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mercredi, 04 février 2026

L’heure des petits prédateurs

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Vincent Trémolet de Villers

Ces histoires devenues courantes de gendarmes percutés, cette policière traînée à Argenteuil sur plusieurs dizaines de mètres, est-ce dérisoire, peut-être même un peu vulgaire, pour ne pas devenir immédiatement une inquiétude générale, une cause nationale ? Jean-Noël Barrot, notre ministre des Affaires étrangères, veut que la France résiste à « la brutalisation du monde », c’est un noble projet, mais la brutalisation de la vie quotidienne des Français, l’extrême violence qui menace les policiers ne sont pas moins urgentes. Toutes les vingt minutes, un citoyen refuse d’obtempérer et bafoue l’État français dans son autorité.

Les petits prédateurs de quartier imposent la tyrannie de leurs pulsions au mépris de la vie des policiers et des gendarmes. La drogue, la délinquance, l’islamisme ont séparé des quartiers entiers de la République française, et les séparatistes transportent avec eux leur arrogance, leur sentiment d’impunité, leur haine du pays dans lequel ils vivent. Ils le font avec bonne conscience puisque la gauche morale les présente en victimes d’une police répressive, d’un État arbitraire. Quand, à Mulhouse, des étudiants d’une école d’art détruisent une piñata en forme de voiture de police, nous ne sommes plus dans l’anarchisme poétique d’un Georges Brassens, mais dans l’ivresse de la meute qui s’acharne sur le dernier reliquat de l’autorité : la police.

Pas de malentendu, le fracas du monde implique une mobilisation constante de ceux qui nous gouvernent, mais elle apparaîtra comme une diversion si rien n’est fait pour mettre fin au chaos intérieur. Laurent Nuñez dit qu’il ne s’agit en rien d’un « échec », mais, quand les voyous n’ont plus peur de la police, de la justice, de la sanction, où est le succès ?

La vérité, c’est que tout le monde a en tête les conséquences de la mort dramatique du jeune Nahel Merzouk suite à un refus d’obtempérer. Quatre jours d’émeutes dans toute la France, 12 000 voitures brûlées, des centaines de bâtiments incendiés, 45 000 forces de l’ordre mobilisées. Pour éviter une nouvelle explosion, le pouvoir met la violence sous le tapis des périls extérieurs, concentre ses efforts sur la question des réseaux sociaux. L’ordre public attendra 2027… La police et les Français, pourtant, ne veulent pas attendre : la chienlit, c’est maintenant.

Source : Le Figaro 4/02/2026

09:39 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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