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mardi, 12 novembre 2019

VOX DEVIENT LA TROISIEME FORCE POLITIQUE ESPAGNOLE.

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Robert Neboit

Le président du gouvernement et secrétaire général du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, le beau, le grand, l’ambitieux Pedro Sanchez vient de perdre son pari. Insatisfait de ses 123 députés et des 28% des voix lors des législatives du 28 avril 2019 il avait préféré provoquer de nouvelles élections. Il espérait ainsi améliorer ses résultats afin de négocier en position de force les alliances électorales nécessaires pour l’obtention de la majorité absolue de 176 députés. Le vote concernait également le Sénat dont les compétences ne sont pas négligeables en ce qui concerne le contrôle des Communautés autonomes (les régions).

Les résultats des nouvelles législatives du 10 novembre déçoivent ses espoirs et modifient substantiellement l’échiquier politique.

Le Parti socialiste qui espérait progresser obtient 120 députés, en léger recul, il perd 3 députés. Plus grave, au Sénat il perd la majorité absolue, indispensable pour mettre en œuvre l’article 155 afin de s’opposer aux tentatives de sécessionistes.

Podemos le parti populisto-gauchiste subit un recul bien plus important mais qui ne met pas en cause sa permanence politique. Il perd 7 députés, passant de 42 à 35 députés.

Les différents partis nationalistes régionaux maintiennent et parfois même améliorent légèrement leurs résultats.


Dans le camp de l’opposition à Sanchez le rapport des forces se modifie substantiellement et modifie l’échiquier politique national.

Le Parti Populaire reprend des forces en passant de 66 à 88 députés et de 16 à 20% des votes, mais ce succès est relatif. Il ne répond pas à ce qui était espéré et reste de toute façon très en retrait sur ses résultats habituels antérieurs.

Ciudadanos, second parti de ce bord politique subit une véritable déroute électorale. Il perd 2 million et  demi de voix, 47 sièges, est dépassé par Vox, Podemos et l’ERC. Il rétrograde à la sixième place passant de 57 à 10 députés. Et cela alors qu’au précédentes législative d’avril il avait obtenu un succès électoral avec 25 députés en plus.

Vox, à l’opposé, continue sa progression et fait plus que doubler le nombre de ses députés en passant de 24 à 52, et de 10% à 15% des voix. Il monte de la 5e à la troisième place en dépassant Podemos et Ciudadanos. Une belle progression depuis ses premiers succès électoraux lors des élections régionales andalouses en décembre de l’année dernière. Ciudadanos étant pour le moment hors-jeu, il devient un concurrent dangereux pour le Parti Populaire.

Comment expliquer ces résultats ? Trois éléments ont été déterminant : le défi séparatiste catalan qui continue, la montée progressive de l’immigration, et enfin la stratégie perverse et dangereuse de Sanchez. Celui-ci livre une guerre idéologique de revanche mémorielle en utilisant les mensonges antifranquistes des média dominants et en même temps il mène un double jeu vis-à-vis de séparatistes catalans qui l’ont porté au pouvoir. Ils s’allit avec eux lors municipales, ensuite les condamne verbalement mais ne fait rien de sérieux pour les contrer.

Il n’a pas hésité à utiliser en sous-main une justice à ses ordres.

Le Tribunal Suprême a d’abord émis la scandaleuse sentence de rejet du recours de la famille Franco concernant l’exhumation de la Vallée de los Caidos. Ce jugement digne des pires régimes totalitaires justifie politiquement cette profanation et déni à la famille le choix du lieu de la nouvelle sépulture... L’autre jugement concernait des instigateurs de la déclaration d’indépendance de la Catalogne. Sanchez a fait pression sur le ministère publique pour abaisser la qualification du délit, laissant ainsi la porte ouverte à une réduction des peines qui ôterait toute exemplarité à cette sentence déjà bien trop légère.

Ces procédés indignes ne lui ont pas rapporté les bénéfices escomptés. L’exhumation de Franco a apporté des voix à Vox, le seul parti à l’avoir condamné, même l’extrême gauche de Podemos s’est permis de souligner son caractère électoraliste. Pour ce qui est des nationalistes catalans, cela n’a suffisait pas et ils ont créé durant plus d’une semaine de graves désordres dans toute la Catalogne et particulièrement à Barcelone.

Face à cela les électeurs ont voté en fonction de l’attitude de partis de l’opposition à Sanchez et ils pouvaient cette fois-ci juger plus objectivement car Vox avait enfin été admis au grand débat télévisé qui réunissait les 5 principaux candidats.

Pablo Casado est un assez bon débatteur, mais il n’est pas crédible sur le combat contre les nationalismes régionaux puisque son propre parti ne mène aucune action sérieuse à cet égard et fait même plutôt le contraire.

Albert Ribera qui peut aussi être bon dans le débat, n’était cette fois-ci pas à l’aise et ce n’est pas en brandissant un pavé rapporté des émeutes de Barcelone qu’il a pu contrer le mouvement de désaffection à son égard. Il a trop souvent changé d’avis pour être crédible, et n’a pas su continuer vigoureusement le combat contre le sécessionnisme catalan qui avait été à l’origine de la création de Ciudadanos.

Santiago Abascal, pour qui c’était une première, a fait une excellente prestation. Calme et mesuré, il a su maintenir et défendre les positions du Vox. Il a réitéré son opposition au système injuste et ruineux du système des Communautés Autonomes, à la loi liberticide de la mémoire historique qui veut imposer une vision unique de la guerre civile et du franquisme, et enfin il ne s’est pas gêné pour évoquer le problème de l’immigration alors qu’elle avait été arbitrairement écartée des thèmes du débats.

On pourrait lui reprocher de s’être abstenu volontairement de donner un jugement de valeur sur le franquisme. Dans des interventions à la chambre des députés il n’avait pas hésité à parler du passé criminel du parti socialiste en rappelant son soulèvement en 1934 contre la République, ainsi que l’assassinat du dirigeant de l’opposition Calvo Sotelo par des garde du corps du dirigeant socialiste Prieto. Il a préféré s’arrêter là et ne pas justifier ce qui allait logiquement suivrer : le soulèvement national du 18 juillet 1936, et après la victoire sur les rouges et les sécessionnistes, la dictature inévitable, modérée, et bienfaisante du général Franco. En libéral conservateur il a probablement jugé que les politiques n’avaient pas à imposer une vision obligatoire de l’histoire et qu’il fallait laisser ce domaine à la libre recherche des historiens. Il y a aussi le fait que la vérité sur période franquiste est devenue inaudible à la majorité de la société espagnole, soumise à la continuelle propagande antifranquiste des principaux media.

Le succès de Vox vient de qu’il défend ce que la droite classique à renoncer à défendre : l’unité de l’Espagne, le danger de l’immigration incontrôlée et inassimilable, et enfin la dictature idéologique de l’antifranquisme revanchard. Le danger qui le menace serait de céder à cette pression idéologique. Si Vox commence à faire dans la victimisation, s’il cherche à se justifier face aux accusateurs de police de la pensée, il perdra la force nécessaire pour combattre les ennemis de l’Espagne. Il n’y a pas à rentrer dans cette logique, la meilleure manière de se défendre restera toujours l’attaque. On observera avec attention et intérêt l’évolution de Vox à ce sujet.

Les résultats de parti s’opposant à Sanchez reflètent assez bien le sérieux de leur opposition au personnage et à sa politique, le double jeu des Sanchez avec les nationalistes régionaux ainsi que l’utilisation des mensonges de Deux sentences du Tribunal Suprême en sont un bon exemple

Le PSOE pensait faire reculer Podemos, en l’accusant d’intransigeance dans la négociation d’un pacte de gouvernement. L’argument pouvait être retourné. c’était demi succès et ceci uniquement grâce à la loi électorale qui ne représente pas fidèlement le votes des électeurs. Alors que Podemos perd moins en voix que le PSOE, il perd plus en députés.

Une justice sous influence gouvernementale.

- 14 octobre 2019 Sentence du Tribunal Suprême sur les accusés de la tentative de sécession de la Catalogne lors du référendum unilatéral du 1er octobre 2017 reflète un laxisme inquiétant. Les accusés condamnés en théorie de 9 à 13 ans de prison ont toutes les chances de se retrouver l’année prochaine en liberté car ils dépendent du régime pénitencier catalan (leurs partis ERC et JxCat gouvernent la Catalogne) et bénéficieront de remise de peine.

11:21 Publié dans En Europe et ailleurs... | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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