samedi, 19 novembre 2022
Du bon usage d’une « Tête-de-pont »
Bernard Plouvier
Pas besoin de s’appeler Clausewitz ou von Manstein – entre autres exemples possibles – pour savoir que l’implantation d’unités militaires dans une petite zone ennemie située au-delà d’une mer ou d’un fleuve n’a d’intérêt que si l’on a les moyens de pousser du « million d’hommes », servis par d’énormes moyens d’action guerrière et une logistique puissante, au-delà de cette base de départ.
Ce n’est pas un hasard si l’Opération grotesque de Dieppe en août 1942 a été un fiasco intégral. On n’avait envoyé au massacre de petites unités que pour calmer l’irascible Joseph du Kremlin qui réclamait ce qu’on lui avait promis depuis plus d’un semestre : une action à l’Ouest de l’Europe pour soulager l’Armée Rouge.
Et Churchill, l’incarnation de l’égoïsme so british, envoya des Canadiens se faire hacher menu ou croupir en Stalag et Oflag... délicieux « Winnie » - on se demande ce que ce raciste forcené aurait pensé du trio d’Indo-Pakistanais qui est à la tête de la mairie de Londres, du Gouvernement de Sa Majesté Charles III et du Home Office !
En 1942, les Britanniques n’avaient pratiquement pas de réserves en hommes à faire tuer ni en matériel offensif. Il en allait tout autrement l’année 1943 où les débarquements (anglo)-US de Sicile et d’Italie furent le prélude à des campagnes où les Alliés alignaient 3 combattants contre un (du côté allemand, car les Italiens ne se battirent pas : ils attendaient – sauf exception patriote – les cigarettes et les dollars d’occupation des G.I.... ce fut l’illustration de l’immondice de Brecht : « D’abord la bouffe, et après la morale »), 4 chars contre un, 6 canons et mortiers contre un et 20 avions contre un.
Et l’on rejoua le scenario de façon plus convaincante encore en juin 1944, en ravageant toute la Basse-Normandie !
Une tête de pont russe à l’Ouest du Dniepr, à hauteur de Kherson – la ville proche de son embouchure -, n’avait de sens que si l’Armée poutinienne jouissait d’une masse de manœuvre importante et très solidement armée pour s’assurer le contrôle de la vaste zone située à l’Ouest du dernier coude du Dniepr. Du gel des positions durant trois mois dans une tête-de-pont difficile à ravitailler, on peut raisonnablement inférer que l’Armée russe ne dispose pas de cette puissance offensive ni de la dureté nécessaire pour gagner une guerre.
Poutine n’est pas « Staline » : ses généraux ne sont pas fusillés en cas d’échec ; les soldats qui reculent ne risquent pas de tomber sous les balles des sbires du NKVD-NKGB ; enfin, il n’a pas d’allié puissant capable de lui fournir en abondance des armes et des munitions.
Qu’il ait cru être dans son « bon droit » pour défendre les Russes entre Dniepr et Don - effectivement les clowns judéo-ukrainiens manipulés par les merveilleux Démocrates de Washington et de New York poussaient un peu loin la plaisanterie depuis le putsch de 2014 -, témoigne simplement de la naïveté du dictateur charismatique du Kremlin.
Jamais dans toute l’histoire, la notion d’Équité n’a triomphé, sauf à être étayée par une puissance guerrière supérieure à celle de l’ennemi abusif et de ses alliés.
Il est évident que les Accords de Munich de fin septembre-début octobre 1938 étaient la pure expression du Droit des peuples à s’auto-administrer ou à rejoindre la mère-patrie – Sudètes, Polonais de Teschen, Magyars de Slovaquie, Slovaques et Ruthènes en avaient plus qu’assez de la dictature des haineux francs-maçons de Prague. Il est évident qu’imposer une Guerre pour empêcher les Allemands de reprendre le contrôle de Dantzig, alors peuplée à 97,6% d’Allemands, était une ignominie si l’on se réfère au Jus Gentes.
Mais les Allemands ayant finalement perdu la guerre, les Accords de 1938 qui ont évité une guerre aux Européens et la courte Campagne de Pologne furent considérés comme des « crimes » et les merveilleux historiens carriéristes n’en finissent pas de déblatérer des âneries sur le sujet et à mépriser allègrement les principes juridiques... et ils ont raison ! Car, toujours et partout, le Droit ne fut et reste que l’expression policée et formelle de la Force.
Tout le monde sait que les professionnels du prêchi-prêcha font depuis toujours parler la ou les divinité(s) en faveur des gros bataillons. Le nouveau personnel du bourrage de crânes étant composé d’employés du dieu-$, avatar de Mammon, les Russes sont devenus des suppôts de Satan et le demi-dément Biden est le nouveau Papa-Noël.
Si Poutine ne mobilise pas bientôt du million d’hommes décidés à se battre, voire à mourir pour la patrie, il finira comme Saddam Hussein et les Russes deviendront esclaves des merveilleux judéo-yankees. L’histoire, si elle ne se répète jamais à l’identique, bégaie en permanence.
20:06 Publié dans Tribune de Bernard Plouvier | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Vers la poliorcétique des cyborgs
La chronique flibustière
de Georges Feltin-Tracol
La 51e chronique hebdomadaire empiète joyeusement sur « Ça se défend ! », l’émission de votre Web-radio préférée consacrée aux questions militaires.
En janvier 2022 paraissait Ces guerres qui nous attendent 2030 – 2060 (éditions des Équateurs/PSL – Université Paris Sciences et Lettres, 224 p., 18 €). Réuni à l’initiative du ministère français des Armées, « le collectif Red Team est composé d’auteurs, de dessinateurs et de scénaristes libres et indépendants ». On y trouve François Schuiten, Jeanne Bregeon, Virginie Tournay, Laurent Genefort, Romain Lucazeau, Xavier Mauméjean et Xavier Dorison ainsi que des pseudonymes comme Colonel Hermès, Capitaine Numericus et DOA. En revanche, le Lieutenant Sturm, Wilsdorf et Alryck n’y figurent pas ! Le projet a agacé, sinon indigné, les écrivains français de science-fiction fortement épris de progressisme, d’inclusivité et d’égalitarisme.
Inspiré du complexe militaro-industrialo-médiatique qui regroupe outre-Atlantique les industries (numériques ou non), les militaires et le monde du divertissement, cet ensemble réfléchit aux guerres de demain et présente quatre hypothèses. Notons que le livre a été rédigé avant le début des hostilités en Ukraine. Il serait fastidieux de résumer chaque scénario. On insistera sur l’affirmation du combattant opérationnel cybernétique et le grand retour de la poliorcétique.
En science-fiction, le cyborg est un hybride entre l’organisme humain et la machine et/ou l’ordinateur. Les programmes militaires occidentaux ouvrent déjà la voie vers le transhumanisme avec les expériences d’exo-squelette de combat. Red Team imagine à assez brève échéance calendaire la finalité logique du passeport vaccinal et autre « visa numérique » : le puçage généralisé de la population. Cela va même encore plus loin avec NeTAM, soit Neuro Terre Air Mer, à savoir « un protocole d’interface neurale [… qui], selon l’auteur collectif, a pour but de pallier les défaillances humaines et d’améliorer les performances des sujets. [...] Le programme permet notamment l’échange de données homme/machine, la prise de contrôle d’équipements, l’amélioration des capacités du combattant en situation (perception, réception d’informations, gestion du stress, etc.), la collecte et l’archivage en temps réel par un double témoignage live et différé (objectif – subjectif) et l’exploitation de ces informations archivées en vue d’un usage ultérieur. De plus, le programme autorise l’accès à une banque de données sécurisée qui renseigne en flux continu sur le contexte de l’action en cours ». Il passe ensuite à un « programme ArmVie [qui] a pour vocation de recueillir l’ensemble des données d’implant des militaires connectés, en surveillant notamment leur sommeil, leurs habitudes alimentaires, leur activité physique, leur environnement quotidien, leurs interactions sociales, leur mobilité in et out de l’espace militaire, leurs réactions aux événements extérieurs, leur niveau de stress, etc. ». La surveillance actuelle des sportifs, en particulier des cyclistes, au nom de la lutte contre le dopage, en est une ébauche primaire et imparfaite.
La symbiose entre le combattant et l’intelligence artificielle devient une priorité aux yeux des contributeurs pour qui « les opérations spéciales, l’infiltration, les coups de main, le débarquement amphibie, visant à contourner les défenses adverses, redeviennent des enjeux fondamentaux ». Avec l’essor de l’IHM (interface homme machine), « l’homme sur le champ de bataille, du soldat jusqu’à l’officier, devient le centre d’un écosystème d’armement complexe. »
Dans le même temps, les conditions de la guerre évoluent sous l’impulsion des armements à très grande vitesse. Le missile hypervéloce, entre Mach 15 et Mach 16, soit près de 20 000 km/h, frappe n’importe où. Facile à tirer, ce missile se montre peu maniable et nécessite une infrastructure de maintenance, de ciblage et de protection que seuls des États performants peuvent se permettre d’avoir. Face à cette nouvelle menace se développe l’« hyperbouclier » (ou « bouclier défensif »). Conçu autour de systèmes physiques (matériels et humains), informatiques (cybernétique et communications) et logistiques (flux matériels) complexes, il emploie de nombreux drones antipersonnels et antichars qui saturent le champ de bataille. Sa principale faiblesse reste cependant une consommation élevée d’énergie, surtout s’il utilise le railgun, un canon capable de propulser très vite des projectiles inertes. Par exemple, « une barre de tungstène de 100 kg accélérée à Mach 12 peut détruire un char situé à 200 km ».
Ce nouveau cycle marque la fin d’une certaine forme de conflit d’autant que l’« hyperbouclier » se transforme bientôt en bastion de protection territoriale : l’« hyperforteresse ». « Arrivé à maturité, le concept de l’hyperforteresse cristallise la fin de la guerre de mouvement, paradigme dominant depuis les années 1940 (couple chasseurs/chars d’assaut). »
Défendant une zone de 150 km de rayon et se déployant autant sur terre, en mer, dans le milieu sous-marin que dans le champ aérien, le domaine spatial, l’univers informatique et la médiasphère, l’hyperforteresse utilise des essaims de drones que son « hyper IA » traite comme des entités uniques dotées de sous-systèmes de gestion. Son point névralgique demeure « l’hypercloud [qui] désigne un ensemble de systèmes de collecte et de traitement des informations ». Or, son entretien nécessite un « haut niveau de maintenance » du fait du vieillissement rapide de ses structures. Sa pérennité exige une autonomie dans la production et la fabrication « sur place de pièces, via des mini-usines et des imprimantes 3D ». En outre, « une hyperforteresse est extrêmement dépendante des flux logistiques. Par ailleurs, afin de bénéficier d’une énergie abondante et disponible, chacune d’elles dispose d’une mini-centrale nucléaire ». Dans cette nouvelle ère de la guerre, « seuls les pays qui disposent d’une base industrielle souveraine complète ou quasi complète, jusqu’à l’accès à l’espace, lit-on, peuvent garantir à leurs populations une protection face aux risques géopolitiques et conservent une grande marge de manœuvre diplomatique » Il devient par conséquent fort probable que « dans la guerre de position, défaire l’hyperforteresse devient l’objectif principal pour vaincre ». C’est le grand retour de la poliorcétique, l’art militaire d’assiéger les villes.
Entre les hyperforteresses apparaît « le no man’s land […] une zone démilitarisée qui s’étend entre les bordures de deux hyperforteresses durant une guerre de position ». À l’intérieur de ces châteaux forts 4.0, dans un cadre douillet, les civils s’adonnent aux RZE (réseaux de services), c’est-à-dire des « réseaux communautaires qui se structurent autour de la profession, de la religion, de passions et convictions communes ou encore du quartier d’habitation ». La présence de ces communautés affectives dans le monde virtuel représente le transfert des déceptions de la réalité en enchantements dans les mirages dangereux d’une ambiance rêvée.
Red Team conçoit une guerre à haute technicité dans un cadre socio-psychologique qui rappelle plus le XVIIe siècle européen que l’époque médiévale. Le conflit en cours en Ukraine confirmera-t-il ou non ces spéculations ? Seul l’avenir nous le dira.
« Vigie d’un monde en ébullition », n°51, mise en ligne le 15 novembre 2022 sur Radio Méridien Zéro.
19:56 Publié dans Georges Feltin-Tracol | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Éolien : la violation du droit ordinaire
Anne Brassié reçoit Valérie Bernardeau, présidente de l'association SOS Danger Éolien, et Jean-Louis Remouit, administrateur de la Fédération de l'environnement durable, présidée par Jean-Louis Butré. Valérie Bernardeau nous alerte sur les dangers dument constatés des éoliennes sur la santé des Hommes et des bêtes. Jean-Louis Remouit nous propose un état des lieux du combat anti-éolien. On découvre avec étonnement que toutes les lois régissant cette activité sont des lois d'exception renforcées par le premier ministre, Elisabeth Borne.
11:52 Publié dans Sacha de Roye | Lien permanent | Commentaires (0) |
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08:47 Publié dans Le Journal du Chaos hebdo | Lien permanent | Commentaires (0) |
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