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vendredi, 25 janvier 2013

Jeunes socialistes : mouchards et fiers de l’être !

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Gabrielle Cluzel

Boulevard Voltaire cliquez ici

Cela s’appelle « La carte des dérapages ». Un truc lié aux récentes intempéries, recensant les fractures du col du fémur ? Vous n’y êtes pas. C’est une lumineuse idée du Mouvement des Jeunes Socialistes, et ce ne sont pas les mamies qui s’y cassent la gueule mais les hommes politiques. Son autre nom pourrait être « jedenoncemonelu.com ». Le principe en deux mots : Les jeunes socialistes sont encouragés à traquer les propos « homophobes » des élus et à les envoyer en ligne grâce à un formulaire « participatif », — et non plus « collaboratif » (sic), comme c’était écrit au départ sur le site… —, afin qu’ils soient publiquement répertoriés sur une carte de France consultable sur le Net par tout un chacun. Votre élu y figurera, dans sa région, sous la forme d’un bonhomme noir dans le genre de ceux que l’on voit sur le bord des nationales pour signaler les morts sur la route. Et c’est bien de cela qu’il s’agit : tuer politiquement. Une carte du lynchage en somme.

Mais la sophistication ne s’arrête pas là : Cliquez sur le pictogramme et vous pourrez y voir la fiche complète de l’accusé, assortie de ses insupportables propos. Tenez, au hasard, Jean Perthuis, maire de Valpuiseaux, conseiller général de l’Essonne : « Si on m’y oblige, je rendrai mon tablier. Je n’ai rien contre ces gens-là, ils vivent comme bon leur semble. Mais si aucun adjoint n’accepte de les marier, je démissionnerai. » Ah non, ça c’est trop méchant, c’est très, très laid, c’est affreusement homophobe. La vérité est que le seul fait d’être contre la mariage pour tous fait de vous un mouton noir. Et nos élus ne sont plus que des funambules qui, les fesses serrées, avancent prudemment avec leur tutu et leur ombrelle, conscients que le moindre petit mot de travers les fera sombrer dans le vide.

Une carte du flicage, dites-vous ? Qui nous renvoie aux heures sombres du petit père Combes ? Nuance, chers amis, car à l’époque, ces fiches étaient tenues secrètes, tandis qu’aujourd’hui la délation fait son coming out. Mouchards et fiers de l’être.

Et amnésique aussi… On peut faire de la dénonciation post mortem ? Parce que moi, j’ai du lourd. Et pas vraiment un homme de droite : « Allez vous faire soigner, bande de pédérastes ! » Déclaration de Jacques Duclos, en 1971, à l’encontre d’un groupe d’homosexuels qui le prenait à partie. Et je vous fais grâce de ce petit maire « rouge » de mon enfance qui, lorsqu’il versait à ses administrés une goutte d’eau de vie décapant le gosier au chalumeau, déclarait invariablement, pendant que ceux-ci toussaient et crachaient tripes et boyaux : « J’avais prévenu que c’était pas pour les tafioles ! »

Alors, ces élus de droite cloués au pilori, carte du dérapage… ou carte du courage ? Courage de dire non, — maladroitement parfois peut-être —, non à la folie du « mariage pour tous », même si cela doit leur coûter cher !

10:31 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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