mercredi, 18 février 2026
Jean-Luc Mélenchon, l’heure des comptes

Yves Thréard
La France insoumise a, bien sûr, tout à voir avec le meurtre de Quentin Deranque à Lyon. Jean-Luc Mélenchon en tête. N’est-ce pas lui qui, il y a un an, à la veille du 1er Mai, se félicitait que les membres de la Jeune Garde, milice dont seraient issus plusieurs des tueurs, protègent les cortèges de son mouvement contre les fascistes dans les manifestations ? N’est-ce pas lui qui encourageait, avec passion, « ses jeunes camarades » à continuer leurs basses œuvres ? N’est-ce pas lui qui a accepté que le fondateur de ce groupuscule sectaire, fiché S, condamné à 4 mois de prison avec sursis en 2022 pour l’agression d’un jeune homme, se présente sous les couleurs de LFI aux dernières législatives ? Ne dit-il pas, Jean-Luc Mélenchon, en bon autocrate, que, La France insoumise, c’est lui ? Alors, c’est à lui aujourd’hui de s’expliquer, de rendre des comptes, en quelque sorte.
Car la violence qui a tué Quentin Deranque n’est pas résiduelle. Elle est permanente, souhaitée, soutenue par son clan pour conduire le pays au chaos. La stratégie de la tension théorisée par Jean-Luc Mélenchon est politique quand elle hystérise les débats jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Elle est physique quand elle se traduit par des opérations coup-de-poing, comme à Lyon. Elle est antisémite quand elle favorise les appels à l’intifada dans Paris ou quand elle laisse Rima Hassan cracher sa haine du sionisme dans les universités. Tout cela est calculé et ne peut en rien être relativisé par de bien commodes et déplacées comparaisons avec d’autres partis politiques.
Ici et maintenant, La France insoumise entretient un rapport douteux avec la démocratie. Et l’indécence est totale lorsqu’on entend son « Lider Maximo » inverser la charge de l’accusation pour se placer en victime et faire de sa formation un mouvement persécuté. Les Français semblent de moins en moins dupes : les deux tiers d’entre eux classent désormais Jean-Luc Mélenchon et les siens à l’extrême gauche. Cette marginalisation se traduira-t-elle par un front républicain aux prochaines élections pour faire barrage à LFI ? Ce serait souhaitable et nécessaire.
Source : Le Figaro 18/02/2026
11:23 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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