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samedi, 28 février 2026

La réécriture médiatique d’un drame

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La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol

Le 14 février 2026, deux jours après avoir été massacré à coups de pieds et de poings dans une rue lyonnaise par des antifas, décédait Quentin Deranque. La mort de cet étudiant impliqué dans la quête contemporaine du bien commun a provoqué une vive onde de choc que minore plus ou moins bien le système médiatique d’occupation mentale. Depuis cette scandaleuse agression, une certaine presse (écrite, audio-visuelle et numérique) s’active à salir le défunt.

La marche organisée en sa mémoire du samedi 21 février n’échappe pas à ce déferlement d’approximations, de mauvaise foi patente et de désinformation. Plus de 3 200 personnes ont salué ce garçon de 23 ans, victime innocente de l’antifascisme psychopathique. Les participants ont bravé l’entreprise d’intimidation fomentée par les médiats de grand chemin. Maints reportages interrogeaient, la veille de la commémoration, des Lyonnais inquiets d’éventuelles violences. Les journalistes s’attardaient sur la pose de grandes planches en bois aux fenêtres et autres vitres situées le long du parcours. Ils ont montré avec complaisance des affiches recommandant à la population de ne pas sortir de son domicile. La plupart d’entre-elles ont fleuri à la Guillotière, un quartier multiculturel de la capitale des Gaules connu pour ses multiples points de vente de drogue…

Cette marche sous le Soleil radieux s’est déroulée dans une tenue exemplaire. Combien d’abribus brisés ? Combien de vitrines fracassées ? Combien de poubelles brûlées ? Combien de magasins saccagés ? Aucun ! Contrairement aux manifestations syndicales de gauche ou en faveur d’Adama Traoré et de Nahel Merzouk, les Black Blocs étaient absents. Quel changement par rapport aux désordres urbains habituels…

La préfecture du Rhône et les journalistes n’évoquent guère (ou trop peu) l’attitude paisible des participants; ils préfèrent se focaliser sur d’infimes débordements vocaux et une gestuelle malheureuse de la part de certains individus, probablement des provocateurs avérés ou inconscients. En queue de la marche, une personne, détentrice d’une arme blanche, a aussi été interpellée. Ces faits anecdotiques ne peuvent être imputés aux organisateurs. Il importe ici de féliciter les organisatrices qui, en un temps record, ont conduit ce bel hommage qui restera dans les mémoires.

Le nombre élevé de participants et leur sérénité giflent les insinuations grossières du maire Vert de Lyon, Grégory Doucet. Ce triste sire réclamait son interdiction préalable. Sa demande honteuse lui a valu sur X un tweet cinglant d’Elon Musk le traitant de « rat ». Les rongeurs apprécieraient-ils cette comparaison ? Contrairement aux crasseux gauchistes qui, le matin même à Rennes, cherchèrent à empêcher l’hommage à Quentin et brandirent une banderole sur laquelle on lisait un ignoble « Ici on pleure pas les nazis » (faute d’orthographe incluse), ce que le système médiatique désigne avec un flou sémantique permanent la « droite radicale », l’« extrême droite » ou l’« ultradroite » a su exprimer de la dignité et du respect en ces circonstances dramatiques.

La mort atroce de Quentin bouge-t-elle les lignes ? Le 17 février, une minute de silence se passa à l’Assemblée nationale suivie, le lendemain, au Sénat. En-dehors des absents, seule la députée Horizons de Haute-Savoie, Anne-Cécile Violland, a refusé de se lever en mettant sur le même plan un crime politique et les « féminicides », un concept qui n’existe pas en droit, et d’autres violences faites aux enfants, avortement bien sûr mis à part. Parmi les présents de la marche de samedi se trouvait le sénateur Les Républicains (LR) du Rhône, Étienne Blanc, co-auteur d’un rapport sur la menace réelle du narcotrafic. Le président LR du conseil régional Auvergne – Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, a, pour sa part, fait afficher le portrait de Quentin sur la façade du siège de la région alors que Grégory Doucet, toujours lui, ne l’a pas fait pour l’hôtel de ville. On dit que Najat Vallaud-Belkacem, présidente du groupe socialiste à la région, n’en dort plus la nuit… Ces deux prises de position publiques contrastent avec l’attitude sentencieuse et timorée d’un RN qui, une fois encore, montre que la presse de gauche, voire d’extrême gauche, exerce une puissante direction de conscience sur Jordan Bardella. Ce dernier a exigé de ses cadres de ne pas s’y rendre pour des motifs spécieux et grotesques. Les rares lecteurs de L’Humanité ou de Politis ont désormais plus de chance de figurer sur une liste RN que les abonnés de Rivarol, de Synthèse nationale ou de Réfléchir & Agir !

Les journalistes dénoncent fréquemment la « post-vérité » pratiquée par Donald Trump et son administration. Or le drame de Quentin fait l’objet d’une démarche médiatique qui en découle directement. Quand meurt en 2013 l’antifa Clément Méric, suite aux provocations de sa bande, Le Monde le définissait comme un « étudiant brillant et engagé ». Concernant Quentin, le quotidien vespéral de référence dans la manipulation factuelle le voit dans son édition du 17 février en « étudiant traditionaliste au croisement des chapelles de l’extrême droite ». Libération du 16 février 2026 le décrit en « étudiant lyonnais nationaliste et fidèle de paroisses traditionalistes ». Son édition précédente des 14 et 15 février 2026 mentionnait pourtant sur un simple quart de page et en page intérieure (page 16) une « rixe à Lyon » signé par le service politique. Plusieurs mois auparavant, le même quotidien donnait une page entière à des mictions d’urine sur des immigrés clandestins installés dans un coin de Paris. On sait hiérarchiser les priorités !

Le 16 février dernier, Libération mettait en une « Mort de Quentin. La violence politique jusqu’au meurtre » et développe ce drame sur quatre pages. Les inévitables Dupont et Dupond de la rédaction écrivent sur « Lyon, “ zone d’activisme violent ” et débridé ». Pour l’occasion, la grosse presse fait appel aux spécialistes auto-proclamés. Le journal du soir de France 3 – Lyon du 16 février et RTL du 17 février vers 6 h 15 dans le cadre d’« Au cœur de l’actu » invitent l’ineffable Sylvain Boulouque, soi-disant historien des radicalités politiques et des mouvements sociaux dont l’analyse n’arrive même pas au niveau d’un lycéen redoublant en seconde !

Cependant, il y a pire ! La palme de l’abjection est accordée sans aucune contestation possible à Clément Viktorovitch qui, en pleine transe psychique, ricane dans un direct Twitch sur la dépouille de Quentin. Il appartient à cette engeance qui fêtait l’an dernier la disparition de Jean-Marie Le Pen. Quant au trophée de l’ignominie, il revient à Streetpress qu’il conviendrait de traduire en bon français par « Presse des pissotières ».

Ce n’est que le 16 février que son rédacteur en chef signe un article sur l’assassinat de Quentin. Il souscrit à la thèse complotiste de la bagarre qui a dégénéré. Dès le 19 février, cette officine de délation professionnelle, subventionnée par George Soros et aussi indirectement par le très grand philanthrope Jeffrey Epstein, cible la principale organisatrice de la marche d’hommage. Ils sont quatre à se ruer sur elle. Ils expliquent qu’elle a figuré en 2020 sur une liste du RN et – référence horrible ! – rejette l’avortement. Nos quatre Rouletabille des bas-fonds s’attaquent à ses proches dont son mari dissident. C’est si facile ! Nos fins limiers oseraient-ils enquêter sur Jacques-Élie Favrot, l’ancien attaché parlementaire du député LFI de Vaucluse et fondateur de la Jeune Garde antifasciste, Raphaël Arnault, et un magistrat, vice-président de la cour d’appel à Paris supposé être son père ? Pourquoi n’ont-ils pas étudié le cas de Jacques Lang et de sa fille Caroline ? Pour quelles raisons inavouables n’abordent-ils pas les dossiers d’Epstein ? Ne peuvent-ils pas se pencher sur les relations entre la mairie Verte de Lyon et les antifas qui auraient peut-être utilisé les images enregistrées des caméras de vidéo-surveillance afin d’identifier et de ficher leurs ennemis politiques ? Grégory Doucet dément cette information. Peut-on le croire ? Ces sujets intéressants nécessiteraient d’effectuer un vrai travail de journaliste.

Par ailleurs, pourquoi les associations féministes toujours promptes à réagir dès qu’un homme blanc cisgenre hétérosexuel reluque une belle plante demeurent-elles silencieuse face à l’agression, le 12 février, de deux jeunes femmes du collectif Némésis qui déroulaient une banderole « Islamo-gauchistes hors de nos facs ! » à l’occasion de la venue à Sciences Po – Lyon de l’eurodéputée insoumises Rima Hassan  ? L’une a eu deux jours d’incapacité temporaire de travail, et l’autre, cinq, victime d’un étranglement… Une belle démonstration du féminisme à géométrie variable !

Enfin, dans un reportage tendancieux du journal de 13 h de France 2 le dimanche 22 février, la commentatrice dénonce l’utilisation politique d’un symbole chrétien. La banderole « Adieu camarade » comporte en effet un chrisme. Soit cette journaliste en ignore la signification historique, soit elle ne souhaite pas informer les téléspectateurs. Dans les deux cas, elle commet une faute journalistique. Le 28 octobre 312, le général romain Constantin, après un rêve prémonitoire (en fait, il reçoit l’appui décisif des chrétiens du Latium), ordonne que ses soldats dessinent ce monogramme sur leurs boucliers. Il remporte ensuite la bataille du Pont Milvius contre l’empereur Maxence (306 - 312). Pour Quentin, de mère péruvienne, catéchumène récent bien que baptisé de naissance, le chrisme s’imposait.

Si l’Opposition nationale, populaire, sociale, identitaire et européenne disposait de véritables écoles de formation métapolitique, il aurait été urgent d’étudier en plusieurs heures de cours l’insupportable détournement médiatique opéré autour de cette tragédie. L’examen critique de la désinformation et de sa minimisation scandaleuse par l’infosphère officielle contribuerait à l’amplification salutaire de l’indispensable ré-information.      

Salutations flibustières !

• « Vigie d’un monde en ébullition », n°183, mise en ligne le 27 février

00:00 Publié dans Georges Feltin-Tracol | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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