dimanche, 17 mai 2026
De la Bruelmania au Bruelmaniaque
La chronique de Philippe Randa
Comme on le sait, il est toujours très facile, très confortable et surtout très prudent de bêler avec les moutons, puis, si nécessaire, de faire demi-tour avec le troupeau et d’adapter le bêlement… quitte à l’inverser. Sans honte. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, n’est-ce pas !
Ainsi de ces « idoles » des décennies passées qu’on se devait d’admirer et pour peu qu’elles aient « certaines » origines et surtout qu’elles affichent de grandes et belles opinions de gauche, elles n’étaient, ne pouvaient, ne devaient pas être critiquées, même et surtout quand elles entendaient faire la pluie et le beau temps dans l’espace public.
Ainsi Patrick Bruel, chanteur et comédien connu et reconnu, « devenu l’un des chanteurs français les plus populaires, notamment à travers le phénomène de la “Bruelmania” », lit-on sur Wikipedia… On pouvait l’apprécier ou pas sur scène ou sur les écrans de cinéma, mais il était inconcevable d’en oser dire le moindre mal : il était né Benguigui, se déclarait de gauche, même et surtout quand on ne lui demandait rien et faisait à l’occasion rempart de ses convictions, de ses origines et de son intouchabilité pour combattre la montée, la progression, la victoire du Front national.
Ce qui confortait bien évidemment certains anti-judaïques, appelés aussi communément qu’improprement « antisémites » ou désormais antisionistes, du pouvoir extraordinaire de « ces gens-là ».
Mais cela, c’était avant… avant un XXIe siècle de grand remplacement pour certains, mais aussi de grands changements pour d’autres : la preuve par la curée lancée contre les idoles des années passées par les actuels Torquemadas des bonnes mœurs : ceux qui prônent le changement de sexe des enfants si ceux-ci en font la demande express de retour de l’école à l’heure du goûter, sur fond, pour certains, de lucratifs – ô combien ! – traitements médicaux hormonaux et opérations de charcutages, voire de coupe-zizis… tout autant que la dénonciation d’abus sexuels tous azimuts, mettant une simple – autant que grossière et indélicate, on l’admet volontiers – blague graveleuse ou tapette sur un fessier sur le même plan qu’un viol après des coups et blessures ou sous la menace d’une arme.
D’où la descente aux enfers médiatiques et/ou judiciaires hier d’un Abbé Pierre – bien que mort dix ans avant qu’on en « apprenne » tant et plus sur ses façons de se conduire modérément compatibles avec ses fonctions d’ecclésiastique –, d’un Dominique Strauss-Kahn qui alla directement à la case prison outre-atlantique, l’empêchant ensuite de faire don de sa personne à l’Élysée, de l’acteur Gérard Darmon accusé par neuf dames de violences sexistes et sexuelles en 2024 ou encore de Benoît Jacquot, cinéaste icône de la gauche culturelle « rattrapé par son comportement envers de très jeunes actrices, dignes de cet admirateur de Sade » selon Valeurs actuelles… On en passe et beaucoup d’autres, certes pas forcément tous de gauche ou d’origines d’une rive précise du Jourdain. Mais beaucoup tout de même !
Qu’adviendra-t-il de Patrick Bruel qui nie l’ensemble des nombreuses accusations à son encontre, réfutant toute « violence, contrainte ou menace » ?
Si les nombreuses plaintes contre lui ont été classées sans suite jusqu’à présent, deux masseuses dont les plaintes déposées en 2019 avaient été retoquées l’année dernière, les ont redéposées avec constitution de partie civile le 12 mai dernier… et elles sont rejointes désormais par l’animatrice de télévision Flavie Flamant qui y va également de sa propre plainte contre le désormais « maudit de la quéquette » qui l’aurait violée en… voyons, c’était en… ah oui : 1991 ! Plainte quelque peu tardive et les faits notamment prescrits, mais, mais… bon !
Les « antijudaïques » à qui on ne la fait pas, faute de pouvoir continuer à croire que ces « gens-là » sont intouchables, se consoleront en admettant que la Bruelmania, en revanche, est belle et bien terminée. Pour cause de Bruelmaniaque ? La justice le dira… ou pas !
23:46 Publié dans Philippe Randa | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Pierre Cassen, fondateur de Riposte laïque, était à l'inauguration de la brasserie Kerfave en Côte d'Armor. Un entretien avec Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale
19:26 Publié dans TV Synthèse nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Une nouvelle biographie dans la Bio Collection : "Agatha Christie, une amie pour la vie" de Camille Galic
Avec les quatre Évangélistes, le Mahomet du Coran, le Marx du Capital et Shakespeare, Agatha Christie serait l’auteur le plus lu au monde : quatre milliards de volumes vendus selon certaines sources ! Mais sait-on qu’elle avait rêvé d’être cantatrice ou concertiste ? Qu’elle épousa son premier mari, Archibald Christie, avec une autorisation spéciale de l’archevêque de Canterbury, à Noël 1914 – un mariage de guerre qui tourna très mal ? Qu’elle avait des idées très arrêtées, qu’on dirait aujourd’hui sulfureuses, sur la société, la politique, les races et la religion ?
Cette “Bio” Agatha Christie présente une analyse fouillée de la genèse, de l’élaboration et des divers aspects de l’œuvre poursuivie pendant plus d’un demi-siècle par « l’Impératrice du crime ». Elle présente également une mise en perspective de ses livres et de ses héros (Hercule Poirot, Miss Marple, les Beresford, Ariadne Oliver, etc.) et souligne les influences qu’elle a subies. Mais elle replace aussi la Reine Christie dans son époque et « l’âge d’or du roman policier anglais », évoque ses rivales, ses héritières littéraires, brosse encore, et surtout, le portrait souvent inattendu – par exemple, la fascination-répulsion pour le national-socialisme – d’une femme, grande voyageuse et d’esprit très curieux, qu’on ne saurait réduire à une grande bourgeoise peaufinant dans son salon Chippendale des romans sur mesure pour un public conquis d’avance.
L’auteur : Camille Galic
Née en 1940, licenciée ès lettres de l’université d’Alger puis, venue à Paris, diplômée des Langues orientales, Camille Galic a été une journaliste très active, dès 1963 : traductrice d’articles, chroniqueuse judiciaire et, sous pseudonymes, grand reporter (notamment en Rhodésie et en Albanie). En 1983, elle devient directrice de presse, poste qu’elle occupe jusqu’en 2010. Par la suite, elle s’engagera dans diverses associations culturelles et interviendra sur des chaînes de radio.
Agatha Christie, une amie pour la vie, Camille Galic, Bio Collection, mai 2026, 168 pages, 20,00 €.
Pour le commander cliquez ici
15:23 Publié dans Bio Collection | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Quand le peuple est exclu de la culture

Michel Onfray
Le monde de la culture se présente volontiers comme un contre-pouvoir. Mais lorsqu’il dépend massivement de l’argent public, peut-il encore se prétendre vraiment libre ?
Bien sûr que non : il fait partie de ce qu’Althusser nomme les « AIE », les appareils idéologiques d’État, et qui, loin de constituer des contre- pouvoirs, sont les bras très armés du pouvoir. Les subventions d’État vont aux appareils d’État qui défendent l’idéologie d’État qui, elle, répand de façon autoritaire et cynique la doc- trine de l’État maastrichtien. Dans tout régime totalitaire, la chose est entendue : personne n’accorde de crédit aux journalistes, car la sou- mission y est visible comme le nez au milieu de la figure. C’est plus subtil dans les démocraties illibérales du cercle de la raison maastrichtienne dont la France fait partie. Paul Amar a récemment affirmé sur CNews que des autorités médiatiques du service public lui avaient fait savoir qu’il n’y était pas invité parce qu’il était « sur la liste ». Une liste d’invités interdits d’antenne sur le service public, dont Patrick Cohen nous a dit en 2013 qu’elle existait.
La culture subventionnée est-elle, selon vous, devenue un catéchisme progressiste ?
Toute culture subventionnée est une culture qui obéit au maître qui lui donne les moyens d’exister. C’est la jurisprudence de la gamelle. À la tribune de l’Assemblée, en 1973, Maurice Druon, l’auteur du Chant des partisans avec Kessel, alors ministre de la Culture, a formulé le contre-poison de cette logique : « Les gens qui viennent à la porte de ce ministère avec une sébile dans une main et un cocktail molotov dans l’autre devront choisir. » C’est le minimum de cohérence, d’élégance et de rectitude qu’on puisse demander à ces mendiants d’un argent qui leur permet de mordre ensuite la main qui les nourrit. Parlons une fois encore leur langage : Jean Moulin ne se serait pas fait subventionner par le maréchal Pétain !
La dernière cérémonie des Molières a montré un certain entre-soi où le milieu culturel se rassure et ricane sur ses adversaires. Qu’en avez-vous pensé ?
Molière doit se retourner dans sa tombe à l’idée qu’on puisse détour- ner son patronage, alors que ceux qui s’en réclament sont les tartuffes, les trissotins, les femmes savantes et les bourgeois gentilshommes du jour... Je rappelle à ces résistants de 1947 que Grasset fait partie du groupe Bolloré depuis 2023 et que les Folies Bergère, où le nom du même Vincent Bolloré a été conspué aux Molières, est actionnaire majoritaire de cette maison depuis 2025. Utilisons les outrances des nouveaux outranciers : Jean Moulin aurait-il fixé ses rendez-vous au quartier général de la Gestapo française ?
La gauche culturelle prétend parler au nom du peuple. Mais son public reste souvent très bourgeois. La culture subventionnée a-t-elle perdu le peuple ?
Oui, depuis le magistère de Jack Lang. Sous l’initiative du général de Gaulle, le ministère de la Culture se propose de hisser le peuple à hauteur des chefs-d’œuvre français, européens et planétaires. Malraux pensait que la télévision devrait relayer le meilleur de la culture française et porter au sein des familles le meilleur de la culture. Lang fait l’inverse : il descend la culture jusqu’aux pratiques les moins exigeantes. Moyennant quoi, la culture est devenue une signature de distinction sociale pour l’élite, et le peuple est exclu de ce jeu mondain. Il lui reste les jeux du service public.
Sans compter que la culture française est très – trop – parisianocentrée...
Certes, le centralisme jacobin est la plaie de la nation. Mais le pire est peut-être que les acteurs régionaux de la culture se font les perroquets de ce qui fait glousser Paris. Si l’on veut se trouver un jour sur la liste des ministrables en matière de culture, il faut avoir beaucoup fait preuve d’allégeance au politburo.
Vous dites souvent défendre le service public lorsqu’il élève l’esprit, mais le combattre lorsqu’il devient un outil de propagande. Les grandes institutions culturelles sont-elles encore au service du public ?
Malraux défendait un idéal civilisationnel pour le pays. Lang a promu lui aussi un modèle qui, comme toujours avec Mitterrand, était un modèle d’opposition à ce que fut et fit le général de Gaulle. L’opéra de Lully à Garnier pour de Gaulle, le joueur d’harmonica de la Fête de la musique sur le trottoir du Palais Garnier pour Mitterrand. Quand j’étais enfant et que la télévision est arrivée chez mes parents, le premier écran que j’ai vu s’allumer transmettait une représentation des Perses d’Eschyle. C’était sous de Gaulle et Malraux, qui n’avaient pas envie d’endoctriner le peuple mais de le cultiver.
Si l’on devait rebâtir une politique culturelle digne de ce nom, que faudrait-il sauver absolument ?
Il faudrait déjà cesser de financer la presse qui ne devrait exister qu’avec ses lecteurs. Ensuite, reconstruire un service public fort avec un cahier des charges précis : plus de liste de personnalités interdites, plus d’animateurs monocolores, des émissions animées par des sympa- thisants tout aussi bien LFI que RN, etc. Mais il faudrait également supprimer toutes les associations satellites des appareils idéologiques d’État qui prétendent contrôler l’équité alors qu’elles imposent l’iniquité. On pourrait aussi, puisque l’argent d’État fait défaut, solliciter le mécénat privé avec des incitations fiscales – de celles qui permettent aux États-Unis d’avoir les plus grands musées du monde. Il n’est pas normal que François Pinault, qui était l’ami de Jacques Chirac, n’ait pas pu ouvrir un musée sur l’île Seguin, à Paris, alors que son ami était président de la République. Qu’est-ce qui, dans cette affaire, fut plus fort qu’un chef de l’État dépositaire de la souveraineté nationale ? Connaître la réponse, c’est savoir quelles bastilles il faut faire tomber.
Source : Journal du dimanche 17/5/2026
07:22 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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