mercredi, 18 février 2026
La complaisance coupable de Sciences Po Lyon avec l’extrême gauche
Source Le Salon beige cliquez ici
Après le meurtre de Quentin, des élèves et anciens élèves de différents Institut d’études politiques (IEP) plaident pour que l’on réexamine les subventions publiques attribuées à des associations affiliées de près ou de loin au mouvement « antifa » :
L’extrême gauche lynche, l’extrême gauche tue. L’actualité récente a hélas particulièrement souligné que la violence politique est désormais essentiellement l’apanage d’une ultragauche radicalisée, sans limites, qui n’a plus la moindre pudeur à faire l’apologie du terrorisme, à inciter à la haine et à la violence voire à provoquer à commettre des crimes. Depuis le 7-octobre, la rhétorique des plus radicaux ne fait plus mystère non plus de leur antisémitisme. À mesure que son hégémonie culturelle s’effrite dans le pays, la violence de l’extrême gauche se déchaîne dans nos universités, nos grandes écoles et nos rues.
Parce qu’il protégeait de jeunes militantes venues manifester pacifiquement à proximité d’une intervention de Rima Hassan à Sciences Po Lyon, Quentin, un jeune catholique identitaire de 23 ans, étudiant en mathématiques, a été attaqué, roué de coups au sol, par les membres d’un gang « antifa ». Après avoir lutté entre la vie et la mort, Quentin a rendu son âme.
Nous dénonçons non seulement le silence et l’inaction de la direction de l’IEP de Lyon, mais surtout sa complaisance coupable avec l’extrême gauche ; en particulier avec la nébuleuse « antifa » et ses ramifications. L’école est de longue date l’otage de ces associations radicales, mais il est clair qu’un cap a été franchi, jeudi dernier, avec la survenance de ce meurtre au motif clairement politique, aux abords des salles de cours.
Le terme même de « conférence » relève ici de la fiction sémantique. Rima Hassan n’est pas une intellectuelle, et encore moins une universitaire, mais une militante politique. Il ne s’agissait ni d’une véritable conférence, ni d’un colloque où s’invite la contradiction, mais bien d’une réunion publique, un meeting politique, organisé par une élue LFI dans le grand amphithéâtre de Sciences Po Lyon. Autrement dit, la direction de l’établissement a donné son accord à la mise à disposition, en nature, de moyens publics et de son image de marque — un lieu, une logistique, une caution académique — au bénéfice d’une députée européenne dont la rhétorique violente, les prises de position clivantes et radicales, suscitent des tensions prévisibles. L’université doit être un lieu de liberté d’expression, il ne s’agit pas ici de contester le droit d’une élue de s’exprimer. Mais lorsqu’un établissement accueille un tel événement, il lui appartient d’agir avec prudence et de mettre en balance la liberté d’expression avec la prévention des troubles à l’ordre public.
Nous interrogeons donc la décision de Sciences Po Lyon, d’avoir autorisé la tenue de cet évènement dans ces conditions, sans avoir manifestement pris la pleine mesure des risques sécuritaires qu’il présentait. Or l’ordre public ne saurait être appréhendé de manière restrictive, limité au seul périmètre de l’établissement. Les violences qui ont éclaté — à quelques centaines de mètres à peine de l’amphithéâtre, dans une rue parallèle — ne sont pas étrangères à l’événement ; elles en ont constitué le débordement direct. À l’intérieur, l’acclamation d’un discours de polarisation, structuré autour d’une dialectique de l’affrontement, est une chose. À l’extérieur, le passage de la confrontation verbale à la violence physique en est une autre, naturellement plus grave encore.
Cette issue tragique est précisément la négation de l’exigence démocratique du débat pluraliste et libre, qui devrait prévaloir à Sciences Po. La liberté d’expression protège les opinions, elle ne dispense jamais d’une obligation de vigilance, et ne saurait servir de paravent à l’intimidation ni d’alibi à la violence. Nul ne peut s’en prévaloir pour justifier une complaisance, fût-elle passive, à l’égard de groupes qui recourent à la pression, à la menace ou à la force pour faire taire leurs contradicteurs. Cet épisode révèle une dérive plus profonde des IEP. Il y règne un climat d’entre-soi, une forme d’archipélisation, qui rend impossible toute confrontation sereine des idées, pourtant essentielle à la compréhension du monde. Ces établissements ne peuvent demeurer des îlots d’hégémonie culturelle de la gauche et de l’extrême gauche, coupés des équilibres politiques réels du pays. Selon une étude de l’institut Hexagone, plus de 60% des personnalités invitées par les associations étudiantes des IEP appartiennent à la gauche et à la gauche radicale, contre à peine 3% provenant de la droite et 0% de la droite radicale. Lorsqu’un certain séparatisme intellectuel s’installe et que le pluralisme se réduit, la contradiction est perçue comme une provocation inacceptable, qui pour certains justifie la violence voire de s’affranchir du tabou de tuer.
À Sciences Po Paris, en 2024, son directeur, Luis Vassy, avait pris une décision courageuse et nécessaire. Face à un risque sérieux de troubles à l’ordre public, il avait refusé que l’établissement serve de cadre à l’intervention de cette même Rima Hassan. La décision fut attaquée, mais le Conseil d’État la valida, rappelant que le chef d’établissement est le garant d’un équilibre fragile entre libertés et ordre public.
Il est désormais temps de passer aux actes face à la menace « antifa » au niveau français comme européen. Évidemment, nous souhaitons d’abord que l’enquête aboutisse rapidement et que la justice passe. Mais la situation exige aussi une action politique forte et déterminée. En juin 2025, Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, avait pourtant dissous en conseil des ministres le groupuscule lyonnais La Jeune Garde – suspecté d’être impliqué dans l’agression de Quentin – fondé par une autre figure très controversée de La France insoumise, le député Raphaël Arnault. Ce n’était bien sûr pas suffisant. La galaxie « antifa », tentaculaire, est constituée de différents groupes informels qui se recomposent en permanence et gravitent autour de partis politiques, dont LFI en France. En septembre de la même année, les États-Unis avaient désigné la mouvance « antifa » dans son ensemble comme une organisation terroriste, à l’échelle nationale comme internationale, à la suite de l’assassinat du militant conservateur américain, Charlie Kirk.
Début janvier 2026, Raphaël Arnault et Jean-Luc Mélenchon ont lancé un nouveau mouvement « antifa », baptisé « Éteignons la flamme-Génération antifasciste », une reconstitution de ligue dissoute à peine masquée, avec pour objectif de répondre à l’appel du leader LFI de mettre en pratique des « méthodes impactantes ».
Au lendemain de ce nouveau drame, nous appelons donc le gouvernement français à se saisir enfin de la lutte contre la menace terroriste intérieure d’extrême gauche. Au regard de la gravité des faits, des menaces proférées et des intentions criminelles revendiquées par le mouvement « antifa », ses alliés et ses satellites, le gouvernement ne peut plus se contenter de condamnations de principe. Il doit examiner la qualification de ces milices au regard de la législation antiterroriste nationale et en tirer toutes les conséquences. Cela implique que, si les critères juridiques sont réunis, elles soient qualifiées et traitées comme des organisations terroristes, avec l’activation complète des dispositifs prévus par le droit en vigueur : poursuites spécialisées devant les juridictions compétentes, dissolution et démantèlement des structures, gel des avoirs, et engagement de poursuites pénales contre toute personne apportant un concours matériel, logistique ou financier à leurs activités.
Nous appelons aujourd’hui tous les mouvements politiques qui se reconnaissent dans notre civilisation européenne qui a fait de la démocratie son modèle, à l’affirmer clairement : l’extrême gauche est la menace existentielle pour notre démocratie.
Nous appelons l’État, les établissements d’enseignement supérieur et les collectivités territoriales à réexaminer urgemment les subventions publiques attribuées à des associations affiliées de près ou de loin au mouvement « antifa ».
Nous appelons enfin le gouvernement et les députés français au Parlement européen, toutes forces politiques confondues, à se saisir d’une initiative résolue visant à inscrire la mouvance « antifa » et ses responsables sur la liste européenne des organisations terroristes, au regard de son idéologie mortifère pour l’Europe, notre civilisation.
Les signataires :
Édouard Bina (IEP de Lyon, promotion 2025), Jehanne Sakhi, (IEP de Lyon, 2024), Édouard Josse (IEP de Lyon, 2015), Nicolas Bauer (IEP de Paris, 2018), Robin Nitot (IEP de Strasbourg, 2022), Étienne Arsac (IEP de Saint-Germain-en-Laye, 2022), Baudouin le Roux (IEP de Paris, 2015), Rémi Tell (IEP de Paris, 2017), Marguerite Frison-Roche (IEP de Paris, 2019), Bertrand Moine (IEP de Paris, 2017), Amazigh Aichiou (IEP de Grenoble, étudiant), Léo Besnet (IEP de Paris, étudiant), Laura Pratt (IEP de Paris, étudiante), Louis Ducreux (IEP de Paris, étudiant), Manuel Gaboriau (IEP de Lyon, étudiant), Charles Pitre (IEP de Lyon, étudiant), Maxence Dupouy (IEP de Lyon, étudiant), Victor Marciniszyn (IEP de Lyon), Marc Santamaria (IEP de Grenoble, 2022), Frédéric Thibault (IEP de Lyon, étudiant), Victor Cote (IEP de Lyon, étudiant).
12:41 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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