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jeudi, 04 août 2022

Imbécillité et cynisme

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Bernard Germain

Le 9 Février 2017, Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence de la République, déclarait :

« Il faut avoir une vraie stratégie de sortie des énergies fossiles : dans le quinquennat, nous devrons fermer toutes les centrales à charbon qui existent encore dans notre pays, avec un accompagnement des personnes et des territoires. »

L’heure était, et est toujours, à la lutte contre le réchauffement climatique et pour ce faire à la baisse impérative de la quantité de CO2 produite et rejetée dans l’atmosphère.

« Il faut sauver la planète », comme ils disent. Et même comme il en bourre le crâne de nos enfants dans les écoles.

Parallèlement, il faut sortir du nucléaire. Notamment parce que ce serait une technologie « dangereuse ». Et les mêmes de citer les accidents de Tchernobyl et Fukushima.

En Europe, c’est d’Allemagne que s’est enclenché la matérialisation de cette stratégie.

En 1998, une majorité Sociaux-démocrates et verts venant d’accéder au pouvoir, a décidé l’arrêt sur 20 ans du nucléaire en Allemagne.

En 2011, Merckel a fermé plusieurs centrales nucléaires. Les dernières doivent l’être à la fin 2022.

Quant à la France, elle emboîta bien sûr le pas de l’Allemagne qui est invariablement considérée comme le modèle à suivre par les « élites » françaises.

François Hollande, afin d’obtenir les voix des verts lors de la présidentielle de 2012, s’engagea à fermer la centrale nucléaire de Fessenheim et à enclencher la « transition énergétique » devant aboutir à une réduction de la part du nucléaire à 50 %, remplacée par les fameuses « énergies renouvelables » (éoliennes, solaire, méthanisation et hydroliennes).


Fessenheim fut effectivement fermée par Macron, alors que cette centrale était comme neuve, l’intérieur ayant été entièrement refait peu avant sa fermeture pour raison idéologique.

Depuis, ces funestes décisions franco-allemandes, un « caillou » s’est glissé dans la chaussure de ces « progressistes » … la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

L’Europe, fort intelligemment, a décidé d’imposer des « sanctions » au diable Poutine.

Il fut décidé de refuser d’acheter le gaz et le pétrole russe « pour ne pas financer la guerre de Poutine ».

Ce genre de décision … c’est du « lourd » !

Poutine, s’en moqua totalement, il trouva très vite d’autres clients : la Chine et l’Inde notamment.

Par contre, les premières victimes de ces sanctions furent les européens eux-mêmes.

Les conséquences ne se firent guère attendre :

  • pénuries de gaz et de pétrole
  • flambée des prix à la pompe ainsi que pour le gaz
  • interrogations fébriles « comment allons-nous passer l’hiver 2022 » ? … assorties de l’inévitable conclusion : « il va falloir se serrer la ceinture afin d’économiser l’énergie pour nous chauffer, nous éclairer et faire tourner la machine économique ».

Diriger, c’est prévoir. Sur ce plan, nos gouvernants sont incontestablement des aigles.

Mais ce n’est pas fini. Tout cela a d’autres conséquences.

Pour faire face au besoin d’énergie, en Allemagne de nombreuses centrales à charbon ont été réactivées.

En France, c’est la centrale à charbon de Saint-Avold qui a été remise en service.

Sans parler de l’achat aux USA par l’Europe de gaz de schiste, authentique catastrophe écologique du fait de ses conditions d’extraction.

Notons au passage que dans un sursaut de lucidité, le ministre allemand de l’énergie vient de déclarer que les trois dernières centrales nucléaires qui devaient fermer à la fin de cette année, seraient maintenues en activité.

Et puis gardons à l’esprit qu’avec une centrale nucléaire, un KwH généré produit 3 gr de CO2.

Avec une centrale à charbon, c’est 850 gr de CO2 pour chaque KwH.

Chapeau l’artiste !

Le tout dans un silence assourdissant des écologistes et des progressistes de tous poils.

Enfin, cerise sur le gâteau, Emmanuel Macron vient de nous donner une grande leçon de « morale » en recevant en grandes pompes à l’Élysée, Mohammed Ben Salman, prince héritier de l’Arabie-Saoudite.

Ce sinistre personnage est connu pour avoir fait exécuter le journaliste Khashoggi dans son ambassade en Turquie dans des conditions particulièrement horribles. Assassiné puis découpé en morceaux qui furent dissous dans l’acide.

Il est également connu pour avoir provoqué la mort de 377.000 personnes dans le conflit au Yemen, dont environ 80.000 enfants.

L’Europe et la France se fâchent avec Poutine, parce qu’il a envahi l’Ukraine. Mais on ne va quand même pas se fâcher avec Mohammed Ben Salman pour 377.000 morts et un assassinat politique majeur.

N’oublions pas qu’il nous vend du pétrole, dont nous avons tellement besoin en ce moment.

Répugnant deux poids et deux mesures de nos dirigeants, doublé d’un cynisme à toute épreuve.

Sans oublier leur incroyable imbécillité, à propos du nucléaire, qui semble confirmer qu’ils n’ont qu’une cervelle de poisson rouge.

Mes excuses aux poissons rouges contre lesquels je n’ai rien.

Bilan de tout cela : nous avons une fois de plus la preuve que notre inféodation complète aux USA nous fait adopter toutes leurs thèses et pratiques les plus condamnables. Qui plus est à notre unique détriment.

Les USA semblent ne pas savoir que le mur de Berlin est tombé fin 1989 et continuent de considérer la Russie comme le grand satan qu’il faut impérativement combattre.

Par ailleurs, les USA soutiennent inconditionnellement l’Arabie Saoudite depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Même lorsque ce pays commet les pires exactions.

Les européens suivent pourtant aveuglément cette politique démente de l’oncle Sam.

Et ils ne trouvent rien de mieux que d’y ajouter les thèses débiles sur la transition énergétique.

Le tout jette l’Europe et la France dans une crise dont la fin n’est pas pour demain.

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11:35 Publié dans Bernard Germain | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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