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vendredi, 24 juin 2016

L’EURO 2016 : RIEN A « FOOT » ?

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Le bloc-notes de Jean-Claude Rolinat

Coincé entre Roland Garros et la Grande Boucle, l’Euro 2016 colonise le petit écran et monopolise les ondes : Slovaquie/Angleterre le lundi 20 juin, Croatie/Espagne le mardi 21, Suède/Belgique le mercredi 22 etc… sans oublier la finale du TOP-14 en Rugby, ni les commentaires sans fin sur les chaines d’infos en continu….Je glose, tu commentes, il parle, nous « tchatchons »… L’overdose footballistique nous submerge tandis que d’ autres se peignent le visage de tricolore comme une lointaine tribu exotique partant en guerre. On entend des hurlements, des cris de joie, des éructations, des « on a gagné » à n’en plus finir si l’un des joueurs affublé du maillot bleu marque un but… Des supporters vont à la castagne et transforment des lieux de vie en lieux de désolation, tels des « gros bras» cégétistes dépassés par les évènements. Et tout ça pendant l’état d’urgence où les foules sont à la merci d’un excité du turban…

Un sport de millionnaires

Ce sport de millionnaires – les joueurs ne sont pas au SMIC et les places ne sont pas données – est devenu une drogue collective qui transforme des citoyens normaux en zombies parfois très lourdement avinés… Que demande le peuple, en panne d’horizons lointains depuis que les Empires sont morts et que l’indépassable horizon de la réussite semble se résumer pour beaucoup en une bagnole, des meubles Ikea dans la cuisine, un écran plat et des congés payés au Club Med ? Le peuple comme sous les dynasties romaines, demande du pain et des jeux. Le pain, pour l’instant, tout le monde y a droit, pour l’instant… Les jeux aussi, même si ceux des nôtres qui ne demandent rien y auront droit quand même… En Hollandie, football obligatoire à tous les étages,comme jadis le gaz dans les garnis ! Au moins dans les arènes, les gladiateurs risquaient leur peau et César, d’un geste du pouce, usait de son droit de vie ou de mort à l’égard du combattant tombé au sol. Sans aller jusque-là, bien sûr – heureusement, autres temps autres mœurs ! – que risquent les néo gladiateurs aux maillots numérotés dont certains, ceux des Suisses, note comique, sont d’une qualité douteuse ? Une fracture, une entorse, un hématome, un petit bobo, mais surtout la perception d’un gros chèque qui transforme des gamins de banlieue mal élevés en de richissimes parvenus, frimeurs, gros consommateurs de belles filles et de grosses cylindrées. Quelle notion peuvent-ils avoir de la valeur de l’argent ? Si ceux qui sont chargés de gérer leur petite fortune ne veillent pas au grain, beaucoup de ces footeux risquent de se retrouver «  à la cloche » une fois leur heure de gloire passée car, dans ce sport comme dans d’autres gangrénés par l’argent, le poids des ans est un irrépressible rouleau compresseur, un sens unique vers la sortie et la déprime.

Une équipe qui ne reflète pas tout à fait la diversité française

Le match de football est élevé au niveau de la célébration d’une grande messe, avec ses rites, ses prêtres et ses fidèles. L’équipe nationale, celle des tricolores très… multicolores, joue aussi le rôle d’une armée affrontant l’ennemi : on doit battre l’équipe adverse, il en va de l’honneur national. Le tout sous les yeux du souverain présent dans les tribunes officielles ou tout au moins le pantin qui remplit la fonction, honorant ses courtisans et la presse de ses commentaires avisés. Les hymnes nationaux sont joués même si, parfois, ils sont si peu chantés par certains joueurs, nous donnant à penser que ces derniers ne doivent pas vraiment se considérer comme étant vraiment « d’chez nous » et réaliser l’honneur qu’ils ont d’être là….C’est le patriotisme au niveau des crampons ! Comme l’écrit mon collègue Alain Sanders dans le quotidien PRESENT, « la classe politico-médiatique s’émerveille que quatre footeux musulmans de l’équipe de France (…) aient annoncé qu’ils ne feraient pas le ramadan pendant l’Euro ». Ah, les braves gens… «  Admirable » poursuit Sanders qui, toujours dans les colonnes de son journal, s’était interrogé comme moi, sur la composition de cette équipe qui devrait refléter la diversité française. Or, il est banal de constater que des jeunes Français d’origine africaine ont été nombreux à être sélectionnés par Didier Deschamps dans l’équipe nationale. Nos compatriotes d’ascendance asiatique, et ils sont nombreux – ah, l’Indo ! – pourraient protester et s’indigner de n’avoir aucun des leurs dans l’équipe, non ? Comble du culot, c’est le médiatique Éric Cantona, vieille gloire du foot reconvertie dans le cinéma, qui a accusé l’entraineur de « racisme » pour n’avoir pas sélectionné Benzema et Ben Arfa pour l’Euro ! On sait à ce sujet pourquoi  les intéressés n’ont pas été retenus. De qui se moque-t-on ? S’il y a bien une équipe sportive largement ouverte sur le multiculturalisme, c’est bien la sélection française. Tout observateur honnête ne pourra que le confirmer. Dans le monde sportif, seule l’équipe des Springboks compte un nombre disproportionné de rugbymen blancs alors que ces derniers ne représentent plus que 9 % de la population. Mais il faut dire que ce sport concerne d’abord les Afrikaners et, en quelque sorte «  les coagule », alors que les Noirs Sud-africains, comme partout sur le continent, sont bien plus attirés par le football. Les joueurs français d’origine africaine, antillaise ou réunionnaise sont-ils meilleurs que des métropolitains ? Peut-être après tout, je ne suis pas compétent pour en décider. Mais il n’en demeure pas moins que les Bleus envoient un message au monde et ce message est, quelque part, qu’on le veuille ou non, « idéologique », la France change et elle s’éloigne de la définition qu’en donnait hier et jadis le général De Gaulle. D’autre part, cette équipe « black-blanc-beur » qui sous l’autorité de Zidane, « Zizou » pour les intimes, donna la victoire à la France contre le Brésil en 1998 au mondial de football, n’est-elle devenue aujourd’hui, qu’une bande de vedettes qui «  se conduisent comme des vauriens tout en suscitant l’extase de la foule », comme l’a dit la philosophe Chantal Delsol ? Pauvres téléspectateurs submergés de buts, de coups francs, de corners et autres hors-jeu et, surtout, pauvre France !

A CE PROPOS, C'EST ASSEZ URGENT :

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09:52 Publié dans Le bloc-notes de Jean-Claude Rolinat | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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