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mardi, 13 janvier 2015

Charlie et la pleurnicherie

563248010.2.jpgLa chronique

de Philippe Randa

L’hécatombe autour de la rédaction de Charlie hebdo et ses victimes collatérales(un agent d’entretien et un policier) horrifie à juste titre le pays tout entier. Une journée de deuil national a été déclarée et les drapeaux de la nation resteront en berne deux autres journées !

Beaucoup d’honneurs, donc… pour beaucoup de haine !

Et des condamnations unanimes de part et d’autres… mais qui, à part une poignée d’abrutis qui pour des raisons politiques, qui pour des raisons religieuses, pourraient donc bien approuver de tels crimes ?

Traitons, néanmoins, cet événement dramatique avec objectivité, ce qui n’a pas été le cas de la plupart des médias enivrés par l’emballement de l’audimat… et encore moins de la classe politique, particulièrement hypocrite en l’occurrence.

Rectifions déjà le motif exact de celle-ci : les journalistes de Charlie hebdo n’ont pas payé de leur vie un combat pour la liberté d’expression qui ne leur a jamais été remise en cause par le gouvernement actuel, ni par les précédents ; ils n’ont pas subi les foudres des lois Gayssot et Pleven des années 70 et 80 ou, plus récemment, comme Dieudonné a vu l’interdiction de ses spectacles…

Les journalistes de Charlie hebdo ont été abattus au seul motif des idées qu’ils défendaient. Ce que l’on ne peut que respecter, même si on ne les partage pas… et qui les assurent désormais d’une postérité indéniable.

Relativisons ensuite les manifestations à travers le pays : ce n’est pas la liberté d’expression, là non plus, que les foules sont venus défendre, mais simplement un sentiment de légitime révolte face à une tuerie sanglante. Là aussi, c’est respectable, à condition de ne tromper personne.

Guère d’entre ces manifestants indignés ne songeaient à défendre la liberté d’expression avant ce mercredi 7 janvier lorsqu’il aurait fallu la soutenir financièrement : comme l’ensemble de la presse française à de rares exceptions près, l’hebdo dirigé par Charb voyait ses abonnements chuter et ses ventes régulièrement diminuer.

Quant à la classe politique qui ne tarît plus déloges à son égard, elle doit être tout de même soulagé dans son ensemble par la disparition possible du titre, même s’il est déjà annoncé qu’il devrait perdurer, pendant un temps en tout cas et avec une équipe forcément différente et bien justement traumatisée !

L’hebdomadaire satirique n’épargnait en effet personne, même s’il maltraitait certains plus que d’autres… Et se voir, ou risquer de se voir, croquer dans des positions humiliantes ou très régulièrement recouvert d’injures devait finir par en irriter plus d’un tout de même !

Les croyants, catholiques et musulmans en premier, mais sans doute tous les croyants de quelque confession qu’il soit, une fois l’émotion passée – et l’actualité médiatique  va s’y entendre pour cela – ne seront pas peinés pas outre mesure par la disparition de dessins blasphématoires et de textes orduriers dont la défunte équipe s’était faite une spécialité. Si une nouvelle équipe devait se mettre en place, suivra-t-elle l’exemple ou se montrera-t-elle plus prudente ?

Pour ce qui est des musulmans les plus radicaux, ils ne tarderont guère, si ce n’est déjà fait ! à louer comme il se doit les deux frères « vengeurs du prophète » comme ils se sont eux-mêmes auto-proclamés… 

Trop de larmes de crocodiles n’aura sans doute pas été la façon la plus digne de saluer le départ d’une telle génération de journalistes… On se consolera en songeant que s’il s’était agit de la rédaction du quotidien Présent ou encore de celle de TV Libertés, par exemple, on n’aurait guère assisté à de tels simulacres de compassion. Peut-être aurait-on même pu entendre quelques bouchons de champagne sauter en certaines rédactions, dites pourtant satiriques…

 

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samedi, 10 janvier 2015

Que peuvent bien penser les morts de Charlie hebdo ?

Randa Philippe 11 2014 quadri.jpgLa chronique

de Philippe Randa

La France vit dans l’émotionnel : 17 morts, ce n’est pas rien, il est vrai… Des morts brutales, à motif terroriste ; si ce n’était le cas, qui s’en soucierait au-delà du cercle forcément restreint des proches ?

La Nation entière est ainsi appelée à se rassembler le dimanche 11 janvier pour une manifestation où on se devra d’être vu. S’y bousculera la quasi-totalité des personnalités politiques et sans doute people de notre pays, Président Hollande en tête. Mais aussi, nous annonce-t-on, bien des Chefs d’État d’Angela Merkel à David Cameron, en passant par Matteo Renzi, Mariano Rajoy… qui à peu près tous, ont eu pourtant à subir qui les caricatures humiliantes, qui les jeux de mots scatologiques de l’hebdomadaire satirique…

Même Marine Le Pen et les responsables du Front national, sans doute le mouvement le plus traîné dans la sanie par celui-ci, se plaignent d’en être écartés par le Parti socialiste et l’extrême-gauche, tandis que l’UMP et les centristes se trouve bien gênés d’une telle promiscuité…

Polémique qui consterne pourtant tous ceux qui ne veulent voir là qu’une occasion formidable de rassembler le peuple de France.

Occasion manquée, donc… Reste la récupération. Si ce n’est la nation française, qui donc tirera bénéfice de la « semaine sanglante » ?

Sûrement pas la mémoire des victimes des deux tueries, qu’elles soient celles du siège de Charlie hebdo ou de l’épicerie casher, deux jours plus tard.

Tout d’abord, il y a les victimes collatérales : le policier et l’agent d’entretien de la rue Nicolas-Appert, la policière municipale de Montrouge et les clients anonymes de la Porte de Vincennes… L’histoire ne retiendra pas plus leur nom ou leurs visages que ceux des « petites mains » de la rédaction ; seuls les quatre noms déjà connus de Cabu, Charb, Tignous et Wolinsky sont systématiquement repris par les médias…

D’ailleurs, que peuvent bien penser eux-mêmes ces quatre-là, où ils sont désormais, de ces démonstrations pour la plupart hypocrites, intéressées… ou contraire à tous leurs engagements passés ?

Que pensent-ils de ces trois jours de deuil national en leur honneur dans une Nation française qu’ils n’ont eu de cesse de singer ?

Que pensent-ils de ces Marseillaises qu’ils ont tant moquées, entonnées à leur mémoire dans tout le pays ?

Que pensent-ils de ces catholiques qu’ils ont tant injuriés, salis et moqués qui prient pour le salut de leur âme, appliquant leur principe du pardon des offenses ?

Que pensent-ils de ces responsables de la communauté musulmane proclamer “Je suis musulman, je suis Charlie”, malgré l’insulte faite à leur prophète ?

Que pensent-ils de ce Front national qu’ils combattaient et qui, seul de la classe politique, sonnait en vain le tocsin contre le danger islamiste… Combat frontiste, qui plus est, dénoncé avec tant de haine par Charlie hebdo ?

Que pensent-ils de ce million d’euros dont il est question que l’État donne pour que leur hebdomadaire puisse continuer à paraître, alors qu’il se faisait un point d’honneur, jusqu’alors, à ne pas accepter d’argent de la publicité ?

Trop d’honneurs tue l’honneur, dit-on… N’y aurait-il pas chez beaucoup un désir de vengeance à peine dissimulé à tuer ainsi la mémoire des morts de Charlie hebdo, alors que les tueurs fous d’Allah n’avaient pris que leur vie ?

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samedi, 03 janvier 2015

Quand « Master Président » veut remplacer « Moi Président » !

Randa Philippe 11 2014 quadri.jpgLa chronique

de Philippe Randa

À mi-mandat, la cote de popularité de François Hollande ayant dégringolée à un palier encore jamais atteint – 13 % d’opinion favorable seulement ; et pour beaucoup, c’est plutôt 13 % d’opinion favorable « encore » – beaucoup commençait à envisager la fameuse crise de régime, monstre du Loch Ness politicien souvent évoqué… et rarement rencontré.

Ce ne sera peut-être pas encore pour cette fois : il semblerait en effet que la cote de popularité du locataire actuel de l’Élysée, non seulement ne dévisse plus, mais au contraire frémit et, timidement certes, mais tout de même ! remonte : « La batterie d’enquêtes publiées au cours du mois de décembre montrent que, par rapport au mois de septembre, il a gagné 5 points de “jugement positif” (Ipsos), 2 points de “confiance”(TNS-Sofres), 4 points de “popularité” (Ifop), 5 points de “confiance” (Harris interactive), 6 points de popularité” (BVA) et 4 points d’“opinion positive”(LH2). »

« Moi Président » qu’on avait enterré un peu tôt n’entend donc pas se laisser faire. Pour preuve, il sera lundi prochain, pour la troisième fois en moins de douze mois (il y eut RMC en mai et TF1 en novembre l’année dernière) sur France Inter pendant deux heures afin de répondre aux questions des journalistes… et des auditeurs !

Pourquoi pas ! Quand on voit le succès des jeux télévisés, toutes chaînes confondues…

La fonction présidentielle ayant été mise à mal sous les précédents quinquennats sarkoziste, chiraquien et mitterrandien – voire pour les plus pessimistes dès l’époque giscardienne – qu’on s’interroge désormais sur la possibilité, sinon l’utilité, d’une quelconque réhabilitation. Foutu pour foutu, qu’importe donc l’image de cette fonction, seule compterait la popularité à retrouver pour revenir en « deuxième semaine », soit espérer pouvoir postuler à un autre quinquennat, même par défaut !

Il n’est pas certain néanmoins que cette stratégie, même si elle semble profitable dans un premier temps à l’intéressé, soit judicieuse à long terme.

Car les téléspectateurs pourraient se lasser de telles exhibitions médiatiques qu’on sait forcément truquées : les questions des auditeurs intervenant – forcément sélectionnées et il ne peut en être autrement, admettons-le – seront probablement tout autant convenues que les réponses du « candidat président ».

D’autant plus que cette troisième intervention façon « Question pour un tocard » a lieu quelques jours à peine après les « vœux présidentiels »… que de moins en moins de Français écoutent chaque année : 9,8 millions en 2014 contre 10 en 2013 et 11,6 en 2012 !

Celui qui veut (re)gagner des suffrages, à défaut d’être « The Voice », tentera donc sa chance comme « Master Président », bien que sa prestation au  « Money drop élyséen » ait englouti, jusqu’à présent, toutes ses promesses électorales… Dans la Fonction, comme dans le jeu télévisé de TF1, notons que personne n’a d’ailleurs jamais raflé la mise !

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lundi, 08 décembre 2014

Rêve pour Martin, cauchemar pour Barack

P1020933.JPGLa Chronique de Philippe Randa

À Fergusson dans le Missouri d’abord, à New-York ensuite, des milliers de manifestants contestent des décisions judiciaires. Mêmes causes et mêmes conséquences : des policiers blancs ont abattus des suspects noirs qu’ils considéraient sur le moment, à tort ou à raison, comme dangereux. Légitime défense – même si peut-être un peu préventive tout de même, en tout cas à l’évidence mal évaluée – ou meurtre de sang froid sur fond de racisme, les grands jurys chargés de vérifier les dires des uns et des autres, ainsi que les faits, ont chaque fois refusé d’inculper les représentants de l’ordre. D’où la contestation communautaire et des violences telles qu’à Ferguson, la Garde nationale a dû intervenir pour empêcher pillages et incendies volontaires…

Si Martin Luther King avait fait en son temps le rêve d’une nation multiraciale apaisée, c’est bel et bien un cauchemar que Barack Obama fait en sa fin de mandat avec la cruelle réalité d’une nation multiraciste s’il en est !

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vendredi, 05 décembre 2014

Avortement : et le droit des pères ?

P1020933.JPGLa chronique de Philippe Randa

La France politiquement correcte a communié en cette fin novembre sur l’anniversaire de la « Loi Veil »  devenue, en quelques décennies, le contestable symbole d’une supposée libération de la femme… alors que c’est pourtant l’exact contraire de l’esprit dans laquelle la conceptrice de cette loi l’avait présentée à la Tribune de l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974 : « L’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issues. (...) Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. C’est toujours un drame, cela restera toujours un drame. C’est pourquoi si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s’il admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler, et si possible en dissuader la femme. »

Celles qui se réclament aujourd’hui de Simone Veil la trahissent donc en interdisant tout débat autour de cette loi. Ainsi que la députée Marion Maréchal-Le Pen l’a rappelé, de tels talibans fustigent – en les renvoyant « dans le camp des extrémistes (…) et autres caricatures infâmantes tendant immédiatement  à (les) disqualifier moralement et politiquement » – tous ceux qui en demandent sinon l’abrogation, du moins que le remboursement intégral de l’IVG, aux frais du contribuable, ne soit simplement plus octroyé sans limite et sans condition.

Ces partisans d’un nouvel Ordre totalitaire s’insurgent en effet contre tous ceux qui demande simplement aux femmes en situation de détresse une réflexion sur leur choix, en les mettant en garde sur ses conséquences et leur rappelant que cet « ultime recours » restera pour elle, à jamais, un drame… comme l’a indiqué Simone Veil.

Celle-ci méritait-elle ses héritiers ? Sans doute est-ce sa punition pour avoir ouvert sans en mesurer toutes les conséquences, une telle boîte de pandore qui, en 40 ans, aura autorisé que 8 millions d’avortements aient été réalisés : soit autant de cas où, selon ses propres mots, personne n’a pu dissuader les mères d’un tel « ultime recours ».

Mais au-delà d’un débat confisqué où chacun n’est pas libre de s’exprimer sereinement, un aspect n’est jamais abordé : on se place en effet quasi exclusivement du point de vue de la mère et de son « droit à disposer de son corps », mais rarement (jamais ?) du point de vue du père et de son droit à lui aussi « aimer et élever son enfant »… Rappelons alors une évidence qui semble échapper à beaucoup : il faut tout de même être deux pour faire un bébé !

Combien sont-ils ces pères qui voudraient garder un enfant… dont les mères ne veulent pas ? Il est trop facile d'affirmer que les mâles se défilent toujours devant leurs responsabilités !

Dans la même semaine où la loi Veil était ainsi « célébrée », était pourtant médiatisé le cas de ce père biologique d’un enfant placé dans une famille d’accueil sans qu’il lui ait été demandé son avis et qui le réclamait par voie de justice.

Que la mère ait décidé de ne pas assumer son enfant – et l’on ne peut que se réjouir qu’elle ait préféré l’accouchement sous X à l’avortement – le fait est que les pères biologiques qui réclament leur droit naturel à garder leur enfant existent : ils ne sont ni un argument fallacieux, ni un fantasme délirant !

Simplement gênant, sans doute, pour les auto-proclamées garde-chiourmes du désormais « sacro-saint » droit à l’avortement.

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mercredi, 01 octobre 2014

Je te hais moi non plus

P1020933.JPGLa chronique de Philippe Randa

Heureusement que Michel Onfray est de gauche, qu’il le dit, le redit… et l’a prouvé : n’a-t-il pas créé en 2002 – « annus horribilis » où Jean-Marie Le Pen accède au 2e Tour de l’élection présidentielle – une Université populaire à Caen « pour lutter contre les idées du FN » ? École qui peut laisser toutefois circonspect si l’on en juge par la progression électorale du mouvement à la flamme tricolore ses quinze dernières années et qui est même arrivé en tête d’une élection nationale en mai dernier.

À l’évidence, son efficacité vaut celle de l’Éducation nationale que Michel Onfray dénonce pourtant au grand dam de toute la bien-pensance de gauche : « Et si à l’école, au lieu de la théorie du genre et de la programmation informatique, on apprenait à lire, écrire, compter, penser ? »

Aussitôt accusé d’être une vipère réactionnaire, il en mord de plus belle : « La vulgate parisienne a souscrit au marxisme-léninisme, au maoïsme, au freudo-lacanisme, au structuralisme, aujourd’hui elle frétille avec la théorie du genre, demain elle se trouvera un autre sucre d’orge à sucer avant de reconnaitre, comme toujours, quinze ans plus tard, qu’elle s’était trompée… » (in Le Figaro du 26 septembre).

Michel Onfray et la gauche, c’est « je te hais moi non plus. »

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jeudi, 18 septembre 2014

Du mépris supposé à la lâcheté avérée ?

P1020933.JPGLa chronique de Philippe Randa

Il en va des politiciens comme du temps incertain ou des mœurs changeantes : le cru actuel de certains Damnés de la Terre n’échappe pas à la règle.

Après le mépris révélé – réel ou mensonger – sur l’emploi de l’expression « sans dents » par le Président François Hollande, voici Emmanuel Macron, son Ministre  de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique qui vient à son tour de créer l’émoi en dénonçant l’illettrisme des employées de la société agroalimentaire Gad, en instance de fermeture…

On s’en doute, le tollé a été immédiat, et le ministre a piteusement battu en retraite en s’excusant d’avoir prononcé un tel adjectif.

Et pourquoi donc ? Parce qu’aucune employée visée ne serait le moins du monde « illettrée » et que la personne en charge de l’avenir économique des Français parle sans savoir ? En effet, voilà qui est extrêmement grave… Mais si c’est la réalité, il était bel et bien du devoir de sa charge de dénoncer cet illettrisme, frein évident pour que ces employées puissent retrouver un emploi.

Auquel cas, nul mépris dans ses propos, mais un « parler vrai », dérangeant sans doute, mais salutaire à une époque où les Français en réclament justement ; ne nous le répète-t-on pas sans arrêt ?

Dans ce cas, les excuses du Ministre sont plus graves que tout, prouvant ainsi qu’il est d’une rare lâcheté. Ce qui n’augure guère de l’avenir économique des employées de Gad en particulier… et des Français en général !

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dimanche, 31 août 2014

Nouveau gouvernement : bras-de-fer ou bras d’honneur à gauche ?

P1020933.JPGLa chronique de Philippe Randa

« Vous ne nous aimez pas ? Vous allez nous détester ! » semble  avoir été le mot d’ordre de l’Exécutif – Hollande et Valls – lancé à la face de tous le pays avec la constitution du nouveau gouvernement.

Provocation pour la Droite, certes, avec la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à l’Éducation nationale : l’égérie de l’« ABCD de l’égalité » (soit la promotion cachée de la funeste Théorie du genre) en fait s’étrangler à juste titre plus d’un ; et que dire, pour la Droite de la Droite, du maintien de la tant honnie Christiane Taubira à la Justice ?

Mais surtout véritable insulte pour la Gauche – et pas seulement pour la Gauche de la Gauche – avec l’arrivée au ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, d’un ancien banquier d’affaires de la banque Rothschild, Emmanuel Macron ; plus qu’un reniement de la déclaration de matamore du candidat Hollande contre la finance « ennemie public », c’est un véritable bras d’honneur qui lui est fait : le candidat avait promis de mettre les banques au service de l’économie, le Président met ainsi ouvertement l’économie du pays au service de la finance.

Pourquoi cette volonté affichée de provoquer tout le monde… comme dans une fuite en avant suicidaire ? Ou peut-être que, conscient de son impuissance à redresser la situation économique, l’Exécutif veut mettre tous ses ex-alliés récalcitrants devant leur responsabilité, soit un soutien contraint et forcé par la perspective – avec une UMP moribonde et un Centre droit à la peine – de voir le Front national confirmer à l’avenir son statut de premier parti politique de France avec une Marine Le Pen en tête de l’élection présidentielle. Et peut-être pas uniquement au premier tour de celle-ci !

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dimanche, 24 août 2014

Fantômas à la plage : Morano se déchaîne !

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La chronique de Philippe Randa

Nadine Morano, ancienne ministre sous Sarkozy, vilipende sur Facebook une femme qu’elle a surprise habillée et voilée sur une plage de France ; elle s’insurge de sa condition qu’elle juge ainsi soumise au « pays des droits-de-l’homme ». Fort bien !

Son indignation a été largement répercutée en ce mois peu ensoleillé et a fait le « buzz », ce qui était sans nul doute son but. Soutenue à l’étonnement général par l’ancien numéro 1 du PS Harlem Désir, mais taclée à l’intérieur de sa propre formation politique, la toute nouvelle députée européenne aura « tenu » deux jours à la une de l’actualité…

Au fait, quel est le scandale ? Une femme voilée, mais visage découvert, sur une plage est-elle vraiment plus inconvenante que dans les rues d’une ville ? Que l’on sache, Nadine Morano et les siens ne s’en sont jamais vraiment offusqués quand ils étaient aux commandes de la France et qu’ils auraient eu alors les moyens de faire changer les choses.

Qu’est-ce qui lui permet d’affirmer par ailleurs que cette femme était contrainte d’assister, passive, au bain de son époux qui, lui, ne cachait à la vue de personne « un corps bien fait » ? Avait-elle seulement envie de se baigner ? Peut-être… ou peut-être pas.

Toutes les épouses musulmanes vivent-elles obligatoirement passives, contraintes, sinon terrorisées par leur époux ? La charge de l’ancienne porte-parole de l’UMP semble l’accréditer. Est-il permis d’être sceptique ?

Qu’il existe des cas, même nombreux, de patriarcat oppressant, personne ne le nierait, mais est-ce le monopole d’une seule religion ?

Il serait intéressant de connaître – mais cela n’est pas autorisé aux pays des Droits de l’homme, rappelons-le – l’origine des milliers de femmes subissant brimades, menaces et coups répétés, voir décès prématurés pour cause d’incompatibilité matrimoniale. Une majorité de musulmanes parmi de telles victimes serait significatif… Mais, là encore, il semble imprudent d’être trop affirmatif sans preuve !

Rappelons qu’au début du XXe siècle, il n’était pas si courant de voir des dames se baigner, pas beaucoup plus les hommes, d’ailleurs… et de toute façon, enfants compris, leurs obligatoires costumes de bain ne laissaient guère de peau exposée au soleil… À l’époque, personne n’y trouvait à redire et la sainte, catholique et apostolique église y veillait d’ailleurs avec attention.

Quant au grotesque de parler de culture en comparant cette femme trop habillée à notre Brigitte Bardot nationale très déshabillée, c’est ne vouloir retenir que la première partie du mot seulement. Pourquoi pas ! C’est juste un autre débat !

Mais peut-être Don Quichotte Morano préfère-t-elle les Femen dépoitraillées, exhibant leurs « charmes » dans les églises en une danse du ventre n’ayant que peu à voir avec la religion du Prophète…

Non, ce n’est pas un femme habillée et voilée qui ne se baigne pas, quelle qu’en soit la raison, qui est inquiétant, mais la perspective qu’un jour, certains intégristes religieux – et pas seulement musulmans – ne veuillent empêcher les femmes, les hommes et les enfants à se baigner en simple maillot ou nu(e)s… voire de se baigner tout court !

Et pire encore, qu’un maire ou un préfet soit assez lâche pour interdire la plage aux baigneurs trop peu vêtus par souci d’éviter des « troubles à l’ordre public »…

Gageons que les élus estampillés UMP, comme Nadine Morano, ne seraient sans doute pas les derniers pour cela !

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jeudi, 19 juin 2014

Le droit au mépris des derniers Mohicans de la haine...

P1020933.JPGLa chronique

de Philippe Randa

À Beaucaire, dans le Gard, le Maire Front national nouvellement élu Julien Sanchez et deux de ses adjoints ont vu une poignée de professeurs syndiqués refuser de siéger à leurs côtés au conseil d’administration du lycée Professionnel Paul-Langevin ; conseil qui a donc du être ajourné faute de quorum.

« Ce ne sont pas quelques syndicalistes enseignants sans éducation, privilégiés, aigris et sectaires, dont le comportement n’a rien à envier à celui de “racailles”, qui impressionneront la municipalité », a commenté le Premier Édile de la Cité.

Rappelez-vous : 1984, la première percée du Front national aux élections européennes avec 11 députés, élus et… une gauche haineuse, quittant les plateaux de télévisions pour ne pas cautionner la présence de représentants du parti honni. Leur comédie avait duré quelques mois, puis tous s’étaient lassés de ce déni de démocratie et, piteusement, avaient fini par ravaler leur rancœur.

Trente ans plus tard, plus aucun leader de gauche ou de droite n’aurait l’idée de la chaise vide. Reste donc une poignée de Mohicans, auto-proclamés farouches défenseurs d’on ne sait quelle liberté, qui s’arroge encore ce droit au mépris… avec, sans doute, le même probable succès à venir !

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lundi, 02 juin 2014

Ou passé Souad ? Par où passera Léonarda ?

images.jpgLa chronique de Philippe Randa

D’une part, Léonarda, célèbre poilue du Kosovo, menace de nous revenir. Certes, la France avait expulsé comme il se doit la famille Dibrani, mais qu’à cela ne tienne, celle-ci n’ayant pas plus d’identité que de frontières dans le cœur, aurait déjà changé de patronyme. Le site de Valeurs Actuelles nous apprend ainsi que les services français n'auraient pas réussi à ce jour « à obtenir auprès de leurs homologues kosovars des explications sur ce changement de nom. »

C’est donc la famille Tahiri – celui d’un autre membre de la fratrie en Croatie – qui entend revenir réclamer des allocations chez nous. L’astuce ? Devenir désormais croate ou serbe pour pouvoir circuler librement en Union européenne.

D’autre part, où est passée Souad Merah, seyante Belphégor s’il en est et accessoirement sœur aînée du fou-furieux de Toulouse ? En vacances comme l’affirme sa mère ou fortement soupçonnée d’être allée combattre en Syrie ? Quoiqu’il en soit, elle a bel et bien disparu des radars de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI)… Elle et toute sa progéniture : 9 mois, 2 ans et demi, 10 et 14 ans…

À l’évidence, aux âmes bien nées, le djihad n’attend point le nombre des années !

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dimanche, 01 juin 2014

Marisol Touraine déclare la (énième) guerre au tabac...

images.jpgLa chronique

de Philippe Randa

Marisol Touraine en son Ministère perché entend pourfendre les fumeurs par une nouvelle série de mesures coercitives dès la mi-juin.

D’abord, rendre chaque paquet neutre (ou générique), comme cela se fait en Australie depuis 2012 : tous ont la même couleur, la même police d’écriture : à loi stalinienne, esthétique soviétique comme il se doit.

Ensuite, interdire la cigarette électronique dans les lieux publics… Et tant pis pour ceux qui parviennent ainsi à s’affranchir de leur accoutumance au tabac, car comme le rapporte l’hebdomadaire Le Point (30 mai 2014) « une étude récente, publiée dans la revue britannique Addiction, évalue qu’un fumeur a 60 % de chance en plus d’arrêter de fumer avec l’aide d’une e-cigarette qu’avec sa seule volonté. Mais Marisol Touraine craint de voir l’addiction à la nicotine se développer, notamment chez les jeunes, par le biais des e-cigarettes. Et tant pis si des médecins soulignent que la nicotine est inoffensive et que seule la fumée tue. »

Autre scandale, l’aide au sevrage par le recours à des substituts nicotiniques en augmentant de 50 à 150 euros le forfait pour les moins de 30 ans, les bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle) et les malades du cancer : « Il s’agit là d’une victoire des laboratoires pharmaceutiques sur les partisans de la cigarette électronique », fait fort désobligement remarquer de son côté Le Figaro.

Le bannissement des fumeurs, toutes catégories confondues, des seuls lieux publics ne suffisant pas à l’évidence à calmer les talibans, Dame Touraine parle d’interdire également le tabac dans les véhicules privés au nom de « la protection de l’enfance ». Il s’agit certes pour l’instant d’une simple annonce d’intention, sans doute pour tester des réactions de cette violation d’un premier lieu privé… À quand des contrôles au domicile familial ?

Enfin, comble de l’hypocrisie, Marisol Touraine entend faciliter les actions collectives des fumeurs pour que les cigarettiers soient amenés à payer de très lourds dommages et intérêts… mais en aucune façon, obliger ces derniers à changer leurs pratiques autrement plus criminelles concernant l’addiction à leurs marchandises, soit l’ajout au tabac de molécules renforçant l’accoutumance. Une fois le tabac séché, des addictifs adoucissent en effet son âpreté pour le rendre plus fumable… et s’il est interdit pour cela d’utiliser des arômes de fruits ou alimentaires, qu’à cela ne tienne, pour contourner la loi, n’a-t-on pas créés des mini-cigarillos, soit de fausses cigarettes parfumées ?

On lira avec intérêt Golden holocaust (University of California Presss, 2012) de l’historien des sciences Robert Proctor qui dévoile les « tobacco documents » (79 millions de pages, 50 ans de documentation !) saisis dans le cadre du procès Philipp Morris dans les années 90 : tout y est expliqué.

Oui, mais voilà, en contre-partie de quelques amendes éventuelles – ou de la simple menace de celles-ci –, il est sans doute plus lucratif de laisser les fabricants de tabac continuer de s’enrichir avec une clientèle captive, favoriser certains laboratoires pharmaceutiques qui sauront bien se montrer reconnaissant à l’occasion, et continuer d’encaisser les taxes sur le tabac…

À défaut de 50 milliards d’économie à trouver, il n’y a pas de vilains petits profits à continuer… au nom de la santé budgétaire, en tout cas !

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mercredi, 21 mai 2014

Malvenu antisémitisme sur la Croisette...

images.jpgLa chronique de Philippe Randa

Anne Sinclair avait le choix entre deux postures, concernant le film Welcome to New-York, consacré aux sexuelles frasques ancillaires de son ex-mari : traiter « l’œuvre » par le mépris… ou partir en croisade contre !

Avec sa tribune sur le Huffington Post, dont elle est directrice éditoriale, elle a donc choisi la descente dans l’arène, mais pas celle de l’épouse trahie et salie, mais l’arène politique, celle où elle a tant excellé lorsqu’elle faisait les beaux jours de la télévision française. Elle brandit ainsi sans vergogne l’éternelle suspicion d’antisémitisme, accusant « les producteurs du film (de projeter) leurs fantasmes sur l’argent et les juifs. »

Il n’y a pire accusation contemporaine que cette antienne, aussi vieille que la nuit des temps et si usée depuis la fin de la dernière guerre mondiale… Obsession pour certains, fantasme pour d’autres, il n’est pas certain, cette fois-ci, que le choix soit judicieux.

La film d’Abel Ferrara  avec Gérard Depardieu dans le rôle principal, projeté au festival de Cannes avait déjà suscité un certain brouhaha, promis, probablement, à ne pas perturer. Distribué seulement en VOD (video à la demande), il n’était destiné, selon toute vraisemblance, qu’à un public limité d’amateurs de « porno light » et de voyeurisme confidentiel… Ce coup de projecteur inattendu va lui assurer, à n’en point douter, une autre clientèle… combien de divisions ?

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dimanche, 04 mai 2014

L’Europe aux 27 frontières grandes ouvertes…

P1020933.JPGLa chronique

de Philippe Randa

Harmoniser le droit d’asile en Europe : l’évidence est telle qu’en juin 2013, les 27 membres de l’Union européenne ont voté un texte prévoyant la mise en place d’un régime commun européen d’asile dont les dispositions ne doivent entrer en vigueur… qu’à partir du second semestre 2015.

Les différences d’aboutissement des demandes d’asile sont effectivement extrêmement disparates entre États : Moins de 1 % en Grèce – pourtant submergée par de continuels afflux massif de migrants – 14,5 % en France, 30 % en Allemagne,…

« Afin de réduire ces disparités, le texte prévoit des délais communs pour le traitement des demandes d’asile, des règles plus strictes concernant la formation du personnel en contact avec les demandeurs d’asile.

Alors qu’il s’étend parfois sur plusieurs mois, le délai d’enregistrement du dossier sera limité à trois ou six jours. L’examen de la demande ne devra pas durer plus de six mois sauf circonstances particulières où il pourra être étendu jusqu’à vingt et un mois » (Le Monde   , 12 juin 2013).

Les mesures envisagées vont également de l’harmonisation des règles en matière de logement, d’allocation de subsistance et de santé, à l’accès au marché du travail (après neuf mois de présence effective dans le pays au lieu de douze) ; quant aux « femmes enceintes, mineurs et victimes de torture », chaque cas devra faire l’objet de « propositions adaptées à leurs besoins » : tout un programme !

Et bien entendu, toutes les mesures vont dans le même sens, celui d’une facilité de permis séjour : « En cas de recours, le droit à rester sur le territoire est introduit. En cas de doute sur l’âge d’un jeune isolé, ce dernier sera réputé mineur. Les moins de 18 ans se verront attribuer un représentant pour les accompagner dans leurs démarches. Les personnes ayant besoin d’une aide particulière (orientation sexuelle, handicap, maladie, etc.) disposeront de plus de temps pour exposer leur requête » (Source AFP/Le Monde).

La détention – y compris de mineurs – n’est envisagée qu’en cas de « circonstances exceptionnelles » et cette mesure coercitive doit être « limitée à des cas particuliers et assortie de garanties ».

Quant aux demandes de « meilleure répartition du fardeau » (des demandeurs d’asile), notamment réclamées par la Grèce et Malte, rien ne changera : chaque demande sera à la charge du premier pays de l’UE où le migrant a réussi à poser un pied.

Toutefois, deux votes des eurodéputés ont réformés les règles au sein de l’espace de libre circulation européen : les services de police ont désormais l’autorisation de consulter le fichier Eurodac des empreintes digitales des demandeurs d’asile afin de lutter contre le terrorisme ou certains crimes graves (Auparavant seuls les services d’asile pouvaient y avoir accès et seulement pour connaître le premier pays où était entré le demandeur d’asile).

Certes, si le Parlement a également permis de façon temporaire et « en dernier ressort » des contrôles aux frontières nationales « dans des circonstances exceptionnelles comme l’afflux massif de migrants » (demande notamment de la France et de l’Allemagne), « pour contrebalancer cette mesure, le Parlement s’est également prononcé en faveur de la création d’un corps d’inspecteurs (composés d’experts de la Commission européenne, des agences spécialisées de l’UE et des États membres) qui seront autorisés à effectuer des visites inopinées afin d'empêcher les contrôles illégaux menés par les autorités nationales aux frontières intérieures » (Le Monde, 12 juin 2013).

Un clause du traité est particulièrement étonnante : les demandeurs d’asile ne doivent en effet ne plus être transférés « dans des pays de l’UE où existe un risque de traitement inhumain ou dégradant »…

Ainsi donc, il existerait au sein de l’Union européenne de tels pays. Pourquoi ne sont-ils donc pas nommés ? Diplomatique discrétion s’il en est…

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dimanche, 27 avril 2014

La route de l’Élysée passe-t-elle par la place Saint-Pierre ?

Philippe Randa 7.jpgLa chronique de Philippe Randa

Manuel Valls au Vatican ! Au Parti socialiste, personne n’y trouve rien à redire. N’y trouve PLUS RIEN à redire, plus exactement, car en 2011, la présence de François Fillon, alors Premier ministre, à la béatification de Jean-Paul II, avait été l’occasion d’un communiqué lapidaire : « Cette décision rompt avec une tradition diplomatique établie et respectée par tous ses prédécesseurs qui veut que notre pays ne se fasse représenter à ce type de manifestation que lorsqu’elle concerne un Français. Venant de Nicolas Sarkozy, qui aurait même songé à s’y rendre personnellement, cette décision ne surprend pas, mais elle reste particulièrement choquante. »

Les socialistes, en obsessionnels donneurs de leçon de morale, avaient même rappelé que « la République indivisible, laïque, démocratique et sociale assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de religion respecte toutes les croyances… »

Mais si les promesses n’engagent que ceux qui y croient, les convictions politiques, elles, sont à géométries variables, on le sait bien.

Ce déplacement personnel de Manuel Valls n’est toutefois pas désintéressé, on s’en doute. À défaut de « signal », les catholiques français y verront-ils un « geste », pour apaiser leurs relations avec l’ex-ministre de l’Intérieur dont les CRS n’avaient pas hésité à faire usage de gaz contre des familles entières lors des manifestations contre le Mariage pour Tous ?… Une violence inappropriée qui avait choqué bien-au delà des seuls participants. Béatrice Bourges, Porte-parole du mouvement Printemps français, qualifie depuis le donneur d’ordre d’« idéologue qui n’a pas été à l’écoute d’une partie de la population, un homme qui n’est pas digne des fonctions qu’il occupe. »

Mais au-delà d’un simple calcul électoral, c’est plus probablement pour acquérir une stature internationale qu’il tient à être vu à cette cérémonie, présidée par le pape François, retransmise dans le monde entier et qui rassemblera plus d’un million de pèlerins dans la capitale italienne.

Une manière également d’atténuer son image désastreuse dans une autre partie de la communauté française, après ses déclarations sur l’antenne strasbourgeoise de Radio Judaïca le 17 juin 2011 : « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ! Quand même ! »

« Ces derniers mots figurent désormais parmi les premières occurrences à apparaître lorsqu’une recherche Google sur Manuel Valls est effectuée », indique le blog http://rso17.unblog.fr.

Enfin, s’il n’acquiert pas une stature internationale avec son voyage à Rome, Manuel Valls ramènera peut-être dans ses valises un peu d’eau bénite pour parer les révélations d’un brûlot qui n’est pas encore paru… mais qui fait déjà beaucoup parler.

Le Vrai visage de Manuel Valls, livre du journaliste Emmanuel Ratier (à paraître prochainement aux éditions Facta 4 Rue de Clichy 75009 Paris) intéresse déjà nombre d’observateurs politiques, notamment Nicolas Lebourg qui l’annonce dans un encadré significatif du dernier numéro de l’hebdomadaire VSD : « Annoncé comme truffé de “révélations explosives” sur la famille, le parcours et les réseaux du Premier ministre, l’ouvrage aurait été imprimé à l’étranger par crainte d’une saisie ».

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vendredi, 25 avril 2014

Anne Frank, son martyre et ses produits dérivés : la concurrence est rude !

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Peut-on tirer profit de tout ? Comme pour le rire, le débat est vieux comme le monde et les avis divergent. La concurrence aussi !

Ainsi du spectacle – « scandaleux » pour les uns, « porte d’entrée plus authentique » pour d’autres – qui se prépare actuellement à Amsterdam autour d’Anne Franck, icône de la persécution des juifs s’il en est, « symbole d’héroïsme et spectre obsédant des dangers de la discrimination »… Des historiens ont remis en question l’authenticité de son fameux Journal, mais personne, encore, n’avait osé toucher à l’image de cette jeune fille de 16 ans, déportée et disparue avec toute sa famille durant la Deuxième Guerre mondiale (son père fut le seul survivant).

Objet de la polémique : le projet de la société de production Imagine Nation, une entreprise hollandaise de divertissement, d’ouvrir un immense théâtre dans la capitale des Pays-Bas. Un seul spectacle y sera joué, la pièce Anne, retraçant la vie, les épreuves et la mort de l’auteur du plus célèbre des journaux intimes.

L’un des deux créateurs, Kees Abrahams, défend son projet avec une verve et des arguments dignes des meilleurs marchands de tapis du monde : « C’est important que les gens se sentent chez eux, qu’ils passent un bon moment […] Nous avons donc fait construire un grand restaurant, en forme de salon, avec 150 places » ; quant au traiteur, Dennis Borrel, il est, d’après lui, « follement créatif », alors, n’est-ce pas, hein ?

Et puis, surtout, l’endroit sera abondamment pourvu… de toilettes « pour que les spectateurs n’aient pas à faire la queue comme du bétail pour se soulager » ; pour preuve, « [il y aura] 16 cabines de toilettes pour les femmes – trois fois plus que ce qui est requis […] Je pense que c’est crucial », s’enorgueillit l’attentionné maître des lieux.

Pourquoi pas, aussi, des « chambres tout confort, avec eau à tous les étages » ? Non, tout de même pas. Pas pour le moment, en tout cas…

Il faut dire que 1.100 places seront possibles par représentation avec des fauteuils coûtant entre 35 et 70 euros.

Le second créateur de la pièce, Robin de Levita, est, lui, un habitué des spectacles musicaux de Broadway, ayant travaillé précédemment sur les superproductions Chicago et Les Misérables… Heureusement que ce n’était pas pour Singing in the Rain : on imagine ce qu’aurait pu être alors son interprétation très personnelle de la fin d’Anne Frank…

On comprend alors que la nature commerciale de l’entreprise irrite au plus haut point la Maison Anne Frank : « Je ne peux m’empêcher de froncer les sourcils quand je vois un dispositif où sont prévus des verres de vin, des boîtes de snacks, un dîner avec vue, puis une virée nocturne, s’insurge Ronald Leopold, son directeur […] Si ça ne tenait qu’à moi, les choses ne se seraient jamais déroulées de la sorte. »

Indignation justifiée… ou concurrence irritante ? L’édition française du site timesofisrael rappelle toutefois que « le musée a été accusé il y a une vingtaine d’années de tirer profit de l’image d’Anne, en faisant vendre des ballons et des T-shirts lors d’expositions itinérantes ».

On sait, depuis Brel, que dans le port d’Amsterdam, « Ça sent la morue/Jusque dans le cœur des frites »… Certains pourront surtout penser que désormais « Ça sent le hareng/Jusque dans le devoir de mémoire »…

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jeudi, 24 avril 2014

La réforme territoriale de « Moi Président » n’est pas encore pour demain

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Combien étaient-ils ? À nouveau – et cela devient une habitude en France –, impossible d’être certain du nombre, même à la louche. Entre 5.000 et 15.000 selon l’estimation la plus répandue, à défaut d’être la plus précise. Il y avait des bonnets rouges, mais pas seulement. Des chapeaux ronds aussi et des drapeaux. Surtout des drapeaux… C’était le week-end dernier à Nantes. Un « moment historique », assurent les participants.

« L’appel à manifester a été lancé par les collectifs nantais Bretagne réunie et 44 = Breizh, rejoints par le mouvement des bonnets rouges, connu pour son combat contre l’écotaxe, mais qui compte aussi parmi ses revendications la réunification de la Bretagne historique, à cinq départements. “On a donné le coup de pied nécessaire dans la fourmilière pour arriver à ce qu’enfin les questions essentielles pour le peuple breton soient envisagées”, s’est réjoui Christian Troadec, figure de proue des bonnets rouges et maire DVG de Carhaix (Finistère) », a-t-on lu dans Le Figaro. Deux slogans ont été scandés avec conviction : « Bretagne réunifiée, on va y arriver ! » et « Naoned e Breizh » (Nantes en Bretagne).

Ils vont y arriver, sans doute, et pas qu’eux – toutes les régions françaises sont concernées par les projets de réforme territoriale annoncés par François Hollande lors de sa 3e conférence de presse, en janvier dernier –, mais quand ?

Certes, « Moi Président » s’inspire du rapport du Comité pour la réforme des collectivités locales, présidé par Édouard Balladur, et commandé par Nicolas Sarkozy en 2009. Le gain des économies espérées était alors de l’ordre de 600 millions d’euros. Un bon début pour les 50 milliards que doit trouver, coûte que coûte, Manuel Valls.

Mais alors, qu’est-ce qui coince ?

D’abord, l’évidence même ; qui dit moins de régions, dit moins d’élus : d’où le combat désespéré de certains « menacés » d’aller faire don de leur personne sur un marché de l’emploi déjà très encombré.

« La volonté politique est généralement faible de la part des présidents de région, estime Patrick Le Lidec, chargé de recherche au CNRS et spécialiste de la décentralisation. Est-ce que vous avez envie de voir votre poste disparaître ? En cas de fusion, vous avez une chance sur deux de ne plus être le boss. » Empêcher ou tout au moins retarder l’inévitable échéance est devenu leur obsession. Des élus locaux de tous bords ont ainsi créé des collectifs pour mobiliser les citoyens ; et cinq ans après le rapport Balladur, il ne s’est encore rien passé !

Considérant le faible poids des régions, certains ironisent aussi sur le peu de gain budgétaire : pour Claude Gewerc, président socialiste de la région Picardie, « les régions ne pèsent que 2 % de la dépense publique. Où sont les marges de manœuvre économique ? Si c’est là que François Hollande veut faire des économies, il s’est trompé. »

Ensuite, pour chaque région réunie ou agrandie, se pose inévitablement la question de la ville qui en sera la capitale. Pour la Bretagne, Rennes ou Nantes ? Pour la Normandie, Caen ou Rouen ? « Si une ville perd son statut de chef-lieu, les commerçants vont protester parce qu’ils vont perdre des clients, le territoire devient moins attractif », remarque encore Patrick Le Lidec.

Entre médiocres calculs personnels et susceptibilités mal placées, la réforme annoncée par tous les gouvernements, de droite comme de gauche, n’est peut-être pas encore pour demain.

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dimanche, 20 avril 2014

République irréprochable : dis, la droite, pourquoi tu te tais ?

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Les copains et les coquins sont dans le collimateur… Du parachutage doré à l’IGAS de l’ex-première édile de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Dominique Voynet, à la démission obligée du conseiller de la présidence Aquilino Morelle en passant par la nomination d’Harlem Désir – ancien de SOS Racisme rebaptisé « SOS Pôle emploi » –, on s’habitue peu à peu à un scandale hebdomadaire dans la République irréprochable de « Moi Président ».

Acculée, la gauche monte au créneau, depuis Jean-Christophe Cambadélis, tout nouveau premier secrétaire du PS – « Si ce qui est dit est vérifié, je ne vois pas comment il [Aquilino Morelle] peut rester » – jusqu’à la nouvelle cheftaine d’EELV Emmanuelle Cosse, dont on ne sait plus très bien si son mouvement est encore ou non dans la majorité – « Quand je vois cette affaire, je me demande si on a appris de l’affaire Cahuzac » – en passant par le locataire de l’Élysée lui-même qui assure qu’« Aquilino Morelle a pris la seule décision qui s’imposait, la seule décision qui convenait »…

Et puis, il y a le Front national pour qui « l’affaire Aquilino Morelle témoigne de la profonde arnaque socialiste sur la République qui, enfin, devait devenir exemplaire »…

Et c’est tout ! À droite, « c’est silence radio ou presque », comme le souligne le site huffingtonpost.fr. Pourquoi la droite est-elle tétanisée ? Pourquoi, par son silence, laisser ainsi le champ libre au seul Front national pour fustiger le pouvoir en place, au risque d’accréditer dans l’opinion publique la certitude que les copains et les coquins pullulent bien au-delà de l’actuelle majorité parlementaire… Soit jusqu’à l’UMP elle-même !

À l’exception du député de la Marne Benoist Apparu, qui a fait savoir que « la démission du conseiller de François Hollande était une évidence quand on passe son temps à donner des leçons aux uns et autres », on ne peut guère se satisfaire de l’absence de réaction de la principale force d’opposition parlementaire avec l’argument donné par son vice-président Brice Hortefeux : « Ne pas faire de publicité à Mediapart », site sur lequel est paru le premier article dénonçant le « conflit d’intérêts » du conseiller de François Hollande… Ce qui, entre parenthèses, dément les accusations de l’inénarrable Nadine Morano, qui accusait le média dirigé par Edwy Plenel de rouler pour la majorité actuelle (un tweet du 18 mars dernier).

Mais ceci explique finalement peut-être cela : si l’UMP ne la « ramène » pas trop sur l’affaire Aquilino Morelle, c’est peut-être pour éviter un effet boomerang : de « l’affaire Bettencourt », encore fraîche dans les mémoires, au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par Kadhafi en 2007 et aux extraits des écoutes judiciaires de l’ex-Président diffusés justement par Mediapart, la gauche n’attendait peut-être que cela : renvoyer la droite à ses propres ennuis judiciaires en rappelant notamment que l’ancien ministre Éric Woerth avait, lui, refusé de démissionner malgré les lourdes accusations pesant sur lui…

Au fait, qu’est devenu Éric Woerth ? Mis en examen pour trafic d’influence passif et recel de financement illicite de parti politique en février 2012, il a été réélu maire de Chantilly le mois dernier. Avec 74,6 % des voix ! Comme quoi…

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vendredi, 18 avril 2014

« Moi Président » et son irréprochable République de copains et de coquins…

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La chronique de Philippe Randa

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L’affaire a été rondement menée. À peine Dominique Voynet a-t-elle rendu son mandat municipal à Montreuil (93) qu’elle vient d’être embauchée à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), nommée en Conseil des ministres « sur proposition du ministre des Affaires sociales et de la Santé et du ministre du Travail », comme l’a précisé l’Élysée.

Une nomination qui reste en travers de l’œsophage du président PS de l’Assemblée nationale et ancien président du conseil général de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone, qui la brocarde sévèrement sur son blog : « Triste itinéraire d’une enfant gâtée de la République. Élue ou parachutée tour à tour dans le Jura, au Parlement européen, en Seine-Saint-Denis, puis défaite par les électeurs ou auto-démissionnée par certitude de l’être, madame Voynet, si prompte à critiquer la violence du “système”, restera certainement silencieuse quant à la manière dont elle vient d’en profiter goulûment. »

On sait les relations en général tendues entre socialistes et écologistes, mais entre Claude Bartolone et Dominique en Voynet en particulier, c’est de l’amour vache… et même vache folle !

D’autant que le « parrain » de la Seine-Saint-Denis, comme l’a surnommé l’intéressée en son temps, ajoute : « Au mieux, cette nomination apparaît comme le “golden parachute” d’une élue en mal d’électeurs. Au pire, elle procède d’un accord politique lui ayant permis de s’exfiltrer de Montreuil après avoir laissé cette ville en ruine et la gauche divisée comme jamais. »

Bon, ces deux-là ne nous feront pas un petit, on l’aura compris…

Pour se consoler, l’ancienne cheftaine des écologistes va pouvoir faire don de sa personne à l’IGAS sans craindre particulièrement les fins de mois difficiles ; même pour un ancien ministre, « la fourchette de rémunération d’un inspecteur général des affaires sociales est de 85.000 à 100.000 euros net annuels », indique l’IGAS. On survivrait à moins.

Et tant pis pour les quelques envieux qui rappellent fort désobligeamment ce qu’elle avait publié en automne dernier sur son blog – décidément, les blogs s’avèrent dangereux en politique ! –, pour justifier qu’elle ne briguerait pas un nouveau mandat municipal : « Je refuse de partir en campagne en promettant logements et jobs “à la mairie” à tour de bras ; de garantir à toute personne rencontrée dans la rue que sa demande, même injustifiée, sera traitée “en priorité” [...] ; de promettre à chaque dirigeant d’association évoquant sans pudeur l’imminence des élections une augmentation de sa subvention annuelle. »

Quant à « Moi Président », décidément, personne ne lui reconnaît enfin d’avoir prouvé en moins d’une semaine qu’il luttait avec efficacité contre le chômage, plaie de la France s’il en est depuis des décennies (pas que d’elle, d’ailleurs !) : après Harlem Désir, discriminé pour incompétence dans son ancien « job » (premier secrétaire du Parti socialiste) et sauvé in extremis par un secrétariat d’État, voilà une autre citoyenne qui aura échappé à Pôle emploi.

Comme quoi, si Dominique Voynet était sincèrement « dégoûtée par la politique », comme elle l’a clamé haut et fort en fin d’année dernière, la politique ne semble nullement dégoûtée d’elle !

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jeudi, 17 avril 2014

Et maintenant, le sous-SMIC !

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Il y a des sujets aussi polémiques que récurrents… Ainsi du tabou de la Sécurité sociale, de l’abrogation des 35 heures ou encore du salaire minimum interprofessionnel de croissance, plus connu sous ses initiales de SMIC.

Après Pascal Lamy, ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui demandait plus de « flexibilité » pour le travail et le retour des « petits boulots », payés en dessous du SMIC, c’est Pierre Gattaz, patron du MEDEF, qui revient à la charge avec l’instauration à titre « temporaire » d’un salaire « transitoire » inférieur à celui-ci.

On sait d’expérience ce que promet l’adjectif « temporaire », soit en général « pour longtemps » ; et « transitoire » rime fâcheusement, en l’occurrence, avec « suppositoire ».

Évidemment, les réactions ont fusé. Indignées, en général… L’occasion fournie est trop belle, pour beaucoup, de la jouer « sociale », une fois n’est pas coutume ! Et l’ancienne patronne des patrons Laurence Parisot – qui a dû céder plus qu’à contre-cœur la place à Pierre Gattaz – ne s’en est pas privée, dénonçant la « logique esclavagiste » d’une telle proposition. Rien de moins.

Sans aller jusqu’à un tel extrémisme de vocabulaire, reconnaissons néanmoins que la justification de son successeur pour illustrer sa proposition est quelque peu (euphémisme !)… maladroite : un « sous-SMIC » permettrait, selon lui, aux jeunes d’entrer sur le marché du travail. D’entrer, peut-être ; de les motiver, c’est beaucoup moins certain…

Jeune, donc taillable, corvéable et exploitable pour des rémunérations au rabais : moins de mille euros pour subvenir aux besoins de première nécessité. Pour le superflu, monsieur Gattaz n’a pas indiqué d’âge minimum…

Alors, sachant qu’après quarante ans, le chômage menace tout autant, sinon davantage, après le sous-SMIC à l’intention des jeunes, pourquoi pas un sous-SMIC à celle des pas encore assez vieux ? Monsieur Gattaz n’en a pas parlé. Ça viendra, patientons…

Au-delà de l’ironie et des indignations de circonstance, il est un fait que le montant actuel du SMIC (1 445,38 euros brut au 1er janvier 2014) ne permet guère une vie très confortable d’une part (quoique cela dépende des régions), tout en étant trop élevé pour nombre de chefs d’entreprise d’autre part.

D’abord, parler de « sous-SMIC », n’est-ce pas déjà une imposture ? Peut-il exister, en français correct, un « moins minimum » ? Pas davantage qu’un « plus pire », me semble-t-il. Ensuite, la question n’est-elle pas plutôt : « Un SMIC moins élevé inciterait-il davantage à l’embauche ? »

C’est loin d’être certain si l’on s’en réfère à la méfiance à l’encontre du pacte de responsabilité proposé par François Hollande lors de ses vœux aux Français, « fondé sur le principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en même temps, une contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social ».

Quatre mois plus tard, la plupart des chefs d’entreprise ne sont toujours pas disposés à « jouer le jeu », trop souvent échaudés par le passé par des promesses gouvernementales non tenues.

Baisser les charges ou baisser le salaire minimum, c’est quand même kif-kif bourricot, contrairement à tout ce qu’on voudra bien nous affirmer. Si le pacte de responsabilité ne convainc pas, le SMIC en solde ne le fera pas non plus.

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mardi, 15 avril 2014

Libé : un enfumage sans modération de l’Élysée ?

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Les plus méchants diront que le quotidien Libération est tellement aux abois qu’il en est réduit à ce titre de une dont on ne sait si elle est plus affligeante que provocatrice, plus stupide que pitoyable : « Droguez-vous avec modération »…

Ils en sont là ! Pour faire parler un « coup » ? Pour vendre une poignée d’exemplaires de plus ? Si au moins le journal annonçait dans la foulée son dépôt de bilan, les responsables – on ne sait plus très bien s’il y a vraiment un directeur ou si c’est un soviet de salariés qui entend dicter ses conditions au baron de Rothschild – pourraient ainsi finir en « beauté », mais non, il ne semble pas que le journal fondé par Jean-Paul Sartre et porté durant la Mitterrandie par Serge July en soit là… même si presque !

Alors ? Pourquoi cette une vantant la libéralisation de la drogue ? Pour rabâcher, encore et toujours, que la « prohibition [ayant échoué], la consommation de masse, addictive, est en pleine croissance », comme François Sergent, directeur adjoint de la rédaction (Ah si ! Il y a une « direction » à Libé !), l’affirme, ajoutant pour tenter tout de même de justifier l’injustifiable que le « climat répressif qui tourne autour des drogues […] empêche tout débat, toute discussion, toute information auprès des usagers [...]. Notamment des plus jeunes et des plus vulnérables… »

Bien évidemment, les réactions ne se sont pas fait attendre, à commencer par celle de Serge Lebigot, président de l’association des « Parents contre la drogue », qui rappelle dans Le Figaro : « Qu’il soit donné acte à notre association, apolitique, d’avoir alerté, tant M. Valls, alors ministre de l’Intérieur, que Mme Touraine, alors ministre de la Santé, sur la folie et l’incohérence de s’acharner à vouloir ouvrir une salle de shoot à Paris, avant sa généralisation en France. Nous n’avons, hélas, pas été écoutés. »

Et de tacler la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDCA, ex-Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie [MILDT]) qui, selon lui, « place sur le même pied d’égalité la dépendance au crack et à l’héroïne et celle aux jeux vidéo, pourquoi pas à l’addiction au café, [cela] en dit long de son nouvel état d’esprit ».

De même, Thomas Sotto, dans sa revue de presse sur Europe 1, fustige la provocation du quotidien passé de la gauche ultra à la gauche faillie, via la gauche caviar : « C’est à se demander ce qu’ils ont pris à Libé  ; [à] aucun moment ils [les journalistes de Libération] ne donnent la parole à un médecin ou un toxicologue qui pourrait mettre cela en perspective. »

À moins que… à moins que le locataire de l’Élysée n’ait simplement dealé avec le quotidien au bord du naufrage pour qu’il relance ce vieux débat polémique ? Les sondages annoncent, en effet, une nouvelle déconfiture du Parti socialiste aux élections européennes, le nouveau gouvernement – copie conforme du précédent – n’incitant pas les électeurs à épargner le parti au poing à la rose, désormais dirigé par Jean-Christophe Cambadélis…

Une façon comme une autre de détourner les esprits de la situation économique, comme l’année dernière la loi sur le mariage pour tous !… Bis repetita desperant ?

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lundi, 07 avril 2014

Anelka surenchérit : même pas peur !

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La chronique de Philippe Randa

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Le footballeur Nicolas Anelka vient de shooter fort avec ses explications au quotidien Metronews sur sa désormais célèbre « quenelle », faite en témoignage d’amitié pour son ami Dieudonné… C’était en décembre dernier, après un doublé sur le terrain de West Ham, au vu et au su de tous. Suspendu pour 5 matchs, condamné à 80.000 livres d’amende, finalement renvoyé de son club de West Bromwich Albion, beaucoup le croyaient mort professionnellement… et repentant… T’as qu’à croire !

Non seulement il intéresserait le club brésilien Atlético Mineiro pour la Copa Libertadores (équivalent de la Ligue des champions en Amérique du Sud), mais loin de battre sa coulpe, il persiste, signe et surenchérit dans son soutien à Dieudonné : « C’était un ami, c’est devenu un frère aujourd’hui ! C’est un humoriste, pas un politicien. Il demeure pour moi le meilleur de France. Ils sont nombreux à le penser, mais de peur de perdre le boulot ou autre, ils n’osent pas le dire… », ridiculisant ouvertement au passage le matamore Manuel Valls : « Il n’est pas très méchant ! Je pense plutôt qu’il a été sous l’influence de sa femme sur cette affaire de quenelle. J’espère qu’il mettra autant d’énergie à redresser le pays qu’il en a mis à combattre Dieudonné. »

S’il garde de l’incompréhension pour son club anglais « de [son] côté depuis le début de cette affaire, [et qui] fait [ensuite] marche arrière et entame une enquête à son tour », il n’a que mépris pour Valérie Fourneyron, ministre des Sports, qui avait déclaré que son geste était « une provocation écœurante » qui l’avait « insupportée » : « Je ne connaissais pas cette dame, qui n’est d’ailleurs plus ministre. Ce sont toujours les plus incompétents qui ouvrent leur bouche ! Mais pour en revenir à elle, si moi je l’ai insupportée avec ma magnifique quenelle, de voir une ministre des Sports ne pas savoir que la Coupe du monde a lieu en 2014 et non en 2016 et de confondre Cristiano Ronaldo avec Ronaldo El Fenomeno devant l’intéressé, ça, c’est vraiment insupportable… au moins, le président de la République l’aura bien compris ! »

Quant aux accusations à son encontre : « C’est bien beau de dire que je suis antisémite et raciste […] À un moment, il faut arrêter d’être parano et de croire qu’on est tous en guerre ! Les personnes qui ont fait ces gros titres ne connaissent pas ma vie […] Qui décide que la quenelle est antisémite et raciste, à part l’inventeur de ce geste ? Ce n’est pas à la LICRA de décider, mais à celui qui l’a inventée ! […] Si ça continue, les gens qui décident que la quenelle est raciste vont bientôt nous interdire de manger de l’ananas (allusion à Shoananas, chanson satirique de Dieudonné). »

Et si c’était ça, le changement annoncé ? Pas celui prévu par François Hollande, mais un changement plus important encore : « s’ils » ne faisaient plus peur ? Si les rappels à l’ordre de la « médiacratie », les injonctions ou les indignations de nos ligues de vertu que sont LICRA et CRIF n’avaient désormais pas plus d’importance qu’un… coup de pied dans un ballon de football ?

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mardi, 01 avril 2014

Au nord, une hécatombe à gauche et un maillage réussi pour le FN...

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La chronique de Philippe Randa

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Après Hénin-Beaumont la semaine dernière, fief de gauche depuis quasiment un siècle (et sans discontinuer depuis 1945) passé sous direction frontiste, c’est Hayange en Moselle qui a été conquise par l’ancien militant de la CGT Fabien Engelmann, tandis que Florian Philippot, arrivé en tête au 1er tour, cède pour sa part l’élection au maire socialiste sortant : sans doute le vice-président du Front national a-t-il souffert de l’extrême médiatisation de sa candidature, tout comme dans le sud celle du député Gilbert Collard qui, lui non plus, n’accède pas à la mairie de Saint-Gilles qu’il convoitait.

Le mouvement de Marine Le Pen se consolera dans la moitié nord de la France par son implantation désormais indiscutable sur l’ensemble des départements, ce maillage réussi du pays qui était un des enjeux annoncés par l’ancienne candidate à la présidence de la République.

Outre le Nord où ses candidats portent hauts les scores frontistes (18,20 % pour Philippe Eymery alors que le maire historique Michel Delebarre cède sa mairie avec à peine 26,27 % à son ancien adjoint Patrice Vergriete, qui obtient 55,53 %) ou à Lille (18,22 % pour le frontiste Eric Dillies, derrière l’UMP-UDI Jean-René Lecerf (29,72 %) et le maire PS Martine Aubry à 52 %)…

On notera également la victoire du FN à Villers-Cotterêts en Picardie… Pour le reste, cette moitié nord de la France, c’est une litanie de villes qui basculent de gauche à droite : Laval, Nevers, Caen, Belfort, Tours, Tourcoing, La Roche-sur-Yon, Bar-le-Duc, Quimper… ou qui y restent, comme Bourges, Calais et… Paris !

Au fait, quel souvenir laissera la campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet ? Rien ! Sa nouvelle coupe de cheveux pour l’occasion, peut-être… et encore ! Quand on pense aux scores des listes Chirac, puis de celles de Jean Tiberi après lui, la droite doit amèrement regretter d’avoir voulu éliminer ce dernier en tentant d’imposer le gaulliste de gauche Philippe Séguin… Elle ne s’est donc toujours pas relevée de cette division des siens dans la capitale.

Certes, de nombreuses villes restent à gauche dans la moitié nord de la France : Metz, Rennes, Brest, Lens, Le Mans, Boulogne-sur-Mer et – ô surprise ! – deux villes passent même de droite à gauche : Douai et… Verdun ! On aura tout vu ! Mais n’avait-on pas déjà vu la semaine dernière Niort, bastion socialiste s’il en était, passer à droite ?

Certes, Martine Aubry est réélue. Mais de justesse avec 52 % des suffrages (contre 66,56 % en 2008) et elle risque bien de perdre la présidence de la communauté urbaine de Lille : Roubaix, une des villes importantes de l’agglomération lilloise, étant passée à droite.

La gauche se consolera sans doute, en plus de Paris, de la victoire à Strasbourg de Roland Ries qui conserve son siège au détriment de l’UMP Fabienne Keller ; outre le candidat du Front national qui s’était maintenu, on ne pourra négliger l’impact durant la semaine passée de l’appel lancé par l’ancien député Robert Spieler aux électeurs : « Ne votez à aucun prix pour Fabienne Keller qui hait les nationalistes et soutient le mariage homosexuel ! »

Il semblerait par ailleurs que Villeneuve-Saint-Georges (dans le Val-de-Marne) reste aux mains du Parti communiste de… 30 voix ! Il s’en est donc fallu d’un rien que l’entente électorale « pragmatique » Divers droite/Front national ne gagne son pari… si tant est qu’il soit perdu, puisqu’un recours est d’ores et déjà annoncé.

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mardi, 25 mars 2014

Faute de front républicain, le front du chantage ?

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Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon, monte au créneau contre le candidat frontiste Philippe Lottiaux, arrivé en tête du scrutin dimanche soir.

« Je ne me vois pas travaillant avec une mairie Front national. Cela me semble tout à fait inimaginable », a-t-il déclaré au quotidien Libération.

Fort bien, la menace est d’importance veut-il faire croire…

Donc, si « l’inimaginable » devait avoir lieu, il envisage ni plus ni moins que sa démission… ou la délocalisation du festival dans une autre ville.

Rappelons tout de même qu’en 1995, contrairement à la tradition, le maire Jacques Bompard (alors FN) n’avait pas été élu à la tête de l’association qui organise le festival des Chorégies d’Orange ; nullement impressionné, il avait fait savoir que la municipalité supprimait sa subvention annuelle, ce qui allait être autant d’économisé pour les contribuables orangeois.

A ce que l’on sache, les Chorégies d’Orange existent toujours… et Jacques Bompart vient d’obtenir ce dimanche la confiance des électeurs pour la 4e fois !

Piteux Py !

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jeudi, 20 mars 2014

Vie privée à crédit…

Philippe Randa 7.jpgPhilippe Randa

Billet publié dans Présent du 19 mars 2014

Alors que le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès de la Banque de France n’a jamais été aussi élevé, le Conseil constitutionnel a censuré la création d’un fichier national des crédits à la consommation aux particuliers, pourtant principale source d’endettement des ménages.

Ce, au nom du respect de la vie privée : des milliers d’employés de crédit auraient ainsi pu savoir à quelle hauteur chacun de nous était endetté.

Et alors ? Des milliers de secrétaires n’ont-elles pas accès à nos dossiers médicaux ? Des milliers d’assistantes sociales à nos dossiers familiaux ? Des milliers d’employés de sécurités à nos va-et-vient grâce aux caméras de surveillance ? Des milliers d’employés des Hôtels des Impôts à nos déclarations fiscales ? Des milliers d’employés de banque à nos dépenses par carte ou chèque ?

La vie privée du citoyen semble moins sacrée que celle du consommateur !

NDLR : Vous pouvez désormais trouver régulièrement dans le quotidien Présent (cliquez ici) les billets de Philippe Randa.

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mardi, 18 mars 2014

Marc Blondel est mort : l’étrange malédiction trotskiste lambertiste

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Marc Blondel n’est plus. On ne parlait plus trop de l’ancien dirigeant du syndicat Force ouvrière depuis qu’il en avait quitté la direction, il y a tout juste dix ans, le 7 février 2004. Une fois seulement pour un procès d’emploi fictif. Condamné avec dispense de peine : pas de quoi fouetter un syndicaliste.

Sa mort le remet au premier plan de l’actualité, entre référendum en Crimée et pic de pollution en région parisienne…

« Capable de tenir l’estrade comme le pavé, capable de négocier comme de refuser, capable de provoquer comme de désarmer ses interlocuteurs, Marc Blondel était un personnage avec sa force d’entraînement. Il incarne plusieurs décennies de notre histoire sociale et restera comme un militant de la première à la dernière heure » : dixit le ministre du Travail Michel Sapin, digne fils spirituel du maire de Champignac pour l’occasion.

Il est certain, en tout cas, qu’avec Marc Blondel disparaît une « grande gueule » du syndicalisme. La dernière, semble-t-il. L’époque exige qu’on soit désormais aussi propre sur soi que pondéré dans les propos et terne dans l’élocution, bref incolore, inodore et sans saveur comme un Premier ministre de quinquennat.

Au-delà de son image médiatique, que restera-t-il de l’action de cette figure du syndicalisme ? Pas grand-chose, sinon qu’à coups de provocations et de polémiques, il aura réussi à concurrencer la CGT dans la surenchère et à pointer du doigt les compromissions de la CFDT, notamment avec son célèbre et tantinet misogyne tacle à l’égard de Nicole Notat, sa secrétaire générale en 1995 : « Mon boulot n’est pas de coucher avec les Premiers ministres. »

Rappelons pour le plaisir qu’il se sera opposé à la loi sur les 35 heures de sa pourtant très amie Martine Aubry, assurant que celle-ci allait entraîner une baisse du pouvoir d’achat des salariés : indubitable, mais bien vaine clairvoyance…

Le plus marquant des années Blondel à la tête de FO reste sûrement son accession à la tête de ce syndicat contre le dauphin désigné de son prédécesseur André Bergeron… Pour son biographe Christophe Bourseiller – auteur de Cet étrange monsieur Blondel : enquête sur le syndicat Force ouvrière (Éditions Bartillat) –, il s’agissait surtout d’une indéniable victoire des « trotskistes lambertistes », groupuscule d’extrême gauche dirigé par Pierre Boussel (candidat à l’élection présidentielle de 1988). Si cela était, cette mouvance – bien peu performante dans les urnes – aurait donc tout de même compté deux personnalités d’importance dans ses rangs, puisqu’il semble que Lionel Jospin, ancien Premier ministre, « en fut » lui aussi !

Ce dernier quittera la vie politique au soir de son éviction du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002 au profit de Jean-Marie Le Pen, qualifié à la surprise générale face à Jacques Chirac (Marc Blondel en aura désemparé plus d’un, s’affichant avec l’ancien président dans des déjeuners en tête-à-tête, mais refusant, au nom de l’indépendance syndicale, à appeler à voter pour lui à cette occasion).

Aujourd’hui, Marc Blondel quitte la vie à quelques jours d’une élection municipale qui pourrait bien porter, à l’hôtel de ville d’une commune des corons où il passa son enfance, un candidat à la flamme tricolore. Une commune qui se nommait alors Hénin-Liétard et désormais… Hénin-Beaumont. Étrange malédiction trotskiste lambertiste s’il en est…

 

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mercredi, 12 mars 2014

En Charente, une photo trop Bleu Blanc Rouge pour la Préfecture

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Quand on pense que les médias nationaux ne s’émeuvent que de petits scandales d’écoutes téléphoniques d’ancien président, alors qu’il y a des menaces autrement plus terribles sur notre sacro-sainte démocratie… On à peine à le croire. Et pourtant !

Sans la vigilance du personnel de la préfecture de la Charente, une liste a bien failli entacher le prochain scrutin municipal de Brie. La liste « Vivre ensemble à Brie », menée par Michel Buisson, a ému la commission de propagande : sur la photo rassemblant les colistiers du candidat, des dames vêtues de bleu, blanc et/ou rouge se tenaient… trop près l’une de l’autre !

« Il y en a une qui aime le bleu. L’autre le blanc et la troisième, le rouge. Sacrilège ! La commission de propagande qui s’est réunie vendredi au tribunal d’Angoulême pour examiner les professions de foi des différents candidats aux municipales n’a pas aimé la tenue vestimentaire des trois colistières de Michel Buisson sur la photo de famille à Brie », rapporte le quotidien La Charente-Libre qui rappelle « que c’est écrit en toutes lettres dans le code électoral, article R27 : “Les affiches et circulaires ayant un but ou un caractère électoral qui comprennent une combinaison des trois couleurs bleu, blanc et rouge, à l’exception de la reproduction de l’emblème d’un parti ou groupement politique, sont interdites”. »

L’ennui est qu’à bien regarder les dames incriminées, la couleur de leurs vêtures, autant que l’impression d’ensemble, certains esprits chagrins pourraient trouver qu’il faut être sacrément tordu pour y reconnaître, même de façon subliminale, les couleurs de notre drapeau national et encore plus imaginer une attention maligne des candidates et de leur tête de liste.

Agacé mais obéissant, Michel Buisson a donc obtempéré : « La commission m’a préconisé de refaire la photo. Je suis droit dans mes bottes, j’ai appliqué la consigne. Je ne veux pas risquer de voir demain une potentielle élection annulée. Mais je trouve ça complètement tiré par les cheveux. À aucun moment, nous n’avions remarqué cette proximité de couleurs même pas dans l’ordre. »

A-t-il dû refaire faire la photo – qui ne songerait au sketch de Bigard « La photo de mariage » – en redemandant à tous ses colistiers de revenir prendre la pose ? Non, le progrès qui a nom photoshop (un logiciel de retouche) a permis de modifier les couleurs : un pull bleu ciel est devenu violet pisseux (la propriétaire appréciera !), un foulard est passé de rouge vif à orange terne et une écharpe rouge bordeaux à rose vilain… La démocratie est sauve !

Mais l’affaire ne s’arrête pas là… Ayant « fuitée » sur les réseaux sociaux comme le premier des scandales d’État venu et les fonctionnaires de la Préfecture s’étant vu brocardés comme on s’imagine, « Elle (la Préfecture) m’a appelé longuement, explique le candidat à la Marie de Brie, presque pour me reprocher d’avoir appliqué ce qu’elle ne disait être en fait qu’une simple préconisation. »

Et Michel Buisson, forcément, de s’interroger : « Mais qu’arrivera-t-il demain si je suis élu maire et que je n’applique pas ses recommandations ? À ce moment-là, à quoi ça sert de demander des modifications si elles n’ont en réalité aucun sens ? (…) La prochaine fois, on posera nus et on en profitera pour éditer un calendrier ! »

Il est des Maires qui découvrent l’enfer administratif de la fonction à peine élu… Lui aura été mis au parfum avant même le scrutin !

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jeudi, 06 mars 2014

Buissongate : « Allô, Sarkoland ? Pourquoi tu tousses ? »

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Sacré Patrick Buisson ! Ancien conseiller de l’Élysée, il aurait enregistré toutes ses rencontres avec Nicolas Sarkozy… et avec beaucoup d’autres. Son avocat, Gilles-William Goldnadel, explique qu’« en tant qu’intervenant essentiel de ces réunions [il] ne pouvait prendre des notes écrites et utilisait ces enregistrements pour préparer la réunion suivante [et que ceux-ci] étaient détruits au fur et à mesure, sauf manifestement quelques-uns qui lui ont été dérobés et dont il est fait présentement un usage extravagant et pervers. »

Diabolisée à outrance depuis des mois par la gauche, l’ex-éminence grise de l’Élysée est désormais détestée par les « ex » du quinquennat passé… Enregistrés à leur insu, tous cherchent à se souvenir à quelles vacheries, à quels commentaires politiquement incorrects ou à quelles blagues vaseuses ils ont eu l’imprudence de se laisser aller… et peut-être encore plus, de quels jugements cruels ils pourraient avoir été eux-mêmes gratifiés… et par qui !

Après la gauche haineuse, la droite terrorisée…

Oui mais… Patrick Buisson est-il seulement ce personnage indélicat – il n’aurait pas prévenu qu’il enregistrait – tenté d’archiver des discussions pour écrire ses futurs mémoires ? Jacques Attali, conseiller de François Mitterrand, au dictaphone près, a eu le même comportement : garder des notes n’est pas nouveau… Nicolas Sarkozy pouvait-il ne pas s’en douter ? Et si oui, n’aurait-il pas laissé faire… pour assurer son propre avenir ? De tels enregistrements peuvent s’avérer fort utiles pour neutraliser l’ambition de proches risquant de contrarier la sienne…

Les premiers enregistrements rendus publics par Le Canard enchaîné et le site Atlantico ne se révèlent guère croustillants, sinon que l’ancien président, outre son cynisme politicien, est aussi élégant dans l’intimité qu’en public lorsqu’il parle des « connards de chiens ».

Le plus grave n’est-il pas que ces enregistrements soient parvenus à certains médias ? Très sûrement par des fuites policières ou judiciaires de pièces sous scellés, suite à des perquisitions chez Patrick Buisson, ainsi que l’a rappelé l’actuel député UMP Henri Guaino.

Nicolas Sarkozy pourrait désormais apparaître comme à la fois victime de l’indélicatesse manifeste d’un ancien conseiller présenté depuis des mois comme un épouvantail politique… et d’un gouvernement aux abois, prêt à toutes les infractions pour l’atteindre.

Quant à cette « ligne Buisson » dite d’extrême droite, quelle influence a-t-elle eu durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Ayant impressionné le prétendant Sarkozy en lui annonçant à l’avance que les Français voteraient « non » au référendum sur la Constitution européenne en 2005, celui-ci suivit en effet les savants conseils de Patrick Buisson pour sa campagne présidentielle de 2007 : s’emparer du programme du Front national et même promettre davantage aux électeurs. Bonne pioche ! C’est lui – et donc Buisson ! – qui fit réellement reculer pour la première fois le Front national et son leader historique.

Mais ensuite ? Cinq ans durant, jamais le président élu ne suivit ses promesses électorales, bien au contraire… et en 2012, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet qu’il choisit comme porte-parole.

À défaut de mentor idéologique, et malgré ses qualités certaines, Patrick Buisson se sera contenté de soigner la paranoïa sondagière de l’ancien président par des prestations de service fort coûteuses… Force est de constater que la « soirée du Fouquet’s » contamina plus sûrement l’ancien maurassien que sa ligne idéologique n’influença en quelques manière que ce soit la nature « bling-bling » du mari de Carla Bruni…

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vendredi, 28 février 2014

A Vénissieux, les « ex » du FN se rappellent au mauvais souvenir de Marine

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La Chronique de Philippe Randa

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À chaque échéance électorale, ses grandes ambitions… et ses petits règlements de comptes. C’est la loi du genre humain, les médias en raffolent et guère de partis politiques ne s’y laissent piéger.

À Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise, deux anciens élus du Front national (Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac), décrétés persona non grata par la direction de ce parti pour des déclarations ou des passés militants par trop radicaux, voire trop nostalgiques, ont décidé d’y déposer une liste en vue des prochaines élections municipales.

Marine Le Pen les a aussitôt qualifiés de « parasites » et a réclamé au préfet du Rhône de ne pas valider cette liste. En cause, son nom : « Vénissieux fait Front ».

« Il est clair que la dénomination de cette liste constitue un acte de parasitisme du nom “Front national”, parasitisme autant juridique que politique », a-t-elle écrit au préfet du Rhône, Jean-François Carenco, ajoutant qu’« il est tout aussi clair que le Front national n’a rien de commun avec les parasites qui animent cette liste », et lui demandant « pour cette raison de [lui] refuser le matériel électoral ».

Rien de moins.

Les intéressés, évidemment, démentent toute intention maligne et Yvan Benedetti, ancien président de L’Œuvre française – mouvement dissous l’année dernière par Manuel Valls –, réplique : « Notre liste ne s’appelle pas le “Front national”, que je sache. Elle reprend le nom du groupe que je préside au conseil municipal de Vénissieux depuis six ans, et cela n’a jamais posé de problème », tandis qu’Alexandre Gabriac – pour sa part ex-dirigeant des Jeunesses nationalistes, autre mouvement également dissous par le ministre de l’Intérieur à la même époque que L’Œuvre française – martèle : « Cela ne m’étonne pas de sa part. Marine Le Pen a toujours cherché à monopoliser la parole de la droite nationale. C’est vraiment une manœuvre ridicule. »
Ambiance, donc !

S’il est évident que la confusion aura forcément lieu chez nombre d’électeurs, d’autant que le responsable du Front national Christophe Boudot ne semble pas – ou plus, faute de pouvoir désormais réunir suffisamment de candidats, les deux « ex » du FN ayant récupéré « les trois quarts de sa liste » de 2008 – en mesure de monter lui-même une liste, est-il vraiment licite pour Marine Le Pen d’employer le terme de « parasitisme » envers des concurrents politiques, soit un argument dans l’esprit comparable à celui de l’UMP qui rabâche sans cesse que « voter FN, c’est faire gagner la gauche » ? Quant aux termes utilisés, il est difficile d’exiger le monopole de certains mots ou plus encore de certaines expressions : « faire front » n’est pas une marque déposée.

La présidente du Front national, qu’elle obtienne gain de cause ou non dans sa demande au préfet, aurait sans doute eu davantage intérêt à ne pas porter la polémique sur la place publique… Outre la « publicité » ainsi faite aux « dissidents » tant honnis, ses déclarations auront mis en lumière l’incapacité de son mouvement à monter cette année une liste dans une ville où il était pourtant implanté (deux élus en 2008)…

Au contraire d’un duo de « vils extrémistes » qui n’en espérait sûrement pas tant !

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jeudi, 27 février 2014

Et si la théorie du genre se résumait à un simple recyclage militant ?

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La chronique de Philippe Randa

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La théorie du genre exacerbe les passions, mais tous ceux auxquels on reproche de vouloir la propager n’ont de cesse de jurer qu’on se méprend sur leurs intentions, qu’ils ne sont en rien manipulés pour préparer les enfants à devenir des jouets sexuels, qu’il n’a jamais été question de « masculiniser » les filles et pas davantage de « féminiser » les garçons… Alors, quoi ?

Sa définition sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia fait simplement référence à des études du genre dans le cadre d’autres études faites sur les inégalités sociales avec études – encore ! – de la possibilité que les préférences sexuelles seraient définies non par la nature, mais par des contraintes idéologiques, religieuses et bla-bla-bla, bla-bla-bla…

Mais pas un mot sur le fait que cette théorie qui voudrait que l’être humain soit par nature indifféremment femme ou homme et que les différences ne proviennent que de contraintes sociales – soit les notions de « sexe intérieur » et de « bipolarité » des êtres humains – date de l’année 1903 et a été émise par Otto Weininger, jeune homosexuel juif qui haïssait autant sa mère que sa judaïté et trouva toutes les réponses à ses soucis en se suicidant avant l’âge de 25 ans ! (Le Devoir d’insurrection, Bernard Plouvier, L’Æncre, 2013).

Avec un tel concepteur de la théorie, on comprend les familles qui rechignent à laisser leurs enfants découvrir l’intérêt de cette funeste plaisanterie.

En revanche, une telle théorie fumeuse est pain bénit pour le recyclage de militants ; elle apporte un nouveau souffle à une vieille antienne des mouvements féministes : la lutte contre les inégalités entre femmes et hommes… et n’est finalement prétexte qu’à la poursuite d’activités d’une poignée de furies mal-aimées et d’éternels obsédés de la cause homosexuelle, subsistant principalement par la générosité des subventions publiques. Et leurs élucubrations sont ainsi relayées par des journalistes en mal de copies et de pseudo-philosophes en mal de débats et plus encore de notoriété médiatique… Tout ce petit monde y trouve son compte, tout autant d’ailleurs que les opposants à l’actuel gouvernement dont les rangs grossissent ainsi sans difficulté.

Car le plus effarant, dans tout ce délire, c’est bien l’ampleur du boycott partiel de l’école pour s’opposer au programme « ABCD de l’égalité » en test dans 10 académies !

Il ne s’agissait sûrement pas de rumeurs d’apprentissage de la « théorie du genre » sur des jeunes de 3 à 15 ans, comme s’en est défendu le ministre Peillon ; le programme « ABCD de l’égalité » est bel et bien un « test » pour la mise en place d’un programme de propagande politique. Gageons toutefois qu’il aura sans doute – et plus encore désormais – autant de concrétisation que le programme d’éducation sexuelle à l’école, tant promis dans les années 70 et dont tout lycéen ou collégien de cette époque attend encore la première minute… (Au moins aurons-nous eu à cette occasion une notion de ce qu’est la frustration… et appris ce qu’il faut attendre de certains annonces gouvernementales.)

« Le crime, c’est horrible ! Oui, mais ça fait vivre tant de gens… », entend-on dans La Poison de Sacha Guitry.

« La théorie du genre, c’est débile ! Oui, mais ça permet de recycler tant de militants… », constate-t-on dans la France de François Hollande.

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