Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 10 juin 2026

Belfast en flammes : après la tentative de décapitation par un réfugié soudanais, l’Irlande du Nord s’embrase

19d64094ecf937cbba9b644a01f86361-760x507.jpg

YannV, Breizh info cliquez ici

La tentative de meurtre survenue lundi soir dans le nord de Belfast n’a pas seulement laissé un homme dans un état critique à l’hôpital. Elle a mis le feu à toute l’Irlande du Nord — et au-delà. Dans la nuit du mardi au mercredi, des émeutes d’une violence rarement atteinte ont secoué Belfast, Portadown, Newtownabbey et d’autres localités nord-irlandaises, tandis que des manifestations éclataient simultanément dans d’autres villes britanniques, notamment Bangor, Glasgow et Londres, où des manifestants anti-immigration ont affronté les forces de l’ordre.

Ce qui s’est passé

L’attaque s’est produite vers 22h30 lundi 8 juin sur Kinnaird Avenue dans le nord de Belfast. Un homme d’origine soudanaise, âgé de 30 ans, a maintenu une victime au sol et l’a poignardée à plusieurs reprises à la tête, au cou, aux yeux et dans le dos avec un couteau de cuisine. Des riverains sont intervenus physiquement pour maîtriser l’assaillant avant l’arrivée de la police — l’un d’eux armé d’un hurling stick, la crosse traditionnelle du sport gaélique irlandais. La victime, un homme d’une quarantaine d’années, a été hospitalisée avec d’importantes blessures aux yeux et de graves lacérations au dos et au visage.

Le Home Office britannique a confirmé que le suspect était un ressortissant soudanais titulaire d’un statut de réfugié accordé en 2023, arrivé au Royaume-Uni via Paris puis Dublin. Il a été inculpé de tentative de meurtre et a comparu devant la justice mercredi.

Une nuit de chaos

Dès le mardi soir, la colère a envahi les rues. Des centaines de manifestants, pour beaucoup le visage masqué pour ne pas être dénoncé par des journalistes friands de cela, ou arrêtés par la police, se sont rassemblés en plusieurs points de Belfast. Essentiellement dans des bastions unionistes, mais aussi dans quelques zones républicaines (l’agression a eu lieu dans une de ces zones, au nord de Belfast).

Un bus et des voitures ont été incendiés. Des habitants ont dû être évacués d’un immeuble en proie aux flammes. Dans le quartier de Cloughfern à Newtownabbey, des cocktails Molotov ont été lancés sur des véhicules de police. À Portadown, un véhicule de la PSNI a été incendié.

Des hommes masqués se réclamant de l’intention de « virer les étrangers » ont été filmés en train de défoncer portes et fenêtres sur la Lower Newtownards Road. Un pasteur protestant du quartier, Jack McKee, a témoigné que des foyers avaient été ciblés uniquement en raison de l’origine ethnique de leurs occupants. Des familles ont été secourues par la police en urgence dans plusieurs rues de Belfast est

Au total, la Police a recensé 13 signalements de dégradations et 5 incendies criminels, traités pour certains comme des crimes à caractère raciste. Trois agents ont été blessés.

Un enchaînement qui se répète

Ce n’est pas la première fois que l’Irlande du Nord s’enflamme sur fond de tensions migratoires. En juin 2025, des émeutes avaient déjà éclaté à Ballymena après l’agression sexuelle présumée d’une adolescente par deux jeunes Roms, provoquant l’exode des deux tiers de la population rom de la ville. Et en 2024, les émeutes post-Southport avaient touché plusieurs villes britanniques et nord-irlandaises simultanément.

Le schéma est désormais rodé : un acte de violence commis par un individu d’origine étrangère, une vidéo qui circule, une classe politique qui appelle au calme, et une colère populaire qui explose parce qu’elle n’a plus d’autre exutoire. La semaine précédant les événements de Belfast, la diffusion de la vidéo corporelle montrant la mort d’Henry Nowak — cet étudiant blanc menotté par des policiers alors qu’il venait d’être mortellement poignardé à Southampton — avait déjà provoqué un tollé national.

Le rôle des réseaux sociaux

Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, a joué un rôle central dans la diffusion des images et l’organisation des manifestations via la plateforme X. Sa vidéo sur l’attaque avait dépassé les 52 000 vues mardi après-midi. Elon Musk, propriétaire de X, a relayé ses appels à manifester auprès de ses 240 millions d’abonnés.

Le chef de la police nord-irlandaise Jon Boutcher a averti : « Le défi auquel nous faisons face avec la toxicité en ligne d’aujourd’hui, c’est que des gens sont incités par des individus sans visage qui ne savent rien de cet endroit brillant et vibrant. Ne vous laissez pas berner ou manipuler par des gens en ligne. » I

Une mise en garde qui évite soigneusement la question centrale : si des individus anonymes parviennent à mobiliser des milliers de personnes en quelques heures, c’est parce que la colère préexiste. Elle n’est pas fabriquée de toutes pièces — elle est nourrie, depuis des années, par le sentiment d’un abandon institutionnel face à une immigration de peuplement et de remplacement.

Les peuples européens à bout

Le discours médiatique mainstream et celui des autorités réduit la colère populaire à une manipulation de l’extrême droite, ; c’est commode. Il permet d’éviter la vraie question : pourquoi des populations entières en Grande-Bretagne, en Irlande du Nord, en France, en Allemagne, en Suède, au Danemark, réagissent-elles avec une intensité croissante à des événements criminels impliquant des migrants ? Non par idéologie, mais parce qu’elles vivent au quotidien les conséquences d’une politique migratoire que personne ne leur a jamais demandé d’approuver, et dont elles subissent les effets dans leurs quartiers, leurs villes, leurs rues.

L’ancien Premier ministre d’Irlande du Nord Arlene Foster a reconnu ce malaise, tout en appelant à la désescalade : « Ceux qui participent à ces violences doivent comprendre que s’ils veulent vraiment avoir une conversation sur l’immigration non contrôlée, cela est entièrement contre-productif. » Formulation révélatrice : même les voix modérées admettent désormais que le débat sur l’immigration non contrôlée est légitime. C’est une forme de progrès. Mais il arrive trop tard, et il passe par les flammes plutôt que par les urnes — ce qui est le signe d’une démocratie qui a failli à entendre ses citoyens avant qu’ils n’aient plus d’autre langage que celui de la rue.

L’homme qui a plongé son couteau dans la tête d’un inconnu à Belfast lundi soir était arrivé au Royaume-Uni en 2023, via Paris puis Dublin. Il avait obtenu le statut de réfugié. Son permis de séjour était valable jusqu’en 2028. Les autorités britanniques n’ont relevé aucun antécédent alarmant. Des gens lui ont accordé le droit de venir et de rester.

Et pourtant. L’Europe brûle, lentement, d’une colère que ses dirigeants refusent encore d’entendre.

12:34 Publié dans En Europe et ailleurs..., Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.