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mardi, 09 septembre 2025

Découragement français

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Vincent Trémolet de Villers

Qui nous sortira de cette spirale d’inquiétude et de lassitude ? François Bayrou a prononcé son discours qu’il voulait historique devant l’indifférence polie des députés. Depuis dix jours, sur tous les écrans, il tempête comme Philippulus, le prophète de malheur de L’Étoile mystérieuse, mais qui écoute un notable installé depuis quarante ans au cœur du régime quand il dé- couvre qu’il faut tout changer ?

Cela fait longtemps que les Français ne mettent plus le son. Ils ont déjà tourné la page. Le successeur à Matignon ? Le choix de Tartemuche plutôt que Tartempion ou Tartemolle occupe à peine les conversations ; là aussi, la fatigue l’emporte sur l’excitation.

Le jeu se déroule encore dans un espace politique restreint, de moins en moins représentatif et de plus en plus caricatural. Tableau désolant où les combinaisons d’il y a un an ressurgissent comme neuves, où François Hollande, ancien chef de l’État qui, pour cause d’impopularité, n’a pas pu se représenter, donne des conseils à un président de la République qui regroupe contre lui plus de 80% des Français. La bulle parle à la bulle, et, dans la bulle, les socialistes d’Olivier Faure ont le rôle avantageux. Ils sont le point d’équilibre, nous dit-on, pour stabiliser le déclin et perpétuer quelques mois encore le désastre. Belle ambition !

À l’Élysée et dans l’introuvable «socle commun », on cherche ce que l’on peut leur céder sur l’ISF, l’assurance-chômage ou les taxes sur les entreprises. L’échec du conclave sur les retraites n’a servi de leçon à personne. La devise de ce second mandat : « On ne change pas une politique qui perd. » L’écume des choses, c’est cette équation parlementaire insoluble, mais les courants profonds du découragement français mènent tous - nous sommes sous la Ve République - à l’Élysée. Emmanuel Macron doit affronter un mélange de déception, d’impatience, d’exaspération qui prend des proportions préoccupantes. Il ne peut plus se permettre de procrastiner, ni de rejouer la même partie en dérivant un peu plus à gauche. Tout - l’opinion, les marchés, son intérêt - l’oblige à trancher dans le vif. Nomination éclair sur sa droite pour repousser de quelques mois le coup de tonnerre d’une nouvelle dissolution : c’est la prévision la moins défavorable...

Source : Le Figaro 9/9/2025

09:22 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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