mardi, 20 octobre 2026
AVOIR EU TELLEMENT RAISON...
En septembre 2023, suite à une période particulièrement agitée, c'est un euphémisme vous l'aurez compris, nous avions publié un numéro hors-série de Synthèse nationale qui avait alors été très largement diffusé (1). Dans ce numéro, notre rédacteur en chef, Didier Lecerf, avait alors rédigé l'article suivant. Trois ans plus tard, rien n'a changé (2), Macron encombre toujours l'Elysée, les blablas continuent et cet article, hélas, reste d'une brûlante actualité.
S N
Didier Lecerf
Le bilan des dix jours de violences urbaines qui ont frappé la France, du 27 juin au 7 juillet derniers, est particulièrement lourd et éloquent (voir à ce sujet l’article p. 15) : près de 70 départements et plus de 500 communes touchés, dont un tiers sans aucun quartier dit "sensible" ; 12.000 émeutiers "officiels", mais probablement de 25.000 à 100.000 (soit une moyenne "raisonnable" de 50 à 200 excités par communes "malmenées"), voire davantage (jusqu’à 200.000, selon Pierre Brochand, l’ancien directeur de la DGSE) ; près de 24.000 feux sur la voie publique, dont 12.000 incendies de véhicules ; 2.500 bâtiments dégradés, dont 273 appartenant aux forces de l’ordre, 105 mairies et 168 écoles ; des centaines de commerces pillés, voire entièrement détruits ; 17 attaques contre des élus ; 45.000 policiers et gendarmes mobilisés plusieurs jours de suite, et 852 blessés (du 27 juin au 4 juillet)…
Début septembre, la fédération professionnelle des assureurs a ré-évalué à 730 millions d’euros (soit quatre fois plus qu’en 2005 !) le montant total des dégâts. Mais, comme le faisait remarquer le 11 juillet dernier l’ancien député "gaulliste" Pierre Lellouche, sur CNews, les « conséquences économiques » sont en réalité « bien plus lourdes (…) »…
Depuis plus de trente ans, les violences urbaines se succèdent. Elles éclatent au moindre prétexte : un tournage de clip de rap, une opération de police, une tentative d’interpellation, une équipée motorisée sauvage ou un rodéo qui se termine mal… Certes, comme le soulignait Marianne déjà en novembre 2005, « les pyromanes, casseurs et émeutiers, tous additionnés, représentent au maximum, entre 5% et 10% des jeunes des cités », c’est-à-dire « quelques dizaines (…) pour une cité qui compte de 3.000 à 4.000 adolescents, comme aux 4.000 à la Courneuve où seuls 1% des jeunes sont impliqués ». Cependant, si la majorité reste effectivement à l’écart, il n’en demeure pas moins que la minorité agissante et malfaisante grossit ; que son pouvoir de nuisance au quotidien est considérable (c’est elle qui contribue grandement, là où elle vit et partout où elle passe, dans la rue, les transports en commun ou les lieux de loisir, à empoisonner l’existence d’une partie des habitants de ce pays) ; que les éruptions se succèdent ; et que, pire, elles s’étendent progressivement, gagnent en intensité, en violence, en efficacité destructrice, et font peser sur les décideurs politiques une pression permanente qui s’apparente à un véritable chantage informel …
Depuis plus de trente ans, à chaque nouvelle poussée, ce sont les mêmes réactions à chaud et la même inaction fondamentale à froid. On égrène la liste des méfaits, des incendies, des pillages ; on prend acte de l’extension du "domaine de la lutte", on communique le montant de la facture, on s’indigne, on s’inquiète pour l’avenir, on s’interroge, on s’introspecte, on débat, on colloque, on clame en chœur : « Plus jamais ça ! » ; on répète en boucle : « y’a qu’à, faut qu’on » ; on se creuse les méninges… Les constats, les avis, les propositions jaillissent et s’accumulent ; bref, on noie le poisson, puis on passe à autre chose et on oublie… jusqu’à la prochaine flambée. Et pourtant… Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir pressenti et d’avoir dit ce que l’on a pressenti. Ce n’est pas faute d’avoir prévenu, d’avoir tiré le signal d’alarme, d’avoir sonné le tocsin…
Depuis la fin des années 1960, en effet, face à la vague migratoire montante, alimentée à flot continu par l’immigration illégale, le regroupement familial, les demandes d’asile, la natalité (avec la bénédiction ou grâce à l’inaction de l’essentiel de la gauche et de la droite libérales-libertaires), nationaux et nationalistes, instruits par l’histoire, conscients de qui ils sont et d’où ils viennent, ont perçu les nombreux problèmes et difficultés (en l’occurrence créés de toutes pièces) qui n’allaient pas manquer d’en découler. Dès lors, ils se sont évertués à mettre en garde. Avec, bien sûr, les maladresses, les exagérations et la marge d’erreurs inhérentes à l’exercice (et proportionnelles à leurs craintes pour l’avenir du pays et de ses enfants, de leurs enfants). Pendant les cinquante ans qui se sont alors écoulés, ils ont multiplié les avertissements à l’adresse de la classe politique et de l’opinion publique, sous les quolibets, les insultes, les menaces, les attaques, parfois les violences de leurs adversaires ameutés.
Le contenu du présent hors-série de notre revue est loin d’être exhaustif. Il n’est qu’un survol volontairement limité à des productions des années 1980-1990, émanant des mouvements politiques pour lesquels les animateurs de Synthèse nationale ont milité, que ce soit Ordre nouveau, le Parti des forces nouvelles ou encore le Front national… Un choix qui ne leur a été dicté que par la possession d’un certain nombre de documents (par conséquent disponibles et immédiatement utilisables).
Fondamentalement, ce numéro a pour objet principal de rappeler ces innombrables avertissements qui ont émané de la "droite de la droite" tout au long de ces années d’engagement à contre-courant. Des années durant lesquelles la formule de Chamfort a trouvé malheureusement une nouvelle confirmation : « En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin ».
1 - Pour commander ce numéro cliquez ici
2 - Sauf l'intensité et la violence qui n'ont cessé d'augmenter...
11:01 Publié dans Jean-Marie Le Pen, La vie de l'association Synthèse nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |
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