Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 26 octobre 2026

Génération oxymorique

bien-que-peu-nombreux-les-lyceens-etaient-particulierement-motives-pour-se-faire-entendre-photo-karine-diversay-1791310462.jpg

La Chronique flibustière de Georges Feltin-Tracol 

Mardi 13 octobre 2026 : entrée du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis – Pierrefitte-sur-Seine dans le département désormais exotique de Seine – Saint-Denis : elle est là ! Comme la déclaration fiscale annuelle ou la grippe hivernale, elle revient ! Du haut de ses 23 ans, la Suédoise Greta Thunberg apporte son soutien médiatique à l’agitation lycéenne.

Depuis plusieurs semaines, l’Hexagone connaît une intense crise que personne n’a vu venir. À l’exaspération des lycéens s’ajoute le mécontentement profond des étudiants, des enseignants et de quelques anciens Gilets jaunes sur le retour. Il en résulte des rassemblements surprises, des manifestations sauvages et des heurts violents avec une police qui, à partir de la répression inouïe de la Manif pour Tous en 2012 – 2013, n’hésite plus à charger, à gazer, à matraquer. Les débordements, ou plus exactement les émeutes, des 17 et 18 octobre témoignent de l’installation du chaos en France à six mois de l’élection présidentielle.

Ce contexte effervescent sert Emmanuel Macron de plus en plus isolé et critiqué. Ainsi se décuple son pouvoir de nuisance ! Certains commentateurs de la vie politique craignent que l’éventuelle entrée en guerre, dans le cadre belligène de l’OTAN, contre la Russie permettrait à l’homme qui a tout dissous, y compris ses plus fervents fidèles, à rester en fonction au lendemain du 14 mai 2027. Il prendrait prétexte du conflit pour reporter le rendez-vous électoral crucial. Or le revirement diplomatique de Donald Trump semble pour l’instant infirmer cette funeste hypothèse. En revanche, une situation intérieure confuse et désordonnée justifierait l’interruption de la campagne électorale pour un temps indéterminé. Le Conseil constitutionnel sous la coupe de l’Élysée validerait sans aucun problème cette suspension.

La jeunesse actuelle déteste Emmanuel Macron, mais par son manque de discipline et son grégarisme foncier, elle lui prépare certainement un second mandat de dix ans obtenu dans des circonstances bien sûr exceptionnelles. Ce terrible scénario serait la première contradiction d’une « génération Z » - ou « Gen Z » (Z pour zéro ou zozo ?) - écartelée entre diverses pulsions peu maîtrisables.

Pasionaria de la cause climatique, Greta Thunberg se rend célèbre par l’organisation tous les vendredis dans les années 2018-2019 des manifestations en faveur du climat. Le réchauffement climatique d’origine humaine y est clairement désigné comme le responsable principal de l’augmentation globale des températures sur la planète. Des milliers de jeunes, presque toujours candides, s’absentent de cours peu intéressants par ailleurs pour arpenter les rues au nom d’une « éco-anxiété » stimulée par un système médiatique d’occupation mentale prompt à travailler les esprits.

Les lycéens de 2026 étaient bien trop jeunes pour participer à cette école buissonnière festive, citoyenne et inclusive. Ils en connaissent les images. C’est à se demander s’ils les ont comprises à la vue du déplorable bilan carbone qui ressort des exactions multiples pendant ce mois d’octobre. Casser des vitrines, briser du matériel urbain, incendier des locaux et des poubelles, saccager des magasins et les piller ne favoriseraient-ils pas le dit-réchauffement climatique ? La fameuse (et fumeuse !) « Gen Z » se trouve pétrie de contradictions qui disqualifient leurs protestations adolescentes même si les autorités méritent pour leur part un réel mépris.

La lecture des pancartes brandies confirme le panurgisme ambiant. Si certaines font sourire malgré leur vulgarité manifeste (« Macron baise ton prof, pas les nôtres » ou « Pas besoin de mec / meuf. L’Éducation nationale nous baise déjà »), d’autres dénotent tantôt une récupération politique avérée (« Contre leur guerre, guerre de classe ! », « Occupez-vous de notre éducation plutôt que de nos voiles », « Pas de frontière dans nos campus ! » ou « Jeunesse fâchée pas facho »), tantôt un hédonisme acnéique individualiste (« 35° C, 35 par classe, mais le problème c’est le téléphone » ou « Pour une éducation ouverte »). Certaines revendications lycéennes réclament la fin de l’interdiction de mâcher du chewing-gum en cours. S’il faut écarter certaines images aux slogans volontairement mal orthographiés conçus par l’intelligence artificielle (« On veu un avenire » ou « Des moyens pour l’éducasion »), on doit relever l’emploi massif de la novlangue wokiste, féministe et antifa sur ces banderoles : « Gazez les violeurs, pas les mineurs ».

Le sordide enfantisme n’y est pas loin non plus à l’instar, écriture inclusive à l’appui, du « Si tu es plus choqué par des poubelles en feu que par des ados frappé.és, il faut revoir tes priorités ». Et l’avenir écologique de la planète ? La Gen Z renie-t-elle par conséquent le combat initial de Greta Thunberg ? Avec de pareils gamins, l’indispensable décroissance économique ne semble plus d’actualité, car ils demeurent des petits-bourgeois consuméristes happés par l’écran de leurs téléphones décérébrants.

Certes, quelques exigences lycéennes présentent une vraie légitimité : vétusté des bâtiments, manque d’hygiène aux toilettes, sureffectifs en classe, absence fréquente des professeurs non remplacés, emploi du temps parsemé d’heures sans cours et un logiciel, Parcoursup, qui affecte (ou pas) les nouveaux bacheliers dans une filière universitaire. Or personne ne condamne la massification de l’enseignement secondaire depuis la sinistre loi Haby en 1975 ! L’ignorance officielle de toute sélection scolaire explique en partie le vaste délabrement du système éducatif en Occident.

Tous les ministres de l’Éducation nationale depuis la présidence de Georges Pompidou (1969-1974) portent la lourde responsabilité de ce naufrage continu. Élèves, collégiens, lycéens et étudiants contribuent eux aussi à ce délitement. Dès la crèche, les enfants n’apprennent plus le sens du travail, le respect de l’autorité et le goût de l’effort. La nécessaire sélection avec une note sur 20 ou sur 10 se voit remplacée par des points colorés censés cerner au mieux de supposées « compétences ». Des programmes scolaires lourds et aberrants en outre parasités d’interventions extérieures inutiles détruisent le sanctuaire préservé des affres de la cité qu’est l’école. L’institution scolaire inculque pendant les treize années de scolarité obligatoire (de 3 à 16 ans) que les élèves ont surtout des droits et presque aucun devoir. Faut-il ensuite s’étonner que des syndicats étudiants minoritaires aimeraient que la note minimale aux examens soit 10 sur 20 quelque soit le niveau réel de connaissance du candidat ? Gendre de Karl Marx, le Français Paul Lafargue, auteur du Droit à la paresse (1880), applaudit de sa tombe ses lointains épigones.

Fondateur de la cliodynamique, Peter Turchin analyse le déclin des sociétés humaines par une surproduction de diplômés frustrés de ne pas occuper la fonction qu’ils méritent. Par ailleurs, l’essayiste Emmanuel Todd dénonce régulièrement la chute du niveau scolaire. L’un contredirait-il l’autre ? Nullement parce la baisse du niveau enseigné s’accompagne d’un essor considérable de qualifications universitaires dévaluées, notablement dans les sciences humaines.

Il va de soi que toute la jeunesse française n’est pas à honnir. Une partie active et déterminée forme déjà d’éventuelles avant-gardes surgies des milieux nationaliste-révolutionnaire, royaliste et identitaire. On peut même y inclure des éléments dynamiques issus du Rassemblement national de la jeunesse et de Génération Z affiliée à Reconquête !. Leur attitude exemplaire vire parfois au martyre comme Quentin Deranque assassiné par l’ignominie antifa en février 2026. Cette autre jeunesse croît par sa motivation, son enthousiasme et sa combattivité en des principes fondamentaux et obéit à une vision tragique du monde.

La mobilisation des lycéens, l’action des étudiants et la tentative de réveil des franges Gilets jaunes servent enfin de répétition générale à une possible élection à la présidence de la République de Marine Le Pen en mai prochain. Qu’importe son résultat définitif, une faction non négligeable de la population la contestera aussitôt et fera tout pour la chasser au plus vite de l’Élysée si le Conseil constitutionnel n’invalide pas l’élection selon le précédent roumain de 2024. S’ouvrira alors un autre front complémentaire aux autres (médiatique, judiciaire, économique, institutionnel, politique, administratif et diplomatique). Sous une France très américanisée bout encore le Gaulois.      

Salutations flibustières !

09:08 Publié dans Georges Feltin-Tracol | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.