France, et en Bretagne de Nantes et Rennes notamment, il se trouve des préfets de la République qui ne manquent pas d’imagination pour harceler les honnêtes citoyens de ce pays.

Ainsi, les zélés préfets des Landes (notre ami Clavreul), du Pas-de-Calais, du Lot-et-Garonne, de la Charente-Maritime, de l’Ardèche, du Vaucluse, de l’Oise et des Deux-Sèvres viennent-il de s’illustrer en décidant de retirer sur-le-champ le permis de conduire des automobilistes coupables de toucher leur téléphone portable au volant. Une suspension qui mettra en situation de mort sociale les citoyens de la ruralité, mais nos préfets et leur bras armé, les flics et les gendarmes, s’en foutent, ce qui compte c’est leur carrière, et tant pis si elle s’exerce au détriment des Français.

D’autres, comme l’ineffable préfet Fabienne Buccio, décident, comme cadeau de départ en retraite, de poursuivre le militant identitaire Damien Rieu, qui signalait son zèle à imposer des logements sociaux dans des villes où les maires n’en voulaient pas.

Dans un autre registre, le préfet du Morbihan, Michaël Galy, vient de s’illustrer. Jean-Marie Le Pen, né le 20 juin 1928 à La Trinité, aurait eu 98 ans ce samedi. Le Parti de la France, présidé par Thomas Joly, qui se réclame de son héritage, avait organisé une cérémonie simple, sur la tombe du fondateur du Front national, à 11 heures du matin, qui devait regrouper une petite centaine de sympathisants.

Bien évidemment, immédiatement, ceux qui, avec une rare indécence, ont fêté la mort du président du Front national, place de la République, au champagne, ceux qui veulent interdire les fêtes du Cochon, les projections des films de Tommy Robinson et les banquets du Canon Français, ont menacé de perturber la réunion, et ont multiplié les coups de téléphone insultants contre le militant qui organisait la cérémonie, dans le Morbihan.

Et donc, dans un pas de deux désormais classique entre les autorités et les antifas, le préfet Galy fait le coup du trouble à l’ordre public pour interdire à une centaine de Français d’aller rendre hommage au fondateur du Front national sur sa tombe.

Lire la suite

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