vendredi, 18 septembre 2026
Ceuta abandonnée à l’invasion migratoire : Pedro Sánchez regarde ailleurs, la Commission européenne aussi.

Michel Festivi
La dizaine de milliers de migrants, peut-être 12.000, qui restent encore dans l’enclave de Ceuta, sont en roue libre, et continuent à errer de plages en plages, comme celles de Trampolín ou de Benítez. Ces lieux, chargés d’immondices, ne sont plus nettoyés, le port a été envahi, de nombreuses maladies se répandent, comme la variole du singe, qui vient d’être répertoriée par les autorités sanitaires, sans compter la violence, les agressions sexuelles. Le vie quotidienne des habitants de Ceuta est un véritable enfer.
La police est complètement débordée. La porte-parole à la Chambre des députés du Parti populaire, Ester Muñoz a déclaré : « Voilà comment Pedro Sánchez gère une invasion. On voit bien l’insécurité ambiante. Une fois de plus, la police nationale, la Garde civile et l’armée sont abandonnées. Ceuta est livrée à elle-même. Nous ne vous le pardonnerons jamais ».
Un amiral à la retraite, Juan Rodríguez Garat, a clairement évoqué la notion de « guerre hybride », du Maroc contre l’Espagne, et c’est bien de cela dont il s’agit. Cette guerre hybride, le gouvernement socialiste espagnol la nie, comme il rejette toutes difficultés sur place, malgré les reportages, les témoignages, les accusations, les rapports de police. Selon cet amiral, Pedro Sánchez « est plus que responsable, coupable de bien des choses...il persiste dans une politique d’apaisement qui ne fonctionne pas ». Cela nous rappelle clairement la politique macroniste de la France vis-à-vis de l’Algérie, relayée par le ministre des affaires étrangères le plus incompétent qui soit, le sieur Barrot.
Au niveau européen, deux votes sont intervenus à l’encontre de la cécité volontaire de Pedro Sánchez. Le 16 septembre, suite à un amendement de la rapporteur lituanienne du PPE, il a été adopté un texte qui stipule condamner : « fermement l’attaque à la frontière méridionale de l’Union dans la ville de Ceuta, perpétrée les 30 et 31 juillet 2026, ainsi que l’invasion ultérieure de la ville », déplorant l’utilisation des flux migratoires irréguliers comme instrument de guerre hybride, et il est réclamé une enquête indépendante et exhaustive pour établir qui a planifié et exécuté l’opération, et dans quel but. Le vote a été acquis par 435 voix, 209 contre et 13 abstentions.
Le lendemain 17 septembre, les eurodéputés ont adopté une résolution intitulée « Attaques hybrides récentes et instrumentalisation des migrants à Ceuta ». Ce document condamne les entrées massives depuis le Maroc, somme Rabat d’assumer ses responsabilités en matière de contrôle des frontières et de retours, et demande à Bruxelles de suspendre les versements, voire de récupérer les fonds déjà versés en cas de défaut de coopération, de la part des autorités marocaine. La délibération exige aussi de protéger les frontières terrestres et maritimes de Ceuta, comme priorité européenne. Le vote a réuni 339 voix pour, 225 contre et 16 abstentions.
Le PPE a pu faire adopter ces propositions grâce à l’apport des voix des groupes ECR (Conservateurs et réformistes), les Patriotes pour l’Europe, et l’Europe des nations souveraines, comme cette même coalition avait accepté l’adoption avant l’été, d’une autre demande sur le durcissement des règles d’expulsion, l’allongement des durées de rétention et la possibilité de créer des centres de retour hors de l’UE. Mais tout cela demeure pour l’instant un souhait.
Si ces votes représentent effectivement un camouflet pour Pedro Sánchez et son gouvernement, comme le souligne l’excellent site Breizh-info, je suis prêt à prendre les paris que la Commission européenne n’en fera rien, et s’en fichera comme d’une guigne. Tout cela est de l’incantation, certes intéressante, mais reste au stade des vœux pieux, car non contraignant. Pedro Sánchez continue à être sur-protégé par les instances décisionnaires européennes, et le parlement ne compte que pour du beurre, sauf quand il s’agit d’imposer des décisions qui impactent la vie de nos concitoyens, comme l’augmentation du prix de l’électricité, ou de multiplier les normes qui assaillent les habitants de l’Europe. L’Europe passoir et permissive a de beaux jours devant elle, l’Europe faible aussi.
Cette dernière résolution a aussi désigné la régularisation de plus d’un million de clandestins, sans doute 1 million 200 000, comme un véritable appel d’air, qui a favorisé cette invasion, mais la Commission européenne n’a pas non plus bronché et a laissé faire, et Pedro Sánchez peut dormir sur ses deux oreilles.
Les 29 et 30 septembre prochain, Macron se rendra en visite officielle en Espagne, et vous verrez que les sujets qui fâchent ne seront pas abordés, sauf à l’extrême marge, pour féliciter Pedro Sánchez de sa politique, car les deux s’entendent comme larrons en foire. La Commission européenne et Macron préfèrent brider le peu de libertés publiques qu’il nous reste, comme par exemple interdire les réseaux sociaux aux plus jeunes, avant bien sûr de le généraliser à toute la population, dans un second temps. Madame Von der Leyen montrait plus les crocs contre Victor Orban, ou le gouvernement de droite de Pologne lorsque le PIS était au pouvoir, ou lors de la victoire électorale de Giorgia Meloni, pour lui lancer des avertissements.
18:07 Publié dans Michel Festivi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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