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mercredi, 21 décembre 2016

La débâcle du Mouvement 5 étoiles à la mairie de Rome

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Audray d'Aguanno Boulevard Voltaire cliquez ici

Virginia Raggi, qui avait porté le Mouvement 5 étoiles à la mairie de Rome avec un écrasant 67 % des voix en juin dernier, ne se sera réjouie que peu de temps de son élection, puisque c’est dès la formation de son Conseil que les ennuis avaient commencé. Pour ne jamais s’arrêter puisque, six mois plus tard, entre nominations révoquées ou refusées, démissions volontaires ou imposées et mises en examen, il n’y a toujours pas d’équipe complète à même d’administrer la ville.

Un point culminant ayant été atteint, vendredi dernier, avec l’arrestation de Raffaele Marra pour corruption dans une affaire immobilière. Décrit tour à tour comme « le bras droit de Mme le maire », le « Raspoutine du Capitole », « le véritable maire de Rome », c’est un coup dur pour Mme Raggi et son groupement politique, qui avait fait de l’« honnêteté » son mot d’ordre.

Si les faits remontent à 2013, quand il était responsable du logement sous la municipalité précédente, sa réputation pour le moins douteuse – il est jugé trop proche de plusieurs personnages mêlés à Mafia capitale – avait déjà créé des frictions au sein du mouvement lors de sa nomination, mais Virginia Raggi avait réussi à l’imposer, considérant comme indispensable son expérience professionnelle au sein du conseil municipal.

Maintenant, les tentatives de minimiser le rôle de l’accusé au son d’il « n’est qu’un des 23.000 employés du Capitole », comme le sommaire « je suis désolée pour les citoyens romains, pour le Mouvement 5 étoiles et pour Beppe Grillo » ne suffiront ni à sauver son fauteuil ni à administrer la capitale.

L’ayant contrainte à se débarrasser de son chef de cabinet et de son maire adjoint, le directoire 5 étoiles a décidé, hier, la mise sous tutelle de Mme le maire. Une charge aussi complexe que vitale pour ces derniers, puisqu’elle fait office de vitrine de leurs capacités.

Un nouveau maire adjoint, qui sied au mouvement, a été nommé ce matin (la première personne choisie ayant dédaigné la charge), ce qui vaut à Beppe Grillo le titre de « premier maire non élu du pays ». Peu flatteur quand on revendique la démocratie directe.

Cet énième scandale se fera sentir lors des prochaines élections, promises au printemps prochain. Il expose au grand jour les principales tares du M5S : incohérence, dilettantisme, démagogie, et dévoile son incapacité à sélectionner une classe dirigeante. Outre qu’il n’a jamais su définir un véritable dessein politique, il se présente encore comme un agrégat de mécontents, de réformateurs quand ce n’est pas d’opportunistes, qui s’en remet aux personnalités politiques des précédentes administrations quand il s’agit de gouverner des collectivités complexes comme la junte capitoline, marquant ainsi un point d’arrêt à tous les changements « révolutionnaires » tant vantés.

Vouloir diriger un appareil rongé par la corruption et le clientélisme, tout en restant dans le cadre démocratique tel qu’il se présente aujourd’hui, semble aussi pertinent que se revendiquer un parti anti-système et en faire partie.

08:45 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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