dimanche, 07 décembre 2025
Jean-Gilles Malliarakis, militant historique de la cause nationaliste, vient de nous quitter
Je viens d'apprendre avec une immense tristesse le décès, à l'âge de 81 ans, de Jean-Gilles Malliarakis.
Éditeur, militant infatigable du combat nationaliste depuis les années 1960, Jean-Gilles était un personnage incontournable et marquant pour quiconque a fréquenté la droite nationaliste ces soixante dernières années.
Il fut le fondateur en 1979 du Mouvement nationaliste révolutionnaire, qui deviendra plus tard Troisième voie, et du journal Jeune nation solidariste. Plus tard, il s'engagera dans la défense des petites entreprises françaises. Ces dernières années, il animait le site L'Insolent.
Il a, à de nombreuses reprises, participé aux activités de Synthèse nationale. Il y a trois ans, il prenait la parole lors de notre Rendez-vous Bleu Blanc Rouge de 2022. Personne n'oubliera l'orateur exceptionnel qu'il était.
Nous reviendrons très vite sur cette pénible disparition.
À Isabelle, son épouse, à sa famille, toute la rédaction de SN présente ses condoléances.
Roland Hélie
Jean-Gilles Malliarakis le 20 décembre 2019 sur TV Libertés :
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Une application étatique dans votre téléphone ? L’exemple de l’Inde
Franck Abed
L’obligation faite par le gouvernement indien d’installer l’application Sanchar Saathi sur tous les smartphones vendus dans le pays dépasse largement le simple cadre de la politique numérique. Ce choix gouvernemental soulève des enjeux profonds de contrôle et de surveillance. En effet, cet événement s’inscrit dans une dynamique ancienne, profonde, où les États redéfinissent leur rapport au pouvoir à travers les technologies qu’ils prétendent réguler. L’Inde, forte de sa démographie et de son rôle croissant dans l’économie mondiale, franchit ici un seuil symbolique : elle affirme que le territoire national ne se limite plus à ses frontières physiques, mais qu’il englobe désormais l’espace technique des appareils mobiles. En d’autres termes, chaque smartphone devient une parcelle de souveraineté, un lieu où l’État entend exercer son autorité.
Ce geste, que certains observateurs qualifieront de pragmatique, s’inscrit en réalité dans une logique géopolitique structurante. Depuis plusieurs années, les grandes puissances cherchent à reprendre la main sur les infrastructures numériques qui déterminent la vie sociale, économique et sécuritaire de leurs populations. Le précédent chinois, avec son écosystème technologique fermé, a montré la voie d’une souveraineté numérique absolue ; la Russie, contrainte par les sanctions occidentales, a accéléré la création de son propre espace technologique sous supervision étatique. L’Inde, prise entre ses ambitions de puissance mondiale et ses impératifs internes de contrôle, semble à son tour opter pour un modèle où l’État se réserve le droit d’insérer un dispositif d’observation dans l’objet le plus intime de la modernité : le téléphone portable.
Mais ce point de bascule ne peut être compris que si l’on prend la mesure du rôle central du smartphone dans la vie contemporaine. L’appareil est devenu un prolongement du sujet, un filtre par lequel tout - travail, sociabilité, mémoire, mobilité, désir - transite. À ce titre, comme l’avait anticipé Gilbert Simondon en parlant des objets techniques comme médiateurs du rapport au monde, intervenir dans la structure même d’un tel objet revient à intervenir dans la structuration de l’individu. En décidant qu’un logiciel étatique doit être présent dès l’allumage, sans que le citoyen ne dispose d’un véritable choix, l’État indien intègre sa présence dans l’architecture intime de la vie quotidienne. Il ne s’agit plus d’une surveillance directe, mais d’une présence inexorable, latente, inscrite dans la matérialité même de l’appareil.
La justification officielle, centrée sur la lutte contre les fraudes et les vols, alimentera certainement le débat. Tout État a le devoir d’assurer l’ordre et de protéger ses habitants. Cependant, comme l’a montré Hannah Arendt, le danger des démocraties modernes ne réside pas seulement dans l’arbitraire, mais dans la banalisation des mécanismes de contrôle présentés comme raisonnables, nécessaires, quasi obligatoires. Le pouvoir se déploie souvent mieux sous les traits de la rationalité que sous ceux de la contrainte brute. En affirmant que l’application est facultative, tout en l’intégrant nativement aux appareils, les autorités indiennes s’inscrivent dans cette logique du « consentement fabriqué », où la liberté est proclamée mais où les conditions de son exercice réel sont subtilement orientées.
Il faut également considérer ce geste dans un contexte où l’Inde cherche à s’émanciper de la domination technologique des entreprises américaines. Le numérique est devenu un théâtre de rivalité entre États et acteurs privés dont les intérêts ne coïncident pas toujours. Or, en imposant Sanchar Saathi, New Delhi affirme implicitement que la conception même des systèmes d’exploitation et des appareils ne peut plus relever entièrement de sociétés étrangères. L’État revendique une place dans le cœur technique du smartphone, exactement là où Apple ou Google exercent leur souveraineté logicielle. Nous assistons à une confrontation silencieuse entre deux conceptions du pouvoir : le pouvoir étatique traditionnel d’un côté, et la souveraineté algorithmique des géants privés de l’autre. Max Weber avait déjà décrit la tension entre les institutions traditionnelles et les formes nouvelles de domination ; aujourd’hui, le numérique en offre la matérialisation la plus tangible.
L’enjeu dépasse donc la seule Inde. Il touche à une question universelle : jusqu’où les États contemporains iront-ils pour intégrer leurs mécanismes de contrôle dans les objets du quotidien ? L’Europe a choisi la voie réglementaire, cherchant à encadrer les plateformes par le droit. Bonne ou mauvaise l’opinion ? L’avenir le dira très vite, même si nous disposons déjà des éléments de réponse…
Les États-Unis s’appuient sur l’alliance entre l’État et les entreprises privées, un modèle hybride où le pouvoir est fragmenté mais omniprésent. L’Inde, elle, expérimente une méthode plus directe, sans pour autant aller jusqu’à la construction d’un écosystème totalement fermé. Nous nous trouvons devant une sorte de « souveraineté à demi », caractéristique des puissances émergentes : affirmation politique forte, mais dépendance technologique persistante…
Il convient également de s’interroger sur la dimension anthropologique de ce phénomène. Comme le rappelait Heidegger, chaque époque technique contient une certaine vision de l’homme. L’obligation d’installer un logiciel étatique dans un téléphone n’est pas un simple acte administratif. Effectivement, il s’agit de l’expression d’un rapport au citoyen, d’une conception de sa place dans l’ordre collectif. L’homme y est perçu moins comme sujet autonome que comme élément d’un ensemble qu’il convient d’optimiser, de protéger, mais aussi de surveiller. La frontière entre assistance et tutelle s’efface progressivement, et l’on glisse vers un monde où la technique apparaît comme un moyen naturel de guider, d’encadrer et d’évaluer les comportements. Certains séries dystopiques ont déjà traité cet épineux sujets, je pense entre autres à Black Mirror.
Le cas indien doit donc être lu comme un symptôme d’un mouvement global : la volonté des États de reconquérir des espaces de pouvoir qu’ils avaient laissé aux géants du numérique. Pourtant, cette reconquête se fait au prix d’une intrusion accrue dans l’intimité des individus, intrusion que ceux-ci acceptent souvent avec résignation, faute d’alternative réelle. C’est peut-être là le phénomène le plus significatif : non pas que le pouvoir se renforce, mais qu’il se renforce sans rencontrer d’opposition substantielle, dans un espace social pacifié par la technique.
L’application Sanchar Saathi n’est, en définitive, qu’un signe avant-coureur. Ce qui se joue à travers elle dépasse la simple cybersécurité : il s’agit d’un redéploiement du politique dans la sphère numérique, d’une transformation silencieuse mais décisive du rapport entre l’État, l’individu et la technologie. L’Inde n’inaugure pas seulement un dispositif de contrôle ; elle inaugure une manière nouvelle de penser la souveraineté. Et ce mouvement, une fois enclenché, a toutes les chances de s’étendre, car il répond à une dynamique globale où le numérique cesse d’être un espace de liberté pour devenir, petit à petit, un espace de gouvernement…
18:07 Publié dans Franck Abed | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Zizanie en MAGA
La chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol
La chronique hebdomadaire n°164 du 9 juillet 2025 s’intitulait « MAGA contre lui-même ». Elle évoquait déjà les premières fissures au sein de ce mouvement composite. Plus de cinq mois après, force est de constater que le trumpisme poursuit sa fragmentation au point que certaines fractures deviennent béantes.
Trois facteurs principaux accentuent ces profondes divergences à l’intérieur de cette galaxie : la politique étrangère, en particulier la « relation spéciale » des États-Unis d’Amérique avec l’État d’Israël, le coût de la vie courante et l’affaire Jeffrey Epstein.
Jusqu’à présent, Donald Trump est l’un des rares présidents étatsuniens à n’avoir pas ordonné l’invasion d’un autre État. Pas sûr que perdure cette exception ! Le bombardement des sites nucléaires iraniens en juin 2025 en soutien aux actes terroristes du gouvernement israélien a irrité la faction isolationniste de MAGA qui s’oppose au courant néo-conservateur belliciste renaissant. Le déploiement d’une flotte de guerre en mer des Caraïbes au large du Vénézuéla largement ruiné par les sanctions agressives de Washington, fait craindre un risque élevé d’intervention militaire et un changement extérieur des institutions bolivariennes. Le prétexte de cette possible agression reste futile : Caracas serait à la tête des narco-cartels d’Amérique du Sud.
Si Donald Trump fait couler des embarcations supposées contenir des paquets de drogue, il devrait se souvenir que, dans les années 1980, afin de financer la lutte contre les guérillas communistes et les gouvernements pro-soviétiques de Cuba et du Nicaragua, la CIA avait obtenu l’autorisation de Ronald Reagan et de son vice-président, l’ancien directeur de Langley, George Bush père, de recourir au trafic de drogue. Les agents de la CIA avaient ainsi conclu un pacte officieux avec le crime colombien. Si Trump veut bombarder des narco-États, qu’il fasse donc tirer des missiles sur Little Rock, la capitale de l’Arkansas !
L’appui inconditionnel de la Maison Blanche à Israël agace de plus en plus des ténors de MAGA tels Candace Owens ou Tucker Carlson, voire Charlie Kirk, quelques jours avant son assassinat. Ces figures très écoutées de la mouvance s’élèvent contre les persécutions des Palestiniens - dont les derniers chrétiens ! - par des colons fanatiques et/ou des soldats de Tsahal. Une césure essentielle apparaît par conséquent entre les chrétiens évangéliques sionistes et les nationalistes chrétiens qui découvrent enfin le poids écrasant des réseaux d’influence pro-israéliens dans le « marigot » de Washington. Ce n’est pas tout !
Outre un don de 25 milliards d’euros à l’Argentine du cinglé libertarien Javier Milei, la politique douanière radicale imposée par le 47e président des États-Unis alimente l’inflation. Des trumpistes apprennent que le protectionnisme n’est possible que si le pays dispose d’une auto-suffisance maximale dans tous les domaines. Ouverts au monde entier, les États-Unis dépendent néanmoins des autres continents. Seule une politique d’intervention régalienne dans l’économie lancée une décennie auparavant au moins aurait pu atténuer le choc de la hausse des prix. Par ailleurs, le shutdown (la fermeture partielle des services administratifs fédéraux pour cause de budget non adopté) de 44 jours (30 septembre – 13 novembre 2025) a durement atteint le quotidien des Étatsuniens sans oublier la réforme pernicieuse de l’assurance sanitaire fédérale (Medicare) qui frappe les plus démunis et les classes moyennes. Or, pendant cette crise politico-budgétaire, Donald Trump a célébré Halloween à Mar-a-Lago en Floride en organisant une somptueuse fiesta sur le thème de Gatsby le Magnifique en référence au roman de Francis Scott Fitzgerald. Les images et vidéos de cette fastueuse soirée ont agacé maints trumpistes convaincus qui savent que le niveau de vie reste la préoccupation n° 1 de leurs compatriotes. Les élections du 4 novembre 2025 marquent une vraie poussée démocrate (victoires de Zohran Mamdani à la mairie de New-York, d’Abigail Spanberger et de Mikie Sherrill au fonction de gouverneur en Virginie et au New Jersey par exemple). Ces succès confirment leur inquiétude pour le scrutin de mi-mandat en novembre 2026. Trump fait pourtant la sourde oreille et vire de son entourage tout rabat-joie.
La publication ou non du dossier Epstein est le dernier élément qui aiguise les tensions internes de MAGA. Il est curieux que le système médiatique s’y intéresse alors qu’il ne mentionnait cette affaire sordide qu’avec parcimonie sous Joe Biden… Rappelons aussi que ce même système a toujours qualifié de « complotiste » le « Pizzagate ». Résidant à New-York, Jeffrey Epstein rencontrait tout le gratin de la « Grosse Pomme ». Entrepreneur immobilier très couru, Donald Trump ne pouvait que le côtoyer aux réunions mondaines. Il paraît évident que les participants à ces raouts savaient (ou se doutaient) que leur hôte appréciât les très jeunes femmes au nom de la liberté sexuelle post-soixante-huitarde ! Trump en a-t-il profité ? Pour l’instant, aucune victime ne l’accuse, au contraire d’Elon Musk qui, dans un tweet ravageur, exprima sa rupture politique et personnelle avec Trump.
Quatre représentants républicains sont en pointe dans la dénonciation de ce scandale. Ils se dressent donc contre leur idole : le libertarien Thomas Massie, du Kentucky; Nancy Mace, élue de Caroline du Sud; Lauren Boebert (Colorado) et Marjorie Taylor Greene (Géorgie). Plus trumpiste que Trump lui-même, Marjorie Taylor Greene accumule contre elle tant de griefs que Trump l’accuse maintenant de traîtrise et de folie. Elle fait preuve d’un courage exceptionnel en se heurtant à la majorité MAGA. Elle s’élève contre les frappes sur l’Iran; elle apporte son soutien à la motion du sénateur indépendant – apparenté démocrate - du Vermont, Bernie Sanders, qui dénonce la famine à Gaza; elle parle de « génocide » à propos de la destruction de Gaza; elle exige la publication complète du dossier judiciaire sur Epstein. Enfin, elle prévient à plusieurs reprises depuis des mois que l’inflation et l’illisibilité de la politique économique trumpiste favorisent l’appauvrissement des classes moyennes qui risquent de basculer vers les démocrates. Les fortes vérités de Marjorie Taylor Greene lui valent la qualification d’« hérétique »…
Marjorie Taylor Greene, Lauren Boebert, Nancy Mace et Thomas Massie rejoindront-ils le parti de l’Amérique d’Elon Musk ? Peut-être pas, car ce quatuor incarne l’aile populaire de MAGA. Il semble ne pas adhérer aux « Lumières sombres » qui prévoient des PDG – rois. Or les États ne sont pas des entreprises en plus grand. Cet éclatement en devenir fondera-t-il un nouveau clivage politique intérieur étatsunien dont on trouve un pan similaire chez les démocrates avec Alexandria Ocasio-Cortez, Zohran Mamdani et Bernie Sanders, celui de la « cause du peuple » ? Cette cause trouve en tout cas une résonance soudaine avec la brusque popularité médiatique de Nick Fuentes.
Une scission brutale dans le cœur de MAGA s’opère en effet le 28 octobre 2025. Ce jour-là, Tucker Carlson invite Nick Fuentes à son émission retransmise sur Internet et vue plus de six millions de fois. Âgé de 27 ans, Nicholas Joseph Fuentes pratique une radicalité nationaliste blanche et chrétienne que Le Monde, phare hexagonale de la désinformation, du 21 novembre 2025 stigmatise sans aucune retenue. Bien qu’invité à Mar-a-Lago par Trump en novembre 2022 aux côtés de Kenye West, Nick Fuentes se disputait souvent avec Charlie Kirk. Le récent succès médiatique de Fuentes préoccupe les conservateurs, éternels guerriers en peau de lapin. On voit ainsi se coaliser contre lui Dave Robin, un ancien comédien progressiste devenu animateur libertarien, l’intellectuel post-libéral converti à l’orthodoxie et exilé à Budapest, Rod Dreher, et l’agitée du bocal MAGA, Laura Loomer, qui explique sur X que le parti républicain « a un problème nazi ». Elle se souvient qu’après l’avoir soutenu, elle a rompu quand Fuentes l’a qualifiée d’« espionne israélienne ». Ambiance…
Toutes ces dissensions internes facilitent la zizanie actuelle. Elles pourraient aussi bien se révéler destructrices, à moins qu’elles propulsent MAGA à l’hégémonie culturelle.
Salutations flibustières !
• « Vigie d’un monde en ébullition », n°177, mise en ligne le 4 décembre
18:05 Publié dans Georges Feltin-Tracol | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Pologne : La Cour constitutionnelle vient d’interdire le Parti communiste polonais. À quand le tour du PC « F » ?

Michel Festivi
Le 3 décembre dernier, la Cour constitutionnelle polonaise a décidé, que les objectifs et les activités du Parti communiste de Pologne, le KPP, étaient incompatibles avec la constitution et a ordonné son interdiction immédiate.
La juge Krystyna Pawlowicz a déclaré : « Il n’y a pas de place dans l’ordre juridique de la République de Pologne pour un parti qui glorifie des criminels et des régimes responsables de la mort de millions d’êtres humains, dont beaucoup de nos compatriotes ». La constitution polonaise interdit en effet, les partis dont le programme est fondé « sur des idéologies totalitaires et des convictions proches du nazisme, du fascisme et du communisme ».
Le KPP, était depuis 2002, le continuateur du Parti ouvrier unifié polonais (POUP), totalement inféodé alors à Moscou, et qui a régné sans partage, sur la Pologne jusqu’en 1991. Il faut dire que les Polonais ont très durement souffert et du nazisme et du communisme, suite au pacte Hitler/Staline du 23 août 1939, et le partage de la Pologne en deux zones, l’une allemande au sud-ouest, l’autre soviétique au nord-est. Les tueries, les déplacements de population, les pogroms, dans les deux zones furent considérables, tout cela sous la bénédiction du PC « F », qui approuva et le pacte et la politique soviétique de ces années-là, c’est-à-dire, outre le dépeçage de la Pologne, l’annexion de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord, des pays Baltes, avec tous les drames humains que cela a induit, les morts et les déportations. Les articles de L’Humanité, puis de l’Humanité clandestine en font foi.
En 2009, l’institut de la mémoire nationale, a estimé le nombre de morts en Pologne, entre 5,6 et 5,8 millions de Polonais, dont deux millions qui ont péri dans la zone soviétique. En 1970 à Gdansk, la répression communiste, contre les ouvriers des chantiers navals a fait 45 morts et 1165 blessés, sans compter les emprisonnés. Alexandra Viatteau, chercheur et historien, estime à 2 700 000 polonais, morts, victimes des communistes entre 1917 à 1953. (Cf Le déminage des archives soviétiques sur diploweb.com, mai 2001). La répression contre les opposants et l’Église perdurera jusqu’à la fin du régime communiste. On se souvient du général Jaruzelski, lunettes noires, proclamer à la TV polonaise la répression contre les ouvriers grévistes, en décembre 1981.
C’est à l’année 2020, que remonte cette procédure d’interdiction, prise sous la houlette du procureur général et ministre de la justice de l’époque, le conservateur Zbigniew Ziobro, mais ce procès n’a pu parvenir rapidement à son terme, car aucun représentant du Parquet ne venait aux audiences, comme quoi, les réticences et les résistances étaient nombreuses, malgré le fait que ce KPP, n’avait désormais qu’une audience plus que limitée, et ne pouvait mobiliser que quelques milliers de militants.
Ziobro, dans son réquisitoire mettait justement en avant que : « le KPP a des objectifs identiques à ceux d’autres partis communistes du XXème siècle », avec notamment l’introduction d’un système « calqué dur la Russie soviétique ». C’est ainsi, que le Président polonais, Karol Nawrocki a présenté une nouvelle requête le 6 novembre dernier. Il dirigeait, avant son élection comme Président, l’Institut de la mémoire nationale et fit valoir que : « le parti glorifie des régimes criminels tels que le stalinisme...l’idéologie communiste est contraire aux valeurs humaines fondamentales et aux traditions de la civilisation européenne et chrétienne. »
Cette condamnation sans appel du communisme, n’a pas empêché le premier ministre polonais, européiste forcené, Donald Tusk, de manœuvrer politiquement, pour faire désigner Président de la Diète, le parlement polonais, Wlodzimierz Czarzasty, ancien membre du POUP. Czarzasty a soutenu le régime communiste polonais qui a martyrisé son peuple, notamment pour s’en prendre aux membres de Solidarnosc. Ce coup politique a bouleversé la Pologne. L’ancien Président polonais, Bronislaw Komorowski s’est dit « horrifié et offensé », par cette nomination. Car le nouveau président de la Diète s’est aussitôt rangé au côté du pouvoir polonais acoquiné à Bruxelles. Czarzasty avait quitté le POUP, pour rejoindre un conglomérat d’anciens communistes, recasés dans l’Alliance de la gauche démocratique. Alliance objective entre les chantres de l’Europe de Bruxelles et les anciens communistes, on aura tout vu.
En France, le fringant Fabien Roussel, actuellement dirigeant du PC dit « français », interrogé par des jeunes élèves pendant la dernière campagne présidentielle de 2022, avait eu beaucoup de mal à critiquer Staline, le présentant essentiellement comme le vainqueur de la seconde guerre mondiale, et tentant maladroitement de minimiser ses crimes. Dans la même séquence, il avait adulé et Fidel Castro et Che Guevara, des tortionnaires implacables, qui ont ruiné leur île, les présentant comme des libérateurs.
D’ailleurs, sur beaucoup de sites du PC « F », on présente la Chine comme un pays non totalitaire encore. Pourtant, l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, a, en 2006, voté la condamnation des crimes des régimes communistes, mais le Conseil s’est refusé à faire voter une recommandation au comité des ministres, ce qui aurait permis d’inviter les 46 états membres à adopter une déclaration similaire plus contraignante, il fallait alors une majorité des 2/3 qui n’a pas été atteinte. Bien sûr les partis communistes ont refusé de voter en faveur de ce texte. Dans de nombreux pays de l’Est ou des Balkans, il existe des musées ou des mémoriaux, rappelant les crimes du communisme, comme à Budapest, à Tirana ou à Prague, pas dans les pays de l’Europe de l’Ouest. En 2019, le parlement européen a voté une résolution qui rappelle que : « les régimes communistes et nazis sont responsables de massacres, de génocides, de déportations, de perte en vie humaine et de privations de liberté... »
Comme je l’ai indiqué en épilogue de mon ouvrage sur La désinformation autour du Parti communiste « français », la très grande différence d’avec le nazisme, c’est qu’il n’y a pas eu un Nuremberg du communisme, après 1989 et la destruction du mur de Berlin, quasiment aucun procès, et les anciens communistes qui avaient du sang sur les mains, ont continué leurs activités comme si de rien était. Comme l’a souligné le philosophe Alain Besançon, « l’hypermnésie du nazisme, l’amnésie du communisme », ont été la ligne de conduite depuis 1945. Comme l’a écrit Alain de Benoist dans un opuscule remarquable, datant de 1998, « Communisme et nazisme », « En France, où un parti nazi serait immédiatement interdit, le parti communiste, naguère financé par Staline et qui resta pendant près d’un demi-siècle aux ordres de Moscou, ne se voit contester par personne sa légitimité ». Le PC « F », fut en effet financé par Moscou, de sa naissance en 1921, jusqu’en 1991, comme l’ont démontré les archives moscovites, que Victor Loupan et Pierre Lorrain ont répertorié dans un livre publié en 1994, L’argent de Moscou, l’histoire la plus secrète du PCF, publié chez Plon.
En France « l’antifascisme », « la lutte contre l’extrême-droite », ont brouillé toutes les cartes et continuent à imposer une vision totalitaire communiste de la politique et de l’histoire, c’est le « privilège rouge », comme le dénonce régulièrement Gilles William Goldnadel. Et c’est ainsi que le PC « F », et toute la gauche derrière lui, ainsi qu’une large partie des centres et des droites, continuent de répandre l’idée que le communisme, contrairement au nazisme, partait d’un bon principe. Cette stupidité à toujours cours, sur nos médias, chez beaucoup d’intellectuels. Comme l’a aussi mis en exergue Alain de Benoist : « On voit mal en effet, en quoi il serait moins grave, ou moins condamnable, de tuer ceux à qui l’on a promis le bonheur, que tuer ceux à qui l’on n’a rien promis de tel ». A bien des égards, les Polonais qui ont subi directement le joug communiste, ont bien plus de lucidité et de clairvoyance que bien des hommes politiques français, qui continuent à les soutenir, comme Xavier Bertrand, Dominique de Villepin ou encore Edouard Philippe.
10:47 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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50 ans de démagogie et de laisser-faire : ils sont tous responsables du chaos actuel !

Pieter Kerstens
Ce n’est un secret pour personne : depuis des décennies, la gauche donne le la ; elle impose ses thèmes et distille ses idées par le biais de l’Éducation nationale, de l’Université, du monde de la culture, des grands médias (journaux, magazines, cinéma, télévision ou encore publicité) ; elle préside aux destinées de la majorité des collectivités territoriales (communes, départements, régions) ; elle influence ou tétanise une bonne partie du centre et de la droite dite républicaine ; mais aussi les institutions européennes : Parlement, Commission, Cour de Justice, Cour des droits de l’homme...
À terme, la France, pour recouvrer sa totale souveraineté, devra quitter l’Union européenne et mettre fin aux contraintes imposées par les bureaucrates de Bruxelles avec la bénédiction des eurobéats et des euro-profiteurs.
De fait, dans le cadre de l’UE, des bourgeois trotskistes aux bourgeois bohêmes, en passant par les bourgeois radicaux-socialistes et les bourgeois "khmers verts", ils sont nombreux à nous avoir infligé leurs doctrines fumeuses (dont nous payons désormais les conséquences). Naguère, les Pisani, les Delors, les Lamy, les DSK, ou encore, actuellement, l’incompétente Ursula von der Leyen, sans oublier les Gonzales, Spitaels, Prodi, Zapatero, Mitterrand, Schröder, Papandréou, etc. ont certifié aux Européens que l’Union serait la garante de leur développement, de leur bien-être et d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Aujourd’hui, ces mêmes Européens voient ce qu’il en est vraiment…
Les élites européistes ont convaincu une majorité des habitants des États membres d’accepter les traités de Maastricht et de Lisbonne, ainsi que l’euro comme monnaie unique. Elles leur ont vendu la mondialisation et la globalisation, ces deux utopies mortifères pour les industries et sociétés de nos pays. Elles ont ouvert les frontières. Elles ont créé les conditions qui permettent à une masse d’êtres humains et de produits (dont beaucoup à bas prix et de mauvaises qualités) d’accéder sans entraves à nos pays. Elles ont imposé les notions de "développement durable" et de "société citoyenne" fondées sur des mensonges à répétition et de vagues promesses (qui, c’est bien connu, n’engagent que ceux qui les reçoivent). Le résultat ? Un champ de ruines !
Notre pays est l’une des grandes victimes des errances idéologiques de ces élites déracinées, hors sol. L’organisation de l’impuissance de l’État par sa mise sous tutelle des institutions de l’UE, l’égalitarisme à tout crin, la pression fiscale excessive, la préférence donnée à la redistribution plutôt qu’à la création de richesse, le déficit budgétaire chronique, la hausse continue de la dette, la perte de compétitivité, la désindustrialisation, la crise agricole, le naufrage de l’école, la perte d’influence dans le monde, la submersion migratoire ou encore l’insécurité croissante sont les fruits empoisonnés de leurs politiques. Mais les fourriers du désastre refusent d’assumer leurs erreurs et leurs fautes ! Ni responsables ni coupables !
Après le sabordage en direct de François Bayrou et de son gouvernement, le 8 septembre, puis celui de Sébastien Lecornu, le 6 octobre, quinze heures seulement après la formation de son cabinet (un triste record), la France se retrouve encore davantage dans l’incertitude. Elle s’enfonce dans la crise, politique, institutionnelle, économique, financière. Plus que jamais, rien ne garantit la mise en œuvre des réformes structurelles profondes qui sont pourtant la seule solution pour mettre un terme au déficit des finances.
La situation est d’autant plus bloquée que cinquante ans de laxisme budgétaire ont rendu nombre de Français dépendants de l’argent public. Convertir à la rigueur un pays qui vit dans le mythe du "tout gratuit" et de "l’argent magique" est une opération osée. Et d’autant plus risquée que la classe politique, dans sa grande majorité, fait preuve, sur ce sujet, d’une irresponsabilité et d’une démagogie à toute épreuve !
La responsabilité première de la catastrophe appartient aux hérauts de la lutte des classes et aux idiots utiles qui n’ont cessé de leur faire la courte échelle. Des lustres durant, ils ont accaparé les leviers du Pouvoir. Ils nous ont infligé leur propagande. Ils nous ont soumis à leurs diktats. Ils nous ont imposé les textes liberticides qui limitent drastiquement toute critique du "politiquement correct" et qui, partant, assurent la pérennité de la "pensée conforme".
Tout leur était dû et ils se sont tout permis. Partout en Europe, du nord au sud et d’est en ouest, la corruption, la prévarication, le trafic d’influence, l’abus de pouvoir ou la dilapidation des deniers publics ont fait des ravages. Les scandales politico-financiers ont rempli les colonnes des journaux et les bancs des tribunaux !
Le règne des élites aux semelles de vents, des idéologues malfaisants, des incapables irresponsables, des profiteurs opportunistes doit cesser. Les citoyens peuvent y mettre le holà. Il leur faut seulement oser penser et agir, mais rapidement ! La crise qui vient, en effet, risque fort de vider les assiettes d’une multitude d’Européens. Or, comme le dit le dicton, « ventre affamé n’a point d’oreilles »… Les semaines et les mois à venir ont tout pour être agités !
Article paru dans le n°71 (automne 2025) de la revue Synthèse nationale (pour vous abonner, cliquez ici)
08:58 Publié dans Les articles de Pieter Kerstens | Lien permanent | Commentaires (0) |
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