vendredi, 01 mars 2013
Pour Hessel au Panthéon ou contre le "mariage" homo : les pétitions ne se valent pas !
Yves Darchicourt
On l'attendait, c'est fait ! Les citoyens effondrés peuvent entre deux sanglots signer une pétition demandant l'entrée de Stéphane Hessel au Panthéon ! Un beau coup de surenchère dans le pathétique dont l'initiative revient à une belle brochette de députés umps, vite soutenus par les inestimables Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon. Il paraît qu'à ce jour, 7 000 signatures ont été recueillies...un déferlement d'enthousiasme énorme, fantastique, tsunamiesque !
On voit mal comment François le Normal pourrait ne pas tenir compte d'une telle mobilisation citoyenne. Et sont bien mauvais esprits ceux qui feront remarquer qu'il a fait jeter à l'incinérateur les 700 000 signatures demandant une saisine sur la loi relative au "mariage pour tous". C'est que dans la patrie des "droits de l'homme", il est des pétitions comme des votes que l'on considère et d'autres que l'on entache d'emblée de nullité, comme il est des causes citoyennes dignes et des élucubrations suspectes.
Brisons là sur les chiffres et les conmparaisons douteuses ! Que valent 700 000 suspects d'homophobie face à 7 000 humanistes ? Même à cent contre un il n'y a pas photo ! Alors l'indigné au Panthéon et fi des aigris qui osent dire que l'édifice risque de perdre son aura en devenant petit à petit une HLM pour les mânes de toutes les grandes consciences qui ruminent le prêt à penser politiquement correct sauce mondialiste.
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Stéphane Hessel : à Médrano plutôt qu’au Panthéon !

Nicolas Gauthier
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Saint Hessel est mort. Vive Stéphane ! Danube bleu de la pensée, phare indépassable en matière de vers de mirliton, et dont le célèbre Indignez-vous ! a bien failli faire détrôner Vincent Delerm dans la catégorie librairies de centre-villes friqués, tenues par des ébouriffés, redoublants en fac de lettres, à destination d’étudiants boutonneux à la recherche d’une première gorgée de bière ou d’un semblant de rébellion.
Bref, Stéphane Hessel n’est plus. Et Libération de ce 28 février d’en faire tout un fromage sur 30 pages. Il était « indigné » ; certes. Mais à peu près autant que les deux croulants du Muppet Show, Waldorf et Statler.
Stéphane Hessel résistait donc. À tout, hormis l’air du temps. Il avait choisi le camp du « Bien » contre celui du « Mal » : c’était un juste. Il avait résisté, à un peu près autant qu’un François Mitterrand et guère plus qu’un Eugène Deloncle. Il avait été déporté et s’était évadé. Tout comme le premier, mais pas flingué comme le second, sous les balles gestapistes. Peu importe… c’était un « Juste ».
Stéphane Hessel, plus célèbre inconnu de France, juste avant son best-seller plus haut évoqué, était donc surtout connu de sa concierge et de son proche voisinage.
Stéphane Hessel avait un logiciel de prêt-à-penser fort bien rodé. Il était pour les faibles contre les forts. Et racontait ses guerres passées, un peu comme ces anciens combattants qui n’en finissent plus de ruiner l’ambiance des fins de banquets.
Seule note discordante dans la Symphonie fantastique de Libération, le discret petit coup de flute de Ronny Brauman, stigmatisant chez lui une « vision du monde partagée entre victimes et oppresseurs ». Et l’ancien président de Médecins sans frontières de rappeler : « J’avais du mal à trouver des accords profonds avec ses derniers engagements. Et notamment avec la façon dont il envisageait le monde, comme marqué de droits auxquels il fallait impérativement accéder… »
Voilà un homme qui parle d’or. Parce qu’assimiler la « lutte » pour les sans-papiers à la Résistance, voilà qui a dû se faire retourner nombre de maquisards autrement plus crédibles dans leurs tombes, nos bastions de francs-tireurs n’ayant jamais été que de saines résistances xénophobes contre l’envahisseur d’alors. Idem pour la cause palestinienne, mais que Stéphane Hessel, en perpétuel ahuri, a toujours résumée à la lutte du sempiternel opprimé contre l’éternel oppresseur, alors qu’il ne s’agit jamais que d’une lutte de libération nationale ; un peu à la manière des Serbes de Yougoslavie qui, pourtant oppresseurs vis-à-vis des opprimés bosniaques et kosovars, ne faisaient jamais que revendiquer leur droit à la souveraineté sur la mère patrie. Une véritable résistance, celle-là.
Au fait, il paraît que des voix se lèveraient afin que la dépouille du grand homme soit transférée au Panthéon. Médrano ou Bouglione nous sembleraient être des sépultures autrement plus indiquées.
10:44 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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