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mercredi, 20 mai 2026

Pédagogie à la singapourienne

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La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol

Ce 6 mai 2026, l’annonce a terrifié les tenants de l’infantisme. L’infan-quoi ? Dérangement psychopolitique avéré inspiré des exemples sordides de l’antifascisme, du féminisme et de l’anti-racisme, l’infantisme considère que les enfants et plus largement les non-majeurs ont des droits pour l’instant bafoués, brimés, voire discriminés par une prétendue primauté des adultes. L’infantiste exige que le mioche vote directement dès le berceau ou bien, en matière scolaire, réclame l’abrogation des punitions et autres retenues qui fragiliseraient de petites âmes sans défense. Donner une mauvaise note à un enfant ou à un étudiant qui réclame ainsi une notation minimale de 10 sur 20 aux partiels, serait une preuve supplémentaire du mépris de la société envers les gamins.

Il va sans dire que l’annonce en pleine séance parlementaire de Desmond Lee, ministre de l’Éducation de Singapour, va à l’encontre de cette funeste idéologie. Le ministre confirme qu’à compter de 2027, les élèves mâles âgés au moins 9 ans pourront recevoir un châtiment corporel proportionnel à la gravité de l’infraction commise en classe. La bastonnade concernera en priorité cux qui harcèlent leurs camarades, en particulier sur les réseaux sociaux.

Après une enquête établissant la véracité incontestable des faits, le directeur de l’établissement scolaire (l’équivalent de nos écoles primaires, collèges et lycées) devra ensuite déterminer le niveau de maturité de l’accusé ainsi que sa capacité intellectuelle à comprendre la malfaisance de son acte. Les trois coups de bâton souple et ferme concluront la procédure seulement si un enseignant - référent approuve la décision du directeur. Ces garde-fous sont clairement posés et démontent l’inanité des accusations provenant – ô surprise ! – des ineffables bureaucrates mondialistes de l’OMS et de l’UNESCO.

L’administration des coups de bâton est une tradition bien installée à Singapour. Les auteurs de graffitis et de tags hideux (pléonasme !) en reçoivent plusieurs afin d’expier de leurs méfaits. Des bourreaux professionnels – voilà un métier qui ne risque pas d’être remplacé par l’IA ou des robots, car le geste nécessite à la fois vigueur, souplesse et fermeté du poignet ! – donnent en général six coups de bâton aux vandales. Il faut noter que les filles scolarisées en seront dispensées. Pourquoi les féministes ne réagissent-elles pas à cette rupture flagrante d’égalité entre les sexes ? Les autorités singapouriennes paraissent s’ancrer dans une conception genrée des relations humaines.

Le recours scolaire au bâton contribue au caractère discipliné de la population de Singapour. Par exemple, le code pénal singapourien prévoit des amendes élevées pour les individus qui traversent la rue en-dehors des passages – piétons, pour ceux qui ne tirent pas la chasse d’eau lors de leur passage aux toilettes publiques et pour ceux qui jettent leurs mégots de cigarette sur la voirie. En 1992, Singapour interdit l’importation et l’achat de gomme à mâcher (ce qu’on nomme en franglais le chewing-gum). Or l’application d’un accord de libre-échange signé avec Washington atténue cette prohibition. La consommation personnelle de la gomme à mâcher est désormais tolérée. Depuis quelques années, les officines pharmaceutiques de la ville – État proposent des mâchouillons à vocation médicale et thérapeutique.

Singapour applique enfin la peine de mort, en particulier pour les trafiquants de drogue. La peine capitale peut être réclamée si l’accusé transporte sur lui 500 g de cannabis ou 15 g d’héroïne. L’Union dite européenne n’a pas encore attaqué Singapour au nom du Bien… Pourquoi ?

Le fouet, le bâton, la cravache, le martinet seraient des instruments indispensables dans la restauration de l’ordre et de l’autorité en France. On peut imaginer les proches des victimes de fusillades dues au narco-trafic à Marseille ou à Valence bastonner ou flageller les consommateurs de drogue de Nantes ou de Rennes. À l’école, faute de bourreau, le harcelé pourrait appliquer la sentence sur son harceleur. Le tout retransmis  en direct sur une chaîne du service public et/ou sur les réseaux sociaux…

Les détracteurs du Hongrois Viktor Orban estiment que sa défaite cinglante aux élections législatives marquent le glas de l’illibéralisme. Erreur ! En effet, le cas le plus probant d’État illibéral reste la république de Singapour. Depuis son indépendance en 1965, le Parti d’action populaire gouverne une île de près de six millions d’habitants sur un territoire exigu, ce qui en fait la deuxième plus forte de densité de population au monde après la principauté de Monaco. Situé près d’un passage névralgique du commerce mondial – le détroit de Malacca – et dans le voisinage de la Malaisie et de l’Indonésie, le gouvernement singapourien doit prendre en compte une composition démographique multiculturelle : 75 % de Chinois Han de confession bouddhiste – taoïste – confucéenne, 15 % de Malais souvent musulmans, 8 % d’Indiens hindouistes et 2 % d’Européens plus ou moins chrétiens.

En l’absence de ressources naturelles, Singapour mise dès son indépendance sur l’instruction exigeante de sa population. La pression scolaire y est puissante et s’apparente au cas coréen d’excellence, très loin des fadaises pédagogiques hexagonales. N’évoque-t-on pas le remarquable modèle singapourien pour l’enseignement des mathématiques ? Les programmes scolaires de l’île – État insistent sur l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et de compter en anglais principalement. Pas de culpabilisation mémorielle ! Pas d’encouragements aux déviations psychologiques ou d’incitation à la débauche théorique à travers les fameuses et fumeuses EVARS (Éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité) !

Administrer quelques coups de bâton s’avère une nécessité dans la construction de l’enfant dont les penchants naturels l’attirent vers un comportement torve. Il serait merveilleux que l’école décatie de l’Hexagone en ruine s’y réfère au plus vite, quitte à mécontenter Najat Vallaud-Belkacem, adepte zélée de la censure des réseaux sociaux et ancienne ministresse de l’illettrisme notoire et de l’incompétence éducative.      

Salutations flibustières ! 

00:00 Publié dans Georges Feltin-Tracol | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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