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mercredi, 14 décembre 2011

Parachutes dorés pour chèvre et bourricot politiques...

Philippe Randa 5.jpgLa chronique

de Philippe Randa

 

Qui aurait imaginé que le si bourgeois VIIe arrondissement de Paris deviendrait un jour le théâtre d’un crêpage de chignon politique entre ténors de droite, et plus précisément de la Sarkozie ? Cette circonscription parisienne n’était en effet jusqu’alors connue par tous que pour son calme si ennuyeux de la droite parlementaire. Jusqu’à l’âge de 92 ans, Édouard Frédéric-Dupont y mena “la plus longue carrière de conseiller de Paris de l’histoire récente de la capitale” : député (avec de rares interruptions) de 1936 à 1993, il en fut le premier Maire d’arrondissement en 1983, puis réélu sans difficulté jusqu’en 1995, ayant porté les couleurs d’une dizaine de partis politiques dont celles du Front National lors de l’éphémère scrutin à la proportionnel en 1986, ce qui ne l’empêcha pas de se représenter à la demande personnelle de Jacques Chirac sous celles du RPR ensuite.

 

C’est dire, selon la rumeur parisienne, si, fort de cet exemple, un candidat n’a guère de difficultés pour y être élu, pourvu qu’il ne soit pas de cette gauche tant honnie des électeurs locaux.

 

N’importe quelle beurette également, si tant est qu’elle soit adoubée de nos jours par l’UMP. Tel fut le cas de Rachida Dati, propulsée Garde des Sceaux en 2007 pour symboliser la volonté du nouveau Président de montrer aux Français la réalité de l’intégration par la droite républicaine, puis dégagée du gouvernement ensuite.

 

Les meilleures choses ont toutefois une fin, en politique locale comme ailleurs, et la circonscription n’est désormais plus ce long fleuve tranquille pour la droite parisienne : le fameux siège de député de Frédéric-Dupont aux prochaines élections législatives de 2012 est non seulement convoité par “la chèvre de monsieur Sarkozy”, mais aussi par le “bourricot” de celui-ci : François Fillon n’ayant guère d’espoir de conserver sa sinécure de Matignon, quelle que soit l’issue de l’élection présidentielle, c’est la Mairie de Paris que l’actuelle Premier Ministre a, à l’évidence, en ligne de mire, au-delà de ce simple mandat de député…

 

Rachida Dati n’entendant pas faire fi de sa propre ambition au profit de celle de l’ancien de la Sarthe, a déclenché depuis plusieurs mois un feu nourri de protestations auquel répond nombre de caciques de l’UMP, à défaut de François Fillon lui-même dont la morgue naturelle n’entend pas s’abaisser si vulgairement.

 

Dame Dati en appelle désormais à ses origines et à l’antienne de la représentativité des minorités en publiant dans Le Monde, une “lettre ouverte” à son rival(1) : “Vous allez casser ce que Nicolas Sarkozy a fait de mieux, de plus symbolique au cours de son quinquennat, montrer que la réussite de l’intégration, c’est de pouvoir convaincre notre électorat le plus traditionnel qu’il peut être représenté par quelqu’un qui n’a ni les mêmes origines sociales ni les mêmes origines culturelles. Le courage chez Nicolas Sarkozy c’est quand “Rachida” a succédé à Edouard Frédéric-Dupont. Cela, la gauche ne l’a fait nulle part. Cela devrait être la fierté de la droite républicaine”. Rien de moins…

 

Ce à quoi les partisans de François Fillon rétorque qu’elle n’est “qu’une petite fille gâtée par la politique”, à l’instar d’Alain Juppé qui déclarait auparavant à son propos : “On lui apporte sur un plateau le poste de garde des Sceaux, l’un des plus beaux de la République. On lui donne ensuite le mandat de maire du VIIe, puis celui de députée européenne pour compenser son départ du gouvernement. Et la seule chose qu’elle trouve à faire, c’est cracher encore dans la soupe. Ces bisbilles parisiennes sont mortelles.”(2)

 

L’Affaire, que d’aucun pourrait trouver pitoyable si ce n’était la notoriété des intéressés, prend alors dans les propos échangés de part et d’autres, une tout autre tournure… Elle devient, par leur âpreté pour s’emparer de ce mandat, désormais au vu et au su de tous, significative du vrai visage du personnel politique : l’une en vient à brandir ses origines pour seules justifications de son action politique, les autres à reconnaître cyniquement – et fort inconsciemment – que la plupart des mandats électoraux ne sont finalement que des “parachutes dorés”… Ô combien dorés !

 

Il serait temps qu’après les avoir si tardivement dénoncés pour les dirigeants d’entreprise, on les dénonce désormais en politique. Ils sont tout aussi scandaleux et sûrement guère moins sonnants et trébuchants.

 

Notes

 

(1) Le Monde, 12 décembre 2011.

(2) Le Jdd. Fr, 13 novembre 2011

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lundi, 05 décembre 2011

Razisme, vous z’avez dit razisme…

Philippe Randa 5.jpgLa chronique

de Philippe Randa

 

Tout arrive… enfin ! Même la condamnation du racisme anti-blanc ! Qui plus, anti-nordique ! La totale ! Reconnaissons-le volontiers, on croyait que cela n’arriverait jamais. Comme quoi, impossible n’est pas (seulement) français, il est donc également franco-norvégien !


Les récents écrits de Patrick Besson, écrivain prolifique et chroniqueur fameux, enflamment depuis parution dans l’hebdomadaire Le Point (1) tout le landernau des bonnes consciences anti-racistes !


Pensez ! Il n’a pas hésité à ridiculiser Dame Joly, talibane en retraite de la magistrature française et désormais candidate tout aussi talibane de l’écologie politique à la prochaine élection présidentielle.
Le ton de la chronique est donné dès les premières lignes de la (supposée) déclaration de l’intéressée, venant d’être élue à la présidence de la République française, après l’hécatombe mortelle autant qu’accidentelle de ses rivaux : “Zalut la Vranze !”…


La suite est du même ton, soit une déclaration de haine écologiste où chaque mot est écrit “avé l’assent” si particulier de la “femme politique franco-norvégienne” (définition de l’encyclopédie en ligne wikipedia).


Soit l’équivalent par l’écrit des imitations verbales de l’humoriste Laurent Gerra sur RTL lorsqu’il s’en prend à la dame… Mais les moqueries de l’imitateur n’ont pas soulevé jusqu’à présent les mêmes polémiques que celle du journaliste. Elles sont pourtant du même tonneau et d’ailleurs ceux qui vilipendent Patrick Besson ne s’y trompent pas, puisqu’outre les accusations de racisme, ils le crucifient avec mépris de l’accusation de “beauferie”, tel Noël Mamère, interrogé par l’AFP, qui “trouve choquant et insultant les propos de Patrick Besson à l’égard d’Eva Joly (…) Besson a franchi les limites (…) Cette chronique, c’est du racisme ordinaire, c’est de la beauferie, tout simplement.


Laurent Gerra est pour sa part régulièrement affublé de cette “tunique de Nessus citoyenne”, ce qui ne semble pas le contrarier plus que cela… La beauferie étant de nos jours l’opposée de la “boboferie”, chacun est encore libre – mais pour combien de temps ? – de choisir son camp…


Peut-être aussi que la campagne actuelle de la candidate Europe-Écologie-Les Verts oscillant avec une belle persistance entre le ridicule et le grotesque, ses cris d’orfraies et ceux de ses partisans, sont un moyen comme un autre de faire parler d’elle “autrement”. La victimisation, il n’y a que cela de vrai !


Pauvre petite Dame offensée par le rappel incessant de ses origines. Après le Premier Ministre François Fillon qui doutait en juillet dernier de ses connaissances de l’histoire de France, voilà son “phrasé” brocardé dans un des hebdomadaires les plus lus de notre pays.


Patrick Besson mérite le pilori, c’est certain ! Mais pas les foudres de la justice comme un “présumé facho” ordinaire… Doit-il à son passé d’ancien militant communiste, tendance “petit père des peuples”, l’assurance, dixit Dame Joly, de ne pas être poursuivi devant les tribunaux ? L’intéressée a en effet exclu d’engager des poursuites, estimant “que le débat doit avoir lieu sur la place publique, pas devant les tribunaux”. Comme quoi, même une ancienne magistrate peut être amené à quelques clémences et parfois même à quelque bon sens…


Quoiqu’il en soit, en plantant sa plume dans le pré-carré des auto-proclamés antiracistes obsessionnels, Patrick Besson aura réussi ce tour de force – oui, c’en est un ! – de les obliger à dénoncer – enfin ! – “l’autre” racisme, l’oublié habituel des grandes consciences citoyennes. Celui dont Eva Joly elle-même se plaint : “Au final, ce billet est symptomatique de l’état de la France (assurant) ressentir ce que vivent des millions de Français.


Ou alors, Eva Joly aussi, tente désormais de récupérer des électeurs tentés par le Front National… tout comme un vulgaire candidat UMP ! Dans une élection, chaque voix compte, n’est-ce pas… et il n’y a pas de profits !

 

Note

 

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mercredi, 30 novembre 2011

Faits sanglants de société...

Philippe Randa 3.JPGLa chronique 
de Philippe Randa
 
Punir un enfant en l’enfermant dans un lave-linge ne se fait pas. Et encore moins de lancer ensuite le programme d’essorage… Le petit Bastien de trois ans n’y a pas survécu et ses géniteurs – le mot “parents” n’est guère approprié – répondront donc de sa mort devant la Justice. Pour l’heure, ils sont écroués l’un et l’autre. La moindre des évidences. Le géniteur mâle pour les faits eux-mêmes, la génitrice femelle pour ne pas l’en avoir empêché. Et des articles et commentaires à foison dans la presse et pas seulement à sensation : les faits-divers, d’autant plus s’ils sont particulièrement inhabituels comme celui-ci, fleurissent désormais à la une de tous les médias d’informations. Dans le passé, ils n’étaient cantonnés qu’en pages intérieures et relatés sous forme de brèves. Quand ils l’étaient… Mais on aime à les présenter aujourd’hui en “faits de société”, à en chercher obsessionnellement des causes profondes et à en tirer tout aussi obsessionnellement d’obscures conclusions.
 
Le plus effarant sont sans doute les titres de presse donnés à cette monstruosité familiale, tel celui de France Soir : “Mort d’un enfant dans un lave-linge : On en sait plus”. Savoir quoi ? Que pourrait-on bien savoir “de plus” qui permettrait d’expliquer une telle inexplicable perversité ?
 
Le rire est le propre de l’homme”, a écrit Rabelais, reprenant Aristote “lequel dit aussi que l’homme est un animal social et raisonnable” : en l’occurrence, force est de constater que les géniteurs de Bastien se sont montrés fort peu raisonnables. Mais sociables, oui, si l’on en croit Christine Boubet, directrice générale adjointe au conseil général de Seine-et-Marne qui a assuré “qu’une relation de confiance entre les parents et les services sociaux existait”. C’est dire !
 
Et de l’effroi au rire, il n’y a pas loin quand on lit la suite de ses déclarations dans Le Républicain lorrain d’hier : “C’est un passage à l’acte qu’aucun des professionnels qui intervenaient n’imaginait possible (…) Reste que, depuis la Toussaint, Bastien était “turbulent, se mettait en danger et mettait en difficulté ses parents”. Ainsi, le matin du drame, les parents “ont appelé la puéricultrice et l’assistante sociale afin de savoir comment il fallait ajuster leur comportement éducatif vis-à-vis de Bastien qui avait fait une bêtise à l’école” (…) “La puéricultrice a proposé un rendez-vous le jour-même, qui a été repoussé à la demande des parents qui ne le jugeaient pas urgent.
 
C’est que “cette famille en grande difficulté sociale, psychologique, était suivie depuis 2006 par les services sociaux par rapport aux difficultés de vie qu’elle pouvait rencontrer”… mais pas pour maltraitance sur enfants ! Pas de chance ! La vérité, tout comme l’urgence, était ailleurs, semble-t-il…
 
L’explication est pourtant l’évidence même, n’en déplaise aux amateurs de sensationnels et aux psy-choses professionnels : que sont d’autres les géniteurs de Bastien sinon des tarés qu’il était légalement impossible de mettre hors d’état de nuire avant qu’ils ne commettent, l’un et/ou l’autre – sinon l’un avec l’autre – l’irréparable.
 
Semblables à Anders Behring Breivik, auteur des attaques du 22 juillet en Norvège qui a tué 77 personnes, pour lequel les psychiatres viennent de rendre leur conclusion : le tueur n’est pas pénalement responsable. Et le procureur Inga Bejer Engh d’indiquer aussitôt que “si la conclusion finale est que Behring Breivik était irresponsable, nous demanderons au tribunal à l’issue du procès qu’il soit soumis à un traitement obligatoire”. Soit, pour faire court, un internement à vie dans un établissement psychiatrique… Sort que va connaître, selon toute vraisemblance, le géniteur mâle du petit Bastien, tandis que sa génitrice femelle croupira en prison quelques années avant de tenter, espère-t-on, de se faire oublier. À moins qu’elle ne publie un livre ou répande ses regrets dans une émission de télé-réalité. L’un et l’autre se font.
 
Sauf rebondissement “abracadabrantesque”, mais cela arrive ! on sait désormais tout sur l’avenir du “chevalier le plus parfait depuis la Seconde Guerre mondiale” (comme ce monsieur modeste se définit lui-même) et du géniteur aux méthodes punitives expéditives...
 
On sait aussi, en ce qui concerne le Norvégien, et comme l’écrit Libération, qu’“un juge devra se prononcer tous les trois ans sur son maintien dans un tel établissement. S’il devait être soigné de sa psychose, Behring Breivik pourrait en théorie être transféré dans une prison s’il reste considéré comme une menace pour la société et remis en liberté dans le cas contraire.
 
Hypothèse identique pour son homologue français, même si on évite de trop y penser…
 
Aussi, à l’instar du personnage interprété par Jean Gabin dans le film La Horse, à qui l’on affirmait “Faut bien que tout le monde vive” et qui répondait, impassible, “J’en vois pas l’utilité”, est-il bien utile que les tarés aient droit à la même justice que les autres humains ?
 
En Norvège tout autant qu’en France.

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mardi, 22 novembre 2011

De présumé réinsérable à présumé récidiviste...

Philippe Randa 5.jpgLa chronique de Philippe Randa
 
Viol, meurtre, récidive : qu’est-ce que le meurtre d’Agnès, collégienne de 13 ans par Mathieu, agresseur sexuel récidiviste de 17 ans, n’est d’autre qu’un énième fait-divers ? Il est certes abominable, comme tous les autres précédemment et comme tous ceux qui surviendront dans le futur. Déjà vu, connu, entendu, commenté, condamné et dans les mêmes termes, les mêmes indignations, à défaut de l’avoir été par les mêmes protagonistes…

Comme d’habitude, ces derniers jours, les journalistes ont traqué les proches de la jeune fille pour filmer leurs douleurs, enregistrer leurs colères et accroître ainsi leur audimat, tandis que l’Opinion publique s’est à juste titre indignée une fois de plus d’un tel drame et que police, justice et corps médical se rejetaient les uns sur les autres la responsabilité de celui-ci…

Le Ministre de l’Intérieur en a profité pour déclarer à nouveau “qu’on allait voir ce qu’on allait voir”, c’est-à-dire que les beaux jours des criminels allaient être comptés ; et éternellement recomptés, d’ailleurs.
 
L’occasion, aussi, fut donnée au Garde des Sceaux de passer “au 20 heures” – toujours intéressant pour sa notoriété – où il annonça qu’une réunion d’urgence avait eu lieu et qu’on étudiait sérieusement, et plus que jamais ! les mesures à mettre en place qui permettraient que, etc., etc. Pour les phrases exactes, on se référera à n’importe quelle intervention des Gardes des Sceaux passés : celle de Michel Mercier, actuellement en poste, ne dérogeant nullement à la coutume, puisque hier en fin de journée, après une réunion à Matignon, il a annoncé que, “dorénavant, tout mineur ayant commis un crime sexuel particulièrement grave doit être placé en centre éducatif fermé.

On appréciera tout particulièrement la formule “doit être”, lourde de quelques légitimes suspicions… On aurait préféré “va l’être”, avec éventuellement effet rétroactif pour les acteurs de crimes sexuels déjà connus, mais bon !

Toutefois, le calvaire de la jeune Agnès qui n’aura connu que treize ans de vie pour avoir été scolarisée au mauvais collège au mauvais moment, diffère quelque peu par une information rarement entendue par le passé. Elle concerne le monde médical et plus précisément les psychiatres, ces intervenants souvent pris à parti par l’Opinion publique pour n’avoir su détecter à temps la dangerosité des “clients” (ils n’aiment pas ce mot, ils préfèrent “patients”) livrés à leur sagacité.

L’explication est enfin donnée, il était temps ! C’est que “La récidive n’est pas leur priorité”… Et comme on a pu le lire dans Le Figaro (21 novembre 2011) : “Les psychiatres chargés du suivi des délinquants sexuels, même dans un cadre judiciaire, se situent principalement du point de vue de leur patient – un patient particulier car il a été contraint par le juge à se soigner. La réduction du risque de récidive est l’objectif de soins fixé par un psychiatre sur trois seulement. Un quart des médecins n’attribuent même aucun objectif au traitement en cours. “Dans de trop nombreux cas, explique Alexandre Baratta (psychiatre au centre hospitalier de Sarreguemines en Moselle), le médecin se contente de recevoir le délinquant sexuel qui lui-même vient pour que lui soit délivrée une attestation de suivi qu’il devra remettre à la justice”. Les délinquants sexuels font en effet souvent l’objet d’une “injonction de soin” de la part du juge, par exemple à la sortie de prison. Dans ce cas, pour préserver le secret médical, un médecin “coordonnateur” est désigné, chargé de veiller pour le compte de la justice à ce que le traitement ait lieu. Mais le médecin traitant reste le seul maître. Or, selon ces travaux, les psychothérapies classiques, seules, ne sont pas efficaces contre la récidive”.

Nul ne peut donc assurer que ce Mathieu – “très froid et sans émotion”, tel que Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Clermont-Ferrand, l’a qualifié, mais qui, jugé “réinsérable” par la Justice, n’avait été que placé sous contrôle judiciaire pour un précédent viol (sans meurtre) en août 2010 – ne sera pas dans le futur jugé à nouveau “réinsérable”, soit libre de défrayer à nouveau la chronique judiciaire quelques mois après sa libération. Ainsi en va-t-il de notre présumé Justice…

On notera que seules les victimes sont rarement déclarées présumées, elles !

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mercredi, 16 novembre 2011

Les Indignés de la chasse aux fraudeurs...

Philippe Randa 4.jpgLa chronique
de Philippe Randa
 
On vit décidément une époque, sinon étonnante, du moins assurément de droits tous azimuts. “C’est mon droit !” semble désormais être la nouvelle devise de la France, rabâchée à longueur de revendications… “Liberté, Égalité, Fraternité” ou, au choix, “Travail, Famille, Patrie”, ne sont décidément plus d’actualité, sauf peut-être pour quelques nostalgiques.

Dernier droit en date, celui de frauder !

Comment expliquer sinon cette levée de bouclier contre l’annonce par le gouvernement d’une “chasse aux fraudeurs” ? Une telle initiative devrait pourtant faire l’unanimité, quitte à ce que certains émettent, pourquoi pas ! des réserves préventives sur ses modalités, l’interprétation qui sera faite des fraudes, les critères retenus ou encore les cibles concernées.

Mais non ! C’est le principe même de la vérification du bon usage des finances publiques qui est intolérable. Ce principe qui est l’obligation même de tout État attentif à l’équité sociale est brocardé comme une stigmatisation des plus pauvres, des plus démunis, des plus malheureux…

Pourtant, côté fraudeurs, on ne devrait pas s’inquiéter plus que de raison d’une telle annonce : une de plus du quinquennat de Nicolas Sarkozy qui en a fait sa “marque de Présidence” ! Si elle est suivit d’autant d’effets que la plupart de celles émises depuis 2007, les petites combines pour se la couler douce aux frais de la société et arrondir les fins de mois, ont encore de beaux jours devant elles. Surtout en pleine période électorale…

Mais non ! L’opposition de gauche y va de son antienne sur “La Sarkozye” qui, une fois de plus, cherche à plaire aux électeurs du Front national, ce qui laisse à penser que ces derniers sont les seuls citoyens à conserver encore quelque esprit civique… Ce serait bien les seuls à les croire !

De son côté, Arnaud se Broca, Secrétaire général de la Fnath (association des accidentés de la vie), s’insurge dans une tribune publiée dans Libération : “Les malades ne sont pas des fraudeurs !”. Il ressort de son indignation de défense sonnante et trébuchante de “la santé pour des millions de citoyens” qu’il est inadmissible, dans le principe, de vérifier la réalité de leur mauvaise santé : “La chasse aux arrêts de travail – car il n’y a plus d’autres mots et il est du reste employé sans complexe aujourd’hui – est bien ouverte ; elle est même devenue une véritable obsession de l’action publiques.
 
Un simple contrôle du “cochon de payeur” est ainsi considéré ni plus ni moins comme une sorte de “crime contre la dignité humaine.”
 
On n’a pourtant pas souvenir que quiconque, à part les intéressés, se soit jamais élevé contre les contrôles fiscaux. Tout dirigeant de société vit en permanence avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et rare sont ceux qui y ont échappé au cours de leur carrière.
 
Tous leurs bilans annuels sont alors épluchés jusqu’au moindre centime d’euros et ils savent ce qu’il en coûte à la moindre (mauvaise) interprétation de leurs justificatifs de dépense par les sympathiques contrôleurs de Bercy !
 
Mais au moins les gérants de société ne sont-ils pas concernés par les futurs contrôles de leurs arrêts de travail. Eux ont rarement les moyens de s’en octroyer ! Qu’ils soient justifiés ou non !

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mardi, 08 novembre 2011

Toutes “leurs” envies en triple A...

Philippe Randa 3.JPGLa chronique de Philippe Randa
 
Rappelez-vous, à l’été 2007, François Fillon, Premier Ministre inamovible du président Nicolas Sarkozy, avait lâché le morceau : « Les caisses sont vides ! »
 
Un tel constat resta sans suite : entre ceux qui jugeaient ses propos inutilement alarmistes, ceux qui les contestaient ou ceux encore qui estimaient qu’on le savait depuis longtemps, personne ne précisa alors que non, les caisses de la France n’étaient pas seulement vides, elles étaient déjà dramatiquement trouées par un endettement vertigineux : car il y a une différence de poids entre avoir les poches vides et avoir des dettes. Comme il y a une différence tout aussi notable entre avoir des dettes… et être surendetté !
 
Des dettes, la plupart des citoyens ne disposant pas d’une fortune personnelle à sa naissance en a eu, en a permanence ou est susceptible d’en contracter dans l’avenir. On ne dit pas dette, alors, mais “crédit”… Mais qu’est-ce qu’un crédit, sinon une dette sous appellation plus politiquement correcte ? De même qu’on ne dit plus “balayeur”, mais “technicien de surface”, “vagabond”, mais “sans domicile fixe”, “indigent”, mais “en situation précaire”…
 
Alors, au-delà des chiffres mis en avant par les uns et les autres et des chicanes autour de ceux-ci pour comprendre à quoi ils correspondent exactement, leur gravité ou leur normalité suivant les points de vue des brillants économistes et des non-moins compétents politiciens, toutes tendances confondues, il est une froide réalité, bien plus lourde de conséquences : le plan de rigueur que François Fillon vient d’annoncer et qui est à 70 % une augmentation pure et simple d’impôts, n’a qu’un seul objectif avoué : permettre à notre pays de conserver sa cotation triple A.
 
Soit la possibilité de continuer à emprunter encore et toujours.
 
Et nul doute que la quasi-totalité de la classe française se réjouira que nous conservions coûte que coûte cette notation à laquelle les gouvernements qui en disposent s’accrochent ou tentent de s’accrocher désespérément, en oubliant l’article 4 de la loi n° 2010-737 du 1er juillet 2010 portant réforme du crédit à la consommation et qui est pourtant rappelé à tout citoyen désirant emprunter auprès de sa banque : « Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. »
 
Toute l’énergie de l’actuel gouvernement français est donc déployée à conserver la possibilité d’augmenter ses det… non : de bénéficier de crédits supplémentaires !
 
Ce mercredi sort dans les salles de cinéma le film de Philippe Lioret Toutes nos envies dont le sujet est le surendettement. Face aux représentants des sociétés de crédit sans scrupules qui sont les “méchants” du film, cyniques et sans états d'âme, les personnages de Vincent Lindon et de Marie Gillain “se lancent dans une bataille loin d'être gagnée d'avance”, lit-on sur le site internet du Nouvel Observateur dont le titre est explicite : ““Toutes nos envies” : dans la spirale du surendettement”.
 
Mais c’est du cinéma bien sûr… Dans la réalité, la bataille des contribuables français est, elle, officiellement, programmée perdue d’avance.

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lundi, 31 octobre 2011

Descendre du monde moderne...

3086687972.jpgLa chronique de Philippe Randa

Elle a forcément le visage de l’innocence. Sa naissance est pourtant effrayante. Symboliquement, bien sûr, car la petite fille de 2,5 kilos Danica May Camacho, née dimanche deux minutes avant minuit au Jose Fabella Memorial Hospital, un hôpital public de la capitale philippine, fait à juste titre la joie de ses parents. N’a-t-on pas coutume d’assurer qu’une naissance est le plus beau des événements ?

Celle de Danica est malheureusement la plus dramatique des annonces car elle a été désignée 7 milliardième habitante sur Terre : dire que des millions de contemporains ont probablement accueilli cette nouvelle, annoncée par tous les médias, avec une parfaite indifférence… ou avec un sourire béat ! dans un cas comme dans l’autre, leur inconscience est effrayante !

D’autant que les Nations Unis ont félicité les parents de la petite Danica, lui ont offert un « petit gâteau pour l’occasion », donné une bourse pour ses études et à ses parents un pécule pour ouvrir un magasin. On est heureux pour eux et leur existence future…

Pour celle de l’Humanité, en revanche, on ne peut guère féliciter les Nations Unis de fêter ainsi une telle tragédie.

La surpopulation mondiale n’est pas un problème – un « défi » comme disent la plupart des observateurs avec une lâche pudeur – parmi d’autres, mais le drame mondial par excellence. Tous les autres “défis” – pandémies, guerres, pollutions,… – n’étant que les avatars de cette surpopulation apocalyptique.

Le simple bon sens permet de comprendre que sans les « excès de population », les maux – spécifiques ou communs, les uns étant souvent la conséquence des autres – qui frappent tous les pays du monde, qu’ils soient riches ou pauvres, n’existeraient pas, seraient de nature moins dramatiques ou bien même si certains existeraient tout de même sans cela, l’ampleur de leurs conséquences seraient sans commune mesure.

« Une mise en accusation de l’insouciance humaine commence à poindre. Ainsi en est-il de la conscience du double danger sur le plan mondial et sur celui des progénitures de la fécondité humaine inconsidérée, malgré le chant des sirènes économiques ou politiques acharnées à maintenir des expédients. S’y ajoutent des fruits de notre inconséquence : souci négligé de l’état de notre sol jusqu’à des effondrements du fond marin dits tsunamis, maîtrise hypothétique des effets de l’arme atomique contre un État prêt au terrorisme et inconséquence actuelle en présence des pandémies » : ces lignes sont de Francis Verdavoine-Bourget et extraites de son ouvrage : Surpeuplement, un drame planétaire ! (1)

« Arrêtez le monde, je veux descendre », écrivait de l’homme moderne feu Louis Pauwels avec humour. (2)

Ce n’est certes pas l’envie qui manque à beaucoup, conscients d’un inéluctable déraillement du train cosmopolite, mais il ne semble pas que soient annoncées pour cela de prochaines stations, fussent-elles en rase campagne. Reste alors le dilemme de sauter de celui-ci en marche… ou de braquer le conducteur. Si quelqu’un a le mode d’emploi, qu’il soit assez avisé pour l’adresser aux Nations Unis !

Notes

(1) Éditions Dualpha, 654 pages, 45 euros, 2e édition réactualisée. (Pour le commander, écrire à Éditions Dualpha - Boite 30 - 16 bis rue d’Odessa, 75014 Paris (adresse postale uniquement) – Fax. 09 57 95 13 34 – Mél : diffusion@francephi.com. Frais de port : 5 euros.

(2) Dans un article du Figaro à propos du livre Les Experts ou l’Art de se tromper du Jules Verne à Bill Gates de François-Bernard Huyghe.

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mercredi, 26 octobre 2011

Peut-on rire de tout avec notre Belle Jeunesse ?

Ph Randa.jpgLa chronique
de Philippe Randa
 
Connaissez-vous L’Actu ? Non ? C’est que vous n’êtes alors ni parent, ni adolescent… Car L’Actu, c’est le quotidien de « l’actualité en dix minutes », soit 8 pages en couleurs, en articles courts, en brèves et en dessins humoristiques, publié à l’intention des collégien(ne)s et lycéen(ne)s, « dès 14 ans », afin de les inciter à s’intéresser à la vie publique… et l’on se doute que son but, fort louable, est également de leur donner l’habitude de lire un journal… Plus tard, ils passeront ainsi plus facilement à la lecture des grands médias nationaux, espère-t-on. Pourquoi pas !

Soyons juste, les articles sont plutôt honnêtes, davantage en tous cas que la plupart de ceux publiés dans la Presse que j’appellerais par commodité « adulte », en témoigne le « dossier » consacré il y a quelques mois à la présidente du Front national qui faisait alors la Une avec ce titre « Et si Marine Le Pen était Présidente, à quoi ressemblerait la France ? » : une présentation objective, sans complaisance, mais sans haineuse dénonciation non plus : « scandaleusement banale » a-t-on pu lire ensuite sur Internet où beaucoup de commentaires ont fustigé l’initiative du quotidien…

Il en est ainsi du ton général de ce journal qui parvient à traiter chaque jour l’ensemble de l’actualité française et mondial avec un incontestable professionnalisme.

Remarquons également que les huit pages sont entièrement consacrées à l’information : aucune publicité n’envahit les colonnes, ce qui fait qu’il y a davantage à lire dans ces huit pages quotidiennes pour adolescent(e)s que dans n’importe quel autre quotidien « gratuit » tel 20 minutes, Métro, Direct matin (ou Soir), Paru Vendu, pour ne citer que les titres le plus connus du genre.

Toutefois, le « dessin du jour » (N°3586 du 13 octobre 2011) de Yacine, dessinateur attitré du quotidien, à l’incontestable talent et à l’humour certain, pose peut-être un problème déontologique concernant justement ce quotidien de la jeunesse.

Yacine montre – nous sommes alors entre les deux tours de la « Primaire socialiste » – François Hollande, vautré par terre en train de lécher les pieds d’Arnaud Montebourg, tandis que Martine Aubry, à genoux derrière celui-ci affirme “vénérer” le troisième candidat de la compétition… Le commentaire accompagnant le dessin indique : « Primaire socialiste : Arnaud Montebourg courtisé avant le 2e Tour Hollande-Aubry »…
 
Sur le fond, rien de plus vrai, Hollande comme Aubry ont dû promettre à l’intéressé monts et merveilles pour le rallier à leur cause respective. Sur la forme, toutefois, la caricature impitoyable de l’humoriste est tout de même mal venue dans un quotidien qui entend inciter le public jeune à s’intéresser à la « vie publique » française et, leur majorité venue, à y participer activement. Car quoi que l’on pense des deux finalistes socialistes, l’une comme l’autre était alors susceptible d’accéder à la Fonction Suprême et le vainqueur du deuxième tour l’est aujourd’hui, plus que jamais.

Après un ancien président de la République traîné devant les tribunaux où il n’a pas comparu pour cause de prétendu gâtisme, avec un actuel locataire de l’Élysée suspecté de compromissions financières dans le financement de campagnes électorales passées, sans compter un candidat donné favori des sondages, éliminé de la course aux motifs de scandales sexuels à répétition, notre « belle jeunesse » a besoin d’avoir le cœur sacrément bien accroché ; comment pourrait-elle se passionner d’une prochaine échéance électorale où l’un des prétendants les plus sérieux à la victoire ne serait, somme toute, que cet être rampant et prêt à toutes les humiliations pour l’emporter ?

Ne faisons aucun procès d’intention à l’humoriste et selon l’honnêteté du quotidien tel que je n’ai pas manqué de le reconnaître, gageons qu’il puisse de même réserver un traitement identique à chaque candidat de la prochaine élection présidentielle. Mais un tel dessin ne me semble guère compatible avec les louables intentions des concepteurs de L’Actu.

À la question « Peut-on rire de tout ? », Pierre Desproges répondait : « Oui, mais pas avec tout le monde »… Il est sans doute plus certain encore qu’on peut rire de tout le monde, mais peut-être pas n’importe où…

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lundi, 26 septembre 2011

Une notoriété à la Pyrrhus...

La Chronique

de Philippe Randa

 

Le parquet de Paris a ordonné au juge chargé d’instruire la plainte pour tentative de viol en 2003 déposée par Tristane Banon, d’organiser une confrontation entre elle et Dominique Strauss-Kahn.

 

“Tentative” de viol : la même accusation que la femme de ménage américano-guinéenne du Sofitel qu’il aurait, elle aussi, “tenté” de forcer sexuellement. Les échecs de l’intéressé pour aboutir à ses fins finiraient par faire rire s’il n’y avait non seulement la monstruosité des faits s’ils sont avérés, mais encore les motivations éventuelles de ses victimes.

 

Le dégoût, plus que la pantalonnade, finira donc plus sûrement par l’emporter dans ce tourbillon médiatico-judiciaire où le mari d’Anne Sinclair est empêtré depuis six mois.

 

L’ancien patron du FMI apparaît aujourd’hui à l’opinion publique non seulement comme un “singe en rut” selon l’expression de Tristane Banon, mais plus grave encore, comme un “nanti” peu supportable : sa fortune – celle de sa femme, certes, mais qu’elle a mis à sa disposition, ce qui revient au même – jusque-là plus “présumée” elle aussi que réellement connue, a été révélée au grand jour. Les électeurs, principalement “de gauche”, qui envisageaient de le porter à la Fonction Suprême ont désormais bonne mine et on en arriverait finalement à les plaindre. S’il y a des victimes incontestées, avant tout ce sont eux. Et d’eux, mais d’eux seuls, il est permis de rire. Leur favori les a tel point ridiculisé que beaucoup se détourneront probablement de la politique par sa faute…

 

En ce qui concerne Nafissatou Diallo, ses déclarations zigzagantes et ses motivations financièrement douteuses ont conduit le procureur Vance, après une inculpation et une mise en liberté sous caution de DSK des plus féroces, a très rapidement faire machine arrière jusqu’à recommander l’abandon des charges en raison du manque de crédibilité de la plaignante qui ne permet pas de “donner du crédit à sa version des faits au-delà du doute raisonnable.

 

À moins de hurler à la prétendue impunité de la communauté juive internationale ou au récurrent racisme anti-noir, ce qui s’avère peu crédible quant tout se déroule sur la place publique comme cela a été le cas, et vu les enjeux financiers en cause – les avocats de l’accusation, autant que ceux de la Défense auraient eu tout intérêt financièrement à ce que le procès ait lieu –, gageons que ce “revirement” n’a pas été pris à la légère par le procureur Vance…

 

En ce qui concerne Tristane Banon, ensuite, il est tout de même bien difficile d’envisager que la plainte en France puisse objectivement aboutir à une condamnation du présumé satrape… Car ce qui s’est passé dans un appartement parisien en 2003 restera sans doute connu d’eux seuls, tout autant que ce qui s’est passé dans la chambre du Sofitel entre la femme de ménage et le patron du FMI. Ce sera parole contre parole.

 

Que l’on sache, Tristane Banon n’a aucune preuve matérielle de son agression autre que ses propres déclarations à sa mère qui l’a dissuadée de porter plainte, ou à ses proches qui semblent, à l’époque, lui avoir conseillé la même attitude.

 

À moins bien sûr, d’envisager que l’un des deux ne craque dans le bureau du Juge d’instruction, ce qui est toujours possible… Après les six mois qu’il vient de passer, Dominique Strauss-Kahn pourrait s’effondrer et reconnaître les brutalités dont Tristane Banon l’accuse… Un sacré coup de théâtre en perspective, mais lors de sa prestation sur le plateau de télévision de Claire Chazal, il n’a guère donné des signes de faiblesses. Au contraire !

 

Ou alors c’est Tristane Banon qui craquerait nerveusement et reconnaîtrait que son action d’a d’autre but que d’accéder à une notoriété que son seul talent ne lui a pas permis d’atteindre jusqu’alors. Car qui connaissait Tristane Banon voilà six mois ? Quel spectateur de l’émission de Thierry Ardisson où elle avait exposé ses déboires se rappelait encore d’elle ?

 

Il est bien certain que si, malgré tout, sa plainte aboutissait et qu’elle devait “toucher” quelques compensations sonnantes et trébuchantes, elle en ferait immédiatement don à une quelconque association de défense de la condition féminine comme elle s’y est engagée.

 

Mais il lui resterait l’incontestable notoriété acquise depuis six mois… et au prix du coût de la minute publicitaire, cela s’avérerait finalement une affaire rondement menée.

 

Mais une affaire qui pourrait s’avérer toutefois lourde de frustration… Ses futurs succès de vente reposeraient alors uniquement sur le scandale et personne ne s’aviserait de songer qu’elle pourrait aussi, avoir du talent… Pourquoi pas !

 

Soit, en quelque sorte, une notoriété à la Pyrrhus !

 

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jeudi, 25 août 2011

LE COMPTE DE SINCLAIR...

imagesCARM1EK3.jpgLe grand retour

de Philippe Randa

 

La comparaison entre Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du FMI et Edmond Dantès, personnage né sous la plume d’Alexandre Dumas(1), est non pas seulement excessive, mais parfaitement inconvenante.

 

Le premier n’a goûté les geôles de Rikers Island que durant quatre nuits, tandis que le second fut emprisonné dans celles du château d’If durant quatorze ans.

 

Grâce à l’argent de son épouse, DSK a pu attendre son procès dans une luxueuse résidence surveillée, moyennant une liberté sous caution certes fort draconienne, mais à la hauteur de la fortune de Madame… Edmond Dantes, lui, ne deviendra riche que parce qu’il se sera lié d’amitié avec son voisin de cellule.

 

Cette semaine, toutes les charges retenues contre Dominique Strauss-Kahn ont été levées parce que des avocats renommés, parmi les plus redoutables du barreau américain et dont les honoraires ne sont évidemment pas à la portée du premier inculpé venu, ont assuré sa défense… Le personnage de fiction d’Alexandre Dumas ne gagnera sa liberté que par une spectaculaire évasion et restera ensuite un éternel fugitif, tout comte de Monte-Cristo qu’il soit devenu.

 

Si Dominique Strauss-Kahn a gagné un titre dans cette “épreuve terrible et injuste”, selon ses propres affirmations, c’est bien celui, à jamais, de Compte de Sinclair… et gageons qu’aucun romancier, aussi talentueux soit-il, ne prenne en exemple l’ancien patron du FMI pour en faire un personnage de légende…

 

Alexandre Dumas avait écrit fort justement dans son célèbre roman : “Il n’y a ni bonheur ni malheur en ce monde, il y a la comparaison d’un état à un autre, voilà tout.”

 

L’affaire DSK, plus d’un siècle et demi plus tard, en est la confirmation.

 

Note

 

(1) Le Comte de Monte-Cristo a été écrit avec la collaboration d’Auguste Maquet et achevé en 1844 ; il est inspiré de l’histoire de Pierre Picaud, un cordonnier de Nîmes qui, victime d’une machination politico-judiciaire sous le Premier Empire, entreprend de se venger dès sa libération grâce à un trésor caché à Milan et légué par son voisin de cellule

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lundi, 25 avril 2011

Les terroristes de l'hygiénisme...

randa_head_01.jpgLa chronique de Philippe Randa
 
La moitié de la France a beau être en vacances scolaires sous un soleil inhabituel en ce mois d’avril, le Nouvel Ordre Moral veille. Tous les Big Brother contemporains n’ont de cesse de criminaliser les automobilistes, de pourfendre les pollueurs, de s’insurger contre la montée du Front national, de faire bombarder les dictateurs récalcitrant au Nouvel Ordre Mondial au nom de la sacro-sainte démocratie universelle, de leurs droits de l’homme obligatoires et du coca-cola pour tous…

Ces jours-ci, une nouvelle campagne est lancée contre les fumeurs… via leurs paquets de cigarettes qui seront désormais décorés “d’images chocs”, dignes des pires films d’horreur de la Hammer ou, plus simplement, du quotidien des sanatoriums : tumeurs malignes par-ci, poumons pourris par-là, dents avariées, boutons purulents, ganglions crevassés et abcès de toutes les couleurs… Nul doute que voilà une idée qui tentera sans doute le très médiatisé artiste Andrès Serrano, celui qui vient de mettre en scène un crucifix trempé dans son urine pour une exposition plus scandaleuse qu’artistique en Avignon…

Reste évidemment à savoir si cette énième campagne d’informations portera ses fruits, voire quelques fruits ou non… L’avenir le dira, mais la tâche est ardue, sachant, comme le rapportait Le Figaro en octobre dernier qu’“en 2010, près d’un adulte sur trois fume quotidiennement ou de manière occasionnelle en France. Soit environ 15 millions de personnes, âgées de 15 à 75 ans. Un nombre en hausse “pour la première fois de manière significative depuis la loi Evin” a précisé lundi l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), en rendant publics les résultats du Baromètre santé 2010. En cinq ans, le pourcentage de fumeurs quotidiens a ainsi augmenté de 2 points, pour atteindre 28,7 % de la population, tandis que les fumeurs occasionnels se maintiennent à 4,7 %.

Ce qui tenterait à prouver que plus on harcèle les fumeurs, moins il y a de résultats…

Dans la même logique, on se demande pourquoi terroriser ainsi les seuls fumeurs…

Pourquoi ne pas obliger les propriétaires de voiture à repeindre celles-ci avec des carcasses de véhicules accidentés où apparaîtraient des visages explosés, des cadavres sanguinolents, des bras et jambes broyés, etc. ?

Pourquoi ne pas obliger les fast-foods à orner leurs vitrines de fresques explicites sur les dégâts que leurs matières grasses provoquent sur l’organisme humain ?
 
Pourquoi ne pas obliger les producteurs de vins et d’alcool à décorer leurs bouteilles avec des photos de foies explosés, de visages couperosés, d’intestins pourris ?

Pourquoi ne pas obliger les banques à afficher à l’entrée de leurs agences le nombre de ménages surendettés par les crédits à la consommation ? Le nombre de clients ruinés par les placements foireux de leurs Conseillers ?

On pourrait ainsi décliner à l’infini les obligations des uns et des autres pour une plus saine vie citoyenne…
 
Avant la dernière guerre mondiale, on disait de la Suisse que tout ce n’y était pas interdit y était obligatoire… Dans la société idéale des sévères hygiénistes contemporains, nul doute que tout ce qui n’y sera pas dénoncés en permanence, nous sera imposé.

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jeudi, 31 mars 2011

Droit d’ingérence impérialiste...

randa_head_01.jpgLa chronique de Philippe Randa

 

La chute du colonel Kadhafi, exigée publiquement par l’Occident, restera une première. Il y aura un avant et un après. Avant, un pays entrait en guerre contre un autre quand il accusait celui-ci, à tort ou à raison, d’être une menace militaire pour lui-même ou pour un pays allié. Même si de tous temps, des gouvernements ont apporté des aides militaires à un camp ou à un autre lors d’une guerre civile, cela se faisait via des “légions” ou des “brigades” qui n’engageaient pas officiellement leurs pays.

 

Les bombardements de la France en Lybie, d’abord, la coordination par l’Otan des opérations sur le terrain ensuite, la réunion à Londres de quarante ministres des Affaires étrangères pour assurer “le pilotage politique” de l’intervention enfin, se sont faits, eux, au nom du “droit d’ingérence humanitaire” que beaucoup qualifie plus justement de “droit d’ingérence impérialiste”.

 

Et ce parce que l’actuel régime lybien ne s’était pas écroulé face aux mécontentements d’une partie de sa population, à l’instar de ceux de la Tunisie et de l’Égypte. La détermination du “chef et guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste” (ouf !) à reprendre les choses en main, de façon certes musclée, aurait mis un probable coup d’arrêt aux turbulences qui secouent actuellement tous les pays arabes.

 

Turbulences dont les USA, son allié traditionnel la Grande-Bretagne, et compère actuel la France, espèrent tirer des profits différents : conserver hégémonie économique et politique pour les premiers au Proche et Moyen-Orient, se construire un stature d’homme d’État international pour faire oublier les déboires de sa politique intérieure pour l’actuel locataire de l’Élysée.

 

L’échec de la révolution d’une partie du peuple lybien était une menace directe pour de telles ambitions.

 

Après le traditionnel pilonnage médiatique en bonne et due forme pour asseoir dans les mentalités que Mouammar Kadhafi était à lui tout seul la réincarnation de Gengis Khan, Adolf Hitler et Saddam Hussein et que les opposants à son régime étaient tous de légitimes aspirants à la liberté démocratique, islamistes compris, il n’y avait plus qu’à attendre les premières réactions du Régime de Tripoli contre les insurgés pour décider d’une intervention militaire.

 

Soit une ingérence caractérisée dans les affaires strictement intérieures d’un pays qui ne menaçait en rien les pays intervenants ;

 

Soit une volonté désormais officielle de l’ONU de contrôler, militairement si besoin est, les affaires intérieures des pays dans le monde ;

 

Soit cette fameuse gouvernance mondiale qu’appellent de leurs vœux les plus avides les dirigeants des puissantes multinationales, toutes par essence apatrides.

 

L’Allemagne s’est abstenu d’apporter sa complicité dans l’affaire pour cause d’élections, dit-on. Après soixante années de culpabilisation massive, les Allemands actuels ne sont effectivement guère enclins à participer à quelque aventure militaire…

 

Plus importantes sont les attitudes de la Russie et de la Chine qui avaient la possibilité de bloquer l’intervention. Ils se sont contentés d’une abstention qui lui laissait le champ libre. Simple hypocrisie ou n’est-il pas légitime se penser qu’ils ont monnayés fort chères leurs neutralités ? Ce qu’ils ont obtenus en échange n’a pas été rendu publique ; c’est peut-être une des surprises à venir bientôt…

 

À moins que Russie et Chine ne soient persuadés que l’aventure lybienne pourrait peut-être bien être un nouveau bourbier militaire, après celui d’Afghanistan et d’Irak, où les forces auto-proclamés démocratiques pourraient bien à nouveau s’empêtrer.

 

Pour notre part, on le saura en comptabilisant le nombre de soldats français qui pourraient y perdre leur vie. Un décompte macabre qui, de toute façon, ne commencera, comme pour les deux autres pays envahis, que dans l’après-Khadafi…

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jeudi, 24 mars 2011

Matamores anti-frontistes...

images.jpgLa chronique de Philippe Randa

On s’attendait certes à un mauvais résultat de l’UMP, au maintient d’un score élevé du Parti socialiste et à une montée du Front national. Pour cause de danger nucléaire nippon, on prévoyait aussi un afflux de bulletins de vote pour Europe Écologie. On ignorait ce qu’allait “faire” le Parti de Gauche du très mal aimable Jean-Luc Mélenchon et tout le monde oubliait de s’interroger sur le Modem en phase accélérée de disparition électorale.

La seule chose certaine, c’était le fort taux d’abstention prévisible.

Peu ou prou, toutes ces prévisions se sont réalisées, mais avec une amplification que personne n’avait réellement envisagée.

Soit d’abord un effondrement électoral de l’UMP désormais talonné par la déferlante FN, des résultats satisfaisants pour les Écologistes et le Parti de gauche, la quasi disparition du Modem et un PS en tête, mais finalement sans triomphe excessif.

Toutefois, les résultats ne sont pas seulement les scores atteints par les candidats. Les conséquences dans le paysage politique sont bien plus intéressants. Notamment par les divisions désormais étalées sur la place publique des ténors de l’UMP sur ce qu’il convient de faire face au Front national : appeler à voter contre lui… ou laisser libre choix aux électeurs, au risque qu’ils se persuadent que la droite parlementaire est prête à sauter le pas et à conclure bientôt une alliance électorale qui lui assurerait une solide majorité. C’est ce qu’espère la majorité des électeurs de droite. C’est ce que redoutent tant les responsables d’un système qui verrouillent le débat politique depuis plus de trente années.

Quoiqu’il en soit, le Front républicain agonise. Seuls quelques ministres, dont le Premier d’entre eux, appellent encore à voter pour le Parti à la rose, voire même pour celui du Marteau et de la faucille si besoin est… Mais il est à noter qu’ils sont quasiment tous élus de circonscriptions où, par le passé, le Front national ne pesait guère. Si leurs futures réélections devaient dépendre d’un bon report des voix frontistes, gageons que ces matamores se feraient nettement plus discrets.

Mais une alliance avec un parti failli comme l’UMP est-elle encore dans l’intérêt du Front national ? Marine Le Pen a choisi de fortement axer son action dans le domaine social, occupant ainsi un créneau laissé vacant autant par la gauche que par la droite. Ce, alors que la paupérisation s’étend, non seulement dans les couches les plus populaires, mais de plus en plus, pour cause de mondialisation effrénée et de fiscalité écrasante, parmi les classes moyennes et même celles qui furent au-delà, soit une population qui se considérait à juste titre comme privilégiée dans notre société…

Ces Françaises et Français désormais fragilisés, voire apeurés par l’avenir, n’ont pas tous voté “à droite” jusqu’alors… Il est même évident que nombre d’entre eux étaient bien davantage séduits par les sirènes progressistes. Ils en avaient les moyens, alors…

Il n’est pas certain qu’un rapprochement du FN avec l’UMP les séduise tant que cela…

Et ce ne sont sans doute pas les syndicalistes qui se sont présentés dimanche dernier estampillés de la flamme tricolore qui prouveront le contraire.

Ainsi Fabien Engelmann, ancien secrétaire général du syndicat CGT des agents territoriaux de la mairie de Nilvange (Moselle) qui a obtenu 23,4 % des suffrages… Et pas davantage Annie Lemahieu, privée de ses mandats syndicaux Force Ouvrière, qui affrontera dimanche prochain, forte de ses 19,19 % des voix… le candidat UMP !

À ceux qui prévoyaient l’effondrement du FN, la pilule est décidément bien amère…

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mardi, 01 mars 2011

LES NOUVELLES POLICES DE LA PENSÉE

Philippe Randa 4.jpgLa chronique

de Philippe Randa

 

La plus connue des polices française est certes celle qui a son siège place Beauvau ; le remaniement ministériel de dimanche soir y a porté à sa tête Claude Guéant, en remplacement de Brice Hortefeux. Sans doute pour illustrer une fois de plus la formule, rendue célèbre en 1963 par Luchino Visconti dans son film "Le Guépard" : "Tout change pour que rien ne change" !

 

Ce qui change depuis quelques années, en revanche, c’est la multiplication des autres “polices”. Beaucoup plus discutables.

 

La plus ancienne est cette “police de la pensée”, immortalisée par George Orwell dans son roman dystopique "1984", mais qui, désormais, est déclinée sous toutes les formes possibles et imaginables, telle que l’avait dénoncée dès avril 1990 dans les colonnes du "Figaro" l’ancienne communiste Annie Kriegel : bien que juive, elle s’inquiètait de voir la communaute juive française apparaître “comme un groupe exigeant que règne en sa faveur une véritable police de la pensée [...] une insupportable police juive de la pensée…” Une “police des spectacles” a également sévi. Les humoristes Patrick Timsit et Bruno Gaccio en ont été les premiers à en faire les frais.

Un sketch du premier sur les mongoliens (“C’est comme les crevettes, tout est bon sauf la tête”) le fit poursuivre en justice. Il échappa à une condamnation en créant une association d’aide aux trisomiques... en collaboration avec la famille qui l’avait assigné !

Le second moqua les nains dans une émission de Canal + (“T’enlèves la tête et le cul d’un nain, y’a moins à manger que sur une caille”). “Sommé de faire des excuses publiques par l’Association des personnes de petites tailles et l’APF, il répondit : “Pensez-vous vraiment que j’ai des excuses à formuler eu égard à l’énormité du propos ? Je revendique et assume ce mauvais gout”” (www.handinaute.org).

Quant à leur confère Dieudonné, il fut chassé des plateaux de télévision après un sketch jugé peu soumis aux diktats de cette “insupportable police” que dénonçait Annie Krigel ; lui s’entête, depuis, à ne pas faire repentance… et à le faire savoir !

Quant à la liste de ces nouvelles polices de la pensée, qu’elles soient “hygiénistes” (haro sur les fumeurs !), “mensongèrement sécuritaires” (souriez, automobilistes, vous êtes flashés !) ou encore “bancaires” (limitation du montant des retraits en espèces de votre propre compte), elle s’allonge au fil des mois.

Dernière “police de la pensée” à la mode, celle des vacances ! Plusieurs ministres se sont retrouvés dans le collimateur : Michèle Alliot-Marie en a perdu son ministère pour avoir accompagné papa et maman en Tunisie… Le Premier Ministre Fillon s’est longuement expliqué sur sa mauvaise idée d’avoir été promener sa moitiée en Égypte à Noël dernier, tandis que le conseiller special à l’Élysée Henri Guaino faisait de même… en Libye ! À croire qu’ils l’ont fait exprès !

Le plus étonnant tout de même (quoi que !) sont que le seul reproche qui leur soit adressé est de s’être compromis avec des dictatures qui se sont toutes écroulées sitôt leur départ…

On aurait pu remarquer, tout de même que, nos ministres ne portaient donc pas la scoumoune qu’à leurs seuls compatriotes !

Et on aurait pu aussi leur faire remarquer, en passant, que lorsqu’on est Ministre en exercice d’un pays qui subit une crise économique importante et durable, la moindre des convenances serait qu’ils montrent l’exemple en “consommant français”.

Mais la convenance, comme le bon goût, ne sont pas les attributs de la Sarkozye. La chance non plus, d’ailleurs !

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lundi, 24 janvier 2011

CÉLINE, JE TE HAIS MOI NON PLUS...

Philippe Randa 5.jpgLa Chronique

de Philippe Randa

S’il y en a un qui doit être “le ravi des cieux” depuis une semaine, c’est Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline. Un demi-siècle après sa disparition, il fait la une des medias. Une promotion, sans doute, comme jamais il n’en avait connue de son vivant.

 

À croire que si l’on avait voulu “relancer” – si tant est que cela fut nécessaire – la vente de ses livres, pouvait-on espérer mieux ? Gratos, en plus, la promo !

 

C’est un sale coup, forcément, pour la poignée d’autres écrivains en liste cette année : Hervé Bazin, Jean Cayrol, Patrice de La Tour du Pin, Henri Troyat, Maurice Maeterlinck, Blaise Cendrars, Frantz Fanon, Michel Foucault… pour ne citer que ses contemporains dans la liste.
 

À tel point qu’il serait intéressant de connaître dans les prochaines semaines les ventes de ses livres… et celles des autres “nominés” de ces Célébrations nationales 2011. Gageons qu’elles resteront ignorées du grand public. Par pudeur.
 

En plus, ils ont bonne mine de cotôyer celui qui est appelé pas tous, unanimement, “génie littéraire”, “plus grand écrivains du XXe siècle”, “monument de la littérature” au “talentueux délire” même si les uns ajoutent “immense salaud” ou “incommensurable ordure”, tandis que d’autres débattent à n’en plus finir sur “la personnalité de Céline (…) il est vrai, pour le moins controversée. On pourrait même parler d'abominable vérité” (France soir, 21 janvier 2011).

  

N’en jetons plus, qui ignore encore que, publié dans la prestigieuse collection de La Pleïade de Gallimard, cet auteur est aussi celui de trois pamphlets (Bagatelles pour un massacre, L’école des cadavres, Les Beaux draps) fort peu amènes pour le peuple auto-proclamé élu ? Plus personne n’a d’excuses pour l’ignorer après cela… comme de ne pas ouvrir un de ses livres… voire de ne pas chercher désespéremment à se procurer les fameux pamphlets. Pour voir… et pour condamner, bien sûr… bien sûr… bien sûr…

  

“Le ravi des cieux” peut donc être reconnaissant à maître Serge Klarsfeld, grand pourfendeur professionnel de nazis et d’antisémites devant le Sanhédrin, d’avoir rappelé à l’ordre le Ministre de la Culture.

  

Et quand Serge Klarsfeld siffle, on s’exécute. C’est ce qu’à immédiatement fait Frédéric Mitterrand. Qui, il est vrai, n’est que Ministre de la République française, lui !

  

Et il n’est pas son oncle François. Lui avait rétorqué en son temps, à Jean-Pïerre Elkabach qui le harcelait sur ses mauvaises relations durant la dernière guerre mondiale et doutait de l’étendue de son philosémitisme : “Que voulez-vous que je fasse ? Que je me convertisse ?

  

Sans doute, oui, mais le journaliste, toutefois, n’a pas osé le lui réclamer à une heure de grande écoute. C’est personnel, ces choses-là !

  

Quoiqu’il en soit, Céline sera vendu plus que jamais en 2011, ce qui est sans doute le plus important pour la littérature… mais ne sera pas célébré. La belle affaire !

  

Puisque le “mal” est fait, tout de même, la faute à qui ? Évidemment à Frédéric Mitterrand qui s’est peut-être “dégonflé”, mais qui avait tout de même été sacrément “gonflé” de laisser inscrire le “maudit de Meudon” dans la liste des Célébrations nationales.

 

D’un autre Ministre que lui – hormis André Malraux et Jack Lang – on pourrait penser qu’il aurait pu ne pas savoir de qui il s’agissait ; quoique même Nicolas Sarkozy, pourtant peu connu pour sa grande culture, ne fait pas mystère de son admiration pour l’auteur de Voyage au bout de la nuit.

 

Mais Frédéric Mitterrand, non ! Lui savait très bien de qui il s’agissait et ne pouvait ignorer les réactions que sa présence dans la liste allait provoquer.

 

Dire qu’il y en qui regrette sa présence au Ministère de la Culture, alors que c’est bien le seul qui soit efficace dans sa fonction !

 

 

PS : Je profite de la belle campagne de promotion célinienne de messsieurs Mitterrand et Klarsfeld pour vous recommander quelques livres sur ce “génie littéraire” pour beaucoup et “incommensurable ordure” à ses heures pour d’autres, publiés aux Éditions Dualpha par mes soins : Le cas Céline de Philippe Pichon et Le siècle de Céline de Marc Hanretz… Sur son éditeur : Robert Denoël, un destin de Jean Jour… Et dans le cadre de la polémique suscitée ces jours-ci, le Dictionnaire commenté de livres politiquement incorrects que j’ai commis avec Francis Bergeron… D’avance, je remercie très sincèrement l’avocat et le ministre ci-dessus nommés pour les ventes futures réalisées grâce à eux.

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