samedi, 16 mai 2026
Cuba, le régime rêvé des Lfistes !
Michel Festivi
Un récent rapport de l’ONG Prisoners Defenders, publié le 14 mai dernier, fait état de 1.260 prisonniers politiques à Cuba. Seulement en avril, 23 nouveaux opposants ont été incarcérés. C’est clairement la dissidence qui est visée et frappée, notamment des syndicalistes libres, car comme dans tout bon régime communiste qui se respecte, les syndicats non communistes sont interdits et la grève aussi bien entendu !
Beaucoup de sportifs sont dans les geôles castristes, comme le champion d’arts martiaux Ernesto Martin Gutiérrez. Il a fait un détour par la villa Marista, connue dans toute l’île pour être un centre de torture, il y en a des centaines comme cela. Visiblement son sort n’intéresse pas nos sportifs et surtout pas nos joueurs milliardaires de balle aux pieds, ils préfèrent fustiger les policiers ou les politiques de droite. En défense, et comme au bon vieux temps de l’URSS, les autorités ont tenté de le décrire comme un déséquilibré mental. Des artistes sont aussi durement réprimés, visiblement ils n’intéressent pas non plus nos festivaliers à Cannes, qui ont les imprécations sélectives. Andy Michel Osorio Velasquez, qui avait peint des affiches hostiles au régime a été appréhendé. Des couples qui avaient dénoncé dans une vidéo une amende administrative injustifiée de 16.000 pesos, deux mois de salaire moyen, ont aussi été embarqués par la police. Les contestations à propos des pénuries notamment d’électricité provoquent invariablement des emprisonnements.
Selon le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, 410 mineurs sont incarcérés chaque année à Cuba, dont 150 ont moins de 16ans, ils sont destinés à être rééduqués dans « des écoles de formation intégrale », de véritables prisons.
Les manifestations contre les pénuries d’eau, d’électricité sont l’occasion de multiples arrestations, dont beaucoup de mineurs. Le rapport de cette ONG fait aussi référence aux sévices sexuels qui sont la règle en prison. D’autre part, les annonces du régime sur des libérations de prisonniers sont dans les faits, la plupart du temps mensongères, et ne sont pas suivies d’effets, ou très parcimonieusement, et jamais à la hauteur des chiffres annoncés.
En avril 2026, c’est tenu à Barcelone, sous l’égide du socialo-communiste Pedro Sanchez, l’un des plus chaviste dirigeant européen qui soit, une réunion entre l’Espagne, le Brésil de l’ultra gauchiste Lula et du Mexique gouverné à gauche aussi par Claudia Sheinbaum. Pas un mot envers ces malheureux prisonniers politiques. Les trois se sont contentés d’appeler à un dialogue « sincère et respectueux », avec La Havane. Ils ont implicitement fustigé les actions des États-Unis qui selon eux aggraveraient les conditions de vie des cubains, mais rien, strictement rien contre la dictature la plus féroce des Amériques.
Cela ne nous étonne guère de la part de ces dirigeants. Car la vision plus que simpliste et binaire entre un impérialisme américain et une résistance révolutionnaire doit être remise en cause, elle masque la réalité d’un régime qui a organisé une véritable prison de peuple, et ce depuis 1959.
Depuis lors, une grande partie des classes moyennes, des cadres éduqués, des plus dynamiques ont fui et émigrés la plupart du temps aux États-Unis. La suppression de la propriété privée, la collectivisation, l’étatisation à tout crin, s’est accompagnée d’un endoctrinement absolu, facilité justement par cette fuite des cerveaux et des élites. La mobilisation totalitaire communiste est totale sur l’éducation, les médias, les organisations culturelles et sportives, le tout encadré par une propagande massive.
Le contrôle social est parallèlement, considérable, d’une efficacité redoutable, et ce par le biais d’organisations comme les Comités de défense de la révolution, la Fédération des femmes cubaines, les syndicats communistes officiels, tout cela quadrille la société et empêche toute velléité de contestation. Dans chaque quartier, blocs d’immeubles, veillent la police politique et les organismes de la Sécurité d’État, ils sont aussi présents dans les écoles, les lieux de travail, et très efficaces par un réseau de délation, infiltrant toute tentative de dissidence.
Pour maintenir les loyautés envers le régime, ce dernier n’hésite pas à favoriser la délinquance de droit commun comme le vol, le trafic de drogue, cela a toujours été un marqueur des dictatures communistes qui utilisent les délinquants comme des soutiens. Rappelons que les cubains vivent avec des cartes de rationnement et que tout emploi dépend de l’État. Les manifestations, comme celles de 2021, ont été très durement réprimées, et les contestataires du régime ne peuvent espérer qu’une intervention extérieure pour être libérés. Aujourd’hui près d’un cubain sur quatre a fui, 29% de la population s’est exilée essentiellement aux États-Unis mais aussi en Espagne, Mexique, Canada. C’est le taux d’exode le plus élevé du monde pour un pays non en guerre. Mais de tout cela, les trois pays dont j’ai parlé ont été totalement taisant.
Rappelons aussi, que ce régime fut encensé par toute notre gauche et extrême gauche, de jean Paul Sartre à Simone de Beauvoir, en passant par Gérard Philippe, Agnès Varda, Bernard Kouchner, Claude Julien, Michel Leiris, Marguerite Duras, Jorge Semprun ou François Maspero. Tous ont justifié ce système de terreur et de crimes de masse. Même François Mitterrand en 1974 y était allé de son panégyrique, sans parler de Danièle Mitterrand qui adorait Fidel Castro, ou Georges Marchais qui le reçu dans son pavillon de banlieue. Systématiquement, Jean Luc Mélenchon a apporté son soutien au régime cubain. Il avait notamment déclaré : « je suis prêt à parier que si les USA s’aventurent à aller faire la guerre à Cuba, ils vont tomber sur une population éduquée, organisée, disciplinée qui leur brisera les reins, j’en suis certain. Je l’espère, je le souhaite, je le veux ! ».
Quand Fidel Castro est mort, en 2016, Jean-Luc Mélenchon l’avait de nouveau encensé, alors que Robert Menard avait « une pensée pour toutes les victimes du dictateur communiste », et que Gilbert Collard évoquait « un assassin de moins ».
Chez LFI, pas un mot bien sûr sur la dictature du parti unique, sur l’absence de toutes libertés publiques, sur l’absence de toute opposition, toute contestation étant impossible. Tout cela ne préoccupe nullement le grand timonier de l’extrême gauche française.
16:46 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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