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lundi, 04 mars 2019

En souvenir de Janpier Dutrieux

41p7VeKumLL._SX369_BO1,204,203,200_.jpgGeorges Feltin-Tracol

Le 18 février dernier disparaissait d’une très longue maladie Janpier Dutrieux né en 1952. Ses obsèques se déroulaient quatre jours plus tard à l’église Saint-Denis d’Athis-Mons. C’est un non-conformiste du début du XXIe siècle qui nous quitte à l’heure où les « Gilets Jaunes » révèlent un puissant et réel mécontentement social. Ils devraient lire les très nombreux textes de Janpier Dutrieux comme ils devraient parler des travaux d’Ivan Blot lui-même décédé en octobre 2018 sur le « référendum d’initiative citoyenne » pour pouvoir ensuite en discuter sur de coûteux ronds-points payés par les contribuables. Janpier Dutrieux était en effet l’un des très rares penseurs anti-conformistes français à maîtriser avec brio, pédagogie et pertinence l’économie politique, les implications sociales et leurs dimensions monétaires et financières.

À la fin du XXe siècle et au début du XXIe, il avait commencé à se faire connaître avec Fragments Diffusion, la « Lettre associative bimestrielle d’Alternative personnaliste ». Cet ancien élève à l’Institut régionale d’administration de Lille et cadre supérieur à la Poste affichait un véritable personnalisme comme il ne cachait pas son fédéralisme intégral ainsi que son créditisme social en référence au Britannique Clifford Hugh Douglas. Ce contributeur épisodique à L’Unité Normande s’inspirait aussi d’Alexandre Marc, d’Arnaud Dandieu et de Robert Aron. Il tenait un site Prospérité et Partage, titre général éponyme d’une série d’ouvrages parue en 2015 et 2016. Étienne Chouard a déclaré en 2012 que « le site de Janpier Dutrieux — Prospérité et partage — est un des meilleurs sites que je connaisse sur la monnaie et sur la justice sociale que l’on peut attendre d’un bon système monétaire. À connaître et à étudier soigneusement ». En 2016, les Éditions de la Délivrance ont publié un belopuscule, L’Argent. Connaissance de la doctrine sociale de l’Église.

Janpier Dutrieux ne cantonnait pas son catholicisme à la seule « sphère privée ». Il travaillait en faveur de la Cité chrétienne. Il milita plusieurs années aux côtés de Benjamin Guillemaind (décédé en 2012) dans l’Alliance sociale des peuples et des pays de France. Tout en se distinguant du néo-corporatisme promu le fondateur et patron du « Libre-Journal des Artisans » à Radio Courtoisie, il a proposé des interprétations novatrices et actualisées de la riche pensée proudhonienne. Favorable au MSG (Minimum social garanti) cher à L’Ordre Nouveau et aux monnaies locales complémentaires, il a produit bien des analyses tangibles très « troisième voie » dans Pourquoi aurons-nous besoin de dividendes nationaux et comment le crédit social les financera (The BookEdition, 2016).

La grande Toile numérique foisonne de ses très nombreux articles qui constituent un solide corpussocio-économique anti-libéral et une franche opposition au bankstérisme anglo-saxon. En 1998, son essai, Les ouvriers de la onzième heure (Éditions des écrivains associés), ouvrait déjà bien des pistes économiques alternatives. Il estimait par ailleurs L’Esprit européen et avait accordé un entretien en 2002 dans lequel il rappelât que « la réflexion amorcée autour de l’économie créditrice suppose un dépassement des concepts matérialistes développés par les écoles libérales et dirigistes. Par exemple, il s’agit d’opposer aux notions de valeur d’échange, valeur rareté et valeur travail, chères aux marginalistes et aux marxistes, la notion de valeur d’usage qui sous-entend l’idée d’un bien commun, d’un corps intermédiaire usager. Occultés dès la Renaissance, la valeur d’usage est au fédéralisme ce que la valeur rareté est à l’individualisme libéral et la valeur travail au productivisme, les deux faces d’un même matérialisme. Par exemple, il s’agit de concevoir une monnaie interne non thésaurisable, ancrée dans la sphère de souveraineté qu’elle représente ».

À l’occasion d’un colloque organisé tout un samedi par l’Alliance sociale à la Faco (Faculté libre de Droit et d’Économie – Gestion) de Paris, son président, Alexis Arette, lança sur un ton mi-sérieux mi-badin que Janpier Dutrieux ferait un excellent ministre de l’Économie et des Finances dans le cadre d’un gouvernement de redressement nationale. Très juste ! Ce défenseur de la subsidiarité politique, sociale et économique prônait le Bien commun et les biens communs qui en découlent.

Considérant dans Les ouvriers de la onzième heure que « dans le cadre d’accords de libre échange, il est souhaitable que les principes de mutualité sociale puissent se développer. En effet, nous estimons que l’échange qu’il soit interne ou externe, n’a pas vocation à donner plus qu’il ne prend, mais doit permettre d’offrir aux deux parties contractantes plus qu’il ne demande. À cette fin, il doit être équilibré (p. 97) », il n’adhérait pas aux thèses décroissantes, de développement volontariste autocentré ou d’autarcie grande-continentale. Janpier Dutrieux soutenait au contraire une autretroisième voie. Cet esprit libre recherchait la concorde sociale et nationale. Son décès est une immense perte non seulement pour tous ses proches à qui la rédaction d’Europe Maxima présente ses plus sincères condoléances, mais aussi pour les théories économiques hétérodoxes. Les meilleurs sont bien souvent des éclaireurs; c’est la raison pour laquelle ils partent toujours les premiers.

NDLR SN : J'ai connu Janpier Dutrieux il y a une trentaine d'années. Il essayait alors de développer en France la doctrine créditiste venue du Canada. Je n'étais pas totalement en accord avec lui, mais c'était un militant sincère et actif. Il diffusait une pensée non conformiste au sein du Mouvement national. C'est en lisant ce texte que Georges lui a consacré que j'apprend sa disparition. Qu'il repose en paix. RH.

18:41 Publié dans Georges Feltin-Tracol, Nous avions un camarade... | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Baisser les dépenses publiques pour diminuer les impôts et garder l’euro !

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Marc Rousset Boulevard Voltaire cliquez ici

Ce sont les dépenses publiques, le trop grand nombre de fonctionnaires, le gaspillage public, les 35 heures, les régimes spéciaux des retraites, l’âge de départ à la retraite, le laxisme socialiste, la perte du sens de l’effort et des valeurs traditionnelles, le libre-échange mondialiste et ses délocalisations, la folle et ruineuse immigration, le non démontré réchauffement climatique par l’homme, l’imbécile ISF, et non pas l’euro, qui tuent économiquement la France depuis quarante ans !

Macron et LREM dissertent à longueur de journée sur les impôts, mais sont muets sur les dépenses de l’État et des collectivités locales.

Selon Nicolas Lecaussin, directeur de l’Institut de recherches économiques et fiscales, « la France est le seul grand pays riche et démocratique qui n’ait pas vraiment réformé son État après la crise de 2008-2009 ». Macron ne fait rien pour baisser le nombre des six millions de fonctionnaires tandis que les dépenses publiques continuent d’augmenter au lieu de diminuer. Une des préoccupations communes des chefs d’entreprise, des salariés, des agriculteurs, des citoyens, c’est le ras-le-bol fiscal, mais encore faut-il s’attaquer aux dépenses premières à l’origine de cette pression fiscale démentielle.

De 2000 à 2016, les effectifs de l’État ont augmenté de 14 % et ceux des collectivités territoriales de 43 %. La dépense publique a progressé de 35 %, en 1960, à 56,4 % du PIB, en 2016. De 1991 à 2016, le total des dépenses des administrations publiques est passé de 550 milliards à 1.220 milliards d’euros; tandis que le nombre de ménages pauvres progressait et que la France était championne de la redistribution sociale. Le coefficient de Gini, qui caractérise les inégalités sociales dans un pays (0 égalité parfaite, 1 inégalité parfaite), est passé, en France, de 0,38 à 0,33 entre 1984 et 2012, la pression fiscale sur les possédants étant proches du point de rupture.

10 % des foyers fiscaux les plus riches paient 70 % de l’impôt sur le revenu, alors que 53 % des Français en sont exemptés. La France est hyper-redistributrice, socialiste, en rien inégalitaire et libérale en matière d’imposition sur le revenu. Les impôts sont si élevés pour tout le monde que toute augmentation est considérée comme une agression, que trop de Français riches ont déjà quitté le pays. Le taux des prélèvements obligatoires dans la loi de finances 2019 est de 44,2 %. Les gilets jaunes sont donc victimes des erreurs économiques et politiques du Système français, de l’appauvrissement de la France en valeur absolue et non pas du manque de redistribution sociale !

Si la France était une entreprise privée à redresser, c’est par centaines de milliers que des fonctionnaires seraient licenciés. Il manque un programme Hartz IV, un peu plus humain, à la France avec baisse des dépenses publiques, réforme de l’assurance chômage sans voler les cadres qui paient des cotisations plus élevées en fonction de leurs salaires plus élevés, contreparties pour les aides sociales reçues.

Selon l’étude récente du club de réflexion allemand CEP, de 1999 à 2017, la France s’est appauvrie de 55.960 euros par Français et l’Italie de 73.605 euros par Italien, tandis que l’Allemagne et les Pays-Bas s’enrichissaient respectivement de 23.116 euros et 21.003 euros par habitant ! Or, l’euro était le même pour tous les pays, avec, au départ, même un léger avantage compétitif pour la France, compte tenu de la parité retenue franc/euro en 1999 ! Mitterrand, qui ne comprenait rien à l’économie, a cru que la France allait s’enrichir automatiquement comme l’Allemagne en adoptant le miroir aux alouettes « euro » car il confondait monnaie commune, sérieux d’un pays et richesse produite !

Les Français, les Grecs et les Italiens, tout comme leurs hommes politiques, protégés des dévaluations, ont cru alors avoir trouvé la formule miracle en travaillant moins (35 heures) d’une façon inefficace, mais ils se sont piégés eux-mêmes en commettant une terrible erreur stratégique. Ils s’appauvrissaient, en fait, et devenaient les dindons de la farce en produisant moins, en exportant moins, en important plus, en fermant des usines, en perdant des emplois car non compétitifs. Seules les réformes structurelles économiques et politiques évoquées ci-dessus, le travailler plus, pourraient maintenant sauver la France et l’Italie de la faillite et leur permettre de rester dans la zone euro, ce qui correspond à l’intérêt commun européen. Mais il est sans doute trop tard pour l’Italie. Et la France suivra, aspirée par le tourbillon.

18:32 Publié dans Tribunes de Marc Rousset | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook